23 juin 2007

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TUNISNEWS
8 ème année, N° 2587 du 23.06.2007

 archives : www.tunisnews.net


 
 

Le bureau juridique et d’information de l’association Ez-Zeitouna: Communiqué juridique:Torturé jusqu’à perdre la raison Ahmed Ouerghemi:  A ceux qui peuvent  m’aider…:Objet : demande de visa pour mes enfants Emmanuel Rollinde: Rencontre avec le comité du 18 octobre. Tunisie AFP:Tunisie: un vol intérieur fait demi-tour peu après son décollage de Djerba Le Temps:Prochaines élections du Conseil de l’Ordre des avocats:« L’amalgame entre profession et politique a rendu difficile la tâche des avocats Nabil Azzouz: Humeur Réalités: LE PROJET DU SIECLE : Un nouveau Dubaï à Tunis

Robert Fisk: Bienvenue en Palestine!


 

Censure  Le journal ElMawkif No 411 a été ramassé par la police politique vendredi 22 juin. Le seul moyen de lire les iformations qui ont géné le pouvoir reste le site web du PDP:


Le bureau juridique et d’information de l’association Ez-Zeitouna
Communiqué juridique

Torturé jusqu’à perdre la raison

 
« J’ai entamé une grève de la faim car j’ai perdu tout espoir d’attirer l’attention des voies juridiques, médiatiques et des responsables politiques et administratifs sur la situation de mon fils ». BOURAOUI Fatima       Au moment où le monde célèbre la journée internationale de soutien aux victimes de la torture, les médias officiels tunisiens se vantent toujours du « respect des Droits de l’Homme » et nient complètement que les autorités pratiquent, dans un total mutisme et dans un silence médiatique décrété, toutes les formes de tortures physiques et psychologiques sur de nombreuses couches de la société tunisienne : journalistes, juristes, professeurs, enseignants, élèves, étudiants, etc. A l’élaboration de ce communiqué, l’ingénieur Walid LAYOUNI croupit encore dans les prisons tunisiennes. Ayant perdu la raison suite à la torture sauvage subie, il a été incapable de reconnaître sa femme et sa mère. Cette dernière a du reste épuisé toute voie juridique, médiatique et administrative possible et a entamé une grève de la faim pour la libération de son fils. Le bureau juridique et d’information de l’association Ez-Zeitouna constate que le cas de M. LAYOUNI est un cas parmi tant d’autres où les atteintes graves aux Droits de l’Homme dans notre pays la Tunisie ne sont pas exceptionnelles. Le bureau affirme également sa solidarité aux victimes de la torture, à leurs familles, en particulier à leurs mères et à toutes les voix qui s’élèvent contre ces pratiques alarmantes. Le bureau dénonce ces pratiques et cette situation inhumaine et demande aux autorités tunisiennes de: 1. Libérer immédiatement le prisonnier politique Walid LAYOUNI et tous les prisonniers d’opinion en Tunisie. 2. Arrêter toute forme de torture que pratique le régime tunisien contre ses citoyens innocents. 3. Lever le siège sur les organisations de la société civile et leur donner la possibilité de poursuivre leurs activités librement. 4. Arrêter le harcèlement des militants, des juristes et des journalistes et arrêter les violations physiques et psychologiques qui leurs sont imposées. Suisse, le 22 juin 2007
 


 

A ceux qui peuvent  m’aider…

Objet : demande de visa pour mes enfants

Demande d’aide pour que mes enfants aient le droit de revoir leur papa

Après dix ans de lutte pénible j’ai obtenu le 4 février 2005 de l’Ofpra une protection administrative qui me laisse sans possibilité d’avoir droit au travail ni d’avoir un permis de séjour.

Mais ce qui est le plus pénible pour moi c’est de n’avoir pas vu mes enfants depuis plus de treize années. En effet, c’est en 1993 que j’ai vu pour la dernière fois Intissar née le 7 juillet 1982 maintenant âgée de vingt cinq ans; ni Abdelhafidh né le 6 janvier 1986 (21 ans) ou encore Ayadi né le 4 février 1987 (20 ans).

C’est surtout ma toute petite fille Kawthar née le 16 mars 1993 à Paris. Je ne l’ai plus revue depuis 1994 alors qu’elle avait à peine un an, alors qu’elle a maintenant 14 ans.

J’avais essayé vers la fin des années 90 de revoir Kawthar et sa mère a présenté une demande de visa pour les deux mais le Consulat à Tunis l’a refusée.

C’est pourquoi avec l’aide d’un ami, j’ai tenté de les revoir en Allemagne. Il m’a fourni un certificat d’hébergement pour elles en Allemagne mais le Consulat d’Allemagne à Tunis a refusé de donner le visa.

Aujourd’hui, je suis âgé de cinquante ans et je n’ai pas vu mes enfants grandir à cause de mon engagement contre la politique dictatoriale du Général Ben Ali et refus de la France de comprendre ma situation : non seulement je ne peux vivre dignement, mais aussi je n’ai pas le droit de voir mes enfants même après une séparation de quatorze années. Mes enfants ne comprennent pas non plus pourquoi ils n’ont pas le droit de voir leur papa qu’ils ne reconnaissent plus physiquement surtout pour les plus jeunes. Mes enfants en souffrent beaucoup et moi avec eux. Même les pires criminels ont le droit de voir leurs enfants, mais moi qui n’ai rien fait et qui plus est je lutte contre la dictature je n’ai pas le droit de voir mes enfants même pas pour leurs vacances scolaires.

Je vous prie de m’aider à obtenir pour mes enfants Intissar, Abdelhafidh, Ayadi et Kawthar un visa de tourisme pour qu’ils puissent revoir leur père.

