26 avril 2011

TUNISNEWS
10 ème année, N°3990 du 26.04.2011


Mouvement Ettajdid: Communiqué

Parti de la Gauche Moderne: Note destinée à être publier sur le Journal « La Presse » et que dit Journal n’a pas publié

Taieb Smati: Doit-on craindre la Nahdha ?

AP: Le Premier ministre tunisien lance un « cri d’alarme » sur la situation socio-économique

AFP: Tunisie: le PM dénonce des débordements

AFP: Migrants tunisiens: l’UE devrait être à la hauteur de ses valeurs

AFP: Delanoë demande un meilleur traitement pour les immigrés tunisiens


REVUE DE PRESSE

Communiqué du Mouvement Ettajdid


 
Tunis le 26 avril 2011
 
Répondant à l’appel lancé par certaines personnalités indépendantes aux partis politiques, associations, organisations, personnalités indépendantes et syndicats, à former un front national uni sur une plateforme démocratique, progressiste et moderniste pour les élections de l’Assemblée constituante dans les listes des communes, nous annonçons :
 
Notre approbation totale des principes et valeurs consignés dans cet appel pour la construction d’un Etat démocratique, moderne et équitable.
Notre adhésion totale à cette initiative qui s’accorde avec notre évaluation de la situation politique et les exigences de placer l’intérêt du pays au-dessus des considérations politiques et des intérêts partisans, et d’agir en vue d’assurer un projet sociétal consolidant les choix de la démocratie, de la modernité et de l’équité sociale.
Notre disposition à contribuer directement à la concrétisation de cette initiative, l’élaboration de son programme électoral ainsi que la préparation des listes de ses candidats dans toutes les circonscriptions.
 
 
Premier Secrétaire du Mouvement Ettajdid
 
Ahmed Ibrahim
 

 

 

Parti de la Gauche Moderne

Siège : 16 Rue de Ressas El Menzah 1082 Tunis Tunisia

Tel : ++ 216 71 766 875 Télécopieur : ++ 216 71 238 451

E-mail : gauche_moderne@yahoo.fr

 

 

 

Note destinée à être publier sur le

Journal « La Presse » et que dit Journal n’a pas publié


 

 

 

 

Je profite de cette occasion pour remercier l’équipe du Journal « La presse » suite aux efforts remarquables qu’elle fait pour participer à l’instauration d’une Information libre et responsable dans notre pays et capable d’être à la hauteur des aspirations de notre Jeunesse.

Je salue par la même occasion le militantisme des Journalistes de La presse avant la date du 14 janvier 2011 ; quand ils ont su dire non à la déformation de l’information souvent imposée par des personnes relevant de l’ancien pouvoir et qui ont privé notre peuple d’accéder à une information nationale libre et sérieuse.

 

 

En ce qui concerne notre position concernant certaines décisions prises par le conseil de la Haute Instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, je veux bien apporter quelques petites précisions avant de répondre à vos questions.

 

 

Notre parti a confirmé son soutient à la création du conseil de la Haute Instance pour la réalisation des objectifs de la révolution. nous avons publié notre position selon la qu’elle nous avons expliqué nos mobiles qui ne sont rien d’autre que de voir notre pays avancer d’une manière organisée, loin des rancunes mais sans pour autant permettre à ceux qui ont commis des crimes contre notre peuple d’échapper des poursuites.

 

Nous avons donc soutenu la constitution de cette haute instance dans l’espoir de sauver le pays des violences et de l’anarchie et nous avons par la même occasion plaider pour que cette instance comprend toutes les formations politiques du pays à fin que les débats qui seront fait à l’intérieur de cette institution seront partagés par toutes les formations politiques et représentants de la société civile du pays.

 

Nous étions surpris par le fait que nos demandes d’adhésion à ce comité ont été rejetées par le Premier ministère suite à deux tentatives se concrétisant par deux demandes écrites ayant été déposées par nos militants contre des décharges dûment contresignées par le secrétariat du premier ministère. Ce là a été consommé, pendant que le comité avait admis la participation de certains noms de manière inexplicable et sans motivation de cette décision tout en les présentant comme étant des personnalités nationales.

 

Nous avons bien signalé dans nos manifestes publiés sur internet et par la presse Tunisienne que cette pratique exercée par le Premier ministère et par Mr le président du conseil de la Haute Instance pour la réalisation des objectifs de la révolution sont des pratiques dangereuses et qui vont sans doute favoriser les actes de violences surtout que la majorité des formations politiques vont se sentir libres de tout engagement consentis lors des activités de cette instance.

 

Nous avons appelé de notre coté à suspendre les travaux de cette instance en sa composition actuelle et appelé à une composition qui prendra en considération toutes les formations politiques du pays exception faites bien entendu aux corrompus dont les mains étaient clairement salies pendant la règne du Président déchu et à instaurer des moyens et normes claires et logiques pour écarter toutes personnes indignes de faire partie des travaux de cette instance.

 

Nous nous sommes même dégagés dans notre manifeste du 14 avril 2011 de toute responsabilité concernant les conséquences que nous avions jugé très dangereuses et qui vont découler des agissements de cette instance que nous avons jugé irresponsable et n’ayant pas acquis le minimum d’expérience politique et juridique requises.

 

En conséquence et en répondant à vos questions je dirai ce qui suit :

 

01 – : Concernant la décision d’exclusion des personnes appartenant à l’ancien régime de toute participation aux élections de l’assemblée constituante.

 

Nous croyons bien que le pays passe actuellement par une période très critique et difficile, Car la Révolution qui avait éclaté suite à un mouvement spontané de Jeunes désespérés se voit actuellement confisquée par les détenteurs des cadres juridiques partisans et administratifs préexistants en majorité à la Révolution et qui ont refusé l’accès au contrôle du respect des principes de la Révolution aux nouveaux partis ayant obtenus la reconnaissance légale après la Révolution. Sauf pour quelques partis minoritaires en leur nombre qui ont été admis au saint de cette instance.

 

Nous avons bien remarqué que les personnalités et les partis présents aux travaux de la haute instance se veulent comme les seules forces maitrisant le nouveau paysage politiques du pays en faisant du refus des ex. rcdistes leur seule raison de légitimité ce qui a été à notre avis derrière la course au refus systématique de toutes les personnes ayant appartenu à l’ancien régime.

 

En refusant tout accès à la candidature aux élections aux ex. Rcdistes certaines personnes de la haute instance se croient devenir plus proches du peuple..Ce qui va les favoriser à leurs yeux pour dominer la seine politique.

 

Nous croyons que cette position manque de sincérité politique et va être à l’origine de plusieurs dérapages car nous savons bien que certains noms à l’intérieur de l’ex. Rcd lui même avaient souffert de la domination du clan profiteur et criminel qui a éloigné toutes les personnes propres pour en faire de ce parti un lieu de rassemblement pour les criminels et les gangs… et ça serait une grande erreur d’écarter ces gens là avec qui nous avons une grande différence à tous les niveaux, mais en tant que parti qui œuvre pour une démocratie multi partisane nous n’admettons jamais de refuser de manière catégorique la participation des bonnes volontés à la vie démocratique active .

 

Nous croyons que la politique de mettre tous les Rcdistes dans le même sac est une faute grave qui risquera de diviser le pays et le renvoyer vers la violence. Pour ce là nous proposons une solution qui pourrait immuniser le pays à l’égard d’un éventuel retour des malfaiteurs au pouvoir tout en acceptant les Rcdistes qui n’ont pas participé au pillage de notre pays ni à la destruction de ses institutions.

 

Pour ce là nous ferons la proposition concrète suivante qui à notre avis pourrait concilier entre les différentes contraintes pesant sur ce choix:

 

A- : Toute personne qui a exercé la fonction de Ministre pour une durée dépassant (05) cinq années pendant la règne de Ben Ali sera privée à vie de se présenter à toutes sortes d’élections publiques quelques soit sa nature.

B- : Toute personne ayant fait l’objet d’un jugement définitif pour commission de crimes ou délits à l’occasion de l’exercice d’une fonction publique pendant la règne du Président déchu sera privée à vie de se présenter à toutes sortes d’élection publiques quelques soit sa nature.

C – : Toutes les personnes en dehors du personnel du ministère des affaires étrangères et ayant exercé une fonction diplomatique pendant la règne du Pr. Déchu sera privée à vie de se présenter à toutes sortes d’élections publiques quelques soit sa nature. D- : Toutes personnes ayant occupé la fonction de membre de la chambre des députés ou la chambres des conseillés pour une durée dépassant un seul mandat pendant le règne de Ben Ali sera privée à vie de se présenter à toutes sortes d’élection publiques quelque soit sa nature.

E _ : Toute personne ayant occupé la fonction de maire ou conseillé municipal pour une période dépassant la durée d’un seul mandat pendant la règne du Président déchu. Sera privée à vie de se présenter à toutes sortes d’élection publiques quelque soit sa nature.

F- : Toute personne ayant occupé la fonction de gouverneur ou délégué, pour une période dépassant(05) cinq années pendant la règne de Ben Ali sera privée à vie de se présenter à toutes sortes d’élection publiques quelques soit sa nature.

G _ : Une soumission obligatoire à une vérification et à un contrôle sera imposée aux chef de services et organes administratifs nationaux et régionaux ainsi que les secrétariat d’Etat et les sociétés nationales qui embrassera les année du règne de Ben Ali . Il sera créé une présomption simple d’innocence pour ces responsables qui leur permettra de participer à la vie politique.

Ils quitteront leurs postes et ils seront privés à vie de se présenter à toutes sortes d’élections publiques quelque soit sa nature au cas ou le contrôle précité prouve une mauvaise gestion ou une commission de crimes ou délits qui leur serait reprochable et ayant trait à l’exercice de leurs fonction.

