23 juin 2009

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TUNISNEWS

9 ème année, N° 3318 du 23.06.2009

 archives : www.tunisnews.net  


CNLT: Les agents de la sécurité de l’Etat agressent 3 défenseurs à l’aéroport

Organisation Internationale Des Exilés Tunisiens (OIDET): Communiqué final Comité de Soutien au Forum démocratique en Tunisie: La dérive du FDTL Abdelatif Ben Salem: Précision LaTribune.fr: France Telecom décroche la troisième licence de téléphonie en Tunisie El Watan: Algérie: Ils ont été surpris par une attaque terroriste : Cinq gardes communaux assassinés à Khenchela APA: Un citoyen américain assassiné en Mauritanie AFP: Pierre Lellouche secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes Robert Ménard quitte le Centre de Doha Le gouvernement français ne doit pas recevoir Netanyahu! – Netanyahu hors de France! – Communiqué Le Journal De Dimanche: Iran: Le régime se fragmente AFP: Port de la burqa en France: les députés vont enquêter pendant six mois Esther Benbassa et Olivier Roy: Le CNRS et « l’affaire Geisser » : la liberté du chercheur menacée


Liste actualisée des signataires de l’initiative du Droit de Retour : http://www.manfiyoun.net/fr/listfr.html Celles et Ceux qui veulent signer cet appel sont invités à envoyer leur: Nom, Pays de résidence et Année de sortie de la Tunisie sur le mél de l’initiative : manfiyoun@gmail.com


Conseil National Pour Les Libertés en Tunisie

Les agents de la sécurité de l’Etat agressent 3 défenseurs à l’aéroport

 
Le CNLT est gravement préoccupé par l’escalade de la violence qui cible les défenseurs de droits humains en Tunisie:
Aujourd’hui 23 juin 2009, trois avocats, éminents défenseurs de droits humains, dont deux anciens membres du Conseil de l’ordre des avocats ont été violemment agressés par les agents des services de sécurité à leur retour de l’étranger.
Maître Radia Nasraoui, présidente de l’Association de lutte contre la torture en Tunisie, ainsi que maître Raouf Ayadi, ancien Secrétaire général du CNLT, de retour de Genève, ont été accueillis à l’aéroport de Tunis-Carthage par un nombre inhabituel de policiers en civil qui les attendaient après le filtre de police. Un douanier a demandé à Raouf Ayadi de le suivre dans un bureau pour une fouille corporelle; devant son refus, et alors qu’il demandait que lui soit précisée la justification légale d’une telle mesure, quatre agents de police en civil se sont jetés sur lui, le soulevant par les bras et les jambes et l’ont conduit dans une pièce isolée où ils l’ont enfermé, battu en le plaquant à terre et fouillé sous une pluie d’insultes; Au même moment, Radia Nasraoui qui était juste derrière lui et qui a assisté à la scène, avait appelé son mari, Hamma Hammami, qui l’attendait dans la zone d’arrivée; c’est alors qu’un agent parmi les policiers lui tord le bras pour l’empêcher de poursuivre sa conversation téléphonique lui faisant tomber son mobile; elle est elle même poussée à terre, son ordinateur portable jeté à plusieurs mètres plus loin ; les agents se saisissent d’elle et la traînent jusqu’au bureau où elle est fouillée.
A leur sortie de la zone de contrôle, ils ont de nouveau été copieusement insultés par les agents de la sécurité d’Etat qui les suivaient de près; Hamma Hammami, porte parole du PCOT qui protestait contre ce qui venait d’arriver à sa femme, est lui même violemment bousculé; tandis qu’un autre policier se jette sur Raouf Ayadi et lui donne un violent coup de pied, lui provoquant une entaille au genou.
Pour sa part Me Abdelwahab Maatar qui revenait de Paris le même jour et à peu près concomitamment à été retenu durant plus de deux heures à l’aéroport de Sfax à la suite des son refus de subir la fouille corporelle. Il a eu droit à un traitement similaire à celui subi par Mes Ayadi et Nasraoui ; un des agents de la police politique l’a frappé au visage et cassé ses lunettes. Rappelons que nombre de dissidents et défenseurs de droits humains sont sujets à cette mesure vexatoire appelée « zero six » (06), du nom de la nomenclature qui apparaît sur le fichier informatisé central de la police et qui consiste à soumettre la personne visée à une fouille corporelle humiliante et à une fouille systématique des bagages, avec confiscation de documents et livres à chaque entrée ou sortie du territoire. Il s’agit là d’un détournement d’une procédure exceptionnelle ciblant des personnes suspectées d’entorses à la réglementation douanière ; Son usage permanent contre des personnes déterminées ne peut avoir de justification. Elle est depuis des années devenue une mesure vexatoire visant à intimider les défenseurs et les humilier. Nombre de défenseurs refusent de se soumettre à cette mesure punitive.
Le CNLT .
  • Condamne avec la plus grande fermeté cette grave agression sur la personne d’éminentes figures du combat pour les droits humains en Tunisie et assure maîtres Radia Nasraoui, Raouf Ayadi et Abdelwahab Maatar de leur entière solidarité. .
  •  Exige qu’une enquête soit ouverte contre les auteurs de cette agression et leurs commanditaires et qu’ils soient traduits en justice. .
  • Exige que le recours à la mesure vexatoire « zero six » contre les défenseurs de droits humains soit abolie. .
  • Rappelle à l’Etat tunisien ses engagements internationaux et notamment son devoir de protéger les défenseurs de droits humains contre tout arbitraire ou intimidation.


