27 février 2007

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TUNISNEWS
7 ème année, N° 2472 du 27.02.2007

 archives : www.tunisnews.net


CNLT: Jalel Zoghlami arbitrairement privé d’exercer sa profession d’avocat
RAPID ACTION NETWORK: Tunisia: International day of action to free Mohammed Abbou

Reporters Sans Frontières : Des médias français censurés pour avoir publié des tribunes du journaliste Taoufik Ben Brik

Reporters Without Borders: French media censored in Tunisia because of articles by Tunisian journalist Taoufik Ben Brik

AFP: Plusieurs médias français censurés en Tunisie, selon RSF

El Khadra: au bord du gouffre  -23 decembre 2006/3 janvier 2007.tunisie annee zero

El Khadra: les racines et le mal

Le Temps: Entrée illicite d’une tonne de viande bovine à travers la frontière tuniso-libyenne

Le Temps: Les Tunisiens au volant: Anarchie, insouciance et, en plus, ils sont « grande gueule »

Le Temps: Mémoire collective – Février 1895: Une Fetwa sur le chocolat français !

Ridha Kéfi : Les pays arabes méditerranéens en panne de réformes

La Presse :Tunisie: Atteinte aux biens d’autrui

AFP: La menace islamiste s’invite dans l’élection présidentielle

CONSEIL NATIONAL POUR LES LIBERTES EN TUNISIE

 
Tunis le 27 février 2007

Jalel Zoghlami arbitrairement privé d’exercer sa profession d’avocat

Maître Jalel Zoghlami a été inscrit au barreau de Tunis le 25 novembre 2005 après avoir rempli toutes les conditions requises. Mais il a été privé de son droit à exercer la profession d’avocat par les autorités publiques.
Victime d’un harcèlement judiciaire pour son engagement politique, Jalel Ben Brik Zoghlami a été arbitrairement emprisonné à plusieurs reprises entre 2001 et 2005. Le dernier acte de ce feuilleton judiciaire a eu lieu en novembre 2004, la Cour d’appel l’avait condamné à 8 mois de prison ferme à l’issue d’une parodie de justice. Jalel Zoghlami venait d’obtenir son DEA de droit à Paris et la condamnation visait, selon les ONG de droits humains, à l’empêcher d’intégrer le barreau de Tunis. Après avoir purgé sa peine, Jalel Zoghlami a présenté une demande d’inscription au barreau qui a été acceptée. C’est alors que le ministère public s’oppose à la décision du Conseil de l’ordre de Tunis et fait appel de cette décision le 7 janvier 2006. Mais, contre toute attente, aucune date n’est fixée pour l’audience depuis plus d’un an ; et tant que le tribunal n’a pas statué sur son cas, maître Jalel Zoghlami ne peut exercer sa profession.
Le CNLT ·       considère que l’attitude du ministère public viole les droits élémentaires de Jalel Zoghlami. ·       Il estime que ce harcèlement judiciaire vise à sanctionner Jalel Zoghlami pour ses opinions et ses activités d’opposant. ·       Il exige la levée de cette mesure d’interdiction et l’intégration sans condition de maître jalel Zoghlami au barreau de Tunis.
Pour le Conseil La porte parole Sihem Bensedrine
 


Des médias français censurés pour avoir publié des tribunes du journaliste Taoufik Ben Brik

Une édition du quotidien Le Monde, ainsi que deux numéros de l’hebdomadaire Le Nouvel Observateur ont été récemment interdits de diffusion en Tunisie. Le site du quotidien Libération est, quant à lui, bloqué depuis le 21 février 2007. Ces trois journaux français ont publié des articles du journaliste tunisien Taoufik Ben Brik, très critiques envers le président Zine el-Abidine Ben Ali. “Après trois ans de silence, Taoufik Ben Brik s’est remis à écrire et, visiblement, cela n’est pas du goût des autorités tunisiennes. Aucun de ses articles n’a pu être diffusé dans le pays. Il faut dire que le régime du président Ben Ali est passé maître dans l’art de filtrer l’information et d’empêcher la circulation de toute critique à son égard”, a déclaré Reporters sans frontières. Le Monde en date du 23 février 2007 n’a pas été distribué en Tunisie. Son supplément du vendredi contenait un article de Taoufik Ben Brik, intitulé “Qui écrit encore à Tunis ?”. Selon les informations recueillies par Reporters sans frontières, douze éditions du quotidien français ont été censurées en 2006, dans la majorité des cas parce qu’elles contenaient des articles sur la Tunisie. Depuis le début de l’année 2007, la distribution du Monde est très irrégulière. Trois éditions ont été censurées en une semaine au cours du mois de février. L’une d’entre elles comportait notamment un entretien avec Mokhtar Trifi, président de la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH). Par ailleurs, les éditions des 8 et 21 février 2007 de l’hebdomadaire français Le Nouvel Observateur ne sont jamais arrivées dans les kiosques tunisiens. Là également, on y trouvait des articles du journaliste, intitulés “Tunis carbure à l’optipessimisme” et “Basta !”. Enfin, le 21 février, le quotidien Libération a aussi ouvert ses colonnes au journaliste qui a présenté un portrait acerbe du président tunisien dans un article intitulé “En 2009 je « vote » pour Ben Ali”. Conséquence : le site Internet de Libération est bloqué depuis ce jour. Il en est de même pour leblogmedias.com, un blog sur l’actualité des médias publié par Reporters sans frontières et la revue Médias, censuré depuis que Taoufik Ben Brik y tient une chronique régulière. Plusieurs titres de la presse française sont toujours interdits en Tunisie, dont les hebdomadaires Charlie Hebdo et Le Canard enchaîné. Le quotidien Libération a été interdit de diffusion pour la première fois en 1992. Les autorités ont également pris l’habitude d’autoriser la distibution d’un nombre très faible d’exemplaires d’un journal pour se prémunir de toute accusation de censure. (Source: le site de « Reporters Sans Frontières », le 27 février 2007) Lien : http://www.rsf.org/article.php3?id_article=21114

Reporters Without Borders Press release 27 February 2007 TUNISIA

French media censored in Tunisia because of articles by Tunisian journalist Taoufik Ben Brik

Reporters Without Borders today condemned the action of the Tunisian authorities in banning  issues of two French publications, the daily Le Monde and the weekly Le Nouvel Observateur, and blocking the website of a third, the daily Libération, because of articles by Tunisian journalist Taoufik Ben Brik critical of President Zine el-Abidine Ben Ali. “After three years of silence, Taoufik Ben Brik has started to write again and this clearly has not been to the liking of the Tunisian authorities,” Reporters Without Borders said. “None of his articles have been able to circulate inside the country. It must be said that the Ben Ali regime is past master in the art of filtering news and information and preventing the dissemination of any criticism of the president.” The 23 February issue of Le Monde was not distributed in Tunisia because its supplement had a piece by Ben Brik headlined “Who still writes in Tunis?” Reporters Without Borders has established that a total 12 issues of Le Monde were censored by the Tunisian authorities in 2006, in most cases because they had articles about Tunisia. Distribution of Le Monde has become every erratic in Tunisia since the start of 2007. Three issues were censored in the space of a week in February, one of them containing an interview with Tunisian Human Rights League president Mokhtar Trifi. It was the 8 and 21 February issues of Le Nouvel Observateur – both with articles by Ben Brik – that never showed up in Tunisian news stands, while access to Libération’s website has been blocked inside Tunisia since 21 February, the day it published a scathing portrait of President Ben Ali by Ben Brik entitled “I will ‘vote’ for Ben Ali in 2009.” Access has also been blocked to leblogmedia.com, a blog published by Reporters Without Borders about media news, and the magazine Médias, since it started running a regular column by Ben Brik. Several French publications including the weeklies Charlie Hebdo and Le Canard Enchaîné, have banned in Tunisia for years. Distribution of Libération was banned for the first time in 1992. The authorities are also in the habit of authorising the distribution of an extremely small number of copies of a newspaper to avoid being accused of censorship.


 

Plusieurs médias français censurés en Tunisie, selon RSF

 
PARIS (AFP) – Une édition du Monde et deux numéros du Nouvel Observateur ont été récemment interdits de diffusion en Tunisie et le site du quotidien Libération est bloqué depuis le 21 février, affirme mardi l’organisation Reporters sans frontières dans un communiqué.
 
Ces trois journaux ont publié des articles du journaliste tunisien Taoufik Ben Brik, très critiques envers le président Zine El-Abidine Ben Ali, relève RSF.
 
« Après trois ans de silence, Taoufik Ben Brik s’est remis à écrire et, visiblement, cela n’est pas du goût des autorités tunisiennes. Aucun de ses articles n’a pu être diffusé dans le pays », souligne RSF.
 
« Il faut dire que le régime du président Ben Ali est passé maître dans l’art de filtrer l’information et d’empêcher la circulation de toute critique à son égard », ajoute l’organisation.
 
 
Selon RSF, douze éditions du Monde ont été censurées en 2006, la plupart du temps parce qu’elles contenaient des articles sur la Tunisie, et depuis le début de l’année 2007, sa distribution est très irrégulière.
 
 
Les éditions des 8 et 21 février 2007 du Nouvel Observateur, qui contenaient des articles de Taoufik Ben Brik, ne sont jamais arrivées dans les kiosques tunisiens, selon RSF.
 
Enfin, le 21 février, Libération a publié un portrait acerbe du président tunisien rédigé par ce journaliste et le site internet du quotidien est bloqué depuis ce jour, ajoute l’organisation.
 
Il en est de même pour leblogmedias.com, un blog sur l’actualité des médias publié par RSF et la revue Médias, censuré depuis que Taoufik Ben Brik y tient une chronique régulière, affirme l’organisation.
 
Plusieurs titres de la presse française sont toujours interdits en Tunisie, dont les hebdomadaires Charlie Hebdo et Le Canard enchaîné, rappelle RSF.
 
« Les autorités ont également pris l’habitude d’autoriser la distribution d’un nombre très faible d’exemplaires d’un journal pour se prémunir de toute accusation de censure », ajoute RSF.


