27 février 2010

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur whatsapp
Partager sur reddit

Home – Accueil

 

TUNISNEWS
9 ème année, N° 3567 du 27.02.2010
 archives : www.tunisnews.net 


Réponse de TUNISNEWS à M. Slim Bagga (et destinée aussi à tous nos lecteurs) C.R.L.D.H. Tunisie: BAS LES PATTES DEVANT « Me ABBOU » ! Liberté et Equité: Zouhaïer Makhlouf, militant des droits humains et de l’information, passe de la prison au blocus matériel et médiatique Liberté et Equité: Le chef du poste de la Garde d’Elala à Kairouan agresse Zyed Fakraoui, ex prisonnier d’opinion Nawaat :  « Censuré pour censuré », désormais Nawaat bloque la police de l’internet AFP: Egypte: ElBaradei confiant, estime que le changement va arriver AFP: Turquie/complot: le président rassure, d’autres suspects seront entendus Reuters: Renewed tension looms in Turkey after military arrests

Réponse de TUNISNEWS à M. Slim Bagga (et destinée aussi à tous nos lecteurs)

Si Slim Bonjour Nous avons été très surpris par votre manière de citer TUNISNEWS dans le « billet » que nous avons publié dans notre numéro d’hier 26 février 2010. Vous écriviez notamment: « Comment de telles attaques (Contre Om Zied, NDLR) ont-elles pu échapper et passer sous silence? Mais bien sûr, Tunisnews, comme ceux qui veillent sur les droits, de l’AFP aux blogs bien-pensants, étaient ailleurs…dans une grève de la faim éphémère… » Nous estimons M. Bagga qu’il y a « UN TRES GRAND MALENTENDU » dans votre esprit à notre propos et ce malgré le fait que vous connaissez TUNISNEWS comme il faut depuis de longues années..

En fait, nous devons rappeler (pour la énième fois, malheureusement) à vous-même et à tous nos amis, abonnés, lecteurs et concitoyens que ne sommes ni une agence de presse tentaculaire qui a des correspondants permanents et/ou temporaires dans toutes les villes et villages de la Tunisie, ni un organe de presse prospère qui engrange des bénéfices sonnants et trébuchants lui permettant d’engager des journalistes, des secrétaires de rédactions, des webmasters de qualité, et/ou de s’abonner aux fils des agences de presse arabes et internationales ou de payer le coût des communications téléphoniques nécessaires pour s’enquérir de toutes les nouvelles du bled, des dernières brimades, des récentes mesquineries, des nouvelles techniques de harcèlement pratiquées par les sbires et/ou agents de Ben Ali sur les militantEs tunisienNEs. Cher Monsieur Nous sommes (osons nous rappeler) une toute petite poignée de personnes indépendantes qui publient chaque jour que Dieu fait un recueil de ce que nous recevons de nos lecteurs/amis/concitoyens anonymes et/ou connus, rassemblons et/ou choisissons pour fournir à nos abonnés et lecteurs une information valable (jamais complète ni suffisante) sur ce qui se passe, se trame, se fait… en Tunisie (et ailleurs). Et tout ce travail (nous sommes obligés de le rappeler) est fait depuis le 1er mai 2000 par des personnes volontaires qui ne reçoivent (n’ont jamais reçu et ne recevront jamais) aucun centime d’aucune personne. Nous sommes vraiment attristés par cette « obligation » de rappeler à chaque fois à des amis proches et lointains et à tous nos lecteurs ces vérités élémentaires sur TUNISNEWS, son équipe, ses ressources et sa méthode de travail. En vérité, nous ne pouvons pas rester indifférents au calvaire subi par Mme Om Zied et par TOU(TE)S les militantEs, Femmes et Hommes libres de notre pays et nous estimons que n’avons jamais failli (dans la limites de nos possibilités humaines et matérielles bien limitées) au cours de la décennie écoulée à la mission que nous nous sommes fixée d’informer et de mettre à nu les méthodes moyenâgeuses d’un pouvoir qui va – sûrement – à sa propre faillite. Merci pour votre compréhension L’équipe de TUNISNEWS

27 février 2010


C.R.L.D.H. Tunisie اللجنة من أجل احترام الحريات وحقوق الإنسان في تونس Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie Membre du Réseau Euro-méditerranéen des Droits de l’Homme 21ter rue Voltaire – FR-75011 PARIS  – Tel/Fax : 00.33.(0)1.43.72.97.34 contact@crldht.org / www.crldht.org

BAS LES PATTES DEVANT « Me ABBOU » !


