24 janvier 2010

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TUNISNEWS

9 Úme année, N° 3533 du 24.01.2010

 archives :www.tunisnews.net 


LTDH Bizerte: Communiqué  Ă  l’opinion publique C.I.L.A.E: Le procĂšs en appel du psychiatre franco-tunisien reportĂ© pour la 5Ăšme fois au lundi 25 janvier 2010 !!! AP: Visite en Tunisie du rapporteur spĂ©cial de l’ONU pour les droits de l’homme et la lutte antiterroriste Nouvelobs: Le sort encore incertain de Taoufik Ben Brik Reuters: Tunisian judge keeps journalist in prison: lawyer Reuters: Highlights of Clinton speech on Internet freedom LÂŽHumanitĂ©: ExpulsĂ© vers la Tunisie, des vis dans l’estomac Tolerance: Tunisie: l’islamisme dans le pays de Zine el-Abidine Ben Ali KhĂ©maĂŻs Chammari: LibertĂ© d’expression et de crĂ©ation – identitĂ©s et « immunitĂ© » des religions Mouatinoun: Habib Bourguiba junior – Un dĂ©part
discret! Mouatinoun: AprĂšs la disparition de Habib Bourguiba Junior – L’écologie tunisienne en deuil


Ligue Tunisienne pour la DĂ©fense des Droits de l’Homme Bizerte, le 21 janvier 2010

Communiqué  Ă  l’opinion publique


[
] Le rĂ©gime syrien a renvoyé  en Tunisie le 17 janvier 2010 trois Ă©tudiants tunisiens qui Ă©taient attendus par les services de renseignements tunisiens Ă  l’aĂ©roport de Tunis-Carthage. C’est dans un climat de crainte des familles concernĂ©es que la section de la Ligue de Bizerte a su que les trois jeunes arrĂȘtĂ©s Ă©taient : Hamza Ben Hichem Ben Mohammed Sadek Sadkaoui, originaire de Bizerte, ĂągĂ© de 27 ans, titulaire d’une licence en sciences de la religion Ă  l’universitĂ© de Damas et prĂ©parant d’autres spĂ©cialitĂ©s cette annĂ©e. Il est mariĂ© Ă  une Syrienne et le couple a une fille de quatre ans et un fils d’un an. Trois mois avant d’ĂȘtre renvoyĂ© il Ă©tait revenu en Tunisie. La police syrienne a soudain fait intrusion aux domiciles du couple et l’a perquisitionnĂ© mĂ©ticuleusement aprĂšs avoir mis sens dessus dessous l’ameublement ( Ă  la mode tunisienne), la maĂźtresse de maison s’est Ă©vanouie et les enfants ont poussĂ© des cris. Hamza a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© et il s’est avĂ©rĂ© lors de l’enquĂȘte que la police de Damas avait reçu un appel tĂ©lĂ©phonique d’un inconnu prĂ©tendant se nommer Hamza, suspectĂ© d’appartenance Ă  la rĂ©sistance irakienne. La perquisition n’a pas permis de prouver la teneur de la dĂ©lation au tĂ©lĂ©phone et pourtant il est restĂ© dĂ©tenu trois mois sans ĂȘtre accusĂ©, jusqu’à son renvoi en Tunisie. Wahid Ben Mohammed Ben Othman originaire de Bizerte, ĂągĂ© de 28 ans. Il s’est rendu Ă  Damas et a obtenu une licence en sciences de la religion Ă  l’universitĂ© de Damas. Il est mariĂ© Ă  une Syrienne et le couple a une fille et un fils. Il s’est prĂ©sentĂ© Ă  l’ambassade de Tunisie Ă  Damas pour faire renouveler son passeport et y est revenu pendant longtemps sans obtenir de rĂ©ponse Ă  sa demande. Les autoritĂ©s syriennes l’ont arrĂȘtĂ© Ă  son domicile et ont ordonnĂ© son renvoi en Tunisie considĂ©rant qu’il ne possĂ©dait pas de documents de rĂ©sidence lĂ©gale. Sami Nabli, nĂ© en Tunisie, Ă©tudiant Ă  Damas.[
]    Les personnes dont les noms suivent ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©es par la police Ă  Bizerte : Ahmed Ben HĂ©di Gharsalli, nĂ© en Allemagne, dont les parents sont originaires de Bizerte. AprĂšs sa sixiĂšme annĂ©e secondaire, il a commencĂ© une premiĂšre annĂ©e de cinĂ©ma. La police l’a arrĂȘtĂ© le 7 janvier 2010. BĂ©chir Ben Mohammed Ben Chaabane, originaire de Bizerte, nĂ© en 1976, niveau scolaire : sixiĂšme annĂ©e secondaire. Marchand ambulant. Il avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© emprisonnĂ© pendant un mois pour ne pas avoir rasĂ© sa barbe. Skander Boughanmi Les familles des personnes arrĂȘtĂ©es ont entrepris des recherches mais tant les postes de police que le ministĂšre de l’IntĂ©rieur ont niĂ© les dĂ©tenir, ce qui a accru l’angoisse des familles, notamment de leurs mĂšres. [
] Pour le comité  de section de Bizerte Le prĂ©sident Ali Ben Salem (traduction d’extraits ni revue ni corrigĂ©e par les auteurs de la version en arabe, LT)


CommuniquĂ© du ComitĂ© International pour la LibĂ©ration d’Ahmed ELEUCH

Le procÚs en appel du psychiatre franco-tunisien reporté pour la 5Úme fois au lundi 25 janvier 2010 !!!


