28 février 2008

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TUNISNEWS
 8 ème année, N°  2836 du 28.02.2008

 archives : www.tunisnews.net

 

CCTE: Décision historique de la Cour européenne dans son Arrêt  en faveur de M N. Saadi du 28 février 2008 :  elle confirme la « gravité » de la torture en Tunisie

Reuters: Strasbourg interdit à l’Italie d’expulser un Tunisien AFP: La Cour européenne s’oppose à l’expulsion d’Italie d’un ressortissant tunisien C.R.L.D.H. Tunisie: Pour la révision du procès inique  de Naoufel SASSI  et de ses co-détenus Reporters sans frontières s’inquiète pour la santé de Slim boukhdir Reporters Without Borders: Journalist Slim Boukhdir’s health getting steadily worse in Sfax prison AISPP: Procès du 28 février AISPP:  Prononcé du jugement dans l’affaire du « projet terroriste » Liberté et Equité: Une mère se voit interdire de rendre visite à son fils parce qu’il a été puni et mis au cachot Le groupe de suivi de l’appel au soutien à une candidature pour une alternative démocratique 2009: Mise au point Reuters: Tunisie – Dix-sept personnes condamnées pour liens avec Al Qaïda Reuters: Tunisia jails 17 for Al Qaeda links Le Monde: L’ONU contre les droits de l’homme

 


Collectif de la Communauté Tunisienne en Europe 1 rue Cassini – 75014 Paris Tél : +33660065998 Communiqué :

Décision historique de la Cour européenne dans son Arrêt  en faveur de M N. Saadi du 28 février 2008 :  elle confirme la « gravité » de la torture en Tunisie

Le Gouvernement italien a procédé à l’arrestation de Nassim Saadi quelques heures avant le rendu de l’Arrêt de la Cour européenne  

Le Gouvernement italien a procédé à l’arrestation de M. Nassim Saadi quelques heures avant le rendu ce matin de l’Arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme en faveur de celui-ci. Nous dénonçons ce nouvel acte de persécution dont M. Saadi est victime depuis plus de cinq ans en Italie, et demandons sa mise en liberté inconditionnelle. Nous voulons bien évidemment rendre hommage à la Cour européenne pour son courage et sa détermination à sauver les valeurs humanitaires du naufrage dans lequel les Gouvernements occidentaux les ont précipitées surtout depuis le 11/9. En effet, dans son arrêt la Cour a réaffirmé le caractère « absolu » de la condamnation des actes de torture et des actes inhumains et dégradants, qui ne sauraient souffrir d’aucune tolérance, y compris en cas de terrorisme, avéré ou non. En déclarant la mesure d’expulsion contre M. Saadi non conforme avec l’article 3 de la CEDH, la Cour a créé une jurisprudence en matière de renvoi en Tunisie de toute personne risquant d’y être torturée, ce qui va sauver des dizaines de personnes menacées de mesures similaires en Europe. Si nous nous réjouissons d’une telle mesure, nous ne saurons nous taire sur les persécutions, les harcélements et les souffrances vécues par nos compatriotes sous le coup de poursuites judiciares particulièrement en Italie pour raison de soi-disant terrorisme, une souffrance indicible vécue par eux et par leurs familles, femmes et enfants. Cette protestation nous l’avions déjà formulées à l’occasion de ce recours, et qui a été rappelée par la Cour européenne dans son arrêté d’aujourd’hui en son § 37 : «  Le 12 septembre 2006, le président d’une autre organisation non gouvernementale, le Collectif de la communauté tunisienne en Europe, adressa un appel au gouvernement italien « pour qu’il mette fin à sa politique d’expulsion en masse des immigrés tunisiens religieux pratiquants ». Il allégua que les pouvoirs publics italiens étaient en train d’utiliser des méthodes inhumaines et reprochaient à plusieurs Tunisiens leurs convictions religieuses. (…) » L’arrestation hier soir de Nassim Saadi confirme s’il en est besoin ces craintes au sujet de l’utilisation de méthodes inhumaines et nous ne pouvons que renouveler notre appel au Gouvernement italien afin qu’il mette un terme au calvaire de nos compatriotes en Italie, nous citerons à titre d’exemple les familles de Nouredine Drissi, de Kamel Darraji, des frères Cherif, frères Bouyahia, Soltani, Imed Zarkaoui, etc., ainsi que des individualités comme Fayçal Ben Mabrouk qui vit en Italie un calvaire quotidien du fait de son handicap moteur puisqu’il est atteint de poliomyélite. L’Italie le prive de tout titre de séjour et tout droit au travail du seul fait que son frère est détenu à Gantanamo. Il a besoin du secours de tous. Enfin, illustration supplémentaire de la persécution de nos compatriotes en Italie, le maintien par l’Union européenne d’une liste de Tunisiens (ceux que nous avons cités et d’autres), catalogués comme appartenant à Al Qaida alors que les autorités italiennes les ont innocentés de tout terrorisme. Nous demandons à l’Italie de procéder immédiatement au retrait de leurs noms de cette liste afin qu’ils puissent retrouver une vie normale et pouvoir travailler et ouvrir des comptes bancaires pour eux et leurs familles. La décision de la Cour est un tournant dans la lutte contre la torture en Tunisie, et un coup dur pour le dictateur tunisien. C’est aussi un espoir pour le peuple tunisien vivant dans l’esclavage d’une mafia dont les heures, nous l’espérons, sont comptés. Cette avancée est rendue possible grâce à la mobilisation des organisations telle que l’OMCT, Amnesty International, HRW, l’Observatoire lyonnais des DH, le CNLT, l’AVTT, ainsi que celle de Maitres Barbara Manara et Sandro Clementi, Samir Ben Amor, M. Ahmed Manai, qu’ils soient sincèrement félicités. Signé : Le Bureau

 [contact avocats de Saadi : barbara.manara@fastwebnet.it Paris, le 28 février 2008

 


 

Strasbourg interdit à l’Italie d’expulser un Tunisien

 

Reuters, le 28 février 2008 à 11h18

 

STRASBOURG, 28 février (Reuters) – La Cour européenne des droits de l’homme a estimé jeudi que l’expulsion vers son pays d’origine de Nassim Saadi, un Tunisien soupçonné en Italie d’activités terroristes, constituerait une violation de l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme qui interdit la torture.

