23 avril 2006

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TUNISNEWS
6 ème année, N° 2162 du 23.04.2006

 archives : www.tunisnews.net


Voix Libre: Deux journalistes tunisiens en grève de la faim AISPP: Appel urgent pour sauver la vie d’un prisonnier politique en danger AISPP Politiques: Liberté pour Tarek Hajjam

Neila Charchour Hachicha: Combattre pour parler: La Tunisie VS un droit fondamental

A propos d’une dérive (signatures actualisées) Le Temps: Jamel Tlili : « Un congrès unificateur pour redorer le blason de l’organisation » Le Temps: Avril 1828L’ampleur politique d’une simple altercation entre un Français et le fils du Mufti

Assafir: Samir El Kantar entame sa 28ème année d’emprisonnement par Israël


 
 Voix libre  
Paris le 23 avril 2006

Deux journalistes tunisiens en grève de la faim

Voix libre dénonce encore une fois le verrouillage systématique de tout espace de liberté en Tunisie, et l’entêtement du régime à traiter par le mépris toute velléité de contestation. Les victimes du régime tunisien recourent depuis des années aux grèves de la faim, seul moyen possible pour attirer l’attention à leurs souffrances. Après les prisonniers politiques et les défenseurs des droits de l’homme, des journalistes tunisiens se trouvent contraints à leur tour à recourir à ce moyen pour protester  contre l’arbitraire et l’injustice. Madame Chehrazède AKACHA et Monsieur Slim Boukhdhir, journalistes tunisiens, harcelés et empêchés d’exercer  leur métier ont entamé une grève de la faim depuis deux semaines, et ce en dépit des graves conséquences sur leurs états de santé. Voix libre exprime sa totale solidarité et son soutien aux deux journalistes, à l’ensemble des défenseurs des libertés fondamentales en Tunisie, et appelle les autorités tunisiennes à cesser immédiatement ce harcèlement et de permettre à Madameme Chehrazède AKACHA et Monsieur  Slim Boukhdhir  d’accomplir leur devoir. Dr Ahmed AMRI, président. Voix Libre Organisation Oeuvrant pour les Droits de l’Homme 27 rue rue Clement Perrot 94400 Vitry sur seine- France Tel : 33 6 26 37 49 29   Fax : 33 1 43 63 13 52 tunis_la@yahoo.fr
 

Sauvez la vie de Mohammed Abbou Sauvez la vie de tous les prisonniers politiques

Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques

33 rue Mokhtar Atya, 1001, Tunis

Tel : 71 340 860, fax : 71 351 831

Appel urgent pour sauver la vie d’un prisonnier politique en danger

 La famille du prisonnier politique Fethi Aïssaoui a lancé un cri d’alarme à toutes les consciences afin qu’elles interviennent pour faire libérer leur fils, Fethi Aïssaoui, atteint d’un cancer du larynx qui s’est développé faute des soins requis depuis neuf ans et de l’absence d’intervention chirurgicale.

Sa famille se plaint de ce qu’il n’ait pas reçu de soins en dépit de leurs courriers à répétés aux autorités concernées à tous les niveaux. Il purge une peine de longue durée pour son appartenance au mouvement de la Nahdha.

Lorsqu’il a été écroué, il ne souffrait d’aucune maladie et il a été atteint par une affection maligne suite à la surpopulation, l’absence d’aération, la fumée et l’absence de séparation entre fumeurs et non-fumeurs, la nourriture mise dans la vaisselle en plastique. Les symptômes de la maladie sont apparus il y a neuf ans, des années après son incarcération. Il souffre depuis lors d’étouffement en raison de la fumée et que le fait que les prisonniers soient obligés d’utiliser des moyens rudimentaires pour réchauffer la nourriture : des lampes à huile, soit des mèches de coton ou de laine trempées dans l’huile.

L’AISPP appelle les autorités compétentes à satisfaire la revendication de libération du prisonnier politique Fethi Aïssaoui, afin de permettre à sa famille de le faire soigner à ses frais.

L’absence de traitement a entraîné une aggravation de son état, parvenu à un stade dangereux nécessitant une intervention urgente. L’AISPP en fait porter la responsabilité aux seules autorités pénitentiaires.

Le président de l’Association

Maître Mohammed Nouri

(Traduction ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)


Sauvez la vie de Mohammed Abbou Sauvez la vie de tous les prisonniers politiques Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques 33 rue Mokhtar Atya, 1001, Tunis Tel : 71 340 860, fax : 71 351 831 Appel urgent Tunis, le 22 avril 2006

Liberté pour Tarek Hajjam

L’AISPP a appris que le prisonnier Tarek Hajjam, écroué à la prison de Tunis à la suite de sa livraison par les autorités italiennes, était dans un état de santé extrêmement critique. Le 24 mars dernier, des lésions cérébrales ont entraîné une hémiplégie du côté gauche. Le rapport médical rédigé par le Dr Alberto Tomasini, daté du 9 octobre 2003, atteste que Tarek Hajjam a été atteint pour la première fois en mars 2002 et que son état avait alors nécessité son hospitalisation dans une clinique neurologique rattachée à l’hôpital de Bologne. Il y est resté douze jours. A sa sortie, il a été envoyé dans un centre d’études et de recherches en psychologie de l’université de Bologne, qui l’a suivie régulièrement depuis lors. Il a été mis sous traitement psychologique et antiépileptique. Le Dr Ferardi, responsable à l’hôpital Nanni de Bologne atteste que monsieur Tarek Hajjam est atteint d’affections complexes, imbriquées, de nature organique, qui se manifestent par des actes incohérents et une maladie aiguë caractérisée par un déséquilibre, des états délirants accompagnés de crises d’épilepsie. Son avocat, Me Samir Ben Amor, qui lui a rendu visite à la prison de Tunis,  a informé que son état de santé requiert une intervention urgente pour le sauver de l’hystérie dont il souffre. Il est totalement incapable de se prendre en charge, ne peut ni bouger ni parler. L’AISPP considère que le maintien en prison d’un malade mental atteint d’hémiplégie est contraire aux principes fondamentaux des lois tunisiennes. Elle exige son hospitalisation et l’arrêt de son procès. Me Ben Amor a informé qu’un jugement par contumace avait été prononcé à son encontre en 1999, le condamnant à 10 ans d’emprisonnement pour sa participation à la guerre de Bosnie, au cours de laquelle il a été atteint, et qu’une affaire en opposition était pendante devant le tribunal militaire permanent de Tunis. Le président de l’Association Maître Mohammed Nouri (Traduction ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)
 

A l’attention publique

 

Après la publication de “Fighting to speak” et sa version française sur le site du PLM, le régime tunisien m’a tout simplement et illégalement censuré de nouveau.

