22 avril 2007

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TUNISNEWS
7 ème année, N° 2525 du 22.04.2007

 archives : www.tunisnews.net


AFP: La coopération antiterroriste au Maghreb tributaire des aléas politiques
Amira Yahyaoui: L’anonymat et la liberté sur Internet

ELKHADRA: Pile et Face

ELKHADRA: Courage fuyons !

Le Temps: Code de Statut Personnel – Un symbole de la modernité de la Tunisie

Le Temps: « Genre, gouvernance et développement » – Une place de premier plan pour la femme


La coopération antiterroriste au Maghreb tributaire des aléas politiques

AFP, le 22 avril 2007 à 12h44

RABAT (AFP) – La police scientifique cherche des preuves autour du corps de l’un des kamikazes qui s’est fait exploser le 10 avril 2007, à Casablanca

La coopération entre les cinq polices du Maghreb est largement tributaire des aléas politiques, alors que les jihadistes de la région se sont regroupés sous l’ombrelle d’al-Qaïda, constatent les analystes.

« Il existe des accords bilatéraux et les polices marocaine et algérienne échangent parfois des renseignements ou procèdent ponctuellement à des extraditions mais il n’y a pas de coopération spécifique depuis la création d’Al-Qaïda au Maghreb et les récents attentats d’Alger et de Casablanca », déplore un officier supérieur marocain.

Des agents de la Police médico-légale, devant des restes du kamikaze qui s’est fait exploser le 14 avril 2007, à Casablanca

« Aujourd’hui, il est impératif qu’elles travaillent ensemble pour contrer le terrorisme notamment dans la zone sahélo-saharienne où Al-Qaïda au Maghreb est active », ajoute ce haut responsable de la sécurité en préconisant par exemple la création « d’un observatoire commun de lutte contre le terrorisme ».

Le roi Mohammed VI a lancé un appel en ce sens la semaine dernière dans un message au président algérien Abdelaziz Bouteflika, mais pour l’expert des mouvements islamistes Mohamed Darif « cette coopération sécuritaire maroco-algérienne souffre de la pomme de discorde » que représente le Sahara occidental.

Parmi les exemples de copération ponctuelle, ce politologue cite l’extradition en 1993 par le Maroc du fondateur du GIA algérien Abdelhak Layaïda, alors que l’Algérie en 2005 à livré au royaume six islamistes marocains qui tentait de rallier un camp du Groupe salafiste pour la prédication et le combat algérien (GSPC).

« Mais, assure-t-il, la création d’al-Qaïda au Maghreb devrait inciter les services de police des deux pays à agir activement et autrement ».

En revanche entre Alger et Tunis la coopération policière est bien meilleure. Des unités mixtes patrouillent dans les zones frontalières depuis les attaques de groupes terroristes algériens en territoire tunisien et les deux pays coordonnent la surveillance de leur frontière terrestre longue de plus d’un millier de kilomètres.

Ces deux dernières années, l’Algérie a livré des dizaines de jeunes Tunisiens partis s’entraîner dans des maquis du GSPC et en janvier la Tunisie a annoncé, après des accrochages sanglants près de Tunis, avoir démantelé une cellule jihadiste dont les membres –cinq Tunisiens et un Mauritanien– s’étaient infiltrés depuis l’Algérie.

Entre le Maroc et la Libye, la coopération s’est renforcée depuis un an au même titre que celle qui existe entre les polices marocaine et mauritanienne, a confié un haut responsable marocain.

Ainsi en avril, cinq Mauritaniens et un Marocain arrêtés fin mars à Nouakchott et Nouadhibou (nord de la Mauritanie) ont été inculpés pour participation à des activités liées au terrorisme.

Les pays du Maghreb débattent aussi de leur politique sécuritaire dans le cadre du forum 5+5, qui regroupe aussi Espagne, France, Italie, Malte et Portugal, à l’échelon des ministres de l’Intérieur et de la Défense, ont indiqué les experts.

De plus, les pays magrébins qui siègent au sein du Conseil des ministres arabes de l’Intérieur, se sont réunis fin janvier à Tunis en marge de la dernière réunion annuelle de cette instance de la Ligue arabe.