H- : Il serait créer une juridiction spéciale qui siégera avant toute élection à la quelle seront présentés toutes les demandes de candidatures , la dite juridiction publiera les noms des candidats et ouvrira un délai imparti de 20 jours pour recevoir les plaintes , chaque citoyen qui demande l’annulation d’une candidature pour des crimes et délits commis par le candidat contre les droits de l ’homme et contre les intérêts légitimes de la nations pendant ses activités d’exercice d’une fonction publique ou autres ayant relation étroite avec le gouvernement du Pr. Déchu doit prouver expressément ses allégations. La dite juridiction prononcera sa décision selon la procédure de référé et avant la date de déclaration définitive des listes des candidats;

 

Par ces moyens à notre avis il sera mis fin à tout équivoque car par ce moyen on arrivera à mettre hors du coup tous ceux qui ont trahit la nation et ont porté préjudice à notre pays. Sans pour autant empêcher les bonnes volontés de se porter candidats aux élections.

 

Cette manière à faire les choses permettra aussi à reconnaitre aux Rcdistes qui n’ont pas salis leurs mains de ne pas subir le sort des autres .C’est à dire ceux qui ont commis des crimes contre notre Peuple.

 

 

 

02 – : Comment évaluez vous La décision de L’instance d’opter pour le mode de Scrutin de liste à la Proportionnelle avec les plus forts restes ?

 

Nous devons pour commencer faire la différence entre les élections organisées pour élire une assemblée constituante et celles faites pour élire un parlement. A notre avis pour la constituante, Il faut faire participer le maximum de tendances politiques marquant le paysage du pays pour que personne ne soit en dehors du choix national et que personne ne pourrait après le vote de la constitution venir nier tout engagement vis-à-vis de ce texte.

 

Pour cela et en commentant le mode de scrutin proposé par la haute instance et concernant la liste proportionnelle avec les plus forts restes. On ne peut que remarquer que la constituante ne rassemblera jamais tous les partis agissant sur la place car la technique avancée pour la division des restes ne permettra jamais à tous les partis d’être membres à la constituantes.

Pour remédier à ce manque nous proposons d’ajouter à ce mode de scrutin la technique du « siège garanti » ce la veut dire que pour tout parti n’ayant pas pu avoir un siège sur le plan national ; Il lui sera accordé un siège à la constituante à fin de garantir sa présence et sa participation au vote pour que cette constitution soit vraiment la constitution de tous les Tunisiens et comme ça nous entrerons tous à la deuxième république engagés sur la base des mêmes principes et personne ne pourra repentir en suite et soutenir un désengagement des principes constitutionnels.

 

Ce là nous épargnera aussi les efforts veines fournis à l’heure actuelle pour le pacte républicain.

 

Ce là est dit, et au moment ou nous soutenons cette démarche pour les élections de l’assemblée constituante .Nous affirmons que cette technique ne pourra jamais être appliquée pour des élections législatives ou autres, car le parlement va décider en fonction de la loi de la majorité. La décision majoritaire s’imposera à la minorité. Mais là et quand il s’agit de l’assemblée constituante, il est tout à fait différent car il s’agit d’établir les normes du jeu politique pour l’avenir donc il ne faut à notre avis excepter personne.

 

Ce là fera une garantie pour l’avenir et fera de la constitution plusqu’une norme juridique suprême, un pacte moral à respecter entre tous les Tunisiens.

 

 

Nous croyons bien par cet approche avoir participé à prouver notre manière de voir les choses .guidés par l’amour que nous prouvons à notre patrie et notre volonté de faire éviter à notre société la glissade vers la violence nous souhaitons surmonter la haine et la rancune pour bâtir une Tunisie saine pour tous nos enfants.

 

 

 

03 _ : Quel regard portez vous sur la Parité homme – Femme dans les listes de Candidature à la prochaine constituante

 

Nous croyons que ceux qui étaient derrière cette décision avaient voulu à notre avis mettre les « islamistes » qu’ils supposent être des « ennemis à la femme » contre la mure. En imposant un quorum garanti favorable aux acquis de la femme. Nous crions fort que cette idée est erronée et absurde est ce pour trois raisons :

A- : Il n’est jamais sûre et certain que la femme « Islamiste » pense de manière différente de l’homme « Islamiste » et à notre avis et pour ces gens là on dit que rien ne prouve l’existence d’une différences dans la pensée entre les femmes et les hommes à l’intérieur des courants « Islamistes » et le fait d’imposer la parité serait sans effet et absurde à notre avis ;

B- : Par contre, la parité portera atteinte aux femmes progressistes et risquent de les renvoyer en dehors de l’assemblée constituante et nous donnons l’exemple de notre section à Bizerte par exemple ou la majorité est féminine donc en instaurant la parité, notre parti va être dans l’impossibilité de mettre sur pieds une listes électorale à Bizerte car l’élément Homme nous manque et comme la parité est imposée,donc on ne présentera pas de listes à Bizerte.

 

C- : Nous jugeons d’un autre coté que cette parité prouve un aspect ségrégatif et raciste en empêchant des individus à se porter candidats ou candidates uniquement sur la base de leurs sexes… chose inacceptable et que nous refusons de manière catégorique.

Nous croyons bien que nos jeunes qui ont été tués par balles lors de la Révolution ne l’ont pas fait pour que leurs pères ou mères soient éliminés des listes électorales à cause de leurs sexes.

 

 

 

 

Nous vous remercions et nous vous souhaitons bonne

Réception de ce document en espérant le lire complet sur

Les pages de « La Presse »

 

 

Me. Zemni Fayçal

Pr. Du PGM


 

TAIEB SMATI

TUNIS LE 26 AVRIL 2011

DOIT-ON CRAINDRE LA NAHDHA ?

 


 

 

UN TRES CHER AMI A MOI M’A ECRIT CECI :

Bonsoir si Taieb, désolé pour le titre de la vidéo, je sais que vous êtes pro-Nahdha et je respecte totalement, mais que pensez vous de ce double langage, moi j’ai appris dans ma vie et dans le coran que celui sur lequel s’applique « Ya9oulouna mé lé yaf3aloun » donc tiennent un double discours cela ne me rassure pas du tout, et l’islam c’est dieu qui le protège, car tant que le coran est là sur terre, et tant qu’il y à des gens dont le coeur est pur et bon comme le votre, aucun risque pour l’islam, parce que l’islam est fort dans son esprit et dans son message, mais l’islam a aussi beaucoup de lectures et d interprétations, donc personne ne peut avoir l’exclusivité de la vérité sur le message et la lecture de l’islam la preuve les différentes écoles d’islam « médhaheb » ainsi qu’autres penseurs moins connus mais tout aussi pertinents, du moins c’est mon avis ..je vous prie de regarder ça et vous prie de me dire ce que vous en pensez sincèrement…sachez aussi que les autres partis, dont je compte des amis ont longtemps travaillé dans l’associatif, on y a travaillé ensemble et étions là où personne n’allait dans des coins oubliés par le peuple et tous les partis, donc ils ne sont pas tous aussi élitistes qu’ils le peuvent le sembler…on peut ne pas être d’accord mais je vous prie d’être une conscience vivante au sein d’Ennahdha pour que jamais d’injustices et de mensonges ne soient perpétrés au nom de l’islam, car nous seront tous jugé devant dieu, malheureusement même en Turquie l AKP a changé, et commence à faire de la répression contre les journalistes, la liberté d expression devient impossible là-bas et toute critique au gouvernement implique des représailles, les opposants aussi en souffrent, un journaliste a même été condamné à 525 ans de prison!! donc jusque là aucun parti parlant au nom de l’islam n a respecté sa parole, c’est ça la crainte, et si vous ne faites rien en tant qu’adhérant pour garantir ça, vous serez vous même dépassé, et vous ne verrez plus de visages heureux, juste des gens qui ont peur, pas de l’islam car nous le sommes, mais de la dictature de pensée…

 

 

MA REPONSE

 

Cher frère, il n’y a vraiment pas de quoi te sentir désolé, je suis « pro » toute équipe ou parti politique actif ? pas seulement la nahdha, je te respecte bien et je te jure qu’en plus du respect j’ai de l’estime pout toi. Et permet moi de dire ce qui suit :

A mon avis ENNAHDHA ne tient pas un double langage, ses responsables n’ont jamais été au pouvoir pour constater qu’ils appliquent le contraire de ce qu’ils affirment. Ensuite pourquoi on l’accorde à tous ceux qui avaient toujours tenu un double langage, à commencer par ben Ali et arriver jusqu’à tous ceux qui durant la propagande électorale promettaient monts et merveilles mais arrivé à la chambre des députés, au gouvernement ou ailleurs font toujours le contraire, n’est ce pas là le double langage ? l’exemple le plus clair est celui de ben jaafar, ahmed ibrahim et nejib chebi, ils avaient toujours été contre la participation à un gouvernement issue du rcd mais lorsqu’ils ont été appelé à en faire partie, ils avaient complètement changé de discours, seules les critiques acerbes des citoyens les ont obligé à se retirer, grand nombre d’autre gens et surtout responsables de partis politiques avaient fait des déclarations mais arrivés au postes officiels avaient changé de langage c’est ça le double langage, pourquoi s’en tenir seulement aux NAHDHAOUIS qui à mon avis n’ont jamais tenu un double discours pour la bonne et logique raison qu’ils n’ont jamais été au pouvoir, ils n’avaient été qu’en prison ou en fuite à l’étranger, ce n’est pas du tout logique qu’on veuille leur endosser des forfaits qu’ils n’ont jamais commis.

« Ya9oulouna mé lé yaf3aloun » ! il faudrait attendre que les nahdhaoui soient au pouvoir pour en juger et dire«Ya9oulouna mé lé yaf3aloun », cher frère je suis sûr et certain que ces nahdhaoui feraient de mon pays ce que font les responsables turcs font du leur.

Ensuite cher frère je veux un réel changement, toute les tendances politique avaient eu leur droit à gérer les affaires du pays, à commencer par l’extrême socialisme violent agressif des années 60 avec ahmed ben fassed à l’extrême capitalisme libéral du feu hedi nouira en passant par le libéralisme intégral de mzali etc…etc… quel est le résultat ? Nous sommes toujours au creux de la vague, nous sommes toujours à la recherche de compétences nationales pour décoller.