 

Cette décision définitive, rendue par un arrêt de grande chambre, à l’unanimité des juges, équivaut à une interdiction d’expulser le requérant.

 

La Cour se réfère à des rapports d’Amnesty International et de Human Rights Watch corroborés par le département d’Etat américain qui dénoncent « les cas nombreux et réguliers de torture (en Tunisie) concernant des personnes accusées en vertu de la loi antiterroriste de 2003« .

 

« Il n’est pas possible de mettre en balance, d’une part, le risque qu’une personne subisse des mauvais traitements et, d’autre part, sa dangerosité pour la collectivité si elle n’est pas renvoyée (vers son pays) », ajoute la Cour en contestant une thèse présentée par le gouvernement britannique en appui des autorités italiennes.

 

Agé de 34 ans, Nassim Saadi, qui réside à Milan, est père d’un enfant de huit ans qu’il a eu avec une ressortissante italienne.

 

Soupçonné de participation à un complot terroriste et de liens avec Al Qaïda, ce Tunisien a été arrêté en octobre 2002 pour n’être condamné, le 9 mai 2005, qu’à quatre ans et six mois de prison pour association de malfaiteurs, l’accusation de terrorisme étant tombée.

 

L’affaire fait l’objet d’une procédure d’appel.

 

Nassim Saadi a également été jugé par défaut en Tunisie. Le tribunal militaire de Tunis l’a condamné à 20 années d’emprisonnement le 11 mai 2005 pour appartenance à une organisation terroriste.

 

REUTERS

 


 

La Cour européenne s’oppose à l’expulsion d’Italie d’un ressortissant tunisien

 

AFP, le 28 février 2008 à 11h02

 

STRASBOURG (Conseil Europe), 28 fév 2008 (AFP) – La Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH), dans un arrêt très attendu rendu jeudi, s’oppose à l’expulsion d’Italie vers la Tunisie d’un ressortissant tunisien au motif qu’il y risquerait de subir la torture et des traitements inhumains.

Dans cet arrêt de grande chambre, la CEDH souligne que l’expulsion de Nassim Saadi vers la Tunisie serait une violation de l’article 3 de la Convention des droits de l’Homme (interdiction de la torture et des traitements inhumains ou dégradants).

Cet arrêt de la Cour européenne était très attendu dans la mesure où il réaffirme l’interdiction absolue d’expulser des immigrés vers un pays où ils risquent la torture.

Le requérant est un ressortissant tunisien né en 1974 et résidant à Milan. Soupçonné de terrorisme international, M. Saadi fut arrêté et placé en détention provisoire en Italie en octobre 2002. Il y fut condamné à quatre ans et six mois de prison le 9 mai 2005, l’infraction étant requalifiée d’association de malfaiteurs.

Mais le 11 mai 2005, le tribunal militaire de Tunis condamna le plaignant à 20 ans de prison pour appartenance à une organisation terroriste.

Le 8 août 2006, le ministre des Affaires intérieures italien ordonna son expulsion vers la Tunisie, mesure pendante puisqu’une demande d’asile politique de l’intéressé a été rejetée.

Pour la Cour, « la perspective qu’une personne constitue une menace grave pour la collectivité ne diminue en rien qu’elle subisse un préjudice si elle est expulsée ».

Dans ses attendus, « la Cour estime que des éléments sérieux et avérés justifient de conclure à un risque réel que l’intéressé subisse des traitements contraires à l’article 3 s’il était expulsé

vers la Tunisie ».

« En conséquence, la Cour conclut que la décision d’expulser M. Saadi vers la Tunisie violerait l’article 3 si elle était mise à exécution ».

La Cour alloue également 8.000 euros au requérant pour frais et dépens.

 

 


C.R.L.D.H. Tunisie

 

Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie

Membre du Réseau Euro méditerranéen des Droits de l’Homme

21 ter rue Voltaire – FR-75011 PARIS  – Tel/Fax : 00.33. (0)1.43.72.97.34

contact@crldht.org / www.crldht.org  

Pour la révision du procès inique  de Naoufel SASSI  et de ses co-détenus

La première chambre criminelle du Tribunal de Première Instance de Tunis, présidée par le juge Hédi Ayari,  a prononcé son jugement le  lundi 25 février dans l’affaire n°14 505, dans laquelle ont été déférés 19 inculpés dont Hichem Saadi, Mohammed Taoufik Ben Abdallah, Taoufik Herzli, Ahmed Hedhli, Oussama Naouar, Yahya Ben Zakour, Selmane Rzig, Mohammed Lafi, Ali Arfaoui, Lassaad Hachana, Naoufel Sassi, Anis Krifi, Rafik Elouni, Ahmed Saadaoui, Amir Charfeddine, Abderrahmane Tenniche, Mehdi Khlaïfia et Mouez Ghazzaï. Tous sont poursuivis sur la base de la loi antiterroriste de décembre 2003 que tous les observateurs et les ONG indépendantes s’accordent à considérer comme un instrument de répression à l’encontre de toute expression ou activité de contestation ou d’opposition au pouvoir, en raison de son caractère vague et «extensif» à souhait.

En état d’arrestation depuis de longs mois voire années, ils ont tous fait l’objet de mauvais traitements lors de leur arrestation et de tortures dans différents centres de détention et prisons (Voir les communiqués du CRLDHT du 3 et 4 janvier 2008).  .

