29 juin 2011

في كل يوم، نساهم بجهدنا في تقديم إعلام أفضل وأرقى عن بلدنا، تونس Un effort quotidien pour une information de qualité sur notre pays, la Tunisie. Everyday, we contribute to a better information about our country, Tunisia

TUNISNWS 11ème année, N°4054 du 29.06.2011  

archives : www.tunisnew .net


CIDT-Tunisie: La torture dans la Tunisie de la transition

FIDH: L’octroi d’une attribution de fréquence à Radio Kalima serait un signal positif des autorités de transition envers la liberté d’expression en Tunisie

Communiqué de presse des assises de l’immigration tunisienne en Tunisie

Reuters: Le Conseil de l’Europe va créer un « Davos de la démocratie »

Arret sur image: Discrétion de la presse sur les invitations de journalistes par Ben Ali

Rue89: Le Canard épingle des journalistes hôtes de Ben Ali

RTL: Tunisie, 6 mois après: suivez au jour le jour 3 journalistes belges

Tixup: “Ni dieu, ni maître” devient “Laïcité, inch’Allah”

Espace Manager: Médias Tunisie: Kamel Laabidi répond aux attaques de Omar Mestiri

Kapitalis: Tunisie. Ennahdha, ses vieux démons et ses perspectives républicaines (1/2)

Espace Manager: Médias Tunisie: Kamel Laabidi répond aux attaques de Omar Mestiri

Leaders: De bonnes premières réponses aux attentes de l’immigration tunisienne

Kapitalis: Qui manœuvre contre la démocratie en Tunisie?

BBC: Arab Spring: Nature of armies decisive in revolutions


CENTRED’INFORMATIONETDEDOCUMENTATIONSURLATORTURE CIDT-TUNISIE Association de citoyens du monde pour le droit des Tunisiens à ne pas être torturés Membre du Réseau SOS-Torture de l’OMCT-Genève


Comité d’honneur : M. JacquesFRANÇOIS Mgr JacquesGAILLOT Dr. HélèneJAFFÉBesançon, le 26 juin 2011[1] M. Gilles PERRAULT M. François DEVARGAS Président :Jean-Marc METIN
26-Juin, Journée mondiale de soutien aux victimes de la torture (intitulé officiel),
LA TORTURE DANS LA TUNISIE DE LA TRANSITION
A l’occasion de cette journée mondiale, la première après la Grande révolution, il est utile de tenter un bilan provisoire de la situation tunisienne : -Le ministère de l’intérieur a été repris par des apparatchiks du pouvoir bénaliste, menés par le ministre Habib Essid. -La haute hiérarchie qui avait tenté un putsch contre le ministre Farhat Errajhi semble désormais se sentir assez assurée pour agir de manière offensive, notamment contre la magistrature. -Un véritable chantage semble s’exercer de la hiérarchie policière à l’égard du peuple : si on nous demande des comptes, nous nous mettons en grève et nous livrons le pays à la barbarie. Voire, nous retournons nos armes contre l’armée nationale. -Des incidents récurrents et circonstanciés sont venus étayer cette situation -L’administration intermédiaire, délégués et gouverneurs, est restée globalement issue du moule de l’ancien parti unique dissous. -Des « syndicats » de policiers ont vu le jour, encouragés par les autorités. Le démarche, comme ses initiateurs demeurent aussi mystérieux que, apparemment, (déjà) puissants. Face à ces faits, l’exigence de justice et de réhabilitation des victimes et de réparation des préjudices tragiques qu’elles ont subis ne semblent pas pour demain. Il faut souligner ici que nous sommes entièrement acquis au droit des membres des forces de l’ordre à s’organiser en syndicats, comme tous les travailleurs. Mais si la hiérarchie policière s’organise en vue d’imposer ses vues à la société dans le sens où elle défendrait les ripoux, les assassins et les tortionnaires, qui ont été si longtemps le bras armée de Ben Ali, présentés comme des victimes, cela serait un grave danger pour la paix civile du pays. Dans ce cadre, toute résistance à l’autorité judiciaire doit être regardée comme ce qu’elle est, c’est-à-dire une tentative de coup d’Etat. Et si l’Etat laisse faire, c’est qu’il est l’organisateur et l’ordonnateur de l’ensemble de ces manœuvres. Il faut rappeler à l’opinion et à la classe politique certains des dossiers qui sont encore en suspend de l’Ere du crime : Faysal BARAKAT, mort en 1991 : l’affaire est bloqué par le gouvernement tunisiendepuis 1999 et le 20ème anniversaire du décès est pour le 8 octobre prochain. 20 ans dont 17 passés en procédure contentieuse devant le Comité contre la torture. En 2010, le pouvoir avait fini par accepter de rouvrir le dossier pour la quatrième fois ! Mais les agissements du juge d’instruction désigné depuis nous ont amenés, avec le soutien de la famille, à demander son dessaisissement. L’affaire est encore en cours, mais nous avons déjà informé le Comité que nous ne nous faisions pas d’illusions sur l’issue, l’administration judiciaire étant restée dominée par les obligés de l’Ancien régime. L’affaire Marwane BEN ZINEB, dont la famille semble avoir décidé de relancer la procédure pour connaître la vérité sur ce qui est arrivé au jeune homme, que la police politiquesoupçonne d’avoir réussi à entrer dans le système informatique de la présidence. L’affaire Kamel MATMATI, le seul, à notre connaissance, à n’avoir pas de sépulture connue de manière sûre. Lui aussi a été arrêté et détenu devant des témoins nombreux, ce qui rend les dénégations du pouvoir absurdes. L’affaire Ali SAIDI, ancien militant de l’immigration, devenu N° 3 du ministère de la justice en 2000 et retrouvé quelques mois plus tard sous un mètre et demi de terre. Deux sœurs homonymes, mais sans parenté avec lui ont été accusées su meurtre et embastillées à vie. C’est enfin leur famille qui semble partie à leur secours après la Révolution. Nous appelons cordialement les collègues et connaissances de ce citoyen tunisien qui a beaucoup tourmenté le pouvoir, de Paris à Pékin et de Montréal à Durban, à témoigner sur les circonstances de sa mort. Car la société civile de l’Ere du crime n’avait rien voulu entendre de nos appels anniversaires, des années durant, pour la vérité sur la mort d’Ali SAIDI, que même l’OMCT avait laissé tomber… Sur ce, nous appelons la société civile tunisienne à demeurer vigilante car un retour en arrière n’est pas impossible. Les familles des victimes citées et des autres sont appelées à partir au combat pour la vérité et pour la réhabilitation posthume des victimes. Nous apprécions hautement la ratification du Protocole facultatif qui autorise les visites internationales inopinées des lieux de détention. L’adhésion récente aux statuts de la Cour pénale internationale est une ancienne revendication de la société tunisienne. Mais ces mesures ne doivent pas nous amener à relâcher la vigilance face aux démons du passé, ni à oublier les survivants qui attendent la justice depuis de très longues années. Khaled BEN M’BAREK, Coordinateur [1] Ce texte a été retardée pour complément de concvertation.  

