30 mars 2009

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TUNISNEWS

8 Úme année, N° 3233 du 30.03.2009

 archives : www.tunisnews.net  

AISPP: CommuniquĂ© Le blog de la FIDH: Affaire Ben SaĂŻd : Deux questions Ă  Patrick Baudouin AFP: Tunisie: des Ă©tudiants en grĂšve de la faim depuis 45 jours pour rĂ©intĂ©grer l’universitĂ© AFP: Omar el-BĂ©chir, le prĂ©sident soudanais en lutte contre l’Occident AP: Chirac lance le projet Aladin contre le nĂ©gationnisme dans le monde arabo-musulman AFP: Municipales en Turquie: l’AKP en perte de vitesse pour la premiĂšre fois Reuters: Les Ă©lections turques ramĂšnent le parti AKP aux rĂ©alitĂ©s

Mizaanoun: Israël: Le Mal absolu/5


Liste actualisĂ©e des signataires de l’initiative du Droit de Retour : http://www.manfiyoun.net/fr/listfr.html Celles et Ceux qui veulent signer cet appel sont invitĂ©s Ă  envoyer leur: Nom, Pays de rĂ©sidence et AnnĂ©e de sortie de la Tunisie sur le mĂ©l de l’initiative : manfiyoun@gmail.com


 

Liberté pour tous les prisonniers politiques Liberté pour le Docteur Sadok Chourou Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques 43 rue Eldjazira, Tunis e-mail : aispptunisie@yahoo.fr  

Tunis, le 30 mars 2009   L’association a appris que l’état de santĂ© du prisonnier SeĂŻfallah Ben Houssine s’était dĂ©gradĂ© ces derniers jours en raison des conditions pĂ©nibles d’incarcĂ©ration qui sont les siennes depuis des annĂ©es. En effet, il est soumis Ă  l’isolement Ă  la prison de Mornaguia dans un cachot individuel (aile h) qui ne rĂ©pond pas aux conditions minima d’hygiĂšne, dĂ©pourvu d’aĂ©ration et d’éclairage. Il a contractĂ© de ce fait une allergie, une insuffisance respiratoire et des cĂ©phalĂ©es atroces. SeĂŻfallah Ben Houssine, ĂągĂ© de 43 ans, a fait l’objet de procĂšs Ă  rĂ©pĂ©tition et inĂ©quitables, selon de nombreuses organisations tant en Tunisie qu’à l’étranger. Il a Ă©tĂ© condamnĂ© Ă  6 reprises 
. Pour les mĂȘmes faits et les mĂȘmes accusations ! (par le tribunal militaire : affaire n°16129 : 10 ans d’emprisonnement, n°26585 : 14 ans d’emprisonnement, n°28264 : 16 ans d’emprisonnement, affaire n °28264 : 16 ans d’emprisonnement. Par la chambre criminelle du Tribunal de PremiĂšre Instance de Tunis, affaire n°6007 : 12 ans d’emprisonnement, affaire n°6006 : non-lieu.) Son pĂšre, monsieur Omar Ben Houssine, lors d’un contact avec l’association, a fait part du sentiment d’impuissance de la famille face aux brimades permanentes faites Ă  son fils, qui mettent maintenant sa vie en danger et du fait que le cri d’alarme qu’elle avait lancĂ© n’avait pas eu d’écho, en dĂ©pit des courriers adressĂ©s au prĂ©sident de la RĂ©publique, au ministre de l’IntĂ©rieur, au ministre de la Justice, au directeur des Prisons et de la rééducation, au prĂ©sident du ComitĂ© supĂ©rieur des droits de l’homme et au juge d’exĂ©cution des peines. Il a dit que sa famille Ă©tait prĂȘte Ă  entreprendre toutes les actions possibles pour sauver la vie de son fils si les autoritĂ©s concernĂ©es ne mettaient pas un terme immĂ©diatement aux sĂ©vices infligĂ©s au prisonnier. [
] Pour l’association La commission de suivi des prisonniers (traduction d’extraits ni revue ni corrigĂ©e par les auteurs de la version en arabe, LT)


Affaire Ben SaĂŻd : Deux questions Ă  Patrick Baudouin*

Par FIDH le vendredi 27 mars 2009, 18:23 – * PrĂ©sident d’honneur de la FIDH et avocat au Barreau de Paris, en charge de la coordination du Groupe d’action judiciaire de la FIDH
Quelles leçons faut-il tirer de ce procÚs ?

Il convient tout d’abord de souligner que ce procĂšs est un grand succĂšs pour la compĂ©tence universelle mais surtout pour les victimes de la torture en Tunisie. MalgrĂ© les multiples embĂ»ches auxquelles les parties civiles ont Ă©tĂ© confrontĂ©es et aprĂšs sept annĂ©es d’instruction, ce procĂšs a pu avoir lieu. Mais ce procĂšs a Ă©galement mis en lumiĂšre les difficultĂ©s inhĂ©rentes Ă  ce type de procĂ©dure : ainsi l’absence totale de coopĂ©ration des autoritĂ©s tunisiennes a eu pour consĂ©quence l’impossibilitĂ© de recueillir des Ă©lĂ©ments matĂ©riels qui seraient venus conforter les dĂ©clarations de la plaignante. De mĂȘme, le mandat d’arrĂȘt qui a Ă©tĂ© dĂ©livrĂ© trĂšs tĂŽt par le juge d’instruction dans la procĂ©dure n’a jamais Ă©tĂ© mis Ă  exĂ©cution, ce qui a privĂ© la justice française de pouvoir juger Khaled Ben SaĂŻd en sa prĂ©sence. MalgrĂ© tout ces obstacles, les magistrats de la Cour d’assises du Bas Rhin ont su faire preuve d’indĂ©pendance.

Que penser de l’appel du parquet contre la dĂ©cision de condamnation de Khaled Ben SaĂŻd ?
Il est stupĂ©fiant et rarissime que le ministĂšre public fasse appel d’une dĂ©cision de condamnation d’une Cour d’assises en vue d’un acquittement lors d’un second procĂšs. Cela ne fait que traduire l’ingĂ©rence politique au nom de relations entre Etats, ainsi que la volontĂ© constante tout au long de cette affaire de la part des autoritĂ©s françaises de mĂ©nager les responsables tunisiens et notamment le premier d’entre eux, le PrĂ©sident Ben Ali. Le parquet a d’ailleurs reconnu qu’il avait agi sur instructions du MinistĂšre de la Justice. Nous ne sous-estimons pas les obstacles que nous allons rencontrer au niveau du procĂšs en appel mais nous gardons l’espoir d’une primautĂ© du droit et de la justice sur la raison d’Etat et le rĂšgne de l’impunitĂ©.
 
(Surce: Le blog de la FIDH le 27 mars 2009)

 

 

Tunisie: des Ă©tudiants en grĂšve de la faim depuis 45 jours pour rĂ©intĂ©grer l’universitĂ©

AFP, le 28 mars 2009 Ă  17h47 TUNIS, 28 mars 2009 (AFP) – Des Ă©tudiants tunisiens observent depuis le 11 fĂ©vrier une grĂšve de la faim continue pour rĂ©intĂ©grer l’universitĂ© dont ils ont Ă©tĂ© exclus pour leurs activitĂ©s syndicales, selon eux, pour violences, selon le ministĂšre de l’Enseignement supĂ©rieur. “Notre seule demande est d’ĂȘtre rĂ©admis Ă  l’universitĂ©”, ont indiquĂ© Ă  l’AFP ces Ă©tudiants visiblement affaiblis rĂ©pĂ©tant en coeur: “les Ă©tudes ou la mort”. AllongĂ©s sur des matelas Ă  mĂȘme le sol dans le petit local quasi-insalubre de leur syndicat, sous contrĂŽle policier, ils disent avoir “Ă©puisĂ© tous les recours, frappĂ© en vain Ă  toutes les portes”, avant d’entamer une grĂšve de la faim “illimitĂ©e”. AgĂ©s de 23 Ă  27 ans, ces Ă©tudiants sont quatre Ă©lus syndicaux renvoyĂ©s de leurs facultĂ©s Ă  Tunis et Ă  Mahdia (centre-ouest). Ils ont Ă©tĂ© rejoints le 13 fĂ©vrier par un cinquiĂšme grĂ©viste, rĂ©clamant lui la libĂ©ration de son frĂšre Ă©tudiant, emprisonnĂ© aprĂšs des troubles sociaux dans la rĂ©gion de Gafsa (sud-ouest). Des mĂ©decins se sont alarmĂ©s d’une “grave dĂ©tĂ©rioration” de l’Ă©tat de santĂ© des grĂ©vistes, recommandant l’arrĂȘt de la grĂšve et une hospitalisation urgente pour “risque de complications irrĂ©versibles”. S’inquiĂ©tant de cet Ă©tat, la Ligue des droits de l’Homme a demandĂ© la rĂ©intĂ©gration des exclus et averti le pouvoir contre “le danger d’ignorer” l’affaire. Le syndicat des Ă©tudiants grĂ©vistes, l’UGET, en conflit avec le ministĂšre alors qu’il va tenir son 25e congrĂšs, recense 39 exclus et cinq emprisonnĂ©s pour activitĂ©s syndicales. “Leur seul crime est d’avoir agi en Ă©lus syndicaux”, affirme le syndicat, accusant le ministĂšre d’avoir organisĂ© des renvois “arbitraires” par des “conseils de discipline illĂ©gaux”. Les autoritĂ©s ont dĂ©menti “des allĂ©gations sans fondement” et affirmĂ© que les renvois ont Ă©tĂ© dĂ©cidĂ©s par des conseils de discipline “rĂ©guliers”, Ă©cartant “toute possibilitĂ© d’intervention du ministĂšre”. Ces Ă©tudiants ont Ă©tĂ© interdits d’universitĂ© pour “violences verbales et physiques”, pour avoir sĂ©questrĂ© un doyen et empĂȘchĂ© l’accĂšs aux salles de cours, a-t-on indiquĂ© de source gouvernementale. “Ils ne peuvent se prĂ©valoir de leur statut de syndicalistes pour se livrer Ă  des comportements illĂ©gaux et moralement inacceptables”, a-t-on ajoutĂ©.

