23 août 2009

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TUNISNEWS

9 ème année, N° 3379 du 23.08.2009

 archives :www.tunisnews.net  


Reveiltunisien: Appel de madame Afifa Eleuch aux autorités françaises Reveiltunisien: « Ce n’est pas mon mari qu’ils ont jugé, c’est quelqu’un d’autre ! » Reveiltunisien: Le parcours académique et professionnel d’Ahmed Eleuch Slim Bagga : Tartuffe est tunisien et fréquente la Mosquée de Carthage Ali Lmrabet: A propos du journaliste marocain « Younes M’jahid »…. Minute: Le ministre (français) de la Culture a la double nationalité ! – Un Tunisien nommé… Frédéric Mitterrand Chatham House: North Africa: The Hidden Risks to Regional Stability AFP: Israël hausse le ton contre la Suède après un article jugé antisémite Reuters: USA – Nouvelles révélations sur les prisons secrètes de la CIA AFP: USA: les noms de prisonniers détenus secrètement fournis à la Croix-Rouge (New York Times)


 

Appel de madame Afifa Eleuch aux autorités françaises

 

Madame ELEUCH Afifa xxxxxxxxx xxxxxxxxxx

le 10 août 2009   Monsieur le Ministre des Affaires Étrangères, Monsieur Bernard KOUCHNER Ministère des Affaires Étrangères 37 Quai d’Orsay 75351 PARIS

 Objet : Le calvaire du médecin Français détenu à Tunis.

Monsieur le Ministre,

Par la présente, je me permets d’attirer votre attention sur la situation dramatique de mon époux le docteur Eleuch Ahmed, français d’origine tunisienne, arrêté à son retour en Tunisie après un exil forcé de dix-neuf longues et pénibles années. Âgé de cinquante-deux ans, il est marié et père de quatre enfants qui ont tous bien réussis leurs études supérieures. Il est diabétique et souffre de hernie discale.   Jeté en prison dès son arrivée à l’aéroport de Tunis, il a été condamné cinq jours plus tard à quatre ans de prison ferme et trois années de contrôle policier, pour des délits d’opinion.   Le docteur Eleuch est psychiatre en France depuis plus de vingt-deux ans, membre du conseil de l’ordre des médecins de Seine-Saint-Denis. Il est également membre du conseil de l’ordre des médecins des Royaumes-Unis. Il est écrivain, et a participé à plusieurs colloques scientifiques en Europe.   Il a quitté son pays natal en 1987 dans l’objectif de terminer sa spécialité en médecine. Depuis août 1990, il n’est pas retourné en Tunisie. Le contexte politique marqué par la tension et l’instabilité l’a empêché de retourner et d’attendre que les choses aillent mieux. Croyant que la situation politique actuelle commence à se décrisper, et en raison de l’état de santé grave de ses parents, il a jugé que le moment de retrouver la patrie est venue.   La séparation imposée à sa famille depuis deux décennies est terriblement douloureuse pour nous tous et spécialement et inévitablement pour ses parents âgés et très malades. Son père sur le lit de la mort, vient d’être victime de deux accidents vasculaires cérébraux successifs. Il se trouve actuellement dans un état critique. L’état de santé de sa mère est également détérioré.   Son incarcération n’a fait qu’empirer la situation. Sous le choc, ses enfants et tous les membres de sa famille qui s’apprêtaient à tourner une page de leur vie pleine de souffrance ont été obligé d’affronter un présent encore plus cruel.   Par cet appel, je désire fortement solliciter votre intervention en faveur de mon mari le docteur Eleuch pour mettre fin à cette tragédie. Elle permettra à ce médecin de retrouver sa famille et sa liberté bafouée.   Vous remerciant vivement par avance, je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, à l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

(Source: « Reveiltunisien.org » le 23 aout 2009)
 
 

 

« Ce n’est pas mon mari qu’ils ont jugé, c’est quelqu’un d’autre ! »

par hasni
 

La famille du Docteur Ahmed Eleuch habite près de Paris où a lieu notre entretien avec Afifa Eleuch, son épouse, Safa, sa fille et Alaa-Eddine son fils. Les deux autres enfants du docteur Eleuch sont encore en Tunisie.

Les circonstances de l’arrestation de Ahmed Eleuch

Le 30 juillet 2009, Ahmed Eleuch et son frère atterrissent à l’aéroport de Carthage. Si son frère sort sans encombre, le docteur Eleuch est retenu. Ses enfants, sa famille venus l’accueillir vont attendre plusieurs heures. Pas de nouvelles et pas moyens de s’adresser à qui que ce soit à l’aéroport afin de savoir ce qu’il se passe.