COMMUNIQUÉ DE PRESSE – L’OBSERVATOIRE


TUNISIE: L’octroi d’une attribution de fréquence à Radio Kalima serait un signal positif des autorités de transition envers la liberté d’expression en Tunisie Paris-Genève, le 29 juin 2011. L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), s’inquiète de l’absence de réponse de l’administration tunisienne à la demande d’attribution de fréquence formulée par Radio Kalima. Radio Kalima est un média indépendant qui couvre la situation socio-économique en Tunisie à travers un prisme droits de l’Homme. Interdite sous le régime Ben Ali, elle diffusait depuis 2009 par voie satellitaire. Au cours des dernières années, plusieurs journalistes de Radio Kalima ont fait l’objet d’actes de harcèlement en raison de leurs prises de position sur des sujets relatifs aux libertés fondamentales. Le 3 mars 2011, Radio Kalima a déposé une demande officielle d’attribution de fréquence auprès du Premier ministre. Le 7 avril, ce dernier a assuré par oral aux responsables de Kalima qu’il délivrerait cette autorisation sous trois jours. Au cours du mois de mai cependant, la nouvelle Instance de réforme de l’information et de la communication (INRIC), mise en place par le Gouvernement de transition et ayant un statut consultatif auprès du Premier ministre sur les questions ayant trait notamment à l’octroi de fréquences hertziennes, a demandé à RadioKalima de lui fournir un certain nombre de documents afin de rendre un avis sur le sujet[1]. Radio Kalima a répondu favorablement à cette demande, procurant toutes les informations demandées par l’INRIC, notamment quant à la composition de son équipe, son capital, son projet de développement, etc. Au 28 juin 2011 néanmoins, aucune autorisation de diffusion hertzienne n’avait encore été octroyée, le rendu de cet avis ayant été reporté à plusieurs reprises sans qu’aucune raison n’ait été donnée. Radio 6 ainsi que la chaîne de télévision Alhiwar font l’objet du même type de report[2]. Ces retards dans l’attribution des fréquences ont pour conséquence de réduire la portée d’une partie des voix de la société civile tunisienne. Le 21 juin 2011, afin de protester contre cet obstacle à la liberté d’expression, le directeur de Radio Kalima, M. Omar Mestiri, a décidé d’entamer une grève de la faim illimitée. « Nous nous sommes battus durant des années pour que l’on puisse exercer la libre expression en Tunisie. Ce n’est pas pour constater que ces droits sont aujourd’hui injustement bafoués », a aujourd’hui déclaré Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH. « Nous appelons les autorités tunisiennes de transition à octroyer à Radio Kalima une fréquence FM, ce qui serait un signe fort de leur part en direction d’une société respectueuse des droits de l’Homme », a ajouté Eric Sottas, Secrétaire général de l’OMCT.
Pour plus d’information, merci de contacter :
· FIDH: Karine Appy / Arthur Manet: + 33 1 43 55 25 18 ·OMCT: Delphine Reculeau : + 41 22 809 49 39 [1]Fin juin 2011, les textes ne prévoyaient aucun délai officiel pour le rendu d’un avis de l’INRIC ou pour l’octroi d’une attribution de fréquence à compter du dépôt d’une demande auprès du Premier ministre. [2] Ces deux médias traitent de certains sujets en lien notamment aux droits de l’Homme, et ont donné la parole à des défenseurs.  

COMMUNIQUE DE PRESSE DES ASSISES DE L’IMMIGRATION TUNISIENNE EN TUNISIE


TUNIS LE 27 JUIN 2011 Dans le cadre de la poursuite des assises de l’immigration tunisienne à l’étranger, réunies à l’université de Paris VIII à Saint-Denis e 7 juin 2011 , une réunion de bilan et de suivi s’est tenue à Tunis le 25, 26 et 27 juin 2011 en présence d’une vingtaine d’associations représentées par 40 délégués venant de France, Belgique, Italie, Suède et Canada. Les associations ont débattu de leurs attentes pour la prise en compte des revendications des Tunisiennes et Tunisiens l’étranger. Ils ont décidé de la mise en place d’un conseil de suivi où seront représentés les acteurs associatifs par des délégués. La communication devra être développée pour élargir la participation de toutes et tous. Lors de ces journées de travail les représentants des Tunisiens à l’étranger ont modifié et adopté la cahier de doléances et rencontré les acteurs des partis politiques et de la société civile pour échanger sur la place des Tunisiens à l’étranger après la révolution pour les sensibiliser à la prise en compte de notre cahier de doléances. Le vendredi 27 juin 2011 la délégation des assises de l’immigration tunisienne a été reçue par M Mohamed Ennaceur Ministre des affaires sociales dans les locaux du ministère en présence du Directeur de cabinet et des principaux responsables de l’Office des Tunisiens à l’étranger. Les nombreux points figurants dans le cahier des doléances ont été abordés : è La question de la représentation des Tunisiens et Tunisiennes à l’étranger dont celles des binationaux. è La participation des Tunisiennes et Tunisiens aux élections de l’assemblée constituante et la nécessaire évolution des lois régissant la communauté tunisienne à l’étranger ainsi que les accords bilatéraux pour une meilleure protection des Tunisiens et Tunisiennes à l’étranger. è Le rôle de l’O.T.E. et sa nécessaire restructuration et la révision des politiques des politiques pour abandonner les pratiques d’exclusion de l’ex R.C.D. è La création d’un Conseil National de l’Immigration à l’étranger et d’un ministère de l’immigration pour plus d’un million et cent mille de nos ressortissants à travers le monde. è L’accueil dans les consulats et la problématique du retour et l’aide au développement de projets pour les migrants. è La question des émigrés sans papiers et de leur défense a été soulevée. è La culture avec la révision des politiques d’enseignements des langues et cultures arabes, la situation des étudiants Tunisiens à l’étranger ont été longuement évoquées comme des vecteurs d’enrichissement pour la société tunisienne et sa diversité. Le Ministre a longuement répondu à nos attentes et accepté notre cahier de doléances comme une contribution essentielle pour la nouvelle Tunisie démocratique après la révolution ; l’immigration est donc une richesse, un apport humain, économique et culturel. Le Ministre a proposé de pérenniser ces assises et de contribuer à leurs élargissements à tous les Tunisiens et Tunisiennes à l’étranger à travers le monde; Il s’est engagé à faciliter l’obtention de rendez vous avec le Ministre des affaires étrangères et le Premier Ministre. Les participants à la délégation qui a rencontré le Ministre des affaires sociales ont estimé la rencontre positive et productive, ils espèrent qu’une nouvelle page soit ouverte pour une meilleure prise en compte des questions soulevées par les migrants tunisiens. Une conférence de presse a clôturé la rencontre de Tunis au local de la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme qui a soutenu depuis le début notre action et notre démarche depuis le lancement des assises ; leur accueil et leur soutien a été fortement apprécié par les délégués venant des différents pays de l’immigration.  

Reuters, le 29 juin 2011 à 09h08 GMT

Le Conseil de l’Europe va créer un « Davos de la démocratie »


