21 septembre 2009

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TUNISNEWS

9 ème année,N° 3408 du 21.09.2009

 archives : www.tunisnews.net  


Kalima : La justice donne dix jours à un ex prisonnier pour se rétracter de son témoignage publié sur la torture AFP: Tunisie: le journaliste Abdallah Zouari interpellé, selon l’organisation HRW SNJT: Le pain noir des journalistes…  Afrik.com: Election présidentielle en Tunisie : effervescence sans bulles – Les Tunisiens face à l’échéance électorale African Manager: Tunisie : Qui est Gordon Gray, le nouvel ambassadeur US en Tunisie? Mediapart: Tunisie : des élections pas comme les autres African Manager: Tunisie : Achats de 100.000 t de blé dur Jeune Afrique: Très cher frère algérien Sahbi Amri révèle la face cachée du retour d’Abdelhamid Hamdi : « La parole du Président Ben Ali n’a jamais fait l’objet de doute ou de reprise » Human Rights Geneva: Ouster of NGO from Council has unexpected effect AFP: Les immigrés refoulés par l’Italie vers la Libye y sont maltraités (HRW) AFP: Examen des demandes d’asile en Afrique: le HCR disqualifie la Libye Human Rights Geneva: Ouster of NGO from Council has unexpected effect InfoSud: « Mesure de rétorsion » à l’encontre de la Commission arabe des droits humains El Pais : Pour la première fois l’Aid el Kébir sera fête officielle dans une ville espagnole Reuters: En Afghanistan, l’Europe traîne les pieds face aux Etats-Unis

La justice donne dix jours à un ex prisonnier pour se rétracter de son témoignage publié sur la torture

Mouazz Jemaï, vendredi 18 septembre 2009  Ouahid Brahmi, un ex prisonnier politique a dit qu’il s’était présenté le 17 septembre devant le Procureur de la République du Tribunal de Première Instance de Tunis, suite à une convocation officielle pour y répondre de son témoignage sur la torture, publié dans le journal El Maoukef du 11 septembre dernier. Brahmi lors de ses déclarations à radio Kalima, a dit que le procureur de la République lui avait demandé de revenir sur ses accusations portées contre des officiers de la Sûreté de l’Etat, notamment en ce qui concerne l’agression sexuelle et la profanation du Coran pendant sa garde à vue. Il a ajouté que le Procureur de la République l’avait informé que pour qu’une enquête soit ouverte, ces accusations devaient être étayées par des preuves et il lui a donné dix jours pour se rétracter. Ouahid a affirmé être prêt à se soumettre à une expertise légale pour prouver les traces de torture et de l’agression sexuelle subies pendant sa garde à vue, qu’il ne reviendrait sur aucune accusation portée dans l’article et qu’il était bien déterminé à poursuivre ceux qui s’étaient compromis à le torturer et à les faire juger. (Source : revue Kalima en ligne du 18 septembre 2009) (traductions ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)  


 

Tunisie: le journaliste Abdallah Zouari interpellé, selon l’organisation HRW

AFP, le 19 septembre 2009 à 17h41

NEW YORK, 19 sept 2009 (AFP) – Le journaliste tunisien Abdallah Zouari, détenu pendant 11 ans pour ses sympathies islamistes, a été interpellé puis relâché par la police de son pays, a rapporté samedi depuis New Nork l’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch (HRW).

M. Zouari a été placé en garde à vue mardi pendant environ 11 heures après avoir tenté de se rendre au bureau de poste de Hassi Djerbi, le village du sud de la Tunisie où il était assigné à résidence, a indiqué HRW dans un communiqué.

L’ancien détenu voulait « envoyer une plainte au ministre de l’Intérieur concernant la surveillance sans relâche de la part des agents de sécurité de l’Etat dont il faisait l’objet », a expliqué l’organisation.

Pendant la garde à vue, « les policiers lui ont demandé de signer une déclaration sous serment selon laquelle il renoncerait à écrire des articles qui ‘jettent le discrédit sur la Tunisie et menacent la sécurité du pays’, ce qu’il a refusé », a poursuivi HRW.

« Les policiers l’ont également insulté à maintes reprises et menacé de sévices avant de le libérer sans qu’aucun chef d’accusation ne soit retenu contre lui », selon le communiqué.