 

Omar el-BĂ©chir, le prĂ©sident soudanais en lutte contre l’Occident

AFP – le 30 mars 2009, 09h40 Le prĂ©sident soudanais Omar el-BĂ©chir, qui dĂ©fie de nouveau la justice internationale par sa prĂ©sence au sommet arabe de Doha, est un militaire de carriĂšre sous influence islamiste, engagĂ© dans une lutte ouverte contre l’Occident. Large moustache, crĂąne dĂ©garni, enrobĂ©, Omar el-BĂ©chir, 65 ans, a l’habitude de prĂ©cĂ©der ses discours d’un pas de danse, en remuant sa canne dans les airs. Ses vingt annĂ©es Ă  la tĂȘte du Soudan, le plus grand pays d’Afrique, ont Ă©tĂ© jalonnĂ©es de guerres civiles, au Sud jusqu’Ă  la paix de 2005, et dans la rĂ©gion occidentale du Darfour depuis 2003. Ce conflit a dĂ©jĂ  fait 300.000 morts, selon l’ONU, 10.000 d’aprĂšs Khartoum. “Le prĂ©sident BĂ©chir est aussi connu pour sa propension Ă  rĂ©pondre violemment aux insultes, et on le dit prĂ©occupĂ© par ce qu’il considĂšre comme une conspiration venant de l’extĂ©rieur et visant Ă  sa chute. Ses rĂ©ponses sont imprĂ©visibles”, selon l’analyste Alex de Waal. NĂ© en 1944 dans une famille rurale de Hoshe Bannaga, Ă  une centaine de kilomĂštres au nord de Khartoum, Omar Hassan el-BĂ©chir est fascinĂ© dĂšs son plus jeune Ăąge par la carriĂšre militaire. Le gĂ©nĂ©ral BĂ©chir et un groupe d’officiers renversent le 30 juin 1989 le gouvernement dĂ©mocratiquement Ă©lu de Sadiq el-Mahdi Ă  la faveur d’un coup d’Etat appuyĂ© par le Front islamique national, parti de son mentor Hassan al-Tourabi qui deviendra plus tard son pire opposant. Sous l’influence de Tourabi, BĂ©chir oriente le Soudan –pays de 40 millions d’habitants morcelĂ© en une plĂ©thore de tribus et divisĂ© entre le nord majoritairement musulman et le sud peuplĂ© de chrĂ©tiens et d’animistes– vers un islam radical. Dans les annĂ©es 90, Khartoum devient la plaque tournante de l’internationale islamiste avec la prĂ©sence de nombreux jihadistes ayant combattu en Afghanistan y compris le chef d’Al-QaĂŻda, Oussama ben Laden, plus tard expulsĂ© sous la pression des Etats-Unis. Les relations entre “BĂ©chir le militaire” et “Tourabi l’islamiste” tournent Ă  l’aigre vers la fin de la dĂ©cennie. Tourabi propose en 1999 un projet de loi visant Ă  limiter les pouvoirs du prĂ©sident. BĂ©chir rĂ©pond par la force: l’armĂ©e encercle l’AssemblĂ©e nationale, qui est dissoute. Omar el-BĂ©chir tente par la suite de se dĂ©marquer de l’islamisme radical et d’amĂ©liorer ses relations avec ses voisins et la communautĂ© internationale. Son gouvernement signe l’accord de paix avec les rebelles du sud, un texte ouvrant la voie Ă  un partage du pouvoir et Ă  un rĂ©fĂ©rendum, en 2011, sur l’indĂ©pendance de cette rĂ©gion, oĂč sont concentrĂ©es les rĂ©serves pĂ©troliĂšres. Mais le Soudan est plongĂ© depuis six ans dans un autre conflit, au Darfour. BĂ©chir devient le 4 mars le premier chef d’Etat sous le coup d’un mandat d’arrĂȘt de la Cour pĂ©nale internationale (CPI), pour crimes de guerre et crimes contre l’humanitĂ© au Darfour. Le prĂ©sident tente alors de rallier la population Ă  sa cause et dĂ©fie ouvertement la CPI. Il se rend en ErythrĂ©e, en Egypte, et en Libye –trois pays limitrophes du Soudan– et crĂ©e la surprise en se prĂ©sentant dimanche au Qatar pour le sommet arabe. Omar el-BĂ©chir, le plus pĂ©renne des prĂ©sidents soudanais depuis l’indĂ©pendance du pays en 1956, doit sa longĂ©vitĂ© aux liens Ă©troits qu’il a su conserver avec l’armĂ©e. “Il n’a jamais oubliĂ© qu’il Ă©tait premiĂšrement un militaire et deuxiĂšmement un politique”, Ă©crit l’historien amĂ©ricain Robert O. Collins.


Chirac lance le projet Aladin contre le négationnisme dans le monde arabo-musulman

AP Vendredi 27 mars, 17h54 L’ancien prĂ©sident Jacques Chirac a lancĂ© vendredi en compagnie de reprĂ©sentants de 30 pays rĂ©unis Ă  l’UNESCO le projet Aladin, programme Ă©ducatif visant Ă  lutter contre le nĂ©gationnisme de la Shoah dans le monde arabo-musulman. Ce projet Ă  l’initiative de la Fondation pour la mĂ©moire de la Shoah vise Ă  rendre disponibles en arabe, en persan et en turc des informations objectives sur le gĂ©nocide des juifs pendant la Seconde guerre mondiale, les relations judĂ©o-musulmanes et la culture juive. Il repose sur un site Internet http://www.projetaladin.org qui prĂ©sente en cinq langues (arabe, persan, turc, anglais et français) l’histoire de la Shoah, du peuple juif et des relations entre les musulmans et les juifs au cours des siĂšcles. Une bibliothĂšque numĂ©rique http://www.aladdinlibrary.org rend accessible en arabe et persan des tĂ©moignages sur la Shoah, dont “Si c’est un homme” de Primo Levi et “Le Journal d’Anne Frank”, traduits pour la premiĂšre fois dans ces langues. Lors de la confĂ©rence de lancement, Jacques Chirac a apportĂ© son soutien et celui de sa Fondation pour le dialogue des cultures Ă  ce “combat pour rĂ©tablir la mĂ©moire de la Shoah lĂ  oĂč elle est niĂ©e, effacĂ©e, dĂ©formĂ©e”, la “faire connaĂźtre (…) sans vouloir faire porter aux pays musulmans une culpabilitĂ© qui n’est pas la leur”. L’ancien prĂ©sident a exprimĂ© son inquiĂ©tude face Ă  la montĂ©e d’une “nouvelle haine des juifs” au Proche-Orient du fait du conflit israĂ©lo-palestinien, mais aussi en Europe. Alors que Jean-Marie Le Pen a rĂ©itĂ©rĂ© cette semaine ses propos condamnĂ©s par la justice sur la Shoah, “point de dĂ©tail” selon lui de l’histoire de la Seconde guerre mondiale, M. Chirac a dĂ©noncĂ© “l’apartheid insupportable de la mĂ©moire” de la part de ceux qui affirment que l’Holocauste Ă©tait “le problĂšme des juifs”. “Il n’est pas trop tard. Il n’y a aucune fatalitĂ© Ă  la haine”, a lancĂ© celui qui avait reconnu en 1995 le rĂŽle du rĂ©gime de Vichy dans la dĂ©portation des juifs de France. La garde des Sceaux Rachida Dati a lu un message de soutien du prĂ©sident Nicolas Sarkozy. Le SĂ©nĂ©galais Abdoulaye Wade, prĂ©sident en exercice de l’Organisation de la confĂ©rence islamique, l’ancien prĂ©sident mauritanien Ely Ould Mohamed Vall et Simone Veil, ancienne prĂ©sidente de la Fondation pour la mĂ©moire de la Shoah, Ă©taient Ă©galement prĂ©sents, ainsi que des reprĂ©sentants de l’Egypte, de Tunisie, du Maroc, du Qatar, de BahreĂŻn, de Turquie, d’IndonĂ©sie ou de Bosnie. Tous ont signĂ© l'”appel Ă  la conscience”, dĂ©claration symbolique prĂŽnant la lutte contre le nĂ©gationnisme et “l’approfondissement d’un dialogue fondĂ© sur la connaissance et le respect mutuels”. AP
 

Municipales en Turquie: l’AKP en perte de vitesse pour la premiĂšre fois

AFP: Lundi 30 mars, 11h11  Nicolas CHEVIRON Pour la premiĂšre fois depuis son accession au pouvoir en Turquie en 2002, le Parti de la justice et du dĂ©veloppement (AKP) a perdu des voix dimanche, lors des Ă©lections municipales, par rapport aux scrutins prĂ©cĂ©dents, la presse Ă©voquant un “avertissement” au gouvernement. La formation islamo-conservatrice a certes largement remportĂ© le scrutin, avec 39% des voix aprĂšs dĂ©pouillement de 99% des bulletins, et conservĂ© la plupart de ses villes, dont Istanbul et Ankara. Mais elle a fait moins bien qu’aux Ă©lections municipales de 2004 (41,7%) et surtout qu’aux lĂ©gislatives de 2007 (46,6%), une premiĂšre dans l’histoire du parti du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, jusque lĂ  en progression constante. Dans le mĂȘme temps, le Parti rĂ©publicain du peuple (CHP, social-dĂ©mocrate), principale force d’opposition au parlement, a remportĂ© 23,2% des votes et reconquis un de ses bastions, Antalya (sud), tandis que le Parti de l’action nationaliste (MHP, nationaliste) s’arrogeait 16,1% des suffrages. “Un avertissement sorti des urnes”, titraient lundi plusieurs quotidiens, dont le journal pro-laĂŻcitĂ© Cumhuriyet, qui estimait que “la crise et la corruption ont frappĂ©” les ambitions de l’AKP. “Avec la fin de l’Ă©tĂ© indien qui rĂ©gnait sur l’Ă©conomie mondiale, l’AKP a perdu les financements Ă©trangers qui gonflaient ses voiles. Si on ajoute la pauvretĂ©, la corruption, le chĂŽmage, voilĂ  pourquoi l’Ă©lectorat de l’AKP a commencĂ© Ă  fondre”, a commentĂ© l’Ă©ditorialiste Tufan TĂŒrenç dans le quotidien Ă  grand tirage HĂŒrriyet. Pour le journal Ă  grand tirage Sabah, le rĂ©sultat des Ă©lections est un “effet de la crise” Ă©conomique mondiale, qui s’est traduite en Turquie par une augmentation massive du chĂŽmage — 3,27 millions de chĂŽmeurs fin 2008 (13,6% de la population active), soit 838.000 de plus qu’un an plus tĂŽt. Dans le quotidien libĂ©ral Milliyet, l’Ă©ditorialiste Fikret Bila a attirĂ© l’attention sur l’Ă©chec de l’AKP dans le sud-est anatolien, peuplĂ© en majoritĂ© de Kurdes, oĂč malgrĂ© tous ses efforts, le parti gouvernemental n’a pris aucune ville au parti pro-kurde DTP et lui en a mĂȘme cĂ©dĂ© deux (Van et Siirt). “Dans la rĂ©gion, le soutien aux politiques du DTP axĂ©es sur l’identitĂ© kurde s’est accru au lieu de se rĂ©duire” en dĂ©pit des avancĂ©es du gouvernement en matiĂšre de droits culturels accordĂ©s aux Kurdes, constate-t-il. Au final, les Ă©lections de dimanche ont traduit “la fin d’une Ă©poque”, estimait dans le journal populaire Vatan, l’analyste politique Rusen Cakir. “Il est clair dĂ©sormais que la lĂ©gende d’un AKP qui accroĂźt ses voix Ă  chaque scrutin a vĂ©cu. A partir du 30 mars, la principale tĂąche d’Erdogan sera d’arrĂȘter la chute, et ce ne sera pas facile”, a Ă©crit M. Cakir. En d’autres termes, “l’AKP n’est plus le seul choix possible comme parti de pouvoir en Turquie”, a affirmĂ© l’Ă©ditorialiste Murat Yetkin dans la quotidien libĂ©ral Radikal, dont le directeur de la rĂ©daction Ismet Berkan Ă©voque rien moins qu’un petit “Stalingrad” pour M. Erdogan. Si la presse pro-gouvernementale continuait Ă  voir dans le rĂ©sultat des urnes une victoire de l’AKP – “L’AKP a conservĂ© son score de 2004 malgrĂ© la crise”, titrait Zaman, “Les bastions ne sont pas tombĂ©s”, lui rĂ©pondait Yeni Safak -, M. Erdogan lui-mĂȘme a admis avoir compris le message. “Il est Ă©vident que nous allons tenir compte du message donnĂ© par les rĂ©sultats de l’Ă©lection, et que nous allons dans la pĂ©riode Ă  venir accomplir notre travail d’une maniĂšre diffĂ©rente”, a-t-il dĂ©clarĂ© dimanche soir.

