27 juillet 2006

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TUNISNEWS
7 ème année, N° 2257 du 27.07.2006

 archives : www.tunisnews.net


ALTT:

Condition des prisonniers – Absence de soins  et mauvais traitements

AP: Grèves de la faim en série dans les prisons tunisiennes, selon une association

Le Monde: Le tribunal administratif rejette le référé-liberté d’un Tunisien menacé d’expulsion

Jeune Afrique: Poussée de fièvre à l’Utica Jeune Afrique: Une Star Ac’ made in Maghreb Ashraf Zayd: Rien Ne Bouge Dans Le Royaume De L’ennui, Réponse à Asdrubal

Tunis Hebdo : Mariah Carey: Tout y était, et pourtant…

 
 Cliquez ici pour accéder au reportage exceptionnel de l’AISPP sur la catastrophe humanitaire des prisonniers politiques Tunisiens    


ASSOCIATION DE LUTTE CONTRE LA TORTURE EN TUNISIE

CONDITION DES PRISONNIERS : ABSENCE DE SOINS  ET MAUVAIS TRAITEMENTS

L’association de Lutte contre la Torture en Tunisie ( ALTT ) informe, une fois encore,  l’opinion nationale et internationale que les conditions de séjour dans les prisons tunisiennes ne cessent de se détériorer. Dans ce contexte : La famille de M. Abderrahmane TLILI, 64 ans, ex secrétaire général du Parti Unioniste Démocratique et candidat aux élections présidentielles de 1999, mène, depuis le 6 juillet 2006, une grève de la faim. En agissant ainsi, il entend protester, lui qui est diabétique, contre la situation dramatique où il se trouve, privé des soins qui auraient pu lui être prodigués, si on avait accepté de le transporter dans les hôpitaux, auprès de  médecins spécialistes. Son état de santé, suite à la grève de la faim qu’il continue à mener, inquiète sérieusement sa famille qui constate que ses pieds sont enflés, qu’il ne tient plus sur ses jambes, que son élocution est de plus en plus défectueuse et qu’il a perdu 20 kg. Mais, le plus grave est qu’il a interrompu, du fait qu’il ne mange plus, l’usage des médicaments, prescrits par ses médecins traitants depuis bien avant son arrestation, et qu’il n’a jamais cessé de prendre jusqu’ici. L’attitude des autorités est, à ce sujet, d’autant plus inacceptable que la famille Tlili n’a cessé de leur écrire pour attirer leur attention sur les dangers encourus par leur fils, allant jusqu’à se dire prête à financer les soins réclamés. L’état de santé de M. Mohamed Ben Ayed EL AKROUT,  54 ans, condamné à la prion à vie avant de bénéficier d’une réduction de peine qui l’a ramenée à 18 ans,  par le Tribunal militaire, en 1992, pour appartenance au Mouvement Ennahdha, est, d’après sa famille, d’une gravité extrême. En effet, ce prisonnier politique mène, depuis le 6 juin 2006, une grève de la faim, en guise de protestation contre le refus qui lui est constamment opposé de bénéficier des soins nécessités par son état de santé. Or, M. Al Akrout  souffre de problèmes au niveau du coeur, de la poitrine et de la bouche où un dentier mal monté, ne cesse de lui occasionner des saignements. Lors de la dernière visite que sa famille lui a rendue, il pouvait à peine rester debout. Depuis, sa famille est interdite de visite et ignore, par conséquent, ce qu’il est advenu de lui. La famille de M. Zyed FAKRAOUI nous informe, quant à elle, que ce jeune prisonnier, impliqué dans une affaire de « terrorisme », et détenu dans la prison de Borj El Amri, à 30 kms de Tunis, a fait l’objet d’une agression physique de la part du gardien Khaled Essafi. Il se trouve aujourd’hui confiné dans une cellule où sont entassés des prisonniers atteints de la gale et ne peut recevoir son avocat en tête-à-tête. Depuis le 5 juillet 2006,  M. Fakraoui continue sa grève de la faim dans le but de dénoncer aussi bien son incarcération que  les effets des conditions de détention illégales  et inhumaines sur sa santé. D’un autre côté, sa famille s’est vu refuser, à plusieurs reprises, le droit de visite.  M. Ali Ramzi BETTIBI, 30 ans, condamné à 4 ans de prison pour un « crime » ayant un rapport avec l’usage d’Internet,  vient d’être transféré dans la prison de Bizerte. Alors qu’il informait sa famille, qui lui rendait visite, le 13 juillet 06, des mauvais traitements dont il faisait l’objet, il a été physiquement agressé par les gardiens. Son frère n’a pas été épargné : violemment poussé hors de la pièce réservée aux visites des parents, il a été agressé et publiquement humilié par les gardiens. Quant à M. Abdellatif Bouhajila qui purge une peine de 11 ans à la prison civile de Tunis pour appartenance au groupe islamiste Al Ançar, il est privé du droit de recevoir sa famille depuis 3 semaines. Il est à rappeler qu’il a été, à plusieurs reprises, privé de ce droit, par mesure de représailles, chaque fois qu’il a osé réclamer ses droits. Sa situation est aggravée par le fait qu’il souffre d’asthme et de maladies ayant rapport avec le cœur et les reins, sans pouvoir bénéficier des soins nécessités par son état de santé défectueux. On comprend, alors, qu’il ait recouru tant de fois à la seule arme qui lui restait, la grève de la faim. L’une d’elles, qui a duré 3 mois, a failli lui coûter la vie. Pour comprendre la profonde détresse de ce prisonnier politique, il suffirait de savoir qu’il a totalisé, depuis son incarcération, en 1997, pas moins de 1000 jours de grève de la faim… Ce n’est là qu’un échantillon des mauvais traitements auxquels sont exposés les prisonniers politiques en Tunisie, depuis la phase de détention préventive et tout au long de la vie en prison : atteintes à leur intégrité physique et morale et privation des droits élémentaires. Tout ceci, alors que les responsables de ces actes échappent à toute poursuite et jouissent de l’impunité totale. Face à cette situation, l’ALTT : 1- Exige que les prisonniers politiques reçoivent enfin les soins adéquats auxquels ils ont droit, dans les hôpitaux, auprès de spécialistes. Tout en  considérant  que les autorités responsables de l’institution pénitentiaire sont responsables de cette situation, elle leur rappelle qu’ils ne peuvent continuer à ignorer les droits élémentaires de prisonniers que la maladie, les mauvaises  conditions de détention et les sévices continuels exposent au danger de mort. ´
2- Ordonner une enquête sérieuse sur les agissements des responsables du domaine pénitentiaire, notamment les sévices auxquels sont continuellement exposés les prisonniers politiques.
3- Rappelle le droit de tout prisonnier politique  à recevoir la visite des membres de sa famille et de son avocat, sans présence de tiers ; la confidentialité des entretiens avec celui-ci étant un droit inaliénable.  Tunis, le 25 juin 2006  Pour l’Association : Radhia Nasraoui, présidente.