Congrès constitutif de l’

 

« Organisation Internationale Des Exilés Tunisiens (OIDET) »

 

Communiqué final

 

Genève, le 21 juin 2009.

 

Nous, citoyens tunisiens contraints à l’exile, avons tenu à Genève en Suisse les 20 et 21 juin 2009 un congrès constitutif sous l’emblème de « Le retour est un droit et sa récupération est un devoir » pour la fondation d’une organisation que les congressistes, après avoir discuté longuement, profondément et en toute transparence des documents de fondation présentés par le comité d’organisation ont nommée « Organisation Internationale Des Exilés Tunisiens (OIDET) »

 

Cette organisation œuvre pour un retour digne, sécurisé et sans exclusion au pays de toutes les personnes contraintes à l’exile à cause de leurs opinions, leurs appartenances politiques et leurs activités d’opposition.

 

Après 2 jours de débats approfondis et après la mise à jour de la liste des congressistes sur la base des normes et des conditions sur lesquelles les congressistes se sont mis d’accord le congrès a aboutit à :

 

  1. L’élection du président par le scrutin direct,
  2. L’élection du comité exécutif composé de 6 membres,
  3. La précision de l’identité et des objectifs de l’organisation comme étant une organisation indépendante, démocrate et de principe.

 

 

Vive « La Verte »* pour tous.

 

* Verte : Synonyme de La Tunisie.

 

Comité de Soutien au Forum démocratique en Tunisie: 1, rue Cassini Paris 14 Communiqué :

La dérive du FDTL

Nous venons d’apprendre par la presse la tenue du premier Congrès du  Forum Démocratique pour le Travail et les Libertés  tenu à Tunis les 29 et 30 mai derniers. Notre Comité a été créé en 1995 pour soutenir le Forum démocratique dès sa naissance contre la répression qu’il n’a cessé de subir de la part du régime dictatorial du Général Ben Ali. C’est grâce à notre action et celle des militants démocrates français que le régime a été contraint de reconnaître l’existence du FDTL. Depuis lors, sa direction a adopté une ligne politique de rapprochement avec la dictature, aboutissant à la tenue du Congrès avec la bénédiction du dictateur tunisien, selon les termes mêmes du fondateur du Forum qui dit s’être adressé à lui pour lui permettre la tenue de ce Congrès malgré l’opposition de l’appareil policier sous les ordres du même Ben Ali ! Nous comprenons dès lors que la direction du FDTL n’ait même pas songé à nous informer de la tenue du Congrès, et encore moins à nous y inviter, ou d’y inviter les amis français qui ont soutenu le Forum victime de la répression du régime dans les années noires de son existence. Nous comprenons dès lors, que dans la déclaration finale du Congrès il est question du souci de « décrisper la vie politique sans altérer la stabilité du pays », réduisant le problème à une simple « crispation », sans aucune mention de la pratique répressive du régime, de la torture qui constitue un crime contre l’humanité et qui est largement et systématiquement pratiquée par Ben Ali et qui constitue la colonne vertébrale du régime. Il est plutôt question aux yeux de la Direction du Forum de la « stabilité du pays », slogan repris de la propagande de la dictature permettant au régime de justifier l’injustifiable : de transformer les dix millions de Tunisiens en esclaves terrorisés par un des plus grands criminels de l’histoire de la Tunisie. Que vaut alors dans ces conditions « la stabilité du pays» sinon la perpétuation des crimes contre l’humanité et des crimes contre la dignité de dix millions de citoyens? Cette grave dérive du Forum nous oblige aujourd’hui à interrompre notre soutien à sa Direction tant que celle-ci continue de pratiquer une politique de collaboration avec la dictature et à se taire sur la torture et l’asservissement du peuple tunisien par une bande de maffieux criminels qui n’ont rien à voir avec la démocratie ni avec les moindres valeurs humaines pour lesquelles des génération de Tunisiens se sont sacrifiées dans la lutte contre le colonialisme et pour la dignité du citoyen. Paris,  le 3 juin 2009 Le Bureau


Précision
 
En prenant connaissance de ma « déclaration à l’occasion du congrès constitutif de Manfiyoun Tounes « , les lecteurs et certains amis politiques ont pu en déduire que j’étais présent à ce congrès, or il n’en est rien. Etant résident non-communautaire en France, et n’ayant pas de passeport tunisien, puisque les autorités tunisiennes via leur représentation diplomatique à Paris refusent de le renouveler, je n’ai pu me rendre en Suisse pour assister aux travaux du congrès de fondation de notre organisation, et ce malgré une démarche effectué par téléphone auprès de l’ambassade suisse à Paris. Ladite déclaration m’a été sollicitée, pour être lue au congrès, par la Coordination Provisoire de l’initiative de retour dont je faisais partie, malheureusement cela n’a pas été fait. A mes yeux rien ne peut justifier une telle attitude. J’aimerais savoir quels en sont les raisons et pourquoi elle a été mise en ligne sur tunisnews –  à laquelle j’adresse mes plus vifs remerciements – sans me demander mon avis! 
 
