3 septembre 2006

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TUNISNEWS
7 ème année, N° 22956 du 03.09.2006

 archives : www.tunisnews.net


Luiza Toscane: Où est Badreddine Ferchichi ???

Proposez des blogs qui défendent la liberté d’expression

Omar Khayyâm: Confessions d’un dictateur

Balha Boujadi: Vive la réligion des islamistes !  Le Temps: Assurance maladie: Positions, à la fois irréductibles et figées Oumma: « TELAVIVISION » : DANGER ! Franck Biancheri  : 20-26 mars 2006 : Iran-USA – Déclenchement d’une crise mondiale majeure

 
 

Cliquez ici pour accéder au reportage exceptionnel de l’AISPP sur la catastrophe humanitaire des prisonniers politiques Tunisiens 


Où est Badreddine Ferchichi ???

 Les autorités bosniaques ont expulsé mardi (29 août 2006, NDLR) un ressortissant tunisien    On est toujours sans nouvelles de Badreddine Ferchichi, ressortissant  tunisien, né le 29 janvier 1964, vivant en Bosnie depuis huit ans et qui a été renvoyé en Tunisie mardi 29 août.   Badreddine Ferchichi est marié en Bosnie avec une ressortissante bosniaque et père de quatre enfants dont le plus jeune est  âgé de six mois. Il a demandé l’asile en Bosnie. Sa demande a été rejetée. Il a porté un recours contre ce rejet, recours non suspensif.   Mardi soir à 20 heures, il a été renvoyé par avion depuis Sarajevo en Tunisie. Il  serait arrivé à 22 heures et 15 minutes à l’aéroport de  Tunis-Carthage. Or on ne sache que des vols directs relient Sarajevo à Tunis… Alors, avion spécial ? Depuis lors plus aucune nouvelle n’a  filtré. Badreddine Ferchichi est donc détenu au secret en garde à vue.   Ce renvoi s’inscrit dans une politique répressive de l’Etat bosniaque vis-à-vis de ressortissants étrangers, essentiellement arabes : déchéance de la nationalité bosniaque (1), difficulté à obtenir des papiers de séjour pour ceux qui comme Badreddine Ferchichi ont fondé des familles en Bosnie et ont des enfants bosniaques, et pour finir renvoi vers des pays pratiquant la torture au mépris des engagements internationaux par la Bosnie, pays membre du Conseil de l’Europe et Etat partie à la Convention contre la torture, sans oublier les discriminations dont sont victimes les femmes bosniaques ayant épousé des étrangers d’origine arabe.   Il est à craindre que la Bosnie ne s’embarrasse guère de tels considérants : le cas d’un ressortissant marocain, Saïd Atmani, renvoyé le 8 février 2006 vers son pays d’origine, où il est actuellement incarcéré, laisse planer les plus grandes inquiétudes sur les conditions (2) dans lesquelles s’est déroulé le renvoi de Badreddine Ferchichi, qui risque en Tunisie d’être torturé et emprisonné, à l’instar d’un Taoufik Salimi.   Inquiétudes dont il faut faire part, de toute urgence, aux autorités tunisiennes et bosniaques. Il y va de l’intégrité physique de Badreddine Ferchichi.   Luiza Toscane   (1) Se reporter à la déclaration d’Amnesty International : « Bosnie-Herzégovine, le retrait de citoyenneté ne doit pas entraîner de violations des droits humains», EUR63/011/2006, du 16 juin 2006 (2) Se reporter à l’article publié dans Al Sharq al awsat du 1er septembre 2006 : « Mounaddhamat houqouqia ted’ou lihimayati abna’ elarab elmouhaddadine bittordi min elbosnia »

 

Proposez des blogs qui défendent la liberté d’expression

Comme l’an dernier, Reporters sans frontières s’associe au concours de blogs (les Bobs) organisé par le média public allemand Deutsche Welle.

L’organisation appelle les internautes à lui suggérer des blogs qui défendent la liberté d’_expression (toutes les langues sont acceptées).

L’an dernier, le prix « Reporters sans frontières » avait été décerné à l’Égyptien Manal Alaa’s Bit Bucket (http://www.manalaa.net ). Le Chinois Wang Yi’s (fermé depuis par les autorités) et le Tunisien Mokhtar Yahyaoui (provisoirement indisponible (*)) avaient également été récompensés.

Pour proposer un blog, écrivez, jusqu’au 30 septembre, à [internet at rsf.org] en incluant un court descriptif de la publication.

Plus d’informations sur ce concours : www.thebobs.de

(*) Remarque de TUNISNEWS

L’ancien blog de M. Yahyaoui (http://yahyaoui.blogspot.com ) à été hacké par des criminels le 5 août 2006, il est désormais disponible de nouveau à l’adresse suivante : http://yahyaouimokhtar.blogspot.com


A propos de Première (*) habilitation à l’IPSI

Mise au point

Saloua charfi et Larbi Chouikha sont déjà maîtres de conférence à l’IPSI. La première depuis 2002 et la seconde en 2005.

Bien entendu aucun journal de la place n’avait consacré un article à ces deux enseignants.