 

Cela démontre clairement le refus du régime de respecter la liberté d’___expression de ses citoyens ainsi que son total refus d’accepter une quelconque critique fondée qui lui est dirigée. Comment peut-il dans ces conditions voir ou corriger ses propres erreurs et ses propres dérives?

 

La réouverture de mes sites n’était en réalité qu’un geste visible, loin de toute sincérité, alors que ce même régime continue de menacer ma famille pour me faire taire. Il a suffit que je le dénonce pour qu’il censure de nouveau.

 

Un régime qui ne dialogue pas et ne répond pas a ses citoyens et tout simplement un régime irresponsable car pour être responsable, il doit être en mesure de répondre publiquement et non de censurer ou de terroriser sournoisement ses citoyens.

 

*****

 

http://www.plmonline.info/id328.html

 

 

Combattre pour parler

La Tunisie VS un droit fondamental

 

Par Neila Charchour Hachicha

Le 21 Avril 2006

 

Tunis, Tunisie. — Cela fait plus de deux ans que le Président Bush a demandé au Président Tunisien Zine El Abidine Ben Ali de permettre les libertés politiques et de libérer la presse. Ben Ali a ignoré la demande de Bush. Il n’y a eu aucune réforme substantielle. Ben Ali a plutôt augmenté l’oppression sous couvert de combattre le terrorisme. En réalité, ce n’est pas le terrorisme que le régime tunisien combat ; son courroux est dirigée même vers les voix les plus modérées et les plus pacifiques.

 

En janvier, j’ai parlé à Washington de la nécessité de la liberté d’___expression pour rendre crédible n’importe quel processus démocratique. Gagner la bataille de la liberté d’___expression signifie gagner un pas irréversible vers la démocratie.

 

Lorsque je suis rentrée en Tunisie, le gouvernement tunisien a voulu se venger. Ils ont évité ma personne, mais ils ont visé ma famille. Je suis devenue selon l’___expression de Michael Rubin, chercheur à l’AEI, un « cas d’exemple » pour vérifier le sérieux de la Maison Blanche à réellement vouloir promouvoir la démocratie et l’Etat de Droit. Le Département d’Etat du haut de son podium a fait une déclaration publique qui a mis l’accent sur mon cas et celui de Mohamed Abbou, un journaliste emprisonné, (actuellement sur le point de périr à cause d’une une longue grève de la faim) après avoir critiqué Ben Ali.

 

La pression fonctionne, mais uniquement si elle est soutenue. Après la déclaration du Département d’Etat, la réaction tunisienne a été de cesser sa censure illégale de mes sites web. C’est un bon premier pas, mais la réouverture de mes sites n’est pas le but. Le gouvernement tunisien devrait cesser de censurer tout site politique pacifique. Alors que mes sites ont été débloqués, le serveur local tunisien Planet continue de bloquer ma connexion régulière à Internet. Ce n’est pas par hasard que Planet appartient à la fille de Ben Ali.

 

Le régime tunisien a lancé une campagne sans précédent contre mon époux. Le 29 Avril, ils l’enverront en prison pour 10 mois pour violation de zone agricole (La Soukra). Une offense sans aucun précédent d’incarcération. Son avocat a démissionné avant même le recours en appel. Aucun avocat ne peut se permettre se s’impliquer en sachant que le verdict sera dicté par le régime.

 

D’autres harcèlements continuent. Plusieurs témoins ont vu la police me confisquer ma voiture; la police renie son implication et prétend que ma voiture a été volée. Puis, en présence de deux huissiers notaires, la police a refusé de me remettre une attestation de perte qui est nécessaire pour l’assurance. Lorsque les huissiers notaires ont questionné la police sur la raison de ce refus, nous avons été mis à la porte.

 

C’est ce type d’harcèlement qui vient à bout de tout Tunisien ordinaire. Le 16 Avril, le Syndicat des Journalistes Tunisiens a diffusé un communiqué pour annoncer que Selim Boukhedir, encore un autre journaliste démis de ses fonctions pour crime de penser, a déjà perdu huit kilos en deux semaines de grève de la faim. Quiconque insiste expressément sur la liberté d’___expression ou d’association fait face à des punitions arbitraires et illégales. A ce jour, j’ai eu de la chance. D’autres Tunisiens chuchotent sur des cas de viol, d’incendie, de mise de drogue dans les bagages et ainsi de suite. Ceci ne devrait pas être acceptable au 21ème siècle.

 

En parlant de liberté d’___expression, j’ai été naïve. Je ne réalisais pas à quel point le régime pourrait y être sensible. Maintenant, je n’ai plus que le choix de continuer. Ils menacent mon époux et ont voulu humilier ma fille, chose qu’aucune mère ne peut tolérer. Je ne pensais pas devoir écrire article après article pour m’assurer que notre souffrance, celle de Mohamed Abbou et d’innombrables autres personnes, ne passeraient pas inaperçues.

 

Le libéralisme périra, à moins que la Maison Blanche et ses alliés européens ne continuent à mettre la pression pour protéger la sécurité des libéraux arabes. Lorsque Rumsfeld a visité ben Ali en Février, il a seulement parlé de renforcements des liens militaires. Mais une vraie stabilité et une vraie sécurité, exigent un certain degré de liberté.