Abdelatif Ben Salem


 

France Telecom décroche la troisième licence de téléphonie en Tunisie

 
C’est avec la société Dicona Telecom (groupe Mabrouk), que l’opérateur français va développer la troisième licence de téléphonie en Tunisie. Son dossier a en effet été retenu par les autorités du pays. En attendant l’annonce officielle du gouvernement tunisien, France Telecom (marque Orange) a prévenu ce mardi avoir obtenu son projet de troisième licence de téléphonie en Tunisie, laquelle sera développée avec Divona Telecom, la société tunisienne du groupe Mabrouk. « La mise en oeuvre de ce projet permettra à France Télécom et à Mabrouk de développer activement les télécommunications aux côtés des opérateurs actuels », a précisé une porte-parole de l’opérateur français de télécoms. Mais pour l’heure, aucun détail financier n’est communiqué. Outre France Telecom, Turkcell, le plus gros opérateur mobile turque s’est aussi porté candidat mais il affirme ne pas avoir encore reçu la réponse. Selon lui, le taux de pénétration de la téléphonie mobile en Tunisie atteint 83% de la population (10,5 millions d’habitants) fin mars.
(Source: latribune.fr le 23 juin 2009)

 

Algérie:Ils ont été surpris par une attaque terroriste : Cinq gardes communaux assassinés à Khenchela

ParH. M.,S. Arslan

Cinq gardes communaux du cantonnement de la région de Siyar, dépendant de la daïra de Chechar, au sud de la wilaya de Khenchela, ont été tués, hier à l’aube, lors d’une embuscade tendue par un groupe terroriste qui a profité du moment de la relève pour perpétrer son forfait et fuir à la faveur de l’obscurité, apprend-on de source bien informée. Les cinq gardes s’apprêtaient à prendre la relève de la patrouille de nuit, quand ils ont été surpris sur le chemin menant vers leur unité par des tirs nourris. Le groupe terroriste, dont le nombre demeure inconnu, a accompli sa sale besogne en égorgeant les victimes, avant de les dépouiller de leurs armes et de leurs tenues et ont pris la fuite vers une destination inconnue, selon des témoins oculaires.

Les corps des victimes, âgées entre 30 et 45 ans, ont été transportés à la morgue de l’hôpital Saâdi Maâmar de Chechar. Les forces combinées de l’ANP et de la Gendarmerie nationale ont déclenché une vaste opération afin de retrouver les auteurs de cette attaque. Deux gardes communaux sont portés disparus, ils auraient été enlevés par les terroristes.

Pour rappel, la région se trouvant entre les wilayas de Khenchela, Tébessa et Biskra a connu, depuis le mois d’avril dernier, une recrudescence des activités terroristes. Les aveux d’un émir arrêté dans la wilaya de Tébessa ont permis le démantèlement d’un important réseau de soutien aux groupes du GSPC implanté dans la wilaya de Khenchela, où deux terroristes activement recherchés par les services de sécurité ont été arrêtés, au même titre que douze autres personnes résidant dans les communes de Khenchela, Tazouguert et Zoui, inculpées pour soutien logistique aux groupes terroristes.

Cet horrible acte, qui confirme encore une fois que les groupes terroristes activant dans la région est sont capables de frapper à n’importe quel moment, survient cinq jours à peine après l’embuscade spectaculaire tendue à un convoi de la gendarmerie dans la localité de Mansourah, dans la wilaya de Bordj Bou Arréridj et qui a fait dix-huit morts parmi les gendarmes, alors que deux civils y ont péri. La horde sanguinaire frappe partout. Et puis s’ensuit l’offensive militaire.

(Source: « El Watan » (Quotidien – Algérie) le 23 juin 2009)


Un citoyen américain assassiné en Mauritanie

Date : 23/06/2009 à 15:27:52

APA – Nouakchott (Mauritanie) Un citoyen américain, Christophe Langos (la cinquantaine), a été assassiné mardi à Nouakchott par des inconnus enturbannés, a appris APA de source judiciaire dans la capitale mauritanienne.

Cette source, qui cite des témoins, a ajouté que deux personnes ont tiré sur M. Langos, qui dirige l’établissement « Nour pour le développement et l’électrification de la Route de l’Espoir » et s’occupe des conditions des enfants de la rue et des détenus dans les prisons de Nouakchott.

Selon la même source, les premiers indices disponibles militent en faveur d’un crime crapuleux.

Aun mois de décembre 2007, quatre toursites français avaient été tués près d’Aleg, à 260 km au sud est de Nouakchott par des hommes appartenant au groupe salafistes du Maghreb, proche d’al Qaida.

 

(Source: « Mauritanie-web.com » le 23 juin 2009)

 

Pierre Lellouche secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes

 AFP 23.06.09 | 20h14  Le député UMP Pierre Lellouche a été nommé secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes auprès du ministre des Affaires étrangères et européennes, a annoncé mardi Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée. Avocat d’affaires, né en mai 1951 en Tunisie, il est député de Paris depuis 1997. Pierre Lellouche est depuis mars dernier représentant spécial de la France pour l’Afghanistan et le Pakistan. Expert en relations internationales, auteur en 2000 d’un rapport sur la prolifération des armes de destruction massive, il avait participé à la fondation de l’Institut français des relations internationales (IFRI) en 1979. Il a été de novembre 2004 à novembre 2006 président de l’assemblée parlementaire de l’OTAN. Connu pour ses positions favorables à Israël, il l’est aussi comme partisan de l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne.

