27 mars 2011

TUNISNEWS
10 ème année,  N°3960 du 27.03.2011
archives : www.tunisnews.net 


AFP: Tunisie: premier meeting de Moncef Marzouki, appel à la « vigilance »

AFP:La situation en Libye menaçait de déstabiliser la Tunisie et l’Egypte

AFP: Tensions autour de l’accueil des migrants tunisiens évacués de Lampedusa

AFP:Des centaines d’Africains venus de Libye arrivent sur Lampedusa

Nadia Ghrab: Pour l’égalité de tous les Tunisiens devant la loi

Fethi Abdelbaki: Oui Pour l’élargissement du comité national de la révolution aux Tunisiens de l’étranger


REVUE DE PRESSE


Tunisie: premier meeting de Moncef Marzouki, appel à la « vigilance »


 
AFP– le 27/03/11 16:11 GMT
 
TUNIS — L’opposant historique tunisien Moncef Marzouki a tenu dimanche sa première réunion publique à Tunis pour appeler à la « viligance » face aux dangers qui, selon lui, menacent la révolution tunisienne.
 
Devant des militants de son parti réunis au palais des congrès de la capitale, le président du Parti du Congrès pour la République (PCR), qui est rentré d’exil le 18 janvier, quatre jours après la chute du président Ben Ali, a appelé les « ennemis de la révolution à cesser de naviguer à contre-courant ».
 
Durant la réunion, le président du CPR, parti interdit sous Ben Ali, a exposé les grandes lignes d’action de sa formation en vue des élections du 24 juillet.
 
Les Tunisiens devront alors élire une assemblée constituante qui sera chargée d’adopter une nouvelle constitution pour la IIè république tunisienne et de préparer les échéances électorales futures.
 
Le programme du CPR sera débattu lors de son premier congrès les 24 et 25 juin prochains.
 
Dans une interview parue samedi dans un quotidien tunisien, M. Marzouki s’est prononcé pour « un régime mixte parlementaire et présidentiel, qui ne donne pas la possibilité à un président de devenir dictateur ou à un premier ministre de l’être autant ».
 
« Je suis très fier de cette révolution et très optimiste pour son avenir », avait-il ajouté.
 
Dimanche, il a toutefois affirmé que la police politique de l’ancien régime, officiellement dissoute le 7 mars, « continue d’exercer jusqu’à aujourd’hui des pressions sur les militants politiques », selon l’agence tunisienne TAP.
 
Le 22 janvier, le CPR avait réclamé une nouvelle Constitution, ainsi que la démission du gouvernement de transition de l’époque, dirigé par le premier ministre Mohammed Ghannouchi et dominé par les caciques de l’ancien régime.
 
M. Marzouki, ancien président de la Ligue tunisienne des droits de l’homme, a fondé le Congrès pour la République en 2001
 
Issu de la gauche laïque, ce médecin de formation âgé de 65 ans avait annoncé le 17 janvier depuis son exil à Paris sa candidature à la future élection présidentielle.
 

La situation en Libye menaçait de déstabiliser la Tunisie et l’Egypte


 
AFP / 27 mars 2011 15h50
 
WASHINGTON – La situation en Libye menaçait de déstabiliser la Tunisie et l’Egypte, et de « mettre en danger » les révolutions dans ces deux pays voisins, a affirmé dimanche le secrétaire américain à la Défense Robert Gates pour justifier l’intervention américaine.
 
Il a reconnu, alors que le président Barack Obama est critiqué par des élus du Congrès pour s’être lancé dans un conflit sans stratégie de sortie, que la Libye ne constituait pas « une menace réelle et imminente » pour les Etats-Unis, mais que l’Egypte voisine était « une pièce centrale » dans la région, et qu’il fallait soutenir le mouvement démocratique né dans ce pays.
 
Les affrontements entre le régime du colonel Mouammar Kadhafi et l’opposition « risquaient de mettre en danger les révolutions en Tunisie et en Egypte », a-t-il affirmé sur la chaîne ABC, où il était interrogé aux côtés de la secrétaire d’Etat Hillary Clinton.
 
« Il y avait un exode massif de Tunisiens, de centaines de milliers d’autres travailleurs étrangers en Libye qui avaient commencé à affluer à la frontière » tunisienne, a rappelé M. Gates. Les mêmes scènes se produisaient à la frontière égyptienne.
 
Or, les nouveaux régimes issus de révoltes populaires au début de l’année sont « fragiles », a-t-il expliqué, et l’Egypte est une pièce « centrale pour l’avenir du Moyen-Orient ».
 
L’Egypte est l’un des seuls pays arabes à avoir signé la paix avec Israël et est le principal allié arabe de Washington.
 
« Je ne pense pas que la Libye soit d’un intérêt vital » pour la sécurité des Etats-Unis, « mais nous avons clairement des intérêts là-bas et le pays est situé dans une région qui est d’une importance vitale pour les Etats-Unis », a-t-il ensuite expliqué sur la plateau de Meet the Press sur NBC.
 
Pour Hillary Clinton, l’intervention internationale a permis de prévenir « une catastrophe humanitaire » et un « massacre à grande échelle qui commençait à se produire ».
 
Tout en condamnant la répression du mouvement de contestation en Syrie, la secrétaire d’Etat a jugé que la situation n’avait rien à voir avec la Libye, où il était nécessaire d’intervenir selon elle.
 
« Ce qui s’est passé ces dernières semaines (en Syrie) est très inquiétant », et l’usage de la force par les forces syriennes est allé « bien au-delà » de ce que les Etats-Unis auraient souhaité: « Mais il y a une différence entre faire appel à son aviation pour mitrailler et bombarder sans distinction ses propres villes, et des actions de police », a-t-elle justifié sur CBS.

Tensions autour de l’accueil des migrants tunisiens évacués de Lampedusa


 
AFP / 27 mars 2011 20h25
ROME – L’évacuation de centaines de migrants tunisiens arrivés sur la petite île de Lampedusa vers des centres d’accueil d’autres régions du sud de l’Italie a provoqué des tensions et manifestations ce week-end.
Le maire de Manduria, dans les Pouilles (sud-est) s’est fait l’écho « d’inquiétudes » de ses administrés face à la mise en place d’un campement pouvant accueillir 3.000 personnes.
Quelque 330 migrants y ont été acheminés dimanche à bord d’un navire militaire depuis Lampedusa, petite île de 20 km2 où ils ont débarqué par milliers ces dernières semaines, et ils devraient être rejoints par 200 autres, selon les autorités locales.
M. Tommasino a demandé au gouvernement des « garanties que le centre restera temporaire », tandis que des images télévisées montraient des dizaines de tentes bleues alignées à côté l’une de l’autre.
Des habitants ont bloqué brièvement une route d’accès jusqu’au campement après que des migrants eurent pris la fuite, semant l’inquiétude parmi les riverains.
Selon des statistiques officielles diffusées dimanche, 18.501 migrants sont arrivés depuis le début de l’année à Lampedusa contre 27 l’année précédente.
Dimanche, la police a indiqué avoir recensé 5.486 migrants sur l’île, davantage que la population de ce confetti de 20 km2 qui vit essentiellement de la pêche et du tourisme.
Au même moment, plusieurs centaines d’habitants de Mineo, en Sicile, ont protesté contre l’établissement d’un autre centre d’accueil qui héberge déjà 1.500 migrants tunisiens.
« C’est vraiment dégoûtant. Nous avons nos propres problèmes. Nous ne pouvons pas y ajouter ceux des autres. J’ai une famille, des enfants petits. Personne ne sait qui sont ces gens », a lancé l’un d’eux sur la chaîne en continu Sky TG24.
Un autre homme a été filmé en train d’interpeller un migrant à travers une grille: « pourquoi n’es-tu pas resté chez toi ? C’est chez moi ici, ce n’est pas chez toi ».
Selon les médias locaux, des dizaines de migrants se sont déjà échappés des centres de Manduria et Mineo, alimentant l’inquiétude des riverains.
Le gouverneur de la région Sicile, Raffaele Lombardo a dénoncé la situation à Lampedusa (rattachée à sa région) lors d’une visite sur ce confetti qui compte en ce moment autant de migrants que d’habitants (5 à 6.000).
« Partout où vous allez sur l’île il y a des migrants. Lampedusa ressemble maintenant à une île tunisienne, pas à un territoire italien », a-t-il dit.
Plus de 2.000 migrants sont actuellement hébergés dans un centre prévu pour 850 personnes tandis que plus de 2.000 autres ont improvisé des abris de fortune en plein air.