 

Mise en ligne du  numéro 68 d’ELKHADRA.

elkhadra.org  

SOMMAIRE: ************************************************************* AU BORD DU GOUFFRE -23 DECEMBRE 2006/3 JANVIER 2007.TUNISIE ANNEE ZERO Par CAPITAINE BARG ILLIL* http://www.elkhadra.org/auborddugouffre.htm —————————————————————————————————————————– La Tunisie démocratique ou sa mort annoncée. PAR FADILA http://www.elkhadra.org/tunisiedemo.htm —————————————————————————————————————————– L’INSURRECTION DES CONSCIENCES Par BIJU http://www.elkhadra.org/insurectioncons.htm —————————————————————————————————————————– TUNISIENS, ARABES ET MUSULMANS Par  CHOKRI http://www.elkhadra.org/tunarabmus.htm —————————————————————————————————————————– CHRONIQUE DU BLED http://www.elkhadra.org/chronibled.htm —————————————————————————————————————————– Bush en route vers la déroute Par  HOUSSINE http://www.elkhadra.org/bushroute.htm —————————————————————————————————————————– LES SOLDATS JUIFS D’HITLER http://www.elkhadra.org/soldatjewish.htm —————————————————————————————————————————– Musulmanes et féministes http://www.elkhadra.org/musulfem.htm —————————————————————————————————————————– CHRONIQUES ORIENTALES 1 http://www.elkhadra.org/chroniori.htm —————————————————————————————————————————– Chroniques orientales 2 http://www.elkhadra.org/chronideux.htm —————————————————————————————————————————–   

 

LES RACINES ET LE MAL Par  Bilel http://www.elkhadra.org/racinemal.htm *******************************************************  

VOICI DEUX ARTICLES SORTIS DE CE NUMERO.

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AU BORD DU GOUFFRE -23 DECEMBRE 2006/3 JANVIER 2007.TUNISIE ANNEE ZERO

 

 

Par  CAPITAINE BARG ILLIL* J’ai lu pas mal d’écris sur les événements sanglants du 23 décembre 2006 qui se sont passés dans la banlieue sud de la capitale Tunis, des événements terribles pour l’histoire moderne de la Tunisie et qui se sont passés dans un grand secteur géographique entre la ville d’Hammam-Lif et la petite montagne de BOUGARNINE, Soliman, Grombalia Tourki, la montagne dite « DJEBEL IRRISSASS » qui va jusqu’à la campagne de ZAGHOUAN, certains de ces écris sur ces événements sont à peu prés justes mais qui effleurent absolument le problème grâce au black-out organisé par le pouvoir qui vit dans la hantise que la vérité éclate ,toutes les vérités et celle là en particulier, car elle touche à sa crédibilité en tant que pouvoir fort devant ses bailleurs de fond, touche à son porte monnaie qui sont les entrées de devises du tourisme de masse, et surtout que ce genre d’affaire où des insurgés tunisiens armés se sacrifient pour le combattre risque de changer la mentalité des tunisiens qu’il opprime par la terreur et la peur. La grande peur du régime est que les tunisiens se posent véritablement et avec rigueur des questions sur l’état du pays , leurs conditions de vie , leurs avenir et dépasse leur attentisme qui les ruine , sa très grande peur aussi c’est que l’opinion internationale exige des explications avec tout ce que cela suppose de menaces matérielles par le biais des subventions, des prêts , des trafics en tout genre ou de la manne touristique. D’autres écris sont pour la plus part totalement faux , comme sur le nombre de morts du côté des forces de l’ordre par exemple , ou bien du bilan des combats, et les ramifications de ce groupe armé , le nombre exacte des tunisiens armés qui n’ont pas été inquiétés ou arrêtés et qui sont dans les mêmes dispositions et le même état d’esprit que ce groupe décimé, des groupes lâchés dans la nature, car il faut bien comprendre que seul un petit groupe avait été éliminé, celui de la banlieue sud de Tunis , et qui était le moins qu’on puisse dire dans l’immense majorité de sa composition, très amateur et ne disposant pas de moyens offensifs, tout laisse à penser que les autres groupes armés signalés par les services de renseignements depuis pas mal de temps déjà, ou disponibilités libres dans la nature et qui se déplacent sans aucun problème à travers les frontières, sont encore bien plus puissants que celui là, et bien mieux armés face à nos troupes, qui il faut le reconnaître, ne sont pas motivés pour ce genre d’interventions , car techniquement elles sont entraînés à des tâches de police et de contrôle d’une population civile totalement infiltrée par les miliciens et les informateurs du régime de ben Ali, sans oublier que la plus part d’entre nous vivent une misère matérielle et morale inhumaines. En résumé et c’est le sentiment de beaucoup d’officiers et d’homme de troupe au sein des entités des trois armes dominantes en Tunisie surtout par le nombre, la police , la gendarmerie et l’armée nationale pour qui l’avenir sera bien sombre, ces jeunes tunisiens ne sont pas là par hasard , les éradiquer au risque de perdre sa vie et le respect des siens ne résout aucun problème , ces jeunes ne sont pas la cause des malheurs de la Tunisie, ils sont l’effet d’une politique dramatique qui de plus en plus agit comme un rouleau compresseur et n’épargne personne, ces jeunes insurgés sont des victimes du système qui avaient choisit une forme de suicide qui a son équivalent quotidien dans la société tunisienne , où le nombre de suicidés à crevé tous les plafonds .Bref la plus part de ces écrits sur ces événements tiennent de la propagande des services du ministère de l’intérieur qui pendant toute la durée des événements avaient géré jusqu’à dans les moindres détails tous les plans des combats et leurs environnements par le biais de leurs sections d’élites les troupes d’ « AMNIDDAWLA »», ainsi que la communication et la désinformation.. Mon présent texte que je publie sur ce site par l’intermédiaire de ma nièce en qui j’ai toute confiance est pour rétablir certaines vérités et ne pas égarer l’opinion dans les méandres d’une propagande qui donne une fausse image du pays et de la majorité de ses fonctionnaires qui ne veulent que servir clairement et honnêtement une société où la justice et le droit sont la règle , je sais que beaucoup de mes collègues se laissent aller à la facilité, mais il faut comprendre le chantage subi par les fonctionnaires des forces de sécurité qu’ils soient privilégiés par le régime ou pas, oui ne pas tromper et égarer l’opinion tunisienne et internationale dans la naïveté de croire que ce n’est qu’une alerte passagère tel que le régime veut nous le faire croire, et aussi nous faire croire qu’il maîtrise la situation , il faut savoir aussi que depuis ces événements les purges n’ont pas cessé et se sont accentués dans le milieu politique du RCD , dans celui des forces de sécurité et à tous les niveaux de la société civile tunisienne, sans parler des habituels rafles et descentes que subie la population civile et qui sont devenus permanentes sur tout le territoire avec leur lot de violence , de torture , d’arbitraire , d’enlèvements et de disparitions. Je suis un officier de gendarmerie basé dans la région de Bizerte, responsable d’une compagnie de combat. L’affaire avait donc commencé le 21 décembre à la gendarmerie de TURKI. Un jeune habitant du coin ancien résident en Italie , connu des services de police italienne comme dealer de drogue qui avait été expulsé de ce pays ,arrêté à son arrivée en Tunisie et son passeport confisqué , c’est la règle dans ce genre de situation pour tous les tunisiens, sauf pour les pistonnés de s familles régnantes et l’exemple le plus connu est celui de BEN ALI Moncef je crois de son prénom qui est le propre frère du président général de la Tunisie. Une fois libéré par la justice tunisienne cet ancien dealer nommé AKRAM s’est subitement « converti » à un islamisme prosélyte plus que visible dans son village, kamis, barbe , prières à la mosquée, prise de parole intempestives à tout bout de champs, plus encore, il semble posséder d’énormes capitaux qu’il distribue à certains de ses proches et jeunes amis dans le besoin, il fut remarqué par certains membres de la cellules du RCD qui avertirent la gendarmerie, les agents sur ordre de leurs supérieurs convoquèrent cette personne , AKRAM, et l’interrogèrent plus ou moins durement de fil en aiguille, il accepta de révéler la cachette de son magot , l’ordre fut donné à trois gendarme de l’accompagner pour vérifier sur place et pour faire le nécessaire. Une fois à la montagne de DJEBEL IRRESSASS, AKRAM leur faussa compagnie et les gendarmes essuyèrent des coups de feu, un d’entre eux fut sérieusement blessé et succombera le 8 janvier dernier à ses blessures à l’hôpital militaire de Tunis. A l’arrivée des renforts, les troupes d’élites par hélicoptères et le gros de la troupe par camions et tout cet immense secteurs encerclé, les opérations de ratissage avaient commencé sous les ordres d’officiers d’ « AMNIDDAWLA », nous avons reçu l’ordre de contrôler toutes les grottes romaines du côté du grand barrage , à l’intérieur de ces grottes nous avions trouvé un véritable dortoirs avec des lits et des matériels de cuisine , pas mal de souffre et de bâtons de dynamite, la grotte principale était totalement piégée, la fiabilité des bombes artisanales était excellente, c’est par l’une d’elle que nous avions perdu un des nôtres mort sur le coup dans d’atroces souffrances ,éventrés, le capitaine Faouzi ZAYATI qui avait sauté sur ‘une de ces maudites bombes, au niveau des grottes aussi nous avions subis un feu nourri et des jets de grenades , les officiers d’ »AMNIDDAWLA » surveillaient les opérations mais n’étaient jamais en première ligne , c’est la vérité il surveillaient la distribution des munitions et les attitudes au combat des gendarmes et des commandos militaires. Cette première attaque fut très meurtrière , nous avons perdu un capitaine ,un adjudant et quatre hommes , nous avons tués quatre assaillants et fait cinq prisonniers , tous de très jeunes hommes totalement désarmés, les survivants furent pris en charge par les officiers d’ « AMNIDDAWLA » et renvoyés vers l’arrière où ils avaient subis des interrogatoires plus que musclés afin qu’ils nous indiquent les positions de leurs compagnons , seuls les fonctionnaires du ministère de l’intérieur et des militants du RCD avaient participé à cet interrogatoire qui n’a pas donné le résultat escompté , les jeunes arrêtés ne savaient absolument rien , paraissaient courageux et résignés, pour l’anecdote, un affier de la police politique qui interrogeait un gamin qui n’a pas plus de 15 ans , lui pointât son pistolet sur la tempe et lui »fils de pute, je peux te tuer quand je veux, tu ferais mieux de tout me dire… »et la réponse fut, j’en témoigne « tu insultes ma mère parce que tu as peur et que tu ne respectes pas la tienne, la prochaine fois tu seras peut-être à ma place et personne n’insultera ta mère, je ne peux rien te répondre, on est éparpillé dans la montagne, va les chercher », l’officier de renseignement n’interrogea plus l’adolescent et nous avons tous été estomaqué par son arrogance .Pendant les combats nous avions compris, la plus part d’entre nous n’avons jamais été au feu, que nous avions en face de nous des gens décidés et qui étaient prêts à tout., la plus part de leurs morts le furent grâce au feu incessant et nourri des hélicoptères, pour ce premier contact, les quatre insurgés les plus dangereux , puissamment armés et qui avaient une grande expérience de la guérilla avaient réussi à s’enfuir et à éclater l’encerclement des forces de sécurité en faisant trois mort. Les troupes d’élites du ministère de l’intérieur « AMNIDDAWLA » , la police politique et certains responsables du bureau politique du RCD étaient en contact permanent avec les palais de Carthage .Le groupe armé était composé de quatre diaristes professionnel dont deux étrangers , un algérien et un mauritanien, et de vingt cinq ressortissants tunisien résidant en Tunisie , des jeunes âgés entre 14 et 25 ans et dont aucun élément n’a jamais servi à l’étranger de quelque façon que ce soit, les quatre diaristes étaient fortement armée pour la situation tunisienne , ils possédaient quatre fusils d’assaut modèle russe kalachnikov, deux RPG ancien modèle , des caisses de grenades offensives et défensives , le reste du groupe possédait quatre à cinq fusils de chasse et avait été initié à la fabrication de bombes artisanales très meurtrières , les derniers jours de combat certains d’entre eux avaient aussi des armes légères qu’ils avaient récupérés sur des gardes nationales morts ou blessés ainsi que quelques fusils de chasse aux canons sciés récupérés dans le domicile et sous la menace de certains chasseurs du chef lieu de GROMBALIA , ce groupe armé , par l’intermédiaire des quatre Djihadistes professionnels semble avoir des relations avec GSPC algérien d’après les correspondances et les tracts et des documents récupérés sur eux, mais cela n’a pas été prouvé , mais certains des documents des documents semblent indiquer que plusieurs autres groupes demeurent sur la territoire tunisien , notamment dans le sud et l’extrême sud ou d’importante force de la garde nationale furent dépêché , l’armée nationale quand à elle, elle fut déployée dabs la région du Kef , Tabarka , Ain Drahem , Souk-Ahras le tout bien entendu et encore une fois dans cette région précise sous l’autorité absolue , d’un côté des officiers d' »AMNIDDAWLA » et de l’autre des troupes d’élites algérienne et d’éléments civils de sa sécurité militaire, ces informations j’en ai connaissance en tant qu’un des nombreux officiers de liaison des troupes d’intervention de la gendarmerie nationale. Dans une réunion d’état major plusieurs conseillers et autres officiers algériens étaient présent , du côté tunisien tous les officiers supérieurs ou subalternes de l’armée et de la garde nationale tunisiennes étaient placés sous l’ordre directe des officiers d' »AMNIDDAWLA «qui géraient toute la logistique, qu’elle soit matérielle ou humaine et cela va des sections de combats qui proviennent de différents régiments et corps d’armée et ne se connaissent pas jusqu’à au volume des munitions allégués à chaque combattant et quelque soit son grade, cette suspicion et cette pratique aurait pu couter la vie à beaucoup d’entre nous qui se sont trouvé à court de munitions si les assaillants étaient mieux armés. Les officiers d’ »AMNIDDAWLA » surveillaient les opérations mais n’étaient jamais en première ligne, c’est la vérité ils surveillaient la distribution des munitions et les attitudes au combat des gendarmes et des commandos militaires. Cette première attaque fut très meurtrière .les quatre insurgés les plus dangereux, puissamment armés et qui avaient une grande expérience de la guérilla avaient réussi à s’enfuir et à éclater l’encerclement des forces de sécurité en faisant trois mort. Je fus témoin de la fuite du ressortissant mauritanien qui avait traversé au pas de course l’autoroute poursuivi par un officier des commandos , cet officier fut renversé par une voiture qui roulait à une vitesse normale direction de Sousse , l’officier fut tué sur le coup et le malheureux conducteur de voiture n’était autre que l’ancien international de football ADEL SELLIMI et qui est désormais entraîneur à GABES je crois. Dans la nuit du 1 au 2 janvier, nous avions été alerté par les miliciens RCD de SOLIMAN qu’un jeune insurgé avait prévenu sa mère de sa visite, nous lui avions tendu un piège devant sa maison familiale, ce jeune accompagné d’un de ses amis refusa de se rendre, ils furent abattu, nous avions perdu trois hommes dans cet échange de tirs. Un troisième insurgé puissamment armé qui les accompagnait fut poursuivi par nos forces jusqu’à une maison isolée où étaient refugié les quatre diaristes professionnels , nous les avons combattus pendant des heures et nous avions eu trois blessés graves , les officiers de la police politique en contact direct avec le palais de Carthage reçurent l’ordre d’employer tous les moyens pour abattre ces diaristes , ces officiers nous donnèrent d’employer de l’armement lourd et à outrance contre la bâtisse , nous avions détruit toute la maison à coup de RPG et de mortier. Cette même nuit au niveau de BOUGARNINE trois gendarmes furent tués par les commandos de l’armée par une affreuse bavure, sous la poussée du froid ces trois gendarmes en garde eurent la mauvaise idée d’allumer un feu, les militaires du commando les prenant pour des insurgés tirèrent sans sommation et les abattirent. Une fois le ratissage terminée et les survivants pris en charge par la police politique , les forces sur place furent chargé le 2,3,et 4 janvier sous la supervision de la police politique et du p militants du parti unique RCD de la région de procéder à des arrestation à grande échelle au niveau des familles et des voisins ainsi que des amis des insurgés , des centaines d’arrestations d’exactions et de passage à tabac , des arrestations arbitraires de jeunes gens y compris des jeunes filles, ont eu lieu dans la région de Grombalia, Turki,Slimane, Hammam Chatt, Hammam Lif où ont eu lieu les accrochages du 23 décembre et celles du 3 janvier. *Capitaine de gendarmerie en active. PS :l’anonymat de l’auteur doit être preservé , le traduction de son envoi a été effectué par notre amie et sœur Meriem Talbi, les lieues et les situations qui pouvaient informer les services de la dictature sur l’identité du capitaine ont été totalement changé par nos soins.