Le C.I.L.A.E (ComitĂ© International pour la LibĂ©ration d’Ahmed ELEUCH) tient Ă  informer l’opinion publique française, tunisienne et internationale, que le procĂšs en appel du docteur Ahmed ELEUCH, qui aprĂšs quatre reports devait se tenir ce jeudi 21 janvier 2010, a Ă  nouveau Ă©tĂ© reportĂ© par le tribunal de Tunis au lundi 25 janvier 2010 !!! Le motif officiel de ce report, dĂ©cidĂ© par le PrĂ©sident de la Chambre d’appel, reste invariablement identique aux prĂ©cĂ©dents, Ă  savoir qu’il manque au dossier du docteur ELEUCH la mise Ă  jour de son casier judiciaire, document qui, rappelons-le, doit ĂȘtre fourni par le procureur de la RĂ©publique, en collaboration avec le ministĂšre de l’IntĂ©rieur. Par ailleurs, le mardi 19 janvier 2010, Ahmed ELEUCH a Ă©tĂ© condamnĂ© par le tribunal de premiĂšre instance de Sfax Ă  une peine de deux ans de prison avec sursis. Il est accusĂ©, dans cette affaire, d’avoir « financĂ© un groupe qui prĂŽne la haine religieuse ». Le mĂ©decin franco-tunisien a dĂ©cidĂ© de faire appel de cette condamnation. Nous, collĂšgues, confrĂšres et sympathisants du docteur ELEUCH ne pouvons nous satisfaire de cette condamnation, qui d’une part a Ă©tĂ© Ă©mise sans preuve matĂ©rielle, d’autre part bafoue les droits et l’honneur d’un homme, dont la vie familiale, sociale et professionnelle, a toujours Ă©tĂ© orientĂ© vers le dialogue et le respect de l’autre. C’est pourquoi nous serons Ă  ses cĂŽtĂ©s dans son combat en appel. Nous considĂ©rons l’échĂ©ance judiciaire du lundi 25 janvier comme un tournant dĂ©cisif dans cette affaire, oĂč nous demandons l’acquittement inconditionnel de monsieur ELEUCH, afin qu’il soit enfin et dĂ©finitivement libre, physiquement et moralement. Nous voulons croire que le bref dĂ©lai qui sĂ©pare le quatriĂšme report du cinquiĂšme tĂ©moigne d’une volontĂ© des autoritĂ©s judiciaires tunisienne de clore cette affaire. Plus que jamais, nous manifestons notre soutien Ă  Ahmed et demeurerons attentif Ă  l’issue de ce procĂšs. Paris, le 24 janvier 2009 Docteur Patrick CHALTIEL, PrĂ©sident du ComitĂ© International pour la LibĂ©ration d’Ahmed ELEUCH (C.I.L.A.E.) Site internet : http://www.liberez-ahmed-eleuch.net Contact : liberez.ahmed.eleuch@gmail.com


Visite en Tunisie du rapporteur spĂ©cial de l’ONU pour les droits de l’homme et la lutte antiterroriste


AP | 23.01.2010 | 22:18 En visite en Tunisie Ă  l’invitation du gouvernement, le rapporteur spĂ©cial de l’ONU pour la promotion et la protection des droits de l’homme et des libertĂ©s fondamentales dans la lutte antiterroriste, Martin Scheinin, s’est entretenu samedi avec les responsables de la Ligue tunisienne de dĂ©fense des droits de l’homme (LTDH). “Les discussions qui ont durĂ© plus d’une heure ont portĂ© sur la lutte contre le terrorisme et le respect des droits de l’Homme et les problĂšmes qui se posent en la matiĂšre”, a dĂ©clarĂ© Ă  l’Associated Press le prĂ©sident de la LTDH, Mokhtar Trifi. “Aussi lĂ©gitime qu’elle soit, cette lutte ne doit pas porter atteinte aux droits Ă©lĂ©mentaires des personnes, mais doit ĂȘtre menĂ©e plutĂŽt dans le respect total de ces droits, de l’intĂ©gritĂ© des prĂ©venus et dans le cadre de procĂšs Ă©quitables”, a-t-il prĂ©cisĂ©. Selon une source onusienne Ă  Tunis, M. Scheinin, qui est accompagnĂ© de plusieurs collaborateurs, doit rencontrer des membres du gouvernement tunisien, des reprĂ©sentants du pouvoir judiciaire, des forces de l’ordre, du parlement et du comitĂ© supĂ©rieur des droits de l’Homme et des libertĂ©s fondamentales. Son sĂ©jour, qui durera cinq jours, sera aussi marquĂ© par des visites de lieux de dĂ©tention oĂč il s’entretiendra avec des personnes soupçonnĂ©es ou condamnĂ©es pour des dĂ©lits terroristes. A l’issue de sa mission, le rapporteur spĂ©cial de l’ONU prĂ©sentera au Conseil des droits de l’homme “un rapport sur ses conclusions sur la lĂ©gislation et la pratique antiterroriste en Tunisie et des recommandations concrĂštes” Ă  ce sujet. AP


 

Le sort encore incertain de Taoufik Ben Brik


NOUVELOBS.COM | 24.01.2010 | 13:08

“La Cour [d’appel] a repoussĂ© son verdict au 30 janvier”, indique Ă  Nouvelobs.com un avocat de l’opposant tunisien qui dĂ©nonce “un procĂšs politique” oĂč la justice n’est pas “indĂ©pendante face au pouvoir”.

Contre toute attente, la Cour d’appel de Tunis a dĂ©cidĂ©, samedi 23 janvier, de reporter le verdict du jugement de l’opposant Taoufik Ben Brik , condamnĂ© en premiĂšre instance Ă  six mois de prison pour violence. “La Cour a repoussĂ© son verdict au 30 janvier“, indique son avocat Mohamed Abbou Ă  Nouvelobs.com. Dans leur plaidoirie, les avocats de Taoufik Ben Brik ont surtout dĂ©noncĂ© “un procĂšs politique, en rien juridique”. “Les avocats ont dĂ©montrĂ© comment le dossier est prĂ©fabriquĂ©”, rapporte la femme de Taoufik Ben Brik, Azza Zarrad, au Nouvelobs.com. “Ils ont dĂ©montrĂ© que ce procĂšs est un procĂšs politique etpas du tout de droit commun.”  