Ahmed Ouerghemi,

49 bis, rue Charles Schmidt, 93400 Saint Ouen – Tél : 06 50 62 44 69

a_ouerghemi@yahoo.fr


 

Rencontre avec le comité du 18 octobre. Tunisie

« J’ai assiste hier a une reunion tres importante sur la Tunisie.Tres importante pour Re-So comme pour chacun d’entre nous… Le  comite du 18 octobre a ete crée en Tunisie et a Paris, a la suite de la greve de la faim de huit personnalites politiques tunisiennes en octobre 2005. Il est compose a Paris de personnalites, d’associations (Comite pour le respect des libertes et des droits de lhomme en Tunisie- CRLDHT, Solidarite Tunisienne, Voix libre…) et de partis politiques (Parti communiste des ouvriers de Tunisie -PCOT -Congres pour la republique- CPR – Parti democrate progressiste -PDP -EN-NAHDHA – Unionistes – UN – Forum democratique pour le travail et la liberte- FDTL.) 4 des 8 tunisiens qui ont participé a cette greve de la faim  sont venus a Paris, invites par le comite. C’est aussi le 50 eme anniversaire de la republique tunisienne (proclamee juste apres l’independance) Ils ont fait un resume historique de la situation en Tunisie :la republique n’a de republique que le nom : en 50 ans, deux presidents se sont succedes : Bourguiba et Ben Ali. Les pouvoirs executifs, legislatifs et judiciaires sont tous dans la main du president. Ce, a travers la constitution qui donne au president les pouvoirs du 1er ministre, puis a travers une repression de plus en plus grande. En d’autres termes, Bourguiba puis Ben Ali representent un regime personnifie, autoritaire, dans lequel la police politique a un pouvoir fort (plus que l’armee, et sur les mouvement d’oposition comme sur les mouvements sociaux), accompagne d’une repression physique (prison avec peines de plusieurs dizaines d’annee pour des delits d’opinion, pratique courante de la torture, intimidation des familles etc…). C’est donc une dictature (si, si …) Ils ont ensuite insiste sur la degradation actuelle, car la violence du pouvoir est de plus en plus forte. Une raison etant justement que la societe civile a l’air de se reveiller. Il est donc temps selon eux de reunir, au dela des differences, d’une part les differents mouvements politiques d’opposition (le Parti Communiste Ouvrier Tunisien et le parti islamiste se sont mis d’accord pour revendiquer ensemble la liberte de la presse et la liberation des prisonniers… et ont donc fait cette greve de la faim ensemble !) et d’autre part le mouvement politique avec le mouvement syndical (le pouvoir a toujours tout fait pour separer ces deux mouvements) — peut etre un enseignement utile pour nous…  Ces dirigeant politiques ou associatifs (dont de nombreux avocats) posent des questions claires sur l’organisation politique  et ont fait des progres enormes en terme d’ouverture, malgre des annees de prison. Par contre, il est clair pour eux qu’il est hors de question de parler de reconciliation avec le pouvoir (qui refuse de son cote de discuter). Cette question est apparue, et apparait periodiquement lorsque le pouvoir sent des periodes de crise… La question de la religion n’est bien sur pas encore claire malgre quelques prises de position commune, mais il faut savoir que la Tunisie est tout sauf un regime laic… Bourguiba se considerait comme un roi, donc investi d’un pouvoir religieux. La religion est traitee par l’Etat, et l’Islam est la religion officielle du pays. Ben Ali, lui veut securiser la religion. Il prefere developper toutes superstitions et autres pour eviter qu’un mouvement religieux ne prenne trop d’importance (au besoin, il met tout les islamistes trop derangeant en prison…). C’est une question complexe,mais en ce qui nous concerne, il est absurde de dire que la Tunisie est un rempart qui protege la laicite contre l’islamisme ! En fait, cette dictature profite aux familles proche de Ben Ali (qui deviennent une vrai mafia) et aux entreprises occidentales (qui rachetent petit a petit les entreprises tunisiennes) ! A la fin de cette rencontre, je suis certain que nous avons beaucoup a apprendre de ces futurs dirigeants  qui ont connu une repression terrible et qui veulent seulement retrouver un pays libre et democratique ! Emmanuel Rollinde Membre de ReSo (Réformistes et solidaires) site : www.re-so.net

 
(Source: Message poste’ par Marguerite Rollinde le 22 juin 2007 sur la  Liste de discussion et d\’information sur les droits humains au Maghreb)


 

 

Tunisie: un vol intérieur fait demi-tour peu après son décollage de Djerba

AFP, vendredi 22 juin 2007

TUNIS – Un vol intérieur de la compagnie Tuninter a fait-demi tour vendredi quinze minutes après avoir décollé de l’aéroport de Djerba (sud) à destination de Tunis, a-t-on appris de source aéronautique.

L’appareil de type ATR-72 effectuant la liaison Djerba-Tunis a eu « un étouffement » de l’un de ses moteurs (BIEN: moteurs) après son décollage à 09H50 locales (07H50 GMT) et a dû faire demi-tour, a-t-on indiqué à l’AFP.

Tuninter a indiqué de son côté que l’un de ses appareils « a enregistré une défaillance de l’un de ses deux moteurs et a du retourner à Djerba, quinze minutes après son décollage ».

L’avion avait une quarantaine de passagers à bord, parmi lesquels certains devaient faire escale à Tunis pour prendre un vol à destination de Paris.

Une personne en contact avec un passager depuis Paris a rapporté à l’AFP que l’incident avait « provoqué la panique à bord, des hôtesses en pleurs et des passagers en état de choc ».

« C’est le commandant qui a sauvé l’avion », a raconté sous couvert de l’anonymat ce témoin se présentant comme étant la sœur d’un passager.

Un représentant de Tuninter a indiqué à l’AFP que la compagnie et les autorités portuaires avaient « totalement pris en charge les passagers dès leur retour à Djerba ».

« On a veillé au transit de ceux qui le souhaitaient, durant la journée, vers d’autres destinations, ceux qui ne souhaitaient pas repartir aussitôt ont été relogés dans les hôtels de Djerba » a-t-il ajouté.

« C’est une panne de moteur mais le commandant, un des plus chevronnés a réussi à faire atterrir l’avion sans dégâts », a raconté un technicien joint par téléphone à Djerba.

Filiale charter de Tunisair, Tuninter a annoncé en mai l’achat de deux appareils de type ATR 72-500 dont le premier, d’une capacité de 70 à 100 places, devait être livré en juin.

En plus de vols intérieurs, la compagnie dessert les destinations à proximité de Malte et en Italie.

En août 2005, un de ses appareils, un ATR-72 s’était abîmé au large de la Sicile, provoquant la mort de 16 personnes suite à une panne de jauge de carburant.

AFP


Prochaines élections du Conseil de l’Ordre des avocats

« L’amalgame entre profession et politique a rendu difficile la tâche des avocats

 

*Me Abderrahman Krayem, brasse un tableau plutôt sombre de la situation actuelle de la profession et propose des remèdes

 

Agé de 58 ans, Me Abderrahman Krayem est candidat au Conseil de l’Ordre des avocats dont les élections se tiendront le 1er juillet prochain. Il a occupé le poste de magistrat en 1973. Il est ancien membre de l’association des jeunes magistrats.

Il est entré à la profession d’avocat en 1978. Il était membre de l’association des jeunes avocats, ancien vice-président de la Ligue tunisienne pour la défense des droits de l’homme et ex président de la commission des libertés au sein de la LTDH. Il est actuellement membre du conseil supérieur de la Communication.