« Nous nous rendons au Palais de Justice et, là encore, on attend plusieurs heures pour au final n’avoir aucune information sur la situation de notre père ». (Alaa-Eddine)

La famille du Docteur Eleuch se résout à rentrer et contacter un avocat. Tard dans la nuit, elle apprendra par celui-ci qu’il a été arrêté et incarcéré à Mornaguia. L’avocat explique qu’il a réussi à avoir le numéro de dossier concernant monsieur Eleuch et son numéro de cellule.

« Un dossier ? Un dossier de quoi ? Pourquoi ? Mon mari est en France depuis des années, il est rentré en Tunisie avec un passeport français, c’est un homme droit et on me dit qu’il y a un dossier contre lui ! Qu’est ce que c’est que ce dossier ? ». (Afifa)

Son épouse et ses enfants étaient heureux de savoir Ahmed en Tunisie, d’autant plus que le Président tunisien Ben Ali avait clairement indiqué son intention de clore le dossier des exilés tunisiens. Quant au ministre de la justice tunisienne, il est également allé dans ce sens en déclarant que la Tunisie est ouverte pour tous les Tunisiens. Ahmed Eleuch doit aller en Tunisie voir son père en urgence qui, après deux AVC, a besoin de son fils, médecin, auprès de lui.

Car le Docteur Eleuch comme beaucoup de Tunisiens qui souhaitent rentrer au pays a pris des précautions et s’est informé s’il pouvait sans risque rentrer au pays. La famille espérait une fête pour ce retour et c’est un drame qui est entrain de se nouer. « On a contacté l’ambassade de France, on nous a répondu que la juriste était en déplacement et de rappeler demain pour avoir un rendez-vous ». (Safa)

Ahmed Eleuch est arrivé un jeudi, l’ambassade de France, alors qu’il y a urgence pour un citoyen français (Le docteur Eleuch possède la double nationalité), donnera un rendez-vous pour le lundi suivant ! L’avocat de Ahmed Eleuch pendant ce temps fera opposition de la condamnation. Le procès est prévu pour le 4 août suivant.

Les conditions du procès et les raisons de l’inculpation.

« Nous nous sommes rendus le 4 août au tribunal à 8 heures et nous avons attendu jusque 15 heures pour apprendre que le procès était ajourné et reporté le 7 août ». (Alaa-Eddine)

Les quatre enfants sont là. Ses deux filles et ses deux fils. Ils auront le temps quelques secondes d’apercevoir leur père. De loin …

Le 7 août enfin arrive. Monsieur Ahmed Eleuch est accusé d’avoir participé à une réunion d’un parti opposant . Sa condamnation par contumace, prononcée en 2000, est de 8 ans.

Le soir, tard, l’avocat appelle. Le verdict est tombé. 4 ans d’emprisonnement et 3 années de contrôle administratif.

La prison

« Mon père ne fume pas et la cellule est enfumée tout le temps, ses yeux sont déjà infectés. Il est diabétique, souffre d’une hernie discale ainsi que d’une sciatique « . (Safa)

Pendant ce temps, la juriste de l’ambassade de France à Tunis a fait des demandes. Elle a demandé à avoir accès au dossier et pouvoir rencontrer le docteur Eleuch, mais sa famille n’a toujours pas eu de nouvelles concernant cette démarche. Ses enfants ont attendu au Palais de Justice, ils ont attendu au tribunal, ils ont attendu au parloir, aujourd’hui, ils attendent que soit fixée la date du procès en appel.

Et maintenant

Mais cette famille refuse catégoriquement que leur père et mari reste en prison pour rien. Ils ne baissent pas les bras. Ils ont envoyé des lettres à plusieurs responsables politiques.

« Moi, ce que je voudrais, c’est que vous disiez qui est mon époux. C’est un homme droit. C’est un innocent qu’on a mis en prison par erreur. C’est un homme qui aide les autres, qui est ouvert aux cultures, aux religions ». (Afifa)

« Mon père a toujours un livre à la main, c’est lui m’a poussé et aider pour les études, comme mes frères et ma soeur à apprendre, mais lui c’est toujours un étudiant, il veut apprendre et comprendre ». (Safa)

« Mon père, il ne sait pas s’arrêter et il a toujours besoin d’aider les autres. Il aime ce qu’il fait par exemple au CAT (Centre d’aide par le travail) de Saint Leu ». (Safa)