N’aurait on pas le droit de gouter à la sauce NAHDHAOUI ? Pourquoi pas ? Ces gens n’ont jamais été à l’œuvre, mettons les à l’essai.

Nous nous rappelons tous de promesses de ben Ali, ses ministres et responsables gouvernementaux et même du parti RCD, qu’en est-il durant 23 ans ? Et Bourguiba durant 30 ans ? Avions-nous vécu une seule élection sérieuse ? N’y avait il pas plein de condamnation à mort et emprisonnement sans raison depuis 1956 à ce jour 2011? En quoi ceux qui nous avaient très mal gouverné 55 ans pourraient ils être meilleurs que des NAHDHAOUIS ?

Je sais que vous allez me raconter l’histoire des droits de l’homme, de l’interdiction d’alcool, et tout le bla bla bla habituel…je vous dirai ceci :

-l’alcool avait été interdit à plusieurs reprise aux usa depuis 1794 à ce jour, chaque fois que l’Etat en sentait la nécessité

-en France plusieurs communes interdisent la ventes d’alcool à des heures précises et dans certains lieux précis (commune de Pouancé, Tarn, etc…)dans le seul but de préserver la quiétude de la population, quoique les gens prennent un verre ou deux chez eux, un digestif ou un apéro, chez nous les gens commencent par « une bouteille » et ne finissent pas d’en prendre jusqu’à perdre complètement la raison pour rentrer le soir terroriser une femme innocente et des enfants en bas âge. Sachez mon cher ami que 70% au moins des cas du divorce sont dus à l’alcool, 80% des échecs scolaire sont dus à l’alcool. Le viol, l’emprisonnement, le vol etc…en grande partie c’est dû à l’alcool.

Oui dieu protège l’islam et nous alors qu’en fait-on ? Ne devrions-nous pas exécuter ses ordres pour protéger islam et musulmans ? Le coran ne nous ordonne t-il pas de prendre soin de notre religion et de la société civile où nous vivons ? Ne devrions-nous pas nous efforcer de le faire ?

Le coran est là sur terre mais ne vois-tu pas que les non musulmans n’en veulent pas et lui déclare la guerre officielle ?

« Les autres partis ont longtemps travaillé dans l’associatif »dis tu ? ces partis qui se réunissent dans des hôtels 5 étoiles de luxe, dans des salles de congrès réservées aux millionnaires, dans les lieux les plus huppés de la république, alors que RACHED GHANNOUCHI le NAHDHAOUI court d’une rue à l’autre, d’une place publique à l’autre, d’un marché hebdomadaire à l’autre, d’un bidonville à l’autre…

Arrête je t’en prie de me parler des autres partis politiques, j’ai envie de vomir, personnellement j’envoyais un vœu par mail à l’occasion d’une fête religieuse ou nationale à ces chefs de parti politique, jamais de réponse, ils se prennent pour des supermen autant que leurs maitres ben Ali et compagnie.

Les sociétés les plus civilisées au monde font des fois pire que ce que vous imputer à tort à la NAHDHA.

En France, jaques mesrine avait été tué sur ordre direct du gouvernement français, le président Mitterrand réunit en conseil des ministres restreint ses ministres de l’intérieur, de la défense et un ou deux autres ministres pour prendre la décision de tuer cet « être humain ». N’oublions pas : la déclaration universelle des droits de l’homme a vue le jour en France.

Je ne vous raconterais pas d’autres affaires « que la NAHDHA ne commettrait point » telle celle du preneur d’otage ERIK SCHMITT à la maternelle de neuilly en France qui a été tué par une balle dans la tête alors qu’il dormait comme un bébé et c’était sur ordre direct de l’actuel président français ministre de l’intérieur dans le temps…d’autres pays « civilisés » tel les usa sont passés champion dans le domaine des exécutions sommaires tout en se faisant passer pour les plus respectueux des droits de l’homme, les statistiques affirment qu’aux usa 40% des condamnés à mort étaient innocents, ce n’était qu’après leur exécution qu’on s’en était rendu compte.

Non, je ne veux pas dire que nous, musulmans, nous devons faire autant, pas du tout, nous devrions prendre soin de la vie humaine, Allah nous dit « Et, sauf en droit, ne tuez point la vie qu’Allah a rendu sacrée »

Le proverbe arabe dit »ne couper pas la main du voleur avant qu’il ne commette son forfait » alors s’il vous plait rendons au peuple tunisien son droit à un vote démocratique conforme aux normes internationales, différents de ceux des 55 années passées. Il est le seul maitre à bord, à moins que vous vouliez revenir au temps de la dictature, sous le faux prétexte que la NAHDHA menace.

Veuillez recevoir mon très cher ami mes vœux sincères pour une patrie où tous nos droits sont respectés et où la démocratie et le respect des droits de l’homme battent leur plein.

Ton ami TAIEB SMATI


 

Le Premier ministre tunisien lance un « cri d’alarme » sur la situation socio-économique


De The Associated Press – Le 26 avril 2011
TUNISIA, Tunisia — Le premier ministre tunisien Béji Caïd Essebsi a lancé mardi « un cri d’alarme » face à la persistance des troubles sociaux qui entravent le redressement de la situation économique, un peu plus de trois mois après le soulèvement populaire qui a fait chuter le régime Ben Ali.
« Tous les jours il y a des sit-in et des manifestations, ce qui n’est pas pour encourager les investisseurs étrangers qui ne viendront que si la sécurité est instaurée », a-t-il déploré lors d’une conférence de presse.
Et de dénoncer « les abus dans le comportement des citoyens », notant que le gouvernement préfère ne pas recourir à la force pour y faire face.
Il a pointé du doigt la tendance de certains courants islamistes à vouloir faire la prière dans les espaces publics ainsi que ce qu’il a appelé le « phénomène » des coupures de routes.
« Pour un oui pour un non, des manifestants bloquent des routes et des voies de chemins de fer », s’est-il exclamé, en recensant 110 actions de ce type.
M. Caïd Essebsi a lancé un appel pour que cessent de telles pratiques « qui ne servent pas l’intérêt de la Tunisie ». « Nous traversons certes une période difficile, mais nous devons la dépasser et cela concerne toutes les parties », a-t-il exhorté.
Se félicitant que la Tunisie ait été invitée pour la première fois à participer au G8 de juin à Deauville (France), signe pour lui « de considération et d’estime de la communauté internationale », il a insisté sur la détermination de son gouvernement à « préserver cette image rayonnante ».
« La révolution n’est pas la démocratie, mais une porte ouverte sur la démocratie », a-t-il ajouté, soulignant l’impératif de faire réussir la transition démocratique en Tunisie « car le monde nous regarde ».
Le premier ministre a, par ailleurs, plaidé avec force pour l’arrêt du flux migratoire vers l’Europe.
« Nous avons été à l’origine d’une crise entre pays européens et la France pourrait être amenée à sortir de l’espace Schengen à cause de nous », a-t-il dénoncé.
« Nous devons contrôler nos frontières et barrer la route aux spécialistes de la traite des êtres humains », a ajouté le Premier ministre, saluant « l’attitude compréhensive » affichée par le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi. AP

Tunisie: le PM dénonce des débordements


AFP 26/04/2011 |
Le premier ministre tunisien Béji Caïd Essebsi a dénoncé « les débordements inacceptables » commis par certains citoyens, citant des manifestations trop fréquentes et l’émigration clandestine vers l’Europe.
« Les manifestations de protestations et les sit-in quotidiens entravent le travail du gouvernement qui essaye de penser à des programmes encourageant les investisseurs étrangers », a averti le premier ministre lors d’une conférence de presse.
Schengen suspendu, « c’est à cause de nous! »
« Les routes ont été bloquées 111 fois par des protestataires et avec des comportements pareils nous hypothéquons l’avenir », a-t-il souligné citant comme autres exemples regrettables la prière dans les rues et les tentatives d’immigration clandestine vers l’Europe.
Selon le premier ministre, « si la France a décidé de suspendre provisoirement l’accord Schengen, c’est à cause de nous! ».
« Je lance un cri d’alarme et je rappelle à tous les Tunisiens qu’ils sont concernés par cette situation », a encore dit le chef du gouvernement en ajoutant: « Cette révolution est bénie et nous ne devons pas la trahir pour des raisons partisanes étroites ».
Les protestations continuelles menacent aussi, selon lui, la production de quelques entreprises importantes « ce qui est inacceptable et ne sert pas l’intérêt du pays », a lancé M. Caïd Essebsi.
Malgré « de grands débordements dans le comportement des citoyens », le gouvernement de transition « ne veut pas avoir recours à la force », a-t-il souligné

Migrants tunisiens: l’UE devrait être à la hauteur de ses valeurs


 
AFP / 26 avril 2011 19h29
 
 
PARIS – Le président du parti islamiste tunisien Ennahda, Rached Ghannouchi, a déploré mardi à Paris le traitement réservé aux migrants tunisiens en Italie et en France, estimant que l’attitude des Européens devrait être à la hauteur de leurs valeurs.
 
Les pays européens doivent réserver aux migrants un accueil décent, à la hauteur de leurs valeurs. Ils doivent réaliser que dans le même temps, nous, Tunisiens, essayons d’assurer des conditions d’accueil dignes aux milliers de gens qui fuient la Libye, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.
 
Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus de 600.000 personnes ont quitté la Libye et transité par des pays voisins, tandis que quelque 28.000 personnes sont arrivées récemment de Tunisie sur l’île italienne de Lampedusa.
 
Paris et Rome, réunis en sommet mardi après des semaines de tension liées à la gestion de l’afflux d’immigrés, plaident pour la possibilité de rétablir temporairement le contrôle aux frontières intérieures des Etats membres de l’Union européenne.
 
L’afflux de clandestins, ce n’est pas du tout une conséquence de la révolution (tunisienne) mais du régime déchu (de Ben Ali, tombé le 14 janvier), a affirmé le chef historique des islamistes tunisiens.
 
