3 juillet 2007

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TUNISNEWS
8 ème année, N° 2597 du 03.07.2007

 archives : www.tunisnews.net


 Amnesty International: Action Urgente concernant deux tunisiens détenus à Guantanamo AFP:Tunisie: les avocats élisent un opposant à la tête de la profession  Le Temps :Elu au deuxième tour face à son concurrent Me Dhrif:Me Béchir Essid nouveau Bâtonnier  Nader Ben Slama: Tarak MEKKI mérite le soutien  Le Temps :Les mauvaises habitudes ont la peau dure !  Le Temps :Risque de détérioration du littoral à Nabeul AP: Un voleur (tunisien…) trompé par des téléphones factices ATS: Genève: un tunisien frappe ses voisins avec une batte de baseball AFP: L’UE veut demander les données des passagers aériens, comme les Etats-Unis AFP: En Grèce, des vidéos lèvent le voile sur les violences policières Paul Bacquist:L’idée républicaine dans le monde arabe


Amnesty

International

 

 

Groupe de la Côte         

Case postale

CH-1260 Nyon

                                                                                               

ACTION URGENTE                                            le 3 juillet 2007

 

 

Chers et chères membres et ami-e-s,

 

Voici une nouvelle action qui concerne deux tunisiens détenus à Guantanamo qui ont été transférés dans leur pays d’origine, le 19 juin dernier.

Ce sont Monsieur Abdellah Ben Omar al Hajji, âgé de 51 ans et de Monsieur Lufti Ben Swei Lagha âgé de 38 ans. Depuis le 19 juin, Amnesty International n’a plus aucune information concernant Monsieur Lutfi Ben Swei Lagha, qui n’a pas été représenté par un avocat lors de sa détention à Guantanamo et a appris par l’avocat de Monsieur Abdellah Ben Omar al Hajji que celui-ci n’a été informé que le 19 juin du transfert de son client. Il n’a pu rencontrer celui-ci qu’une seule fois au cours de sa détention à Guantanamo, depuis août 2002. Lors de cet entretien, Monsieur Adellah Ben Omar al Hajji lui avait fait part de sa grande crainte d’être renvoyé de force en Tunisie.

Amnesty craint fortement que ces deux personnes soient torturées ou soumis à d’autres formes de mauvais traitements.

Vous trouvez ci-joint une lettre adressée au Ministre de l’Intérieur tunisien :

Courrier électronique : mint@ministeres.tn et le fax 00216 71 340 888

et une lettre au Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme tunisien :

Courrier électronique mju@ministeres.tn et le fax 00216 71 568 106

Ainsi qu’une lettre adressée aux autorités américaines :

la 1ère : à la Secrétaire d’Etat américaine:

Fax 001202 261 8577 courrier électronique Secretary@state.gov

La 2ème : au Ministre américain de la Défense: Fax 001 703 697 8339

Pour les lettres au gouvernement tunisien, copies à:

Ambassade de la République de Tunisie, Kirchenfeldstrasse 63, 3005 Berne, fax 031 351 04 45

Pour les lettres au gouvernement américain, copies à :

Ambassade des Etats-Unis, Jubiläumsstrasse 93, Case postale, 3001 Berne, fax 031 357 73 44

 

Merci de votre précieuse collaboration, meilleures salutations et bon été ensoleillé!

Pour le groupe :

Marlyse Allenbach, Grand Rue 46, 1297 Founex

Tél : 022.776.10.18 Fax : 022.776.73.84: m.allenbach@safemail.ch

 

 

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                                                                                                Monsieur Bechir Tekkari

                                                                                                Ministre de la Justice

                                                                                                et des Droits de l’Homme

                                                                                                31, avenue Bab Benat

                                                                                                1006 Tunis, La Kasbah

                                                                                               Tunisie

 

 

 

Le

 

 

 

Monsieur le Ministre,

 

Le 17 juin dernier, les Etats-Unis ont transféré, aux autorités de votre pays deux de vos citoyens, Monsieur Abdellah Ben Omar al Hajji et Monsieur Lutfi Ben Swei Lagha. Ils étaient détenus à Guantanamo Bay, l’un d’entre eux depuis août 2002

 

Depuis le 19 juin, date à laquelle le ministère américain de la Défense a annoncé publiquement le transfert de ces deux personnes, plus aucune information n’a été communiquée à leur sujet.

 

C’est pourquoi, je me permets de m’adresser à vous, Monsieur le Ministre, et de vous demander d’intervenir d’urgence pour que des informations soient données à qui de droit sur le lieu où se trouvent Monsieur Monsieur Abdellah Ben Omar al Hajji et Monsieur Lutfi Ben Swei Lagha. Il est de votre devoir d’intervenir, afin de faire appliquer la loi et pour que ces deux personnes puissent sans délai consulter un avocat.

 

Vu qu’ils sont détenus au secret, je me préoccupe au plus haut point de leur état de santé et vous demande également de donner des instructions afin que Monsieur Abdellah Ben Omar al Hajji et Monsieur Lutfi Ben Swei Lagha soient traités dans le plus grand respect du droit et des normes en vigueur au niveau international; si leur état physique présente un danger pour leur santé, ils doivent recevoir immédiatement des soins médicaux.

 

Il est également de première importance que Monsieur Abdellah Ben Omar al Hajji et Monsieur Lutfi Ben Swei Lagha soient jugés dans le cadre d’un procès équitable devant un tribunal civil de droit commun, conformément aux normes internationales d’équité des procès, et si aucun chef d’accusation ne peut être retenu contre eux, qu’ils soient libérés immédiatement et sans condition.

 

Vous remerciant par avance de l’attention que vous allez porter à ma demande, je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, à l’assurance de ma haute considération.

  

 

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The Honorable Condoleezza Rice

                                                                                               Secretary of State

                                                                                               Department of State

                                                                                               2201 C Street

                                                                                               N.W.

                                                                                               Washington DC 20520

                                                                                               Etats-Unis

                                                                                              

                                                                                              

Le          

 

 

 

Madame la Secrétaire d’Etat,

 

Le 17 juin dernier, votre gouvernement a renvoyé de force deux détenus de Guantanamo Bay,  Monsieur Abdellah Ben Omar al Hajji, âgé de 51 ans, et Monsieur Lutfi Ben Swei Lagha, âgé de 38 ans, dans leur pays d’origine, la Tunisie, ceci en totale violation de vos obligations au regard du droit international. En outre, dans le dernier rapport du Département d’Etat sur la situation des droits humains dans les autres pays, publié en mars 2007, le chapitre consacré à la Tunisie disait:

«  Des agents des forces de sécurité ont torturé et maltraité des détenus. Les autorités ont arrêté et détenu arbitrairement des personnes. La détention prolongée au secret et avant les procès demeurait un problème préoccupant ».

 

De plus, le fait que vos autorités aient détenu ces hommes de manière prolongée et les aient qualifié de « combattants ennemis » les expose tout particulièrement à des représailles et à subir toutes sortes de violations de leurs droits humains.

 

Au vu de la situation très préoccupante de ces deux personnes, je vous demande instamment de faire en sorte qu’un terme soit mis aux transferts de détenus. Les rapports du Département d’Etat doivent vous inciter à ne plus laisser livrer des êtres humains dans des pays où ils risquent d’être torturés ou victimes d’autres graves violations des droits humains.

 

Pour terminer, j’aimerais vous rendre attentive au fait que les assurances diplomatiques ne sont par nature ni fiables ni contrôlables et qu’il serait primordial de cesser de se fier à celles-ci dans de tels cas.