 

Grèves de la faim en série dans les prisons tunisiennes, selon une association

 

Associated Press, le 27.07.06 à 19h54

 

TUNIS (AP) — Plusieurs détenus, dont un opposant et un islamiste, observent depuis des semaines une grève de la faim pour protester contre leurs conditions de détention, selon un communiqué diffusé jeudi par l’Association tunisienne de lutte contre la torture (ATLT, non reconnue).

 

Se référant aux témoignages des familles des prisonniers, l’association cite le cas de l’opposant et ex-PDG de l’Office de l’aviation civile et des aéroports, Abderrahmane Tlili.

 

Diabétique, cet ancien candidat à l’élection présidentielle de 1999 est en grève depuis le 6 juillet « en protestation contre la privation de soins médicaux », selon le communiqué qui fait état de « l’aggravation » de son état de santé.

 

Les autorités tunisiennes assurent cependant que M. Tlili « bénéficie durant son séjour en prison des soins et des médicaments nécessaires prescrits par les médecins de l’unité pénitentiaire et ses médecins privés ».

 

Agé de 64 ans, M. Tlili a été condamné en juin 2004 à neuf ans de prison pour « abus de pouvoir, profit illicite et non déclaration de biens acquis à l’étranger ».

 

L’association qualifie par ailleurs de « très grave » l’état d’un autre détenu Mohamed Akrout (54 ans) qui purge depuis 1992 une condamnation d’emprisonnement à perpétuité, commuée à 18 ans d’incarcération, pour des délits liés à son appartenance au mouvement islamiste interdit « Ennahdha ».

 

Selon sa famille, il a cessé de se nourrir depuis le 6 juin dernier pour protester contre « le refus de l’administration pénitentiaire de lui assurer des soins sérieux ». Outre des douleurs à la poitrine, il souffre de cholestérol et de problèmes dentaires qui lui occasionnent des saignements continus, d’après ses proches.

 

L’ATLT, que préside l’avocate Radhia Nasraoui, énumère d’autres cas de détenus en grève de la faim suite notamment à des « agressions physiques » dont ils se disent avoir été victimes de la part d’agents pénitentiaires.

 

Elle cite deux jeunes condamnés pour des « délits à caractère terroriste », Ziad Fakraoui et Ali Ramzi Bettibi, ainsi que l’islamiste Abdellatif Bouhajila « privé de visite familiale depuis trois semaines ».

 

Associated Press


 

 

Le tribunal administratif rejette le référé-liberté d’un Tunisien menacé d’expulsion

Laetitia Van Eeckhout

 

Le tribunal administratif de Paris a rejeté, mercredi 26 juillet, la requête en référé-liberté déposée contre l’expulsion d’Adel Tebourski, qui vient de purger une peine de cinq ans de prison pour avoir apporté de l’aide aux assassins du commandant Massoud, tué le 9 septembre 2001 en Afghanistan.

 

Après quatre ans de détention provisoire, Adel Tebourski, Français d’origine tunisienne, a été condamné, en mai 2005, à six ans d’emprisonnement pour « association de malfaiteurs liée à une entreprise terroriste ».

 

Bénéficiant d’une remise de peine, il est sorti de prison, samedi 22 juillet, mais, a aussitôt été déchu de la nationalité française et envoyé, en vertu d’un arrêté ministériel d’expulsion en « urgence absolue », au centre de rétention du Mesnil-Amelot.

 

Mercredi, devant le juge des référés, ses avocats ont contesté ce caractère d' »urgence absolue », qui empêche Adel Tebourski de bénéficier « des délais de recours normaux ».

 

Le ministère de l’intérieur a pour sa part justifié sa décision par la gravité des faits pour lesquels Adel Tebourski a été condamné.

 

Le tribunal administratif doit encore se prononcer sur un référé-suspension, dans « l’intérêt de (l’) enfant » de 10 ans d’Adel Tebourski, ainsi qu’en raison des « traitements inhumains et dégradants » qu’il encourt, selon ses avocats, s’il est renvoyé en Tunisie.

