AISPP: CommuniquĂ© Le blog de la FIDH: Affaire Ben SaĂŻd : Deux questions Ă Patrick Baudouin AFP: Tunisie: des Ă©tudiants en grĂšve de la faim depuis 45 jours pour rĂ©intĂ©grer l’universitĂ© AFP: Omar el-BĂ©chir, le prĂ©sident soudanais en lutte contre l’Occident AP: Chirac lance le projet Aladin contre le nĂ©gationnisme dans le monde arabo-musulman AFP: Municipales en Turquie: l’AKP en perte de vitesse pour la premiĂšre fois Reuters: Les Ă©lections turques ramĂšnent le parti AKP aux rĂ©alitĂ©s
Mizaanoun: Israël: Le Mal absolu/5
LibertĂ© pour tous les prisonniers politiques LibertĂ© pour le Docteur Sadok Chourou Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques 43 rue Eldjazira, Tunis e-mail : aispptunisie@yahoo.fr Â
Tunis, le 30 mars 2009  Lâassociation a appris que lâĂ©tat de santĂ© du prisonnier SeĂŻfallah Ben Houssine sâĂ©tait dĂ©gradĂ© ces derniers jours en raison des conditions pĂ©nibles dâincarcĂ©ration qui sont les siennes depuis des annĂ©es. En effet, il est soumis Ă lâisolement Ă la prison de Mornaguia dans un cachot individuel (aile h) qui ne rĂ©pond pas aux conditions minima dâhygiĂšne, dĂ©pourvu dâaĂ©ration et dâĂ©clairage. Il a contractĂ© de ce fait une allergie, une insuffisance respiratoire et des cĂ©phalĂ©es atroces. SeĂŻfallah Ben Houssine, ĂągĂ© de 43 ans, a fait lâobjet de procĂšs Ă rĂ©pĂ©tition et inĂ©quitables, selon de nombreuses organisations tant en Tunisie quâĂ lâĂ©tranger. Il a Ă©tĂ© condamnĂ© Ă 6 reprises âŠ. Pour les mĂȘmes faits et les mĂȘmes accusations ! (par le tribunal militaire : affaire n°16129 : 10 ans dâemprisonnement, n°26585 : 14 ans dâemprisonnement, n°28264 : 16 ans dâemprisonnement, affaire n °28264 : 16 ans dâemprisonnement. Par la chambre criminelle du Tribunal de PremiĂšre Instance de Tunis, affaire n°6007 : 12 ans dâemprisonnement, affaire n°6006 : non-lieu.) Son pĂšre, monsieur Omar Ben Houssine, lors dâun contact avec lâassociation, a fait part du sentiment dâimpuissance de la famille face aux brimades permanentes faites Ă son fils, qui mettent maintenant sa vie en danger et du fait que le cri dâalarme quâelle avait lancĂ© nâavait pas eu dâĂ©cho, en dĂ©pit des courriers adressĂ©s au prĂ©sident de la RĂ©publique, au ministre de lâIntĂ©rieur, au ministre de la Justice, au directeur des Prisons et de la rééducation, au prĂ©sident du ComitĂ© supĂ©rieur des droits de lâhomme et au juge dâexĂ©cution des peines. Il a dit que sa famille Ă©tait prĂȘte Ă entreprendre toutes les actions possibles pour sauver la vie de son fils si les autoritĂ©s concernĂ©es ne mettaient pas un terme immĂ©diatement aux sĂ©vices infligĂ©s au prisonnier. [âŠ] Pour lâassociation La commission de suivi des prisonniers (traduction dâextraits ni revue ni corrigĂ©e par les auteurs de la version en arabe, LT)
Affaire Ben SaĂŻd : Deux questions Ă Patrick Baudouin*
Tunisie: des Ă©tudiants en grĂšve de la faim depuis 45 jours pour rĂ©intĂ©grer l’universitĂ©
Omar el-BĂ©chir, le prĂ©sident soudanais en lutte contre l’Occident
AFP – le 30 mars 2009, 09h40 Le prĂ©sident soudanais Omar el-BĂ©chir, qui dĂ©fie de nouveau la justice internationale par sa prĂ©sence au sommet arabe de Doha, est un militaire de carriĂšre sous influence islamiste, engagĂ© dans une lutte ouverte contre l’Occident. Large moustache, crĂąne dĂ©garni, enrobĂ©, Omar el-BĂ©chir, 65 ans, a l’habitude de prĂ©cĂ©der ses discours d’un pas de danse, en remuant sa canne dans les airs. Ses vingt annĂ©es Ă la tĂȘte du Soudan, le plus grand pays d’Afrique, ont Ă©tĂ© jalonnĂ©es de guerres civiles, au Sud jusqu’Ă la paix de 2005, et dans la rĂ©gion occidentale du Darfour depuis 2003. Ce conflit a dĂ©jĂ fait 300.000 morts, selon l’ONU, 10.000 d’aprĂšs Khartoum. “Le prĂ©sident BĂ©chir est aussi connu pour sa propension Ă rĂ©pondre violemment aux insultes, et on le dit prĂ©occupĂ© par ce qu’il considĂšre comme une conspiration venant de l’extĂ©rieur et visant Ă sa chute. Ses rĂ©ponses sont imprĂ©visibles”, selon l’analyste Alex de Waal. NĂ© en 1944 dans une famille rurale de Hoshe Bannaga, Ă une centaine de kilomĂštres au nord de Khartoum, Omar Hassan el-BĂ©chir est fascinĂ© dĂšs son plus jeune Ăąge par la carriĂšre militaire. Le gĂ©nĂ©ral BĂ©chir et un groupe d’officiers renversent le 30 juin 1989 le gouvernement dĂ©mocratiquement Ă©lu de Sadiq el-Mahdi Ă la faveur d’un coup d’Etat appuyĂ© par le Front islamique national, parti de son mentor Hassan al-Tourabi qui deviendra plus tard son pire opposant. Sous l’influence de Tourabi, BĂ©chir oriente le Soudan –pays de 40 millions d’habitants morcelĂ© en une plĂ©thore de tribus et divisĂ© entre le nord majoritairement musulman et le sud peuplĂ© de chrĂ©tiens et d’animistes– vers un islam radical. Dans les annĂ©es 90, Khartoum devient la plaque tournante de l’internationale islamiste avec la prĂ©sence de nombreux jihadistes ayant combattu en Afghanistan y compris le chef d’Al-QaĂŻda, Oussama ben Laden, plus tard expulsĂ© sous la pression des Etats-Unis. Les relations entre “BĂ©chir le militaire” et “Tourabi l’islamiste” tournent Ă l’aigre vers la fin de la dĂ©cennie. Tourabi propose en 1999 un projet de loi visant Ă limiter les pouvoirs du prĂ©sident. BĂ©chir rĂ©pond par la force: l’armĂ©e encercle l’AssemblĂ©e nationale, qui est dissoute. Omar el-BĂ©chir tente par la suite de se dĂ©marquer de l’islamisme radical et d’amĂ©liorer ses relations avec ses voisins et la communautĂ© internationale. Son gouvernement signe l’accord de paix avec les rebelles du sud, un texte ouvrant la voie Ă un partage du pouvoir et Ă un rĂ©fĂ©rendum, en 2011, sur l’indĂ©pendance de cette rĂ©gion, oĂč sont concentrĂ©es les rĂ©serves pĂ©troliĂšres. Mais le Soudan est plongĂ© depuis six ans dans un autre conflit, au Darfour. BĂ©chir devient le 4 mars le premier chef d’Etat sous le coup d’un mandat d’arrĂȘt de la Cour pĂ©nale internationale (CPI), pour crimes de guerre et crimes contre l’humanitĂ© au Darfour. Le prĂ©sident tente alors de rallier la population Ă sa cause et dĂ©fie ouvertement la CPI. Il se rend en ErythrĂ©e, en Egypte, et en Libye –trois pays limitrophes du Soudan– et crĂ©e la surprise en se prĂ©sentant dimanche au Qatar pour le sommet arabe. Omar el-BĂ©chir, le plus pĂ©renne des prĂ©sidents soudanais depuis l’indĂ©pendance du pays en 1956, doit sa longĂ©vitĂ© aux liens Ă©troits qu’il a su conserver avec l’armĂ©e. “Il n’a jamais oubliĂ© qu’il Ă©tait premiĂšrement un militaire et deuxiĂšmement un politique”, Ă©crit l’historien amĂ©ricain Robert O. Collins.
Chirac lance le projet Aladin contre le négationnisme dans le monde arabo-musulman
Municipales en Turquie: l’AKP en perte de vitesse pour la premiĂšre fois
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ANALYSE Les élections turques ramÚnent le parti AKP aux réalités
Reuters, le 30 mars 2009 Ă 16h43
par Paul de Bendern
ISTANBUL, 30 mars (Reuters) – La dĂ©ception exprimĂ©e par le Premier ministre turc Tayyip Erdogan aprĂšs les Ă©lections locales et rĂ©gionales de dimanche, marquĂ©es par un recul du Parti pour la justice et le dĂ©veloppement (AKP), pourrait annoncer des compromis intĂ©rieurs et une politique plus rĂ©aliste.
L’AKP a obtenu 39% des voix aux municipales alors qu’il en espĂ©rait 47% comme aux lĂ©gislatives de 2007. C’est en outre son plus mauvais rĂ©sultat depuis son arrivĂ©e au pouvoir en 2002.