“Un vĂ©ritable bras de fer”

Journaliste et opposant tunisien, Taoufik Ben Brik a Ă©tĂ© condamnĂ© le 28 novembre Ă  six mois de prison ferme pour “faits de violence, outrage public aux bonnes mƓurs et dĂ©gradation volontaire des biens d’autrui”. Il a rĂ©pĂ©tĂ© samedi qu’il Ă©tait victime “d’une affaire fabriquĂ©e par les services spĂ©ciaux” pour le punir de ses Ă©crits hostiles au rĂ©gime du prĂ©sident Zine El Abidine Ben Ali. Lors de leur plaidoirie, les avocats ont rĂ©clamĂ© lalibĂ©ration provisoire de Taoufik Ben Brik “Nous avons Ă©galement critiquĂ© l’indĂ©pendance de la justice face au pouvoir”, rapporte Mohamed Abbou. InterrogĂ© sur le verdict, l’avocat lance simplement : “on verra”. Le prĂ©sident “Ben Ali veut montrer qu’il est fort, que personne ne peut le dĂ©fier”. “On a affaire Ă  un vĂ©ritable bras de fer entre les autoritĂ©s tunisiennes et la communautĂ© internationale”, explique-t-il. Azza Zarrad fait elle part de “pressions politiques fortes sur la Tunisie. Le Parlement europĂ©en a Ă©mis un avertissement sur les lacunes en matiĂšre de droits de l’homme en Tunisie. De plus, les Etats-Unis suivent de trĂšs prĂšs tout ce qui se passe dans le pays”.  

Taoufik n’Ă©tait “pas trĂšs en forme”

La femme de l’opposant tunisien fait part d’une prĂ©sence policiĂšre trĂšs importante lors de l’audience de samedi. Elle note Ă©galement que Taoufik Ben Brik n’Ă©tait “pas trĂšs en forme”. Azza Zarrad attend surtout des soutiens clairs de la communautĂ© internationale. “La Tunisie a besoin de dĂ©mocratie, de libertĂ©s… Le peuple est muselĂ©“, lance-t-elle, engagĂ©e. Ni ses avocats, ni sa femme n’Ă©tait en mesure de dire si Taoufik Ben Brik a Ă©tĂ© rĂ©incarcĂ©rĂ© dans la prison de Siliana (Ă  130 kms de Tunis). (Boris Manenti – Nouvelobs.com)


Tunisian judge keeps journalist in prison: lawyer


Sun Jan 24, 2010 8:28am GMT TUNIS (Reuters) – A Tunisian judge refused to free a journalist who says his six-month prison sentence for assault is politically motivated, and delayed a verdict on an appeal, a defence lawyer said on Saturday. Judge Mohamed Ali Chouika said journalist Taoufik Ben Brik must stay in jail awaiting the appeal decision on January 30, lawyer Radhia Nasraoui said. Ben Brik, arrested last October, was charged with beating up a woman during an argument in the street. He claims he is being punished for his criticism of President Zine al-Abidine Ben Ali. “The harassment by the Tunisian regime against me has not stopped since 1990 and I’m the victim of a political issue, which all the world knows,” Ben Brik told the appeal court. His case has focused attention on the North African country’s human rights record. Staunch ally France, which usually avoids public criticism of Tunisia’s internal affairs, has voiced disappointment at the arrest. Rights groups say the journalist, who has worked for several French newspapers and magazines, suffers from diabetes, chronic diarrhoea and a hormone disorder. The authorities have insisted repeatedly that Ben Brik was guilty of a violent assault and should not be above the law. Officials said he knocked the woman to the ground, punched and kicked her, swore at her and deliberately damaged her car. Ben Ali, in power for 22 years, has insisted Tunisia is committed to respecting democracy and human rights. He was re-elected to a fifth term in office last year with almost 90 percent of the vote. Many Tunisians credit him with overseeing stability and relative prosperity in Tunisia, which attracts millions of European tourists each year.


