23 janvier 2011

TUNISNEWS 10 ème année, N° 3897 du 23.01.2011 archives : www.tunisnews.net

Famille de LAZHAR CHRAÏTI: 24 janvier 1963 – D’UNE REVOLUTION A L’AUTRE
Yahyaoui Mokhtar: Légitimité et fait accompli
Citoyens Tunisiens: Lettre au gouvernement de transition Tunisien
Consulat Général de Paris – Rassemblement de protestation et délégation reçue par le consul  général.


AFP: Tunis: des centaines de manifestants défient le couvre-feu devant la Primature

ATS: Tunisie: la province à Tunis pour « faire tomber le gouvernement AFP: Tunisie: arrestation du patron de la TV Hannibal pour « haute trahison » AP: Tunisie: arrestation du propriétaire de la chaîne privée « Hannibal TV »

AFP:

Tunisie: deux proches collaborateurs de Ben Ali en résidence surveillée AFP: Royal interpelle les ministres de Ben Ali AFP: Le ministre français Frédéric Mitterrand exprime ses « regrets » aux Tunisiens

AFP: Marche sur Tunis: arrivée d’un millier de manifestants venus du centre du pays  


REVUE DE PRESSE


24 janvier 1963 – D’UNE REVOLUTION A L’AUTRE


 Famille de LAZHAR CHRAÏTI , Genève 24 janvier 2011   5 h du matin 1963 – A l’aube naissante, une exécution dans les frimas d’un mois de janvier aux allures spectrales, des hommes sont alignés contre un mur, les soldats les visent, quelques rafales,  un cri dans le silence. Puis un homme qu’on achève comme un chien, la première balle l’a touché à la cuisse, un cri de douleur, une deuxième rafale pour l’achever. Il s’affaisse. Selon un témoignage d’un témoin oculaire, mais des témoignages il y a en eu tant d’autres, certains parlaient même de pendaison ?   Cet homme était notre  père, Lazhar Chraïti, chef de la Libération Nationale surnommé  le lion d’Orbat. Aujourd’hui, c’est un jour particulier, cela fait 48 ans qu’il a été jeté dans une fosse commune avec les autres condamnés. 48 ans de chape de plomb sur ces condamnés qui ont participé à l’histoire tunisienne.   Avec la Révolution de Jasmin, pour la première fois j’ose penser que ces vies sacrifiées ont vraiment eu un sens. Jusque là on ne pouvait qu’imaginer le scénario de la vérité qui dérange, celle d’une Tunisie encore très très loin de l’indépendance. – nous n’avons pas accès aux archives nationales à ce jour et souhaitons que des  historiens puissent avoir accès à celles-ci pour nous donner la chance de connaître la vérité historique. Est –ce la France qui a jugé et condamné ces hommes à travers un tribunal militaires de pantins, un tribunal de mascarade ?  Entre temps, on peut tout imaginer et son contraire : un Bourguiba entièrement sous la coupe des Français puis un  Ben Ali corrompu et dictateur lui aussi aux ordres de la France qui ferme les yeux sur le pillage du dictateur et de sa clique, complice et consentante. Silence coupable !    Oui, pour la première fois, je pense que ces révolutionnaires qui ont sacrifié leur vie ont préparé  la Tunisie du XXI ème siècle à se libérer de tous les jougs.   La Révolution de Jasmin est un soulèvement populaire qui a pris de court tout le monde, la France a juste eu le temps après un silence consternant , de balbutier quelques excuses d’un ton mou, le ton des lâches.   C’est la première fois que la Tunisie se profile comme un pays libre et indépendant en 2011.   Quant  je vois cette “caravane de la liberté” qui monte du Sud de la Tunisie vers le Nord, je me souviens que mon père se battait déjà pour faire reconnaître l’existence de ces laissés-pour-compte, de ces déshérités de la Tunisie moderne, de ceux qu’on a oubliés loin derrière, loin là-bas au Sud. Ces descendants, pour quelqu’uns,   des fellaghas qui se sont battus pour l’indépendance, ces oubliés de l’histoire tunisienne. Il a fallu qu’un homme vendeur de légumes s’immole pour réveiller tout un peuple et sa conscience assoupie sous le joug d’un tyran. Oui, quelle triste date que celle de l’exécution de notre  père, un procès baclé,  moins de quarante jours pour instruire, jugé et tué. Les régions du Sud demandent aussi qu’on lui rende son histoire et ses héros.  Le peuple tunisien veut la vérité, il veut se réapproprier son histoire et sa mémoire historique !   PAIX À SON AME ET À SES COMPAGNONS D’INFORTUNE ET AUX MARTYRS DE LA REVOLUTION DE JASMIN !  


Légitimité et fait accompli


Nous avons subi pendant plus de cinquante ans  le pouvoir d’un régime dont la seule légitimité est le fait accompli. Ce fait accompli dont les fondements ont varié entre manipulation, complots et élections truqués n’a jamais changé de substance : « La tutelle d’une minorité qui a confisqué le droit du peuple tunisien à choisir librement ses dirigeants. » Un droit inaliénable au fondement de la souveraineté nationale et du régime républicain a été ainsi dénié aux tunisiens. Nous avons encore aujourd’hui la mémoire vive des conditions de terreur, d’injustice et de désinformation qui ont permis l’instauration de la dictature que nous vivons aujourd’hui le début d’effondrement. Mais la Tunisie qui fête aujourd’hui dans le deuil de ses martyrs la chute du dictateur et la reconquête de ses libertés confisqués ne s’est pas encore libérée  de la tutelle du pouvoir du fait accompli. Le système n’a pas changé, les symboles n’ont pas disparu et le plus grave est que la même stratégie d’autisme politique continue à prévaloir dans la légitimation des actuels détenteurs du pouvoir. Nous avons l’impression de passer du « Je gouverne et vous la fermez » de Ben Ali à « Nous gouvernons et allez crier comme vous voulez » du nouveau gouvernement. Leur logique est plus grotesque que leur comportement et ce sont les membres issu de l’opposition qui ont pris le devant pour l’expliquer : « Nous savons que nous avons aucune légitimité et si vous en voulez un gouvernement légitime laissez nous travailler pour vous préparer des élections… » Dit en substance leur discours. Ainsi une logique d’usurpation est en train de s’installer. Premier venu, premier servi ou plutôt possession vos titre : pourquoi laisser à d’autre un pouvoir vacant qu’on à pris possession. Le problème avec ce gère de raisonnement est qu’il sape toute confiance qu’on peut avoir dans leur véritables intentions. Ils se sont mis dans un sal pétrin, si leur gouvernement tombe, ce qui est presque certain, ils risquent le sort de leurs alliés de l’RCD. Leurs partis le PDP et Ettajdid savent qu’une telle issu leur coutera sévèrement dans les prochaines élections. Comme Ben Ali, ils ont peur de quitter le pouvoir. J’avoue ne pas être insensible aux arguments de pragmatisme politique qui à conduit des dirigeants aussi expérimentés du PDP et Ettajdid à s’allier à des symboles aussi contesté de l’ancien système quand l’idée d’un tel gouvernement à été mise en option mais je ne les comprends plus quand ils sont venu à défendre leur probité et leurs intégrité. La question d’ailleurs ne se posait plus sur ce volet, la situation a évolué, le RCD à été détruit, il ne vaut plus le cendre de ses débris et plus personne n’en veut encore aujourd’hui. Il ne leur reste qu’un seul choix ou bien quitter ce gouvernement ou risquez d’être balayé avec tout ceux qui la composait. Ce suicide politique auquel nous somme en train d’assister nous servira dorénavant à nous méfier de ces politiciens trop pressés. Sans compromis national, il n’y aura pas de solution, personne n’a le droit de s’imposer ni de se croire indispensable sur l’échiquier. Le compromis doit porter sur l’objectif et les moyens et délais pour le réaliser. La Tunisie n’est pas en déficit d’hommes et de femmes en mesure de gérer cette période transitoire sans être contestés. Si nos politiciens comptent sincèrement instaurer la démocratie que le peuple exigeait ils doivent plutôt se décharger pour se préparer à subir son suffrage car c’est la seule mesure dont dépendra leur poids politique le soir du scrutin. Comment donner confiance à un gouvernement dont cinq des 19 ministres restants sont originaire du gouvernorat de celui qui a été chargé de la former ! Comment donner confiance à un gouvernement ou tous les ministères de souverainetés sont restés aux mains de l’RCD. Comment accepter un gouvernement ou les régions intérieures ont étés tout simplement ignorés d’être représentés alors qu’en trouve ailleurs plus d’une fois deux ministres issues d’un seul village et même d’une seule famille. Le copinage est flagrant dans sa formation au point de crier au scandale et à l’indécence. Si le pays ne l’accepte pas c’est qu’elle n’est pas acceptable tout simplement pour ne pas dire plus Pourtant ce qui s’est produit au bout d’une seule semaine est certainement immense, il n’a pas volé son titre de révolution. Nous croyons que nous avons réalisé déjà des acquis irréversible dans le démantèlement de la structure de la dictature et la reconquête de nos libertés. Certains sont encore assommés par la frénésie du rythme des événements et ne réalisent pas encore à sa juste valeur se qui est entrain de se passer. Le schéma de la situation est en train de se dessiner dans une seule confrontation qui oppose le pouvoir de la rue au pouvoir tout court et nous nous dirigeons directement vers l’anarchie. Ce scénario est encore au stade du pressentiment, mais tellement présent qu’il préside au partage de l’antagonisme en cours. Un tel processus sert avant tout les actuels détenteurs du pouvoir en leur apportant une légitimité de fait pour parer au chaos dont l’éventualité terrorise tout ceux qui ont des intérêts à protéger. Ainsi la révolution est entrain de se métamorphoser dans sa structure comme dans sa finalité au risque de changer aussi d’outils. Nous somme en phase de passer d’une révolution démocratique à une révolution tout court et d’une révolution démocratique à une révolution dont il ne manque aucun ingrédient. Mon but n’est pas de faire peur ni de m’inscrire dans un camp déterminé parmi ceux qui sont entrain de se dessiner, mais je veux attirer l’attention en tant qu’intellectuel et dissident contre la dictature sur l’incidence capitale des choix qu’on est entrain de faire en ce moment sur notre future. Yahyaoui Mokhtar – Tunis 23 01 2011

 
(Source: Tunisia Watch le 23 janvier 2011)  


Lettre au gouvernement de transition Tunisien.


 Le soulèvement du peuple Tunisien qui s’est transformé en révolution, a conduit à la fuite de l’ancien Président Ben Ali et d’une partie de sa famille. Cette révolution, dont le premier acte a été l’immolation par le feu de Mohamed Bouazizi, est l’expression d’un malaise social, de revendications libertaires et d’un exceptionnel sentiment de frustration face aux agissements et aux différentes acquisitions arbitraires de biens de la part des familles Ben Ali et Trabelsi. Depuis la date historique du 14 janvier 2011, les richesses accumulées par ces familles apparaissent au grand jour, comme un iceberg dont les Tunisiens ne connaissaient que la partie immergée. Les langues se délient peu à peu et la découverte de leur patrimoine réparti dans plusieurs parties du monde, n’en est que plus effarante. L’ensemble de ces acquisitions démesurées a été possible par l’utilisation de l’argent public et doit donc être restitué au peuple Tunisien, par l’intermédiaire de l’Etat qu’il représente. C’est dans ce sens que la Commission arabe des droits humains, SHERPA et Transparence International France ont déposé le 18 janvier une plainte auprès du Procureur de la République de Paris à l’encontre de différents membres des familles Ben Ali et Trabelsi dans le but d’obtenir l’ouverture d’une information judiciaire relativement aux avoirs qu’ils possèdent en France. Afin d’aider à la restitution des biens publics identifiés à la Tunisie,nous, citoyens Tunisiens, demandons que l’Etat Tunisien se porte partie civile dans cette information judiciaire. D’autres plaintes devraient être déposées et visant les biens mal acquis de ces familles en Argentine, au Brésil, au Canada, aux Emirats Arabes unies… L’Etat Tunisien doit se constituer partie civile. Il est du droit des Tunisiens lésés par cette kleptocratie, de connaître la concrétisation de telles actions et d’être informés de l’avancement des différentes procédures engagées. Dans ce contexte difficile et décisif pour l’avenir de notre pays, la transparence est certainement la meilleure garantie pour ramener une confiance si cruciale envers notre gouvernance pour mettre notre pays sur le bon chemin. Nous ne doutons pas de votre volonté de récupérer ces biens publics. Votre initiative nous honorera et s’inscrira pleinement dans le cadre de l’édification d’une démocratie souhaitée par le peuple Tunisien, attentif quant au devenir de sa patrie.   Citoyens Tunisiens


21 janvier 2011, 11 heures, Consulat Général de Paris, 17, rue Lübeck, 75016, Paris.

Rassemblement de protestation et délégation reçue par le consul  général.