 

Vous remerciant par avance de l’attention que vous allez porter à ma lettre, je vous prie de croire, Madame la Secrétaire d’Etat, à l’assurance de ma haute considération.

 

 

 

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The Honorable Robert Gates

                                                                                               Secretary of Defense

                                                                                               1000 Defense Pentagon

                                                                                               Washington DC 20301

                                                                                               Etats-Unis

                                                                                           

Le          

 

 

 

Monsieur le Ministre,

 

Le 17 juin dernier, votre gouvernement a renvoyé de force deux détenus de Guantanamo Bay,  Monsieur Abdellah Ben Omar al Hajji, âgé de 51 ans, et Monsieur Lutfi Ben Swei Lagha, âgé de 38 ans, dans leur pays d’origine, la Tunisie, ceci en totale violation de vos obligations au regard du droit international. En outre, dans le dernier rapport du Département d’Etat sur la situation des droits humains dans les autres pays, publié en mars 2007, le chapitre consacré à la Tunisie disait:

«  Des agents des forces de sécurité ont torturé et maltraité des détenus. Les autorités ont arrêté et détenu arbitrairement des personnes. La détention prolongée au secret et avant les procès demeurait un problème préoccupant ».

 

De plus, le fait que vos autorités aient détenu ces hommes de manière prolongée et les aient qualifié de « combattants ennemis » les expose tout particulièrement à des représailles et à subir toutes sortes de violations de leurs droits humains.

 

Au vu de la situation très préoccupante de ces deux personnes, je vous demande instamment de faire en sorte qu’un terme soit mis aux transferts de détenus. Les rapports du Département d’Etat doivent vous inciter à ne plus laisser livrer des êtres humains dans des pays où ils risquent d’être torturés ou victimes d’autres graves violations des droits humains.

 

Pour terminer, j’aimerais vous rendre attentif au fait que les assurances diplomatiques ne sont par nature ni fiables ni contrôlables et qu’il serait primordial de cesser de se fier à celles-ci dans de tels cas.

 

Vous remerciant par avance de l’attention que vous allez porter à ma lettre, je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, à l’assurance de ma haute considération.

 

 

—————————– 

 

 

 

 

                                                                                               Monsieur Rafik Belhaj Kacem

                                                                                               Ministre de l’Intérieur

                                                                                               et du Développement Local

                                                                                               Ministère de l’Intérieur

                                                                                               Avenue Habib Bourghiba

                                                                                               1000 TUNIS

                                                                                               TUNISIE

 

 

 

Le

 

 

 

Monsieur le Ministre,

 

Le 17 juin dernier, les Etats-Unis ont transféré, aux autorités de votre pays deux de vos citoyens, Monsieur Abdellah Ben Omar al Hajji et Monsieur Lutfi Ben Swei Lagha. Ils étaient détenus à Guantanamo Bay, l’un d’entre eux depuis août 2002

 

Depuis le 19 juin, date à laquelle le ministère américain de la Défense a annoncé publiquement le transfert de ces deux personnes, plus aucune information n’a été communiquée à leur sujet.

 

C’est pourquoi, je me permets de m’adresser à vous, Monsieur le Ministre, et de vous demander d’intervenir d’urgence pour que des informations soient données à qui de droit sur le lieu où se trouvent Monsieur Monsieur Abdellah Ben Omar al Hajji et Monsieur Lutfi Ben Swei Lagha. Il est de votre devoir d’intervenir, afin de faire appliquer la loi et pour que ces deux personnes puissent sans délai consulter un avocat.

 

Vu qu’ils sont détenus au secret, je me préoccupe au plus haut point de leur état de santé et vous demande également de donner des instructions afin que Monsieur Abdellah Ben Omar al Hajji et Monsieur Lutfi Ben Swei Lagha soient traités dans le plus grand respect du droit et des normes en vigueur au niveau international; si leur état physique présente un danger pour leur santé, ils doivent recevoir immédiatement des soins médicaux.

 

Il est également de première importance que Monsieur Abdellah Ben Omar al Hajji et Monsieur Lutfi Ben Swei Lagha soient jugés dans le cadre d’un procès équitable devant un tribunal civil de droit commun, conformément aux normes internationales d’équité des procès, et si aucun chef d’accusation ne peut être retenu contre eux, qu’ils soient libérés immédiatement et sans condition.

 

Vous remerciant par avance de l’attention que vous allez porter à ma demande, je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, à l’assurance de ma haute considération.

 

 


Tunisie: les avocats élisent un opposant à la tête de la profession
AFP, le 2 juillet 2007 à 18h37 TUNIS, 2 juil 2007 (AFP) – L’avocat tunisien opposant et défenseur des droits de l’homme Béchir Essid a été largement élu pour trois ans président du Conseil de l’Ordre national des avocats tunisiens (CONA), a-t-on appris lundi auprès de la profession à Tunis. Elu à un second tour de scrutin avec 1.193 voix, Me Essid, 65 ans, a devancé de 108 voix son principal concurrent l’avocat Charfeddine Dhérif, un candidat qualifié de « proche du pouvoir » par la presse. Parmi les dix candidats à l’élection du bâtonnier figurait pour la première fois une femme: Me Radia Nasraoui, militante des droits de l’homme et épouse de Hamma Hammami, chef d’une formation interdite d’extrême gauche. Le nouveau bâtonnier succédera à Abdessattar Ben Moussa, un modéré dont le mandat a été marqué par des rapports souvent conflictuels avec le ministère de la Justice. Me Essid, dont ce sera le deuxième mandat après avoir été bâtonnier en 2001, est membre actif de la ligue tunisienne pour la défense des droits de l’homme et d’Amnesty international. Il a plaidé dans la plupart des procès d’opposants. Ancien prisonnier et opposant de tendance « nationaliste », Me Essid a eu des relations tendues avec le pouvoir durant son premier mandat. Il avait été l’objet de poursuites à la suite d’une grève des avocats. Plus de la moitié des 5.000 avocats inscrits ont participé aux opérations de vote organisées depuis dimanche, et devaient désigner lundi les sept membres siégeant au CONA. AFP

 
Elu au deuxième tour face à son concurrent Me Dhrif

Me Béchir Essid nouveau Bâtonnier

 
Me Béchir Essid a été élu dimanche tard dans la nuit Bâtonnier pour un mandat de 3 ans. Il a fait face au deuxième tour à Me Charfeddine Dhrif. Au premier tour les deux candidats arrivés en tête ont obtenu respectivement 796 voix et 698. Au deuxième tour Me Essid a obtenu 1193 voix et Me Dhrif 1085. L’écart de 108 voix entre les deux candidats s’explique apparemment par le vote massif des avocats  » mécontents  » notamment des jeunes et par un report partiel des voix en faveur de Me Dhrif. Rappelons qu’en 2004, l’écart entre Me Abdessatar Ben Moussa et Me Essid n’était que de 27 voix. Au cours du dépouillement des voix au premier tour qui s’est fait, urne après urne, celles des avocats votants inscrits auprès de la cour de cassation, puis celles des inscrits auprès de la cour d’appel et enfin celle des stagiaires, on a constaté qu’au début Me Dhrif dépassait Me Essid d’une centaine de voix, l’écart régressait ensuite quand le dépouillement se faisait pour les urnes concernant les inscrits auprès de la cour d’appel. Puis cet écart se renversait en faveur de Me Essid quand le dépouillement se faisait pour les bulletins du vote des avocats stagiaires. Une fois les résultats annoncés Me Essid a déclaré  » je suis le Bâtonnier de tous les avocats toutes sensibilités confondues  » Me Essid avait occupé ce poste de 2001 à 2004. Néjib SASSI (Source : « Le Temps » (Quotidien – Tunis), le 3 juillet 2007)