Encore une fois, Me Mhamed ABBOU se trouve être la cible du harcèlement et de l’intimidation de la police politique du régime despotique tunisien. À son retour du Maroc, aujourd’hui samedi 27 février 2010, l’activiste infatigable des droits de l’homme, ancien prisonnier d’opinion du régime dictatorial en place, a été victime d’une salve de grossièretés et de propos orduriers d’une rare violence, avec des menaces soi-disant de le « remettre une nouvelle fois en prison » (ce qui dit long sur « l’Etat de droit et des institutions » qui prévaut en Tunisie !!) L’avocat défenseur des droits de l’homme a été « accueilli » à son arrivée à l’aéroport de Tunis Carthage par une horde de policiers en civils (vociférant et gesticulant de manière clownesque) qui l’ont soumis violemment à une fouille à corps, aussi bien illégale que vexatoire. Ils lui ont confisqué un livre qu’il avait acheté au Maroc. Donnant ainsi par l’exemple la signification réelle du « choix stratégique » accordé par « M. Ben Ali » à l’UMA, dans son discours d’hier ! En effet, Me ABBOU est, de nouveau, soumis depuis plusieurs semaines à une « surveillance très rapprochée » qui se fait volontairement ostensible dans un but manifeste d’intimidation. Son domicile est quasiment encerclé par les sbires de Ben Ali qui surveillent et contrôlent, non sans arrogance provocatrice, les entrées et les sorties… Ces méthodes de voyous de sous-préfecture, dignes des plus infâmes dictatures d’antan, ne cessent, de jour en jour, de s’aggraver et de se multiplier impunément, consécutivement au fiasco « électoral » d’octobre 2009. Après les procès-mascarades des journalistes, Zouheir Makhlouf et Taoufik Ben Brik, et l’odieuse campagne de diffamation quasi-permanente ayant ciblé bon nombre de défenseurs des droits humains, dont le Président de notre association, M. Kamel Jendoubi, M. Khemaies Chammari (qui vient de suspendre sa grève de la faim engagée, comme ultime moyen, pour dénoncer le piétinement systématique de ses plus élémentaires libertés civiques), Mme Sihem Ben Sedrine, Me Mokhtar Trifi, Mme Naziha Rjiba (Oum Ziyad)… ; les procès iniques à l’encontre des étudiants, et la nouvelle série de procès du Bassin Minier (dont les leaders, en liberté conditionnelle, sont soumis à une surveillance policière humiliante, et interdits de réintégrer leurs anciens postes de travail…). La Tunisie donne, de plus en plus, l’impression d’être subrepticement soumise à un véritable état de siège !   Face à cette situation alarmante, le CRLDHT, dénonce de la manière la plus indignée, la mainmise policière, plus que jamais visible, sur la société tunisienne dans son ensemble, et notamment ses forces vives les plus éclairées et les plus démocratiques ; Il alerte les organisations internationales de défense des droits humains, tout autant que les partenaires « aveugles » du régime despotique tunisien que l’état des libertés n’a jamais atteint un degré aussi bas en dessous de zéro, comme il l’est actuellement, en Tunisie ; Il prévient les autorités de l’entière responsabilité qu’ils endossent en conduisant notre pays vers l’abîme ; Il exige l’arrêt immédiat de l’intimidation, du harcèlement, et plus généralement des toutes les restrictions arbitraires infligées aux défenseurs des droits humains ; Il exprime à Me Mohamed ABBOU, et à tous les activistes tunisiens, son entière et indéfectible solidarité ; Sollicite les organisations internationales de défense des droits de l’homme à dénoncer cette nouvelle dérive dictatoriale gravissime, et à exprimer publiquement leur soutien à la lutte démocratique et pacifique des « combattants pour la liberté » en Tunisie.  


Liberté pour le Docteur Sadok Chourou, le prisonnier des deux décennies Liberté pour tous les prisonniers politiques Liberté et Equité Organisation de droits humains indépendante 33 rue Mokhtar Atya, 1001 Tunis Tel/fax : 71 340 860 Adresse électronique : liberte.equite@gmail.com Tunis, le 27 février 2010

Zouhaïer Makhlouf, militant des droits humains et de l’information, passe de la prison au blocus matériel et médiatique

 


Zouhaïer Makhlouf, militant des droits humains et de l’information, est en butte depuis sa sortie de prison à des brimades consistant à l’encerclement permanent de son domicile, à l’interdiction faite au visiteurs d’y parvenir, et à sa surveillance sous forme de filature resserrée lors de ses déplacements visant à l’isoler de son environnement, de ses relations et à l’empêcher de mener ses activités de droits humains et de l’information.[…] Pour le Bureau exécutif de l’Organisation Le Président Maître Mohammed Nouri (traduction d’extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)