Me Krayem se présente avec un esprit combatif et un espoir de réussir. Interview.

 

Le Temps : Comment évaluez-vous la situation actuelle des avocats ?

 

Me Abderrahman Krayem : Certains ont qualifié la situation de crise, d’autres parlent de profession qui agonise et quels que soient les qualificatifs c’est une situation critique et grave qui nécessite une intervention urgente et généralisée. La situation actuelle ne peut suivre le rythme croissant du nombre des nouveaux venus. On compte 800 avocats par an. Les 6000 avocats que compte le pays font vivre en moyenne entre 80 et 100 mille personnes.

Quelles sont d’après vous les causes qui ont provoqué cette situation de crise ?

Je considère que les causes sont multiples. D’abord  l’entrée dans la profession n’est plus tributaire du seul dévouement personnel qui mobilisait auparavant les candidats à la profession. Le nombre d’avocats s’est accru d’une manière déséquilibrée. Cette profession n’a pas, non plus, suivi les mutations économiques et le grand développement de la vie sociale. Ceci nécessite une spécialisation et exige de l’avocat des connaissances de plus en plus pointues dans de divers domaines afin de répondre aux attentes du marché et à la concurrence internationale. Cette spécialisation et cette mise à niveau peuvent se faire dans le cadre de l’Institut supérieur des avocats, créé par la loi du 15 mai 2006 et qui stipule que l’Institut peut organiser des sessions de formation pour parachever l’expérience des avocats en exercice.

Deuxièmement, il convient de noter que la profession d’avocat n’a pas été bien comprise. L’amalgame entre professionnel et politique a rendu difficile la tâche des avocats. Cette profession repose sur le principe de l’indépendance. Une indépendance sacrée aux yeux des avocats. Ce métier règle ses affaires entre pairs. Les structures des avocats sont les seules compétentes à gérer la profession à tous les niveaux : l’entrée à la profession, les mesures disciplinaires et le régime des retraites.

De par son indépendance, l’avocat est doté de tous les pouvoirs pour trouver sa stratégie de défense. Il n’est soumis à aucun contrôle exercé ni par un pouvoir hiérarchique ni par un pouvoir de tutelle.

Son rôle le plus important consiste à établir l’équilibre fonctionnel, opérationnel et structurel entre les justiciables parfois de forces illégales et de détenteurs d’outils juridiques inégaux. En effet, le procès judiciaire devient du fait de la présence des avocats un procès équitable puisque l’avocat donne une égalité des chances aux parties. Cette finalité est rendue de plus en plus pressante du fait de la neutralité du juge en matière civile. Sur le plan pénal, la présence de l’avocat garantit le procès équitable. Il est donc le défenseur des libertés, des droits de l’homme et de l’égalité.

Vu ce rôle très important, certains estiment que la profession n’est soumise à aucune limite. Par ailleurs, ils pensent que les plaidoiries dans certains procès politiques ou dits spéciaux sont caractérisées par une motivation exagérée et une politisation du métier d’avocat.

C’est pourquoi il est important de faire la distinction entre l’avocat et son client pour éliminer et mettre fin à toute équivoque. En plaidant une affaire dite « politique » l’avocat ne se considère pas comme l’opposant du régime mais le défenseur de son client par les moyens professionnels juridiques et de droit. De ce fait, la « politisation » de la profession est un faux problème car la profession d’avocat ne peut être politisée.

Ceux qui le sont, et c’est leur droit, ce sont des avocats qui ont été de tout temps des militants pour l’indépendance du pays, des militants au sein des partis politiques, des militants des droits de l’homme et des militants pour les valeurs de la République. La plaidoirie est un travail de professionnel et non de politique. S’il a une mission à faire valoir, l’avocat ne peut que consolider l’état de droit, les principes humanitaires et la défense d’un projet de société dans le cadre d’une approche plus réelle et démocratique. Le choix politique est donc un choix personnel de structures militantes nationales qui n’a rien à voir avec le choix professionnel impartial et neutre.

Quelles solutions proposez-vous pour remédier à cette situation ?

Il est nécessaire de concevoir une réforme qui peut se faire sur la base de l’étendue du champ d’intervention des avocats à de nouveaux domaines : la couverture sociale généralisée pour tous les avocats et des mesures visant à permettre aux jeunes avocats et stagiaires d’effectuer la période de stage dans les meilleures conditions. Et afin de faciliter la tâche quotidienne des avocats, il est important de rationaliser les mesures permettant d’arriver à ce but.

Il est aussi nécessaire de créer de nouvelles sections dans le ressort de toutes les cours d’appel ainsi que d’instaurer des mécanismes visant le maniement des fonds par les avocats.

Il s’agit donc de proposer trois séries de mesures : déontologiques, législatives et psychologiques.

Les mesures déontologiques visent à assainir la relation entre confrères et à instaurer un code de déontologie dans un cadre de règlement intérieur. Celui-ci a été malheureusement rejeté lors de l’assemblée générale extraordinaire tenue le 11 février 2007. J’espère que l’une des mesures urgentes qui doit être prise par le nouveau conseil est d’approfondir le projet du règlement.

La deuxième série de mesures est d’une nature législative et réglementaire et elle concerne les modalités d’application de la loi organisant la profession d’avocat le 15 mai 2006 et stipulant la création de l’Institut supérieur des avocats. La présence du Conseil de l’ordre dans le déroulement et le fonctionnement de cet institut doit être plus importante.

Il convient aussi d’amender l’article 46 de la loi de 1989. Dans cet article bien que conférant à l’avocat une sorte d’immunité, cette garantie s’avère insuffisante puisque les paragraphes deux et trois du même article annoncent que l’avocat pourrait faire l’objet de poursuites pendant l’exercice de sa profession. C’est pour cela que nous appelons à revoir cet article et à consolider l’immunité de l’avocat afin qu’il puisse accomplir son rôle sans risque aucun.

Les mesures présidentielles prises le 7 novembre 2002 nécessitent de leur part une affirmation législative qui est de nature à positiver leur ampleur au sein du corps des avocats.

La troisième série de mesures est d’ordre psychologique. Aux yeux de l’opinion publique, la profession d’avocat doit être bien comprise. Il est donc important que les médias redonnent au barreau sa place dans la société comme étant une profession généreuse qui défend les libertés et les droits de l’homme et garantit l’équité et la justice.

Pour ce qui est de la couverture sociale, les avocats ont à choisir entre le régime actuel de la retraite fourni par la Caisse spéciale des avocats ou bien l’adhésion à la Caisse de sécurité sociale qui a une couverture élargie. Il n’en reste pas moins que je considère que l’adhésion à une caisse nationale ne peut enfreindre en aucun cas à l’indépendance du barreau.