Quelques deux cents manifestants se sont rassemblés devant le consulat de Paris à l’appel du Collectif de Soutien aux Habitants de Sidi Bouzid pour apporter leur soutien à la révolution démocratique et populaire en Tunisie et protester contre les lenteurs administratives dans l’établissement des papiers d’identités, passeports etc.…au profit des exilés et des citoyens qui en sont privés pour certains d’entre eux depuis plus de vingt ans. Au même moment une autre initiative prise par un certain nombre de personnalités tunisiennes appartenant à  la société civile et à l’opposition en exil, est venue exiger le départ du consul Thamer Saad membre notoire de Rcd, affilié au clan des Trabelsi, ainsi que tous les individus troubles gravitant autour de la représentation consulaire, membres de la milice du Rcd, informateurs de la police politique, barbouzes, voyous, corrompus et kleptocrates de tout acabits. Fusionnant les deux initiatives, une délégation commune s’est formée pour exposer l’ensemble de ces revendications. Reçue par le consul général en présence de six fonctionnaires, parmi lesquels on a identifié M. Hichem Khalil qui a mené les négociations sur la composition de la délégation montrant un très haut sens de l’intérêt général, de civisme et de patriotisme. Les membres de la délégation ont pris chacun à son tour la parole pour exposer les objectifs de notre mission. Dans le cadre des réformes initiées au pays, ils ont exigé la mise en application immédiate de la neutralité des institutions de l’Etat, de l’administration publique ainsi que les représentations diplomatiques à l’étranger en les dissociant définitivement de l’ex parti unique. Ils ont exigé outre la démission du consul des instances du Rcd et son départ du consulat ainsi que celui des éléments appartenant à la nébuleuse sécuritaire et corrompue (dont les noms et les forfaits figurent sur la liste dressée par la délégation) qui a transformé le Consulat général en base d’activité criminelle. La dé-rcd-isation du personnel en procédant à l’expulsion des membres de la milice du Rcd, des agents liés à la police politique, des intermédiaires et des profiteurs rétribués par les caisses noires. Les membres de la délégation ont recommandé aux fonctionnaires présents de se constituer en Comité de gestion « Lajnat tasyîr » dont la première tâche consistera à l’élection démocratique d’un consul intérimaire et à l’application des propositions avancées dans l’attente des consignes gouvernementales. La délégation a annoncé, en totale syntonie, avec les fonctionnaires présents, qu’elle reviendra dans un délai d’une semaine afin de prendre connaissance de l’avancement de la mise en application des mesures et des propositions émises. Notre délégation a été agréablement surprise par l’accueil citoyen presque unanime réservé par les employés du consulat qui n’ont pas hésité à exprimer leurs doléances et a se plaindre des conditions du travail extrêmement dures (salaires dérisoires, surcharge de travail, semaine de 50 heures, vexations, humiliations, chantage et népotisme. Nous profitons de cette occasion pour leur rendre un hommage appuyé et saluer le formidable effort qu’ils fournissent pour régulariser en un temps  record et souvent sous d’énormes pressions, les documents d’identités des Tunisiens, sans distinction aucune, victimes de la tyrannie. Restons en permanence mobilisé pour défendre et consolider les acquis arrachés par notre révolution Vive la Tunisie libre et démocratique Pour la délégation : Abdelrahim Assouad Néjib Baccouchi Abdelatif Ben Salem Mohieddine Cherbib Lotfi Hammami Raja Kousri Les trois autres membres de la délégation, Kacem Jani, Noureddine Snoussi et Slah Imam Khouildi, qui se sont présentés peu après 13 heures (heure de fermeture administrative) n’ont pu malheureusement accéder aux locaux du consulat. 


CV de Monsieur ABDELKADER  ZITOUNI  Coordinateur National du PARTI TUNISIE VERTE

   


né le 1 octobre  1942 à  GABES études primaires à GAFSA études secondaires à SFAX apres bacc faculte  des sciences à TUNIS  et à GRENOBLE  . maitrise  es sciences  physiques études  ÉCOLE CENTRALE DES ARS ET MANUFACTURES DE PARIS  DIPLÔME INGÉNIEUR   ARTS ET MANUFACTURES études FACULTÉ DES SCIENCES ÉCONOMIQUES  DE NANTERRE 3eme année sciences économiques activites politiques .à TUNIS ET A GRENOBLE.MILITANT de l’UGET et secrétaire général  de la section UGET  à GRENOBLE en 1965 PARIS .membre du mouvement du 22 mars  1968 qui a déclenché  MAI 68 MEMBRE  DE LA GAUCHE TUNISIENNE  PERSPECTIVES TUNIS INGÉNIEUR  A LA SNT   ORGANISE LA PREMIERE GREVE DES TRANSPORTS  DE LA SNT 1973 DEMIS DE MES FONCTIONS A CAUSE DE LA GREVE  ORGANISE LA PREMIÈRE GRÉVE DES INGENIEURS A L’UNION DES INGENIEURS DE TUNISIE avec les camarades ingénieurs  raouf chemmari,ali khalfallah .. Cite a comparaitre devant la cour de sureté de l’état dans le procès de la gauche tunisienne en 1973 et acquitte  ANNÉE 78; ORGANISE  LE SOUTIEN AUX  FAMILLES    DES DÉTENUS    UGTT   ARRÊTES PAR  BOURGUIBA  (BEN ALI   DIRECTEUR DE LA SURETE)    26 JANVIER 1978 ACTIVITÉS PROFESSIONNELLES.en ma qualité de sous directeur SNIT   REALISATION DE 5000 LOGEMENTS SOCIAUX  SPROLS. RECRUTE EN 1981  COMME DIRECTEUR TECHNIQUE  JUSQU’EN 2002 REALISATION  20000 logements sociaux   EXPERT INTERNATIONAL DU LOGEMENT  SOCIAL. MARIE ET PÈRE DE 3 ENFANTS NADHEM.INGÉNIEUR EN FRANCEBAYREM INGÉNIEUR EN FRANCENEJM      EXPERT COMPTABLE  DIPLÔME HEC CARTHAGE TUNIS JE  n’ai jamais .adhère au parti du pouvoir RCD JE n’ai jamais eu de promotion dans ma carrière a cause de mes activites politiques possede un  appartement  SNIT que j’ai acquis lorsque j’ y étais sous directeur … 2003 2004–  FONDATION   DU PREMIER PARTI ÉCOLOGIQUE TUNISIEN      TUNISIE VERTE Abdelkader ZITOUNI Coordinateur National Parti « Tunisie Verte », membre du Parti Vert Européen, membre de la fédération des verts africains, membre de « Global Greens ».

 

Tunis: des centaines de manifestants défient le couvre-feu devant la Primature


TUNIS – Plusieurs centaines de manifestants exigeant la démission du gouvernement de transition tunisien dominé par des caciques d’ancien régime de Ben Ali, défiaient dimanche soir le couvre-feu et vont passer la nuit devant les bureaux du Premier ministre, a constaté l’AFP. A l’entrée en vigueur du couvre-feu, à 20H00 (19H00 GMT), ils étaient encore des centaines à exiger la démission du gouvernement devant les bureaux du Premier ministre où des milliers de personnes ont manifesté toute la journée. Ils s’organisaient pour passer la nuit, dans des sacs de couchages ou sous des tentes, tandis que des voisins leur apportaient sandwiches et boissons. La plupart sont des provinciaux partis samedi du centre-ouest rural et pauvre du pays, foyer de la « révolution du jasmin » et arrivés dimanche à l’aube à Tunis dans un convoi hétéroclite qu’ils ont baptisé « la caravane de la libération ». « Nous n’allons pas quitter la place avant que ce gouvernement dégage », a déclaré à l’AFP Mizar, un étudiant de Tunis originaire de Sidi Bouzid (centre-ouest), qui entonnait des chants révolutionnaires au sein d’un groupe d’une vingtaine d’étudiants. « Nous allons très probablement les laisser ici parce qu’ils sont venus de loin et qu’ils ne peuvent aller nulle part. Mais nous allons leur interdire de se déplacer » dans la ville, a déclaré à l’AFP un officier de l’armée sur place, sous couvert de l’anonymat. (©AFP / 23 janvier 2011 20h23)  


Tunisie: la province à Tunis pour « faire tomber le gouvernement


La pression de la rue pour exiger la démission du gouvernement tunisien s’est renforcée par l’arrivée à Tunis d’un millier de jeunes venus du centre du pays. La Suisse a elle confirmé le blocage sur son territoire des avoirs du président déchu Zine El Abidine Ben Ali. Confirmant des allégations de plusieurs journaux dominicaux, le Département fédéral des affaires étrangères n’a toutefois donné aucune information sur la valeur des biens bloqués, ni sur leur nature (argent, immobilier, avion ou autres). Plus de 40 noms Selon les médias, de l’argent est vraisemblablement placé dans une ou plusieurs banques à Genève et des biens immobiliers sis dans les cantons de Genève et Fribourg. De plus, un avion appartenant à un gendre de M. Ben Ali serait stationné sur l’aéroport de Genève. Il pourrait être saisi dans les jours qui viennent. L’ordonnance édictée par le Conseil fédéral mercredi liste plus d’une quarantaine de noms de personnes physiques et d’entreprises liées au président déchu, notamment des membres des familles Ben Ali et Trabelsi (famille de l’épouse de l’ex-président). Caravane de la libération En Tunisie, les participants à la « Caravane de la libération », partie samedi du centre du pays, ont rejoint la capitale Tunis dimanche matin, en dépit du couvre-feu, alternant marche et trajets en véhicules. Les manifestants ont été les premiers à faire le siège du palais de la Kasbah où travaille le premier ministre Mohammed Ghannouchi. Ils ont ensuite été rejoints par un flot continu de manifestants de Tunis, environ 3000 selon un policier. Arrestations Les autorités ont pour leur part annoncé l’arrestation de deux des plus proches collaborateurs de M. Ben Ali. Il s’agit du président du Sénat et ancien ministre de l’Intérieur Abdallah Kallel, et de l’éminence grise du régime Abdel Aziz Ben Dhia. Le propriétaire de la chaîne de télévision privée tunisienne Hannibal a quant à lui été interpellé avec son fils sous l’accusation de « haute trahison et complot contre la sécurité de l’Etat » pour avoir voulu favoriser le retour de M. Ben Ali. (ats / 23 janvier 2011 18:48)  


Tunisie: arrestation du patron de la TV Hannibal pour « haute trahison »


TUNIS – Larbi Nasra, propriétaire de la chaîne de télévision privée tunisienne Hannibal, a été arrêté sous l’accusation de « haute trahison et complot contre la sécurité de l’Etat » pour avoir voulu favoriser le retour du président déchu Ben Ali, a annoncé dimanche l’agence officielle TAP. « Larbi Nasra oeuvrait par le biais de sa chaîne à faire avorter la révolution des jeunes, semer la désordre, inciter à la désobéissance et à la diffusion de fausses informations dans le but de créer un vide constitutionnel et de saboter la stabilité dans le pays et le pousser vers le chaos », selon une source autorisée citée par l’Agence tunisienne de presse. Cette action était destinée, selon cette source, « à favoriser le retour de l’ancien dictateur Zine El Abidine Ben Ali », qui a fui le pays le 14 janvier pour se réfugier en Arabie Saoudite sous la pression d’une révolte populaire d’un mois sans précédent. Larbi Nasra a été arrêté en même temps que son fils, Mahdi Nasra, marié à une femme appartenant à la famille de l’épouse de l’ex-président, Leïla Trabelsi et qui travaillait également pour Hannibal, selon la TAP. Tous deux ont été interpellés « en application de l’état d’urgence », décrété le 14 janvier par le gouvernement tunisien alors que Ben Ali fuyait le pays, et seront « déférés devant la justice », selon la source citée par la TAP. Première chaîne privée créée en Tunisie, le 13 février 2004, Hannibal, a interrompu ses émissions, a constaté dimanche l’AFP après l’annonce de cette arrestation, sans qu’on sache la raison précise de cet arrêt des programmes. Cette chaîne généraliste portant le nom du grand stratège carthaginois Hannibal Barca, est normalement l’une des plus regardées par les Tunisiens. Très populaire, elle a révolutionné à ses débuts la couverture des événements sportifs en Tunisie et diffusait des talk-show au ton relativement libre. (©AFP / 23 janvier 2011 17h56)


Tunisie: arrestation du propriétaire de la chaîne privée « Hannibal TV »


AP 23/01/11 18:52 TUNIS (AP) — Le propriétaire de la chaîne privée « Hannibal TV » Larbi Nasra, et son fils ont été arrêtés pour « haute trahison » et « complot contre la sécurité de l’Etat », a annoncé dimanche l’agence officielle TAP citant « une source autorisée ». Ces délits peuvent être passibles de la prison à perpétuité ou à la peine capitale, selon les articles 72 et 73 du code pénal, a déclaré à l’Associated Press l’ex-bâtonnier Abdessattar Ben Moussa. Le prévenu, « lié par une relation d’alliance avec l’épouse de l’ex-président » Zine E Abidine Ben Ali, Leïla, est accusé de « s’employer, à travers sa chaîne, à faire échouer la révolution de la jeunesse, à semer le chaos, à inciter à la désobéissance et à diffuser des informations trompeuses pour créer un vide constitutionnel, à instaurer l’instabilité et à engager le pays dans la spirale de la violence dans le but de rétablir la dictature de l’ancien président ». En conséquence, « conformément à la situation d’urgence et afin de préserver l’intégrité de la patrie et d’assurer la réussite la révolution que vit la Tunisie, ordre a été donné de procéder à l’arrestation de l’intéressé et de son fils, en attendant qu’ils soient traduits devant la justice pour les juger pour haute trahison et complot contre la sûreté de l’Etat », ajoute l’agence. Le fils de Larbi Nasra, Mohammed, dirigeait avec son père « Hannibal TV », première chaîne privée de Tunisie, qui diffuse notamment des talk-shows et des retransmissions sportives. Aussitôt après la publication de cette information, la retransmission des programmes de la chaîne a été coupée. AP


Tunisie: deux proches collaborateurs de Ben Ali en résidence surveillée


TUNIS – Deux des plus proches collaborateurs du président tunisien déchu Zine El Abidine Ben Ali, dont l’ancien ministre de l’Intérieur, ont été placés en résidence surveillée et un troisième est activement recherché, a annoncé dimanche l’agence officielle TAP. Abdallah Kallel, président du sénat et ancien ministre de l’Intérieur et Abdel Aziz Ben Dhia, conseiller de Ben Ali et l’un des architectes de sa politique, ont été arrêtés et placés en résidence surveillée, selon l’Agence officielle de presse. Abdel Wahab Abdallah, autre éminence grise, de Ben Ali, ministre-conseiller à la présidence, qui avait la haute main sur l’information est « recherché par les services compétents », ajoute la TAP. Jusqu’ici, le sort de ces responsables de l’ancien régime, faisait l’objet de rumeurs contradictoires, certaines évoquant leurs arrestations et d’autres leur fuite. Les trois personnalités faisaient partie des hautes instances dirigeantes de l’ancien parti au pouvoir, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) dont les manifestants exigent chaque jour la dissolution. MM. Ben Dhia et Abdallah ont été radiés le 18 janvier du bureau politique du RCD, une mesure destinée à donner une nouvelle virginité à cette formation historique qui a lutté pour l’indépendance et qui a été ensuite mise sous la coupe de Ben Ali. M. Kellal a échappé de justesse à la justice suisse en 1992, alors qu’il se faisait soigner dans ce pays, après la plainte d’un Tunisien pour « torture » pendant la période où il était ministre de l’Intérieur. (©AFP / 23 janvier 2011 13h02)


Royal interpelle les ministres de Ben Ali


AFP 23/01/2011 | Mise à jour : 19:27

Ségolène Royal, candidate aux primaires PS pour la présidentielle, a demandé que les ministres du régime du président tunisien déchu Ben Ali quittent le gouvernement. « Aujourd’hui si le peuple tunisien continue de protester, c’est parce qu’il y a encore des ministres de l’ancienne équipe dans l’actuel gouvernement et les choses ne se calmeront pas tant que ces ministres ne partiront pas », a déclaré Mme Royal lors du « Grand jury » RTL/LCI/Le Figaro. Elle a souhaité que « tous les responsables de bonne volonté (fassent) comprendre à ce gouvernement provisoire le message très simple du peuple tunisien: ils ne veulent pas voir des membres de l’ancienne équipe organiser les élections ». La présidente PS de la région Poitou-Charentes a souligné qu’elle était la « première responsable politique » à dire « des choses aussi simples, aussi évidentes », à savoir « que les ministres de l’ancienne équipe quittent le gouvernement tunisien ». Interrogée sur la situation en Algérie, Mme Royal a jugé « évident » qu’il y avait dans ce pays « des problèmes de libertés publiques », des « problèmes de liberté d’expression, problème de liberté de constitution d’autres forces politiques, un problème d’échéances électorales ».  « Pourquoi le peuple algérien souffre de pauvreté, de précarité alors qu’il y a tant de richesses? », a-t-elle poursuivi, en ajoutant: « Alors c’est une véritable mutation économique et politique que le gouvernement algérien doit enclencher », a-t-elle dit. « On sait bien que petit à petit l’absence d’opposition, de contre-pouvoirs, c’est une vérité universelle en démocratie, (conduit) toute personne qui a du pouvoir à en abuser (…), c’est ce qu’on voit aujourd’hui se dérouler dans ces pays », a ajouté Mme Royal. Comme on lui demandait si le gouvernement français devait exprimer cette opinion, elle a répondu: « Ce qui est toujours préférable, ce sont des transitions démocratiques et pacifiques. Tout dirigeant doit organiser sa succession ».