 

 

ANALYSE Les élections turques ramÚnent le parti AKP aux réalités

Reuters, le 30 mars 2009 Ă  16h43

par Paul de Bendern

ISTANBUL, 30 mars (Reuters) – La dĂ©ception exprimĂ©e par le Premier ministre turc Tayyip Erdogan aprĂšs les Ă©lections locales et rĂ©gionales de dimanche, marquĂ©es par un recul du Parti pour la justice et le dĂ©veloppement (AKP), pourrait annoncer des compromis intĂ©rieurs et une politique plus rĂ©aliste.

L’AKP a obtenu 39% des voix aux municipales alors qu’il en espĂ©rait 47% comme aux lĂ©gislatives de 2007. C’est en outre son plus mauvais rĂ©sultat depuis son arrivĂ©e au pouvoir en 2002.

Les analystes y voient un réveil brutal pour un parti quelque peu assoupi dans le confort du pouvoir, ainsi que pour un Premier ministre réfractaire aux critiques et guÚre enclin à reconnaßtre un échec.

Erdogan, qui avait fait de ces Ă©lections un rĂ©fĂ©rendum sur sept annĂ©es de gouvernement AKP, a nettement sous-estimĂ© le mĂ©contentement de l’Ă©lectorat face Ă  la politique menĂ©e dans un pays guettĂ© par la rĂ©cession aprĂšs des annĂ©es de croissance.

“Nous pensons que le Premier ministre interprĂ©tera les rĂ©sultats convenablement et se concentrera sur les problĂšmes Ă©conomiques”, dit Yarki Cebeci, Ă©conomiste chez JP Morgan Ă  Istanbul. “L’Ă©lectorat turc a adressĂ© un avertissement clair Ă  l’AKP, en marquant son insatisfaction face au ralentissement Ă©conomique.”

En cours de campagne, Erdogan avait minimisĂ© les effets de la crise mondiale sur la Turquie et imputĂ© la montĂ©e du chĂŽmage (au taux record de 13,6%) Ă  des milieux d’affaires incompĂ©tents.

RENFORCEMENT DE LA DÉMOCRATIE ?

L’AKP a Ă©tĂ© tenu en Ă©chec dans des villes clĂ©s sur lesquelles avaient portĂ© ses efforts de campagne – en particulier Diyarbakir, dans le Sud-Est Ă  majoritĂ© kurde, Izmir et Adana. Le parti au pouvoir a aussi enregistrĂ© de trĂšs nets reculs Ă  Ankara, la capitale, et Ă  Istanbul.

Les Ă©lections locales sont importantes en Turquie, oĂč les gouvernements se trouvent sĂ©rieusement handicapĂ©s quand ils y rĂ©alisent de piĂštres scores. Les rĂ©sultats de dimanche ne devraient pas bloquer les rĂ©formes mais pourraient obliger

Erdogan Ă  rechercher des compromis avec l’opposition pour atteindre ses objectifs. Ce qui pourrait, par contrecoup, renforcer les institutions dĂ©mocratiques.

Erdogan s’est engagĂ© Ă  rĂ©former la constitution Ă©tablie par l’armĂ©e en 1982 et Ă  modifier les rĂšgles de fonctionnement de la Cour constitutionnelle – initiatives qui permettraient de lever quelques obstacles Ă  l’adhĂ©sion future du pays Ă  l’Union

europĂ©enne, mais qui risquent aussi de ranimer des tensions avec les laĂŻques qui l’accusent de poursuivre un programme islamiste.

Des tĂȘtes pourraient tomber Ă  la suite du faible score de l’AKP, bien qu’Erdogan ait assurĂ© dimanche qu’un remaniement Ă©ventuel du cabinet ne dĂ©coulerait pas des rĂ©sultats Ă©lectoraux.

“Il y aura quelques changements ministĂ©riels, mais seul Erdogan sait lesquels et quand ils auront lieu”, dĂ©clarait-on de source gouvernementale avant les scrutins.

Le Premier ministre, issu des quartiers pauvres d’Istanbul et venu Ă  la politique par l’Ă©cole de la rue, rĂ©visera-t-il son style “direct”, illustrĂ© par un vif accrochage verbal avec le prĂ©sident israĂ©lien Shimon Peres au forum de Davos ? Tout au plus partiellement, si l’on en juge par le passĂ©.

“C’EST LE PATRON”

Erdogan trĂŽne sur l’AKP un peu comme un sultan sur sa cour. A cet Ă©gard, il s’inscrit dans une lignĂ©e de dirigeants turcs rĂ©compensĂ©s dans les urnes pour leur duretĂ© plutĂŽt que leur compassion. Toutefois, milieux d’affaires et analystes jugent ce style porteur de divisions Ă  un moment oĂč la Turquie requiert d’urgence des rĂ©formes Ă©conomiques, politiques et sociales.

AprĂšs la victoire de l’AKP aux lĂ©gislatives de 2007, provoquĂ©es par un conflit avec l’opposition laĂŻque sur l’orientation du pays, Erdogan avait promis une Ăšre de compromis.

Mais il avait peu aprĂšs militĂ© pour une levĂ©e de l’interdiction du voile islamique pour les Ă©tudiantes, suscitant ainsi de nouvelles tensions et une procĂ©dure judiciaire visant Ă  faire interdire l’AKP pour activitĂ©s islamistes.

A la fois charismatique et sĂ©vĂšre, Erdogan demeure l’homme politique le plus populaire de Turquie et dirige le gouvernement fondĂ© sur un seul parti le plus stable depuis des dĂ©cennies. Il “mĂšne le jeu, c’est le patron”, note un de ses collaborateurs.

Il lui appartient donc de soutenir l’Ă©conomie et de faire avancer les rĂ©formes, en particulier sur l’extension des libertĂ©s, comme l’illustre le bon score Ă©lectoral enregistrĂ© par un parti pro-kurde dans le sud-est du pays.

 


 

Israël: Le Mal absolu/5

Chronologie de la naissance de l’ Ogre[1].

Par Mizaanoun

« [
] Par consĂ©quent si voulons continuer Ă  vivre, notre obligation est de tuer, tuer et tuer. Nous devons le faire durant  toute la journĂ©e et tous les jours de la semaine. DĂšs que nous cessons de tuer, nous finissons d’exister
Le dĂ©sengagement unilatĂ©ral ne garantit pas la « paix ». C’est un Ă©tat juif sioniste avec une Ă©crasante majoritĂ© juive qui la garantit. » (Arnon Soffer, professeur de gĂ©ographie de l’universitĂ© de HaĂŻfa)[2].

L’infiltration « pacifique » en Palestine.

En 1878, alors que la Palestine faisait encore partie de l’empire Ottoman, Yehoshua Stampfer, nĂ© en Hongrie en 1852  accompagnĂ© d’un groupe de religieux juifs, va tenter de crĂ©er une colonie dans la vallĂ©e de l’Achor, prĂšs de JĂ©richo, en achetant des terres. Les autoritĂ©s locales annulĂšrent la vente et leur interdirent de s’installer dans ces lieux. Finalement avec l’aide financiĂšre du baron Edmond de Rothschild il va finir par acheter, dans un autre endroit, des terres prĂšs du village de Mulabbis. Malheureusement cette fois-ci les autoritĂ©s ne vont par objecter et laissĂšrent faire. C’était Petah Tkiva : le berceau du mouvement sioniste en Palestine. La mĂšre de toutes les colonies. La source de toutes les malĂ©dictions sionistes qui vont s’abattre sur la Palestine, sur le monde arabe, sur le monde musulman et, sans aucun doute, sur le monde entier. Sinon lisons cette phrase: «Le droit international est applicable Ă  toutes les nations sauf une : IsraĂ«l.[3]»

(On ne peut ĂȘtre plus clair. Ce que dit Bernard Kouchner le disent tous ses homologues occidentaux et particuliĂšrement son homologue usamĂ©ricain de service, en l’occurrence en ce moment, Mme Clinton. Les faits dans le sens de cet esprit, sont plus Ă©loquents que les paroles.

En effet selon cette maxime, les sionistes sont des ĂȘtres surhumains et les seuls. En quelque sorte les Ă©lus par la providence. Ils sont les « dĂ©positaires de toute la sagesse humaine » et de « toutes les valeurs morales », et, Ă  ce titre, ils sont les seuls aptes Ă  diriger la race humaine vers les rivages de la paix, de la prospĂ©ritĂ©, de la libertĂ©, du progrĂšs et enfin de compte la tranquillitĂ© de l’ñme. Plus ou moins tel qu’on le voit en ces jours prĂ©cis. Ce qui suivra « achĂšvera leur Ɠuvre grandiose » qui se terminera, comme il se doit, avec « les feux d’artifice » comme on n’en a jamais vu auparavant. Les feux d’artifice qu’on a vu derniĂšrement sur Gaza n’en sont qu’un petit avant-goĂ»t. C’est promis par Kouchner, son chef Sarkozy et beaucoup d’autres de la mĂȘme « hauteur intellectuelle, morale et finalement humaine».

Pour Kouchner et compagnie, les massacres, les boucheries et le gĂ©nocide en cours depuis plus de 60 ans, ne sont que les plus rĂ©centes « bĂ©nĂ©dictions divines » dont la mise en pratique est revenue cette fois-ci Ă  cette catĂ©gorie « d’anges du ciel » qui apparaissent sous forme humaine. De Menahem Begin Ă  Avigdor Lieberman, tous ces sionistes qui sont apparus en Palestine, Ă  la satisfaction de Kouchner et acolytes ne sont que  des anges, et, au dĂ©sespoir de l’écrasante majoritĂ© des habitants de la planĂšte, encore sous anesthĂ©sie presque globale,  des monstres et rien que des monstres
 tel que le dĂ©montre la succession des faits dans cette chronologie succincte).

Plus tard cette colonie, Petah Tkiva, va devenir une ville et va se voir accorder un statut comme tel par les forces d’occupation anglaises en 1937. Car Ă  la chute d’ElKhilafah Ottomane (L’Empire Ottoman dans les textes occidentaux), presque toute la rĂ©gion est passĂ©e sous la domination de l’empire anglais Ă  l’exception du Liban et de la Syrie qui sont passĂ©s sous la domination française.

Le premier maire de cette nouvelle ville sera Shlomo Stampfer le fils de Yehoshua.