A votre avis, qu’est-ce qui a empêché le conseil sortant à dépasser la crise ? et qu’attendez vous du nouveau conseil ?

Le conseil sortant n’a pas été bien compris. Il n’a pas suivi une stratégie bien déterminée. Les membres du conseil sortant ont été pris de cours par certains événements qui ont freiné leurs actions revendicatives. Ils étaient contraints.

Quant au nouveau Conseil, personnellement je me présente cette fois et je suis plein d’espoir avec un esprit combatif et professionnel. Je pense que le nouveau conseil peut arriver par le dialogue institutionnel à atteindre des résultats très positifs.

Pour l’avocat, il n’y a pas d’affaires perdues, toutes les affaires peuvent être gagnées.

Interview réalisée par Afef BEN ABDELJELIL

(Source : « Le Temps » (Quotidien – Tunis), le 23 juin 2007)



Humeur

 
                                                                                                                
 Nabil Azzouz Intox  Certains   journaux ont glosé dernièrement sur les évènements récents de Turquie (lire surtout Al-Maoukif du 4 et du 25 mai). Ils voulaient régler leur compte à la laïcité en montrant que le gouvernement actuel  dirigé par l’islamiste Recep Tayyip Erdogan ne cesse de faire des miracles sur le plan économique et que l’opposition, entendre de gauche, s’est déshonorée en s’alliant avec l’armée. Faux. Tout d’abord, on oublie de dire que l’économie turque est dumpée par les aides et les largesses américaines (Il ne faut pas oublier que ce pays est un allié stratégique des américains et grand ami de l’Etat d’Israël) et que  les laissés pour compte du miracle capitaliste et très libéral turque qui subjugue nos amis, sont légion. Ensuite, et là est la véritable intox, nos amis ont vite fait de discréditer l’opposition laïque turque en l’accusant de s’être fourvoyée avec l’armée et d’être même, tenez-vous bien, un « danger pour la démocratie dans le monde islamique » (on est encore dans la politique des clins d’œil pour des lendemains qui chantent). Simple question : si effectivement par le passé l’armée turque a dû intervenir pour sauver la laïcité face aux islamistes, qu’est-ce-qui l’en a empêché cette fois-ci ? Si on avait bien lu, vu et entendu les slogans des manifestants, descendus par millions d’Ankara à Istanbul, on aurait peut-être compris pourquoi l’armée turque est restée finalement très discrète et cloitrée dans ses casernes. Cette société civile de composantes diverses, mais unie sous la bannière de la laïcité avait pour slogan : « ni képi, ni turban » avec un autre qui revenait sans cesse « ni charia, ni coup d’Etat ». C’est-à-dire que ce mouvement récuse à la fois l’armée et les islamistes…Un vent nouveau souffle sur la Turquie qui s’enracine de plus en plus dans la démocratie, mais qui hélas, sans vouloir attrister nos amis, regarde plutôt vers Bruxelles que vers la Mecque.
Glacial Ras-Poutine et Dobeliou Bush, ont décidé de nous faire peur et de nous rejouer la tristement célèbre Guerre Froide. Ils n’arrêtent pas ces derniers temps de s’invectiver mutuellement pour quelques missiles de plus. Dans ces ébats entre les deux grands qui ne font rire personne, mais qui risquent surtout de faire disparaitre les six milliards et demi d’individus (sans compter la faune et la flore) qui peuplent la terre, c’est le Cow-boy du Texas qui a commencé. Des gamins, j’vous dis !! Ce dernier compte installer en République Tchèque et en Pologne ; donc aux portes de la Russie, un bouclier anti-missiles pour faire face, dit-il, au terrible danger que représentent désormais les deux stars de l’axe du mal, l’Iran et la Corée du Nord. On connaît tous les bourdes et les visions de stratège (voyez le bourbier irakien) de l’hôte de la Maison Blanche. Mais là, ou ce type est un naïf illuminé, et donc dangereux, ou il nous prend vraiment tous pour des zozos et c’est encore plus grave. Ami(e)s lecteurs et lectrices, sortons une mappemonde et regardons ensemble la distance qui sépare la Tchéquie et la Pologne de l’Iran et de la Corée des Kim !? Ensuite, imaginons par exemple que la Tunisie, voulant se défendre contre le Burneï  devenu subitement notre pire ennemi, aille installer une rampe de missiles à têtes nucléaires à Cuba, chez notre ami Fidel. D’abord, mesurez les distances en pensant à « l’histoire de l’oreille » bien de chez nous et je vous laisse bien sûr imaginer la réaction de Bush Jr…
Chaud, devant… Le camp de réfugiés palestiniens de Nahr Al Bared au nord du Liban (plutôt un sordide bidonville), n’a jamais aussi mal porté son nom… Depuis le 20 mai ce « Nahr Al Dam » vit sous la terreur de quelques centaines de barbus très fortement « benladenistes » ,et dont le leader ,l’autre jour à la Télévision, n’hésitait pas à rappeler aux Musulmans «  leur devoir :celui de tuer les mécréants » .Pour l’instant ,ce sont 30 soldats libanais qui ont perdu la vie. Mais ce sont encore une fois les éternels réfugiés palestiniens qui font les frais de cette folie : déjà plusieurs dizaines de victimes civiles , et le toujours dramatique exode des palestiniens poursuivis par la « Nakba »…
Rainbow Il était une fois un 18 octobre qui avait donné à certains beaucoup d’espoir. Ce jour-là un arc-en-ciel, comme après les tempêtes, est apparu faisant croire à un avenir des plus radieux. Mais en regardant de plus près, ses couleurs n’étaient pas com’d’hab. Il y avait un mélange détonnant de rouge, de vert, de gris, de jaune, de noir et de blanc !? Bon, le 18 octobre c’est du passé, puisque nous sommes le 18 juin et que c’est le calme plat.
Cé.ta.cé ! Mes amis, si un jour en passant vous entendez le rire de la baleine qui voulait devenir présidente, je vous en prie, arrêtez-vous et dite lui qu’on l’aime et qu’elle nous manque… Dites- lui de sortir de son silence qui n’a que trop duré (c’est assez !)… Dites- lui que ses mots sont gravés dans la roche…et que chez nous « El Mrâa el Ghodhbana » pardonne toujours au bout… d’un certain temps. Ya Banania… !! Une Centrale de l’Electroménager, basée à la Soukra, a envahi nos boites aux lettres afin de nous inciter à acheter ; ce qui est légitime. En première page de leur Pub, il y la photo d’un beau garçon apparemment d’origine africaine, ce qui est un grand signe d’ouverture, voire de nouveau chez nous. Mais là ou le bât blesse, c’est le slogan utilisé par la L.C.E : « Quand Mamadou aime, Mamadou achète ». C’est vraiment d’un mauvais goût, qui sent le colonialisme. Sous d’autres cieux on taxe cela de racisme !!
 