 

Ben Ali écoutera le monde extérieur seulement s’il croit que ses mises en garde sont sérieuses. Le Quai d’Orsay n’a exprimé qu’une timide déclaration lorsque des forces de sécurité tunisienne ont agressé le journaliste français Christophe Boltansky pour avoir informé sur les attaques contre la liberté d’___expression durant le Sommet Mondial sur la Société de l’Information. Si l’étranger ne se mobilise même pas pour ses citoyens, alors pourquoi le gouvernement tunisien s’inquiéterait-il de l’opposition lorsqu’il opprime des Tunisiens ? Après tout, comme l’a dit l’Ambassadeur tunisien à Washington à l’AEI, pourquoi Washington s’inquièterait pour « une personne sans aucun effet » comme moi ? Le gouvernement tunisien pourrait dire que nous sommes Islamistes – je ne le suis certainement pas – ou alors, pour convaincre les officiels étrangers, prôner que toute l’opposition est radicale, réactionnaire et irresponsable. C’est une vieille tactique et les professionnels expérimentés ne devraient pas s’y laisser prendre.

 

De nouveau la Maison Blanche se trouve à la croisée des chemins. Non seulement en Tunisie mais ailleurs aussi dans le monde Arabe, les libéraux et les dissidents attendent. Sans liberté d’___expression et de presse, les réformateurs ne peuvent construire une crédibilité et une légitimité. Ben Ali devrait entreprendre les réformes et non les rejeter.

 

Nous ne demandons pas beaucoup, nous demandons juste l’assurance de ne pas être abandonnés lorsque nous réclamons la liberté d’___expression. Ne vous inquiétez pas pour le déshonneur, nous sommes déjà déshonorés pour tenter de recouvrir nos droits. Les ambassadeurs américains de toute la région ne devraient pas hésiter à rencontrer des membres de la société civile ou de se lever pour les prisonniers de conscience, tout comme ils l’ont déjà fait en Union Soviétique.

 

Je ne sais pas ce qu’ils nous feront à mon époux et à moi-même dans les semaines à venir. J’espère que Washington, Paris et les organisations des Droits de l’Homme ne permettront pas que les dissidents soient sacrifiés sur l’autel de la realpolitik. Nous ne devrions pas souffrir pour des commentaires aussi inoffensifs ou pour avoir parlé dans des forums professionnels à Washington. Ceux d’entre nous qui luttent pour la défense des libertés en Tunisie ont apprécié l’aide du Département d’Etat. Nous espérons qu’elle continuera même si le régime tunisien boude Bush. Quoiqu’il arrive, j’espère que vous prierez pour ma famille et pour nous tous en Tunisie.

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Fighting to Speak

Tunisia vs. a fundamental right

 

By Neila Charchour Hachicha

National Review Online

April 21, 2006, 6:32 a.m.

Tunis, Tunisia. — It has been more than two years since President Bush requested Tunisian President Zine El Abidine Ben Ali to allow political freedoms and freedom of the press. Ben Ali ignored Bush’s request. There have been no substantive reforms. Rather, Ben Ali has increased oppression under the guise of combating terrorism. In reality, it is not terrorism the Tunisian regime is combating; its wrath is directed at even the most moderate and peaceful political voices.

In January, I

spoke in Washington about the necessity of freedom of speech to make credible any democratic process. Winning the battle of freedom of speech would be to win an irreversible step toward democracy.

When I returned to Tunis, the Tunisian government sought revenge. They spared me, but

targeted my family. I became, in the words of American Enterprise Institute resident scholar Michael Rubin, a « test case » to see how serious the White House was about promoting democracy and the rule of law. The State Department issued a « from-the-podium » statement which highlighted my case and that of Mohamed Abbou, a journalist imprisoned (and currently near to death from a long hunger strike) after criticizing Ben Ali.

Pressure works, but only if it is sustained. After the State Department’s

statement, the Tunisian reaction was to stop its illegal censorship of my websites. It is a good first step, but my website is not the issue. The Tunisian government should end censorship of all peaceful political websites. While my website is unblocked, the Tunisian local server Planet continues to block my regular Internet connection. It is not by coincidence that Planet is owned by Ben Ali’s daughter.

The Tunisian regime has launched an unprecedented campaign against my husband. On April 29, they will send him to prison for ten months for the equivalent of a real-estate-zoning violation, an offense on which there is no precedent of incarceration. His lawyer resigned before the appeal could be heard. No lawyer can afford getting involved, knowing that the verdict will be dictated from the regime.

Other harassment continues. Multiple eyewitnesses saw the police confiscate my car; they denied their involvement and said it was stolen. Then, in the presence of two public notaries, the police refused to issue the standard statement necessary for insurance. When the notaries inquired upon what grounds they refused to issue a copy of their statement, they kicked us out.

It is this type of harassment that subjugates ordinary Tunisians. On April 16, the Tunisian Journalist Union put out a press release to announce that Selim Boukhedir, another journalist unfairly dismissed for thought crimes, already lost eight kilograms in the first two weeks of his hunger strike. Anyone who pushes too hard for freedom of speech or freedom of assembly faces arbitrary and unlawful punishment. So far I have been lucky. Other Tunisians whisper about instances of rape, arson, the planting of drugs in luggage, and so forth. This should not be acceptable in the 21st century.

When I set out speaking about freedom of speech, I was naïve. I did not realize just how sensitive the regime would be. Now, I have no choice but to continue. They have threatened my husband and sought to humiliate my daughter, something no mother can tolerate. I never expected to have to write article after article to make sure our suffering, and that of Mohamed Abbou and countless others, did not pass unnoticed.

Liberalism will perish unless the White House and its European allies keep up the pressure to keep Arab liberals safe. When Rumsfeld visited Ben Ali in February, he

spoke only of strengthening military-to-military ties. But true stability and security requires some degree of freedom. Ben Ali will listen to the outside world if he believes that its warnings are serious. The Quai d’Orsay offered only a timid statement when Tunisian security forces assaulted French journalist Christophe Boltansky for having reported on the Tunisian government’s speech crackdown ahead of the World Summit on the Information Society. If outsiders are not even going to stand up for their own citizens, then why should the Tunisian government worry about opposition when they oppress Tunisians? After all, as the Tunisian ambassador to Washington told the American Enterprise Institute, why should Washington worry about « a person of no consequence » like me? The Tunisian government may say we are Islamists — I certainly am not — or cherry-pick statements to convince foreign officials that all opposition is radical, reactionary, or irresponsible. It is an old tactic, and experienced professionals should not fall for it.