Selon les différents observateurs, défenseurs des droits humains présents et avocats de la défense dont Maîtres Abada Kefi, Ahmed Nejib Chebbi, Mohammed Néjib Ben Youssef, Abdelfattah Mourou, Anouar Aouled Ali, Samir Ben Amor, Omar Horchani, Choukri Belaïd et Omar Rahmouni, la plupart des  dossiers sont  vides de preuves de leur culpabilité si ce n’est des aveux extorqués sous la torture physique et morale dont les accusés ont fait état à leurs familles et avocats. A cela s’ajoutent les graves violations enregistrées durant toute la procédure comme dans le cas de Mr Naoufel Ben Slimane Sassi, 45 ans, ancien prisonnier d’opinion dans les années quatre-vingt-dix et père de quatre enfants, arrêté le mercredi 14 juin 2006 et détenu au secret pendant trois semaines. Son épouse, Mme Houda Sassi, a déposé le 21 juin 2006 une plainte pour enlèvement auprès du procureur de la République, enregistrée sous le n° 7028436/2006 après avoir fait le tour de tous les hôpitaux et commissariats de la capitale.  

Dans cette nouvelle affaire, ce dernier est poursuivi sur la base d’un dossier juridique fabriqué de toutes pièces puisque des parties entières du dossier d’accusation de l’affaire en cours proviennent de son dossier d’instruction lié au procès de 1990 pour lequel il a déjà été condamné pour appartenance à une organisation non autorisée et a purgé sa peine ! …A part cela, il était clair pour tous les observateurs et avocats qu’aucun fait matériel, ni aucun élément probant à charge n’a été établi pour légitimer cette lourde condamnation à huit ans de prison ferme !

Le CRLDHT s’insurge contre ce procès inique qui criminalise des citoyens tunisiens en raison de l’exercice de leurs droits fondamentaux à l’expression, à l’organisation et à la différence ; il considère que ces condamnations sont  contraires au droit international et en flagrante contradiction avec les lois tunisiennes mises en vigueur.

Il condamne également le rôle de cette institution judiciaire, devenue le principal outil de répression dans la mise au pas de la société tunisienne et le musèlement de ses représentants politiques, sociaux, associatifs.

Il appelle au respect des standards minimaux d’un procès équitable et exige la révision du procès de M. Sassi et de tous ces prisonniers, victimes de l’injustice et de l’arbitraire.  

Il rappelle qu’il n’y a pas d’Etat de droit sans une justice impartiale, garante des droits et des libertés fondamentaux des Tunisiens. 

 

Paris, le  27/02/2008

 


 

Reporters sans frontières Communiqué de presse 28 Février 2008 Tunisie

Reporters sans frontières s’inquiète pour la santé de Slim boukhdir

 

Reporters sans frontières est très préoccupée par l’état de santé du correspondant du site Internet de la chaîne satellitaire Al-Arabiya, Slim Boukhdir, détenu depuis sa condamnation le 4 décembre 2007, à la prison de Sfax (231 km au sud de Tunis). Il a poursuivi, à partir du 14 février 2008, huit jours de grève de la faim pour protester contre les conditions de sa détention. “Interdire à un prisonnier de voir sa famille et de disposer d’un endroit salubre est une violation manifeste des droits de l’homme. L’injustice faite au journaliste en le condamnant à un an de prison est aggravée par les conditions de sa détention. Se mettre en grève de la faim est devenu pour lui le seul moyen de se faire entendre”, a déclaré l’organisation. Pour protester contre son isolement et le traitement injuste dont il fait l’objet, Slim Boukhdir a entamé, le 14 février 2008, huit jours de grève de la faim après que les autorités pénitentiaires lui ont refusé de voir sa femme. Il a suspendu sa grève à la demande de son épouse qui a pu finalement le voir, le 21 février 2008. Contacté par Reporters sans frontrières, elle a expliqué que l’état de santé de son mari ne cesse de se dégrader. Les autorités refusent la visite de son médecin au motif que celui de la prison n’a signalé aucun problème. Arrêté le 26 novembre 2007, Slim Boukhdir a été condamné, le 4 décembre, à un an de prison pour « outrage à fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions », « atteinte aux bonnes moeurs » et « refus de présenter ses papiers d’identité » par le tribunal cantonal de Sakiet Ezzit. Slim Boukhdir, 39 ans, est le correspondant du journal panarabe basé à Londres Al Quds Al Arabi et du site Internet de la chaîne de télévision satellitaire Al-Arabiya. Par ailleurs, il publie des articles sur plusieurs sites Internet dont Tunisnews et Kantara.  

 


 

Reporters Without Borders

Press Release 28 February 2008 Tunisia Journalist Slim Boukhdir’s health getting steadily worse in Sfax prison

Reporters Without Borders is very worried about imprisoned journalist Slim Boukhdir’s state of health after he staged an eight-day hunger strike in protest against the conditions in which he is being held. Arrested on 26 November, the Al-Arabiya website’s correspondent is serving a one-year sentence in Sfax prison (230 km south of Tunis). “Preventing a prisoner from seeing his family or having a clean cell is a flagrant violation of human rights,” the press freedom organisation said. “The injustice of sentencing this journalist to a year in prison is being compounded by his conditions of detention and staging a hunger strike has become his only way of making himself heard.” Boukhdir began his hunger strike in protest against his isolation and unfair treatment on 14 February, after the prison authorities refused to let him see his wife. He called it off at his wife’s request after she was finally allowed to see him on 21 February. She told Reporters Without Borders that her husband’s health has been deteriorating steadily and that the prison authorities refuse to let him see his personal physician because the prison doctor has not reported any medical problem. Aged 39, Boukhdir was given the one-year sentence on 4 December by the Sakiet Ezzit district court on the outskirts of Sfax for “insulting behaviour towards an official in the exercise of his duty,” “violating decency” and “refusing to produce identity papers.” He is the correspondent of Al Quds Al Arabi, a London-based pan-Arab newspaper, and the website of the Al-Arabiya satellite TV station. He also writes for websites such as Tunisnews and Kantara.