« Le conseil des ministres de l’Intérieur est le seul organe de la Ligue arabe à fonctionner convenablement », confie un diplomate arabe en poste à Rabat.

Enfin, engagés dans une lutte sans merci et sur tous les fronts avec al-Qaïda, les Etats-Unis poussent à une coopération sécuritaire accrue et envisage d’installer un commandement américain pour l’Afrique, dont le siège pourrait être l’Egypte, le Maroc ou Djibouti, selon des sources diplomatiques.

(Source : le site de TV5 Monde, le 22 avril 2007)


 

L’anonymat et la liberté sur Internet

 par Amira Yahyaoui

On appelle ça le Web 2: des millions d’internautes, aujourd’hui, non contents d’utiliser Internet d’une façon purement passive, s’en servent pour télécharger des contenus divers, apporter des commentaires, échanger des idées, bref: communiquer.

Des millions d’entre eux tiennent des blogs (ou blogues), sortes de journaux particuliers en ligne. Mais l’exercice n’est pas sans risques, du moins dans certains pays où la censure veille, et où les autorités dressent des obstacles sur leur route.

Reste qu’il existe des moyens de les surmonter, comme le rappelle David Reid, spécialiste des nouvelles technologies à la BBC.

Partout dans le monde, des régimes autoritaires tentent de contrôler ce que les gens peuvent voir sur Internet, ou au contraire les sites auxquels l’accès leur sera interdit.

Julien Pain, de Reporters sans frontières (RSF), constate: « il y a cinq ou six ans, il était rare que des gouvernements contrôlent Internet. Très peu de dictateurs comprenaient qu’ils devaient contrôler la ‘toile’ comme ils le faisaient pour les média traditionnels. Malheureusement, aujourd’hui, la censure s’étend dans le monde entier« .

 

Les risques

Les exemples sont nombreux: en Corée du Nord, les seules personnes ayant accès à Internet sont des responsables de l’administration triés sur le volet.

Au Turkmenistan, l’accès est pratiquement impossible. En Birmanie, les logiciels des ordinateurs dans les cybercafés font des prises d’écran toutes les cinq minutes pour surveiller les activités des internautes.

En Iran, une nouvelle loi votée en janvier dernier oblige les blogueurs à déclarer leurs blogs aux autorités pour obtenir un permis officiel.

En Egypte, le blogueur Abdel Karim Nabil Soliman a été condamné à quatre ans de prison, pour avoir « insulté l’Islam » sur son blog, et critiqué le président Hosni Moubarak.

Selon RSF, il n’est pas seul: des peines de prison ont déjà été prononcées aussi en Iran, en Libye, aux Maldives, en Syrie, en Tunisie, et au Vietnam. Mais c’est en Chine que la censure d’Internet est la plus développée.

Devant ces risques, que peuvent faire les blogueurs dans les pays à régime autoritaire ou dictatorial? Pour Julien Pain de RSF,  » la première précaution à prendre est de ne rien écrire sous votre vrai nom. Même avec un pseudonyme, les autorités pourront retrouver votre trace sur Internet« .

Mandataires

Car l’ordinateur n’est pas un outil discret. Tous les appareils connectés au grand réseau se voient octroyer une adresse IP, qui garantit que le contenu qu’un internaute demande va lui être envoyé au bon endroit.

Cette adresse IP peut révéler les sites web que l’usager a visités, les messages électroniques qu’il a envoyés, et les articles et autres textes qu’il a publiés sur la « toile« . Mais un internaute averti peut éviter de laisser des traces …

Selon Julien Pain, « si vous voulez rester anonyme, vous pouvez utiliser un service proxy (serveur mandataire). C’est très simple. Même ceux qui n’y connaissent pas grand-chose en informatique peuvent le faire sans difficultés« .

Ces proxies existent sous deux formes. Il y en a qui sont ouverts, ou publics: il s’agit, en gros, d’ordinateurs basés ailleurs sur le réseau, par l’intemédiaire desquels un internaute peut passer pour naviguer sur la toile, envoyer des courriels, ou publier des textes, de façon anonyme.

Pour cela, l’utilisateur contacte un de ces « proxies« , qui propose une liste d’adresses IP de « rechange« , et le tour est joué. Mais cette solution comporte un inconvénient: ces serveurs mandataires ouverts peuvent aussi être utilisés par des « hackers » (pirates), et pour cette raison, les administrateurs de sites ou de serveurs peuvent décider de bloquer toute communication avec eux après quelques jours.