« Vous savez, je pense aussi aux patients de mon mari. Depuis des années, il a tissé des relations de confiance avec eux. Aujourd’hui l’Ordre des Médecins m’a permis de chercher à le remplacer. Mais comment remplacer un pédopsychiatre auprès de ses patients ». (Afifa)

« Je lance un appel à Monsieur le Président Ben Ali afin qu’il intervienne pour la libération de mon mari, afin qu’il puisse se rendre au chevet de son pere et retrouver sa famille. » (Afifa)

Propos et faits recueillis par Hasni pour reveiltunisien.org

(Source: « Reveiltunisien.org » le 23 aout 2009)
 


 
 

Le parcours académique et professionnel d’Ahmed Eleuch

 
 
Docteur en Médecine de l’Université de Sousse depuis 1986, Ahmed Eleuch s’est spécialisé en psychiatrie en 1992, à Paris. Depuis, il a suivi de nombreuses formations complémentaires, afin de parfaire ses connaissances, en se tournant vers l’ethnopsychiatrie. Doté d’une solide expérience hospitalière, il pratique actuellement en cabinet privé, ainsi qu’au Centre d’Aide par le Travail de Saint Leu la Forêt. Il a publié deux ouvrages, et donne régulièrement de nombreuses conférences autour de l’intégration maghrébine sous le biais de sa spécialisation. Ahmed Eleuch a également donné un cours « Education et ethnopsychologie », somme des connaissances et de l’expérience qu’il a accumulé en douze années d’expérience, pour la Licence d’Etudes Islamiques interdisciplinaires, Conventionnée avec l’université Cadi Ayyad, Marrakech.

Professionnel de qualité, il a choisi de tourner sa pratique vers l’aide à l’intégration, l’ouverture et la tolérence.

(Source: « Reveiltunisien.org » le 23 aout 2009)


 

Tartuffe est tunisien et fréquente la Mosquée de Carthage

 Par Slim Bagga   L’hebdomaire « Jeune Afrique-L’Indépendant » (on allait l’oublier) nous a récemment livré une information d’une importance capitale. Selon lui, le retard du lancement de la Banque islamique tunisienne, dont le promoteur est le jeune gendre gominé de Ben Ali, Sakhr Materi, est essentiellement dû à des problèmes d’installation informatique. De plus, le pieux homme d’affaires considèrerait  plus « loyal » d’organiser ce lancement pour  le 7 novembre 2009, date  commémorant le 22ème anniversaire du « Changement historique ». Jour férié, est-il besoin de le rappeler… Ouf, nous voilà rassurés. Car le peuple se bouscule déjà pour déposer ses économies et les investisseurs pour confier leurs projets à un homme d’affaires qui a une main sur le cœur, et l’autre tenant un Coran. Soyons sérieux : la vérité est ailleurs. Et comme toujours au pays du leurre systématique et de la tromperie mécanique, le faux dévot, avec l’aval du Guide Suprême, s’est bien gardé de jouer franc jeu. Les moyens financiers se faisant rares, suspicion oblige, Sakhr Materi a maintenu quand même son projet le temps d’imaginer l’entourloupe du siècle. Ainsi, l’on peut d’ores et déjà annoncer sans le moindre risque de nous tromper qu’il n’y aura aucune agence commerciale de cette fameuse Banque islamique. Mais les musulmans de Tunisie et de Navarre  vont être mieux servis : un bureau de la banque sera aménagé dans chaque bureau de poste.  Qui dit mieux ? Le citoyen y verra une banque de proximité, et Sakhr Materi n’aura pas un centime à débourser pour engager des fonctionnaires, les vigiles, payer les factures d’électricité, les locaux commerciaux, les meubles etc. et jusqu’à l’eau courante et autres papiers hygiéniques… Bien vu !!! Vive l’Etat au service du privé !!! N’oublions pas, en outre, que la clientèle de la poste est réputée comme la classe sociale la plus vulnérable, celle qui est susceptible de contenir un réservoir important de « transfuges ». Clients de la poste : Fermez les yeux, avec la volonté du Tout-Puissant et la bénédiction de votre Guide Suprême, confiez votre bourse à la Banque de Dieu. Celui-ci a déjà identifié les siens…    Un air de déjà vu…   Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’avec l’appui du Généralissime-Président, les entreprises publiques volent au secours de la création d’entreprises privées de la famille royale. Le cas le plus connu concerne le désossement de l’entreprise publique Tunis Air, fierté de la Tunisie, au profit de la compagnie aérienne Kartago, propriétaire de l’inénarrable frère de Zinochette, Belhassen Trabelsi. Fourniture de kérosène, entretien d’une flotte usée acquise en Roumanie à très bas prix, catering, hôtesses de l’air et surtout importants marchés d’exploitation sont prélevés et facturés sur le compte de Tunis Air, un bien national, au profit de Belhassen, cette lumière tripolitaine. Les exemples à énumérer peuvent se multiplier sans fin. Pour revenir à la Banque islamique conçue par un faux dévot avec la complicité d’un imposteur, la population est avertie. A partir de ce jour, vous savez ce que ces Tartuffe mijotent dans votre dos en invoquant l’islam et le nom de Dieu : Une énième escroquerie qui a trouvé son origine à la Mosquée Zine El Abidine de Carthage…