Les analystes y voient un réveil brutal pour un parti quelque peu assoupi dans le confort du pouvoir, ainsi que pour un Premier ministre réfractaire aux critiques et guÚre enclin à reconnaßtre un échec.
Erdogan, qui avait fait de ces Ă©lections un rĂ©fĂ©rendum sur sept annĂ©es de gouvernement AKP, a nettement sous-estimĂ© le mĂ©contentement de l’Ă©lectorat face Ă la politique menĂ©e dans un pays guettĂ© par la rĂ©cession aprĂšs des annĂ©es de croissance.
“Nous pensons que le Premier ministre interprĂ©tera les rĂ©sultats convenablement et se concentrera sur les problĂšmes Ă©conomiques”, dit Yarki Cebeci, Ă©conomiste chez JP Morgan Ă Istanbul. “L’Ă©lectorat turc a adressĂ© un avertissement clair Ă l’AKP, en marquant son insatisfaction face au ralentissement Ă©conomique.”
En cours de campagne, Erdogan avait minimisĂ© les effets de la crise mondiale sur la Turquie et imputĂ© la montĂ©e du chĂŽmage (au taux record de 13,6%) Ă des milieux d’affaires incompĂ©tents.
RENFORCEMENT DE LA DĂMOCRATIE ?
L’AKP a Ă©tĂ© tenu en Ă©chec dans des villes clĂ©s sur lesquelles avaient portĂ© ses efforts de campagne – en particulier Diyarbakir, dans le Sud-Est Ă majoritĂ© kurde, Izmir et Adana. Le parti au pouvoir a aussi enregistrĂ© de trĂšs nets reculs Ă Ankara, la capitale, et Ă Istanbul.
Les Ă©lections locales sont importantes en Turquie, oĂč les gouvernements se trouvent sĂ©rieusement handicapĂ©s quand ils y rĂ©alisent de piĂštres scores. Les rĂ©sultats de dimanche ne devraient pas bloquer les rĂ©formes mais pourraient obliger
Erdogan Ă rechercher des compromis avec l’opposition pour atteindre ses objectifs. Ce qui pourrait, par contrecoup, renforcer les institutions dĂ©mocratiques.
Erdogan s’est engagĂ© Ă rĂ©former la constitution Ă©tablie par l’armĂ©e en 1982 et Ă modifier les rĂšgles de fonctionnement de la Cour constitutionnelle – initiatives qui permettraient de lever quelques obstacles Ă l’adhĂ©sion future du pays Ă l’Union
europĂ©enne, mais qui risquent aussi de ranimer des tensions avec les laĂŻques qui l’accusent de poursuivre un programme islamiste.
Des tĂȘtes pourraient tomber Ă la suite du faible score de l’AKP, bien qu’Erdogan ait assurĂ© dimanche qu’un remaniement Ă©ventuel du cabinet ne dĂ©coulerait pas des rĂ©sultats Ă©lectoraux.
“Il y aura quelques changements ministĂ©riels, mais seul Erdogan sait lesquels et quand ils auront lieu”, dĂ©clarait-on de source gouvernementale avant les scrutins.
Le Premier ministre, issu des quartiers pauvres d’Istanbul et venu Ă la politique par l’Ă©cole de la rue, rĂ©visera-t-il son style “direct”, illustrĂ© par un vif accrochage verbal avec le prĂ©sident israĂ©lien Shimon Peres au forum de Davos ? Tout au plus partiellement, si l’on en juge par le passĂ©.
“C’EST LE PATRON”
Erdogan trĂŽne sur l’AKP un peu comme un sultan sur sa cour. A cet Ă©gard, il s’inscrit dans une lignĂ©e de dirigeants turcs rĂ©compensĂ©s dans les urnes pour leur duretĂ© plutĂŽt que leur compassion. Toutefois, milieux d’affaires et analystes jugent ce style porteur de divisions Ă un moment oĂč la Turquie requiert d’urgence des rĂ©formes Ă©conomiques, politiques et sociales.
AprĂšs la victoire de l’AKP aux lĂ©gislatives de 2007, provoquĂ©es par un conflit avec l’opposition laĂŻque sur l’orientation du pays, Erdogan avait promis une Ăšre de compromis.
Mais il avait peu aprĂšs militĂ© pour une levĂ©e de l’interdiction du voile islamique pour les Ă©tudiantes, suscitant ainsi de nouvelles tensions et une procĂ©dure judiciaire visant Ă faire interdire l’AKP pour activitĂ©s islamistes.
A la fois charismatique et sĂ©vĂšre, Erdogan demeure l’homme politique le plus populaire de Turquie et dirige le gouvernement fondĂ© sur un seul parti le plus stable depuis des dĂ©cennies. Il “mĂšne le jeu, c’est le patron”, note un de ses collaborateurs.
Il lui appartient donc de soutenir l’Ă©conomie et de faire avancer les rĂ©formes, en particulier sur l’extension des libertĂ©s, comme l’illustre le bon score Ă©lectoral enregistrĂ© par un parti pro-kurde dans le sud-est du pays.
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Israël: Le Mal absolu/5
Chronologie de la naissance de lâ Ogre[1].
Par Mizaanoun
« [âŠ] Par consĂ©quent si voulons continuer Ă vivre, notre obligation est de tuer, tuer et tuer. Nous devons le faire durant toute la journĂ©e et tous les jours de la semaine. DĂšs que nous cessons de tuer, nous finissons dâexisterâŠLe dĂ©sengagement unilatĂ©ral ne garantit pas la « paix ». Câest un Ă©tat juif sioniste avec une Ă©crasante majoritĂ© juive qui la garantit. » (Arnon Soffer, professeur de gĂ©ographie de lâuniversitĂ© de HaĂŻfa)[2].
Lâinfiltration « pacifique » en Palestine.
En 1878, alors que la Palestine faisait encore partie de lâempire Ottoman, Yehoshua Stampfer, nĂ© en Hongrie en 1852  accompagnĂ© dâun groupe de religieux juifs, va tenter de crĂ©er une colonie dans la vallĂ©e de lâAchor, prĂšs de JĂ©richo, en achetant des terres. Les autoritĂ©s locales annulĂšrent la vente et leur interdirent de sâinstaller dans ces lieux. Finalement avec lâaide financiĂšre du baron Edmond de Rothschild il va finir par acheter, dans un autre endroit, des terres prĂšs du village de Mulabbis. Malheureusement cette fois-ci les autoritĂ©s ne vont par objecter et laissĂšrent faire. CâĂ©tait Petah Tkiva : le berceau du mouvement sioniste en Palestine. La mĂšre de toutes les colonies. La source de toutes les malĂ©dictions sionistes qui vont sâabattre sur la Palestine, sur le monde arabe, sur le monde musulman et, sans aucun doute, sur le monde entier. Sinon lisons cette phrase: «Le droit international est applicable Ă toutes les nations sauf une : IsraĂ«l.[3]»
(On ne peut ĂȘtre plus clair. Ce que dit Bernard Kouchner le disent tous ses homologues occidentaux et particuliĂšrement son homologue usamĂ©ricain de service, en lâoccurrence en ce moment, Mme Clinton. Les faits dans le sens de cet esprit, sont plus Ă©loquents que les paroles.
En effet selon cette maxime, les sionistes sont des ĂȘtres surhumains et les seuls. En quelque sorte les Ă©lus par la providence. Ils sont les « dĂ©positaires de toute la sagesse humaine » et de « toutes les valeurs morales », et, Ă ce titre, ils sont les seuls aptes Ă diriger la race humaine vers les rivages de la paix, de la prospĂ©ritĂ©, de la libertĂ©, du progrĂšs et enfin de compte la tranquillitĂ© de lâĂąme. Plus ou moins tel quâon le voit en ces jours prĂ©cis. Ce qui suivra « achĂšvera leur Ćuvre grandiose » qui se terminera, comme il se doit, avec « les feux dâartifice » comme on nâen a jamais vu auparavant. Les feux dâartifice quâon a vu derniĂšrement sur Gaza nâen sont quâun petit avant-goĂ»t. Câest promis par Kouchner, son chef Sarkozy et beaucoup dâautres de la mĂȘme « hauteur intellectuelle, morale et finalement humaine».
Pour Kouchner et compagnie, les massacres, les boucheries et le gĂ©nocide en cours depuis plus de 60 ans, ne sont que les plus rĂ©centes « bĂ©nĂ©dictions divines » dont la mise en pratique est revenue cette fois-ci Ă cette catĂ©gorie « dâanges du ciel » qui apparaissent sous forme humaine. De Menahem Begin Ă Avigdor Lieberman, tous ces sionistes qui sont apparus en Palestine, Ă la satisfaction de Kouchner et acolytes ne sont que  des anges, et, au dĂ©sespoir de lâĂ©crasante majoritĂ© des habitants de la planĂšte, encore sous anesthĂ©sie presque globale, des monstres et rien que des monstres⊠tel que le dĂ©montre la succession des faits dans cette chronologie succincte).
Plus tard cette colonie, Petah Tkiva, va devenir une ville et va se voir accorder un statut comme tel par les forces dâoccupation anglaises en 1937. Car Ă la chute dâElKhilafah Ottomane (LâEmpire Ottoman dans les textes occidentaux), presque toute la rĂ©gion est passĂ©e sous la domination de lâempire anglais Ă lâexception du Liban et de la Syrie qui sont passĂ©s sous la domination française.