Déclaration de Me Essid au Temps : « Pour le rétablissement d’un dialogue profond, objectif, global et sans surenchères »

 
 » Il est impératif de rétablir le dialogue profond, objectif et global avec toutes les instances officielles et ce, dans l’objectif de reformer l’avocatie, de réaliser les revendications des avocats surtout pour les questions prioritaires telles que l’assurance maladie, l’élargissement du champ d’intervention de l’avocat, l’amélioration de la situation matérielle de l’avocat, la reforme de la situation des jeunes avocats et surtout celle des stagiaires dans ses aspects matériels et moraux, je saisis cette occasion pour tranquilliser tout le monde car le dialogue est ma conviction et la négociation est ma méthodologie et ce, sans délaisser les revendications fondamentales des avocats, avec détermination, sans surenchères et dans le cadre de la rationalité, de la transparence, de la modération et de l’objectivité.  » Propos recueillis par N.S (Source : « Le Temps » (Quotidien – Tunis), le 3 juillet 2007)

Les à-côtés des élections Minuit

 
Bien que la proclamation officielle des résultats ait été faite à minuit, la salle fut archicomble. Des centaines d’avocats ont été présents à l’hôtel El Mechtel à Tunis jusqu’à la fin de l’Assemblée Générale élective. Les halls du 1er étage et du rez-de-chaussée de l’hôtel étaient pleins d’avocats qui suivaient dans le calme l’opération de dépouillement, que ce soit dans la salle ou à travers des écrans placés dans divers coins de l’hôtel. Assiduité Malgré le retard enregistré dans le dépouillement du premier tour et qui a fait que le deuxième tour n’a commencé qu’après 19 heures, le taux de participation n’a pas baissé sensiblement. 2287 avocats ont participé au 2ème tour alors qu’ils étaient 2663 au 1er tour. Moins de 15 % des avocats présents ont préféré rentrer chez eux. Il s’agit notamment des avocats de l’intérieur de la République. Dépouillement Le comité organisationnel de l’Assemblée Générale a réuni les candidats à la fin du vote du premier tour pour s’entendre sur les modalités de dépouillement. Certains se sont opposés à un dépouillement séparé pour chacun des trois bureaux de vote. Il a été alors décidé de faire le dépouillement en public et dans la grande salle. Trois bureaux de vote L’opération de vote a été effectuée dans trois bureaux. Un premier bureau a été réservé aux avocats stagiaires. Un deuxième a été consacré aux avocats d’appel. Un troisième bureau a été chargé des avocats en cassation. Les résultats du 2ème tour ont montré que le collège de la cassation a été favorable à Me Charfeddine Dhrif alors que les collèges des stagiaires et de l’appel ont renversé la tendance en faveur de Me Béchir Essid. Recueillis par Mourad SELLAMI (Source : « Le Temps » (Quotidien – Tunis), le 3 juillet 2007)


 

Un voleur (tunisien…) trompé par des téléphones factices

Associated Press, le 2 juillet 2007 à 17h11
Genève (AP) Un voleur de téléphones mobiles a fait « chou blanc » dans un magasin du quartier de Plainpalais, à Genève. Ce Tunisien de 34 ans a brisé la vitrine du commerce dans la nuit de samedi à dimanche et s’est emparé de 21 téléphones de démonstration inutilisables. Il a été interpellé par la police une trentaine de mètres plus loin. Les gendarmes ont remarqué qu’il portait des traces de coupures sur les deux avant-bras et à une épaule, a précisé lundi la police genevoise. Un chien de police a remonté la piste depuis le lieu de son interpellation jusqu’au magasin cambriolé.
Associated Press

 

Genève: un tunisien frappe ses voisins avec une batte de baseball

ATS, le 3 juillet 2007 à16h59
Genève (ats) Un Tunisien de 42 ans a été interpellé mardi par la  police genevoise pour avoir battu ses voisins, un mari et sa femme,  à coups de batte de baseball. Il reprochait au couple de faire trop de bruit. L’époux a été violemment frappé à la tête et se trouve en  état semi-comateux.. Les protagonistes se sont croisés dans l’immeuble lundi vers  21h30, indique la police genevoise. Le Tunisien a accusé ses  voisins de faire du bruit, notamment entre 05h00 et 06h00, lorsque l’époux se prépare à aller travailler. Le ton est monté et le  couple a menacé d’appeler la police. Leur voisin a alors saisi une batte de baseball avant d’asséner  un violent coup sur la tête du mari. Il a aussi frappé la femme,  qui a reçu des coups sur les bras. Le fils du couple a alerté la police. L’époux est soigné à l’hôpital. L’irascible voisin a été prévenu d’agression et de lésions corporelles graves. (Source: www.romandie.com, le 3 juillet 2007)

OPINION

Tarak MEKKI mérite le soutien

 
Il y a quelques mois, j’ai trouvé par hasard le site de Tarak MEKKI www.tunisiedeuxiemerepublique.org. En parcourant le site très brièvement, j’ai vu une initiative intéressante mais solitaire d’un exilé au Canada, un pays développé et lointain, mais accueille une forte présence d’immigrés tunisiens, majoritairement jeunes et hautement qualifiés. J’ai « zappé » le site sans y faire attention. Mon intérêt a augmenté quant j’ai visionné récemment ses discours sur Daily Motion (http://www.dailymotion.com/zebra333). J’ai trouvé son programme cohérent et très réaliste, mais surtout que c’est une initiative purement Tunisienne et coupé de la culture du régime. Mon attention, s’est focalisé sur sa proposition pour l’alternance du pouvoir, sous l’égide de l’ONU et avec l’aide de pays démocratique comme le suède. J’étais un peu choqué par la proposition d’un mandat de 4 ans renouvelable deux fois. Je m’attendais à deux mandants de 5 ans, la norme presque internationale. Je me suis pressé de créer une page sur wiki (http://fr.wikipedia.org/wiki/Tarek_Mekki), que par ailleurs, j’invite tous ceux qui sont en possession d’informations fiables et neutres à l’enrichir. J’ai eu une bonne impression sur sa façon de communiquer, que lecteur assidu a jugé populiste. Certes, mais pas vulgaire ou imprégné de langue de bois qui caractérise le discours du régime. Je ne sais pas s’il exerce le métier enseignant ou autre fonction, mais je pense qu’il a l’aura d’assumer la présidence, jusqu’à la tenue d’élection présidentielle libre en Tunisie. En tout cas, mieux que l’hériter légitime du régime Fouad Mbazza. Outre sa proposition d’insister sur le démantèlement de la justice partisane et corrompue, j’aurais proposé d’insister aussi sur la dissolution immédiate de toutes les structures du RCD et ses satellites, qui n’ont aucune crédibilité, et l’instauration du bipartisme comme dans tous les pays modernes pour éviter l’éparpillement des énergies entre plusieurs parties incapables de moderniser la vie politique. Enfin, j’ai consulté aujourd’hui le site de la Presse de Tunisie (http://www.lapresse.tn/images/news/52631), il n’y avait pas d’activité présidentielle, mais la photo du dictateur était notoirement rajeunie signe évident que la dictature passe par une phase très difficile et terminale. Comme je l’ai déjà dit, aucun homme ne peut gouverner les tunisiens du 21 ième sciècle sans être élu démocratiquement. Il est temps que les 0,01 % des tunisiens « SABABA » se taisent et prennent leur retraite. A Suivre… 3 juillet 2007 Nader Ben Slama naderbenslama@yahoo.fr


 

Les mauvaises habitudes ont la peau dure !