Liberté pour tous les prisonniers politiques Liberté pour Abdallah Zouari, le journaliste exilé dans son propre pays Association Internationale de Soutien aux prisonniers politiques 43 rue Eldjazira, tunis e-mail : aispptunisie@yahoo.fr Tunis, le 28 février 2008  
 
La cinquième chambre criminelle du Tribunal de Première Instance de Tunis, présidée par le juge Touhami Elhafi, a examiné aujourd’hui, 28 février 2008 : * l’affaire n°14585 dans laquelle sont déférés Ridha Moulahi, Samir Bouallagui, Fayçal Harizi, Kaïs Barhoumi, Kamel Bouallagui, Mejdi Charfi, Mohammed Ali Charfi et Mondher Charfi, accusés d’adhésion sur le territoire de la République à une entente ayant fait du terrorisme un moyen de concrétiser ses objectifs, d’appel à adhérer à une organisation en rapport avec les infractions terroristes, d’utilisation d’un nom, d’un mot ou d’un symbole pour identifier une organisation terroriste, ses activités et ses membres, Moussa Mohammedi, accusé de ne pas avoir révéler aux autorités concernées les faits, les informations et les renseignements en sa possession sur la commission d’actes terroristes. La commission de la défense était composée de maîtres Mohammed Néjib Ben Youssef, Samir Ben Amor, Chaouki Tayeb et Ahmed Seddik. Le juge a décidé de reporter l’affaire au 3 mars pour que l’accusé Mondher Charfi soit amené.
* la deuxième chambre criminelle du Tribunal de Première Instance de Tunis, présidée par le juge Abderrazak Ben Mena, a examiné aujourd’hui, jeudi 28 février 2008 : L’affaire n°14583 dans laquelle sont déférés Adnane Guenaoui, Hamed Hammami, Lamjed Tounsi, Jamel Khlaïfi, Maher Yaacoubi, Aymen Ayadi, Safouane Abdi, Ali Saïdi, Bilel Mdini, Ibrahim Melki, Khlil Saïdani, et Anis Gharbi en vertu de la loi antiterroriste du 10 décembre2003 de « lutte contre le terrorisme ». Maîtres Ramzi Saadi, Chaker Alaouane, Samir Ben Amor, Nabil Ben Rejeb, Tarek Rezgui, Mansour Souibgui, Anouar Aouled Ali, Mohammed Nejib Ben Youssef et Anouar Kousri se sont présentés pour les défendre. Le tribunal a commencé l’examen de l’affaire par la lecture de l’acte d’accusation et l’interrogatoire des accusés, puis le juge a décidé de repousser l’examen de l’affaire au 6 mars 2008 afin de permettre aux avocats de plaider.
* La vingt troisième chambre criminelle du Tribunal de Première Instance de Tunis, présidée par le juge Chedli Boukhris, a examiné aujourd’hui, jeudi 28 février 2008, l’affaire n°9765 dans laquelle est déféré Aymen Dridi, condamné en première instance à quatre ans d’emprisonnement, accusé d’adhésion à une entente ayant fait du terrorisme un moyen de réaliser ses objectifs, de collecte de fonds destinés à financer une organisation en rapport avec les infractions terroristes. L’accusé s’est présenté libre, car il avait été libéré le 4 février 2008. Maître Abderraouf Ayadi a plaidé pour lui et en lieu et place de maîtres Anouar Kousri et Samir Ben Amor. Le juge a décidé de lever la séance pour les délibérations et le prononcé du jugement. Pour la commission de suivi des procès Le secrétaire général de l’association Maître Samir Dilou (traduction ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)

Liberté pour tous les prisonniers politiques Liberté pour Abdallah Zouari, le journaliste exilé dans son propre pays Association Internationale de Soutien aux prisonniers politiques 43 rue Eldjazira, tunis e-mail : aispptunisie@yahoo.fr Tunis, le 26 février 2008

Prononcé du jugement dans l’affaire du « projet terroriste »

 

 
La première chambre criminelle du Tribunal de Première Instance de Tunis, présidée par le juge Hédi Ayari, a rendu son jugement tard dans la soirée du lundi 25 février 2008 * dans l’affaire n°14505, et elle a condamné « par contumace Lassaad Hachana, Mohammed Lafi et Mehdi Khlaïfia, et en présence tous les autres : Hichem Saadi à une peine d’emprisonnement de 12 ans […], Naoufel Sassi, Taoufik Herzli, Rafik El Ouni, Anis Hedhili et Mohammed Ben Abdallah à une peine de huit ans d’emprisonnement […], Amir Charfeddine, Abdennacer Saadaoui, Ahmed Hedhli, Oussama Naouar et Mohammed Missaoui à 4 ans d’emprisonnement […], Selman Rzig, Yahya Zakour, Moazz Ghazzaï et Abderrahmane Tenniche à 2 ans […], Lassaad Hachana, Mohammed Lafi et Mehdi Khlaïfia à 8 ans […], Tous sont soumis à une peine de contrôle administratif de 5 ans. Le tribunal a prononcé un non-lieu pour Ali Arfaoui (jonction des affaires), et Moazz Ghazzaï […] * La cinquième chambre criminelle du Tribunal de Première Instance de Tunis, présidée par le juge Touhami Elhafi a rendu son jugement hier lundi 25 février 2008 dans l’affaire n°14661 dans laquelle sont déférés Mourad Abdessalam, Mohammed Dhifallah, Aymen Limam et Sofiane Ben Romdhane, accusés d’adhésion sur le territoire de la République à une entente ayant fait du terrorisme un moyen de réaliser ses objectifs, d’appel à adhérer à une organisation terroriste, de fourniture d’armes, d’explosifs, de munitions de matériaux et équipements similaires à une organisation terroriste, de fourniture d’informations à une organisation terroriste, en les condamnant tous à une peine d’emprisonnement de trois ans. […] Pour la commission de suivi des procès Le secrétaire général de l’association Maître Samir Dilou (traduction d’extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)

 
Sauvez la vie du prisonnier politique et ingénieur Ridha Boukadi Liberté pour Slim Boukhdhir, la plume libre Liberté et Equité 33 rue Mokhtar Atya, 1001 Tunis Tel/fax: 71 340 860 Email : Liberte_équite@yahoo.fr Tunis, le 28 février 2008  
 

Une mère se voit interdire de rendre visite à son fils parce qu’il a été puni et mis au cachot

Aujourd’hui, jeudi 28 mars 2008, l’administration de la prison de Mornaguia a interdit à la famille du prisonnier d’opinion Selmane Rzig de rendre visite à leur fils car il avait été sanctionné par une mise au cachot depuis mardi 26 février 2008 à cause d’une dispute avec un des gardiens de la prison, le jour même où le tribunal de première instance de Tunis avait prononcé contre lui une peine d’emprisonnement de deux ans. Il a déjà passé un an et demi en prison.