The White House again stands at a crossroad. Not only in Tunisia but elsewhere in the Arab world, liberals and dissidents are waiting. Without freedom of speech and press, reformers cannot build credibility and legitimacy. Ben Ali should embrace reform, not repel it. We don’t ask for much — just the assurance that we will not be abandoned if we ask for freedom of speech. Do not worry about stigma; we are already stigmatized for seeking our rights. U.S. ambassadors throughout the region should not hesitate to meet with members of civil society or stand up for prisoners of conscience, just as they once did in the Soviet Union.

I do not know what they will do to me and my husband in the weeks to come. I hope that Washington, Paris, and human-rights organizations will not allow dissidents to be sacrificed upon the altar of realpolitik. We should not suffer for comments as innocuous as ours, or for speaking out in professional forums in Washington. Those of us who struggle in defense of freedom in Tunisia appreciate the help of the State Department. We hope it will continue, even as the Tunisian regime thumbs its nose at Bush. And regardless of what happens, I hope that you will pray for my family and for all of us in Tunisia.

Neila Charchour Hachicha is the founder of Tunisia’s Parti Libéral Méditerranéen

URL: http://www.plmonline.info/id327.html


A propos d’une dérive (signatures actualisées)

 

L’opposition tunisienne vit une recomposition sans précédent dans son histoire récente. Une profonde division est en train de cliver le paysage démocratique après l’« alliance » – plus ou moins avouée-, contractée par une grande partie de l’opposition avec le courant islamiste d’An-Nahdha.

Sans obédience partisane, mais appartenant à la famille de la gauche démocratique tunisienne, et croyant en sa pérennité comme un ferment de la culture démocratique en Tunisie, les signataires de ce texte tiennent à s’exprimer sur ce remue-ménage qui agite la gauche et toutes celles et ceux qui se réclament de la démocratie et de la laïcité en Tunisie :

1. Nous voulons, d’abord, réaffirmer que le cap d’une opposition ferme et sans ambiguïté à l’autoritarisme, à l’omnipotence du parti au pouvoir, à la privatisation rampante de l’Etat et à la corruption, doit être maintenu. C’est le seul choix pour redresser le pays, imposer le respect des droits humains, impulser une véritable démocratisation des institutions et engager la société tunisienne sur la voie de la justice sociale.

2. La liberté d’___expression, la liberté d’association, l’amnistie générale et la libération de tout(es) les détenu(es) politiques, cette triple revendication est, en effet, le socle indérogeable pour toute vie démocratique future dans le pays et pour l’émergence d’une citoyenneté tunisienne véritable. C’est le sens même du combat de notre peuple pour l’émancipation nationale que le bourguibisme et ses avatars ont confisqué depuis l’Indépendance.

3. La citoyenneté c’est l’accès de toutes et de tous à tous les droits, pour reprendre le beau mot d’ordre de la LTDH. Toutes les Tunisiennes et tous les Tunisiens sans exclusives. La scène démocratique doit pouvoir accueillir toutes les sensibilités pour peu qu’elles acceptent la règle du jeu pluraliste et rejettent la violence et l’anathème. A cet égard, le mouvement islamiste an-Nahdha doit pouvoir jouir du droit à l’existence et à l’___expression libre dans la légalité démocratique, au même titre que toutes les composantes de l’opposition non-reconnue ou à peine tolérée, et participer ainsi aux débats, à la confrontation d’idées, qui sont l’essence même de toute démocratie.

4. Le débat démocratique est une chose, l’alliance à tout prix en est une autre. Nous ne sommes pas convaincu(es) que l’option du « Collectif du 18 octobre pour les droits et les libertés » (relayé par une structure homologue à Paris) soit opportune ni pertinente. Que le mouvement an-Nahdha dise se rallier à la règle de l’alternance pacifique et s’abstenir de toute violence, qui s’en plaindrait ? Mais, pour que ce mouvement ait sa place au sein de la famille démocratique, il faudrait qu’il renonce à son projet d’Etat islamique dont on connaît les redoutables conséquences pour la démocratie et les droits humains. Auquel cas, an-Nahdha ne serait plus vraiment un parti islamiste. Et cela se saurait.

Au moment même où il célèbre les « épousailles » avec « l’opposition sérieuse », le mouvement an-Nahdha, par la plume de ses figures les plus autorisées, continue à vouer aux gémonies tous les démocrates et tous les ‘ilmaniyîn [1] et à se vanter du recul de la si haïssable « Ilmaniya » face à la déferlante islamiste dans le monde musulman.

Au moment même où il annonce sa conversion à un fiqh du « juste milieu » (wasat), il ne rate pas une occasion pour réaffirmer la fidélité aux pères fondateurs du fondamentalisme dans sa version la plus obscure.

Au moment même où il déclare son ralliement au règlement pacifique des conflits politiques, le mouvement islamiste tunisien ne renie pas son soutien aux fauteurs de guerres civiles et aux assassins de démocrates dans le monde musulman.

Au moment même où il proclame soutenir la cause des femmes et consentir au Code du statut personnel[2], il continue de « promouvoir la minoration » des femmes et, à l’occasion, de prôner la polygamie sous d’autres cieux.

Bref, les islamistes tunisiens acceptent tout mais ne renoncent à rien. Il ne s’agit pas d’une tactique du double langage, comme certains le leur reprochent, mais d’une politique double qui assume les deux volets : le démocratisme de circonstance et la fidélité à l’identité intégriste de l’islam politique. Finement théorisée, cette politique est légitimée par « la nécessité » (dharoura) et par la « naturalisation » du despotisme assimilé aux catastrophes et aux famines. L’alliance contre-nature avec les « Ilmaniyin » apparaît ainsi pour ce qu’elle est : une démarche dérogatoire pour faire face à une situation d’exception. En dehors de cela, l’identité est sauve et le programme d’islamisation de l’Etat et de la société est intégralement maintenu.