 

(Source:  le numéro 68 d’ELKHADRA)

elkhadra.org  

***************************************************** LES RACINES ET LE MAL

 

Par Bilel Nous subissons ces maladies qui affectent l’esprit de tout tunisien passionné par les choses simples de la vie, ces endémies qui se répandent dans les mentalités soumises en les chargeant de connotations débilitantes et désespérantes, marquant parfois durablement les esprits et ruinant toutes possibilités d’expression rationnelle, toute forme de critique, toute action de salubrité publique pour notre pays qui, même sans être pessimiste, il faut le reconnaître ,a atteint un niveau de décomposition qui le condamne dans l’avenir proche pour ne pas dire immédiat, à subir encore pas mal de dérives et de désillusions. Dans certains cas, des gens bien informés sur les pratiques du système dictatorial mais manifestement malintentionnés infusent volontairement leur poison en vue d’aliéner leurs semblables à leurs idéologie importées, qui non seulement sont contraires et contredisent les fondements même de notre civilisation arabo-musulmane, ce qui en soi et pour nous autres progressistes et réformateurs n’est pas grave, et même nécessaire pour installer le débat et mobiliser nos compatriotes, mais en plus ,ils n’ont pour seuls ambitions que de combattre, notre civilisation, par des moyens racistes, indignes, hypocrites et liberticides. Les individus de cette espèce qui polluent l’espace politique et social tunisiens ne se comptent plus et rendent objectivement d’immenses services à la dictature. « La Tunisie a décidé… » ; « Le progrès veut, les tunisiens pensent… » ; « La Tunisie a intérêt… » ; « Les musulmans sont… » ; . Et bien entendu « L’Islam est… ». Des personnes dites cultivées, ayant le pouvoir que leur offre des tribunes étrangères lancées dans des croisades islamophobes et la permissivité active et stratégique d’une dictature qui, quand elle est en difficulté, c’est-à-dire presque toujours, les recrute , les use et ferme les yeux sur leur nécrophage tapage, un verbiage qui ne trouve aucun écho dans la masse tunisienne qu’ils méprisent dans sa formulation générique la plus active , mais qui occupe les crédules et sert d’alibi aux yeux des opinions étrangères. L’attachement indéfectible de cette nation tunisienne à ses racines et à sa culture, et à sa religion n’est pas une vue de l’esprit, c’est même la chose la plus évidente et celle qui définie le mieux la société tunisienne dans son ensemble, ses singularités culturelles et ses ambitions structurelles.