Un citoyen tunisien en butte à des menaces et des brimades quotidiennes à cause de sa barbe

Monsieur Béchir Ben Mokhtar Bekkari, détenteur de la carte d’identité nationale n°08132428, originaire de la région de Bizerte, vendeur ambulant de parfums), est en butte à des brimades et des menaces incessantes, la dernière remontant au vendredi 23 février 2008 : deux agents de la Sûreté en civil, Nabil Ben Jama et Nabil Ben Houssine, relevant du district de la Sûreté de Bizerte, l’ont insulté, injurié, traîné par sa barbe au vu et au su des passants devant la mosquée et il y a deux semaines, le chef du poste de Rouabi de Bizerte a refusé de lui délivrer son bulletin n° 3 alors qu’il avait une demande en ce sens et payé la somme nécessaire pour avoir ce document.

Mohammed Salah Gsouma se voit interdire d’aller se faire soigner

Encore une fois, monsieur Mohammed Salah Gsouma a été empêché d’aller de Sousse à Tunis pour s’y faire soigner bien qu’il se soit présenté à plusieurs reprises au poste de police de Saouassi pour les informer de la nécessité de ce déplacement pour soins et pour un scanner, mais le responsable de la Sécurité de la région a refusé catégoriquement sa demande sans avancer la moindre explication. […] Pour le bureau exécutif de l’organisation Le président Maître Mohammed Nouri (traduction d’extraits  ni revue ni corrigée par les auteurs de la version originale, LT)  


Sauvez la vie de Ridha Boukadi Liberté et Equité 33 rue Mokhtar Atya, 1001 Tunis Tel/fax: 71 340 860

Email : Liberte_équite@yahoo.fr

 

Après une relative stabilisation de l’état de santé du prisonnier politique Ridha Boukadi, incarcéré actuellement à la prison de Mornaguia, l’état de ce dernier est de nouveau critique, à la suite d’une inflammation de la gorge et des oreilles ayant pour cause l’interdiction qui lui est faite de se doucher à l’eau chaude. Cela a des répercussions sur son état, puisqu’il est atteint d’une déficience immunitaire due à sa maladie, une pathologie rare appelée syndrome néphrétique, ce qui le rend sensible à la moindre attaque bactérienne ou virale. Sa laryngite et son otite ont perturbé les analyses urinaires quotidiennes auxquelles il est soumis. De plus il souffre de douleurs au colon et urine du sang et sa famille craint qu’il ne soit atteint d’un cancer du colon et d’une insuffisance rénale. Liberté et Équité […] Pour le bureau exécutif de l’organisation Le président Maître Mohammed Nouri (traduction d’extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version originale, LT)  

 


 

MISE AU POINT

 
Une malencontreuse erreur a été à l’origine d’une fâcheuse confusion dans la version en arabe de notre communiqué en date du 25-02-2008. En évoquant les partis officiels qui ont accepté de jouer ouvertement le rôle de supplétifs de l’offensive brutale de l’Etat-RCD contre la candidature de M° Ahmed Néjib CHEBBI, il s’agissait bien entendu du PVP(« Parti des Verts pour le Progrès », une des composantes de l’allégeance) et non du Parti de la Tunisie la Verte(TLV), le parti écologiste pionnier non reconnu par les pouvoirs publics qui ont directement suscité contre lui l’ « émergence » d’un « parti écologiste légal ». Nos excuses à TLV et à son secrétaire général Mr Abdelkader ZITOUNI auquel nous réitérons l’expression de notre sympathie. Les signataires de l’appel du 14 février 2008 se sont par ailleurs engagé à titre bien évidemment personnel. La référence aux charges électives de certains d’entre eux au sein de la LTDH n’avait donc pas lieu d’être. Il s’agit d’une précision n’émanant pas des intéressés et dont notre groupe de suivi assume l’entière responsabilité. Dont acte. Et avec l’expression réitérée de notre soutien effectif à la LTDH et à ses structures légitimes dans l’épreuve à laquelle ils sont confrontés depuis plus de quatre ans et dont les enjeux vitaux sont bien plus importants que les péripéties conjoncturelles et subalternes qui peuvent surgir ici et là. Le groupe de suivi de l’appel au soutien à une candidature pour une alternative démocratique 2009
Tunis le 27- 02-2008

 

Tunisie – Dix-sept personnes condamnées pour liens avec Al Qaïda

Reuters, le 27 février 2008 à 17h42

 

TUNIS, 27 février (Reuters) – Un tribunal tunisien a condamné mardi 17 personnes à des peines d’emprisonnement pour avoir créé une cellule djihadiste ayant des liens avec l’organisation Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), a rapporté mercredi un avocat de la défense

Les accusés, arrêtés en 2006, avaient plaidé non coupable.

Ils ont été condamnés à des peines allant de deux à 12 ans de prison, a précisé à Reuters Chokri Belaïd.

L’organisation, héritière de l’ex-Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), menace de renverser les gouvernements en place au Maghreb mais elle n’a pour l’instant

pas perpétré d’attaque sur le sol tunisien.

