31 juillet 2008

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TUNISNEWS

8 Úme année,N° 2991 du 31.07.2008

 archives : www.tunisnews.net  


Liberté et Equité: Nouvelles des libertés en Tunisie

LibertĂ© et EquitĂ©: Report du procĂšs de militants de droits de l’homme Ă  Bizerte FDTL: CommuniquĂ© AP: Le prĂ©sident Ben Ali candidat Ă  sa succession en 2009

AFP: Tunisie: Ben Ali candidat pour un cinquiÚme mandat à la présidence en 2009

Le Soir: Les Tunisiens respirent : Ben Ali sera candidat et donc réélu en 2009

Afrik.com: Ben Ali, de Naima KĂ©fi Ă  LeĂŻla Trabelsi  – Le prĂ©sident tunisien et les femmes

Balha Boujadi: Les  défis  de  Ben  Ali  et  de  son  RCD

AFP: Italie: nouvelle vague de clandestins sur l’Ăźle de Lampedusa

AFP: Malte: deux morts, un disparu lors d’un naufrage de clandestins

AFP: Les milieux Ă©conomiques turcs soulagĂ©s par la non interdiction de l’AKP

AFP: La presse turque soulagĂ©e par la survie de l’AKP, appels au compromis

AFP: Washington salue la démocratie turque, aprÚs la décision sur le parti AKP

AFP: AKP: l’UE, soulagĂ©e, ne va pas pour autant accĂ©lĂ©rer l’adhĂ©sion turque

AFP: Danemark/caricatures: des associations musulmanes saisissent la Cour suprĂȘme

RĂ©seau Voltaire : Entretien avec Violette Daguerre – Guerre contre le « terrorisme » : Quelle justice pour les prisonniers musulmans?

Oumma: Refus d’octroi de la nationalitĂ© : Entretien du CCIF avec les membres de la famille


Sauvez la vie du prisonnier politique et ingĂ©nieur Ridha Boukadi LibertĂ© et Equité      Organisation de droits de l’homme indĂ©pendante 33 rue Mokhtar Atya, 1001 Tunis Tel/fax: 71 340 860 Email : liberte.equite@gmail.com Tunis, le 29 juillet 2008

Nouvelles des libertés en Tunisie

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1) Des Ă©lĂ©ments de la police politique encerclent toujours le domicile du prĂ©sident de l’Organisation LibertĂ© et EquitĂ©, MaĂźtre Mohammed Nouri, et ce, pour le troisiĂšme jour d’affilĂ©e et empĂȘchent toute personne de lui rendre visite sans motif.

D’autres encerclent le domicile du frĂšre Hamza Hamza, membre du Bureau exĂ©cutif de l’organisation LibertĂ© et EquitĂ©, lundi 28 juillet dans l’aprĂšs midi et n’ont autorisĂ© des invitĂ©s de se rendre Ă  un dĂźner qu’aprĂšs avoir vĂ©rifiĂ© leur carte nationale d’identitĂ©. L’organisation est toujours privĂ©e de son droit Ă  surfer sur le net, les membres du bureau exĂ©cutif sont toujours filĂ©s et surveillĂ©s de façon « collante ». Le siĂšge de l’Organisation est encerclĂ© en permanence et la porte de l’immeuble du 33 rue Mokhtar Atya a Ă©tĂ© fermĂ©e Ă  plusieurs reprises.

[…]

2) Abdessalam Smiri, un ex prisonnier politique, a commencĂ© le lundi 28 juillet 2008 une grĂšve illimitĂ©e de la faim pour exiger son droit Ă  l’emploi et Ă  une carte de soins gratuits. Il a cinquante huit ans, il est sourd et aveugle, et il a sa charge sa mĂšre paralysĂ©e, ĂągĂ©e de quatre vingt quinze ans, ainsi que ses enfants et son Ă©pouse. Depuis sa sortie de prison, il a menĂ© plusieurs grĂšves de la faim afin d’attirer l’attention sur sa situation dramatique. A chaque fois les responsables lui ont fait des promesses creuses pour l’amener Ă  suspendre sa grĂšve. [
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4) Lundi 28 juillet, monsieur Mohammed HĂ©di Ben SaĂŻd, militant politique et des droits de l’homme, a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© dans la zone industrielle de Cherguia alors qu’il Ă©tait avec monsieur Lotfi Hajji. Il a Ă©tĂ© dĂ©fĂ©rĂ© en Ă©tat d’arrestation devant le Procureur de la RĂ©publique du Tribunal de PremiĂšre Instance de Tunis qui l’a fait dĂ©fĂ©rer Ă  son tout devant le Tribunal cantonal de Tunis pour n’avoir pas obtempĂ©rĂ© aux ordres de la police. Aujourd’hui, mardi 29 juillet, il a Ă©tĂ© Ă©crouĂ© Ă  la prison civile de Mornaguia. Pour le bureau exĂ©cutif de l’organisation

Le Président

MaĂźtre Mohammed Nouri

(traduction d’extraits ni revue ni corrigĂ©e par les auteurs de la version originale, LT)

 


 

Sauvez la vie du prisonnier politique et ingĂ©nieur Ridha Boukadi LibertĂ© et EquitĂ© Organisation de droits de l’homme indĂ©pendante 33 rue Mokhtar Atya, 1001 Tunis Tel/fax: 71 340 860 Email : liberte.equite@gmail.com Tunis, le 29 juillet 2008

Report du procùs de militants de droits de l’homme à Bizerte

Mardi 29 juillet 2008, messieurs Khaled Boujemaa, membre fondateur de l’association LibertĂ© et EquitĂ©, Othman Jemili et Faouzi Sadkaoui, membres de l’AISPP et Ali Naffati, ex prisonnier politique, ont comparu en Ă©tat d’arrestation devant le tribunal cantonal de Bizerte dans l’affaire n°31453 pour y rĂ©pondre des accusations d’attroupement sur la voie publique et d’outrage aux bonnes mƓurs sur la base d’un procĂšs verbal rĂ©digĂ© par la brigade de la police judiciaire de Bizerte sous le n°509. De nombreux avocats se sont prĂ©sentĂ©s pour les dĂ©fendre et ont demandĂ© un report de l’examen de l’affaire pour pouvoir prendre connaissance du dossier et prĂ©parer la dĂ©fense.

Les militants ont niĂ© ce qui leur Ă©tait imputĂ© et ont dit lors de leur interrogatoire par le juge cantonal que la brigade de la police judiciaire de Bizerte n’avait pas menĂ© d’investigations avec eux, qu’ils avaient Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s alors qu’il se trouvaient dans un cafĂ© de Menzel Jmil dans l’aprĂšs midi du 25 juillet aprĂšs la manifestation du matin Ă  Bizerte Ă  l’occasion de la fĂȘte de la RĂ©publique, qu’ils n’avaient pas signĂ© de PV et que les investigations s’étaient dĂ©roulĂ©es Ă  l’administration de la SĂ»retĂ© de l’Etat au ministĂšre de l’IntĂ©rieur Ă  Tunis oĂč ils avaient Ă©tĂ© contraints d’apposer leur pouce sur des PV prĂ© rĂ©digĂ©s par cette brigade. La dĂ©fense a alors demandĂ© qu’il ne soit pas tenu compte des PV Ă  la base des poursuites, dans la mesure oĂč il y avait nombre d’irrĂ©gularitĂ©, la plus importante Ă©tant qu’ils ne soient pas signĂ©s.

Le juge cantonal de Bizerte a dĂ©cidĂ© du report de l’affaire pour le 5 aoĂ»t 2008 et a refusĂ© la demande de mise en libertĂ© [
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Pour le bureau exĂ©cutif de l’organisation

Le Président

MaĂźtre Mohammed Nouri

(traduction d’extraits ni revue ni corrigĂ©e par les auteurs de la version originale, LT)

 


 

 Le forum démocratique pour le travail et les libertés  
Tunis le 28 Juillet 2008    COMMUNIQUÉ
 
La maison de Mme JOMAA HAJJI Ă©pouse du prisonnier ADNENE HAJJI a Ă©tĂ© investie le dimanche 27 juillet 2008 par un groupe d’agents  de la police en tenue civile qui ont procĂ©dĂ© Ă  l’arrestation de la militante ZAKIA DHIFAOUI membre de la fĂ©dĂ©ration de Kairouan du forum dĂ©mocratique pour le travail et les libertĂ©s. Cette arrestation s’est dĂ©roulĂ©e sous la forme d’un kidnapping sans respect des procĂ©dures lĂ©gales de toute interpellation. L’arrestation de la camarade Zakia Dhifaoui a eu lieu suite Ă  sa participation Ă  une manifestation fĂ©minine pacifique en solidaritĂ© avec les familles des prisonniers de Redeyef. Au vu de ces  graves dĂ©rives policiĂšres non justifiĂ©es et de l’absence d’information quant au lieu d’emprisonnement et de l’état de santĂ© de notre camarade, le forum dĂ©mocratique pour le travail et les libertĂ©s :     – DĂ©nonce ces pratiques illĂ©gales qui traduisent l’entĂȘtement du pouvoir Ă  suivre une politique rĂ©pressive  et Ă  privilĂ©gier l’option sĂ©curitaire pour la rĂ©solution des problĂšmes socio-Ă©conomiques en gĂ©nĂ©ral et en particulier la situation dramatique du bassin minier.     – Exige la libĂ©ration immĂ©diate de la militante Zakia Dhifaoui et fait assumer toutes les consĂ©quences de ces actes illĂ©gaux au ministĂšre de l’intĂ©rieur.      – Appelle les autoritĂ©s Ă  mettre fin aux sĂ©ries d’arrestation des militants politiques et des dĂ©fenseurs de droits de l’homme rĂ©cemment interpellĂ©s lors de manifestations pacifiques notamment Ă  Bizerte le 25 Juillet 2008.   Le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral Dr Mustapha Ben Jaafar

Le président Ben Ali candidat à sa succession en 2009

 
Le 30 juillet 2008 – 12:22  |  par Bouazza ben Bouazza (AP) Zine El Abidine Ben Ali candidat Ă  sa propre succession en 2009. Le prĂ©sident tunisien a annoncĂ© mercredi qu’il briguerait un cinquiĂšme mandat de cinq ans. Le prĂ©sident Ben Ali a fait cette annonce au cours d’un discours Ă  l’ouverture du congrĂšs du parti au pouvoir, le Rassemblement constitutionnel dĂ©mocratique (RCD), dont il est le prĂ©sident. L’actuel chef de l’Etat, ĂągĂ© de 72 ans, avait accĂ©dĂ© au pouvoir en 1987 aprĂšs avoir destituĂ© pour “sĂ©nilitĂ©” le “pĂšre de l’indĂ©pendance” tunisienne, Habib Bourguiba, dont il Ă©tait le premier ministre. Le prochain mandat devrait ĂȘtre le dernier de Zine el Abidine Ben Ali, l’Ăąge limite pour ĂȘtre candidat Ă  la prĂ©sidence ayant Ă©tĂ© fixĂ© Ă  75 ans. “Oui, je serai candidat Ă  la prĂ©sidentielle de 2009”, a lancĂ© Ben Ali sous les acclamations de milliers de militants et de militantes du RCD au palais des expositions du Kram, dans la banlieue nord de Tunis. Ces derniers mois, le comitĂ© central et autres organisations relevant du RCD multipliaient les appels sollicitant sa candidature au scrutin de l’an prochain. “Je vous le dis en toute fiertĂ©, je serai constamment fidĂšle Ă  mes engagements envers vous”, a-t-il martelĂ© en se disant “Ă©mu” par “l’immense confiance” de son peuple. Aux termes d’un rĂ©cent amendement de la Constitution, plusieurs dirigeants de l’opposition pourront postuler Ă  la magistrature suprĂȘme. Sans toutefois se faire trop d’illusions sur l’issue du scrutin, eu Ă©gard au dĂ©sĂ©quilibre des forces en prĂ©sence. Selon ses dirigeants, le RCD compte quelque 2,2 millions d’adhĂ©rents sur une population de 10 millions d’habitants, tandis que les formations de l’opposition, qui se prĂ©sentent en rangs dispersĂ©s, ont une audience toute relative. Les nouvelles dispositions excluent cependant un leader de l’opposition, NĂ©jib Chebbi. Chef historique du parti dĂ©mocratique progressiste (PDP), cet avocat de 64 ans s’est dit victime d’une “manoeuvre politique visant Ă  l’Ă©carter”. L’une de ses revendications est l’alternance au pouvoir, question que le prĂ©sident Ben Ali considĂšre comme “d’ores et dĂ©jĂ  tranchĂ©e”. “Nous considĂ©rons que la volontĂ© du peuple est Ă  la base de cette alternance et que la Constitution est l’arbitre dĂ©cisif de tous”, a-t-il dĂ©clarĂ©. PlacĂ©es sous le signe du “dĂ©fi”, les assises du RCD doivent permettre de tracer les orientations de la politique tunisienne dans les divers domaines pour les cinq annĂ©es Ă  venir. En tĂȘte desdits dĂ©fis, le chĂŽmage, estimĂ© officiellement Ă  14% de la population active, mais qui touche de plein fouet les diplĂŽmĂ©s de l’enseignement supĂ©rieur: plus de 50.000 demandeurs d’emploi sont injectĂ©s chaque annĂ©e sur le marchĂ©. Les retombĂ©es de la conjoncture internationale, singuliĂšrement la flambĂ©e des cours du pĂ©trole et des prix des produits de premiĂšre nĂ©cessitĂ© sur le budget du Tunisien constituent Ă©galement une grande source de prĂ©occupation pour le pouvoir. MalgrĂ© cela, le prĂ©sident Ben Ali a considĂ©rĂ© que “la situation Ă©conomique est en constante amĂ©lioration”, se disant confiant quant Ă  “la forte volontĂ© qui anime notre peuple de transcender les difficultĂ©s”. Il a cependant mis en garde les Tunisiens contre les “opportunistes malveillants qui n’ont rien de mieux Ă  faire que de guetter les informations et les Ă©vĂ©nements pour leur donner une ampleur alarmiste, les dĂ©naturer et les dĂ©placer de leur contexte”. Il faisait rĂ©fĂ©rence aux troubles sociaux qui ont secouĂ© rĂ©cemment le bassin minier de Gafsa (centre-ouest), et avaient fait un mort et de nombreux blessĂ©s.  