(Source: « Attariq Al Jadid » nr 61 juin 2007)


 
 

LE PROJET DU SIECLE : Un nouveau Dubaï à Tunis

 
Des gratte-ciel de plus de soixante étages… des méga-centres commerciaux… des résidences au luxe féerique… des espaces sportifs et culturels… des cafés et restaurants à faire pâlir les grandes métropoles européennes… une belle marina et un port de plaisance… Ce n’est pas vous qui irez à Dubaï, mais c’est Dubaï qui viendra aux portes de Tunis. Focus sur le projet du siècle sur les berges du Lac-Sud de Tunis. Si les berges du Lac-Nord ont beaucoup changé la face de Tunis, ceux du Lac-Sud la métamorphoseront radicalement en la plongeant dans quelques années dans un futurisme éblouissant. Ce rêve deviendra réalité dans dix ou quinze ans grâce aux conventions signées avec différents investisseurs émiratis qui se proposent de réaliser de méga-projets, pratiquement des villes nouvelles intégrées avec des programmes d’aménagement et de constructions immobilières à caractère résidentiel, touristique et commercial qui vont transformer totalement le paysage urbain qui va prendre des allures futuristes et impulser un processus de développement ouvert sur l’extérieur tendant à concrétiser la vision et l’ambition du Président de la République de faire de Tunis un centre régional d’affaires et de services. Les impacts positifs seront multiples à différents niveaux : local et régional, national et international, d’ordre technologique, économique financier et humain. De vastes terrains marécageux et pollués : est-ce un cadeau ? Les pouvoirs publics tunisiens, selon la convention signée avec Sama Dubaï, ont cédé 836 hectares de terrains pour un dinar symbolique. De quoi s’agit-il en fait ? Pour un esprit mal intentionné, cela pourrait ressembler à un bradage. En fait il n’en est rien. Même si le site est stratégique, aux portes de Tunis, avec une façade maritime, ce qui est exceptionnel pour une capitale politique et économique en pleine croissance, les terrains cédés sont en réalité marécageux, vaseux, pollués, incultes et désaffectés depuis toujours. Certes le Lac Sud , qui dégageait des odeurs nauséabondes en été et qui a été longtemps le réceptacle des rejets polluants et toxiques des 200 entreprises industrielles de la banlieue Sud, a bien été assaini avec dragage du fond du Lac, des berges rectifiées et aménagées afin d’assurer la circulation de l’eau et un remblaiement portant sur 700 ha pour un investissement de 100MDT. Mais en fait il est peu profond (2 mètres) donc peu navigable et peu propice en l’état actuel à la navigation et à une mise en valeur facile et peu coûteuse. Il ne s’agit ni d’un cadeau ni d’une cession gratuite car elle implique de multiples obligations, contraintes engagements et responsabilités. Car pour édifier des tours de 20 ou 60 étages sur une lagune, il faudra creuser profondément le sol pour des fondations de 80 à 110 m et injecter des piliers de béton sous pression pour sécuriser les fondations. Tout est donc à faire à partir d’une nature ingrate : infrastructures et bâtiments, une technologie de pointe, coûteuse et complexe, parfois risquée. Une injection impressionnante d’investissements à forte dose Afin de mieux positionner les ordres de grandeur, relatifs aux investissements en jeu, faisons quelques comparaisons utiles. Le processus de privatisation des entreprises publiques, qui court depuis près de vingt ans, a engendré 4 milliards de dinars de recettes pour le budget de l’Etat. Pour ce qui est du stock global des investissements extérieurs, hors hydrocarbures, depuis plusieurs décennies en Tunisie, le total est de 6 milliards de dinars. Si l’on inclut les hydrocarbures, on atteint 9 milliards de DT, alors que pour le Lac Sud il s’agit de 18 milliards de DT à réaliser sur quinze ans, ce qui signifie 1.200 millions de DT par an. Il s’agit donc d’un investissement impressionnant, qui plus est en devises, à la charge d’un puissant et riche investisseur étranger. C’est pratiquement le double du stock total des IDE, réalisés depuis toujours dans la Tunisie indépendante, notamment les projets induits par la loi de 72 sur les industries exportatrices, y compris la recherche et l’exploration pétrolière. Il s’agit d’un méga-projet de grande ampleur par des entreprises qui ont fait leurs preuves ailleurs. Ce qui est encore plus intéressant, c’est que la presque totalité des financements seront extérieurs, à concurrence de 90%, donc pas de risque de crash pour notre système bancaire. Cependant 10% du financement de ces investissement ont été laissés à la discrétion des banques implantées en Tunisie pour ne pas les priver totalement d’une manne qui a de fortes chances de s’avérer fructueuse. Gestion des projets immobiliers : création d’une société mixte Sama-Dubaï-AC HARIS Sama Dubaï est la filiale du Groupe Dubaï Holding, elle est spécialisée dans l’investissement et le développement de projets immobiliers et vient d’annoncer la création d’une société intégrée pour la gestion des projets immobiliers en partenariat avec AC-HARIS, celui-ci étant considéré comme le leader mondial du conseil et du suivi des projets immobiliers, infrastructures et installations. Sama Dubaï compte plus de 200 cadres et employés et le partenariat avec AC-Haris, riche d’une expérience de 90 ans en matière de conseil de gestion de projets immobiliers, est susceptible d’engendrer des synergies en matière de compétences techniques qualitatives pour le pilotage des grands projets immobiliers. Il s’agit en fait d’un partenariat stratégique avec une valeur ajoutée certaine pour les projets de Sama Dubaï, qui ambitionne d’atteindre l’excellence pour ses projets afin de satisfaire les attentes de sa clientèle d’investisseurs et de propriétaires immobiliers, confirme son président du Conseil d’Administration, M. Farhane Fredoni. L’équipe de gestion des projets immobiliers de Sama Dubaï a préparé le terrain avec succès pour la création de la nouvelle société tout en respectant les normes internationales les plus strictes. On s’attend donc à un impact positif grâce à l’enrichissement et au développement des compétences humaines et techniques et aux perspectives de carrières prometteuses dans la gestion des projets. Il faut dire que Sama Dubaï aspire à occuper une place de leader en matière de promotion immobilière dans la région Afrique-Moyen-Orient, tout en étant parmi les