 
Mohamed Sahbi RAMMAH Certaines gens nous reprocheraient à coup sûr le choix de cette approche, par trop cru à leur goût ! Mais la vulgarité écœurante de certaines attitudes et manœuvres ayant atteint un tel point de banalisation, qu’on a fini, à force de les côtoyer à tout bout de champs, de les « adopter », de ne plus s’en offusquer ! Est-ce à dire qu’on les cautionne ; notre silence et notre manque de réaction, de guerre lasse, à l’endroit des coupables sont-ils perçus comme un assentiment tacite ? Les encouragent-ils à persévérer dans la même voie d’irrespect manifeste et criard vis-à-vis de leur entourage ? Ne sommes-nous pas quelque part responsables et donc hautement blâmables de la prolifération de ces gestes nauséeux en public ? Malheureusement, les exemples ne manquent pas, et nous sollicitons l’indulgence des âmes sensibles à en citer quelques-uns dans le dessein avoué de réveiller les contrevenants de leur torpeur afin qu’ils prennent conscience des désagréments qu’ils causent à autrui, actes que personne n’ose directement réprouver par peur ou tout simplement par gêne et manque d’audace : -Vous êtes à table à prendre tranquillement votre déjeuner dans un restaurant et votre voisin de sortir un rot à réveiller un comateux stade 4 de son coma dépassé, par cette éructation tonitruante. Contre toute attente, la personne en question manifeste alors son bien-être, sa béatitude… « Il déguste » selon ses dires et n’en a cure des réactions réprobatrices et répétitives de son entourage ! -Dans un moyen de transport public, bus, train, métro, voiture de louage, les émanations et effluves nauséabondes de certains voyageurs ayant par trop honoré au préalable un imposant bol de « Lablabi » généreusement arrosé par une « Gazouza », vous donnent la folle envie de descendre en marche et de parcourir le restant du trajet à pied. -Un médecin jure ses grands dieux qu’il lui arrive plusieurs fois par jour de retenir sa respiration, de rester en apnée lors de l’examen de certains patients ; et de faire semblant de chercher une bricole dans le bureau à côté, histoire de respirer un bon coup avant de revenir auprès du malade terminer ses investigations et explorations médicales. -Un tic habituel que d’aucuns pratiquent sans retenue alors qu’ils sont en pleine discussion avec un interlocuteur qui reste sidéré, en voyant son vis-à-vis explorer consciencieusement ses oreilles avant d’examiner longuement et avec minutie les trésors ramenés pour finalement s’en débarrasser à grand regret, en secouant discrètement l’index au début, puis énergiquement la main, l’avant-bras à la fin de la manœuvre ! -Le nez est le second site de la sphère ORL à être visité avec une application et une délectation manifestement apparentes, palpables. Il est soumis à un curage en règle n’épargnant aucun recoin, allant aux fins fonds des cavités nasales ! Suivi du même rituel pour se défaire des détritus gluants et visqueux ayant collé aux doigts ! -Pour ne pas être en reste, la cavité buccale est, à son tour, sollicitée ; des bouches grandes ouvertes pour permettre le passage de plus d’un doigt à s’évertuer à ramener des débris alimentaires restés coincés entre les molaires. -En pleine canicule, vous êtes contraint au bureau ou ailleurs à supporter en plus de la chaleur suffocante, l’odeur rance et âcre se dégageant des aisselles de certains collègues qui vous cause des picotements aux yeux. Des fois, le mélange sueurs-déodorants est suffocant, car on a pris le soin de vaporiser le produit sans s’être au préalable lavé correctement. -Sans oublier ces scènes quotidiennes dans la rue, de piétons vacant à leurs besoins et s’arrêtant au beau milieu de la chaussée pour se frotter avec ténacité, recto verso leurs régions sensibles sans s’en formaliser outre mesure. -Le tabac étant en plein essor, il est normal que la toux soit là où vous allez ; une toux grasse que les toubibs qualifient d’émétisante car génératrice de continuelles excrétions bronchiques. Et le plus naturellement du monde, ces crachats sont évacués en grandes pompes et ornent ostensiblement nos rues, escaliers des administrations, voire salles de spectacles et autres. -En voiture, les occupants du véhicule qui vous précède ne cessent chemin faisant de déverser à travers les vitres abaissées des portières, papiers d’emballage de sandwichs, écorces de fruits pelés, canettes de bière, et les plus éméchés, des bouteilles qu’on a pris le soin de vider auparavant… Nous pouvons continuer sur notre lancée, et énumérer moult autres cas tout aussi désolants, mais le but de notre article est surtout d’attirer l’attention, de tirer le signal d’alarme, de dire stop aux fautifs pour qu’ils mettent fin à leurs dépassements répréhensibles, scandaleux et nuisibles. Serions-nous entendus ? (Source : « Le Temps » (Quotidien – Tunis), le 3 juillet 2007)

Courrier des lecteurs Risque de détérioration du littoral à Nabeul

 
Il est urgent que les services concernés par l’érosion du littoral viennent faire un constat à la résidence les Mimosas où la plage et le sable ont totalement disparus. Je viens donc demander si l’existence de 15 puits et 6 piscines ne sont pas des facteurs qui influent sur l’érosion du littoral sachant que cette zone est classée rouge, c’est à dire archéologique touristique, urbaine, en plus une station de pompage s’y trouve laissant apparaître des regards en béton à hauteur d’homme, jadis enfouis sous le sable de la plage qui hélas n’existe plus. D’autre part je sais que pour bénéficier d’un puits en zone agricole, il faut avoir 1 hectare, ayant déposé comme il se doit plusieurs lettres signalant cette situation au bureau d’ordre de la municipalité de Nabeul, il m’a été répondu que cette situation ne les concernait pas pourtant ce sont des piscines enterrées et en béton relevant du génie civil, donc ma question est : qui ? ou quel ministère est habilité à délivrer les autorisations pour ces puits et piscines ? ou alors chaque propriétaire de maison au bord de mer peut à sa guise creuser puits et piscines là où bon lui semble, sans tenir compte d’aucune règle élémentaire, savoir, superficie suffisante, étanchéité, évacuation d’eau, bruit généré par le moteur du filtre et du puits, voisinage. Pour ma part et en ce qui me concerne directement, dans un périmètre de 700 m2, il y a 3 puits et 2 piscines dont le contenu est régulièrement vidé dans le jardin, causant ainsi de sérieux dommages aux fondations de mon habitation par affaissement du terrain. Franchement, habiter à deux pas de la mer et posséder puits et piscines c’est participer activement et sûrement à la détérioration du littoral, sans compter tout ce gaspillage d’eau. Plusieurs lettres remises à la municipalité : 11 septembre 2006, 15 septembre 2006, 11 décembre 2006, 16 mai 2007, 5 mars 2007, lettre au CRDA 11 mars 1999. W. Ben Abdessalem Mrazga, Nabeul (Source : « Le Temps » (Quotidien – Tunis), le 3 juillet 2007)