L’oignon

Autre solution: les « proxies » sur la toile (ou web), tels que Anonymouse ou ProxyLord. Ces serveurs ont beaucoup de succès en ce moment chez les internautes et blogueurs chinois.

Xiaorong Li, enseignant et chargé de recherches à l’université du Maryland, explique: « les autorités ne peuvent pas trouver la trace de l’adresse IP, parce que l’internaute se sert d’un site « proxy« , et c’est probablement la façon la plus efficace en ce moment pour les internautes chinois de visiter des sites officiellement bloqués« .

Mais ces sites qui permettent de se connecter à des serveurs mandataires peuvent eux-mêmes voir leur accès bloqué… Dans ces conditions, que faire?

Une solution est très efficace, bien que plus compliquée, plus « technique« : il s’agit du service appelé The Onion Router, ou TOR. En anglais, le nom veut dire « le routeur oignon« , parce que ce service envoie les données d’un ordinateur à un autre sous forme de « couches« , comme la peau de ce légume, chacune étant codée, donc illisible.

De plus, les données voyagent d’un serveur à l’autre dans le réseau TOR, ce qui rend ce dernier très efficace. Chaque proxy (ou mandataire) recevant les données enlève (épluche!) une des « couches » de code, révélant l’adresse du prochain proxy vers lequel les données doivent être envoyées.

Si on intercepte les données en cours de route, elles sont illisibles, et les identités de l’expéditeur ainsi que du récipiendaire sont protégées. Ce n’est qu’en fin de parcours que le message constitué par ces données peut être lu.

Ponctuation

Pour les « non-techniques« , il existe des moyes plus simples de déjouer la censure. En Chine, par exemple, des logiciels de filtrage fouillent systématiquement les messages à la recherche de certains mots-clés.

Ecrivez les mots « place Tien An Men« , par exemple, et vous vous ferez repérer. Car vous faites peut-être allusion à l’intérêt touristique de cette place, mais il se peut aussi que vous vouliez parler des manifestations qui s’y étaient déroulées en juin 1989, et qui avaient été réprimées de façon sanglante par les autorités.

Xiaorong Li explique comment éviter de tomber dans le piège des filtres: « si vous voulez écrire ‘4 juin 1989’, par exemple, vous pouvez mettre une virgule entre deux des mots, écrire ‘4, juin 1989’, parce que les filtres cherchent des expressions, des séries de mots. Si vous ajoutez cette virgule, ou un autre signe de ponctuation, ce que vous écrivez n’est plus une des séries de mots figurant dans la liste que cherche le filtre, et ce dernier n’entre pas en jeu. Mais vos lecteurs comprendront parfaitement ce que vous voulez dire« .

La liste des méthodes et astuces qui permettent aux internautes de rester anonymes ne s’arrête pas là. Aucune n’est totalement garantie ou efficace. Mais elles assurent malgré tout un certain niveau de protection.

(Source: TUNISIA WATCH  le 22 avril 2007)

http://tunisiawatch.rsfblog.org/trackback/1256825


Voici le nouveau numéro d’ELKHADRA.Trés bonne lecture

elkhadra.org http://elkhadra.aceboard.fr Censure, autocensure, même combat même délire… Par NEJIB http://elkhadra.org/censure.htm ________________________________________________________________________________ L’empire a soif … Par MARIELI http://elkhadra.org/empiresoif.htm ________________________________________________________________________________ Le Pilori Par BIJU http://elkhadra.org/pilorii.htm ________________________________________________________________________ Pile et Face Par Faouzia http://elkhadra.org/pileface.htm ________________________________________________________________________________ _______________ Courage fuyons ! Par Abdou http://elkhadra.org/couragefuyons.htm ________________________________________________________________________________ _______________ LA HAINE DE SOI* Par Fadila http://elkhadra.org/hainedesoi.htm ________________________________________________________________________________ _______________ Quand Bush demande de l’aide à « l’axe du mal » Par Houssine http://elkhadra.org/bushaxe.htm ________________________________________________________________________________ _______________ L’intérêt des candidats pour les Droits de l’Homme http://elkhadra.org/interetddh.htm ________________________________________________________________________________ _______________ Chacun est une foule Par S.Derbali http://elkhadra.org/chacunfoule.htm ________________________________________________________________________________ _______________ La mortification Par Bilel http://elkhadra.org/mortification.htm ________________________________________________________________________________ _______________ Aux « Démocrates » à qui la démocratie fait peur… Par Ashrf zayd http://elkhadra.org/democrateurpeur.htm ________________________________________________________________________________ _______________ Chronique du bled http://elkhadra.org/chroniquedubladd.htm ________________________________________________________________________________ _______________ Au Liban, une mafiocratie contre son peuple Par Nidal http://elkhadra.org/mafiocratie.htm Voici deux textes sortis de ce sommaire :