Des centaines d’Africains venus de Libye arrivent sur Lampedusa


 
AP 27/03/11 15:16
 
ROME (AP) — Des centaines d’Africains venant de Libye, entassés dans des bateaux, sont arrivés ces deux derniers jours sur les côtes de Lampedusa, petite île au large de la Sicile déjà débordée par le flux des migrants venus de Tunisie.
 
Tôt dimanche, une embarcation transportant 284 migrants érythréens, éthiopiens et somaliens a été déroutée et escortée par les garde-côtes jusqu’à Linosa, autre île, encore plus petite, de l’archipel des Pélages, situé entre Malte et la Tunisie: les autorités de Lampedusa disent en effet ne plus pouvoir faire face à une nouvelle vague de migrants.
 
Selon les médecins à Lampedusa, une Ethiopienne a accouché en mer. La mère et le nouveau-né ont été mis dans un hélicoptère à leur arrivée sur Linosa, et transférés jusqu’à un hôpital à Lampedusa. Tous deux se portent bien, ont précisé les médecins. Une autre passagère a en revanche fait une fausse couche.
 
Selon la police italienne des frontières, ces dernières 24 heures, environ 625 migrants, à bord de cinq bateaux, ont accosté à Lampedusa. Et des centaines d’autres étaient arrivés plus tôt dans la semaine.
 
Au moins deux autres embarcations venant de Libye et transportant des centaines de passagers ont été repérées au large dimanche par des pêcheurs ou des patrouilleurs.
 
Quelque 5.000 migrants se trouvent actuellement encore sur Lampedusa, soit l’équivalent de la population locale.
 
Vendredi, cherchant à faire baisser la pression, 550 personnes ont été transférées sur le continent par bateau, et 400 par avion, direction les centres de rétention de Bari, Crotone et Foggia. Et dimanche, de nouveaux transferts avaient repris vers le sud de la Péninsule, au grand dam de certains responsables politiques, qui veulent voir les Tunisiens renvoyés dans leur pays et non pas transférés sur le continent.
 
Les arrivées de clandestins en provenance de Libye avaient de leur côté cessé depuis plus d’un an, après la signature d’un traité entre Rome et Tripoli par lequel l’Italie confiait au régime de Moammar Kadhafi la répression des passeurs.
 
Depuis le début de l’année, quelque 15.000 migrants, tunisiens pour la plupart, sont arrivés sur Lampedusa, dans la confusion qui a suivi la chute, le 14 janvier, du président Zine el Abidine Ben Ali.
 
Contrairement aux Tunisiens, l’Italie accorde fréquemment l’asile politique aux réfugiés des pays de la Corne de l’Afrique. AP

                                                                                                              

Pour l’égalité de tous les Tunisiens devant la loi


Par Nadia Ghrab, universitaire tunisienne binationale

 

Les Tunisiens sont-ils tous égaux devant la loi ? Non.

Le Président de la République tunisienne doit être né de quatre grands-parents tunisiens. Un binational ne peut pas être membre du bureau politique d’un parti. Le nouveau code électoral proposé par l’équipe de Yadh Ben Achour interdit à un Tunisien naturalisé d’être candidat à l’assemblée constituante, et qu’en sera-t-il plus tard, de la Chambre des députés…

Les Tunisiens qui ont tous les mêmes obligations devant la loi, n’ont pas les mêmes droits … Ces textes instituent de fait des grades dans la nationalité tunisienne : il y a des Tunisiens de 1ère zone et puis, il y a des Tunisiens de 2nde zone…

Nous connaissons tous les dérives que  constituent les amendements successifs introduits dans la Constitution par Bourguiba et Ben Ali dans le seul but de  se maintenir à tout prix au pouvoir et écarter des concurrents potentiels. Concernant la nationalité, l’article 40 rédigé du temps de Bourguiba stipulait que le Président devait être de père et de grand-père paternel tunisiens, ce qui permettait d’écarter le Bey et sa famille. En 1988, Ben Ali a renforcé cet article, en exigeant que les quatre grands-parents du candidat à la présidence soient Tunisiens, ce qui revenait à écarter Habib Bourguiba junior.

 La constitution égyptienne version Moubarak stipulait que le Président devait être de deux parents égyptiens. Une modification introduite par les amendements récents du mois de mars, ajoute que le candidat ne doit pas être marié à une épouse autre qu’égyptienne (Suzanne Moubarak a une double nationalité) et que ni lui ni l’un de ses parents, ne doit avoir eu une autre nationalité. Cet amendement (qui exclut implicitement les femmes de la présidence) vise clairement à rendre impossible le retour de Moubarak ou l’accès à la présidence de son fils. Ces personnages hautement corrompus n’ont de toute évidence, plus rien à faire dans la vie politique égyptienne, mais est-ce par le biais de textes constitutionnels faits sur mesure qu’on doit les en empêcher ?

 Le pouvoir de nuisance de Leila Ben Ali a été bien plus fort que celui de Suzanne Moubarak, et pourtant elle n’avait aucune ascendance étrangère… Ces textes sur mesure sont-ils vraiment à même de garantir que l’élu(e) sera honnête, compétent et attaché avant tout à l’intérêt du pays ?

Allons nous voir se développer le concept de « tunisianité » à l’image de l’ «ivoirité », pour exclure de la vie politique toute personne ayant une ascendance étrangère ? L’histoire récente de la Côte d’Ivoire montre la dangerosité de ce concept.

Si les Etats-Unis avaient eu le même code électoral que le nôtre, Barack Obama n’aurait pas pu être président … En France, tous les Français sont égaux devant la loi. Raymond Forni qui a été président de l’assemblée nationale (2000 – 2002), est né de parents tous les deux italiens, et a été naturalisé à l’âge de 17 ans. Les tentatives gouvernementales récentes d’entraîner la France sur le terrain pernicieux de « l’identité nationale » et de la discrimination, ont heureusement échoué devant la résistance de la population.

Le monde est parcouru par des courants contradictoires. Les démons de l’extrême-droite rôdent autour des pays européens, l’intégrisme religieux est très fort aux Etats-Unis, en Afghanistan, en Iran… Mais heureusement, il y a aussi des courants porteurs de progrès, d’humanité, de fraternité.

C’est ainsi que nous rejetons vigoureusement ceux qui en France pourchassent les Roms et regardent avec suspicion les Français naturalisés et les Français musulmans ; nous rejetons les Etats-Unis de Bush, l’invasion de l’Irak au nom de la lutte contre « l’axe du mal », et les intégristes qui brûlent le Coran… Mais nous aimons la France progressiste, les Français qui soutiennent les peuples dans leur libération, ceux qui mènent des actions de solidarité en France ou dans d’autres pays. Nous aimons l’Amérique généreuse, ouverte, qui a permis l’élection d’Obama et l’état d’esprit qui a permis à ce dernier de prononcer le discours du Caire …

La Tunisie a toujours été une terre d’accueil pour des populations et des cultures diverses. Elle a eu le génie de savoir les intégrer, sans perdre son âme, mais en l’enrichissant au contraire par les apports nouveaux ; elle a su garder une identité forte, parce que dynamique et ouverte aux évolutions et aux influences diverses.

Notre pays a mené la 1ère révolution de ce siècle, une révolution d’un type nouveau, sans chef, mais conduite par toutes les composantes, unies, de la population. Son exemple a entraîné la révolution égyptienne et des processus révolutionnaires dans un grand nombre de pays arabes. Tous les pays du monde ont maintenant les yeux rivés sur elle, ce qui lui confère une véritable responsabilité historique. Quel visage voulons-nous offrir au monde ? Celui d’une Tunisie frileuse, refermée sur elle-même, différenciant ses citoyens suivant les certificats de naissance de leurs ascendants ? Ou bien celui d’une Tunisie ouverte, généreuse, accueillant tous ses citoyens et acceptant que tous la servent ? Les électeurs ne voteront pas pour des candidats étrangers à eux par la mentalité ou la culture… faisons leur confiance pour porter leurs voix vers ceux de leurs concitoyens qui font preuve de compétence, de probité, d’attachement à l’intérêt du pays et de bonnes idées pour le faire progresser !