Le ministre français Frédéric Mitterrand exprime ses « regrets » aux Tunisiens


(AFP) – le 23 janvier 2011 13:01 TUNIS — Le ministre français de la Culture, Frédéric Mitterrand, critiqué ces derniers jours, ainsi que d’autres responsables français, pour sa complaisance envers le régime du président tunisien déchu Ben Ali, a présenté ses « regrets », dans une lettre publiée dimanche par un hebdomadaire tunisien. « Les Tunisiens savent que je travaille au service de la Tunisie, et notamment dans le domaine culturel, depuis trente ans. Comme beaucoup d’autres, je l’ai fait en essayant de privilégier le dialogue avec les autorités et souvent en allant jusqu’aux limites de ce qui était acceptable », a écrit le ministre français, neveu de l’ancien président François Mitterrand. « Alors que le peuple tunisien est parvenu par ses seules forces à se débarrasser de la chape de plomb qui pesait sur lui, je regrette profondément que mon attitude et les expressions qu’il m’est arrivé d’utiliser aient pu offenser des gens que j’ai toujours voulus aider et que j’admire et que j’aime », a-t-il ajouté dans cette lettre publiée par l’hebdomadaire Réalités sous le titre « lettre de Frédéric Mitterrand au peuple tunisien ». « Puissent ceux qui me connaissent bien et savent ce que j’ai accompli réellement me comprendre et accepter mes regrets », a-t-il ajouté, assurant partager « totalement l’enthousiasme pour l’avènement de la liberté et l’espoir en la démocratie » en Tunisie. La « révolution du jasmin » a renversé le 14 janvier, après un mois de soulèvement populaire, le régime du président Zine El Abidine Ben Ali, qui régnait d’une main de fer sur la Tunisie depuis 23 ans. Frédéric Mitterrand avait reconnu jeudi avoir obtenu la nationalité tunisienne dans les années 90, après l’organisation d’une année de la Tunisie en France, une série de manifestations culturelles. « Il se trouve que, sans doute peut-être, le régime a essayé de me récupérer en me donnant la nationalité, mais je n’ai pas fait de compromis, aucun », avait assuré M. Mitterrand sur la radio France Inter. M. Mitterrand a été vivement critiqué pour avoir jugé le 9 janvier « tout à fait exagérée » l’opinion selon laquelle le pays serait une « dictature univoque » en réponse à une question sur la répression, déjà en cours, des manifestations.

 

Marche sur Tunis: arrivée d’un millier de manifestants venus du centre du pays


TUNIS – Un millier de manifestants venus du centre du pays et réclamant la démission du gouvernement tunisien de transition sont arrivés dimanche matin dans le centre de Tunis, ont constaté des journalistes de l’AFP. « Le peuple vient faire tomber le gouvernement », scandaient des manifestants, parmi lesquels de nombreux jeunes, partis samedi du centre du pays et qui ont rejoint la capitale en alternant marche et trajets en véhicules, au sein d’un convoi hétéroclite baptisé « caravane de la libération ». « Nous sommes venus de Menzel Bouzaiane, de Sidi Bouzid, de Regueb pour faire tomber les derniers restes de la dictature », a expliqué un vieil homme drapé dans un drapeau tunisien, Mohammed Layani. Il énumérait ainsi les principaux foyers de contestation du centre-ouest frondeur et déshérité, en première ligne lors de la « révolution du jasmin » qui a provoqué le 14 janvier la chute du président déchu Zine El Abidine Ben Ali. Arrivés dans le centre de Tunis vers 07H30, les manifestants ont remonté l’avenue Habib Bourguiba, artère centrale et symbolique de la ville où se déroulent des manifestations quotidiennes, avant de s’installer pour un sit-in devant le ministère de l’Intérieur, où ils ont déployé un vaste portrait de Mohammed Bouazizi. Ce jeune vendeur de fruits s’était immolé par le feu le 17 décembre à Sidi Bouzid (centre-ouest), déclenchant les premiers mouvements de révolte qui allaient aboutir près d’un mois plus tard à la chute du régime. La rue tunisienne proteste quotidiennement contre la mainmise de caciques de l’ancien régime sur le gouvernement de transition formé lundi. La « Caravane » devait à l’origine rejoindre Tunis à pied, en quatre ou cinq jours, mais les marcheurs ont expliqué dimanche qu’il n’y avait « pas de temps à perdre pour faire tomber le gouvernement ». Ils étaient environ 300 au départ samedi matin de Menzel Bouzaiane, à 280 km au sud de la capitale, et en chemin, ils ont été rejoints par d’autres manifestants, a constaté un correspondant de l’AFP. Avant d’arriver en centre-ville, les manifestants étaient suivis d’un convoi hétéroclite de camions, voitures, motos, camionnettes. Cette manifestation, selon des témoignages, a été organisée de manière spontanée par des jeunes de la région. Des syndicalistes et des militants des droits de l’homme ont décidé de se joindre à leur mouvement. (©AFP / 23 janvier 2011 08h38)


Tunisie : Marzouki veut une nouvelle Constitution


L’opposant tunisien veut suspendre la Constitution actuelle pour en rédiger une nouvelle totalement démocratique.   Moncef Marzouki exige la suspension de la Constitution et de toutes les lois tyranniques. (c) Afp Le Congrès pour la République, le parti de l’opposant tunisien Moncef Marzouki, a réclamé samedi 22 janvier la création d’un Conseil national chargé de rédiger une nouvelle Constitution, ainsi que la démission du gouvernement de transition. « Ce que nous demandons est très simple: la situation exige la suspension de la Constitution et de toutes les lois tyranniques », a expliqué Abdelwahab Mâattar, vice-président du CPR,  Elaborer une nouvelle constitution Le président de transition, Foued Mebazaa « pourrait facilement former un comité indépendant, qui aura pour seule mission la mise en place d’une loi pour l’élection d’un Conseil national chargé de rédiger une nouvelle Constitution », a-t-il ajouté.Ce conseil devra rassembler des personnalités « issues de toutes les sensibilités politiques », et pourrait former un gouvernement de transition qui aura pour mission de gérer les affaires du pays en attendant la mise en place de la nouvelle Constitution, selon lui. Le Premier ministre doit « rentrer chez lui » Le CPR exige aussi la démission du gouvernement d’union nationale, dominé par les caciques de l’ancien régime. Issu de la gauche laïque, opposant historique au régime du président déchu Zine El Abidine Ben Ali, Moncef Marzouki, rentré d’exil en France mardi, a appelé de son côté le Premier ministre Mohammed Ghannouchi, chef du gouvernement de Ben Ali pendant onze ans, à « rentrer chez lui ». « Il représente un facteur d’instabilité », a-t-il souligné, faisant référence aux milliers de personnes qui descendent quotidiennement dans la rue en Tunisie pour demander la démission du gouvernement de transition, où des membres de l’équipe de Ben Ali occupent tous les postes clés et notamment les portefeuilles de l’Intérieur, la Défense, des Affaires étrangères et des Finances. Le premier candidat déclaré Moncef Marzouki a aussi qualifié de « suicide politique » l’entrée de deux chefs de parti d’opposition dans ce gouvernement de transition. Moncef Marzouki avait été le premier candidat déclaré à l’élection présidentielle qui doit se tenir dans les prochains mois en Tunisie. Mais il a expliqué qu’il ne maintenait sa candidature que si un nouveau gouvernement était formé et une nouvelle Constitution adoptée. Ancien président de la Ligue tunisienne des droits de l’homme, Moncef Marzouki, âgé de 65 ans, a créé le Congrès pour la République en 2001. Il avait été condamné à un an de prison en 2000. « Cette révolution n’est pas exportable » L’opposant historique a affirmé également que les Tunisiens n’avaient pas l’intention « d’exporter » leur révolution populaire, une première dans le monde arabe où le soulèvement tunisien a d’importantes répercussions sociales et politiques. « Nous avons fait une révolution démocratique et pacifique en Tunisie. Nous ne voulons l’exporter nulle part », a-t-il déclaré. « Nous n’avons aucune prétention pour dire que c’est à exporter. Nous ne représentons aucun danger pour aucun pays ou aucun peuple », a-t-il ajouté, alors que certains régimes arabes semblent craindre un effet domino. « Chaque pays gère ses affaire selon ses spécificités, nous ne voulons pas de problème avec les autres pays, et surtout avec nos voisins. Nous voulons avoir de bonnes relations avec les autres pays », a souligné l’opposant. En Algérie, en Egypte et en Mauritanie, des individus se sont récemment immolés par le feu, reproduisant de manière spectaculaire le geste du jeune Tunisien qui avait déclenché la « révolution du jasmin » mi-décembre. Moncef Marzouki a cependant demandé à l’Arabie Saoudite de livrer à la justice tunisienne le président déchu Zine El Abidine Ben Ali, qui a fui le 14 janvier dans ce pays, après un mois de soulèvement populaire sans précédent. « Que les Saoudiens prennent garde, Ben Ali est capable de leur voler la Kaaba », a-t-il ironisé en allusion à la construction sacrée cubique noire au centre de la grande mosquée de La Mecque, autour de laquelle tournent les pèlerins musulmans. (Source: Nouvelobs.com le 23/01/11 11:00)


Tunisie Mustapha Ben Jaafar : « On ne fait pas du neuf avec du vieux »


Rencontre avec le leader du Forum démocratique pour les libertés. Avant même d’avoir pris ses fonctions, ce médecin a démissionné du poste de ministre de la Santé pour dénoncer le maintien au gouvernement d’ex-membres de l’équipe Ben Ali. Tunis, envoyée spéciale. Mustapha Ben Jaafar dirige le Forum démocratique pour les libertés et le travail, parti d’opposition légalisé en 2002. Nommé ministre de la Santé dans le gouvernement de transition de Mohammed Ghannouchi, il a démissionné en signe de protestation contre le maintien, dans cette équipe, de ministres en poste sous Ben Ali. Pourquoi refusez-vous désormais de participer à ce gouvernement de transition ? Mustapha Ben Jaafar. Après la fuite de Ben Ali, nous étions entrés dans une phase critique. Nous étions prêts à mettre l’intérêt du pays au-dessus des intérêts partisans. Mais nous avons déchanté au fil des négociations et surtout en découvrant la composition finale du gouvernement. Quelle que soit notre détermination à sortir de cette crise, nous resterons à l’écoute de la population qui a conduit cette révolution. Ceux qui sont descendus dans la rue, qui ont consenti de lourds sacrifices, surtout dans les régions déshéritées, continuent de réclamer le changement. Or on ne fait pas du neuf avec du vieux. Tout ce qui représente le RCD, de près ou de loin, doit être écarté des commandes. Vous n’êtes donc pas convaincu par les premières mesures annoncées par ce gouvernement ? Mustapha Ben Jaafar. Ce sont des mesurettes concédées par des gens du RCD pour sauver leur poste ! Le peuple, la jeunesse demandent au contraire une véritable rupture. Chaque jour, le gouvernement lâche quelque chose sous la pression populaire. Mais nous ne sommes pas face à de petites révoltes circonscrites ! Nous sommes devant une véritable révolution, dont il faut prendre la mesure, comprendre l’ampleur. Il faut donner au peuple une réponse rapide, réelle, globale. Y a-t-il, aujourd’hui, une fracture entre l’opposition dite « légale » qui participe au gouvernement, et celle qui refuse d’y participer ? Mustapha Ben Jaafar. Il y a parfois de l’incompréhension et des différences de stratégie. Il reste que ce gouvernement n’est pas un gouvernement d’unité nationale. Il ne reflète pas la réalité du pays. Les rafistolages successifs n’y changeront rien. Il eut fallu, dès le premier jour, composer un gouvernement indépendant, capable de susciter la confiance du pays. Quelle forme devrait prendre cette transition ? Mustapha Ben Jaafar. Il faut un autre gouvernement de transition, resserré, formé de personnalités indépendantes, pour gérer les affaires courantes. Avec, à ses côtés, une structure ouverte à toutes les formations politiques, chargée de dessiner la Tunisie de demain, de jeter les bases d’une Tunisie démocratique et de préparer les élections. L’essentiel est d’offrir au peuple des garanties, pour empêcher tout retour à l’ancien système. Cette révolution signe-t-elle aussi l’échec du modèle économique néolibéral promu par Ben Ali ? Mustapha Ben Jaafar. C’est évident ! Ce modèle de développement s’est brutalement essoufflé, creusant les inégalités entre les régions, entre les catégories sociales. La classe moyenne s’est paupérisée. Des tensions sociales s’expriment dans tous les secteurs de l’économie, dans le secteur privé comme dans le secteur public, malmené par Ben Ali. Il faudra répondre à l’urgence sociale par des mesures exceptionnelles. Peut-être faudra-t-il recourir à la solidarité internationale ? En réponse à cette révolution, il faut des gestes forts, sur le plan politique mais aussi sur la question sociale, qui fut le point de départ de ce soulèvement. Entretien réalisé par Rosa Moussaoui  (Source:´L´Humanité.fr lr 22 janvier 2011)


«Que la révolution tunisienne porte ses fruits»


INTERVIEW EXCLUSIVE – Dix jours après le départ de Ben Ali, le ministre tunisien des Affaires étrangères d’hier et d’aujourd’hui, Kamel Morjane, répond aux questions du Figaro.   Apparatchik atypique de l’ère Ben Ali, dont il est un cousin par alliance, Kamel Morjane est l’un des poids lourds du gouvernement de transition. Le nom de ce discret diplomate de 62 ans a été évoqué, en 2006, dans un câble américain rendu public par WikiLeaks et qui le pressentait comme l’une des cinq personnes capables de succéder à Ben Ali. En Tunisie, où la rue lui reproche sa proximité avec l’ancien régime, on murmure que ce présumé chouchou de Washington aurait été l’un des acteurs clefs du départ précipité de Ben Ali. Dans une interview exclusive au Figaro, il nie son implication dans la chute de l’ex-dictateur, tout en assurant les Tunisiens de son engagement en faveur de la démocratie.