Highlights of Clinton speech on Internet freedom


Thu Jan 21, 2010 12:16pm EST WASHINGTON, Jan 21 (Reuters) – U.S. Secretary of State Hillary Clinton said on Thursday all companies should reject censorship and urged China to thoroughly investigate cyber attacks that led Google to threaten to pull out of the nation. Following are highlights of her speech: INTERNET FREEDOM GOOD FOR BUSINESS “We feel strongly that principles like information freedom aren’t just good policy, not just somehow connected to our national values, but they are universal and they are also good for business. To use market terminology, a publicly listed company in Tunisia or Vietnam that operates in an environment of censorship will always trade at a discount relative to an identical firm in a free society. If corporate decision makers don’t have access to global sources of news and information, investors will have less confidence in their decisions over the long term. Countries that censor news and information must recognize that, from an economic standpoint, there is no distinction between censoring political speech and commercial speech. If businesses in your nations are denied access to either type of information, it will inevitably impact on growth. Increasingly, U.S. companies are making the issue of Internet and information freedom a greater consideration in their business decisions. I hope that their competitors and foreign governments will pay close attention to this trend.” CHINA SHOULD OPENLY INVESTIGATE CYBER ATTACKS ON GOOGLE “The most recent situation involving Google has attracted a great deal of interest and we look to the Chinese authorities to conduct a thorough review of the cyber intrusions that led Google to make its announcement. And we also look for that investigation and its results to be transparent. The Internet has already been a source of tremendous progress in China, and it is fabulous there are so many people in China now online. But countries that restrict free access to information or violate the basic rights of Internet users risk walling themselves off from the progress of the next century. The United States and China have different views on this issue. And we intend to address those differences candidly and consistently in the context of our positive, cooperative and comprehensive relationship.” NO COMPANY SHOULD ACCEPT CENSORSHIP “For companies, this issue is about more than claiming the moral high ground; it really comes down to the trust between firms and their customers. Consumers everywhere want to have confidence that the Internet companies they rely on will provide comprehensive search results and act as responsible stewards of their own personal information. Firms that earn the confidence of those countries and basically provide that kind of service will prosper in the global marketplace. I really believe that those who lose that confidence of their customers will eventually lose customers. You know, no matter where you live, people want to believe that what they put in to the Internet is not going to be used against them. And censorship should not be in any way accepted by any company from anywhere. And in America, American companies need to make a principled stand. This needs to be part of our national brand. I am confident that consumers worldwide will reward companies that follow those principles.” TECHNOLOGY A MIXED BLESSING “Amid this unprecedented surge in connectivity, we must also recognize that these technologies are not an unmitigated blessing. These tools are also being exploited to undermine human progress and political rights … The same networks that help organize movements for freedom also enable al Qaeda to spew hatred and incite violence against the innocent. And technologies with the potential to open up access to government and promote transparency can also be hijacked by governments to crush dissent and deny human rights.” CHINA, OTHERS FAULTED FOR INTERNET CENSORSHIP “In the last year, we’ve seen a spike in threats to the free flow of information. China, Tunisia, and Uzbekistan have stepped up their censorship of the Internet. In Vietnam, access to popular social networking sites has suddenly disappeared. And last Friday in Egypt, 30 bloggers and activists were detained … Some countries have erected electronic barriers that prevent their people from accessing portions of the world’s networks. They have expunged words, names and phrases from search engine results. They have violated the privacy of citizens who engage in nonviolent political speech. These actions contravene the Universal Declaration on Human Rights, which tells us that all people have the right ‘to seek, receive and impart information and ideas through any media and regardless of frontiers.’ With the spread of these restrictive practices, a new information curtain is descending across much of the world.” FIGHTING ILLS NO EXCUSE FOR REPRESSION “All societies recognize that free expression has its limits. We do not tolerate those who incite others to violence, such as the agents of al Qaeda who are at this moment using the Internet to promote the mass murder of innocent people. And hate speech that targets individuals on the basis of their ethnicity, gender, or sexual orientation is reprehensible. It is an unfortunate fact that these issues are both growing challenges that the international community must confront together. And we must also grapple with the issue of anonymous speech. Those who use the Internet to recruit terrorists or distribute stolen intellectual property cannot divorce their online actions from their real world identities. But these challenges must not become an excuse for governments to systematically violate the rights and privacy of those who use the Internet for peaceful political purposes.” SAUDI ARABIA, VIETNAM, CHINA RAPPED ON RELIGIOUS FREEDOM “Some nations, however, have co-opted the Internet as a tool to target and silence people of faith. Last year, for example, in Saudi Arabia, a man spent months in prison for blogging about Christianity. And a Harvard study found that the Saudi government blocked many web pages about Hinduism, Judaism, Christianity, and even Islam. Countries including Vietnam and China employed similar tactics to restrict access to religious information … Just as these technologies must not be used to punish peaceful political speech, they must also not be used to persecute or silence religious minorities. Prayers will always travel on higher networks. But connection technologies like the Internet and social networking sites should enhance individuals’ ability to worship as they see fit, come together with people of their own faith, and learn more about the beliefs of others. We must work to advance the freedom of worship online just as we do in other areas of life.” (Reporting by Arshad Mohammed and Paul Eckert)


C’est un scandale !

ExpulsĂ© vers la Tunisie, des vis dans l’estomac


Mis dans l’avion avant la fi n de sa procĂ©dure d’asile, Ammar Lamloum a aussitĂŽt rejoint les geĂŽles de Ben Ali. Nouvelle variante cynique de l’emballement de la machine Ă  expulser, coĂ»te que coĂ»te : le 16 janvier dernier, un Tunisien dont la procĂ©dure d’asile Ă©tait en cours d’examen a Ă©tĂ© expulsĂ© vers la Tunisie, alors qu’il venait d’avaler des vis et des piĂšces de monnaie, et que le mĂ©decin de garde Ă  qui il avait Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© avait demandĂ© Ă  le revoir pour dĂ©cider de l’opportunitĂ© d’une intervention chirurgicale. Originaire de Ben Guerdane en Tunisie, Ammar Lamloum avait fui son pays en 2008 et Ă©tait arrivĂ©, via l’Italie, en France, oĂč sa femme l’avait dĂ©jĂ  prĂ©cĂ©dĂ©, ainsi que leur enfant aujourd’hui ĂągĂ© de six ans – un second, ĂągĂ© de neuf mois, est nĂ© par la suite sur le sol français. M. Lamloum dĂ©pose une demande d’asile, ainsi que sa femme. C’est dans le cadre de l’examen de celle-ci qu’il est convoquĂ©, le 4 janvier, Ă  l’Ofpra. Au retour de cet entretien, il est arrĂȘtĂ© sur l’autoroute prĂšs d’Évry. ContrĂŽle routier, d’identitĂ© : M. Lamloum est placĂ© au centre de rĂ©tention administrative de Palaiseau. Sa demande d’asile est traitĂ©e en procĂ©dure prioritaire, selon le RĂ©seau Éducation sans frontiĂšres, qui relaie aujourd’hui son histoire. Ce qui signifie, en des termes plus crus, qu’elle n’est pas accompagnĂ©e d’une autorisation provisoire de sĂ©jour, et que M. Lamloum peut ĂȘtre renvoyĂ© en Tunisie avant mĂȘme le terme de la procĂ©dure. Il dĂ©pose un recours contre son arrĂȘtĂ© prĂ©fectoral de reconduite Ă  la frontiĂšre. RejetĂ©. En dĂ©sespoir de cause, il entame une grĂšve de la faim quelques jours plus tard. Puis avale des piĂšces de monnaie et des vis pour tenter d’échapper Ă  son expulsion. À son arrivĂ©e Ă  l’hĂŽpital, il passe des radios qui attestent de la prĂ©sence de ces objets mĂ©talliques. Faute de chirurgien disponible, il rencontre le mĂ©decin de garde qui se refuse Ă  dĂ©cider ou non de l’opĂ©rer et demande Ă  le revoir le lendemain matin. M. Lamloum ne reviendra jamais : il a Ă©tĂ© expulsĂ© entre-temps avec les vis dans le ventre, au risque d’avoir l’estomac dĂ©chirĂ©. À son arrivĂ©e Ă  l’aĂ©roport de Tunis, il est interpellĂ© par la police tunisienne, et aussitĂŽt placĂ© en prison – comme tous les ressortissants tunisiens expulsĂ©s par la France. « Il a pu appeler sa femme pour la prĂ©venir de son dĂ©part, puis l’appeler Ă  nouveau Ă  sa descente de l’avion, pour la prĂ©venir qu’il serait placĂ© en dĂ©tention : depuis, elle n’a plus de nouvelles », raconte Nadia Nguyen, de RESF. Depuis l’arrestation de son mari, la femme d’Ammar Lamloum vit Ă  Lyon avec leurs deux enfants. Tous trois Ă©taient d’ailleurs prĂ©sents lors de l’arrestation. Lorsque M. Lamloum a Ă©tĂ© emmenĂ©, ils ont Ă©tĂ© tout bonnement laissĂ©s sur le bord de la route. À charge pour eux de regagner leur domicile par leurs propres moyens. ANNE ROY’ (Source: “LÂŽHumanitĂ©” (quotidien – France) le 21 janvier 2010)