cinq premiers dans le monde. Les projets actuellement en cours sont implantés aux Emirats arabes Unis, au Sultanat d’Oman, au Qatar, à Bahreïn, en Turquie et au Maroc. De son côté Richard Clear, président d’AC-Haris, affirme : «le partenariat avec Sama Dubaï consiste à consacrer sa place d’acteur majeur au niveau international. Ce partenariat stratégique nous permettra de consacrer de nouvelles normes en matière de services de gestion de projets immobiliers dans le Monde». Une série de projets immobiliers de grande envergure seront lancés par Sama Dubaï et bénéficieront des riches expertises et compétences professionnelles et techniques d’AC-Haris. Il y a lieu de mentionner que, fondée en 1911, AC-Haris emploie 3.000 cadres et techniciens ; le siège social est à Londres alors que la compagnie dispose de 43 bureaux régionaux. Elle est spécialisée dans le développement des systèmes modernes de gestion des projets immobiliers et dispose de références de premier plan à son actif : l’Aéroport n°5, le stade des Emirats, Dubaï Marina, les tours des Chambres de commerce de Dubaï. Une nouvelle ville intégrée à la Capitale Les berges du Lac Sud ne seront pas une ville dans la ville, ni un ghetto futuriste et luxueux étanche vis-à-vis du reste de la Capitale ou un appendice de la Capitale, mais une ville nouvelle tout à fait intégrée avec des transitions élégantes négociées avec le tissu urbain environnant, notamment le quartier de la Petite Sicile attenant, appelé à une totale restructuration-rénovation urbaine. Sauvegarder les attributs de la souveraineté Il est évident que la ville nouvelle sera soumise aux lois et réglementations de la République Tunisienne, même si les terrains ont été vendus au promoteur émirati et que celui-ci prendra à sa charge à l’intérieur du périmètre la construction des routes, l’aménagement des infrastructures : adduction d’eau, alimentation en eau et gaz, réseau d’assainissement et bien sûr l’édification des centre de protection civile. C’est ainsi que la sécurité, la justice, la santé et l’éducation seront du ressort des autorités tunisiennes. Il y a donc lieu d’insister sur ce fait, même s’il va de soi : tous les attributs de la souveraineté nationale sont préservés. La nouvelle ville n’échappe pas à l’exercice du pouvoir par les autorités tunisiennes. Elle sera soumise à la législation tunisienne. Le site investissement Tunisie conforté et plébiscité Notre pays vient d’accéder à un palier supérieur d’attractivité vis-à-vis des IDE : il a été plébiscité par plusieurs promoteurs de Koweït, Qatar, Emirats Arabes Unis… Ce n’est pas un hasard car les ingrédients ne manquent pas. Il est dorénavant éligible aux méga-projets, lourds en investissements avec des investisseurs exigeants et comportant toujours une prise de risques. D’autant plus que les investisseurs ont l’embarras du choix car les candidats à l’accueil pour ce genre d’investissements ne manquent pas en Asie, Afrique-Méditerranée, Moyen-Orient et ailleurs. Il est évident que le Cheïkh Mhamed Ibn Maktoum, propriétaire de Dubaï Holding, jouit d’un prestige particulier parmi les promoteurs émiratis, d’où l’effet d’entraînement que ce projet a et aura sur les autres investisseurs Moyen-Orient dopés par les prix du pétrole. Les composantes du projet La nouvelle ville aura une configuration d’urbanisme futuriste au centre avec des tours de plusieurs dizaines d’étages, consacrées aussi bien aux bureaux et sièges sociaux d’entreprises off-shore qu’aux résidences de luxe avec des méga-centres commerciaux et un ou deux hôtels prestigieux. Au cœur du projet il y aura une belle marina, avec autour du port de plaisance, des locaux résidentiels luxueux et des établissements touristiques et de loisirs distingués : restaurants, cafés… Au delà du centre et en allant vers le Sud, la zone sera aménagée sous forme de résidences luxueuses, d’espaces culturels et sportifs noyés dans la verdure. L’objectif ultime est de faire de la Capitale une plate-forme économique active à vocation régionale, un centre financier et de service haut de gamme actif et prospère, une destination privilégiée pour le tourisme de congrès, le tourisme médical, et une plaque tournante entre l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique. Les impacts en matière de croissance L’édification d’une ville moderne de cette ampleur, disposant de toutes les commodités technologiques nouvelles et de tous les attributs du haut standing, conforme aux normes internationales, à cinquante ou soixante minutes par avion de l’Europe ancrée à la Tunisie et tournée vers l’extérieur ne manquera pas d’avoir plusieurs retombées positives sur la croissance du pays. Durant les travaux sur les chantiers relatifs à l’édification de cette ville, qui dureront au minimum dix ans, au bout de deux années d’études techniques et économiques, il y aura au minimum création de 8000 à 9000 emplois. Une fois que la ville sera opérationnelle, on escompte 130.000 emplois permanents, directs et indirects. Les économistes tablent sur une croissance supplémentaire de 0,6% du PIB par an découlant de ce programme, soit une contribution de 10% des prévisions établies pour le 11ème Plan (6% de croissance annuelle du PIB). Les projets relatifs à la construction de l’ensemble de cette ville consistent en 26 millions de mètres carrés couverts, soit une moyenne de 2,6 millions de m2 couverts par an. Actuellement, il se construit 5 millions de mètres carrés de logements par an. Ce projet va donc majorer de 50% l’effort national dans ce secteur. Cela implique donc d’accroître de 50% notre potentiel de production industrielle en matière de matériaux de construction. A ce propos il importe d’anticiper sur l’avenir car une briqueterie, une cimenterie ou une usine sidérurgique, ça ne s’improvise pas en quelques mois ; il faudrait trois ou quatre ans minimum entre études, recherche de financement et réalisations pour un projet de ce type pour arriver au stade de la production. Impulser une dynamique de développement tournée vers l’extérieur Les secteurs des matériaux de construction, du bâtiment et des travaux publics ne seront pas les seuls bénéficiaires de ce projet. Loin de là. La Capitale ne sera pas la seule ville à enregistrer des gains de croissance et des avantages sociaux découlant de l’implantation de cette ville nouvelle. Toute l’économie tunisienne ainsi que