En 1882, dans la foulĂ©e de l’émigration juive de l’Europe vers d’autres destinations dans le monde, 25.000 vont dĂ©barquer en Palestine. Cette Ă©migration va continuer. Et jusqu’à 1929 on a recensĂ© quelques 4000.000 d’émigrants juifs europĂ©ens dont la majoritĂ©, 2.885.000, va s’installer aux Etats-Unis.

En 1891 Maurice de Hirsch petit-fils de banquier allemand, avant de crĂ©er la Jewish Colonisation Association en cette annĂ©e lĂ , avait dĂ©jĂ  financĂ©, dans un autre cadre de philosophie par rapport Ă  celle du sionisme, des Ă©coles et des dispensaires pour les juifs en Turquie. En 1895, un an avant sa mort, Hirsch avait eu, en effet, une discussion avec le fondateur du sionisme Theodor Herzl qui avait tournĂ© court. Car la colonisation que finançait Hirsch Ă©tait en Argentine oĂč l’association possĂ©dait dĂ©jĂ  100.000 hectares de terres, alors que Herzl, qui pensait aussi Ă  la crĂ©ation d’un Ă©tat sioniste dans ce mĂȘme pays, avait changĂ© d’avis et s’est orientĂ© dĂ©finitivement vers la Palestine.

En 1896 meurt Hirsch et Herzl Ă©crit son livre « l’État Juif » ou « l’État des juifs » (Der Judenstadt en allemand) dans lequel il donne sa vision sur la crĂ©ation d’un Ă©tat sioniste en Palestine, qui aura  un certain succĂšs auprĂšs  d’une partie de la communautĂ© juive de l’Europe Orientale et va l’inciter Ă  Ă©migrer en Palestine. Alors que des religieux juifs orthodoxes Ă©taient contre. Car ils ne croyaient pas en un Ă©tat (ethniquement) juif. Ils avaient une autre interprĂ©tation des textes religieux qui ne soutiennent, en aucun cas, la crĂ©ation d’un Ă©tat juif quelconque Ă  moins que le « Messie » rĂ©apparaisse et en ordonne un tel projet qui relĂšve beaucoup plus du mysticisme que de rĂ©alitĂ©s historiques concrĂštes. 

En 1897 se tient, Ă  BĂąle en Suisse, le premier congrĂšs sioniste qui va Ă©lire Herzl Ă  la prĂ©sidence et crĂ©er l’Association Sioniste Mondiale (WZO, ses sigles en anglais).

Dans la mĂȘme annĂ©e Herzl lance un hebdomadaire « Die Welt » (Le Monde) Ă  Vienne. Quand au mois de mai 1901, Herzl va finalement ĂȘtre reçu par ElKhalifah AbdĂŒlhamid II (Dans les textes occidentaux on emploie le terme Sultan) pour essayer de nĂ©gocier un don des terres en Palestine, ElKhalifah lui a rĂ©pondu : « Je prĂ©fĂšre ĂȘtre pĂ©nĂ©trĂ© par le fer que de voir la Palestine perdue». Son pressentiment s’est avĂ©rĂ© profondĂ©ment justifiĂ©.

Dans la mĂȘme annĂ©e, un autre des fondateurs du sionisme, Nahman Syrkin, Ă©crit un pamphlet dans lequel il prĂŽne le « nettoyage » ethnique de la Palestine de ses habitants arabes pour faire place aux juifs-sionistes.

En 1901  la FNJ, le Fonds National Juif-sioniste, commence Ă  s’approprier des terres palestiniennes au nom de l’Association Sioniste Mondiale. Ces terres doivent – sin qua non –  ĂȘtre exploitĂ©es exclusivement par des sionistes.

En 1904 les premiĂšres tensions entre les sionistes et les paysans palestiniens Ă©clatent au grand jour. D’autre part, entre 1904 et 1914, 40.000 immigrants sionistes viennent s’ajouter Ă  ceux qui les ont prĂ©cĂ©dĂ©s. NĂ©anmoins la prĂ©sence des sionistes en Palestine, jusqu’à cette derniĂšre date, ne va dĂ©passer les 6% (D’autres sources la situe Ă  7%).

Comment va germer l’idĂ©e du gĂ©nocide.

En 1905 Israel Zangwill nĂ© Ă  Londres de parents immigrĂ©s de Russie, membre de l’Organisation sioniste mondiale, dĂ©clare que les juifs doiventexpulser par tous les moyens les arabes et se battre contre une grande population anormale (Dans le texte le terme employĂ© n’est pas population Ă©trangĂšre, mais bien une population Ă©trange, insolite, anormale) Autrement dit une population qui « n’aurait pas dĂ» ĂȘtre là ».

1906 est la date Ă  partir de laquelle, en tant que fervent sioniste, David Ben Gourion (DBG) va s’habiller en permanence de l’uniforme de combat kaki. Et quand vont commencer les opĂ©rations de nettoyage ethnique, il va ajouter un pistolet aux hanches et une « Koufieh » autour du cou conformĂ©ment au style adoptĂ© par les unitĂ©s sionistes  d’élite. Le nettoyage ethnique sera officiellement la forme dĂ©fendue par DBG pour la crĂ©ation d’un État purement juif : par la force et la terreur. Il ne reste qu’à saisir le moment opportun pour rĂ©soudre « militairement » la rĂ©alitĂ© dĂ©mographique adverse sur le terrain. C’est-Ă -dire la liquidation physique de la prĂ©sence majoritaire des autochtones.

En 1907 est créé le premier « kibboutz » par des immigrants d’Europe de l’Est mus par les idĂ©aux sionistes. Ce kibboutz a eu lieu sur les rives du lac de TibĂ©riade. Ils l’appelĂšrent Kibboutz « Degania » et il sera considĂ©rĂ© la mĂšre des « Kibboutzim ».  D’autres documents situent sa fondation en 1909.

En 1909 va naĂźtre, prĂšs de la ville portuaire de Jaffa (les sionistes emploient le patronyme Yafo), un embryon d’une ville qui va s’appeler plus tard, bien plus tard aprĂšs la crĂ©ation de l’état sioniste, officiellement Tel Aviv.

En 1917, le ministre des affaires Ă©trangĂšres anglais lord Balfour fait officielle sa dĂ©claration par laquelle le gouvernement de sa majestĂ© donne l’appui nĂ©cessaire pour la crĂ©ation « d’un foyer juif en Palestine ».La dĂ©claration Ă©tait conçue sous la forme d’une lettre ouverte adressĂ©e Ă  Lord Lionel Walter Rothschild, publiĂ©e le 2 novembre de cette mĂȘme annĂ©e par le ministre britannique en accord avec Haim Weizmann le prĂ©sident de la FĂ©dĂ©ration Sioniste Ă  l’époque. Le mĂȘme personnage sera le premier prĂ©sident de l’état sioniste en 1948. 

Les forces armĂ©es ottomanes capitulent et se rendent, Ă  Al-Quds (JĂ©rusalem), au gĂ©nĂ©ral anglais Allenby dont les forces occupaient la Palestine. C’est pratiquement l’abandon de la Palestine aux mains des troupes anglaises. Et la fin de la premiĂšre guerre mondiale.

En 1918 dans le livre Ă©crit par DBG en compagnie de Yitzhak Ben Zvi, en Yiddish, et publiĂ© cette annĂ©e-lĂ , il est affirmĂ© que « les Fallahin (les paysans) arabes ne sont que des descendants des fermiers juifs qui sont restĂ©s en Palestine aprĂšs l’exil provoquĂ© par les romains. (Ben Zvi a maintenu cette argumentation dans les annĂ©es 30 et 40 et dans son Ɠuvre « La Porte de l’Établissement juif » il a continuĂ© Ă  soutenir que les villageois des montagnes d’HĂ©bron n’étaient en rĂ©alitĂ© que des juifs convertis Ă  l’Islam). Ben Zvi de son vrai nom Shemshelevitz est nĂ© Ă  Poltava en Ukraine. Il sera le second prĂ©sident de l’état sioniste.

En 1919 se tient le premier CongrĂšs National Palestinien qui rejette la dĂ©claration Balfour et exige l’indĂ©pendance de la Palestine.

Dans la mĂȘme annĂ©e Haim Weizmann, reprĂ©sentant de la Commission Sioniste Ă  la confĂ©rence de Paix de Paris, exige une Palestine juive, aussi juive que « l’Angleterre est anglaise ». D’autres membres de la Commission sioniste se dĂ©clarent partisans de chercher Ă  pousser autant que possible les arabes Ă  quitter la Palestine. Autrement dit obliger par tous les moyens les palestiniens Ă  abandonner leur propre pays, leur propre terre.

De son cĂŽtĂ© Winston Churchill n’est pas demeurĂ© en reste et dĂ©clare : « Puisque nous avons promis la Palestine aux juifs, il est Ă©vident qu’il va falloir « supprimer » de la population locale, la partie appropriĂ©e. » Ce qui veut dire la population arabe. 

Entre 1919-1933 un autre contingent d’un total  de 35.000 juifs serait arrivĂ© en Palestine. Ainsi la communautĂ© juive va reprĂ©senter 12%  du total des habitants en Palestine avec une possession des 3% des terres.

L’introduction du terrorisme en Palestine.

En 1920 est fondĂ©e de forme clandestine, la branche armĂ©e du  sionisme, l’organisation terroriste « Haganah ». Vladimir Jabotinsky, sioniste radical notoire, y a jouĂ© le rĂŽle majeur dans la crĂ©ation de cette organisation. Vladimir Jabotinsky est nĂ© en 1880 en Ukraine. Dix ans plus tard il sera le principal inspirateur politique de l’autre organisation terroriste Irgoun.

Dans la mĂȘme annĂ©e le CongrĂšs SuprĂȘme de la ConfĂ©rence de Paix de San Remo octroie Ă  l’Angleterre le mandat sur la Palestine (En 1922 le Conseil de la SociĂ©tĂ© des Nations approuve le mandat de l’Angleterre sur la Palestine. Finalement ce mandat entre en vigueur en 1923).

En 1922 un recensement en Palestine, rĂ©alisĂ© par les soins de l’administration occupante anglaise, confirme le nombre de 757.182 habitants dont 87,6% d’arabes rĂ©partis, en 78% de musulmans et 9,6% de chrĂ©tiens, contre 11% de juifs.

Entre 1924 et 1928 une nouvelle vague d’arrivĂ©e d’immigrants juifs en Palestine sera composĂ©e de 67.000 dont plus de la moitiĂ© sont des polonais. Et ainsi le pourcentage de prĂ©sence juive monte Ă  16%  et la possession des terres Ă  4%.

En 1929 les Ă©meutes autour du Mur d’El-Bourak (devenu par la falsification sioniste de l’histoire le mur des lamentations)  vont faire 133 morts du cĂŽtĂ© juif et 116 du cĂŽtĂ© arabe dont la majoritĂ© sont tuĂ©s par les forces armĂ©es britanniques. (À la suite de ces Ă©meutes, la SociĂ©tĂ© des Nations va trancher sur le statut lĂ©gal concernant le Mur d’El-Bourak entre les arabes et les juifs).