5. Que dire, dès lors, de la précipitation avec laquelle certaines formations politiques et associatives et certaines figures indépendantes connues pour leur attachement à la laïcité et à la démocratie ont signé ce qu’il faut bien appeler un manifeste d’alliance avec le mouvement de M. Rached Ghannouchi ? Appelons cela un syndrome… de maux récents ou ataviques :

· Passons sur le pari géopolitique autour de desseins imaginés pour nous par des puissances « tutélaires » et où la donne de « l’islamisme modéré » est considérée comme incontournable. Certains membres des « collectifs » ne s’en cachent pas. Ce n’est pas une raison pour soupçonner les autres. En tout état de cause, nous n’avons pas à sonder les intentions des uns et des autres et encore moins à pointer le « recours aux puissances extérieures » comme certains ont pu fâcheusement l’insinuer.

· Sans doute faut-il rapporter cette impatience à une volonté « de faire bloc » face à l’irrédentisme et aux exactions continuelles du pouvoir. Là encore, malgré les embarras de certains de nos amis qui récusent le mot « alliance », la démarche est symptomatique d’un vieux travers de notre gauche : le goût de la politique sans les idées ; en l’occurrence, il serait de bonne politique de « faire nombre » quitte à gommer les frontières entre la vision séculière de la politique et le fanatisme, entre l’horizon universaliste et l’enfermement identitaire, entre la religion et la théocratie ; en un mot, entre démocratie et non-démocratie.

· Ces démocrates donnent ainsi l’impression d’être dans l’incapacité de développer un projet alternatif et à la politique autoritaire du régime et au projet totalitaire de l’islam politique : quand la peur de l’islam politique l’emportait, certains se sont alignés derrière le pouvoir jusqu’à fermer les yeux sur sa politique répressive et ses violations inadmissibles des droits de la personne ; aujourd’hui, face à un pouvoir qui n’a rien compris, on tend la main aux islamistes.

· Peut-être faut-il y voir aussi les survivances d’autres mauvaises habitudes : la fébrilité, l’esprit de chicane et, pourquoi ne pas le reconnaître, la persistance d’une culture peu démocratique dans le traitement des divergences au sein de la gauche elle-même. Il est assez significatif d’entendre aujourd’hui les promesses péremptoires de débats de fond avec l’islamisme, alors que le même débat a été différé, sinon escamoté, au sein même de la gauche et de la mouvance démocratique.

· Ce qui est en cause, c’est peut-être la manière dont la gauche s’est convertie à la culture « démocratique » : le bricolage idéologique, l’occultation de la mémoire, Le mépris des intellectuels, considérés tout au plus comme des « idiots utiles », et plus généralement le divorce avec le monde de la culture… L’horizon du court terme toujours recommencé dans lequel la gauche se retrouve cantonnée, explique un peu l’alliance politicienne avec l’islam politique.

6. Débattre avec les islamistes ? Certes oui. La gauche ne peut éternellement camper sur une posture défensive. Il s’agit de faire un sort à l’insupportable procès en éradication intenté à toutes et à tous les démocrates et repris par certains de nos amis qui n’hésitent plus à annexer le registre islamiste. On le sait, les premières défaites commencent par les mots.

Le débat oui, car l’islam n’est pas l’islamisme et l’instrumentalisation idéologique et politique de la foi doit être récusée.

Le débat frontal est non seulement souhaitable mais nécessaire afin de redonner du sens au choix démocratique, de renouer avec les idées et les projets de société constitutifs de tout engagement à gauche. Ainsi seulement, nous pourrons contribuer à féconder une culture démocratique qui fait tellement défaut à la société civile tunisienne.

Le débat que l’on nous promet n’est pas de ce type : il postule le consensus avant toute discussion et finalise le débat d’emblée en nous mettant sur les rails d’on ne sait quel « pacte démocratique » avec l’islam politique. Ce débat est si mal engagé qu’il commence par exclure les composantes « récalcitrantes » de la société civile, à commencer par le mouvement féministe. Tout se passe comme si le « dialogue » contractuel avec l’islamisme prime tout autre impératif : la défense de la société civile et de ses acquis universalistes et laïques et, au-delà de tout, l’unité, dans la diversité, du camp de la démocratie.

7. Que l’on nous entende bien : de près ou de loin, nous avons partagé les rêves, l’aventure et jusqu’aux déboires de la gauche tunisienne. Notre exigence procède de cet attachement. Nos inquiétudes aussi.

Signataires : 