Pile et Face

Par Faouzia La convergence entre les dictatures et toute forme de terrorisme est pertinente. Elle provient directement et essentiellement des compromissions des démocraties occidentales qui ont permis à ces dictatures permanentes dans le monde arabe par exemple, de réprimer les aspirations démocratiques de nos peuples, pour peu que les dictateurs au pouvoir fassent semblant d’épouser les objectifs politiques de ces puissances et d’être les chiens de garde thuriféraires de leurs intérêts dans le très court terme. Notre dictature tunisienne présentée comme un rempart contre l’intégrisme terrorisant est en fait, sur le moyen et le long terme, une des sources du terrorisme international, au vu du nombre des tunisiens engagés sur divers front de la planète toute proportion gardée avec les dix millions de tunisiens, ils sont d’un nombre impressionnant. Un audit rapide de l’état actuel de la Tunisie et en surface nous donne la preuve que le pouvoir absolu et barbare de ben Ali, c’est à peu prés la même chose pour les autres pays arabes, Que cette dictature tunisienne a toujours négligé ses responsabilités en matière d’éducation, de santé, de logement et de services sociaux, le peuple a commencé à chercher du soutien ailleurs, dans l’exil et l’endettement privé qui forcément débouchent sur la prostitution et la déchéance. La mise sur pied sur tout le territoire tunisien de pouvoirs locaux népotiques issue d’un parti unique sans aucune éthique ni légitimité et à tendance mafieuse a fini par désespérer toute la nation. Ces dictatures avec le temps et c’est tout à fait naturel sont devenues un terreau fertile pour la haine, la xénophobie portée à son paroxysme, le militantisme crapuleux et le terrorisme. Il est évident que les systèmes politiques génèrent des réponses particulières chez les populations civiles, donc il ne faut absolument pas s’étonner des réactions dites extrémistes, tout est relatif, elles sont dans une société normale et démocratiques, elles ne sont pas extrémistes mais planifiée par les dictatures pour avoir une raison d’exister. Dans une dictature comme la dictature tunisienne, le pouvoir procède des armes, de la violence et de la torture plus que de la loi et cela produit des mutants. Depuis des décennies, le message adressé aux jeunes tunisiens, au travers d’interventions policières répétées, est que la force fait le droit. L’Occident, en soutenant l’abolition des aspirations démocratiques du peuple par la dictature de ben Ali, a permis à ce dernier de propager ce message auprès de nouvelles générations de jeunes. Bien davantage, l’utilisation d’institutions dévoyés à quelques intérêts privés et proches, très proches du pouvoir est la clé qui permet de comprendre le lien de plus en plus étroit entre Carthage et les incidents terroristes comme ceux de DJERBA et de SLIMANE. Les démocraties ne déclarent pas la guerre aux démocraties, tout se passe dans le règlement des conflits dans le débat public, les urnes et le droit. Les gouvernements démocratiques ne légitiment pas les terroristes, pas plus qu’ils ne les protègent ou ne les abritent. Les sociétés démocratiques fabriquent un grand nombre de citoyens qui ont bien intégré l’importance de la loi ainsi que les valeurs de diversité et de tolérance. Une TUNISIE démocratique, libéré du joug de la dictature de ben Ali, cesserait d’être le bouillon de culture propice au développement de cette pandémie qu’est le terrorisme international.

 

(Source:ELKHADRA nr 70 . http://elkhadra.aceboard.fr)

Courage fuyons !