Saloua Charfi

Maître de conférence à l’IPSI

(*) Première habilitation à l’IPSI

Le mérite revient à M. Ridha Methnani, ex-directeur et enseignant-chercheur de l’IPSI, et actuellement directeur de cabinet du ministre de l’Enseignement supérieur, pour avoir soutenu mercredi 30 août 2006 la première habilitation dans l’histoire de l’Institut de presse et des sciences de l’information, devant un jury totalement tunisien. Le dossier scientifique de M. Methnani porte thématiquement sur la mise en contexte globale de la communication, tenant compte aussi bien de la composante géographique que des variables socio-économiques. La pièce maîtresse de ce dossier est un ouvrage de plus de 400 pages, récemment paru, traitant du lien de la société de l’information et du développement. La soutenance a été en particulier marquée par un «PowerPoint» du candidat, où il a mis en valeur les principaux moments et les grands apports de sa quête scientifique. Une enquête qui se veut pluridisciplinaire, nourrissant sa connaissance approfondie des théories de la communication et de l’information d’une réflexion sur l’histoire et les civilisations. Le jury est composé de MM. Chafik Saïed, Mohamed Hamdane, Ridha Najjar, Youssef Ben Romdhane et Moncef Achour. Selon les textes régissant l’habilitation universitaire, celle-ci doit être avalisée par le Rectorat. (Source : « La Presse » du 2 septembre 2006)


Lefrancq s’installe en Tunisie

Eric Lefrancq, PDG de l’imprimerie francaise Lefrancq a décidé de délocaliser une partie de son activité en Tunisie. Une société offshore a été créée à Tunis et des salariés recrutés.

Le numéro 3 français de la notice pharmaceutique a décidé de délocaliser une partie de sa production, le pliage des notices pharmaceutiques, en Tunisie.

« C’est un passage obligé si l’on veut rester dans la course et ne pas perdre de parts de marché. Agir autrement consisterait à adopter une stratégie de repli. Tôt ou tard, la crainte serait de voir nos clients se tourner vers d’autres pays » , a expliqué Eric Lefrancq.

 Indice de satisfaction

Environ les 2/3 des entreprises exportatrices allemandes installées en Tunisie trouvent  le développement de leurs affaires de bon ou de satisfaisant, selon  une enquête de la Chambre tuniso-allemande de l’industrie et du commerce (CTAIC).

44% des entreprises s’attendent à une augmentation de leurs chiffres d’affaires à l’exportation , et  30% des  entreprises du secteur de l’électrotechnique  envisagent déjà une augmentation de leurs effectifs.

Investissements touristiques

Durant le premier trimestre de l’année en cours, les investissements touristiques étrangers en Tunisie ont enregistré une augmentation de 404 pour cent atteignant 11,6 millions de dinars contre 2,3 mdt au cours de la période correspondante de 2005.

La part des investisseurs arabes dans le flux de capitaux destinés au tourisme s’élèvent 237 mdt depuis les années 80.

(Source : « Le Temps » (Tunisie), le 2 septembre 2006)


Ce texte a circulé sur le web ces derniéres semaines…

« Quelques règles pour bien comprendre l’actualité…. »

Voici, en exclusivité, ces règles que tout le monde doit avoir à  l’esprit lorsqu’il regarde le JT (journal télévisé) le soir, ou quand il lit son journal le matin. Tout deviendra simple et comme cela, vous n’aurez plus a avoir honte d,être si…. mettez l,adjectif que vous voulez… Richard Règle numéro 1 : Au Proche Orient, ce sont toujours les arabes quiattaquent les premiers et c’est toujours Israël qui se défend. Celas’appelle des représailles. Règle numéro 2 : Les arabes, Palestiniens ou Libanais n’ont pas le droit de tuer des civils de l’autre camp. Cela s’appelle du terrorisme. Règle numéro 3 : Israël a le droit de tuer les civils arabes. Cela s’appelle de la légitime défense. Règle numéro 4 : Quand Israël tue trop de civils, les puissances occidentales l’appellent à la retenue. Cela s’appelle la réaction de la communauté internationale. Règle numéro 5 : Les Palestiniens et les libanais n’ont pas le droit de capturer des militaires israéliens, même si leur nombre est très limité et ne dépasse pas trois soldats. Règle numéro 6 : Les israéliens ont le droit d’enlever autant de palestiniens qu’ils le souhaitent (environ 10,000 prisonniers à ce jour dont près de 300 enfants). Il n’y a aucune limite et n’ont besoin d’apporter aucune preuve de la culpabilité des personnes enlevées. Il suffit juste de dire le mot magique « terroriste ». Règle numéro 7 : Quand vous dites « Hezbollah », il faut toujours rajouter l’expression « soutenu par la Syrie et l’Iran ». Règle numéro 8 : Quand vous dites « Israël », Il ne faut surtout pas rajouter après : « soutenu par les Etats-Unis, la France et  l’Europe », car on pourrait croire qu’il s’agit d’un conflit déséquilibré. Règle numéro 9 : Ne jamais parler de « Territoires occupés « , ni de résolutions de l’ONU, ni de violations du droit international, ni des conventions de Genève. Cela risque de perturber le  téléspectateur et l’auditeur. Règle numéro 10 : Les israéliens parlent mieux le français et l’anglais que les arabes. C’est ce qui explique qu’on leur donne, ainsi qu’à leurs partisans, aussi souvent que possible la parole. Ainsi, ils peuvent nous expliquer les règles précédentes (de 1 à 9). Cela s’appelle de la neutralité journalistique. Règle numéro 11 : Si vous n’êtes pas d’accord avec ses règles ou si vous trouvez qu’elles favorisent une partie dans le conflit contre  une autre, c’est que vous êtes un dangereux antisémite.


