26 août 2011

فيكليوم،نساهم بجهدنا فيتقديمإعلام أفضل وأرقى عنبلدنا،تونس Un effort quotidien pour une information de qualité sur notre pays, la Tunisie. Everyday, we contribute to a better information about our country, Tunisia

TUNISNEWS
11 ème année, N°4075 du 26.08.2011

 


Liberté et Equité: Manifestat​ion devant l’ambassad​e d’Irak à Tunis

Emad JELOUALI : Soutien au prisonniers Français, Mohamed Ali JELOUALI et Mohammed ZAIED

La Presse: Justice — Magistrats corrompus, Le SMT tire à boulets rouges sur «les listes de la honte»

Business News: Tunisie : Les voyeurs ne verront pas la « liste noire » des juges

Mediapart: Tunisie: l’indigence des programmes de réformes économiques des partis

Kapitalis: Le blues des hôteliers tunisiens se poursuit

Al-Ahram: Failings of Tunisia’s elite

Huffington Post: The View From Tunisia: The Sexual Revolution In Libya

Le Nouvel Observateur: Libye, Tunisie, Egypte: une force alternative dans le monde arabe

Le Post: La chute de Tripoli et la perspective d’un nouvel Irak en Afrique du Nord

Salte Afrique: La justice internationale est-elle raciste?


Liberté et Equité

Organisation de droits humains indépendante

Adresse électronique : liberte_equite@yahoo.fr

Tunis, le 25 août 2011

Mardi 23 août un rassemblement de protestation s’est tenu devant l’ambassade irakienne pour exiger du gouvernement irakien la livraison des détenus tunisiens en Irak, arrêtés dans la foulée des raids américains sur l’Irak. Des centaines de familles étaient présentes. Elles ont exigé la libération de leurs fils détenus sans procès dans les prisons irakiennes depuis des années dont certains sont menacés de la peine de mort et d’autres ont disparu. Elles ont scandé des slogans réclamant la liberté des détenus et leur retour dans leur pays et leurs familles. Nombre d’avocats étaient présents également qui soutiennent la revendication de libération immédiate. Pour l’organisation Liberté et Equité étaient présente Maître Najet Labidi ainsi que monsieur Ahmed Kahlaoui pour le comité de défense des détenus politiques à l’étranger.

La manifestation a eu pour résultat de faire sortir l’ambassadeur irakien. Ce dernier a discuté avec les manifestants et il a reçu une délégation composée de Maître Najet Labidi pour l’organisation Liberté et Equité ainsi que monsieur Tahar Herzi, en tant que représentant des familles des détenus.

La délégation a pu détailler les revendications des manifestants centrées sur trois points essentiels :

1)La suspension immédiate de l’exécution des peines de mort visant Mohammed Medini et Yosri Trigui

2)Le sort des Tunisiens disparus en Irak depuis la chute du régime de Saddam Hussein et les raids américains.

3)La libération de tous les Tunisiens qui se trouvent dans les geôles irakiennes dans conditions avilissantes, torturés et terrorisés, privés de procès équitables et de droit à la défense. Et ce, d’autant plus que nombre d’avocats irakiens ont subi des pressions diverses les menant à abandonner la défense de leurs clients. La plupart des Tunisiens détenus en Irak n’ont pas comparu devant la justice durant toutes ces années. Il n’y a pas eu d’enquête, et ce, en contravention des conventions internationales des droits de l’homme prévoyant le droit de toute personne détenue à un procès équitable dans un délai prévu par la loi, et son droit à ne pas être torturée ni maltraitée. Maître Najet a fait remarquer que ces principes n’avaient pas été respectés par le gouvernement irakien.

En guise de réponse, l’ambassadeur irakien a affirmé avoir reçu un courrier du ministre de la justice tunisien en ce qui concerne la non exécution de la peine de mort pour Yosri Trigui et que ce courrier avait été transmis au gouvernement irakien. L’ambassadeur a demandé à la délégation de lui fournir la liste des disparus tunisiens en Irak et il a affirmé qu’il transmettrait ces demandes à son gouvernement […] L’ambassadeur a remarqué que la durée de détention durait sans doute des années sans que les personnes ne soient déférées devant la justice et que la raison en revenait selon lui au grand nombre de personnes détenues.

[…]

Pour l’organisation Liberté et Equité

Le chargé de l’information

Monsieur Omar Graïdi

(Traduction d’extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)


 

Deux Français, Mohamed AliJELOUALI et MohammedZAIED, sont détenus depuis le 15 février 2008 dans la prison de Mornaguia à Tunis. Le 27 juin 2009, ils sont jugés et condamnés à la prison à perpétuité, par la 4ème chambre pénale du Tribunal de première instance de Tunis, présidée par le juge MehrezHAMMAMI, juge corrompu et démis de ses fonctions depuis la révolution tunisienne du printemps 2011.

À l’issue du procès en appel, la peine de M. Zaied a été abaissée à 41 ans et celle de M. Jelouali à 21 ans. Leur demande de cassation, qui a eu lieu juste avant la révolution, a été refusée malgré de nombreux vices de procédure. Lors des deux procès, les juges se sont fondés essentiellement sur des aveux obtenus sous la torture pour prononcer les condamnations. Nos compatriotes souffrent aujourd’hui encore de séquelles physiques et surtout psychologiques résultant de leurs interrogatoires. Ils sont actuellement défendus par MeABBOU et MeNASRAOUI, deux avocats tunisiens défenseurs des droits de l’Homme, qui viennent de porter plainte pour les actes de torture subis par leur client respectif et demandent la révision de leur procès.

Une lueur d’espoir : Onsi ABICHOU, qui dans cette même affaire avait été condamné à la prison à perpétuité par le même juge, vient d’être acquitté en appel jeudi 19 mai 2011. Il est fort probable que si le procès de M JELOUALI et MZAIEDs’était tenu après la révolution, ils auraient été également acquittés. En effet tout le monde en Tunisie reconnait aujourd’hui que le trafic de stupéfiant était la chasse gardée de la belle famille de l’ex-président BEN ALI, la famille TRABELSI. Et que la volonté de montrer aux pays occidentaux l’image d’un régime en guerre contre ce type de trafic a conduit à condamner arbitrairement des innocents.

MJELOUALI et MZAIED sont aujourd’hui en France soutenus dans leur combat par Maître William BOURDON et par l’association ACAT-France (Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture) qui s’est déplacée en Tunisie pour les rencontrer et dénoncer au niveau international leur situation et leurs conditions de détention.

Nous espérons obtenir votre soutien, par la diffusion de cet articleet la signature de la pétition disponible sur le site www.justiceaujasmin.comet en envoyant un courrier au Ministre tunisien de la Justice pour demander une révision du procès et l’ouverture d’une enquête sur les actes de tortures perpétrés sur nos deux ressortissants (un modèle de lettre est disponible sur le site internet).

Nous contacter : Emad JELOUALI

ejelouali@gmail.com

tél : 06 64 29 51 90 / 01 77 06 27 33

 


Justice — Magistrats corrompus

Le SMT tire à boulets rouges sur «les listes de la honte»