toutes les régions du pays récolteront les fruits de ce projet. En effet il est prévu que ce projet abrite entre 300 à 400.000 habitants entre étrangers et Tunisiens, entre hommes d’affaires, dirigeants, cadres et personnels des entreprises hébergées, résidents permanents ou provisoires, touristes… Cela implique une consommation alimentaire quotidienne, des achats de vêtements, des dépenses de culture, de loisirs, de tourisme, des frais professionnels etc. Les centres commerciaux exposeront parmi les produits de luxe importés les produits tunisiens : ce sera la promotion du made in Tunisia, une exportation sur place. Toutes les structures économiques ainsi que les institutions publiques vont être dynamisées par ce projet. Les concessions obtenues en faveur de notre pays Les autorités tunisiennes ont obtenu de la part des promoteurs de Sama Dubaï plusieurs concessions, parmi lesquelles la prise en charge totale de la part des Emiratis de plusieurs bâtiments et équipements socio-collectifs d’une superficie de 35.000m2 destinés à abriter les services de police, de protection civile et de santé publique, dont un centre administratif ultra-moderne qui sera pris en charge (matériel et personnel, salaires et charges sociales) durant dix ans par les promoteurs émiratis selon le même standing que celui des autres bâtiments de la nouvelle ville. C’est bon à prendre ! Avantages accordés : un package fiscal Un package fiscal a été concédé aux investisseurs émiratis, il est prévu au Code des investissements, c’est le prix à payer pour voir de gros investisseurs s’implanter chez nous car ils savent prendre des risques raisonnables et maîtrisent les moyens de financement. Ils apportent un know-how dans l’aménagement de l’espace que nous ne maîtrisons pas, la création de la valeur, une valeur ajoutée bénéfique pour le pays susceptible de nous projeter immédiatement dans la mondialisation et de servir d’effet de levier pour le processus de croissance, c’est ainsi que si les promoteurs immobiliers émiratis bénéficient d’une exonération d’impôts à vie, les entreprises qui s’installent dans la zone et sont totalement exportatrices bénéficieront d’une exonération fiscale de trente ans. Des obligations à la charge de l’Etat L’Etat aura pour charge d’amener à la limite du terrain cédé toutes les infrastructures et viabilités nécessaires à l’aménagement et au fonctionnement de la nouvelle ville : réseau d’adduction d’eau, réseau d’assainissement, réseau d’alimentation en électricité, connexion au réseau routier. Ces travaux et aménagements sont certes coûteux mais sont nécessaires de toute façon, peu importe la nature ou la nationalité de l’investisseur. Ils sont d’ailleurs conformes aux dispositions au Code des investissements qui implique des incitations en faveur des promoteurs. Propulser notre pays dans l’innovation et la mondialisation Il nous appartient d’optimiser et de maximiser l’impact de la ville nouvelle sur notre économie et notre société. En effet nous devons bénéficier de transferts de technologie multiples, par exemple le recours au préfabriqué dans le bâtiment pour construire vite et bien un coût économique. L’implantation de la ville de l’Internet donnera un nouveau souffle à nos TIC, et en même temps un débouché pour l’emploi de nos diplômés du Supérieur en Informatique. D’autres activités dans les services haut de gamme (Médical) qui vont s’implanter dans la foulée vont propulser notre pays dans la mondialisation; c’est grâce à ce projet que certains obstacles ont légalement “sauté”. En effet il n’y aura pas d’autorisation pour les étrangers pour être propriétaire d’un terrain ou d’un appartement par exemple. Ce projet est en fait une première sur tous les plans. Réconcilier Tunis avec sa façade maritime Les Tunisois ont de tout temps été frustrés de ne pas avoir une plage de sable fin des loisirs maritimes, ou encore un port de pêche ou de plaisance à proximité immédiate du centre ville alors que la Capitale est au bord de l’eau. Voir des voiliers naviguer sur le Lac Nord ou Sud, faire du ski nautique, déambuler sur les quais à l’ombre des palmiers ou encore parcourir des promenades sur un front de mer parsemé de terrasses de cafés ou de restaurants, ou bien amarrer son bateau à l’un des 250 anneaux prévus en première tranche à la Marina de Tunis ne sera plus un rêve mais une réalité concrète dans dix ou quinze ans. Le Lac Sud a déjà au moins deux voies d’accès et de circulation avec la haute mer du Golfe de Tunis : il suffira de draguer le fond du lac pour ménager des chenaux et voies de circulation pour les yachts qui veulent accoster coté sud. Pour l’aménagement de l’ancien port de commerce de Tunis en port de plaisance, il n’y a aucun problème puisque le canal Goulette-Tunis a un tirant d’eau de 8m et que le pont suspendu en cours de construction prévoit le passage des bateaux avec des mats de 10 m de hauteurs. Une répartition rationnelle et équilibrée des espaces La nouvelle ville qui sera édifiée sur les berges du Lac Sud de Tunis sera une ville intégrée avec une répartition rationnelle et équilibrée des espaces entre les différentes fonctions urbaines. C’est ainsi que la part réservée aux équipements de base et aux services socio – culturels sera de l’ordre de 50 ha, tandis que les quartiers résidentiels occuperont une superficie de 270 ha environ. La zone réservée aux activités industrielles et commerciales non polluantes sera de 90 ha. Les espaces verts aménagés et les terrains de sport occuperont un espace de 280 ha. Il s’agit bien sûr des surfaces nettes, hors infrastructures de base. Qui est Sama Dubaï ? Société privée appartenant à Dubaï Holding. Activité principale : investissement immobilier local, régional et international ainsi que les secteurs liés. Le portefeuille d’investissement de Sama Dubaï consiste en des partenaires mondiaux, des investissements de premier plan et des projets immobiliers de grand standing : sites touristiques renommés : – label SALAM, Méga-centres commerciaux avec de grandes enseignes et tours impressionnantes ; – label Dubaï Towers, les réalisations les plus connues sont : Dubaï Towers à Doha (Qatar), à Istanbul (Turquie) et à Casablanca (Maroc), Amwaj à Rabat, Kheirane à Dubaï, Marina de Casablanca, Salam Resort à Bahreïn et Oman. (Source : « ٌRéalités » (Magazine Hebdomadaire – Tunis), N° 1121 du 21 juin 2007)
 