 

Bon et heureux anniversaire Monsieur le Président

 
Aujourd’hui, 3 septembre, est l’anniversaire du Président Zine El Abidine Ben Ali. Un jour d’anniversaire qui, dans la pensée de notre Président, est un jour comme les autres qu’il consacrera au service du pays et à l’oeuvre de progrès et de prospérité de la nation.   (Source : le site du journal gouvernemental « La Presse », l e3 septembre 2006)


Confessions d’un dictateur

Omar Khayyâm

« Sophie se rappela soudain que sa grand-mère avait dit quelque chose du même genre le jour où elle avait appris par le médecin qu’elle était gravement malade. ‘Ce n’est que maintenant que je me rends compte à quel point la vie est belle’, avait-elle dit. »  (Jostein Gaarder; Le monde de Sophie)

Je m’appelle Zine el-Abidine Ben Ali. J’ai aujourd’hui, le 3 septembre 2006, exactement soixante-dix ans. Je suis le dictateur d’un petit pays d’Afrique qui s’appelle la Tunisie et je gouverne cette contrée sans partage depuis 1987. Jusqu’en 2003, je n’ai jamais eu de sérieux problèmes de santé. Mon médecin personnel, qui me côtoie plus assidûment que ma propre femme, n’a rien vu venir. Soudain, les médecins m’annoncent une très mauvaise nouvelle : je suis atteint d’un cancer des glandes séminales avec métastases. Les médecins se voulaient rassurants, mais je sais que qu’il ne me reste plus que quelques années à vivre. Que vais-je faire de ma vie ?

Aujourd’hui j’ai tout simplement décidé de présenter ma démission et de quitter toutes mes charges officielles. Avec cette mort qui m’attend au tournant, ma vie a acquis une qualité rare et précieuse. C’est pourquoi j’ai décidé de changer de vie. Je veux me libérer du stress du pouvoir, du fastidieux protocole et surtout de ces hypocrites qui m’entourent jour et nuit.

Dès aujourd’hui je me consacrerai entièrement à ma famille et surtout à mes petits-enfants. Je m’occuperai de mes plantes et de mes fleurs et je redécouvrirai les plaisirs du jardinage. Je viens d’adopter quelques chiots et chatons orphelins, à qui je donnerai à manger et à boire. Je trouve un grand plaisir à nourrir non seulement mes pigeons, mais aussi les oiseaux sauvages. Ah ! Qu’elle est belle la vie en dehors de mon bunker de Carthage ! J’étais, en quelque sorte, prisonnier du béton. Maintenant je me re-plonge dans la nature, je fais le plein d’air frais et la nuit je contemple les étoiles pendant des heures et des heures.

1987-2006, dix-neuf ans perdus pour rien ! Je n’ai jamais eu une vraie vie. Je suis devenu un automate, un esclave des formalités et du protocole et l’amour du pouvoir m’a tellement aveuglé que j’ai oublié la substance même de la vie : l’amour. Je pense maintenant surtout à maman. Il y a treize ans, maman est morte à l’hôpital Farhat Hachad de Sousse. Je n’ai pas eu le temps de rester à son chevet, de l’accompagner dans sa souffrance, ni même de partager le deuil avec ma famille.

Je pense aussi à mon frère Moncef, mort dans des conditions tragiques. Je n’ai pas fait son deuil, car je n’avais pas le temps. J’étais toujours l’Absent numéro un lors de ces tristes occasions où ma famille avait besoin d’amour et de sympathie. J’étais un drogué de pouvoir, la drogue la plus dure que j’aie jamais consommée !

Je me rends compte maintenant de la futilité des richesses, de la démesure de l’orgueil humain. Ces palais que j’ai construits, vont-ils m’accompagner dans l’au-delà ? Et mes cheveux vont-ils rester noirs pour l’éternité ? Je ne peux que m’esclaffer en pensant aux rires éclatants des petits vers, qui dévoreront mon corps, lorsqu’ils verront cette chevelure plus noire que la nuit. Oh, mon Dieu ! Que je suis ridicule ! J’étais aveugle et cette maladie m’a guéri de ma cécité. J’étais drogué et le cancer m’a guéri de mon addiction.

Je découvre aussi un autre plaisir que j’ai oublié pendant des décennies : la lecture. Plus jamais sans mon livre ! Pendant mes longues randonnées à la campagne du Kef et de Béja, j’ai toujours comme unique compagnon un livre de poésie ou de méditations. Je n’ai jamais dévoré autant de livres que pendant ce temps bref qui me reste à vivre. En lisant « l’étranger » de Camus, je suis tombé sur cette phrase, que seuls les gens qui se trouvent dans ma situation peuvent comprendre : « Si près de la mort, maman devait s’y sentir libérée et était prête à tout revivre »

Ma femme Leila n’a jamais compris le sens de ma décision. Ses capacités mentales ne lui permettent pas de comprendre. Elle voulait que je m’accroche au pouvoir, que je continue à gouverner comme si rien n’était. Elle n’a jamais espéré, même dans ses rêves, détenir autant de richesses et autant de pouvoir. Ma démission a déjoué ses plans, anéanti ses espoirs, dévoilé ses faiblesses. Sa petite cervelle ne pouvait admettre que l’ancien Zine soit mort et enterré et qu’un autre Zine puisse renaître.