Le premier maire de cette nouvelle ville sera Shlomo Stampfer le fils de Yehoshua.
En 1882, dans la foulĂ©e de lâĂ©migration juive de lâEurope vers dâautres destinations dans le monde, 25.000 vont dĂ©barquer en Palestine. Cette Ă©migration va continuer. Et jusquâĂ 1929 on a recensĂ© quelques 4000.000 dâĂ©migrants juifs europĂ©ens dont la majoritĂ©, 2.885.000, va sâinstaller aux Etats-Unis.
En 1891 Maurice de Hirsch petit-fils de banquier allemand, avant de crĂ©er la Jewish Colonisation Association en cette annĂ©e lĂ , avait dĂ©jĂ financĂ©, dans un autre cadre de philosophie par rapport Ă celle du sionisme, des Ă©coles et des dispensaires pour les juifs en Turquie. En 1895, un an avant sa mort, Hirsch avait eu, en effet, une discussion avec le fondateur du sionisme Theodor Herzl qui avait tournĂ© court. Car la colonisation que finançait Hirsch Ă©tait en Argentine oĂč lâassociation possĂ©dait dĂ©jĂ 100.000 hectares de terres, alors que Herzl, qui pensait aussi Ă la crĂ©ation dâun Ă©tat sioniste dans ce mĂȘme pays, avait changĂ© dâavis et sâest orientĂ© dĂ©finitivement vers la Palestine.
En 1896 meurt Hirsch et Herzl Ă©crit son livre « lâĂtat Juif » ou « lâĂtat des juifs » (Der Judenstadt en allemand) dans lequel il donne sa vision sur la crĂ©ation dâun Ă©tat sioniste en Palestine, qui aura un certain succĂšs auprĂšs dâune partie de la communautĂ© juive de lâEurope Orientale et va lâinciter Ă Ă©migrer en Palestine. Alors que des religieux juifs orthodoxes Ă©taient contre. Car ils ne croyaient pas en un Ă©tat (ethniquement) juif. Ils avaient une autre interprĂ©tation des textes religieux qui ne soutiennent, en aucun cas, la crĂ©ation dâun Ă©tat juif quelconque Ă moins que le « Messie » rĂ©apparaisse et en ordonne un tel projet qui relĂšve beaucoup plus du mysticisme que de rĂ©alitĂ©s historiques concrĂštes.Â
En 1897 se tient, Ă BĂąle en Suisse, le premier congrĂšs sioniste qui va Ă©lire Herzl Ă la prĂ©sidence et crĂ©er lâAssociation Sioniste Mondiale (WZO, ses sigles en anglais).
Dans la mĂȘme annĂ©e Herzl lance un hebdomadaire « Die Welt » (Le Monde) Ă Vienne. Quand au mois de mai 1901, Herzl va finalement ĂȘtre reçu par ElKhalifah AbdĂŒlhamid II (Dans les textes occidentaux on emploie le terme Sultan) pour essayer de nĂ©gocier un don des terres en Palestine, ElKhalifah lui a rĂ©pondu : « Je prĂ©fĂšre ĂȘtre pĂ©nĂ©trĂ© par le fer que de voir la Palestine perdue». Son pressentiment sâest avĂ©rĂ© profondĂ©ment justifiĂ©.
Dans la mĂȘme annĂ©e, un autre des fondateurs du sionisme, Nahman Syrkin, Ă©crit un pamphlet dans lequel il prĂŽne le « nettoyage » ethnique de la Palestine de ses habitants arabes pour faire place aux juifs-sionistes.
En 1901  la FNJ, le Fonds National Juif-sioniste, commence Ă sâapproprier des terres palestiniennes au nom de lâAssociation Sioniste Mondiale. Ces terres doivent â sin qua non â ĂȘtre exploitĂ©es exclusivement par des sionistes.
En 1904 les premiĂšres tensions entre les sionistes et les paysans palestiniens Ă©clatent au grand jour. Dâautre part, entre 1904 et 1914, 40.000 immigrants sionistes viennent sâajouter Ă ceux qui les ont prĂ©cĂ©dĂ©s. NĂ©anmoins la prĂ©sence des sionistes en Palestine, jusquâĂ cette derniĂšre date, ne va dĂ©passer les 6% (Dâautres sources la situe Ă 7%).
Comment va germer lâidĂ©e du gĂ©nocide.
En 1905 Israel Zangwill nĂ© Ă Londres de parents immigrĂ©s de Russie, membre de lâOrganisation sioniste mondiale, dĂ©clare que les juifs doiventexpulser par tous les moyens les arabes et se battre contre une grande population anormale (Dans le texte le terme employĂ© nâest pas population Ă©trangĂšre, mais bien une population Ă©trange, insolite, anormale) Autrement dit une population qui « nâaurait pas dĂ» ĂȘtre là  ».
1906 est la date Ă partir de laquelle, en tant que fervent sioniste, David Ben Gourion (DBG) va sâhabiller en permanence de lâuniforme de combat kaki. Et quand vont commencer les opĂ©rations de nettoyage ethnique, il va ajouter un pistolet aux hanches et une « Koufieh » autour du cou conformĂ©ment au style adoptĂ© par les unitĂ©s sionistes dâĂ©lite. Le nettoyage ethnique sera officiellement la forme dĂ©fendue par DBG pour la crĂ©ation dâun Ătat purement juif : par la force et la terreur. Il ne reste quâĂ saisir le moment opportun pour rĂ©soudre « militairement » la rĂ©alitĂ© dĂ©mographique adverse sur le terrain. C’est-Ă -dire la liquidation physique de la prĂ©sence majoritaire des autochtones.
En 1907 est créé le premier « kibboutz » par des immigrants dâEurope de lâEst mus par les idĂ©aux sionistes. Ce kibboutz a eu lieu sur les rives du lac de TibĂ©riade. Ils lâappelĂšrent Kibboutz « Degania » et il sera considĂ©rĂ© la mĂšre des « Kibboutzim ». Dâautres documents situent sa fondation en 1909.
En 1909 va naĂźtre, prĂšs de la ville portuaire de Jaffa (les sionistes emploient le patronyme Yafo), un embryon dâune ville qui va sâappeler plus tard, bien plus tard aprĂšs la crĂ©ation de lâĂ©tat sioniste, officiellement Tel Aviv.
En 1917, le ministre des affaires Ă©trangĂšres anglais lord Balfour fait officielle sa dĂ©claration par laquelle le gouvernement de sa majestĂ© donne lâappui nĂ©cessaire pour la crĂ©ation « dâun foyer juif en Palestine ».La dĂ©claration Ă©tait conçue sous la forme dâune lettre ouverte adressĂ©e Ă Lord Lionel Walter Rothschild, publiĂ©e le 2 novembre de cette mĂȘme annĂ©e par le ministre britannique en accord avec Haim Weizmann le prĂ©sident de la FĂ©dĂ©ration Sioniste Ă lâĂ©poque. Le mĂȘme personnage sera le premier prĂ©sident de lâĂ©tat sioniste en 1948.Â
Les forces armĂ©es ottomanes capitulent et se rendent, Ă Al-Quds (JĂ©rusalem), au gĂ©nĂ©ral anglais Allenby dont les forces occupaient la Palestine. Câest pratiquement lâabandon de la Palestine aux mains des troupes anglaises. Et la fin de la premiĂšre guerre mondiale.
En 1918 dans le livre Ă©crit par DBG en compagnie de Yitzhak Ben Zvi, en Yiddish, et publiĂ© cette annĂ©e-lĂ , il est affirmĂ© que « les Fallahin (les paysans) arabes ne sont que des descendants des fermiers juifs qui sont restĂ©s en Palestine aprĂšs lâexil provoquĂ© par les romains. (Ben Zvi a maintenu cette argumentation dans les annĂ©es 30 et 40 et dans son Ćuvre « La Porte de lâĂtablissement juif » il a continuĂ© Ă soutenir que les villageois des montagnes dâHĂ©bron nâĂ©taient en rĂ©alitĂ© que des juifs convertis Ă lâIslam). Ben Zvi de son vrai nom Shemshelevitz est nĂ© Ă Poltava en Ukraine. Il sera le second prĂ©sident de lâĂ©tat sioniste.
En 1919 se tient le premier CongrĂšs National Palestinien qui rejette la dĂ©claration Balfour et exige lâindĂ©pendance de la Palestine.
Dans la mĂȘme annĂ©e Haim Weizmann, reprĂ©sentant de la Commission Sioniste Ă la confĂ©rence de Paix de Paris, exige une Palestine juive, aussi juive que « lâAngleterre est anglaise ». Dâautres membres de la Commission sioniste se dĂ©clarent partisans de chercher Ă pousser autant que possible les arabes Ă quitter la Palestine. Autrement dit obliger par tous les moyens les palestiniens Ă abandonner leur propre pays, leur propre terre.
De son cĂŽtĂ© Winston Churchill nâest pas demeurĂ© en reste et dĂ©clare : « Puisque nous avons promis la Palestine aux juifs, il est Ă©vident quâil va falloir « supprimer » de la population locale, la partie appropriĂ©e. » Ce qui veut dire la population arabe.Â
Entre 1919-1933 un autre contingent dâun total de 35.000 juifs serait arrivĂ© en Palestine. Ainsi la communautĂ© juive va reprĂ©senter 12% du total des habitants en Palestine avec une possession des 3% des terres.