L’UE veut demander les données des passagers aériens, comme les Etats-Unis

AFP, le 3 juillet 2007 à 14h24
BRUXELLES, 3 juil 2007 (AFP) – La Commission européenne proposera en octobre que les 27 se dotent chacun d’un système de stockage des données des passagers aériens (dites PNR) arrivant chez eux, comme aux Etats-Unis, afin de lutter contre le terrorisme. « Nous avons besoin d’un PNR européen. La plupart des complots terroristes impliquent des personnes qui sont nées ici (en Europe) et se sont radicalisées, et ont fait des allers-retours vers d’autres parties du monde », a expliqué le commissaire à la Justice, Franco Frattini, dans une conférence de presse quelques jours après les attentats ratés au Royaume-Uni. Les Etats-Unis, qui exigent ces transferts de données des Européens depuis 2003 – dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001 – viennent d’obtenir des 27 de pouvoir garder pendant quinze ans certaines données des passagers aériens: adresse du voyageur, numéro de téléphone ou de carte de crédit, itinéraire, etc. Les compagnies aériennes doivent transmettre 72 heures avant le décollage ces données, exploitables par les agences de sécurité américaines. M. Frattini entend mettre sur la table des 27 une proposition législative « qui permettra à chaque Etat membre d’établir un centre national PNR et d’échanger ces informations ». S’il n’est pas rentré dans les détails, M. Frattini a laissé entendre que le système fonctionnerait pour les vols qui viendraient de l’extérieur de l’espace sans contrôle aux frontières Schengen (auquel participent actuellement 13 pays de l’UE plus Norvège et Islande) et il a jugé préférable qu’un centre informatique national PNR soit obligatoirement installé dans chaque Etat membre. « Certains Etats membres ont indiqué que leur pays n’était pas une destination dangereuse. Mais nous avons un espace de libre circulation et ce pays pourrait devenir la porte d’entrée de personnes dangereuses », a-t-il souligné. AFP

En Grèce, des vidéos lèvent le voile sur les violences policières

AFP, le 3 juillet 2007 à 06h17
Par John HADOULIS ATHENES, 27 juin 2007 (AFP) – Plusieurs cas de brutalités policières capturées en vidéo par téléphones portables puis diffusées sur internet ont récemment scandalisé la Grèce, obligeant les autorités à réagir à un phénomène qu’ils préfèrent habituellement passer sous silence. L’affaire la plus grave a éclaté le 16 juin, lorsque est apparue sur la Toile une vidéo montrant deux jeunes immigrés en garde à vue, terrorisés, battus et forcés de se gifler mutuellement pendant de longues minutes. Le film avait été pris par un autre fonctionnaire et a circulé pendant un an au sein de la police grecque avant d’atterrir sur internet. Quelques jours plus tard, une vidéo montrant un immigré asiatique passé à tabac par des policiers était diffusée par la chaîne de télévision Alpha, tandis que le journal To Vima révélait l’existence d’une autre vidéo montrant des prostituées contraintes d’exécuter un strip-tease pour éviter une arrestation. Dans les deux cas, ces images avaient aussi été tournées par des policiers. Pressé de questions devant le Parlement, le ministre de l’Ordre public, Vyron Polydoras, a promis de punir les auteurs de tels actes tout en affirmant qu’il s’agissait de cas isolés. « Notre police est parmi les meilleures du monde (…) C’est une force qui rassemble 55.000 personnes. Quelle unité de cette taille ne compte pas de délinquants? », a-t-il lancé. Dans l’affaire de la première vidéo, sept policiers ont été poursuivis pour violences et cinq d’entre-eux ont été suspendus, dont le chef du commissariat d’Omonia, quartier du centre d’Athènes où ont eu lieu les faits. Mais dans un pays encore marqué par les exactions de la dictature des Colonels (1967-1974), cette série d’incidents illustre un phénomène que les organisations des droits de l’Homme dénoncent régulièrement, et qui ont valu à la Grèce de nombreuses condamnations devant les instances internationales. « Les lois existent (contre ce type d’agissements) mais elles ne sont pas mises en application », a déploré au cours d’un entretien accordé à l’AFP Anna Botsoglou, porte-parole de la branche grecque d’Amnesty International. « Cette impunité crée une certaine mentalité, qui implique que les policiers pensent non seulement que les passages à tabac sont normaux, mais qu’il est aussi normal de les filmer. Ils ne se sentent pas en danger », poursuit-elle. Dans un rapport de 2005, l’organisation affirmait que la Grèce était coupable de violations « constantes » des droits de l’Homme à l’encontre des immigrants, demandeurs d’asile, et gitans. Concernant les sanctions contre les policiers auteurs de bavures, le médiateur grec de la République rapportait en 2004 que sur 176 cas de ce type seul un nombre « négligeable » concluait à la culpabilité des policiers. Et dans ces cas, les sanctions étaient « déraisonnablement légères », notait-il. Dimitris Levandis, responsable de la branche grecque de SOS Racisme, juge notamment que les policiers n’ont reçu qu’un entraînement minimum sur la façon de traiter les immigrés illégaux ou les victimes d’esclavage sexuel. « La police les considère souvent comme des personnes faibles sur lesquelles on peut exercer des violences, qu’elles aient ou nom commis des délits (…) Ils n’agiraient jamais comme cela avec des jeunes de bonnes familles ». Le 21 juin encore, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) condamnait la Grèce pour « violation du droit à la vie » après les sévères blessures infligées à un jeune homme d’origine rom rendu invalide par une balle tirée dans sa tête par un policier, en 1998. AFP


 
Le texte fait partie d’un ouvrage collectif dirigé par Paul Bacquist intitulé : L’idée républicaine dans le monde du XVIII au XXI siècle- Editions l’Harmattan -Paris -2007