Un niveau aussi affligeant de bêtise n’a jamais été atteint dans l’histoire moderne de notre pays avec autant de brio dans la représentation de cette opposition tunisienne dans sa majorité. Son discours me semble aujourd’hui représentatif d’une attitude très répandue chez les intellectuels médiatiques et les « journalistes » du web, qu’il mérite selon moi qu’on s’y arrête un peu. On tente ces jours derniers, par exemple, d’expliquer certains des problèmes sociaux et certaines menées de groupes armés qui ont eu lieu dans la banlieue sud de Tunis et d’autres régions du pays, par des « analyses » (en fait des extrapolations) qui tiennent plus du jargon imposé par les néocons américains et leur prétendu lutte pour instaurer la démocratie et contre le terrorisme , en réalité , ces analystes comme à leurs sales habitudes d’opportunistes et de médiocrates évitent de vraiment crever l’abcès et d’aller au fond du problème , le faire, cela suppose du courage et mettre la dictature au pied du mur avec les risques et les conséquences d’un retour de bâton que de telles prises de positions supposent , mais c’est le lot de toute forme d’opposition naturellement démocratique et humaniste d’une opposition qui se respecte et qui combat réellement une dictature, non pas de lui tenir le crachoir et faire de l’opportunisme un mode de vie. Cette lutte ,cette croisade aveugle et mensongère des néocons pour soi-disant démocratiser nos pays, le nouvel ordre international qui veut justifier nos dictature et qui séduit de plus en plus d’adeptes parmi l’opposition alimentaire tunisienne ,sont la combine du siècle et la source évidente de toute forme d’extrémisme, et même, comble de notre misère, elle impose de sous-traiter cette lutte par les dictateurs arabes, c’est bien la preuve que BUSCH, ses complices sont des alliés objectifs de ces derniers et qu’ils sont une source puissante du terrorisme qu’il soit celui des états ou celui des groupes extrémistes. Tout est basé sur une propagande aveugle, sur le faux et l’usage du faux et des préjugés racistes qui ont la peau dure, quand ce elle n’est pas basée sur de vieux textes datant pour la plupart de plus de mille ans, à croire que nous sommes restés figés à un espace temps bien défini et que nous sommes incapables de pensées et de mouvements autonomes de leurs diktats et de leurs modèles. Apparemment, certains ont décidé que pour comprendre certaines caractéristiques des pays arabes et musulmans il faut essentiellement se référer à l’Islam (pris comme une totalité conceptuelle figée) et à la culture arabe officialisée et labellisée par ces mêmes sources et certaines indigences orientalistes ,la civilisation arabo-musulmane, pour eux, ce sont les aberrations de la ligue arabe ou de la ligue islamique, leurs ligues postcoloniale, leurs cerbères qui sont leurs affidés et leurs boîtes de résonnance, or cette civilisation est vivante dans la rue , dans nos rues opprimés, bien vivante sous le poids des jougs et elle est totalement différente, plurielle et cosmopolite aux standards de la pensée unique ,leur pensée unique réductrice de ses aspirations et de ses espoirs les plus intimes, et plus on tarde à être juste avec elle et à sa reconnaissance pleine et entière et plus le réveil sera dramatique et brutal pour tout le genre . Pour cela, ils se livrent, avec tous les signes extérieurs de scientificité possibles et en mettant en scène au maximum leur capital symbolique de savants reconnu par l’institution mondialiste, à un surprenant travail d’exégèse littéraire fondé sur le Coran et les Mille et une Nuits qui non rien à voir avec notre réalité. Leurs discours semblent très cohérents et en a convaincu plus d’un. Probablement parce que les fausses connections logiques, les sophismes et autres approximations qui peuplaient leur péroraison avaient comme quelque chose de familier pour le simple profane qui consomme dans la haine de soi ou la simple indifférence à sa condition et sa dignité, on pouvait y reconnaître les trucs habituels qui se répètent inlassablement dans les médias, nous étions donc déjà suffisamment entraînés voire endoctrinés pour recevoir positivement cette avalanche d’âneries, et Dieu merci la nature humaine a ses grandeurs et beaucoup d’entre nous n’acceptent plus ces règles de l’arbitraire et s’imposent des fois avec bonheur face à la violence et les préjugés des monopoles, le temps est avec ceux qui ont dominé la souffrance , le temps est avec nous , la terre est devenue un petit village et notre espace de conquête est sans limite.. Ils ignorent les espoirs et les désirs, les rêves et les projections culturelles qui nous habitent nous autres arabo-musulmans structurellement et pour se les expliquer totalement avec respect et mesure. Pour ce faire et c’est bien ce que d’une façon ou d’une autre nos peuples réclament depuis toujours , ce toujours des temps modernes qu’il faut pour nous comprendre ,il faut être justes avec nous et nous aider à nous détourner des bas instincts propre à tout le genre humain dans des contextes bien définis aussi, et surtout, pour nous comprendre et nous respecter, il leur faut et c’est aussi à nous de les aider, se référer certainement à l’histoire, la géographie, la sociologie, l’économie, la philosophie, la psychologie, la biologie etc. Car rien de tout cela n’a jamais été fait, pour eux, l’Islam et l’arabité comme entités suffisaient amplement, alors que de ces derniers quatorze siècle de vie humaines ont participé à la marche du monde, dont quelques siècles d’apogées qui ont donné au genre quelques unes de ses plus belles lettres de noblesse. Ces maladies de l’esprit se répandent dans les rapports et les stratégies pour exprimer une vision essentialiste d’une altérité par exemple, on a recours à une situation toute faite, qui semble vraie uniquement parce qu’elle a été répétée maintes fois, martelée par le politiquement correcte et imposée par le chantage et le rapport de force. C’est le règne de la gabegie, de la dégénérescence et du superflu qui nous minent, nous détruisent et détruisent notre pays, aucune autres raisons cognitives, sociales et culturelles ne peuvent expliquer ces « phénomènes » que l’enfer de la dictature et notre impuissance à être nous-mêmes pour changer vraiment les choses. Le sens insensé s’établit, les fausses connections logiques imprègnent nos esprits et c’est de ces dérives, de ces absences, de ces renoncements mêmes qui sont en quelque sorte nés d’eux, que se nourrissent principalement ces maux. Nous devons absolument comprendre et aussi faire comprendre qu’une période ne peut se comprendre qu’en multipliant les approches. La pluridisciplinarité est en effet de rigueur au moins depuis l’école des lumières, la Révolution française par exemple ne peut plus sérieusement s’expliquer comme on le faisait autrefois uniquement par ce qu’on a appelé les « Lumières ». L’histoire politique ou la lecture de Voltaire ne suffisent plus pour comprendre l’époque de la révolution, la démographie, l’économie, l’étude de la culture, de la société etc. sont aussi nécessaires, notre civilisation arabo-musulmane aussi doit imposer et s’imposer cela. au lieu de ramener les grands bouleversements politiques et sociaux de notre pays à des phénomènes de longues durées ou à des expériences qui dépassent le cadre de nos références et qui lui sont généralement antagonistes, qui dépassent largement l’action consciente et la volonté des tunisiens, et par delà même des autres arabes qui sont dans le même cas d’ailleurs, il est préférable pour la vérité , le pragmatisme et la simple rationalité de nous dire que nous devons être les artisans de nos vies : cela valorise le travail militants de ces quelques uns qui ne désespèrent pas d’une Tunisie démocratique et mobilisera autrement les tunisiens pour exiger leur humanité et leur citoyenneté .en fait en tant que peuple, notre l’histoire est niée et cela nous arrange bien au vu de notre mobilisation pour nos droits les plus élémentaires. Le problème, si l’on en croit cette fausse logique qui nie toutes formes de déterminisme et selon laquelle la dictature de ben Ali et ses complices nous rendent responsables de tout, est de savoir pourquoi certains humains combattent l’oppression, et meurent pour leur liberté, pourquoi les emmurés, pourquoi ABBOU et de centaines d’autres tunisiens et d’arabes et de musulmans à travers le monde se révoltent et ne se résignent pas au totalitarisme et l’arbitraire ? Toute dictature est un essentialisme, lorsque les inégalités, les crimes, et les pillages de départ sont niées, les rapports de cause à effet occultés, les stratégies de reproductions éludées, l’inhumanité de l’ordre social ignorée, alors les dominants, les droits communs et les bandits maffieux en Tunisie peuvent se sentir d’une essence supérieure. Ils ont si bien incorporé les capitaux culturel et symbolique dont ils ont hérité grâce aux technocrates et aux opportunistes sans consciences, thuriféraires et mercenaires, que leurs qualités leur semblent maintenant innées, naturelles et évidentes. C’est que pour pouvoir agir dans la Tunisie formaté par une dictature qui dure depuis plus de cinquante ans, se repérer et prévoir un minimum ce qu’il adviendra d’elle , le tunisien conscient et résolu a besoin de classer, d’opposer, d’établir des listes afin de savoir qui est avec lui et qui est contre lui. Dans nos sociétés traditionnelles, les termes de parentés et les taxinomies politiques structurent encore la perception du monde social, des autres et, par là, les relations qu’on peut entretenir avec eux. Les réalités complexes, les vérités relatives, l’objectivation…, parce qu’elles ne nous fournissent pas rapidement de réponses sur ce que nous devons aimer ou détester, parce qu’elles supposent un long et raisonné travail sur soi, parce qu’elles sont moins spectaculaires, en un mot parce qu’elles sont plus inquiétantes, plus difficiles et qu’elles ne flattent pas systématiquement notre amour propre, sont rarement préférées aux amalgames, aux solutions simples et narcissiques qui peuvent facilement être répétées à la télévision ou à la radio, mais cela qui coule de la nature humaine et qui est compréhensible ne doit pas influer sur le débat démocratique au sein de l’opposition, la fragmenter d’une façon sectaire, comme on le voit des fois aujourd’hui, et l’affaiblir face à l’homogénéité clientéliste de la dictature de ben Ali. Puisque cette dictature tunisienne, et celles qui dominent le monde arabo-musulman an avec la bénédiction et au service des puissances, était voulue, planifiée et exigée à l’aurore de toutes les fausses indépendances qui ont floués notre monde, puisqu’il existe indéniablement une solidarité entre les différents producteurs-professionnels des discours et des actions et autres opérations néocolonialistes de ces dirigeants politiques, séides idéologiques de toutes sortes entretenant publiquement des liens amicaux, on peut considérer que ces mensonges, sans avoir recours à une quelconque théorie du complot , tous les médias du monde appartiennent à de grands industriels prédateurs qui ne cachent pas leurs relations étroites avec le monde politique et sont dirigés par des hommes qui ne cherchent même plus à nier leur soumission, ne sont pas seulement exploités de façon pragmatique, mais sont peut-être même, pour une grande partie d’entre eux, crées, répandus (avec l’aide évidemment d’une armée inconsciente de journalistes qui n’ont plus le temps de réfléchir , qui n’ont aucune éthique ou déontologie) par leurs principaux bénéficiaires. _________________ « Tant qu’un homme n’a pas trouvé quelque chose pour lequel il est prêt à mourir, il n’est pas à même de vivre » (Martin Luther King) http://bijujunior.blogspot.com/

 

(Source:  le numéro 68 d’ELKHADRA)

elkhadra.org  


 

Tunisie: Atteinte aux biens d’autrui

Foued Allani Mine patibulaire et comportement agressif. Balafres, cicatrices, blessures béantes, abcés ouverts couvrent leurs visages, les rendant, du coup, auteurs de nombreux forfaits de jour comme de nuit. Atteinte aux biens d’autrui, parfois dommages corporels, facteurs d’accidents, sans oublier la pression qu’ils augmentent sur les nerfs. Bref, voilà le portrait- robot de certaines de nos routes et chaussées, en ville comme entre les agglomérations. Et Dieu sait si elles sont nombreuses.  Anciennes, comme nouvelles, elles souffrent de défectuosité chronique. Aux défauts de conception et de fabrication s’ajoutent, en effet, cette tendance quasi pathologique à les tripoter en y creusant trous et tranchées puis à les colmater à la hâte, ce laisser-aller flagrant et une maintenance quasi absente. Et si intervention il y a, elle est alors un chef-d’oeuvre de bâclage et de négligence. Regardez les chaussées des grandes villes, y compris celles de la capitale. Regardez aussi les routes nationales et autres autoroutes! Et admirez vous-mêmes toutes ces rides, ces bosses, ces nids-de-poule, ces réparations à moitié faites et imaginez un peu les désagréments, les perturbations de la fluidité de la circulation et, surtout, les dégâts causés à la mécanique. Dégâts qui ont des répercussions négatives sur le budget des propriétaires des véhicules. Ces derniers paient pourtant une taxe sur la circulation et sont en droit d’exiger des chaussées de qualité acceptable. Et n’oublions pas que les réparations représentent une inquiétante hémorragie de devises, pourtant évitable. Est-il acceptable de rouler en plein centre de la capitale comme si on roulait sur des pistes vicinales? Allez du côté de la rue Mokhtar- Attia Oui, oui, mais plus loin du chantier (d’ailleurs, prétendre que l’on attend la fin du chantier pour agir n’a aucun sens, car la maintenance peut se faire à tout moment). Jetez un coup d’oeil sur l’avenue Moncef-Bey. Prenez le viaduc de l’avenue de la République, la rue d’Algérie, celle d’Alger, Pierre-de- Coubertin, l’avenue du Sahel, l’avenue Mohamed-V, celle du Japon, etc. Allez du côté de la nationale n°1 et admirez le gâchis, à l’entrée de Grombalia, de Barraket Essahel et j’en oublie. Regardez du côté des Menezah à Tunis, de La Charguia, de Mégrine, de Hammam-Lif, et des centaines de localités, et des mille et un quartiers du pays et c’est toujours la même chose à des degrés différents. Regardez aussi les croisements chaussées-rails ou les jonctions chaussées-ponts et jugez-en vous-mêmes. Dresser la cartographie de toutes ces défaillances nécessiterait un budget énorme. Des sommes faramineuses, nettement plus importantes que celles nécessaires pour y remédier. Mais faudrait-il le faire pour convaincre de l’ampleur du problème? Un problème qui devient vraiment inquiétant, qui est en train d’agir insidieusement sur le moral des usagers des routes et chaussées, déjà mis à mal par des comportements de plus en plus irresponsables sur la chaussée et qui est surtout un facteur supplémentaire d’accidents. Curieuse cette réflexion d’un responsable technique à propos de la qualité médiocre de nos routes. «Grâce» à cette qualité, le pays a pu, selon lui, développer son réseau routier (voir La Presse, du 2 janvier 2007). Avec tout le respect que l’on doit à son savoir, n’importe quel simple citoyen ne pourrait comprendre son point de vue. Car comment on pourrait être gagnant dans une affaire qui revient nettement plus chère à cause des réparations qui n’en finissent plus (si réparation il y a) et les pertes en pièces de rechange? Et l’image n’est-elle pas un bien immatériel d’une valeur inestimable? Mais là où le bât blesse le plus, ce sont ces chaussées que l’on remet à neuf. On le fait d’abord sans racler l’ancienne couche. Le niveau final devient, ainsi, plus haut que les trottoirs, ensuite on ne remet pas à niveau les bouches d’égouts. Résultat, des caniveaux profonds, vraies calamités pour les suspensions des voitures et futurs bassins d’eaux stagnantes, et nids-de-poule à cause de ces bouches d’égouts restées au niveau de départ. Cela blesse encore si nous ajoutons l’atteinte à l’image du pays. Un pays qui exporte son savoir-faire aussi bien en matière de grands travaux qu’en matière de composants automobiles. (Source : « La Presse » (Gouvernemental – Tunis), le 25 février 2007)