Il faut agir, par des projets, des soutiens à la démocratie et à la relance économique tunisienne, pour donner envie à ces jeunes de rester chez eux, a-t-il ajouté, plaidant pour un partenariat privilégié entre Tunis et l’UE.
 
Rached Ghannouchi, dont le mouvement a été durement réprimé sous Ben Ali, a vécu plus de 20 ans en exil à Londres et effectuait sa première visite en France depuis 1989. Son parti a été légalisé le 1er mars.
 
Il a affirmé avoir reçu avec beaucoup de joie et de satisfaction la déclaration récente du chef de la diplomatie française Alain Juppé, qui a proposé un dialogue aux mouvements islamistes dans le monde arabe, dès lors qu’ils appliquent les règles démocratiques et refusent la violence.
 
Réaffirmant l’ancrage démocratique d’Ennahda, favorable à l’égalité des sexes et à la parité en politique, il a répété que son parti était opposé à toute forme de violence, et notamment celle perpétrée au nom de l’islam et s’est dit proche de partis islamistes modérés comme l’AKP turc ou le PJD marocain.
 
Ce que nous constatons, c’est que la peur entretenue par les dictateurs contre les partis à mouvance islamique est tombée, a affirmé M. Ghannouchi, qui a dit avoir eu à Paris un entretien avec de hauts responsables du Quai d’Orsay.
 
Rached Ghannouchi a par ailleurs réaffirmé qu’Ennahda ne proposerait pas de candidat à la prochaine élection présidentielle et se préparait pour les législatives du 24 juillet.
 
Nous cherchons le consensus. Nous savons qu’aucun parti ne peut l’emporter seul et il faudra faire des alliances pour dégager une majorité stable permettant de gouverner, a-t-il expliqué.
 
Ennahda affirme dialoguer avec plusieurs formations, dont le Forum démocratique pour le travail et les libertés de Mustapha Ben Jaafar et le Congrès pour la République de Moncef Marzouki, des partis classés plutôt à gauche.

Delanoë demande un meilleur traitement pour les immigrés tunisiens


AFP le 26/04/2011 à 17:11

PARIS – Le maire de Paris Bertrand Delanoë (PS) a invité mardi l’Europe, et la France en particulier, à traiter avec « humanité et dignité » les immigrés Tunisiens qui ont fui leur pays, dans un communiqué où il exprime son « émotion » et son « indignation ».

« Face à l’arrivée d’un peu plus de 20.000 immigrés tunisiens en Italie (…), il est particulièrement alarmant de voir les autorités françaises se limiter, sur ce sujet majeur et qui concerne collectivement l’Union européenne, à des pourparlers bilatéraux aux conclusions étroites et aux arrière-pensées évidemment électoralistes« , écrit-il.

« Le peuple tunisien vient de vivre, sans le soutien ni la solidarité des pays européens, une révolution dont les conséquences ont d’ores et déjà bouleversé toute une région du monde« , ajoute-t-il, en soulignant que la Tunisie vit une crise économique du fait de la désaffection des touristes, tout en accueillant les réfugiés libyens.

« Pour les 20.000 migrants de ces dernières semaines, des solutions raisonnables et réalistes peuvent être trouvées. Elles doivent être recherchées dans le respect des personnes et du droit, qu’il s’agisse des accords de Schengen ou de la Convention européenne des Droits de l’Homme, en fonction des situations individuelles« , poursuit-il.

Concernant les 200 immigrés tunisiens qui se trouvent actuellement à Paris, « dans un état de grande précarité« , la Ville a chargé les associations « France Terre d’asile » et Emmaüs de mettre en place des dispositifs de soutien et d’accompagnement social et sanitaire, mais aussi d’accès à des hébergements hôteliers. Elle renforcera aussi son soutien aux associations, comme « la Chorba« , qui assurent depuis plusieurs jours une aide alimentaire. Une première enveloppe de 100.000 euros sera consacrée à ces mesures d’urgence.

Le maire de Paris suggère en outre de mettre en place « une véritable logique de partenariat » avec la Tunisie, par exemple en accueillant de jeunes diplômés tunisiens qui manquent de débouchés à la fin de leurs études, comme le prévoit un accord de coopération signé le 28 avril 2008 entre les deux pays.

« Ces jeunes, qui pourraient ainsi débuter leur vie professionnelle en France, auraient ensuite vocation à rejoindre la Tunisie pour contribuer à son développement« , estime Bertrand Delanoë, qui conclut en invitant « les autorités françaises à savoir répondre avec humanité et dignité à l’attente que des milliers de Tunisiens placent dans notre pays« .


Immigrés tunisiens: Delanoë indigné


 

Le maire de Paris Bertrand Delanoë (PS) a invité aujourd’hui l’Europe, et la France en particulier, à traiter avec « humanité et dignité » les immigrés Tunisiens qui ont fui leur pays, dans un communiqué où il exprime son « émotion » et son « indignation ». « Face à l’arrivée d’un peu plus de 20.000 immigrés tunisiens en Italie (…), il est particulièrement alarmant de voir les autorités françaises se limiter, sur ce sujet majeur et qui concerne collectivement l’Union européenne, à des pourparlers bilatéraux aux conclusions étroites et aux arrière-pensées évidemment électoralistes », écrit-il. « Le peuple tunisien vient de vivre, sans le soutien ni la solidarité des pays européens, une révolution dont les conséquences ont d’ores et déjà bouleversé toute une région du monde », ajoute-t-il, en soulignant que la Tunisie vit une crise économique du fait de la désaffection des touristes, tout en accueillant les réfugiés libyens. « Pour les 20.000 migrants de ces dernières semaines, des solutions raisonnables et réalistes peuvent être trouvées. Elles doivent être recherchées dans le respect des personnes et du droit, qu’il s’agisse des accords de Schengen ou de la Convention européenne des Droits de l’Homme, en fonction des situations individuelles », poursuit-il.

Source : « Le Figaro » Le « 26-04-2011

Lien :http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/04/26/97001-20110426FILWWW00585-immigres-tunisiens-delanoe-indigne.php


 

 

 

Tunisiens migrants à Paris: « Ici, on est en enfer! »

Le 17 avril, à la gare de Vintimille, militants français et italiens manifestent sur la voie après l’annulation du « train de la dignité », qu’ils comptaient prendre pour accompagner une soixantaine de migrants de l’autre côté de la frontière.

 

Salih jette un coup d’oeil inquiet autour de lui. Recroquevillé dans son blouson rapiécé, il rase les murs. Agé de 31 ans, il y a quelques mois c’était un serveur dans un restaurant à Tataouine, au sud de la Tunisie ; à Paris depuis six jours, le voilà qui fuit la police et ses contrôles. Sur le boulevard de Belleville dans le nord-est de Paris, les hommes en uniforme observent Salih et ses camarades à la dérobade. « Les policiers ne nous lâchent pas. S’ils nous attrapent, on va au commissariat. Et là ce sont des ennuis à n’en plus finir, même s’ils relâchent toujours. » A côté de lui, Ahmed, vingt ans, va craquer. « On en peut plus, on est choqués ! On a mis presque un mois depuis notre ville en Tunisie pour venir jusqu’ici, et voilà comment on est traités. »

Pas de travail

Les deux jeunes hommes sont arrivés dans la capitale en train. Ils y survivent plus qu’ils n’y vivent, pour le moment. « On dort dans la rue, par là… », explique Salih avec un geste vague en direction du parc de la Villette. « On n’a pas mangé depuis deux jours, sauf un petit casse-croûte ce matin », poursuit-il en frottant sa barbe naissante.

Parti de sa terre natale, « comme tout le monde, pour la liberté, et trouver un travail qui paye bien », Salih est plus que déçu, écoeuré. « J’ai payé presque 2000 euros pour ça! Je pensais trouver le paradis, mais ici on est en enfer! », lâche t-il. « Personne n’a de travail pour nous, renchérit Ahmed. Dans les marchés, sur les chantiers, personne ne veut de nous. »

Combien sont-ils à errer dans les rues de Paris, les Tunisiens qui comme Salih et Ahmed cherchent un abri ? « Je dirais qu’ils sont 5000 à être arrivés à Paris ces deux dernières semaines, mais personne ne sait combien exactement. On ne peut pas faire grand-chose pour les aider, à part leur donner un café, quelques vêtements… » Mochkame Noureddine, membre de l’Association des Tunisiens de France (ATF), est amer. « Ceux qui ont de la famille ici pourront rester et travailler, voire être régularisables. Je les aide à monter leur dossier. Mais beaucoup se retrouvent dans la nature et me demandent comment faire pour rentrer. Là encore, je donne un coup de main, mais vu leur nombre, les aides sont de moins en moins importantes. »

Salih appartient à la deuxième catégorie : il pense très fort au retour. « Je suis tellement dégoûté que j’aimerais rentrer, mais c’est compliqué. Pour l’argent d’abord, mais pas seulement. Tout va recommencer comme avant à Tataouine. » Soudain, le boulevard de Belleville se met en mouvement, chacun ramasse ses paquets et tire un compagnon par le bras: la police s’est décidée à commencer des contrôles d’identité.