A propos du journaliste marocain « Younes M’jahid »….

Ali Lmrabet Chers amis tunisiens, Rapidement. Ce qui s’est passé à Tunis confirme tout à fait ce que l’on sait sur le dénommé Younes Mjahed , qui est le secrétaire général du Syndicat national de la presse marocaine (SNPM), une coquille vide qui a une direction tournante partagée, depuis la nuit des temps, entre l’USFP (Union socialiste des forces populaires) et l’Istiqlal, deux partis qui composent l’actuelle majorité qui « gouverne » ( !) au Maroc. Le SNPM ne représente aucunement la presse indépendante marocaine mais seulement les momies imprimées que sont devenues les publications partisanes (et d’ailleurs sans lecteurs) marocaines. Le SNPM est devenu aujourd’hui une kasbah occupée majoritairement par les journalistes-fonctionna ires de la MAP (Maghreb Arabe Presse), dont une récente décision de justice d’une cour d’appel de Madrid les identifie comme faisant partie d’une structure « qui maintient plus de relations avec la DGED (services secrets marocains) qu’avec leur ministère de tutelle», celui de la Communication. C’est d’ailleurs le vote des « journalistes » de la MAP (qui est une entreprise d’Etat) lors des différents congrès du SNPM qui a permis à Mjahed, un membre de l’USFP, de se perpétuer dans la direction du syndicat. Mjahed s’est spécialisé ces dernières années dans les attaques contre ses collègues avant même le … pouvoir. Il tire avant même que le Makhzen n’émette son jugement divin. Dernière chose : comptez le nombre de communiqués et de déclarations hostiles de Mjahed ou du SNPM contre les confrères de la presse indépendante et vous comprendrez tout. Comme le dit un ami humoriste marocain, le SNPM n’est pas un syndicat de défense des journalistes, c’est un commissariat de police. (Correspondance reçue le 23 août 2009)


 

Le ministre (français) de la Culture a la double nationalité !