* Vers un forum mondial de la démocratie * Une pépinière de personnalités STRASBOURG, 29 juin (Reuters) – Créées après la chute du rideau de fer pour favoriser la transition démocratique en Europe de l’Est, les écoles d’études politiques du Conseil de l’Europe vont se transformer en « Davos de la démocratie ». L’université d’été de cette pépinière de personnalités souvent appelés ensuite à des hautes fonctions dans leurs pays, qui a mis cette année la Tunisie à l’honneur dans le contexte du « printemps arabe », s’est achevée mercredi à Strasbourg. Cette ouverture marque la volonté de l’institution paneuropéenne de faire évoluer ce rendez-vous pour lancer, dès 2012, un « forum mondial de la démocratie » qui serait à la politique ce que le forum de Davos, en Suisse, est à l’économie. « Mais Davos est très élitiste. Nous voulons un événement très ouvert qui correspondrait plus à Porto Alegre (le forum social mondial-NDLR) »), précise Jean-Louis Laurens, directeur général de la Démocratie et des Affaires politiques au Conseil de l’Europe. « L’université d’été a été une très belle aventure qui ne correspond peut-être plus à la nécessité politique du jour. Les participants se sentent isolés vis-à-vis du reste du monde », ajoute-t-il. La première école d’études politique a vu le jour en 1992 à Moscou, un an après la fin de l’Union soviétique. Dotées d’un statut d’ONG, elles sont aujourd’hui au nombre de seize, cofinancées par le Conseil de l’Europe, l’Union européenne (jusqu’à l’année dernière) et divers fonds publics ou privés. RENCONTRES IMPROBABLES La dernière, celle de Biélorussie, est née en 2007 avec pour particularité de siéger hors des frontières du dernier Etat autocratique européen, le dernier aussi à n’être pas membre du Conseil de l’Europe. Destinées à former les nouvelles générations de responsables politiques, économiques, sociaux et culturels, elles sélectionnent chaque année 40 « étudiants » âgés d’une trentaine d’années pour des séminaires consacrés tant aux problématiques internes qu’européennes. Nombre d’entre eux ont ensuite occupé des postes de haut niveau dans les gouvernements, les parlements ou l’administration de leurs pays respectifs, à l’instar de Sergueï Stanichev, ex premier ministre bulgare. Si les « nouvelles démocraties » européennes ont mûri, les écoles restent pour Jean-Louis Laurens des lieux irremplaçables où se retrouvent « des gens qui ne se rencontreraient jamais ». « Beaucoup de pays en auraient besoin, y compris le mien, ajoute-t-il. La formation culmine par l’université d’été qui réunissait cette année cinq cents participants. Pour la dernière édition, Rafaa Ben Achour, ministre délégué auprès du Premier ministre de Tunisie, prononçait lundi (27 juin 2011) la leçon inaugurale. Il a évoqué la révolution tunisienne devant cinq cents participants. « C’est une révolte qui a une forte teneur éthique, qui a fait de la moralité son credo », a assuré le professeur de droit, répondant à un Arménien, sceptique quant à l’éthique des dirigeants politiques. « La préservation de cela est entre les mains des citoyens », a-t-il ajouté. Durant trois jours, les tables-rondes sur la légitimité politique, la corruption, les conflits d’intérêts ou la laïcité ont alterné avec des rencontres régionales qui ont permis à Russes et Géorgiens ou ressortissants des pays de l’ex-Yougoslavie, de se parler. « Les ateliers recoupent un peu les débats qui ont lieu chez nous actuellement », a souligné Moncef Ben Slimane, universitaire et syndicaliste tunisien interrogé par Reuters. La création d’une école d’études politiques en Tunisie constitue l’un des objectifs du collectif d’associations au nom desquelles il était invité à Strasbourg.

Discrétion de la presse sur les invitations de journalistes par Ben Ali


L’AFP ignore les révélations du Canard Après les politiques complaisants, place aux journalistes. « Le gratin de la presse française bronzait aux frais de Ben Ali », assure Le Canard enchaîné de ce mercredi 29 juin. L’hebdomadaire dresse la liste des journalistes invités du régime tunisien ces dernières années : d’Etienne Mougeotte (Le Figaro) à Nicolas de Tavernost (M6) en passant par Françoise Laborde (membre du CSA), tous auraient bénéficié des largesses de Ben Ali. Pour l’heure, à l’exception du site du Nouvel Obs et de Rue89, aucun organe de presse n’a encore repris cette liste. L’AFP n’a encore rien fait. Quant à Reuters, l’agence n’a pas donné les noms de ces journalistes et a préféré insister sur une autre révélation du Canard : le conseiller spécial de Sarkozy, Henri Guaino, a lui aussi été l’invité du régime de Ben Ali. Un joli contrat de treize ans ! Selon l’hebdomadaire, Image 7, l’agence de com’ dirigée par Anne Méaux a fait du lobbying auprès de journalistes au profit du régime de Ben Ali. « Pendant plus de treize ans, ce cabinet, dûment rémunéré par Ben Ali, a su vanter les mérites de son régime auprès d’éminents journalistes, de préférence sous le soleil tunisien », indique Le Canard. « Moyennant 150 000 euros par an d’abord, puis 200 000 en 1998, et davantage les années suivantes, Anne Méaux met progressivement en place un lobbying d’enfer au profit du Président (…) elle décroche reportages et interviews aux petits oignons chez ces aimables confrères ».
Dans une note confidentielle de l’agence, datée du 23 avril 2008 et adressée au responsable de l’Agence tunisienne de communication extérieure (ATCE), « organe officiel de propagande », la responsable du dossier tunisien chez Image 7, Marie-Luce Skraburski, se réjouit du travail accompli : « Nous avons organisé de nombreux déplacements pour des dirigeants de médias et des journalistes français. Ceux qui ont participé à ces voyages ont spontanément reconnu avoir changé d’opinion sur le pays ». De qui s’agit-il ? Du 20 au 24 mai 2009, des patrons de presse ou rédacteurs en chef se seraient rendus en Tunisie, avec leurs épouses, aux frais de Ben Ali : il s’agit d’Etienne Mougeotte (Le Figaro), Nicolas de Tavernost (M6), Dominique de Montvalon (Le Parisien), Alain Weil (RMC-BFM TV). Dans quelles conditions ce voyage, payé par l’ATCE, a-t-il eu lieu ? Etait-ce de vraies vacances ou un séjour arrangé sous couvert d’un quelconque colloque ? Le Canard ne le précise pas.
Dominique de Montvalon, joint par Rue89, a d’ores et déjà réfuté : « Je ne sais pas de quoi il s’agit, je n’ai pas vu Le Canard Enchaîné. Je connais la Tunisie depuis 25 ans. J’aime la Tunisie et les Tunisiens depuis toujours. J’ai dû y aller 35 fois », a-t-il indiqué tout en précisant qu’il avait payé lui-même ces voyages.
Outre ces cadres de la presse cités par Le Canard, des journalistes auraient également bénéficié de séjours payés par le régime tunisien. Ce serait le cas d’un ancien de Valeurs Actuelles, Gérard Gachet, « accompagné de madame, en vacances cinq jours à Tozeur, en juin 2004 » (et qui est devenu par la suite le responsable de la communication d’Alliot-Marie aux ministères de l’Intérieur, de la Justice et des Affaires étrangères). Du 22 au 24 juin 2007, Michel Shifres (alors directeur délégué du Figaro) et Marie-Ange Horlaville (journaliste du Figaro spécialisé dans le luxe) auraient également séjourné à Tunis aux frais du régime. Françoise Laborde, ancienne présentatrice des JT de France 2 et aujourd’hui membre du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), est également épinglée par l’hebdomadaire : « fin 2004, Image 7 commande à l’Agence tunisienne de communication extérieure quelques faveurs pour un réveillon à Zarzis de Françoise Laborde avec son compagnon et ses deux enfants ». Ce qu’a confirmé Laborde au Canard : « Image 7 a facilité les formalités à l’aéroport et m’a obtenu un surclassement à l’hôtel dans un pavillon plus chic », a-t-elle indiqué. En février 2010, l’agence de com’ est de nouveau intervenue pour un séjour de Laborde en Tunisie : cette fois-ci, celle qui est entrée au CSA l’année précédente, a pu bénéficier d’une voiture avec chauffeur pendant son séjour, soit un coût de 800 euros. Et Le Canard d’expliquer qu’elle « est d’autant plus choyée » que la responsable du dossier tunisien chez Image 7, Marie-Luce Skraburski, n’est autre que l’épouse de Michel Boyon, l’actuel président du CSA. Lequel ne s’est pas fait prier, comme l’a relevé le journaliste Guillaume Evin dans « Le livre noir du CSA », pour vanter les mérites du régime de Ben Ali dans un article de la Presse de Tunisie publiée au printemps 2010 : « Je suis impressionné par le remarquable niveau de développement atteint par la Tunisie (…) Les Français (…) soutiennent les efforts de ceux qui, comme la Tunisie, sous l’impulsion du président Ben Ali, sont déterminés à lutter contre toute forme de passéisme, d’obscurantisme qui conduirait à la régression sociale ou culturelle », expliquait-il. Enfin, dans cette longue liste, deux autres noms apparaissent dans la note confidentielle de 2008 comme « dirigeants de la presse bienveillants à l’égard du pays » mais sans mention de voyage de complaisance : Jean-Claude Dassier (LCI) et Christian de Villeneuve (Paris-Match, Le JDD). Mais ce dernier a réfuté toute complaisance à l’égard du régime : « Je ne sais pas ce qu’a écrit cette dame [d’Image 7, ndlr], mais j’en ai ras-le-bol de cette histoire ! J’ai une maison en Tunisie, j’adore la Tunisie, mais je n’ai rien à voir de près ou de loin avec les régimes passés, présents ou à venir en Tunisie », a-t-il indiqué à Rue89. Tous les journalistes approchés n’auraient tout de même pas cédé aux sirènes d’Image 7 et de Ben Ali. Dans sa note, Marie-Luc Skraburski déplore l’indifférence des « journalistes spécialisés dans la politique internationale, qui sont globalement de culture marxiste et droit-de-l’hommisme et essaient de présenter encore le régime tunisien comme un pays non démocratique, peu soucieux des droits de l’individu ».
silence de l’afp. reuters ne cite pas les journalistes
Pour l’heure, à l’exception du site du Nouvel Obs et de Rue89 (qui a tout de même oublié de préciser que l’auteur de la note est la femme du président du CSA), aucun organe de presse n’a repris, à notre connaissance, cette longue liste. L’AFP n’en a encore rien dit. Et si l’agence Reuters a bien évoqué cette liste, elle n’a pas donné de noms de journalistes. La dépêche, notamment reprise sur Lemonde.fr, Lefigaro.fr et 20minutes.fr préfère insister sur une autre révélation du Canard : le conseiller spécial de Sarkozy, Henri Guaino, a séjourné gratuitement au sud du pays, à Tozeur, fin avril 2008, à l’issue d’une visite d’état. Guaino a confirmé l’information au Canard mais a nuancé en préférant parler d’une « visite », plutôt que de « vacances ». Ce qui change tout. En février dernier, Guaino avait déjà été épinglé par Les Inrocks pour ses vacances de Noël en Libye. Cette fois-ci, c’est donc la Tunisie. Et sa « visite » payée en 2008 par le régime de Ben Ali n’est pas le seul cas où il a bénéficié de ce genre de privilège. Selon Le Canard enchaîné, quelques mois après cette « visite », en août 2008, il a pris ses congés au Club Med de Djerba et Ben Ali aurait mis « à sa disposition garde du corps et voiture avec chauffeur ».
quand Guaino minimisait la répression de ben ali
Des informations qui nous font réécouter différemment l’agacement de Guaino en janvier dernier sur France Inter. Reconnaissant des maladresses de communication depuis l’éclatement de la révolution tunisienne, il avait estimé que la France n’avait toutefois rien à se reprocher sur le fond , en ayant soutenu le régime de Ben Ali pendant des années. Emporté dans son élan, il était même allé jusqu’à minimiser l’importance de la répression tunisienne et les morts qui s’en sont suivis, en établissant un parallèle avec les émeutes de Los Angeles. Guaino affirmait alors que la police de Los Angeles avait elle-aussi tiré à balles réelles, ce qui était faux.
Source: “Arret sur image” Le 29-06-2011 Lien: http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=4142  