Source : « L’express » Le 26-04-2011

Lien : http://www.lexpress.fr/actualite/monde/tunisiens-migrants-a-paris-ici-on-est-en-enfer_986468.html

 

 

 

Immigrés tunisiens : la Ville de Paris met en place des dispositifs de soutien et d’accompagnement social et sanitaire


 

Par M. Bertrand DELANOË

Je tiens à exprimer l’émotion et l’inquiétude que m’inspire l’attitude de l’Europe, et de la France en particulier, face à l’arrivée d’un peu plus de 20 000 immigrés tunisiens en Italie. Il est particulièrement alarmant de voir les autorités françaises se limiter, sur ce sujet majeur et qui concerne collectivement l’Union européenne, à des pourparlers bilatéraux aux conclusions étroites et aux arrière-pensées évidemment électoralistes. Cela n’est ni à la hauteur de la situation, ni à la mesure de l’Histoire. Le peuple tunisien vient de vivre, sans le soutien ni la solidarité des pays européens, une révolution dont les conséquences ont d’ores et déjà bouleversé toute une région du monde. Il subit une crise économique, aggravée par la désaffection des Européens pour ce pays si dépendant de l’activité touristique. Il accepte cependant d’accueillir, fidèle à sa tradition d’hospitalité, des milliers de réfugiés libyens, chassés de chez eux par la guerre. Dans ces conditions, voir l’Europe, et tout particulièrement le Gouvernement français, réagir avec tant d’étroitesse et si peu d’humanité face à l’arrivée de quelques milliers d’immigrés tunisiens sur notre sol, m’inspire une véritable indignation. Pour les 20 000 migrants de ces dernières semaines, des solutions raisonnables et réalistes peuvent être trouvées. Elles doivent être recherchées dans le respect des personnes et du droit, qu’il s’agisse des accords de Schengen ou de la Convention européenne des Droits de l’Homme, en fonction des situations individuelles. En ce qui concerne les 200 immigrés tunisiens qui se trouvent aujourd’hui sur le territoire parisien, dans un état de grande précarité, notre municipalité, confrontée à l’indifférence de l’Etat, fera tout pour leur apporter des réponses adaptées à l’urgence. La Ville de Paris a donc décidé de missionner, aujourd’hui même, les associations « France Terre d’asile » et Emmaüs, pour mettre en place des dispositifs de soutien et d’accompagnement social et sanitaire, mais aussi d’accès à des hébergements hôteliers. Par ailleurs, la Ville renforcera son soutien aux associations, comme « la Chorba », qui assurent depuis plusieurs jours une aide alimentaire. Une première enveloppe de 100 000 euros sera consacrée à ces mesures d’urgence. Mais, sans se limiter à traiter les urgences, le devoir de notre pays est d’établir, en lien avec les autorités tunisiennes, une véritable logique de partenariat. Les jeunes diplômés tunisiens manquent de débouchés à la suite de leurs études : ce fut d’ailleurs l’une des causes directes du mouvement de janvier 2011. Aussi la France devrait-elle accueillir quelques milliers de jeunes Tunisiens, ainsi que d’ailleurs le prévoit déjà l’accord de coopération signé le 28 avril 2008 entre nos deux pays. Ces jeunes, qui pourraient ainsi débuter leur vie professionnelle en France, auraient ensuite vocation à rejoindre la Tunisie pour contribuer à son développement. Au nom de Paris, j’invite les autorités françaises à savoir répondre avec humanité et dignité à l’attente que des milliers de Tunisiens placent dans notre pays. Il serait très grave qu’en cette circonstance, quelques mois après la Révolution de Jasmin, l’Europe et la France passent, une fois encore, à côté de l’Histoire.

Source : « Paris » Le 26-04-2011

Tunisie/élection: membres du RCD exclus


 

Les personnes qui ont été membres ces dix dernières années de l’ex-parti au pouvoir en Tunisie sous le régime de Zine El Abidine Ben Ali ne pourront être candidates lors des élections du 24 juillet prochain, a annoncé aujourd’hui le premier ministre de transition tunisien. « Après réflexion, le gouvernement a adopté la limite de dix ans. Nous avons estimé que 23 ans n’était pas logique. Il y a des responsables du RCD qui ont été réprimés par l’ancien régime », a notamment déclaré M. Béji Caïd Essebsi lors d’une conférence de presse. Le gouvernement devait trancher suite à une décision prise le 12 avril par la Haute commission chargée de préparer l’élection de la future assemblée constituante. Cet organe avait décidé d’exclure de la candidature toute personne ayant assumé une responsabilité dans le gouvernement ou dans le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) durant les 23 ans de règne de Zine El Abidine Ben Ali, soit de 1987 à 2011. Le débat avait été vif au sein de la Haute commission sur cette disposition, certains voulant placer la barre aux dix dernières années, mais lors du vote les tenants de la période complète du règne de Ben Ali depuis 1987 l’avaient emporté.

Source : « Le Figaro » Le 26-04-2011

Tunisie : bataille autour du code électoral avant la Constituante


 

Parité hommes-femmes, inéligibilité des anciens du RCD, mode de scrutin… Plusieurs dispositions relatives à l’élection de l’Assemblée constituante, prévue en juillet, suscitent la polémique en Tunisie.

« En votant pour la parité ­hommes-femmes, nous avons agi en démocrates. Mais est-il démocratique d’exclure les anciens du RCD [Rassemblement constitutionnel démocratique, le parti de Ben Ali, le président déchu, NDLR] ? » Cette question taraude les Tunisiens depuis la présentation, le 11 avril, par la Haute Instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, la réforme politique et la transition démocratique, d’un projet de décret-loi relatif à l’élection de l’Assemblée constituante, prévue le 24 juillet. Plusieurs de ses dispositions (parité hommes-femmes sur les listes électorales, inéligibilité des ex-responsables du RCD, mode de scrutin) font déjà l’objet de controverses.

En adoptant la parité assortie d’une alternance obligatoire sur les listes électorales, l’article 16 porte la participation féminine à 50 %. Sous peine de se voir exclus du scrutin, les partis devront combler l’absence criante des Tunisiennes (pourtant au coeur de la révolution) au sein de leurs mouvements. « C’est un moment historique pour notre participation politique. La forte majorité qui s’est exprimée en ce sens montre que cette valeur est partagée », souligne Sana Ben Achour, présidente de l’Association tunisienne des femmes démocrates. Cette disposition pourrait toutefois avantager les partis islamistes, où les femmes sont déjà chargées de l’encadrement féminin. Quant au principe de la parité, il ne sera pas facile à appliquer dans certaines régions, où, par tradition, les femmes ne font pas de politique.

Les rancœurs à l’égard de l’ancien parti au pouvoir se cristallisent autour de l’article 15, qui prévoit dix ans d’in­éligibilité pour tous ceux qui ont exercé des responsabilités au sein du RCD ou du gouvernement, ainsi que pour ceux qui ont soutenu la candidature de Ben Ali pour 2014. Cette mise au ban divise. Certains estiment que c’est aux citoyens, par leur vote, de mettre en minorité le RCD. Pour d’autres, seule la justice peut statuer sur l’éligibilité des candidats. En visant indistinctement tous ceux qui ont exercé des responsabilités depuis vingt-trois ans, dont certains sont déjà aux ports de la justice, la Haute Instance ostracise des personnalités ayant collaboré avec Ben Ali entre 1987 et 1991 – qui furent des années d’ouverture –, comme Saadoun Zmerli, militant des droits de l’homme dont la probité ne fait aucun doute.

« Antidémocratique »

Cette mesure prive les anciens du RCD – des plus hauts dignitaires du parti jusqu’aux responsables des cellules de province – de toute réinsertion politique et réduit au silence la région du Sahel, leur fief. « Ce code antidémocratique élimine près de 200 000 personnes. Il n’y a pas eu crime contre l’humanité, et les membres du RCD ne sont pas tous malhonnêtes », s’exclame Faouzi Elloumi, le maire de Sidi Hassine.

Le mode de scrutin à un tour avec une répartition des sièges à la proportionnelle avantage les petits partis. Mais, nuance Kaïs Saïed, expert en droit constitutionnel, ce mode de scrutin, déjà pratiqué par le RCD, est complexe et pourrait favoriser des tractations financières entre les partis en vue de gagner des sièges. Il incombe désormais au gouvernement de transition de ratifier ce projet de code électoral – ou d’en faire revoir la copie.

Source : « Jeune Afrique » Le 26-04-2011

En Tunisie, les médias s’émancipent


 

Raoudha Tahar a longtemps été la Claire Chazal de la première chaîne de télévision publique tunisienne. Elle connaît tous les rouages d’un «système » qu’elle qualifie sans hésitation de «pourri ». Chaque jour, raconte Raoudha, «nous devions consacrer la moitié environ du JT de 20 heures aux activités officielles du président et de son épouse Leila. À vrai dire, ces trois dernières années, ce timing avait un peu changé : Monsieur n’avait droit qu’à dix minutes contre quinze minutes pour Madame.»

Impitoyable cahier des charges imposé à la quasi-totalité des médias tunisiens jusqu’au 14 janvier dernier, c’est-à-dire jusqu’à la fuite du «tyran». Zine el-Abidine Ben Ali a laissé derrière lui un champ de ruines médiatiques et à l’approche d’une échéance cruciale – l’élection, le 24 juillet, d’une Assemblée constituante qui décidera de l’avenir de la Tunisie -, les journalistes ont basculé de l’euphorie au désarroi. Faute de traditions démocratiques, ce scrutin représentera un défi sans précédent pour la petite Tunisie devenue un laboratoire du monde arabe.

Raoudha ne se fait pas prier pour reconnaître que, jusqu’à ce 14 janvier fatidique, les journalistes «faisaient tout sauf du journalisme et que la grande majorité d’entre eux s’étaient engagés corps et âme dans la machine de propagande». Sa consœur Lilia Mezni ne mâche pas non plus ses mots pour déplorer que «ceux qui s’entre-tuaient jadis pour obtenir les faveurs du président et de Madame sont aujourd’hui leurs plus farouches détracteurs».

Ex-rédacteur en chef de La Presse, le plus grand quotidien francophone du pays, Foued Allani n’est pas du genre à retourner sa veste. Il en a payé le prix. Le 17 janvier, un comité de salut public élu par la rédaction lui a symboliquement coupé la tête. Depuis, Foued a fait son mea culpa – «Nous étions les acteurs d’une pièce de théâtre» – et préfère penser qu’au fond, les journalistes étaient des victimes. «Ben Ali nous méprisait. Il avait poussé le cynisme jusqu’à se faire décerner la Plume d’or par notre Association.» Foued dirige à présent le service international de La Presse. Un placard doré. Il estime que maintenant, «on parle trop, on dit n’importe quoi ». Il rêve aussi de critiquer tout haut «le diktat de la révolution», mais laisse entendre qu’on le lui interdit et que de toute façon, il n’a plus «le cœur à écrire».