Liberté pour le Docteur Sadok Chourou, le prisonnier des deux décennies Liberté pour tous les prisonniers politiques Liberté et Equité Organisation de droits humains indépendante 33 rue Mokhtar Atya, 1001 Tunis Tel/fax : 71 340 860 Adresse électronique : liberte.equite@gmail.com Tunis, le 27 février 2010

Le chef du poste de la Garde d’Elala à Kairouan agresse Zyed Fakraoui, ex prisonnier d’opinion

Nouvel épisode dans le ciblage de Zyed Fakraoui, ex prisonnier d’opinion, par les autorités tunisiennes : Le chef du poste de la garde d’Elala dans le gouvernorat de Kairouan, a interpellé vendredi 26 février 2010 le jeune Zyed Fakraoui, pour le conduire au siège du poste de la Garde et l’agresser extrêmement violemment. Le jeune Zyed Fakraoui est en butte depuis sa sortie de prison à toutes sortes de brimades et d’agressions, la dernière en date remontant au mois de décembre 2010 lorsqu’un groupe de personnes a fait intrusion dans son projet agricole dans la campagne avoisinante d’Elala et l’ont frappé pour saccager les champs et mettre à sac toutes les plantations. […] Pour le Bureau exécutif de l’Organisation Le Président Maître Mohammed Nouri (traduction d’extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)


« Censuré pour censuré », désormais Nawaat bloque la police de l’internet


Qui presse “le bouton”, quelle administration et à partir de quels locaux sont exercés les blocages illégaux des sites internet en Tunisie ? Personne ne le sait ! Manifestement, depuis près de vingt ans, il s’agit de l’un des secrets les mieux gardés de Tunisie. Que cette censure soit exercée par un “fantôme hors la loi”, ne nous empêche pas de relever qu’il agit objectivement sous couvert du premier responsable du pays, c’est-à-dire le président de la République. Institutionnellement, il ne peut en être autrement. De par les pouvoirs que lui confère la Constitution tunisienne, le président est le responsable de cet internet illégalement cadenassé empoisonnant la vie des Tunisiens. Le président de la République peut affirmer ce qu’il veut, nos institutions, quand bien même malmenées, sont ainsi faites.   Cela étant précisé, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’entre les redirections d’URL, le « Decadent Packet Intrusion »(1) et le blocage des sites internet, la censure tunisienne ne cesse, en effet, d’empoisonner la vie de ses ressortissants (2). Et les blogs, tel Nawaat.org, qui protestent et dénoncent les violations des lois de la République finissent tous, un jour ou l’autre, sur la liste du censeur. Qu’à cela ne tienne ! Aujourd’hui, nous allons nous offrir surNawaat.org le malin plaisir de rendre à la censure la monnaie de sa pièce.  

I. D’abord un rappel succinct des procédés de blocage utilisés par la censure tunisienne.

L’observation des différents degrés de blocage pratiqué en Tunisie permet d’identifier quatre procédés mis en œuvre par la police tunisienne de l’internet. Ces quatre niveaux s’échelonnent du blocage partiel au blocage total (débordant même la sphère du nom de domaine du site bloqué). Et