 

Pour l’égalité de tous les Tunisiens devant la loi

http://www.facebook.com/group.php?gid=6183699517#!/notes/nadia-ghrab/pour-l%C3%A9galit%C3%A9-de-tous-les-tunisiens-devant-la-loi/176377669077106


Oui Pour l’élargissement du comité national de la révolution aux Tunisiens de l’étranger


 Pour l’élargissement de du comité national de la révolution , Ils vont ajouter 60 personnes d’ici la semaine prochaine.
  Il faut appuyer l’appel pour que la communauté des tunisiens à l’étranger soit représentée au moins 1 représentant par pays Je propose la solution suivante: (5 personnes de la France, 2 Allemagne, 2 Italie, 1 UK, 1 Pays du… golf, 1 pays de Benelux et 1 reste du monde).
Il faut aussi exclure d’autres personnes impliquées par leur mutisme ou leur complicité avec la période  passée.
Il faut aussi que les personnes désignées représentent des associations qui ont milité contre la répression.
    Je ne comprend pas comment Monsieur Ben ACHOUR a désigné Monsieur LAKDAR LALLA complice avec la répression de Ben ALI aux prisonniers du mouvement ENNAHDHA durant deux décennies. Monsieur LALLA est très bien connu par ces idées extrémistes et ne représente qu’une petite association très minoritaire par rapport aux autres associations de la communauté Tunisienne à l’étranger.
Travaillons ensemble pour un vrais changement  représentatif et démocratique et arrêtons les combines du système BEN ALI.
 
FETHI ABDELBAKI
 
PARIS

La Tunisie met la révolution du jasmin sur sa brochure touristique


La Tunisie exploite le capital sympathie dont bénéficie la révolution du jasmin pour relancer son industrie touristique. Les communicateurs de la destination invitent les touristes à bronzer sous le soleil d’une démocratie alors que les professionnels proposent déjà des « circuits de la révolution ».

Bien que les braises de la révolution du jasmin qui a chassé le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali du pouvoir restent toujours incandescentes, les opérateurs locaux du secteur touristique s’efforcent déjà d’en faire un nouvel argument de vente. Au lendemain de la levée, par les principaux marchés émetteurs de touristes vers la Tunisie, de leurs restrictions sur les voyages dans le sillage de l’amélioration de la situation sécuritaire dans le pays, l’Office national du tourisme tunisien (ONTT) a lancé une grande campagne de séduction en France, qui a « détourné » des slogans entendus pendant la révolte contre le régime. « Enfin libre de bronzer », « Je révolutionne mon agenda, je viens en Tunisie » ou encore « I love Tunisia, the place to be now » (j’aime la Tunisie, l’endroit où il faut être en ce moment) ont été les principaux slogans de cette campagne lancée un mois jour pour jour après le départ de Ben Ali vers l’Arabie saoudite, le 14 janvier, sur un marché qui émet chaque année 1,4 million de touristes vers le pays du jasmin. Un logo sous forme de cœur comportant l’expression « I love Tunisia » a été diffusé à large échelle sur les réseaux sociaux, notamment Twitter et Facebook, qui avaient joué un rôle clé dans la chute du régime de l’ex-président. « Notre message est citoyen. La Tunisie a toujours le même visage, les même plages, le désert. Mais en plus, il y a un peuple qui s’est levé avec dignité. Cela vaut le coup de venir à sa rencontre », explique Mehdi Houas, le nouveau ministre tunisien du Tourisme. Et de renchérir : « Je ne demande pas l’aumône. Je demande un peu d’enthousiasme, de l’élan. On a besoin de l’Europe pour reconstruire un cercle vertueux. On n’a pas envie d’être un boulet, mais d’être un moteur, même petit ».

Source: “Les afriques” le 27-03-2011


                                                                                                              Les 10 mots de la révolution tunisienne – 4. « Blogueur »


 

Envoyés spéciaux du Nouvelobs.com en Tunisie, nos trois reporters ont rapporté dans leur besace des petites provisions linguistiques : dix mots qui résument l’incroyable changement opéré dans ce petit pays depuis le 14 janvier dernier.

Le soir de mon arrivée à Tunis trois semaines après le départ du président Ben Ali, je me rends place de la Kasbah, centre névralgique de la contestation, qui, malgré le départ du dictateur, ne désemplissait guère de manifestants.

J’engage la conversation avec quelques personnes. Quelles sont les raisons de leur présence ici ? Participent-ils au mouvement depuis longtemps ? Pourquoi ? L’habituelle prise de contact journalistique à destination du révolutionnaire tunisien… Mes deux, puis trois, interlocuteurs, tous de jeunes hommes, me racontent leur parcours d’étudiant, puis diplômé, puis chômeur… Mais au fait, que font-ils dans la vie? « Blogueurs« , me disent-ils.

Pas des journalistes sans emploi, ni des intellectuels menacés par le pouvoir autoritaire de Ben Ali ni même des cyber-poètes maudits. Non, ils sont « blogueurs ».

Les réseaux sociaux (Facebook, twitter…) ont joué un rôle primordial dans l’aboutissement de la Révolution tunisienne, puis égyptienne et continuent d’être le ciment de la contestation qui perdure dans le monde arabe en favorisant la diffusion rapide de l’information. Les blogs, par leur côté plus détaillé ont joué et jouent encore dans d’autres pays, un rôle plus proche de celui de la presse alors que celle-ci est muselée.

Si bien que beaucoup de contestataires se sont créés des pages pour témoigner de ce qu’ils voyaient durant les événements, au point de faire de « blogueur » un statut social. Et pas des moindres. Dans la bouche des Tunisois, je finis par avoir l’impression que même le gendre idéal est blogueur. Il faut dire que le nouveau ministre de la Jeunesse est un blogueur…

Quelques jours après, je rencontre donc Slim Amamou. Riche de mon expérience de la soirée à la Kasbah, j’engage la conversation : « – Donc avant d’accéder à vos responsabilités ministérielles vous étiez blogueur? –Euh… j’avais un blog oui mais enfin sinon j’avais une petite société d’applications web ». Retour à la normale.

Source : « Le Nouvel Observateur » Le 27-03-2011

Lien :http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/les-revolutions-arabes/20110324.OBS0183/les-10-mots-de-la-revolution-tunisienne-4-blogueur.html


Israël, les Juifs tunisiens…et la démocratie perdue!


 

Au moment où les tunisiens parlent plus que jamais de laïcité, de tolérance et de liberté de culte, le gouvernement Israélien cherche par tous les moyens de faire peur aux tunisiens de confession juive les incitant à quitter le pays pour s’installer en Israël

Pour parvenir à ses fins, le ministère israélien de l’intégration essaye de manipuler ces tunisiens en  leur sortant l’argument de l’insécurité et indiquant que « le changement de régime en Tunisie qui fait suite à la révolution de jasmin a conduit à l’islamisation du gouvernement et à l’augmentation de l’antisémitisme », et le document du ministère d’ajouter que « l’attitude des autorités actuelles est très inquiétante pour la communauté juive. »

Dans son édition du samedi 26 mars 2011, le site israélien JSS, explique la stratégie machiavélique du  gouvernement israélien qui se prépare à offrir aux juifs tunisiens « une opportunité qu’ils ne peuvent pas refuser », ajoute la même source.

Il s’agit d’une intégration avec location d’appartement à prix préférentiel, peu ou pas de taxes pendant plusieurs années ainsi qu’un chèque mensuel important pour une période à déterminer.

Mais puisque ce genre de panier d’immigration existe déjà pour tous les juifs (ou descendants de juifs) qui décident d’aller vivre en Israël, peu importe leur pays d’origine, le ministère de l’intégration a décidé de montrer qu’Israël veut tout faire pour « acheter » ces tunisiens et ce en offrant une subvention exceptionnelle de 2.000€ de plus que pour tous les immigrants qui viennent de Tunisie !

Il est à rappeler que la communauté juive de Tunisie comprend actuellement près de 2.000 personnes. Pour finir il me plaît de reprendre la phrase de M. Gilles Lellouche, un tunisien de confession juive, qui a publié sur Espace Manager, le 16 janvier 2009, un billet dans lequel il a dit « Je suis heureux d’appartenir à ce pays qu’est la Tunisie. Oui je suis tunisien et je crache à la gueule du premier qui en douterai. Je vis ici chez moi et j’emmerde le premier que cela ennuie. »

Source : «Tribune De Geneve » Le 27-03-2011

Lien : http://savoir-la-verite.blog.tdg.ch/archive/2011/03/27/israel-les-juifs-tunisiens-et-la-democratie-a-perdu.html


Tunisie: Silence, …l’UTICA est occupée!