Lorsqu’une fois elle m’a vu en train de lire « Etre ou avoir » d’Erich Fromm, elle, qui n’a jamais lu un seul livre de toute sa vie, a arraché le livre de ma main et m’a dit en criant comme une hystérique : «Tu nous as tous ruinés, sale égoïste ! » Je me suis contenté de répondre, sans perdre mon sang froid: « Etre ou ne pas être, c’est ça la question. »

(Source : rubrique « Fiction » sur le blog d’O. Khayyam, le 3 septembre 2006)

Lien : http://omarkhayyam.blogsome.com/2006/09/03/confessions-dun-dictateur/


VIVE LA RÉLIGION DES ISLAMISTES !

BALHA BOUJADI

Ces jours-ci je n’arrive pas à comprendre dans quel siècle nous vivons, je hallucine, je lis et je vois des trucs surréalistes partout.

Je lis Tunisnews et je vois le petit écran, tout est guerre, misère, attentats, discours fanatiques, islamophobie, xénophobie, occidentphobie, et des mots racistes, des insultes des outrages, des menaces…

Les Khaled Chouket, Seloua Charfi, Raja Ben Slama, minoritaires, se font insulter par des pseudo intellectuels qui se disent chantres de la culture de la victoire contre ceux de la culture de la défaite… Entre défaite et victoire il n’y a qu’un petit fil de rien de tout, ça dépend, simplement, de la couleur des lunettes qu’on porte (noires ou bien roses).

Cet algérien solitaire Ben Hadid qui parle des excréments et d’autres ordures s’attaque à cet occident sanguinaire qui a massacré les algériens sans faire aucune références à ces 200.000 cadavres récemment enterrés fruit de fanatisme algéro-algérien. Sans faire aucune référence non plus aux génocides perpétrés par les ottomans musulmans en Arménie et la tour des 5.000 crânes espagnoles à Djerba construite par les turcs devant leur forteresse. Les musulmans n’ont jamais été des anges non plus, soyons honnêtes.

Le problèmes des islamistes est qu’ils sont habités par le passé, ils sont gouvernés par les morts, ils rêvent de mourir, et souhaitent la mort à tout le monde… une réalité cauchemardesque et macabre. Ils sont incapables de voir ni d’analyser le présent et le futur, tout est passé et rien que le passé.

Pour cet algérien la France d’aujourd’hui est la même que celle de 1930. Rien n’a changé, il n’y a pas eu de déclaration des Droits de l’Homme, ni la révolution du mai 68, ni la chute de mur de Berlin, ni le 11 septembre, ni le 7 juillet… il n’y a que vengeance, sang et guerre pour effacer les offenses.

Je m’inscris à la culture de la défaite, d’après ses analyses, car cette culture de soi-disant de victoire, ne nous a rendu ni un millimètre de territoire occupé, malgré les séquestration d’avion, les otages de Munich, les Intifada I et II, les kamikazes… seulement et uniquement grâce aux négociations et à la culture de la paix l’Egypte a récupéré la Sinaï entre autres.

Je vois ce barbu méprisable de Daouahiri sur le petit écran qui demande bêtement aux occidentaux de se convertir à l’Islam sinon ils subiront les conséquences. C’est dingue, est-ce qu’il existe une stupidité aussi monstrueuse ? Se convertir ou mourir, vive la religion des islamistes!

L’autre jour les journalistes kidnappés par les boys de Hamas racontaient qu’ils étaient obligés à lire le Coran tout le temps et à se convertir à l’Islam sous la menace des mitraillettes, vive la religion des islamistes!   

Je lis à Tunisnews que la petite cantatrice palestinienne, Mais Chelch, a dû arracher une fetoua de Al Karadhaoui pour pouvoir chanter au Maroc devant un public mixte, car le maître à penser des intégristes du royaume alaouite, Lamine Boukhobza, lui a interdit de chanter à Mekhnès devant les hommes car sa voix est une honte « aoura », elle ne peut chanter que devant les femmes, entre femmes la honte est multiple, mais les hommes seront saints et sauf. D’après ce misérable ma mère, ma femme, mes sœurs et mes professeurs sont des «hontes», la honte n’est que sa pitoyable existence. Ceci augure le futur de la société musulmane dans le concept intégriste : les hommes avec les hommes, les femmes avec les femmes. En Iran il y’a des bus pour les hommes et des bus pour les femmes, un couple ne peut pas voyager ensemble. En Algérie de Ben Hadid il y’a des plages pour les hommes et des plages pour les femmes, des écoles pour les garçons et des écoles pour les jeunes filles… Vive la religion des islamistes!

Quand Les femmes démocrates ont soulevé le problème de l’héritage en Islam, les théoriciens et stratèges de l’intégrisme leur ont sommé par le verset de Coran qui dit que le mâle reçoit le même part que deux femelles. La vache ! Point à la ligne. Fini la discussion. En Islam des intégristes on n’a pas le droit de penser, ni d’analyser, ni de reformer, ni de méditer, ni de créer, ni de juger, ni de critiquer… Tout y’ est, depuis des siècles et il est valable pour le reste de l’existence… Le monde peut changer comme il veut, les mentalités peuvent  se métamorphoser autant qu’elles veulent, les interrogations peuvent défiler jour et nuit… Rien à faire tout y’est, tout est sacré. On peut rester à la marge de l’histoire, la risée des autres cultures, les champions du monde de ridicule… Ça ne fait rien, tant que nous défendons nos reliques et nos aïeux, le reste est dérisoire… Vive la religion des islamistes.   