Une véritable catharsis

Complices bon gré mal gré de l’ancien régime, les journalistes tunisiens se livrent à une véritable catharsis, explique le politologue Larbi Chouikha. «La parole s’est libérée» et du même coup «nous sommes passés de pas d’infos à trop d’infos et de la langue de bois à la critique tous azimuts». Larbi codirige l’Autorité publique de réglementation des médias, une toute nouvelle instance destinée à réformer le secteur, gravement sinistré, de l’information et de la communication. Les dégâts sont considérables. En Tunisie, plus que dans les autres pays du Maghreb, le verrouillage était total. Internet et les réseaux sociaux représentaient le seul espace d’expression. Le pays compterait 3,6 millions d’internautes. Sur 10 millions d’habitants, c’est beaucoup. La «révolution du jasmin» est née sur Facebook et à l’approche du scrutin, télévisions et presse écrite ambitionnent de prendre le relais.

Honni, le ministère de la Communication a été dissous, mais jusqu’ici aucune structure publique n’a comblé le vide. L’instance dont fait partie Larbi Chouikha est provisoire et doit plancher sur des réformes. «L’une de nos missions consistera à réhabiliter la notion de service public, dévoyée par l’ancien régime.»

Depuis le 14 janvier, Rouidha et Lila en sont à leur troisième PDG. La rédaction a organisé un sit-in pour exiger une nouvelle ligne éditoriale. «Mais à quoi bon, remarquent les deux femmes, puisque nous ne maîtrisons pas les techniques du débat politique. Au lieu de poser des questions à un homme politique, nous l’apostrophons. Ou bien, c’est encore pire, le débat se transforme en tribune…»

Mustapha Ben Jaâfar, chef du Forum démocratique pour le travail et les libertés, reconnaît que «la situation est un peu anarchique», mais que «c’est inévitable dans un processus révolutionnaire». Les élections auront lieu dans trois mois. Un délai bien court. Inconnus jusqu’ici en Tunisie, les sondages politiques viennent de faire leur apparition. Mais le plus important, selon Ben Jaâfar, sera d’assurer à toutes les formations politiques un accès égal aux médias. Ce qui nécessitera sans doute «un sérieux coup de balai». Clientélisme et népotisme obligent, la plupart des médias privés appartiennent à des proches de l’ancien régime, dont deux des locomotives de l’audiovisuel : Hannibal TV et Nesma TV.

Les deux chaînes de la télévision publique peinent à leur faire de l’ombre. «Spoliée», selon Rouidha, par les Trabelsi – la famille de Leila Ben Ali -, elle accuse un trou budgétaire de 26 millions de dinars. «Près de 80 % des émissions que nous diffusions étaient produits par la société Cactus, qui appartenait à Belhassen Trabelsi, le frère aîné de Leila. Nous n’avons plus rien pour les remplacer. Nous meublons avec de vieux documentaires.»

Les journalistes tunisiens sont dans l’expectative. Comment éviter les pièges ? Le RCD, l’ancien parti au pouvoir, a été dissous, mais ses réseaux sont toujours actifs, note Foued Allani. L’ancienne nomenklatura risque de «brouiller les cartes », ajoute Mustapha Ben Jaâfar. Une cinquantaine de partis politiques seront en lice, «dont un certain nombre de petites formations artificielles téléguidées » par l’ex-RCD. «Nous tâtonnons, nous improvisons », admet sans peine Rouidha. Larbi Chouikha ne cache pas davantage sa perplexité. «Je consulte le site du CSA. Et, comme tout le monde en Tunisie, je suis inquiet, mais condamné à l’optimisme.»

Source : « Le Figaro » Le 26-04-2011

La Tunisie après le jasmin


 

Au fond d’une ruelle, où s’alignent boutiques de tapis et étalages d’épices multicolores, un chameau à l’intérieur d’un bâtiment active une noria, système d’installation hydraulique du Moyen-Âge, servant à recueillir les eaux de pluie dans de grands bassins. «Ce puits fut l’un des premiers creusés au coeur de la ville, explique Sana, qui nous servira de guide pendant le voyage. Des femmes viennent ici chaque jour pour attacher des foulards de soie au cou du chameau afin d’obtenir des bénédictions.»

De là parvient soudain l’appel à la prière du minaret de la Grande Mosquée. Cet appel se fait cinq fois par jour. Il s’agit d’un rite très important en pays musulman… Je suis à Kairouan, une ville encore peu touchée par le tourisme de masse. Réputée pour sa Grande Mosquée, l’une des plus anciennes du monde, (construite en même temps que la ville, en 671), Kairouan est la quatrième ville sainte de l’Islam. Elle est aussi réputée pour son patrimoine architectural, qui reflète les nombreuses civilisations qui s’y sont succédé… et pour ses fameuses fabriques de tapis.

Me mêlant aux marchands venus offrir leurs parfums, laines, onguents, babouches richement brodées, tenues de circoncision, je perçois un peu l’âme de ce pays à travers ses souks, où bat le coeur de la vie quotidienne. C’est le vrai visage de la Tunisie. Cette Tunisie qui depuis quelques mois réclame haut et fort sa liberté et sa démocratie.

Jusqu’à cette révolution du jasmin qui a bousculé le monde arabe, la Tunisie accueillait chaque année cinq millions de visiteurs qui venaient se rassembler principalement le long de ses côtes. «Évidemment, le tourisme a connu une baisse, mais la situation se rétablit et nous sommes optimistes quant à l’avenir», souligne Néji Gouider, directeur du bureau du tourisme tunisien au Canada. «La Tunisie est un pays de tolérance, d’accueil et d’hospitalité grâce à ce vent de liberté qui a soufflé sur le pays.»

Et qu’est-ce donc qui a fait du tourisme la première industrie du pays? Ses 1300 kilomètres de côtes dessinées de plages magnifiques en bordure de la Méditerranée sont très populaires. Le vacancier s’y retrouve comme dans n’importe quelle grande station balnéaire moderne avec ses hôtels de luxe, golfs, casinos, discothèques, petits ports de plaisance à l’allure de cartes postales, etc. La seule région de Sousse et de Port El Kantaoui, par exemple, compte plus d’une centaine d’établissements hôteliers quatre et cinq étoiles. Et la médina toute neuve de Yasmine-Hammamet, qui imite la médina ancienne, semble fasciner les touristes.

Mais la côte n’a rien de typique. La véritable Tunisie se dévoile hors des sentiers battus et, pour la découvrir, il faut avaler les kilomètres. Le pays se parcourt aisément en une semaine et il offre une impressionnante mosaïque de paysages : des montagnes et vallées fertiles, au nord, jusqu’aux palmeraies et oasis, au sud, le visiteur y voit défiler des paysages fabuleux qui ont servi de décor à des films célèbres, il traverse une mer de sel aux horizons infinis, y découvre des maisons creusées dans la terre comme il en existait il y a 3000 ans, se balade au travers de ruines romaines, s’extasie devant des paysages lunaires et des étendues de sable plissées comme la peau d’un éléphant… «Nous pouvons voyager dans le pays, du nord au sud, en toute sécurité, tient à souligner Néji Gouider. Le voyageur peut circuler dans toutes les zones touristiques et partir en excursion dans le désert sans problème.»

À partir de Tunis

La capitale Tunis mérite certainement un arrêt. Européenne sur l’avenue Habib-Bourguiba, avec ses commerces, restaurants, grands hôtels et terrasses, d’où l’on peut observer le rythme de la ville, elle dégage une atmosphère plutôt moyenâgeuse dans la vieille médina, qui conserve ses traditions. Autour de sa mosquée La Zitouna s’alignent ses ruelles étroites qui mènent à ses nombreux souks : les souks des orfèvres, des parfumeurs, des étoffes, des teinturiers et des fabricants de chéchias en laine rouge (petit chapeau masculin traditionnel) tiennent tous les sens en éveil.

À quelques kilomètres de là, Carthage, berceau de la Tunisie, domine la baie de Tunis. Fondée en 820 avant Jésus-Christ, Carthage fut marquée par une succession d’invasions. On rapporte dans les guides de voyage qu’elle finit par devenir une carrière pour les bâtisseurs de Tunis qui réutilisaient les pierres de la cité antique pour élever des mosquées. Plusieurs sites attirent l’intérêt du visiteur, dont l’ancienne cathédrale Saint-Louis, le musée de Carthage et les fameux thermes d’Antonin.

La route de Carthage rejoint le petit village mythique Sidi Bou Saïd, village bleu et blanc dessiné de rues étroites et perché au-dessus de la Méditerranée. Ce village autrefois fréquenté par les artistes célèbres, dont André Gide, Georges Bernanos et Paul Klee, charme toujours les touristes avec ses villas, ses cafés, ses galeries d’art et son festival de musique arabe et andalouse durant l’été.

L’architecture de Sidi Bou Saïd concentre sur un petit territoire toutes les facettes de l’histoire méditerranéenne, raconte Karim Ben Hassine Bey, qui y dirige un petit hôtel de charme. Au fil des conquêtes, Berbères, Romains, Vandales, Arabes, Espagnols, Turcs, Africains et Normands ont marqué le pays de leur empreinte. Et Sidi Bou Saïd résume toutes ces civilisations. Le village est classé au Patrimoine mondial de l’UNESCO, comme le sont d’ailleurs de nombreux sites en Tunisie. Mais il faut choisir le moment idéal pour y aller, car l’endroit est très fréquenté.

Oasis de verdure

Rares sont les voyageurs qui n’éprouvent pas un coup de coeur pour le sud de la Tunisie. Mais s’ils prennent la route vers le nord, ils découvriront l’autre visage du pays : celui de la Tunisie verte, qui contraste fortement avec le Sud désertique. En traversant la région de Beja, notre guide Sana raconte : «Cette région est l’ancien grenier de l’empire romain et encore aujourd’hui, plus de 90 % de la superficie du territoire est vouée à l’activité agricole. On y produit entre autres l’huile d’olive, les céréales et le vin.» Dans ce paysage qui ressemble à une vaste courtepointe vallonnée, il n’est pas rare d’être immobilisé sur la route par des bergers et leurs troupeaux, avec qui nous échangeons des sourires et quelques clics pour la photo.