 

Robert Ménard quitte le Centre de Doha

Robert Ménard et son équipe ont quitté le Centre de Doha pour la liberté d’information : « Aujourd’hui, le Centre est asphyxié. Nous n’avons plus ni la liberté, ni les moyens de travailler. » « Pendant quelques mois, nous avons fait entendre une voix indépendante, qui a dénoncé les exactions des uns et des autres sans autre souci que la vérité. Nous avons aidé plus de 250 journalistes et médias en danger dans le monde. Et de cela, je crois, nous pouvons être fiers. Mais certains responsables qataris n’ont jamais voulu d’un Centre indépendant, libre de s’exprimer en dehors de toute considération politique ou diplomatique, libre de critiquer le Qatar lui-même : or, comment être crédible si l’on passe sous silence les problèmes dans le pays qui vous accueille ? Aujourd’hui, le Centre est asphyxié. Nous n’avons plus ni la liberté, ni les moyens de travailler. Cela ne peut plus durer. J’étais prêt à des compromis tant que l’essentiel – les aides distribuées, nos prises de position – était sauvé. Ce n’est plus le cas. » a expliqué Robert Ménard. Avant d’ajouter : « C’est dommage. D’autant que la liberté de la presse est particulièrement menacée dans cette partie du monde. Plus de 30 journalistes sont actuellement détenus au Maghreb et au Moyen Orient. Depuis le début de l’année plusieurs ont été tués dans la région : en Irak, en Iran et dans les Territoires palestiens. Le Centre était toujours là pour apporter une aide aux familles, prendre en charge les frais d’avocats, permettre à ceux qui le souhaitaient de gagner des zones moins dangereuses. C’est la première fois qu’une organisation internationale de défense de la liberté de la presse voyait le jour dans un pays du Sud. Et cela, on le doit à l’Emir et à son épouse Sheikha Mozah. Grâce à eux, nous avons pu, entre autres, mettre sur pied une agence de presse indépendante regroupant des journalistes somaliens, distribuer des gilets pare-balles dans ce pays mais également en Irak et au Pakistan, créer un centre de presse à Gaza, fournir du papier aux journaux de Guinée Bissau qui avaient cessé de paraître, etc. Le travail réalisé n’a pas été vain. On ne peut souhaiter qu’une chose : c’est que d’une manière ou d’une autre, il soit poursuivi. » Robert Ménard est revenu sur les obstacles rencontrés et a mis en cause ceux qui en sont responsables et, notamment, le président du conseil d’administration du Centre, Sheikh Hamad bin Thamer Al Thani, par ailleurs président du conseil d’administration d’Al Jazeera : « Ces personnes n’ont jamais accepté l’idée de notre indépendance et de notre liberté de parole. Elles n’ont eu de cesse de nous mettre des bâtons dans les roues et, ce faisant, de s’opposer aux engagements pris. Des exemples ? Des collaborateurs du Centre ont été empêchés temporairement de sortir du pays et contraints à solliciter une autorisation chaque fois qu’ils étaient amenés à voyager. Sheikh Hamad bin Thamer Al Thani a refusé de signer les documents administratifs permettant d’accueillir, comme prévu, des journalistes menacés dans leur pays : son cabinet nous avait fait savoir récemment qu’accorder un refuge aux journalistes de certains pays, comme l’Iran, pourrait heurter les intérêts diplomatiques du Qatar, confirmant ainsi que l’indépendance du Centre était à ses yeux une fiction. Le même a tenté d’imposer un nouveau règlement intérieur, en violation des statuts, dans l’objectif de mieux contrôler son fonctionnement : il aurait eu le pouvoir de censurer les communiqués du Centre. Finalement, le versement du budget, prévu pour le 1er avril, a été sans cesse reporté et, à ce jour, nous sommes dans l’impossibilité de répondre aux demandes des journalistes en danger, au Pakistan, en Somalie ou ailleurs. Sur le fond, malgré les assurances données à plusieurs reprises, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques n’a toujours pas été ratifié par le Qatar. Et la commission qui devait travailler à une nouvelle loi sur la presse – et dans laquelle un représentant du Centre devait siéger – ne s’est toujours pas réunie… » Et Robert Ménard de conclure : « Je ne remets pas en cause la sincérité de Son Altesse Sheikha Mozah, sa volonté de faire progresser les libertés, et notamment la liberté de la presse. Mais elle n’est pas seule. Et ils sont nombreux, puissants, obstinés, ceux qui préfèrent le statu quo au changement. Personne d’autre qu’elle n’aurait eu l’audace d’imaginer un Centre comme celui que nous avons construit ici. Mais Son Altesse Sheikha Mozah est peut-être trop en avance sur ses concitoyens, trop « moderne » pour des responsables politiques attachés au statu quo, trop intelligente des enjeux du monde pour des dignitaires soucieux de leurs seuls intérêts. » Les responsables de l’assistance, de la recherche et de la communication ont également quitté le Centre. Le Centre de Doha pour la liberté d’information a été créé à l’initiative de Sheikha Mozah et de Reporters sans frontières en décembre 2007. Robert Ménard en était le directeur depuis le 1er avril 2008. Il est le fondateur de Reporters sans frontières qu’il a dirigé durant 23 ans, jusqu’au 1er octobre 2008.
 
(Source: Le site du  » Centre de Doha pour la liberté d’information » le 23 juin 2009)

Après le Fasciste Lieberman, c’est le chef du gouvernement israélien B. Netanyahou qui sera reçu le 24 juin prochain par N.  Sarkozy.