Par Abdou Une fois de plus la jeunesse tunisienne est sacrifiée par une opposition politique, ne parlons pas de la dictature, il n’y’a rien à dire à son sujet, c’est l’ennemi à abattre dans la nature des choses, cette opposition fragmentée et sans aucune consistance qui se refuse à s’adapter à un monde en pleine mutation, des mentalités et des besoins aussi. Pourtant l’énergie est là. Il faudrait simplement pouvoir la canaliser. Cette génération de tunisiens comme les précédentes ne craint ni la violence du régime, ni sa torture, ni sa haine, ni la faim mais elle a perdu l’envie. Comment pourrait-il en être autrement ? Où est le grand dessein qui devrait les faire rêver ? La Tunisie des valeurs est en panne. Elle sait que le monde n’attend plus rien d’elle, alors elle se replie sur elle-même. Prostrée, elle se flétrit en attendant l’improbable sursaut. Est-il déjà trop tard ? Notre pays millénaire n’était-il pas de toutes les façons en passe de sombrer, remplacé incontestablement dans les esprits et dans les faits par la communauté des intérêts privés et égoïstes. L’appartenance au groupe, dans le monde d’aujourd’hui, n’est plus simplement géographique, elle est désormais intellectuelle et virtuelle. En effet, le progrès et la connaissance si longtemps apanage des élites sont désormais à la portée de tous, mais dans le cas des tunisiens ils se sont mis dans le camp de l’arbitraire et dénigrent la Tunisie de progrès, assassiné par la dictature de ben Ali. Nos élites, malheureusement, pourtant formées dans les meilleures écoles des pays démocratiques semblent complètement dépassées par cette révolution. Elles continuent d’ailleurs à s’égosiller dans leurs tours d’ivoire et leurs rendez-vous manqués quand les foules à convaincre sont aux abonnés plus depuis longtemps. Retranchées derrière des discours tout aussi éculés que stéréotypés et démagogiques, comme leurs anciens avait déjà su le faire sous la mégalomanie de BOURGUIBA, nos élites n’ont qu’une peur : disparaître. La Tunisie qui doit se libérer de la dictature n’a plus simplement besoin de têtes bien faites, elle a besoin d’hommes d’action. Elle n’a que faire de ces politiciens qui n’ont pas compris que la pensée ne vaut rien sans l’action. Nos élites ont l’intelligence, prêtons leur cette qualité, mais il leur manque le courage. Le courage de penser différemment, le courage qui précède et renforce l’action, le courage qui, somme toute, transforme un homme politique en homme d’état, le courage de reconnaître l’autre non pas pour ce qu’il peut nous apporter, mais pour ce qu’il peut apporter à la TUNISIE… La société tunisienne souffre d’un certain nombre de peurs qui l’empêchent de vivre pleinement. Peur du lendemain, peur de la d’être des citoyens, peur de la liberté, on ne compte plus ces peurs qui l’entraînent encore plus vers son déclin… Et si tout était beaucoup plus simple. Si finalement nous n’avions peur que d’une seule chose. Pas que le ciel nous tombe sur la tête. Non rien de si aléatoire. Non simplement de ne pas exister dans l’expression e la TUNISIE silencieuse, cette Tunisie que chacun des grands partis de l’opposition jusqu’au plus petit groupuscule s’approprie sans vergogne, d’une façon aussi illégitime que la dictature, si cette Tunisie là refuse toute forme de contrôle, et bouleverse en toute conscience les règles de jeu établies dans les cénacles et les appareils. Et si notre vraie peur en tant qu’activiste politique, celle qui nous empêche d’être nous même, celle qui nous fait avaler toutes les couleuvres de toutes ces voix autorisées, celle qui nous empêche de dormir, nous rend accro à l’indifférence et à l’attentisme et nous pourrie notre vie d’être humain. La démocratie contre toutes les peurs. Véritable sésame de notre société moderne. Celui sans lequel plus rien n’est possible. Dés lors qu’avec une pareille dictature elle devienne le centre de nos vies. Elle est à l’homme moderne ce que la terre promise était aux parias, un statut social, une raison d’exister. Elle est au centre de toutes les conversations des tunisiens qui ont une once de conscience humaine et pensent leur patrie dans le progrès et la civilisation. Et comme la terre promise elle est longtemps apparue comme sûr, inaltérable et surtout éternelle. La crise économique et les bouleversements de ce début de millénaire, tous ces drames qui s’annoncent sonneront le glas de la dictature dans notre société. Il faut travailler en tant que démocrates tunisiens pour que dans notre société on soit prêt à tout pour elle ; pour la percevoir, pour l’augmenter, pour la sauver. Impensable. Observer simplement le monde qui vous entoure, la Mauritanie qui ces derniers jours vient de donner une magistrale leçon au monde, et à toutes les formes de logiques sectaires, racistes et colonialiste. Un voisin, un parent, nous même, n’avons nous pas tous été confrontés à cette angoisse tout aussi soudaine qu’inavouable devant la brute et le tortionnaire, mais il nous faut tous ensemble désormais dépasser ce stade animal et vivre dignement, même dans le sacrifice.
 
