23 avril 2011

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TUNISNEWS
10 ème année, N°3987 du 23.04.2011


FTCR & CRLDHT: L’ACQUITTEMENT DE MOHIEDINE CHERBIB . premier pas vers l’indépendance de la justice tunisienne

Mohamed Fathallah & Amor Abbassi: Pour une Assemblée Constituante digne de la Révolution Tunisienne


REVUE DE PRESSE

 

L’ACQUITTEMENT DE MOHIEDINE CHERBIB

premier pas vers l’indépendance de la justice tunisienne

Lors d’une audience du tribunal de Gafsa le 21 avril 2011, concernant l’opposition à la condamnation de notre camarade Mohiédine CHERBIB à deux ans et quinze jours de prison par contumace pour délits de solidarité avec le mouvement social du bassin minier de Gafsa – Redayef les juges ont prononcé l’acquittement.

La FTCR et le CRLDHT saluent cette décision courageuse des juges de Gafsa qui est un premier pas vers une justice indépendante et équitable.

La FTCR et le CRLDHT ont tenu à faire opposition du jugement par contumace contre Mohiédine CHERBIB malgré la promulgation d’une amnistie générale pour permettre à la justice de faire un premier vers son indépendance.

La FTCR et le CRLDHT tiennent à remercier tous les amis qui nous ont manifesté leurs soutiens durant cette épreuve, elles saluent les magnifiques plaidoiries des avocats.

Enfin la FTCR et le CRLDHT expriment leurs gratitudes aux militants et aux associations et syndicats de France, du Maroc, de l’Algérie, de la Libye, du Sahara, de la Belgique, du Canada, de Palestine qui se sont déplacés à Gafsa pour soutenir notre camarade.

Pour la FTCR et le CRLDHT

Tarek BEN HIBA

Tunis le 22 Avril 2001


Pour une Assemblée Constituante digne de la Révolution Tunisienne

 
La Tunisie vit actuellement une période difficile et transitoire de son histoire. Afin qu’elle soit un prélude réel à la construction d’un Etat moderne, démocratique et de droit, il est impératif de rompre définitivement avec la politique précédente, caractérisée par un pouvoir personnel autoritaire, fondée sur le mensonge, l’hypocrisie et la corruption sans limite. Il est consternant d’assister à une course effrénée vers la création de partis par des gens qui devraient aujourd’hui avoir le profil bas, se cantonner chez eux, dans l’espoir que le peuple les oublie.
Des anciens Ministres, Présidents Directeurs Généraux et des pseudos représentants du peuple, ont pendant longtemps, profité de privilèges et de hautes rémunérations, sans se soucier de la misère de leur peuple ; ils avaient choisi d’applaudir toutes les actions et les décisions prises par l’ancien dictateur et son entourage, aussi néfastes qu’elles aient été afin de sauvegarder leurs propres privilèges et intérêts, ils n’ont jamais manqué à supplier l’ex-dictateur corrompu, à perdurer au sommet de l’Etat. Aujourd’hui, sans le moindre scrupule, ils scandent des slogans comme ceux de la Démocratie, des Droits de l’Homme et de la non exclusion.
Dans le but de couper l’herbe sous les pieds à tous les arrivistes et opportunistes de tout bord, nouveaux et anciens, nous proposons les conditions concrètes suivantes pour le mode électoral et la candidature au Conseil Constitutionnel :
– Chaque candidat est tenu de présenter à la Haute Commission Electorale, son CV et un inventaire complet de ses biens et ceux de sa famille (épouse ou époux et enfants) en justifiant les moyens ayant permis leurs acquisitions. Il doit également présenter un quitus fiscal pour au moins les dix dernières années.
– L’adoption du mode individuel d’élection au niveau de la circonscription constituée d’une ou de deux délégations selon leurs populations. Le candidat peut être représentant d’un parti, d’une
organisation nationale ou indépendant, pour permettre ainsi à l’électeur, de choisir son représentant en toute conviction et objectivité. L’intérêt de ce mode d’élection est de faciliter le contact entre les électeurs et les candidats, ce qui épargne à l’état de financer les compagnes des partis. Les moyens de l’Etat, seraient alors consacrés, à la création d’emplois et au développement du pays.
– L’affichage lors de la campagne électorale doit se faire dans des emplacements bien précis, à l’intérieur de la circonscription avec un strict respect des règles préétablies par la Haute Commission Electorale.
– L’interdiction absolue d’acheter des voix que ce soit par le candidat ou par des intermédiaires. Toute action de la sorte sera réprimée et le candidat est éliminé.
– L’élection se fait en deux tours, le second départagera entre le premier et le second du premier tour. Le candidat ayant obtenu plus de 50% au premier tour est évidemment le représentant de la circonscription. L’intérêt du second tour est évident, il permettra l’élection du candidat le plus à même de répondre aux aspirations des électeurs de sa souscription (se rappeler du second tour du deuxième mandat du Président Chirac).
En conclusion, nous refusons le gaspillage des deniers publics dans les campagnes électorales fantaisistes de partis qui ne représentent dans la plupart des cas que leur propres membres et qui
nous répètent les mêmes slogans creux qu’ils viennent de découvrir. Il est de l’intérêt de notre pays de consacrer chaque Dinar à l’emploi et au développement. Nous regrettons vivement que la Haute Commission de la Sauvegarde de la Révolution ait pris des décisions qui paraissent servir l’intérêt de quelques groupes représentés dans cette commission.
 
Mohamed Fathallah : Professeur de l’Enseignement Supérieur.
Amor Abbassi : Ingénieur Général du Génie Maritime.

Tunisie : la bête noire de Ben Ali fait son retour

« Bête noir » de l’ancien président tunisien, Zine El Abidine Ben Ali, renversé par la Révolution de jasmin, le journaliste et écrivain Taoufik Ben Brik est revenu sur la scène publique jeudi dernier, pour la première fois depuis le 14 janvier dernier. Tunisie, la charge, aux armes les oubliés.Le titre de l’ouvrage, publié aux éditions RMR, est clair. Selon l’agence AP, c’est pour présenter à la presse son nouvel ouvrage que l’ancien opposant au régime de Ben Ali est ressorti de l’ombre.

Mainte fois emprisonné, Ben Brik a toujours été considéré comme un « empêcheur de tourner en rond », continuellement « harcelé par les agents de la dictature ». Ce dixième ouvrage de l’écrivain, est présenté comme une « mémoire de la révolution », compilant les déplacements de l’opposant dans tout le pays alors même que le blocage sécuritaire était à son comble.

Ben Brik dénonce la continuité de l’administration, de la justice, des milieux financiers et de l’information malgré la chute de la « tête de la dictature ».

Il appelle ainsi la Tunisie à réinventer les « trois P, Parti Pègre et Police », par un inévitable retour aux urnes.

L’écrivain n’a, enfin, pas écarté la possibilité d’une candidature à la prochaine élection présidentielle pour « désacraliser l’acte ». Il s’était déjà présenté en 2004, contre Ben Ali.

Source : « Actua Litte » Le 23-04-2011

Tunisie – Une rencontre à Paris sur la politique économique tunisienne

Une rencontre sur la «Tunisie en 2011: une nouvelle politique pour une nouvelle croissance», sera organisée, mercredi 27 avril 2011, à Paris.

Selon l’Agence de Promotion de l’investissement extérieur (Fipa), environ 200 participants sont attendus à cette rencontre qui débattra de la situation économique en Tunisie après les changements politiques intervenus dans le pays, en janvier 2011.