L ‘invitation à Paris du représentant d’un tel gouvernement qui affirme qu’il poursuivra la colonisation continue d’affamer Gaza met en œuvre une législation raciste contre ses citoyens d’origine palestinienne déclare que Jérusalem sera la capitale éternelle et unifiée d’Israël est inacceptable! Recevoir un tel gouvernement  c’est donner une caution à cette politique. C’est d’ailleurs ce que fait Sarkozy  quand il affirme avec son ministre des Affaires Étrangères qu’il est pour le rehaussement des accords d’association entre Israël et l’Union Européenne et qu’il doit se faire sans lien avec le contexte politique. Nous exigeons du gouvernement français qu’il s’engage dans la seule stratégie capable d’imposer une paix juste et durable dans cette région, et oblige Israël à respecter  le droit international et ses propres engagements en prenant des sanctions: Suspension immédiate de l’accord d’association Israël – Union Européenne Embargo sur les ventes d’armes à Israël: la France est le deuxième fournisseur après les États Unis. Nous, citoyens français, le disons clairement:

Le gouvernement français ne doit pas recevoir Netanyahu! Netanyahu hors de France! Rassemblement mardi 23 juin 18h30 métro Franklin Roosevelt (Ligne 1 et 9), angle de l’avenu Montaigne et de l’avenue de Champs Elysées

Premiers signataires : AFPS- AFD France – AJPF – Les alternatifs – Al Ghadir Montreuil – ATF- ATTAC – ATMF – AAW France – CCIPPP – Collectif Faty Koumba – Collectif Judéo Arabe et Citoyen pour la Paix (Strasbourg) – Saint-Denis – Collectif Paix Palestine Israël – CICUP – Collectif Montreuil Solidarité Palestine – Courneuve Palestine – CMF – Droit Solidarité – Femmes en Noir – La Fédération pour une alternative sociale et écologique – FTCR – Génération Palestine – GUPS –  MRAP – MQJS – NPA – Organisation de Femmes Egalité – PCF – PCOF- Respaix Reveil des Consciences – Solidarité Palestine 18°- Solidarité Tunisienne – UJFP – UTIT – Les Verts –


 

Iran: Le régime se fragmente

Lundi 22 Juin 2009

Par Marianne ENAULT

leJDD.fr

 

En Iran, après la répression des manifestants samedi, l’heure est au règlement de compte politique. Plusieurs membres de la famille de l’ancien président Ali Rafsandjani ont été placés en détention durant quelques heures dimanche. Un message adressé par les durs du régime à l’ancien président, fervent opposant de Mahmoud Ahmadinejad, qui pourrait reprendre à son compte la lutte de l’opposition.

 

Remous à la tête de la République islamique d’Iran. Après la réélection controversée de Mahmoud Ahmadinejad le 12 juin dernier, les clans se forment. Preuve en est, l’arrestation dimanche de Faezeh Hachémi Rafsandjani, la fille aînée de l’ancien président, Ali Rafsandjani. Avec quatre autres membres de sa famille, elle a été placée en garde à vue durant quelques heures, avant d’être relâchée. Les autorités, qui reprochent à l’ancienne parlementaire d’avoir participé aux manifestations de l’opposition, ont officiellement expliqué avoir voulu « protéger » la famille Rafsandjani des « combattants« . Drôle de méthode.

Le vrai motif réside ailleurs: il s’agit d’un avertissement adressé à Ali Rafsandjani. Le camp ultra-conservateur craint en effet que l’ancien président, qui a dirigé l’Iran entre 1989 et 1997, ne reprenne à son compte le combat de l’opposition. Aujourd’hui à la tête de la puissanteAssemblée des experts – seule capable de désigner et de révoquer le Guide suprême de la révolution – et d’un conseil chargé d’arbitrer les litiges entre le Parlement et le Conseil des gardiens, Ali Rafsandjani s’est vivement opposé à Mahmoud Ahmadinejad durant la campagne électorale. En 2005, les deux hommes s’étaient affrontés lors de la présidentielle, au bénéfice de l’ultra-radical.

« Divergences d’opinion » au sommet de l’Iran

Durant la campagne 2009, Mahmoud Ahmadinejad a d’ailleurs estimé qu’Ali Rafsandjani était son véritable adversaire. Considéré comme un conservateur pragmatique, l’ancien président iranien n’a pourtant jamais ouvertement soutenu Mir Hossein Moussavi, lui-même issu des rangs conservateurs mais aujourd’hui soutenu par les réformateurs. Lors d’un débat télévisé, Mahmoud Ahmadinejad a accusé Ali Rafsandjani de corruption. Privé de parole à la télévision nationale, n’étant pas lui-même candidat, l’ancien président s’était alors fendu d’une lettre au Guide suprême pour lui demander d’intervenir. Un fait sans précédent dans l’histoire politique iranienne. Mais l’ayatollah Ali Khamenei, qui n’a jamais caché sa préférence pour Ahmadinejad, avait choisi de garder le silence. Un désaveu pour Rafsandjani. Dans son prêche de vendredi, le Guide suprême n’a d’ailleurs pas fait que confirmer l’élection du président sortant pour un nouveau mandat de quatre ans. Il a aussi officiellement reconnu des « divergences d’opinion » au sommet de la République islamique, notamment avec Ali Rafsandjani. « Les idées du président sont évidemment plus proches des miennes« , a-t-il ainsi déclaré, sans grande surprise.