Tunisie: Ben Ali candidat pour un cinquiÚme mandat à la présidence en 2009

Par Hamida BEN SALAH AFP – Mercredi 30 juillet, 17h05 TUNIS (AFP) – Le prĂ©sident tunisien Zine El Abidine Ben Ali a annoncĂ© mercredi sa candidature pour un cinquiĂšme mandat de cinq ans Ă  la l’Ă©lection prĂ©sidentielle de 2009 et rejetĂ© les critiques d’une partie de l’opposition rĂ©clamant une alternance au pouvoir. “Oui, pour ĂȘtre votre candidat Ă  l’Ă©lection prĂ©sidentielle de 2009”, a-t-il dit dans un discours, Ă  l’ouverture du 5e congrĂšs de son parti, le Rassemblement Constitutionnel dĂ©mocratique (RCD, au pouvoir) au Kram, prĂšs de Tunis. Le chef de l’Etat a Ă©tĂ© acclamĂ© par des milliers de personnes, chantant l’hymne national et agitant son portrait au milieu des you-yous de militantes de son parti, dans une salle sĂ©curisĂ©e et dĂ©corĂ©e aux couleurs rouge et blanc de la Tunisie. Le ComitĂ© central du RCD avait dĂ©signĂ© dĂšs fĂ©vrier 2007 M. Ben Ali pour ĂȘtre son candidat Ă  un nouveau mandat et lui a renouvelĂ© son appel Ă  postuler le 15 juillet lors d’une ultime rĂ©union du comitĂ© sortant. Le RCD l’a maintes fois exhortĂ© Ă  “continuer de conduire la Tunisie sur la voie du progrĂšs et de la prospĂ©ritĂ©”, M. Ben Ali ayant rĂ©servĂ© sa rĂ©ponse aux assises du RCD qu’il dirige. Au pouvoir depuis 21 ans, le prĂ©sident tunisien devrait ĂȘtre réélu en 2009 pour ce cinquiĂšme mandat consĂ©cutif, qui a Ă©tĂ© rendu possible par un amendement de la Constitution approuvĂ© par rĂ©fĂ©rendum en 2002. Cet amendement lui avait dĂ©jĂ  permis d’ĂȘtre réélu en 2004 avec 94,49% des voix exprimĂ©es face Ă  trois concurrents, issus de l’opposition parlementaire modĂ©rĂ©e. La Constitution modifiĂ©e supprimait la limitation Ă  trois au maximum le nombre de mandats successifs, fixait l’Ăąge limite Ă  75 ans pour le prĂ©sident et lui accordait l’immunitĂ© pĂ©nale Ă  vie. M. Ben Ali, 72 ans en septembre, est arrivĂ© au pouvoir le 7 novembre 1987 en dĂ©posant pour cause de “sĂ©nilitĂ©” l’ancien prĂ©sident Habib Bourguiba, proclamĂ© “prĂ©sident Ă  vie” avant d’ĂȘtre Ă©cartĂ© Ă  94 ans, alors que son pays Ă©tait dĂ©chirĂ© par une lutte intestine pour la succession et l’Ă©mergence de l’islamisme politique. Dans son discours, il a rejetĂ© les critiques de monopole du pouvoir de son opposition radicale qui rĂ©clame une alternance. “Quant aux rumeurs qui circulent, de temps Ă  autre, concernant l’alternance Ă  la tĂȘte du pouvoir, je tiens Ă  rappeler (…) que la question est d’ores et dĂ©jĂ  tranchĂ©e par la Constitution”, a-t-il dit. M. Ben Ali a fait adopter rĂ©cemment une loi exceptionnelle pour permettre Ă  certains opposants de postuler Ă  la prĂ©sidence, les exemptant du parrainage par 30 Ă©lus au moins. Une clause de cet amendement oblige tout postulant Ă  la prĂ©sidence du pays Ă  ĂȘtre aussi le dirigeant Ă©lu de son parti depuis au moins deux ans, ce qui Ă©carte de fait le seul candidat dĂ©clarĂ© jusqu’ici, Ahmed NĂ©jib Chebbi, fondateur du Parti dĂ©mocratique progressiste (PDP) dont il n’assure plus la direction. M. Chebbi, dont le parti fĂ©dĂšre plusieurs groupuscules dont des islamistes d’Ennahda (interdit) a dĂ©noncĂ© une “loi sur mesure” pour l’exclure de la course. Le prĂ©sident tunisien a en outre rĂ©itĂ©rĂ© sa volontĂ© de “consolider sans cesse la construction dĂ©mocratique pluraliste” et de “consacrer les droits de l’Homme” et affirmĂ© son rejet “du fanatisme et du terrorisme”. Il s’est fĂ©licitĂ© de la bonne santĂ© de l’Ă©conomie tunisienne et a accordĂ© la prioritĂ© de l’emploi aux diplĂŽmĂ©s de l’universitĂ© frappĂ©s par le chĂŽmage. Concernant les troubles provoquĂ©s cette annĂ©e par le chĂŽmage et la chertĂ© de la vie dans la rĂ©gion miniĂšre de Gafsa (sud), il a dĂ©noncĂ© sans les dĂ©signer des “opportunistes malveillants” qui tentent de donner “une ampleur alarmiste” Ă  ces Ă©vĂ©nements, a-t-il averti. Plusieurs invitĂ©s Ă©trangers, dont le prĂ©sident de l’autoritĂ© palestinienne Mahmoud Abbas et Philippe Seguin, prĂ©sident de la Cour des Comptes en France assistent au congrĂšs du RCD dont les travaux placĂ©s sous le signe du “DĂ©fi” s’achĂšveront samedi.

TUNISIE ‱  Ben Ali candidat à sa succession en 2009

 

Le prĂ©sident tunisien Zine el-Abidine Ben Ali a annoncĂ© – le 30 juillet Ă  Tunis Ă  l’occasion du congrĂšs de son parti politique, le Rassemblement constitutionnel dĂ©mocratique (RCD) – qu’il serait candidat Ă  sa succession lors de l’Ă©lection prĂ©sidentielle de 2009. Au pouvoir depuis le 7 novembre 1987, Ben Ali est assurĂ© de gagner cette Ă©lection et de rempiler pour un cinquiĂšme mandat. En 2002, en effet, “un amendement de la Constitution avait supprimĂ© la limitation Ă  trois mandats d’affilĂ©e et fixĂ© la limite d’Ăąge Ă  75 ans”, rappelle le quotidien d’Alger LibertĂ©. Une clause de cet amendement oblige tout postulant Ă  la magistrature suprĂȘme Ă  ĂȘtre aussi le dirigeant Ă©lu de son parti depuis au moins deux ans. Or Ben Ali, 71 ans, est le seul Ă  rĂ©pondre Ă  cette dĂ©finition
 “GrĂące Ă  la mainmise de sa formation sur la vie politique du pays, Ben Ali contrĂŽle les autres partis, rĂ©duits Ă  de simples figurants”, explique le journal, qui se demande si le prĂ©sident ne sera pas tentĂ© de modifier Ă  nouveau la Constitution pour devenir prĂ©sident Ă  vie Ă  la fin du prochain quinquennat.  (Source : le site « Courrier International », le 30 juillet 2008) Lien: http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=88244  
 

Les Tunisiens respirent : Ben Ali sera candidat et donc réélu en 2009

 
BAUDOUIN LOOS C’est dit ! Mettant fin Ă  un suspense insoutenable, le PrĂ©sident Zine el-Abidine Ben Ali a annoncĂ© ce mercredi 30 juillet Ă  Tunis qu’il cĂ©dait Ă  la pression populaire et qu’il acceptait de briguer un cinquiĂšme mandat prĂ©sidentiel en 2009. Tous les Tunisiens peuvent enfin respirer : leur pays restera conduit cinq ans de plus par cet homme providentiel qui a initiĂ© le Changement dĂšs son accession Ă  la prĂ©sidence, en 1987, pour diriger depuis lors un inexorable cycle d’avancĂ©es civilisationnelles qui ont isolĂ© la Tunisie au faĂźte des Nations Ă©clairĂ©es. Mais « tous » les Tunisiens s’en rĂ©jouiront-ils ? Non, certes. Il restera toujours, çà ou lĂ , des esprits chagrins. Ou des mauvaises langues. Quand ce ne sont pas les mĂȘmes. Ces gens-lĂ , qui ont hissĂ© la mauvaise foi au rang de raison d’ĂȘtre, ont fait profession de dĂ©nigrer leur pays et ses nobles rĂ©alisations salvatrices.  Ceux-lĂ  trouveront toujours des officines spĂ©cialisĂ©es dans la soi-disant dĂ©fense des droits de l’homme qui, cĂ©dant Ă  quelque basse vĂ©nalitĂ©, accoucheront de vils rapports affirmant sans rire que la torture systĂ©matique est devenue mĂ©thode de gouvernement en Tunisie. Ou prĂ©tendant non sans toupet que l’espace des libertĂ©s, comme celles d’expression ou de rĂ©union, ne serait en Tunisie qu’une fiction. Mais foin de ces ragots abjects ! Relisons plutĂŽt les certificats de bonne gouvernance dĂ©livrĂ©s par l’Occident. Qui sait reconnaĂźtre et mĂȘme vanter les mĂ©rites prĂ©sidentiels. Nicolas Sarkozy, grand ami du PrĂ©sident, n’a-t-il pas dĂ©clarĂ© Ă  Tunis en avril que « l’espace des libertĂ©s progresse en Tunisie » ? Son ministre des Affaires Ă©trangĂšres, Bernard Kouchner, avait mĂȘme repris son supĂ©rieur quelques jours plus tard, dĂ©clarant que la phrase de M. Sarkozy avait Ă©tĂ© « maladroite ». Il signifiait, par lĂ , que la dĂ©claration prĂ©sidentielle manquait singuliĂšrement d’enthousiasme dans l’expression des louanges. Mais, infatigables, les langues les plus venimeuses n’hĂ©siteront pas Ă  ressortir, pour blĂąmer M. Ben Ali, la DĂ©claration du 7 novembre 1987, prononcĂ©e par le PrĂ©sident tunisien lui-mĂȘme lors de sa prise de pouvoir : « L’Ă©poque que nous vivons ne peut plus souffrir ni prĂ©sidence Ă  vie (…). Notre peuple est digne d’une vie politique Ă©voluĂ©e et institutionnalisĂ© e, fondĂ©e rĂ©ellement sur le multipartisme et la pluralitĂ© des organisations de masse », avait-Il dit. Il n’y a lĂ  aucune contradiction. La prĂ©sidence de M. Ben Ali n’est ni Ă  vie ni avide. Mais Il ne veut se soustraire Ă  la volontĂ© populaire. Est-Il responsable des scores de 99 % dont les Tunisiens l’ont gratifiĂ© depuis vingt ans ? Les pitoyables turpitudes d’opposants envieux aussi myopes que fantomatiques n’empĂȘcheront jamais les Tunisiens reconnaissants d’aimer toujours plus leur PrĂ©sident!
(Source : « Le Soir » (Quotidien – Bruxelles), le 31 juillet 2008)
 