 

Mais, Adel Tebourski risque d’être expulsé avant que le tribunal ne se prononce, un recours contre un arrêté d’expulsion n’ayant pas de caractère suspensif.

 

Mobilisées pour empêcher l’expulsion, la Cimade et l’Association chrétienne pour l’abolition de la torture (ACAT) ont saisi, mardi, le Comité contre la torture du Haut Commissariat aux droits de l’homme des Nations unies, pour qu’il demande au gouvernement français de « suspendre l’arrêté d’expulsion jusqu’à décision sur le fond de l’affaire ».

 

« Cet arrêté d’expulsion dont M. Tebourski fait l’objet constitue un risque de préjudice irréparable », relèvent les deux associations. Car, insistent-elles, « M. Tebourski risque de se voir à nouveau condamné et emprisonné en raison des mêmes actes pour lesquels il a purgé une peine en France. (Or) la pratique de la torture par les services du ministère de l’intérieur (tunisien) est courante. »

 

(Source : « Le Monde » du 28 juillet 2006)


 

Poussée de fièvre à l’Utica

par RIDHA KÉFI

 

Le syndicat patronal prépare son prochain congrès, au mois de novembre. Dans une conjoncture difficile et sur fond de dissensions internes.

 

Interrogé en 1995 par Jeune Afrique sur son éventuelle candidature à un troisième mandat à la tête de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica, syndicat patronal), Hédi Djilani, son président, affirmait : « [Ce bail] prendra fin en l’an 2000. Ce sera le dernier. »

 

Avant d’expliquer : « J’aurai consacré douze des plus belles années de ma vie à l’Utica. Je ne le regrette pas, mais j’estime lui avoir assez donné. Et puis il y aura des jeunes qui voudront, légitimement, prendre la relève. Mon souhait est qu’il y ait beaucoup de candidats désireux de prendre ma place. »

 

Onze ans plus tard – et dix-huit après son accession à la tête du patronat tunisien -, cet homme du sérail, qui a fait l’essentiel de son parcours politique aux côtés du président Ben Ali, est pourtant toujours là, fidèle au poste. Et s’il n’a pas encore officiellement annoncé qu’il briguerait un quatrième mandat lors du prochain congrès de l’organisation, les 21 et 22 novembre, il n’en exclut pas non plus la possibilité…

 

« Seuls les imbéciles ne changent pas d’avis », dit l’adage. Djilani se l’est approprié sans complexe. Intelligent et excellent communicant, l’homme sait entretenir l’ambiguïté. À une question de l’hebdomadaire Réalités du 26 janvier 2006 à propos de son éventuelle succession, il répondait, sibyllin : « Je ne suis pas partisan d’une candidature automatique. Cela dépendra de plusieurs facteurs. Suis-je encore l’homme de la situation ? La base se retrouve-t-elle dans mon action ? » Si ce n’est pas là une offre de service, cela y ressemble beaucoup.

 

En tout cas, ses partisans n’ont pas attendu de connaître ses véritables intentions pour s’activer au sein de l’appareil afin de lui ouvrir la voie d’un nouveau bail, jusqu’en 2011. Il n’aurait alors que 63 ans. On n’en est pas encore là…

 

Mais pour se faire « élire » par acclamation – comme le veut la tradition – au prochain congrès national par les quelque deux mille participants représentant toutes les régions du pays, Djilani va devoir triompher, démocratiquement s’entend, des résistances qui s’expriment désormais ouvertement au sein de l’Utica à propos de sa ligne politique.

 

Certains lui reprochent, notamment, son autoritarisme. « Pour disqualifier ses adversaires, il n’hésite pas à leur coller l’étiquette d’opposant au régime », déclare Rafik Moalla, un homme d’affaires de Sfax. Dans une « Lettre ouverte à Hédi Djilani » diffusée sur Internet, ce dernier n’a pas hésité à appeler le patron des patrons à démissionner de ses fonctions ! « L’Histoire, l’Utica et les générations futures vous seront reconnaissantes pour ce geste courageux » (sic), écrit notamment Moalla.

 

D’autres, comme Abdelwaheb Moalla, le père du précédent, l’accusent d’être trop consensuel et « plus soucieux de ménager l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), la puissante centrale syndicale, afin de préserver la paix sociale, que de défendre les intérêts des chefs d’entreprise ». Membre de la Chambre syndicale des libraires depuis cinquante ans, Moalla père préside le groupe Le Progrès, spécialisé dans la papeterie. L’une des unités du groupe, la Manufacture tunisienne d’articles de classement (MTAC), dont le siège est à Sfax, est occupée par ses ouvriers depuis le 21 juin 2005.

 

Djilani devra aussi faire face à la fronde de certaines unions régionales, comme celle de Sfax. Ici, le report sine die du seizième congrès local par décision non motivée du bureau exécutif de Tunis, deux jours avant la date prévue pour sa tenue (le 8 juillet), est très mal passé. D’autant que la décision est intervenue peu de temps après le limogeage de Moncef Khemakhem, l’ex-président de l’Union régionale de l’Utica à Sfax, et le gel de toutes ses activités au sein de la centrale.

 

Élu en 1995 grâce au soutien de Djilani, ce dernier avait affiché de grandes ambitions pour sa région. D’où sa popularité auprès des chefs d’entreprise locaux. « Le seul reproche que l’on puisse faire à Khemakhem, outre sa popularité, c’est son franc-parler. En le neutralisant dans son fief, on a voulu l’empêcher d’accéder à une responsabilité nationale qui lui était promise », explique un Sfaxien qui tient à garder l’anonymat. Sauf nouveau coup de théâtre, le congrès de l’Union régionale de Sfax se tiendra finalement le 26 juillet. En l’absence de Khemakhem, les débats risquent d’être très animés…

 

La direction de l’Utica ne sera pas pour autant au bout de ses peines. Dans les deux mois à venir, elle devra poursuivre les préparatifs de la grand-messe de novembre (élaboration des documents, logistique, relations extérieures, etc.) et, auparavant, mener à bien les quelque 1 600 congrès des chambres syndicales (secteurs, métiers), unions régionales et unions locales.