 Hichem Abdessamad, chercheur en sciences politiques   Hafedh AFFES, enseignant, militant associatif   Mohamed Hedi AFIF, enseignant   Najoua AGREBI, avocate   Naceur AJILI, syndicaliste   Ghassen AMAMI, étudiant Nizar AMAMI, syndicaliste   Sami AOUADI, universitaire, syndicaliste   Saida AOUN, médecin, ATFD   Noureddine BAABOURA, juriste   Chedli BAAZAOUI, syndicaliste   Maher BACCOUCHE, Gérant d’entreprise   Nejib BACCOUCHI, doctorant en philosophie   Feyez BAFFOUN, étudiant, ACDR   Sami BARGAOUI, universitaire   Abdelmajid BARGOUTHI, poète   Chokri BELAÏD, avocat   Larbi BELARBI, Militant démocrate, responsable syndical de la Fédération des Finances de l’UGTT   Mirfet BELHAJ FEKIH, enseignante   Fathi BEL HAJ YAHIA, Professionnel de l’Enseignement privé   Souhayr BELHASSAN, Journaliste, LTDH   Rachid BELLALLOUNA, urbaniste   Sana BEN ACHOUR, professeur de droit public   Nabil BEN AZZOUZ, enseignant, ancien Directeur de la FTCR   Hachemi BEN FREJ, ingénieur   Mohamed BEN HENDA, Comité des Tunisiens en Suisse (CTS)   Jalloul BEN HMIDA, rédacteur en chef de N@ros, membre du Comité pour le respect des droits de l’homme et des libertés en Tunisie (CRLDHT)   Abdelatif BEN SALEM, traducteur   Nejib BEN TAZIRI, militant associatif   Hajer BOUDEN, universitaire   Jamel BOUSSOFFARA, militant progressiste   Mohamed BOUZID, Comité Tunisie en Suisse   Nadia CHAABANE, féministe, militante associative   Fethia CHAARI, membre de l’ATFD   Raouf CHABBI, universitaire   Raja CHAMEKH, réfugiée politique   Fatma CHERIF, assistante cinéma   Khedija CHERIF, universitaire, membre de l’ATFD   Tahar CHIKHAOUI, universitaire   Sofiène Chourabi, étudiant, actif au sein de RAID ATTAC Tunisie   Bilel DALI   Amira DEBBECHE, enseignante, ATFD   Sarra DOUDECH, ATFD   Safia Farhat, militante droits des femmes/ droits humains – ATFD   Zeyneb Farhat, professionnelle du spectacle Jawhar FEKIH, militant associatif   Raja FENNICHE, universitaire   Mohamed Cherif FERJANI, professeur de sciences politiques   Mrad Gadhoumi, militant associatif   Saïda GARRACH, avocate, ATFD   Omar GASMI, juriste   Bechir GHARBI, ATF 74   Ayoub GHEDAMSI, vice président de l’UGET Chedlia HAMMADI, éducatrice, militante associative   Sonia HAMZA, fonctionnaire   Dhafrallah HBABOU, agriculteur   Mongia HEDFI, militante ATFD   Fathia HIZEM, enseignante   Habib JALOUALI, gérant d’entreprise   Hayet JAZZAR, avocate, ATFD   Taoufik JEBALI, comédien   Jamel JLASSI, enseignant   Bakhta JMOUR, ATFD   Halima JOUINI, militante droits des femmes/ droits humains – ATFD   Ibtissem JOUINI, biologiste, ATFD   Hedia JRAD, ATFD   Souhaila KAMOUN, doctorante, ATFD   Anouar KANZARI, étudiant   Salem KHALIFA, Technicien de Bureau Étude   Habib KHEMIRI, avocat   Nizar KHLIF   Nadhem KHRIJIi, membre du bureau de l’ATF   Latifa LAKHDAR, universitaire   Dalenda LARGUECHE, universitaire   Abdelhamid LARGUECHE, universtaire   Hamda MAAMER, membre de la LTDH   Safa-Eddinne MAATALLAH, militant démocrate   Insaf MACHTA, universitaire   Moncef MACHTA, universitaire   Rafiâa MACHTA, enseignante   Mohamed MANSAR, militant associatif   Souad MARZOUK, fonctionnaire   Rym M’HADHBI, ATFD   Faycel MHIMDI, étudiant Faouzi MKADEM, avocat   Najet MIZOUNI, universitaire   Moufida Missaoui, étudiante, Allemagne   Farah MONTASSAR, avocat   Anis MSELLEM   Abdelaziz MZOUGHI, avocat   Ibrahim NSIRI, chercheur en communication   Amel OMRI, étudiante   Fawzi OUERGHI, président du Cercle des Tunisiens des deux Rives (CTDR, Marseille)   Jaouhar OUESLATI, enseignant   Ramzi OUESLATI, formateur, membre du CRLDHT   Mahfoudh OUSSI, enseignant   Abdelaziz REBAI   Chahrazad REHAIEM, artiste peintre   Massaoud ROMDANI, LTDH   Jalel ROUISSI, universitaire   Mouldi SABRI, avocat   Anissa SAIDI, ATFD   Yousra Seghir, universitaire   Sami SOUIHLI, médecin, syndicaliste   Mustafa TLILI, universitaire, militant des droits de l’Homme,   Najet TNANI, universitaire Chedli ZAYDI, avocat   Houda ZEKRI, étudiante   Bouraoui, ZEGHIDI, cadre de banque   Meriem ZEGHIDI, étudiante, militante de l’ATFD   Mounir ZEMNI, enseignant, militant associatif   Omri ZOUAOUI, UGET   Pour toute nouvelle signature contact noconsensus@yahoo.fr   ——————————————– [1] Vocable désignant dans le lexique islamiste les laïques et plus généralement tous ceux et toutes celles qui ne sont pas islamistes, y compris parfois les démocrates renonçant à la revendication laïque   [2] Produit de l’ijtihad et non du droit positif comme ils tiennent à le préciser.


Vie estudiantine – Remous au sein de l’Union générale des étudiants tunisiens (UGET)

Jamel Tlili : « Un congrès unificateur pour redorer le blason de l’organisation »

 

En mai 2002, Jamel Tlili, membre du bureau exécutif de l’UGET a tenu avec ses partisans une commission administrative, qui a écarté le secrétaire général Ezzeddine Zaâtour et a élu à sa place Tlili. Depuis, l’UGET s’est retrouvée avec deux bureaux exécutifs, celui légal, dirigé par Zaâtour et l’autre se dit « légitime » avec à sa tête Tlili.

Deux congrès distincts ont par la suite reconduit les deux secrétaires généraux. Chacun est resté sur ses positions jusqu’en décembre dernier quand après des discussions ils ont décidé de former des listes communes à l’occasion des élections des représentants des étudiants aux conseils scientifiques, et aussi de préparer ensemble un congrès unificateur. Mais la réconciliation n’a pas duré et des divergences sur les préparatifs du congrès ont éclaté. Après avoir interviewé Zaâtour, (voir le Temps du 16 avril), nous donnons la parole à Tlili. Interview.

•Le Temps : L’UGET semble à jamais frapper par le syndrome de la division. D’après vous qu’elles en sont les causes ?

-Jamel Tlili : Ecoutez, aujourd’hui, nous travaillons pour sortir de la crise et pour redorer le blason de l’UGET et pour resserrer les rangs et éradiquer ce syndrome de division. Nous avons, a cet effet, constitué une commission représentant toutes les sensibilités qui existent au sein de l’organisation estudiantine à l’exception bien sûr de ceux qui ont leur propre organisation et ceux qui par le passé ont constitué une structure parallèle. Cette commission se chargera de préparer un congrès unificateur. Elle procèdera à la distribution des cartes d’adhésion et au renouvellement des structures.

•Cette commission représente tous les courants et les composantes. Mais le secrétaire général de l’organisation a exprimé son désaccord et son refus. Vous allez donc entamer la préparation d’un congrès sans impliquer les structures légales de l’organisation ?