En 1931 est nĂ©e la nouvelle organisation terroriste clandestine d’une scission de l’autre organisation terroriste sioniste Haganah  citĂ© plus haut: l’Irgoun (le nom complet est Irgoun ZvaĂŻ Leoumi qui veut dire Organisation militaire Nationale I.Z.L) pour apporter son appui aux agressions et attaques menĂ©es contre les arabes. Cette annĂ©e-lĂ  le recensement donne un total de 1, 03 millions d’habitants en Palestine avec 16,9% de juifs.

En 1932 est fondé officiellement le premier parti politique arabe sous le nom « Istiqlal »

En 1936 la ConfĂ©rence des ComitĂ©s Nationaux Palestiniens dĂ©cide de refuser de payer des impĂŽts tant qu’il n’y a pas une reprĂ©sentation officielle palestinienne.

En 1937 la Commission Peel recommande la partition de la Palestine avec 33% pour la crĂ©ation d’un Ă©tat juif. Ce qui oblige toute la population arabe vivant dans cet espace ainsi créé pour les immigrants juifs, d’abandonner leurs biens. Dans la mĂȘme annĂ©e les autoritĂ©s britanniques vont dissoudre toutes les organisations politiques palestiniennes, dĂ©porter les cinq principaux dirigeants politiques arabes et Ă©tablir un tribut militaire afin de contrĂŽler la rĂ©volte de la population arabe. 

En 1938, les bombes de l’organisation terroriste Irgoun explosent partout tuant plus de 119 palestiniens. Les rĂ©actions armĂ©es des palestiniens feront 8 morts dans le camp sioniste. Des renforts britanniques sont dĂ©ployĂ©s afin de dĂ©tenir la rĂ©volte.

Le 12 juin 1938 David Ben Gourion (DBG) dĂ©clare Ă  l’Agence Juive : « Je suis partisan du dĂ©placement forcĂ© [des palestiniens]. Je ne vois rien d’immoral dans cela. (Archives Sionistes Centrales, acte de rĂ©union de la direction de l’Agence Juive du 12 juin 1938)

En 1939 la Chambre des Communes Britannique vote l’approbation du Livre Blanc qui envisage l’indĂ©pendance conditionnelle de la Palestine dans dix ans et limite le quota annuel de l’immigration juive Ă  15.000 pour les cinq annĂ©es qui suivent.

En 1940 des lois ont été adoptées sur le transfert de la Terre. Des mesures qui ont pour but de protéger le territoire palestinien face aux acquisitions de la part des juifs.

En 1943 les limites pour cinq ans d’immigration venues dans le Livre Blanc sont prolongĂ©es.

En 1946 vers la fin de cette annĂ©e, DBG Ă©tait informĂ© du dĂ©part imminent des anglais de la Palestine. Avec ses collaborateurs les plus proches, il va commencer Ă  prĂ©parer la stratĂ©gie gĂ©nĂ©rale Ă  suivre, contre la population palestinienne, qui sera mise en Ɠuvre immĂ©diatement aprĂšs le dĂ©part des anglais. Cette stratĂ©gie se convertira en plan C, ou Gimel, en hĂ©breux (Le plan A est connu comme plan Elimelech, du nom d’Avner Elimelech, le commandant du groupe terroriste Haganah, qui l’avait dĂ©jĂ  Ă©bauchĂ© Ă  la demande de DBG en 1937, sur les lignes Ă  suivre pour s’emparer de la Palestine, une fois les anglais partis. Le plan B est aussi conçu au dĂ©but de la mĂȘme annĂ©e).

L’objectif du plan C : prĂ©paration des forces militaires de la communautĂ© juive-sioniste se trouvant en Palestine, pour les offensives Ă  entreprendre contre les populations rurales et urbaines dans tous les endroits abandonnĂ©s par les anglais. L’emploi des moyens de dissuasion Ă  l’égard des palestiniens qui tenteraient de s’attaquer aux colonies juives-sionistes et rĂ©pondre par des reprĂ©sailles contre tous ceux d’entre eux qui osent s’attaquer aux maisons habitĂ©es par des juifs-sionistes ou les harceler sur les routes.

Les actions punitives prévues dans le plan C : « Assassiner tous les dirigeants et agitateurs politiques palestiniens ainsi que toute personne susceptible de leur apporter un soutien financier quelconque.

(Donc on le voit bien, quand et comment ont commencĂ©, les assassinats sĂ©lectifs auxquels on assiste aujourd’hui, presque quotidiennement, que ça soit Ă  Gaza derniĂšrement, dans le reste de la Palestine bien avant, dans le monde arabe par la suite et dans le monde entier grĂące aux immenses complicitĂ©s occidentales et aux rĂ©seaux d’assassins Ă  la solde des services secrets sionistes, le Mossad ou semblables)

Tuer les administrateurs et les fonctionnaires les plus importants du mandat britannique. DĂ©truire tous les moyens de transport palestiniens. DĂ©truire toutes les sources de subsistance des palestiniens ainsi que les puits d’eau, les moulins etc. Enfin neutraliser tous les villages palestiniens proches qui pourraient porter secours Ă  ceux qu’on va attaquer.

(LĂ  aussi on voit que les punitions collectives ne datent pas d’aujourd’hui. C’est dans la stratĂ©gie gĂ©nĂ©rale et en fonctionnement depuis lors).

Quelques mois plus tard un nouveau plan,  le plan D est tracĂ©, (Dalet) : Un plan qui va dĂ©cider du sort rĂ©servĂ© Ă  tous les palestiniens qui vivent au sein du territoire visĂ© par les dirigeants sionistes pour Ă©tablir leur Ă©tat. IndĂ©pendamment de la position que vont adopter les palestiniens, s’ils dĂ©cident de s’opposer ou de collaborer, la mesure contenue dans le plan D Ă  leur encontre est l’expulsion systĂ©matique et totale de leur patrie.

Toujours dans la mĂȘme annĂ©e, la direction du mouvement sioniste s’est rĂ©unie Ă  l’hĂŽtel Royal Monsue, Ă  Paris, pour dĂ©battre de la question de la gĂ©ographie ou pour dessiner la future gĂ©ographie de cet Ă©tat sioniste. Le rĂ©sultat sera traduit par l’Agence Juive en un espace gĂ©ographique de la Palestine beaucoup plus Ă©tendu que celui conçu par DBG. Il sera imprimĂ© sur une carte gĂ©ographique qui va ĂȘtre distribuĂ©e dĂ©crivant l’état sioniste dans les limites territoriales qui anticipent, presque point par point l’IsraĂ«l d’avant 1967 (La Palestine sans Gaza ni la Cisjordanie)

En 1947 dans la rĂ©cente organisation des Nations Unies qui a pris la relĂšve de la SociĂ©tĂ© des Nations, l’Angleterre annonce sa volontĂ© de se retirer de la Palestine. L’ONU va donc dĂ©signer un ComitĂ© pour s’occuper de la question de la Palestine qui sera connu sous le nom UNSCOP et qui va recommander une nouvelle partition du pays. Le 29 novembre 1947 l’ONU adopte la rĂ©solution NÂș 181. Une rĂ©solution qui sera soutenue particuliĂšrement par les Etats-Unis et l’URSS entre autres. Tous les pays arabes ont votĂ© contre. À partir de ce jour, de cette rĂ©solution, commence l’expulsion massive des populations arabes. Elles sont arrachĂ©es sans contemplation de leur terre par les sionistes plus armĂ©s que jamais.

Le 13 dĂ©cembre 1947 dans un discours devant les membres les plus importants du MAPAI, le Parti des Travailleurs de l’Eretz IsraĂ«l DBG dĂ©clare : « Dans les territoires assignĂ©s Ă  l’État juif, il y a 40% de non juifs  (c’est-Ă -dire des autochtones). Une telle composition n’est pas l’idĂ©al pour un État juif. Donc nous avons Ă  faire face Ă  cette rĂ©alitĂ© indĂ©sirable avec toute sĂ©vĂ©ritĂ© et une fermetĂ© particuliĂšre. Un Ă©quilibre dĂ©mographique pareil met en question notre capacitĂ© de maintenir une souverainetĂ© juive
 Un Ă©tat avec au moins 80% de population juive est le seul viable et stable»   

La voiture piégée

Notons que cette annĂ©e – 1947 – reste aussi dans les annales de l’histoire, comme l’annĂ©e oĂč a apparu pour la premiĂšre fois la voiture piĂ©gĂ©e comme arme urbaine. En effet l’organisation terroriste sioniste « Stern » d’extrĂȘme droite –  c’est-Ă -dire la plus dure, car dans le sionisme il est inutile de  chercher des nuances entre gauche et droite, c’est un bloc indivisible –  va conduire un camion bourrĂ© d’explosifs Ă  l’intĂ©rieur d’un commissariat des autoritĂ©s d’occupation anglaises Ă  HaĂŻfa. Dans l’explosion quatre personnes sont mortes et 140 ont Ă©tĂ© blessĂ©es. (Quelques temps aprĂšs, cette organisation va rĂ©intĂ©grer l’autre organisation Irgoun de laquelle elle s’était sĂ©parĂ©e en 1940). Plus tard l’organisation terroriste utilisera les camions et les voitures piĂ©gĂ©es pour tuer massivement les palestiniens. Des atrocitĂ©s et des boucheries Ă©normes sont commises aveuglement dans la population. Certains soldats anglais Ă©prouvant un sentiment d’écƓurement  ou pour la tranquillitĂ© de leur conscience ont dĂ©sertĂ© et sont passĂ©s du cĂŽtĂ© des arabes. Ils vont eux-mĂȘmes utiliser les mĂȘmes mĂ©thodes contre les terroristes sionistes.

En dĂ©cembre de la mĂȘme annĂ©e, DBG dans une lettre adressĂ©e Ă  Moshe Sharett (« Ministre » des Relations ExtĂ©rieures d’IsraĂ«l) Ă©crit : « Nous pourrons, si nĂ©cessaire, tuer toute les populations de HaĂŻfa de Jaffa de faim. » 

Moshe Sharett, de son vrai nom Moshe Tchertok est nĂ© Ă  Kherson, dans l’empire russe de l’époque (aujourd’hui c’est une ville en Ukraine), le 15 octobre 1894. Il arrive en Palestine en 1908. Ses parents sont parmi ceux qui ont participĂ© Ă  la crĂ©ation embryonnaire de la ville de Tel Aviv, citĂ©e plus haut.

Le commencement du génocide sioniste

En 1948 aprĂšs dix ans d’exil Abdelkader El Husseini retourne en Palestine pour tenter de crĂ©er un mouvement pour s’opposer Ă  la partition. C’était en janvier.

La Grande Bretagne prétend remettre la Palestine à tout groupe prédominant dans la région ! 

Le 31 janvier DBG donne directement l’ordre au Commandant militaire sioniste de Al-Quds (JĂ©rusalem), David Shaltiel, de garantir l’avance et l’expansion des sioniste dans cette ville en dĂ©truisant totalement le quartier Sheikh Jarrah et l’occupation des autres quartiers de la ville tout en installant immĂ©diatement les sionistes dans tous les endroits « libĂ©rĂ©s ». La mission du commandant consiste Ă  loger les familles sionistes dans chaque maison vidĂ©e de ses propriĂ©taires palestiniens dans les quartiers Ă  populations semi-arabes comme le quartier Romema.