Les autorités tunisiennes ont engagé un vaste mouvement de répression contre toutes les personnes soupçonnées de vouloir rejoindre les rangs d’Al Qaïda ou de vouloir apporter un soutien

à l’organisation.

Depuis 2003, selon des avocats, un millier de personnes ont été arrêtées pour des accusations de terrorisme, notamment pour avoir recruté des combattants devant rejoindre les rangs de l’insurrection irakienne contre les forces étrangères.

 


 

Tunisia jails 17 for Al Qaeda links

 

Reuters, le 27 février 2008 à 17h42

 

TUNIS, Feb 27 (Reuters) – A Tunisian court has jailed 17 men for up to 12 years for creating a Jihadist cell linked to Al Qaeda’s North African wing, a defence lawyer said on Wednesday.

The defendants, arrested in 2006, had pleaded not guilty.

 

Defence lawyer Chokri Belaid told Reuters the sentences of between 2 and 12 years were given on Tuesday.

 

Al Qaeda has threatened to topple the governments in the Maghreb region, but has yet to carry out any attack in Tunisia.

Its attacks in the region have mostly targeted Algeria, where twin suicide bombings killed over 40 people in December.

 

Tunisian authorities have cracked down on anyone showing a readiness to join al Qaeda abroad or build support for it at

home.

 

Local lawyers say about 1,000 people have been arrested since 2003 on terrorism charges, including for recruiting fighters for the Iraqi insurgency against U.S.-led forces.

 

REUTERS


 

Point de vue

L’ONU contre les droits de l’homme

 

L‘année 2008 verra-t-elle simultanément le soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme par l’ONU et la destruction de ses principes par la même ONU ? Tout porte à le redouter, tant depuis un certain nombre d’années, par ses dérives, l’ONU s’est caricaturée.

A Durban, en Afrique du Sud, s’est tenue en 2001 la Conférence mondiale contre le racisme, à l’initiative des Nations unies, dans la ville même où Gandhi avait commencé à exercer son métier d’avocat. C’est au nom des droits des peuples que furent scandés des « mort à l’Amérique ! » et « mort à Israël ! » ; et c’est au nom du relativisme culturel qu’on fit silence sur les discriminations et violences commises contre les femmes.

 

Alarmée par les graves dysfonctionnements ainsi mis en lumière au sein de sa Commission des droits de l’homme, l’ONU inaugurait en juin 2006 un tout nouveau Conseil des droits de l’homme (CDH), censé remédier à de si préoccupantes dérives. Aujourd’hui, le constat est plus qu’amer : c’est à la consécration même de ces dérives que nous assistons dans la perspective du forum dit de Durban 2, qui se tiendra en 2009. Plus gravement encore, l’élaboration officielle de nouvelles normes marquera, si celles-ci sont gravées dans le marbre d’une nouvelle et très particulière « déclaration des droits de l’homme », la mise à mort de l’universalité des droits.

 

Par sa mécanique interne, les coalitions et les alliances qui s’y constituent, les discours qui s’y tiennent, les textes qui s’y négocient et la terminologie utilisée anéantissent la liberté d’expression, légitiment l’oppression des femmes et stigmatisent les démocraties occidentales.

 

Le CDH est devenu une machine de guerre idéologique à l’encontre de ses principes fondateurs. Ignorée des grands médias, jour après jour, session après session, résolution après résolution, une rhétorique politique est forgée pour légitimer les passages à l’acte et les violences de demain.

Une triple alliance composée de la Conférence des organisations islamiques (OCI), représentée jusqu’à ce jour par le Pakistan, du Mouvement des non-alignés, où Cuba, le Venezuela et l’Iran ont un rôle central, et de la Chine – avec la complaisance cynique de la Russie – œuvre ainsi à la mise en place d’une véritable révolution prétendument « multiculturelle ». Ainsi, le rapporteur spécial de l’ONU sur les formes contemporaines de racisme, Doudou Diène, déclare d’ores et déjà qu’énoncer une critique contre le port de la burqa constitue une agression raciste, que la laïcité est ancrée dans une culture esclavagiste et colonialiste et que la loi française contre le port des signes religieux à l’école participe du racisme antimusulman, renommé « islamophobie occidentale ».

 

La confusion des esprits est à son comble quand est dénoncée comme une attitude raciste toute critique de la religion. C’est une menace radicale contre la liberté de penser qui est en train d’être cautionnée par l’ONU. En assimilant au racisme toute critique des dérives de ceux qui parlent au nom de l’islam, parce que supposée relever d’attitudes néocolonialistes, les porte-parole de cette nouvelle alliance serrent un peu plus le garrot qu’ils ont passé au cou de leurs propres peuples et sapent les fondements d’une civilité très chèrement acquise en Europe depuis les guerres de religion. En septembre 2007, la haut-commissaire aux droits de l’homme, Louise Arbour, participait à une conférence à Téhéran consacrée aux « droits de l’homme et (à) la diversité culturelle ». Portant le voile, comme la loi de la République islamique l’exige, la haut-commissaire a été le témoin passif de l’énoncé des principes à venir, ainsi résumés : « offense aux valeurs religieuses considérée comme raciste ».

 

Bien pire, dès le lendemain de cette visite, vingt et un Iraniens, dont plusieurs mineurs, furent pendus en public. C’est en sa présence que le président Ahmadinejad a renouvelé son appel à la destruction d’Israël, pays membre de l’ONU, créé par cette dernière. Interrogée sur son silence, la haut-commissaire a justifié sa passivité par le respect de la loi iranienne, auquel, en tant que juriste, elle s’estimait tenue, et par souci de « ne pas offenser ses hôtes ». Charbonnier est maître chez soi… C’est le docteur Goebbels qui utilisait cet argument d’opportunité, à la tribune de la Société des nations en 1933, pour se soustraire à toute critique d’une institution internationale impuissante, mais dont les principes n’étaient au moins pas dévoyés comme ceux de l’ONU aujourd’hui.