Les ministres tunisiens chargés des Finances, du Commerce et du Tourisme, du Transport et de l’Equipement et de la Formation professionnelle et de l’Emploi présenteront la nouvelle politique économique en Tunisie, les réformes en cours, les priorités et les projets à mettre en œuvre à l’avenir.

Il s’agit de mobiliser les entreprises étrangères, notamment françaises dont le soutien à la Tunisie revêt une importance particulière au cours de cette étape.

La rencontre sera organisée par le Mouvement des Entreprises de France (MEDEF international) et l’Union Tunisienne de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat (UTICA).

Source: ”Maghreb Emergent” Le 23-04-2011

Tunisie : le FDTL de Ben Jaafar de plus en plus proche du peuple

Le Forum Démocratique pour le Travail et les Libertés est un parti politique qui s’est fait connaitre aux yeux de l’opinion avec d’autres partis à travers sa participation active aux sits-in de la Kasbah 1 et 2. En dépit de ses prises de positions allant dans la direction des classes populaires, le parti de Mustapha Ben Jaafar n’arrive pas à percer dans les sondages et se trouve dépassé dans les intentions de vote par d’autres partis de Gauche. Pour y remédier, le FDTL fait de son mieux pour être au plus près de la population dans tout le territoire, et est présent dans une vingtaine des principales villes du pays. Il s’active aussi fortement à préparer son programme en vue des prochaines échéances électorales. En effet, le FDTL prend les choses en main et refait son retard par rapport à d’autres partis en allant vers le citoyen à travers la multiplication des rencontres dans tout le territoire ou même à l’étranger où Dr Mustapha Ben Jaâfar, secrétaire général du FDTL a eu récemment le plaisir de débattre de certaines questions avec les tunisiens résidents au Canada ou en France. Les échanges se sont rapportés à cette phase transitoire et la projection dans un avenir proche de la Tunisie libre. Dans une optique de partage et de dialogue avec les jeunes tunisiens et dans une vision d’échange sur les sujets d’actualité, le FDTL organise une Rencontre – débat public qui aura lieu le Dimanche 24 Avril 2011 à l’Espace Culturel Mad’art Carthage à 10H autour du thème « Les défis de la transition démocratique » avec la participation du Docteur Khelil Ezzaouia, membre fondateur du parti.

Source : « Espace Manager » Le 23-04-201

Des Tunisiens qui fuient l’espoir ? Lampedusa médusée !

Qui sont donc ces traumatisés qui veulent nous apitoyer ? Il faudrait les accueillir à bras ouverts ?

Autant nous pouvons comprendre :

– que des Libyens désespèrent de voir un changement arriver dans leur pays.

– que des chrétiens dans certains pays musulmans où ils sont pourchassés rêvent de vivre librement leur croyance

– que des populations misérables d’Afriques sous le joug de dictatures rêvent de bateaux salvateurs

Autant nous pouvons nous interroger

– sur les intentions réelles des Tunisiens qui arrivent à Lampedusa avec ce secret espoir de venir se construire une vie en France !

Est-ce parce qu’ils savent que notre pays prend plaisir en ce moment à cultiver l’intolérance qu’ils trouvent qu’ils apporteront une belle pierre à l’ouvrage ?

Il n’y aurait pas pour l’instant de débouchés pour eux ?

Mais ils n’en avaient pas avant et maintenant l’espoir est bien là chez eux alors quelles motivations réelles incitent ces personnes à rejoindre notre pays ?

– Souci démocratique ? Mais la démocratie naissante en Tunisie n’est pas assez bonne à leurs yeux ?

– Trouver du travail ? Mais la Tunisie va avoir besoin de tous leurs bras pour construire le pays sur des schémas nouveaux !

Alors l’Espace Schengen ?

Eh bien quand une « possible » chiaine met une gaine pour tenter de séduire, peut-être faut-il montrer que le plus beau territoire de séduction est certainement celui d’où l’on vient, dans la période au moins !

Bon, je sais, ventre affamé n’a pas d’oreille, bâton de pèlerin n’a pas d’yeux et bateau pourri nourri d’intentions mal amalgamées laisse une petite chance de voguer et d’accoster hors des sables émouvants.

Quoique ! De toute façon nous n’allons pas chercher à les convaincre, nous-mêmes sommes incapables de penser plus loin que le bout de notre nez !

Source: “Le Post” Le 23-04-2011

Tunisie: «Pas question de privatiser Tunisair, il s’agit de la rendre plus performante»

Il n’a jamais été question de privatiser Tunisair, il s’agit tout juste d’assouplir son management de manière à le rendre plus performant dans un environnement de plus en plus concurrentiel. La direction générale de la compagnie battant pavillon nationale persiste et signe, elle n’a jamais entendu parler de privatisation de Tunisair.

Le message est donc clair. Et les dirigeants de la compagnie aérienne nationale tiennent à préciser à l’occasion que certains propos tenus par le ministre du Transport et de l’Equipement, lors d’une récente conférence de presse, ont été mal interprétées. En effet, Yassine Ibrahim a déclaré que la situation de l’entreprise reste difficile à cause de son «manque de compétitivité et des anciennes pratiques ainsi que de l’interventionnisme de l’ancienne présidence de la République, du ministère de tutelle et même du RCD dans sa gestion et ses choix de gestion. Par conséquent, pour lui assurer un minimum d’efficience et un maximum de résultat, il est impératif que la mainmise de l’Etat sur l’ensemble de ses activités soit levée».

Lors de cette même rencontre avec les représentants des médias, et contrairement à ce qui a été publié sur certains journaux, il n’a jamais été question de salaires astronomiques attribués aux hauts cadres et directeurs de la compagnie.

Il faut reconnaître que les déclarations du ministre du Transport appuient une logique toute commerciale. On ne peut pas réaliser des performances lorsque nous avons les mains liées par des procédures administratives paralysantes et un retour obligatoire aux autorités de tutelle à chaque fois que l’on doit prendre une décision relative à la gestion d’une entreprise quelle qu’elle soit. «Il s’agit tout juste de donner à la compagnie aérienne nationale les moyens et les armes de se défendre dans un environnement très concurrentiel et dans l’attente de l’application des accords concernant l’open sky. Aucune réunion entre la direction et les représentants syndicaux n’a traité de cette question», nous a-t-on affirmé à la direction de la communication.

D’ailleurs, des déclarations récentes du ministre des Finances sont allées dans ce sens: «Il faut que les entreprises publiques évoluant dans un environnement concurrentiel soient gérées différemment, tout comme il faut que les dirigeants de ces entreprises soient rémunérés convenablement afin qu’ils assurent le meilleur rendement et qu’ils jouissent d’un statut respectable face à leurs pairs dans le privé».

Rappelons à ce propos le tollé soulevé il y a plus d’une année lors de la déclaration du salaire du PDG de Tunisair au grand public. Certains sont allés jusqu’à même dire que ceci nuit à l’image de marque de la compagnie et même de la Tunisie au vu de sa modestie par rapport à ses homologues pas loin de chez nous. Car à Tunisair, il faut reconnaître que seuls les PNT et les PNC sont très bien payés. Un commandant de Bord peut même atteindre les 20.000 dinars en brut par mois.

Le besoin se fait aujourd’hui ressentir d’assouplir la gestion de la compagnie aérienne nationale. La politique protectionniste ne lui servira pas à grand-chose, au contraire, elle la mènera à terme à sa perte. Il lui faudrait d’ores et déjà gérer les manques à gagner à cause d’une mauvaise année touristique et du retour des filiales «semi-privatisée» au bercail qui vont engendrer plus de dépenses.