Entrée illicite d’une tonne de viande bovine à travers la frontière tuniso-libyenne

La marchandise dissimulée dans du poisson n’a pas rejoint les circuits de distribution

•Il s’agissait purement et simplement d’une infraction douanière et non de viande avariée »

Les Tunisiens consomment près de 50.000 tonnes de viande bovine par an. Et la consommation va crescendo et a même repris en force après le léger fléchissement dû aux supputations autour de la vache folle. En fait la viande bovine n’a pas subi, outre mesure, la psychose mondiale autour du « fléau », grâce à une production locale saine, des contrôles de santé rigoureux  et des circuits de commercialisation qui ne laissent rien au hasard. En fait, nous importons très peu de viande bovine congelée. Nous évoluons même vers l’autosuffisance dans ce domaine, puisque nos concitoyens sont de grands consommateurs  de protéines animales (70 mille tonnes par an de viande blanche par exemple !). La récente information concernant cette viande rouge importée illicitement appelle des précisions. Des sources douanières précisent qu’il s’agissait, en l’occurrence d’une infraction douanière portant sur l’entrée illicite, à travers la frontière-tuniso-libyennes d’une tonne de viande rouge dissimulée dans des Isuzu équipées d’installations frigorifiques destinées au transport du poisson. Ce genre de produits périssables  (poissons, viandes, autres denrées alimentaires) comme des produits inflammables bénéficient d’une simplification des procédures et d’une grande  célérité dans les contrôles douaniers. Et cela fait  que la viande rouge importée et dissimulée dans les produits de la mer n’a pas été identifiée à temps, mais elle a quand même été saisie dans les Isuzu, avant même qu’elle ne s’insère dans les circuits de distribution. En ce qui concerne les contrôles sanitaires, les parties concernées affirment que la viande saisie n’était guère avariée. Il y a donc lieu de s’en tenir à l’infraction douanière qui, elle, a bel et bien  été établie. Et d’ailleurs, il y a chaque jour des alertes sur certains produits importés faisant l’objet de bulletins quotidiens et aussitôt les services de la douane bougent. Comme ce fut le cas, tout récemment, avec la saisie d’une grande quantité de chocolat au « free shop ». Il n’y a donc pas de raison de paniquer. Raouf KHALSI (Source : « Le Temps » (Quotidien – Tunis), le 27 février 2007)  

Les Tunisiens au volant

Anarchie, insouciance et, en plus, ils sont « grande gueule »

Partout dans le monde, la circulation est un problème que les conducteurs doivent subir du moment où ils ont choisi de prendre  leur voiture, mais quand les routes commencent à ressembler à une piste de voitures tamponneuses où chacun fait à sa guise sans aucun égard envers les autres conducteurs et aux différentes signalisations, là  ça devient grave. Les plaintes et les colères des pauvres automobilistes qui ne  supportent  plus ce cirque, montent et se font entendre. Mais où est l’issue ? Qu’en pensent les agents de la circulation ? La situation semble sans espoir si on ne change pas de comportement. Anarchie et insouciance   « La route est un monde parallèle où il n’y a pas d’interdit, où les feux de signalisation ne servent à rien et où on peut stationner partout » ironise Hamadi, un agent commercial qui se déplace beaucoup. « ça s’est empiré depuis la suppression des sabots qui étaient  la bête noire des automobilistes et leur grande frayeur. Certes l’embarcation du véhicule est efficace mais le conducteur garde toujours un espoir de ne pas se faire prendre et prend le risque de stationner même en troisième position ».  Le stationnement est en effet un majeur problème spécialement en centre ville et dans les zones administratives. Les rues sont étroites et les sorties de garage nombreuses, les conducteurs s’arrêtent alors en deuxième position  devant l’administration ou la société en se disant que les autres se débrouilleront pour passer.  Le blocage ne tarde pas à se manifester surtout quand la rue est à double sens, suivent les klaxons, les injures et la colère. Cette scène ou pire , on en voit tous les jours. La patience est de mise pour sortir d’un blocage semblable. Sur la route, on en voit de toutes les couleurs : le dépassement à droite sans feu clignotant est monnaie courante, la création d’une file anarchique et totalement décalée de la route prévue est devenue la règle, le passage soudain  entre les voitures et les coups de freins brusques sont fréquents. Cela sans rappeler de ceux qui parlent au téléphone en conduisant en dépit des mesures prises pour les dissuader. La vitesse résiste aux radars et les automobilistes se débrouillent pour ne pas se faire prendre. Verra -t -on  un jour les choses fonctionner correctement et l’ordre maintenu ? Quelles solutions ?  La source du problème est le conducteur. Même le  nouveau régime de contravention qui a augmenté le montant de l’amende est passé inaperçu au niveau des conducteurs. C’est de l’entêtement, de la défiance ou de l’insouciance ? «  un mélange des trois, explique un agent de la circulation. Le conducteur tunisien ne se préoccuppe guère de l’intêret d’une signalisation ou d’une interdiction, il a pour but d’arriver le plus vite possible coûte que côute, s’il n’y pas un agent pour lui poser des limites alors tout est possible. On nous reproche souvent notre manque de compétence mais ce sont les conducteurs qui sont obstinés et incorrigibles ; dans un carrefour, dès que j’ai le dos tourné, le conducteur auquel j’ai ordonné de s’arrêter passe malgré tout. La solution est d’être plus sévère , plus intransigeant tout en sensibilisant le conducteur sans cesse » . La solution ne serait – elle pas d’adopter un plan tolérance zéro ?  une méthode qui a fait ses preuves dans de nombreux domaines où l’anarchie et les écarts étaient fréquents en France comme en Angleterre ( dans les stades, les métros, les rues…).   Un autre agent propose : «  la solution réside en un changement total de comportement . Le conducteur doit changer sinon aucun remède ne peut être efficace ; il y a trop de stress chez le conducteur qui s’est habitué à rouler comme un fou. » Donc c’est le conducteur qui doit s’auto contrôler et se poser des limites sans attendre un agent pour le sanctionner . Un changement total est urgent parce que le nombre croissant des voitures ne fera que compliquer les choses et rendre incontrôlable une situation déjà  grave.   Hager ALMI (Source : « Le Temps » (Quotidien – Tunis), le 27 février 2007)  