Ils ont gagné une bataille mais jamais ils ne gagneront la guerre, leur futur est aussi noir que leurs turbans. Déjà les palestiniens en ont assez des discours, ils n’ont pas été payés depuis six mois, ils ont déclaré la grève pour exiger leur droit à la subsistance. Les  libanais ont vécu les conséquences des agissements guerriers des fous d’Allah, les iraniens se préparent à souffrir le même sort, les anglais ont déclaré la tolérance zéro avec les islamistes, rien ne va plus… Vive la religion des islamistes !

BALHA BOUJADI,  le 3 sept.06

balhaboujadi@yahoo.es


 
 

« TELAVIVISION » : DANGER !

Par François Burgat, François Gèze

Depuis le déclenchement des « représailles » israéliennes contre les territoires de l’Autorité palestinienne puis contre le Liban, le spectacle des journaux télévisés des chaînes françaises, publiques comme privées, nourrit un malaise croissant.

Une rhétorique sectaire et simplificatrice criminalise toute résistance – libanaise ou palestinienne – « justifiant » ainsi plus ou moins explicitement, outre l’assassinat de centaines de civils, la destruction sous les bombes de toutes les infrastructures de ces sociétés. En comparaison avec les autres médias européens, en particulier la BBC, ces chaînes françaises apparaissent désormais à une bonne partie du monde francophone – qui s’en détourne irrésistiblement – comme l’instrument d’une désinformation dont la crédibilité politique de la France paiera inévitablement le prix.

Aux rois des non-dits du 20 heures et des « plateaux » qui penchent sous le poids des « philosophes à gages » et autres « experts » auto-proclamés, aux princes des débats à sens inique, aux reines des enquêtes à œillères et des docus menteurs, aux montages qui trichent et qui truquent, aux mages du « 50-50 » (une minute pour les cratères et… une pour les canons) comment dire la rage ressentie devant de telles « informations » ? Comment vous dire : « Assez » ! L’arme des mots nous forge un nouveau nom : vous serez désormais la « TELAVIVISION » !

A la télavivision, on creuse le vieux sillon du sens commun de la haine ordinaire : de Gaza à la banlieue sud de Beyrouth, on stigmatise indistinctement- et aussi aveuglément qu’en leur temps ses pères nationalistes – l’entière génération politique dite « islamiste » tout entière identifiée au « terrorisme ».

À la télavivision, l’histoire religieuse des uns est pourtant la bienvenue à cimenter l’unité d’une nation et de son armée. Mais celle des autres ne produit qu’un « intégrisme » révoltant.

A la télavivision, un homme politique fréquentable n’est donc pas celui qui a su mériter le respect des siens et se faire élire démocratiquement : c’est celui qui se laisse désarmer et se soumet docilement au diktat du pays voisin !

A la télavivision, les centaines de tonnes de bombes américaines qui alimentent les arsenaux israéliens ou la longue tradition européenne de soutien sélectif à certaines « forces libanaises » sont mystérieusement oubliées et les « ingérences étrangères » ne sont plus que « syrienne » ou « iranienne » !

À la télavivision, la nucléarisation parfaitement hypothétique de l’Iran est la « grande menace » de l’heure, mais les kilotonnes, bien réelles, que l’arsenal israélien pointe sur tous ses voisins n’existent pas.

A la télavivision, seuls les guerriers d’un des deux camps ont une famille qui s’inquiète pour eux ! Etc.

En minimisant l’ampleur des cratères creusés par l’autisme guerrier israélien, la télavivision en creuse d’autres, plus profonds encore. Elle les creuse non seulement dans le tissu de nos relations avec le monde mais également au cœur de notre propre société : lorsque l’un des pieds d’une table est autorisé à être insolemment plus haut que les autres, c’est tout le « vivre ensemble » de la communauté internationale, ou nationale, qui peut s’en trouver, à terme, déstabilisé.

Au fur et à mesure que « la seule démocratie du Proche Orient », après avoir jeté en prison ministres et parlementaires de son adversaire, met en œuvre son droit à la « légitime défense » avec le soutien aveugle du pays où trône la statue de « la liberté », les mots piliers sur lesquels reposaient notre monde s’écroulent un à un. Quand comprendra-t-on enfin l’urgence de dépasser cette pernicieuse « télavivision » ?

François Burgat

Politologue, (auteur de L’Islamisme à l’heure d’Al-Qaïda, La Découverte, 2005)

Auteur de  :

L’Islamisme à l’heure d’Al-Qaida (cliquez ici pour vous procurer ce livre sur Amazon), La Découverte, 2005

L’islamisme en face (cliquez ici pour vous procurer ce livre sur Amazon), La Découverte, 2002

L’islamisme au Maghreb (cliquez ici pour vous procurer ce livre sur Amazon), Petite bibliothèque Payot, 1995

(Source : le site français « Oumma.com », le 7 août 2006)

Lien : http://oumma.com/spip.php?article2128


20-26 mars 2006 :

Iran-USA – Déclenchement d’une crise mondiale majeure

Franck Biancheri  (Paris)

Franck Biancheri, 44 ans, est Président de Newropeans, www.newropeans.org , le premier mouvement politique trans-européen qui présentera des listes dans tous les Etats membres de l’Union Européenne lors des élections au Parlement Européen de 2009. Il est par ailleurs l’un des responsables du think-tank Europe 2020, éditorialiste à www.newropeans-magazine.org  , et l’un des pères du programme Erasmus.