On comprend dès lors que la mission de la commission stratégique pour définir les mécanismes pouvant garantir l’indépendance de la compagnie aérienne vis-à-vis de l’Etat soit essentielle pour la mise en place d’un plan de restructuration qui allie intérêts de la compagnie et préservations de ceux de ses différents personnels.

Sur le long terme et après rénovation de la flotte, il faut mettre en place des stratégies pour la conquête de nouveaux marchés, la signature de nouvelles alliances surtout au niveau du moyen et du long-courrier ainsi que le renforcement des activités de l’entreprise.

Par contre, des responsables signalent que « les accusations portées par certaines personnes et sur certains médias à propos de pratiques de corruption et malversations commises au sein de la compagnie et non étayées par des preuves pourraient nuire sérieusement à l’image de Tunisair, qui a aujourd’hui besoin plus que jamais d’être irréprochable à tous les niveaux. On nous a traités comme si nous n’avions rien à faire que de monter des combines pour spolier la compagnie, nous ne sommes quand même pas des bandits de grand chemin », a protesté une directrice au sein de la compagnie! .

Source: “wmc” Le 23-04-2011

Tunisie – La vérité sur le document « anti-extrémiste » révélé par Ennahdha

Le journal El Fejr, organe officiel d’Ennahdha, a publié dans son édition du vendredi 22 avril 2011 une première synthèse d’un document de travail élaboré par trois organisations tunisiennes dont l’objectif est la mise en place d’une stratégie pour créer une opinion publique hostile à l’entrée des Islamistes dans la Constituante lors des élections du 24 juillet.

Le journal a promis de fournir d’autres révélations et qui se cache derrière cette stratégie dans son prochain numéro, vendredi prochain.

De notre côté, nous avons publié les informations révélées par Ennahdha en prenant soin d’émettre les réserves d’usage (cliquer ici pour lire l’article). En attendant de les vérifier.

 

Un de nos fidèles lecteurs a reçu le document en question et nous l’a envoyé.Il y contient les noms qu’El Fejr a promis de dévoiler la semaine prochaine, ce qui nous a permis de les contacter pour obtenir les explications nécessaires. Et ces explications, les voici.

Le document révélé par Ennahdha n’était qu’un brouillon. Un premier brouillon pour élaborer une stratégie de communication pour mener une campagne visant à renforcer la prise de conscience des femmes de ce qui fait « l’exception tunisienne ». Elle vise également, selon le brouillon, à faire que les jeunes votent pour un projet de société démocratique et évitent tout attrait des extrêmes, à renforcer le sentiment d’identité tunisienne que le modèle de Révolution a révélé : ce que nous sommes, nos valeurs, notre histoire, nos coutumes, et non une « identité importée ».

Enfin, elle vise à convaincre les femmes et les jeunes d’aller voter, et de ne pas se laisser influencer par quiconque.

 

En aucun cas, le brouillon en question ne s’est attaqué aux islamistes. Il attire, toutefois, l’attention sur le cauchemar de 1986 qui commence à reprendre avec les agressions de femmes dans la rue, les imams démis par la force de leurs fonctions, les crèches islamistes, la séparation des filles et garçons dans les écoles et lycées…

Le brouillon rappelle l’attentat contre un hôtel à Monastir, le saccage de locaux du PSD (le parti de Bourguiba), l’agression contre un imam modéré qui a été brûlé vif au Kram (banlieue nord de Tunis), l’agression au vitriol contre des femmes non voilées…

En bref, et en lisant le document, il n’y a rien qui accable les Islamistes ou Ennahdha, à l’exception de ceux qui ont des choses à se reprocher. Le groupe d’associations, dans leur premier brouillon, ne cherchait donc qu’à faire valoir l’exception tunisienne. Quant à la question du budget recherché, auprès d’organismes tunisiens et étrangers, tout ce qu’a révélé El Fejr est indiqué dans le brouillon en question.

 

Le document final, cependant, est nettement mieux élaboré que le brouillon. Il a retiré tous les termes pouvant donner lieu à une multiplicité d’interprétations et ne met en évidence que le projet citoyen de cette association (il ne s’agit plus de plusieurs associations). L’association en question s’appelle « Engagement citoyen », elle est apolitique et fondée par un collectif de femmes tunisiennes le 11 avril 2011. Des femmes qui se veulent d’abord et avant tout des citoyennes.

Leur objectif est de lancer une campagne de communication ambitieuse et pédagogique pour susciter une prise de conscience collective et sensibiliser le public tunisien, et tout particulièrement les femmes et les jeunes, aux enjeux réels que représente cette période de transition historique en termes de régression possible de leur statut et de leurs droits et libertés fondamentales. Il s’agit d’inciter les Tunisiens et en particulier les femmes et les jeunes à voter en connaissance de cause pour un projet de société démocratique qui reflète leurs aspirations et préserve leurs droits.

Rien de méchant, a priori, et rien qui ne semble (dans ce document final) qui ne prête à une campagne anti-islamiste comme l’indique El Fejr sur sa une. Nos lecteurs se feront d’ailleurs leur propre idée en parcourant le programme de l’association visible en cliquant le lien suivant: http://www.businessnews.com.tn/pdf/Projet_Femmes_et_Jeunes.Tunisie%2022%20Avr.pdf

Source: ”Business News” Le 22-04-2011

Tunisie-Contrôle fiscal des biens confisqués: L’argent de l’Etat

Fiscalité-Tunisie – Le décret-loi n° 13 en date du 14 mars 2011 portant confiscation des avoirs et biens meubles et immobiliers, ainsi que tous les droits acquis après le 7 novembre 1987 concerne 112 personnes. Cette liste reste ouverte, selon les termes du décret-loi à toute autre personne qui serait impliquée dans le vaste trafic d’influence. Ainsi, cette décision de confiscation marque l’entrée dans le domaine des biens publics de tous ces avoirs mais aussi les dettes que pourraient avoir toutes les personnes impliquées dans la liste des 112 et des autres. Un délai de 2 mois a été fixé pour tous les créanciers de déclarer les dettes, les avoirs matériels, les chèques, les actions, les accords, conventions, bien meubles ou immeubles, auprès d’une commission créée à cet effet. Pour les personnes, fournisseurs, clients ou autres, qui pourraient avoir des créances auprès des personnes figurant sur la liste des 112, il leur est demandé de les déclarer dans un délai de 6 mois, au risque de perdre leur droit. Ce décret-loi stipule que «la commission de confiscation procèdera à toutes les mesures administratives et juridiques nécessaires en vue de transférer les biens immobiliers et meubles et les droits confisqués au profit de l’Etat. Cela voudrait dire que le remboursement des dettes de toutes ces personnes de la liste des 112 ne se fera pas par elles-mêmes, mais par la commission de confiscation après établissement de son rapport définitif qui se fera probablement en juin prochain. Passons sur les griefs relevés par les juristes à propos de ce décret, mais l’Etat, principal concerné, doit agir en tant que pouvoir dominant et faire fonctionner son arme fatale : le contrôle fiscal. L’Etat, ordonnateur de tout acte de gestion, dispose de toute l’autorité suffisante pour faire le point sur la situation fiscale de ces biens confisqués avant toute autre action. Tout le monde sait que les potentats de l’ancien régime n’ont jamais agi dans la transparence ni respecté leurs devoirs envers l’Etat. Ceci pour dire qu’ils ont contourné toutes les obligations dues à toute personne agissant en situations contractuelles ou en association avec les différentes parties. Il s’avère notamment qu’ils n’ont jamais été en règle avec le fisc. Qui pouvait leur demander des comptes? Il nous paraît très indiqué de régler cet important volet car il s’agit de l’argent de l’Etat.