Nawaat.org fait partie de ceux frappés par le blocage le plus sévère.   Voici les différents procédés utilisés :   1 – Le blocage sélectif par URL, tel par exemple le cas deWikipedia. En effet, plutôt que de bloquer la totalité de l’encyclopédie online, on bloque sélectivement les pages les plus embêtantes. C’est ce qu’il en est de la page française relative à la biographie de Ben Ali ou de celle relative à la pratique de la censure en Tunisie. Idem pour le site Google vidéo. Si la majorité des vidéos demeurent accessibles, quelques-unes, en revanche, sont bloquées. La vidéo relative auxdéplacements douteux de l’avion présidentiel est bloquée. Celle portant sur l’impunité de la pratique de la torture en Tunisie, telle que décrite par l’avocate Radhia Nasraoui à l’université américaine Georgetown est inaccessible aux Tunisiens. Au passage, les deux vidéos ont été postées sur Google vidéo par nawaat.org.   2. – Au deuxième cran, le censeur tunisien passe au blocage du site en bannissant le nom de domaine et le sous-domaine qui lui est rattaché. C’est le procédé le plus couramment mis en œuvre, notamment pour sanctionner les blogueurs Tunisiens émettant des opinions déplaisantes tel le blog du journaliste tunisien Zied el Hani. Ce qui d’ailleurs provoque parfois un jeu d’usure entre les blogueurs et la censure par l’entremise de la création successive de nouveaux sous-domaines neutralisés, de sitôt, par la police de l’internet.   3. – Avec le cran au dessus, c’est le blocage total de la DNS, quel que soit le sous-domaine utilisé, c’est le cas de youtube.com,dailymotion.com,pdpinfo.org,tunisiawatch.com et de tant d’autres.   4.- En dernier lieu, on pratique, pour les plus récalcitrants, le blocage radical par DNS et par mot clé contenu dans l’URL. Ainsi est-il de Tunisnews.net ou de Nawaat.org. Avec cette dernière procédure, toute URL contenant la chaîne de caractères « nawaat », et quel que soit le nom de domaine, est systématiquement bloquée. La technique du mot clé au sein de l’URL cherche ainsi à bloquer la moindre bribe d’information qui pourrait s’afficher sur l’écran du Tunisien. Le blocage par mot clé « nawaat » fait aboutir toute recherche sur Google sur une page 404.Ce lien sur Google, par exemple, irrite les filtres de la censure. Tant qu’à faire, inutile de laisser apparaître sur les pages de résultat ne serait-ce que les titres des articles publiés sur notre blog. Par ailleurs, le mot-clé au niveau de l’URL bloque toute image en rapport avec nawaat, y compris lorsqu’elle est hébergée sur les serveurs de Google image. Cette procédure de filtrage engendre également le blocage de tous les autres supports du web social utilisés par Nawaat.org, dès lors que l’URL contient la chaîne « nawaat ». Ainsi, « twitter.com/nawaat », « blip.tv/nawaat », « flickr.com/photos/nawaat/ », « facebook.com/pages/wwwnawaatorg/186352466213 » ne risquent pas d’être vus en Tunisie. Pareillement, la chaîne de caractères “Tunisnews” produit les mêmes effets. A noter que le bocage par mot clé peut également contenir l’intégralité du domaine et sous-domaine bloqué. Il en est ainsi d’”advocacy.globalvoicesonline.org“. La même chaîne est bloquée aussi bien en tant que DNS qu’en tant que mot clé. Ce lien, portant sur une requête via google par exemple, est bloqué en Tunsie.

Outre le blocage de Nawaat.org, c’est toute la sphère de ses animateurs qui est également visée. Monblog personnel, celui de mes amis de nawaat Malek et Sami Ben Gharbia ainsi que les autres sites collectifs que nous administrons (Yezzi.org,Cybversion.org) subissent aussi cette censure hors la loi.   Pourtant, apparemment « Ammar 404 » (nom communément donné au censeur tunisien par les internautes Tunisiens) a pris soin de ne pas bloquer toutes les IPs. En effet, tant sur Nawaat que sur nos autres blogs, des IPs tunisiennes, sans proxy, parviennent quand même à se connecter.  

II.- Tant qu’à faire, autant leur « rendre la monnaie de leur pièce » !

Il y a 9 mois, j’ai développé un filtre PHP (Lite IP FIlter) destiné, entre autres, à isoler dans un log ad hoc toutes les IPs tunisiennes qui se connectent sur nos blogs (celui de nawaat.org, de Sami (kitab.nl) et le mien). Contrairement au log du serveur apache, ce script PHP détecte également les connexions derrière les proxies (proxies qui ne sont pas totalement opaques). Et le résultat est plus qu’éloquent : rien que sur nawaat.org, sur les neuf derniers mois, des milliers de connexions provenant de la Tunisie ont pu avoir lieu sans proxy.   Il convient, ici, de préciser la chose suivante : toutes les connexions provenant de la Tunisie et utilisant un proxy à la fois crypté et anonyme ne sont pas répertoriées. La provenance tunisienne de telles connexions est indétectable. Quant aux tentatives de connexion avec des proxies non cryptés, elle n’arrive tout simplement pas sur nawaat, puisque le filtre de la censure tunisienne bloque toute connexion avec le mot clé non crypté “nawaat“.   – Ainsi, qui peut bien se connecter sur Nawaat sans utiliser de proxy ?   – Comment peut-on contourner une procédure de blocage centralisée pour se connecter sur nawaat sans proxy (3) ?   – Comment peut-on contourner la censure sans un routage spécifique pour certaines classes/sous-classes IP ou sans un paramétrage spécifique d’exclusion de certaines IP  ?   Deux explications possibles : soit il s’agit d’un dysfonctionnement de la police de l’internet, soit c’est la police de l’internet, elle-même, qui s’est réservée une marge de manœuvre pour venir « s’informer » sur Nawaat.   S’agissant de l’hypothèse du dysfonctionnement, cela me semble hautement improbable, tant la procédure de blocage est, dans son principe, d’une simplicité enfantine quel que soit le firewall utilisé.   Du reste, et pour l’exemple, chaque abonné à l’ADSL dispose d’outils analogues à ceux de la censure pour procéder à des blocages. Outils, certes, calibrés pour son routeur domestique, néanmoins avec le même principe de fonctionnement, quel que soit le degré de sophistication de son firewall. En somme, ajouter une ligne à la base de données d’une “usine à gaz” à censure ou le faire sur le routeur ADSL, la procédure est quasi similaire.