LE FIGARO. – Comment avez-vous vécu le départ de Ben Ali ? Kamel MORJANE. – Je m’attendais à tout sauf à ça. Tout le monde a été surpris : ceux qui étaient à l’intérieur du système, comme moi, mais aussi les observateurs les plus avertis. Ce vendredi 14 janvier, j’étais à mon bureau, au ministère des Affaires étrangères. J’ai appris la nouvelle comme tous les autres Tunisiens. Je crois que c’est par la télévision, après 18 heures… Tout s’est enchaîné tellement vite. Au début, j’étais inquiet. Quand le commandant de bord d’un bateau s’en va, l’équipage peut rapidement chavirer… Le soir même, je ne suis pas rentré chez moi. À la fois pour des raisons de sécurité, et à cause de mes responsabilités, car le gouvernement était officiellement en place. J’ai dormi dans mon bureau.
Vous n’étiez pas dans le secret ? Honnêtement, j’ignorais tout de ce dessein. Dans l’après-midi, nous nous étions parlé au téléphone. Une conversation de routine comme nous avions l’habitude d’en avoir quotidiennement. Notre échange a eu lieu entre 2 heures et 2 heures et demie avant son départ. Sa voix ne laissait rien transparaître. Absolument rien. Il semblait tout à fait confiant. Nous ne nous sommes jamais reparlé depuis.
À aucun moment il n’a sollicité vos conseils sur le pays qui allait l’accueillir ? Non. J’ai suivi tout ça à travers les médias, comme tout le monde. Pourtant, vous avez des affinités familiales… Ma femme est la fille d’un de ses cousins. Mais ça ne veut rien dire. À titre personnel, nous avions sans doute des relations privilégiées. Mais au palais, il y avait des gens beaucoup plus influents que moi.
Pensait-il qu’il allait revenir ? C’est fort possible. Je vous le répète : il ne m’a rien dit, ne m’a pas consulté à ce sujet. Je ne sais pas ce qu’il avait en tête. Je crois qu’avant tout, il a été dépassé par les événements. Il n’avait certainement pas prévu ce genre de dénouement. Et s’il est parti pour de bon, c’est qu’il est arrivé à la conclusion que c’était fini pour lui.
Ces derniers temps, Ben Ali vous avait-il semblé plus isolé ? Oui, c’est le sentiment que j’avais. C’est là qu’on aurait peut-être dû faire quelque chose… Lorsqu’il est arrivé au pouvoir, en 1987, il était beaucoup plus attentif aux autres, il était à l’écoute. Lorsqu’on lui faisait des propositions, il les prenait en considération. Avec le temps, il a changé…
Qui le coupait des autres ? Sa femme, Leila Trabelsi ? Tout un entourage, je dirais… C’est ça qui a posé problème. Mais je n’aime pas parler de ces choses-là. Vous avez été, de 2005 à 2010, ministre de la Défense. Le soutien de l’armée à la population a-t-il été déterminant ? C’est, avant-tout, une révolution populaire. Ça faisait un moment que les Tunisiens contenaient leur colère et avec l’immolation du jeune Bouazizi, tout a fini par lâcher, comme un élastique ! Historiquement, l’armée a toujours entretenu un lien étroit avec la population. C’est essentiellement une armée d’appelés, donc issue du peuple. Elle est connue pour son intégrité. Elle est également réputée proche de la population pour avoir participé à de nombreux projets de développement sociaux et humanitaires. Rachid Amar, chef d’état-major de l’armée de terre, a rapidement désapprouvé la violence de la police contre les manifestants. Il aurait, par la suite, ordonné à Ben Ali de partir. Quel rôle exact a-t-il joué ? Je ne lui ai pas parlé depuis les événements. J’ignore s’il a joué un rôle particulier. Mais je peux vous dire que c’est un officier intègre pour qui j’ai beaucoup de respect. Quelqu’un de très intelligent, à l’écoute de sa société, qui suit de très près ce qui se passe dans le pays. Maintenant, que certains éléments souterrains aient contribué à cette révolution, c’est fort possible… On peut faire mille et une suppositions. Les Américains, par exemple ? Je ne sais pas. Je n’ai aucune preuve. Ils n’ont pas caché leur soutien aux manifestants. Ce genre de prise de position encourage la population. Mais quand je parle d’autres éléments, je ne pense pas particulièrement à des pays étrangers. Ça peut être des Tunisiens, des gens de son cercle rapproché… Vous êtes actuellement contesté par la rue pour avoir été un ministre de l’ex-régime et un membre du bureau politique du RCD, l’ancien parti du pouvoir. Accepteriez-vous de démissionner du gouvernement provisoire, comme les protestataires vous le demandent ? J’ai déjà annoncé ma démission du bureau politique du RCD. Quant au parti lui-même, je reste fidèle à ses valeurs d’origine. Le RCD, c’est une histoire, une famille politique, née du mouvement destourien qui a œuvré pour l’indépendance du pays. Mon père en était membre. Je suis né là-dedans. Je resterai toujours sensible à cette mouvance même si je reconnais qu’aujourd’hui, elle a dévié. C’est à chacun de faire des choix. Il y en a peut-être qui décideront d’aller vers d’autres partis. Pour moi, le RCD, c’est un peu comme le parti gaulliste en France. Il a évolué. En période difficile, il a préservé certains fidèles. Et puis il y a ceux qui ont créé des alliances. Je ne vous cache pas que nous sommes en pleine réflexion sur l’avenir du RCD : comment le faire évoluer, dans ce nouveau contexte démocratique ? Quant à mon poste de ministre, je le vois comme un moyen d’aider mon pays dans cette période délicate. Je ne tiens pas absolument à rester au gouvernement. Mais je veux mettre mes compétences à profit. Aujourd’hui, ce qui me préoccupe le plus, c’est que cette révolution porte ses fruits. Nous devons travailler tous ensemble pour bâtir l’avenir. Je suis fier d’avoir été le premier à parler de «gouvernement d’union nationale». Quelles sont les priorités ? Un retour à la normale au plus vite ! C’est pourquoi nous rouvrons cette semaine les écoles et les universités. Les slogans, c’est beau, mais il faut se remettre au travail, préparer les élections, relancer au plus vite l’activité économique. Certains tours opérateurs étrangers ont demandé à leurs clients de renoncer à leurs vacances d’été en Tunisie, et je le regrette. Nos ressources sont limitées. Le tourisme, c’est le poumon économique de notre pays. Ce cabinet de transition peut-il tenir ? Je l’espère. Je suis sorti enthousiaste du premier Conseil des ministres. Le débat y était animé, vivant. Chacun s’est exprimé ouvertement. C’était inédit. Maintenant, si l’intérêt du pays en décide autrement, j’en prendrai bonne note. Ma seule crainte, c’est que le pays sombre dans le chaos. Quels sont les risques ? Lorsqu’un système reste fragile, il peut être récupéré par n’importe qui. Nous devons également tenir compte du contexte géopolitique de notre région, où opèrent des éléments extrémistes, de type al-Qaida. Notre pays ne pourra survivre à ce qu’a connu l’Algérie dans les années 1990. Il n’en a pas les moyens. Nous devons donc veiller à préserver les acquis du passé – en matière d’éducation, de santé – et les revendications de la révolution. Je rêve que mon pays soit un modèle, qu’il soit la Suisse de l’Afrique du Nord et du monde arabe : un pays démocratique, tolérant et développé. Votre gouvernement a annoncé une amnistie pour les opposants, dont la mouvance islamiste Ennhada. Vous soutenez ce choix ? C’est une sensibilité qui existe dans notre société et il faudra en tenir compte. Nous devons bannir toute forme d’exclusion et assumer toutes les tendances, sinon ce vaste mouvement populaire et démocratique n’aura servi à rien.
 
(Source: lefigaro.fr le 23 janvier 2011)

Tunisie : la classe moyenne va devoir payer le prix de la révolution


Par dlebouc | internaute | 23/01/2011 | 15H44 Les déséquilibres sociaux et régionaux sont deux des causes principales de la récente révolution de Tunisie. Aussi la question de la politique sociale et économique du gouvernement qui émergera de ce mouvement est essentielle. Actuellement, beaucoup de personnes et de commentaires sont focalisés sur la fortune du clan Ben Ali-Trabelsi. Si cette question est importante du point de vue moral et démocratique, elle l’est, malheureusement, beaucoup moins sous l’angle économique. Il est clair que les biens et participations de ces prédateurs doivent être confisqués. L’Etat tunisien peut choisir de les conserver (mais a-t-on jamais vu un Etat bon gestionnaire ? ) ou de les vendre (mais les recettes procurées ne seront pas récurrentes). Une politique de redistribution s’impose Une autre possibilité est d’utiliser la solution qu’emploient la Norvège ou le Brésil avec leurs recettes pétrolières : créer un fonds durable avec une gestion indépendante et transparente dont les revenus annuels servent à financer des dépenses sociales ou de développement. Quoiqu’il advienne, les montants ramenés à 12 millions de Tunisiens ne seront pas extraordinaires. Une politique socio-économique ne peut se baser exclusivement sur cet indispensable point de justice démocratique. Pour atténuer les déséquilibres de la Tunisie, une politique de redistribution s’impose. Or, aujourd’hui les rentrées fiscales et sociales de l’Etat tunisien sont faibles : imposition indirecte réduite et mal recouverte ; impôts directs et cotisations sociales réduits. Une forte taxation des riches Tunisiens se justifie probablement pour des motifs moraux et politiques mais sera peu efficace économiquement. Les très riches sont peu nombreux et donc, même très taxés, ils ne pourront seuls financer la redistribution. C’est la classe moyenne qui va devoir payer La solution réside dans une véritable taxation de la classe moyenne à l’instar de ce qui se pratique dans l’Europe « rhénane ». Cela devrait très rapidement poser un problème politique aigu : si la révolution a débuté dans les classes populaires des régions déshéritées, c’est la classe moyenne des grandes villes qui a conclu le mouvement. Si cette classe moyenne, actuellement peu imposée, a obtenu les libertés civiles, elle risque rapidement d’y gagner aussi des prélèvements. L’accès à YouTube peut-il se payer en cotisations sociales ? Si la réponse est non, c’est le soulèvement des personnes de Sidi Bouzid qui aura été vain. (Source: Rue89.com le 23 janvier 2011) Lien: http://www.rue89.com/2011/01/23/tunisie-la-classe-moyenne-va-devoir-payer-le-prix-de-la-revolution-186968


Tunisie : À Québec, Raffarin défend la position française


taieb.moalla – 23 janvier 2011 De passage à Québec, l’ancien premier ministre français Jean-Pierre Raffarin a ardemment défendu, vendredi, la position officielle de son pays, qui a pourtant soutenu le régime de l’ancien président tunisien Ben Ali jusqu’au bout. « En matière d’Afrique, quand la France prend des positions, elles sont souvent contestées. On (nous) reproche d’être trop intervenus en Côte d’Ivoire et pas assez en Tunisie. Quand la France parle, on le lui reproche et quand la France se tait on le lui reproche aussi. Nous assumons notre passé qui nous conduit à certaines réserves », a-t-il déclaré au Journal, en marge d’un dîner-conférence auquel participait également l’ancien premier ministre du Québec, Bernard Landry. Sceptique, le Journal s’est permis de rappeler à M. Raffarin cette déclaration controversée de la ministre française des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, prononcée le 11 janvier, à peine 72 heures avant la fuite de Ben Ali en Arabie Saoudite. « Nous sommes un pays (la France) où il y avait encore récemment deux millions de personnes dans la rue, a justifié M. Raffarin. Il y a eu des émeutes importantes et dans toutes nos opérations de maintien de l’ordre, il y a très peu de blessés et pas de morts. On a simplement dit clairement que les opérations de maintien de l’ordre étaient des opérations inacceptables quand on tirait à balles et qu’il y avait d’autres façons de maintenir l’ordre. » Selon lui, « cette déclaration (de la ministre française) est arrivée dans un contexte qui fait qu’elle a été facilement caricaturée. Hélas, dans notre système de communication mondiale, la caricature l’emporte quelques fois sur la vérité ».  

La femme est l’avenir de la Tunisie


 

Bourguiba avait fait le pari de la libération de la femme pour moderniser la société tunisienne. Un héritage menacé.

Le président Bourguiba avait décidé de moderniser l’Etat tunisien aussitôt après son arrivée au pouvoir. En promulguantle code du statut personnel (CSP) le 13 août 1956, quelques mois après l’indépendance du pays proclamée le 20 mars, le Combattant Suprême pariait sur l’émancipation féminine pour revitaliser la société tunisienne. Sa démarche fut unique dans le monde arabe, frileux quand il s’agit de s’attaquer aux dogmes de la religion et à élargir la place économique et politique des femmes.

Habib Bourguiba se voulait l’égal d’unMustafa Kemal Atatürk à la sauce tunisienne. La nouvelle loi entra en vigueur dès le 1e janvier 1957 dans le cadre d’un vaste programme de modernisation de la société: l’interdiction du port du voile dans les écoles, la reconnaissance du droit de vote aux femmes, le démantèlement de l’université de la Zitouna, citadelle du conservatisme, la dispense de jeun durant le mois de ramadan, la mise en place du planning familial, le droit à l’avortement libre et la gratuité de la pilule, l’interdiction de la polygamie et de la répudiation et enfin, l’obligation d’obtenir le divorce devant le tribunal.