(David Shaltiel, ce terroriste sioniste, est nĂ© tantĂŽt Ă  Hambourg tantĂŽt Ă  Berlin, ça importe peu, l’essentiel en tout cas en Allemagne  en 1903. Il est arrivĂ© en Palestine en 1935. De 1940 Ă  1942 il Ă©tait l’émissaire de l’organisation terroriste la Haganah en Europe. De 1944 Ă  1945 il travaille pour l’Agence Juive en Afrique du Nord. De janvier Ă  juillet 1948 il sera le commandant du district militaire Ă  Al-Quds (JĂ©rusalem). De 1948 Ă  1949 il sera l’inspecteur gĂ©nĂ©ral des Forces de DĂ©fense IsraĂ©liennes (IDF). De 1949 Ă  1950 il sera chargĂ© des forces de contrĂŽle des frontiĂšres ! De 1950 Ă  1952 il est attachĂ© militaire en France. Par la suite il sera ambassadeur au Mexique, au BrĂ©sil et enfin au Pays Bas).

Au mois de fĂ©vrier, toujours en 1948, Ă©clate la bataille entre les sionistes et les arabes. La Haganah  fait appel Ă  toutes les femmes et les hommes d’entre 25et 35 ans pour le service militaire.

Le dĂ©lĂ©guĂ© usamĂ©ricain, aux Nations Unies, dĂ©clare que la mission du Conseil de SĂ©curitĂ© est d’abord le maintien de la paix avant de passer au partage de la Palestine.

Dans une autre lettre adressĂ©e Ă  Moshe Sharett, le 18 fĂ©vrier de l’annĂ©e en cours, DBG Ă©crit : «Si nous arrivons Ă  recevoir Ă  temps les armes [de TchĂ©coslovaquie] et peut ĂȘtre aussi celles que nous ont promis les Nations Unies, on pourrait mĂȘme infliger des coups mortels aux syriens dans leur propre pays et ainsi nous emparer entiĂšrement de la Palestine. Je n’ai aucun doute Ă  ce sujet. Nous sommes en mesure de faire face aux forces armĂ©es arabes. Je t’assure qu’il ne s’agit nullement d’une croyance mystique, mais d’un calcul froid et rationnel fondĂ© sur un examen concret.»

(En effet en mai 1946, la Haganah Ă©tait arrivĂ©e Ă  un accord pour l’achat d’armements de la TchĂ©coslovaquie pour un montant de 12.280.000 dollars. Ces livraisons Ă©taient composĂ©es de 24.500 fusils, 5.200 mitraillettes et 54 millions de balles). 

Dans son journal personnel DBG a inscrit des notes d’une rĂ©union tenue dans son propre domicile, le 19 fĂ©vrier, donc le jour suivant, sur l’impact causĂ© par les opĂ©rations « Lamed-Heh » menĂ©es contre les palestiniens, on y lit : «Une rĂ©action trĂšs rĂ©duite [de la part des arabes] qui n’impressionne personne. Une maison dĂ©truite c’est rien du tout. En dĂ©truisant tout un quartier ça pourrait produire quelques effets.».(DBG est trĂšs content du rĂ©sultat de l’opĂ©ration du village Sa ‘sa parce qu’elle a fait « fuir mĂȘme les arbres ») Ă©crit-il.

« Le village Sa’sa[4] situĂ© Ă  12 kilomĂštres au nord ouest de la ville de Safed. Il a fait l’objet du  massacre dont se sentait fier DBG, menĂ©, dans le cadre d’une opĂ©ration beaucoup plus ample qui est connue sous le nom Hiram, par l’unitĂ© armĂ©e « Palmach » de l’organisation terroriste la Haganah. 11 villageois sont tuĂ©s, dont 5 petits enfants. Le village va ĂȘtre totalement rasĂ©.

En effet  Ă  partir du 22 octobre 1948, en prĂ©paration Ă  l’opĂ©ration, les villages principaux villages Tarshiha, Jish et Sa’sa sont bombardĂ©s quotidiennement par des B-17 et des C-47. Des bombardements, en quelque sorte, pour amollir l’objectif. Ce genre de « travail militaire » sioniste est devenu la norme qui dure jusqu’à nos jours : des bombardements massifs pendant plusieurs jours pour « dĂ©blayer » le terrain pour les fantassins et aux chars.

Le 28 octobre, l’opĂ©ration principale, baptisĂ©e Hiram en rĂ©fĂ©rence au nom biblique du roi de Tyr est lancĂ©e. Elle dĂ©bute par les bombardements massifs par les forces aĂ©riennes sionistes des villages d’Al-Khallil (GalilĂ©e) et du Sud du Liban soupçonnĂ©s de servir de base Ă  la RĂ©sistance. Durant la nuit du 28 au 29 octobre 21 tonnes de bombes sont dĂ©versĂ©es sur 7 villages d’Al-Khallil (GalilĂ©e) au cours de 13 raids successifs. Ceux-ci se sont rĂ©vĂ©lĂ©s dĂ©vastateurs. Dans le seul village de Tarshiha on avait comptĂ© dans l’immĂ©diat 24 personnes mortes et 60 autres  trouvĂ©es par la suite sous les dĂ©combres. Tous les autres survivants ont pris le chemin de l’exode. (Dans le texte il n’est pas fait mention, mais compte tenu des idĂ©es terrifiantes de DBG, certainement les arbres ont aussi pris le chemin de l’exode.)

Au matin du 30 octobre, les forces sionistes rassemblant 11 ou 12 bataillons se lancent Ă  l’attaque de l’enclave. La 7e brigade Sheva fait mouvement de Safed jusqu’à Miron puis poursuit sur Safsaf et Jish oĂč les forces de la RĂ©sistance arabe ont dĂ©plorĂ© des fortes pertes. De son cĂŽtĂ©, la 9e brigade, Oded, fait mouvement vers l’Est, prenant Tarshiha et d’autres villages arabes. Ensuite dans un mouvement de prise en tenaille est-ouest, les 7e et 9e brigades se dirigent vers le carrefour stratĂ©gique de Sa’sa.

Les 72e et 79e bataillons continuent ensuite vers le nord de Kafr Bir’im, Saliha et arrivent à al Malikya tandis que le 71e bataillon se dirige vers l’ouest, prenant Ras al Ahmar, Riahanya, Alma et dans l’aprùs midi du 30 octobre Deishum.

Dans le mĂȘme temps, la 1e brigade Golani attaque vers  le nord depuis le carrefour de Lubya, prend Eilabun, Maghar puis oblique vers l’ouest et prend Rama, Beit Jann, Suhmata et Majd al Kurum oĂč elle est rejointe par le 123e  bataillon

La suivante, la 2e brigade Carmeli, gardĂ©e en rĂ©serve dans la vallĂ©e de Hula fait mouvement jusqu’à Manara puis entre au Liban oĂč elle prend le contrĂŽle de 11 Ă  15 villages et atteint le fleuve Litani.

L’opĂ©ration est couronnĂ©e de succĂšs et Al-Khallil (GalilĂ©e) est conquise en 60 heures. »

 Le 5 juin, malgrĂ© les nĂ©gociations entreprises avec le mĂ©diateur de l’ONU, le comte Folk Bernadotte DBG Ă©crit encore : «Aujourd’hui nous occupons Yibneh (sans rĂ©sistance) et Qaqun Ă  6 kilomĂštre nord-ouest de la ville de Tulkarem. LĂ -bas les opĂ©rations de nettoyage ethnique continuent ; nous n’avons pas de nouvelles des autres fronts.»

Au mois de mars le Plan Daleth, le programme sioniste du nettoyage ethnique est mis au  point. Bien que Sur le terrain, les forces de la Haganah soient en thĂ©orie mieux Ă©quipĂ©es et mieux prĂ©parĂ©es Ă  la guerre que les forces adverses, elles ont essuyĂ© plusieurs revers importants : les cent mille juifs d’Al-Quds (JĂ©rusalem) sont assiĂ©gĂ©s par les hommes d’Abdelkader El Husseini et il n’est plus possible de les ravitailler tandis que la quasi-totalitĂ© du parc de vĂ©hicules blindĂ©s servant aux convois a Ă©tĂ© dĂ©truite. La situation d’isolement est la mĂȘme pour les implantations de haute Al-Khallil (GalilĂ©e), de la zone d’HĂ©bron et du NĂ©guev[5].

Toujours au mois de mars de la mĂȘme annĂ©e, le prĂ©sident usamĂ©ricain Harry S. Truman promet son soutien Ă  la cause sioniste.

Les dirigeants arabes acceptent une trĂȘve et une administration fiduciaire Ă  la place du partage de la Palestine est proposĂ©e par le Conseil de SĂ©curitĂ© de l’ONU. Les sionistes acceptent aussi la trĂȘve, mais comme on le verra plus tard, dans le cadre de leur tactique pour gagner du temps en attendant le moment opportun.

Entre le 30 mars et le 15 mai la Haganah va entreprendre une opĂ©ration pour dĂ©gager le terrain en expulsant tous les habitants sur la cĂŽte de HaĂŻfa jusqu’à Jaffa.

Deux jours plus tard DBG convoque une rĂ©union, de nouveau dans son domicile pour Ă©valuer combien d’argent on a dĂ©robĂ© des banques arabes, combien d’arbustes citriques et autres biens a-t-on confisquĂ©. Eliezer Kaplan (qui est nĂ© en 1891 Ă  Minsk en BiĂ©lorussie) son ministre des finances, lui a suggĂ©rĂ© de confisquer toutes les propriĂ©tĂ©s des palestiniennes tombĂ©es entre leurs mains afin de prĂ©venir les altercations  entre les prĂ©dateurs sionistes.

Devant le malaise exprimĂ© par certains Ă©minents reprĂ©sentants du MAPAM devant ce qu’ils considĂ©raient comme une ampliation du cadre du nettoyage ethnique « non nĂ©cessaire » DBG leur a rappelĂ© qu’ils Ă©taient eux-mĂȘmes enchantĂ©s en avril 1948 quand la premiĂšre phase de nettoyage [ethnique] avait commencĂ© dans la zone  et ajouta : ĂȘtre juif en 1948 implique une chose et une seule : l’engagement total dans la « dĂ©s-arabisation » de la Palestine. (Autrement dit le dĂ©racinement de l’arabe de Palestine)

DBG [Rebirth and Destiny of Israel, page 530] Ă©crit: « [
] Jusqu’au dĂ©part des anglais, (le 15 mai 1948) les arabes n’ont pĂ©nĂ©trĂ© ni capturĂ© aucune colonie juive, mĂȘme pas la plus isolĂ©e qu’elle soit, alors que la Haganah
a capturĂ© plusieurs positions arabes et libĂ©rer TibĂ©riade, HaĂŻfa, Jaffa et Safed
Donc le jour de la vĂ©ritĂ©, toute cette partie de la Palestine oĂč la Haganah avait menĂ© ses opĂ©rations Ă©tait presque totalement vide d’arabes. 