Lâintroduction du terrorisme en Palestine.
En 1920 est fondĂ©e de forme clandestine, la branche armĂ©e du sionisme, lâorganisation terroriste « Haganah ». Vladimir Jabotinsky, sioniste radical notoire, y a jouĂ© le rĂŽle majeur dans la crĂ©ation de cette organisation. Vladimir Jabotinsky est nĂ© en 1880 en Ukraine. Dix ans plus tard il sera le principal inspirateur politique de lâautre organisation terroriste Irgoun.
Dans la mĂȘme annĂ©e le CongrĂšs SuprĂȘme de la ConfĂ©rence de Paix de San Remo octroie Ă lâAngleterre le mandat sur la Palestine (En 1922 le Conseil de la SociĂ©tĂ© des Nations approuve le mandat de lâAngleterre sur la Palestine. Finalement ce mandat entre en vigueur en 1923).
En 1922 un recensement en Palestine, rĂ©alisĂ© par les soins de lâadministration occupante anglaise, confirme le nombre de 757.182 habitants dont 87,6% dâarabes rĂ©partis, en 78% de musulmans et 9,6% de chrĂ©tiens, contre 11% de juifs.
Entre 1924 et 1928 une nouvelle vague dâarrivĂ©e dâimmigrants juifs en Palestine sera composĂ©e de 67.000 dont plus de la moitiĂ© sont des polonais. Et ainsi le pourcentage de prĂ©sence juive monte Ă 16% et la possession des terres Ă 4%.
En 1929 les Ă©meutes autour du Mur dâEl-Bourak (devenu par la falsification sioniste de lâhistoire le mur des lamentations) vont faire 133 morts du cĂŽtĂ© juif et 116 du cĂŽtĂ© arabe dont la majoritĂ© sont tuĂ©s par les forces armĂ©es britanniques. (Ă la suite de ces Ă©meutes, la SociĂ©tĂ© des Nations va trancher sur le statut lĂ©gal concernant le Mur dâEl-Bourak entre les arabes et les juifs).
En 1931 est nĂ©e la nouvelle organisation terroriste clandestine dâune scission de lâautre organisation terroriste sioniste Haganah citĂ© plus haut: lâIrgoun (le nom complet est Irgoun ZvaĂŻ Leoumi qui veut dire Organisation militaire Nationale I.Z.L) pour apporter son appui aux agressions et attaques menĂ©es contre les arabes. Cette annĂ©e-lĂ le recensement donne un total de 1, 03 millions dâhabitants en Palestine avec 16,9% de juifs.
En 1932 est fondé officiellement le premier parti politique arabe sous le nom « Istiqlal »
En 1936 la ConfĂ©rence des ComitĂ©s Nationaux Palestiniens dĂ©cide de refuser de payer des impĂŽts tant quâil nây a pas une reprĂ©sentation officielle palestinienne.
En 1937 la Commission Peel recommande la partition de la Palestine avec 33% pour la crĂ©ation dâun Ă©tat juif. Ce qui oblige toute la population arabe vivant dans cet espace ainsi créé pour les immigrants juifs, dâabandonner leurs biens. Dans la mĂȘme annĂ©e les autoritĂ©s britanniques vont dissoudre toutes les organisations politiques palestiniennes, dĂ©porter les cinq principaux dirigeants politiques arabes et Ă©tablir un tribut militaire afin de contrĂŽler la rĂ©volte de la population arabe.Â
En 1938, les bombes de lâorganisation terroriste Irgoun explosent partout tuant plus de 119 palestiniens. Les rĂ©actions armĂ©es des palestiniens feront 8 morts dans le camp sioniste. Des renforts britanniques sont dĂ©ployĂ©s afin de dĂ©tenir la rĂ©volte.
Le 12 juin 1938 David Ben Gourion (DBG) dĂ©clare Ă lâAgence Juive : « Je suis partisan du dĂ©placement forcĂ© [des palestiniens]. Je ne vois rien dâimmoral dans cela. (Archives Sionistes Centrales, acte de rĂ©union de la direction de lâAgence Juive du 12 juin 1938)
En 1939 la Chambre des Communes Britannique vote lâapprobation du Livre Blanc qui envisage lâindĂ©pendance conditionnelle de la Palestine dans dix ans et limite le quota annuel de lâimmigration juive Ă 15.000 pour les cinq annĂ©es qui suivent.
En 1940 des lois ont été adoptées sur le transfert de la Terre. Des mesures qui ont pour but de protéger le territoire palestinien face aux acquisitions de la part des juifs.
En 1943 les limites pour cinq ans dâimmigration venues dans le Livre Blanc sont prolongĂ©es.
En 1946 vers la fin de cette annĂ©e, DBG Ă©tait informĂ© du dĂ©part imminent des anglais de la Palestine. Avec ses collaborateurs les plus proches, il va commencer Ă prĂ©parer la stratĂ©gie gĂ©nĂ©rale Ă suivre, contre la population palestinienne, qui sera mise en Ćuvre immĂ©diatement aprĂšs le dĂ©part des anglais. Cette stratĂ©gie se convertira en plan C, ou Gimel, en hĂ©breux (Le plan A est connu comme plan Elimelech, du nom dâAvner Elimelech, le commandant du groupe terroriste Haganah, qui lâavait dĂ©jĂ Ă©bauchĂ© Ă la demande de DBG en 1937, sur les lignes Ă suivre pour sâemparer de la Palestine, une fois les anglais partis. Le plan B est aussi conçu au dĂ©but de la mĂȘme annĂ©e).
Lâobjectif du plan C : prĂ©paration des forces militaires de la communautĂ© juive-sioniste se trouvant en Palestine, pour les offensives Ă entreprendre contre les populations rurales et urbaines dans tous les endroits abandonnĂ©s par les anglais. Lâemploi des moyens de dissuasion Ă lâĂ©gard des palestiniens qui tenteraient de sâattaquer aux colonies juives-sionistes et rĂ©pondre par des reprĂ©sailles contre tous ceux dâentre eux qui osent sâattaquer aux maisons habitĂ©es par des juifs-sionistes ou les harceler sur les routes.
Les actions punitives prévues dans le plan C : « Assassiner tous les dirigeants et agitateurs politiques palestiniens ainsi que toute personne susceptible de leur apporter un soutien financier quelconque.
(Donc on le voit bien, quand et comment ont commencĂ©, les assassinats sĂ©lectifs auxquels on assiste aujourdâhui, presque quotidiennement, que ça soit Ă Gaza derniĂšrement, dans le reste de la Palestine bien avant, dans le monde arabe par la suite et dans le monde entier grĂące aux immenses complicitĂ©s occidentales et aux rĂ©seaux dâassassins Ă la solde des services secrets sionistes, le Mossad ou semblables)
Tuer les administrateurs et les fonctionnaires les plus importants du mandat britannique. DĂ©truire tous les moyens de transport palestiniens. DĂ©truire toutes les sources de subsistance des palestiniens ainsi que les puits dâeau, les moulins etc. Enfin neutraliser tous les villages palestiniens proches qui pourraient porter secours Ă ceux quâon va attaquer.
(LĂ aussi on voit que les punitions collectives ne datent pas dâaujourdâhui. Câest dans la stratĂ©gie gĂ©nĂ©rale et en fonctionnement depuis lors).
Quelques mois plus tard un nouveau plan, le plan D est tracĂ©, (Dalet) : Un plan qui va dĂ©cider du sort rĂ©servĂ© Ă tous les palestiniens qui vivent au sein du territoire visĂ© par les dirigeants sionistes pour Ă©tablir leur Ă©tat. IndĂ©pendamment de la position que vont adopter les palestiniens, sâils dĂ©cident de sâopposer ou de collaborer, la mesure contenue dans le plan D Ă leur encontre est lâexpulsion systĂ©matique et totale de leur patrie.
Toujours dans la mĂȘme annĂ©e, la direction du mouvement sioniste sâest rĂ©unie Ă lâhĂŽtel Royal Monsue, Ă Paris, pour dĂ©battre de la question de la gĂ©ographie ou pour dessiner la future gĂ©ographie de cet Ă©tat sioniste. Le rĂ©sultat sera traduit par lâAgence Juive en un espace gĂ©ographique de la Palestine beaucoup plus Ă©tendu que celui conçu par DBG. Il sera imprimĂ© sur une carte gĂ©ographique qui va ĂȘtre distribuĂ©e dĂ©crivant lâĂ©tat sioniste dans les limites territoriales qui anticipent, presque point par point lâIsraĂ«l dâavant 1967 (La Palestine sans Gaza ni la Cisjordanie)
En 1947 dans la rĂ©cente organisation des Nations Unies qui a pris la relĂšve de la SociĂ©tĂ© des Nations, lâAngleterre annonce sa volontĂ© de se retirer de la Palestine. LâONU va donc dĂ©signer un ComitĂ© pour sâoccuper de la question de la Palestine qui sera connu sous le nom UNSCOP et qui va recommander une nouvelle partition du pays. Le 29 novembre 1947 lâONU adopte la rĂ©solution NÂș 181. Une rĂ©solution qui sera soutenue particuliĂšrement par les Etats-Unis et lâURSS entre autres. Tous les pays arabes ont votĂ© contre. Ă partir de ce jour, de cette rĂ©solution, commence lâexpulsion massive des populations arabes. Elles sont arrachĂ©es sans contemplation de leur terre par les sionistes plus armĂ©s que jamais.