Pour l’heure, Ali Rafsandjani n’a fait aucun commentaire sur les résultats de l’élection, confirmés lundi par le Conseil des gardiens, bien que des fraudes aient été officiellement constatées dans 50 districts. Tout soutien apporté au camp Moussavi le placerait en conflit ouvert avec une partie du clergé chiite. L’ancien président iranien joue gros. Pour avancer, Ali Rafsandjani pourrait bien utiliser les divisions internes au clergé. Le grand ayatollah Ali Monterezi, très respecté en Iran, a d’ores et déjà défendu les manifestants. « Résister aux exigences du peuple est interdit par la religion« , a-t-il écrit dans un communiqué diffusé dimanche, avant d’appeler à trois jours de deuil national à partir de mercredi. Plusieurs dignitaires du régime ont par ailleurs publié une lettre dans laquelle ils critiquent le déroulement du scrutin. Ali Rafsandjani chercherait désormais à convaincre les « indépendants » de l’Assemblée des experts – une partie seulement de la puissante institution lui étant acquise ; d’autres soutenant Ahmadinejad – de le suivre. Les « experts », 86 religieux élus au suffrage universel direct, pourraient donc faire pencher la balance en faveur d’un des deux camps.

 

(Source: « Le Journal De Dimanche » le 23 juin 2009)

Lien:http://www.lejdd.fr/cmc/international/200926/iran-le-regime-se-fragmente_221059.html


Port de la burqa en France: les députés vont enquêter pendant six mois

AFP, le 23 juin 2009 à 12h10 PARIS, 23 juin 2009 (AFP) – Une mission parlementaire va enquêter pendant six mois sur la question du port de la burqa en France, ce voile intégral islamique dont le président Nicolas Sarkozy a déclaré lundi qu’il n’était « pas le bienvenu sur le territoire de la République ». La mission, comprenant 32 députés de tous bords politiques, sera mise en place en juillet, a annoncé le président de l’Assemblée Bernard Accoyer. La burqa ne sera « pas la bienvenue sur le territoire de la République », a déclaré Nicolas Sarkozy lundi devant le Congrès à Versailles, assurant que le voile intégral n’était « pas un problème religieux », mais « de liberté et de dignité de la femme ». Les missions d’information parlementaires, présidées par un député de l’opposition et rapportées par un membre de la majorité, doivent être temporaires et se limiter à un simple rôle d’information. La burqa a fait irruption dans le débat public avec la proposition la semaine dernière d’un député communiste de créer une commission d’enquête sur ce phénomène, pourtant très marginal en France. Le débat a été lancé sur l’opportunité ou non de légiférer sur le sujet, dans un pays de forte tradition laïque. Le sujet divise, au sein même du gouvernement, les partisans d’une telle loi et ceux qui craignent une stigmatisation des musulmans, estimés à 5 millions en France, et des femmes portant le simple voile. Les spécialistes de l’islam insistent sur l’aspect marginal du phénomène qui est le fait d’une minorité de musulmans en France se réclamant du salafisme et prônant une vision puritaine de l’islam. La France est le seul pays d’Europe à avoir interdit par la loi, en 2004, le port du foulard islamique à l’école, après un débat passionnel. Il s’était alors agi d’interdire dans les établissements scolaires le simple foulard islamique, alors que la burqa et le niqab couvrent la tête et le corps.

 

Le CNRS et « l’affaire Geisser » : la liberté du chercheur menacée

Par Esther Benbassa et Olivier Roy

Créé 06/22/2009 – 15:58

Un chercheur du Centre national de la recherche scientifique (CNRS),Vincent Geisser, [1] estconvoqué le 29 juin devant un conseil de discipline pour non-respect du devoir de réserve [2]. Le point de départ de l’affaire est le soutien apporté par Geisser à une doctorante d’un laboratoire de Toulouse portant le voile et interdite d’emploi par le service duHaut fonctionnaire de défense au CNRS [3], lequel avait de plus classé les activités du laboratoire dont Geisser dépend, l’Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman (Iremam, Aix-en-Provence), comme « domaine sensible ».

Pour certains (telleCaroline Fourest dans son article du Monde [4] daté du 20 juin), l’affaire n’est pas très grave, car d’une part Vincent Geisser l’a bien cherché, et d’autre part il ne risque qu’un blâme.

Mais quoi qu’on pense de l’islam, du voile et des positions de ce chercheur -assez bien présentéesdans un article publié par lui en 2007 dans la Revue internationale et stratégique [5], que personne ou presque ne semble s’être donné la peine de lire-, il faut rappeler que cette affaire n’est pas anodine et remet en cause la liberté de tout chercheur au sein du CNRS. En effet, la direction du CNRS s’est alignée sur les positions du Haut fonctionnaire de Défense, refuse toute communication et dialogue et s’est « bunkerisée ».

Un militaire de carrière s’érige en censeur de la pensée

La direction du CNRS a laissé ce service, dirigé par un militaire de carrière, s’arroger des compétences exorbitantes : décider du droit de porter ou non le voile, du droit de classer des labos de sciences sociales comme « sensibles » sur le plan de la défense, et enfin, tout simplement, de la liberté de pensée chez les chercheurs. Le Haut fonctionnaire de défense n’a en effet jamais caché le fait que pour lui l’islam est un problème. Et de fait, Vincent Geisser n’a pas été la première ni la seule victime de sa surveillance et de ses pressions ; d’autres chercheurs, tous travaillant sur l’islam, dont O. Roy, cosignataire de ces lignes, témoignent aujourd’hui en avoir eux aussi été la cible.

Mais cette intrusion permanente dans la vie des laboratoires de recherche et les travaux de leurs membres dépasse évidemment la question de l’islam. Intervenant dans un domaine manifestement étranger à ses attributions, le Haut fonctionnaire de défense s’arroge scandaleusement un rôle critique que seuls ses pairs peuvent exercer vis-à-vis des travaux d’un chercheur. Jusqu’ici notons-le, les instances d’évaluation réglementaires du CNRS n’ont jamais rien trouvé à redire aux écrits de Vincent Geisser.