Source: ”Afrique en ligne” Le 23-04-2011

Tunisie. Jusqu’où peut aller l’Ugtt dans sa guerre aux entreprises?

La centrale, qui n’a de cesse de revendiquer son droit à défendre les salariés par tous les moyens, y compris le harcèlement physique et moral des chefs d’entreprises, ira jusqu’à créer de nouveaux chômeurs, provoquant au passage la crainte des investisseurs dont la Tunisie a tant besoin pour faire redémarrer une économie qui peine à carburer à plein régime.

Les revendications pas toujours justifiées des salariés La Tunisie de l’après 14-Janvier souffre et l’économie risque la paralysie, alors que l’Ugtt continue d’encourager ses délégués syndicaux auprès des entreprises, tunisiennes et étrangères, à s’insurger contre leurs patrons avec des revendications parfois absurdes. On a vu des ouvriers exigeant le départ du patron fondateur de l’entreprise. D’autres espèrent recevoir une part des bénéfices réalisés par la société. Les plus mécontents aimeraient voir le salaire de certains dirigeants réduit de moitié pour distribuer la différence à l’ensemble des autres employés. L’Ugtt s’attaque aux sociétés étrangères implantées en Tunisie depuis des décennies comme British Gas, Cfct ou Jal Group car ces sociétés ont investi énormément en Tunisie et ne peuvent pas s’en aller du jour au lendemain. L’Ugtt s’est attaqué auparavant à quelques groupes tunisiens et elle a échoué, les Ben Ayed et Mhiri ont préféré geler les activités de quelques établissements comme Carthage Land ou l’hôtel Africa pour ne pas céder aux revendications déplacées des salariés qui n’ont pas conscience que le pays passe par des moments difficiles. La situation en Tunisie n’est guère reluisante et les grèves n’ont eu que des effets négatifs. Le nombre des chômeurs a augmenté avec la fermeture des établissements secoués par tant d’agitations. Il est évident que la révolution du 14-Janvier a donné la possibilité à chacun de s’exprimer librement. Les langues se sont déliées et les pires insanités sont souvent entendues. Les plus touchés sont les patrons à qui le mot «dégage» est devenu synonyme d’ingratitude et de malveillance. Plusieurs d’entre eux ont préféré se retirer laissant la place à d’autres subalternes qui ont vite tourné la veste et oublié dans la foulée qu’ils étaient, il n’y a pas longtemps, de fervents partisans du Rcd, l’ex-parti au pouvoir.

L’Ugtt défend les travailleurs, mais aggrave aussi le chômage Tout le monde veut des sous, c’est tout à fait légitime, surtout que le coût de la vie en Tunisie ne cesse de s’élever et que les factures à payer sont de plus en plus gonflées. Seulement là où le bât blesse c’est quand les revendications des employés dépassent l’entendement. On exige souvent des employeurs des augmentations salariales qui, dans le cas où elles sont satisfaites, pourraient causer la ruine de l’établissement. Comme c’est le cas de cette société de transport qui emploient 50 conducteurs, tous des jeunes et qui ont à peine commencé à exercer un vrai métier. Ils ont accepté de travailler 9 heures par jour pour recevoir à la fin du mois la modique somme de 250 dinars. Jusqu’au 14 janvier, ils acceptaient malgré eux cette situation, certes difficile, mais loin d’être catastrophique. Contactés par l’Ugtt après la révolution, ils ont pu constituer une représentation syndicale et déclarer la grève à leur patron demandant une augmentation salariale de 100 dinars par mois et la réduction des heures du travail. Après d’interminables discussions le patron a finalement accepté d’accorder une augmentation de 65 dinars, mais pour palier cette charge salariale supplémentaire, il a dû licencier la moitié de l’effectif et a exigé des conducteurs restants de travailler à raison de 12 heures par jour au lieu des 9 heures. Le bilan, en fin de compte, est loin d’être à l’avantage des employés, d’autant que 25 conducteurs se sont ajoutés à la liste des demandeurs d’emploi.

Les chômeurs ne cotisent pas au syndicat L’Ugtt peut se féliciter de cette action syndicale qui a permis à quelques employés de recevoir plus d’argent à la fin du mois mais elle a aussi contribué à augmenter le nombre des chômeurs dans un pays qui n’a que ses ressources humaines pour accroitre son économie. La centrale syndicale ne semble pas s’inquiéter outre mesure de l’accroissement du nombre des demandeurs d’emploi, qui dépasse aujourd’hui 700.000. Ce n’est pas son champ d’intérêt. Elle se préoccupe plus de ceux qui travaillent et qui cotisent pour être syndiqués. Les chômeurs, c’est l’affaire de l’Etat, et du ministère de l’Emploi. Ils n’entrent pas dans les prérogatives de la centrale ouvrière qui ne cesse d’affirmer d’être une partie intégrale de la société civile.

Source : « Kapitalis » Le 23-04-2011

L’information en Tunisie: tout bouge pour que rien ne change!

Par Ridha Kéfi

Au-delà de cet épisode, somme toute banal, on peut dire qu’il n’y a rien de nouveau dans le milieu de l’information et de la communication en Tunisie, fortement marqué par 23 ans de dictature, de passe-droit et de corruption. Et d’ailleurs, pour tout dire, en dehors des gesticulations anti-Ben Ali des mêmes journalistes qui, hier encore, faisaient reluire les souliers du dictateur et se jetaient comme des affamés sur ses miettes, qu’y a-t-il de vraiment nouveau dans cet immense bal masqué des médias en Tunisie? Rien, strictement rien. Les mêmes titres, les mêmes noms, les mêmes têtes et, presque aussi, les mêmes postures… opportunistes. Les esclaves changent de maître, mais leurs échines n’en sont que plus courbées…

Je te tiens, tu me tiens par la barbichette! Pour revenir à notre sujet: les boîtes de mesures d’audience continuent donc d’être accusées de bidouillage par les chaînes de télévision qui se voient attribuer des scores en-deçà de ce qu’ils espèrent. Les premières voudraient bien voir les résultats de leurs enquêtes enfin acceptés par les secondes, qui conditionnent leur acceptation par le niveau des taux qu’on leur attribue. En somme, comme dit l’adage: «Je te tiens, tu me tiens par la barbichette!» Et à qui mieux-mieux… «Souk ou dallel»… Les dindons de cette farce, qui n’a rien de drôle, ce sont, on l’imagine, le grand public et, surtout, les annonceurs qui font vivre tout ce beau monde sans pour autant avoir la certitude que leur argent est bien dépensé. Tout le reste est bidonnage, mise en scène, jeu de rôles, petits mensonges et gros intérêts. Gros bras contre grandes gueules, et vice et versa… Plus hâbleur que moi tu meurs! Qu’elle est belle la Tunisie de l’après-Ben Ali! Elle ressemble à s’y méprendre à celle d’avant la révolution. Or, celle-ci ayant bon dos, c’est en son nom désormais que les bluffeurs d’hier rivalisent avec les frimeurs d’aujourd’hui. Comme quoi, on n’est pas sorti de l’auberge… benalienne. A quelques semaines d’une élection qui sera déterminante pour l’avenir du pays, ce sont donc les mêmes protagonistes, qui ont porté l’ex-dictateur au pinacle de l’arrogance et de la bêtise, qui sont appelés aujourd’hui à informer les électeurs tunisiens. Et à orienter leur vote… Bonjour les dégâts!