……………………………..

L’hypothèse d’un dysfonctionnement étant à écarter, tant cela parait aberrant, il ne reste plus qu’à envisager qu’il s’agisse de la police de l’internet et assimilé (4) qui nous rendent visite fréquemment. Dès lors, « censuré pour censuré », autant bloquer sur Nawaat la police de l’internet, en bloquant l’intégralité des IPs qui se connectent, à partir de la Tunisie, sans proxies.  En censurant nos blogs, sans doute que le censeur Tunisien réussit à bloquer une partie de nos lecteurs. Pour d’autres, en revanche, il ne fait qu’empoisonner leurs vies en les forçant à passer par des proxies. Alors, pourquoi ne pas faire subir à ce censeur ce qu’il fait subir aux autres Tunisiens ? En d’autres termes, à partir d’aujourd’hui, lui aussi devra passer par un proxy s’il désire accéder au blog de Nawaat, et il faudrait qu’il se trouve un proxy qu’il n’a pas lui-même bloqué. Il est important de signaler ici que ce blocage ne change strictement rien pour nos visiteurs qui passent déjà par des proxies pour nous lire.

…………………..

Avec le script « Lite IP Filter », le même que j’utilise sur mon blog et sur les blogs gérés par nawaat.org, tous les censurés du monde -hébergeant eux-mêmes leurs blogs- peuvent faire de même, en bloquant la police de l’internet de leurs pays. Et pour rendre encore l’utilisation de « Lite IP Filter » plus aisée, Nawaat.org met également à disposition un utilitaire que j’ai développé, « IP Range Tool », permettant, en deux clics, d’extraire les plages IP à filtrer de n’importe quel pays pour les inclure par simple copier-coller. « IP Range Tool » est un utilitaire Mac, Windows et Linux de gestion des plages IP incluant la base de données IP mondiale (pour plus de détails sur le fonctionnement de « Lite IP Filter » et d’ « IP Range Tool » ainsi que pour lesliens de téléchargement, voir sur ce lien).

………………………………….

Alors si vous êtes Chinois, Syrien, Libyen, Saoudien, Birman, Tunisien, Iranien, etc., et que votre blog fait partie de ceux qui ont été “honorés” par la censure de votre pays, n’hésitez pas, à votre tour, à leur barrer l’accès à votre site. A noter que l’installation de « Lite IP Filter » peut se faire uniquement pour contrôler étroitement certaines plages IP sans nécessairement activer l’option de blocage. En tout cas, dès aujourd’hui, sur Nawaat.org, mon blog et prochainement sur le nouveau blog de Sami (5), la police tunisienne de l’internet est bloquée, sauf à passer par un proxy qu’elle n’a pas elle-même bloqué. Sans proxy, c’est une page avec l’image suivante qui s’affichera ; y compris lorsque c’est le président de la République qui se connecte sur Nawaat. S’il veut nous lire à partir d’une connexion ADSL banalisée, qu’il fasse comme ses compatriotes : trouver un proxy crypté.

Si un de nos lecteurs « légitimes », par un aberrant dysfonctionnement de la censure, a pu jusqu’à présent passer à travers les mailles du filet des censeurs Tunisiens, qu’à cela ne tienne, qu’il nous contacte, et on fera le nécessaire pour qu’il continue à nous lire comme il l’a toujours fait.   Astrubal, le 26 février 2010 http://astrubal.nawaat.org/ www.nawaat.org astrubal@gmail.com contact@nawaat.org

P.-S. Pour des raisons indépendantes de ma volonté, il se pourrait que je tarde à répondre à d’éventuels commentaires.