(Source:ELKHADRA nr 70 . http://elkhadra.aceboard.fr)


 

Code de Statut Personnel Un symbole de la modernité de la Tunisie

La mise en place d’une société moderne ne peut réussir sans une participation forte et active de la femme. Cette vérité a été proclamée par de nombreux réformateurs et hommes politiques en Tunisie depuis le 19ème siècle. A l’occasion de la journée des associations qui sera célébrée demain 23 avril, l’UNFT a organisé, hier, en collaboration avec le Conseil Supérieur Islamique une conférence nationale sur le thème : « la femme tunisienne à l’avant –  garde des forces vives fondant une société moderne et de progrès ». A l’ouverture des travaux fort suivis de cette rencontre M. Béchir Tekari, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme a placé le débat dans son cadre en rappelant les positions de grands réformateurs comme Khéireddine Ettounsi, Cheikh Mohamed Snoussi, Abdellaziz Thaâlbi et Tahar Haddad qui ont servi de base pour le mouvement réformateur qui a appelé à la scolarisation des filles. « C’est le premier pas pour l’engagement de la femme dans la vie publique », affirme le ministre tout en rappelant les appels à la réforme de la famille vus les traditions rétrogrades qui ont bloqué la femme durant des siècles. Le Code du Statut Personnel dont la Tunisie a fêté le cinquantenaire l’année dernière est un symbole de la modernité de notre pays. La femme doit être à l’avant –  garde pour défendre ses acquis, lutter contre l’enfermement, la réaction et l’extrémisme et jeter les base d’une société moderne bien enracinée dans son identité, sa culture et son patrimoine spirituel spécifique. Le rôle de la femme moderne commence à l’intérieur de la famille. Plus la cellule familiale est équilibrée, avec des relations fondées sur le respect mutuel, la modération et le sens des responsabilités communes, plus la société sera équilibrée et constructive. Grâce aux différentes réformes introduites au code du statut personnel, surtout en Juillet 1993, le concept de partenariat est introduit entre la femme et son époux, la mère et le père dans la conduite des affaires de la cellule familiale. Cette vision a placé la famille tunisienne dans le sillage des sociétés modernes. D’ailleurs les principes du Code de Statut personnel ont été élevés au rang de la Constitution en 1997. Désormais la condition de la femme fait partie des valeurs fondamentales de la République. Sur le plan politique la présence de la femme à la Chambre des députés s’élève à 22,7% alors qu’elle était de 11,5% en 1995. La Chambre des députés compte 43 femmes sur 189. A la Chambre des Conseillers, elles sont 17 femmes. Dans le gouvernement, la proportion de femmes est de 14,89%. Au Conseil constitutionnel elles sont 25%. Au Conseil économique et social 20%. Dans les Conseils régionaux, elles sont 32% et dans les Conseils municipaux 27,4%. Au sein du pouvoir judiciaire, rappelle le ministre, « la présence de la femme est de 29%. Parmi les avocats, elles sont 31% » La proportion de femmes actives est de 32%, contre 25% en 1995. D’ici à 2009, la présence de la femme sera de 30% dans les postes de responsabilité et de décision. Le ministre a réitéré les réussites de la femme tunisienne tout en appelant à la consolidation des acquis et l’immunisation de la société des courants rétrogrades.
 