Les pays arabes méditerranéens en panne de réformes

Par : Ridha Kéfi Pourquoi, à la différence des pays asiatiques, est-européens et sud-américains, les pays arabes méditerranéens (PAM) ne parviennent-ils pas à associer démocratisation politique et développement économique ? Une étude de l’Agence française de développement (AFD) esquisse une réponse… Au cours des années 1990, les pays d’Amérique latine ont connu des transformations économiques et socio-politiques majeures, caractérisées notamment par une stabilisation économique et une démocratisation des régimes. Les pays d’Asie de l’Est, de leur côté, ont conjugué ouverture commerciale maîtrisée, croissance rapide par les exportations, puis, après la crise de 1997, une marche ferme vers la démocratie. D’autres zones émergentes ont enregistré des mutations semblables, notamment les pays balkaniques après des années de déchirements, l’Afrique du Sud avec la fin du régime d’apartheid et les pays en transition d’Europe centrale et orientale, qui se sont convertis, plus rapidement que prévu, à la démocratie représentative et à l’économie de marché, avant d’entamer, non sans succès, leur intégration à l’Union européenne. Pourquoi le monde arabe, qui est richement doté par la nature et qui jouit d’une position géostratégique privilégiée, au carrefour de l’Europe, de l’Asie et de l’Afrique, est-il resté au seuil de ces mutations ? Pourquoi la fin de la guerre froide et l’ouverture du processus d’Oslo en 1993, qui aurait pu mettre fin au conflit israélo-arabe par le règlement de la question palestinienne – d’ailleurs souvent invoquée comme le principal frein au développement régional -, n’ont-ils pas débouché, dans cette région du monde, sur les dynamiques politique et économique observées ailleurs sur la planète ? Comment expliquer cet «immobilisme arabe», à la fois politique et économique, que trahissent les convulsions intermittentes et les flux quasi-permanents des migrants clandestins vers les rivages européens ? Réponse de l’économiste Jacques Ould Aoudia, dans un étude intitulée «Croissance et réformes dans les pays arabes méditerranéens», publié en octobre dernier par l’AFD: «Les pays des rives Sud et Est méditerranéennes [Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Egypte, Palestine, Liban et Syrie] connaissent de fortes tensions internes (faible légitimité de la plupart des régimes, blocages autoritaires, radicalité des oppositions) et des conflits régionaux de différentes intensités (Maroc/Algérie, Israël/pays arabes, Chypre/Turquie). La région est de surcroît traversée par les stratégies d’acteurs internationaux et notamment des États-Unis en raison des enjeux énergétiques majeurs à son immédiate proximité (pays du Golfe). L’ensemble de ces facteurs en fait une zone fragile, où le facteur politique est dominant et écrase souvent les dynamiques économiques potentielles». L’économiste français apporte, par ailleurs, des éclairages édifiants sur les blocages affectant les économies des pays arabes méditerranéens. «Alors que leur régime de croissance est chroniquement faible, ces pays font face, à présent et pour les quinze prochaines années, à un afflux maximum d’actifs, principalement jeunes, urbains, diplômés», écrit-il. Partant d’une approche classique (par l’analyse macro-économique), il nous fait progresser ensuite dans les couches de plus en plus profondes des économies et des sociétés: caractéristiques structurelles (démographie, éducation, pauvreté, etc.), institutionnelles (comment susciter la confiance dans ces économies ?), économie politique des réformes (quel contrat social aujourd’hui ?), nouveaux courants qui émergent… Cette démarche multicritères lui permet de revisiter un certain nombre de présupposés. On apprend ainsi que les PAM sont engagés dans une transition démographique parmi les plus rapides, avec notamment le spectre d’un vieillissement plus ou moins rapide des populations. Ces pays, qui connaissent les taux de pauvreté monétaire les plus faibles, ont investi dans l’éducation la part du PIB la plus importante de tous les pays en développement. Ils ne manquent pas, par ailleurs, de ressources financières. La preuve: ils en exportent. La «gouvernance» et le climat des investissements n’y sont pas particulièrement dégradés, relativement à leur niveau de revenu. Qu’est-ce qui empêche donc ces pays de réussir leur développement économique ? A en croire  Jacques Ould Aoudia, c’est le manque d’appétence des entreprises locales pour l’ouverture de leur capital qui explique le niveau très bas des investissements étrangers dans les pays arabes méditerranéens. Ainsi, sans doute, que la gestion autoritaire et paternaliste des sociétés, la forte emprise de l’État sur l’économie, qui ne semble pas prête de se desserrer, et l’écart important entre les annonces de réformes et leur mise en application effective. Le rapport, dont nous reproduisons ci-dessous quelques extraits significatifs, montre que la Tunisie souffre des mêmes carences structurelles que les autres PAM. Il montre aussi que notre pays s’en sort relativement mieux que la plupart de ses voisins. Il montre enfin que la Tunisie peut mieux faire en exploitant plus judicieusement ses acquis, réalisés en vingt ans de réformes dans tous les domaines. Etant entendu que dans un monde globalisé soumis à une rude concurrence un pays qui n’avance finit par régresser. Inexorablement… Bonnes feuilles Politique active d’éducation * – « Avec des niveaux de départ très faibles (31 % de la population alphabétisée en 1970), la progression de l’alphabétisation a été rapide [dans les PAM]: en 2000, elle a atteint 66 %. Compte tenu des écarts des niveaux de départ, la comparaison est particulièrement pertinente avec l’Asie du Sud. Celle-ci, partie d’un niveau à peine plus élevé (33 %), n’a atteint que 56 % de la population alphabétisée en 2000. Mais les bons résultats dans les PAM sont obtenus avec des dépenses publiques deux fois supérieures. Cependant, il est à noter que la scolarisation des filles a été plus rapide qu’en Asie du Sud. Ces caractéristiques sont communes aux PAM, à l’exception de la Tunisie qui a mené, dès l’indépendance en 1956, une politique très active d’éducation, particulièrement en direction des filles. Cette politique s’est insérée dans un mouvement plus global de modernisation de la société, mené d’une façon ferme par le président de l’époque, Habib Bourguiba [et poursuivi avec la même fermeté après l’accession de Zine El Abidine Ben Ali au pouvoir en 1987, NDLR]. Forte emprise de l’Etat sur l’économie * – «Si l’emprise de l’État sur l’économie diminue pour certains de ces pays, principalement en matière d’intervention sur les prix et les taux d’intérêt (notamment au Maroc et en Jordanie et, dans une moindre mesure en Tunisie), les secteurs privés et les États restent, partout, étroitement mêlés, concourant à un fonctionnement peu concurrentiel des marchés. Ceux-ci demeurent très protégés tant en interne (obstacles à l’entrée) que vis-à-vis de l’extérieur (niveau très élevé des protections commerciales encore peu entamées par l’ouverture dans le cadre du Partenariat euroméditerranéen). Cette imbrication des intérêts publics et privés, assez spécifiques des économies en transition, constitue un obstacle majeur à la dynamisation de leurs systèmes productifs.» Faible croissance, sans développement * – «Les PAM connaissent une longue période de faible croissance qui n’a pas assuré de convergence de leurs revenus avec ceux des pays développés, notamment les pays européens. Les explications classiques ne rendent que partiellement compte de cette atonie de la croissance. De plus, elles invoquent le plus souvent une faiblesse de la gouvernance que les indicateurs de  »climat d’investissement » ne confirment pas. Nous remarquons que les facteurs macroéconomiques qui expliquent le mieux les évolutions longues de la croissance de ces pays sont liés aux fluctuations de leurs ressources exogènes: endettement extérieur et exportations d’hydrocarbures. Dans la période 1975-1985, l’abondance de ces ressources a suscité une croissance élevée. Mais cette abondance n’a pas initié un processus de développement auto-entretenu susceptible de se prolonger une fois ces ressources taries (à l’exception de la Tunisie). Même s’il s’est atténué en fin de période, le poids des ressources externes demeure déterminant après le rétablissement des équilibres macro-économiques à la suite des programmes d’ajustement structurel. Les PAM dans leur ensemble relèvent ainsi de régimes de croissance faible, sans développement.» Marchés financiers très peu développés * – «Conséquence de la forte concentration du capital et du faible dynamisme des entreprises, les marchés d’actions sont étroits et les marchés d’obligations sont tournés essentiellement vers le financement de la dette publique. Les marchés des assurances, des retraites et des fonds d’investissement restent eux aussi peu développés. Les marchés secondaires sont extrêmement limités, parfois inexistants. Les raisons expliquant la faiblesse des marchés financiers tiennent essentiellement aux réticences des entreprises, le plus souvent familiales, à diluer leur capital et à s’astreindre aux procédures qui s’appliquent aux sociétés cotées, notamment en termes d’informations. Ainsi en Tunisie, où la récente modernisation du marché des titres a réduit, formellement, les obstacles institutionnels, on retrouve la même atonie des échanges boursiers.» Blocages des réformes institutionnelles * – «[Une] enquête du MINEFI identifie les blocages aux réformes institutionnelles dans les pays partenaires méditerranéens. De cette étude effectuée en 1999-2000, il ressort que ces pays, encore largement sous l’empreinte du modèle de développement autocentré, rencontrent de grandes difficultés à mettre en œuvre un nouveau mode de fonctionnement de leur économie. L’État de droit, nécessaire pour sécuriser les affaires et faire progresser la concurrence, les privatisations, l’élargissement de la base fiscale, le financement effectif des entreprises privées, l’ouverture commerciale, connaissent des avancées bien médiocres. Avec quelques nuances, ces résultats restent globalement valides aujourd’hui. L’analyse menée a permis de classer les pays partenaires, au regard de leur dynamique de réforme en lien avec le Partenariat euro-méditerranéen, en trois groupes: – le premier (Israël, Chypre et dans une moindre mesure la Turquie) où les réformes sont largement avancées et promues par des forces internes. Le Partenariat n’y apparaît pas comme un enjeu majeur dans la mesure où ces pays disposent d’une stratégie propre d’insertion dans l’économie internationale; – le second (Maroc, Tunisie, Égypte, Territoires palestiniens, Jordanie, Liban) regroupe les pays en situation intermédiaire: les réformes y sont engagées (selon des degrés divers) mais piétinent toutes devant les vives résistances rencontrées. Quand les réformes sont adoptées, elles sont peu appliquées ou détournées de leurs objectifs. L’adhésion au Partenariat est relativement forte, pour des raisons économiques en Afrique du Nord, pour des raisons essentiellement politiques au Proche-Orient; – le troisième (Algérie, Syrie) regroupe des pays où la dynamique de réformes est faible voire nulle, ainsi que l’adhésion au Partenariat.» Vers une croissance portée par l’exportation : * – «Deux groupes de pays apparaissent: ceux qui ont peu (Syrie, Égypte) ou pas du tout (Algérie) diversifié leurs exportations, en restant enfermés dans des exportations de produits primaires (hydrocarbures pour l’essentiel), et ceux qui ont connu une croissance régulière la part de leurs exportations manufacturières: Jordanie, Maroc et Tunisie. «Pour autant, les produits manufacturés de ces derniers pays proviennent essentiellement du secteur habillement (qui constitue une sous-partie intensive en travail peu qualifié du secteur textile), qui s’est constitué à l’abri des préférences commerciales accordées par l’Europe aux pays du sud et de l’Est méditerranéen au milieu des années 1970 [Accord multifibres, démantelé le 1er janvier 2005, NDLR]. Depuis, peu de remontées de filières se sont opérées, les secteurs concernés, insérés parfois dans des zones spéciales (en Tunisie et dans les QIZ en Jordanie), n’ont provoqué que peu d’effets d’entraînement sur le reste de l’économie. L’analyse des évolutions des échanges intra-branches confirme ces conclusions: les secteurs manufacturiers de ces pays n’ont connu qu’une très faible différentiation des produits (rapport de la FEMIS, 2005).» Productivité globale des facteurs (PGF) * – «Seule la Tunisie connaît, depuis 1960, une croissance de la productivité de la PGF, certes inégale, mais en accélération sur la période 1990-2000 par rapport à la précédente, tandis que les autres composantes croissent, assurant, au total, un relèvement significatif du produit par travailleur depuis 1973 (…) La région MENA [Moyen-Orient et Afrique du Nord, NDLR] dans son ensemble (y compris donc les pays pétroliers du Golfe) présente, en termes de productivité, des performances défavorables, comparables à celles de l’Afrique subsaharienne depuis le début des années 1970. ** – «[Une] analyse de la productivité combinée avec celle tirée de la diversification des exportations permet de distinguer la Tunisie et le Maroc qui ont su utiliser les préférences commerciales asymétriques accordées par l’Union européenne depuis le milieu des années 1970 pour entamer un processus d’industrialisation dans le secteur de l’habillement, intensif en main-d’œuvre. Ces pays ont, de plus, été les premiers à s’engager dans les réformes lors des plans d’ajustement structurel (PAS) en 1983 pour le Maroc et 1986 pour la Tunisie.» *** – «(…) le Maroc et la Tunisie qui, eux aussi, avaient accumulé un important endettement extérieur, ont su profiter des préférences communautaires [accords avec l’Union européennes NDLR] pour constituer une base manufacturière limitée mais efficiente (dans le secteur de l’habillement principalement). L’ajustement, déclenché à la suite d’une crise des paiements extérieurs au Maroc, a été mis en œuvre avec succès à partir de 1983. Il a démarré en 1986 en Tunisie, seul pays au monde à avoir sollicité l’appui des institutions financières internationales pour mettre en œuvre un plan d’ajustement structurel, alors qu’elle n’avait pas besoin de rééchelonner sa dette extérieure.» Transferts des émigrés, APD et IDE * – «Le poids de ces recettes par tête varie cependant d’un pays à l’autre. La Jordanie, avec des transferts annuels de 335 dollars et une APD [aide