Pardon et merci pour la compréhension. (1) – L’expression « Decadent Packet Intrusion » (intrusion décadente à nos paquets IP) est ici utilisée en lieu et place de « Deep Packet Inspection » pour laquelle j’éprouve de nombreuses réserves. J’aurai l’occasion prochainement de m’exprimer sur ce même sujet.   (2) – Difficile de supporter en effet tous ces liens en complément d’information proposés sur des millions de sites et pointant sur une fausse page 404. Les documents vidéo sur Youtube pour ne citer que celui-là, telles les conférences, colloques, documents scientifiques, informatifs, culturels, etc. sont interdits aux Tunisiens. Le site au milliard de vidéos téléchargées quotidiennement demeure désespérément clos. Certes, pour les plus téméraires et les plus patients, des proxies existent. Mais essayez de regarder via un proxy une conférence de 50 minutes que vous êtes tenu de voir pour des raisons professionnelles … ! Dès la 1 minute, vous allez vous mettre à maudire le « grand ordonnateur » de ce blocage hors la loi, d’une façon inversement proportionnelle au débit du téléchargement de la vidéo.   Pour un récapitulatif sur la censure en Tunisie, voir notamment l’excellente synthèse de Sami Ben Gharbia « Silencing online speech in Tunisia » sur Nawaat ou sur Global Voices Advocacy. Pour la version française, voir sur ce lien.   Pour une description de ce que certains Tunisiens subissent en matière de violation de leurs boîtes mail, voir la très pertinente enquête de Malek Khadhraoui « Tunisie : Operation main basse sur les emails ». A ce jour, tout rapport d’ONG confondu, il s’agit de l’article le plus documenté relatif au détournement des mails des citoyens Tunisiens (témoignages et copies d’écran à l’appui). Voir sur leblog de Malek ou sur Nawaat.org   (3) – La sévérité du procédé utilisé pour bloquer Nawaat.org tend manifestement à indiquer que ce type de blocage relève d’un processus centralisé.   (4) – Par “assimilé”, j’entends services de renseignement, hauts fonctionnaires bénéficiant d’un routage internet spécifique, cabinet présidentiel également (car je doute fort qu’avec la paranoïa de Ben Ali, celui-ci ait une liaison internet empruntant le même “trajet” que les autres services gouvernementaux).   (5) – Depuis peu, à force de censure et de hacking, l’ami Sami Ben Gharbia est un « SDF » des blogs. Lassé par autant d’attaques, il est temporairement sur une solution d’hébergement sans accès FTP.

(Source : le blog d’astrubal (censuré en Tunisie), le 26 février 2010)

Lien :http://astrubal.nawaat.org

Remarque de TUNISNEWS:

Vue la très haute importance de cet article très bien fait, très bien documenté, et bien structuré par notre ami Astrubal, nous invitons tous nos lecteurs intéressés à consulter l’intégralité de cet article sur le lien suivant :

http://astrubal.nawaat.org/2010/02/26/%C2%AB-censure-pour-censure-%C2%BB-desormais-nawaat-bloque-la-police-de-l%E2%80%99internet/

 


 

Egypte: ElBaradei confiant, estime que le changement va arriver


AFP, le 27 février 2010 à 16h49 LE CAIRE, 27 fév 2010 (AFP) – L’ancien chef de l’AIEA, Mohamed ElBaradei, candidat potentiel à l’élection présidentielle de 2011 en Egypte, s’est dit samedi certain que le changement politique dans son pays allait arriver, prônant des moyens pacifiques pour y parvenir. « Le changement arrive, c’est sûr », a déclaré M. ElBaradei lors d’un entretien par téléphone avec l’AFP, assurant que « le changement par des moyens pacifiques est la seule façon d’éviter des violences ». L’ancien chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique, revenu la semaine dernière en Egypte, appelle depuis son départ de l’agence onusienne l’an dernier à une démocratisation du régime. Il a fait part ces derniers mois de sa volonté d’être candidat à la prochaine présidentielle, probablement face au chef de l’Etat sortant Hosni Moubarak, au pouvoir depuis 1981. « Je tente de mobiliser les masses populaires, qui sont pour le changement, afin de transformer le système égyptien en un système démocratique qui assure la justice sociale », a affirmé M. ElBaradei, 67 ans. « Le premier pas de ce voyage est d’amender la Constitution pour garantir des élections libres et équitables puis avoir une nouvelle Constitution pour le pays », a-t-il poursuivi. La Constitution actuelle rend quasi impossible une candidature du Prix Nobel de la Paix 2005, dont les déclarations ont enthousiasmé une partie de l’opposition mais suscité une levée de boucliers des médias gouvernementaux. Selon la Loi fondamentale, tout candidat doit être depuis au moins cinq ans un dirigeant de parti, celui-ci devant avoir au moins cinq ans d’existence. En tant qu’indépendant, un candidat doit avoir le soutien d’au moins 250 membres élus des deux chambres du Parlement ou des conseils municipaux, des instances dominées par le Parti national démocratique (PND) de M. Moubarak. « Il y a beaucoup de problèmes en Egypte, et ils ne font qu’empirer », a souligné M. ElBaradei, évoquant la pauvreté, le manque de justice sociale, les fossés entre riches et pauvres et les tensions religieuses comme « les plus dangereux ». « L’aggravation de tous ces problèmes signifie que les tensions montent et la seule solution est de construire une nouvelle réalité politique basée sur la démocratie », a-t-il expliqué. Depuis son retour en Egypte, M. ElBaradei a reçu des membres de l’opposition à son domicile, située dans un quartier cossu du Caire près des pyramides de Guizeh. L’ancien diplomate a notamment rencontré des représentants islamistes, libéraux, de gauche et indépendants, ainsi que des hommes d’affaires, des blogueurs et des jeunes militants. Mardi, M. ElBaradei a annoncé la formation d’une « Assemblée nationale pour le changement » appelant à des élections libres et à la fin des entraves pour les candidats à la présidentielle. Cette coalition rassemble des dirigeants des Frères musulmans et du mouvement Kefaya, l’ex-candidat à la présidentielle de 2005 Ayman Nour, et l’auteur du roman « L’immeuble Yacoubian », Alaa al-Aswany. Mais certains participants se sont toutefois abstenus d’appuyer la candidature de M. ElBaradei à la présidentielle.