La grève du petit écran Les chaînes de télévision et stations de radio, hier encore vouées au plat divertissement, se sont transformées, en deux temps trois mouvements, en de pseudo-Al-Jazira, et les boîtes de mesures d’audience, hier vouées au marketing des marques, se mettent à réaliser des sondages d’opinion et à conseiller les hommes politiques. On est vraiment bien servi… Et le pire est encore à venir. Dans cette foire d’empoigne, où tout bouge pour que rien ne change, les accusations de Nessma TV contre Médiascan, comme celles, hier, de Hannibal TV contre Sigma Conseil, seraient un épisode bien charmant et qui prêterait à sourire si, dans cette vraie fausse affaire, ce ne sont pas moi, toi et tous les Tunisiens qui, en fin de compte, sont pris en otages ou, pour tout dire, pour les derniers des cons! N’est-ce pas notre assiduité télévisuelle que les uns mesurent et au nom de laquelle les autres font leur plein de spots publicitaires? Alors, pour mettre tout le monde d’accord, décrétons la grève du petit écran, boycottons les journaux, n’écoutons plus la radio! Nous n’en serions que moins… désinformés.

Source : « Kapitalis » Le 23-04-2011

Tunisie: le syndrome Beni Sadr

Les partis tunisiens dits modernistes et progressistes sont décidemment indécrottables.Comme jadis leurs confrères iraniens, ils se sont laissé convaincre d’unehypothétique normalisation, et donc récupération, des islamistes pour servirleurs propres plans de prise du pouvoir. En Iran, on sait ce qu’il en a été. BeniSadr, représentant des courants modernistes, élu président, n’a pas tenuquelques mois avant d’être remplacé par son premier ministre, qui a été à sontour assassiné afin que tout le pouvoir revienne aux Mollahs.

EnTunisie, Rached Ghannouchi a commencé très tôt sa campagne de manipulation desdéfenseurs des droits de l’homme et des opposants progressistes. Dans lesannées 80, on entendait ainsi ces derniers répéter la chanson que leur a serinéele Cheikh : « Les islamistes tunisiens ne sont pas comme lesautres islamistes, ils sont d’abord tunisiens, et donc nationalistes, et encela ils sont uniques… il ne faut pas les comparer à d’autres, et bla bla bla ».Sous Ben Ali, les islamistes ayant échoué dans leur démonstration de force avecle Dictateur se sont mis sous l’aile protectrice de la gauche et des démocratessous l’appellation du Mouvement du 18 octobre. C’est ainsi qu’un Néjib Chabbi,leader du Parti Démocratique Progressiste, est devenu (avec le conseil ou sur l’insistancedes Américains) un des fervents défenseurs du droit des islamistes « à laliberté d’expression » (comme il est devenu d’ailleurs un ferventdéfenseur du libéralisme économique) ; jusqu’à il y a quelques semaines, NéjibChabbi, alors qu’il était encore Ministre du développement régional, sedéfendait de son soutien aux islamistes par une pirouette : « Lareligion n’est pas une hérésie ! » – sous-entendu, il est permis d’enparler et d’en soutenir les représentants.

HammaHammami, patron du parti d’extrême-gauche le PCOT (Parti communiste ouvriertunisien) aussi bien que Moncef Marzouki (chef du Congrès pour la République),ne sont pas les derniers à entretenir l’ambiguïté quant à une éventuellealliance avec les islamistes. Ça, c’était du temps où Rached Ghannouchiproclamait qu’il n’était pas du tout, alors là, pas du tout intéressé par lepouvoir et qu’il le laisserait aux autres partis politiques ; que lui-mêmene serait candidat à rien et que son modèle de régime n’était plus iranien ousoudanais, mais turc…

Aujourd’hui,les islamistes montrent leurs muscles et leurs gourdins. Ils s’attaquent auxartistes, aux femmes, et même aux imams qui ne sont pas de leur avis.Aujourd’hui, Rached Ghannouchi est candidat à tous les postes, y compris etsurtout à celui de prophète à la place du prophète. Aujourd’hui, il freine detoutes ses forces l’adoption d’un Pacte républicain par le Haut comité pour laréalisation des objectifs de la révolution, Pacte dans lequel il est questionde séparation de l’Etat et de la religion. Aujourd’hui, le porte-paroled’Ennahdha déclare dans une interview au journal Essabah du 22 avril 2011 :« Nous rejoignons l’organisation d’El Qaïda, le Hamas et les frèresmusulmans sur les grandes orientations ».

Vousavez bien lu, Ennahda est d’accord avec El Qaïda. C’est d’ailleurs dans cettemême interview que le parti islamiste confirme implicitement la cour assidue qu’ila entreprise auprès des anciens RCDistes (dont le parti a été dissous après laRévolution) en déclarant qu’Ennahdha est ouvert à tous les Tunisiens sansexclusion.

Quefaut-il de plus à tous les politicards de salons pour comprendre que, désormais,Ennahdha n’a plus besoin d’eux pour prendre le pouvoir et qu’il compte puiserdans le gisement des 3 millions d’ex-RCDistes pour y arriver ? Qu’est-cequ’il leur faut pour comprendre ce qu’est un salafiste ? C’est peut-êtrecette myopie des partis politiques qui a poussé l’éminent et incontestableislamologue Mohamed Talbi à publier une interview (journal La Presse du 21avril 2011) au titre sans concession : « L’islam est laïcité »,véritable réquisitoire contre l’idéologie salafiste et contre l’hypocrisie du chefdu parti Ennahdha.

Finalement,on peut se réjouir que le Cheikh Ghannouchi n’ait rien appris de ses erreurs dupassé. Il n’est pas aussi rusé que Khomeiny pour attendre le bon moment pour sesaisir du pouvoir. Son impatience et celle de ses adeptes ont le mérite demobiliser la société civile et les vrais démocrates pour lui faire barrage… etnous éviter un scénario à l’iranienne.

Source : « Mediapart » Le 22-04-2011

La Constituante sera élue au mode du scrutin proportionnel

Le Conseil de la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la Révolution, la réforme politique et la transition démocratique a opté, à l’unanimité, pour le régime de la représentation proportionnelle avec les plus grands restes, lors de l’élection de l’Assemblée nationale Constituante.

Elue pour la deuxième fois dans l’histoire de la Tunisie, la Constituante a pour principale mission l’élaboration de la nouvelle Constitution tunisienne.

Le scrutin proportionnel est un système plurinominal qui prévoit le vote sur des listes électorales (listes des partis ou indépendantes) et permet d’attribuer à chaque liste des sièges selon le pourcentage de voix obtenues dans les élections.

MM. Farhat Horchani, Président de la Sous-commission des élections issue de la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la Révolution et Chafik Sarssar, membre de cette instance ont imputé le choix de ce régime à plusieurs raisons :

1- Les élections du 24 juillet sont des élections constituantes et historiques, ce qui exige que toutes les catégories sociales soient représentées au sein de cette Assemblée, l’objectif étant de leur permettre de contribuer à l’élaboration des orientations générales et à la définition des choix fondamentaux de la nouvelle Constitution tunisienne.

2- Il est impérieusement nécessaire que les partis politiques soient représentés au sein de l’Assemblée constituante, dès lors qu’il ne peut y avoir de véritable exercice démocratique sans la participation des partis politiques.