 

Début juillet, 1 450 structures avaient déjà été en partie renouvelées. Mais les opérations ont souvent été houleuses. De nombreuses tensions sont apparues entre les partisans de l’actuel « patron des patrons » et les tenants du renouvellement.

 

Les participants se sont également inquiétés de la détérioration du climat des affaires et des obstacles qui handicapent le développement des entreprises. Ils ont évoqué, pêle-mêle, l’écart de développement entre les régions, le manque d’infrastructures dans les zones industrielles, l’opacité des procédures d’octroi des marchés publics, l’interventionnisme de l’État, le clientélisme, les pesanteurs bureaucratiques, le manque d’engagement des banques en faveur de l’investissement, la concurrence déloyale du commerce parallèle – presque officiellement toléré -, le renchérissement des coûts de production et, enfin, la réduction des marges bénéficiaires.

 

Des problèmes que l’on retrouvera évidemment lors du prochain congrès national. En plus, bien sûr, de la conjoncture difficile, liée à la hausse des prix de l’énergie et aux effets négatifs du démantèlement des accords multifibres, qui ont mis le textile local en concurrence directe avec les produits asiatiques sur le marché européen…

 

(Source : Jeune Afrique N° 2376 du 23 au 29 juillet 2006)

 


 

TUNISIE

Corbeille de mariage

 

Les avoirs en devises de la Banque centrale de Tunisie sont passés de 5,229 milliards de dinars le 16 juillet à 8,212 milliards (environ 4,9 milliards d’euros) le lendemain.

 

Cette montée en flèche s’explique par l’acquisition de 35 % du capital de la compagnie nationale Tunisie Telecom, pour un montant d’un peu plus de 3 milliards de dinars, par la compagnie émiratie Tecom/Dig. Le produit de cette privatisation partielle devrait être utilisé pour rembourser, avant terme, une partie de la dette extérieure du pays, et financer la réalisation de projets d’infrastructures (autoroutes, etc.).

 

En outre, le contrat prévoit que Tecom/Dig pourrait devenir majoritaire dans le capital de Tunisie Telecom d’ici à quatre ans. Mais elle participe d’ores et déjà à la gestion de la compagnie puisqu’elle a désigné le directeur central pour les affaires commerciales et le marketing, Mickael Foley, ainsi que le directeur central financier, Olivier Cantagrel.

 

(Source : Jeune Afrique N° 2376 du 23 au 29 juillet 2006)

 


 

Culture sans frontières

par DOMINIQUE MATAILLET

 

Né en 1932 à Sfax, en Tunisie, Hédi Bouraoui est établi de longue date au Canada, où il a enseigné pendant plus de trente ans à l’université de York à Toronto.

 

Entre essais, romans et recueils de poésie, il est l’auteur d’une œuvre abondante et de tout premier plan.

 

Son dernier livre est constitué d’une série de réflexions sur les questions d’identité, de race, de culture telles qu’elles ont été posées au cours des cinq décennies écoulées.

 

L’ouvrage, qui offre également de nombreux éclairages sur la littérature française du Canada ainsi que de l’ensemble du monde francophone, s’est vu décerner le Prix du meilleur ouvrage d’érudition par l’Association des professeurs de français des universités et collèges canadiens.

 

Transpoétique. Eloge du nomadisme, de Hédi Bouraoui, éditions Mémoire d’encrier (Montréal, Canada), 170 pages, 16 euros. Dominique mataillet

 

(Source : Jeune Afrique N° 2376 du 23 au 29 juillet 2006)


 

Une Star Ac’ made in Maghreb

par OLIVIA MARSAUD

 

Une version nord-africaine de la célèbre émission débarquera sur les écrans en octobre. Avec un contenu « plus familial et exclusivement maghrébin ».

 

Vous êtes âgé de 18 à 30 ans, vous avez une belle voix et l’envie de devenir la nouvelle star de la chanson nord-africaine ? Alors, vous allez pouvoir tenter votre chance avec la Star Academy 100 % maghrébine qui sera lancée à la fin du mois d’octobre en Tunisie. Cette émission de télé-réalité reprend le concept de la Star Ac’ française et de sa déclinaison libanaise, qui a fait un carton dans le monde arabe. Elle servira de tremplin à des jeunes talents marocains, algériens, tunisiens, libyens ou français originaires de ces quatre pays. Les castings, annoncés dans la presse, à la radio, sur Internet et par la distribution de flyers sur les plages ont déjà commencé à Tunis, Sousse et Sfax. Ils se poursuivront jusqu’à la fin de l’été au Maroc, à Casablanca, Fès et Tanger, puis en Algérie à Alger, Oran et Constantine. Rendez-vous est pris à la rentrée à Paris et peut-être en Libye, si les pourparlers engagés par les organisateurs se concrétisent.