L’idée républicaine dans le monde arabe

 
 réflexions d’un acteur politique L’idée républicaine est si neuve dans le monde arabe qu’en juillet 2001, naquit en Tunisie, un parti républicain : Le Congrès pour la république (CPR), pour qui l’instauration du régime républicain était la clé de voûte de son programme politique. Tout le monde admettait que nous vivions sous une fausse démocratie mais peu admettaient que nous vivions aussi sous une fausse République. Le parti fut mis immédiatement mis hors la loi et je fus traîné, en ma qualité de son promoteur, devant la « Justice » qui me condamna à une année de prison avec sursis … pour maintien d’une organisation illégale. En février 2002, je fus invité à un débat sur la chaîne satellitaire Al Moustaquella. À l’époque, elle était le porte -voix des oppositions arabes et vidait avec Al Jazira les rues et les plages tunisiennes lors de certaines émissions vedettes. Le journaliste, s’en prit d’abord à ma prétention de réinventer la roue. La République n’a-t-elle pas a été instaurée en Tunisie en 1957 ? N’existe-t-elle pas au Liban et en Syrie depuis la fin de la deuxième guerre mondiale ? N’est-elle pas en vigueur en Égypte depuis 1952, en Irak depuis 1958, en Algérie et au Yémen depuis 1962, en Libye depuis 1969 ? Certes, me dit-il, ce sont là des Républiques imparfaites mais susceptibles d’évoluer, etc. Je lui ai alors demandé s’il pouvait qualifier d’imparfait et susceptible d’être amélioré un expresso qui lui serait servi sans café, sans sucre et sans eau. Les « Républiques » arabes sont comme ce curieux expresso où la tasse est vide de tout breuvage. Elles ne possèdent aucun des « ingrédients » minimum qui autoriseraient un observateur objectif à les classer sous la même rubrique que l’État sud-africain ou indien, à savoir la souveraineté populaire, l’État de droit et l’alternance au pouvoir. Qu’est-ce qui les autorise donc à se parer d’un titre à l’évidence usurpé ? En fait rien, sinon l’usage du faux dont elles usent et abusent pour se dire par ailleurs nationaliste, progressiste (du temps de gloire de ce concept) … voire démocratique, comme c’est le cas en Tunisie et en Algérie. *** Un problème de dénomination se pose pour qualifier ces drôles de Républiques. À l’évidence ce ne sont pas des monarchies classiques, comme celles qui ont échappé à la vague de putsch militaires des années 60 et qui continuent à régner au Maroc, en Jordanie, en Arabie saoudite ou dans les États du golfe. Ce ne sont pas non plus des Républiques au sens moderne du terme et telles qu’elles fonctionnent en Occident, en Inde, ou en Amérique latine. Que sont-elles donc ? La République en Arabe se dit joumhouria : littéralement l’appropriation du pays par le peuple (joumhour). Kadhafi a bricolé un nouveau concept pour désigner son régime né de la liquidation de la monarchie en 1969. Il met au pluriel joumhour ce qui donne jamahir et par voie de conséquences jamahiria… « l’État des masses ». Le régime libyen, par cette surenchère conceptuelle invente la sur-République. En fait, ce ne sera qu’une dictature de la pire espèce, plus l’anarchie, mais dans son sens de gabegie, d’incompétence et de désordre destructeur. En Arabe, la royauté se dit mouloukia, c’est-à-dire l’appropriation du pays par un seul homme : le malik… littéralement « le propriétaire ». En 2000 apparut, pour désigner nos fausses républiques, le concept de joumloukia néologisme fabriqué avec le début du mot République et la fin de celui de royauté. Traduit littéralement il donnerait en français « républimonarchie ». Certains m’en attribuent, avec l’Égyptien Saad Eddine Ibrahim, la paternité. Le terme, aussi barbare qu’il soit, connut une grande fortune. Il est aujourd’hui d’usage très courant dans le monde arabe, popularisé par les débats houleux sur les chaînes satellitaires arabes dont la très écoutée Al jazira. L’apparition du concept et sa diffusion rapide, n’étaient pas le fait du hasard. Elles répondaient à un besoin de vérité. Reste maintenant à analyser en profondeur le régime ainsi nommé. Pour faire bref, on dira que la joumloukia est le régime politique qui emprunte à la République occidentale moderne sa forme et à la monarchie orientale archaïque son fond. Rappelons au passage que la joumloukia existe en Corée du Nord ou en « République démocratique » du Congo sans parler de son long passage en Haïti. Elle a été et reste une anomalie isolée dans un environnement hostile. Dans le monde arabe, elle est forme dominante de gouvernement. Trois caractéristiques permettent de l’isoler, d’un côté, par rapport au régime républicain ou monarchique, de l’autre par rapport à une dictature classique. Un régime de pouvoir absolu Paradoxalement c’est dans la joumloukia et non dans les vieilles monarchies traditionnelles que l’autoritarisme se présente à l’état pur… à l’état paroxystique. Il n’existe aucune commune mesure entre, par exemple, entre le pouvoir absolu au sein de la monarchie saoudienne, jordanienne ou marocaine et celui qui règne au sein des régimes « républicains » irakien, syrien ou libyen. Le paradoxe n’est qu’apparent. Dans une monarchie, le jeu subtil des alliances tribales ou politiques, la longue pratique du pouvoir, permettent de réduire les appétits du monarque et d’arrondir les angles de sa politique. Le président de la joumloukia, lui, n’a aucun de ces freins. Sauf au Liban, qui est un cas particulier, le pouvoir est un butin de guerre que le dictateur a conquis en mettant sa tête sur le billot. C’est souvent un novice en politique, un homme d’origine humble pour ne pas dire fruste. Il est pris par le vertige de la toute puissance absolue qui s’offre soudain à lui. Il voit grand et veut aller vite en besogne pour inscrire son nom dans l’histoire. Il n’a pas de contre-pouvoir et ne permettra à aucun de se mettre en place. C’est le début du refus de toutes les libertés publiques et privées, de la corruption et la répression, quasiment les marqueurs universels de ce type de gestion de la chose publique. Un régime de pouvoir à vie Toutes les joumloukia possèdent des constitutions écrites et souvent bien écrites, des parlements « élus » régulièrement, c’est-àdire à intervalles réguliers. Le « Président » a des mandats de cinq ou six ans et doit « solliciter » du « peuple » le renouvellement périodique de son mandat perpétuel. Tout cela est pur simulacre. Personne n’est dupe, mais le mauvais scénario est régulièrement joué sous le regard las, désabusé, goguenard ou dégoûté de la population. Il n’est pas rare que lors de la « campagne » du « candidat » à sa propre succession, on voit apparaître sur les banderoles criardes accrochées aux murs de Damas, du Caire, de Tunis ou de Bagdad le mot clé : la bay’a. Ici, le refoulé refait surface et toute la vraie nature de l’opération se dévoile. La bay’a est d’abord un concept, probablement l’un des plus fondamentaux du vocabulaire politique arabe. Il signifie allégeance, avec une forte connotation de confiance et de délégation inconditionnelle. C’est aussi un acte hautement symbolique qui court tout le long de l’histoire politique arabo-musulmane et par lequel le peuple prête serment au maître du moment, de préférence à la mosquée, scellant un lien quasi-mystique entre le prince et ses sujets. Fait important, la bay’a est un acte collectif auquel nul individu ne saurait se soustraire sans se rendre coupable du pire péché qui soit en matière de vie communautaire à savoir la fitna c’est-à-dire la discorde. Les récalcitrants sont ipso facto des dissidents se mettant hors-la-loi et devant être éliminés. Sans cette unanimité, même imposée et de façade, la légitimité du pouvoir est écornée. L’on comprend mieux le pourquoi du fameux 99 % que s’octroie immanquablement le « vainqueur » des « élections ». Saddam Hussein poussa le souci de cohérence jusqu’à se faire « élire », quelques mois avant l’invasion américaine, par 100 % des « suffrages ». L’exercice à vie du pouvoir est une autre caractéristique du système. Au mois de mai 2002 le dictateur tunisien Ben Ali, organisa une pseudo-consultation populaire pour amender la constitution en vigueur et qu’il avait juré, lors de sa prise de pouvoir en 1987, de respecter et de défendre. Le nouveau texte introduisait deux nouvelles dispositions. La première annulait la limitation du nombre des mandats présidentiels jusque-là restreints à trois, donnant le droit au président sortant de se présenter autant de fois qu’il le désire. De facto c’est la légalisation de la présidence à vie. La deuxième