Fin juillet, une source judiciaire tunisienne a assuré à l’AFP qu’Abdallah Zouari était désormais « libre de ses mouvements et du choix de son lieu de résidence ».

Son interpellation montre « qu’il fait toujours l’objet de surveillance », souligne HRW, qui appelle Tunis à « cesser immédiatement de harceler le journaliste et militant des droits humains Abdallah Zouari ».

Ex-collaborateur de l’hebdomadaire Al Fajr (l’Aurore), organe du parti islamiste Ennahdha, M. Zouari avait été arrêté en 1991 et condamné à onze ans de prison dans le cadre des procès intentés contre les dirigeants de ce parti interdit en Tunisie.

Elargi en juin 2002, il a de nouveau été condamné en octobre 2003 à 13 mois de prison puis « exilé » pendant sept ans dans un village du sud du pays, très éloigné de son domicile.


 

Le pain noir des journalistes… 

Beaucoup comparent la reconquista du Syndicat national des journalistes tunisiens à la prise de la ligue tunisienne des droits de l’homme ou à l’annexion de l’association des jeunes avocats!!!

Le parallèle n’est paraît-il pas heureux. L’on ne compare pas l’assujettissement d’un Syndicat à la tentative d’inféodation d’associations (où demeurent des poches de résistance!!). Dans un cas il s’agit d’un rouage essentiel du monde du travail, dans l’autre le noyau dur de la société civile est en jeu.

En termes pratique la prise d’un syndicat porte un coup aux droits économiques et à l’application du code du travail, tandis que la “pacification” associative réduit à néant des droits politiques.

Vous me diriez que les régimes peu ou pas du tout démocratiques font la guerre aux droits tout azimuts, sommairement et sans nuances. Certes, mais ces mêmes régimes savent tout aussi bien faire de la politique, au gré d’un vent de révolte ou d’un silence assourdissant des forces vives de la nation ils montent d’un cran, graduent, foncent, lâchent du lest, serrent la vis…

Le totalitarisme est aussi une gestion. Il tient compte du réel. De la peur des foules et des rumeurs. De l’équilibre des pesanteurs sociales….

Cette gradation de son empire politique sur la société respecte la même pyramide des besoins humains définie par le psychologue Abraham Maslow, à la base de laquelle, trouve-t-on les nécessités physiologiques. Bien antérieurs aux besoins en sécurité, sociaux ou d’accomplissement de soi.

Lorsqu’un gouvernement reprend sous sa coupe un syndicat, cela veut dire que ce niveau vital est en jeu. Que le ventre est en jeu. Que le pain du jour est en jeu…Lorsqu’il domestique une “assoc” ce sont d’autres besoins supérieurs qu’ils visent…

Voilà pourquoi la prise du SNJT fait plus mal que la prise des associations, aussi insupportable soit-elle. Il s’agit de notre sueur du front qui ne lavera jamais assez Jamel Karmaoui* de son crime….

(*) nouveau président du bureau illégitime de l’Organisation syndicale

(Source : le blog du bureau légitime du Syndicatdes journalistes tunisiens, le 15 septembre 2009)