 
L’ouverture des dossiers de la corruption des magistrats demeure une compétence exclusive du gouvernement
Réunis, hier, autour de la présidente de leur syndicat, Mme Raoudha Laâbidi, les membres du bureau exécutif du Syndicat des magistrats tunisiens (SMT) ont martelé, au cours d’une conférence de presse, une idée principale et une position irréversible : un non catégorique aux jugements collectifs et un rejet sans équivoque des listes, quelles que soient les parties qui sont chargées de les établir.
«Cette position a été transmise au Premier ministre qui nous a reçus lundi dernier pour écouter nos aspirations et nos préoccupations», n’a pas manqué de préciser Mme Laâbidi.
Les préoccupations des magistrats ainsi que leurs revendications consistent principalement en la critique «du mode de traitement par le ministère de la Justice du dossier judiciaire et de son laxisme à protéger les magistrats lors de l’accomplissement de leur mission».
Les membres du syndicat des magistrats expriment également leur rejet des mutations et promotions opérées au sein du corps judiciaire et qui n’ont pas répondu aux attentes des magistrats et n’ont pas tenu compte des normes objectives convenues avec le syndicat.
Mme Raoudha Laâbidi a insisté sur «le précédent grave que va constituer l’élaboration par les magistrats (l’Association a déjà annoncé son intention d’établir une liste des juges corrompus) d’une liste qu’ils considèrent comme étant impliqués dans les affaires de corruption et de malversation qui ont marqué le monde judiciaire durant les 23 ans du régime déchu».
Elle considère, en effet, que «ceux qui se sont autoproclamés rédacteurs des listes de la honte et de la malversation n’ont aucune légitimité pour accomplir une telle mission qui ne peut figurer, en aucune manière, parmi les compétences ou les prérogatives d’une association ou d’un syndicat».
Pour les membres du SMT, il est un fait suscitant une unanimité remarquable‑: l’examen réel et sérieux du dossier de la malversation et de la corruption dans le secteur judiciaire (avec toutes ses composantes, soulignent-ils) doit provenir d’une volonté politique déterminée exprimée clairement par le gouvernement provisoire. Il n’existe aucune autre partie habilitée à traiter le dossier.
La raison est on ne peut plus simple : c’est le gouvernement qui dispose des mécanismes qui lui permettent d’ouvrir réellement le dossier, de démasquer les coupables par des preuves irréfutables et de rétablir les vérités qui sont en train de se diluer dans ce tumulte de rumeurs, de surenchères et de contre-vérités (liste fabriquée des juges considérée comme corrompus circulant sur la Toile).
«Ces mécanismes s’appellent le tribunal immobilier, le ministère des Finances et la Chambre des sanctions financières qui renferment les dossiers et les secrets relatifs aux milieux d’affaires traités annuellement par les tribunaux tunisiens. L’ouverture du dossier de la malversation demeure une compétence exclusive du gouvernement», souligne Mme Laâbidi.
 
60 plaintes contre les sites internet
 
M. Issam Lahmar, secrétaire général du syndicat, a déploré la campagne de dénigrement menée contre les magistrats, surtout après la publication sur Internet de la «liste truquée des magistrats considérés comme corrompus et dont les noms ont été extraits, à leur insu, de la liste des magistrats qui ont appelé dans une pétition signée en 2005 à un congrès extraordinaire de l’Association des magistrats tunisiens après avoir constaté que le bureau exécutif à l’époque a dévié de sa mission».
Les résultats de cette campagne ne se sont pas fait attendre puisque les actions de pression et d’agression des magistrats augmentent de jour en jour.
«A Sfax, deux prévenus ont été libérés suite aux menaces adressées au juge d’instruction qui a décidé leur arrestation.
A Sidi Bouzid, un juge violenté par un avocat a décidé également d’ordonner la mise en liberté d’un prévenu.
Enfin, le substitut du procureur‑de la République à Grombalia a été agressé dans l’enceinte du Tribunal de première instance.
Deux instructions ont été ouvertes à Grombalia et à Sidi Bouzid et 60 plaintes ont été déposées contre les sites internet par les magistrats qui estiment leurs droits lésés et leur respectabilité atteinte», a-t-il précisé.
Quant à M. Boubaker Souguir, vice-président du Syndicat des magistrats, il a tenu à rétablir une vérité que certains cherchent à ignorer : «Le SMT a milité depuis sa création pour l’ouverture du dossier de la corruption dans le secteur judiciaire.
Par ailleurs, il n’est pa disposé, quelles que soient les pressions ou les interventions, à défendre un juge dont la corruption a été prouvée.
Nous sommes en train de préparer, au niveau du syndicat, l’organisation d’une table ronde qui regroupera toutes les parties prenantes et qui permettra d’examiner le dossier sous toutes ses dimensions.
Le syndicat s’attelle actuellement à la mise en œuvre d’un code de conduite régissant l’exercice du métier de magistrat. Il sera soumis à la discussion de toutes les parties impliquées dans le domaine judiciaire».
Auteur : A.DERMECH
(Source: “La Presse” (quotidien – Tunisie) le 26 aout 2011)
 

Tunisie : Les voyeurs ne verront pas la « liste noire » des juges


 
 
 
Présidé par Raoudha Laâbidi, le Syndicat des Magistrats Tunisiens (SMT) a tenu aujourd’hui mercredi 24 août 2011, une conférence de presse, au Palais de la Justice de Tunis afin de traiter de la situation actuelle de la magistrature, d’évaluer la prestation du ministère de la Justice et la position du gouvernement et de l’opinion publique par rapport au corps des magistrats. Mme. Laâbidi a rappelé que les juges sont quasiment sujets à un complot. Le SMT a affirmé qu’une série de surenchères a été lancée contre les magistrats.
 
Rappelons que l’AMT, frère-ennemi du syndicat avait lancé un appel aux citoyens de mettre à la disposition de la justice toute donnée relative aux dossiers et personnes soupçonnées de corruption. Cet appel a été précédé de l’initiative de dresser une liste des juges corrompus. L’AMT a, dans ce sens, désigné une commission chargée de préparer cette fameuse liste, or, selon Mme Laâbidi, cette commission est anonyme, donc son travail est loin d’être transparent et objectif.
 
L’appel lancé par l’AMT est, par ailleurs, considéré par le SMT, comme étant «dangereux» car il conduit à une «anarchie accusatoire». Il s’agit, en fait, selon la présidente tout simplement de «la loi de la jungle!». Elle a expliqué qu’une justice qui se base sur des listes est une justice collective et non individuelle. En outre, les accusations ou la mise sur la liste d’une telle ou telle personne sans preuves nuirait à la réputation de gens indûment et la justice aurait commis une vraie injustice envers elle-même.
Il est, donc dans ce cas, question d’une justice de vengeance et de règlement de comptes personnels. Le syndicat considère que le respect des procédures judiciaires est vital pour l’impartialité et l’équité de la justice et que l’urgence du moment est de restituer à la loi sa souveraineté. Il a été, de ce fait, décidé de ne pas divulguer le contenu de cette liste et d’en garder la confidentialité.
 
D’un autre côté, revenant sur la rencontre récente qu’a eue le syndicat avec le Premier ministre, le SMT a déclaré que le gouvernement s’est contenté «d’écouter» ses prises de position, or le SMT réclame qu’il y ait une volonté politique claire qui puisse concrétiser l’assainissement du corps de la magistrature. A ce propos, le syndicat a émis une série de critiques à l’encontre du ministère de la justice, dont en premier lieu le manque de collaboration logistique et administrative.
En effet, le ministère n’a encore livré aucun dossier de corruption et a laissé entendre qu’aucun dossier du genre n’a été trouvé. Seulement, les archives sont toujours là et il aurait suffi, selon Mme Laâbidi, de suivre par exemple les affaires de privatisation liées à la famille Trabelsi pour démanteler tout le réseau et mécanismes de la corruption de certains juges. En plus, le ministère n’a toujours pas donné de version officielle sur l’existence ou pas de ces dossiers. « Le flou règne et le ministère, sensé accomplir des prestations administratives, ne collabore pas prétextant ne pas s’immiscer dans la liberté et, par conséquent, compromettre l’indépendance de la justice», a ajouté Mme. Laâbidi.
Les erreurs commises par le ministère selon le SMT, sont encore plus graves quand il a été question de traiter avec le dossier des six juges présumés impliqués dans les affaires de l’ancien régime. Mme Laâbidi qualifie même de catastrophique les prises de position du ministère dans cette affaire. Ces juges ont été, en premier lieu, mutés au service des études, dans une tentative de camoufler le dossier et d’arranger la situation discrètement. Mais ensuite, une fois refusés d’accès à ce service, ces six juges ont eu la faveur d’être amnistiés sans qu’il y ait ouverture de leur dossier sur la corruption.
 
En définitive, le SMT se dit favorable à une ouverture du dossier de corruption mais non sur la base de liste pré établie et avec un maximum de vigilance et une garantie du respect total de la procédure judiciaire. Une vraie justice ne peut se baser sur des suppositions ni dépendre de l’humeur du juge. Elle se doit de respecter la loi et rien que la loi. La corruption doit également être traitée en tant qu’un ensemble de structures et de personnes, dont le corps des magistrats, celui des avocats, des greffiers et des intermédiaires. Chacune de ces parties fait partie intégrante de la conjoncture et l’assainissement du secteur ne peut se faire que par le traitement de toutes ces composantes. L’avenir de la justice, selon Mme Laâbidi, dépend de la justice d’aujourd’hui ; il faudrait avoir une approche préventive afin d’éviter d’éventuels dérapages et abus dans le futur.
 