Dans une note Ă©crite aprĂšs sa visite aux familiers des morts et blessĂ©s de l’Atlantic HĂŽtel de la rue Ben Yehuda, le quartier gĂ©nĂ©ral des troupes d’élite de la Haganah on y lit : «Jamais je ne pouvais imaginer une destruction d’une telle ampleur. On ne peut mĂȘme plus reconnaĂźtre la rue. C’est de l’horreur et de la haine. Mais il ne faut pas oublier que nos tueurs et assassins ont laissĂ© ce genre d’empreintes de feu dans le Roi David (l’hĂŽtel) Ă  HaĂŻfa, dans la maison Goldschmidt et dans beaucoup d’autres endroits ». 

Toujours dans son journal personne, le 8 juillet 1948, DBG serait arrivĂ© Ă  sentir tellement alarmĂ©, pour le comportement des soldats sionistes dans les villes occupĂ©es et particuliĂšrement pour les pillages auxquels ils s’adonnent Ă  des fins personnels et les cas des violations (continues durant les trois ou quatre premiers mois d’occupation), qu’il va dĂ©cider d’interdire Ă  certaines unitĂ©s de l’armĂ©e d’entrer Ă  Nazareth qui a Ă©tĂ© occupĂ©e par les troupes sionistes durant la guerre des « dix jours ». DBG ajoute des notes concernant un « incident » que le lui a rapportĂ© Isaac Chizik on y lit : « L’affaire d’Acre Ă  laquelle sont mĂȘlĂ©s des soldats qui voulaient violer une petite fille. Ils tuĂšrent le pĂšre, blessĂšrent la mĂšre. Les officiers les ont excusĂ©s. Au moins un soldat a violĂ© la petite fillette ».

 Au mois d’avril une premiĂšre livraison d’armes tchĂšques a Ă©tĂ© reçue par l’organisation la Haganah. Elle composĂ©e de 4.500 fusils, 200 mitraillettes et 5 millions de projectiles.

La boucherie de Deir Yassine.

Tout au long de la route entre Tel Aviv et Al-Quds (JĂ©rusalem) tous les villages ont Ă©tĂ© vidĂ©s et  leurs habitants expulsĂ©s. C’est le massacre de Deir Yassine. Il s’est produit le 9 avril de cette annĂ©e. Il a Ă©tĂ© perpĂ©trĂ© par 120 sionistes des deux organisations terroristes, l’Irgoun et Lehi. Cette derniĂšre est l’acronyme en  hĂ©breux de « combattants pour la libertĂ© d’IsraĂ«l ». Les autoritĂ©s d’occupation anglaises vont l’appeler le Stern Gang, en rĂ©fĂ©rence au nom de son premier fondateur et dirigeant Avraham Stern. Ce dernier est nĂ© en Pologne le 23 dĂ©cembre 1905. Il Ă©migre en Palestine en 1924.

Les historiens  Ă©valuent aujourd’hui, le nombre de villageois tuĂ©s entre 100 et 120 personnes avec une majoritĂ© de civils, femmes et enfants. D’autres sources comme la presse et les diffĂ©rents commentateurs de l’époque Ă©valuent le nombre Ă  254 personnes[6].

Le 4 dĂ©cembre 1948 une lettre signĂ©e par Albert Einstein et vingt sept autres Ă©minents juifs de New York est publiĂ©e dans le journal « The New York Times ». Il s’agit d’une condamnation du massacre de Deir Yassine. On y lit : « 
Les bandes terroristes [l’Irgoun de Menahem Begin] se sont attaquĂ©es Ă  un paisible village qui ne pouvait, dans aucun conflit,  constituer un objectif militaire. On a tuĂ© la majoritĂ© des habitants (deux cents quarante hommes, femmes et enfants) et on a gardĂ© quelques uns en vie pour les exhiber, en trophĂ©e, dans les rues de Al-Quds (JĂ©rusalem), comme s’ils Ă©taient des combattants capturĂ©s. La majoritĂ© de la communautĂ© juive exprime son sentiment d’horreur pour ces actes
Mais les terroristes, loin d’exprimer leur honte, se sentant fiers et orgueilleux de leur massacre, ils lui donnĂšrent encore plus de publicitĂ©. Ils invitĂšrent les correspondants Ă©trangers prĂ©sents dans le pays Ă  venir contempler les piles de cadavres et les grands dĂ©gĂąts qu’ils ont causĂ©s Ă  Deir Yassine.»

(Il est clair que le grand physicien n’avait aucune idĂ©e de la nature criminelle des sionistes. Ce qu’ils ont commis Ă  Deir Yassine va se rĂ©pĂ©ter avec plus d’horreur, de lĂąchetĂ© et d’ignominie sans arrĂȘt depuis).

Menahem Begin voit les choses d’une autre maniĂšre. En voici quelques extraits de son « succulent » commentaire de sur la boucherie : « Quand les nouvelles de la boucherie de l’Irgoun se sont rĂ©pandues, toutes les populations arabes Ă©taient prises d’une panique infinie et ont commencĂ© Ă  fuir pour sauver leur vie. Cette fuite massive s’est transformĂ©e en explosion de folie hors de contrĂŽle. Des presque 800.000 palestiniens qui vivaient dans le territoire actuel de notre Ă©tat sioniste, seulement 65.000 y sont restĂ©s. L’importance politique et Ă©conomique d’un tel changement est, sans exagĂ©ration, difficile Ă  calculer. »  (The Revolt [La rĂ©volte] page 164).

Le Conseil de SĂ©curitĂ© impose une trĂȘve. Les États-Unis proposent un plan d’administration fiduciaire de la Palestine par l’ONU.

AprĂšs les nettoyages de Deir Yassine, des villages sur la cĂŽte de Jaffa Ă  HaĂŻfa et les villages sur  la route de Tel Aviv Ă  Al-Quds (JĂ©rusalem) est venu le tour de la ville de HaĂŻfa proprement parlĂ©. Elle sera vidĂ©e de ses habitants arabes. L’organisation terroriste la Haganah attaque une zone autour d’Al-Quds (JĂ©rusalem) mais elle va ĂȘtre obligĂ©e de la laisser sous le pouvoir des autoritĂ©s anglaises. Sans pour autant renoncer Ă  aller capturer une autre zone du cĂŽtĂ© ouest d’Al-Quds (JĂ©rusalem) qu’ils vidĂšrent aussi de ses habitants palestiniens expulsĂ©s.

Le 14 mai 1948 les sionistes dĂ©clare leur indĂ©pendance avant la fin du mandat britannique. Truman, le prĂ©sident usamĂ©ricain est le premier à  reconnaĂźtre le nouvel État sioniste. (L’Ogre est finalement arrivĂ© au monde).

Le 20 juin 1948 le Conseil de SĂ©curitĂ© exige un cessez-le-feu et nomme le comte suĂ©dois Folke Bernadotte af Wisborg comme mĂ©diateur de l’ONU. Il est ainsi le premier mĂ©diateur officiel de l’histoire de l’Organisation. Sa mission est immense : Faire cesser les combats et superviser la mise en application du partage territorial.

TrĂšs vite, la tension avec la partie sioniste monte. Le 27 juin, le comte propose un premier plan, avec un État israĂ©lien sur 20% de la Palestine (au lieu des 55% prĂ©vus). Et en plus il  sera confĂ©dĂ©rĂ© avec la Transjordanie. Ainsi l’État palestinien, en tant que tel, disparaĂźt puisque son territoire est attribuĂ© Ă  la Transjordanie. Ce plan est rejetĂ© par toutes les parties y compris arabes. Bernadotte devient la cible, en IsraĂ«l, d’une virulente campagne de presse. En juillet les membres de l’organisation terroriste sioniste Lehi avaient menacĂ© le comte de mort, suite Ă  une rencontre qu’il avait eue avec deux membres de l’autre organisation terroriste sioniste Stern, le 24 juillet. « Nous avons l’intention de tuer Bernadotte et tout autre observateur des Nations Unies en uniforme qui viendra Ă  Al-Quds (JĂ©rusalem) ». Lorsqu’il leur demanda pourquoi, Ils rĂ©pondirent « que leur organisation Ă©tait dĂ©terminĂ©e Ă  ce que Al-Quds (JĂ©rusalem) soit sous l’autoritĂ© de l’État sioniste et qu’elle ne permettrait pas d’interfĂ©rence de la part d’aucune organisation nationale ou internationale.

Le 1er aoĂ»t 1948, Israel Eldad, un des trois dirigeants du groupe terroriste Stern (ou Lehi, l’autre groupe armĂ© sioniste radical) dĂ©clare, lors d’une assemblĂ©e publique Ă  Al-Quds (JĂ©rusalem) : « Les combattants pour la libertĂ© d’IsraĂ«l adressent une mise en garde aux observateurs des Nations Unies [et] aux gĂ©nĂ©raux de Bernadotte [
] Nous emploierons contre les reprĂ©sentants d’un pouvoir Ă©tranger les mĂȘmes mĂ©thodes que nous avons employĂ©es contre les britanniques ».

D’aprĂšs Israel Eldad, la dĂ©cision de tuer  Bernadotte est prise par les trois dirigeants du Lehi. 

 

Le 16 septembre, Folke Bernadotte propose un nouveau plan de partage de la Palestine, dans lequel la Transjordanie annexerait le NĂ©guev et la Cisjordanie. La confĂ©dĂ©ration entre IsraĂ«l et la Transjordanie disparaĂźt. Ce plan prĂ©voit un État juif occupant l’entiĂšre Al-Khallil (GalilĂ©e), le passage de Al-Quds (JĂ©rusalem) sous contrĂŽle international et le rapatriement (ou dĂ©dommagement) des rĂ©fugiĂ©s. Concernant ce dernier sujet, le Comte Bernadotte Ă©crivait « Ce serait offenser les principes Ă©lĂ©mentaires que d’empĂȘcher ces innocentes victimes du conflit de retourner dans leur foyer, alors que les immigrants juifs affluent en Palestine et de plus menacent de façon permanente de remplacer les rĂ©fugiĂ©s arabes enracinĂ©s dans cette terre depuis des siĂšcles. » Il critique « le pillage sioniste Ă  grande Ă©chelle et la destruction de villages sans nĂ©cessitĂ© militaire apparente. »

Ce second plan est de nouveau refusĂ© par les israĂ©liens et les arabes (La Transjordanie, grande gagnante du projet de Bernadotte, n’ose pas accepter, compte tenu de l’atmosphĂšre gĂ©nĂ©rale de colĂšre et de rĂ©volte dans la population).

L’assassinat de Bernadotte.

AprĂšs l’atterrissage Ă  Kalandia-Al-Quds (JĂ©rusalem), le Comte Bernadotte et ses accompagnateurs se rendent en voiture Ă  Al-Quds (JĂ©rusalem). Au programme  du jour deux choses : rencontrer les Observateurs de la trĂȘve et faire un choix pour l’emplacement d’un nouveau quartier gĂ©nĂ©ral, car jusque-lĂ  Bernadotte et son Ă©quipe opĂ©raient depuis l’hĂŽtel des Roses, situĂ© sur l’üle grecque de Rhodes qui Ă©tait Ă  ses yeux beaucoup trop loin de la zone de guerre.