 

Les grands crimes politiques ont toujours eu besoin de mots pour se légitimer. La parole annonce le passage à l’acte. De Mein Kampf à Radio Mille Collines, de Staline à Pol Pot, les exemples abondent pour confirmer la nécessaire extermination de l’ennemi du peuple au nom de la race, au nom de l’émancipation des masses laborieuses ou au nom d’un ordre supposé divin. Les idéologies totalitaires avaient remplacé les religions. Leurs crimes, les promesses non tenues « d’avenir radieux » ont ouvert grande la porte au retour de Dieu en politique. Le 11 septembre 2001, quelques jours après la fin de la conférence de Durban, c’est bien au nom de Dieu que le plus grand crime terroriste de l’histoire fut commis.

 

Face à cette stratégie, les démocraties, d’abord soucieuses de leur balance commerciale, font preuve d’une extraordinaire passivité. Que pèse le sort du peuple tibétain face aux enjeux des exportations vers la Chine ? Quel est le prix de la liberté pour Ayaan Hirsi Ali, ex-députée néerlandaise, menacée de mort, après l’assassinat en 2004 de son ami le réalisateur Théo Van Gogh, accusé d’avoir blasphémé l’islam dans le film Soumission ? Les exemples s’additionnent qui, de Taslima Nasreen à Salman Rushdie, de Robert Redeker à Mohamed Sifaoui, apportent la preuve que l’intégrisme islamiste impose sa loi par la terreur. Combien d’Algériens, de femmes au Maghreb, au Proche-Orient, en Turquie, au Pakistan ont déjà payé du prix de leur vie le refus de se soumettre à l’obscurantisme religieux ?

 

Si, par malheur, l’ONU devait consacrer l’imposition de tels critères, si le blasphème devait être assimilé à du racisme, si le droit à la critique de la religion devait être mis hors la loi, si la loi religieuse devait s’inscrire dans les normes internationales, ce serait une régression aux conséquences désastreuses, et une perversion radicale de toute notre tradition de lutte contre le racisme, qui n’a pu et ne peut se développer que dans la liberté de conscience la plus absolue.

 

L’Assemblée générale de décembre 2007 a déjà entériné des textes condamnant des formes d’expression considérées comme diffamatoires de l’islam. L’enjeu est clair, il est mondial : c’est de la défense des libertés de l’individu qu’il est question.

 

Soit les démocraties se ressaisissent, à l’exemple du Canada, qui vient d’annoncer son refus de participer à la conférence de Durban 2, estimant qu’elle risquait d’être « marquée par des expressions d’intolérance et d’antisémitisme », et cessent de s’abstenir ou de voter des résolutions contraires à l’idéal universel de 1948, soit l’obscurantisme religieux et son cortège de crimes politiques triompheront, sous les bons auspices des Nations unies. Et lorsque les paroles de haine seront transformées en actes, nul ne pourra dire : « Nous ne savions pas. »

 

 

Premiers signataires : Elisabeth Badinter, Adrien Barrot, Patrice Billaud, Pascal Bruckner, Jean-Claude Buhrer, Chala Chafiq, Georges Charpak, Christian Charrière-Bournazel, Bernard Debré, Chahdortt Djavann, Jacques Dugowson, Frédéric Encel, Alain Finkielkraut, Elisabeth de Fontenay, Patrick Gaubert, Claude Goasguen, Thierry Jonquet, Liliane Kandel, Patrick Kessel, Catherine Kintzler, Claude Lanzmann, Michel Laval, Barbara Lefevbre, Corinne Lepage, Malka Marcovich, Albert Memmi, Jean-Philippe Moinet, Jean-Claude Pecker, Philippe Schmidt, Alain Seksig, Mohamed Sifaoui, Antoine Spire, Pierre-André Taguieff, Jacques Tarnero, Michèle Tribalat, Michèle Vianes,Elie Wiesel, Michel Zaoui.

 

Signatures de soutien à ce texte par e-mail à licra@licra.org. Liste complète des signataires sur www.licra.org

 

(Source : « Le Monde » (Quotidien – France), du 28 février 2008)

 

Commentaires des internautes visitant le site lemonde.fr

 

Selene

28.02.08 | 00h53

La Voix de l’Europe doit d’abord devenir unanime dans la défense de la laïcité, ce qui n’est pas encore acquis, mais le seul vrai espoir est que l’Europe devienne une grande puissance. D’où l’urgence de faire 1 Europe à 27 qui fonctionne réellement. La France, comme le Canada, devrait s’abstenir, ne pas participer à cette mascarade: En fait, presque toutes les religions sont des moyens pratiques pour que la femme soit maintenue dans l’ombre,sous tutelle, la révolte sera féminine.

 

 

 

vejs

28.02.08 | 00h39

Voilà des années que – à l’inverse de ce que prétendent tous les commentaires que je viens de lire – l’ONU a été incapable de condamner un autre pays qu’Israël. La composition du Conseil des droits de l’homme de l’ONU fait rire jusqu’au fin fond de l’Afrique. L’Arabie Saoudite et Cuba donnant des leçons de Droit de l’Homme! Quand à la conférence contre le racisme de Durban 2 organisée conjointement par la Libye et l’Iran, c’est une caricature. Je signe à deux mains.

 

melkisedek

27.02.08 | 23h58

Peu de monde est capable de se poser la question, mais c’est aussi notre conception de la laïcité qui est en crise. Nous avons opté en Europe pour une laïcité fermée, totalitaire, et tout compte fait suicidaire. Il faut repenser une laïcité ouverte qui tienne compte de la spécificité de chaque peuple avec un projet vers l’universel où chaque spécificité doit entrer en dialogue avec toutes les autres, ce qu’est le projet messianique juif. Bref, un projet de civilisation ! Ce qui manque à l’Europe

 

A.Z.