 

C’est le groupe Karoui & Karoui World, actif depuis plus de quinze ans dans diverses branches du secteur de la communication dans les trois pays du Maghreb central, qui a racheté à Endemol les droits de production de l’émission. Si le principe de cette dernière reste le même – 14 « académiciens » habitant sous le même toit, filmés 24 heures sur 24, avec trois mois et demi devant eux pour convaincre le public de leur talent -, la société tunisienne, à qui l’on doit la récente publicité pour l’opérateur téléphonique algérien Nedjma mettant en scène Zinédine Zidane, annonce toutefois que sa version se différenciera de ses grandes sœurs française et libanaise par un contenu « plus familial et exclusivement maghrébin ».

 

Les stars en herbe seront installées à Tunis dans un bâtiment de 2 700 m2 appelé dar (« la maison »), où ils prendront des cours de chant, de danse et de présence scénique sous la direction de professeurs tous nord-africains. « Nous avons reçu un formidable soutien des autorités tunisiennes, explique un membre de l’équipe. Par ailleurs, nos unités de production au Maroc, en Algérie et en Libye sont sollicitées pour filmer nos castings et réaliser chaque semaine des reportages sur les familles de nos étudiants, leurs villes d’origine, etc. Là encore, nous avons reçu un accueil très favorable de la part des autorités des pays concernés. »

 

La société a d’ores et déjà annoncé avoir recruté 350 collaborateurs directs pour l’occasion. Chaque vendredi, un prime time de 120 minutes sera retransmis en direct : les apprentis chanteurs devront y montrer leurs progrès en chantant avec des artistes internationaux. C’est lors de cette émission phare du programme que les élèves seront départagés… et éliminés. Chaque semaine, trois d’entre eux seront « nominés » pour quitter le concours, avant que le vote du public décide de leur sort. Une émission quotidienne de cinquante-deux minutes reprendra aussi, en différé, les moments forts de la journée. Outre la notoriété, le gagnant empochera un contrat pour enregistrer un premier album.

 

Karoui & Karoui évalue son public potentiel à 100 millions de téléspectateurs. Ces derniers pourront voter pour leurs candidats favoris par SMS (messages surtaxés envoyés depuis les mobiles). Une manne pour les organisateurs : la société affirme avoir géré, à travers sa plate-forme interactive mise en place pour la dernière Star Ac’ libanaise, un trafic de « plus de 7 millions de votes via SMS et IVR (serveur vocal interactif) ».

 

Lors de la saison 2005-2006, les Algériens ont ainsi sauvé par deux fois de l’élimination leur compatriote Rym Ghazali, en multipliant les votes en sa faveur. « Rym a comptabilisé 500 000 SMS uniquement en provenance d’Algérie », expliquait en février dernier à Jeune Afrique le responsable de Jeutel, une société privée spécialisée dans la promotion des émissions de télévision.

 

Rebaptisée Al Academia au Liban, la version arabe de la Star Ac’, lancée par la chaîne libanaise LBC (Lebanese Broadcasting Corporation), faisait participer des jeunes de Tunisie, d’Algérie, d’Arabie saoudite, de Jordanie, du Koweït, d’Égypte et du Liban. Elle a battu des records d’audience et déchaîné les passions dans le monde arabe. Les parts de marché de l’émission sur les 15-25 ans ont, en effet, flirté avec les 80 %

 

Pour autant, le programme ne compte pas que des fans. Dans différents pays, des voix – religieuses surtout – se sont élevées pour dénoncer les tenues vestimentaires légères des filles, les discussions frivoles entre les élèves, leurs comportements jugés indécents ou tout simplement la mixité à l’intérieur du « château ». En février dernier, sous la pression des islamistes qui trouvaient que le programme incitait à la débauche, l’émission a été retirée de la télévision nationale algérienne ENTV, deux mois après son lancement. Sans grand effet pourtant : les téléspectateurs passionnés par « la vie au château » se sont aussitôt reportés sur les chaînes satellitaires…

 

Soucieux de ne pas faire renaître la polémique, Karoui & Karoui indique ne pas envisager « une diffusion sur les chaînes hertziennes nationales ». Avant d’enfoncer le clou : « Dans la mesure où notre émission sera suivie par des millions de téléspectateurs, il est très clair qu’il s’agira d’un programme familial, où nos valeurs et notre culture seront toujours présentes. Nos étudiants seront par ailleurs suivis par une directrice logeant sur place. Enfin, au Maghreb, nos enfants apprennent à vivre dans la mixité dès leur plus jeune âge, sans aucun problème. C’est une habitude pour nous, avec des codes et des barrières invisibles que personne ne franchit. »

 

Le groupe tunisien a d’ores et déjà prévu de diffuser l’émission sur une « nouvelle chaîne privée généraliste et de divertissement », captée sur les satellites Hot Bird et Nilesat. L’un de ses collaborateurs explique : « Les jeunes Maghrébins aiment la chanson moyen-orientale mais ont aussi envie d’entendre les mélodies de leurs pays. Le Maghreb est riche en genres musicaux et la Star Academy Maghreb 1 sera l’occasion de les offrir au public. Quant aux autres téléspectateurs arabes, ils seront sûrement heureux de découvrir des mélodies qu’ils n’ont pas l’habitude d’entendre. La télé-­réalité au Maghreb, même si elle n’en est qu’à ses débuts, a le même avenir qu’en Europe et au Moyen-Orient : des lendemains qui chantent ! »

 

(Source : Jeune Afrique N° 2376 du 23 au 29 juillet 2006)


 

Rien Ne Bouge Dans Le Royaume De L’ennui, Réponse à Asdrubal
Par : Ashraf ZAYD
 
À tous ceux qui croient que la Tunisie souffre d’un mal institutionnel… Détrompez-vous !
 