Le Canard épingle des journalistes hôtes de Ben Ali


Selon Le Canard enchaîné de ce mercredi, la boîte de conseil Image 7 d’Anne Méaux a organisé depuis la fin des années 90 un « discret réseau d’influence » en faveur de la dictature de Ben Ali, composé notamment de patrons de presse « tout acquis à sa cause ». La société de communication était liée contractuellement par l’Agence tunisienne de communication extérieure (ATCE) et rémunérée plus de 200 000 euros par an. Le Canard a mis la main sur « des documents illustrant ces mœurs joyeuses ». La mission d’Anne Méaux était, entre autres, de promouvoir l’image du pays en décrochant des reportages et interviews pro-Tunisie. Exemple : « En décembre 2003, Image 7 expédie à Tunis Michel Schifres, alors directeur délégué du quotidien [le Figaro, ndlr]. Quelques jours plus tard, annoncée en une du journal, une interview de Ben Ali accablé de questions pièges sur la bonne situation économique et la place remarquable de la femme en Tunisie. » Vacances pieds dans l’eau Selon l’hebdomadaire, Image 7 organisait les vacances de certains journalistes en Tunisie : du 20 mai au 24 mai 2009, Etienne Mougeotte (Le Figaro), Nicolas de Tavernost (M6), Dominique de Montvalon (Le Parisien) et Alain Weil, patron de RMC-BFM TV seraient partis à Tunis avec leurs épouses ; du 22 juin au 24 juin 2007, Michel Schifres et Marie-Ange Horlaville (journaliste du Figaro spécialiste du luxe) auraient bénéficié d’un séjour VIP dans la capitale tunisienne ; en juin 2004, Gérard Gachet, ancien de Valeurs actuelles, serait parti avec sa femme en vacances à Tozeur cinq jours ; fin 2004, Image 7 aide Françoise Laborde, alors présentatrice du JT de France 2, à organiser un réveillon à Zarzis avec son compagnon et ses deux enfants. Devenue depuis membre du CSA, elle reviendra en 2010 en vacances et bénéficiera d’une voiture avec chauffeur. Joint par Rue89, Dominique de Montvalon réagit : « Je ne sais pas de quoi il s’agit, je n’ai pas vu Le Canard enchaîné. Je connais la Tunisie depuis 25 ans. J’aime la Tunisie et les Tunisiens depuis toujours. J’ai dû y aller 35 fois. – Toujours avec votre argent ? – Mais bien sûr, oui. » Dans un document interne d’Image 7 publié par Le Canard enchaîné, les noms de Jean-Claude Dassier (à l’époque patron de LCI) et Christian de Villeneuve (qui dirigeait Paris Match et Le Journal du Dimanche) sont aussi évoqués parmi « les principaux dirigeants de la presse française bienveillante à l’égard du pays ». Joint par Rue89, ce dernier dément avoir éprouvé de la bienveillance pour le régime Ben Ali : « Je ne sais pas ce qu’a écrit cette dame [d’Image 7, ndlr], mais j’en ai ras le bol de cette histoire ! J’ai une maison en Tunisie, j’adore la Tunisie, mais je n’ai rien à voir de près ou de loin avec les régimes passés, présents ou à venir en Tunisie. » Les journalistes de politique internationale « marxistes » Chez Image 7, c’est Marie-Luce Skraburski qui s’occupe du dossier tunisien. Dans une note confidentielle que s’est procurée Le Canard enchaîné et adressée au patron de l’ATCE, Oussama Romdhani, elle se félicite d’avoir « œuvré en vue de corriger la perception injuste de la réalité politique tunisienne ». Mais dans les dernières lignes, l’employée d’Image 7 regrette que tous les journalistes ne jouent pas encore le jeu : « [Il s’agit] des journalistes spécialisés dans la politique internationale, qui sont globalement de culture marxiste et droit-de-l’hommiste et essaient de présenter encore le régime tunisien comme un pays non démocratique, peu soucieux des droits de l’individu. » Source : « rue89 » Le 29-06-2011 Lien :http://www.rue89.com/2011/06/28/le-canard-epingle-des-journalistes-hotes-de-ben-ali-211326  