Ben Ali, de Naima Kéfi à Leïla Trabelsi Le président tunisien et les femmes

 
Le second prĂ©sident tunisien, Zine el-Abidine Ben Ali, a poursuivi la voie tracĂ©e par le fondateur de la Tunisie moderne vis-Ă -vis des femmes et comme son prĂ©dĂ©cesseur accordĂ© Ă  son Ă©pouse un rĂŽle important dans la vie politique. Un article extrait que le magazine Matalana n°12, actuellement en kiosque, consacre aux « amours prĂ©sidentielles » au Maghreb. Par Khaled A. Nasri Habib Bourguiba restera comme le libĂ©rateur de la femme tunisienne. Mais Zine el-Abidine Ben Ali, son successeur, au pouvoir depuis le 7 novembre 1987, est le continuateur de cette oeuvre. Car, s’il n’est pas Ă  l’origine du Code du statut personnel (CSP), il est directement responsable de plusieurs de ses amĂ©liorations, notamment un amendement, remontant Ă  1993, trĂšs important sur le plan symbolique : celui consistant Ă  donner la possibilitĂ© Ă  la femme de transmettre la nationalitĂ© tunisienne Ă  sa progĂ©niture, chose jusqu’alors impossible dans le monde arabe. Mais le plus grand des mĂ©rites de Zine el- Abidine Ben Ali est sans doute celui
 de n’avoir pas abrogĂ©, pour raisons de convenances personnelles, ce fameux CSP en rĂ©introduisant la bigamie ! Une hypothĂšse pas si farfelue que cela. Explication : en 1988 : les islamistes, qui constituaient une force politique puissante, rĂ©clamaient Ă  cor et Ă  cris son abrogation. Et le tout nouveau prĂ©sident, qui Ă©tait Ă  l’époque dĂ©chirĂ© entre deux femmes, son Ă©pouse lĂ©gitime et sa maĂźtresse, aurait pu
 couper la poire en deux, et, sans rĂ©tablir la polygamie, pour ne pas donner l’impression de renier entiĂšrement Habib Bourguiba, autoriser, Ă  titre exceptionnel la bigamie. Il ne l’a donc pas fait. Zine el-Abidine Ben Ali, nĂ© le 3 septembre 1936, Ă  Hammam Sousse, est entrĂ© dans l’armĂ©e immĂ©diatement aprĂšs l’indĂ©pendance. Avec d’autres jeunes recrues, il est envoyĂ© en France parfaire sa formation militaire, et, Ă  son retour en Tunisie, est affectĂ© au service du gĂ©nĂ©ral KĂ©fi, un des plus hauts gradĂ©s de l’armĂ©e. Une Ă©paisse zone d’ombre entoure les circonstances de sa rencontre avec NaĂŻma, la fille de son patron. Toujours est-il qu’il finit par l’épouser en 1964. Trois filles, aujourd’hui toutes les trois mariĂ©es Ă  des hommes d’affaires en vue, naissent de cette union : Ghazoua, Dorsaf (qui a Ă©pousĂ© Slim Chiboub, longtemps le grand manitou du football tunisien en tant que prĂ©sident de l’EspĂ©rance sportive de Tunis), et Cyrine. Pour Zine el-Abidine Ben Ali, c’est un mariage presque inespĂ©rĂ©, qui donne un coup d’accĂ©lĂ©rateur Ă  sa carriĂšre. Le jeune sous-officier devient, la mĂȘme annĂ©e, directeur du renseignement militaire. Son destin de « super-flic » est tracĂ©. Au milieu des annĂ©es 1980, Zine el-Abidine Ben Ali, qui est entre-temps devenu gĂ©nĂ©ral, rencontre LeĂŻla Trabelsi. Cette derniĂšre est une fille du peuple, issue d’une famille nombreuse (elle a dix frĂšres) et exerce la profession de coiffeuse. C’est, dit-on, une femme de moeurs lĂ©gĂšres, qui multiplie les conquĂȘtes masculines. Pulpeuse, elle subjugue son amant, qui, parvenu au pouvoir, choisit finalement de divorcer d’avec Naima, en 1988, avant de l’épouser en 1992. LĂ  encore, comme dans le cas d’Habib Bourguiba, les Ă©pousailles s’assimilent d’abord Ă  une opĂ©ration de rĂ©gularisation : leur premiĂšre fille, Nesrine, est nĂ©e en 1986, Ă  Bruxelles. Elle est aujourd’hui mariĂ©e avec Sakher el-Materi, rejeton d’une grande famille tunisoise et fils d’un ancien putschiste impliquĂ© (Ă  un degrĂ© mineur, il est vrai) dans le complot de 1962 contre Habib Bourguiba. Moncef el-Materi, le pĂšre de Sakher, avait Ă©tĂ© condamnĂ© Ă  mort et n’avait eu la vie sauve qu’aprĂšs l’intercession de Wassila Ben Ammar, la femme d’Habib Bourguiba
 Au cƓur des luttes d’influences LeĂŻla, devenue « prĂ©sidente », ne tarde pas Ă  prendre ses marques. L’empire qu’elle exerce sur son mari est indĂ©niable. A l’instar de Wassila Ben Ammar, quoique moins ouvertement, elle se transforme en acteur politique de premier plan. Ses ennemis la disent manipulatrice. Une chose est sĂ»re en attendant : mieux vaut aujourd’hui avoir les faveurs de la PremiĂšre dame pour espĂ©rer durer au gouvernement. Et les observateurs croient de plus en plus discerner sa patte derriĂšre les promotions et les disgrĂąces. Abdelwaheb Abdallah, le ministre des Affaires Ă©trangĂšres, une des Ă©minences grises du PrĂ©sident, doit sa longĂ©vitĂ© Ă  l’amitiĂ© qu’il a su forger avec LeĂŻla et son clan. A l’inverse, tous ceux qui Ă©taient proches de la premiĂšre Ă©pouse du PrĂ©sident ou de ses premiĂšres filles ont fini par se retrouver Ă©jectĂ©s du sĂ©rail. La PremiĂšre dame est aujourd’hui au coeur des luttes d’influences qui ont redoublĂ© depuis que la rumeur de la maladie du prĂ©sident a pris naissance, il y a un peu plus de quatre ans. LeĂŻla Ben Ali Trabelsi est maintenant doublement incontournable. Le 20 fĂ©vrier 2005, elle a donnĂ© un fils Ă  son mari, fils aussitĂŽt prĂ©nommĂ© Mohamed Zine el- Abidine. Mais surtout, elle est au sommet de la pyramide de l’entreprenant clan des Trablelsi, qui a littĂ©ralement fait main basse sur tout ce que la Tunisie compte de secteurs rentables. Belhassen, le frĂšre aĂźnĂ© de LeĂŻla, est aujourd’hui le « capitaine d’industrie  » le plus en vue du pays. Il dirige la compagnie aĂ©rienne Karthago et vient de faire une entrĂ©e fracassante au conseil d’administration de la Banque de Tunisie, plus ancienne et plus prospĂšre des banques privĂ©es du pays. Imed et Moez, ses neveux, ĂągĂ©s d’une trentaine d’annĂ©es, qui ont grandi dans un inquiĂ©tant sentiment d’impunitĂ©, sont sous le coup d’un mandat d’arrĂȘt international Ă©mis par un juge français d’Ajaccio pour vol et recel. Le yacht de Bruno Roger, prĂ©sident-directeur gĂ©nĂ©ral de la banque Lazard, ami intime de Jacques Chirac et proche de Nicolas Sarkozy, dĂ©robĂ© Ă  Saint- Tropez, a, en effet, Ă©tĂ© retrouvĂ© amarrĂ© Ă  Sidi-Bou-SaĂŻd, maquillĂ© et immatriculĂ© au nom d’Imed Trablesi. La mansuĂ©tude du chef de l’Etat pour sa belle-famille s’explique difficilement. Sans doute, a-t-il au dĂ©but encouragĂ© les Trabelsi et leurs affidĂ©s dans leurs entreprises pour s’affranchir de l’establishment traditionnel des affaires et constituer une nouvelle bourgeoisie, entiĂšrement dĂ©pendante de lui. Et sans doute, Ă  l’instar du docteur Frankenstein, a-t-il fini par ĂȘtre dĂ©passĂ© par ses crĂ©atures et par devenir l’otage des clans. Grande, Ă©lĂ©gante, pulpeuse, s’habillant chez les plus grands couturiers de Paris et plus encore de Milan, LeĂŻla, elle, est en quĂȘte de respectabilitĂ©. Elle reste la cible des railleries et des moqueries du petit peuple, qui l’appelle encore « la coiffeuse » et continue Ă  se dĂ©lecter de blagues Ă  son sujet. Mais elle n’a plus grand-chose Ă  voir avec la femme qu’elle Ă©tait Ă  la fin des annĂ©es 1980. Ses activitĂ©s Ă  la tĂȘte de l’association caritative Basma sont trĂšs mĂ©diatisĂ©es. Ses prises de paroles plus frĂ©quentes et plus assurĂ©es. Elle est maintenant prĂ©sente Ă  toutes les cĂ©rĂ©monies officielles et lit parfois des discours Ă  la place de son mari. Ceux qui l’ont rencontrĂ©e l’assurent : elle est intelligente, douĂ©e et apprend vite. Elle est maintenant bardĂ©e de diplĂŽmes : le baccalaurĂ©at, qu’elle a passĂ© par correspondance, au dĂ©but des annĂ©es 2000, et une maĂźtrise en droit de la facultĂ© de Toulouse, passĂ©e toujours par correspondance. De lĂ  Ă  dire qu’elle vise plus haut et pourquoi pas la prĂ©sidence, il n’y a qu’un pas. Que la vox populi s’est depuis longtemps empressĂ©e de franchir.
(Source : « Afrik.com », (portail d’information – France) le 30 juillet 2008) Lien : http://www.afrik.com/article14902.html  


 

LES  DÉFIS  DE  BEN  ALI  ET  DE  SON  RCD

BALHA BOUJADI Ben Ali et son RCD, un parti camĂ©lĂ©on qui a changĂ© maintes fois de couleur et de nom,  viennent de dĂ©fier les dix millions de tunisiens par l’annonce de la mort de la RĂ©publique qu’on venait de fĂȘter il y’a seulement cinq jours. Vingt-deux ans au pouvoir n’ont pas suffi au locataire de Carthage pour mener Ă  bien ses soi-disant « rĂ©formes » il voudrait encore cinq ou mĂȘme dix et peut ĂȘtre quinze ans pour terminer son Ɠuvre de dĂ©sertification politique, sociale et culturelle de ce merveilleux pays. Le nom mĂȘme de ce congrĂšs « DĂ©fi » est tellement expressif pour signifier cette agressivitĂ© envers un peuple trop passif qui n’a aucune revendication claire et ferme pour accĂ©der Ă  la dĂ©mocratie rĂ©elle comme tout le reste du monde libre. Ben Ali et son parti lance ce dĂ©fi pour montrer au monde entier qu’un rĂ©gime totalitaire peut manipuler les principes dĂ©mocratiques pour imposer sa volontĂ© jusqu’au bout, jusqu’à la mort, car nous allons avoir Ben Ali jusqu’à la tombe. Cependant, tous les dĂ©fis de Ben Ali ont tournĂ© au vinaigre car il a perdu toutes ses batailles. Les dĂ©fis de Ben Ali ont commencĂ© dĂšs 1987, car personne ne s’attendait que quelqu’un pourrait secouer Bourguiba, une des figures historique du XXĂšme siĂšcle, alors que lui, un simple flic, a osĂ© l’écarter du pouvoir et le jeter dans une rĂ©sidence surveillĂ©e Ă  Monastir. Il a voulu l’effacer des mĂ©moires des tunisiens, mais il a Ă©chouĂ©, car les gens comparent tout le temps, et lorsqu’on compare les deux hommes, Ben Ali ne fait pas le poids face Ă  un monument exceptionnel de l’histoire contemporaine de l’humanitĂ©. Ensuite il a dĂ©fiĂ© les islamistes qui se croyaient ĂȘtre sur le point d’iraniser le pays et de dĂ©clarer la RĂ©publique islamique en Tunisie. Il a lancĂ© la chasse Ă  l’homme  contre tous les « frĂšres » et il a plongĂ© le pays dans le sang et les sanglots pendant une dĂ©cennie, sans pour autant gagner sa sale guerre, car l’islamisme se nourrit de la rĂ©pression, et ce que l’on voit aujourd’hui est effrayant, car le projet de sociĂ©tĂ© que Bourguiba a mis en place ne fait que dĂ©gringoler et l’iranisation de  pays est en train de se rĂ©aliser Ă  une vitesse vertigineuse. Les dĂ©fis de Ben Ali ont touchĂ© l’éducation, il a lancĂ© des rĂ©formes continues a telle façon que ni les professeurs ni les inspecteurs savait Ă  quel saint se vouer. Par exemple, il a enlevĂ© l’examen de sixiĂšme pour ne pas « stresser » les petits bambins, aprĂšs quelques annĂ©es il a changĂ© d’avis et il a ordonnĂ© un examen national pour les Ă©lĂšves de quatriĂšme
 parait-il les enfants de dix ans seraient moins stressĂ©s que ceux de douze ans. D’autre part, Il a imposĂ© au peuple entier un systĂšme Ă©ducatif importĂ© de chez les canadiens et les belges et Ă©tabli sur les « compĂ©tences de base ». Ce systĂšme a Ă©tĂ© critiquĂ© par tout le monde comme Ă©tant incompatible avec la mentalitĂ© tunisienne, mais Ben Ali et son RCD ont insistĂ© pendant plus d’une dĂ©cennie, et en fin de compte c’était le fiasco et on a laissĂ© tombĂ© ces compĂ©tences canadiennes pour revenir Ă  fouetter nos propres chats. Les dĂ©fis de Ben Ali ont Ă©tĂ© focalisĂ©s sur l’économie, les chiffres officiels sont Ă©loquents et les mĂ©dailles dĂ©cernĂ©es au rĂ©gime se pĂšsent par des tonnes, mais le rĂ©sultat chez le peuple, le moins que l’on puisse dire, est catastrophique. La classe moyenne qui faisait l’orgueil de Bourguiba est appauvrie et humiliĂ©e, les professeurs et mĂȘme les mĂ©decins n’arrivent pas Ă  joindre les deux bouts, le commerce parallĂšle fleurissant d’une part et les grandes surfaces ont dĂ©truit les petits commerces qui faisait vivre des milliers de familles. Les prestations sociales sont tombĂ©es au bas d’échelle. Les nouveaux riches, sans scrupules et avec arrogance, nous ont imposĂ© un style de vie mĂ©diocre et de mauvais goĂ»t. Ben Ali a vendu le pays aux plus offrants, et l’argent sale et celui du pĂ©trole a commencĂ© Ă  couler Ă  flot pour construire des grattes ciel et des terrains de golf, comme si la Tunisie n’en a pas d’autres prioritĂ©s. D’ailleurs cet Ă©tĂ© on ne trouve ni ciment ni barres de fer pour faire une petite dalle, alors que dire de construire une gratte ciel. Ben Ali a lancĂ© ses dĂ©fis depuis des annĂ©es pour dĂ©mocratiser le pays et libĂ©rer la presse, la constatation aujourd’hui est une dĂ©solation fatidique. Un vide total. Il n’y a ni opposition, ni syndicats, ni associations, ni justice
 Tout ce cirque est une comĂ©die de mauvais goĂ»t. Personne n’a plus confiance aux institutions d’un pays gouvernĂ© par la corruption et le pourboire. La Constitution a Ă©tĂ© violĂ©e plusieurs fois, la dĂ©claration de 7 novembre a Ă©tĂ© vidĂ©e de tous ses sens, surtout au niveau de la gouvernance Ă  vie
 Quant Ă  la presse et Ă  l’information en gĂ©nĂ©ral, c’est le tiers-monde. Aucun peuple qui se respecte ne peut supporter une chaĂźne Canal 7 monologue et monocolore. Ben Ali nous a offert, en plus, comme dessert, sa MosaĂŻque, son Hannibal et surtout La Zitouna, une radio de son chouchou beau fils qui diffuse le Coran durant 24 heures. Quelqu’un d’autre, Ă  la place de Ben Ali, aprĂšs une analyse exhaustive et sans maquillage de son Ɠuvre pendant 20 ans, le plus correct serait la dĂ©mission, mais voilĂ , il vient de briguer un 5Ăšme mandat successif, ce qui tĂ©moigne de son caractĂšre dĂ©fiant et mĂ©fiant. L’histoire n’est pas misĂ©ricordieuse, elle ne connaĂźt pas le barbouillage, elle va dire aux gĂ©nĂ©rations futures que Bourguiba a libĂ©rĂ© le pays de la colonisation, il a Ă©mancipĂ© la femme, il a consacrĂ© le tiers du budget national Ă  l’éducation, il a instaurĂ© la base d’une Ă©conomie libĂ©rale, il a fait dĂ©veloppĂ© une classe sociale moyenne active et crĂ©ative,  il a donnĂ© une image du pays Ă  l’extĂ©rieur Ă©blouissante
 Quant Ă  Ben Ali, il a fait quelques ponts et quelques routes, il a construit une mosquĂ©e qui porte son nom Ă  Carthage pour dĂ©fier la cathĂ©drale de St Louis, il a mis des milliers des gens pendant des dizaines d’annĂ©es au prison parce qu’ils pensaient diffĂ©remment, il a donnĂ© le pays au ravage de la corruption de sa famille et de la police, il a dĂ©truit la Ligue des Droits de l’Homme, il a fait des Ă©lections plurielles avec des candidats choisis par lui-mĂȘme
 Une Ă©poque Ă  oublier de l’histoire de ce pays
 voilĂ  le vrai dĂ©fi du peuple tunisien face au congrĂšs de dĂ©fi du RCD.
BALHA BOUJADI, le 31 juillet 2008 balhaboujadi@yahoo.es