Depuis l’indépendance, la scène politique tunisienne n’a connu, ni adopté que le régime du parti unique, ce qui a justifié l’absence de toute activité de partis qui encadre l’action politique, enracine la culture politique et consacre l’idée de l’alternance pacifique au pouvoir comme il est le cas dans les pays avancés.

3- Bien qu’il serve essentiellement l’intérêt des partis, ce régime n’exclut pas d’offrir la chance aux indépendants de participer aux élections. Ainsi, les indépendants ont la possibilité de constituer des listes et de participer aux élections.

4- Ce régime encourage la représentativité des jeunes et des femmes au sein de l’Assemblée constituante et leur donne une chance de jouer un rôle important dans l’élaboration de la Constitution du pays tout autant que dans la protection et la préservation des acquis de la femme.

Selon un expert juridique, ce régime a aussi des inconvénients. Bien qu’il permette la représentativité de toutes les catégories sociales au sein de la Constituante, il fait prévaloir la représentativité au détriment de l’équité et de l’efficacité.

De surcroît, ce régime favorise l’émergence d’une mosaïque politique à l’intérieur de l’Assemblée élue composée de petits partis et des indépendants et ne sert pas nécessairement l’intérêt des grands partis.

Les deux juristes de la haute instance affirment que la représentation proportionnelle, avec la prise en compte des restes les plus importants, exige des règles simples qui ont été amendées en vue de renforcer la représentation de la région :

1 – Au préalable, il est nécessaire de déterminer le nombre des circonscriptions électorales. Le projet de décret-loi électoral a choisi un découpage facile à appliquer. Dans ce sens, les gouvernorats sont considérés comme des circonscriptions et, par conséquent, chaque gouvernorat est une circonscription, à l’exception des grands gouvernorats au niveau de la population, en l’occurrence Tunis, Sfax et Nabeul qui sont subdivisés en deux circonscriptions chacune, et ce dans le cadre de la concrétisation de l’équité démographique.

2 – Par la suite, il faut déterminer le nombre de sièges pour chaque circonscription. Le projet de décret-loi électoral les a répartis sur la base d’un représentant pour 60.000 habitants (nombre d’habitants et non d’électeurs, soit tous les Tunisiens).

A titre d’exemple, un gouvernorat qui compte 257.000 habitants voit ce nombre divisé par 60.000 habitants, ce qui donne quatre siège.

Cette règle a été amendée, afin de prendre en considération les régions intérieures du pays auxquelles des sièges supplémentaires sont accordés.

3 – Dans une troisième étape, il est nécessaire de fixer le nombre des voix nécessaires déclarées (Il faut donc déduire le nombre des voix non déclarées, notamment les bulletins nuls) pour l’obtention d’un seul siège, au niveau de la circonscription électorale. Cette opération, dénommé le quotient électoral, se déroule sur la base de la division du nombre des voix déclarées par celui des sièges.

Sur la base du même exemple, si le nombre des voix ayant participé au scrutin est de 180.000, sachant qu’il y a quatre sièges pour cette circonscription, cela conduit à l’opération suivante : 180.000 à diviser par quatre, ce qui donne un siège pour 45.000 voix. Ainsi chaque liste reçoit un nombre de sièges égal au nombre de fois où elle recueille 45.000 voix, soit le quotient électoral.

* Si une liste recueille, par exemple, 65.000 voix, elle gagne un siège et il lui reste 20.000 voix. * Une liste B recueille 40.000 voix et, par conséquent, elle ne dispose d’aucun siège. * Une liste C obtient 22.000 voix. Elle aura zéro siège et il lui reste 22.000 voix. * Une liste D dispose de 21.000 voix. par conséquent, elle n’a pas de siège et il reste 21.000 voix. * Une liste F récolte 20.500 voix. Elle n’obtient pas préalablement de siège et il lui reste 20.500 voix.

Par conséquent, la liste A obtient un siège, et il reste trois sièges à pourvoir, parce que les autres listes n’ont pas atteint le plafond de 45.000 voix qui est le quotient électoral. A ce moment-là, on a recours aux restes les plus importants, avec le classement dégressif et chaque liste qui a le plus grand nombre de voix obtient un siège, jusqu’à l’achèvement de la répartition.

Ainsi et selon notre exemple, les résultats seront comme suit :

* La liste A : 1 siège, conformément au quotient électoral

* La liste B : 1 siège partant du principe du reste le plus important

* La liste C : 1 siège sur la base du deuxième reste le plus important

* La liste D : 1 siège, avec le troisième reste le plus important

* La liste F : Pas de siège

En définitive, et du côté de la représentativité, cette méthode se caractérise par une large représentativité parce qu’elle permet la représentation proportionnelle de nombreuses listes des partis ou de listes indépendantes. En parallèle, elle est moins équitable, avec la liste A qui n’obtient qu’un siège bien qu’elle ait ramassé 65.000 voix, soit trois fois le nombre de voix obtenues par la liste D qui gagne aussi un siège. Mais on peut expliquer cela par la nécessité d’une représentation de toutes les catégories, dans une étape historique cruciale, de l’Histoire du pays.

Source : « Tunisie Numerique » Le 23-04-2011

Les Indépendants s’unissent contre les proches d’Ennahdha

 

 

• Absence totale des Rcédistes – Après la tenue cet après-midi de l’assemblée générale et la présentation des deux rapports moral et financier du comité directeur sortant, les jeunes avocats vont élire demain des nouveaux membres du comité directeur de l’Association Tunisienne des Jeunes Avocats (ATJA).

34 candidats se sont présentés pour briguer les 9 postes du comité directeur dont 2 postes réservés à la présentation des deux sections de Sousse et de Sfax du Conseil de l’Ordre des Avocats.

Mis à part les candidatures individuelles 2 listes vont entrer en force dans la compétition. La première représentant le courant islamiste proche d’Ennahdha et dont le chef de file n’est autre que Me Dhiaeddine Mourou. La deuxième regroupe des indépendants, des proches de la mouvance nationaliste et de celle de la gauche tels que Me Nizar Jabri, Assia Haj Salem, Mourad Ferjani et Imen Bjaoui.

Sièges

Pour ces élections et c’est une première, on constate l’absence de candidats proches du Rassemblement Constitutionnel Démocratique (RCD). Après la Révolution du 14 janvier le comité directeur de l’ATJA, dont tous les membres élus en mars 2010 se sont présentés sur une liste soutenue par le RCD et qui a remporté tous les sièges, ont décidé, bien que leur mandat n’expire qu’en mars 2012 d’avancer la date des élections et de ne pas s’y présenter.

Une absence qui, selon les observateurs, peut profiter aux candidats proches du courant islamiste si les indépendants, les nationalistes et ceux appartenant aux divers courant de la gauche n’unissent pas assez leur voix pour leurs barrer la route.