Tunisie, 6 mois après: suivez au jour le jour 3 journalistes belges


Trois journalistes belges sont partis en Tunisie pour explorer la société tunisienne, six mois après sa révolution pour la démocratie. RTL info vous propose de les suivre au jour le jour, de partager leurs impressions et rencontres, durant une semaine, à travers des extraits de leur carnet de route. « C’était en décembre. Un jeune marchand s’immolait à Sidi Bouzid, un bled tunisien dont personne n’avait jamais entendu parlé jusque-là. La goutte de trop. Le processus s’enclenchait. Une colère, une contestation, une révolte. Une Révolution. Le 14 janvier 2011, Zine el-Abidine Ben Ali, dictateur intransigeant depuis 23 ans, fuyait une Tunisie euphorique. Le raz-de-marée continuait : l’Egypte faisait tomber Hosni Moubarak quelques semaines plus tard, l’Algérie, le Maroc grondait, La Libye s’enflammait avant que la Syrie, Bahreïn ou le Yemen n’emboîtent le pas. En quelques mois, c’est tout le monde arabe qui a tremblé, provoquant des secousses jusque chez nous. La communauté tunisienne de Belgique (20.000 ressortissants) s’est et est toujours mobilisée. Même nos « Indignés » campant à Saint-Gilles, Ixelles ou Liège se revendiquent pour partie du mouvement lancé par la jeunesse tunisienne. Dans quelques jours, le 14 juillet, cela fera six mois que Ben Ali a cédé face à la vague citoyenne. Six mois que la Tunisie se trouve face à un défi plus grand encore que celui de vaincre une dictature : instaurer la démocratie. Les experts occidentaux ont prévenu les citoyens tunisiens : « Il y aura des troubles. Soyez prudents de ne pas faire trop de concessions au nom de la sécurité que vous aurez provisoirement perdue.« Des troubles, il y en a. Si Ben Ali est parti, ceux qui rythmaient son système sont toujours là. Ils perturbent le processus. C’est normal. Les élections, prévues fin juillet ont été reportées à octobre. Le parti unique dissous, les nouvelles formations politiques affluent. Il y en a déjà une centaine. Oui, une centaine. Le tourisme, moteur économique du pays, connaît une sévère régression qui handicape toute la société. L’avenir est flou, les gens doutent et et les nantis d’hier n’attendent qu’une chose : laisser passer l’orage pour se refaire une place au soleil. L’espoir démocratique est-il dès lors sur le point d’être tari ? L’élan citoyen va-t-il se briser contre l’immobilisme politique ? Ou le sacrifice de Mohamed Bouazizi, jeune vendeur ambulant à Sidi Bouzid, va-t-il s’inscrire dans l’Histoire aux côtés des plus grands ? C’est pour creuser ces questions que nous avons pris un vol pour Tunis. Tous les jours, nous vous tiendrons au courant de nos découvertes, nous partagerons avec vous notre voyage, nos rencontres et nos impressions. Et si la vraie révolution tunisienne était seulement en cours ? »

“Ni dieu, ni maître” devient “Laïcité, inch’Allah”


Suite à la polémique ‘a créé le film Ni dieu, ni maître, réalisé par la tunisienne Nadia el Fani, cette dernière a décidé de changer le titre de son film à cause de la mauvaise interprétation de celui-ci. “Ni dieu, ni maître” devient alors “Laïcité, inch’Allah”. Nadia el Fani se défend d’avoir attaqué ou voulu offenser les musulmans en optant pour le titre remis en cause, Ni dieu, ni maître. En cherchant à mettre fin à la polémique et accusation dont certains continuent à dire et prétendre qui, selon la réalisatrice, laissent certaines personnes dire qu’elle attaque l’islam, uniquement sur la base du titre, le nouveau titre, “Laïcité, inch’Allah” vient essayer de remédier au malentendu créé par le premier titre.

Médias Tunisie: Kamel Laabidi répond aux attaques de Omar Mestiri


Le président de l’instance nationale pour la Réforme nationale de l’information et de la communication (INRIC), M. Kamel Laabidi a indiqué que le retard accusé dans l’étude des dossiers d’obtention des autorisations pour le lancement de radios ou de chaînes télévisées est dû essentiellement au non parachèvement d’un certain nombre de promoteurs de leurs dossiers, au premier rang desquels figure M. Omar Mestiri, promoteur de la radio « Kalima ». Dans un communiqué explicatif diffusé, mardi, en réponse aux attaques lancées par M. Mestiri contre l’instance, lors d’une conférence de presse, tenue la semaine dernière, M. Kamel Laabidi a souligné que M. Mestiri n’avait pas précisé dans son dossier la nature de la radio qu’il compte créer, ni présenté son conseil d’administration ou son comité de rédaction. Il a ajouté que ce dossier ne recèle ni une étude technique ni une présentation détaillée de la grille de programmation, se contentant d’une simple demande dans laquelle il précise avoir obtenu une promesse du Premier ministre du gouvernement de transition d’obtenir une autorisation dans les plus brefs délais. M. Kamel Laabidi a souligné « que le promoteur de la radio Kalima a cru pouvoir obtenir son autorisation, en dehors du cadre juridique comme ce fut le cas avant le 14 janvier » ajoutant que ce dernier ne remplissait pas la condition exigeant de présenter le dossier, un mois après sa réunion avec l’instance en avril dernier, et que le dossier de « Radio Kalima » n’est parvenu à la direction de l’instance qu’à la date du 24 mai pour ne contenir qu’une simple demande de création d’une radio commerciale. Il a fait observer qu’après audition des candidats, l’instance a entamé l’étude finale des dossiers, le 28 mai 2011, et est parvenue à fixer une première liste des dossiers candidats à l’obtention d’une autorisation pour l’exploitation des fréquences « FM », dans un laps de temps record selon plusieurs experts, compte tenu du nombre des demandes déposées qui s’élève à 74. Source : « Espace Manager » Le 29-06-2011 Lien :http://www.espacemanager.com/infos-societes/medias-tunisie-kamel-laabidi-repond-aux-attaques-de-omar-mestiri.html  

Tunisie. Ennahdha, ses vieux démons et ses perspectives républicaines (1/2)