 

Italie: nouvelle vague de clandestins sur l’Ăźle de Lampedusa

ROME – Quelque 800 immigrants clandestins Ă  bord de cinq embarcations diffĂ©rentes sont arrivĂ©s jeudi matin sur l’Ăźle italienne de Lampedusa ou ont Ă©tĂ© interceptĂ©s au large, ont indiquĂ© Ă  l’AFP les garde-cĂŽtes de Palerme (Sicile). L’arrivĂ©e la plus spectaculaire a Ă©tĂ© celle d’un bateau de pĂȘche transportant 339 personnes dont 47 femmes et quatre enfants, qui est parvenu Ă  entrer directement dans le port de l’Ăźle sicilienne, principal point d’entrĂ©e en Europe des boat-people partis de Libye. Un autre bateau ayant Ă  son bord 250 personnes dont des femmes et des enfants a Ă©tĂ© interceptĂ© par les garde-cĂŽtes Ă  une quarantaine de kilomĂštres de l’Ăźle. Auparavant, une autre barque ayant Ă  son bord 39 clandestins Ă©tait arrivĂ©e jusqu’Ă  une plage de l’Ăźle. Un autre bateau a Ă©tĂ© interceptĂ© au large par une vedette des garde-cĂŽtes avec 47 personnes Ă  bord. Enfin, une cinquiĂšme embarcation transportant 140 personnes dont 20 femmes et trois enfants a Ă©tĂ© secourue par une vedette de la marine italienne Ă  environ 130 kilomĂštres au sud de Lampedusa. Mercredi l’Ăźle italienne avait enregistrĂ© l’arrivĂ©e de quelque 400 clandestins Ă  bord de six embarcations diffĂ©rentes. Le centre de premier accueil de Lampedusa a Ă©tĂ© Ă  nouveau dĂ©bordĂ© par ces arrivĂ©es massives. La derniĂšre grande vague de dĂ©barquements remontait au 8 juillet quand 600 immigrĂ©s clandestins Ă©taient arrivĂ©s en moins de 24 heures Ă  Lampedusa. (©AFP / 31 juillet 2008 10h20)

Malte: deux morts, un disparu lors d’un naufrage de clandestins

 
AFP, le 31 juillet 2008 Ă  13h52 LA VALLETTE, 31 juil 2008 (AFP) – Deux femmes, dont l’une enceinte, sont mortes jeudi lors du naufrage d’un bateau de clandestins au large de Malte qui a Ă©galement fait un disparu, a annoncĂ© un porte-parole de la marine. Le naufrage de l’embarcation avec 28 personnes Ă  bord, originaires de Somalie et du Nigeria, s’est produit Ă  environ 130 km des cĂŽtes maltaises, selon la mĂȘme source. Le groupe a Ă©tĂ© repĂ©rĂ© par un remorqueur maltais alors qu’il se trouvait dĂ©jĂ  dans l’eau. Une femme enceinte souffrant de graves difficultĂ©s respiratoires est morte aprĂšs avoir Ă©tĂ© rĂ©cupĂ©rĂ©e par le remorqueur alors qu’une autre femme s’Ă©tait dĂ©jĂ  noyĂ©e et qu’un passager Ă©tait portĂ© disparu, selon la mĂȘme source. Les arrivĂ©es de clandestins se sont multipliĂ©es ces derniĂšres semaines sur les cĂŽtes maltaises et italiennes. Quelque 800 immigrants clandestins Ă  bord de cinq embarcations diffĂ©rentes sont arrivĂ©s jeudi matin sur l’Ăźle italienne de Lampedusa ou ont Ă©tĂ© interceptĂ©s au large.
 

La Turquie évite la crise, le gouvernement appelé au compromis

 
AFP, le 31 juillet 2008 Ă  10h52 Par Burak AKINCI ANKARA, 31 juil 2008 (AFP) – Le rejet de la demande d’interdiction du parti au pouvoir, issu de la mouvance islamiste, a fait retomber la tension jeudi en Turquie en Ă©vitant une crise majeure, mais le gouvernement reste sous surveillance et est appelĂ© Ă  faire des compromis. Le Parti de la justice et du dĂ©veloppement (AKP), accusĂ© d’ĂȘtre un “foyer d’activitĂ©s anti-laĂŻques”, a Ă©chappĂ© de justesse lundi Ă  une interdiction. Six juges sur onze de la Cour constitutionnelle se sont prononcĂ©s pour une dissolution, alors qu’il fallait au minimum sept voix pour interdire cette formation qui gouverne la Turquie depuis 2002 et qui a triomphĂ© aux lĂ©gislatives l’an dernier. Le parti a nĂ©anmoins reçu une claire mise en garde, car les juges ont reconnu que les accusations lancĂ©es Ă  l’encontre du parti et de son chef, le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, Ă©taient bien fondĂ©es en le privant d’une partie de son financement public pour cette annĂ©e. Chose rare, le prĂ©sident de la Cour, Hasim Kiliç, a exhortĂ© l’AKP avant d’annoncer la dĂ©cision trĂšs attendue depuis quatre mois Ă  “bien analyser” l’arrĂȘt des juges. En n’interdisant pas l’AKP, les juges contribuent ainsi Ă  une dĂ©tente Ă  l’intĂ©rieur du pays qui a Ă©tĂ© Ă©branlĂ© par un attentat non-revendiquĂ© dimanche Ă  Istanbul qui a fait 17 morts. M. Erdogan a tenu aprĂšs l’arrĂȘt des juges Ă  rĂ©affirmer l’attachement de sa formation aux “valeurs de la RĂ©publique”, dont la laĂŻcitĂ©, pilier de la constitution turque. Il a aussi soulignĂ© la nĂ©cessitĂ© de “renforcer la paix sociale en Turquie”, ajoutant que l’AKP agirait de façon Ă  “rassembler tous les Turcs”, quelle que soit leur appartenance politique. Ses propos ont Ă©tĂ© saluĂ©s par la presse libĂ©rale qui l’ont appelĂ© “Ă  tirer les leçons de la dĂ©cision” des magistrats et de lĂącher du lest. “C’est une trĂšs bonne dĂ©cision, elle adresse un avertissement qui empĂȘchera Erdogan de se transformer en tyran”, estimait Ahmet Hakan dans le journal Ă  gros tirage HĂŒrriyet. M. Erdogan en particulier a Ă©tĂ© tenu pour responsable d’avoir abusĂ© de sa victoire Ă©lectorale de 2007, notamment en insistant en vain Ă  lĂ©galiser le port du voile islamique dans les UniversitĂ©s, l’un des arguments avancĂ©s par la justice pour fermer l’AKP. Nombre de reprĂ©sentants du camp laĂŻc restaient toutefois inquiets, estimant que la crise n’est pas terminĂ©e entre les partisans du gouvernement et les masses fidĂšles au dogme laĂŻciste du fondateur de la Turquie moderne, Mustafa Kemal AtatĂŒrk. “Comment est-ce qu’un parti reconnu coupable d’acivitĂ©s antilaĂŻques va pouvoir continuer Ă  gouverner”, s’interrogeait Can DĂŒndar du journal libĂ©ral Milliyet. La plupart des quotidiens, y compris le pro-gouvernemental Zaman, invitaient les cadres de l’AKP Ă  une “auto-critique”. “La crise en Turquie n’est pas issue des visĂ©es prĂ©tendues islamistes de l’AKP. Le problĂšme est un problĂšme de parti unique”, estimait la politologue Nuray Mert, en exhortant l’AKP Ă  “partager le pouvoir politique”. L’arrĂȘt de la Cour a en tout cas soulagĂ© les marchĂ©s en Turquie, la bourse d’Istanbul ouvrant jeudi matin sur une hausse de 4,51%. Les milieux Ă©conomiques craignaient qu’une Ă©ventuelle fermeture de l’AKP, qui semblait pourtant acquise il y a quelques semaines, n’entraĂźne la Turquie dans une pĂ©riode de forte instabilitĂ© Ă©conomique et politique avec de possibles Ă©lections anticipĂ©es. L’Union europĂ©enne s’est Ă©galement dite soulagĂ©e, tout en maintenant la pression sur Ankara pour une relance des rĂ©formes qui devraient permettre Ă  la Turquie musulmane mais strictement laĂŻque d’adhĂ©rer, Ă  terme, Ă  l’Union. AFP  

Les milieux Ă©conomiques turcs soulagĂ©s par la non interdiction de l’AKP

 
AFP, le 31 juillet 2008 Ă  10h49 Par Nicolas CHEVIRON ISTANBUL, 31 juil 2008 (AFP) – Les milieux Ă©conomiques turcs se sont sentis soulagĂ©s quand la Cour constitutionnelle a dĂ©cidĂ© mercredi de ne pas interdire le parti au pouvoir accusĂ© d’activitĂ©s antilaĂŻques, Ă©pargnant ainsi au pays une longue pĂ©riode d’instabilitĂ©, selon les analystes. Mercredi, peu avant l’annonce du jugement de la Cour, la Bourse d’Istanbul avait dĂ©jĂ  anticipĂ© une dĂ©cision favorable au Parti de la justice et du dĂ©veloppement (AKP) du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, clĂŽturant en hausse de 5,59% (+ 2,188,56 points), Ă  41.342,30 points. Le dĂ©tente des marchĂ©s s’est confirmĂ©e jeudi, avec une hausse de 4,51% (+ 1.865,35 points) Ă  l’ouverture, l’indice IMKB atteignant 43.207,65 points. “Cela faisait dĂ©jĂ  une ou deux semaines que les investisseurs misaient sur une dĂ©cision de ce type, qui n’affecterait pas trop les marchĂ©s”, a affirmĂ© Ă  l’AFP Haluk BĂŒrĂŒmçekçi, chef de la division analyses pour la banque Fortis. “Le rebond devrait ĂȘtre limitĂ©, car aprĂšs quelques jours, les investisseurs seront Ă  nouveau plus sensibles Ă  la conjoncture internationale, qui n’est pas favorable”, prĂ©vient toutefois l’analyste. Une opinion partagĂ©e par Rifat Hisarciklioglu, le prĂ©sident de l’Union des chambres de commerces et des bourses de Turquie (TOBB), qui appelle Ă  “se concentrer sur l’Ă©conomie sans perdre de temps, alors que les marchĂ©s internationaux sont en plein tangage et ne savent pas oĂč ils vont”. “Il est temps Ă  prĂ©sent de se remettre au travail. Dans un contexte de crise financiĂšre internationale qui va en s’approfondissant (…), de concurrence mondiale qui s’accĂ©lĂšre, chaque jour de retard pour prendre les mesures qui assureront notre avenir est une perte”, dĂ©clare-t-il dans un communiquĂ©. La puissante organisation patronale TÜSIAD a elle aussi saluĂ© avec soulagement la dĂ©cision des juges de se contenter d’adresser un avertissement Ă  l’AKP, avec la suppression d’une partie de ses financements publics. “La dĂ©mocratie turque a rĂ©ussi un important examen de passage”, s’est fĂ©licitĂ© la TÜSIAD. “Depuis le premier jour du procĂšs, nous avons insistĂ© sur le fait que la fermeture des partis n’Ă©tait pas une solution dans les dĂ©mocraties, qu’elle nuirait Ă  la culture dĂ©mocratique en crĂ©ant une crise et une incertitude politique”, a-t-elle rappelĂ©. Une incertitude qui aurait eu des consĂ©quences nĂ©fastes pour l’Ă©conomie, selon Seyfettin GĂŒrsel, Ă©conomiste de l’universitĂ© stambouliote de Galatasaray, interrogĂ© par l’AFP. “Je pense que si la Cour avait dissous l’AKP, il y aurait eu un choc des taux de changes, une poussĂ©e de l’inflation, une rĂ©action de la Banque centrale qui aurait encore augmentĂ© ses taux d’intĂ©rĂȘts alors que la croissance est dĂ©jĂ  molle”, a estimĂ© M. GĂŒrsel. AprĂšs avoir traversĂ© en 2001 la plus grave crise financiĂšre de son histoire, la Turquie a connu, sous la direction de l’AKP une pĂ©riode de forte croissance (9,9% en 2004, 7,6% en 2005, 6% en 2006) qui s’est progressivement tassĂ©e jusqu’Ă  passer, avec 4,5%, sous l’objectif officiel de 5% en 2007. “A terme, sans qu’on puisse parler d’une crise majeure, car d’une maniĂšre ou d’une autre l’AKP serait restĂ© au pouvoir, il y aurait eu une augmentation du chĂŽmage et un tour de vis de plus pour l’Ă©conomie”, a poursuivi l’universitaire. AFP  