Un Tunisien nommé… Frédéric Mitterrand

Céline Pascot A force de pipeulisation du pouvoir, Nicolas Sarkozy n’a même pas fait attention qu’il venait de nommer… un étranger au gouvernement ! Ou bien le sait-il et n’en a-t-il que faire ? Pour la première fois dans notre histoire, le ministre de la Culture n’est pas (seulement) français. Il est franco-tunisien ! Un neveu d’un ancien chef de l’Etat qui est binational, c’est vraiment la cerise sur le loukoum. Entre Frédéric Mitterrand et la Tunisie, c’est une longue histoire d’amour. Débutée dans son enfance, dans le sillage des jupes maternelles – Edith Cahier, épouse Mitterrand, la nièce d’Eugène Deloncle, fondateur du Comité secret d’action révolutionnaire ou Cagoule –, à Hammamet. C’est là que réside, dans une somptueuse villa, la décoratrice Leïla Menchari, une amie de sa mère et une fierté nationale de la Tunisie, qui se définit comme « citoyenne du monde oui, mais méditerranéenne avant tout ». « On ne pouvait pas souhaiter de meilleure introduction, écrira Frédéric Mitterrand, le raffinement sans le snobisme, la culture dans toutes ses composantes : la connaissance de l’Histoire, un Islam de l’amitié et de la tolérance, le respect fervent des arts populaires, les fixés sur verre, les jardins, les briks au thon, les récits de la Médina de Tunis et les souvenirs des innombrables voyageurs qui ont tous apporté quelque chose et enrichi la mémoire collective. » « Le plus flamboyant des compagnons » de Ben Ali La Tunisie, le jeune Mitterrand connaît déjà. Sans y être allé, il en a rêvé. « Enfant, j’étais fasciné par les campagnes d’Hannibal et par la résistance acharnée de Carthage à l’impérialisme romain […] Sur cette terre d’Afrique, on cultivait le courage et l’astuce, ces deux vertus que prisent les lycéens timides et désireux de s’affirmer. » Chez lui, son père, le frère de François Mitterrand donc, lui parle de Bourguiba, le héros de l’indépendance, et de Pierre Mendès France, grâce auquel « on s’est réconciliés avec les Tunisiens ». Et puis il y a Claudia Cardinale, la belle et torride Claudia Cardinale, tunisienne depuis trois générations… Ses goûts changeront, mais pas celui pour la Tunisie, où il trouvera « une atmosphère de solidarité et une chaleur humaine qui me manquaient en France », au point d’en faire son autre pays, et peut-être même le premier, celui où il se sent bien, dans l’odeur des corps et la chaleur des sables et réciproquement. La Mauvaise Vie (Robert Laffont, 2005) témoigne de ses dérives en territoire carthaginois, Une saison tunisienne (Actes Sud, 1995) qu’il s’est fait « Tunisien de cœur ». Tunisien de résidence aussi : il vit une partie de l’année à Hammamet, où il possède une villa que l’on prétend digne de son esthétisme. Le président Zine el-Abidine Ben Ali a eu beau renverser Bourguiba, le héros de son enfance, en 1987, Frédéric Mitterrand reste fidèle à son deuxième pays. Le jeune Ben Ali – il a 41 ans lorsqu’il prend le pouvoir – est de ces hommes forts auprès desquels il lui faut être introduit. Il le sera jusqu’à devenir « le plus flamboyant des compagnons du régime tunisien de Ben Ali », malgré les atteintes avérées aux droits de l’homme dénoncée par l’ensemble de la gauche française mais qui ne pèsent pas lourd, à ses yeux, face à la modernisation du pays à laquelle procède Ben Ali. Pour la Tunisie, Mitterrand est Tunisien ! Pour la Tunisie, Frédéric Mitterrand va faire beaucoup. Plus que pour la France ? Chacun en jugera. Lorsqu’il réalise Madame Butterfly (1995), très libre adaptation de l’opéra de Puccini, c’est en Tunisie qu’il choisit de le tourner. Pour la beauté des paysages, jurera-t-il, pas pour le moindre coût de production. Lorsque l’un de ses amis, ministre du Tourisme, lui demande de « faire la voix off » d’un spot promotionnel pour la Tunisie, il accepte aussitôt. Et lorsque cet homosexuel assumé se prend à vouloir un enfant, puis un deuxième, ce sont des Tunisiens qu’il choisit, on ne sait trop où on ne sait trop comment, puisqu’il affirme ne pas les avoir adoptés mais qu’il a élevés à Hammamet et qui sont tous deux majeurs aujourd’hui, l’un étant même papa. A Frédéric Mitterrand, le président Zine el-Abidine Ben Ali, qui en est cette année à sa vingt-deuxième année de règne sans partage, ce qui doit plaire à l’ami des têtes couronnées, va octroyer deux faveurs extrêmement rares : d’abord il le décore de l’ordre du 7-Novembre, la plus haute distinction du régime qui renvoie au 7 novembre 1987, date du renversement de Bourguiba par Ben Ali. Ensuite il lui octroie la nationalité tunisienne et le passeport qui va avec. Et c’est là que ça se complique… Car si, pour la France, Frédéric Mitterrand, né à Paris de parents français, et ministre de la Culture, est français, ce qui est bien le moindre, pour la Tunisie, il est tunisien. Frédéric Mitterrand est