Par Oualid Jaafar
Le parti Ennahdha entre les actes et les paroles: absence d’autocritique et références politiques marquées par une filiation idéologique au mouvement islamiste mondial. Peut-on deviner la relation qui pourrait exister entre la révolution du 14 janvier et Ennahdha? Sans la moindre peine et sans le moindre doute: aucune. Le cri emblématique de cette révolution «Dégage», un mot étrange au référentiel arabo-musulman, est là pour nous le rappeler (pour toujours et à tout instant). Pourtant, une impression générale se dégage et se propage: Ennahdha est au centre des débats médiatiques et des ébats intellectuels. Des marabouts prédisent même que ce parti sera le grand vainqueur du prochain scrutin de la constituante et que des forces occultes en coordination avec certaines institutions de l’Etat vont lui spolier son raz-de-marée électoral!
Fantasmagories, machinations, manipulations et contre-manipulations, réelles inquiétudes et profondes préoccupations; tout se mélange et se croise concernant Ennahdha. Mais pourquoi ce parti suscite-t-il tant d’intérêt, de polémiques et de craintes?
Absence d’une autocritique sérieuse et crédible
Le premier constat, c’est l’absence d’une autocritique officielle et approfondie. Les évènements graves qui ont émaillé les périodes 1985-1987 et 1989-1991 et qui ont déchainé la répression policière (ou servi d’alibi pour tenter d’anéantir Ennahdha) n’ont pas été, à ce jour, clairement élucidés du côté d’Ennahdha. Les éléments qui ont perpétré l’attentat de la cellule du Rcd à Bab Souika (18 février 1991) ont été considérés (à priori) comme des éléments incontrôlés et isolés qui ont agi de leur propre chef, et ce du moment qu’aucun haut responsable d’Ennahdha n’a vu sa responsabilité mise en cause directement ou indirectement par les instances du parti. Donnerions-nous crédit à une telle version alors que d’imminentes figures de la mouvance islamiste et des ex-militants ordinaires continuent à réclamer un éclaircissement à propos de cet acte grave?
Autres images et autres faits: certains quartiers populaires étaient devenus, durant cette même période tumultueuse, de facto sous l’influence de militants d’Ennahdha qui commençaient à y dicter quelques paradigmes de leur vision de la religion, notamment en ce qui concerne les habitudes vestimentaires des citoyens. Les actes qui avaient aussi visé certains hôtels durant cette période, et au-delà de la polémique relative à la détermination des responsabilités impliquées, ont été portés par une idéologie réactionnaire fortement inspirée d’une lecture extrémiste du message religieux.
Pis encore, Salah Karkar a reconnu dans un entretien en 20021 que le mouvement prodiguait des conseils à ses militants concernant leurs plans de carrière professionnelle au sein des administrations publiques. Salah Karkar précisait que ces conseils ne revêtaient pas de caractère obligatoire. Il ne faut pas être particulièrement avisé pour comprendre la logique sous-jacente à ces conseils: les intérêts stratégiques du parti et le noyautage de l’appareil de l’Etat.
Et puis cette évolution qu’a connue le mouvement ou le passage du Mouvement de tendance islamiste (Mti) à Ennahdha ne s’est pas accompagnée d’abord d’une révision épistémologique claire et sans équivoque et elle n’a pas aussi levé les zones d’ombre concernant des aspects liés notamment aux libertés individuelles. Deux interrogations à ce niveau pour illustrer ces propos : d’abord, comment pourrions-nous comprendre ou interpréter l’existence sur le site officiel du parti d’aussi bien le statut d’Ennahdha que celui du Mti: le parti revendiquerait-il son passé (sans pour autant l’avoir critiqué franchement) ou bien s’agit-il de statuts à la carte en fonction de l’orientation intellectuelle du visiteur?
Ensuite, des affirmations et des avis, exprimés par le passé et fondamentalement rétrogrades, n’ont pas fait l’objet d’une révision claire et précise. Il est important de rappeler que la doctrine d’un parti est faite certes du socle idéologique mais aussi des réflexions et des déclarations de ses principales figures et cadres, et Habib Mokni en était un et pas des moindres. En 1987, ce dernier, et en tant que représentant du Mti en France, déclarait2: «En ce qui me concerne, cela ne me gêne pas que, dans une société majoritairement musulmane, une femme sort dans la rue, le visage plus ou moins dévoilé, mais pas avec une mini-jupe ni la poitrine découverte (en décolleté-Ndla)…».  
logique de confiscation et de privation trouve toujours son écho et son prolongement quand Rached Ghannouchi évoque sa position concernant les boissons alcoolisées et ses perspectives pour le tourisme ou quand les militants d’Ennahdha, discrètement séparés en fonction de leur genre (phénomène qui aurait été observé aussi dans certaines écoles maternelles), applaudissaient enthousiasmés Psycho-M en train de proférer des incitations à la haine en bonne et due forme visant notamment le réalisateur Nouri Bouzid.
Ces dérapages ne sont pas des commérages mais ne constituent pas non plus un acte d’accusation. Néanmoins, ils nécessitent sans le moindre doute une autocritique profonde et sincère. Un parti politique sérieux et ambitieux se doit de faire cet exercice délicat et risqué mais qui ne peut être que bénéfique à long terme aussi bien pour Ennahdha que pour la Tunisie. Sans cette autocritique franche, ce parti se trouverait de facto conditionné par un discours contradictoire dans le temps, et variable en fonction des circonstances. Un tel discours ne peut que contribuer à attiser les craintes, à induire en erreur les partenaires et surtout à transformer Ennahdha en un parti hétérogène sans identité où des salafistes, des conservateurs voire même des progressistes se mélangent pour aboutir à un «melting pot» qui serait puissant à court terme mais fragile et éphémère à long terme; un remake du Rcd mais avec un arrière plan théocratique cette fois-ci. Et c’est cet équilibre de trapéziste qui explique le renvoi par les cadres de ce parti à des références politiques et historiques sans pour autant en vérifier la cohérence et la compatibilité.
Des références tronquées
Rached Ghannouchi ne cesse d’évoquer le modèle turc, Abdelfattah Mourou, co-fondateur d’Ennahdha, compare l’orientation politique de la mouvance islamique en Tunisie à celle de la démocratie chrétienne. En même temps, Noureddine Bhiri avoue l’existence de croisements intellectuels et conceptuels avec le Hamas et les frères musulmans. Un imbroglio de concepts, un labyrinthe de pistes politiques.
Concernant le modèle turc, Rached Ghannouchi va encore plus loin pour prétendre que «la réflexion que nous avons-nous-mêmes conduite sur l’enracinement des principes démocratiques dans la culture islamique a eu une influence sur d’autres mouvements, y compris l’Akp turc» (dixit). La référence au modèle turc n’est pas du tout appropriée. En effet, en visitant le site officiel d’Akp, on se rend compte de l’absence de toute référence religieuse. D’ailleurs l’héritage de Kamal Atatürk semble être clairement et complètement assumé par ce parti. En revanche, le même exercice aboutit à un résultat complètement différent concernant Ennahdha: les références à la religion sont multiples au niveau de son site officiel, une école islamique virtuelle y est proposée, etc.
Ensuite, l’orientation politique de la Turquie vise clairement à intégrer l’Union Européenne. L’Akp n’a jamais remis en cause le statut de membre de l’Otan. D’ailleurs, ce n’est pas Ennahdha qui rejoint l’Akp sur ce point, mais c’est plutôt le 1er président de la république tunisienne, Habib Bourguiba, qui, à l’aube de l’indépendance, a exprimé clairement sa préférence de faire partie de l’Otan que d’intégrer naturellement la Ligue des Etats arabes!
Quant à la référence à la démocratie chrétienne, il s’agit d’une énorme et triste tricherie intellectuelle et conceptuelle qu’il n’est même pas nécessaire de contre-argumenter dans cette contribution. Et puis, quid ce ces croisements avec les frères musulmans qui prônent que «l’islam est la solution» (et donc sémantiquement la solution unique et absolue)?
Ce ne sont là que des exemples que nous citons, car les incohérences sont devenues nombreuses. Alors, il faut cesser de présenter des références tronquées car s’il est vrai qu’avant le 14 janvier il y avait un vide politique; il ne faudrait pas, non plus, le combler par des erreurs et des incomplétudes faute de connaissances approfondies ou par volonté préméditée d’induire en erreur (ce qui serait plus grave et pernicieux). Ennahdha, en tant que parti qui respecte ses militants et surtout le peuple tunisien se doit d’être plus professionnel et plus objectif dans l’exercice de comparaison et de renvoi à des références politiques et intellectuelles. Une telle exigence est urgemment requise aussi dans la communication de ce parti. Notes : 1 – «Le syndrome autoritaire: Politique en Tunisie de Bourguiba à Ben Ali»; par Michel Camau et Vincent Geisser, Presses de Sciences Po, Paris, 2003. 2 – Les cahiers de l’orient n°7, Troisième Trimestre 1987.