Les femmes n’ont pas hésité à emprunter la voie de la liberté des occidentales vêtues de jeans, elles prirent l’ascenseur social. Elles choisirent, en masse, le chemin des études pour s’insérer dans tous les pans de la société en occupant des postes économiques et politiques à responsabilités. Devenues concurrentes des hommes, elles ont fini par prouver qu’elles étaient devenues leurs égales; un véritable défi pour un pays musulman.

Ben Ali dans la continuité

Lors de sa prise de pouvoir en 1987, le président Zine El Abidine Ben Ali a dû rassurer sa population, notamment féminine, qui s’alarmait de rumeurs qui faisaient craindre une remise en cause du statut des femmes. Il a alors exclu un «retour en arrière car il ne peut y avoir de développement si la moitié de la société, les femmes, en sont exclues». Il avait alors mis ses actes en conformité avec ses paroles en associant sept femmes au gouvernement, en nommant une présidente de la Cour des Comptes et une femme gouverneur (préfet).Faïza Kéfi, qui avait occupé les fonctions d’Ambassadeur en France fut nommée, en 2004, première présidente de la Cour des comptes tunisienne (CDC). En mai 2004, Salwa Mohsni Labiadh était nommée, pour la première fois de l’histoire de la Tunisie, au poste de Gouverneur de la région de Zaghouan.

Les femmes tunisiennes ont commencé à avoir accès au monde des affaires à partir des années 70. Le nombre total des femmes qui dirigent des entreprise en Tunisie est estimé aujourd’hui à 18.000 et elles exercent dans les secteurs de l’artisanat (11%), des services (41%), de l’industrie (25%) et du commerce (22%). Les femmes se sont aussi retrouvées à la tête de banques. Golssom Jaziri a prisla direction générale de la banque tuniso-libyenne. Hela Cheikhrouhou doit être nommée au poste de directrice du nouveau département, Energie, Environnement et Changements climatiquesau sein de la Banque Africaine de Développement (BAD).  

Des femmes politiques et politisées

Les femmes n’ont pas négligé la politique et occupaient 27% des postes de décision dans les cabinets ministériels, 21,6% des conseils municipaux et 20% du corps diplomatique. Enfin, le Parlement tunisien comptait 59 femmes soit 27,5% ce qui le classe 36ème  sur 138 pays dans le monde.

Les étudiantes, avec une majorité de 55%, ont maintenant supplanté les étudiants dans les établissements d’enseignement supérieur. La ministre tunisienne des affaires de la femme, de la famille et des personnes âgées,Salwa Ayachi Labbène, affichait ces résultats avec fierté: «Loin de nous l’idée de donner des leçons aux autres, mais nous sommes disposées à mettre notre expérience et notre approche au service des pays arabes».

Que ce soit au moment du combat pour l’indépendance ou dans la lutte récente contre le clan Ben Ali, les femmes tunisiennes n’ont pas hésité à monter au créneau politiqueà l’instar de Maya Jribi, secrétaire générale du Parti démocrate progressiste et féministe convaincue.

La révolution du jasmin a porté au pouvoir une génération d’opposants qui, durant les heures noires du régime de Ben Ali n’a jamais pensé s’unir et qui à présent risque de se déchirer. Les islamistes attendent en embuscade l’échec des nouveaux dirigeants pour cueillir le pouvoir et imposer leurs lois anachroniques. Leur propagande tente déjà de faire de la libération de la femme un héritage de la dictature de Ben Ali.

Les tunisiennes sont aujourd’hui le meilleur rempart contre les courants extrémistes et fanatiques et les mouvements rétrogrades. Elles ont payé chèrement leur liberté et tiennent l’avenir de la Tunisie entre leurs mains. Elles n’accepteront pas de revenir un demi-siècle en arrière.

Source : « Slate.fr » Le 23-01-2011

Des membres de la famille Ben Ali arrivent au Canada


 

Des membres de la famille du président tunisien déchu Ben Ali sont arrivés vendredi à Montréal, selon une source  gouvernementale à Ottawa, alors que le Canada a indiqué officiellement que les proches de l’ancien président tunisien «n’étaient pas les bienvenus». 

La source gouvernementale a confirmé sans les détails une information donnée par le Journal de Québec sur son site internet. Selon ce dernier, un des frères de la seconde épouse de Ben Ali, sa femme, leurs deux enfants et leur gouvernante ont atterri vendredi matin, à bord d’un jet privé, à l’aéroport international de Montréal-Trudeau. Le ministère de la

Citoyenneté et de l’Immigration a déclaré que «Ben Ali, les membres destitués de l’ancien régime tunisien et leurs proches n’étaient pas les bienvenus au Canada», ajoutant qu’«en raison de la législation sur la protection de la vie privée, je ne peux pas commenter un cas en particulier». Il a rappelé que les Tunisiens arrivant au Canada doivent avoir

un visa valide et qu’un tel visa n’est accordé que si l’agent canadien est convaincu que son titulaire quittera le pays à son expiration. «Etant donné que les membres de l’ancien régime tunisien ne peuvent pas retourner en Tunisie, cela serait difficile», a souligné le porte-parole. Le Journal de Québec n’a pas donné l’identité exacte de la famille, l’épouse de Ben Ali, Leila Trabelsi, ayant plusieurs frères.  Les voyageurs se seraient arrêtés dans un hôtel de l’ouest de Montréal.

Le gendre du président déchu, l’homme d’affaires Mohamed Sakhr el-Materi,  avait acheté il y a deux ans à Montréal une villa cossue dans le quartier huppé  de Westmount. Selon une enquête, la maison est actuellement  inhabitée et partiellement en travaux. Selon des médias canadiens, il aurait  revendu cette demeure il y a huit mois, mais la transaction n’aurait pas encore  été enregistrée.      Les Etats-Unis pressent la Tunisie d’adopter des réformes démocratiques Les Etats-Unis ont pressé le chef du gouvernement de transition tunisien Mohamed  Ghannouchi de mettre en place des réformes démocratiques, selon un porte-parole de la diplomatie américaine.   La secrétaire d’Etat Hillary Clinton a «encouragé la mise en place de réformes et la transition vers   une démocratie ouverte», a indiqué Philip Crowley dans un message faisant état d’un entretien téléphonique entre Mme

Clinton et M. Ghannouchi. Jeudi, les Etats-Unis avaient souhaité que la situation se stabilise en Tunisie après la chute du régime du président Zine El Abidine Ben Ali pour  organiser «des élections crédibles» au plus tard au cours de l’année. Le gouvernement de transition, dominé par des caciques de l’ancien régime, a encore fait face à d’intenses pressions samedi pour quitter le pouvoir, alors que des milliers de Tunisiens ont manifesté dans la rue, rejoints dans la contestation par le syndicat de l’Union générale des travailleurs tunisiens  (UGTT).     Frédéric Mitterrand  exprime ses «regrets» aux Tunisiens Le ministre français de la Culture, Frédéric Mitterrand, critiqué ces derniers jours ainsi que d’autres responsables  français pour sa complaisance envers le régime du président tunisien déchu Ben Ali, a présenté ses «regrets» dans une lettre publiée dimanche par un hebdomadaire tunisien. «Les Tunisiens savent que je travaille au service de la Tunisie, et notamment dans le domaine culturel, depuis trente ans.

Comme beaucoup d’autres, je l’ai fait en essayant de privilégier le dialogue avec les autorités et  souvent en allant jusqu’aux limites de ce qui était acceptable», a écrit le  ministre français, neveu de l’ancien président François Mitterrand.»Alors que le peuple tunisien est parvenu par ses seules forces à se débarrasser de la chape de plomb qui pesait sur lui, je regrette profondément que mon attitude et les expressions qu’il m’est arrivé d’utiliser aient pu offenser des gens que j’ai toujours voulu aider et que j’admire et que j’aime», a-t-il ajouté dans cette lettre publiée par l’hebdomadaire Réalités sous le titre

«Lettre de Frédéric Mitterrand au peuple tunisien». «Puissent ceux qui me connaissent bien et savent ce que j’ai accompli  réellement me comprendre et accepter mes regrets», a-t-il ajouté, assurant partager «totalement l’enthousiasme pour l’avènement de la liberté et l’espoir en la démocratie» en Tunisie.

Frédéric Mitterrand avait reconnu jeudi avoir obtenu la nationalité tunisienne dans les années 90, après l’organisation d’une année de la Tunisie en France, une série de manifestations culturelles.

Source: ”Le Temps d’Algerie” Le 23-01-2011

Marzouki veut une nouvelle Constitution


 

L’opposant tunisien veut suspendre la Constitution actuelle pour en rédiger une nouvelle totalement démocratique.

Le Congrès pour la République, le parti de l’opposant tunisien Moncef Marzouki, a réclamé samedi 22 janvier la création d’un Conseil national chargé de rédiger une nouvelle Constitution, ainsi que la démission du gouvernement de transition. « Ce que nous demandons est très simple: la situation exige la suspension de la Constitution et de toutes les lois tyranniques », a expliqué Abdelwahab Mâattar, vice-président du CPR,  

Elaborer une nouvelle constitution

Le président de transition, Foued Mebazaa « pourrait facilement former un comité indépendant, qui aura pour seule mission la mise en place d’une loi pour l’élection d’un Conseil national chargé de rédiger une nouvelle Constitution », a-t-il ajouté.Ce conseil devra rassembler des personnalités « issues de toutes les sensibilités politiques », et pourrait former un gouvernement de transition qui aura pour mission de gérer les affaires du pays en attendant la mise en place de la nouvelle Constitution, selon lui.

Le Premier ministre doit « rentrer chez lui »

Le CPR exige aussi la démission du gouvernement d’union nationale, dominé par les caciques de l’ancien régime. Issu de la gauche laïque, opposant historique au régime du président déchu Zine El Abidine Ben Ali, Moncef Marzouki, rentré d’exil en France mardi, a appelé de son côté le Premier ministre Mohammed Ghannouchi, chef du gouvernement de Ben Ali pendant onze ans, à « rentrer chez lui ». « Il représente un facteur d’instabilité« , a-t-il souligné, faisant référence aux milliers de personnes qui descendent quotidiennement dans la rue en Tunisie pour demander la démission du gouvernement de transition, où des membres de l’équipe de Ben Ali occupent tous les postes clés et notamment les portefeuilles de l’Intérieur, la Défense, des Affaires étrangères et des Finances.

Le premier candidat déclaré

Moncef Marzouki a aussi qualifié de « suicide politique » l’entrée de deux chefs de parti d’opposition dans ce gouvernement de transition. Moncef Marzouki avait été le premier candidat déclaré à l’élection présidentielle qui doit se tenir dans les prochains mois en Tunisie. Mais il a expliqué qu’il ne maintenait sa candidature que si un nouveau gouvernement était formé et une nouvelle Constitution adoptée. Ancien président de la Ligue tunisienne des droits de l’homme, Moncef Marzouki, âgé de 65 ans, a créé le Congrès pour la République en 2001. Il avait été condamné à un an de prison en 2000.

« Cette révolution n’est pas exportable »

L’opposant historique a affirmé également que les Tunisiens n’avaient pas l’intention « d’exporter » leur révolution populaire, une première dans le monde arabe où le soulèvement tunisien a d’importantes répercussions sociales et politiques. « Nous avons fait une révolution démocratique et pacifique en Tunisie. Nous ne voulons l’exporter nulle part », a-t-il déclaré. « Nous n’avons aucune prétention pour dire que c’est à exporter. Nous ne représentons aucun danger pour aucun pays ou aucun peuple », a-t-il ajouté, alors que certains régimes arabes semblent craindre un effet domino.

« Chaque pays gère ses affaire selon ses spécificités, nous ne voulons pas de problème avec les autres pays, et surtout avec nos voisins. Nous voulons avoir de bonnes relations avec les autres pays », a souligné l’opposant. En Algérie, en Egypte et en Mauritanie, des individus se sont récemment immolés par le feu, reproduisant de manière spectaculaire le geste du jeune Tunisien qui avait déclenché la « révolution du jasmin » mi-décembre.

Moncef Marzouki a cependant demandé à l’Arabie Saoudite de livrer à la justice tunisienne le président déchu Zine El Abidine Ben Ali, qui a fui le 14 janvier dans ce pays, après un mois de soulèvement populaire sans précédent. « Que les Saoudiens prennent garde, Ben Ali est capable de leur voler la Kaaba« , a-t-il ironisé en allusion à la construction sacrée cubique noire au centre de la grande mosquée de La Mecque, autour de laquelle tournent les pèlerins musulmans.

Source : « Le Nouvel Observateur » Le 23-01-2011

La colère des Tunisiens ne faiblit pas malgré les signes d’ouverture du pouvoir


 

Le Premier ministre multiplie les promesses pour tenter d’apaiser la rue qui craint de se faire confisquer sa révolte par un gouvernement encore dominé par les anciens ministres de Ben Ali, le président déchu

Déterminés et impatients. Depuis la fuite le 14 janvier du président Ben Ali après 23 ans de pouvoir sans partage, les Tunisiens veulent accélérer la manœuvre et aller jusqu’au bout de la « révolution du jasmin ». Et ce, malgré les signes d’ouverture donnés par le gouvernement de transition et la promesse du Premier ministre de quitter la scène politique après la tenue d’élections présidentielle et législatives prévues dans six mois au plus tard. Mohammed Ghannouchi, 70 ans, qui a été pendant 12 ans Premier ministre dans le gouvernement du président déchu, a également annoncé que « toutes les lois anti-démocratiques » seraient abrogées. Il s’est engagé à préserver le statut de la femme qui interdit la polygamie, la gratuité de l’enseignement et l’accès à la santé. Il a enfin promis que les victimes des troubles et leurs familles seraient indemnisées et que les entreprises ayant subi des dégâts seraient dédommagées. Mais hier, des milliers de Tunisiens ont de nouveau manifesté à Tunis et dans le reste du pays pour appeler le nouveau gouvernement à se débarrasser des ministres de l’ancien régime. Et des centaines d’habitants du centre-ouest de la Tunisie, d’où est partie la révolution, ont entamé une marche sur la capitale afin d’obtenir la dissolution du gouvernement. La « Caravane de la libération » compte arriver à Tunis dans « quatre ou cinq jours » et rallier un maximum de marcheurs. Le syndicat tunisien des enseignants du primaire appelle, lui, à une grève illimitée dès la rentrée prévue demain. Hier, les défilés qui ont eu lieu dans un joyeux désordre ont aussi souvent pris un tour social pour une amélioration des conditions de travail et des augmentations de salaires. De nombreux policiers, en civil ou en uniforme mais se disant « Tunisiens comme les autres », ont défilé pour réclamer un syndicat et aussi de meilleures conditions de travail.Ils veulent également se faire pardonner de la sanglante répression qui a fait au moins cent morts. Rached Ghannouchi, le leader du mouvement islamiste tunisien Ennahdha, en exil à Londres et concerné par une prochaine amnistie, dit espérer retourner « très bientôt » en Tunisie, dans un entretien à l’hebdomadaire allemand « Der Spiegel ». « Nous ne voulons pas d’un régime à parti unique, quel qu’il soit, ni instaurer la charia (loi islamique, ndlr). Ce dont la Tunisie a besoin aujourd’hui, c’est de liberté et (…) d’une véritable démocratie », a-t-il déclaré.« Je suis stupéfaite de voir qu’à l’extérieur de la Tunisie, et notamment en France, le leader du parti Ennahda se présente comme un modéré (…) et comme une possible alternative, à l’image de la Turquie », infirmait vendredi Sihem Habchi, présidente de l’association française « Ni putes, ni soumises » mettant en garde contre le retour des islamistes en Tunisie.