disposition donnait au président en exercice l’immunité totale pour toutes ses actions. Que toutes les oppositions, unanimes pour une fois, aient condamné ce putsch constitutionnel et appelé au boycott du « référendum », que la participation à la farce électorale ait été très faible, n’ont rien changé au score éternel : 99 % de oui. Il faut dire que le dictateur ne faisait que suivre un illustre exemple. C’est Bourguiba, le père de l’indépendance de 1956, et fondateur de la « République » de 1957, qui s’octroya la première modification de la constitution en vigueur pour se faire nommer président à vie. Le pauvre homme ne mourut pas au palais de Carthage, mais prisonnier politique de facto, dans la maison du gouverneur de sa ville natale Monastir, onze ans après avoir été déposé par le chef de toutes ses polices M. Ben Ali. Il n’en alla pas de même du dictateur syrien Hafez El Assad. Lui aussi modifia la constitution à plusieurs reprises et resta au pouvoir jusqu’à sa mort en 2OO0. Un régime de pouvoir héréditaire De la présidence à vie, on glissa subrepticement à la transmission du pays au rejeton. Mais on n’est plus dans les années 20 où un obscur colonel pouvait se couronner shah d’Iran et laisser « l’Empire » à son fils. Les temps sont durs pour les couronnements intempestifs. Celui de Bokassa, dans les années 70, relevait de la pitrerie sanglante. Les choses, depuis, n’ont fait qu’empirer. Le Communisme, le démocratisme et l’islamisme en expansion ne font plus beaucoup de place aux restaurations. Les velléités de retour au régime monarchique en Roumanie ou en Irak, après la chute des dictatures, ont vite tourné à l’aventure dérisoire. D’une certaine façon, cela est rassurant car c’est là une reconnaissance de la force et de la pénétration de l’idéal républicain dans le monde en général et le monde arabe en particulier. Donc, le contexte national et international actuel étant ce qu’il est, il faut ruser en attendant des temps meilleurs. À défaut de pouvoir transmettre un royaume, on transmettra une « République », du moins là où il y a un héritier disponible. Moubarak en Égypte, qui en est à sa nième modification de la constitution, Kadhafi en Libye travaillent à paver le chemin à leurs fils très impliqués dans l’exercice du pouvoir. On a toutes les raisons de croire que si Saddam n’avait pas été éliminé par la guerre américaine et s’il était mort au pouvoir, c’est son fils aîné, le tristement célèbre Oddei qui lui aurait succédé. L’exemple pour tous ces pères attentifs reste celui de Hafez El Assad, mort probablement trop tôt dans son planning. Car voilà que la constitution stipule que le président doit avoir 40 ans, et que l’héritier n’en a que trente-quatre. Peu importe, le « parlement » syrien modifia en juillet 2000 la constitution lors d’une brève séance et abaissa l’âge réglementaire à trente-quatre ans tout juste, ce qui permit le plus légalement du monde à Bashar El Assad de succéder à Hafez El Assad. La rue arabe réagit rapidement et à sa manière à cette mode. La nokta (blague) se répand du golfe à l’Atlantique avec de multiples variantes. L’archange Gabriel reçoit l’âme des défunts et les aiguillonne qui, vers le paradis, qui vers l’enfer. Mais voilà que tous les tortionnaires, tous les politiciens corrompus, tous les marchands d’armes, tous les juges véreux, tous les usuriers, sont acheminés vers le paradis. Par contre les martyrs, les bons, les justes, les mères courage, tous les gens pieux et honnêtes sont directement envoyés en enfer. Protestations véhémentes dans la queue et demande d’explication. L’archange Gabriel répond. Ici aussi on vient de changer la constitution. Qu’il s’agisse de Hafez El Assad, de Bourguiba, de Kadhafi, de Saddam ou de leurs copies médiocres comme Ben Ali, nous avons à l’évidence affaire à des rois-roturiers, des monarques absolus. Même Bourguiba, le moderne, aimait organiser des joutes poétiques ou des rimeurs de bas étage faisaient de la surenchère en matière d’obséquiosités en vers grassement payés…. exactement à la manière des califes de l’âge d’or. Les joumloukia ne sont pas simplement des ratés ou de pitoyables parodies de la république moderne. Ce sont des monarchies archaïques, clandestines et honteuses. *** Le problème qui se pose est évidemment de savoir si cet échec au niveau de la rive sud de la Méditerranée du projet républicain, est de nature culturelle ou conjoncturelle. Je laisserai aux culturalistes et autres racistes occidentaux le soin d’aligner leurs arguments éculés sur les spécificités culturelles, les barrières infranchissables, le caractère « bien de chez nous » et de la Démocratie et de la République, purs produits du terroir culturel et qui ne sauraient, pas plus que les ceps du pinot, être repiqués ailleurs. Je laisserai de la même façon à leurs alter-ego arabes le soin de démontrer que notre culture arabo-islamique n’a besoin d’aucune recette importée d’ailleurs surtout pas de l’Occident impie et impérialiste et que nous avons dans le Coran et la Sunna toutes les solutions à nos problèmes, etc. N’en déplaise à tous les culturalistes, les cultures sont toujours hétérogènes, faites d’apports divers et d’enrichissements mutuels. On voit mal la culture occidentale du moyen-âge sans le judaïsme et le christianisme, deux religions importées du Moyen-Orient. On voit mal aujourd’hui ce que serait la musique américaine sans le jazz. De la même façon on voit mal la culture arabe du moyen âge sans l’apport grec, perse et indien ou ce qu’elle pourrait être aujourd’hui sans l’apport occidental. Mieux, les cultures sont entités vivantes en perpétuel changement et nul n’est en mesure d’en prédire l’évolution ou d’anticiper sur les changements profonds qu’elles pourraient connaître. Voilà pourquoi je défendrai le point de vue selon lequel les Arabes sont dans un processus d’aggiornamento de leur système politique et que la joumloukia est leur tentative et échec actuels dans l’instauration du régime républicain occidental, que beaucoup d’entre eux veulent s’approprier au même titre qu’ils veulent s’approprier l’informatique. L’idée que nous sommes dans un processus et non dans une fatalité n’est pas simplement le fruit de l’expérience politique sur le terrain. Elle est fortement suggérée par l’histoire elle-même. *** Les linguistes, les historiens et les anthropologues nous ont enseigné la prudence dans l’interprétation de vocables en apparence identiques mais qui ont des sens très différents selon l’espace et le temps. L’État que le Prophète installe à Médine après avoir fui La Mecque en 622, ne peut être qualifié de République. L’égalité qu’il instaure entre les membres de la communauté des croyants n’est pas notre égalité. La suprématie de la loi ne recouvre pas notre concept moderne de l’État de droit. L’ordre qu’il donne à ses compagnons de mettre la chose publique en délibération – dont la nomination d’un chef – n’est pas notre démocratie élective. Ceci étant dit, on peut affirmer avec prudence que ce premier État islamique porte les germes qui donneront plus tard et ailleurs la République moderne. Par contre, ce qu’on peut affirmer en étant certain de ne pas être contredit, est que l’Islam est clairement anti-monarchique. Le verset 27 du Coran (interdit dans les prêches du vendredi en Arabie Saoudite) dit : « Les rois entrant dans une communauté la corrompent ». Le jugement est clair et sans concessions. Il n’y a pas de bons et de mauvais rois. C’est le fait même de la royauté qui est corrupteur de communauté, le concept de corruption devant être compris au sens le plus large. Le prophète refuse la royauté, quand les membres de sa tribu la lui proposent, en échange de l’abandon de sa prédication. Les quatre premiers califes (successeurs du prophète) ne se transmettent pas le pouvoir de père en fils mais sont choisis après délibération. Ils sont assujettis à la loi commune, leur mission consistant à promouvoir, protéger et restaurer les valeurs cardinales de l’Islam, à savoir l’égalité, la justice et la fraternité entre les croyants. Cette forme de gouvernement est une rupture totale par rapport aux us et coutumes politiques de l’Arabie d’alors, largement influencée par les deux super-puissances de l’époque : l’empire byzantin et l’empire sassanide. Qualifions ce premier état islamique, à défaut d’autre vocable, de proto-République. Elle ne durera que de 622 à 661, dont une première décennie sous l’autorité du prophète lui-même. Muawiya en écrasant militairement Ali, le dernier successeur élu et le propre gendre du