 


Tunisie: l’islamisme dans le pays de Zine el-Abidine Ben Ali


par Aziz Enhaili En Tunisie, le mouvement islamiste est vieux de presque quarante ans. Il a fait face Ă  la fois Ă  un rĂ©gime laĂŻc fort et Ă  la division de ses troupes. Sa stratĂ©gie de prise de pouvoir a Ă©tĂ© efficacement contrĂ©e par l’État du parti du pouvoir, le RCD. Au Maghreb, l’islamisme tunisien peut ĂȘtre Ă  juste titre considĂ©rĂ© comme un mouvement Ă  part. Contrairement Ă  ses homologues des pays voisins, il a eu dĂšs le dĂ©part Ă  faire face Ă  un État rĂ©solument laĂŻc. L’annĂ©e 1987 reprĂ©sente une annĂ©e charniĂšre dans son parcours de prĂšs de quarante ans. Au dĂ©but Ă©tait les cercles islamistes de Tunis La naissance de l’islamisme en Tunisie remonte Ă  1971. Au cours de cette annĂ©e, plusieurs intellectuels islamistes (dont une partie est issue de la confrĂ©rie des FrĂšres musulmans, «Égypte : Moubarak et les FrĂšres musulmans») ont mis en place des cellules quasi clandestines dans plusieurs mosquĂ©es de la capitale Tunis. Tout en tentant de s’imposer comme relais des demandes culturelles des milieux conservateurs et traditionnels, ils n’ont pas hĂ©sitĂ© Ă  attaquer la gauche culturelle et syndicale. Ce penchant anti-marxiste rejoignait Ă  cette Ă©poque l’aversion d’un État bourguibien furieusement anti-communiste. Les partisans du FrĂšre musulman Rached Ghannouchi se sont dotĂ©s d’un «Groupe islamique» en 1972, une structure baptisĂ©e successivement (au grĂ© des circonstances) du nom de «Mouvement de la Tendance islamique» (MTI), en 1981, et d’«Ennahda» («Renaissance», islamique Ă©videmment), huit annĂ©es plus tard. Leurs diffĂ©rentes tentatives de lĂ©galiser leur formation comme parti politique Ă©taient vaines. En raison de l’opposition ferme d’un rĂ©gime hostile aux valeurs traditionnelles et craignant de voir Ă  terme son pouvoir absolu (Ă  travers le parti/État, le Rassemblement constitutionnel dĂ©mocratique) contestĂ©. Tout comme c’est le cas des autres mouvements islamistes du monde musulman, l’objectif des islamistes tunisiens est d’établir une rĂ©publique islamique. Aux yeux de leurs dirigeants, l’islam serait la solution de tous les maux de la sociĂ©tĂ© moderne. D’oĂč leur insistance auprĂšs des jeunes en particulier pour qu’ils se conforment aux principes de l’islam qu’ils considĂšrent comme une totalitĂ© embrassant tous les domaines de l’activitĂ© humaine. La RĂ©volution islamique de 1979 en Iran a Ă©tĂ© une «divine surprise» pour les islamistes tunisiens. Elle a dĂ©cuplĂ© leurs troupes et Ă©lite. Une «vague» portĂ©e Ă©galement par les revers subis coup aprĂšs coup par la gauche syndicale et l’aile progressiste du gouvernement. Certains islamistes n’hĂ©sitant pas Ă  donner de facto un coup de main Ă  la campagne officielle de pression sur la gauche. En rejoignant les rangs de l’opposition en 1981, le mouvement islamiste s’est lui aussi exposĂ© Ă  la rĂ©pression du pouvoir. Il a boycottĂ© les Ă©lections municipales de 1985 et lĂ©gislatives de 1986. Le prix de sa mauvaise apprĂ©ciation de la situation rĂ©elle du pouvoir et du rapport de force lui a coĂ»tĂ© assez cher. Plusieurs de ses dirigeants du premier cercle et parmi ses militants sont arrĂȘtĂ©s. 1987, l’annĂ©e du lancement des bases de la politique «d’éradication» des islamistes Pour apaiser le pays, le gĂ©nĂ©ral Zine el-Abidine Ben Ali (le nouveau homme fort du Tunis) a dĂ©posĂ© son prĂ©dĂ©cesseur en 1987 et Ă©largi plusieurs dirigeants et militants islamistes. Il a Ă©galement tentĂ© d’élargir la base d’alliance de son pouvoir, en s’ouvrant notamment sur les conservateurs, les libĂ©raux et la gauche. Contribuant ainsi Ă  isoler les islamistes («Tunisie: une «élection» prĂ©sidentielle pour rien»). PrĂ©lude Ă  leur «annihilation» du champ politique tunisien. Leur reconnaissance de l’État rĂ©publicain, du pluralisme politique et du code du statut personnel n’y a rien changĂ©. Les nouvelles en provenance de l’AlgĂ©rie voisine relativement aux islamistes nâ€˜Ă©taient pas rassurantes («AlgĂ©rie: l’islamisme entre les urnes et les armes»). Elles ont servi en outre Ă  conforter aux yeux des franges de la population Ă  prime abord non acquises aux islamistes un choix stratĂ©gique de l’État hostile Ă  tout compromis avec les partisans de Ghannouchi. Les rĂ©sultats de ces derniers, Ă  titre de candidats indĂ©pendants, aux lĂ©gislatives de 1989 (oĂč ils se sont imposĂ©s comme la vĂ©ritable force d’opposition, grĂące Ă  leurs 17% des voix, malgrĂ© les manipulations des rĂ©sultats) ont fini par pousser la gauche dans les bras de Ben Ali. Ce qui Ă©tait de mauvais augure notamment pour la suite des affaires islamistes. La chasse Ă  l’islamiste Ă©tait donc lancĂ©e. Avec la bĂ©nĂ©diction de tout ce que comptait Tunis comme forces sociales non islamistes. Si de nombreux dirigeants et militants islamistes sont incarcĂ©rĂ©s et torturĂ©s dans les centres d’un État plus policier que jamais, leur leader charismatique a rĂ©ussi quant Ă  lui Ă  se rĂ©fugier Ă  Londres. Il y vit depuis. La facilitĂ© avec laquelle les barbouzes de Ben Ali avaient rĂ©ussi Ă  venir jusqu’à un certain point Ă  bout des islamistes ne s’explique pas par la seule mise en place d’un vĂ©ritable État policier. C’est Ă©galement dĂ», cĂŽtĂ© islamiste, Ă  plusieurs de leurs erreurs politiques (comme on l’a vu ci-dessus) et Ă  leur division entre des courants pragmatique et jihadiste, des sensibilitĂ©s FrĂšres musulmans et «tunisianiste». Sans oublier des ambitions Ă©goĂŻstes et des querelles personnelles de dirigeants pour conquĂ©rir ou garder la chefferie du mouvement. ** La marginalisation du mouvement de Ghannouchi a permis Ă  plusieurs groupuscules jihadistes de faire leur apparition en Tunisie et de prospĂ©rer. Une partie d’entre eux a rejoint les rangs d’Al-QaĂŻda au Maghreb islamique («Mathieu GuidĂšre: Al-QaĂŻda au Maghreb islamique»). Une «divine surprise» pour un Ben Ali plus opposĂ© que jamais Ă  toute rĂ©elle ouverture politique de son rĂ©gime. Au grand dam de tous ceux qui voudraient voir les progrĂšs sociaux et Ă©conomiques de ce pays trouver une traduction politique en termes de dĂ©mocratisation. 22 janvier 2010 (Source: Tolerance.ca le 23 janvier 2010)