« Conjuguons nos efforts tous, magistrats, membres du SMT et le l’AMT, fonctionnaires du ministère de la Justice et membres du gouvernement, discutons autour de la question et trouvons ensemble des solutions pour clamer demain que la justice aura fait sa vraie révolution», a conclu la présidente du syndicat.
 
Dorra Meziou
(Source: “Business News” le 25aout 2011)

Tunisie: l’indigence des programmes de réformes économiques des partis


Tunis le 25 Août 2011. Ni le gouvernement provisoire qui s’exonère par l’illégitimité de sa position, ni les 105 partis créés après la révolution n’ont élaboré un programme consistant et chiffré des réformes économiques si ce n’est une feuille de route par-ci ou des propositions fantaisistes par-là avec des chiffres tirés du chapeau. Peu de partis –ces derniers étant davantage accaparés par des querelles d’ego et des considérations électoralistes- ont présenté des programmes de réformes économiques et quand ils l’ont fait ils les ont élaborés sur la base d’hypothèses caduques ou sans chiffrage argumenté. Le nécessaire rétablissement du recours à la sous-traitance: Dans la précipitation des contestations après la révolution du 14 Janvier, d’énormes erreurs ont été commises notamment d’ordre économique telle que la suppression du recours à la sous-traitance par l’état (imposée sous la pression du syndicat UGTT), ce qui est un non-sens absolu ! Ceci a occasionné entre autres le blocage de l’entité chargée du catering de Tunis Air et occasionne toujours le blocage du transport des phosphates sans parler du démantèlement de tout le réseau d’entreprises de services (gardiennage, maintenance, aménagement municipal etc.) Quid des grands travaux envisagés pour insuffler une dynamique régionale si par décret-loi et sous la pression populaire, le recoursà la sous-traitance est prohibé empêchant l’éclosion de dizaines de PME sous prétexte que le clan mafieux Ben Ali-Trabelsi en a dénaturé l’objet pour en faire un mode de prédation par simple intermédiation ? Les partis politiques –occupés à caresser dans le sens du poil l’électorat potentiel- n’ont pas eu le courage de formuler un avis dissonant pour réclamer le rétablissement de la sous-traitance qui est une source d’essaimage de centaines de PME (en exigeant certes un cahier des charges précis etla transparence des transactions). Les réformes fiscale et sociale attendues: En matière de réforme fiscale,quel est le parti qui a présenté un programme de réforme détaillé et chiffré de la TVA notamment dans un contexte de transfert régional et de l’impôt sur le revenu quand on sait que pour ce qui concerne ce dernier, les tranches tablent pour la première d’entre elles sur un SMIG dépassé depuis longtemps et sur une tranche supérieure caduque? Au moment où le milliardaire Buffet –dans le haut lieu du capitalisme sauvage qu’est l’Amérique- affirme qu’il ne trouve pas normal de payer seulement 6 Millions d’euros d’impôts, on s’attend à ce que les partis loin de tout calcul populiste proposent la création d’une nouvelle tranche d’impôts sur les revenus dépassant les 50 000 Dinars annuels. Qui a soulevé l’indigence de l’impôt municipal (dont la refontepeut générer les ressources suffisantes pourcréer des milliers d’emplois de proximité) par rapport à l’impôt sur les revenus ? Est-il normal –loin de toute démagogie socialisante- qu’une villa sur un terrain de 700 m2 à El Menzah ou à El Kantaoui ne s’acquitte annuellement que de 189 dinars d’impôt municipal ? En matière de réforme sociale quid de la CNAM (Caisse Nationale d’Assurance Maladie) qui traite les deux régimes (fonctionnaires et non) pour des organismes différents et dont la mise en place du système d’information a été rafistolé et bâclé sur la base d’un cahier des charges d’une sous-qualité inqualifiable alors qu’il est internationalement admis que les fraudes et malversations sont souvent la cause de la faillite du système ? Quid de la fusion dela CNSS et la CNRPS qui chacune traite séparément son régime et où pour ne prendre qu’un détail, les allocations familiales sont toujours valorisées sur la base d’une composition caduque de la famille, alors que la grappe familiale s’est réduite à près de deux enfants par couple ? Qui a réclamé la nécessaire révision du seuil de pauvreté qui a été à la base de la constitution il y a plus de dix ans (sous l’égide du Ministère des affaires sociales) de la base de données servant à identifier l’ extrême pauvreté de certaines franges de populations pour en planifier l’éradication ? La nécessaire réforme de l’enseignement: Quel est le parti qui a proposé une refondation de l’éducation nationale pour que les élèves et étudiants renouent avec l’effort après la déliquescence des valeurs imprégnant en profondeur la société tunisienne durant 20 ans ? (thèses plagiées, notes majorées, concours truqués, diplômes achetés selon une mercuriale organisée, et le mérite mis de côté) pour que dès le jeune âge, la tricherie, la débrouillardise, la couardise, l’impolitesse, le mensonge et les égoïsmes ne soient plusérigés en système. Sans considération pour le classement de Shanghai, la baisse du niveau de l’enseignement et le déficit en la matièresonttels que beaucoup d’ingénieurs diplômés produits par les écoles tunisiennes n’ont aucune idée de la gestion des projets (qu’ils sont censés faire durant toute leur carrière) et ne maîtrisent pas la documentation de leurs travaux (un ingénieur estd’abord un technicien de haut niveau qui a le recul conceptuel pour rédiger des consignes et des modes opératoires exécutables par la maîtrise). Ainsi, peu de personnes se sont inquiétées du fait que l’ENAU (l’Ecole Supérieure d’Architecture et d’Urbanisme) produit beaucoup d’architectes qui ne maitrisent pas le ba-à-ba des normes conventionnelles de représentation et les notions basiques (échelle, coupe, élévation, etc..), et où l’on monnaye l’obtention de son diplôme. La dégradation déontologique de cette profession sinistrée où le conseil de l’ordre corrompu n’a pas brillé par son indépendance et où la majorité des concours sont truqués pour être attribués en tant que situation de rente à quelques affidés du palais, expliquent la laideur de nos paysages urbains et l’existence d’une faillite urbanistique dont un des exemples patents est le quartier Ennasr de Tunis. Il est vrai que la mondialisation de l’éclosion des nouveaux médias (qui n’est pas propre à la Tunisie) a petit à petit rogné la civilisation de l’écrit (un enseignant du supérieur a effectué un sondage personnel qui a fait ressortir que 80 % des étudiants n’ont lu aucun livre en dehors des supports de cours, une année durant), les étudiants croyant qu’il suffit pour élaborer leurs mémoires et thèses de recourir au plagiat autorisé par l’accès à Internet et au copier-coller ce qui en fait des illettrés en puissance. Et surtout que l’on s’abstienne autant que possible de prendre modèle sur les exigences de l’OCDE et sur ses « évaluations PISA » : une toute autre voie qui nous est propre et qui doit renouer avec l’effort tout en adossant les filières universitaires et professionnelles au marché du travail reste à trouver. Nous en sommes capables Abderrazak LEJRI –adhérent à la ligue Tunisienne pour la Citoyenneté Source: « Mediapart » Le 25-08-2011 Lien:http://www.mediapart.fr/node/133347