prophète, franchit le Rubicon en fondant à Damas en 661 la dynastie Omeyyade. C’est son petit-fils Yazid qui fit assassiner Hussein, le petit-fils rebelle du prophète, à Karbala, le 10 octobre 680, assassinat qui démarra la carrière qu’on sait du schisme chiite. Tant les Omeyyades (661-750) que les Abbassides(750-1258) se prétendirent pourtant les successeurs du prophète alors qu’ils étaient manifestement ces rois corrupteurs dénoncés par le Coran. La victoire monarchiste sur le rêve du prophète allait durer quinze siècles. Mais le feu n’a jamais cessé de couver sous les cendres. Il flambera sporadiquement sous forme d’innombrables révoltes, toujours d’habillage religieux, toujours de nature politique. D’une certaine façon, seule la lecture historique permet de comprendre au plus juste la nature de la guerre que fait l’intégrisme actuel aux royautés sans fard et aux royautés honteuses. Elle dévoile dans ce combat titanesque le rêve jamais oublié de refaire Médine, maintenant hissée au rang de mythe fondateur. Les Occidentaux qui se plaignent du terrorisme islamiste ne réalisent pas à quel point, en devenant les protecteurs des « rois corrupteurs », ils se sont fourvoyés dans un conflit qui ne les concernait en rien. Ce n’est pas un hasard si la première grande victoire islamiste sur une royauté corrompue a installé un État qualifié de République islamiste. Depuis, cette dernière est devenue le modèle pour tous les révolutionnaires de droite, que sont les intégristes islamistes. Le Soudan s’est engagé depuis le début des années 90 dans la mise en place d’un tel régime. Grâce à l’intervention américaine qui a pavé le chemin du pouvoir aux chiites irakiens, il se profile à l’horizon en Irak. Qu’ils le clament ou le taisent, qu’ils abordent la question par le biais du politique ou du caritatif, les islamistes travaillent partout à l’avènement de la république islamiste. Pourquoi un républicain arabe n’adhèrerait-il pas à un tel projet, à la fois si enraciné dans la culture et si porteur de valeurs dites modernes ? La religion ? Mais la république américaine n’est-elle pas, par beaucoup d’aspects, une république chrétienne, ce qui ne l’empêche nullement d’être une vraie république. La réponse est simple : La république islamiste est peut-être islamiste mais ce n’est certainement pas une république. C’est une joumloukia à masque religieux. Envisageons les grands principes de fonctionnent du régime iranien actuel. On retrouve tout le goût du formalisme des « Républimonarchie » arabes comme la promulgation d’une constitution, la tenue d’élections régulières ou le statut de « citoyen » magiquement octroyé aux sujets de l’État despotique. Certes, en Iran, le jeu est plus ouvert qu’en Syrie au niveau des soit -disant consultations électorales, mais le noyau dur des institutions du régime syrien y est. Le pouvoir n’émane pas de la volonté du peuple mais de celle du Fakih, ce souverain pontife de Qom, tout aussi inamovible et aussi infaillible que celui de Rome, à la fois, dépositaire, gardien et seul interprète de la parole de Dieu et de la tradition de Médine. La République islamiste ne sépare donc pas les pouvoirs et ne les répartit pas. Elle les unifie et les concentrent dans les mêmes mains. Il n’y a pas de transmission héréditaire nous dira-t-on. Oui mais il y a transmission au sein du même clan. À la limite, peu importe que ce dernier soit le milieu du renseignement, une caste militaire ou une école religieuse, l’essentiel est que le peuple en soit exclu. On peut rappeler aussi que le souverain pontife chiite n’a pas d’équivalent dans l’Islam sunnite. Peu importe, un groupe ou un homme pourront, à l’ombre d’un régime autoritaire occuper une fonction si fondamentale. Les intégristes ne semblent pas comprendre que la corruption se développe d’autant plus facilement que le champ politique est fermé par l’autoritarisme, l’opacité et l’impunité. 138 Ils ne perçoivent pas que la supériorité de la forme moderne de la république ne tient pas de l’idéologie, somme toute banale, mais des techniques mises en œuvre pour combattre les « rois corrupteurs » quel que soit leur masque. Dans cette république moderne, on ne compte ni sur les sermons, ni sur la répression, mais sur des institutions gérant les garde-fous et les procédures de retour à l’équilibre. Les libertés notamment celle de la presse, l’indépendance de la justice, la remise régulière en jeu de tous les mandats, y compris de la fonction suprême, permettent cette navigation au long cours où l’on peut garder le cap, à force d’ajustements continuels. Dans ce type de fonctionnement la corruption est reconnue pour ce qu’elle est : une plante vénéneuse et vigoureuse qui pousse en continu sur le champ du politique et sur laquelle il faut faire passer la tondeuse régulièrement. La république moderne n’est une vraie république que si elle est démocratique. Sans la démocratie, les intégristes, comme cela se voit dans la république chiite d’Iran ou la république sunnite du Soudan, sont condamnés à refaire ce qu’ils ont défait. La malédiction de Sisyphe en somme. *** Nul ne se fait beaucoup d’illusions sur l’avenir des Joumloukia. Le protecteur américain lui-même veut leur disparition. Les vraies royautés se lancent timidement sur le douloureux chemin de l’aggiornamento, comme au Maroc ou en Jordanie. Mais à long terme et pour la majeure partie du monde arabe, le choix du système politique dominant se fera entre la République islamiste et la République démocratique. On aura remarqué que le terme de laïcité a été soigneusement évité. Je ne rentrerai pas ici dans le débat complexe sur la relation presque automatique que font les Français entre République et laïcité. On ne peut que souligner au passage que cette notion qui n’est déjà pas transposable aux USA ou en Grèce, est encore moins transposable dans le monde arabe. La laïcité y étant perçue comme une idéologie anti-religieuse, c’est vraiment condamner à l’échec le projet républicain arabe que d’exiger de lui son adoption. Cela ne ferait que renforcer le courant intégriste. Or ce dernier est déjà comme porté par une sorte de Gulf Stream politique, toujours chaud, en permanence renouvelé et circulant dans les profondeurs de la culture. Il se nourrit d’un mythe fondateur puissant, s’enracine dans la structure familiale patriarcale, se renforce continuellement par la corruption des vrais rois et de leurs copies et de plus en plus de l’arrogance de leurs protecteurs étrangers. Il est donc inutile que les républicains lui fournissent une arme de plus pour les combattre. Maintenant, que pèse, face à une telle force, leur projet de république régie par la démocratie ? Il faut revenir ici à notre analyse de la situation culturelle sociale et politique en tant qu’elle est changement et processus. C’est une évidence que la société arabe d’aujourd’hui n’a rien à voir avec celle de Médine. Le changement progressif du statut de la femme, l’alphabétisation, l’élévation du niveau de vie, le contact avec l’Occident ont radicalement modifié les données sociales, culturelles et économiques du problème politique. Aujourd’hui la majorité des classes moyennes arabes, très largement ouvertes sur le monde et très politisées, ne rêve pas d’un mythique État islamique pur et dur, mais d’une démocratie qui respecte ses droits et libertés. Les sociétés arabes sont d’ores et déjà dans le débat démocratique. Les chaînes satellitaires arabes, au nombre de 140, ont délié les langues et désacralisé les pouvoirs. Les sociétés civiles s’organisent et se renforcent alors que le discours et les anciennes structures d’encadrement des joumloukia sombrent dans le ridicule et l’impuissance. Si le projet de République islamiste tire sa force du passé, celui de République démocratique tire la sienne de la force du présent. De là à affirmer que c’est ce dernier projet qui va l’emporter dans la course à l’héritage des joumloukia … voilà un pas à ne pas franchir de peur de faire rire de nous les historiens du futur. Mais puisqu’on parle d’ironie de l’histoire, rappelons à quel point elle est amère pour les républicains et démocrates arabes qui voient les démocraties occidentales réchauffer dans leu sein un Ben Laden, appuyer toutes les joumloukia, et donner aujourd’hui en Irak la plus détestable image de la démocratie. Oui, comme il est ironique de voir les républiques démocratiques occidentales paver le chemin des républiques islamistes antidémocratiques et anti-occidentales.

 

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