Le 13 dĂ©cembre 1947 dans un discours devant les membres les plus importants du MAPAI, le Parti des Travailleurs de lâEretz IsraĂ«l DBG dĂ©clare : « Dans les territoires assignĂ©s Ă lâĂtat juif, il y a 40% de non juifs (c’est-Ă -dire des autochtones). Une telle composition nâest pas lâidĂ©al pour un Ătat juif. Donc nous avons Ă faire face Ă cette rĂ©alitĂ© indĂ©sirable avec toute sĂ©vĂ©ritĂ© et une fermetĂ© particuliĂšre. Un Ă©quilibre dĂ©mographique pareil met en question notre capacitĂ© de maintenir une souverainetĂ© juive⊠Un Ă©tat avec au moins 80% de population juive est le seul viable et stable» Â
La voiture piégée
Notons que cette annĂ©e â 1947 â reste aussi dans les annales de lâhistoire, comme lâannĂ©e oĂč a apparu pour la premiĂšre fois la voiture piĂ©gĂ©e comme arme urbaine. En effet lâorganisation terroriste sioniste « Stern » dâextrĂȘme droite â c’est-Ă -dire la plus dure, car dans le sionisme il est inutile de chercher des nuances entre gauche et droite, câest un bloc indivisible â va conduire un camion bourrĂ© dâexplosifs Ă lâintĂ©rieur dâun commissariat des autoritĂ©s dâoccupation anglaises Ă HaĂŻfa. Dans lâexplosion quatre personnes sont mortes et 140 ont Ă©tĂ© blessĂ©es. (Quelques temps aprĂšs, cette organisation va rĂ©intĂ©grer lâautre organisation Irgoun de laquelle elle sâĂ©tait sĂ©parĂ©e en 1940). Plus tard lâorganisation terroriste utilisera les camions et les voitures piĂ©gĂ©es pour tuer massivement les palestiniens. Des atrocitĂ©s et des boucheries Ă©normes sont commises aveuglement dans la population. Certains soldats anglais Ă©prouvant un sentiment dâĂ©cĆurement ou pour la tranquillitĂ© de leur conscience ont dĂ©sertĂ© et sont passĂ©s du cĂŽtĂ© des arabes. Ils vont eux-mĂȘmes utiliser les mĂȘmes mĂ©thodes contre les terroristes sionistes.
En dĂ©cembre de la mĂȘme annĂ©e, DBG dans une lettre adressĂ©e Ă Moshe Sharett (« Ministre » des Relations ExtĂ©rieures dâIsraĂ«l) Ă©crit : « Nous pourrons, si nĂ©cessaire, tuer toute les populations de HaĂŻfa de Jaffa de faim. »Â
Moshe Sharett, de son vrai nom Moshe Tchertok est nĂ© Ă Kherson, dans lâempire russe de lâĂ©poque (aujourdâhui câest une ville en Ukraine), le 15 octobre 1894. Il arrive en Palestine en 1908. Ses parents sont parmi ceux qui ont participĂ© Ă la crĂ©ation embryonnaire de la ville de Tel Aviv, citĂ©e plus haut.
Le commencement du génocide sioniste
En 1948 aprĂšs dix ans dâexil Abdelkader El Husseini retourne en Palestine pour tenter de crĂ©er un mouvement pour sâopposer Ă la partition. CâĂ©tait en janvier.
La Grande Bretagne prĂ©tend remettre la Palestine Ă tout groupe prĂ©dominant dans la rĂ©gion !Â
Le 31 janvier DBG donne directement lâordre au Commandant militaire sioniste de Al-Quds (JĂ©rusalem), David Shaltiel, de garantir lâavance et lâexpansion des sioniste dans cette ville en dĂ©truisant totalement le quartier Sheikh Jarrah et lâoccupation des autres quartiers de la ville tout en installant immĂ©diatement les sionistes dans tous les endroits « libĂ©rĂ©s ». La mission du commandant consiste Ă loger les familles sionistes dans chaque maison vidĂ©e de ses propriĂ©taires palestiniens dans les quartiers Ă populations semi-arabes comme le quartier Romema.
(David Shaltiel, ce terroriste sioniste, est nĂ© tantĂŽt Ă Hambourg tantĂŽt Ă Berlin, ça importe peu, lâessentiel en tout cas en Allemagne en 1903. Il est arrivĂ© en Palestine en 1935. De 1940 Ă 1942 il Ă©tait lâĂ©missaire de lâorganisation terroriste la Haganah en Europe. De 1944 Ă 1945 il travaille pour lâAgence Juive en Afrique du Nord. De janvier Ă juillet 1948 il sera le commandant du district militaire Ă Al-Quds (JĂ©rusalem). De 1948 Ă 1949 il sera lâinspecteur gĂ©nĂ©ral des Forces de DĂ©fense IsraĂ©liennes (IDF). De 1949 Ă 1950 il sera chargĂ© des forces de contrĂŽle des frontiĂšres ! De 1950 Ă 1952 il est attachĂ© militaire en France. Par la suite il sera ambassadeur au Mexique, au BrĂ©sil et enfin au Pays Bas).
Au mois de fĂ©vrier, toujours en 1948, Ă©clate la bataille entre les sionistes et les arabes. La Haganah fait appel Ă toutes les femmes et les hommes dâentre 25et 35 ans pour le service militaire.
Le dĂ©lĂ©guĂ© usamĂ©ricain, aux Nations Unies, dĂ©clare que la mission du Conseil de SĂ©curitĂ© est dâabord le maintien de la paix avant de passer au partage de la Palestine.
Dans une autre lettre adressĂ©e Ă Moshe Sharett, le 18 fĂ©vrier de lâannĂ©e en cours, DBG Ă©crit : «Si nous arrivons Ă recevoir Ă temps les armes [de TchĂ©coslovaquie] et peut ĂȘtre aussi celles que nous ont promis les Nations Unies, on pourrait mĂȘme infliger des coups mortels aux syriens dans leur propre pays et ainsi nous emparer entiĂšrement de la Palestine. Je nâai aucun doute Ă ce sujet. Nous sommes en mesure de faire face aux forces armĂ©es arabes. Je tâassure quâil ne sâagit nullement dâune croyance mystique, mais dâun calcul froid et rationnel fondĂ© sur un examen concret.»
(En effet en mai 1946, la Haganah Ă©tait arrivĂ©e Ă un accord pour lâachat dâarmements de la TchĂ©coslovaquie pour un montant de 12.280.000 dollars. Ces livraisons Ă©taient composĂ©es de 24.500 fusils, 5.200 mitraillettes et 54 millions de balles).Â
Dans son journal personnel DBG a inscrit des notes dâune rĂ©union tenue dans son propre domicile, le 19 fĂ©vrier, donc le jour suivant, sur lâimpact causĂ© par les opĂ©rations « Lamed-Heh » menĂ©es contre les palestiniens, on y lit : «Une rĂ©action trĂšs rĂ©duite [de la part des arabes] qui nâimpressionne personne. Une maison dĂ©truite câest rien du tout. En dĂ©truisant tout un quartier ça pourrait produire quelques effets.».(DBG est trĂšs content du rĂ©sultat de lâopĂ©ration du village Sa âsa parce quâelle a fait « fuir mĂȘme les arbres ») Ă©crit-il.
« Le village Saâsa[4] situĂ© Ă 12 kilomĂštres au nord ouest de la ville de Safed. Il a fait lâobjet du massacre dont se sentait fier DBG, menĂ©, dans le cadre dâune opĂ©ration beaucoup plus ample qui est connue sous le nom Hiram, par lâunitĂ© armĂ©e « Palmach » de lâorganisation terroriste la Haganah. 11 villageois sont tuĂ©s, dont 5 petits enfants. Le village va ĂȘtre totalement rasĂ©.
En effet à partir du 22 octobre 1948, en prĂ©paration Ă lâopĂ©ration, les villages principaux villages Tarshiha, Jish et Saâsa sont bombardĂ©s quotidiennement par des B-17 et des C-47. Des bombardements, en quelque sorte, pour amollir lâobjectif. Ce genre de « travail militaire » sioniste est devenu la norme qui dure jusquâĂ nos jours : des bombardements massifs pendant plusieurs jours pour « dĂ©blayer » le terrain pour les fantassins et aux chars.
Le 28 octobre, lâopĂ©ration principale, baptisĂ©e Hiram en rĂ©fĂ©rence au nom biblique du roi de Tyr est lancĂ©e. Elle dĂ©bute par les bombardements massifs par les forces aĂ©riennes sionistes des villages dâAl-Khallil (GalilĂ©e) et du Sud du Liban soupçonnĂ©s de servir de base Ă la RĂ©sistance. Durant la nuit du 28 au 29 octobre 21 tonnes de bombes sont dĂ©versĂ©es sur 7 villages dâAl-Khallil (GalilĂ©e) au cours de 13 raids successifs. Ceux-ci se sont rĂ©vĂ©lĂ©s dĂ©vastateurs. Dans le seul village de Tarshiha on avait comptĂ© dans lâimmĂ©diat 24 personnes mortes et 60 autres trouvĂ©es par la suite sous les dĂ©combres. Tous les autres survivants ont pris le chemin de lâexode. (Dans le texte il nâest pas fait mention, mais compte tenu des idĂ©es terrifiantes de DBG, certainement les arbres ont aussi pris le chemin de lâexode.)