Lien :http://sjtunisiens.blogvie.com/2009/09/15/le-pain-noir-des-journaistes


Election présidentielle en Tunisie : effervescence sans bulles

Les Tunisiens face à l’échéance électorale

 
Lundi 21 septembre 2009, par Maryam Mnaouar L’élection présidentielle tunisienne sera organisée le mois prochain, le 25 octobre 2009. A cette occasion, Afrik.com vous propose un dossier spécial. Pendant une semaine, nous vous ferons découvrir les candidats en lice et des membres actifs de la société civile. Quatre leaders de l’opposition se sont déclarés candidats, les trois autres ayant préféré appuyer la candidature du président sortant Zine el-Abidine Ben Ali, au pouvoir depuis 1987. Afrik.com a demandé officiellement de recueillir les propos du candidat du pouvoir ou d’un représentant de sa campagne mais n’a eu à ce jour aucune réponse. Pour débuter cette série, nous avons été à la rencontre des habitants de Tunis, à la veille du scrutin. Tunis. En ces jours de fortes chaleurs et de jeune du Ramadhan, la priorité des Tunisiens ne semble pas être les élections présidentielles. Pourtant, tout rappelle l’imminence du scrutin. Partout, on rencontre des pancartes géantes à l’effigie du président-candidat Ben Ali. Les administrations affichent à même leurs murs des messages de soutien et d’allégeance au chef de l’Etat, les manifestations et festivités se succèdent, les partis politiques multiplient les meetings, et les medias rappellent sans cesse les avancées acquises sous le régime et l’importance des élections plurielles à venir. Ca bouillonne chez les politiques, les administrations publiques impliquées, les associations et les médias. Mais dans la rue, c’est plus timoré. Les gens sortent, vaquent à leurs occupations comme à la normale, ne remarquant même plus tous les efforts de communication déployés. Une grande effervescence donc, mais sans les bulles. De l’effervescence sans bulles, d’abord parce que personne ne s’attend à un changement de donne. Rien d’extraordinaire, pas de surprise. Il n’y a pas de grands débats, pas de discussions particulières sur la place publique. L’échéance n’est pas un événement. Tout le remue ménage médiatique n’apporte rien de nouveau, à part renseigner sur les avancées enregistrées dans le pays. Pour la plupart des citoyens, la politique implique aussi des histoires de business, de gros sous, des scandales… Et ça, ils ne le trouvent pas dans leurs médias qui ne s’intéressent qu’aux réformes positives, à croire que les imperfections n’existent pas. Les infos écartent certaines bulles et soufflent sur d’autres. En effet, le pays mute, les ponts et autres routes poussent comme des champignons, la qualité de vie s’améliore, les télévisions privées se multiplient, l’Etat accroit ses exigences concernant la qualité des services dans les administrations, et vient – en grandes pompes – au secours des démunis. Effervescence sans bulles ensuite, parce qu’en cette période électorale, tout doit aller pour le mieux, sans remous. Aussi, les électeurs apprécient-ils ce relâchement relatif : moins de zèle dans le maintien de l’ordre, on n’enquiquine plus les femmes qui se voilent dans les administrations, on lâche du lest, on zappe les petites infractions. « C’est maintenant ou jamais » lâche Sami, 28 ans, vendeur à la sauvette. « C’est ramadan, les gens achètent et ces temps ci on devient plus clément… », ajoute-t-il. Et partout dans la bouche des décideurs, un discours de justice sociale. Rien ne doit casser l’ambiance. Et s’il y a conflit, on s’emploie à le régler rapidement et efficacement. En général, le citoyen lésé obtient satisfaction. Au pire, il est réduit maladroitement au silence. Ne doivent parvenir aux électeurs, comme aux décideurs, que les bonnes nouvelles. Ben Ali, qui dit mieux ? Les « Tunes » [1] apprécient à leur façon le relâchement général et ne semblent pas très concernés par le reste. Le scrutin se résume à une sorte de référendum : « pour » ou « contre » le régime actuel. Il y a ceux qui se disent « contre » au grand jour et tentent de mobiliser. Il y a ensuite ceux qui se classent parmi les « pour » d’emblée, par conviction, et le crient très haut. Et puis, il y a tous les autres. Cette majorité silencieuse qui ne crée pas de bulles et que chaque camp veut représenter. S’ils sont très critiques sur leurs conditions de vie, un éventuel bouleversement de l’ordre des choses ne semble pas les passionner. Attachés à leur président ? Peur de l’inconnu, de l’après Ben Ali, parce que personne ne convainc ? Fatalisme total ? Schizophrénie ? Ou discours déguisé par peur du journaliste qui les interroge ? Il y a un peu de tout cela… Les électeurs qui se classent parmi les « pour » par dépit sont à aborder selon les préoccupations liées à leurs conditions… Les jeunes, par exemple, ne sont pas chauvins et iraient bien tenter