Comme vous l’affirmer très justement, tout a été dit quant à la nature dictatoriale, oligarchique et mafieuse du régime tunisien. Les diagnostics sont rendus et les bilans sont dressés ; reste à savoir comment sortir de cet état des choses. Mais entre cette béate affirmation et « l’arrivée à maturité des conditions nécessaires vers une transformation d’envergure de la situation politique tunisienne » puisque « de nombreux indices poussent à croire que nous sommes en phase de traverser ce type de périodes très singulières précédant les grands changements » se dresse un abîme. En d’autres termes, rien n’est moins évident que ce que vous avancez ; et Dieu sait que je suis de nature plutôt optimiste. C’est qu’en matière de grands -ou de petits- bouleversements politiques, l’on ne peut pas ériger éternellement nos espoirs, sur « une attitude générale d’attentisme » et encore moins sur quelques balbutiements syndicaux et associatifs, aussi courageux et louables soient-ils. Le faire, nous condamne à une errance absurde et sans fin.
 
À vrai dire, les véritables « occasions » annonçant de grands bouleversements politiques, sont extrêmement rares dans l’histoire d’un peuple. Il faut qu’un certain nombre de conditions objectives se réunissent. Autrement « dhra’ek ya ‘allef ! » (ذراعك يا علاّف) comme le dit si bien la sagesse populaire tunisienne. Je m’explique : il faut les « créer », ces conditions objectives. Pour le cas de la Tunisie, « l’occasion » d’un vrai bouleversement « instantané », est déjà passée, et ce depuis longtemps. Ce fut entre 1978 et 1987 ; ni avant, ni après. Le pire c’est que cette « occasion » fut saisie ; et comment ? Un homme a eu, à ce moment-là – en plus de l’appui extérieur certain (1) – la lucidité, l’intelligence et le courage – qualités qui faisaient, précisément défaut à « l’opposition démocratique » – de saisir l’occasion à la barbe et aux moustaches de tous. La suite vous la connaissez.
 
Vous affirmez ensuite, que « les revendications d’une démocratie et d’un Etat de droit » sont devenus « comble de la situation, une langue de bois verbeuse », car depuis plus de 20 ans « c’est les mêmes discours et revendications – qui ne veulent d’ailleurs plus rien dire – que l’on entend ». Il est donc grand temps pour passer « au concret par des engagements élaborés, écrits noir sur blanc. Des engagements sur des réformes claires qui écartent le doute concernant l’avenir desdites institutions ». Pardonnez-moi, cher ami, de vous dire que votre discours, aussi dénonciateur soit-il « de la langue de bois verbeuse », n’en constitue pas moins un pur chef-d’œuvre de cette même langue. Surtout, lorsque vous vous étalez, mais longuement, sur des questions d’ordre institutionnel.
 
Ainsi, vous reprochez aux « programmes parfaits », élaborés par « l’opposition démocratique » (2), de s’attarder inutilement sur des détails sordides (les chênes de Tabarka, le lac Ichkel ou la sauvegarde des médinas…) ; mais vous tombez dans le même panneau quand, pour évoquer « les mécanismes préconisés pour que cesse la dictature » ; vous dissertez longuement sur la réforme du Conseil Supérieur de la Magistrature, les mandats présidentiels, l’élection des wali… Pardonnez-moi de vous dire que c’est quasiment du même ordre que de parler du lac d’Ichkel ou du calibre du melon de Béja. Ce ne sont pas ces palabres savants et ces juridismes qui mobiliseraient le peuple tunisien ou n’importe quel peuple en vue de se débarrasser d’une dictature. Ce sont là des sujets dignes d’un débat au sein d’une nouvelle constituante (j’entends post-dictature, et post-bouleversement).
 
À lire votre article, je suis tenté de croire, que le régime de Ben Ali a connu une certaine dérive, après avoir suscité un formidable espoir. Mais que cette dérive est due au manque de collaboration de « l’opposition démocratique » avec « les enfants du système ». Qui sont ces derniers ? « Des commis de l’Etat, bien formés », « des haut cadres de l’administration et des services publics ». Bref, des technocrates que « l’opposition démocratique » n’a fait que « décevoir d’une façon détestable toutes les initiatives audacieuses en n’y participant pas ». Je suis curieux de savoir où est ce que vous classez les Charfi, Chamari, Harmal et d’autres encore : « enfants du système » ou « opposition démocratique » ? Ils étaient partout n’est-ce pas ? Dans une parfaite polyvalence. Et puis, Ben Ali lui-même, n’était-il pas « un enfant du système » bourguibien. Soyons sérieux ; il ne s’agissait pas d’une simple dérive mais d’un péché originel !
 
Pendant que « ces enfants du système » faisaient le rafistolage juridique, que vous trouvez si fascinant au point de pardonner les retournements de A. Amor, d’autres « enfants du systèmes » travaillaient – et travaillent toujours – avec acharnement et professionnalisme, arrêtant, torturant et assassinant des milliers de tunisiens. Et d’autres « enfants du systèmes » encore, pillaient méthodiquement – et pillent toujours – les richesses du pays.
 
Quant à M° Yahyaoui, au Dr. Marzouki, à T. Ben Brik et à d’autres encore, je ne les considère pas comme « enfants du système », et ce en dépit de leurs statuts (Juge, Médecin, journaliste…) ; ils sont les « enfants de la Tunisie », qui reconnaît en eux de braves gens intelligents, courageux, résistants et par-dessus le marché de bons citoyens !
 