Au matin du 30 octobre, les forces sionistes rassemblant 11 ou 12 bataillons se lancent Ă lâattaque de lâenclave. La 7e brigade Sheva fait mouvement de Safed jusquâĂ Miron puis poursuit sur Safsaf et Jish oĂč les forces de la RĂ©sistance arabe ont dĂ©plorĂ© des fortes pertes. De son cĂŽtĂ©, la 9e brigade, Oded, fait mouvement vers lâEst, prenant Tarshiha et dâautres villages arabes. Ensuite dans un mouvement de prise en tenaille est-ouest, les 7e et 9e brigades se dirigent vers le carrefour stratĂ©gique de Saâsa.
Les 72e et 79e bataillons continuent ensuite vers le nord de Kafr Birâim, Saliha et arrivent Ă al Malikya tandis que le 71e bataillon se dirige vers lâouest, prenant Ras al Ahmar, Riahanya, Alma et dans lâaprĂšs midi du 30 octobre Deishum.
Dans le mĂȘme temps, la 1e brigade Golani attaque vers le nord depuis le carrefour de Lubya, prend Eilabun, Maghar puis oblique vers lâouest et prend Rama, Beit Jann, Suhmata et Majd al Kurum oĂč elle est rejointe par le 123e  bataillon
La suivante, la 2e brigade Carmeli, gardĂ©e en rĂ©serve dans la vallĂ©e de Hula fait mouvement jusquâĂ Manara puis entre au Liban oĂč elle prend le contrĂŽle de 11 Ă 15 villages et atteint le fleuve Litani.
LâopĂ©ration est couronnĂ©e de succĂšs et Al-Khallil (GalilĂ©e) est conquise en 60 heures. »
 Le 5 juin, malgrĂ© les nĂ©gociations entreprises avec le mĂ©diateur de lâONU, le comte Folk Bernadotte DBG Ă©crit encore : «Aujourdâhui nous occupons Yibneh (sans rĂ©sistance) et Qaqun Ă 6 kilomĂštre nord-ouest de la ville de Tulkarem. LĂ -bas les opĂ©rations de nettoyage ethnique continuent ; nous nâavons pas de nouvelles des autres fronts.»
Au mois de mars le Plan Daleth, le programme sioniste du nettoyage ethnique est mis au point. Bien que Sur le terrain, les forces de la Haganah soient en thĂ©orie mieux Ă©quipĂ©es et mieux prĂ©parĂ©es Ă la guerre que les forces adverses, elles ont essuyĂ© plusieurs revers importants : les cent mille juifs dâAl-Quds (JĂ©rusalem) sont assiĂ©gĂ©s par les hommes dâAbdelkader El Husseini et il nâest plus possible de les ravitailler tandis que la quasi-totalitĂ© du parc de vĂ©hicules blindĂ©s servant aux convois a Ă©tĂ© dĂ©truite. La situation dâisolement est la mĂȘme pour les implantations de haute Al-Khallil (GalilĂ©e), de la zone dâHĂ©bron et du NĂ©guev[5].
Toujours au mois de mars de la mĂȘme annĂ©e, le prĂ©sident usamĂ©ricain Harry S. Truman promet son soutien Ă la cause sioniste.
Les dirigeants arabes acceptent une trĂȘve et une administration fiduciaire Ă la place du partage de la Palestine est proposĂ©e par le Conseil de SĂ©curitĂ© de lâONU. Les sionistes acceptent aussi la trĂȘve, mais comme on le verra plus tard, dans le cadre de leur tactique pour gagner du temps en attendant le moment opportun.
Entre le 30 mars et le 15 mai la Haganah va entreprendre une opĂ©ration pour dĂ©gager le terrain en expulsant tous les habitants sur la cĂŽte de HaĂŻfa jusquâĂ Jaffa.
Deux jours plus tard DBG convoque une rĂ©union, de nouveau dans son domicile pour Ă©valuer combien dâargent on a dĂ©robĂ© des banques arabes, combien dâarbustes citriques et autres biens a-t-on confisquĂ©. Eliezer Kaplan (qui est nĂ© en 1891 Ă Minsk en BiĂ©lorussie) son ministre des finances, lui a suggĂ©rĂ© de confisquer toutes les propriĂ©tĂ©s des palestiniennes tombĂ©es entre leurs mains afin de prĂ©venir les altercations entre les prĂ©dateurs sionistes.
Devant le malaise exprimĂ© par certains Ă©minents reprĂ©sentants du MAPAM devant ce quâils considĂ©raient comme une ampliation du cadre du nettoyage ethnique « non nĂ©cessaire » DBG leur a rappelĂ© quâils Ă©taient eux-mĂȘmes enchantĂ©s en avril 1948 quand la premiĂšre phase de nettoyage [ethnique] avait commencĂ© dans la zone et ajouta : ĂȘtre juif en 1948 implique une chose et une seule : lâengagement total dans la « dĂ©s-arabisation » de la Palestine. (Autrement dit le dĂ©racinement de lâarabe de Palestine)
DBG [Rebirth and Destiny of Israel, page 530] Ă©crit: « [âŠ] Jusquâau dĂ©part des anglais, (le 15 mai 1948) les arabes nâont pĂ©nĂ©trĂ© ni capturĂ© aucune colonie juive, mĂȘme pas la plus isolĂ©e quâelle soit, alors que la HaganahâŠa capturĂ© plusieurs positions arabes et libĂ©rer TibĂ©riade, HaĂŻfa, Jaffa et SafedâŠDonc le jour de la vĂ©ritĂ©, toute cette partie de la Palestine oĂč la Haganah avait menĂ© ses opĂ©rations Ă©tait presque totalement vide dâarabes.Â
Dans une note Ă©crite aprĂšs sa visite aux familiers des morts et blessĂ©s de lâAtlantic HĂŽtel de la rue Ben Yehuda, le quartier gĂ©nĂ©ral des troupes dâĂ©lite de la Haganah on y lit : «Jamais je ne pouvais imaginer une destruction dâune telle ampleur. On ne peut mĂȘme plus reconnaĂźtre la rue. Câest de lâhorreur et de la haine. Mais il ne faut pas oublier que nos tueurs et assassins ont laissĂ© ce genre dâempreintes de feu dans le Roi David (lâhĂŽtel) Ă HaĂŻfa, dans la maison Goldschmidt et dans beaucoup dâautres endroits ».Â
Toujours dans son journal personne, le 8 juillet 1948, DBG serait arrivĂ© Ă sentir tellement alarmĂ©, pour le comportement des soldats sionistes dans les villes occupĂ©es et particuliĂšrement pour les pillages auxquels ils sâadonnent Ă des fins personnels et les cas des violations (continues durant les trois ou quatre premiers mois dâoccupation), quâil va dĂ©cider dâinterdire Ă certaines unitĂ©s de lâarmĂ©e dâentrer Ă Nazareth qui a Ă©tĂ© occupĂ©e par les troupes sionistes durant la guerre des « dix jours ». DBG ajoute des notes concernant un « incident » que le lui a rapportĂ© Isaac Chizik on y lit : « Lâaffaire dâAcre Ă laquelle sont mĂȘlĂ©s des soldats qui voulaient violer une petite fille. Ils tuĂšrent le pĂšre, blessĂšrent la mĂšre. Les officiers les ont excusĂ©s. Au moins un soldat a violĂ© la petite fillette ».
 Au mois dâavril une premiĂšre livraison dâarmes tchĂšques a Ă©tĂ© reçue par lâorganisation la Haganah. Elle composĂ©e de 4.500 fusils, 200 mitraillettes et 5 millions de projectiles.
La boucherie de Deir Yassine.
Tout au long de la route entre Tel Aviv et Al-Quds (JĂ©rusalem) tous les villages ont Ă©tĂ© vidĂ©s et leurs habitants expulsĂ©s. Câest le massacre de Deir Yassine. Il sâest produit le 9 avril de cette annĂ©e. Il a Ă©tĂ© perpĂ©trĂ© par 120 sionistes des deux organisations terroristes, lâIrgoun et Lehi. Cette derniĂšre est lâacronyme en hĂ©breux de « combattants pour la libertĂ© dâIsraĂ«l ». Les autoritĂ©s dâoccupation anglaises vont lâappeler le Stern Gang, en rĂ©fĂ©rence au nom de son premier fondateur et dirigeant Avraham Stern. Ce dernier est nĂ© en Pologne le 23 dĂ©cembre 1905. Il Ă©migre en Palestine en 1924.
Les historiens évaluent aujourdâhui, le nombre de villageois tuĂ©s entre 100 et 120 personnes avec une majoritĂ© de civils, femmes et enfants. Dâautres sources comme la presse et les diffĂ©rents commentateurs de lâĂ©poque Ă©valuent le nombre Ă 254 personnes[6].