Néjib SASSI

Voici la liste des candidats

1 – Latifa Habbachi Habibi

2- Saber Kdiri

3- Imen Bjaoui

4- Borni Tlili

5- Raoudha Saïdi

6- Anis Bjaoui

7- Wissam Dabboussi

8- Nizar Jabri

9- Mourad Ferjani

10- Chawkui Abdennadher

11- Ridha Ben Hmida

12- Frej Arabi

13- Lotfi Ezzeddine

14- Mosni Béji

15- Mohsen Saoudi

16- Anouar Ouled Ali

17- Jamel Jbali

18- Dhiaeddine Mourou

19- Hatem Maâtouk

20- Habib Chelbi

21- Mohamed Idriss

22- Faouzi Jaâllah

23- Sabiha Belhaj Salem

24- Leila Haddad

25- Assia Haj Salem

26- Moôti Dakhli

27- Azaiez Ben Slimane

28- Soussen Salami

29- Mohamed Faouzi Bel Aïd

30- Abdelkader Ben Souissi

31- Imen Souissi

32- Yacine Jebar

33- Islam Omrani

34- Béchir Barhoumi

N.B. : Il peut y avoir des désistements de dernière minute

Source : « Le Temps » Le 23-04-2011

Voilées et non voilées : barrons la route à toute forme d’extrémisme»

 

Par Dorra Ben Amri Ouannes – « Un homme est fait de choix et de circonstances. Personne n’a de pouvoir sur les circonstances, mais chacun en a sur ses choix.»

Je suis Tunisienne.

Je ne connais pas la démocratie.

Je n’ai jamais voté, j’ai toujours refusé de le faire car je considérais qu’il était ridicule de voter à la soviétique pour un seul candidat qui, de toute les manières, sera élu à 99% des voix. A chaque fois que je parlais politique, on me disait «CHUT, Ya benti yezzi, il se peut qu’on soit sous écoute».

Puis vint la Révolution : joie, liesse, effervescence, euphorie, allégresse, bonheur, gaieté, jubilation, satisfaction, exaltation, enchantement, et réjouissance.

Je respire, ma Tunisie respire, on va pouvoir parler, s’exprimer, s’affirmer, récupérer notre dignité perdue durant des décennies…

Finie la répression, les têtes baissées, les représailles, la terreur, la violence, la dépossession illicite des biens.

On va pouvoir reconstruire une Tunisie pillée, volée et vandalisée : on reconstruira une Tunisie solide et nos enfants auront une une vie meilleure : du pain, du travail et de la dignité.

J’ai admiré le courage et la détermination de mes compatriotes hurlant à ZABA de «dégager»

J’ai été fière de voir l’armée tunisienne refuser de tirer sur des civils.

J’ai vu mes compatriotes nettoyer les rues de la capitale après le sit-in exigeant le départ de l’ex-Premier ministre.

Pendant la période du couvre-feu, les Tunisiens ne dormaient pas toute la nuit pour surveiller leur quartier et tous se relayaient mutuellement pour se protéger les uns les autres contre les vols, braquages et pillages de tout genre. Les habitants et habitantes des quartiers leur préparaient de la nourriture ; ils étaient tous fiers et contents considérant que «ouled el houma» devaient reprendre des forces car ils n’ont pas dormi pour assurer leur sécurité.

J’ai aimé (et j’y crois encore) cette solidarité des Tunisiens et Tunisiennes qui se tenaient la main pour réaliser un rêve, un grand : réussir cette Révolution et améliorer la situation de leur pays.

Hommes, femmes, enfants se sont tous soutenus et aidé en acceptant l’autre tel qu’il est : le souci n’a jamais été de savoir si untel faisait la prière ou buvait de l’alcool ou si l’autre était voilée ou non, c’est la solidarité qui a joué et l’intérêt de la TUNISIE qui primait.

Aujourd’hui, la Révolution tant admirée dans tous les pays du monde tourne au vinaigre… au burlesque… la Tunisie est partagée sur un débat on ne peut plus ridicule : le vêtement : voilée? , non voilée? , hijab? , nikab? , sefasari ? et qu’en sais-je ? Ce débat est fortement est accompagné de conflits, de paroles haineuses, d’accusations…. de manifestations de force, de violences verbales et physiques à l’encontre des femmes.

Ces violences s’adressent aussi bien aux FEMMES voilées que non voilées.

L’habit de la femme est devenu la priorité des priorités alors que l’économie tunisienne est à genoux et que la misère et la pauvreté ne font que s’accentuer…

Révolution ou guerre du vêtement ? Révolution ou relance économique ? Il me semble que la relance économique est nettement plus importante.

Alors à toutes les femmes et à tous les hommes LIBRES qui se battent pour notre chère TUNISIE qui a toujours été un pays moderne et modéré, tolérant, une terre d’accueil ouverte à toutes les cultures, apprenons à nous accepter avec nos différences et à nous respecter.

Je ne suis pas voilée mais je respecte toute autre femme voilée, elle est libre, c’est son choix, ce sont ses convictions personnelles : RESPECT

Je ne suis pas voilée : c’est mon choix et ce choix doit également être respecté et non jugé par des discours culpabilisants et par des injures: RESPECT, merci.

Je suis une femme libre et je m’acharnerai à défendre mes acquis, personne ne pourra me les prendre, ni prétendre me les préserver, ils m’appartiennent et je les garde.

«Je suis libre tous les jours, je me sens dans ma tête totalement libre et mes choix se font complètement par conviction. La liberté, on l’a en soi.»

Voilées ou pas, le débat n’est pas celui d’un vêtement, ce qu’il faut c’est nous mettre en tête la chose suivante :

Notre COMBAT est le même (femmes, hommes) : SAUVER NOTRE TUNISIE et la tirer des méandres de l’obscurantisme.

Nous avons fait notre Révolution : des morts sont tombés, leurs mères les pleurent, la Tunisie les pleure. Nous avons réussi à faire fuir un dictateur sanguinaire qui a dévalisé le pays.

Alors respirons et profitons de cette liberté si chèrement payée.

Donnons nous la main, BATTONS NOUS, VOTONS INTELLIGENTS et SURTOUT ne laissons pas d’autres extrémistes de tous bords récupérer la place de ZABA et nous replonger dans le même cauchemar.

Laisser le terrain libre à ces extrémistes c’est faire avorter la Révolution et ce serait bien dommage !

Cela ne pourra se faire qu’en acceptant nos différences et en se respectant mutuellement.

«Se révolter ou s’adapter, il n’y a guère d’autre choix dans la vie.»

Je suis révoltée, étonnée, surprise et je ne n’accepterais jamais le programme des extrémistes, je ne m’adapterais pas mais JE VOTERAIS.

Je voterai comme je l’entends et les extrémistes ne me représentent pas.

C’est mon choix, et si certains le partagent, alors tendez-moi la main et dirigeons-nous ensemble vers les urnes pour voter intelligent…

La Tunisie est à NOUS, nous l’aimons et nous la laisserons jamais entre les mains de ceux qui veulent la détruire : on l’a tous dans nos veines, nos tripes, notre cœur, nous la portons en nous et elle est NOTRE : nous sommes tous ses enfants chéris et nous ne la céderons JAMAIS à ceux qui veulent l’anéantir.

Tunisie chérie , patrie d’amour, on n’est bien que chez TOI et nulle part ailleurs et nous ne te quitterons jamais : nous serons tous aux urnes le 24 juillet et tu rejailliras, BELLE, GRANDE, LIBRE, MODERNE, MAJESTUEUSE et LIBÉRÉE.