LibertĂ© d’expression et de crĂ©ation, identitĂ©s et « immunitĂ© » des religions

 


KhĂ©maĂŻs Chammari Dans le n° 161 d’Attariq Aljadid, Neila Jrad a fait un compte- rendu instructif du sĂ©minaire d’Istambul sur la « libertĂ© d’expression et de crĂ©ation », et la problĂ©matique  sur laquelle elle conclue son article est d’un intĂ©rĂȘt considĂ©rable : indispensable rĂ©fĂ©rence Ă  des identitĂ©s d’ancrage fĂ©condes et ouvertes sur les acquis de l’humanitĂ© et les valeurs universelles et de la modernitĂ© ou identitĂ©s frileuses, agressives, d’exclusion et, selon la formule d’Amine Malouf, « meurtriĂšres » ? Une telle question est au coeur des dĂ©bats sur  la « libertĂ© d’expression et de crĂ©ation ». N’ayant pu me rendre Ă  Istambul, j’ai envoyĂ© une contribution en derniĂšre minute. J’y ai abordé  la question des limitations et des atteintes  Ă  la libertĂ© d’expression et de crĂ©ation en Tunisie et, en conclusion,  une question importante qui n’a pas Ă©tĂ© directement abordĂ©e, me semble t-il Ă  Istambul.  De la « fatwa »[1], prononcĂ©e contre l’écrivain Salman Rushdie, Ă  l’affaire de la caricature du prophĂšte Mohamed publiĂ©e dans un journal suĂ©dois, en passant par la grave crise provoquĂ©e au printemps 2006 Ă  la suite de la parution de caricatures du prophĂšte Mohamed dans un journal danois , la question de la libertĂ© d’expression et de ses limites a fait l’objet d’une vaste controverse qui interpelle chacun d’entre nous. Ma conviction est que certains Ă©crits ou certains dessins (tel celui affublant Mohamed d’une bombe Ă  la place du turban) contribuent de maniĂšre incontestable au renforcement des prĂ©jugĂ©s Ă  l’égard de la religion musulmane et de ses adeptes, assimilĂ©s de façon indistincte Ă  la violence, Ă  l’intolĂ©rance et au terrorisme. Ces manifestations procĂšdent d’une forme d’« islamophobie » Ă  tous Ă©gards inacceptable et qui risque d’alimenter, de surcroĂźt, les surenchĂšres des courants fondamentalistes islamiques les plus radicaux. Elles appellent donc la plus grande vigilance de la part des dĂ©fenseurs des libertĂ©s. Mais la rĂ©ponse Ă  de telles dĂ©rives ne peut consister en aucune façon Ă  apporter des limites Ă  la libertĂ© d’expression, autres que celles prohibant l’appel Ă  la violence et Ă  la haine raciale.  A cet Ă©gard, il convient, comme l’ont fait les grandes ONG internationales de dĂ©fense des droits humains, de mettre en garde contre le risque d’adoption, notamment au niveau des Nations Unies, de textes normatifs excluant les convictions religieuses et philosophiques du champ de la critique, de la crĂ©ation et de la discussion , au prĂ©texte de protĂ©ger les religions de « toute forme de diffamation ». [1] Edit religieux    