Aujourd’hui, le champ d’action du Haut fonctionnaire de défense semble s’être encore élargi. Un jeune chercheur en informatique a eu le tort de relater cette affaire, dans des termes neutres et de type informatif, surson blog [6], hébergé par un serveur CNRS. On lui a autoritairement bloqué son blog, qu’il a été obligé de faire migrer sur un autre serveur.

Ce qui se passe est en fait le symptôme de la dérive en profondeur du CNRS et plus largement de la recherche française. La direction du CNRS, en engageant une procédure disciplinaire contre Vincent Geisser, en pratiquant de telles censures, en restant sourde à nos appels, en apportant sa caution à la dérive de son Haut fonctionnaire de défense, érige en politique officielle ce qui n’aurait dû rester, justement, qu’une dérive à stopper.

On ne saurait s’en étonner. La « privatisation » de l’université et de la recherche, loin de donner plus de liberté au chercheur, risque de détruire les instances paritaires où administration et chercheurs travaillaient ensemble (voir à ce proposle communiqué de la section 33 du CNRS [7]). Elle a renforcé le pôle autoritaire et répressif ici incarné par le Haut fonctionnaire de défense. Moins d’Etat veut dire en l’occurrence plus de contrôle. En mentionnant un devoir de réserve qui ne s’applique jamais aux universitaires, la direction du CNRS montre que pour elle le chercheur n’est pas, ou n’est plus, un universitaire mais un fonctionnaire qu’il faut mettre au pas. La direction du CNRS ne sait plus ce qu’est le CNRS…

Pourquoi unappel à la sauvegarde de la liberté intellectuelle des chercheurs et enseignants-chercheurs ?[8]

Le comité qui s’est constitué autour de Vincent Geisser [9] ne l’a pas fait pour défendre ses idées ou son travail, mais pour clamer haut et fort notre attachement à une liberté en danger, la liberté de penser, de faire de la recherche, de transmettre le savoir, en respectant les règles déontologiques s’imposant à ce genre d’exercice, sans avoir à être constamment sous la menace d’une procédure disciplinaire.

L’« affaire Geisser » n’est plus une affaire privée, elle concerne tous les citoyens de ce pays, et se situe au-delà des clivages traditionnels de l’opinion (sur l’islam, depuis le 11-Septembre 2001, comme sur tant d’autres sujets). Nous ne discutons pas ici de manières de voir ou de dire : c’est un principe fondamental de notre démocratie qui est en jeu. Un principe qui vaut pour tous, d’abord mais pas seulement pour les chercheurs, les universitaires ou les intellectuels.

En défendant Vincent Geisser, ce n’est certes pas l’islamisme radical que nous défendons, ni la prétendue sympathie que notre collègue aurait pour lui, c’est un principe universel que nous défendons, cette liberté justement héritée des Lumières. Nos blogs bloqués, nos mails épiés, nos travaux épluchés par les militaires, nos livres devront-ils bientôt être soumis à la censure ou ne refléter que les positions agréées ou supposées agréées par nos gouvernants ? Un maccarthysme à la française, est-ce là désormais l’« exception française » ?

Sous les coups répétés de certains médias acquis à la pensée simple (présumée plus vendable), d’un pouvoir qui affiche toujours plus son mépris pour les producteurs de savoir, spécialement en sciences humaines, et maintenant d’une administration de la recherche elle-même apparemment toute acquise à ces thèses, pourront-ils encore résister longtemps et jouer pleinement leur rôle, ceux qui, intellectuels et chercheurs, modestement, tentent d’apporter, par l’expression d’une pensée libre, un souffle d’oxygène vital pour nous tous, qui nous empêche de tomber dans le confort des idées toutes faites et des préjugés ?

Mesures d’exception et flicage intellectuel

Les4 500 personnes [10] qui ont signé notreappel [11] ne souscrivent évidemment pas à toutes les prises de position de Vincent Geisser. Chercheurs, universitaires, simples citoyens, tous ont en revanche bien saisi où était le vrai danger : mesures d’exception et flicage intellectuel. La tiédeur dela réponse de Valérie Pécresse [12], ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche, le silence de Catherine Bréchignac, présidente du CNRS, face à lapremière [13] et à laseconde [14] lettre ouverte que nous lui avons adressées, nous incitent à penser que nos autorités supposent que ce mouvement-là, comme d’autres, s’étiolera dans le pourrissement et l’usure.

Même s’il devait s’étioler, il laisserait une cicatrice profonde, prête à se rouvrir à la première occasion. De fait, rien encore n’annonce l’étiolement. Au contraire, notre mouvement gagne désormais l’étranger : les documents du comité de soutien circulent désormais en anglais, les signatures affluent d’Europe et d’Amérique.

Il faut donc tenir et raison garder, en rappelant quelques principes sans quoi il n’y a plus de liberté universitaire.

Quelques principes

1.      On peut être pour ou contre le droit de porter le voile sur son lieu de travail, mais cela ne doit pas être décidé par un officier de sécurité au nom des impératifs de la défense nationale. Cela relève de la loi et du droit du travail.

2.      Les sciences sociales ne doivent pas être considérées comme un domaine sensible sur le plan de la défense nationale : c’est une vision totalitaire du savoir.

3.      Le devoir de réserve par décision constante de la cour de cassation, ne s’applique pas aux universitaires, et donc pas aux chercheurs du CNRS.