soumis, à chacun de ses voyages en Tunisie, qui étaient très fréquents jusqu’à ce qu’il prenne la tête de la Villa Médicis, aux contraintes administratives que connaissent bien tous les binationaux franco-tunisiens. S’il doit montrer son passeport français pour sortir de France, il lui faut présenter son passeport tunisien pour entrer en Tunisie ! Si par mégarde il l’avait oublié, il peut entrer en Tunisie avec son passeport français mais ne pourra en sortir qu’en s’étant fait refaire un nouveau passeport tunisien, sauf laissez-passer (en fait, un laissez-sortir !) établi spécialement par le ministère de l’Intérieur… Sur un plan strictement juridique, un binational franco-tunisien devient exclusivement tunisien dès qu’il pose un pied sur le sol de Tunisie ! Ça va être simple pour les voyages officiels… L’article 230 du Code pénal lui a été épargné… Frédéric Mitterrand va-t-il conserver la nationalité tunisienne ? Selon le Code de la nationalité tunisienne, il semble qu’il ne puisse plus la récuser. C’est à l’Etat tunisien de voir si son entrée au gouvernement française lui permet de demeurer tunisien. L’article 33 de ce code, qui prévoit les cas de déchéance de la nationalité, concerne les naturalisés qui se sont livrés « au profit d’un Etat étranger à des actes incompatibles avec la qualité de Tunisien et préjudiciables aux intérêts de la Tunisie », et encore dans un délai de dix ans à compter de l’acquisition de la nationalité tunisienne. On est prêts à parier que le ministre français de la Culture se gardera, dans ses hautes et nobles fonctions, de perpétrer des actes incompatibles avec sa « qualité de Tunisien ». « La Tunisie est un pays de paix, qui mérite largement qu’on ait foi en son avenir », écrivait-il en avril 2007. La seule chose qui pourrait lui être reprochée, au regard du droit tunisien, c’est son homosexualité. Le Code pénal prévoit jusqu’à trois ans de prison pour les actes de sodomie entre adultes consentants (article 230). Le Guide du routard met en garde les touristes contre les risques encourus. Et les associations de défense des homos ne cessent de s’étrangler des interdits posés à la pratique de l’homosexualité en vertu de principes « archaïques ». En décembre 2005, « Têtu », le « magazine gay et lesbien », rapportait la mésaventure d’un médecin parisien de 50 ans qui, ayant des relations sexuelles régulières à Tunis avec un certain Khaled, âgé d’une vingtaine d’années, fut pris sur le fait par la police tunisienne, et fut arrêté et condamné, ainsi que son amant, à six mois de prison, peines confirmées en appel. « Nous étions 80 personnes dans une cellule de 55 mètres carrés, relatera-t-il. On se tassait à trois par matelas. Dans une cellule dite “des étrangers“, j’étais le seul blanc et bien sûr, tout le monde savait que j’étais homosexuel. J’étais régulièrement agressé pour cela. » Grâce à des relations bien placées en France, il sera libéré au bout de trois mois. Khaled, lui, accomplira la totalité de la peine. On voit cependant mal le pouvoir tunisien découvrir soudain que Frédéric Mitterrand a des mœurs qui tombent sous le coup du Code pénal du pays, ou s’apercevoir que le magazine « Têtu », qui dénonce la répression dont ses lecteurs en goguette peuvent faire l’objet à Tunis, avait pour chroniqueur, jusqu’à ce qu’il entre au gouvernement de François Fillon, Frédéric Mitterrand en personne. Lequel écrivait dans sa dernière chronique : « Je regrette qu’Andy Warhol ne m’ait pas filmé au lit avec Ultra Violet, et que Robert Mapplethorpe ne m’ait pas crucifié en string et soutien-gorge. » Sous la signature de Ftouh Souhail, avocat au barreau de Tunis et délégué d’Avocats sans frontières pour la Tunisie, Frédéric Mitterrand a fait l’objet, lors de sa nomination, d’un curieux éloge sur le site drzz.info. Sous le titre « “Notre homme“ au gouvernement », Ftouh Souhail se félicite de l’arrivée au gouvernement d’un « familier de la culture juive », d’un intellectuel qui fut de ceux « qui ont œuvré avec l’ancien président pour instituer un décret qui mémorise une Journée nationale commémorative des persécutions antisémites commises sous Vichy » autant que d’un « un ami de longue date du président Zine el-Abidine Ben Ali ». Son texte se termine ainsi : « Que cet homme talentueux accepte le poste de ministre de la Culture est un honneur pour la France, mais aussi pour Israël et la Tunisie. Espérons que son aura charismatique réussira, via la porte de la culture, à établir la voie du dialogue entre Tunis et Jérusalem. » Sans vouloir être rabat-joie, ce n’est pas ce qu’on attend, en priorité, d’un ministre français de la Culture. (Source : « Minute » (hebdomadaire – France), N°2421 du 12 août 2009) Lien: http://fr.novopress.info/27719/avant-premiere-%E2%80%93-minute-n%C2%B02421-du-12-aout-2009-le-ministre-de-la-culture-a-la-double-nationalite/