Le 4 dĂ©cembre 1948 une lettre signĂ©e par Albert Einstein et vingt sept autres Ă©minents juifs de New York est publiĂ©e dans le journal « The New York Times ». Il sâagit dâune condamnation du massacre de Deir Yassine. On y lit : « âŠLes bandes terroristes [lâIrgoun de Menahem Begin] se sont attaquĂ©es Ă un paisible village qui ne pouvait, dans aucun conflit, constituer un objectif militaire. On a tuĂ© la majoritĂ© des habitants (deux cents quarante hommes, femmes et enfants) et on a gardĂ© quelques uns en vie pour les exhiber, en trophĂ©e, dans les rues de Al-Quds (JĂ©rusalem), comme sâils Ă©taient des combattants capturĂ©s. La majoritĂ© de la communautĂ© juive exprime son sentiment dâhorreur pour ces actesâŠMais les terroristes, loin dâexprimer leur honte, se sentant fiers et orgueilleux de leur massacre, ils lui donnĂšrent encore plus de publicitĂ©. Ils invitĂšrent les correspondants Ă©trangers prĂ©sents dans le pays Ă venir contempler les piles de cadavres et les grands dĂ©gĂąts quâils ont causĂ©s Ă Deir Yassine.»
(Il est clair que le grand physicien nâavait aucune idĂ©e de la nature criminelle des sionistes. Ce quâils ont commis Ă Deir Yassine va se rĂ©pĂ©ter avec plus dâhorreur, de lĂąchetĂ© et dâignominie sans arrĂȘt depuis).
Menahem Begin voit les choses dâune autre maniĂšre. En voici quelques extraits de son « succulent » commentaire de sur la boucherie : « Quand les nouvelles de la boucherie de lâIrgoun se sont rĂ©pandues, toutes les populations arabes Ă©taient prises dâune panique infinie et ont commencĂ© Ă fuir pour sauver leur vie. Cette fuite massive sâest transformĂ©e en explosion de folie hors de contrĂŽle. Des presque 800.000 palestiniens qui vivaient dans le territoire actuel de notre Ă©tat sioniste, seulement 65.000 y sont restĂ©s. Lâimportance politique et Ă©conomique dâun tel changement est, sans exagĂ©ration, difficile Ă calculer. » (The Revolt [La rĂ©volte] page 164).
Le Conseil de SĂ©curitĂ© impose une trĂȘve. Les Ătats-Unis proposent un plan dâadministration fiduciaire de la Palestine par lâONU.
AprĂšs les nettoyages de Deir Yassine, des villages sur la cĂŽte de Jaffa Ă HaĂŻfa et les villages sur la route de Tel Aviv Ă Al-Quds (JĂ©rusalem) est venu le tour de la ville de HaĂŻfa proprement parlĂ©. Elle sera vidĂ©e de ses habitants arabes. Lâorganisation terroriste la Haganah attaque une zone autour dâAl-Quds (JĂ©rusalem) mais elle va ĂȘtre obligĂ©e de la laisser sous le pouvoir des autoritĂ©s anglaises. Sans pour autant renoncer Ă aller capturer une autre zone du cĂŽtĂ© ouest dâAl-Quds (JĂ©rusalem) quâils vidĂšrent aussi de ses habitants palestiniens expulsĂ©s.
Le 14 mai 1948 les sionistes dĂ©clare leur indĂ©pendance avant la fin du mandat britannique. Truman, le prĂ©sident usamĂ©ricain est le premier Ă Â reconnaĂźtre le nouvel Ătat sioniste. (LâOgre est finalement arrivĂ© au monde).
Le 20 juin 1948 le Conseil de SĂ©curitĂ© exige un cessez-le-feu et nomme le comte suĂ©dois Folke Bernadotte af Wisborg comme mĂ©diateur de lâONU. Il est ainsi le premier mĂ©diateur officiel de lâhistoire de lâOrganisation. Sa mission est immense : Faire cesser les combats et superviser la mise en application du partage territorial.
TrĂšs vite, la tension avec la partie sioniste monte. Le 27 juin, le comte propose un premier plan, avec un Ătat israĂ©lien sur 20% de la Palestine (au lieu des 55% prĂ©vus). Et en plus il sera confĂ©dĂ©rĂ© avec la Transjordanie. Ainsi lâĂtat palestinien, en tant que tel, disparaĂźt puisque son territoire est attribuĂ© Ă la Transjordanie. Ce plan est rejetĂ© par toutes les parties y compris arabes. Bernadotte devient la cible, en IsraĂ«l, dâune virulente campagne de presse. En juillet les membres de lâorganisation terroriste sioniste Lehi avaient menacĂ© le comte de mort, suite Ă une rencontre quâil avait eue avec deux membres de lâautre organisation terroriste sioniste Stern, le 24 juillet. « Nous avons lâintention de tuer Bernadotte et tout autre observateur des Nations Unies en uniforme qui viendra Ă Al-Quds (JĂ©rusalem) ». Lorsquâil leur demanda pourquoi, Ils rĂ©pondirent « que leur organisation Ă©tait dĂ©terminĂ©e Ă ce que Al-Quds (JĂ©rusalem) soit sous lâautoritĂ© de lâĂtat sioniste et quâelle ne permettrait pas dâinterfĂ©rence de la part dâaucune organisation nationale ou internationale.
Le 1er aoĂ»t 1948, Israel Eldad, un des trois dirigeants du groupe terroriste Stern (ou Lehi, lâautre groupe armĂ© sioniste radical) dĂ©clare, lors dâune assemblĂ©e publique Ă Al-Quds (JĂ©rusalem) : « Les combattants pour la libertĂ© dâIsraĂ«l adressent une mise en garde aux observateurs des Nations Unies [et] aux gĂ©nĂ©raux de Bernadotte [âŠ] Nous emploierons contre les reprĂ©sentants dâun pouvoir Ă©tranger les mĂȘmes mĂ©thodes que nous avons employĂ©es contre les britanniques ».
DâaprĂšs Israel Eldad, la dĂ©cision de tuer Bernadotte est prise par les trois dirigeants du Lehi.Â
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Le 16 septembre, Folke Bernadotte propose un nouveau plan de partage de la Palestine, dans lequel la Transjordanie annexerait le NĂ©guev et la Cisjordanie. La confĂ©dĂ©ration entre IsraĂ«l et la Transjordanie disparaĂźt. Ce plan prĂ©voit un Ătat juif occupant lâentiĂšre Al-Khallil (GalilĂ©e), le passage de Al-Quds (JĂ©rusalem) sous contrĂŽle international et le rapatriement (ou dĂ©dommagement) des rĂ©fugiĂ©s. Concernant ce dernier sujet, le Comte Bernadotte Ă©crivait « Ce serait offenser les principes Ă©lĂ©mentaires que dâempĂȘcher ces innocentes victimes du conflit de retourner dans leur foyer, alors que les immigrants juifs affluent en Palestine et de plus menacent de façon permanente de remplacer les rĂ©fugiĂ©s arabes enracinĂ©s dans cette terre depuis des siĂšcles. » Il critique « le pillage sioniste Ă grande Ă©chelle et la destruction de villages sans nĂ©cessitĂ© militaire apparente. »
Ce second plan est de nouveau refusĂ© par les israĂ©liens et les arabes (La Transjordanie, grande gagnante du projet de Bernadotte, nâose pas accepter, compte tenu de lâatmosphĂšre gĂ©nĂ©rale de colĂšre et de rĂ©volte dans la population).
Lâassassinat de Bernadotte.
AprĂšs lâatterrissage Ă Kalandia-Al-Quds (JĂ©rusalem), le Comte Bernadotte et ses accompagnateurs se rendent en voiture Ă Al-Quds (JĂ©rusalem). Au programme du jour deux choses : rencontrer les Observateurs de la trĂȘve et faire un choix pour lâemplacement dâun nouveau quartier gĂ©nĂ©ral, car jusque-lĂ Bernadotte et son Ă©quipe opĂ©raient depuis lâhĂŽtel des Roses, situĂ© sur lâĂźle grecque de Rhodes qui Ă©tait Ă ses yeux beaucoup trop loin de la zone de guerre.
AprĂšs avoir rencontrĂ© les observateurs de la trĂȘve et visitĂ© quelques emplacements possibles pour le bĂątiment du quartier gĂ©nĂ©ral, le convoi de Bernadotte, composĂ© de trois voitures, entra dans le quartier Katamon de Al-Quds (JĂ©rusalem). Chaque voiture arborait les drapeaux des Nations Unies et de la Croix Rouge, et personne, dans ce convoi, nâĂ©tait armĂ©. Le comte Bernadotte quant Ă lui avait refusĂ©, Ă plusieurs reprises, le gilet pare-balles quâon lui proposait.
Dans la voiture du MĂ©diateur, sur la banquette arriĂšre, avaient pris place : Bernadotte, le colonel français AndrĂ© SĂ©rot, chef des observateurs des Nations Unies Ă Al-Quds (JĂ©rusalem), le gĂ©nĂ©ral suĂ©dois Aage Lundstrom, chef de la supervision de la trĂȘve en Palestine et reprĂ©sentant personnel de Bernadotte.
Le quartier de Katamon, sous contrĂŽle de lâarmĂ©e sioniste, Ă©tait presque dĂ©sert. Les habitants chrĂ©tiens de cette partie de Al-Quds (JĂ©rusalem) naguĂšre encore aisĂ©e avaient Ă©tĂ© aussi expulsĂ©s Ă la pointe des baĂŻonnettes par les forces armĂ©es sionistes, fin avril.
Peu aprĂšs avoir franchi un check-point de lâarmĂ©e sioniste, le convoi est arrĂȘtĂ© par une jeep qui lui barre le passage. Trois hommes armĂ©s, revĂȘtus de lâuniforme de lâarmĂ©e sioniste, surgissent de cette jeep tandis que le conducteur reste au volant. Les trois voitures sont arrosĂ©es de balles. Bernadotte est abattu Ă bout portant de six rafales de mitraillette Schmeisser. Dans leur dĂ©claration dactylographiĂ©e, reconnaissant leur responsabilitĂ© dans le double assassinat, les tueurs demandent quâon veuille bien les excuser dâavoir abattu SĂ©rot « par erreur ».