Le tourisme s’est développé autour de la pittoresque Tabarka, la ville du corail rouge. À sept kilomètres de la frontière algérienne, la ville est campée au fond d’un golfe et entourée par les monts de la Kroumirie. Sa côte est jalonnée de complexes hôteliers luxueux et de centres de thalassothérapie qui ont vue imprenable sur la mer. Tabarka est principalement fréquentée par les plaisanciers, golfeurs et amateurs de plongée sous-marine qui viennent y admirer ses jardins de corail rouge. «La pêche au corail était autrefois une activité florissante. Mais il ne reste plus que trois pêcheurs à Tabarka», explique le propriétaire d’une boutique de bijoux fabriqués avec cette matière. «Plus personne n’a envie de s’adonner à cette pêche, qui est difficile et peu lucrative.» Sur la côte ouest de la ville se dressent les impressionnantes aiguilles de Tabarka, des formations rocheuses érodées par la mer. Et au coeur de la ville, le vieux café andalou, fréquenté par les hommes tunisiens, nous fait entrer dans un autre siècle.

De Tabarka, nous empruntons une route escarpée et sinueuse qui offre de superbes points de vue sur les montagnes de la Kroumirie, dont les hauteurs sont couvertes de chênes-lièges. Nous apercevons en contrebas un village aux toitures rouges, Aïn- Draham, qui ressemble étrangement à un village européen. Nous ne sommes pas au bout de notre étonnement. Car cette forêt fourmille de sangliers, de daims, de renards… D’ailleurs, la région est une destination prisée pour la chasse aux sangliers. «C’est l’endroit le plus froid de la Tunisie», me confie Slim, le chauffeur, en arrêtant la voiture pour me montrer l’arbre qui a été à l’origine d’une prospère industrie du liège. «En hiver, la région est souvent enneigée et une fois tous les cinq ans environ, le village est complètement immobilisé par une tempête de neige.»

Dans une boutique décorée de miroirs et de boiseries bleues, où s’empilent des pyramides de confiseries et de gâteaux, force est de constater que la Tunisie a la dent sucrée. Dans cette caverne d’Ali Baba s’amoncellent les fameux makhrouds, spécialité de la ville de Kairouan : makhroud fourré à la pâte de dattes, au beurre, au sésame, à l’amande, et aussi les baklava, nid d’oiseau, oeil de chat, doigt de nègre, loukoum… des gâteries dont se délectent les Tunisiens pendant le ramadan.

Source : « Cyberpresse » Le 26-04-2011

Le Tunisien Rached Ghannouchi expose sa conception de l’islam politique


 

Par Isabelle Mandraud

Impossible de prendre en défaut Rached Ghannouchi. Le fondateur du parti islamiste tunisien Ennahda, interdit pendant les années Ben Ali, avance méthodiquement les arguments qui font mouche : « démocratie »,« égalité des sexes », « liberté de conscience et d’expression »,« justice pour tous », « préservation de l’environnement »… A ceux qui doutent, il assène avec un large sourire, laissant pantois ses interlocuteurs : « Celui qui n’évolue pas disparaît, c’est la loi de Darwin. »

Pour la première fois depuis plus de vingt ans, Rached Ghannouchi, 69 ans, était en France pour assister à la 28e rencontre annuelle des musulmans de France, organisée du 22 au 25 avril au Bourget, dans la banlieue de Paris, par l’Union des organisations islamiques de France (UOIF). Heureux de faire entendre sa voix dans le contexte d’un « printemps arabe » où la Tunisie tient la première place. « Il n’y a pas un pays arabe qui ne sera pas touché par le vent de la révolution, assure-t-il ce lundi 25 avril, parce que les situations se ressemblent : absence d’Etat de droit, transformation de l’Etat en mafia, chômage, grand écart entre l’Etat et la société. » Mais sa visite a aussi un sens : toucher une partie des 500 000 Tunisiens qui résident en France, à l’aube d’une campagne électorale majeure en Tunisie destinée à élire, le 24 juillet, l’Assemblée constituante. Ennhada s’y prépare.

Hier banni, ses membres dirigeants en prison ou en exil, comme M. Ghannouchi réfugié pendant dix-huit ans à Londres, le parti islamiste refait ses forces : une nouvelle direction a pris les commandes, son journal, interdit pendant vingt-trois ans reparaît en Tunisie et plus de 170 locaux ont été ouverts à travers tout le pays depuis la chute de l’ancien régime.

En quête de reconnaissance, il accueille avec satisfaction l’offre de dialogue avec les« courants islamiques  » lancée récemment par le ministre des affaires étrangères Français, Alain Juppé.« C’est une bonne nouvelle, venue un peu tard, mais c’est très bien, juge-t-il. La France est un pays important pour nous et cela aura des conséquences positives sur les relations franco-tunisiennes, c’est pour cela que nous valorisons ces déclarations. » « Les problèmes d’immigration trouveront dans ce cadre une solution », ajoute M. Ghannouchi. Des contacts, bientôt, seront noués. « J’ai un visa pour cinq ans, glisse-t-il, et nous pouvons multiplier les visites. » Prudent, il élude cependant la question de l’intervention de la France et de ses alliés en Libye : « C’est aux Libyens de décider. »

La violence du début des années 1990 en Tunisie, où des attentats avaient été commis par des militants d’Ennahda, est pour lui du « passé ». « Ces actions se sont déroulées en réaction à la violence du pouvoir alors que la direction de notre mouvement était en prison, et nous les avons condamnées », affirme-t-il.

Aujourd’hui, Ennhada tient un discours aux antipodes des courants salafistes dont il se distingue – notamment du parti Hizb ut-Tahrir présent en Tunisie – approuvant la parité pour les listes lors du vote de la future Assemblée constituante tunisienne et promettant même des « femmes têtes de liste ». La charia ? « L’Etat tunisien est un Etat islamique selon l’actuelle Constitution, sa législation est inspirée de la charia, elle-même influencée par les lois françaises de Napoléon, elles-mêmes influencées par le malékisme, répond M. Ghannouchi. Quand Napoléonest revenu d’Egypte, il a ramené deux choses : l’obélisque et le livre de Khalil, l’un des grands livres de jurisprudence malékite. Vous voyez, il y a des points communs entre la législation française et tunisienne. »

Intervenant, lundi, devant une salle bondée sur le thème « Le musulman face à ses défis », le chef d’Ennahda a longuement plaidé contre « l’extrémisme qu’il faut combattre ». « Ce n’est pas une conviction de l’islam mais une maladie qui a traversé toutes les civilisations, a déclaré M. Ghannouchi. Il a été produit dans les prisons d’Egypte, il prend racine dans un environnement qui est malade. » « L’image de l’islam, a-t-il poursuivi, a été profondément dénaturée, l’islam est devenu le symbole de l’anti-démocratie, de la violence et du terrorisme, il serait contre l’art, la beauté, le droit des femmes, aujourd’hui, on le présente comme un fléau. »

Prônant un monde« qui prend en compte la diversité religieuse », il cite en exemple les révoltes arabes contemporaines où l’action conjuguée de laïcs et d’islamistes ont permis « de faire partir les tyrans ». « Ces mouvements, a-t-il conclu, appellent à la cohésion nationale et sociale. » Une leçon apprise en Tunisie, où le soulèvement, conduit d’abord par des jeunes et les régions défavorisées, a été soigneusement analysé par le parti qui a rejoint, bien plus tard, le mouvement.

Source : « Le Monde.fr » Le 16-04-2011

Tunisie : Guérilla électronique contre Ennahdha?


 

Une série de pages fans ont également été créées sur le réseau social, pour tourner en dérision ce parti politique, décrit comme étant le plus important sous l’ère d’après Zaba. Les Nahdhaouis resteront-ils les bras croisés face à cette véritable attaque virtuelle ? Ennahdha subit une attaque sans précédent sur le web. Le site officiel de Rached Ghannouchi, le cheikh du mouvement a été piraté, a rapporté le journal électronique tunisiehautdebit.com. Et le leader politique historique du mouvement semble particulièrement ciblé par les internautes tunisiens. Sur Facebook, plusieurs vidéos reprises d’émissions télés auxquelles il a participé ont été mises en ligne. L’objectif étant de monter l’évolution du discours de Ghannouchi, en soulignant tout ce qu’il peut avoir de contradictoire. Les adversaires politiques du Cheikh sont également en vedette. L’intervention de Mohamed Talbi sur la télévision nationale, dans laquelle il attaque frontalement le leader historique d’Ennahdha a vite été reprise sur le réseau social. Une série de pages fans ont également été créées sur le réseau social, pour tourner en dérision ce parti politique, décrit comme étant le plus important sous l’ère d’après Zaba. Ainsi, on retrouve des photos de profil similaire, avec des variations sur le même thème, s’affichant comme appartenant à des militants des jeunes d’Ennahdha, mais en prenant des titres dérisoires, du style «Chabab haraket ennahdha fi Monoprix», «Chabab haraket ennahdha el Massounioun». De quoi semer la confusion, et brouiller les images dans une véritable opération de guérilla médiatique électronique. A croire que certains adversaires du parti d’inspiration islamique se sont organisés et se sont partagé les tâches pour coordonner et multiplier les attaques. Les Nahdhaouis resteront-ils les bras croisés face à cette véritable attaque virtuelle lancée contre eux ? Rien n’est moins sûr. Car le web est désormais pris très au sérieux par toutes les familles politiques tunisiennes, conscientes de l’importance du Net. L’exemple du militantisme 2.0 qui a accompagné le déroulement de la Révolution Tunisienne est trop récent pour être oublié. On rappellera que le mouvement Ennahdha a été l’un des tout premiers partis politiques en Tunisie, à acheter des insertions publicitaires sur Facebook. Reste à savoir quelle forme prendra la contre-attaque des partisans de Rached Ghannouchi.