De bonnes premières réponses aux attentes de l’immigration tunisienne


Dans le cadre de la poursuite des assises de l’immigration tunisienne à l’étranger, réunies à l’université de Paris VIII à Saint-Denis e 7 juin 2011 , une réunion de bilan et de suivi s’est tenue à Tunis le 25, 26 et 27 juin 2011 en présence d’une vingtaine d’associations représentées par 40 délégués venant de France, Belgique, Italie, Suède et Canada. Les associations ont débattu de leurs attentes pour la prise en compte des revendications des Tunisiennes et Tunisiens l’étranger. Ils ont décidé de la mise en place d’un conseil de suivi où seront représentés les acteurs associatifs par des délégués. La communication devra être développée pour élargir la participation de toutes et tous. Lors de ces journées de travail les représentants des Tunisiens à l’étranger ont modifié et adopté la cahier de doléances et rencontré les acteurs des partis politiques et de la société civile pour échanger sur la place des Tunisiens à l’étranger après la révolution pour les sensibiliser à la prise en compte de notre cahier de doléances. Le jeudi 27 juin 2011 la délégation des assises de l’immigration tunisienne a été reçue par M Mohamed Ennaceur Ministre des affaires sociales dans les locaux du ministère en présence du Directeur de cabinet et des principaux responsables de l’Office des Tunisiens à l’étranger. Les nombreux points figurants dans le cahier des doléances ont été abordés : La question de la représentation des Tunisiens et Tunisiennes à l’étranger dont celles des binationaux. La participation des Tunisiennes et Tunisiens aux élections de l’assemblée constituante et la nécessaire évolution des lois régissant la communauté tunisienne à l’étranger ainsi que les accords bilatéraux pour une meilleure protection des Tunisiens et Tunisiennes à l’étranger. Le rôle de l’O.T.E. et sa nécessaire restructuration et la révision des politiques des politiques pour abandonner les pratiques d’exclusion de l’ex R.C.D. La création d’un Conseil National de l’Immigration à l’étranger et d’un ministère de l’immigration pour plus d’un million et cent mille de nos ressortissants à travers le monde. L’accueil dans les consulats et la problématique du retour et l’aide au développement de projets pour les migrants. La question des émigrés sans papiers et de leur défense a été soulevée. La culture avec la révision des politiques d’enseignements des langues et cultures arabes, la situation des étudiants Tunisiens à l’étranger ont été longuement évoquées comme des vecteurs d’enrichissement pour la société tunisienne et sa diversité. Le Ministre a longuement répondu à nos attentes et accepté notre cahier de doléances comme une contribution essentielle pour la nouvelle Tunisie démocratique après la révolution ; l’immigration est donc une richesse, un apport humain, économique et culturel. Le Ministre a proposé de pérenniser ces assises et de contribuer à leurs élargissements à tous les Tunisiens et Tunisiennes à l’étranger à travers le monde; Il s’est engagé à faciliter l’obtention de rendez vous avec le Ministre des affaires étrangères et le Premier Ministre. Les participants à la délégation qui a rencontré le Ministre des affaires sociales ont estimé la rencontre positive et productive, ils espèrent qu’une nouvelle page soit ouverte pour une meilleure prise en compte des questions soulevées par les migrants tunisiens. Une conférence de presse a clôturé la rencontre de Tunis au local de la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme qui a soutenu depuis le début notre action et notre démarche depuis le lancement des assises ; leur accueil et leur soutien a été fortement apprécié par les délégués venant des différents pays de l’immigration.

Qui manœuvre contre la démocratie en Tunisie?


Par Mongi Karrit*
Les partis devraient faire preuve de plus de patriotisme et s’engager clairement sur la voie de la démocratie. L’intérêt national doit primer sur l’intérêt personnel. Ces jours-ci nous constatons avec beaucoup de regret et d’étonnement les positions de certains partis politiques vis-à-vis des travaux réalisés par la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, la réforme politique et la transition démocratique. Cette instance, faut-il le rappeler, a vu le jour sous la pression des partis politiques et des associations qui, à un certain moment, se sont érigés en «protecteurs» de la révolution et contrôleurs du gouvernement provisoire. Formée de représentants de plusieurs partis, associations, et organisations de la société civile, l’instance s’est vue attribuer la mission de préparer la transition démocratique. Il est, donc, normal qu’une charte républicaine soit élaborée avec un consensus autour de la préservation des acquis, la liberté, la démocratie, la modernité. Il en est de même pour le code électoral garant de la transparence des résultats des élections de la constituante. L’organisation du financement des partis politiques et de leurs campagnes électorales fait partie intégrante du processus pré-démocratique.
Le report des élections est-il justifié?
Est-ce une simple coïncidence: ce sont ces mêmes partis qui ont reproché à la Haute instance indépendante pour les élections de reporter la date des élections de l’assemblée constituante. Les raisons invoquées étaient d’ordre sécuritaire et économique. Mais, fallait-il maintenir la date du 24 juillet et courir le risque d’aboutir à des élections bâclées, non transparentes et non démocratiques? A quels partis de pareilles élections auraient-elles bénéficié? Un consensus s’est dessiné sur la question du report et ces partis pressés ont dû s’adapter en conséquence. A mon avis, ce report sera bénéfique à plus d’un titre: – la Haute instance indépendante pour les élections aura le temps requis pour organiser lesdites élections dans des conditions démocratiques;
– l’ordre public se rétablira progressivement et contribuera au bon déroulement des élections;
– les partis nouvellement créés auront le temps de s’organiser et de se faire connaître. Le maintien de la date initiale aurait sans doute entravé l’activité de plusieurs partis, ce qui est anti démocratique; – ces partis apprendront à bien encadrer leurs partisans et appréhender leurs soucis et attentes. Ils auront le temps nécessaire pour se déplacer dans les régions du pays, en particulier dans les régions défavorisées, pour écouter, apprendre, soutenir, et surtout pour avoir la confiance d’un électorat qui n’a jamais eu affaire avec un si grand nombre de partis aux multiples slogans; – les partis apprendront à expliquer et clarifier la situation du pays sur tous les plans: politique, économique, social, etc. Leur contribution dans ce sens est de nature à rétablir la confiance et d’instaurer la sagesse et l’objectivité.
Préservation des acquis
L’élaboration de la Charte républicaine demeure jusqu’à ce jour un sujet que le parti Ennahdha, sous des prétextes d’ordres constitutionnel et juridique, refuse de signer. Pourtant ce parti, qui a bénéficié de la révolution pour se faire délivrer l’autorisation de s’organiser et qui prétend être démocratique, a le devoir de l’adopter en respect aux sacrifices de tous les Tunisiens qui ont combattu la dictature et qui se sont sacrifiés pour la liberté, la dignité et la justice. Ce refus pose plus d’une question, surtout que la constituante, une fois élue, aura tous les pouvoirs et pourra élaborer la nouvelle constitution dans une orientation non démocratique.
Financement douteux des partis
Le sujet du financement des partis a pris de l’ampleur ces derniers jours avec le démarrage prématuré des campagnes électorales par certains partis, notamment le Parti démocratique progressiste (Pdp), qui a lancé une campagne de publicité dans les médias (presses écrite et en ligne, affichage urbain…). Des partis ont déjà des représentations dans toutes les régions. Des sièges sont régulièrement inaugurés. Des meetings de propagande sont organisés dans des salles de conférences. Bref, beaucoup d’argent est dépensé.
En revanche, d’autres partis, faute d’argent, peinent à louer de petits bureaux en guise de sièges régionaux. Ces fonds, selon les premiers, proviennent des cotisations de leurs adhérents et des dons: argument qui semble peu crédible aux yeux des seconds car il y a un doute sur l’origine des fonds ainsi dépensés (gaspillés, diraient d’autres, car ils auraient servi à créer des emplois dans les régions intérieures?). Face à cette situation, l’Instance s’est penchée sur le sujet. Mais, de nouveau, des partis, dont Ennahdha et le Pdp – ce qui n’a rien de surprenant –, ont vivement critiqué l’Instance. Ennahdha a suspendu sa participation à ses travaux, et indiqué que cette décision pourrait être définitive. De son côté, le fondateur du Pdp, Ahmed Néjib Chebbi, a jugé l’Instance «peu représentative», car ses membres ne sont pas élus. «Plus tôt elle partira, mieux ça sera pour le pays», a-t-il déclaré.
Le consensus: un recours obligatoire
Il y a des faits que tous les partis doivent prendre en considération. La période de transition que le pays traverse est une période critique. Sa situation socio-économique est très précaire. Les dangers nous guettent de toutes parts, aussi bien de l’intérieur que de l’extérieur. Plusieurs facteurs peuvent influer sur le succès ou l’échec du processus démocratique. Par conséquent, le consensus demeure primordial et indispensable autour des diverses questions nationales si l’on veut voir le bout du tunnel. Les partis devraient faire preuve de plus de patriotisme et s’engager clairement sur la voie de la démocratie. Leur soutien aux actions du gouvernement est nécessaire. L’intérêt national doit primer sur l’intérêt personnel.
* Citoyen de la masse silencieuse.