pour le développement, NDLR] de 125 dollars, devance largement les autres pays de la région: l’Égypte reçoit 67 dollars de transferts par tête et 45 dollars d’APD, le Maroc 85 et 30 respectivement et la Tunisie 80 et 40. Seule, la Tunisie a reçu des investissements directs étrangers (IDE, 45 dollars par tête) pour un montant par habitant supérieur à celui de l’aide.» ** – «Jusqu’au milieu des années 1990, ce sont surtout l’Égypte et la Tunisie qui ont reçu des investissements directs, dans le secteur des hydrocarbures essentiellement. A partir du milieu des années 1990, ce sont le Maroc, la Tunisie, la Jordanie et pour une moindre mesure l’Algérie qui accueillent les investisseurs étrangers. Pour la plupart, ces IDE sont liés à des grandes opérations de privatisations, soit sur des marchés captifs, comme les cimenteries (Tunisie, Maroc et surtout Jordanie), soit sur des opérations liées à la téléphonie. A noter que dans le secteur de l’habillement, peu capitalistique (qui concerne le Maroc, la Tunisie et marginalement l’Égypte), les IDE sont structurellement de faible montant. L’Algérie, qui a ouvert son secteur pétrolier aux investisseurs, concentre dans ce secteur la totalité des IDE reçus.» Déficit aigu du facteur confiance * – «L’analyse multicritère des caractéristiques institutionnelles des pays étudiés, menée à partir de la base de données  »Profils Institutionnels » couvrant un ensemble de pays en développement et développés sur tous les continents, infléchit et élargit les premières conclusions sur la gouvernance, tirées des bases de données de la Banque mondiale. «Dans la typologie déduite de l’analyse de données, les pays arabes se caractérisent par une gestion autoritaire et paternaliste des sociétés et des économies: la conduite sans redevabilité des pays s’effectue  »en échange » de protections sur un mode paternaliste (subventions aux produits de base, embauches dans le secteur public). Mais ces protections ne sont pas adossées à des droits: les relations sociales et économiques sont largement basées sur le lien, ce qui entraîne des effets contradictoires: ces formes institutionnelles assurent certes de fortes solidarités traditionnelles, en revanche, elles tendent à figer les sociétés. Les dynamiques de réformes y sont donc faibles, et ce, d’autant plus que les pays disposent de ressources rentières. «Comme dans tous les pays, le processus de développement fait cheminer les sociétés d’un système où les règles sont basées sur le lien vers un système où les règles sont basées sur le droit. Ce processus s’effectue sur le très long terme, les deux systèmes se chevauchant pendant la longue période de transition. Il ne suit pas une trajectoire linéaire, et conduit à des baisses d’efficience que les politiques de développement ne reconnaissent pas suffisamment. Finalement, nous développons le concept de confiance comme facteur de croissance à long terme. Confiance statique entre les agents, qui réduit les coûts de transactions, confiance dynamique dans le futur, qui élargit les anticipations positives pour investir dans le capital (entreprises), dans l’éducation (ménages). «Dans ces deux dimensions, nous montrons que les PAM présentent un déficit aigu de ce facteur confiance, la Tunisie partiellement exceptée.» ** – «Au Maroc et en Tunisie, la confiance dans les institutions publiques se situe en position moyenne par rapport à leur niveau de développement. En revanche, l’Algérie, l’Égypte et la Syrie présentent un déficit de confiance notable. En ce qui concerne la confiance entre agents économiques, seule la Tunisie se détache en se rapprochant d’une situation moyenne. Dans les quatre autres pays, groupés, la confiance entre agents est faible au regard de leur niveau de développement. «Plus encore que pour les variables de confiance liées aux coûts de transaction, on constate la situation dégradée des PAM quant aux anticipations des acteurs. Ni les agents économiques, en termes d’investissement dans l’innovation (à l’exception de la Tunisie), ni les ménages, en termes d’investissement dans l’éducation, n’ont un niveau de confiance élevé dans le futur au regard de leur niveau de développement et par rapport aux autres pays. «Au total, les sociétés arabes du pourtour méditerranéen, en transition cahoteuse dans leur cheminement vers la formalisation des règles, partagent dans l’ensemble un profond déficit de cet élément fondamental qu’est la confiance, dans ses deux dimensions, statique et dynamique, comme facteur de croissance à long terme. Sur ce critère également, la Tunisie se distingue sensiblement des autres pays.» Gouvernance publique et sécurité des contrats * – «Dans la base [de données, NDLR]  »Profils Institutionnels », nous construisons un indicateur combinant, au titre de la  »gouvernance publique »: la transparence et la lisibilité de l’action publique, le contrôle de la corruption, l’efficacité de l’administration (fiscale, douanière notamment) et de la justice non-commerciale, et au titre de la  »sécurité des contrats », la capacité de l’État à respecter et faire respecter les droits de propriété, le fonctionnement de la justice commerciale et le droit sur la faillite. Cet indicateur est proche de l’Index of Quality of Administration (IQA) utilisé par le WBI (Banque mondiale, 2003).» ** – «On constate que les pays partenaires répertoriés dans la base de données sont relativement groupés au sein de l’échantillon. La Tunisie et le Maroc occupent une situation  »moyenne » : selon la relation établie entre l’indicateur mesurant le fonctionnement de l’administration et le niveau de développement, la qualité de leur appareil administratif n’accuse pas de retard par rapport à leur niveau de revenu par tête (les points sont proches ou même légèrement au-dessus de la droite de régression). En revanche, l’Algérie, et surtout l’Égypte et la Syrie manifestent un écart important au regard de leur niveau de développement et pourraient connaître plus de difficultés à mettre en œuvre leur transition fiscalo-douanière.» Intégration des PAM à l’espace Euromed *- «Le volet économique du Partenariat euro-méditerranéen (création d’une zone de libre échange entre l’UE et chacun de ces pays et entre ces pays) est sensé accélérer les mutations de l’appareil productif et des institutions en offrant un ancrage politique et un soutien financier à ces pays. A ce jour, seule la Tunisie s’en est emparée pour procéder, à son rythme, à une certaine modernisation économique. Le Maroc lui emboîte le pas, avec difficulté. Les autres pays partenaires sont encore loin du compte, qui viennent à peine d’entamer leur ouverture. Ils se caractérisent par une absence de stratégie de développement apte à coordonner et mobiliser les intérêts.» **- «Les premiers effets du partenariat euro-méditerranéen ne sont donc actuellement mesurables que sur les deux pays flancs du Maghreb, la Tunisie et le Maroc. Au plan de la transition fiscalo-douanière: les deux pays sont parmi ceux pour lesquels la part de recettes affectées par l’ouverture avec l’Europe est la plus élevée en points de PIB, soient 6,0 % et 2,2 % respectivement pour la Tunisie et le Maroc (et 19,6 % et 9,2 % en pourcentage des recettes publiques). Ces chiffres sont, pour l’Algérie et l’Égypte respectivement de 2,5 % et 2,3 % en part de PIB, et 8,1 % et 4,0 % en part de recettes publiques. ***- «La Tunisie a mené depuis 1996 une  »compensation fiscalo-douanière » particulièrement réussie, en augmentant les recettes prélevées notamment au titre de sa fiscalité indirecte (TVA) pour compenser les pertes de recettes douanières. Si la part des recettes publiques globales dans le PIB décroît légèrement, la part du total des recettes fiscales n’a pas été affectée par cette perte, alors même que la Tunisie a entamé en 2001 la seconde phase de la période de transition de 12 ans, pendant laquelle l’effort de compensation est plus important.» ****- «Les politiques d’accompagnement engagées par la Tunisie et le Maroc ont porté sur la préparation du tissu industriel à l’ouverture. Les autorités ont pris des mesures d’accompagnement sur le terrain sectoriel: – en Tunisie, avec la mise en place, dès 1997, de la politique de  »mise à niveau de l’économie », inspirée et soutenue par d’anciens dirigeants portugais qui ont eu à mener ce même processus lors de leur intégration à l’Europe en 1986 et avec l’appui de l’Onudi. Cette politique visant à réduire les risques de l’ouverture comporte des programmes de soutien à l’expertise puis à la modernisation des entreprises. Son démarrage a été lent, mais des effets sont maintenant constatés: participation croissante des entreprises aux dispositifs mis en place, hausse des investissements, efforts de rationalisation de la gestion, amélioration de la structure financière des entreprises, etc.; – au Maroc, l’engagement dans le Partenariat a procédé surtout d’une volonté politique. Il a été mené malgré l’opposition de la majorité du secteur industriel, alors qu’en Tunisie, les entreprises du secteur exportateur ont soutenu l’ouverture avec l’Europe. Le programme d’accompagnement des entreprises pour les préparer au choc de la concurrence européenne a démarré avec beaucoup de réticences, comme en atteste la très faible consommation des fonds mis à disposition des entreprises.» *****- «Les premiers effets constatés en Tunisie et au Maroc: «- En termes d’investissement, on ne constate pas de redressement significatif, sauf en Tunisie dans les toutes premières années qui ont suivi l’engagement dans l’accord d’association et sous l’effet des IDE. Le taux d’investissement a par la suite fléchi dans ce pays, en raison notamment d’une anticipation de la suppression des quotas dans le textile-habillement avec la fin des Accords textile-vêtements (ATV) au 1er janvier 2005. «- En matière de réallocation des facteurs, les mouvements sont lents, et l’observation n’est encore possible qu’en Tunisie (…). On y constate un début de recomposition structurelle de l’appareil productif marqué notamment par le recul du textile habillement (qui s’accélère à partir de janvier 2005 sous l’effet de l’accroissement de la concurrence des produits chinois sur les marchés domestique et européen, lié au démantèlement des ATV). On y décèle également le développement de nouvelles branches industrielles au sein de l’agro-alimentaire (avec un mouvement vers la qualité), de l’industrie électrique et électronique, ainsi qu’un début de développement de nouveaux services (notamment les centres d’appel), une diversification du tourisme (culturel, de luxe, pour le troisième âge), l’apparition de services médicaux à destination des étrangers, etc. «- En matière sociale, seule la Tunisie a commencé à lever les protections sur les biens produits localement. A ce stade, les autorités n’ont pas diffusé d’information sur la situation des entreprises désormais affectées par la concurrence européenne. «- Au total, la diversification du tissu productif en Tunisie pourrait tenir plus à la nouvelle donne internationale sur le marché du textile ( »l’après-textile » auquel les autorités et le patronat ont commencé à se préparer), qu’aux effets, plus diffus, de l’ouverture vis-à-vis de l’UE. A tout le moins, les conséquences des deux mouvements seront difficiles à isoler. «Mais, à l’inverse des premiers dragons du Sud-Est asiatique (Corée, Taiwan, Hongkong et Singapour) qui ont redéployé leur main-d’œuvre du textile vers l’électronique quand la concurrence d’autres pays d’Asie s’est manifestée (Malaisie, Indonésie, Thaïlande, puis Vietnam et Chine), ni la Tunisie ni le Maroc (ni les autres PAM) ne disposent d’autres secteurs industriels assez dynamiques pour absorber les emplois excédentaires du textile. ****** «- Au total, le Partenariat euro-méditerranéen semble avoir un début d’impact en matière de dynamisation des réformes structurelles de  »seconde génération » en Tunisie et dans une moindre mesure au Maroc, mais les premiers effets sur l’offre ne sont à ce jour que faiblement perceptibles en Tunisie. «L’ouverture commerciale ne constitue pas, en effet, une stratégie de développement en soi. Elle doit être accompagnée d’un ensemble cohérent de réformes internes, qui dépendra, in fine, de la capacité des systèmes politiques de ces pays à conduire ces mutations, c’est-à-dire de la capacité à trouver les nouveaux équilibres politiques et sociaux pour constituer une base de soutien aux réformes et à la modernisation des sociétés. «Outre le terrain fiscal, le chantier en cours porte, pour ces pays, sur l’accélération des réformes du système financier (pour augmenter l’épargne domestique et faciliter le financement des entreprises, notamment celui des réallocations factorielles entraînées par l’augmentation de la concurrence), la poursuite des programmes de privatisations des entreprises publiques, y compris la mise en place de partenariats publics/privés pour les infrastructures, les réformes sur le marché du travail (pour diminuer les écarts entre marché formel très protégé et marché informel sans protection), l’extension et les réformes des régimes de protection sociale, la refonte des systèmes éducatifs, l’amélioration des systèmes de santé, etc. «Au-delà de l’affichage d’un agenda chargé, la question posée est celle de la cohérence de ces réformes (sont-elles adaptées à l’environnement institutionnel existant ? s’inscrivent-elles dans une stratégie d’ensemble ?), et surtout de leur appropriation par les acteurs et par la société. Cette appropriation est nécessaire pour en assurer la mise en application effective et des effets espérés sur la croissance. «Globalement, on constate un écart important entre les annonces de réformes et leur mise en application. L’appréciation d’ensemble est encore difficile à établir, mais les résistances à l’œuvre sont perceptibles dans l’application des dispositifs: ainsi la nouvelle loi sur les sociétés au Maroc peine à pénétrer le tissus des entreprises car elle requiert des conditions qui ne sont pas réunies pour les PME (expertise comptable). Il en va de même pour la récente loi sur le marché du travail, finalement adoptée après 20 ans de discussions. En Tunisie, la politique d’ajustement macro-économique, l’ouverture et l’ancrage à l’Europe ont été appropriés par les élites, mais les réformes du système bancaire, poussées par la Banque mondiale, se heurtent à la défense d’intérêts très puissants.» (Extraits d’une étude de Jacques Ould Aoudia, «Croissance et réformes dans les pays arabes méditerranéens», publié par l’AFD, octobre 2006.) (Source : « Le Temps » (Quotidien – Tunis), le 27 février 2007)