Le blues des hôteliers tunisiens se poursuit


 
Le ministère du Tourisme prévoyait 50% de baisse d’activité sur toute l’année 2011. Cette régression a été enregistrée durant les huit premiers mois.
Cette baisse a été constatée par le bureau exécutif de la Fédération tunisienne de l’hôtellerie (Fth), au cours de sa réunion, mardi 23 août, sous la présidence de Mohamed Belajouza.
Les résultats enregistrés par le tourisme tunisien au courant des mois de juillet et d’août sont en deçà des prévisions et des attentes des professionnels, malgré les campagnes de promotion mises en route dans la plupart des grands marchés européens.
Selon les informations disponibles à ce jour, la perspective de l’arrière-saison sont loin d’être rassurantes. Aussi le bureau exécutif de la Fth ne cache pas son inquiétude, en égard à la situation sécuritaire, sociale et économique qui prévaut en Tunisie et à l’image encore peu rassurante qu’elle a auprès des touristes européens et maghrébins, image qui gagnerait à être améliorée pour espérer rattraper le temps (et l’argent) perdus.
Pour 2012, la visibilité reste très faible voire négative, estime la Fth, dans un communiqué, d’autant que plusieurs tours opérateurs ont demandé des réductions de prix et de contingents, ainsi que la renégociation à la baisse des contrats de gestion et de location des établissements hôteliers.
Pis encore, la non-programmation de chaînes de vols charters par ces tours opérateurs est un signe fort de leur manque d’engagement sur la destination Tunisie. A ce propos, le bureau exécutif de la Fth «regrette vivement la décision annoncée par voie de presse du ministre du Transport de reporter l’ouverture du ciel tunisien (Open Sky) pour la desserte des aéroports tunisiens par les compagnies low-cost, et ce malgré les assurances qu’il lui a données».
La Fth note qu’à ce jour, les mesures de soutien au secteur, prises par le conseil des ministres du 22 avril, ne sont toujours pas en vigueur, vu l’absence de textes d’application du décret loi promulgué le 8 juin 2011. Ce retard considérable de quatre mois a aggravé les problèmes dont souffre le secteur où la récession va s’accentuer avec l’arrivée de la basse saison.
A ce propos, le bureau exécutif de la Fth demande au gouvernement de donner au tourisme l’importance qui lui revient dans l’économie du pays et de le considérer comme un secteur prioritaire et de lui accorder une place de choix dans ses programmes économiques et une représentation conséquente dans la prochaine Assemblée constituante.
Malgré le climat social difficile qui prévaut dans le secteur et les difficultés financières et commerciales qu’il subit de plein fouet depuis le début de l’année, les hôteliers réaffirment leur souci de sauvegarder, au mieux, les emplois. Ils notent aussi, avec une grande satisfaction, la fin du conflit libyen, qui aura des répercussions positives sur le tourisme tunisien. Et appellent à l’organisation des «Premiers états généraux du tourisme tunisien, jeudi 15 septembre, à Tunis.
Les statistiques du ministère du Tourisme pour les sept premiers mois de 2011 font ressortir une baisse générale de l’activité touristique avec une régression des recettes de – 47%, à 952,5 millions de dinars (MD), des entrées de – 39%, à 2.422.364 touristes et des nuitées globales (9.071.644 personnes) de – 43,1%.  
Source: « Kapitalis » Le 25-08-2011
Lien: http://www.kapitalis.com/kapital/34-economie/5571-le-blues-des-hoteliers-tunisiens-se-poursuit-.html
 

Failings of Tunisia’s elite


Tunisia’s political elite is failing to convince the country’s voters to participate in the democratic transition in the run-up to the 23 October elections, writesMourad Teyeb in Tunis
Over the past 50 years, Tunisians have become used to de facto single-party rule, to which the country’s former president Zein Al-Abidine bin Ali, ousted as a result of popular protest against his rule in January, added various other opposition parties. However, these were chiefly decorative and did not affect the former ruling RCD Party, within which no dissent was allowed. However, after the country’s 14 January Revolution, a plethora of political parties was formed, and by early July over 100 had been authorised. While many commentators have not been surprised at this sudden expansion in the number of the country’s political parties, pointing to other democratic transitions around the world, others, including veteran politician Ahmed Mestiri, founder of the Mouvement démocratique socialiste (MDS), who was prominent in the opposition both during the rule of former president Habib Bourguiba and under Bin Ali, have accused the transitional government of manipulating the situation to its advantage. Whatever the case may be, the political situation in Tunisia today has led to the formation of a peculiar political landscape, since Tunisia’s many political parties, including the more popular ones, like the country’s ruling political elite, have no experience of democracy or political pluralism. The parties do not have electoral programmes that mark them off from one another, and they have not put forward proposals to try to meet the key challenges facing the country, including unemployment, the role of religion in politics, and reforming the country’s education and political systems. Most of the newly formed parties have no real popular support or ability to attract people to them, and most of their leaders are only concerned to win a seat for themselves in the Tunisian Constituent Assembly, or parliament. The present chaos and uncertainty in the political scene has only strengthened people’s distrust of the transition itself, with the new parties appearing weak, poorly organised and unpopular and without any clear strategy for building popular support. For many, all they have succeeded in doing since they were formed in the aftermath of the January Revolution is attacking the country’s Islamist-oriented Ennahdha Party and criticising the media for not covering their activities. The quality of political discourse in the country has been mediocre as a result, with parties and politicians reacting to the issues of the moment but avoiding putting forward proposals to deal with the country’s longer-term ills. However, some stronger groups have appeared over recent months, often in the form of coalitions of smaller parties, though even here fragmentation and dissent have all too quickly set in. The Democratic Modernist Pole (PDM), for example, a coalition of left-wing parties, quickly disintegrated when Chokri Belaïd, chair of the Mouvement des patriotes démocrates (MPD), withdraw from the coalition. Earlier, the PDM had also been joined by the Al-Wifek Al-Jomhouri (Republican Alliance) Party, a liberal group created and headed by a London-based businessman, which many commentators considered contradictory since the Alliance is supposed to be on the right of the Tunisian political spectrum. Meanwhile, the Tunisian police have not hesitated to use force against demonstrators aiming to institute sit-ins in the capital Tunis. Last month, violence and tear gas were used against protesters in the streets of the capital, indicating both that the kind of protests that brought down the former regime have not ended and that the country’s new political parties have been unable to get through to the demonstrators. The official recognition extended to the Islamist Ennahdha (Renaissance) Party since the January Revolution has been seen as a turning point in post-Bin Ali Tunisia, with commentators saying that the Party’s influence over the country’s future is likely to be immense. Although the Party’s leaders have not called for the passing of laws designed to enforce Islamic practices in Tunisia, Ennahdha is at the centre of a growing debate on the role of Islam in the country’s young democracy. Abdel-Hamid Jelassi, a senior Ennahdha official, is in no doubt that his Party « resonates with many Tunisians. » While « it is impossible to say how popular Ennahdha is, a large segment of Tunisia’s population sympathises with the Islamist movement, » Jelassi said. Foreign observers agree. According to Eric Goldstein, deputy-director for Middle East and North Africa at the US NGO Human Rights Watch, « Ennahdha has a clear significant base of support in Tunisia and wants to play a political role. It should be allowed to play a political role as long as it remains true to its professed commitments: to respect the rules of the game, to respect the rights of women and to respect the results of elections. » Jelassi believes that « democracy in Tunisia, as well as in the Arab world, can have a religious dimension. » However, Ennahdha « wants to win over Tunisian voters not because of religion but because of its political platform, on unemployment or education, for example. » Jelassi described Ennahdha as « a variation » on Turkey’s Islamist-leaning ruling Justice and Development Party. For French academic Pierre Vermeren, Tunisian society remains « deeply Islamist sensitive, » with Islam being deeply anchored in a society in which more than 95 per cent of the population is Muslim. In his book Maghreb: la démocratie impossible? (The Maghreb: Impossible Democracy?), Vermeren wrote that a « moralising religious discourse is easy to spread [in Maghreb societies] because of the rejection of corruption and other practices, » concluding that « the ground is quite fertile » for Islamism to spread within the marginalised classes of society. Ennahdha’s so-far moderate statements have failed to convince the country’s secular parties and activists, who believe that the Party practices a « double discourse, » one directed at the media and general public and one directed at its members and supporters. Already more popular, better organised and more experienced than most other Tunisian political groups, Ennahdha has also shown itself able to profit from the weaknesses of other parties and their mistakes. It has also managed to turn criticisms to its own benefit. The Party communicates through rallies, workshops, conferences and its own newspaper, Al-Fajr (The Dawn), once banned by Bin Ali, and it may also be profiting from the rise of sister organisations elsewhere in the Maghreb region. The possible revival of Islamism in Libya and the popular and well-organised Islamist movement in Algeria are likely to boost the popularity of Tunisia’s Ennahdha, especially if the conflict in Libya settles down in favour of the rebels. Nevertheless, in addition to Ennahdha some other secular parties have also succeeded to some extent in imposing themselves on the political landscape. The Parti démocratique progressiste (PDP), which has raised a lot of money from the country’s business community, was the first to launch a western-style electoral campaign following the January Revolution, though its leader, Ahmed Najib Chebbi, remains unpopular, especially among the young. The Democratic Modernist Pole (PDM), bringing together parties and groups such as the Voix du centre, Ettajdid, Alliance républicaine, Parti du travail patriote démocratique, Mouvement des patriotes démocrates, Front populaire unioniste, Mouvement de la citoyenneté et de la justice, Parti avant-garde arabe démocratique and the Parti Tunisie verte, has also been gaining popularity, though it does not constitute a real threat to Ennahdha. The Forum démocratique pour le travail et les libertés (Takattol), the Congrès pour la république (CPR) and the Parti communiste des ouvriers tunisiens (PCOT), all longer-established parties, demonstrated real opposition to the Bin Ali regime, with leaders Mustafa bin Jaafar, Moncef Marzouki, and Hamma Hammami, respectively, all living in exile in France while the parties’ members faced repression in Tunisia itself. Yet, while these politicians have credible ideological and political backgrounds, their popularity is still weak. Hammami is rejected by many Tunisians, who find it difficult to accept his communist convicions, and one of the PCOT’s rallies in a town outside Tunis was attacked by a mob. Al-Watan (The Nation), Al-Moubadara (The Initiative) and Al-Moustaqbal (The Future) are new parties led by members of the former regime in Mohamed Jegham, Kamal Morjane and Sahbi Basli, respectively. These parties will likely attract votes from supporters of the former ruling RCD, even if public opinion as a whole is suspicious of them. The Workers Union (UGTT) and the Tunisian Human Rights League (LTDH) are also expected to play a role in the October elections. However, it is still uncertain how great the turnout in these elections is likely to be. Up until the August 14 deadline for voter registration, fewer than three million of Tunisia’s 7.9 million member electorate had registered at the 500 registration centres across the country and abroad. Source: « Al-Ahram » Le 25-08-2011 Lien:http://weekly.ahram.org.eg/2011/1062/re6.htm