leur chance sur d’autres rives s’ils le pouvaient. Ils s’amusent des portraits géants qu’ils voient partout. « Zine ? C’est une star ici, il est toujours en promo ! » s’amuse Mourad, 22 ans, étudiant. Ils sont pour un changement, mais faute de mieux, autant garder celui-là, estiment-ils, fatalistes et peu enclins à renoncer à leur mode de vie moderne et ouvert. Pour la plupart, l’alternative est islamiste, et ça, ils ne veulent pas en entendre parler. L’autre opposition, ils ne la connaissent pas vraiment. Ils ont généralement bénéficié d’un bon système de formation. Et ils disposent de beaucoup de divertissements que les jeunes des pays voisins, pas vraiment équipés, viennent leur disputer tous les étés. Effet pervers, certains lieux de divertissement leur deviennent inaccessibles lorsque les prix pratiqués ne prennent en considération que le pouvoir d’achat des touristes. La vie contrôlée, les jeunes n’aiment pas ça, ni le dictat des mœurs ni celui de la religion, même si beaucoup pratiquent. Le contrôle de l’Etat les énerve au plus haut point, mais ils s’en accommodent en jouant à cache cache. Internet verrouillé ? Ils naviguent partout avec proxy, et n’hésitent pas à balancer leurs séquences. Les femmes, elles, ont ici beaucoup d’acquis à défendre et à garder depuis le code du statut personnel imposé par Bourguiba et actualisé depuis par Ben Ali. La Tunisie est le seul pays arabe (sur 22) à disposer de ce code : polygamie interdite, droits en matière de divorce et d’émancipation… Le principe d’égalité entre l’homme et la femme est garanti par les textes constitutionnels et la législation se garnit de plus en plus dans ce sens, notamment en matière de harcèlement. Ici aussi la question du maintien de ces avantages éclipse les autres priorités et l’alternative islamiste fait peur. « Le problème c’est que l’opposition dont on parle le plus c’est celle qui est interdite et qui fait des manœuvres violentes relatées par la télé. Quand on leur dit opposition, les gens pensent d’abord à l’éventualité islamiste et confondent. En faisant campagne, on ressent cette forte appréhension, même si les choses évoluent », regrette Samir, militant d’un parti d’opposition légal. Une sécurité à double tranchant Les plus démunis bénéficiant de l’aide l’Etat se voient concéder des allocations, des habitations, des prêts avantageux, du matériel, des opportunités de projets ou de travail… Ils collaborent en retour au maintien de l’ordre des choses à leur façon, en affichant leur gratitude à chaque déplacement du président, et, pour certains, en signalant quelquefois les « comportements suspects » dans leurs quartiers. Leur salut et le maintien de leurs avantages dépend entièrement du maintien de ce système et du parti au pouvoir. « Tant que j’applaudis, je suis sûre de ne pas dormir affamée, déclare Kaouther, 50 ans, chômeuse. En même temps c’est normal, ils sont gentils, quand ils me demandent de montrer ma gratitude, j’y vais ». Quant aux personnes très aisées et à la classe moyenne qui s’en sort bien, elles sont très attachées à leur confort et leur qualité de vie. Elles ne veulent pas de remous et préfèrent travailler tranquillement avec les investisseurs étrangers rassurés par la sécurité et la stabilité ambiante. Une sécurité forte et bien présente, mais a double tranchant. La crispation de la police irrite. « Quand on est pris, on est cuit », lance Hatem, ingénieur de 39 ans. Même dans des affaires banales, on redoute de tomber sur des agents trop zélés. Ils pourraient, en plus de se montrer agressifs, lancer la machine judicaire sans discernement. Les plus anciens sont très critiques aussi, mais ne se trouvent pas la force de contester. De plus, vu leur grand âge, ils apprécient les avancées qu’a faite la société sur le plan matériel. Avec eux, l’histoire de la banane revient souvent. Il fut un temps ou manger une banane en public portait le mauvais œil. On n’en trouvait pas, comme une multitude d’autres produits d’ailleurs. « Aujourd’hui, on trouve même le lait d’oiseau ! », s’exclame Tijani, 74 ans, retraité. Restent les chômeurs, les démunis ne bénéficiant d’aucune aide et la fraction de la classe moyenne qui se paupérise. Ceux que nous avons rencontré lors de nos pérégrinations à Tunis n’imaginent pas d’autre alternative que le pouvoir actuel, mais cela ne veut pas dire qu’ils sont satisfait s de leur conditions de vie. Au contraire, ils ont beaucoup de revendications. Mais leur lassitude, les petites opportunités que leur laisse le système pour s’arranger de temps à autre, ou tout simplement leur manque de courage et d’initiative les assimile au camp des « pour ». « Nous resterons spectateurs, parce qu’on n’essaye même pas d’objecter quand ca ne va pas, nous aimons sauver les apparences. » Conclut Elhem, 45 ans, mère au foyer. [1] Habitants de Tunis
 