AprĂšs avoir rencontrĂ© les observateurs de la trĂȘve et visitĂ© quelques emplacements possibles pour le bĂątiment du quartier gĂ©nĂ©ral, le convoi de Bernadotte, composĂ© de trois voitures, entra dans le quartier Katamon de Al-Quds (JĂ©rusalem). Chaque voiture arborait les drapeaux des Nations Unies et de la Croix Rouge, et personne, dans ce convoi, n’était armĂ©. Le comte Bernadotte quant Ă  lui avait refusĂ©, Ă  plusieurs reprises, le gilet pare-balles qu’on lui proposait.

Dans la voiture du MĂ©diateur, sur la banquette arriĂšre, avaient pris place : Bernadotte, le colonel français AndrĂ© SĂ©rot, chef des observateurs des Nations Unies Ă  Al-Quds (JĂ©rusalem), le gĂ©nĂ©ral suĂ©dois Aage Lundstrom, chef de la supervision de la trĂȘve en Palestine et reprĂ©sentant personnel de Bernadotte.

Le quartier de Katamon, sous contrĂŽle de l’armĂ©e sioniste, Ă©tait presque dĂ©sert. Les habitants chrĂ©tiens de cette partie de Al-Quds (JĂ©rusalem) naguĂšre encore aisĂ©e avaient Ă©tĂ© aussi expulsĂ©s Ă  la pointe des baĂŻonnettes par les forces armĂ©es sionistes, fin avril.

Peu aprĂšs avoir franchi un check-point de l’armĂ©e sioniste, le convoi est arrĂȘtĂ© par une jeep qui lui barre le passage. Trois hommes armĂ©s, revĂȘtus de l’uniforme de l’armĂ©e sioniste, surgissent de cette jeep tandis que le conducteur reste au volant. Les trois voitures sont arrosĂ©es de balles. Bernadotte est abattu Ă  bout portant de six rafales de mitraillette Schmeisser. Dans leur dĂ©claration dactylographiĂ©e, reconnaissant leur responsabilitĂ© dans le double assassinat, les tueurs demandent qu’on veuille bien les excuser d’avoir abattu SĂ©rot « par erreur ».

On sait aujourd’hui que le « meurtre a Ă©tĂ© planifiĂ© par Zettler, le commandant de la section terroriste sioniste chargĂ©e de la zone  d’Al-Quds (JĂ©rusalem) (La derniĂšre en activitĂ© et la plus dure), qu’il a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© en aoĂ»t au plus haut niveau par les trois responsables du Centre et que l’exĂ©cution en a Ă©tĂ© confiĂ©e Ă  un vĂ©tĂ©ran du groupe terroriste sioniste Lehi ou « Gang Stern », Yehoshua Cohen. Les deux autres tireurs Ă©taient Yitzhak Ben-Moshe et « Gingi » Zinger et le conducteur de la jeep du nom  Meshulam Makover. 

L’assassinat de Bernadotte suscita une condamnation universelle.

Le groupe terroriste Lehi est immĂ©diatement suspectĂ©. « En 24 heures  plus de 250 membres du Lehi sont interpellĂ©s dans tout le pays. Le gouvernement en profite pour dissoudre les unitĂ©s de l’IZL  Al-Quds (JĂ©rusalem), bien qu’il sache qu’elles n’ont pas Ă©tĂ© mĂȘlĂ©es au crime. Le surlendemain, le Lehi est officiellement dissous au titre d’une loi « pour la prĂ©vention du terrorisme ». « Zettler affirmera avoir reçu une promesse explicite du ministre de l’intĂ©rieur Yitzhak GrĂŒnbaum : « vous serez condamnĂ©s pour satisfaire l’opinion mondiale. AprĂšs quoi, vous serez amnistiĂ©s.»  De fait, « Yalin Mor est son adjoint Mattiyahu Shmulovitz, condamnĂ©s le 2 fĂ©vrier 1949 Ă  plusieurs annĂ©es de prisons, non pas pour meurtre, mais pour appartenance Ă  une organisation terroriste, seront relĂąchĂ©s deux semaines aprĂšs [
] tous les autres dĂ©tenus du Lehi bĂ©nĂ©ficieront d’une amnistie gĂ©nĂ©rale ».

Nathan Yalin Mor fut Ă©lu Ă  la Knesset en janvier 1949 et le tireur Yehoshua Cohen devint le garde du corps personnel de Ben Gourion dans les annĂ©es cinquante. Yitzhak Shamir, le chef des opĂ©rations du Lehi, deviendra quant Ă  lui premier ministre Ă  deux reprises. DĂ©jĂ  en 1944 sous la direction du  mĂȘme Shamir a Ă©tĂ© assassinĂ© le ministre britannique pour le Moyen Orient, Lord Moyne.

 Le 1er. mai 1948, des fonctionnaires sionistes avaient Ă©crit Ă  DBG pour lui dire qu’ils tenaient entre leurs mains une opportunitĂ© historique d’effacer dĂ©finitivement les caractĂ©ristiques arabes de la ville de HaĂŻfa qui est tombĂ©e une semaine avant,  le 23 avril, il suffit, tout simplement, lui expliquĂšrent, de se dĂ©barrasser de 227 maisons. DBG s’est rendu en personne sur place pour voir la zone Ă  dĂ©truire. En effet il ordonna la destruction des 227 maisons et en plus le marchĂ© couvert qui Ă©tait la plus belle construction dans style. Par la suite des dĂ©cisions similaires de seront prises par  la suite concernant TibĂ©riade oĂč plus de 500 maisons ont Ă©tĂ© dĂ©truite.

Le 3 mai 1948 un rapport affirme qu’entre 175.000 et 250.000 palestiniens ont Ă©tĂ© expulsĂ©s par la force de leur foyer.

Le 14 juillet 1948 les troupes israĂ©liennes sous le commandement d’Isaac Rabin entrent dans la ville de Ramleh. Une opĂ©ration de recherche et arrestation commença. 3.000 personnes sont arrĂȘtĂ©es et envoyĂ©es dans un camp de prisonniers amĂ©nagĂ© proche de la ville. Dans la mĂȘme journĂ©e la ville a Ă©tĂ© pillĂ©e. DBG appelle Rabin Ă  son bureau pour parler avec lui du sort des deux villes Al-lydd et Ramleh. « Yigal Allon posa la question Ă  DBG : « Que fera-t-on de la population ? » Et DBG qui lui fait un geste de dĂ©dain et de mĂ©pris en agitant la main : Ce qui signifie « jette-là ».

AoĂ»t 1948, la dĂ©termination d’IsraĂ«l de prendre les Plateaux du Golan Ă©tait alimentĂ©e par le retrait graduel des troupes syriennes, d’abord des versants des Plateaux et par la suite Ă  l’intĂ©rieur de la Syrie. Ce que convertissaient la majoritĂ© des dirigeants sionistes est la Palestine et non la Syrie. Il y avait encore trois zones principales qu’IsraĂ«l n’avait encore occupĂ©es et DBG considĂ©rait fondamentales pour le futur d’IsraĂ«l, elles sont : Wadi‘Ara, la partie occidentale de la haute Al-Khallil (GalilĂ©e) et le sud du NĂ©guev. Les deux premiĂšres sont des zones de grande population  palestinienne et par consĂ©quent elles constituent des inĂ©vitables objectifs, dans la campagne de nettoyage ethnique, situĂ©es  totalement hors du théùtre de guerre contre les forces armĂ©es arabes. De toute maniĂšre au mois d’aoĂ»t Ă  la faveur de la trĂȘve ces troupes avaient disparues.

En octobre, du  29 au 31, c’était l’opĂ©ration Hiram  qui a donnĂ© lieu Ă  l’expulsion de milliers de palestiniens. Au mois de novembre le Conseil de SĂ©curitĂ© demande une trĂȘve immĂ©diate et le retrait des troupes alors que les forces (FDI) sionistes Ă©taient dĂ©jĂ  Ă  pied d’Ɠuvre en train d’expulser les populations des villages vers  l’autre cĂŽtĂ© de la frontiĂšre, vers le Liban.

En 1949, le 24 fĂ©vrier exactement,  un armistice est signĂ© entre l’Égypte et l’état sioniste. En mĂȘme temps, entre 2.000 et 3.000 palestiniens sont expulsĂ©s de la zone de Fallujah. Un traitĂ© d’armistice est signĂ© le 23 mars avec le Liban, le 3 avril avec la Jordanie et le 20 juillet avec la Syrie.

Le 12 aoĂ»t 1949, un peloton de soldats sionistes, basĂ©s prĂšs du  Kibboutz Nirim, pas trĂšs loin de Beit Hannoun, Ă  la limite septentrionale de l’actuelle Bande de Gaza, attrapĂšrent une fillette de 12 ans et l’enfermĂšrent durant toute la nuit dans leur base militaire. Durant les jours suivants, les soldats feront de la petite fille leur esclave sexuel. Ils rasĂšrent les cheveux de la tĂȘte, la violĂšrent en groupe et finalement ils l’assassinĂšrent. DBG avait bien mentionnĂ© cette violation dans son journal personnel, mais les Ă©diteurs de ses mĂ©moires dĂ©cidĂšrent de la supprimer.

 

En 1950 les Etats-Unis, l’Angleterre et la France, dans une dĂ©claration tripartite s’engagent Ă  s’opposer Ă  l’usage de la force de la part de tout Ă©tat dans la rĂ©gion tout comme Ă  fournir Ă  IsraĂ«l ainsi qu’aux pays arabes seulement des armes nĂ©cessaires Ă  « l’auto-dĂ©fense lĂ©gitime ».

D’autre part la mĂȘme annĂ©e l’état sioniste adopte, d’un cĂŽtĂ©, la « Loi du Retour » qui octroie automatiquement Ă  toute personne juive de par le monde le droit Ă  la citoyennetĂ© israĂ©lienne et de l’autre cĂŽtĂ©, la « Loi de l’appropriation des biens des Absents » par laquelle toute personne [Palestinienne] qui aurait « abandonné » ses biens et son lieu de rĂ©sidence habituel pour se rĂ©fugier mĂȘme Ă  l’intĂ©rieur de la Palestine, sera cataloguĂ©e dĂ©finitivement absente. La propriĂ©tĂ© de l’absent passe d’abord Ă  la protection de l’état d’IsraĂ«l qui Ă  son tour la vendra aux «AutoritĂ©s chargĂ©es du DĂ©veloppement » autorisĂ©es par la Knesset.

(À suivre)


 

[1] À part les sources indiquĂ©es, au fur et Ă  mesure, toutes les dates et les textes sont inspirĂ©s du travail de Salvador Lopez Arnal publiĂ© sur www.rebelion.org sous le titre « À sang froid : IsraĂ«l. » Les paragraphes encadrĂ©s ou entre parenthĂšses sont des commentaires propres.    

[2] The Al-Quds (Jérusalem) Post du 10 mai 2004.

[3] Bernard Kouchner ministre français des affaires étrangÚres sur la chaine de télévision française Franc2 « Mots croisés, spécial Gaza » du 13 janvier 2009

[4] WikipĂ©dia “OpĂ©ration Hiram” en français.

[5] Wikipédia en français

[6] Voir Wikipédia en français.

 

 

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