 

Hamadi Ben Sedrine, président du bureau exécutif provisoire de l’UTICA, s’est plus attardé sur les justifications en rapport avec les accusations dont il ont fait l’objet, lui, Hédi Djilani, ancien président de la Centrale patronale, ainsi que les membres de l’exécutif quant à leur intégrité durant l’exercice de leurs responsabilités, que sur les problématiques purement économiques!

au siège de l’UTICA. Devant un parterre de journaliste, Hamadi Ben Sedrine a dû répondre aux accusations formulées contre lui et les membres du Bureau par le mouvement «Sauvons l’UTICA», en présentant le rapport d’audit prouvant qu’aucun membre du bureau n’a reçu de rémunération de la centrale et que Hédi Djilani n’a jamais été rémunéré par la Centrale à quelque titre que ce soit en tant que président.

C’est un rapport d’audit  du cabinet Mabrouk Ayari International qui l’a certifié à la commission financière de l’UTICA, présidée par Zohra Driss agissant pour le compte de la Centrale.

Les membres du Bureau accusés de corruption ne resteront pas les bras croisés, ils présentent une plainte pour dommage et intérêt car ils estiment que leur image a été trainée dans la boue et qu’ils doivent avoir réparation reconnue au niveau du grand public.

Quant à la situation économique du pays rendue secondaire à cause des accusations lancées de part et d’autres, eh bien elle n’est pas des plus brillantes. Avec à peine 1% de croissance si les plans de relance ne démarrent pas au plus tôt, adieu les nouveaux postes d’emplois et fasse Dieu que nous gardions ceux qui existent. Les pertes évaluées à ce jour ont atteint les 400 MDT et avec les grèves et les sit-in continuels, on doit s’attendre à plus, sans oublier les risques pour l’emploi.

Source: “wmc” Le 27-03-2011

Lien: http://www.webmanagercenter.com/management/article-103752-tunisie-silence-l-utica-est-occupee


                                                                                                        Tunisie – Évolution de 224% des exportations en huile d’olives


 

Les exportations de l’huile d’olives conditionnée ont enregistré une évolution de 224%, selon un communiqué du ministère de l’Industrie et de la Technologie. En effet, ces exportations ont atteint depuis le démarrage de la campagne oléicole 2010/2011 en novembre dernier et jusqu’à fin février 2011 environ 3.618 tonnes contre 1.611 tonnes durant la même période de la campagne précédente. Les quantités d’huile d’olives conditionnée représentent 8,3% des exportations globales d’huile d’olives (huile d’olives en vrac et conditionné) enregistrées depuis le début de la présente campagne (43.765 tonnes à fin février 2011). Rappelons que l’objectif fixé pour cette année est d’atteindre le seuil de 10% d’exportation d’huile d’olives conditionnée. Le prix moyen d’exportation de l’huile d’olives conditionnée s’élève à 5.460 dinars par tonne contre 3.732 dinars par tonne pour l’huile d’olives en vrac, soit une majoration d’environ 46%.

Source: “Business News” Le 27-03-2011

Lien:http://www.businessnews.com.tn/Tunisie-%E2%80%93-%C3%89volution-de-224-des-exportations-en-huile-d%E2%80%99olives,520,24084,1


Révolution Tunisienne – Une Révolution 2.0 ?!


Hier soir s’est tenue à la Maison des Associations un meeting de soutien à la révolution tunisienne et aux révolutions arabes, meeting organisé sous l’égide du syndicat Solidarités. Jean Batou, Anis Mansouri et Ahlem Belhadj représentante du Front du 14 Janvier ont animé le débat, dans une salle comble et investie par une foule arabo-suisse composée de jeunes et de moins jeunes mais surtout très enthousiaste. 

Les débatteurs ont passé en revue l’historique des révolutions arabes, initiées par la Tunisie et ont été tous unanimes à se féliciter des révoltes arabes.

Certes la révolution tunisienne est une vraie révolution et Ben Ali est bien tombé, néanmoins nous devons rester vigilants car le système est toujours présent et le gouvernement provisoire ne représente par vraiment les aspirations du peuple.

Ahlem Belhadj a fait remarquer que le peuple tunisien a dissous les municipalités de l’ancien régime et nommé dans tout le pays des comités populaires pour gérer les villes et les villages. Elle espère que ces comités populaires finiront par se structurer au niveau national et se trouver une direction et prendre partie dans l’élaboration d’une assemblée constituante. Un autre exemple a été rappelé par Ahlem c’est que les paysans travaillant dans les immenses propriétés agricoles appartenant à l’état et que l’ancien régime louait pour des clopinettes à quelques privilégiés, ces travailleurs agricoles ont pris le contrôle de ces terres domaniales et les auto-gèrent dorénavant eux-mêmes et pour leur propre compte.

Les débatteurs ont aussi rappelé que ces révoltes arabes qui véhiculent un message universel ont fait des émules jusqu’aux ÉTATS-UNIS où au moment où Moubarak tombait on a vu des manifestants américains camper plusieurs semaines durant dans le capitole du Wisconsin exigeant le départ de ‘HOSNI WALKER’, surnom donné au gouverneur ‘Tea partiste’ Scott Walker, qui menaçait de faire appel aux gardes républicains pour disperser les manifestants protestant contre la suppression de leurs acquis sociaux.

A la fin du débat une minute de silence a été tenue à la mémoire des martyrs de la révolution arabe non sans quelques frictions verbales entre les débatteurs et quelques assistants à-propos du support ou non à l’action de la ‘Coalition’ en Libye.

Source : « Tribune de Geneve » Le 26-03-2011

Lien :http://planetephotos.blog.tdg.ch/archive/2011/03/26/revolution-tunisienne-une-revolution-2-0.html


Tunisie – Un mois après l’avènement de Béji Caïd Essebsi : le peuple veut de vraies infos