-Nous sommes pour le resserrement des rangs de l’organisation et pour la réalisation d’un vrai congrès unificateur et démocratique. Nous lançons donc un appel à Zaâtour pour qu’il nous rejoigne et qu’ensemble nous entamons les préparatifs du congrès. Mais s’il persiste dans son refus, c’est son problème, et c’est dommage parce qu’au début il était d’accord.

•Comment ça ?

-Cela a commencé suite à un appel des anciens de l’UGETpour la réconciliation entre les deux bureaux exécutifs de l’organisation estudiantine qui se disputent la légitimité, celui de Zaâtour issu du congrès de juillet 2003 et le nôtre issu du congrès de juin 2004.

Après des discussions avec Zaâtour nous avons publié un communiqué appelant à la constitution de listes communes pour l’élection des représentants des étudiants aux conseils scientifiques en décembre 2005. Nous avons aussi décidé de tourner la page et de constituer une commission représentant les deux bureaux exécutifs et qui sera chargée des modalités de la préparation d’un congrès unificateur notamment le renouvellement des structures et la distribution des cartes d’adhésion et en février dernier la commission administrative de bureau de Zaâtour a approuvé notre accord et nos décisions. Mais, nous étions surpris par la suite par le revirement de Zaâtour qui a changé d’avis et ceci contre notre accord et contre les recommandations de sa propre commission administrative, mais des membres de son bureau exécutif les radicaux et les indépendants ne l’ont pas suivi et l’ont désapprouvé. Ils sont avec nous pour préparer un congrès unificateur.

•Mais, Zaâtour souligne que ce sont les bureaux fédéraux qui ont le droit de distribuer les cartes d’adhésion et de superviser les élections de structures de base.

-Non, les statuts de l’UGET stipulent que c’est la commission du règlement intérieur qui s’en charge. Il parle de bureaux fédéraux mais il n’y en a pas. Aujourd’hui l’UGET toutes tendances confondues ne représente rien les calculs politiciens et les crises l’ont vidé de sa substance. Et apparemment Zaâtour veut que cela perdure. Nous voulons une UGET unie. Une UGET forte et indépendante dont le rôle est de défendre les intérêts des étudiants. Une organisation qui se place en dehors de toute influence et qui croit au dialogue constructif et qui encadre les étudiants et leur évite les dérives de tous genres.

•Vous allez être candidat au poste de secrétaire général ?

-Non, ma place et aussi celle de Zaâtour sont à l’UGTT et non à l’UGET. Nous enseignons tous les deux. Place donc aux jeunes étudiants.

Interview réalisée par Néjib SASSI

 

(Source : « Le Temps » du 23 avril 2006)

 


Un peu d’histoire…

 

Avril 1828

L’ampleur politique d’une simple altercation entre un Français et le fils du Mufti

 

Les relations entre la Tunisie et la France étaient au beau fixe. Mathieu De Lesseps, le consul français, assurait son ministre des Affaires étrangères, que le Bey lui a renouvelé ses protestations d’amitié, et lui donna l’assurance que rien ne pouvait altérer ses sentiments, ses rapports, ni ses relations avec la France. Pourtant un incident vint quelque peu troubler ces relations plus qu’amicales entre les deux pays :

 

Le 16 avril 1828, éclata en effet une altercation suivie de voies de fait entre le jeune Monge , fils d’un négociant français et le fils du Mufti du Divan(instance religieuse) . Cette altercation allait prendre une dimension inattendue, tant du côté français que tunisien.

 

En effet , elle était interprétée par le Mufti comme étant une atteinte à la dignité des musulmans,  alors que pour les Français, elle était qualifiée comme étant une atteinte à la paix et à la sécurité des Français en Tunisie.

 

Mathieu de Lesseps, le consul français,  relatait les faits à son ministre des Affaires étrangères en ces termes :

 

« Le jeune Monge, allait être la victime de la populace, lorsqu’il fut sauvé par le chef des gardes de la police. Les cafés , ouverts la nuit, retentissaient des clameurs les plus funestes ; des témoins turcs se succédaient toute la nuit chez le Cheikh El Médina, Maire de la ville, pour attester de la culpabilité du chrétien et demander vengeance. Pourtant, mes janissaires et des gens bien intentionnés que j’avais répandus partout, cherchaient à calmer les esprits, parlant de ma justice.

 

Quant au Mufti, il criait partout justice en s’exclamant : « La religion de Mohamed est foulée aux pieds ; c’est le moment de nous venger de ces chrétiens qui viennent nous ruiner, et nous assassiner »

 

En fait c’était une simple rixe, entre deux jeunes qui s’étaient trouvés ensemble dans un café, lors d’une de ces soirées du mois de Ramadan, où les fêtards pouvaient, de temps à autre entrer en conflit, mais qui n’allaient jamais trop loin.

 

Pourtant il avait fallu l’intervention personnelle du Cheikh El Médina, pour apaiser les esprits  et convaincre le Mufti que c’était une simple « prise de bec » entre deux jeunes, qui ne faisaient que plaisanter, pour l’amener à pardonner les débordements du jeune français.

 

Il faut dire également que le  consul français, avait agi avec diplomatie et sagacité, afin de minimiser le problème, et éviter une tension inutile.

 

Bien plus il  s’empressa de publier un avis où il déclarait notamment :

 

« Quand il y aura des voies de fait de la part d’un national ou d’un protégé français, celui-ci sera immédiatement embarqué ; s’il est tunisien,la protection française lui sera retirée. »

 

Parlant de ses compatriotes il ajouta : « Je saurais avec fermeté, aussi bien réprimer leurs excès comme magistrat, que défendre leurs droits légitimes comme  protecteur.

 

Je ne laisserais jamais, dût-il m’en coûter ma vie, non seulement avilir, mais affaiblir l’autorité que la confiance du Roi avait remise entre mes mains »

 

Ainsi , l’attitude de ce consul fut bien sage, car il voyait bien loin . En effet, à cette époque, la tension entre l’Algérie et la France était à son paroxysme, tension qui allait bientôt mener à la guerre, deux ans  plus tard, soit en avril 1830.

 

Le consul cherchait à avoir le soutien de la Tunisie, afin que son pays eût le champ libre.