The View From Tunisia: The Sexual Revolution In Libya

My Tunisian friend, a Muslim, summed it up very succinctly. There are three scenarios that are possible in Libya after the fall of Gaddafi.


 
  1. A real democracy
  2. Radical Islamists take over, which he said would be bad for Libya and the whole region.
  3. A civil war, like in Iraq.
I humbly suggest a fourth, and here is why. On my eighth and most recent trip to Tunisia, two months ago, I was fortunate to meet Libyan families who had fled the violence in their country. The men belonged to the Libyan resistance, and they were making daily runs back into their country with medicine. They had brought the women and children to Tunisia to ensure their safety. A very generous Tunisian man named Ahmed had a new house, which he and his fiancee would occupy after their wedding. In the meantime, he took in 33 Libyan refuges and organized his town to provide them with furniture, clothes, a refrigerator, a TV and other living essentials. My meeting with the Libyans took place in Ahmed’s future house. Abdelhakim was the spokesperson for Libyan group, and luckily I had a translator with me. Abdelhakim told me that their village of 35,000, in the southern mountains, about 100 miles from Tripoli, was being bombed all the time. The schools were closed, and there was nothing for the kids to do. They were frightened and couldn’t sleep. The adults had become so sensitized that they were terrified by the slightest noises. It was hard to get food. Abdelhakim said his six brothers were still in Libya, fighting with the resistance. He wanted to stay, but there was concern that the women and kids would be used as human shields, so it was decided that he would spirit them away to the safety of Tunisia. Abdelhakim told me that in his area of Libya, they had elected educated young men to take charge. They divided themselves into groups: those responsible for food, fuel, medical help. They had an organization for security; most of them were police officers who had defected from the Gaddafi regime. They also had military troops. The mission was to train young men to fight Gaddafi and re-train those who had left the dictator’s regime. « We captured troops who were loyal to Gaddafi, » he said. « They were young and Gaddafi gave them money. We turned some of them over to the police, and some to Red the Crescent [the Islamic equivalent of the Red Cross]. And some we returned to their families, especially in cases where their parents had told them they were doing the wrong thing in defending Gaddafi. There were also mercenaries: from Mali, Chad, Niger, Algeria, Western Sahara and the Polisario. » The Libyan rebels were optimistic about the future and felt that when Gaddafi was gone, their country would open up to the rest of the world. « We have been closed off, » Abdelhakim said, « And know nothing about the outside world. As Libyans and Arabs, we are aspiring to democracy. You have democracy in your country, and you are taking the right stand in Libya by helping us. » Abdelhakim said he was surprised at how long it was taking to dislodge Gaddafi, and he expressed some concern about what would fill the vacuum after he was deposed. But the immediate concern was that 33 people in his village had been injured the day before and were reluctant to go to the hospital because of inadequate medical care. That is why he was making runs with medicine. In a sudden burst of passionate energy, he told us how things looked from his view:For 42 years, we were silent and we finally exploded. We saw revolutions in our neighbor’s country. We dreamed of it before, but we didn’t know how to do it. We couldn’t imagine how to make a coup d’etat against Gaddafi. The Tunisian revolution showed us that people—not just the military—can make change. What Gaddafi did was to form small military groups headed by family members so they would not rebel or ask for change. We figured out what to do ourselves. We dismantled equipment like radios from ambulances and used them for strategic communications. Our cell phones were shut down from the first day. In some areas there is still cell phone service—but you have to go to a high place at a specific time to get a signal. So we used direct mail—hand delivered—to communicate. We have special people who are in charge of mail delivery, and every day they deliver letters up to 120 kilometers away. We want to throw the past behind us. We are aspiring to democracy and freedom. Educated people who left are coming back to build the country. They were posters all over that said Gaddafi is the only one who thinks. Gaddafi is the enemy of those who think. We were thinking plenty. We watched BBC World, Al Jazeera, France 24. We used satellite TV to get news of the Tunisian revolution. We watched as many sources as possible to find out what was going on. We learned that Gaddafi murdered 1,200 people in one hour in Abu Salim prison.
When Abdelhakim grew silent and reflective for a moment, my husband Paul and I asked if we could meet the women. He shook his head. « It is not possible, » he said. « Please….I would like to meet the women, » I implored. « No, » he said, « they are too shy. » « We promise to be gentle with them. We won’t ask them sensitive questions. » « They are too shy, » Abdelhakim insisted. Then, after thinking for a moment, he added, « men can definitely not meet the women. But maybe you can go. Briefly. » Paul stayed behind, and I went to the lower level of the house, where the women, in traditional Muslim dress and headscarves, were clustered. Shy? They threw themselves at me in friendship, kissing me, hugging me, letting me kiss and hug them. « We love America, » they said. They spoke very rapidly in Libyan Arabic. I could understand a little of it, and we communicated at the most basic level. We laughed together, and I marveled that, in such a precarious situation, they had not lost their sense of humor. They asked me please not to publish photos of their men folk whom we had met upstairs. They were terrified there would be reprisals against their men if the photos fell into the hands of Gaddafi supporters. I promised them. When I left, I paused on the stairs and a very strong feeling washed over me. There can be no true revolution in Libya unless the women are free, I thought. It is not my business, or our business as a country, to tell tribal people how to live, but it is my personal feeling that women cannot, physically and metaphorically, be kept in the basement of life. They must have full access to education. Their voices must be heard in politics. They must have visible positions in the economy, communications, the media. They are an integral part of Libya as the revolution moves forward. They cannot be pushed aside. They are my sisters. And, as sisters, we have to use every means of influence at our disposal to help the women of Libya come into their own. I ran down the stairs, one last time, kissing them all goodbye. « I love you, » I said. « I love you, » they echoed. Today, as the revolution moves into Gaddafi’s stronghold, they are in my heart and on my mind. Judith Fein is the author of LIFE IS A TRIP: The Transformative Magic of Travel. Her website is GlobalAdventure.us. Source: « Huffington Post » Le 25-08-2011 Lien: http://www.huffingtonpost.com/judie-fein/libya-the-sexual-revoluti_b_934297.html  

Libye, Tunisie, Egypte: une force alternative dans le monde arabe


Trois régimes autoritaires voisins qui s’effondrent et c’est toute la donne géopolitique du monde arabe qui pourrait être bouleversée. Interview de Vincent Geisser, spécialiste du monde musulman, par Sarah Diffalah.  