Arab Spring: Nature of armies decisive in revolutions


By Shashank Joshi
In the wave of dissent sweeping over the Arab world, an old lesson is being re-learnt: that armies are the key to unlocking a revolution’s potential. After the ignominious fall of Presidents Ben Ali in Tunisia and Hosni Mubarak of Egypt, it was widely noted that these events disproved the ‘Arab exception’ – the belief, held in the face of mountains of contradictory evidence, that Arabs did not want democracy. But the overwhelming focus on the « demand-side » of an uprising lost sight of something more important: that the « market for revolution » cannot clear if the army is both able and willing to use overwhelming force. In other words, armies control the « supply-side » of revolution. History is replete with abortive awakenings, in which the supply constraint has choked off change: Europe 1848, Hungary 1956, Prague 1968, Beijing 1989, and – what may turn into the tragic footnote to the Arab Spring – Bahrain 2011. Syria could be appended to that list in short order. Independent identity This is about much more than raw coercive capacity. Both Iran’s army in 1979 and Egypt’s this year could have put up stiff resistance to the movements that swept away incumbent dictators. Why did they hold their fire? “Start Quote Armies that are little more than outgrowths of an autocratic regime know that they have no institutional future if protesters get their way” End Quote The answer lies in civil-military dynamics. Armies that have their own identity, that possess a corporate existence separate from their political masters, often choose to manage political transition rather than simply squelch it. They see a future beyond the regime. In Turkey, Pakistan, and now Egypt, the army has judged that it can enjoy its economic and political privileges by controlling the scope and direction of change. In fact, outright repression would tarnish the invaluable national credentials each institution enjoys, largely as a result of its own myth-making and manipulation. Egypt’s army did try to dislodge the masses in Tahrir Square. But when it realised it could not do so without enormous bloodshed that would also wash away the institution’s veneer, it shied away. On the other hand, armies that are little more than outgrowths of an autocratic regime know that they have no institutional future if protesters get their way. Servile armies A man briefly blocks the path of tanks following the 1989 Tiananmen Square massacre, when hundreds were killed In Syria, 70% of career soldiers and 80% of officers are drawn from the ruling minority Alawite clan. Those units employed in crackdowns and massacres, such as the Fourth Division controlled by President Bashar al-Assad’s brother, are all-Alawite, as are key intelligence organisations and militias. These armies – like Bahrain’s security forces and Libya’s elite brigades – may be disciplined and cohesive, but they are not professional. Since their fate is bound up with that of the regimes, they have little compunction in unleashing violence. It is this distinction, between independent and servile armies, that is one of the most important parameters in determining the trajectory of an uprising. An independent, professional army, no matter how powerful, will have appealing alternatives to bloodshed. That doesn’t guarantee a democratic revolution – see the sorry paths of 1980s Turkey or 1990s Pakistan – but it does enable a change. “Start Quote With the understandable romanticisation of raw protest, we lose sight of the fact that massed crowds are but one ingredient of successful regime change” End Quote Armies with a distinct corporate identity can produce dangerous Praetorian states – where the military exercises undue influence over the political regime – but they can also enable peaceful transitions. For those armies that opt for violence, capacity does matter. The archetypal case remains Tiananmen Square. Even though 3,500 PLA officers disobeyed orders in 1989, this was only a fraction of the overall total used in the crackdown. Sectarian armies It helped that the PLA’s 27th Army was at the forefront; this unit’s troops were from northern Shaanxi Province, speaking a different dialect to the student protesters. Bahrain learnt this lesson well, and spent years importing Sunni mercenaries from Pakistan. They have proved to be ready to fire on Shia protesters. The Iraqi army, a mostly Sunni force, had similarly little compunction about brutally putting down the 1991 uprising in Shia and Kurdish parts of the country. In Syria, the Assad regime cynically uses Christian and Druze troops against Sunni targets. The UAE has gone a step further, reportedly hiring Blackwater founder Erik Prince to help establish an all-mercenary force of about 800 foreign fighters. Ethnic difference matters. Patchwork militias Syrian troops have deployed in several towns where protests have been held Nonetheless, most armies do not enjoy the Tiananmen option. A weak army, or one where only select units are equipped and led by regime loyalists, will quickly disintegrate into patchwork militias. In Libya, eastern units peeled away from Gaddafi at the outset of the conflict, sowing the seeds of a civil war. What could have been another Hama – the 1982 massacre perpetrated by an earlier incarnation of the Assad regime in Syria – became something much less simple. All of this is not to neglect the demand-side of revolution. After all, Saudi Arabia and Qatar have all been largely quiet, and not just because of fear. But with the understandable romanticisation of raw protest, we lose sight of the fact that massed crowds are but one ingredient of successful regime change. For those peering into these restive states, this is a reminder that capacity-building in the absence of professionalisation simply produces more efficient slaughter. Britain trained and equipped some of the Libyan special forces who inflicted such horrors on cities like Misrata. Western states continue to train Saudi forces, and this may well have much the same effect. For those that find this improbable, consider that six months ago Bahrain was considered a humane and liberalising country whose parliamentary institutions obviated the need for a crackdown. The more immediate lessons may be these: parts of Yemen’s splintered forces have proven flexible enough to manoeuvre away from the Saleh regime, and might yet fall in line behind a transitional government that emerges. Syria’s sectarian army, on the other hand, will not go down without a fierce fight – one that they have an excellent chance of winning. Shashank Joshi is an Associate Fellow at the Royal United Services Institute (RUSI), a defence think-tank in London, and a doctoral student of international relations at Harvard University.
Source: “BBC” Le 29-06-2011 Lien: http://www.bbc.co.uk/news/world-middle-east-13941523

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