Mémoire collective – Février 1895

Une Fetwa sur le chocolat français !

La colonisation était déjà bien ancrée en Tunisie et on assistait  à un affairisme capitaliste qui permit aux observateurs de l’époque  de parler d’un impérialisme colonial en Tunisie. Charles André  Julien faisait  remarquer à ce propos  dans son ouvrage « Les  politiques d’expansion impérialiste » que, pour que la  Tunisie devint  une affaire capitaliste par excellence, « il fallait  aux yeux des hommes d’Etat et des financiers, que les détenteurs de capitaux fussent assurés définitivement contre toutes les entraves  des autochtones ». Commençant par une intervention sur le plan administratif, pour une meilleure pénétration industrielle et commerciale, le régime colonial remplaça l’administration autochtone qui  était instituée par le Bey par une administration comportant des sujets français. Dans son ouvrage : « Le fonctionnement du Protectorat en Tunisie », l’historien tunisien Mohamed Hédi Cherif fait mention  d’une note à ce propos adressée au contrôleur de  Béja, par le secrétaire général du gouvernement à l’époque B.Roy où il   faisait remarquer  entre autres : « l’administration  indigène comporte en elle-même un certain nombre  d’imperfections que nous ne pouvons nous flatter de faire disparaître parce qu’elles sont inhérentes aux mœurs et au caractère de la population arabe ». Cette nouvelle administration française  en Tunisie, n’était point  dans un but réformiste afin d’améliorer  une situation qui laissait à désirer, tant sur le plan   politique que sur le plan économique. Bien au contraire  c’était pour mieux contrôler la situation afin d’en tirer un maximum de profit. Le ministre de la Guerre tunisien auprès du Bey, fut remplacé par un commandant français de la division d’occupation de la Tunisie. Les pouvoirs du Bey se réduisaient  de plus en plus devant l’importance du Résident Général français. Ceux parmi  les Tunisiens qui étaient nommés en tant que caïds de régions  (équivalent au gouverneur), procédaient à des malversations, dont profitaient leurs supérieurs français. Vigné d’Octon  dans « La sueur du bournous », déclarait  que « la nomination des caïds comportait  un pot de vin de 10 à 30.000 francs. Un caïd pour justifier ses actes  de malversation déclarait :  « Croyez-vous que j’agis   de mon propre  chef et pour mon propre compte ?! » Sur le plan commercial, l’administration coloniale  avait agi pour faciliter  l’installation  des commerçants français en Tunisie, en procédant à un allègement, voire une suppression  des taxes d’importation de certains produits. Elle a  même utilisé les notables du pays afin d’encourager l’écoulement et la vente de certains produits auxquels les autochtones n’étaient pas habitués. Pour preuve, à titre d’anecdote, cette fatwa, en février 1895, requise auprès de Cheikh El Islam Hamida Belkhodja,  afin de déclarer  que la consommation  du chocolat n’était pas prohibée par la religion musulmane. On en avait  d’ailleurs fait de cette fetwa un moyen  publicitaire, puisqu’elle était imprimée sur l’enveloppe des tablettes, qui étaient vendues au prix d’un sou pièce. Pour cette raison, et afin de protester contre cette fetwa pour laquelle le Cheikh El Islam était, paraît-il  rétribué, des manifestants, s’étaient rassemblés à Halfaouine en scandant «  Cheïkh El Islam Bsourdi! » (Cheïkh El Islam à un sou). Cette fetwa, fut entre autres sévèrement critiquée par le Cheikh Thaâlbi,  dans  son journal « Sabil Arrached ». Il déclara que le Cheikh El Islam par son attitude anti-patriotique, encourageait l’écoulement des produits coloniaux. D’autant plus qu’il y avait de fortes présomptions que ce chocolat était mélangé à la graisse de porc.  Sa consommation, si c’était le cas,  est interdite  par la religion musulmane. La réaction des autorités coloniales ne se fit  pas attendre,  puisqu’elle avait aussitôt interdit le journal en question et arrêté  Thaâlbi qui fut condamné à deux mois  d’emprisonnement. Ahmed YOUNES (Source : « Le Temps » (Quotidien – Tunis), le 27 février 2007)  


 

La menace islamiste s’invite dans l’élection présidentielle

 Le ralliement du GSPC à al-Qaida et la vivacité du réseau islamiste font craindre des actions à la veille du scrutin.

La menace terroriste est prise très au sérieux à l’approche de la présidentielle. Depuis environ un mois, l’Unité de coordination et de lutte antiterroriste (Uclat) produit des comptes rendus de synthèses des services de renseignements évoquant des risques d’attentats islamistes en lien avec les élections en France. Ces notes qui tombent chaque semaine sur le bureau du directeur général de la police nationale, Michel Gaudin, n’évoquent pas d’opération pré­cise en préparation, mais elles mettent en perspective des éléments de contexte qui appellent à la « vigilance ». L’antiterrorisme redoute par-dessus tout un scénario à l’espagnole, avec des actions semblables à celles qui firent 200 morts et 1 400 blessés à Madrid, le 11 mars 2003, changeant la donne des élections nationales. « Nous sommes en alerte, lâche un responsable de la Place Beauvau, mais il faut se garder de sombrer dans la paranoïa. » Il ajoute : « Les Américains nous ont bien fait part de leurs craintes concernant d’éventuelles actions dans les semaines à venir, mais rien de concret ne vient appuyer leur prédiction, si ce n’est la certitude qu’il y aura bien des élections en France… »

Le contexte général, en tout cas, n’est guère rassurant. Dans ses notes, l’Uclat s’inquiète notamment du récent ralliement du GSPC (Groupe salafiste pour la prédication et le combat) à al-Qaida. Cette branche dissidente du GIA algérien (aujourd’hui anémié) a d’ailleurs changé de dénomination pour s’appeler « al-Qaida pour le Magh­reb islamique ». Ce qui traduit, pour les analystes, sa volonté d’« internationaliser » ses actions. Or, rappellent les policiers antiterroristes, Ayman al-Zawahiri, le numéro deux d’al-Qaida, a clairement désigné la France comme une cible, dans une vidéo du 31 décembre dernier. Trois jours plus tard, Abdelmalek Droukdal, le chef du GSPC, dénonçait, pour sa part, le « pacte du mal » liant la France et les États-Unis. Et il s’attribuait « l’héritage du GIA », dont la stratégie « avait conduit à frapper les ressortissants français, aussi bien en Algérie qu’en France », rappelle l’Uclat.

À ses yeux, la menace ne viendrait pas forcément d’une cellule du GSPC installée en Europe. Il peut s’agir d’un acte inspiré par sa propagande mais réalisé par des individus isolés ou par un simple groupe de soutien qui aura muté spontanément en groupe opérationnel. D’où la difficulté de cerner les profils. « D’autant que les filières se mélangent de plus en plus entre le Maghreb, l’Irak et l’Europe », explique un expert de l’antiterrorisme.

Passage à l’acte  

La dernière opération policière française d’envergure, dans la région toulousaine, qui s’est soldée par l’arrestation de plus de dix activistes à la mi-février, témoigne du renouvellement constant des ré­seaux susceptibles un jour de passer à l’acte. Le prolongement de cette affaire en Belgique a ainsi conduit à l’arrestation de neuf complices. Parmi eux, certains suspects en relation indirecte avec Muriel Degauque, 37 ans, la kamikaze belge convertie à l’islam qui s’était fait sauter en Irak le 9 novembre 2006.

L’an dernier, l’antiterrorisme français a arrêté 140 activistes musulmans. La consultation des forums islamistes sur Internet a explosé, écrit l’Uclat. Un groupe démantelé en Tunisie détenait une vue satellite de l’ambassade de France à Rabat (Maroc) mise en ligne le 26 décembre 2006. Un site a même diffusé un film sur les égouts de Paris, cible potentielle ou voie de repli après la frappe…

 
JEAN-MARC LECLERC.


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