Source : « Tekiano » Le 26-04-2011

Tunisie: le mouvement Ettajdid en faveur d’un front national uni


 

Le Mouvement «Ettajdid» a affirmé son adhésion absolue à l’appel lancé par des partis politiques, des associations, des organisations, des personnalités indépendantes et des syndicalistes en vue de former un front national uni basé sur des fondements démocratiques, progressistes et modernistes et de se regrouper sur des listes communes, lors des élections de l’Assemblée Constituante. Dans un communiqué rendu public, mardi, le Mouvement «Ettajdid» fait part de son attachement aux principes et valeurs prônés par cette initiative visant à construire un Etat démocratique, moderne et équitable, précisant que cette initiative vient répondre aux exigences de placer l’intérêt du pays au-dessus des considérations politiques et des intérêts partisans et de réaliser un projet sociétal consolidant les choix de la démocratie, de la modernité et de l’équité sociale. En conclusion, le Mouvement se dit disposé à contribuer directement à la concrétisation de cette initiative, à l’élaboration de son programme électoral ainsi qu’à la préparation des listes de ses candidats dans toutes les circonscriptions.

Source : « Espace Manager » Le 26-04-2011

Vers le recrutement de cadres tunisiens par Qatar


 

Le Qatar est prêt à consolider ses relations de coopération avec la Tunisie et à les élargir pour englober d’autres domaines » a affirmé Cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani, prince héritier et vice-Emir de l’Etat du Qatar qui a souligné la volonté de son pays de « conforter les efforts de recrutement des cadres tunisiens pour travailler à l’Etat du Qatar et en particulier parmi les diplômés du supérieur ». Lors de l’entretien qu’il a eu, lundi, avec le ministre de la Défense nationale Abdelkarim Zbidi qui était en visite officielle à Doha, Cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani, a exprimé la disposition de son pays à inciter les investisseurs qataris à contribuer au financement de projets de développement dont le gouvernement tunisien envisage la réalisation dans les différentes régions, dans le souci de créer de nouveaux postes d’emploi et de garantir l’équilibre entre les régions. M. Zbidi était porteur d’un message écrit du Président de la République par intérim Foued Mebazaa à son frère Cheikh Hamad Ben Khalifa Al Thani, Emir de l’Etat du Qatar, message qu’il a remis au prince héritier cheikh Tamim Ben Hamad Al Thani. Ce message porte notamment sur l’évolution des relations bilatérales ainsi que sur des questions d’intérêt commun. Accompagné d’une délégation militaire de haut niveau, le ministre de la Défense nationale a eu une série d’entretiens avec plusieurs responsables qataris, dont le chef d’état-major des forces armées, le ministre du Travail, le ministre de la Santé, le ministre de l’Intérieur et le chef de la garde présidentielle.

Source : « Leaders » Le 26-04-2011

An Arab spring for women


 

The « Arab Spring » has received copious attention in the American media, but one of its crucial elements has been largely overlooked: the striking role of women in the protests sweeping the Arab world. Despite inadequate media coverage of their role, women have been and often remain at the forefront of those protests.

As a start, women had a significant place in the Tunisian demonstrations that kicked off the Arab Spring, often marching up Bourguiba Avenue in Tunis, the capital, with their husbands and children in tow. Then, the spark for the Egyptian uprising that forced President Hosni Mubarak out of office was a January 25th demonstration in Cairo’s Tahrir Square called by an impassioned young woman via a video posted on Facebook. In Yemen, columns of veiled women have come out in Sanaa and Taiz to force that country’s autocrat from office, while in Syria, facing armed secret police, women have blockaded roads to demonstrate for the release of their husbands and sons from prison.

But with such bold gestures go fears. As women look to the future, they worry that on the road to new, democratic parliamentary regimes, their rights will be discarded in favor of male constituencies, whether patriarchal liberals or Muslim fundamentalists. The collective memory of how women were in the forefront of the Algerian revolution for independence from France from 1954 to 1962, only to be relegated to the margins of politics thereafter, still weighs heavily.

Historians will undoubtedly debate the causes of the Arab Spring for decades. Among them certainly are high rates of unemployment for the educated classes, neoliberal policies of privatization and union-busting,corruption in high places, soaring food and energy prices, economic hardship caused by the shrinking of employment opportunities in the Gulf oil states and Europe (thanks to the 2008 global financial meltdown), and decades of frustration with petty, authoritarian styles of governing. In their roles as workers and professionals as well as family caregivers, women have suffered directly from all these discontents and more, while watching their children and husbands suffer, too.

In late January, freelance journalist Megan Kearns pointed out the relative inattention American television and most print and Internet media gave to women and, by and large, the absence of images of women protesting in Tunisia and Egypt. Yet women couldn’t have been more visible in the big demonstrations of early to mid-January in the streets of Tunis, whether accompanying their husbands and children or forming distinct protest lines of their own — and given Western ideas of oppressed Arab women, this should in itself have been news.

Women take to the sreets from Tunisia to Syria

To start with Tunisia, women there have, in fact, been in the vanguard of protest movements and social change since the drive to gain independence from France of the late 1940s. Tunisian women have a relatively high literacy rate (71%), represent more than one-fifth of the country’s wage earners, and make up 43% of the nearly half-million members of 18 local unions. Most of these unionized women work in the education, textile, health, city services, and tourism industries. The General Union of Tunisian Workers (French acronym: UGTT) had increasingly come into conflict with the country’s strongman, Zine el-Abidine Ben Ali, and so its rank and file enthusiastically joined the street protests. Today, the UGTT continues to pressure the government formed after Ben Ali fled to move forward with genuine reforms.

In all of this, women opinion-leaders played an important part. To take one example, although like most prominent Tunisians movie star Hend Sabry had been coerced into supporting Ben Ali and his mafia-like in-laws, when the anti-government rallies began she broke with the autocrat, warning him in a Facebook post against ordering his security forces to fire on the protesters. Later, she admitted to being terrified at making such a public gesture, lest her relatives in Tunis be harmed or she be permanently exiled from her homeland.

In Egypt, the passionate video blog or « vlog » of Asmaa Mahfouz that called on Egyptians to turn out massively on January 25th in Tahrir Square went viral, playing a significant role in the success of that event. Mahfouz appealed to Egyptians to honor four young men who, following the example of Mohammed Bouazizi (in an act which sparked the Tunisian uprisings), set themselves afire to protest the Mubarak regime.

Although the secret police had already dismissed them as « psychopaths, » she insisted otherwise, demanding a country where people could live in dignity, not « like animals. » According to estimates, at least 20% of the crowds that thronged Tahrir Square that first week were made up of women, who also turned out in large numbers for protests in the Mediterranean port of Alexandria. Leil-Zahra Mortada’s celebrated Facebook album of women’s participation in the Egyptian revolution gives a sense of just how varied and powerful that turnout was.

As in Tunisia, Egyptian women make up a little more than one-fifth of wage-earning workers — and labor has long been a powerful force for change in that country. Before they began to mobilize around the Tahrir Square protests, Egyptian workers had staged over 3,000 strikes since 2004, with women sometimes taking the lead. During the height of the protests against the rule of long-time dictator Hosni Mubarak, unionized workers even formed a new, nationwide umbrella trade union.

In Libya, women’s protests proved central to the movement of entire cities out of the control of Col. Muammar Gaddafi, as with Dirna in the western part of the country in February. What makes the prominence of women demonstrators there so remarkable is that city’s reputation as a stronghold of Muslim fundamentalism. The abuse of women, a central issue in countries like Libya, even burst into consciousness when a recent law-school graduate from a middle-class family in Tobruk, Iman al-Obeidi, broke into a government press conference in Tripoli to charge that Gaddafi’s troops had detained her at a checkpoint and then raped her. Her plight provoked women’s demonstrations against the regime in the rebel-held cities of Benghazi and Tobruk.

On April 15th, Yemeni president for life Ali Abdullah Saleh scolded women for « inappropriately » mixing in public with men at the huge demonstrations then being staged in the capital, Sanaa, as well as in the cities of Taiz and Aden. In this way, the issue of women’s place in the mass protests against decades of autocracy was, for the first time, explicitly broached by a high political figure — and the response from women couldn’t have been clearer. They came out in unprecedented numbers throughout the country, and even in the countryside, day after day, accusing the president of « besmirching their honor » by implying that they were behaving brazenly. (It is a longstanding value in the Arab world to avoid impugning the honor of a chaste woman.) In other words, they turned his attempt to invoke Arab mores about women’s seclusion from the public sphere into a rallying cry against him.

Women of a certain age who lived in the southern part of the country found the president’s taunt particularly painful, given that they had grown up in the People’s Democratic Republic of Yemen (PDRY), ruled by a communist regime that promoted women’s rights. They were not subjected to more conservative norms until Saleh united the PDRY with northern Yemen in 1990. Unlike in Tunisia and Egypt, only about a quarter of Yemeni women can read and write, only 17% have finished high school, and only 5% are wage earners, though most work hard all their lives, many on farms. Still, in urban areas such as Aden, Taiz or Sanaa, middle and upper middle class women have an important place in the professions and business, or as schoolteachers, and more than a quarter of college students are women.

Faced with the power of outraged women, Saleh quickly backed off, maintaining that, as a secular Arab nationalist, he believed they should be full participants in the political affairs of the nation. He had simply been wondering aloud, he claimed, how members of the opposition Islah Party, a fundamentalist Muslim organization, were so willing to allow women to march in the streets against him when they favored women’s seclusion on all other occasions.

In Syria as well, on several occasions, women have shown their strength and bravery, turning out in forceful demonstrations — sometimes without men, but with their children in tow. Near the town of Bayda, for instance, thousands of women shouting « We will not be humiliated! » cut off a coastal road to protest a heavy-handed government policy in which the secret police of President Bashar al-Assad had arrested their demonstrating male relatives. On other occasions, Syrian women have staged all-female marches to demand democracy and changes in regime policy.

Source: “Cbs News” Le 26-04-2011

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