Dans les cadres des travaux dont j’ai assuré la coordination, le Laboratoire européen d’anticipation politique Europe 2020 (LEAP/E2020) estime désormais à plus de 80% la probabilité que la semaine du 20 au 26 mars 2006 voie se déclencher la principale crise politique mondiale depuis la chute du Rideau de fer en 1989, accompagnée d’une crise économique et financière d’une ampleur comparable à celle de 1929.

Cette semaine de la fin mars 2006 marquera le point d’inflexion d’évolutions critiques, entraînant une accélération de tous les facteurs conduisant à une crise majeure, même sans intervention militaire américaine ou israélienne contre l’Iran. Dans le cas d’une telle intervention, les probabilités d’une crise majeure, selon LEAP/E2020, atteignent 100%[1].

L’annonce de cet événement résulte de l’analyse de décisions prises par les deux acteurs-clés de la crise internationale principale actuelle que sont les Etats-Unis et l’Iran :

. il s’agit d’une part de la décision iranienne d’ouvrir à Téhéran le 20 Mars 2006 la première bourse pétrolière en euros, ouverte à tous les producteurs de pétrole de la région

. et d’autre part, de la décision de Réserve fédérale américaine d’arrêter à partir du 23 Mars 2006 de publier les chiffres de M3 (l’indicateur le plus fiable sur la quantité de dollars circulant dans le monde[2]).

Ces deux décisions constituent à la fois les indices, les causes et les conséquences de la transition historique en cours entre l’ordre créé après la 2e Guerre mondiale et le nouvel état d’équilibre international en gestation depuis l’effondrement de l’URSS. Leur magnitude comme leur simultanéité vont agir comme un phénomène catalyseur de toutes les tensions, faiblesses et déséquilibres accumulés depuis plus d’une décennie dans le système international.

Les chercheurs et analystes de LEAP/E2020 ont ainsi identifié 7 crises convergentes, que les décisions, américaine et iranienne, de la semaine du 20 au 26 Mars 2006 vont catalyser en crise globale, affectant toute la planète dans les domaines politique, économique et financier, et probablement militaire :

  1. Crise de confiance dans le dollar

  2. Crise des déséquilibres financiers américains

  3. Crise pétrolière

  4. Crise du leadership américain

  5. Crise du monde arabo-musulman

  6. Crise de la gouvernance mondiale

  7. Crise de la gouvernance européenne

L’ouverture par l’Iran d’une bourse pétrolière libellée en euros à la fin de mars 2006 marquera la fin du monopole du dollar sur le marché mondial du pétrole. Le résultat immédiat sera de nature à bouleverser le marché mondial des devises, puisque les pays producteurs pourront désormais utiliser l’euro également pour facturer leur production. Parallèlement, les pays européens en particulier pourront acheter le pétrole directement dans leur devise sans passer par le relais du dollar. Concrètement, dans les deux cas, cela signifie qu’un moins grand nombre d’acteurs économiques auront besoin d’un moins grand nombre de dollars[3]. Cette double évolution s’exercera donc dans le même sens, à savoir celui d’une réduction très significative de l’importance du dollar comme monnaie internationale de réserve, et donc d’un fort affaiblissement, durable, de la devise américaine, en particulier par rapport à l’euro. Les évaluations les plus conservatrices placent l’euro à 1,30 dollar à la fin 2006. Mais si la crise est de l’ampleur qu’anticipe LEAP/E2020, les estimations donnant l’euro à 1,70 dollar en 2007 ne paraissent plus irréalistes.

La suppression de la parution de l’indicateur M3[4] (ainsi que d’autres indicateurs connexes) par la Réserve fédérale américaine, décision fortement critiquée par la communauté des économistes et analystes financiers, aura pour conséquence, à la même date, de rendre invisibles les évolutions du nombre de dollars en circulation dans le monde. On assiste, déjà depuis quelques mois, aux Etats-Unis, à une forte augmentation de M3 (ce qui indique que la « planche à billets » tourne déjà à un régime élevé à Washington) ; or, le nouveau président de la Réserve fédérale, Matt Bernanke, est un adepte déclaré de la « planche à billets »[5]. Comme une forte baisse du dollar se traduira probablement par une vente massive de bons du Trésor américain détenus en Asie, en Europe ou dans les pays producteurs de pétrole, LEAP/E2020 estime que la décision américaine de ne plus publier M3 vise uniquement à cacher le plus longtemps possible deux décisions américaines, en partie imposées par les choix politiques et économiques de ces dernières années[6] :

. la monétarisation de la dette US

. le soutien monétaire à l’activité économique américaine.

… et ceci au moins jusqu’aux élections « mid-term » d’octobre 2006, afin d’éviter une déroute du Parti républicain.

Cette décision illustre également l’impuissance des autorités monétaires et financières américaines et internationales face à une situation qui les conduit à préférer supprimer les indicateurs, plutôt que d’agir sur la réalité.

Outre les atouts géostratégiques de l’Iran dans la crise actuelle, qui notamment lui permettent d’intervenir aisément et avec un impact majeur sur l’approvisionnement pétrolier de l’Asie et de l’Europe (en bloquant le Détroit d’Ormuz), sur les conflits en cours en Irak et en Afghanistan, sans même mentionner le recours éventuel au terrorisme international, le contexte global de défiance envers Washington crée une situation particulièrement problématique. Loin de calmer les craintes éventuelles concernant l’accession de l’Iran au statut de puissance nucléaire, tant en Asie qu’en Europe[7], une intervention militaire contre l’Iran entraînerait une désolidarisation quasi immédiate des opinions publiques européennes, dans un contexte d’absence quasi complète de crédibilité de Washington sur ce type de dossiers depuis l’invasion de l’Irak, qui empêcherait les gouvernements européens de faire autre chose que suivre leurs opinions publiques. Parallèlement, le risque de flambée des cours du pétrole, qui suivrait une telle intervention, conduirait les pays asiatiques, Chine en tête, à s’opposer à une telle option, obligeant dans ce cas les Etats-Unis (ou Israël) à intervenir seuls, sans caution de l’ONU, et ajoutant donc une grave crise militaire et diplomatique à la crise économique et financière.