Bienvenue en Palestine!

 
Par Robert Fisk Ah ! Les Musulmans au Proche-Orient ! Comme ils peuvent être pénibles ! Pour commencer, nous exigeons des Palestiniens qu’ils épousent la démocratie. Mais eux, ensuite, ils élisent le mauvais parti – le Hamas – et après cela celui-ci remporte une mini guerre civile et préside sur la Bande de Gaza. Et nous, les Occidentaux, voulons toujours négocier avec le président discrédité [de l’Autorité Palestinienne], Mahmoud Abbas. La « Palestine » d’aujourd’hui – et laissons ses guillemets à leur place ! – a deux Premiers ministres. Bienvenue au Proche-Orient !   Avec qui pouvons-nous négocier ? A qui nous adressons-nous ? Oui, bien sûr, nous aurions dû parler au Hamas depuis des mois. Mais nous n’aimions pas ce gouvernement démocratiquement élu par les Palestiniens. Ces Palestiniens qui étaient censés voter pour le Fatah et sa direction corrompue. Mais c’est pour le Hamas qu’ils ont voté. Le Hamas qui refuse de reconnaître Israël ou de respecter l’Accord d’Oslo totalement discrédité.   Personne n’a demandé – dans notre camp – quel Israël particulier le Hamas était supposé reconnaître. Israël de 1948 ? Israël des frontières d’après 1697 ? Israël qui construit – et continue de construire – de vastes colonies pour les Juifs et seulement les Juifs sur la terre arabe, avalant encore plus des 22% de la « Palestine » qui restent à négocier ?   Et c’est pourquoi, aujourd’hui, nous sommes censés discuter avec notre loyal policier, M. Abbas, le dirigeant palestinien « modéré ». (C’est ce qu’en disent la BBC, CNN et Fox News). Un homme qui a écrit un livre de 600 pages sur [le processus d’] Oslo sans mentionner une seule fois le mot « occupation ». Un homme qui a toujours parlé du « redéploiement » israélien plutôt que du « retrait ». Un « dirigeant » en qui nous pouvons avoir confiance parce qu’il porte une cravate, se rend à la Maison Blanche et dit toutes les choses qu’il faut dire. Ce n’est pas parce qu’ils voulaient une république islamique que les Palestiniens ont voté pour le Hamas – mais c’est ce qu’on dira après leur sanglante victoire -, Ils ont voté pour le Hamas parce qu’ils en avaient marre de la corruption du Fatah, le parti de M. Abbas, et de la nature pourrie de l’ « Autorité Palestinienne ».   Je me souviens avoir été convoqué, il y a des années, chez un officiel de l’Autorité Palestinienne dont les murs venaient juste d’être crevés par l’obus d’un char israélien. Véridique. Mais ce qui me frappa, c’était les robinets plaqués-or dans sa salle de bain. Ce sont ces robinets – ou les choses de cet acabit – qui ont coûté au Fatah son élection. Les Palestiniens voulaient la fin de la corruption – le cancer du monde arabe – et c’est pourquoi ils ont voté pour le Hamas. Et alors, nous, l’Occident si sage et si bon, avons décidé de les sanctionner, de les affamer et de les maltraiter pour avoir voté librement. Peut-être devrions-nous offrir la qualité de membre de l’Union Européenne à la « Palestine » si elle avait la grâce de voter pour les bonnes personnes ?   Au Proche-Orient, c’est partout la même chose.   En Afghanistan, nous soutenons Hamid Karzai, même s’il garde des chefs de guerre et des barons de la drogue dans son gouvernement. (Et, soit dit en passant, nous sommes vraiment désolés pour tous ces civils afghans innocents que nous tuons dans notre « guerre contre la terreur » sur les terres abandonnées de la province du Helmand).   Nous aimons l’Egyptien Hosni Moubarak. Ses tortionnaires n’en ont pas encore fini avec les politiciens des Frères Musulmans, arrêtés récemment à l’extérieur du Caire. Sa présidence a reçu le soutien chaleureux de Mme – oui, Mme – George W. Bush – et dont la succession passera presque certainement à son fils, Gamal.   Nous adorons Muammar Kadhafi, le dictateur fou de la Libye. Ses loups-garous ont assassiné ses opposants à l’étranger. Son complot pour assassiner le Roi Abdallah d’Arabie Saoudite a précédé la récente visite de Tony Blair à Tripoli. Le colonel Kadhafi, devrait-on se souvenir, a été appelé « homme d’Etat » par Jack Straw pour avoir abandonné ses ambitions nucléaires qui n’existaient pas. Et sa « démocratie » nous est parfaitement acceptable parce qu’il est de notre côté dans la « guerre contre la terreur ».   Oui, nous aimons la monarchie du Roi Abdallah en Jordanie et tous les princes et les émirs du Golfe, en particulier ceux qui reçoivent des pots-de-vin si gros de nos sociétés d’armement que même Scotland Yard doit clore ses investigations sur les ordres de notre Premier ministre – et oui, je peux très bien voir pourquoi il n’aime pas la manière dont The Independent couvre ce qu’il appelle de façon pittoresque le « Moyen-Orient ». Si seulement les Arabes – et les Iraniens – pouvaient soutenir nos rois, nos shahs et nos princes, dont les fils et les filles sont éduqués à Oxford et à Harvard, comme le « Moyen-Orient » serait plus facile à contrôler !   Il s’agit bien de cela – du contrôle – et c’est pourquoi nous tenons bon et que nous retirons nos faveurs à leurs dirigeants. Maintenant que Gaza appartient au Hamas, que vont faire nos propres dirigeants élus ? Tous nos dogmatiques de l’UE, de l’ONU, de Washington et de Moscou doivent-ils désormais parler à ces gens misérables et ingrats (je crains que non, puisqu’ils ne seront pas capables de leur serrer la main) ou devront-ils reconnaître la version cisjordanienne de la Palestine (Abbas, la paire de bras sans danger), tout en ignorant le Hamas élu et militairement victorieux à Gaza ?   C’est facile, bien sûr, d’appeler la malédiction sur chacune de leurs maisons. Mais c’est ce que nous disons de tout le Proche-Orient. Si seulement Bashar al-Assad n’était pas le Président de la Syrie (Dieu seul sait quelle serait l’alternative !) ou si le Président cinglé Mahmoud Ahmadinejad n’était pas aux manettes de l’Iran (même s’il ne sait qu’approximativement ce qu’est un missile nucléaire). Si seulement le Liban était une démocratie bien de chez nous comme nos petits pays de derrière les fagots – la Belgique, par exemple, ou le Luxembourg. Mais non ! Ces satanés Proche-Orientaux votent pour les mauvaises personnes, soutiennent les mauvaises personnes, ne se comportent pas comme nous, les Occidentaux civilisés.   Alors, qu’allons-nous faire ? Soutenir la réoccupation de Gaza, peut-être ? Nous ne critiquerons certainement pas Israël. Et nous continuerons de donner notre affection aux rois et aux princes – et aux présidents disgracieux – du Proche-Orient, jusqu’à ce que toute la région nous pète à la figure. Et, ensuite, nous dirons – comme nous le disons déjà aux Irakiens – qu’ils ne méritent pas notre sacrifice et notre amour.   Comment traitons-nous un coup d’Etat fait par un gouvernement élu ?
 
(Source: The Independent, le 16 juin 2007)   [article original : « Robert Fisk : Welcome to ’Palestine’ »]

 

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