La chute du régime du colonel Kadhafi va-t-elle avoir des répercussions sur les révolutions arabes en cours ? – Cela va forcément renforcer le processus démocratique en Tunisie et en Egypte et isoler tous les autres pays arabes qui sont encore sous le principe du régime fort comme source de stabilité. Certes le changement ne va pas être radical, mais jusqu’à présent la Libye était un facteur d’instabilité et pour certains un exemple de révolution ratée. Désormais, elle va donner un argument politique à ceux qui veulent aller plus loin dans la transition démocratique. Les relations libyennes avec ses pays voisins vont-elles être bouleversées ? – Sur le plan économique, l’amorce d’une transition démocratique en Libye aura des effets bénéfiques directs sur son voisin immédiat, la Tunisie. L’arrêt de la guerre et la stabilisation du pays va alléger la part des réfugiés économiques qui étaient arrivés sur le territoire tunisien – plus de 200.000 – et qui étaient en train de créer encore plus d’instabilité en Tunisie et menaçaient à moyen terme son processus démocratique. La Libye était le poumon économique d’une main d’œuvre égyptienne importante et du tourisme tunisien. Il y a toujours eu des relations commerciales formelles et informelles entre ces trois pays. Aujourd’hui, les immigrés tunisiens et égyptiens vont pouvoir revenir très vite travailler en Libye, l’un des plus gros employeurs de la région. La stabilité régionale va tout simplement venir renforcer les liens préexistants. Comme une fenêtre, un soulagement et une opportunité énorme pour les relations économiques futures qui seront bien plus fortes qu’avant. Une continuité territoriale va se créer, comme une petite communauté économique de pays en voie de transition démocratique. De nouveaux rapports de force peuvent-ils se créer ? – L’Algérie voit d’un très mauvais œil la chute du colonel Kadhafi. D’abord, c’est l’un des pays qui a soutenu Kadhafi, même discrètement. Et puis, cette zone pourrait constituer désormais une menace économique. La Libye est un pays puissant économiquement disposant de l’arme pétrolière et qui en plus inscrit dans son calendrier sa volonté d’aboutir à un Etat démocratique. De quoi attirer beaucoup d’investisseurs. La Tunisie et l’Egypte vont bien sûr bénéficier de cette force. Dans le monde arabe d’aujourd’hui la puissance économique est du côté des dictatures du Golfe. Ce pôle d’attractivité pourrait se déplacer vers ces démocraties adolescentes qui ensemble vont affronter les mêmes défis au même moment. Ce qui ne fait pas les affaires des pays du Golfe n’ont plus. Le regard de l’Union européenne se tournerait alors davantage vers ce Maghreb… – Oui. Ce pôle alternatif est une menace pour l’Algérie à l’échelle du Maghreb et une menace pour les pays du Golfe à l’échelle du monde arabe. Aussi, les injonctions des Occidentaux à l’égard des dictatures du Golfe sont restées relativement faibles lors des révoltes avortées du Barheïn, du Yemen et de l’Arabie Saoudite en raison de leurs richesses pétrolières que ces dernières brandissaient comme un chantage. Peut-être que cela va changer aussi. Et sur le volet de la lutte anti-terroriste… – Je ne suis pas assez spécialiste de la question, mais je pense que la possibilité pour la Libye de financer les groupes terroristes –même si Kadhafi a été dans les dernières années l’un des plus grands soutiens de la lutte anti terroriste des Etats-Unis – va s’affaiblir. Le nouveau gouvernement va continuer à collaborer avec les services occidentaux. Les frontières seront plus sécurisées même si certains vont profiter du chaos de la transition. Mais il est certain que ces pays seront un pôle de lutte contre le terrorisme beaucoup plus stable. Interview de Vincent Geisser, chercheur à l’Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman, par Sarah Diffalah. Source: « Le Nouvel Observateur » Le 25-08-2011 Lien: http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20110825.OBS9165/libye-tunisie-egypte-une-force-alternative-dans-le-monde-arabe.html

 

La chute de Tripoli et la perspective d’un nouvel Irak en Afrique du Nord


 
 
par Mohamed Tahar Bensaada – publié le mardi 23 août 2011
 
Ce que était prévisible depuis des semaines s’est produit. Inquiets de l’enlisement militaire sur le terrain et déçus de l’incurie des forces rebelles qui perdent systématiquement toute conquête momentanée acquise grâce à la couverture aérienne de l’Otan sitôt les avions occidentaux retournés à leurs bases, les stratèges de l’Otan ont revu leurs calculs et ont fait intervenir directement leurs hélicoptères d’attaque et des détachements de leurs forces d’élite qui débarquent à partir de la mer et du territoire tunisien et encadrent les forces rebelles. A ce sujet, saluons au passage la courageuse opposition de citoyens tunisiens libres au port de Zarzis contre une cargaison d’armes qatarie à destination des rebelles en Lybie.
 
La prise rapide durant ces derniers jours de plusieurs localités stratégiques à l’Est, à l’Ouest et au Sud-Ouest de Tripoli ne pouvait s’expliquer autrement. Le but étant d’encercler et d’envahir Tripoli à partir de la mer et de ces trois côtés.
 
Dans ce plan d’attaque, l’action clandestine des groupes dormants dans la capitale devait être primordiale en termes de renseignement et de neutralisation des défenses de la ville le jour « J ». Parmi ces groupes dormants, les opposants libyens comptent pour du menu fretin. Tout comme pour les rebelles armés, on les exhibe devant les caméras de télé pour donner le change et cacher le fait qu’il s’agit avant tout d’une intervention des forces spéciales de l’Otan en vue de prendre la capitale libyenne et liquider Kadhafi.
 
Que va-t-il se passer maintenant ? La chute de Tripoli va constituer à n’en pas douter un tournant dans le conflit libyen. Les Occidentaux et leurs supplétifs du Golfe exultent ! La guerre « humanitaire » du XXIe siècle, tout comme les guerres coloniales du XIXe siècle, a ses slogans : la « démocratie « a remplacé la « civilisation », les Médias de l’Otan et les intellocrates comme BHL ont remplacé les Eglises missionnaires, les nouveaux « démocrates » arabes ont remplacé les goumiers et autres bachagha Boualem !
 
Mais que les Occidentaux et leurs supplétifs arabes déchantent ! Ni leurs tapages médiatiques ni la fumée de leurs bombes incendiaires ne pourront cacher à la longue les résultats de leur macabre campagne pseudo-humanitaire et l’arroseur risque d’être à son tour arrosé et plus vite qu’on ne pense !
 
Vers un nouvel Irak ?
 
Les divisions profondes aussi bien régionales, tribales que politiques, y compris au sein de la rébellion, ne vont pas disparaître miraculeusement, une fois Tripoli prise et une fois Kadhafi neutralisé ! Les Occidentaux le savent et c’est pourquoi ils se préparent à une occupation déguisée du pays et si cela s’avère insuffisant, ce sera une occupation ouverte avec un proconsul occidental comme cela a été expérimenté en Irak. Les responsables de l’Otan commencent déjà à préparer l’opinion publique pour une telle éventualité en arguant l’insécurité et l’instabilité qui risquent de suivre la chute du régime de Kadhafi et s’il faut passer par le « machin » du Conseil de sécurité de l’Onu pour sauver les formes, pourquoi pas ?
 
Mais aucune occupation ouverte ou déguisée sous forme d’une base permanente de l’Otan en Libye ne pourra empêcher les contradictions à l’œuvre dans ce pays de s’exprimer par une violence d’autant plus redoutable que les armes en circulation font désormais de ce pays un grand entrepôt à ciel ouvert ! Mais ce n’est pas tout. Les djihadistes qui n’ont trouvé aucun mal « théologique » à monter dans le train de l’Otan pour en découdre avec l’ « apostat » Kadhafi (au nom de la devise pseudo-théologique « Allah frappe-les l’un par l’autre !) risquent de se retourner contre leurs anciens amis du CNT et leurs commanditaires occidentaux !
 