(Source: Afrik.com le 21 septembre 2009)


Tunisie : des élections pas comme les autres

21 Septembre 2009 Par Carpe Diem Depuis que les élections présidentielles et législatives existent en Tunisie, pourquoi a-t-on toujours eu droit à des plébiscites, avec au final des scores ridiculement hauts à la soviétique, et des partages déséquilibrés entre les différents mouvements politiques? Il y a d’abord l’hyper-présidentialisation des élections, et des évènements politiques d’une manière générale dans le pays, plaçant le président au dessus de tout. Les partis ont disparu, leurs programmes aussi. On demeure dans une logique de vénération de l’homme, au lieu d’assister à une vraie compétition entre différents programmes de réforme politique. Résultat : le vote et le plébiscite qui en découle ne servent qu’à renforcer le culte de la personnalité présidentielle. Cette personnalisation exagérée du pouvoir efface le reste de la classe politique nationale, et la rend bête et muette. Ce qui explique le vide intellectuel et institutionnel dans lequel le pays continue de sombrer. Et ce qui fait qu’on n’arrive même pas à feindre le jeu démocratique en instaurant le débat et en affichant des scores un peu plus crédibles… Et puis il y a l’absence de contrôle indépendant de la régularité des élections pour limiter le sur-pouvoir présidentiel et celui de son parti-état. La loi tunisienne ne prévoit pas de tels mécanismes pour surveiller et dénoncer les violations et les abus qui peuvent manipuler ou influencer le déroulement et le résultat d’un scrutin. Le conseil constitutionnel est un organe consultatif dépourvu de pouvoir de sanction. Quant à l’observatoire des élections, dont les membres sont désignés par le président lui même, il n’est là que pour servir la campagne du président sortant : quand on sait que 9 membres de cet observatoire sur les 14 qui ont « surveillé » les élections de 2004 ont été reconduits dans leur mission pour les élections de 2009, on ne peut franchement pas s’attendre à des miracles pour les prochaines échéances… A quelques jours du début des compagnes présidentielle et législative d’Octobre 2009, la routine électorale est donc on ne peut plus pesante en Tunisie. Les médias continuent à verser dans l’auto-glorification et à reproduire les mêmes mythes fondateurs du « Changement » : pluralisme et démocratisation graduelle, croissance économique, émancipation de la femme, modération religieuse et modèle social équilibré. Mais ce qui différencie cette échéance électorale des précédentes, c’est le fait que ce discours officiel entendu et ré-entendu n’a jamais été aussi éloigné de la réalité du pays. L’économie est en crise, le chômage ne cesse d’augmenter malgré toutes les mesures de sauvetage de l’emploi, la corruption est endémique et contribue à renforcer les inégalités entre classes sociales, la femme tunisienne se cherche encore, et la religion est devenue le refuge contre tous les soucis. Quant à la démocratisation, elle se fait au rythme des autorisations et des quotas attribués par le président à ses opposants… Face à un tel gouffre entre les paroles et les faits, c’est l’équilibre social du pays qui se trouve menacé. Les évènements du bassin minier (2008) ont démontré l’extrême fragilité de cet équilibre. Les évènements de Soliman (2007) aussi. Si l’étau de l’oppression continue de se resserrer, l’ordre contrôlé peut faire subitement place au désordre et aux conflits violents. La Tunisie a besoin d’avancer, aujourd’hui plus qu’à tout autre moment… (Source: « Mediapart »le 21 sept. 09) Lien: http://www.mediapart.fr/club/blog/carpe-diem/210909/tunisie-des-elections-pas-comme-les-autres


Tunisie : Qui est Gordon Gray, le nouvel ambassadeur US en Tunisie?