Source: ”Le Progres” Le 23-01-2011

Tunisie : la classe moyenne va devoir payer le prix de la révolution


 

Les déséquilibres sociaux et régionaux sont deux des causes principales de la récente révolution de Tunisie. Aussi la question de la politique sociale et économique du gouvernement qui émergera de ce mouvement est essentielle.

Actuellement, beaucoup de personnes et de commentaires sont focalisés sur la fortune du clan Ben Ali-Trabelsi. Si cette question est importante du point de vue moral et démocratique, elle l’est, malheureusement, beaucoup moins sous l’angle économique.

Il est clair que les biens et participations de ces prédateurs doivent être confisqués. L’Etat tunisien peut choisir de les conserver (mais a-t-on jamais vu un Etat bon gestionnaire ? ) ou de les vendre (mais les recettes procurées ne seront pas récurrentes).

Une politique de redistribution s’impose

Une autre possibilité est d’utiliser la solution qu’emploient la Norvège ou le Brésil avec leurs recettes pétrolières : créer un fonds durable avec une gestion indépendante et transparente dont les revenus annuels servent à financer des dépenses sociales ou de développement.

Quoiqu’il advienne, les montants ramenés à 12 millions de Tunisiens ne seront pas extraordinaires. Une politique socio-économique ne peut se baser exclusivement sur cet indispensable point de justice démocratique.

Pour atténuer les déséquilibres de la Tunisie, une politique de redistribution s’impose. Or, aujourd’hui les rentrées fiscales et sociales de l’Etat tunisien sont faibles :

  • imposition indirecte réduite et mal recouverte ;
  • impôts directs et cotisations sociales réduits.

Une forte taxation des riches Tunisiens se justifie probablement pour des motifs moraux et politiques mais sera peu efficace économiquement. Les très riches sont peu nombreux et donc, même très taxés, ils ne pourront seuls financer la redistribution.

C’est la classe moyenne qui va devoir payer

La solution réside dans une véritable taxation de la classe moyenne à l’instar de ce qui se pratique dans l’Europe « rhénane ».

Cela devrait très rapidement poser un problème politique aigu : si la révolution a débuté dans les classes populaires des régions déshéritées, c’est la classe moyenne des grandes villes qui a conclu le mouvement.

Si cette classe moyenne, actuellement peu imposée, a obtenu les libertés civiles, elle risque rapidement d’y gagner aussi des prélèvements. L’accès à YouTube peut-il se payer en cotisations sociales ? Si la réponse est non, c’est le soulèvement des personnes de Sidi Bouzid qui aura été vain.

Source : « Rue89 » le 23-01-2009

Lien :http://www.rue89.com/2011/01/23/tunisie-la-classe-moyenne-va-devoir-payer-le-prix-de-la-revolution-186968

En Tunisie, la presse fait aussi sa révolution


 

Censure et auto-censure avaient fait des médias tunisiens les champions toutes catégorie de la langue de bois. Les journalistes réapprennent le métier d’informer.

En juin 2009, un peu avant l’élection présidentielle, Neji Bghouri avait commis un crime de lèse-majesté. Elu quelques mois plus tôt à la tête du syndicat national des journalistes tunisiens, il avait publié un communiqué affichant la neutralité du syndicat vis-à-vis des candidats. Le chef de l’Etat n’avait pas supporté, et le pouvoir avait fomenté un putsch, en s’appuyant sur une partie de la profession, pour le remplacer. Aujourd’hui, il a retrouvé son fauteuil ainsi que son bureau au quotidien Essahafa

« Toute la presse était sous le contrôle direct du pouvoir, sauf les journaux des partis d’opposition. Abdallah Abdelwahab (conseiller politique du président Ben Ali, ndlr) appelait directement les directeurs de rédaction et les rédacteurs en chef pour leur dire ce qu’il fallait couvrir, les sujets à éviter, ce qui devait faire l’objet de l’édito du jour et sous quel angle. Souvent d’ailleurs, d’un journal à l’autre, on retrouvait quasiment le même édito. Seule la signature changeait. » 

Résultat: une presse écrite dans une inénarrable langue de bois où il n’était question que de « la vision avant-gardiste » ou de la « sollicitude » du grand leader. Jusqu’au bout, comme en témoigne l’éditorial de La Presse de Tunisie du 14 janvier. La veille,Ben Ali avait promis de s’en aller en 2014, espérant ainsi stopper une révolution qui ne pouvait plus l’être. « Ben Ali a fait une nouvelle entrée triomphale dans l’Histoire, inscrivant en lettres d’or les traits distinctifs d’un modèle sociétal qui a toujours su faire face aux plus dures épreuves auxquelles il a eu à se confronter et qui n’a adhéré à nulle démarche qui veuille fragiliser ses fondements éthiques et patriotiques ». 

Le 15 janvier, la rédaction est en ébullition. Le directeur Mansour M’henni, auteur de cet ultime éditorial à la gloire du despote, est destitué par la rédaction. Une sanction qu’il accepte avec fatalisme. La plupart des rédacteurs en chefs et chefs de service sont également mis à l’écart. Un comité de rédaction est élu par les journalistes. Lotfi Ben Sassi devient l’un des principaux animateurs de cette rédaction qui se cherche. 

Cela fait onze ans que son dessin figure sur la Une du journal. Onze années pendant lesquelles il a avalé bien des couleuvres mais affirme aussi s’être battu, en faisant et refaisant ses dessins, pour chaque fois aller jusqu’à la limite de ce qui était possible. Aujourd’hui, il est de ceux qui veulent faire bouger les choses. « Si nous n’avions pas pris le pouvoir le risque était que le journal continue de faire de la brosse à reluire. Quitte à cirer les pompes des nouveaux venus ». 

Retournements de veste

Reste qu’il n’est pas si facile d’avoir un regard critique, ou même seulement distancié, quand on n’a pas été formé pour cela. Il y a aussi les retournements de veste, nombreux dans les rédactions. Certains passent très mal: ceux des journalistes sur lesquels le pouvoir s’était appuyé pour saborder la direction du syndicat. Ces thuriféraires zélés de l’ancien régime devraient être écartés, pour quelque temps au moins. « La profession essaye de retrouver ses marques », dit Redha Kefi, vieux routier de la presse et directeur du journal en ligne Kapitalis. « Cela n’est pas facile. Il y a un manque de professionnalisme, des maladresses. Les jeunes ne demandent qu’à apprendre, mais ils sont encadrés par des ronds de cuir. »  

Le pouvoir est-il vraiment décidé à laisser carte blanche aux journalistes? Symboliquement, le ministère de la communication a été supprimé. Officiellement donc, personne n’est habilité à intervenir. Un air de liberté flotte en effet sur l’ensemble des médias. Les chaînes de télévision ont ouvert depuis la mi-janvier leurs antennes à de multiples intervenants, représentants de la société civile ou des partis d’opposition, anciens prisonniers politiques ou blogueurs. Quelques opposants  » historiques », habitués des studios d’ Al Jazira et des chaînes de télévision françaises, s’étonnent cependant d’être encore snobés par la chaîne publique TV7. Bêtes noires de l’ex-chef de l’Etat, ils auraient, selon certaines rumeurs, été écartés à la demande de Moncer Rouissi, un ancien conseiller de Ben Ali devenu l’un des hommes forts du gouvernement de transition. Les vieux réflexes ont parfois la vie dure. 

Source : « l’express.fr » Le 23-01-2011

Tunisie, il faut rompre avec les symboles de l’ancien régime


Abdessater Mabkhout, économiste, affirme que la situation économique du pays n’est pas alarmante. Il appelle à rétablir l’ordre et la confiance au niveau du peuple, à mener des actions pompiers,  à rompre définitivement avec les symboles de l’ancien régime, et à assurer une gestion de transition sans douleur.

Interview.   Comment se porte l’économie tunisienne. Jusqu’à quelle mesure, elle a-t-elle été touchée par les derniers événements? Si je réponds à votre question, il m’appartient d’affirmer que la situation économique du pays n’est pas alarmante. Ce ne sont pas les quelques dégâts matériels subis au niveau de certains locaux administratifs (postes de police, locaux du RCD, etc.), symboles de l’arme de guerre de l’ancien régime, contre les citoyens qui vont déstabiliser le pays. Les attaques menées par certaines parties ayant personnellement et profondément souffert des abus de l’ancienne dictature demeurent notoirement insignifiantes, et ce comparativement aux pillages orchestrés par la famille de Ben Ali avant le 17 décembre 2010 (date où Mohamed Bouazizi) s’est immolé par le feu) et par les milices du parti et de la garde présidentielle après la chute du régime. Il faut cesser de faire peur aux citoyens, aux investisseurs et au large public. Notre pays n’a pas vécu une guerre civile, les coups de feu contre la population provenaient d’une bande de policiers qui exerçaient sous l’autorité du régime. Le ministre de l’Intérieur a chiffré les dégâts à 3 milliards de dinars ? Je ne pense pas qu’il y ait des statistiques fiables vérifiables et auditables sur l’ampleur des dégâts. De part ma formation d’auditeur, je n’accepte aucune donnée chiffrée qu’après un inventaire exhaustif et certifié par des personnes indépendantes et compétentes. Certains voient dans les manifestations qui ont tendance à se multiplier ces derniers jours, un risque d’instabilité ? La Tunisie doit apprendre dorénavant à cohabiter avec les manifestations dans la rue « signe positif d’une démocratie naissante », et les grèves initialement annoncées et initiées par les syndicats. On peut valablement travailler toute la journée et librement manifester son désaccord avec le gouvernement, en dehors des horaires de travail.A mon avis, sans ces manifestations, on aurait volé tous les attributs d’une révolution populaire et spontanée. Une stabilité orchestrée par le parti au pouvoir et posant une démarche policière est certainement non génératrice de croissance et encore moins de visibilité pour l’avenir. La corruption observée dans l’économie tunisienne ces dernières années s’est traduite, selon les estimations des instances financières mondiales, par un manque à gagner en termes de croissance de 2 à 3 points. Alors que la démocratie est un véritable accélérateur de développement et la meilleure attractivité durable des Investissements directs étrangers (IDE). Quels sont les mécanismes à mettre en place pour préserver notre économie de la corruption qui l’a carrément gangrénée ? Oui absolument, la corruption est un fléau mondial dont la Tunisie ne saurait s’exonérer sans une vigilance et une fermeté de la part des contrôleurs de tous bords. Ces derniers gagnent à être à la fois indépendants, protégés et bien rémunérés. Leurs activités devraient faire l’objet d’actions d’audit indépendant, inopiné, et professionnel. Les sanctions doivent être exemplaires, tout en s’appuyant sur un concept d’universalité : pas de personnes protégées, pas d’organes exclus, et pas d’activités privilégiées. Cette approche de la question est de nature à donner à la Tunisie l’image d’un pays parfaitement transparent, eu égard aux usages communément admis de part le monde. Cette mesure et tant d’autres sont des conditions fondamentales pour tout développement économique dans un marché global. Sans l’instauration de règles d’éthique, il n’y aura ni bonne gouvernance, ni gestion des risques, ni rentabilité, ni création de valeurs durables pour le large public. La confiance des opérateurs tunisiens et étrangers dans le marché passe inévitablement par l’observation religieuse de ces préoccupations d’éthique. Qu’il y ait crise ou pas, chômage ou pas, le strict respect des règles d’éthique est le garant du développement économique, social, sociétal d’un peuple, d’un pays ou d’une région. Quelles sont les mesures urgentes à mettre en place pour amorcer la reprise de l’économie ? Il faut commencer par auditer les indicateurs du passé. Au cours de ces dernières années, la Tunisie a séduit les organismes de scoring, dont les agences de notation, en masquant la réalité. Exemple : on na toujours parlé d’un système bancaire performant. On a tout simplement pris des dispositions qui sont d’apparence cohérentes avec les conventions internationales telles que les normes de Bâle II et autres, on était considéré comme le bon élève des places financières, des bailleurs de fonds tels que le FMI et la Banque mondiale. On a adopté des textes contre le blanchiment, la corruption, un code de l’enfance…de manière à ce que l’on soit perçu d’une manière positive par rapport à la grille de scoring et de notation. Le bilan des banques ne reflète pas la réalité des créances douteuses. En manipulant les comptes avec la bénédiction de la BCT, on orchestrait une fausse note positive sur le système bancaire tunisien. C’est ce qu’a fait l’UIB. Lorsque la Société Générale est arrivée, elle a dégagé la première année  des déficits, on lui a forcé la main pour ne pas les rendre publics. Les banques étrangères en Tunisie étaient obligées d’appliquer les normes locales, et non les normes internationales pour embellir l’image et pour que nous soyons bien perçus par les évaluateurs extérieurs. C’est valable pour tous les domaines, tout était masqué. Or, si on avait épousé les bonnes pratiques de gouvernance politiques et économiques, et les standards de transparence, on aurait implémenté une croissance performante. Nos partenaires européens avaient un problème politico-économique ; car ils voulaient un pays anti-islamiste et stable au détriment de la démocratie. On acceptait un gouvernement dictatorial et corrompu, rempart contre l’islamisme. Qu’en est-il des actions urgentes à mener pour remettre l’économie en marche ? S’il y a un problème, il faut comptabiliser à partir du 14 janvier, avec des vrais chiffres. On n’est pas dans une situation catastrophique. Il y a certains alliés du système Ben Ali qui veulent faire peur aux Tunisiens, et mettre en doute la légitimité de cette révolution. Reste qu’il y a des entités qui ont été agressées, et l’ont été généralement par les milices qui ont tout brûlé, et qu’il faudrait faire redémarrer. Ces entités appartiennent aux familles  de façon ou d’une autre, et on ne va pas s’apitoyer sur leur sort. Je demande, néanmoins, à l’Etat de confisquer les anciens biens de la famille et de commencer à les administrer quitte à investir, via les banques, le 26/26, pour les remettre en marche. Tous les biens doivent être repris et gérés par l’Etat, qui doit assumer toutes ses responsabilités en payant les salaires..Pour les autres entités qui ont été brûlées et agressées, les entreprises doivent assumer leurs obligations et responsabilités, le groupe Mabrouk propriétaire de Géant a annoncé qu’il va payer les salaires. Pour les petites affaires, TPE (très petites entreprises) qui ont été malmenées, il faudrait que la banque de solidarité ou la banque PME/PMI fournissent des lignes de crédit pour faire redémarrer ces entreprises. S’agissant des ouvriers, travailleurs de chantiers, je propose à l’Etat, à travers le fonds 26/26, de leur offrir une indemnité exceptionnelle l’équivalent du salaire du mois de janvier. Je propose aussi de lancer des fonds de collecte à gérer localement en vue du redémarrage des activités utilitaires dans les régions comme la poste, et encourager les formes de solidarité locale. Cela suppose des pré-requis dont la formation d’un gouvernement de salut national composé d’un nombre réduit, de 10 personnalités indépendantes, présidé par exemple par Mustapha Kamel Nabli, connu pour son intégrité, sa compétence et son rayonnement international. Vous pensez que le politique et l’économique sont intimement liés ? On ne pourra jamais parler de bonne gouvernance économique, sans une bonne gouvernance politique et ce, par des actions à lancer immédiatement. Il y a un problème profond de méfiance entre le peuple et les gouvernants actuels du gouvernement d’union nationale pour l’appartenance à l’ère de Ben Ali. Mais une rupture totale avec le passé ne risque-t-elle pas de créer un vide dans les instances du pouvoir, dans la mesure où on va confier le pouvoir à des gens qui s’en sont écartés depuis des années ? Ma conviction est que les ministres les plus puissants au monde, ce ne sont pas eux qui gouvernent les rouages importants dans les départements : enseignement, commerce, tourisme, économie, transport, santé, etc. Un ministre ne gère aucunement les constantes opérationnelles, exécutives, etc., il pilote les grandes orientations stratégiques et il montre le cap. Je vais être plus précis, est-ce que le ministre de l’Intérieur maîtrise mieux les rouages de la police qu’un ministre indépendant accepté par la population. Indépendamment de son intégrité et de ses compétences intrinsèques, est-ce que Monsieur Ridha Chalghoum, ministre des Finances, peut être perçu par le peuple comme une personnalité totalement distancée par rapport au système de pillage à grande échelle et à ciel ouvert usité par la famille royale. Il ne s’agit pas d’une question d’intégrité, ou de compétence. Nous vivons un moment où l’émotionnel prime. Nous avons besoin d’une véritable approche de gestion du changement. Il faut rétablir l’ordre et la confiance au niveau du peuple, rompre définitivement avec les symboles de l’ancien régime, assurer une gestion de transition sans douleur, lancer des signaux quant à la maîtrise des pays à nos partenaires étrangers. Il faut se donner des moyens pour favoriser une instauration efficiente de toutes les commissions techniques annoncées par le Premier ministre. Il faut de nouvelles personnes : les avantages d’intégrer des personnes ô combien connues comme indépendantes permet de stabiliser la rue et de créer des conditions de sérénité dans le pays. Cela est de nature à favoriser une mainmise sur les dispositifs administratifs de l’Etat : archives, documents et toutes les traces, faire l’inventaire des actifs, cela est un pré-requis pour mener des actions-pompiers. Il faut mettre en place les conditions de  construction de la nouvelle République, assurer la transition démocratique, asseoir un Etat de droit et des institutions, une justice libre, ce qui est de nature à rassurer les investisseurs étrangers et locaux. Il n’y aura pas une gouvernance économique performante, sans une gouvernance politique transparente et démocratique. Il faudrait de l’apaisement via le choix des dirigeants et les modes modernes de communication. Il faudrait se tourner vers la jeunesse, qui est parfaitement méconnue par nos décideurs à tous les niveaux. Par ailleurs, il faut procéder à un changement significatif dans le dispositif de gouvernance, dans le profil des gouvernants dans le but de favoriser une parfaite communication verticale et transversale indispensable. Il faut aussi donner à la presse publique : TV, journaux, un coup de jeune en réconciliant les citoyens avec les médias locaux.La politique et ses mécanismes doivent être au service du citoyen et du contribuable. Les politiques sont comptables du résultat de leurs activités économiques et sociales dans la transparence totale.