4.      Au CNRS comme à l’université (et, oserait-on dire, en France) la liberté intellectuelle est la règle. Toute utilisation de procédures détournées (plaintes, conseil de discipline) pour la limiter est une menace pour la démocratie.

5.      Il y a d’excellentes raisons pour être en désaccord avec Vincent Geisser : mais il suffit de le dire et de l’écrire, pas de le faire taire. Vincent Geisser n’a aucune autorité sur qui que ce soit et ses propos n’engagent que lui. En revanche, le Haut fonctionnaire de défense prétend incarner l’Etat, et mobilise les institutions, malheureusement complaisantes, pour casser Vincent Geisser.

6.      Si le Haut fonctionnaire de défense porte plainte en tant que personne devant un tribunal, il en a le droit et c’est son affaire, mais la direction du CNRS n’a pas à prendre fait et cause pour lui contre un chercheur et, surtout, n’a pas à anticiper le jugement d’un tribunal civil pour sanctionner ce chercheur. En un mot, ce genre de procès et de sanction n’existe que dans des pays de tradition autoritaire (Russie, Turquie, Egypte, Algérie, Tunisie) et n’a pas sa place en France.

Nous ne demandons rien d’autre que le respect de notre travail de chercheurs et d’intellectuels, celui-là même pour lequel nous sommes rémunérés par l’État. La confiance entre la tutelle et les chercheurs, universitaires et intellectuels est désormais rompue. Seul un geste fort – de la Ministre et de la Présidente du CNRS – pourrait la rétablir. Nous réitérons donc nos exigences :

1.      Annulation du conseil de discipline contre Vincent Geisser (et refus de reconnaître sa légitimité s’il est tenu).

2.      Exclusion des sciences humaines de toute supervision par le Haut fonctionnaire de la Défense.

3.      Négociations entre la direction du CNRS et les directeurs des laboratoires des « sciences dures » d’une charte sur les compétences et les limites du rôle du Haut fonctionnaire de défense, qui doit agir dans la transparence, la neutralité idéologique et… le devoir de réserve, qui, lui, s’applique aux fonctionnaires d’autorité.

C’est seulement de cette façon que Valérie Pécresse et Catherine Bréchignac, et plus largement nos gouvernants, manifesteront leur attachement sincère à l’un des droits fondamentaux de l’homme et du citoyen : la liberté de pensée et la liberté d’expression.

Esther Benbassa, directrice d’études à l’Ecole pratique des hautes études, Sorbonne, et Olivier Roy, directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique

Un chercheur menacé de sanctions : bronca au CNRS [15]

Le PS tenté par la diversité cosmétique « à la Sarkozy », par Vincent Geisser et El Yamine Soum [16]

Vincent Geisser : « Vote musulman ou vote maghrébin, des constructions imaginaires » [17]

La pétition de soutien à Vincent Geisser [18]

L' »Islam light » selon Vincent Geisser, par Caroline Fourest [19]

Le CNRS convoque un de ses chercheurs devant la commission administrative paritaire [20]


URL source:http://www.rue89.com/passage-benbassa/2009/06/22/le-cnrs-et-laffaire-geisser-la-liberte-du-chercheur-menacee

Liens: [1] http://www.rue89.com/2009/06/08/un-chercheur-menace-de-sanctions-bronca-au-cnrs [2] http://www2.cnrs.fr/presse/communique/1616.htm [3] http://www2.cnrs.fr/presse/journal/1243.htm [4] http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/06/19/l-islam-light-selon-vincent-geisser-par-caroline-fourest_1208913_3232.html [5] http://www.parisduvivreensemble.org/PETITION/Geisser.pdf [6] http://traces.toile-libre.org/blog/index.php?post/2009/06/19/Censure-de-mon-blog [7] http://www.parisduvivreensemble.org/PETITION/33.pdf [8] http://www.parisduvivreensemble.org/PETITION/LETTRE-OUVERTE-A-MME-VALERIE-PECRESSE.pdf [9] http://fr.wikipedia.org/wiki/Vincent_Geisser#Soutiens_.C3.A0_Vincent_Geisser [10] http://total-media.fr/pagesaaaa/liste_signataires_petition_page2b.php [11] http://www.parisduvivreensemble.org/PETITION/LETTRE-OUVERTE-A-MME-VALERIE-PECRESSE.pdf [12] http://www.parisduvivreensemble.org/PETITION/CourrierVP.pdf [13] http://www.parisduvivreensemble.org/PETITION/LettreaCBrechignac.pdf [14] http://www.parisduvivreensemble.org/PETITION/LettreaCBrechignac2.pdf [15] http://www.rue89.com/2009/06/08/un-chercheur-menace-de-sanctions-bronca-au-cnrs [16] http://www.rue89.com/blog-ps/2008/11/10/le-ps-tente-par-la-diversite-cosmetique-a-la-sarkozy [17] http://www.lemonde.fr/politique/chat/2007/02/28/vincent-geisser-vote-musulman-ou-vote-maghrebin-des-constructions-imaginaires_877096_823448.html [18] http://petition.liberteintellectuelle.net/ [19] http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/06/19/l-islam-light-selon-vincent-geisser-par-caroline-fourest_1208913_3232.html [20]http://www2.cnrs.fr/presse/communique/1616.htm

 

(Source: Le site « Rue89 » le 22 juin 2009) http://www.rue89.com/passage-benbassa/2009/06/22/le-cnrs-et-laffaire-geisser-la-liberte-du-chercheur-menacee

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