22-09-2009 African Manager

Le 20 Septembre 20, 2009, le président Barack Obama a nommé Gordon Gray III, un diplomate expérimenté, comme ‘ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique en  Tunisie. Confirmé par le Sénat le 10 Juillet 009, le diplomate a derrière lui presque 30 ans d’expérience dans le service diplomatique, la plupart des postes auxquels il a été désigné  se trouvent au Moyen-Orient ou en rapport avec cette région. Il succède à l’ambassade de Tunis à  un diplomate de carrière, Robert F. Godec., étant rappelé que depuis l’ouverture de l’ambassade américaine à Tunis, seuls des diplomates de carrière  ont occupé ce poste.

Gray est issu d’une d’une famille ayant une longue histoire de participation aux affaires publiques. Son grand-père, Gordon Gray, Sr., a été ministre de la Défense sous le président Truman (1949-1950), président de l’Université de Caroline du Nord (1950-1955) et conseiller de Sécurité  nationale auprès du président Eisenhower (1958-1961). Il a également siégé au Conseil présidentiel chargé du renseignement extérieur  sous les présidents Kennedy, Johnson, Nixon et Ford (1961-1977). Un des oncles de l’Ambassadeur de Gray, C. Boyden Gray, a été conseiller auprès du  président George HW Bush durant  son mandat (1989-1993), et ambassadeur auprès de l’Union européenne sous  George W. Bush. (2006-2007.

Né en 1956 et ayant  grandi à New York, Gordon Gray III est diplômé de l’Université de Yale en 1978. Il a ensuite servi comme volontaire au  Corps de la Paix à Oued Zem, au Maroc, de 1978 à 1980. Reprenant avec les études, il a obtenu une maîtrise en affaires internationales de l’Université de Columbia en 1982.

Peu de temps après avoir obtenu son diplôme de maîtrise, Gray est entré au Service extérieur en 1982. Il épousa Constance Bentivegna de Montréal en Novembre de la même  année, alors qu’il étudiait l’ourdou au Foreign Service Institute. Ses premières affectations incluent  le  Pakistan, La Jordanie et le Canada ainsi que des missions au Bureau des affaires Proche-Orient et celui de l’Asie du Sud et  le bureau soviétique avant d’occuper des postes clés dans le Département d’Etat, y compris en tant que Directeur de la Bureau régional des affaires antiterroristes (1996 à 1999), le Bureau de maintien de la paix et des opérations humanitaires (1999 à 2001) et le Bureau des affaires  de la Péninsule arabique (2001 à 2002). Gray est retourné au Moyen-Orient en 2002 pour servir comme de chef adjoint de mission à l’ambassade américaine à Égypte jusqu’en 2005.

Au cours de cette affectation, Gray a été le premier diplomate américain à se rendre  en Libye en 2004. De retour à Washington, il a été sous-secrétaire d’Etat adjoint pour les Affaires du Proche-Orient de 2005 à 2008, où ses responsabilités comprenaient la promotion des intérêts américains dans la péninsule arabique et en Afrique du Nord, et la supervision du bureau des affaires régionales du Bureau. Plus récemment, il a servi comme conseiller principal auprès de l’ambassadeur à l’ambassade américaine à Irak à partir de Juin 2008 jusqu’à Mai 2009.    

Gray et son épouse Connie ont deux fils et une fille. Il aime la course à pied et a participé à des marathons en Egypte, en Europe et aux États-Unis.

(

Source »African managre » le 21 sept. 09)

Lien:

http://www.africanmanager.com/detail_article.php?art_id=124573


Tunisie : Achats de 100.000 t de blé dur

22-09-2009 African Manager L’Office tunisien des céréales a acheté mercredi 100.000 tonnes de blé dur d’origine optionnelle dans le cadre de son appel d’offres qui prévoyait initialement l’achat de 84.000 tonnes, rapporte le site Euroinvestor. La Tunisie a bénéficié d’une offre particulière du transporteur de blé Dreyfus pour quatre bateaux de 25.000 tonnes chacun au prix de 271,64 dollars/tonne coût et fret, ont-ils précisé. Les embarquements sont prévus entre le 20 décembre et le 25 janvier. Rappelons que l’OCT  avait lancé auparavant  un appel d’offres pour l’achat d’une quantité équivalente de blé dur d’origine optionnelle pour des embarquements  compris entre le 25 décembre et le 30 janvier. Le dépôt des offres avait été fixé pour le 16 septembre. (Source: »African Manager » le 21 sept. 09) Lien: http://www.africanmanager.com/detail_article.php?art_id=124574