Depuis l’avènement de Béji Caïd Essebsi à la tête du gouvernement transitoire, les affaires du pays semblent marcher beaucoup mieux. La présence sécuritaire et sécurisante est mieux visible, les contestations et les autres revendications, qualifiées d’exagérées et prématurées, sont moins nombreuses et un vrai cours normal de la vie semble être en place. Près d’un mois après sa nomination en tant que Premier ministre, Béji Caïd Essebsi fait le point lors d’une interview, fleuve et exclusive, publiée par le journal Echourouq dans sa livraison du dimanche 27 mars 2011 et menée de main de maître par notre consœur, Fatma Ben Abdallah Karray, rédactrice en chef dudit média. M. Caïd Essebsi répond à toutes les questions avec franchise, sincérité et, parfois, avec diplomatie à toutes les questions, même les plus embarrassantes. Il a commencé par exprimer sa fierté d’avoir été à l’origine de la suspension du sit-in de la Kasbah sans l’intervention policière ou militaire. Les citoyens m’ont dit : « nous avons un préjugé favorable sur vous, ne nous décevez pas.Et depuis, je fais tout pour être à la hauteur de la confiance placée en moi. La révolution est celle de tout un peuple et il est de notre devoir de la préserver et de la sauvegarder contre tous ceux qui essaieraient de la noyauter ou de la noyer. Il est de notre devoir de la mener à bon port, c’est-à-dire à l’établissement d’un régime démocratique et transparent où la bonne gouvernance règne en maître. » Le Premier ministre a réitéré son avis sur le président déchu qui n’était nullement un homme d’Etat et qu’il était sûr que Ben Ali finirait par s’enfuir. Mais il a donné, surtout, sa vision de l’avenir de la Tunisie et de la manière de s’en sortir. Refusant de donner son avis sur le caractère prématuré ou non de la dissolution, par la justice, du RCD, Béji Caïd Essebsi a réaffirmé que son credo demeure la transparence, les mains propres et l’alternance, d’où son appel à ce que les commissions d’enquête et, plus particulièrement, le Conseil de l’instance supérieure pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique, accomplissent leurs tâches et leurs missions dans l’indépendance la plus totale. A propos des orientations générales clairement évoquées dans cette interview, on constate que le Premier ministre, en homme politique chevronné, accorde une place importante à l’implication de l’UGTT dans la vie politique et dans le choix des grandes lignes de la période comme cela a été toujours le cas par le passé. M. Caïd Essebsi estime, en effet, que la centrale syndicale demeure un acteur incontournable de la dynamique nationale et qu’il faut l’associer à toutes les décisions engageant le futur de la Tunisie. Prié de donner son avis sur l’installation des Tunisois dans plusieurs postes clés au sein du gouvernement transitoire après des décennies de mainmise des « Sahéliens » de Monastir et de Sousse sur les hautes sphères du pouvoir, Béji Caïd Essebsi s’est défendu d’une pareille conception de la chose publique et a répliqué avec la phrase classique, à savoir que la Tunisie appartient à toutes les Tunisiennes et à tous les Tunisiens. Sur la question de ce qui se passe en Libye, le Premier ministre a été plus que diplomate en refusant de prendre position ou de trancher. Plus encore. Tout en affirmant que la Tunisie, étant avec la légalité internationale, se doit de respecter la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU. M. Caïd Essebsi ne nous a pas révélé, toutefois la position de la Tunisie à la Ligue arabe concernant l’instauration d’une zone d’exclusion aérienne en Libye ! Concernant les critiques et les protestations contre les dernières nominations des délégués, comme ce fut le cas pour les gouverneurs, le Premier ministre se déclare pour les critiques constructives, calmes et, surtout qui se font par voie de correspondance. « Qu’on nous envoie les doléances et on se chargera de les étudier et d’y répondre », affirme t-il tout en se prononçant contre les protestations bruyantes et les sit-in. A ce propos, il est utile de mentionner qu’après un certain moment de répit, les revendications et autres rassemblement sont en train de refaire leur apparition et les observateurs se demandent comment le gouvernement transitoire va-t-il se comporter avec le phénomène. Les mêmes observateurs s’interrogent sur le manque, voire l’absence d’information sur les nombreux incidents enregistrés jusque-là. L’opinion publique est en droit de savoir qui se trouve derrière les troubles. On nous parle d’arrestation de malfaiteurs sans autre précision, ce qui donne libre cours à toutes les hypothèses et à toutes les surenchères. Tout le monde sait que des membres de familles sont arrêtés et attendent d’être jugés, mais on ne sait rien du tout du point de la situation sur ce volet. La même opinion publique tient à avoir des informations sur le rôle de Seriati dans les événements du 14 janvier et des jours précédents. Cela fait plus de deux mois qu’il est arrêté et on n’en sait toujours rien sur l’avancement de son interrogatoire et sur les chefs d’inculpation qui lui sont imputés, d’autant plus que son fils a démenti un ensemble de ces accusations. Depuis les images télévisées sur l’arrestation des Abdelaziz Ben Dhia, Abdelwahab Abdallah et Abdallah Kallel, on ne sait rien sur la suite de leur interrogatoire. Certains parlent même de leur libération. Où est la vérité ? Où en sont les choses concernant l’avenir de la Commission d’enquête sur la corruption et les malversations ? Là aussi, motus et bouche cousue. On a parlé et vu de grandes trouvailles aux Palais de Sidi Dhrif et de Carthage. Et après ? On veut bien croire au secret obligatoire pour l’efficacité des enquêtes, mais les gens s’impatientent et veulent des infos. De vraies. C’est dire que la période à venir est encore semée d’embûches et que Si El Béji a encore du pain sur la planche. Il est plein de bonne volonté pour réussir, mais il faut que toutes les parties assument leurs responsabilités et y mettent du leur pour parvenir à ce 24 juillet 2011 dans les meilleures conditions possibles.

Source: “Business News” Le 27-03-2011

Lien: http://www.businessnews.com.tn/Tunisie—Un-mois-après-l’avènement-de-Béji-Caïd-Essebsi–le-peuple-veut-de-vraies-infos,519,24089,1


Tunisie. Yacine Brahim raconte les coulisses de la libération des otages d’Hannibal II


 

 

«Le premier jour de ma prise de fonction, le 31 janvier, les familles sont venues au ministère du Transport. Pour être honnête, j’étais vaguement au courant de cette affaire. Et c’est ainsi que j’ai pris conscience de sa gravité. J’ai vu des mères, des sœurs et des épouses désespérées, pleurer et crier. Elles étaient montées carrément à l’étage et on a passé toute la soirée ensemble. Qu’est ce qui s’est passé? C’est quoi cette histoire des pirates? Les familles m’ont donné des dossiers, ils ont fait des recherches sur Internet. Ils m’ont tout raconté.

«J’étais un peu désespéré…»

«Le lendemain, à 7 heures et demi du matin, j’ai appelé Farid Abbes, propriétaire du bateau, pour essayer de voir avec lui ce qu’on pouvait faire. J’ai appelé ensuite le ministre des Affaires étrangères, où une commission de crise suivait l’affaire avec M. Abbes, qui était aussi en contact avec sa compagnie d’assurances, et l’avocat de la compagnie qui négociait avec les pirates…

«J’ai découvert, malheureusement, que les enlèvements sont une véritable industrie, aux rouages très bien huilés. Vous savez, dès qu’un bateau est arraisonné par des pirates, il y a une bourse qui s’installe. Les pirates commencent à calculer le montant qu’ils pourraient tirer de l’opération. Ils observent les réactions, puis commencent à déterminer le montant de la rançon selon la côte des otages et la valeur du bateau.

«La moyenne de détention varie généralement de 5 à 6 mois. Evidemment, la durée est un moyen de négociation pour les pirates. Plus la prise d’otages dure, plus les familles craquent, plus l’équipage est à bout, plus le gouvernement est sous pression, plus le propriétaire du bateau est disposé à céder, etc.

«J’étais un peu désespéré, car ce n’était pas simple. Surtout qu’à ce que m’a expliqué M. Abbes, on ne tenait pas nécessairement le rythme des négociations. Les pirates vous donnent un numéro de téléphone. Ils peuvent appeler deux trois fois par semaine. Ils appellent quand ils veulent. Parfois, ils passent une semaine sans appeler… Donc, les négociations n’avancent pas assez vite. Alors, ils mettent au courant les membres de l’équipage, un peu pour maintenir la tension. Ils leur racontent n’importe quoi: ‘‘Le propriétaire se fiche de nous. Il a proposé telle somme au lieu de telle autre’’. Les membres de l’équipage transmettent leur désarroi à leurs familles. Celles-ci s’en prennent au propriétaire : ‘‘Il n’est pas en train de s’occuper de nos enfants, il ne veut pas payer…’’.

«Plus la tension monte plus l’affaire va être compliquée»

«Nous nous sommes dits: nous avons à gérer tout d’abord les familles. Car, plus la tension monte plus l’affaire va être compliquée. Dans le contexte actuel de la Tunisie, le ministère de l’Intérieur a d’abord fait pression sur les familles pour qu’elles se calment. Mais elles n’étaient pas faciles à gérer. Elles ont parlé dans  des émissions à la télévision. J’ai dû moi-même passer à la télévision, en expliquant qu’il vaut mieux être discret sur la situation. Deux jours après mon passage, on a fait reportage sur le sujet et on a même invité Farid Abbes sur le plateau. C’est le contexte du pays.

«Peu de temps après, les familles des otages sont revenues ici au ministère et la tension est montée d’un cran. Et là, la situation était devenue dangereuse. L’Etat pouvait être exposé…

«Il fallait continuer de négocier, et c’est compliqué, non pas seulement avec les pirates, mais avec toutes les autres parties concernées. C’est ainsi qu’on a eu l’idée, partagée avec le ministère de la Défense, de nommer un médiateur. On a choisi un retraité de la marine, l’amiral Chedli Chérif. On l’a mandaté, il y a un peu plus d’un mois, pour être un médiateur entre les familles et l’armateur et pour représenter l’Etat dans la négociation.

«Qui sont les acteurs? Ce sont les pirates, qui négocient avec leurs avocats basés à Londres et ne veulent parler avec personne d’autre. C’est du business, bien sûr, où des avocats jouent un rôle central. Si les pirates ne veulent parler qu’à eux, c’est parce qu’ils les connaissent. Par la suite, les avocats vont demander à l’armateur: ‘‘Êtes-vous prêts à payer ceci ou cela?’’. L’armateur, qui doit payer la rançon, est aussi un acteur important. C’est sur lui que la pression se fait le plus sentir.