La presse turque soulagĂ©e par la survie de l’AKP, appels au compromis

 
AFP, le 31 juillet 2008 Ă  09h10 ANKARA, 31 juil 2008 (AFP) – Une grande partie des journaux turcs exhortaient jeudi le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan Ă  “tirer les leçons” d’une procĂ©dure d’interdiction Ă  laquelle son parti au pouvoir a Ă©chappĂ© et de s’engager dans la voie du compromis pour apaiser les tensions dans le pays. “La balle est maintenant dans le camp d’Erdogan (…) qui doit tirer les leçons de la dĂ©cision de la justice”, et rĂ©duire les tensions entre partisans du gouvernement et milieux pro-laĂŻcs, estimait un commentateur du journal libĂ©ral Milliyet. La plupart des journaux relevaient que la dĂ©cision de la Cour constitutionnelle, qui a rejetĂ© mercredi une demande d’interdiction du Parti de la justice et du dĂ©veloppement (AKP), a “soulagĂ©” la Turquie, tout en adressant un “fort avertissement” Ă  ce parti pour qu’il n’agisse pas contre les principes laĂŻques. “C’est une dĂ©cision bizarre, l’enfant accusĂ© de vouloir mettre le feu Ă  la maison a Ă©tĂ© reconnu coupable mais on s’est contentĂ© de le priver d’argent de poche”, estimait un autre Ă©ditorialiste de Milliyet. Six juges sur 11 se sont prononcĂ©s en faveur d’une interdiction de l’AKP, accusĂ© d'”activitĂ©s anti-laĂŻques”, mais une majoritĂ© de sept juges Ă©tait nĂ©cessaire pour interdire le parti. Le journal Ă  gros tirage HĂŒrriyet invitait Ă©galement le Premier ministre Ă  “chercher la voie du compromis” pour rĂ©duire les inquiĂ©tudes des pro-laĂŻcs qui soupçonnent le gouvernement d’islamiser petit Ă  petit le pays. “La Cour a ouvert la voie Ă  Erdogan, mais lui-mĂȘme va-t-il pouvoir ouvrir la voie Ă  la Turquie?”, s’interroge Rusen Cakir, un spĂ©cialiste de l’AKP, dans le journal Vatan. Pour l’analyste, l’AKP doit “tendre la main Ă  l’opposition” parlementaire pour mettre fin aux tensions exacerbĂ©es par cette procĂ©dure. La presse pro-gouvernementale saluait pour sa part la dĂ©cision des juges qui a Ă©vitĂ© Ă  la Turquie, selon elle, d’ĂȘtre mis au ban des pays dĂ©mocratiques. “La Turquie a gagnĂ©” titrait ainsi le quotidien Yeni Safak. “Une fermeture de l’AKP n’aurait eu qu’une seule explication: un coup d’Etat judiciaire”, estime le quotidien Zaman qui appelle tous les partis Ă  ĂȘtre plus “vigilants” Ă  l’avenir. AFP  

Washington salue la démocratie turque, aprÚs la décision sur le parti AKP

AFP, le 31 juillet 2008 Ă  00h44 WASHINGTON, 30 juil 2008 (AFP) – Washington a dit sa confiance mercredi en la dĂ©mocratie turque aprĂšs la dĂ©cision de la cour constitutionnelle turque de ne pas interdire le parti AKP au pouvoir. “Nous avons confiance en la Turquie et confiance en le peuple turc et sa dĂ©mocratie”, a dit le porte-parole du dĂ©partement d’Etat Sean McCormack. La Cour constitutionnelle turque a rejetĂ© mercredi une demande d’interdiction du Parti de la justice et du dĂ©veloppement (AKP) au pouvoir, issu de la mouvance islamiste mais en rejetant l’Ă©tiquette, Ă©vitant Ă  la Turquie une crise politique majeure et de nouvelles tensions avec l’Union europĂ©enne. “La Cour a rendu un avis et nous allons continuer Ă  travailler avec ce gouvernement. Nous travaillons plutĂŽt bien avec eux”, a poursuivi M. McCormack. Les Etats-Unis encouragent la Turquie “Ă  utiliser ce moment pour revigorer ses efforts (d’intĂ©gration) Ă  l’UE” et Ă  poursuivre ses efforts de “rĂ©forme Ă©conomique et politique” basĂ©e sur la Constitution turque et la dĂ©mocratie laĂŻque. “Je sais que cela impose aux deux parties d’avancer, l’UE doit aussi revigorer ses efforts”, a dit M. McCormack. Une interdiction de l’AKP, considĂ©rĂ©e Ă  l’avance par l’UE comme contraire aux rĂšgles dĂ©mocratiques, aurait pu provoquer de nouvelles turbulences dans les relations, dĂ©jĂ  compliquĂ©es, entre l’UE et la Turquie. La dĂ©cision de la Cour turque devrait donc permettre Ă  Ankara de poursuivre sur le mĂȘme rythme -lent- son processus d’adhĂ©sion. AFP  

AKP: l’UE, soulagĂ©e, ne va pas pour autant accĂ©lĂ©rer l’adhĂ©sion turque

 
AFP, le 31 juillet 2008 Ă  12h19 Par AmĂ©lie BOTTOLLIER-DEPOIS BRUXELLES, 31 juil 2008 (AFP) – Le rejet de l’interdiction du parti AKP au pouvoir Ă  Ankara enlĂšve une Ă©pine du pied des EuropĂ©ens qui craignaient une crise profonde avec un partenaire stratĂ©gique, mais n’augure pas d’une avancĂ©e plus aisĂ©e du processus d’adhĂ©sion de la Turquie Ă  l’Union europĂ©enne. La dĂ©cision de la Cour constitutionnelle turque de mercredi “constitue un soulagement”, a dĂ©clarĂ© le secrĂ©taire d’Etat français aux Affaires europĂ©ennes Jean-Pierre Jouyet, dont le pays prĂ©side l’Union europĂ©enne (UE). Il a ainsi rĂ©sumĂ© le sentiment de l’UE. Les EuropĂ©ens redoutaient un scĂ©nario catastrophe qui aurait pu aller jusqu’Ă  l’arrĂȘt des nĂ©gociations d’adhĂ©sion de la Turquie au bloc, commencĂ©es en 2005. Mais mĂȘme si “bien sĂ»r, c’est une bonne nouvelle, cela ne va pas accĂ©lĂ©rer proprement dit le processus d’adhĂ©sion”, a estimĂ© Katinka Barysch, analyste au Centre for European Reforms de Londres. “Par contre, cela va libĂ©rer les responsables de l’AKP qui vont pouvoir se concentrer sur les choses que l’UE rĂ©clame depuis plusieurs annĂ©es et pour lesquelles l’AKP Ă©tait trop occupĂ©: rĂ©formes Ă©conomiques, rĂ©forme du systĂšme judiciaire, libertĂ© religieuse, etc…”, a-t-elle ajoutĂ©. D’ailleurs, les responsables europĂ©ens ont immĂ©diatement appelĂ© mercredi le gouvernement turc Ă  relancer les rĂ©formes, au point mort depuis plus d’un an en raison d’une succession de crises politiques liĂ©es Ă  l’opposition entre les dĂ©fenseurs acharnĂ©s de la laĂŻcitĂ©, dont l’armĂ©e, et les islamistes conservateurs au pouvoir. “J’encourage Ă  prĂ©sent la Turquie Ă  reprendre avec toute son Ă©nergie les rĂ©formes pour moderniser le pays”, a dit le commissaire europĂ©en Ă  l’Elargissement Olli Rehn. L’interdiction de l’AKP aurait certainement entraĂźnĂ© des lĂ©gislatives anticipĂ©es, qui auraient encore repoussĂ© les rĂ©formes demandĂ©es. D’une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, les EuropĂ©ens attendent de voir et ne devraient que poursuivre comme prĂ©vu la lente avancĂ©e des nĂ©gociations d’adhĂ©sion. L’UE “attentive au fonctionnement dĂ©mocratique des institutions, continuera Ă  suivre avec attention la situation en Turquie”, a ainsi rĂ©sumĂ© la prĂ©sidence française. “L’UE et les Etats membres devraient envoyer maintenant un signal positif” Ă  la Turquie, a contestĂ© l’eurodĂ©putĂ© allemand Cem Özdemir, dans un communiquĂ©. “L’UE a Ă©tĂ© beaucoup critiquĂ©e pour sa rĂ©ticence (envers la Turquie) et pour le ralentissement des nĂ©gociations, accusĂ©e d’avoir en un sens contribuĂ© Ă  la crise” en donnant du grain Ă  moudre aux opposants du Premier ministre favorable Ă  l’adhĂ©sion, a de son cĂŽtĂ© notĂ© Kirstie Hughes, consultante sur la Turquie. “Les Etats membres qui soutiennent l’adhĂ©sion de la Turquie devraient donc pousser pour dire (…) +nous devons soit accĂ©lĂ©rer ce processus, ou alors nous aurons l’air stupides+”, l’Europe donnant l’impression “de ne pas ĂȘtre sĂ©rieuse” dans ses promesses Ă  Ankara, a-t-elle ajoutĂ©. Mais cette accĂ©lĂ©ration n’est pas l’option envisagĂ©e par les 27. La France, dont le prĂ©sident Nicolas Sarkozy est notoirement opposĂ© Ă  l’adhĂ©sion turque, souhaite ainsi ouvrir “deux, voire trois chapitres d’ici Ă  la fin de l’annĂ©e”, a rĂ©pĂ©tĂ© mercredi M. Jouyet. A ce jour, seuls 8 des 35 chapitres thĂ©matiques qui jalonnent les nĂ©gociations d’adhĂ©sion ont Ă©tĂ© ouverts –et un fermĂ©– Ă  raison d’un ou deux par prĂ©sidence. A ce rythme, que Kirstie Hughes qualifie de “ridiculement et absurdement lent”, il faudrait environ dix ans pour ouvrir tous les chapitres. Mais en plus, 18 chapitres sont de facto gelĂ©s, dont huit en raison de la non reconnaissance de Chypre par Ankara, et cinq par la France qui les considĂšre comme “directement liĂ©s” Ă  une adhĂ©sion. AFP

ANALYSIS-Turkish AK Party court victory is double-edged sword

Reuters, le 31 juillet 2008 Ă  14h33 By Paul de Bendern ISTANBUL, July 31 (Reuters) – Turkish Prime Minister Tayyip Erdogan and his ruling AK Party have scored a victory in court over hardline secularist foes but they will need to quickly heal divisions to avert another crisis. The Constitutional Court narrowly voted on Wednesday against closing the AK Party for Islamist activities and instead fined it for undermining the country’s secular principles, a warning shot not to cross the state’s red lines again. The verdict against banning a democratically elected party rescued Turkey from political chaos, which would have likely brought a halt to European Union membership talks. A closure would also have hit vital reforms and economic growth. The turmoil had already wiped several billion dollars off the value of the Istanbul stock exchange and hurt foreign direct investment in Turkey’s $700 billion economy. “It’s like a soccer game, you can write every detail about the way the match was played, but at the end of the day what matters is the score and here the AK Party won,” said Cengiz Candar, a leading Turkish columnist and author. “The important thing is how Erdogan will modify himself and his policies after all that has happened. His speech last night carried optimism that he will be more flexible and engaging and that Turkey must forge ahead on the EU road,” he added. Erdogan said the AK Party, criticised in the past for failing to seek consensus on deeply divisive issues, would undertake its responsibility to prevent a recurrence of past events and embrace all Turks. He urged others to do the same. The court challenge was the latest salvo in a decades-old battle between a powerful secularist elite, which has traditionally controlled Turkey’s key institutions, and popular religious-leaning parties, today in the shape of the AK Party. The case was sparked by a government-led reform to lift a ban on students wearing the Muslim headscarf at university. The elite, including army generals and judges, see the garment as a symbol of political Islam and a sign that the AK Party wants to move Turkey towards a more observant Muslim society. The court case ensures that any relaxation of religious practice in public has been put on hold indefinitely, including the headscarf reform — a victory for hardline secularists. SIGH OF RELIEF Turkey has stumbled from one political crisis to the next over the past few years, each time further polarising the country between secular Turks, backed by generals and judges distrustful of the current government, and increasingly prosperous pious Muslims who are the backbone of the AK Party. Each side claimed victory in Wednesday’s ruling. Erdogan said it was a win for democracy, while opposition leaders said it had taught the government a lesson not to seek confrontation. Key to Erdogan’s success will be whether the man known for his combative and autocratic style of leadership will begin to engage in compromise politics, a rare notion in Turkey, and thus disarm hardline secularists of their greatest weapon in portraying him as a divisive Islamist. “If Prime Minister Erdogan can learn a few lessons from the Constitutional Court verdict, the political polarisation and divisions which have prevailed in the country in the last year may begin to dissolve,” said Hasan Cemal, a columnist at liberal newspaper Milliyet. Erdogan will need to move fast to make up for the lost time the party devoted to defending itself in court and pursuing controversial policies, which forced the government onto the defensive and steered it from its reformist path. Many Turks felt let down by Erdogan’s failure to live up to his election promises in 2007 to bring his party to the centre ground of Turkish politics and carry out democratic and economic reforms, including some required to join the EU. The case has revealed the flaws in the Turkish democratic system. Being able to shut down a democratically elected party on charges of undermining secular principles of a predominantly Muslim country has angered many in Turkey and abroad. Even the Constitutional Court, seen as one of the last lines of defence for the elite, said it felt uncomfortable having to rule on banning a governing party and called for reforms to political party laws. SECULARIST SETBACK Critics viewed the court challenge as a “judiciary coup” attempt by hardline secularists to remove Erdogan, Turkey’s most popular politician, from power and crush his party. Opponents threw him in jail in 1999 for reading a Islamist poem and scuppered his chances of becoming president in 2007. Last year the military failed to stop the ruling party from electing former Islamist Abdullah Gul as president. Turkey has had four military coups in the last 50 years. “I hope this verdict paves the way for governments to be checked by the normal, usual means of democracy,” Sahin Alpay, a politics professor at Istanbul’s Bahcesehir University, wrote in religious-leaning newspaper Zaman. And a widening probe into a shadowy, ultra-nationalist organisation, called Ergenekon, suspected of plotting assassinations and violence to spark a military coup has forced the military onto the defensive for the first time in years. Two senior retired generals have been arrested in connection with Ergenekon and lower rank former army officers are already indicted on charges of seeking to overthrow the government. “Those (including military) who want Erdogan out of politics and the AK Party banned will not give up because of yesterday’s verdict,” Candar said. “But Ergenekon provides leverage to Erdogan and diminishes the former standing of the military as an institution and spokesman of (hardline) secularists against the government.” (Editing by Mary Gabriel)  