Des dizaines de Zarquaoui risquent de voir le jour en Libye et de mettre le pays à feu et à sang ! Dans ces conditions, il est fort à craindre que tous les allumés de la région qui meurent d’envie d’en découdre avec les forces de l’Occident risquent de se rappliquer en Libye dans la mesure où l’occupation étrangère du pays leur donnera un prétexte théologique de bonne facture ! Pire, les intérêts européens et particulièrement français risquent d’être pris pour cibles comme l’ont annoncé récemment des groupes djihadistes.
 
Une victoire à la Pyrrhus ?
 
Ce jour-là, la victoire de Sarkozy et BHL apparaîtra pour ce qu’elle est vraiment : une victoire à la Pyrrhus. Une entreprise néocoloniale au nom d’une idée dépassée de la grandeur pour cacher l’échec d’une politique économique et sociale néolibérale et se faire réélire à peu de frais !
 
Une entreprise néocoloniale qui risque d’avoir des effets collatéraux terribles sur la cohésion sociale en France et aggraver un climat de méfiance intercommunautaire au grand bénéfice des forces d’une droite et d’une extrême-droite faussement « nationalistes » qui surfent sur la vague du choc des civilisations pour cacher aux Français la véritable catastrophe nationale : le hold-up des institutions et des médias de la République par les lobbies apatrides de la Finance transnationale qui se fiche et des Français et des immigrés musulmans qu’ils cherchent à opposer pour continuer à s’adonner à leur sport favori : la spéculation boursière et financière et la casse du tissu agricole, industriel et symbolique du pays pour le noyer dans l’Europe des banquiers et des technocrates anonymes de Bruxelles !
 
Au demeurant, Sarkozy aura beau rouler les mécaniques, il ne pourra arracher pour la France que ce que ses amis et protecteurs apatrides voudront bien lui laisser. Sans doute Bouygues et d’autres arracheront quelques contrats mirobolants. On ne s’est pas acharné à détruire les infrastructures avec une telle sauvagerie pour rien ! Rien que la reconstruction de la Libye dans les dix prochaines années risque de coûter la bagatelle de 100 Milliards USD ! Les contrats d’armements qui seront partagés entre les larrons qui ont participé à cette guerre pourront rapporter au moins 20 Milliards USD.
 
Mais justement parce que la campagne libyenne est aussi une affaire de gros sous, les fidèles alliés d’aujourd’hui risquent de se tirer dans les pattes demain ! En Cyrénaïque, les Français devront compter avec les Britanniques ! En Tripolitaine, les Italiens ne vont se laisser faire par les Français ! Dans le Fezzan, les Français qui y étaient présents dans le temps risquent de devoir compter avec les pays voisins de la Libye qui devront défendre leurs intérêts et surtout leur sécurité nationale contre les groupes terroristes et les contrebandiers.
 
Et tout ce beau monde devra finalement compter avec l’Oncle Sam qui garde un œil vigilant sur une région qui constitue pour lui sous-région vitale dans une région qu’il considère comme stratégique à savoir la région MENA qui comprend dorénavant la sous-région du Sahel. En effet, on ne peut rien comprendre à cette guerre en Libye si on perd de vue l’importance de ce pays dans l’architecture instable de la région MENA et plus particulièrement ce qui est en train de se passer dans l’Egypte voisine.
 
Pourquoi la Libye ?
 
La stratégie US consiste à avoir le contrôle sur la région MENA qui va du Maroc à la péninsule arabique et à laquelle il faut ajouter la sous-région du Sahel. Mais pour cela pourquoi les US ont-ils besoin de faire la guerre en Libye et de chasser Kadhafi ? N’ont-ils pas déjà le contrôle sur l’Afrique du nord ? Pourquoi, n’ont-ils pas chassé Kadhafi quand il finançait directement les organisations de la résistance palestinienne et les opérations « terroristes » et foutait le bordel dans le Sahel ! Alors pourquoi aujourd’hui ?
 
Sans doute il y a plusieurs visions, positions et stratégies occidentales qui s’emboitent sur le terrain mais si on fait une analyse profonde de ce qui arrive aujourd’hui, on ne peut pas ignorer les perspectives de changement incontrôlées qui risquent de se produire en Egypte. Pas le « changement démocratique » qui a fait chanter et danser certains optimistes mais le changement discret au niveau de l’Etat avec l’arrivée au pouvoir de nouvelles élites plus jeunes et plus soucieuses des intérêts nationaux de l’Egypte.
 
Le fait que des généraux égyptiens commencent à se tourner vers la Russie et la Chine pour l’armement est un signe qui fait plus peur aux états-majors israélien et occidentaux que les déclarations fracassantes auxquelles nous ont habitués certains dirigeants arabes volubiles ! Ce qui se passe dans les coulisses est parfois aussi important que les manifestations millionnaires des citoyens révoltés !
 
Par ailleurs, une alliance stratégique entre l’Algérie et l’Egypte avec une début d’intégration régionale en matière d’énergies renouvelables et d’industrie de défense n’est pas impossible C’est pourquoi certains courants manipulés par les lobbies pro-israéliens dans ces deux pays ne ratent aucune occasion (même d’un match de foot) pour saboter toute perspective de rapprochement entre ces deux pays qui restent les deux seules puissances régionales que l’impérialisme n’a pas encore cassé (pas encore !).
 
En Egypte, malgré le travail de sape d’Al Jazeera, l’impérialisme n’a pas réussi à plonger le pays dans la guerre civile. Il n’a pas réussi non plus à casser les liens entre l’armée et la société civile. Il n’a pas réussi à créer un fossé infranchissable entre l’opposition laïque et l’opposition islamiste, ni entre musulmans et chrétiens. En Algérie, les émeutes sociales pourtant récurrentes n’ont pas débouché sur le « printemps arabe » tant rêvé par certaines officines budgétivores et par Al Jazeera.
 
Je reviendrai plus en détails sur les stratégies en présence et les complots qui se trament dans ces deux pays arabes mais pour le moment il importe de faire le lien entre ce qui se passe en Libye et ce qui se passe dans la région plus généralement. La conquête de la Libye n’ rien à voir avec le prétexte « humanitaire » invoqué par Sarkozy et ses médias. C’est une guerre calculée et poursuivie dans le cadre du rôle de supplétif que l’Empire a confié à une France qui a perdu toute souveraineté sous le poids des lobbies israéliens et transnationaux qui squattent désormais les institutions de la République.
 
La guerre contre la Libye est une guerre pour asseoir le contrôle sur l’Afrique du nord, pour surveiller de près l’Egypte et l’Algérie, pour les empêcher d’avoir une continuité territoriale et pour user leurs énergies internes et leurs budgets dans une guerre contre un ennemi invisible et manipulable à merci qui a pour nom « Al Qaida » mais qui constitue en fait un monstre qui sort directement des mêmes laboratoires qui ont produit la théorie du « choc des civilisations » pour justifier le bellicisme de l’Empire, ses budgets faramineux et les projets fous d’un complexe militaro-industriel dont l’existence constitue tous les jours une insulte aux milliards de pauvres et de malades qui meurent de malnutrition et d’épidémies dans le monde…
 
(Source: Lepost.fr le 24 aout 2011)

La justice internationale est-elle raciste?


La Cour pénale internationale a lancé dès le 27 juin 2011 un mandat d’arrêt à l’encontre de Mouammar Kadhafi. Depuis, le torchon brûle à nouveau entre son procureur, Luis Moreno Ocampo et l’Union africaine.

 

«On a l’impression que la Cour pénale internationale ne vise que les Africains. Cela signifie-t-il que rien ne se passe par exemple au Pakistan, en Afghanistan, à Gaza, en Tchétchénie? Ce n’est pas seulement en Afrique qu’il y a des problèmes. Alors pourquoi n’y a-t-il que des Africains qui sont jugés par cette cour?»
C’est peu dire que le Gabonais Jean Ping, président de la commission de l’Union africaine (UA) depuis 2008, n’a pas décoléré le 29 juin dernier lors du 17e sommet des chefs d’Etat de l’UA à Malabo, en Guinée équatoriale. L’objet de son courroux: le mandat d’arrêt international lancé 48 heures plus tôt par la Cour pénale internationale (CPI)à l’encontre de Mouammar Kadhafi. Interpellant vivement son procureur en chef Luis Moreno Ocampo, il s’est écrié:  

«Nous lui avons dit, appliquez le droit, ne faites pas de politique. Comme le dit un président, Ocampo est une blague.»  