LEAP/E2020 estime également que ces deux décisions, non officielles, vont entraîner les Etats-Unis et le monde dans une crise monétaire et financière, puis économique, sans précédent à l’échelle planétaire. La monétarisation de la dette américaine est en effet un terme très technique pour décrire une réalité d’une simplicité catastrophique : les Etats-Unis entreprennent de ne pas rembourser leur dette, ou plus exactement de la rembourser en « monnaie de singe ». Et ils anticipent une accélération du processus fin mars en coïncidence avec le lancement de la Bourse iranienne du pétrole, qui ne peut que précipiter les ventes de bons du Trésor US par leurs détenteurs non américains.

A ce propos, il est utile de méditer l’information suivante[8] : la part de la dette du gouvernement américain possédée par les banques américaines est tombée à 1,7% en 2004, alors qu’elle était de 18% en 1982. Parallèlement, la part de cette même dette détenue par les opérateurs étrangers est passée de 17% en 1982 à 49%. Question : comment se fait-il qu’au cours des dernières années, les banques américaines se soient débarrassées de presque toute leur part de la dette publique américaine ?

Parallèlement, afin d’essayer d’éviter en interne l’explosion de la « bulle immobilière », sur laquelle repose l’essentiel de la consommation des ménages américains, et à un moment où le taux d’épargne américain est devenu négatif pour la première fois depuis 1932 et 1933 (au creux de la « Grande dépression »), l’administration Bush, en partenariat avec le nouveau patron de la Fed, adepte de cette approche monétaire, va inonder le marché américain de liquidités.

Pour LEAP/E2020, la conjonction, non accidentelle, des décisions iranienne et américaine marque donc une étape décisive dans le déclenchement d’une crise systémique marquant la fin de l’ordre international tel que constitué après la 2e Guerre mondiale, et se caractérisera notamment d’ici fin 2006 par une chute brutale de la valeur du dollar US (pouvant conduire à 1 euro = 1,70 dollar en 2007) et par une pression à la hausse immense sur l’euro, une hausse importante du prix du pétrole (plus de 100$ le baril), une aggravation de la situation militaire américaine et britannique au Moyen-Orient, une crise budgétaire, financière et économique américaine comparable par son ampleur à celle de 1929, des conséquences économiques et financières très graves pour l’Asie en particulier (et notamment la Chine) mais aussi pour le Royaume-Uni[9], un arrêt brutal du processus économique de globalisation, un effondrement de l’axe transatlantique, et une montée générale connexe de tous les dangers politiques intérieurs et extérieurs sur l’ensemble du globe.

Pour le particulier détenteur de dollars, comme pour l’entreprise transnationale ou les décideurs politiques et administratifs, les conséquences de cette semaine de la fin mars 2006 seront cruciales. Ils impliquent dès aujourd’hui de prendre des décisions difficiles (anticiper une crise est toujours un acte complexe, puisque cela se fonde sur un pari) mais urgentes, car une fois la crise déclenchée, c’est le « sauve-qui-peut » général, et l’échec assuré pour ceux qui auront choisi d’attendre.

Pour les particuliers, le choix s’impose de lui-même : le dollar n’est plus une valeur refuge. La montée vertigineuse de l’or depuis un an prouve d’ailleurs que nombreux sont ceux qui ont anticipé cette évolution de la monnaie américaine.

Pour les entreprises et les gouvernements, en particulier européens, il est désormais urgent d’anticiper cette crise et de mettre en œuvre les mesures stratégiques et opérationnelles qui, si elles sont intégrées dans le processus décisionnel dès aujourd’hui, peuvent permettre d’amortir considérablement le « tsunami monétaire, financier et économique » qui va commencer à déferler sur la planète à la fin du mois prochain. Pour prendre une image simple, qui est d’ailleurs directement issue du scénario d’anticipation politique « USA 2010 »[10], les évènements de la semaine du 20 au 26 mars 2006 vont déclencher une évolution comparable en termes d’impact sur l’ « Occident » tel qu’on le connaît depuis 1945, à celui de la chute du Rideau de fer en 1989 sur le « bloc soviétique ».

Si cette anticipation est si précise, c’est qu’à ce stade des analyses, nous estimons désormais que tous les scénarios envisageables conduisent à une seule et même conclusion : nous approchons collectivement d’un « nœud historique » qui est dorénavant inévitable, quelle que soit l’action des acteurs internationaux ou nationaux. A ce stade, seule une action directe et immédiate de l’administration américaine visant d’une part à empêcher une confrontation militaire avec l’Iran, et d’autre part, à ne pas « monétariser » la dette extérieure des Etats-Unis, pourrait changer le cours des évènements. Pour LEAP/E2020 il est évident que non seulement une telle action ne sera pas entamée par les dirigeants actuels à Washington, mais qu’au contraire ils ont déjà choisi de « forcer le destin » en se défaussant de leurs problèmes économiques et financiers sur le reste du monde. Les gouvernements européens, et en particulier ceux de l’Euroland, doivent en tirer très rapidement les conséquences.