Source: ”GlobalNet” Le 23-01-2011

1er Cyber Révolution, La Tunisie; à qui le tour ?


 

La censure était au cœur du régime Ben Ali. Internet fut donc la riposte du peuple. Fondé en 1998, par quelques jeunes cherchant juste à se marrer, Takriz s’est vite transformé en relais des critiques et des infos censurées. Jusqu’à un million de visiteurs par jour ! Interdit et fermé en 2000, le groupe contourna le blocage grâce à ses hackers performants. Durant la révolte de décembre, Takriz a joué un rôle décisif de véritable agence alternative d’information. Cette première cyber-révolution confirme l’importance décisive de l’info indépendante de toute pression politique et économique, qui est au cœur de la démarche d’Investig’Action. Pourquoi la France a-t-elle traîné à réagir face à ce qui se passait en Tunisie ? Pire, pourquoi la ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, a-t-elle proposé son secours au dictateur qui faisait tirer sur la foule ?

Un silence assourdissant. La répression de larévolte populaire qui secoue la Tunisie a causé, en moins d’un mois, la mort d’une soixantaine de manifestants. Mais de l’autre côté de la Méditerranée, son ancien « Protecteur » regarde ailleurs : le gouvernement français n’a toujours pas émis de condamnation à propos des violences policières. Même apathie pour l’ensemble des principales personnalités politiques, médiatiques ou culturelles, si promptes d’ordinaire à déplorer les atteintes faites aux droits de l’homme. Surnommé le « clan des Tunisiens », un groupe d’individus se distingue par sa loyauté indéfectible envers le régime tunisien : parmi eux, c’est le cas notamment du ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, qui a contesté dimanche la dénomination de « dictature » à l’encontre du pays, ou de celui de l’Agriculture, le villepiniste Bruno Le Maire, qui a déclaré mardi ne pas vouloir « juger de l’extérieur, comme ça, un gouvernement étranger » . Une pondération curieusement absente quand il s’agit de condamner l’Iran ou la Côte-d’Ivoire pour leurs manquements démocratiques. Hier, le Premier ministre François Fillon s’est contenté quant à lui, en guise de protestation minimaliste, de déplorer « l’utilisation disproportionnée de la violence ».

Plus grave encore est le cas Michèle Alliot-Marie : la nouvelle ministre des Affaires étrangères, coutumière des séjours privés à Djerba, a fait savoir aux parlementaires la disponibilité de la France pour porter secours….aux autorités tunisiennes et algériennes dans leur gestion « pseudo-sécuritaire » des émeutes. L’envoi de soldats pour assassiné des afamé de démocratie.

Source : « Le Post » Le 23-01-2011

Une commission enquetera sur les forces de securete en Tunisie


 

Une commission indépendante mise en place par le gouvernement transitoire tunisien a promis samedi d’enquêter sur le rôle des forces de sécurité dans les violences qui ont fait des dizaines de morts pendant la « Révolution de jasmin ».

Le chiffre officiel du gouvernement, donné par le ministre de l’Intérieur Ahmed Friaa, est de 78 morts. La commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Navi Pillay, a déclaré que 117 personnes avaient péri dont 70 tuées par balles.

« Nous demanderons: qui a donné la permission d’ouvrir le feu? », a déclaré le président de la commission d’enquête, Taoufik Bouderbala.

« Nous avons constaté dans certains cas que des tirs étaient dirigés vers la tête ou la poitrine (…). Nous chercherons pour quelle raison ceux qui tenaient des fusils ou des couteaux ont frappé ceux qui réclamaient à mains nues du pain et la liberté », a-t-il ajouté.

Pendant le soulèvement qui a conduit le 14 janvier à la fuite du président Zine Ben Ali après 23 ans de pouvoir sans partage, les forces de sécurité ont tiré sur la foule ou frappé des manifestants à coups de bâton, selon des témoins.

Les manifestations se poursuivent dans le pays, mais sans violences majeures, pour réclamer le départ du nouveau gouvernement transitoire, dirigé par Mohammed Ghannouchi, jugé trop proche de l’ancien pouvoir.

Plusieurs milliers de policiers se sont joints samedi aux manifestants aux cris de « nous sommes innocents du sang des martyrs » lors d’un rassemblement de soutien à la révolte.

Yadh Ben Achour, qui dirige une commission chargée de mener des réformes politiques, a déclaré qu’une révision des lois, y compris les lois électorales, serait indispensable afin de démocratiser le pays.

« Ce régime ne régnait pas à travers des individus mais à travers des lois qu’il utilisait pour assassiner les droits », a-t-il déclaré. « La loi était mise au service de la tyrannie. »

Le président de la commission d’enquête contre la corruption, « qui infiltrait l’Etat tunisien et des pans importants de la société », a quant à lui exhorté les Tunisiens à ne pas détruire les documents de l’ancien régime afin de faciliter les investigations.

De nombreux Tunisiens doutent que ces trois commissions pourront travailler en toute indépendance ou qu’elles parviendront à récupérer les avoirs de Ben Ali et sa famille.

Source : « Le Nouvel observateur » Le 23-01-2011

Soutien parisien à la Tunisie, entre joie et scepticisme


 

Ils étaient un peu plus d’une centaine ce jeudi 20 janvier, massés près de la fontaine des innocents, dans le quartier des Halles. Venus exprimer leur solidarité avec la révolution, ils apparaissaient partagés, entre l’allégresse après la chute de Ben Ali et la déception née de l’attitude des autorités françaises.

Peu après 18h, ils ne sont encore qu’une petite poignée à avoir répondu présent à l’appel du collectif de solidarité avec les Luttes des habitants de Sidi Bouzid-Tunisie. Mais déjà, les banderoles, sur lesquelles s’étalent des slogans  inscrits en français et en arabe, se déploient, et les drapeaux du PS, du NPA et du front de gauche s’agitent. La nuit est à peine tombée. En quelques minutes, les petits groupes se forment, et la foule se fait plus dense. Les plus motivés sont juchés sur les marches, autour des bannières.

Djalil a 24 ans. Lorsque je lui demande de me traduire le message inscrit sur l’une d’entre elles, il se concentre, puis m’explique : « Ca veut dire résistance populaire et démocratie arrivent du peuple, et maintenant, pas dans six mois ». D’une voix ferme, il m’explique les raisons de sa présence. « Je suis ici pour soutenir le peuple tunisien. Moi je suis Tunisien, j’ai grandi là-bas et je sais ce que c’est que la dictature, je connais la situation dans laquelle étaient les jeunes », témoigne-t-il.

« Nettoyer, ca va prendre du temps »

L’hymne national tunisien, repris en coeur par la foule, couvre sa voix. Cigarette à la main, il poursuit, imperturbable : « Il faut nettoyer le pays, en commençant par le RCD, (Le Rassemblement constitutionnel démocratique, le parti du président déchu Zine El Abidine Ben Ali ndlr), et ceux qui étaient avec la dictature et qui ont profité de ce pouvoir, c’est pour ca que je suis ici ». Plus la conversation avance, plus je sens la colère pointer dans sa voix. « Les Tunisiens ont besoin d’un nouveau gouvernement qui vienne du peuple parce qu’ils ont galéré là-bas. Bouguiba il venait du peuple, mais Ben Ali c’est un dictateur sans pitié. Quand on lui a dit que quelqu’un était brulé à Sidi Bouzid, il s’en foutait », s’insurge t-il.

Pourtant, l’optimisme l’emporte lorsque je lui demande de quelle manière il envisage la suite des événements. « Cela va passer, je fais confiance au peuple tunisien. C’est un peuple cultivé. Les gens qui ont 25 ou 30 ans ont fait des études, au minimum ils ont le bac. Sur internet, dans les médias, ils font des groupes et savent comment ca se passe, comment gérer la situation. Nettoyer, ca va prendre du temps mais je fais confiance à mon peuple », conclut-il.

« J’ai été vraiment déçue »

La confiance envers la France, elle, semble rompue. Alors que, dans une ambiance festive, les slogans retentissent indéfiniment, Karim se montre dubitatif lorsque je mets le sujet sur la table. « Je ne suis pas convaincu de la France, ils n’ont rien fait, ils n’ont jamais rien fait et maintenant ce qu’ils essayent de faire ne sert a rien. Il vaut mieux arrêter tout de suite et laisser le peuple tunisien gérer tout ça », me dit l’étudiant d’origine tunisienne. Son amie Sofia, 20 ans et étudiante en deuxième année de BTS, confirme : « Le silence français a montré qu’ils n’étaient pas solidaires de notre nation ». Sonia, sa soeur, se montre plus catégorique : « Je pense que la France a soutenu depuis des années et jusqu’à aujourd’hui cette dictature. J’ai été vraiment déçue ».

Même son de cloche du côté des militants. « C’était un chassé croisé, on sent que c’est un peu n’importe quoi, avec MAM qui est prête àenvoyer du matériel, qui reste bizarrement bloqué à la douane…Tant mieux pour les manifestants en Tunisie. On voit bien que le gouvernement ne sais pas ce qu’il fait ni comment apprécier correctement la situation », déplore Alexander, militant socialiste fermement agrippé à son drapeau.

Si certains ont pu interpréter l’attitude de Ségolène Royal, qui a proposé sa présence en tant que garantie lors de l’organisation des élections à venir, comme un geste maladroit, ce n’est pas son avis. « Toute initiative pour assoir la démocratie est bonne, que ce soit Ségolène Royal ou un autre dirigeant du PS ou de gauche, toute personne qui veut apporter sa contribution est la bienvenue. C’est une bonne démarche, qui va dans le bon sens à mes yeux », m’affirme-t-il.