«L’amiral Chedli Chérif a été un porte-bonheur»

«Farid Abbes a toujours été conciliant, malgré les fortes pressions. Mais il a commencé à perdre sa crédibilité, puisque le temps passait et que les familles ne voyaient rien venir. Elles ont du mal à croire qu’on ne peut pas y arriver en deux mois et qu’il en fallait quatre.

«L’amiral Chérif a été, en fait, un porte-bonheur, parce que, le jour où il a commencé sa médiation, les pirates ont appelé et la négociation s’est accélérée.

«Farid Abbes a déjà trouvé un terrain d’entente avec les avocats des pirates. Mais après l’accord, il faut mettre en place la logistique permettant de délivrer les otages. Et là, l’amiral a joué un grand rôle. Il fallait trouver un pays ami, qui ait une marine dans la zone. L’amiral a approché deux ou trois pays. La France a répondu assez rapidement, parce qu’elle a une base militaire à Djibouti et l’amiral y a des connaissances utiles de par ses anciennes fonctions d’attaché militaire.

«Le ministère des Affaires étrangères nous a beaucoup aidés aussi parce qu’on a eu un problème avec la France, lorsqu’elle a changé de ministre de la Défense, avec le départ de Marie Alliot-Marie. Alain Juppé, qui lui a succédée, était aussi une vieille connaissance de l’amiral Cherif. C’est ainsi que les Français nous ont aidés en mettant à notre disposition un bateau pour ramener les otages libérés. Il fallait tout prévoir et organiser, parce qu’une fois qu’on a payé la rançon, qui nous garantirait que les pirates nous lâcheraient le bateau?

«‘‘Al Hamdou Lillah’’ (Dieu merci), tout s’est bien passé. Les otages libérés sont dans l’avion [l’entretien s’est déroulé mardi après-midi, ndlr]. Ils vont débarquer à Tunis ce soir. Le bateau a également été récupéré à Djibouti».

 

Le ministre du Transport, Yacine Brahim, raconte à Kapitalis les coulisses de la négociation pour la libération des 26 otages, dont 22 Tunisiens, du bateau Hannibal II. Récit…

«Le premier jour de ma prise de fonction, le 31 janvier, les familles sont venues au ministère du Transport. Pour être honnête, j’étais vaguement au courant de cette affaire. Et c’est ainsi que j’ai pris conscience de sa gravité. J’ai vu des mères, des sœurs et des épouses désespérées, pleurer et crier. Elles étaient montées carrément à l’étage et on a passé toute la soirée ensemble. Qu’est ce qui s’est passé? C’est quoi cette histoire des pirates? Les familles m’ont donné des dossiers, ils ont fait des recherches sur Internet. Ils m’ont tout raconté.

«J’étais un peu désespéré…»

«Le lendemain, à 7 heures et demi du matin, j’ai appelé Farid Abbes, propriétaire du bateau, pour essayer de voir avec lui ce qu’on pouvait faire. J’ai appelé ensuite le ministre des Affaires étrangères, où une commission de crise suivait l’affaire avec M. Abbes, qui était aussi en contact avec sa compagnie d’assurances, et l’avocat de la compagnie qui négociait avec les pirates…

«J’ai découvert, malheureusement, que les enlèvements sont une véritable industrie, aux rouages très bien huilés. Vous savez, dès qu’un bateau est arraisonné par des pirates, il y a une bourse qui s’installe. Les pirates commencent à calculer le montant qu’ils pourraient tirer de l’opération. Ils observent les réactions, puis commencent à déterminer le montant de la rançon selon la côte des otages et la valeur du bateau.

«La moyenne de détention varie généralement de 5 à 6 mois. Evidemment, la durée est un moyen de négociation pour les pirates. Plus la prise d’otages dure, plus les familles craquent, plus l’équipage est à bout, plus le gouvernement est sous pression, plus le propriétaire du bateau est disposé à céder, etc.

«J’étais un peu désespéré, car ce n’était pas simple. Surtout qu’à ce que m’a expliqué M. Abbes, on ne tenait pas nécessairement le rythme des négociations. Les pirates vous donnent un numéro de téléphone. Ils peuvent appeler deux trois fois par semaine. Ils appellent quand ils veulent. Parfois, ils passent une semaine sans appeler… Donc, les négociations n’avancent pas assez vite. Alors, ils mettent au courant les membres de l’équipage, un peu pour maintenir la tension. Ils leur racontent n’importe quoi: ‘‘Le propriétaire se fiche de nous. Il a proposé telle somme au lieu de telle autre’’. Les membres de l’équipage transmettent leur désarroi à leurs familles. Celles-ci s’en prennent au propriétaire : ‘‘Il n’est pas en train de s’occuper de nos enfants, il ne veut pas payer…’’.

«Plus la tension monte plus l’affaire va être compliquée»

«Nous nous sommes dits: nous avons à gérer tout d’abord les familles. Car, plus la tension monte plus l’affaire va être compliquée. Dans le contexte actuel de la Tunisie, le ministère de l’Intérieur a d’abord fait pression sur les familles pour qu’elles se calment. Mais elles n’étaient pas faciles à gérer. Elles ont parlé dans  des émissions à la télévision. J’ai dû moi-même passer à la télévision, en expliquant qu’il vaut mieux être discret sur la situation. Deux jours après mon passage, on a fait reportage sur le sujet et on a même invité Farid Abbes sur le plateau. C’est le contexte du pays.

«Peu de temps après, les familles des otages sont revenues ici au ministère et la tension est montée d’un cran. Et là, la situation était devenue dangereuse. L’Etat pouvait être exposé…

«Il fallait continuer de négocier, et c’est compliqué, non pas seulement avec les pirates, mais avec toutes les autres parties concernées. C’est ainsi qu’on a eu l’idée, partagée avec le ministère de la Défense, de nommer un médiateur. On a choisi un retraité de la marine, l’amiral Chedli Chérif. On l’a mandaté, il y a un peu plus d’un mois, pour être un médiateur entre les familles et l’armateur et pour représenter l’Etat dans la négociation.

«Qui sont les acteurs? Ce sont les pirates, qui négocient avec leurs avocats basés à Londres et ne veulent parler avec personne d’autre. C’est du business, bien sûr, où des avocats jouent un rôle central. Si les pirates ne veulent parler qu’à eux, c’est parce qu’ils les connaissent. Par la suite, les avocats vont demander à l’armateur: ‘‘Êtes-vous prêts à payer ceci ou cela?’’. L’armateur, qui doit payer la rançon, est aussi un acteur important. C’est sur lui que la pression se fait le plus sentir.

«L’amiral Chedli Chérif a été un porte-bonheur»

«Farid Abbes a toujours été conciliant, malgré les fortes pressions. Mais il a commencé à perdre sa crédibilité, puisque le temps passait et que les familles ne voyaient rien venir. Elles ont du mal à croire qu’on ne peut pas y arriver en deux mois et qu’il en fallait quatre.

«L’amiral Chérif a été, en fait, un porte-bonheur, parce que, le jour où il a commencé sa médiation, les pirates ont appelé et la négociation s’est accélérée.

Farid Abbes a déjà trouvé un terrain d’entente avec les avocats des pirates. Mais après l’accord, il faut mettre en place la logistique permettant de délivrer les otages. Et là, l’amiral a joué un grand rôle. Il fallait trouver un pays ami, qui ait une marine dans la zone. L’amiral a approché deux ou trois pays. La France a répondu assez rapidement, parce qu’elle a une base militaire à Djibouti et l’amiral y a des connaissances utiles de par ses anciennes fonctions d’attaché militaire.

«Le ministère des Affaires étrangères nous a beaucoup aidés aussi parce qu’on a eu un problème avec la France, lorsqu’elle a changé de ministre de la Défense, avec le départ de Marie Alliot-Marie. Alain Juppé, qui lui a succédée, était aussi une vieille connaissance de l’amiral Cherif. C’est ainsi que les Français nous ont aidés en mettant à notre disposition un bateau pour ramener les otages libérés. Il fallait tout prévoir et organiser, parce qu’une fois qu’on a payé la rançon, qui nous garantirait que les pirates nous lâcheraient le bateau?