(Source : « Le Temps » (Quotidien – Tunis), le 22 avril 2007)

« Genre, gouvernance et développement »

Une place de premier plan pour la femme

Genre, gouvernance et développement ont été au centre du débat de la table ronde tenue hier au Centre de la Femme Arabe  pour la Formation et les Recherches (CAWTAR).

Organisée dans le cadre de la consultation sur la gouvernance dans les pays africains – un projet réalisé conjointement par le CAWTAR et la Commission Economique pour l’Afrique (CEA)- la table ronde a enregistré la participation d’une pléiade de responsables d’institutions gouvernementales, des ONG, des députés, des sociologues, etc. Ils ont présenté des lectures différentes de l’approche genre et gouvernance en Tunisie en plus des facteurs à prendre en considération lors de la réalisation du projet.

Le projet genre, gouvernance et développement réalisé dans le cadre de la consultation sur la gouvernance dans les pays africains a pour objectif de mettre en place un mécanisme d’évaluation périodique du concept dans plusieurs pays de la région, d’évaluer l’idée que les citoyens se font de l’état de gouvernance dans leurs pays respectifs et d’établir un large consensus de la bonne gouvernance. Le projet vise également au renforcement des capacités des institutions nationales en matière de suivi et d’évaluation en la matière. Pour ce faire, le CAWTAR compte réaliser une étude ayant pour objectif entre autres de mettre en exergue le parcours fait par notre pays pour se doter d’un système de gouvernance, d’identifier les problèmes auxquels fait face le système, d’actualiser les données et les informations politiques, économiques et sociales relatives aux secteurs d’activités analysés selon l’approche genre. Dans ce cadre, Mongi Bedoui, expert et coordinateur du premier volet de l’étude a précisé que la méthode de travail reposera sur l’investigation sur le terrain à l’aide d’outils d’enquête préalablement établis. La méthodologie suivie au niveau national sera la même, appliquée sur les autres pays du continent. Cela s’explique par le souci de CEA d’obtenir des résultats standardisés qui se prêtent à l’exercice du « benchmarking » au niveau de l’Afrique et au-delà du continent.

Etude d’opinion

D’ailleurs, une étude d’opinion sera effectuée par un groupe d’experts en plus d’une enquête nationale auprès des ménages et une recherche documentaire. Expliquant l’étude d’opinion effectuée par un groupe d’experts, le coordinateur a précisé qu’il s’agit « d’une enquête par questionnaire ( 93 questions) auprès d’une groupe de 100 experts qui représentent les secteurs public et privé, la société civile, les professions libérales et les acteurs régionaux. Le questionnaire sera axé notamment sur «  l’efficacité des institutions et les obligations de rendre compte, les droits de l’Homme et Etat de droit, en d’autres termes, conception et respect des droits de l’Homme, application des lois, médiateurs/ministère, droit humain… ». Et le coordinateur d’ajouter ; « La gestion économique et gouvernance d’entreprise, la gouvernance économique et gestion des finances publiques, le développement économique, l’intégrité des systèmes monétaires et financiers, sont notamment les axes de l’étude d’opinion qui sera effectuée par le groupe d’experts ».  A remarquer dans ce contexte que la moitié des experts sont des femmes, cela s’inscrit dans le cadre de l’application de l’approche genre.

 

Enquête sur terrain

Par ailleurs, une enquête sur terrain sera réalisée dans ce cadre pour mieux cerner la gouvernance au niveau des ménages en Tunisie. Au total 1200 ménages seront concernés par cette enquête. Ils sont répartis sur l’ensemble du territoire. En fait, 20 districts seront ciblés. La population étudiée est celle âgée de 20 ans. Pour ce faire, 23 personnes travailleront sur terrain en plus de 5 contrôleurs qui superviseront cette activité. L’enquête sera réalisée lors du mois de mai.

A signaler dans ce cadre que le CAWTAR adoptera la dimension genre dans toutes les composantes de ce projet pour tenter de mettre en évidence l’importance de la question du rôle des femmes dans la gouvernance et le développement. Il est question aussi de saisir la perception des femmes par rapport à celle des hommes dans le domaine.

Sana FARHAT

(Source : « Le Temps » (Quotidien – Tunis), le 22 avril 2007)


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