Habib Bourguiba junior
Un départ
discret!


 s’est Ă©teint le 28 dĂ©cembre 2009 Ă  l’ñge de 82 ans. Depuis 23 ans, Ă  la fin de sa fonction de conseiller auprĂšs du prĂ©sident Bourguiba en 1986, il n’a plus figurĂ© dans la chronique politique qu’il a pourtant animĂ©e pendant prĂ©s de trente annĂ©es. Le hasard a voulu qu’il soit nĂ© un 9 avril 1927 et que son anniversaire se confonde avec une date-9 avril 1938- chargĂ©e d’histoire pour les tunisiens en lutte pour l’indĂ©pendance. 

Avocat, comme son pĂšre, maĂźtrisant parfaitement l’anglais, il a Ă©té  ambassadeur de Tunisie dans les grandes capitales occidentales, Washington, Rome, Paris (1958). En 1964,nommĂ© Ă  la tĂȘte du ministĂšre des affaires Ă©trangĂšres, Ă  la suite de Mongi Slim, il va marquer la diplomatie tunisienne par une action aussi brillante qu’efficace.

Le champ politique ne fut pas son seul pĂŽle d’intĂ©rĂȘt. PrĂ©curseur il a tirĂ© la Tunisie vers la modernitĂ© en tant que fondateur  de la Banque de DĂ©veloppement Economique de Tunisie (BDET) et de l’Ecole Nationale des Sciences de l’Informatique ; il Ă©tait parmi les premiers, a se prĂ©occuper  d’environnement comme le rapporte le professeur Ali Hili.

 La foule qui l’a accompagnĂ© Ă  son enterrement au cimetiĂšre de Sidi AbdelAziz, Ă  la Marsa, tĂ©moigne du respect que les tunisiens, toutes couleurs politiques confondues, ont tenu Ă  exprimer Ă  un homme qui a mis ses moyens et ses qualitĂ©s au service  de la Tunisie post indĂ©pendante. Son charisme et ses hautes charges ne l’ont pas empĂȘchĂ© d’ĂȘtre un homme courtois, affable, sympathique de l’avis de tous ceux qui l’ont cĂŽtoyĂ©. Tous lui reconnaissent Ă©galement un franc parler et un courage qui le poussait jusqu’à contredire le prĂ©sident, « le patron »comme il l’appelait. Le fait qu’il se soit retirĂ© au moment oĂč faisait rage la bataille pour la succession, doit susciter notre mĂ©ditation Ă  un moment oĂč, dans un monde arabe politiquement sous dĂ©veloppĂ© et historiquement dĂ©calĂ©, l’hĂ©ritage du pouvoir est d’une actualitĂ© brĂ»lante.

A son Ă©pouse Neila et ses enfants MĂ©riem, Mahdi et Mouez, nous prĂ©sentons nos sincĂšres condolĂ©ances. A nos lecteurs nous publions le tĂ©moignage du professeur Ali HILI  et l’oraison funĂšbre prononcĂ©e aux funĂ©railles par le professeur SaĂądeddine ZMERLI, deux amis qui ont cĂŽtoyĂ© le regrettĂ© Habib Bourguiba Junior, que Dieu ait son Ăąme.

L’Hommage d’un ami, par le Dr Saadeddine Zmerli*  

Habib Bourguiba junior vient de s’éteindre Ă  l’ñge de 82 ans, Ă  la suite d’une maladie qu’il aura combattue dans la dignitĂ©, en refusant d’emblĂ©e tout acharnement thĂ©rapeutique. Conscient, entourĂ© de sa famille, recevant volontiers ses amis, il a montrĂ© une sĂ©rĂ©nitĂ© digne d’éloges et un visage que le mal n’a pu altĂ©rer.

Acceptant d’ĂȘtre surnommĂ© Bibi, il faisait  preuve d’une humilitĂ© qui ne l’a jamais quittĂ© malgrĂ© l’accĂšs Ă  la PrĂ©sidence de la RĂ©publique de son pĂšre et les hautes charges qui lui ont Ă©tĂ© confiĂ©es.   

Il Ă©tait d’une grande fidĂ©litĂ© Ă  l’égard  de ses amis qui apprĂ©ciaient sa franchise, sa vivacitĂ© d’esprit, son entrain et son humour. La franchise de ses propos et leur rationalitĂ© Ă©tait servie par la rigueur et la nuance d’un verbe qu’il maitrisait aussi bien en arabe, en français qu’en anglais. On admirait son immense culture et son amour des mots. Un de ses grands bonheurs a Ă©tĂ© de devenir grand-pĂšre, je garde dans mes souvenirs la photo qu’il m’a adressĂ©e lors de la naissance de sa premiĂšre petite fille. Il a su comme ambassadeur Ă  Rome, Paris, Washington, et comme Ministre des affaires Ă©trangĂšres, de la Justice et comme PDG de le Banque de dĂ©veloppement Ă©conomique faire rayonner l’image de la Tunisie. Ses collaborateurs ont toujours louĂ© sa gestion administrative et humaine des dĂ©partements qu’il dirigeait. Ambassadeur Ă  Paris, Neila et lui-mĂȘme nous recevaient, nous Ă©tudiants tunisiens avec une grande cordialitĂ©.

Sa grande honnĂȘtetĂ© lui a donnĂ© le courage de faire comprendre Ă  son pĂšre, le PrĂ©sident Bourguiba, qu’il n’avait aucune vocation pour lui succĂ©der.