«‘‘Al Hamdou Lillah’’ (Dieu merci), tout s’est bien passé. Les otages libérés sont dans l’avion [l’entretien s’est déroulé mardi après-midi, ndlr]. Ils vont débarquer à Tunis ce soir. Le bateau a également été récupéré à Djibouti».

Source: “Kapitalis” Le 26-03-2011

Lien: http://www.kapitalis.com/fokus/62-national/3246-tunisie-yacine-brahim-raconte-les-coulisses-de-la-liberation-des-otages-dhannibal-ii.html


Les différends sur la composition de l’Instance supérieure pour la réalisation des objectifs de la Révolution, réglés


 

– Elargissement de l’Instance à 130 membres

– Vers l’augmentation du nombre des partis représentés

– Intention d’éliminer certains noms pour avoir appelé le président déchu à se présenter aux élections de 2014

La troisième réunion de l’Instance supérieure pour la réalisation des objectifs de la Révolution, la réforme politique et la transition démocratique tenue, hier, au siège du Conseil économique et social (CES), a permis de régler les différends autour de sa composition.

 

Contrairement aux deux précédentes, cette réunion a été marquée par un consensus entre les différentes parties.

Les participants à cette réunion ont entamé l’examen de l’ordre du jour de l’Instance, notamment la question du projet du décret-loi sur la création d’une instance supérieure pour la surveillance des élections et du projet du décret-loi portant sur la loi électorale relatif à l’élection de l’assemblée nationale constituante prévue le 24 juillet 2011.

Pour régler les différends concernant notamment «les accusations d’exclusion» relatives à la composition de l’instance, depuis sa création, Yadh Ben Achour, président de l’Instance a annoncé la décision « d’élargir la composition de cette Instance de 71 membres, actuellement, à 130 membres, de manière à y renforcer la représentation des partis, de la jeunesse, de la femme, des régions et des personnalités nationales ».

Sur cette base, chacun des partis aura trois représentants, avec l’obligation de la présence des jeunes et des femmes, parmi ces trois membres.

Des concertations se sont engagées pour augmenter le nombre des partis représentés qui compte, actuellement, 12 partis, en plus de l’élargissement de la représentation aux organisations, en particulier l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) et l’Ordre national des avocats, afin qu’ils aient chacun quatre délégués, alors que 24 délégués représenteront les régions.

Selon les mêmes sources, il y a l’intention d’éliminer certains noms qui font l’objet de contestation à cause de leurs liens avec l’ancien régime ou pour avoir appelé le président déchu à se présenter aux élections de 2014.

Le conseil de l’Instance sera effectivement opérationnel dès la quatrième réunion prévue pour mardi 29 mars 2011, au siège de la Chambre des conseillers, au Bardo.      

Source: “Le Temps” Le 27-03-2011

 Lien:  http://www.letemps.com.tn/article-54462.html


 

Vie des partis – Premier congrès du Parti Socialiste de Gauche (PSG)

Mohamed Kilani, coordinateur général : «Non au report de la date du 24 juillet 2011 de l’élection de l’Assemblée constituante»


 

• «De quel droit Abdelfattah Mourou se permet-il de diviser la société en croyants et non croyants ?» – Dans une salle archicomble celle du cinéma « Le Mondial » de Tunis et avec une présence remarquable des jeunes, le Parti Socialiste de Gauche (PSG) a tenu hier son premier congrès constitutif. Fondé en 2006 il n’a obtenu son visa qu’après la Révolution du 14 janvier.

Dans son allocution d’ouverture des travaux, le coordinateur général du parti Mohamed Kilani a rappelé les constantes sur lesquelles se base le PSG. A savoir la pratique démocratique et les principes de la gauche progressiste. Il a souligné « qu’après cette Révolution qui a libéré le pays de la dictature et nous a permis en tant que parti de sortir de la clandestinité notre devoir est d’assurer, avec toutes les forces responsables et progressistes du pays, la transition de la République vers une véritable démocratie » en ajoutant « Nous proposons d’agir ensemble dans le cadre d’un pacte républicain ».

Séparation

M. Kilani a insisté sur le fait que selon lui « cette transition démocratique dérange certaines forces obscures qui vont essayer de la faire avorter. Nous devons donc demeurer vigilants » a-t-il souligné. Il a rappelé aussi que la démocratie n’est pas celle de la rue. C’est celle des institutions », à cet effet le coordinateur du PSG a donné l’exemple de ceux qui appellent aujourd’hui au report de la date du 24 juillet 2011. Celle de l’élection de l’assemblée constituante. Cet appel au report entre dans le cadre du plan de ceux qui veulent détourner cette révolution de ses véritables objectifs ». M. Kilani a expliqué qu’après le 24 juillet vient le mois sacré du Ramadhan une période que certains veulent exploiter pour des visées électorales en utilisant ainsi la religion. Le coordinateur du PSG dans le même sens des idées a dénoncé les propos parus hier sur les colonnes de notre consoeur Assabah d’Abdelfattah Mourou qui a appelé les citoyens à ne pas voter pour les mécréants « de quel droit il se permet de diviser la société entre croyants et non croyants » a-t-il souligné.

A noter que les slogans inscrits sur les banderoles qui ornent les murs de la salle appellent à la séparation de la religion et de la politique et à ne pas exploiter les pratiques religieuses pour des visées électorales.

Source: “Le Temps” Le 27-03-2011

 Lien: http://www.letemps.com.tn/article-54464.html


Tunisian immigrants to Israel to receive special aid


 

JERUSALEM (JTA) — Israel’s Cabinet approved a program to assist new immigrants from Tunisia arriving in Israel in the wake of the country’s recent revolution.

Under the plan approved at a meeting Sunday, the immigrants will receive special financial assistance of more than $9,000 in addition to the usual aid provided to new immigrants.

« We know that there is real distress among the Jews of Tunisia, many of whom would like to immigrate to Israel, » Prime Minister Benjamin Netanyahu said at the meeting. « We will increase the absorption basket in order to allow them to do so. 

« Israel is the state of the Jews. It worries about Jews wherever they are — those who are here and those who would like to come here. »

Minister Sofa Landver said that « The Government of Israel must see to the needs of new immigrants who arrive here hastily from Tunisia, without sufficient advance preparation like other immigrants. This proposal, which was formulated along with the Jewish Agency, is designed to ease, and answer, the difficulties for the families that, given the sensitive situation, decided to come here. »

About 1,500 Jews are living in Tunisia. Some 1,100 Tunisian Jews live in Djerba, with the rest in the capital city of Tunis.

Ten Tunisian Jews made aliyah to Israel with the help of the Jewish Agency in late January amid political upheaval and violence in Tunisia that led to the overthrow of President Zein el-Abbadin Bin Ali.

Source: “JTA” Le 27-03-2011

Lien: http://www.jta.org/news/article/2011/03/27/3086581/tunisian-immigrants-to-israel-to-receive-more-aid


Tunisian opposition leader calls for post-uprising vigilance

 

A veteran Tunisian opposition politician called Sunday for vigilance against the dangers that, he said, threatened the north African country’s revolution.

Holding his first public meeting since returning from exile, Moncef Marzouki told activists from his Congress for the Republic Party (PCR) that « the enemies of the revolution should stop swimming against the current. »

He also said that the political police, officially dissolved on March 7, « continues even today to exercise pressure on political activists, » according to the Tunisian news agency TAP.

Marzouki, 65, returned to Tunisia on January 18, four days after the fall of president Zine el-Abidine Ben Ali, who had banned the PCR. A day earlier Marzouki had said from exile in Paris that he would be a candidate in a presidential election.

During the meeting Marzouki, a doctor and former president of the Tunisian human rights league, outlined his platform for the elections to be held on July 24.

In an interview in a Tunisian newspaper published Saturday he said he wanted a mixed presidential-parliamentary regime that « does not give the president the chance to become a dictator, or a prime minister to do so. »

« I am very proud of this revolution and very optimistic for its future, » he said.

Source: “AFP” Le 27-03-2011

Lien: http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5ilKucRJsUkCzxVdUd7BuTlN-UMdQ?docId=CNG.82fce0d1e069b2865b114176f57c0264.2f1


In Tunisia, act of one fruit vendor unleashes wave of revolution through Arab world

 

SIDI BOUZID, TUNISIA — On the evening before Mohammed Bouazizi lit a fire that would burn across the Arab world, the young fruit vendor told his mother that the oranges, dates and apples he had to sell were the best he’d ever seen. “With this fruit,” he said, “I can buy some gifts for you. Tomorrow will be a good day.”