 DOCUMENT:

North Africa: The Hidden Risks to Regional Stability

By: Claire Spencer, (Head of the Middle East and North Africa Programme at Chatham House) Summary points North Africa may not be as stable as it looks: socio-economic and political pressures are fracturing the consensus between governments and governed and may overtake terrorism and criminality as the region’s main destabilizing forces. With political leadership in the region effectively a lifelong position, the growth of authoritarianism is undermining the prospects for achieving political and economic liberalization. Despite the worsening global economic climate, a window of opportunity exists to accelerate socially sensitive and productive domestic investment and open space for greater autonomous political and economic development. Success depends on renegotiating the social contracts on which North Africa’s states are based. A broadening of participation, above all through the extension of legal employment, targeted investment on education, health and skills, and the establishment of independent legal and regulatory frameworks, will go some way towards addressing socio-economic stresses. A change in the political environment, however, requires a re-evaluation of how the region’s security climate is seen from outside, with adjustments in the kind of support given to regional governments by its key international partners, the European Union and the United States. . Etude publiée en avril 2009 Texte intégral sur ce lien: http://www.chathamhouse.org.uk/files/13838_bp0409north_africa.pdf


Israël hausse le ton contre la Suède après un article jugé antisémite

AFP, le 23 aout 2009 à 14h11 Par Charly WEGMAN          JERUSALEM, 23 août 2009 (AFP) – Les dirigeants israéliens ont  exigé dimanche que le gouvernement à Stockholm condamne formellement  un article de presse suédois jugé antisémite, l’affaire menaçant de  se transformer en crise diplomatique entre Israël et la Suède, qui assure la présidence européenne.     C’est un récent article du tabloïde suédois Aftonbladet, affirmant que l’armée israélienne aurait couvert un trafic d’organes prélevés sur des Palestiniens tués, qui a mis le feu aux poudres, suscitant un vif émoi en Israël.     « La crise perdurera tant que le gouvernement suédois n’aura pas changé d’attitude à propos de cet article antisémite. Celui qui ne le condamne pas n’est pas forcément le bienvenu en Israël », a déclaré aux journalistes le ministre des Finances Youval Steinitz.     « Le gouvernement suédois ne peut plus se taire. Au Moyen-Age, on répandait des diffamations accusant les juifs de préparer le pain azyme de Pâques avec du sang d’enfants chrétiens, et aujourd’hui ce sont les soldats de Tsahal (l’armée israélienne) qui sont accusés de tuer des Palestiniens pour prélever leurs organes », a accusé le ministre.     Ces tensions diplomatiques tombent au plus mal, alors que le chef de la diplomatie suédoise Carl Bildt est attendu en visite officielle en Israël dans dix jours. La Suède exerce la présidence tournante de l’Union européenne.     « Il n’est pas question d’annuler ou de reporter cette visite, mais il est évident que ce différend, s’il n’est pas réglé, jettera  une ombre inquiétante sur les entretiens », a expliqué à l’AFP le porte-parole du ministère des Affaires étrangères à Jérusalem, Ygal Palmor.     M. Bildt a de son côté estimé vendredi qu' »il y a une relation d’Etat à Etat très forte entre Israël et notre gouvernement ».     Il s’est retranché derrière la liberté d’expression et son ministère s’est dissocié d’une ferme condamnation des accusations du tabloïd formulées par l’ambassadrice de Suède en Israël, Elisabet Borsiin Bonnier.     En guise de rétorsion, le chef du bureau de presse gouvernemental, Daniel Seaman, a refusé dimanche jusqu’à nouvel ordre des accréditations à deux journalistes d’Aftonbladet.     « Rien ne nous oblige à les accréditer. Cela prendra du temps. Il faut procéder à des vérifications, peut-être examiner leur rhésus sanguin pour savoir s’ils peuvent faire des dons d’organes », a ironisé M. Seaman, interrogé par la radio militaire.     Le chef de la diplomatie israélienne, Avigdor Lieberman, a carrément comparé l’attitude de la Suède dans cette affaire à la politique de neutralité qu’elle adopta durant la Seconde Guerre mondiale. « A l’époque aussi, la Suède refusait d’intervenir » contre le génocide nazi, a-t-il reproché.     La presse israélienne s’est déchaînée dimanche contre Aftonbladet et les autorités suédoises.     « Parleraient-elles encore de liberté d’expression si un journaliste israélien écrivait par exemple que la Cour royale suédoise finance une maison close ? », interroge un éditorialiste du Yédiot Aharonot.     Le grand quotidien populaire se gausse de la Suède « qui affiche sa neutralité mais présente Israël comme le pire oppresseur du monde ».     Les relations entre Israël et la Suède ont souvent été marquées par des polémiques ces dernières années, Israël reprochant à Stockholm un parti pris pro-palestinien, tandis que la Suède accuse régulièrement l’Etat hébreu de se livrer à des violations des droits de l’Homme.
 