Repose en paix, tu nous manqueras. Que sa femme, ses enfants et ses petits enfants acceptent notre sympathie et notre affection

 

*professeur de chirurgie, prĂ©sident fondateur de la ligue tunisienne des droits de l’homme

 

(Source: “Mouatinoun”  organe du FDTL, nr 128 janvier 2010)


AprĂšs la disparition de Habib Bourguiba Junior
L’écologie tunisienne en deuil


Habib Bourguiba Junior a Ă©tĂ© conduit Ă  sa derniĂšre demeure le mardi 29 dĂ©cembre 2009 au cimetiĂšre de Sidi Abdelaziz Ă  La Marsa, sous un soleil radieux – changement climatique oblige -.

Parmi la foule immense qui a suivi le cortùge, peu de personnes – y compris parmi ses proches – savent ce que la protection de l’environnement en Tunisie lui doit.

C’était en novembre 1974, une vague de grand froid rĂ©gna sur l’Europe, clouant sur place des dizaines de milliers d’oiseaux migrateurs en route pour leur quartier d’hiver en Afrique. C’est ainsi qu’en Suisse des dĂ©fenseurs de la nature ont recueilli des milliers d’hirondelles vouĂ©es Ă  une mort certaine. L’un des mĂ©decins du prĂ©sident Habib Bourguiba contacta Bourguiba Junior pour lui demander si la Tunisie ne pouvait pas recevoir ces oiseaux acheminĂ©s sur Tunis par avion. DĂ©barquĂ©es Ă  l’aĂ©roport de l’Aouina, les hirondelles furent immĂ©diatement relĂąchĂ©es sur la dĂ©charge du Kram oĂč elles ont pu trouver en abondance des insectes volants, avant de poursuivre leur migration Ă  travers le Sahara.

Quelques mois plus tard, le 9 mai 1975, se tenait une rĂ©union au siĂšge de l’ONTT au cours de laquelle Ă©tait créée l’Association « Les Amis des Oiseaux », avec comme prĂ©sident Habib Bourguiba Junior ; Hassen Belkhodja, alors ministre de l’Agriculture, Ă©tant prĂ©sident d’honneur et Mme Najet Mhiri, veuve du militant Taieb Mhiri, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral.

Habib Bourguiba Junior a dirigĂ© l’Association « Les Amis des Oiseaux » de 1975 Ă  1989 ; c’est lui qui avait Ă  l’époque proposĂ© le nom « Les Amis des Oiseaux ». Mais l’association a, dĂšs le dĂ©part, Ă©largit son champ d’activitĂ© en s’occupant non seulement des oiseaux, mais Ă©galement de l’environnement en gĂ©nĂ©ral et plus spĂ©cialement la faune et la flore sauvages, terrestres et marines.

Pendant cette longue pĂ©riode, l’Association « Les Amis des Oiseaux », avec Ă  sa tĂȘte Habib Bourguiba Junior, a pu rĂ©aliser les actions suivantes :

‱ AmĂ©lioration de la lĂ©gislation tunisienne en matiĂšre de protection de la faune sauvage Ă  travers l’arrĂȘtĂ© annuel relatif Ă  la chasse.

‱ Formation de jeunes ornithologues tunisiens.

‱ Protection intĂ©grale des oiseaux migrateurs au Cap Bon, alors qu’ils sont encore accueillis Ă  coups de fusil en Sicile et Ă  Malte, nonobstant la directive « Oiseaux » de la Commission EuropĂ©enne.

‱ Elaboration de documents de sensibilisation du public : dĂ©pliants, affiches, posters.

‱ Participation aux tournages de films sur les oiseaux de Tunisie diffusĂ©s par des chaĂźnes de tĂ©lĂ©vision françaises, allemandes, italiennes et japonaises.

‱ Participation active Ă  la crĂ©ation de parcs nationaux dont le premier fut, en 1977, le Parc National de Zembra. A ce propos, il faut rappeler qu’au dĂ©but des annĂ©es 80, l’Agha Khan, qui possĂšde en Sardaigne une Ăźle abritant un complexe touristique haut de gamme, est venu en Tunisie sur son yacht ; apercevant, au moment oĂč il abordait les cĂŽtes tunisiennes, l’üle de Zembra, il en fit faire le tour et fut subjuguĂ© par sa beautĂ©. SitĂŽt Ă  quai, il contacta Bourguiba Junior pour lui dĂ©clarer : « j’achĂšte Zembra ». Bourguiba Junior lui rĂ©torqua : « La Tunisie n’est pas Ă  vendre ». Ce qui rappelle la rĂ©plique d’un autre grand commis de l’Etat, le regrettĂ© Hassen Belkhodja, disparu en novembre 1981. C’était en 1978, Si Hassen Ă©tait alors ministre de l’agriculture. Ayant appris que l’émir d’un riche pays du Golfe, accompagnĂ© d’une suite imposante de fauconniers et de serviteurs avait franchi la frontiĂšre tuniso-libyenne pour chasser l’outarde houbara , oiseau rare en voie d’extinction et strictement protĂ©gĂ© en Tunisie, il appela au tĂ©lĂ©phone le gouverneur de MĂ©denine et Ă  celui-ci qui lui signalait qu’il s’agissait d’un « grand Ă©mir », Si Hassen rĂ©torqua : « émir fi bladou », il est Ă©mir chez lui
 mais pas en Tunisie, et l’émir plia bagages et alla chasser ailleurs. Hassen Belkhodja et Habib Bourguiba Junior Ă©taient, chacun Ă  sa maniĂšre, deux grands commis de l’Etat. Ils avaient en commun une grande idĂ©e de la souverainetĂ© de la Tunisie, une SouverainetĂ© qui ne se marchande pas.

Ali El Hili

Co-fondateur de l’Association « Les Amis des Oiseaux ».

Professeur émérite à la Faculté des Sciences de Tunis.

(Source: “Mouatinoun”  organe du FDTL, nr 128 janvier 2010)

 

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