Turquie/complot: le président rassure, d’autres suspects seront entendus


 
AFP, le 27 février 2010 à 11h49 Par Burak AKINCI ANKARA, 27 fév 2010 (AFP) – Le président turc Abdullah Gül s’est dit convaincu samedi que son pays surmonterait la crise provoquée d’un conflit entre le gouvernement et la hiérarchie militaire soupçonnée d’avoir voulu faire chuter en 2003 le gouvernement islamo-conservateur. Tard vendredi, un tribunal d’Istanbul a inculpé et écroué deux  ex-généraux, dont Cetin Dogan, présenté comme le cerveau présumé de la conspiration dénommée « Masse de forgeron ». D’autres suspects devaient être entendus par la justice. Trente trois officiers supérieurs ont été inculpés par un tribunal d’Istanbul depuis le vaste coup de filet opéré par la police lundi au cours duquel une cinquantaine de personnalités militaires ont été arrêtés. En revanche une quinzaine d’autres ont été libérés, dont les anciens commandants de la marine et de l’aviation. Ce complot présumé, mis au jour en janvier par un journal, visait à  préparer le terrain à un coup d’État par des actions violentes pour démontrer que le gouvernement de l’AKP (Parti de la justice et du développement, issu de la mouvance islamiste) était incapable d’assurer la sécurité du pays. Cetin Dogan, un ancien général quatre étoiles, et l’état-major des armées se sont défendus de toute accusation, affirmant que le plan publié dans la presse faisait partie d’une procédure d’entraînement comme il en existe dans toutes les armées au monde. Dix huit autres militaires soupçonnés de la mise en œuvre du complot présumé, ont été arrêtés vendredi lors d’une deuxième rafle. Ils devaient être entendus, selon les médias, au cours du week-end par des procureurs d’Istanbul qui instruisent différentes enquêtes de conspiration anti-gouvernementales. Si pour de nombreux intellectuels, ces arrestations signifient un progrès pour la démocratisation du pays, pour l’opposition il s’agit d' »un coup d’État civil » et d’un acharnement judiciaire pour affaiblir les défenseurs de la laïcité. En Turquie l’armée qui a renversé ou provoqué la chute de quatre gouvernements en cinquante ans, se considère la garante des principes laïques. Le risque d’une crise majeure a donc conduit le président Gül à organiser une réunion jeudi entre le chef de l’état-major, le général Ilker Basbug, et le Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan. Et le pouvoir politique a voulu un cadre constitutionnel pour régler ces différends. selon un communiqué publié à l’issue de cette réunion. M. Erdogan, pour lequel la procédure judiciaire démontre que la Turquie opère une « normalisation » de sa démocratie, a également averti vendredi l’armée que « personne n’est au-dessus des lois ». Avis partagé par le chef de l’Etat qui a estimé que tout citoyen était égal devant la loi. « S’il y a des gens qui commettent des erreurs dans nos institutions (l’armée), ils doivent en être bannis », a-t-il dit dans un entretien au journal Hürriyet publié samedi. M. Gul s’est dit assuré que « la Turquie surmontera absolument » cette crise, soulignant que l’objectif principal pour la démocratie turque était de respecter les normes européennes. « Il ne faut pas que la Turquie se tire une balle dans le pied » au moment où elle essaie de surmonter une récession, a-t-il encore dit. En raison notamment d’inquiétudes des marchés au sujet du bras de fer entre le gouvernement et l’armée, la Bourse d’Istanbul a plongé de près de 7% au cours de la semaine et la livre turque s’est dépréciée face au dollar. Cette nouvelle crise intervient deux ans après l’affaire dite Ergenekon, un complot présumé qui visait à renverser le gouvernement islamo-conservateur.  