For years, Bouazizi had told his mother stories of corruption at the fruit market, where vendors gathered under a cluster of ficus trees on the main street of this scruffy town, not far from Tunisia’s Mediterranean beaches. Arrogant police officers treated the market as their personal picnic grounds, taking bagfuls of fruit without so much as a nod toward payment. The cops took visible pleasure in subjecting the vendors to one indignity after another — fining them, confiscating their scales, even ordering them to carry their stolen fruit to the cops’ cars.

Before dawn on Friday, Dec. 17, as Bouazizi pulled his cart along the narrow, rutted stone road toward the market, two police officers blocked his path and tried to take his fruit. Bouazizi’s uncle rushed to help his 26-year-old nephew, persuading the officers to let the rugged-looking young man complete his one-mile trek.

The uncle visited the chief of police and asked him for help. The chief called in a policewoman who had stopped Bouazizi, Fedya Hamdi, and told her to let the boy work.

Hamdi, outraged by the appeal to her boss, returned to the market. She took a basket of Bouazizi’s apples and put it in her car. Then she started loading a second basket. This time, according to Alladin Badri, who worked the next cart over, Bouazizi tried to block the officer.

“She pushed Mohammed and hit him with her baton,” Badri said.

Hamdi reached for Bouazizi’s scale, and again he tried to stop her.

Hamdi and two other officers pushed Bouazizi to the ground and grabbed the scale. Then she slapped Bouazizi in the face in front of about 50 witnesses.

Bouazizi wept with shame.

“Why are you doing this to me?” he cried, according to vendors and customers who were there. “I’m a simple person, and I just want to work.”

Revolutions are explosions of frustration and rage that build over time, sometimes over decades. Although their political roots are deep, it is often a single spark that ignites them — an assassination, perhaps, or one selfless act of defiance.

InTunisia, an unusually cosmopolitan Arab country with a high rate of college attendance, residents watched for 23 years as Zine el-Abidine Ben Ali’s dictatorship became a grating daily insult. From Tunis — the whitewashed, low-rise capital with a tropical, colonial feel — to the endless stretches of olive and date trees in the sparsely populated countryside, the complaints were uniform: It had gotten so you couldn’t get a job without some connection to Ben Ali’s family or party. The secret police kept close tabs on ordinary Tunisians. And the uniformed police took to demanding graft with brazen abandon.

Still, the popular rebellion that started here and spread like a virus to Egypt,Libya and the Persian Gulf states, and now to Yemen and Syria, was anything but preordained. The contagion, carried by ordinary people rather than politicians or armies, hits each country in a different and uncontrollable way, but with common characteristics — Friday demonstrations, Facebook connections, and alliances across religious, class and tribal lines. This wave of change happened because aging dictators grew cocky and distant from the people they once courted, because the new social media that the secret police didn’t quite understand reached a critical mass of people, and because, in a rural town where respect is more valued than money, Mohammed Bouazizi was humiliated in front of his friends.

After the slap, Bouazizi went to city hall and demanded to see an official. No, a clerk replied. Go home. Forget about it.

Bouazizi returned to the market and told his fellow vendors he would let the world know how unfairly they were being treated, how corrupt the system was.

He would set himself ablaze.

“We thought he was just talking,” said Hassan Tili, another vendor.

A short while later, the vendors heard shouts from a couple of blocks away. Without another word to anyone, Bouazizi had positioned himself in front of the municipal building, poured paint thinner over his body and lit himself aflame.

The fire burned and burned. People ran inside and grabbed a fire extinguisher, but it was empty. They called for police, but no one came. Only an hour and a half after Bouazizi lit the match did an ambulance arrive.

Manoubya Bouazizi said her son’s decision “was spontaneous, from the humiliation.” Her clear blue eyes welled as her husband placed at her feet a small clay pot filled with a few white-hot pieces of charcoal, their only defense against a cold, raw, rain-swept day. The Bouazizi family has no money, no car, no electricity, but it was not poverty that made her son sacrifice himself, she said. It was his quest for dignity.

Ben Ali visited Mohammed Bouazizi in the hospital, along with a camera crew. The president made a show of handing Manoubya a check for 10,000 dinars (about $14,000). But the mother said Ben Ali’s staffers took the check back after the cameramen were escorted from the room. “I never got any of it,” she said.

Three weeks after he set himself on fire, Bouazizi died in the burn unit.

In early January, the policewoman was arrested, but it was too late. The story had spread, and three months later, a revolution that sprouted in a small village in Tunisia and flowered in Egypt has morphed into a contagion that threatens regimes in Bahrain and Yemen, has enveloped Libya in civil war, and is unsettling even the region’s more placid monarchies, such as Saudi Arabia and Jordan.

Source: “The Washington Post” Le 27-03-2011

Lien: http://www.washingtonpost.com/world/in_tunisia_act_of_one_fruit_vendor_sparks_wave_of_revolution_through_arab_world/2011/03/16/AFjfsueB_story.html?wprss=rss_homepage


Separate the Act from the Actor

 

I guess a « readealist » (realist/idealist) reading of the US empire shows it’s better to keep your expectations of its generals low, and your hopes regarding the people high.

Just when we thought the revolution sweeping through Tunisia and Egypt has spared us the false choice between oppressive autocrats and imperial cynics, a defiant Gaddafi presented us with an ultimatum: « My rule or rivers of blood. »  Devoid of any moral consciousness, he didn’t hesitate to use the bloodiest means against his own people. His actions, reminiscent of those by the foreign colonialists he has often condemned, have provided them with the pretext to intervene once again in the region.  

It’s important to look beyond Libya to the greater region where overzealous western intervention could only hamper the spirit and authenticity of the Arab revolution.

Be that as it may, the endgame hasn’t changed. Gaddafi must go. Not because Obama or Cameron said so, rather because the courageous Libyans, like other Arab revolutionaries, insist « the people want to bring down the regime ».

Source: “Aljazeera.net” Le 27-03-2011

Lien: http://blogs.aljazeera.net/imperium/2011/03/27/separate-act-actor#


 

Analysts link Arab winds of change to school texts


The winds of change sweeping the Arab world have got as much to do with school textbooks as with Facebook and Twitter, two Germany-based analysts say.

Tunisian philosophy teacher Sarhan Dhouib and German sociologist Susanne Kroehnert-Othman have been studying what appears in Arabic textbooks. The books give children a positive attitude to human rights, which the political reality in their nations does not match.

The academics spoke as the popular uprisings, which have already swept away authoritarian rulers in Egypt and Tunisia, were continuing.

« Many nations in the Middle East and North Africa see themselves as modern and international and do include topics related to human rights in their school textbooks, » Kroehnert-Othman said in her office in Braunschweig.

She works for the Georg Eckert Institute, a think tank that studies school textbooks round the world.

She and Dhouib combed through Arabic-language textbooks to assess how they have changed in recent decades and taken up such human-rights issues as political liberty or the rights of the individual.

« One reads a great many ideals in the books, though the reality on the ground is quite different, » said Kroehnert-Othman.

Schools in Tunisia did encourage pupils to think about democracy. The dictatorship that was toppled in the protests may have underestimated the far-reaching effects of education on ordinary Tunisians.

Dhouib, who was formerly a schoolteacher in Tunisia, said, « The curriculum there covers both Arab philosophers and western ones like Jean-Jacques Rousseau, Immanuel Kant and Georg Wilhelm Friedrich Hegel. »

Children in Tunisia had already been conscious that neither their parents nor their imams were very well informed about rights, said Dhouib, who is now on the philosophy department staff at Germany’s University of Kassel.

« The hopes that such classroom texts arouse were getting less and less likely to come true, » explained Kroehnert-Othman.

« As long as people who have an education have a chance to get a job, repressive states can function, despite this disconnect.

« That’s because the states themselves are the principal employer, » she said.

But when a gap springs up between people’s expectations and reality, educated people lose patience with empty promises of freedoms and political participation, she explained. « That’s when they go out and join a mass protest. »

Source: “The Kansas city Star” Le 27-03-2011

Lien: http://www.kansascity.com/2011/03/26/2755454/analysts-link-arab-winds-of-change.html#

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