Turkey’s Islamic ruling party narrowly avoids ban

 

 
Associated Press, le 31 juillet 2008 Ă  02h13 By CHRISTOPHER TORCHIA, Associated Press Writer ISTANBUL, Turkey (AP) _ Turkey’s top court narrowly voted against disbanding the ruling party over accusations it is plotting to impose Islamic rule, but the judges cut off millions of dollars in state aid to a party locked in a power struggle with the secular elite.   Turkish Prime Minister Tayyip Erdogan speaks to the media in Ankara. Photo: AP Slideshow: Pictures of the week The decision Wednesday averted political chaos, at least in the short term, for a country seeking to join the European Union. But the case exposed the vulnerabilities of Western-style democracy in Turkey, where the fate of an Islamic-oriented governing party with strong electoral backing lay in the hands of a panel of 11 judges. The Constitutional Court delivered a strong – though unspecified – warning to the ruling Justice and Development Party in its decision to deprive it of half of its state funding. The party will lose about $15 million this year. “It is a serious warning,” court chairman Hasim Kilic said. “I hope that this outcome will be assessed and that the necessary measures will be taken.” Kilic said six of the 11 judges wanted to dissolve the party of Prime Minister Recep Tayyip Erdogan, one less than the seven votes needed to impose a ban. “The fact that there wasn’t unanimity among the judges reflects the divisions that we have in society concerning the party,” said Omer Faruk Genckaya, an analyst at Bilkent University in Ankara, the capital. The decision represented a reprieve for Erdogan and his allies in an overwhelmingly Muslim country with a secular system. A ban on the party would have triggered a sharp escalation in political turmoil in the NATO member, where a bomb attack Sunday killed 17 people in Istanbul. A ban would have severely damaged Turkey’s image as a democracy because the ruling party won a landslide victory in elections last year. EU leaders had said the ruling party’s viability should be decided in elections, not courtrooms. “The great uncertainty that was blocking Turkey’s path has been lifted with this decision,” Erdogan said after the verdict. “Our party, which was never the focal point of anti-secular activity, will continue from now on to defend the republic’s basic values.” European leaders voiced relief at the ruling and urged Turkey to press ahead with EU-backed reforms that have languished, partly because of the political infighting and partly from Turkish skepticism about the need for changes. “It needs a new civil and democratic constitution as soon as possible. The articles of the Turkish constitution that allow closing down political parties should be changed immediately,” said Joost Lagendijk, chairman of the Turkey-EU delegation in the European Parliament. Lagendijk urged the ruling party to show more “sensitivity” to concerns of its Turkish critics as well as “clear signs” that it is committed to the secular ideals of the state. State Department spokesman Sean McCormack reacted to the court’s decision by saying the US would continue to work with the government and encouraging it to “reinvigorate its efforts with the EU.” The court case was the latest battleground between the pious Muslims who run the government, but embrace aspects of Western political and economic systems, and the secular establishment that draws support from the military and judiciary. The rift has evolved over the last century since national founder Mustafa Kemal Ataturk jettisoned Islam as a guiding force in society and politics, instead imposing a strictly secular system amid the ruins of the Ottoman Empire. In announcing the court decision, Kilic appealed for politicians to seek consensus and said the case exposed the need for legal reforms that will elevate Turkish democracy, which has endured weak coalitions and several military coups over the decades. Mustafa Ozyurek, deputy chairman of the main opposition party, noted a majority of the judges had effectively agreed the ruling party was a focal point for anti-secular activities. If the ruling party “draws a lesson from this decision, then there will be no problem,” said Ozyurek, a member of the Republican People’s Party. “But if it does not, then Turkey will be dragged into chaos once again.” Gen. Yasar Buyukanit, the military chief, did not comment directly on the verdict, but stressed the role of the military as a guardian of secularism. In March, Turkey’s chief prosecutor asked the Constitutional Court to disband Erdogan’s party and bar him and 70 other party members from joining any other political party for five years. President Abdullah Gul was also on the prosecutor’s list. Prominent leaders in the government have backgrounds in political Islam, and the party itself is a successor to parties that were banned in the past. Those leaders now say they are not following an Islamic agenda, citing the EU-backed reforms as proof. The judges began hearing the case Monday, a day after two bombs exploded on a packed Istanbul square. It was the deadliest attack in Turkey in almost five years. Turkish officials blamed Kurdish separatists, who denied responsibility. The timing of the attack raised speculation over a possible link to the political fight. Prosecutors are preparing a case against alleged coup plotters, including retired army officers, who are accused of trying to bring down the Islamic-oriented government by fomenting chaos in Turkey. This year, the ruling party attempted to lift a decades-old ban on the wearing of head scarves at universities, but the top court overturned that bill, saying it was anti-secularist. Chief prosecutor Abdurrahman Yalcinkaya cited the head scarf bill as proof the government was trying to scrap secularist principles in the constitution. Associated Press  

Danemark/caricatures: des associations musulmanes saisissent la Cour suprĂȘme

AFP, le 31 juillet 2008 Ă  10h19 COPENHAGUE, 31 juil 2008 (AFP) – Sept associations musulmanes au Danemark, dĂ©boutĂ©es prĂ©cĂ©demment par deux instances judiciaires, ont dĂ©cidĂ© de saisir la Cour suprĂȘme pour faire condamner les responsables du quotidien danois Jyllands-Posten qui avait publiĂ© douze caricatures controversĂ©es de Mahomet. Ces associations ont Ă©tĂ© dĂ©boutĂ©es en juin par la Cour d’appel qui avait confirmĂ© un jugement antĂ©rieur du Tribunal de premiĂšre instance d’octobre 2006. L’une des douze caricatures, la plus critiquĂ©e, montrait Mahomet la tĂȘte recouverte d’un turban en forme de bombe Ă  la mĂšche allumĂ©e. “Nous estimons que les musulmans ont Ă©tĂ© injustement traitĂ©s, et c’est pourquoi nous voulons porter cette affaire devant la Haute Cour”, a dĂ©clarĂ© jeudi Ă  l’AFP Assaad Bilal, porte-parole de Det Islamisk Trossamfund i Danmark, une des sept associations plaignantes. Celles-ci avaient jusqu’au 14 aoĂ»t pour faire un ultime recours aprĂšs le rejet de leur plainte en juin par la Cour d’appel. “Nous avons demandĂ© Ă  notre avocat, Michael Havemann, de demander au ministĂšre de la Justice que notre cas soit traitĂ© par la Cour suprĂȘme”, a-t-il ajoutĂ©, rĂ©clamant toujours “la peine la plus lourde possible” pour l’ex-rĂ©dacteur en chef de Jyllands-Posten, Carsten Juste et son chef des pages culturelles Flemming Rose. La Cour d’appel avait estimĂ© en juin que le dessin le plus controversĂ© de Mahomet (celui avec le turban) Ă©tait “de caractĂšre satirique”, soulignant que “des actes terroristes ont Ă©tĂ© commis au nom de l’islam, et qu’il n’est pas illĂ©gal que ces actes fassent l’objet d’une reprĂ©sentation satirique”. Pour M. Bilal, le journal danois a prĂ©sentĂ© “injustement le prophĂšte Mahomet comme belliqueux et terroriste et a par consĂ©quent portĂ© atteinte Ă  l’honneur de tous les musulmans”. “Nous envisageons toujours de saisir en fin de compte la Cour europĂ©enne des droits de l’Homme”, a-t-il encore dit tout en ajoutant qu’en cas de rejet devant la Cour suprĂȘme, les associations avaient “d’autres plans”, qu’il n’a pas voulu dĂ©voiler.

Entretien avec Violette Daguerre –  Guerre contre le « terrorisme » : Quelle justice pour les prisonniers musulmans?

Silvia Cattori

Violette Daguerre, nĂ©e au Liban en 1955, docteur en psychologie, prĂ©side la « Commission arabe des droits humains » qu’elle a contribuĂ© Ă  fonder. Elle s’est particuliĂšrement engagĂ©e depuis 2001 pour exiger la fermeture du camp de torture de GuantĂĄnamo Bay. Elle Ă©voque dans cet entretien les difficultĂ©s Ă  faire rĂ©agir les mĂ©dias, les ONG, les politiciens, quand il s’agit de ces victimes arabes et musulmanes, dĂ©shumanisĂ©es par la propagande de guerre et dĂ©signĂ©es comme « terroristes ».

Silvia Cattori :Quand avez-vous commencé à croire que, par votre lutte, vous pouviez réussir à

contraindre l’administration Bush Ă  libĂ©rer les prisonniers de GuantĂĄnamo ?

Violette Daguerre : Le combat de la « Commission arabe des droits humains » [1] pour dĂ©noncer les conditions de dĂ©tention Ă  GuantĂĄnamo et exiger la fermeture de ce camp, a commencĂ© aussitĂŽt que nous avons appris sa mise en fonction, fin 2001. Nous avons tout de suite adressĂ© une lettre Ă  l’ambassade des États-Unis Ă  Paris, en collaboration avec le Centre de l’indĂ©pendance de la Justice, basĂ© au Caire, puis une lettre Ă  l’ambassade des États-Unis au Caire, demandant la permission d’envoyer trois experts pour visiter les dĂ©tenus de GuantĂĄnamo. Demande qui s’est heurtĂ©e Ă  un refus.

J’ai Ă©galement adressĂ©, le 18 mars 2002, une lettre Ă  M. Louis Joinet, Ă  l’époque PrĂ©sident-rapporteur du Groupe de travail de l’ONU sur la dĂ©tention arbitraire, lui demandant de considĂ©rer la dĂ©tention des dĂ©tenus de GuantĂĄnamo comme arbitraire.

Il a fallu attendre le 11 janvier 2003 pour qu’un collectif se constitue, Ă  l’occasion d’un colloque que nous avions organisĂ© Ă  Paris. Nous Ă©tions alors Ă©galement prĂ©occupĂ©s de dĂ©fendre les ONG caritatives et humanitaires, notamment arabes et musulmanes qui commençaient Ă  ĂȘtre inquiĂ©tĂ©es par l’administration de Bush, sous couvert de « lutte contre le terrorisme ». Il nous a semblĂ© urgent qu’un collectif se mette en place pour rassembler les efforts et constituer une pression plus soutenue. DĂšs lors, nous avons commencĂ©, notre association et des ONG de plusieurs pays avec des militants europĂ©ens et arabes des droits humains, Ă  collaborer pour en finir avec les cages de GuantĂĄnamo Bay.

Certaines ONG, comme « Global Policy Forum » [2] aux États-Unis, ont appuyĂ© notre dĂ©marche. D’autres ont prĂ©fĂ©rĂ© travailler seules. Mais, avant d’en arriver lĂ , il a fallu lutter contre vents et marĂ©es, dans un contexte trĂšs dĂ©favorable. DĂ©fendre des prisonniers musulmans, que les États et les mĂ©dias, associaient au « terrorisme », comportait le risque d’ĂȘtre soupçonnĂ©s de sympathiser avec eux. Ainsi, MaĂźtre Wendell Beliw, un des premiers avocats Ă©tats-uniens que nous avons contactĂ©, a fini par payer le prix de son engagement lorsque, en mai 2008, il a Ă©tĂ© mis lui-mĂȘme sur la « liste noire » des États-Unis. Cette crainte a dĂ» sĂ»rement dissuader beaucoup de militants des droits de l’Homme.

Certains, parmi nous, ont fait l’objet d’enquĂȘtes de la part des services de renseignements. Ce qui montre, encore une fois, que se constituer en contre-pouvoir en dĂ©fense des droits humains, n’est pas chose facile. Mais est-ce qu’on a le droit de faiblir lorsqu’on veut agir efficacement sur ce terrain ? Aujourd’hui, notre association, se fĂ©licite de n’avoir pas cĂ©dĂ© Ă  la peur et aux intimidations ; et d’avoir Ă©tĂ© capable de continuer Ă  lutter dans ce contexte hostile.