Renewed tension looms in Turkey after military arrests


Reuters, le 27 février 2010 à 13h12 * Two retired generals charged in connection with plot * Further wave of military arrests ups stakes * Turkish markets likely to take further hit By Alexandra Hudson ISTANBUL (Reuters) – A retired Turkish general charged over a plot to unseat the government said « the struggle has now started, » after high-profile arrests risked aggravating tension between the ruling AK Party and the armed forces. Two former generals became the most senior figures late on Friday to be charged over an alleged 2003 plot, state-run news agency Anatolian reported, their arrests closing a week of high political drama that has stunned Turkey and shaken markets. Hours earlier, police had conducted a second wave of detentions of military officers, widening an unprecedented investigation that has seen some 33 officers arrested and prompted an emergency summit among Turkey’s leaders. President Abdullah Gul, a former member of the AK Party which has its roots in political Islam, pledged « Turkey will overcome all of its problems. » But, in an interview published in the Hurriyet newspaper on Saturday, he also warned those who act outside the law within Turkish institutions would be purged. Retired general Cetin Dogan was the former head of Turkey’s First Army and as such had occupied a position often seen as a step toward becoming head of the Turkish Armed Forces. « When Dogan learned he was to be charged he said ‘the struggle has now started’, » his lawyer Celal Ulgen said on Saturday, according to Anatolian. Ulgen added there was no concrete evidence and prosecutors went to great lengths to have him charged. The other high-ranking official to be charged was Lieutenant-General Engin Alan, a former special forces commander who led a successful operation to capture the country’s most wanted man, Kurdish separatist leader Abdullah Ocalan, and bring him back to Turkey in 1999. Turkish newspapers on Saturday printed pictures of an elderly-looking Dogan, dressed in a dark coat and cravat and walking with a slight stoop, as police took him for questioning. Turkish markets, weakened by five days of tension since a first wave of detentions on Monday, had begun to recover on Friday on hopes that the likelihood of a confrontation between the government, in power since 2002, and the secularist military was receding with the release of three other retired generals. But reports police had detained 17 more serving military officers and one retired officer in a second wave of detentions sparked renewed selling, and fresh concern over a standoff. Prime Minister Tayyip Erdogan has warned the military they are not above the law and accused the media of fanning alarm among investors. Erdogan’s party, which denies accusations it has a secret Islamist agenda, is banking on an economic recovery to win over voters ahead of an election due early next year. ON EDGE, NOT PANICKY The military has overthrown four governments in Turkey in the past 50 years and with some of its officers still in detention, and more than 30 charged, markets remain nervous. Investigations of the three released commanders continue. « Dogan, the former commander of the First Army where the alleged 2003 coup plan is said to have been drafted, was a key player in the campaign that in 1997 ousted from power the Islamist Welfare Party led by Erdogan’s mentor, Necmettin Erbakan, » said Wolfango Piccoli, Eurasia Group analyst. The Turkish military forced Erbakan’s government from power with a series of threats and demands. Erdogan was the Welfare Party’s vocal mayor of Istanbul at the time. Gul meanwhile, was a prominent parliamentarian in the party. Despite Turkey’s history of military coups and interventions in politics, most people believe the generals would not dare challenge the AK Party, which has a huge parliamentary majority, and destroy newfound confidence in democracy. Turkey is a NATO member and EU membership candidate, and its Western allies want to see it mature as a democracy. Analysts fear politics appear increasingly polarized between the secular, conservative nationalists who represent the old guard and the AK Party, which has won over investors with market-friendly reforms despite its Islamist background. While markets have been edgy, investors have not hit any panic buttons since trouble first erupted last week between the government and the judiciary, another secularist bastion.

 

Home – Accueil الرئيسية

 

Lire aussi ces articles

24 juillet 2006

Home – Accueil – الرئيسية TUNISNEWS 7 ème année, N° 2254 du 24.07.2006  archives : www.tunisnews.net LTDH: Flash Infos Luiza Toscane:

En savoir plus +

Langue / لغة

Sélectionnez la langue dans laquelle vous souhaitez lire les articles du site.

حدد اللغة التي تريد قراءة المنشورات بها على موقع الويب.