Source : « Le Temps » Le 23-04-2011

Tough transition in Tunisia after ‘Arab spring’

 

 

In the new Tunisia, a store window in the capital displays books that were banned under the former regime. Protesters shout for jobs or justice almost daily on tree-lined streets. And after half a century of one-man rule, Tunisians can choose from more than 50 political parties. The freedom that is intoxicating Tunisia comes with a sense of fragility, a fear that it could spin out of control. So helmeted troops backed by armored vehicles stand guard along the central Avenue Bourguiba in Tunis, and some buildings are ringed with barbed wire. Police have sealed off a plaza where Tunisians held days-long sit-ins not so long ago, and have fired tear gas to prevent new rallies there. The contradictions playing out in Tunisia’s streets show how this tiny country’s burst of freedom is marred by a growing anxiety over the future. With elections coming up, liberals worry that democracy will bring the Islamists, perhaps the best-organised political movement in post-revolt Tunisia, to power. Economists fear that continued turmoil will scare off investors and tourists. And activists who helped drive out dictator Zine el-Abidine Ben Ali in January are concerned his die-hard supporters will try to regroup. At stake is more than Tunisia itself. Just as Tunisia’s overthrow of Ben Ali sparked anti-government uprisings across the Arab world, its success — or failure – in moving toward a stable democracy could once again send a strong signal to its neighbors. “Tunisia has particular symbolic value as the first Arab revolution,” said Shadi Hamid, an analyst at the Brookings Doha Centre. “If it (the transition) fails, and you see outbreaks of violence or low-intensity civil conflict, that is going to further the arguments of Arab autocrats that democracy equals chaos and instability.” The eagerness for a free Tunisia is palpable. One morning this week, several dozen activists sipped espressos at a sidewalk cafe on Avenue Bourguiba before their daily protest against the transition government. They said they wanted more drastic change, including swift prosecution of the former oppressors, because they fear Ben Ali’s supporters are plotting to regain power. “We would like to cut with our past,” said Tasnim Dridi, a 22-year-old student of Chinese, her hair covered by a headscarf. Her fellow protesters, drawn together by Facebook, included a woman draped in a red-and-white Tunisian flag, a hairdresser from a provincial town, university students and jobless men in their 20s. The activists then marched across the avenue and shouted through loudspeakers, “Tunisia is for all!” But first, this country of 10.5 million people will need to rebuild a political system from scratch. In coming days, the rules will be finalized for July 24 elections for a national assembly that is to write a new constitution. The assembly will decide, among other things, whether Tunisia gets a presidential or parliamentary system, and whether separation of religion and state becomes part of the law. Ben Ali’s government had nominally permitted some parties and groups to function, but secret police harassed, detained or even tortured activists to squash dissent. The dozens of parties formed or legalized since his ouster cover a wide range of ideologies, including socialist, conservative and Islamic. But with little opportunity in the past to develop, even the Progressive Democratic Party, a political veteran, still has the ad hoc feel of an underground movement. At party headquarters, a cramped walk up in downtown Tunis, Arabic language posters on the wall celebrated recent post-revolt achievements, including the dismantling of the political police and of Ben Ali’s party. A dozen activists huddled in a circle for a strategy session in the main meeting room. “We won the revolution, but we aren’t finished yet,” said Maya Jbiri, No. 2 in the PDP, a center-left faction. “There is a long way to go.” Key to Tunisia’s identity will be whether it defines itself as an Islamic country. Ben Ali and his predecessor, Habib Bourguiba, had kept Islamists in check, clamping down on political Islamic groups and discouraging women from wearing headscarves. The country has a strong secular feel today, even though 98 percent of its people are Muslim. A majority of women are not veiled, and Friday, the Muslim day of rest, is part of the work week here. But many eyes are on Ennahda, a mainstream Islamic party that was outlawed for years under Ben Ali. From his modest home in a middle-class neighbourhood, Ennahda’s secretary general, Hammadi Jebali, said the party’s commitment to democracy is genuine. “We don’t want a new dictator, whether Islamist or communist,” said Jebali, who was imprisoned by Ben Ali for 16 years. “If the people choose us, with democratic means, to lead the government, we won’t change.” Jebali does not believe in the separation of religion and state. Yet he easily shook hands with female visitors, an unusual gesture for a devout Muslim. Sofiane Chourabi, a Tunisian political analyst, said he believes Ennahda could win a majority in the new assembly. The movement is well-organized, unlike most of its rivals, and is gaining sympathy because its activists were persecuted by Ben Ali, said Chourabi, a member of the committee drawing up the new electoral law. Secular Tunisians watch Ennahda’s rise with trepidation. Moufida Belgith, a lawyer for the Democratic Women’s Association, says she is worried that Islamists, freed from Ben Ali’s shackles, will exploit democracy and impose beliefs that restrict women. She said she would like to ban Islamic groups, but that she cannot say so “because of democracy.” “At the moment, groups like Ennahda say they are for the rights of women, but I think that’s just a strategy in order to change the system,” she said. Islamists, in turn, fear that a small secular elite is trying to marginalize them. On a recent afternoon, hundreds of men wearing beards, white prayer caps or long robes marched to the barbed wire-ringed Interior Ministry on Avenue Bourguiba, chanting “Allahu Akbar,” or God is great, and kneeling in mass prayer on the pavement. Three soldiers watched from their perch atop a nearby tank. The Islamist protesters complained that the transition government hadn’t done enough to lift restrictions on religious observance. One man in a gray robe said he wants to see an Islamic state established. Politics aside, the uprising has hurt Tunisia’s economy. Tarek Hamza, a hotel porter, lost his job because the unrest scared off many foreign visitors, and the 43-year-old has to live with his parents because he can’t afford a place of his own. “We can’t rebuild the Tunisian economy if there are protests every day,” he said, as he watched demonstrators. Nearby, seven British tourists listened as a guide pointed to Avenue Bourguiba sites linked to the uprising. Nine others in their group had decided to stay home, they said. Tourism employed 10 percent of the working age population before the revolt, but tourism revenues dropped by 40 percent from January to February. A recent opinion poll showed that although a majority of Tunisians are interested in taking part in political life, their top priorities are restoring security and jobs. Unemployment had already risen to 14 percent before the revolt and now is likely higher. The uprising has cost Tunisia hundreds of millions of dollars, estimated economist Hafedh Ben Abdennebi, though he and others said the longer-term outlook is good because of Tunisia’s educated work force and strong ties to Europe. Before the revolt, Tunisia’s economy posted some growth, but not to its full potential because of widespread corruption, economists said. They described a system in which Ben Ali and his cronies muscled their way into major business ventures, and ordinary Tunisians had to pay bribes for anything from landing a teaching job to obtaining a favorable court ruling. The interim government has dismantled the political police as well as Ben Ali’s party, the RCD, and set up a committee investigating corruption. But Sihem Bensedrine, a leading civil rights activist, said Ben Ali supporters remain in powerful positions, including in the judiciary and as advisers to the prime minister. The committee probing corruption refuses to say whom and how it is investigating, she said. “We have the same administration dominated by Ben Ali’s guys, until now,” she said. “We cut the head, but the body is still there. They are still powerful.” For some of Tunisia’s poorest, the ouster of Ben Ali may have made everyday life worse. Najet Ayari, a 54-year-old widow who shares a two-room shack in Tunis’ Jabal al-Ahmar slum with her 19-year-old daughter Nadia, said she does not miss the old regime but has no hope things will improve. Standing in a tiny courtyard crisscrossed by laundry lines, she said crime and drug-dealing are up because police have been distracted. With two grown sons in prison for criminal offenses, she is struggling to get by on a pension of roughly $50 a month. Across town, in the Al Kitab bookstore on Avenue Bourguiba, owner Jamila Amar is more optimistic. Her main fear is the rise of Ennahda, and she said a recent dinner table argument with a relative who supports the movement really had her spooked. Still, she said, a huge burden has been lifted. “You can say what you think, you can give your opinion,” she said. “It’s like springtime.”

Source: ”The Malta independent online” Le 23-04-2011

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