[1] Pour information, la méthode d’anticipation politique de LEAP/E2020 a notamment permis à plusieurs de ses experts d’anticiper (et de publier) : dès 1988, la prochaine fin du Rideau de fer ; dès 1997, l’effondrement progressif de la capacité d’action et la légitimité démocratique du système communautaire ; dès 2002, de prévoir l’enlisement US en Irak et surtout l’effondrement durable de la crédibilité internationale américaine ; dès 2003, d’anticiper l’échec des référendums sur la Constitution européenne. Sa méthodologie d’anticipation des « ruptures systémiques » étant désormais bien établie, il apparaît de notre devoir de chercheurs et de citoyens d’en faire part aux citoyens et aux décideurs européens en particulier ; surtout que pour beaucoup d’acteurs individuels ou collectifs, privés ou publics, il est encore temps d’agir afin de réduire de manière significative l’impact de cette crise sur leurs positions, qu’elles soient économiques, politiques ou financières.

[2] Ces décisions ont été prises il y a déjà plusieurs mois :

. les informations sur la création par le gouvernement iranien d’une bourse pétrolière en euros (http://www.mehrnews.com/en/NewsDetail.aspx ?NewsID=260851 ) ont commencé à être citées par la presse spécialisée dès l’été 2004.

. la Réserve fédérale a annoncé le 10 novembre 2005 qu’elle cesserait de publier les informations concernant M3 à partir du 23 Mars 2006 : http://www.federalreserve.gov/releases/h6/discm3.htm

[3] Il est intéressant de noter en consultant le tableau 13B des statistiques financières de décembre 2005 de la Banque des règlements internationaux intitulé International Bonds and Notes (in billions of US dollars), by currency, qu’à la fin de 2004 (hors Chine), 37,0% des actifs financiers internationaux étaient labellés en dollars US contre 46,8% en euros ; alors qu’en 2000, la proportion était inverse avec 49,6% labellés en dollars US et seulement 30,1% en euros. Cela indique que les décisions de fin mars 2006 ne vont faire qu’accélérer une tendance de fuite hors du dollar qui est déjà en cours.

[4] Les agrégats monétaires (M1, M2, M3, M4) sont des indicateurs statistiques économiques. M0 est la valeur d’une monnaie, en l’occurrence le Dollar, qui existe sous forme de billets et de pièces. M1 représente M0 plus les comptes bancaires dans cette monnaie. M2 est constitué de M1 plus les dépôts d’épargne et les certificats de dépôts (CD) inférieur à 100.000$. M3 comprend M2 plus les dépôts à terme au sens large (réserves d’eurodollars, instruments financiers plus importants ainsi que la plupart des réserves des pays non-européens) de 100 000 dollars ou plus. L’élément décisif, c’est donc qu’avec la fin de la publication de M3 par la Réserve fédérale américaine, le monde entier perdra toute visibilité sur la valeur des réserves en dollars par les autres pays et les institutions financières majeures.

[5] Voir son discours éloquent sur ce sujet devant le Club des économistes à Washington DC en Novembre 2002 (http://www.federalreserve.gov/boarddocs/speeches/2002/20021121/default.htm )

[6] L’évolution prévisible des taux d’intérêts aux Etats-Unis et dans la zone Euro indique d’ailleurs que la hausse des taux d’intérêts américains est en phase finale alors qu’elle commence dans la zone Euro. Cela réduira d’autant l’attractivité du dollar par rapport à l’euro. Il faut noter que l’évolution à la hausse du dollar en 2005 a été essentiellement nourrie par ce différentiel de taux d’intérêts favorable au dollar, et par la loi de rapatriement des avoirs américains à l’étranger (valable uniquement pour une année) qui a fait revenir plus de 200 milliards $ aux Etats-Unis au cours de l’année 2005 (source : CNNmoney.com http://money.cnn.com/2005/10/05/news/economy/jobs_overseas_profits ).

[7] Et en ce qui concerne l’Europe, LEAP/E2020 souligne que les gouvernements européens ne sont plus en phase avec leurs opinions publiques sur les grands sujets, en particulier concernant l’intérêt collectif européen. Le GlobalEuromètre de janvier 2006 souligne d’ailleurs très bien cette situation avec un indice TIDE-Légitimité à 8% (qui indique que pour 92% des sondés les dirigeants de l’UE ne représentent pas leurs intérêts collectifs) et un indice TIDE-Action à 24% (qui indique que moins d’un sondé sur quatre pense que les dirigeants européens sont capables de traduire leurs décisions en actions concrètes). Selon LEAP/E2020, les déclarations publiques de soutien à Washington venues de Paris, Berlin ou Londres ne doivent pas cacher le fait que les Européens se désolidariseront très vite des Etats-Unis en cas d’attaque militaire.

[8] (source  : Bond Market Association, Holders of Treasury Securities : Estimated Ownership of U.S. Public Debt Securities ; http://www.dailykos.com/story/2006/1/28/122315/558 )

[9] Le Royaume-Uni est en effet détenteur de près de 3000 milliards de créances en $, soit près du triple de pays comme la France ou le Japon. (source Banque des Règlements Internationaux, Table 9A, Consolidated Claims of Reporting Banks on Individual Countries )

[10] Cf. GlobalEurope Anticipation Bulletin N°1 (Janvier 2006)

(Source : Article publié sur « Agoravox.com » le 20 février 2006)

Lien : http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=7187


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