27.02.08 | 23h44

J’ai bien relu le texte (dont le sujet est le déferlement de haine à Durban 2001). Pas une seule inexactitude. Pas une ligne que Sarkozy, Hollande et Besancenot ne pourraient pas signer — Les résolutions de l’ONU s’appliqueront si la partie arabe, en général, met fin à son hostilité. C’est une condition implicite de toutes ces résolutions, puisque l’ONU reconnaît Israël. Israël NE PEUT PAS se retirer pour voir 300 km de frontières se hérisser de missiles (cf. précédents Hamas et Hezbollah).

 

quid-novi

27.02.08 | 23h13

Un très bon et salutaire article ! L’ONU est devenu un « machin » a bien d’égards. Comme la grande majorité des pays sont en porte-à-faux avec la démocratie et les droits de l’homme la mécanique CDH conduit inévitablement à la dictature des dictatures. Il faut que les pays démocratiques réagissent vigoureusement, en refusant de se faire manipuler. Je soutiens cet appel. Ecœuré par certaines réactions.

 

João Macedo

27.02.08 | 22h49

Donnez-moi-leur donc la paix, à ces Palestiniens, donnez-leur l’indépendnce. Seulement à ce moment-là on pourra parler, on pourra signer.

 

Alexandre Z.

27.02.08 | 21h25

Je ne vois pas vraiment pourquoi certains signent des textes de ce genre. Depuis quand est-ce que l’ONU fait quoi que ce soit qui ait un impact sur la réalité. L’existence de cette organisation est une source de fous rires pour la plupart du monde. Le « droit » international n’a jamais empêché l’action ou l’inaction de quelque pays que ce soit. Mais bon, c’est sur que l’on devrait empêcher ces pays de nous insulter constamment. Un bon coup de pied au derrière devrait les calmer…

 

LeCoz

27.02.08 | 20h11

a partir du moment où on accepte que les résolutions de l’ONU concernant le PO ne soient pas respectées il est malheureusement inévitable que l’ONU se décrédibilise peu a peu.

 

Dieterdieter

27.02.08 | 19h54

Bah.. L’ONU s’est discréditée depuis si longtemps. 1 pays = 1 voix, c’est la Chine contre le Luxembourg à 1 contre 1. Sauf que pour financer la clé est basée sur le PIB. A ce compte là… autant créer mon micro-état personnel et peser autant que les USA. Il faudra des décennies, pas moins, pour que les valeurs humanistes puissent s’émanciper des religions. Combien a-t-il fallu à la France ? Des siècles. Relativisons et marginalisons l’ONU sur ce terrain où elle n’a aucune crédibiité.

 

sonia m.

27.02.08 | 19h33

Mar A, Fee-Carabosse et professeur Tournesol, entièrement raison. Je trouve particulièrement la proposition du professeur Tournesol Valide. Il faut arrêter d’utiliser la condamnation de racisme pour faire taire ses opposants politiques. Franchement, là, ça devient trop. Israel est un état fondé sur une seule religion et un état qui fait de la discrimination, tout comme l’Arabie Saoudite. Ce texte est très hyposcrite.

 

A.Z.

27.02.08 | 18h21

Il faut savoir lire, Marc-A. « Raciste anti- musulman » n’est pas un terme inventé par les auteurs de cet article, ni un concept qu’ils analysent, mais un qualificatif que certains vous jettent à la figure chaque fois que vous faites mine de critiquer un dictateur musulman, un groupe islamiste, ou les groupes islamistes en général, ou que vous vous opposez à la possession de la bombe atomique par l’Iran. Ou même quand vous critiquez le port du voile à l’école. Lisez l’article jusqu’au bout !

 

fee-carabosse

27.02.08 | 18h07

Ce texte commence bien,dénonçant LES menaces totalitaires contre les droits de l’homme.Mais il se termine par l’incrimination du seul intégrisme islamiste (la seule autre mention,du Tibet,est visiblement là comme alibi -une ligne contre 4 paragraphes sur l’Islam). Pourtant ni la Chine,ni Cuba,ni la Russie,ni le Vénézuéla,évoqués au début du texte,ne sont,que l’on sache,des pays musulmans…Cette dérive sélective est une fois de plus affligeante.Pire,elle ouvre la voie à tous les antisémites.

 

professeur+Tournesol

27.02.08 | 18h02

Peut être faut-il, pour respecter les cultures et la diversité, cette gloire des grandes civilisations, dépénaliser le racisme et cesser d’en faire une circonstance aggravante en cas de crime?

 

CitoyenQuest

27.02.08 | 17h35

autre chose l’article 18, concernant le droit d’expréssion religieuse, ne constiste pas en un droit qui permettrais a quiconque de ne pas critiquer les religions. il s’agit bien d’un droit a exprimer librement sa foi tel qu’el et et dans les limites des droits de l’homme eux-même. l’on ne peux se servir d’un droit pour limiter d’autre liberté ou droit de la déclaration. quand a dire que critiquer une religion est du racisme, c’est simplement un mauvais sophisme.

 

CitizenQuest

27.02.08 | 17h28

hm, il est normal que cette dérive existe, le texte même de la déclaration des droits universel des Hommes comporte une petite erreur lourde de conséquence. le texte originel de 1793 faisait de l’article 7 réunissait expréssion religieuse et civile. les art. 18/19 sépare ce qui rève du même fait, chacun ouvant de bon droit utiliser ces deux article a bon comptes. le droit de penser ou de croire sont identique en expréssion. quand aux musulmans l’art 29 et 30 posent des limites a leurs droits

 

Marc-A.

27.02.08 | 16h38

Un texte à bien des égards scandaleux. Que des intellectuels se compromettent ainsi en faisant amalgame sur amalgame, sophisme sur sophisme, est consternant. Qu’est-ce que la race a à voir avec la religion? Quel musulman pourrait se prévaloir d’une race, comme si le maghrébin, le perse et le pachtoune formaient un race « religieuse »? C’est aberrant! Mais manifestement nous sommes déjà entrés en guerre de civilisation. Bravo! Ecore un acte d’intelligence!

 

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