On sait aujourdâhui que le « meurtre a Ă©tĂ© planifiĂ© par Zettler, le commandant de la section terroriste sioniste chargĂ©e de la zone  dâAl-Quds (JĂ©rusalem) (La derniĂšre en activitĂ© et la plus dure), quâil a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© en aoĂ»t au plus haut niveau par les trois responsables du Centre et que lâexĂ©cution en a Ă©tĂ© confiĂ©e Ă un vĂ©tĂ©ran du groupe terroriste sioniste Lehi ou « Gang Stern », Yehoshua Cohen. Les deux autres tireurs Ă©taient Yitzhak Ben-Moshe et « Gingi » Zinger et le conducteur de la jeep du nom  Meshulam Makover.Â
Lâassassinat de Bernadotte suscita une condamnation universelle.
Le groupe terroriste Lehi est immĂ©diatement suspectĂ©. « En 24 heures plus de 250 membres du Lehi sont interpellĂ©s dans tout le pays. Le gouvernement en profite pour dissoudre les unitĂ©s de lâIZL Al-Quds (JĂ©rusalem), bien quâil sache quâelles nâont pas Ă©tĂ© mĂȘlĂ©es au crime. Le surlendemain, le Lehi est officiellement dissous au titre dâune loi « pour la prĂ©vention du terrorisme ». « Zettler affirmera avoir reçu une promesse explicite du ministre de lâintĂ©rieur Yitzhak GrĂŒnbaum : « vous serez condamnĂ©s pour satisfaire lâopinion mondiale. AprĂšs quoi, vous serez amnistiĂ©s.» De fait, « Yalin Mor est son adjoint Mattiyahu Shmulovitz, condamnĂ©s le 2 fĂ©vrier 1949 Ă plusieurs annĂ©es de prisons, non pas pour meurtre, mais pour appartenance Ă une organisation terroriste, seront relĂąchĂ©s deux semaines aprĂšs [âŠ] tous les autres dĂ©tenus du Lehi bĂ©nĂ©ficieront dâune amnistie gĂ©nĂ©rale ».
Nathan Yalin Mor fut Ă©lu Ă la Knesset en janvier 1949 et le tireur Yehoshua Cohen devint le garde du corps personnel de Ben Gourion dans les annĂ©es cinquante. Yitzhak Shamir, le chef des opĂ©rations du Lehi, deviendra quant Ă lui premier ministre Ă deux reprises. DĂ©jĂ en 1944 sous la direction du mĂȘme Shamir a Ă©tĂ© assassinĂ© le ministre britannique pour le Moyen Orient, Lord Moyne.
 Le 1er. mai 1948, des fonctionnaires sionistes avaient Ă©crit Ă DBG pour lui dire quâils tenaient entre leurs mains une opportunitĂ© historique dâeffacer dĂ©finitivement les caractĂ©ristiques arabes de la ville de HaĂŻfa qui est tombĂ©e une semaine avant, le 23 avril, il suffit, tout simplement, lui expliquĂšrent, de se dĂ©barrasser de 227 maisons. DBG sâest rendu en personne sur place pour voir la zone Ă dĂ©truire. En effet il ordonna la destruction des 227 maisons et en plus le marchĂ© couvert qui Ă©tait la plus belle construction dans style. Par la suite des dĂ©cisions similaires de seront prises par la suite concernant TibĂ©riade oĂč plus de 500 maisons ont Ă©tĂ© dĂ©truite.
Le 3 mai 1948 un rapport affirme quâentre 175.000 et 250.000 palestiniens ont Ă©tĂ© expulsĂ©s par la force de leur foyer.
Le 14 juillet 1948 les troupes israĂ©liennes sous le commandement dâIsaac Rabin entrent dans la ville de Ramleh. Une opĂ©ration de recherche et arrestation commença. 3.000 personnes sont arrĂȘtĂ©es et envoyĂ©es dans un camp de prisonniers amĂ©nagĂ© proche de la ville. Dans la mĂȘme journĂ©e la ville a Ă©tĂ© pillĂ©e. DBG appelle Rabin Ă son bureau pour parler avec lui du sort des deux villes Al-lydd et Ramleh. « Yigal Allon posa la question Ă DBG : « Que fera-t-on de la population ? » Et DBG qui lui fait un geste de dĂ©dain et de mĂ©pris en agitant la main : Ce qui signifie « jette-là  ».
AoĂ»t 1948, la dĂ©termination dâIsraĂ«l de prendre les Plateaux du Golan Ă©tait alimentĂ©e par le retrait graduel des troupes syriennes, dâabord des versants des Plateaux et par la suite Ă lâintĂ©rieur de la Syrie. Ce que convertissaient la majoritĂ© des dirigeants sionistes est la Palestine et non la Syrie. Il y avait encore trois zones principales quâIsraĂ«l nâavait encore occupĂ©es et DBG considĂ©rait fondamentales pour le futur dâIsraĂ«l, elles sont : WadiâAra, la partie occidentale de la haute Al-Khallil (GalilĂ©e) et le sud du NĂ©guev. Les deux premiĂšres sont des zones de grande population palestinienne et par consĂ©quent elles constituent des inĂ©vitables objectifs, dans la campagne de nettoyage ethnique, situĂ©es totalement hors du théùtre de guerre contre les forces armĂ©es arabes. De toute maniĂšre au mois dâaoĂ»t Ă la faveur de la trĂȘve ces troupes avaient disparues.
En octobre, du 29 au 31, câĂ©tait lâopĂ©ration Hiram qui a donnĂ© lieu Ă lâexpulsion de milliers de palestiniens. Au mois de novembre le Conseil de SĂ©curitĂ© demande une trĂȘve immĂ©diate et le retrait des troupes alors que les forces (FDI) sionistes Ă©taient dĂ©jĂ Ă pied dâĆuvre en train dâexpulser les populations des villages vers lâautre cĂŽtĂ© de la frontiĂšre, vers le Liban.
En 1949, le 24 fĂ©vrier exactement, un armistice est signĂ© entre lâĂgypte et lâĂ©tat sioniste. En mĂȘme temps, entre 2.000 et 3.000 palestiniens sont expulsĂ©s de la zone de Fallujah. Un traitĂ© dâarmistice est signĂ© le 23 mars avec le Liban, le 3 avril avec la Jordanie et le 20 juillet avec la Syrie.
Le 12 aoĂ»t 1949, un peloton de soldats sionistes, basĂ©s prĂšs du Kibboutz Nirim, pas trĂšs loin de Beit Hannoun, Ă la limite septentrionale de lâactuelle Bande de Gaza, attrapĂšrent une fillette de 12 ans et lâenfermĂšrent durant toute la nuit dans leur base militaire. Durant les jours suivants, les soldats feront de la petite fille leur esclave sexuel. Ils rasĂšrent les cheveux de la tĂȘte, la violĂšrent en groupe et finalement ils lâassassinĂšrent. DBG avait bien mentionnĂ© cette violation dans son journal personnel, mais les Ă©diteurs de ses mĂ©moires dĂ©cidĂšrent de la supprimer.
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En 1950 les Etats-Unis, lâAngleterre et la France, dans une dĂ©claration tripartite sâengagent Ă sâopposer Ă lâusage de la force de la part de tout Ă©tat dans la rĂ©gion tout comme Ă fournir Ă IsraĂ«l ainsi quâaux pays arabes seulement des armes nĂ©cessaires à « lâauto-dĂ©fense lĂ©gitime ».
Dâautre part la mĂȘme annĂ©e lâĂ©tat sioniste adopte, dâun cĂŽtĂ©, la « Loi du Retour » qui octroie automatiquement Ă toute personne juive de par le monde le droit Ă la citoyennetĂ© israĂ©lienne et de lâautre cĂŽtĂ©, la « Loi de lâappropriation des biens des Absents » par laquelle toute personne [Palestinienne] qui aurait « abandonné » ses biens et son lieu de rĂ©sidence habituel pour se rĂ©fugier mĂȘme Ă lâintĂ©rieur de la Palestine, sera cataloguĂ©e dĂ©finitivement absente. La propriĂ©tĂ© de lâabsent passe dâabord Ă la protection de lâĂ©tat dâIsraĂ«l qui Ă son tour la vendra aux «AutoritĂ©s chargĂ©es du DĂ©veloppement » autorisĂ©es par la Knesset.
(Ă suivre)
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[1] Ă part les sources indiquĂ©es, au fur et Ă mesure, toutes les dates et les textes sont inspirĂ©s du travail de Salvador Lopez Arnal publiĂ© sur www.rebelion.org sous le titre « à sang froid : IsraĂ«l. » Les paragraphes encadrĂ©s ou entre parenthĂšses sont des commentaires propres.   Â
[2] The Al-Quds (Jérusalem) Post du 10 mai 2004.
[3] Bernard Kouchner ministre français des affaires étrangÚres sur la chaine de télévision française Franc2 « Mots croisés, spécial Gaza » du 13 janvier 2009
[4] WikipĂ©dia âOpĂ©ration Hiramâ en français.
[5] Wikipédia en français
[6] Voir Wikipédia en français.
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