USA – Nouvelles révélations sur les prisons secrètes de la CIA

Reuters, le 23 août 2009 à 04h28 WASHINGTON, 23 août (Reuters) – Des interrogateurs de la CIA ont pratiqué des simulacres d’exécution et menacé un chef d’Al Qaïda avec un pistolet et une perceuse, montre un rapport interne dont le Washington Post et le New York Times révèlent la teneur samedi. Lire la suite l’article Photos/Vidéos liées  NOUVELLES RÉVÉLATIONS SUR LES PRISONS SECRÈTES DE LA CIA Agrandir la photo Articles liés Les avocats d’un détenu de Guantanamo pourront interroger le cerveau présumé du 11-Septembre Victime d’un attentat, le président Evkourov rentre en Ingouchie Ouverture d’une nouvelle enquête sur les attentats de Madrid en 2004 Plus d’articles sur : Al-Qaïda Discussion: Al-Qaïda Ce document, un rapport de l’inspecteur général de la CIA, sera rendu public lundi, précisent des responsables interrogés par les deux quotidiens. Il fournit de nouveaux détails sur les mauvais traitements infligés dans les prisons secrètes de l’agence américaine de renseignement. Ces méthodes ont été pratiquées à l’encontre d’Abd al Rahim al Nashiri par des geôliers de la CIA qui ont brandi une arme et une perceuse près de leur détenu pour l’effrayer afin qu’il fournisse des informations. Nashiri, capturé en novembre 2002 et détenu pendant quatre ans dans une des prisons secrètes de la CIA, est l’un des trois commandants d’Al Qaïda qui a été soumis par la suite à la simulation de noyade, ou « waterboarding ». Le rapport, achevé en 2004 par l’inspecteur général John L. Helgerson, précise aussi qu’un simulacre d’exécution a été pratiqué dans une pièce voisine de celle d’un suspect. Des agents de la CIA ont tiré un coup de feu, conduisant le suspect à penser qu’un autre détenu avait été exécuté, écrit le Times. Des détails du rapport ont été pour la première fois publiés par le magazine Newsweek sur son site vendredi soir. La diffusion publique de ce rapport confidentiel a été ordonnée par un juge fédéral de New York en réponse à une plainte déposée par l’American Civil Liberties Union. Les avocats du département de la Justice et de la CIA examinent minutieusement le document depuis le mois de juin pour déterminer quels extraits peuvent en être rendus publics. Nashiri, qui a été impliqué dans l’attentat contre le destroyer américain Cole en 2000, était un des deux détenus de la CIA dont les interrogatoires ont été enregistrés sur vidéo, mais les bandes ont été détruites par des agents en 2005, précise le New York Times. Cette destruction fait l’objet d’une enquête ouverte par un procureur fédéral mais le département de la Justice a jusqu’à présent refusé d’ouvrir une enquête formelle globale sur les mauvais traitements infligés dans les prisons de la CIA. L’agence de renseignement a refusé de faire des commentaires spécifiques sur le rapport, ajoute le Times. REUTERS  

USA: les noms de prisonniers détenus secrètement fournis à la Croix-Rouge (New York Times)

AFP, le 23 août 2009 à 03h55 WASHINGTON, 22 août 2009 (AFP) – Le Pentagone a commencé à fournir au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) les noms de prisonniers détenus secrètement dans deux camps militaires en Irak et en Afghanistan, une première dans la politique de « lutte antiterroriste » des Etats-Unis, a rapporté samedi le New York Times. Cette mesure a pris effet en août et entre dans le cadre de la réforme, initiée par l’administration Obama, des règles de détention « antiterroriste », précise le quotidien. En janvier, le président Barack Obama a ordonné la fermeture des prisons secrètes de la CIA ainsi que celle du camp de détention controversé de Guantanamo. Il a également lancé une révision des règles de détention et d’interrogatoire des prisonniers détenus dans le cadre de la « guerre contre le terrorisme », lancée par les Etats-Unis après le 11-Septembre. Mais l’armée américaine continue de gérer des Camps d’opérations spéciales à Balad en Irak et à Bagram en Afghanistan, sur lesquels peu d’informations ont filtré. Dans le cadre de la réforme, la Croix-Rouge est autorisée à suivre la détention des prisonniers et l’armée américaine doit fournir au CICR l’identité des détenus dans un délai de deux semaines, précise le journal. AFP

 

 

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