Et l’ancien ministre des Affaires étrangères gabonais d’annoncer dans la foulée que l’UA n’appliquera pas le mandat d’arrêt de la CPI contre le Guide libyen. Le mot racisme n’est jamais prononcé —mais il se lit entre les lignes. Depuis plusieurs années, une guerre larvée oppose la CPI et l’UA. En 2008, l’organisation panafricaine s’était déjà insurgée contre le mandat d’arrêt émis par Luis Moreno Ocampo à l’encontre du président soudanais Omar el-Béchir alors inculpé pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité au Darfour. Et refusé de coopérer avec elle. Mais cette fois, le ton est plus acerbe. L’exaspération n’est pas loin.  

Le Moyen-Orient oublié de la CPI  

A ce jour, quatorze mandats d’arrêt ont été émis par la CPI —tous contre des ressortissants africains. Trois Soudanais: Ahmed Haroun, ancien ministre des Affaires humanitaires et Ali Kushays, le chef des milices djandjawids (27 avril 2007); et le chef de l’Etat Omar el-Béchir (14 juillet 2008); Cinq Ougandais: tous des dirigeants del’Armée Résistance du Seigneur (ARS) dont son numéro un, Joseph Koni (2005); Cinq ressortissants de de la République démocratique du Congo (RDC): Thomas Lubanga Dyilo (10 février 2006); Germain Katanga (2 juillet 2007); Mathieu Ngudjolo Chui (6 juillet 2007); Bosco Ntaganda (26 août 2006). Les trois premiers se trouvent actuellement au centre de détention de la CPI, à La Haye. Jean-Pierre Bemba Gombo, fondateur duMouvement de libération du Congo et ancien vice-président de la RDC, le 23 mai 2008 remplacé le 10 juin de la même année par un autre mandat. Arrêté, il a été transféré au centre de détention de la Haye. Et last but not least, le numéro un libyen,Mouammar Kadhafi. Mais pas le début d’une enquête contre les commanditaires de la guerre en Irak que sont l’ancien président des Etats-Unis George Bush et Donald Rumsfeld, son ministre de la Défense. Un conflit pourtant déclenché contre l’avis du Conseil de sécurité en mars 2003, qui a coûté la vie à des centaines de milliers d’Irakiens et entraîné des violations des droits de l’homme comme dans la désormais (tristement) célèbre prison d’Abou Grahib. Motus et bouche cousue également sur le conflit israélo-palestinien. Alors que selon plusieurs rapports circonstanciés effectués par l’ONU, Amnesty International et Human Rights Watch, l’armée israélienne aurait commis des crimes de guerre, voire des crimes contre l’humanité, notammentau cours de l’opération Plomb durci, du 27 décembre 2008 au 27 janvier 2009 contre le Hamas dans la bande de Gaza.  

Guerre larvée entre l’UA et la CPI  

A l’évidence, la justice internationale et son bras séculier, la CPI, sont loin d’être irréprochables. Sidiki Kaba, l’avocat sénégalais qui a présidé de 2001 à 2007 aux destinés de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), ne s’en est jamais caché. Dans son dernier ouvrage La justice universelle en question: Justice de blancs contre les autres? (L’Harmattan, 2010) il se fait fort d’en souligner les ambiguïtés et les «ressorts politiques qui les sous-tendent». Pour autant, cet infatigable combattant des droits de l’homme a toujours désapprouvé la décision de l’UA de ne pas coopérer avec la CPI. Il l’avait dénoncée en 2008, quand les chefs d’Etat africains avaient apporté leur soutien au président soudanais Omar el-Béchir:  

«L’Union africaine s’est placée dans une situation ambiguë en soutenant Omar el-Béchir et en refusant de coopérer avec la CPI. Cette situation remet en cause l’engagement de ses membres à combattre l’impunité. Elle viole l’Acte unique qui l’a créé et qui élève au rang de priorité la lutte contre l’impunité et le respect des droits de l’homme», s’était-il insurgé.  

Prix Nobel de la paix, l’archevêque sud-africainDesmond Tutu avait lui aussi crié son indignation:  

«En juillet 2008, quand on a appris que le procureur de la CPI préparait un mandat d’arrêt contre Béchir pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre, l’Union africaine a publié un communiqué adressé au Conseil de sécurité de l’ONU pour lui demander de suspendre le processus. Au lieu de condamner le génocide au Darfour, l’Union africaine a choisi de faire part de ses inquiétudes au sujet de l’acharnement dont seraient victimes les dirigeants africains et a soutenu les efforts d’el-Béchir pour retarder la justice».  

Le bras de fer que livre l’UA à la CPI est d’autant plus discutable que trois principaux dossiers concernant des pays africains sont actuellement ouverts à la Haye: la RDC, l’Ouganda et la République centrafricaine. Mais, à chaque fois, ils l’ont été à la demande de leurs chefs d’Etat respectifs. Considérant que leur pays n’avait pas les moyens de conduire dans les meilleures conditions de véritables enquêtes ou des poursuites contre les auteurs et les complices de graves crimes sur leur territoire, ils ont souhaité que l’instance judiciaire onusienne s’en charge. Car mis à part des cas exceptionnels comme le Darfour ou plus récemment la Libye où, à la demande du Conseil de sécurité, elle a initié d’elle-même des actions judiciaires, la CPI, juridiction permanente chargée de juger les personnes accusées de génocide, de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre, a été conçue pour compléter les systèmes judiciaires nationaux. Elle ne peut exercer sa compétence que lorsque les juridictions nationales n’ont pas la volonté ou la compétence pour juger de tels crimes.  

La CPI ne s’en prend pas qu’aux Africains

Dans le cas spécifique de Charles Taylor, l’ancien président libérien inculpé pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité par le Tribunal spécial pour la Sierra Leone, s’il est jugé depuis avril 2007 à la Haye, c’est à la demande insistante du Liberia et de la Sierra Leone qui ont souhaité pour des raisons de sécurité intérieure que son procès soit délocalisé. Par ailleurs, affirmer comme Jean Ping que la CPI ne s’en prend qu’aux Africains est une contrevérité. Le premier chef de l’Etat en exercice à avoir été remis à la justice internationale est l’ex-président de la Serbie Slobodan Milosevic, en juin 2001. Sans oublier que Radovan Karadzic, l’ancien dirigeant serbe de Bosnie inculpé par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TIP) pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre, arrêté le 22 juillet 2008, est en détention à la prison du TIP à la Haye depuis le 30 juillet 2008. Il y a été rejoint le 31 mai 2011 par son ami l’ancien chef de l’armée bosno-serbe, le général Ratko Maldic, mis en examen pour les mêmes infractions après avoir été arrêté le 26 mai dernier. En réalité, outre le manque de volonté politique pour combattre l’impunité, qui est l’une des principales causes des conflits qui ensanglantent l’Afrique —à de rares exceptions près comme l’Afrique du Sud et, dans une moindre mesure, le Nigeria et le Ghana— deux maux principaux affectent la justice sur le continent africain: un manque criant d’appareils judiciaires idoines et une insuffisante —voire aucune— indépendance vis-à-vis des pouvoirs politiques. Les victimes de l’ancien dictateur tchadien Hissen Habré, qui attendent toujours son jugement alors qu’il est inculpé depuis 2000 par la justice sénégalaise pour complicités de crimes contre l’humanité, actes de torture et barbarie en savent quelque chose. Valentin Hodonou (Source: Salte Afrique le 26 aout 2011) Lien:http://www.slateafrique.com/23611/la-cour-penale-internationale-est-elle-raciste  

Lire aussi ces articles

25 février 2008

Home – Accueil – TUNISNEWS  8 ème année, N°  2833 du 25.02.2008  archives : www.tunisnews.net Radhia Nasraoui: Communiqué Chokri Hamrouni:

En savoir plus +

9 juin 2008

Home – Accueil TUNISNEWS  8 ème année, N°  2939 du 09.06.2008 archives : www.tunisnews.net Association Internationale de Soutien aux Prisonniers politiques:arrestation

En savoir plus +

Langue / لغة

Sélectionnez la langue dans laquelle vous souhaitez lire les articles du site.

حدد اللغة التي تريد قراءة المنشورات بها على موقع الويب.