« RCD dégage ! Dégage ! Dégage… »

Ici, tout le monde est d’accord sur l’urgence de voir s’instaurer la démocratie, sur la nécessité d’un régime stable. « J’espère que ca va bien se terminer, que ma nation va devenir une démocratie », me répète plusieurs fois Sophia. Mais le retour au calme apparaît comme une priorité absolue. « Je voudrais que tout revienne à la normale pour les habitants, c’est super important parce qu’ils ont quand même vécu un trouble. Moi je parle avec ma famille et je vois dans quel état ils étaient pendant ces moments-là, ils étaient vraiment terrifiés, encore maintenant. D’ailleurs, il y a toujours le couvre-feu. Ils n’ont pas tout à fait repris une vie normale » témoigne Sophia. « Ils ont vraiment subit une semaine de terreur« , atteste Sonia. En fond sonore, les slogans tournent en boucle : « RCD dégage ! Dégage ! Dégage… ».

Source : « Le Nouvel Observateur » Le 23-01-2011

Révolte populaire contre le pouvoir en Tunisie


 

Alors que les analystes de tout bord sont nombreux à prévoir un fort probable embrasement dans le monde arabe d’une manière générale après la chute du régime de Ben Ali, les États-Unis doutent que cette révolte populaire se reproduise dans la région.

Les États-Unis, qui ont toutes les cartes en main concernant le monde arabe, auquel ils accordent une importance particulière non seulement en raison de ses immenses richesses en hydrocarbures, mais surtout aussi à cause du conflit israélo-arabe, ne partagent pas les avis des experts, qui s’attendaient à un effet domino de l’insurrection du peuple tunisien dans cette partie du monde. Il ne fait aucun doute que la conclusion de Washington repose sur des éléments sérieux et sur les derniers développements dans la région, où la “Révolution des jasmins” a été examinée avec beaucoup d’attention dans plusieurs pays arabes, où elle a inspiré des manifestations sociales et des revendications politiques. À partir de là, le département d’État américain a émis, vendredi, de sérieux doutes sur la possibilité de voir la révolte populaire, qui a fait tomber le régime du président tunisien Ben Ali, se répéter dans la région, malgré des traits communs entre les sociétés arabes. Il estime qu’une contagion régionale est écartée. Ce qui ressort de la déclaration du porte-parole de la diplomatie américaine, Philip Crowley, qui a affirmé : “Je doute qu’il y ait forcément un effet boule de neige.” Interrogé à ce sujet par les journalistes, le responsable du département de Hillary Clinton a expliqué : “Il y a sans doute de larges tendances dans la région, depuis le Golfe jusqu’à l’Afrique du Nord, et les dirigeants doivent trouver le moyen de créer plus de possibilités économiques et politiques pour des populations qui, dans l’ensemble, sont très jeunes. Mais je doute que chaque pays suive le même chemin.” Ceci étant, Philip Crowley, qui a qualifié les évènements de Tunisie d’“histoire fascinante”, a souligné que les États-Unis souhaitaient voir se poursuivre le processus de démocratisation du pays. Dans le même ordre d’idées, il avait indiqué la veille que les États-Unis sont prêts à assister la Tunisie de “toutes les manières possibles” afin d’aboutir à la stabilité et à l’organisation d’élections “libres et inclusives”. Le porte-parole du département d’État, Philip Crowley, a précisé, lors de la rencontre à Washington avec la presse étrangère, que son pays est disposé à fournir une “assistance technique” dans la perspective de l’organisation d’élections transparentes. Rappelant que les États-Unis continuent de suivre de très près la situation en Tunisie, le responsable américain a lancé un appel à l’ensemble des parties à éviter toute forme de violence. Les États-Unis espèrent la stabilisation de la Tunisie après la chute du régime autoritaire de Zine El Abidine Ben Ali, condition essentielle, selon eux, à un processus électoral “crédible”, comme le montre encore le message de Philip Crowley sur Twitter, dans lequel il affirme que “la stabilité politique et sociale est un ingrédient essentiel d’élections crédibles, au moment où le peuple tunisien trace un avenir différent”. Ainsi, l’administration américaine, discrète pendant la plus grande partie de la crise qui a mené au départ du président déchu, avait proposé, mercredi, l’aide des États-Unis au gouvernement intérimaire afin qu’il “organise une véritable transition vers la démocratie”.

Source: “Liberte” Le 23-01-2011

LES ISLAMISTES VEULENT REVENIR DANS LE JEU POLITIQUE


Spectateurs passifs des événements dans leur pays, les islamistes tunisiens entendent profiter de la chute du régime Ben Ali pour revenir sur la scène politique, en prenant soin, à la manière des islamistes turcs au pouvoir, de ne pas effrayer une société largement laïque.

Pour la première fois depuis le début des troubles qui ont mis fin à 23 ans de dictature, ils ont participé mardi à Tunis à une manifestation qui avait à sa tête l’ex-président du mouvement islamiste Ennahda, Sadok Chourou.

Un dirigeant d’Ennahda, interdit sous le régime Ben Ali, a par ailleurs annoncé que son mouvement allait déposer une demande de légalisation, prenant ainsi aux mots le Premier ministre de transition.

«Nous ne l’avions pas fait jusqu’à présent parce que nous étions poursuivis et que nous ne pouvions pas nous réunir, mais nous comptons présenter une demande en ce sens», a déclaré Ali Laraidh, qui a passé 14 ans dans les geôles de Ben Ali, de 1990 à 2004.

Ennahda souhaite participer aus législatives

Fondé en 1981 par des intellectuels inspirés par les Frères musulmans égyptiens, Ennahda (renaissance) était toléré, y compris par le régime du président Ben Ali, arrivé au pouvoir en 1987.

Mais après les élections de 1989, auxquelles les islamistes s’étaient présentés sous une liste «indépendante» et avaient enregistré un score de 17%, ses militants ont été pourchassés et emprisonnés.

«Si la démocratie est instaurée, on sera une partie (du jeu politique) comme les autres, nous exercerons nos droits et devoirs», a souligné Ali Laraidh, réclamant une «amnistie générale» pour que les nombreux membres d’Ennahda en exil puissent rentrer au pays. À commencer par Rached Ghannouchi, le chef du parti réfugié à Londres.

Un porte-parole d’Ennahda a annoncé depuis Paris que le mouvement ne présenterait pas de candidat à la présidentielle, mais qu’il voulait participer aux législatives. Les deux élections sont prévues d’ici six mois.

«Il y a eu en Tunisie une révolution du peuple qui a revendiqué des droits sociaux et politiques. On ne veut pas avoir l’air de récupérer ce mouvement. On est disponible pour consulter tout le monde, toutes les forces politiques et de la société civile», a expliqué Houcine Jaziri.

Ce souhait de participation exprimé par les islamistes, présentés comme une menace par le régime Ben Ali pour justifier sa mainmise sécuritaire, a été accueilli avec neutralité par d’autres protagonistes tunisiens.

«Ce sont des islamistes type AKP (le parti du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan; ndlr)», assuré Mouhieddine Cherbib, membre fondateur du Comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT).

Pour lui les islamistes tunisiens ne «représentent pas grand-chose en terme de mouvement organisé» dans un pays où «il n’y a pas de terreau pour eux» et où «ils ne sont pas connus de la jeunesse».

«Dans les manifestations, les revendications, ce n’était pas pour l’islamisme mais la démocratie et la liberté», ajoute encore M. Cherbib qui admet toutefois que «certains les voient comme des modérés, d’autres comme le loup islamiste qui rode».

«En tant que militant laïque, j’ai des craintes»

Un politologue, Larbi Chaouikha, partage cette hésitation: «Du moment qu’on a décrété la démocratie, rien n’empêche leur existence en tant que parti politique reconnu», a-t-il expliqué. «Mais en tant que militant laïque, j’ai des craintes» .

«Est-ce qu’Ennahda est prêt à respecter les acquis et le Pacte national qu’il a d’ailleurs signé en 1989, c’est-à-dire le respect du droit des femmes, la séparation entre religion et politique, bref les valeurs universelles des droits de l’homme?», s’interroge-t-il.

Source: “DNA” Le 23-01-2011

Did tweeting topple Tunisia?


Now that the dust has settled, it’s clearer that Tunisia’s upheaval, like all revolutions, arose from local circumstances.

When Tunisia’s dictator, Zine al Abidine ben Ali, abruptly bowed to demonstrations against his corrupt regime and fled to Saudi Arabia after 23 years in power, a predictable wave of euphoria broke out — not only in Tunis, where citizens are still wrangling over the shape of their new government, but also in the West. Europeans and Americans were quick to label it a « Twitter revolution, » a democratic explosion fueled by Internet links that could spread like digital wildfire across the repressive wasteland of the Arab world. Except it wasn’t. Now that the dust has settled, it’s clearer that Tunisia’s upheaval, like all revolutions, arose from local circumstances that don’t foretell what will happen anywhere else. Ben Ali’s government was a family-run kleptocracy; the economy was stagnant; and most important, he had failed at a dictator’s first job: securing the loyalty of the armed forces. Next door, Algeria has corruption, unemployment and demonstrations too, but its armed forces are the core of its government and unlikely to switch sides. An old-fashioned lesson for revolutionaries: It’s nice to have Twitter, but it’s even nicer to have the army on your side.

If the Tunisian uprising does have ripple effects in other Arab countries, they won’t be either immediate or predictable. One result, for example, may be more repression in other countries, including crackdowns on access to Twitter and other Internet tools. « Opposition groups in places like Algeria, Egypt and Jordan are seeking to learn lessons from the Tunisian uprising, » said Steven A. Cook, a Middle East expert at the Council on Foreign Relations, but « the regimes in the region are also drawing lessons. » So what about all those new communications tools? Does the access ordinary citizens now have to global information and social media empower grass-roots movements in a way that’s never been seen? Yes, but that alone can’t make a revolution. « There’s no such thing as a Twitter revolution, » says Jared Cohen ofGoogle Ideas, Google’s new think tank — and that’s coming from someone who once served as Secretary of State Hillary Rodham Clinton’s principal advisor on what the State Department calls its « Internet Freedom Agenda. » In 2009, Cohen telephoned the managers of Twitter and persuaded them to delay a maintenance break so Iranian protesters — who filled the streets of Tehran at the time — wouldn’t lose their access. Cohen does think technology has a major impact on incipient revolutionary movements: « It’s an accelerant, » he said. Social media make it easier for grass-roots dissidents to find each other, identify potential leaders, share information and connect with the outside world. But in the end, he noted, « a successful revolution still requires people to go into the streets and risk their lives. » Some are even more skeptical. Evgeny Morozov, a Belarus-born scholar at the New America Foundation, has just published a book, « The Net Delusion, » that argues that the idea of promoting democracy through Internet technology may be a pipedream. For one thing, he argues, authoritarian regimes use the Internet too. They monitor e-mail and other communications to identify their enemies and send « infiltrators » into online communities to act as informers and provocateurs. « Technology — not just the Internet but also mobile phones — makes it easier to trace protesters and dissidents, » Morozov wrote on his blog last week. If an opposition movement falls short and « the dictator doesn’t fall in the end, the benefits of social mobilization afforded by the Internet are probably outweighed by its costs, i.e., the ease of tracking down dissidents. » In Russia, the Kremlin has hired a former Internet pornography czar to run its own online programs. In China, the Communist Party has deployed thousands of hired bloggers to flood the Internet with pro-regime sentiments. In Egypt, officials appear to be emulating the Chinese model, which allows massive Internet use, only under constant government surveillance. As for U.S. efforts to promote Internet freedom, Morozov says, that too can cause harm. In one case, he notes, the State Department sponsored a software fix called « Haystack » that was intended to allow Iranians secure access to the Internet. But the department had to stop the program after discovering security weaknesses that could allow the Iranian government to identify users after all. On balance, he argues, the whole U.S. program may have backfired by inciting more repression. « Clinton went wrong from the outset by violating the first rule of Internet freedom: Don’t talk about promoting Internet freedom, » he wrote. Still, the Obama administration is already under fire for putting too little muscle behind human rights. Internet freedom is a nice arm’s-length form of liberty that the United States can sponsor without colliding directly with regimes it doesn’t want to offend, such as Egypt and Saudi Arabia. Omitting it from the U.S. agenda would be illogical. In the end, though, the most important steps in promoting democracy and securing human rights will continue to be low tech. In Tunisia, it was the sacrifice of a street merchant who set himself on fire, the courage of thousands of demonstrators and the decisions of unknown army officers that made a revolution happen, not Facebook or Twitter. The most important thing the United States can do for Arab democrats isn’t helping them get on the Internet; it’s helping Tunisia turn successfully from dictatorship to democracy. And that will take the skillful use of some old-fashioned tools: diplomacy and foreign aid.

Source : « Los Angeles Times » Le 23-01-2011

Says hardliners have wrong idea of Islam

I am no Khomeini: Tunisia’s Islamist leader

 

Tunisia’s Islamist Ennahda movement is democratic and should not be feared, its exiled leader said on Saturday, rejecting any comparison between him and Iran’s late leader Ayatollah Ruhollah Khomeini. The Tunisian government said this week that it would lift a ban on political groups including the Ennahda, or Renaissance, movement, which was suppressed during the 24-year rule of president Zine al-Abidine Ben Ali who fled a week ago.

« We are a moderate Islamic movement, a democratic movement based on democratic ideals in … Islamic culture. Some people pull Khomeini’s robe over me, while I am no Khomeini nor a Shiite, » Rached Ghannouchi said. Asked about hardliners who dismiss Western-style democracy and call for the creation of a traditional Islamic state, he said: « Our position is very far from this idea, … which we think has no place within the moderate Islamist tendency. It is extremist and … not based on a correct interpretation of Islam. » Analysts say moderate Islamists in Tunisia may attract many followers after the overthrow of Ben Ali, while militants may be able to infiltrate from neighboring Algeria, which has long fought Islamic hardliners. Secularism has been strictly enforced in Tunisia since before its independence from France in 1956. Habib Bourguiba, an independence leader and long-time president, was a nationalist who considered Islam a threat to the state. In 1987, when Ben Ali pushed aside Bourguiba, he briefly freed Islamists and allowed them to run in the 1989 elections. Ennahda,Tunisia’s largest Islamist movement, officially won 17 percent of the vote, coming second to the ruling party. By some estimates the group may have won as much as a third of the vote. Shi’ite leader Khomeini led the 1979 Islamic revolution that toppled the shah’s pro-Western government in Iran. Most Arab countries have populations that predominantly belong to Islam’s dominant Sunni branch.

Source: “Alarabiya.net” Le 23-01-2011

 

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