Vous dites que la Tunisie (je préfère dire le peuple tunisien), est « en attente d’être mobilisée. Elle est même fatiguée d’attendre. Elle n’aspire qu’à faire sa « révolution du jasmin ». (Quitte à vous décevoir je vous rappelle que ce titre si poétique est déjà pris : c’est l’un des innombrables qualificatifs du 7 novembre !). « Mais pour cela, encore faut-il lui donner des gages pour qu’elle sache vers où elle va. Que les gens (là aussi, je dirai, sans aucun complexe, le peuple !) sachent précisément pourquoi ils vont devoir descendre dans la rue… ». Mais c’est précisément ce type de discours qui dénote une forte méconnaissance du peuple, de ses aspirations et de sa psychologie. Vous êtes entrain de confondre le peuple avec les élites tunisiennes… ces élites verbeuses, arrogantes, calculatrices, méfiantes à l’égard des masses et coupées d’elles, car bourgeoises de fait ou par aspiration… ces élites de la culture et de la politique éprouvent toujours un sentiment de grosse frayeur devant l’inconnu. Le peuple pour elle est un inconnu… la rue pour elle est un inconnu… un bouleversement politique pour elle est un inconnu… et les urnes sont pour elle un inconnu. Ces élites préfèrent vivre dans le confort de leurs certitudes, fussent-elles garanties par Ben Ali. Et après tout, ce dernier n’est qu’un président d’un régime autoritaire ; alors que mettre son sort entre les mains du peuple pourrait déboucher sur une catastrophe totalitaire !(3)
 
Le peuple n’a pas besoin de gage pour savoir où il va. Je dirai même, qu’il n’a pas besoin de savoir où il va ; il sait très bien qu’il avance, et en avançant, il sait pertinemment qu’il s’éloigne de tout ce qui faisait son malheur. Les peuples, croyez-moi, se mobilisent plutôt contre ce dont ils veulent se débarrasser (la dictature, la faim, l’humiliation quotidienne…) que pour ce à quoi aspirent les élites institutionnalisées (émancipation du Conseil Supérieur de la Magistrature, limitation des mandats présidentiels, soumission du Président de la République à la loi comme tous les citoyens, clarification des positions vis-à-vis de la Chambre des Conseillers, soumission du chef de l’exécutif à une véritable responsabilité politique, soumission de tous les actes réglementaires au contrôle de la juridiction administrative, un Conseil constitutionnel indépendant, l’élection des wali par les maires et les conseillers municipaux, renforcement des mécanismes de l’immunité parlementaire, équité dans l’octroi des fréquences). Quel beau tapis, mais qui arrive, hélas, avant la bâtisse. La sagesse populaire disait : « yhadhir fil hasira qbal el jami’ » يحضّر في الحصيرة قبل الجامع.
 
Et puis, ce beau programme est-il destiné à être appliqué par la version réformée du régime actuel ? Ou c’est pour l’après Ben Ali ? En tout état de cause, j’ai cherché dans l’article « les mécanismes de la mis à mort de la dictature », jusqu’à ce que je suis tombé sur la perle : « Ben Ali disparaîtra tôt ou tard »… une belle maxime qui a traversé tout l’éventail de l’opposition tunisienne, faisant ainsi l’unanimité et l’union sacrée, du POCT à la Nahdha. On continue de la sorte, à miser sur les vicissitudes de l’age ou sur une hypothétique maladie, ou encore sur les possibles rayonnement du « Nouveau Moyen-Orient » préconisé par la bande à Bush.
 
« Ben Ali disparaîtra tôt ou tard » ! Après cette sage sentence, tout est dit. À quoi servent alors, toute l’agitation et les multiples appels à la résistance et à la révolte, surtout quand ils sont lancés de l’étranger. Il s’agit-là d’un manque de responsabilité, et d’un esprit d’aventure dépourvu de tout raisonnement. Ces mots ressemblent curieusement à ceux employés récemment par les régimes saoudien, jordanien et égyptien pour qualifier la résistance du Hezbollah, lequel Hezbollah a accepté volontiers ces accusations en revendiquant l’aspect aventurier. Jadis, durant la période de la guerre froide, le monde arabe était divisé entre les blocs de L’Est et de l’Ouest ; aujourd’hui la ligne de partage se situe entre ceux qui raisonnent et ceux qui s’aventure. Alors, vive l’aventure ! Vive l’aventure !
 
Ashraf Zayd
23 juillet 2006.
 
(1) « Les services du Premier Ministre à Paris et le N. S. C. (Conseil National de Sécurité des U. S. A.) ont opté en faveur de Ben Ali, qui, de leur point de vue, sera capable de maintenir la loi et l’ordre pour permettre aussi vite que possible une transition vers un Gouvernement d’Unité National lors de la disparition du Combattant Suprême.
(…) Suivant un rapport confidentiel du Général Vernon Walters au gouvernement fédéral américain à l’issue d’une tournée en Afrique du Nord en mai dernier, le Général Ben Ali est présenté comme étant l’homme capable de préparer l’avènement d’une « deuxième république ». Cette dernière devrait, selon les termes même du rapport, réconcilier les différentes familles politiques pro-occidentales existant en Tunisie.
Le rapport suggère pour cette réconciliation nationale les étapes suivantes :
1. Proclamation d’une amnistie générale.
2. Reconnaissance des formations et partis de l’opposition non violente.
3. Le retour des chefs de l’opposition à la vie politique (…)»
(2) Je n’arrive pas à comprendre la signification de l’expression « opposition démocratique ». Cela suppose-t-il l’existence d’une opposition anti-démocratique ? Si oui laquelle ? À moins que l’auteur adopte la classification, très à la mode dans les médias occidentaux et relayée par nos médias (y compris par de nombreux islamistes !), à savoir l’existence d’une opposition démocratique et d’une opposition islamique !
(3) Voir mon article : « Aux Démocrates à qui la démocratie fait peur », publié sur www.nawaat.org.
 