 

Hussein II, le Régent de l’époque, lui avait d’ailleurs assuré de son amitié, inconditionnelle et inaltérable, pour la France .

 

D’ailleurs,  dans une déclaration assez judicieuse et mitigée, ce consul bien diplomate, pour ne pas faire de  pléonasme,  adressa une lettre au premier interprète du Bey dans laquelle il écrivait, notamment : « j’ai trop confiance dans l’autorité du Prince  et dans sa bonne  police, pour croire la sûreté de mes nationaux menacée ……… Si je croyais le contraire et que son Altesse ne pût garantir mes nationaux des actes de violence de quelques mauvais sujets de son royaume, je la prierais de me le déclarer, afin que je puisse solliciter du gouvernement de l’Empereur de France, mon auguste maître, la permission de me retirer avec mes nationaux d’un pays où leur vie peut être compromise, et à la merci du premier scélérat  »

 

Le ton était, quoique courtois, celui d’une mise en garde, et tout le monde avait compris le message, sauf le Bey lui-même, qui quoiqu’il eût advenu, ne voulait rien entendre de ce qu’il pouvait altérer ses relations avec la France , menacer son trône et nuire à ses propres intérêts.

 

D’ailleurs  dans sa léthargie, il s’était retiré dans son palais, pour vaquer à ses occupations personnelles et goûter des plaisirs de la couronne.

 

Ahmed YOUNES     

 

(Source : « Le Temps » du 23 avril 2006)

 


 

22 avril 2006 : Samir El Kantar entame sa 28ème année d’emprisonnement par Israël

par ASSAFIR, Beyrouth 22 avril 2006. Original : http://www.assafir.com/iso/today/front/1003.html/ Traduit de l’arabe par Ahmed Manaï, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique (www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft. Cette année marque le 28 ème anniversaire de l¹incarcération de Samir El Kantar, doyen des prisonniers arabes dans les prisons israéliennes, dans un climat politique lourd et complexe pour le Liban et l¹ensemble de la région. [Lire ses lettres de prison : http://quibla.net/mda2006/liban2006.htm] Aujourd¹hui 22 avril, notre héros arabe entame une nouvelle année de sacrifice, de don de soi et d¹une détermination calme et à toute épreuve. Samir El Kantar a beaucoup enduré, il a trop souffert et surtout bien résisté à la déception et à l¹abattement consécutifs aux nombreuses opérations d¹échange de prisonniers, survenues entre les divers groupes de résistance libano- palestiniens et l¹ennemi israélien et dont il fut écarté. Son cas est classé à part par les Israéliens qui s¹entêtent apparemment à refuser la libération de prisonniers qui ont tué des soldats israéliens.   L¹enlèvement de trois soldats israéliens dans les fermes de Chebaa le 7 octobre 2001  puis la capture du colonel à la retraite Elhanan Tenenbaum, entraîné au Liban, ont ouvert de nouvelles perspectives pour la libération de Samir El Kantar. Mais au bout de trois ans de négociations, c¹est l¹échec pour le cas de Samir. En revanche le gouvernement israélien libéra 29 janvier 2004 36 prisonniers libanais, syriens, libyens, soudanais, marocains ainsi que l¹Allemand Stephen Smirak et 400 prisonniers palestiniens. Samir est donc resté en captivité. L¹émissaire allemand Ernst Uhrlau déclara à l¹époque : «  Le prisonnier libanais Samir El Kantar sera transféré sans attendre vers son pays dès la fin des négociations en cours à propos de son cas. Toutes les parties concernées espèrent que cela se produira au cours des deux ou trois mois à venir ».   Les événements se précipitaient à l¹époque et c¹est alors qu¹est survenue la lettre de Samir au secrétaire général du Hezbollah, Saied  Hassen Nasrallah, dans laquelle il exprima une position historique, déclarant en substance : « Je félicite la résistance, notre peuple, notre nation et l¹humanité toute entière pour cette grande victoire, je salue les familles des prisonniers, mes frères, qui seront libérés dans les prochaines heures  et je m¹engage à résister, à demeurer la tête haute et assumer mon devoir envers mon peuple et ma cause, quelle que soit la durée de mon épreuve».   Cela fait deux ans et trois mois aujourd’hui que l¹émissaire allemand a fait sa déclaration et rien ne s¹est produit qui puisse conduire à des négociations permettant de faire libérer Samir El Kantar, d¹autant que les Israéliens ont conclu que rien ne leur est parvenu qui puisse les éclairer sur le sort de leur pilote abattu au Liban. Il y a eu tout de même une autre mission allemande qui a conduit à la libération du prisonnier libanais Mohamed Hamada. Puis c¹est la fin.   L¹anniversaire de cette année est fêté dans un climat de vive tension sur toute l¹étendue de la frontière Libano israélienne, avec une présence massive des troupes israéliennes et des rumeurs persistantes sur des tentatives du Hezbollah d¹enlever des soldats israéliens. La dernière tentative s¹est soldée par la mort de 4 combattants de la résistance le 21 novembre  2005. Le tout dans un climat politique et médiatique qui fait croire à de nombreux Libanais, que la libération est encore inachevée tant qu¹une partie du territoire national est sous occupation et que des prisonniers sont toujours incarcérés.   Rien de nouveau donc à part le chantage permanent israélien dont le dernier en date vient d¹être révélé par Samir El Kantar pour la première fois il y a quelques semaines et qui est sans doute en rapport avec les alliances et les recompositions qui se passent sur la scène libanaise. Ce dernier a en effet déclaré que des officiers supérieurs israéliens, étaient venus le rencontrer à plusieurs reprises pour lui proposer de publier un communiqué officiel dans lequel « il dénie au Hezbollah et à Nasrallah tout droit d¹intervenir dans son cas et qu¹il confie exclusivement au gouvernement libanais, toute latitude d¹assurer la gestion de son dossier de libération. Ils lui ont déclaré textuellement « qu¹un tel communiqué conduira à trouver une formule assurant sa libération ».   Assafir profite du 28ème anniversaire de l¹incarcération de Samir El Kantar pour publier l¹interview exclusive qu¹il lui a donnée et rappelle les grandes lignes de la biographie de ce grand militant, avant et après sa capture.

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