Silvia Cattori :Les mĂ©dias ont-ils, durant cette pĂ©riode, contribuĂ© Ă  tenir l’opinion Ă  distance des souffrances que cette guerre contre les arabes et les musulmans gĂ©nĂ©rait ?

Violette Daguerre : SĂ»rement, au dĂ©but surtout. Mais, par la suite, une distinction plus nette s’est faite entre ceux des politiques et journalistes qui prĂ©sentaient ces lieux de dĂ©tentions comme un mal nĂ©cessaire – et qui apportaient, d’une maniĂšre ou d’une autre, leur appui aux thĂšses de l’administration Bush – et ceux qui ont commencĂ© Ă  nous aider Ă  soutenir publiquement le point de vue que nous dĂ©fendions.

Nous avons continuĂ© patiemment notre combat, d’abord solitaire, sans nous laisser dĂ©courager par ces campagnes anti-arabes et antimusulmanes. Nous avons engagĂ© des frais importants pour faire du tapage mĂ©diatique et publier des encarts publicitaires, dans des organes de presse comme « The Nation », « LibĂ©ration » et « Le Monde diplomatique », afin d’alerter l’opinion sur les conditions inhumaines des dĂ©tenus et exiger la fermeture du « camp de la honte ».

Silvia Cattori :Il a donc été trÚs difficile, au départ, de vous faire entendre ?

Violette Daguerre : Certainement, il y a eu Ă©normĂ©ment de difficultĂ©s pour modifier la perception de l’opinion sur ce sujet. La dĂ©sinformation Ă©tait Ă  son comble Ă  propos de ces « terroristes » qualifiĂ©s par l’administration Bush, d’« ennemis combattants », et contre lesquels on avait conçu un statut spĂ©cial pour les tenir Ă  l’écart du monde.

Il y a eu beaucoup d’obstacles, ou de rĂ©ticences, mĂȘme de la part de ceux qui Ă©taient censĂ©s soutenir cette cause, comme le montre l’attitude adoptĂ©e au dĂ©but par « Reporters sans frontiĂšres » (RSF) Ă  l’égard du journaliste emprisonnĂ© Sami El Haj [3]. Quand nous avons Ă©tĂ© informĂ©s par le directeur d’Aljazeera, M. Mohammad Jasem al Ali, que ce journaliste Ă©tait dĂ©tenu Ă  GuantĂĄnamo, nous avons immĂ©diatement contactĂ© le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de RSF, M. Robert MĂ©nard. Nous nous attendions Ă  ce que son association apporte tout de suite un appui Ă  Sami El Haj et engage une campagne pour le faire libĂ©rer.

M. MĂ©nard nous a d’abord rĂ©pondu qu’il allait vĂ©rifier la vĂ©racitĂ© de cette dĂ©tention. Deux jours plus tard, il a exprimĂ© son refus de soutenir ce journaliste parce que le DĂ©partement d’État des États-Unis leur avait « confirmé » que Sami El Haj avait des liens avec l’organisation terroriste Al –QaĂŻda [4].

Cet exemple vous montre combien il Ă©tait difficile de faire face Ă  la mauvaise foi de tous ces acteurs qui donnaient crĂ©dit Ă  l’administration Bush, malgrĂ© tout ce que les images montraient d’inquiĂ©tant au sujet des violations des droits humains. Il a fallu attendre 2005 pour que RSF finisse par modifier sa position.

Silvia Cattori :À quel moment votre action a-t-elle commencĂ© Ă  apporter des rĂ©sultats concrets aux prisonniers eux-mĂȘmes ?

Violette Daguerre : Pas avant octobre 2003, quand l’administration Ă©tats-unienne s’est vue obligĂ©e d’amĂ©liorer leurs conditions de dĂ©tention, Ă  l’issue de la permission donnĂ©e Ă  une dĂ©lĂ©gation du CICR de visiter GuantĂĄnamo Bay. MĂȘme si cela a Ă©tĂ© dĂ» principalement Ă  la rĂ©sistance des prisonniers eux-mĂȘmes, qui ont entamĂ© des grĂšves de la faim trĂšs dures et qui ont pu obtenir par la suite (vers juin 2004) le droit Ă  une consultation mĂ©dicale. Je crois que le fait que nous ayons maintenu une pression continue contre les violations de leurs droits par l’administration Bush, a contribuĂ© Ă  soutenir moralement les dĂ©tenus, dont 24 sont tout de mĂȘme des mineurs.

Par la suite, et aprÚs que des avocats militaires aient été nommés en 2003, des avocats civils de nationalité états-unienne ont été autorisé à entrer à Guantånamo pour la premiÚre fois en 2004. DÚs lors, le transfert de détenus vers Guantånamo a été stoppé. Et des voix de plus en plus nombreuses se sont élevées pour remettre en question le statut légal du camp.

N’oublions pas que, jusqu’à fin 2004, il y a eu 24 tentatives de suicide, appelĂ©es, « Self-Harm », par l’administration de la prison. Des cas de tuberculose ont Ă©tĂ© diagnostiquĂ©s, des agressions physiques par des chiens dressĂ©s et plus de 12 mĂ©thodes de torture qui ne laissent pas de traces ont Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©s.

Silvia Cattori :Combien de prisonniers ont-ils pu sortir de Guantånamo, en partie grùce à vos interventions ?

Violette Daguerre : Sans fausse modestie, je dois insister sur le fait que Guantanamo n’est plus restĂ©e, depuis sa quatriĂšme annĂ©e, la seule affaire des ONG. Car, suite aux efforts de la sociĂ©tĂ© civile mondiale, le Parlement europĂ©en, l’Organisation pour la coopĂ©ration et la sĂ©curitĂ© en Europe, des sĂ©nateurs et des membres du CongrĂšs Ă©tats-unien, le CICR, ainsi que le Haut commissaire des Nations Unies pour les droits de l’Homme, sont tous devenus partie intĂ©grante de la campagne pour la fermeture de GuantĂĄnamo. Et, fait inhabituel, plusieurs ministres de pays alliĂ©s des États-Unis ont exprimĂ© publiquement leurs protestations Ă  l’égard de l’existence de ce camp. DĂšs lors, les actions visant Ă  obtenir la fermeture de GuantĂĄnamo sont devenues l’affaire d’une majoritĂ© d’États dĂ©mocratiques, des ONG et des organisations intergouvernementales, mĂȘme si elles n’ont pas Ă©tĂ© conduites collectivement.

Les partisans du maintien de GuantĂĄnamo se sont alors trouvĂ©s isolĂ©s. GrĂące Ă  cette mobilisation, 600 prisonniers ont pu en sortir. Il reste toujours 265 dĂ©tenus aujourd’hui, dont le dernier libĂ©rĂ© il y a quelques jours est un Qatari. Parmi eux, prĂšs de 200 n’ont pas de dossier d’accusation juridique cohĂ©rent. C’est pourquoi l’administration Bush cherche maintenant Ă  se dĂ©barrasser d’eux, plutĂŽt que d’avoir Ă  les juger.

Silvia Cattori :Pourquoi des prisonniers sont-ils sortis de Guantánamo et d’autres pas ?

Violette Daguerre : La pression de certains États, la coordination entre services de sĂ©curitĂ© des Etats concernĂ©s, et les programmes de rĂ©habilitation mis en place Ă  l’échelle locale, ont jouĂ© dans le choix de la majoritĂ© des dĂ©tenus libĂ©rĂ©s. Il y a eu aussi des cas de dĂ©tenus qui ont recouvrĂ© leur libertĂ© suite Ă  la mobilisation de gens qui travaillaient dans l’action humanitaire, l’enseignement, les mĂ©dias.

Mentionnons que, dĂšs sa prise de fonction, le nouveau ministre de la dĂ©fense, Robert Gates, a demandĂ© au prĂ©sident Bush de mettre Ă  l’écart certains faucons du Bureau de dĂ©tention. M. Bush a partiellement acceptĂ© cette demande, et l’équipe actuelle tente de trouver une solution qui lui permette de sauver la face.

Silvia Cattori :Quelle est la nationalité des détenus restants ?

Violette Daguerre :Sur les 265 prisonniers encore Ă  GuantĂĄnamo, il y aurait 98 YĂ©mĂ©nites, 25 AlgĂ©riens, 16 Chinois, 13 Saoudiens, 9 Syriens et quelques prisonniers originaires du Soudan, de la Mauritanie, d’OuzbĂ©kistan, de Somalie, d’IndonĂ©sie, d’Égypte, du KoweĂŻt, de Libye, de Tunisie, sans oublier les Afghans et les Pakistanais.

Silvia Cattori :Quelles sont les ONG « occidentales » qui se sont montrées neutres, hors de tout soupçon ?

Violette Daguerre : Elles sont nombreuses, sauf celles sous influence, liĂ©es aux intĂ©rĂȘts des États-Unis. Il est bien connu que ce pays finance massivement ce que nous appelons des « one man organisations ». C’est-Ă -dire des organisations qui se rĂ©duisent Ă  une personne qui engage quelques fonctionnaires bien payĂ©s et qui opĂšrent dans le sens de la politique gouvernementale. Ce genre d’organisation s’illustre assez aisĂ©ment Ă  ses dĂ©buts, mais plus difficilement lorsque les choses commencent Ă  apparaĂźtre plus claires aux yeux de l’opinion publique. LĂ , il ne leur est plus possible de justifier l’injustifiable, surtout pour des soi-disant ONG qui prĂ©tendent dĂ©fendre les droits humains. Il faut aussi prĂ©ciser que les dossiers dĂ©fendus ne sont malheureusement pas toujours les mĂȘmes, selon que l’on se trouve au Nord ou au Sud de la planĂšte. RĂ©alisme ne va pas de pair avec idĂ©alisme.

Il reste que les ONG qui se sont distinguĂ©es pour leur rĂŽle dans la fermeture de Guantanamo sont : ACCR, l’ACLU, l’ACHR, AI,Reprieve, et Cage Prisoners [5].

Silvia Cattori :L’intervention de M. Bernard Kouchner pour la libĂ©ration de certains prisonniers a Ă©tĂ© Ă©voquĂ©e. Qu’en est-il ?

Violette Daguerre : Je commence par dĂ©mentir formellement l’intervention du ministre français dans la libĂ©ration de dĂ©tenus de GuantĂĄnamo, qui Ă©taient des mĂ©decins ou de simples volontaires dans l’humanitaire. Les 6 prisonniers français libĂ©rĂ©s l’ont Ă©tĂ© sans son appui, et dĂ©jĂ  avant qu’il ne

devienne ministre. En outre, il a toujours affichĂ©, par le passĂ©, des positions agressives Ă  l’égard des dĂ©tenus musulmans accusĂ©s sans preuves de terrorisme. À ma connaissance M. Kouchner n’a jamais Ă©levĂ© de protestations en faveur des ONG humanitaires inscrites sur la « liste noire ».

Ceci est malheureusement le cas de plusieurs personnalitĂ©s françaises ; elles interviennent sĂ©lectivement dans les dossiers des droits de l’homme, en fonction de leur vision politique des rĂ©alitĂ©s, et conformĂ©ment Ă  leurs intĂ©rĂȘts.

Il ne faut pas oublier que la perception est subjective et la mĂ©moire est sĂ©lective. Que l’on est conditionnĂ© par la culture dans laquelle on baigne, l’éducation que nous avons eue, les positions idĂ©ologiques et bien d’autres paramĂštres qui font que l’affectif a son mot Ă  dire, et non pas seulement la raison et les principes universels qui devraient nous guider.

Silvia Cattori :À partir de quand les Parlementaires nationaux et europĂ©ens ont-ils exigĂ© la fermeture du camp de dĂ©tention de Guantanamo ?

Violette Daguerre : À partir, me semble-t-il, de la deuxiĂšme annĂ©e Ă  titre individuel, et de la troisiĂšme annĂ©e en tant que groupes parlementaires. En 2006, le Parlement europĂ©en a votĂ© la fermeture de GuantĂĄnamo. Ce qui n’empĂȘche que les parlementaires restent trĂšs peu visibles, mĂȘme lorsque l’on organise une action Ă  l’échelle nationale.

Silvia Cattori :Que faire pour les ex-dĂ©tenus et les dĂ©tenus qui attendent encore leur libĂ©ration mais qui risquent d’ĂȘtre persĂ©cutĂ©s dans leurs pays alignĂ©s sur Washington, comme la Tunisie et le Maroc ? Connaissez-vous des cas oĂč ces revenants ont Ă©tĂ© maltraitĂ©s ?

Violette Daguerre : On rencontre des situations diverses. Si certains ex-dĂ©tenus ont Ă©tĂ© bien traitĂ©s par leur gouvernement, comme au Soudan, d’autres ont Ă©tĂ© maltraitĂ©s ou emprisonnĂ©s, en effet, comme en Tunisie et au Maroc. La Tunisie a condamnĂ© deux ex-dĂ©tenus Ă , respectivement, 3 et 7 annĂ©es de prison. Et, au Maroc, un ex-dĂ©tenu, libĂ©rĂ© en mĂȘme temps que Sami El Haj, est toujours en prison.

Des prisonniers tunisiens qui sont toujours emprisonnĂ©s Ă  GuantĂĄnamo demandent Ă  ĂȘtre extradĂ©s vers un autre pays que la Tunisie. Et la recherche d’un pays d’accueil est d’ailleurs l’une des raisons qui retarde la libĂ©ration de certains dĂ©tenus de GuantĂĄnamo.Il reste prĂšs de 60 prisonniers originaires de la Chine, d’OuzbĂ©kistan, d’AlgĂ©rie, de Syrie, de Libye, de Tunisie, d’Egypte, qui risquent d’ĂȘtre arrĂȘtĂ©s et torturĂ©s Ă  leur retour chez eux.