(Source : Forum « Taht Essour » de nawaat.org, le 27 juillet 2006 à 11h14 AM)
 


MARIAH CAREY

Tout y était, et pourtant…

Après plusieurs spéculations sur  » viendra, viendra pas « , les prières des fans ont été exhaussées et Mariah Carey foula, enfin, le sol de la Tunisie. Matériel impressionnant, jeux de lumière délirants et danseurs sautillants : toutes les conditions étaient réunies pour que le spectacle du samedi, 22 juillet 2006 se transforme en événement qui donne le  » la  » en la matière. Et pourtant… L’attente Vers le coup de 17 heures, les avenues autours de la Cité Sportive d’El-Menzah étaient déjà noires de monde. Pour le grand bonheur des buvettes des alentours qui ont vu exploser leur chiffre d’affaire. Des sosies de Mimi, d’une vingtaine d’années ses cadettes, ont commencé à envahir gradins et pelouse. On voyait beaucoup de fillettes qui avaient ramené leurs parents pour leur faire partager leur passion. Mais, à propos de passion, a quel point le public connaît-il son idole ? Aussi surprenant que cela puisse paraître, qu’ils soient Tunisiens, Chinois, Belges, Français ou Saoudiens, l’art de la star ne semblait pas être leur principale motivation pour casser la tire-lire. Ainsi, un monsieur du plat pays s’est dit attiré surtout par les splendeurs morphologiques de la chanteuse. Mais ne sombrons pas dans le pessimisme – beaucoup de jeunes filles se sont déclarées fans, même si celles qui ont été capables de donner le titre d’une chanson de Mariah étaient plutôt rares. En tout cas, quelles que soient leurs raisons, tous les spectateurs partageaient au moins une chose : l’attente que la scène s’anime. Une attente qui commençait à s’éterniser. Vers 21h30, soit une demi-heure avant le début annoncé du show, ceux qui occupaient le haut des gradins ont commencé à taper sur les parois métalliques. Il en résultait un bruit qui rappelait celui de l’hélicoptère. Du coup, une partie de la foule a cru que Mimi allait atterrir au stade ce qui a suscité une vague d’acclamations. Mais il n’en était rien… Il a fallu attendre 22h45 pour que le rideau se lève, les six écrans s’allument et que Mariah Carey apparaisse enfin dans toute son émancipation. Un spectacle  » un peu excellent «  Deux escaliers en demi-cercle et un muret de projecteurs – tel était le décor principal servant de fond pour plusieurs tableaux, présentant une Mimi tantôt festive et dansante, tantôt pensive et sentimentale. Un spectacle, certes, très bien conçu mais qui, tel que nous l’avons vu, nous a paru un peu trop… distant. Quand on va à un concert, c’est surtout pour s’approcher des artistes, pour avoir un moment de communion avec les personnes que l’on vénère. Chose pratiquement impossible, du moins pour ceux qui n’avaient pas la chance d’être près de la scène. Car tous les autres, y compris ceux qui avaient payé le prix fort, ne voyaient que des personnages aux dimensions microscopiques gigoter sur scène. Le nombre des écrans n’améliorait pas la situation : souvent, on y voyait des clips et non pas ce qui se passait réellement sur la scène. C’est ainsi que certains passages, voir des morceaux entiers, avaient tout l’air d’être chantés en play-back. Mais, rassurez-vous, la plupart du public n’y a vu que du feu : il était trop impressionné par les effets spéciaux pour faire attention à ce genre de détails. Du moins au début… Vers minuit, angoissées par l’idée que la colère du paternel attendant au parking ne transforme la BM en citrouille, un tas de petites cendrillons ont commencé à déserter les lieux. Un papa qui avait ramené sa fillette de onze ans pour lui faire partager sa passion de jeunesse s’est dit déçu par le retard de la diva et les dimensions des écrans qui, selon lui, étaient plus petits que ceux du spectacle de Michael Jackson. Pour Hager, enseignante de français, l’émancipation de Mimi ne l’a pas  » accrochée « . Trois dames saoudiennes, résidentes en Tunisie, ont trouvé que la scène était  » trop loin  » pour qu’elles puissent apprécier pleinement le spectacle. Il y en avait aussi celles qui s’attendaient à voir… Shakira. Ou, du moins, qui auraient préféré la voir. Comme Maroua et Malek qui ont trouvé le spectacle  » un peu excellent  » car sans surprise aucune. Malek a dit qu’elle voulait que Mariah Carey apparaisse sur scène  » d’en bas « , comme l’aurait fait Shakira sur MTV. Mais il y avait aussi ceux qui étaient entièrement satisfaits. Ainsi, un monsieur qui a passé une partie de sa vie en Allemagne nous a dit que le show n’avait rien à envier à tous ceux auxquels il avait assisté en Europe. Il a également souligné qu’il fallait acheter le plus de billets possible car, selon lui, les bénéfices iraient pour des causes humanitaires, notamment en Palestine. Quant à Mimi, elle était ravie. Du moins, d’après ce qu’elle a dit. A un détail près : la fumée. Elle n’a pas raté la moindre occasion pour inviter ses fans à se débarrasser définitivement des cigarettes et autres engins fumants. Et, ne serait-ce que pour ça : chapeau, la diva. (Source : « Tunis Hebdo » du 24 juillet 2006)


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