Ce qui contraste avec le cas des ex-prisonniers ayant pu bĂ©nĂ©ficier d’un programme de rĂ©habilitation et de rééducation, comme en Arabie saoudite ; ou ayant Ă©tĂ© pris en charge par les ONG et leur gouvernement, comme au Soudan.

Silvia Cattori :Quels pays europĂ©ens ont-ils acceptĂ©, ou vont-ils accepter, de recevoir ces revenants qui ne veulent plus retourner chez eux par peur d’ĂȘtre emprisonnĂ©s, ou que leurs pays refusent ?

Violette Daguerre : Jusqu’à maintenant, il y a trois pays qui sont prĂȘts Ă  en accueillir : la Lituanie, la GrĂšce et l’Albanie. Nous espĂ©rons que l’Irlande, l’Angleterre, Djibouti et d’autres pays se joignent Ă  eux. De toute maniĂšre, une fois sortis du camp, leur calvaire n’est pas terminé ; il faudra continuer Ă  les aider Ă  soigner leurs blessures physiques et psychiques et Ă  se rĂ©insĂ©rer dans leur sociĂ©tĂ©. Il va falloir s’atteler notamment Ă  la mise en place d’un programme pour accueillir par exemple les nombreux dĂ©tenus yĂ©mĂ©nites.

Silvia Cattori :Pensez-vous que quelque chose de positif Ă©mergera de ce dĂ©sastre ? Une volontĂ© de s’unir – par delĂ  les croyances politiques et religieuses – pour exiger justice et rĂ©paration pour le mal fait par cette guerre de l’ « Occident » qui a assimilĂ© l’Islam au « terrorisme » ?

Violette Daguerre : La soi-disant « guerre contre le terrorisme » a fait beaucoup de dĂ©gĂąts et de victimes. Il va de soi que des associations comme la nĂŽtre vont tout faire pour que ceux qui ont commis des crimes et violĂ© les droits humains, non seulement d’individus, mais de groupes humains et de peuples, soient punis. Et pour que les victimes obtiennent rĂ©paration morale et matĂ©rielle du prĂ©judice subi. C’est un combat de tous les jours et ce n’est pas gagnĂ© d’avance. Surtout lorsqu’on voit les manƓuvres d’instrumentalisation de la justice internationale par les grands faiseurs de la politique.

On peut tout de mĂȘme espĂ©rer que puisse Ă©merger, par delĂ  le mal engendrĂ©, une conscience politique plus aiguisĂ©e ; une volontĂ© plus dĂ©terminĂ©e Ă  combattre toutes les formes d’injustices qui rongent notre monde ; et une sociĂ©tĂ© civile Ă  l’échelle mondiale plus Ă©tendue, plus solidaire, plus combative et plus forte des expĂ©riences passĂ©es et des Ă©checs essuyĂ©s.

Silvia Cattori, journaliste suisse.

[1] Voir : http://www.achr.eu Mme Violette Daguerre accompagnait M. Sami El Haj Ă  GenĂšve, lors de la ConfĂ©rence publique qu’il a donnĂ©e le 27 juin 2008, Ă  l’invitation de la Fondation « Alkarama for Human Rights ».

[2] Voir : http://www.globalpolicy.org

[3] Voir : http://www.samisolidarity.net

Voir Ă©galement : « Sami El Haj, journaliste d’Al-Jazira, tĂ©moigne »,RĂ©seau Voltaire, 25 juillet 2008.

[4] Voir : « Reporters Sans FrontiÚres se souvient (tardivement) de Sami Al Haj »,Réseau Voltaire, 17 février 2006.

[5] Voir les sites : http://www.ccr-ny.org http://www.aclu.org http://www.reprieve.org.uk http://www.cageprisoners.com

 

(Source: Réseau Voltaire (France), le 30 juillet 2008)

Lien :http://www.voltairenet.net/article157838.html


 

Refus d’octroi de la nationalitĂ© : Entretien du CCIF avec les membres de la famille

Par le Collectif Contre l’Islamophobie en France

AprĂšs que le Conseil d’Etat ait dĂ©cidĂ© Ă  travers son arrĂȘt en date du 27 juin 2008 de confirmer la dĂ©cision du ministĂšre des affaires sociales de refuser la nationalitĂ© française Ă  l’épouse d’un ressortissant français au motif « d’une pratique radicale de sa religion », le CCIF a souhaitĂ© en savoir plus sur cette affaire en prenant contact avec la famille. Le CCIF n’a pas pour vocation de faire l’apologie d’une tenue ni de la dĂ©nigrer d’ailleurs.

Il s’inscrit uniquement sur le plan du droit et des libertĂ©s. En l’espĂšce, il s’agissait de comprendre quelles informations ont Ă©tĂ© retenues par le Conseil d’Etat pour motiver sa dĂ©cision.Nous nous sommes rendus au domicile de la famille. Nous avons tout de suite Ă©tĂ© touchĂ©s par l’accueil, la gentillesse, la gĂ©nĂ©rositĂ©, la modestie et la simplicitĂ© de chacun. La discussion Ă©tait intĂ©ressante, diverse voir contradictoire dans le respect des opinions de chacun. La premiĂšre question qui nous venait Ă  l’esprit Ă©tait de savoir les raisons pour lesquelles ils ne voulaient pas rencontrer les journalistes ?

Cela aurait pu constituer une opportunitĂ© pour s’exprimer devant l’opinion publique. Ils en reçurent certains nous prĂ©cisent ils mais ils ne voulaient pas accorder leur confiance Ă  d’autres parce qu’ils « dĂ©forment les propos et nous n’avons aucune possibilitĂ© de vĂ©rifier ce qui va ĂȘtre dit sur notre compte par la suite ». Trois heures de discussion ne nous ont pas permis de dĂ©plorer des propos ou des attitudes que l’on pouvait qualifiĂ© objectivement de radicales. Nous avons alors demandĂ© ce qui avait pu selon eux motiver la dĂ©cision du Conseil d’Etat. La rĂ©ponse ne semblait souffrir d’aucun doute.

Les conclusions des rapports de polices et sociaux indiquent que le comportement en sociĂ©tĂ© de madame est considĂ©rĂ© comme incompatible avec les valeurs essentielles de la communautĂ© française. Madame F. s’exprime trĂšs bien en français. Elle est mariĂ©e Ă  un français. Elle vit depuis huit ans en France et elle n’a pas revu son pays d’origine depuis six ans. « J’aime ce pays » dit-elle. On peut le croire aisĂ©ment puisqu’elle a fait le choix de venir y vivre. Elle y a d’ailleurs toutes ses attaches. Ses parents vivent Ă©galement en France depuis trente six ans et ses frĂšres et sƓurs ont eux-mĂȘmes la nationalitĂ© française. Cette situation permettrait presque Ă  elle seule de comprendre qu’elle veuille rejoindre le destin commun d’une famille qui a choisi de faire de la France son pays d’adoption et de cƓur.

Elle portait le voile avant de se marier et de venir en France contrairement Ă  ce qui a Ă©tĂ© dit et surtout soulignĂ© dans le rapport d’enquĂȘte. L’apprentissage en commun de la religion musulmane l’a amenĂ© ainsi que son mari Ă  plus d’orthodoxie dans leur pratique personnelle mais cela n’a eu aucune incidence dans leurs rapports avec les autres. Nous avons dit orthodoxie et pas radicalitĂ© car ce dernier suppose que cette femme vit recluse, sans contacts extĂ©rieurs. C’est d’ailleurs ce que le rapport de la Direction DĂ©partementale des Affaires Sanitaire et Sociale (DDASS) avance.

La tenue : Ă©lĂ©ment central d’apprĂ©ciation Madame F porte dĂ©sormais le niqab et non pas la burqa comme l’affirme la DDASS. Mais cette derniĂšre ne pouvait pas le savoir Ă©tant donnĂ© que l’entretien que ses agents ont eu avec Madame F s’est dĂ©roulĂ© Ă  son domicile et qu’elle Ă©tait alors « habillĂ©e Ă  l’europĂ©enne » (sic). Elle leur a surement expliquĂ© comment elle s’habillait Ă  l’extĂ©rieur mais ils ont imaginĂ© un « visage grillagĂ© » (sic). Leur imagination les a-t-elle menĂ© consciemment ou non Ă  faire un lien avec les femmes d’Afghanistan que l’on voit dans les mĂ©dias ?

La responsable du bureau de la nationalitĂ© qui rencontre Madame F dans son bureau ne fait pas cette erreur et ne relĂšve donc pas ce « grillage ». Mais elle dĂ©crit avec minutie (longueur, couleur etc) la tenue avec laquelle Madame F s’est prĂ©sentĂ©e. L’importance qui est donnĂ©e dans les diffĂ©rents rapports Ă  la tenue vestimentaire non seulement de Madame mais Ă©galement de Monsieur (totalitĂ© du rapport des services de police, plusieurs paragraphes dans les rapports des services sociaux et administratifs) suppose que pour ĂȘtre français il est prĂ©fĂ©rable d’ĂȘtre habillĂ© Ă  la convenance des autoritĂ©s administratives que de savoir s’exprimer dans la langue du pays dont on souhaite acquĂ©rir la nationalitĂ©.

A tel point que le rapport tient Ă  prĂ©ciser que Monsieur est vĂȘtu d’un pantacourt resserrĂ© au dessus des chevilles mais surtout que sa barbe est « d’une largeur approximative de deux mains » !!!! A partir de quelle taille la barbe serait acceptable pour qu’une conjointe puisse obtenir la nationalitĂ© française? Pourquoi tant d’insistance sur la tenue de ce couple ? Ce sont des informations qui n’auraient pas suffit Ă  fonder une dĂ©cision de refus mais les rapporteurs devaient ĂȘtre convaincus que les prĂ©jugĂ©s entourant cette tenue ne pouvaient laisser insensible l’opinion voir les juges de l’administration. Le mode de vie du couple. C’est le point crucial de cette enquĂȘte qui aurait motivĂ© le refus. L’enquĂȘte sociale semble avoir Ă©tĂ© faite en plusieurs temps.

 

Une premiĂšre enquĂȘte avec un rapport succinct indique que Madame F communique aisĂ©ment, lit et Ă©crit le français. Elle est mĂȘme considĂ©rĂ©e comme suffisamment assimilĂ©e pour accomplir seule les dĂ©marches de la vie courante !! Dans le paragraphe consacrĂ© Ă  l’insertion dans la communautĂ© française il est indiquĂ© que Madame F vit dans un milieu composĂ© de nationalitĂ©s diffĂ©rentes et que les Ă©changes se font en français. Cependant, l’enquĂȘtrice ne semble pas apprĂ©cier que Madame F ne soit pas inscrite dans un club sportif !! En effet, Madame F explique que de s’occuper de ses trois enfants en bas Ăąge ne lui laisse pas beaucoup de temps pour se consacrer au sport dans un club mĂȘme si elle en fait chez elle.

D’ailleurs, cette impossibilitĂ© n’est pas seulement appliquĂ©e au sport puisqu’elle prĂ©cise que pour les mĂȘmes raisons elle n’a pas d’engagement religieux non plus. A l’heure oĂč l’on considĂšre que certains parents ne sont pas assez sensibles Ă  l’éducation de leurs enfants, cette qualitĂ© essentielle ne semble pas servir Madame F. Dans le rapport faisant suite Ă  une enquĂȘte complĂ©mentaire, nous apprenons que le couple prend ses dĂ©cisions ensemble, que madame sort souvent seule ou avec ses enfants, qu’elle conduit le vĂ©hicule de la famille, qu’elle fait les achats seule et utilise la carte bancaire et qu’elle n’a pas de problĂšmes de couple.

Le couple indique voir des films de cinĂ©ma en famille. Madame maitrise l’outil informatique et est Ă  l’aise avec internet. Elle ne travaille pas parce qu’elle s’occupe de ses enfants mais aimerait un jour avoir une activitĂ© professionnelle. Mais l’enquĂȘtrice ne semble pas se satisfaire des rĂ©ponses de Madame F qui Ă©tait selon elle « Ă  l’aise pendant l’entretien ». Elle souhaite interroger le mari seul. L’entretien avec le mari allait il avoir une incidence sur le jugement de l’enquĂȘtrice ?

En tout Ă©tat de cause les rĂ©ponses du mari qui lui prĂ©cise se rendre rĂ©guliĂšrement Ă  la priĂšre, considĂ©rer que l’égalitĂ© entre les hommes et les femmes et le droit de vote sont des points positifs, que l’islam lui semble mal compris en France, ne semblent pas convenir Ă  l’enquĂȘtrice. Elle n’a pas ressenti la mĂȘme chose pour Monsieur. Elle considĂšre qu’elle a Ă©tĂ© obligĂ©e d’insister pour obtenir des rĂ©ponses prĂ©cises puis conclut son rapport en indiquant que « compte tenu du doute ressenti 
..je maintiens l’avis dĂ©favorable ». Provocation ? Mais le plus choquant d’un point de vue dĂ©ontologique est la demande de l’enquĂȘtrice qui, aprĂšs avoir invitĂ© le couple Ă  s’assoir, demande Ă  Madame F de bien vouloir retirer son voile.

Madame F s’est exĂ©cutĂ©e et Ă  ce moment est entrĂ© dans le bureau un homme prĂ©textant la recherche d’un dossier ! Visiblement cette manƓuvre Ă©tait destinĂ©e Ă  observer la rĂ©action du couple. Ne semblant pas convaincue par la rĂ©action du couple, l’enquĂȘtrice s’est alors permis de demander une fois seule avec Madame F, si cela ne l’a pas gĂȘnĂ©. En tout Ă©tat de cause, ce genre de provocation est indigne d’une administration qui se dit respectueuse de tous.

Le Collectif Contre l’Islamophobie en France

(Source: « Oumma » (France), le 22 juillet 2008)

Lien:http://www.oumma.com/Refus-d-octroi-de-la-nationalite

 

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