Très cher frère algérien

 
21/09/2009 11:45:28 | Jeune Afrique |
Par : Abdelaziz Barrouhi, à Tunis Les nouvelles mesures prises par Alger en matière d’investissements étrangers ont freiné l’implantation de certains entrepreneurs tunisiens dans le pays. À quand la préférence fraternelle?« Bien que satisfaisant, le bilan de notre coopération reste en deçà de nos ambitions et espérances. Nous sommes donc appelés à encourager les opportunités d’investissement et à faciliter le flux de marchandises entre nos deux pays dans un cadre juridique préférentiel qui accorde des avantages aux produits des deux pays. » Ainsi s’exprimait le président algérien Abdelaziz Bouteflika lors de sa dernière visite en Tunisie à l’occasion du 50e anniversaire du bombardement du village frontalier tunisien de Sakiet Sidi Youssef, symbole des rapports de solidarité entre les deux pays. C’était en février 2008. Plus d’un an après, la « préférence fraternelle » dont parlait le chef de l’État algérien est entrée dans les faits pour ce qui est des relations commerciales, qui ont connu un bond de 85 % en 2008 par rapport à 2007 (voir infographie). Mais elle a été sérieusement mise à mal sur le plan des investissements tunisiens en Algérie, et en raison des sempiternelles tracasseries bureaucratiques.  DésenchantementPlusieurs grandes entreprises tunisiennes, pour la plupart cotées en Bourse, ont en effet vu leurs projets industriels et banquiers freinés à la suite des récentes mesures législatives algériennes relatives à l’investissement étranger. Aux termes des nouvelles dispositions, entrées en vigueur le 26 juillet dernier (voir J.A. n° 2539), un investisseur étranger ne peut détenir que 49 % du capital d’un projet et doit céder à un ou plusieurs partenaires locaux la majorité des 51 % restants. La loi établit aussi un droit de préemption pour l’État algérien en cas de cession des actifs détenus. Pour les sociétés commerciales d’importation, la part des locaux dans le tour de table doit être de 30 % au minimum. Par ailleurs, le capital requis pour l’établissement de filiales de banques étrangères a été porté à 100 millions d’euros. Si la loi sur les sociétés industrielles et commerciales n’est pas rétroactive, les banques et les établissements financiers sont en revanche tenus de se recapitaliser le cas échéant. On pourrait déplorer le fait que les nouvelles mesures n’aient pas introduit la notion de « préférence régionale » pour favoriser le partenariat algéro-tunisien promis par Bouteflika. Une enquête de J.A. auprès de plusieurs grandes entreprises tunisiennes en relation avec l’Algérie fait en tout cas ressortir un certain désenchantement. Mais toutes s’accordent à dire qu’il faut s’adapter à ces péripéties, et ne pas insulter l’avenir, car, comme le rappelle un patron tunisien : « Nous sommes des voisins condamnés à nous entendre. » Si les projets en cours d’exécution sont maintenus (Poulina Group Holding, TPR, Altea Packaging), la règle des 49 %-51 % ne s’appliquant pas à eux, ceux qui n’ont pas encore obtenu l’agrément d’établissement sont tous suspendus (Poulina Group Holding pour d’autres projets, Gif Filter et les groupes bancaires BIAT et Amen). Poulina Group Holding (PGH) – leader des groupes industriels tunisiens dont les activités englobent des unités de production de bouteilles de gaz et d’électroménager, et dont le savoir-faire a franchi les frontières – a été un pionnier en Algérie, où sa première implantation date de plus de trente ans. Son cas illustre bien les heurs, mais aussi parfois les malheurs des investisseurs tunisiens en Algérie. Côté heurs, deux projets qui ne tombent pas sous le coup de la nouvelle loi : une aciérie (billettes d’acier), pour un coût de 24 millions de dinars tunisiens (1 DT = 0,53 euro), à Touggourt, à 620 km au sud d’Alger, qui ouvrira en novembre, et une unité de production de céramique à Sétif qui sera opérationnelle au premier trimestre de 2010 pour un coût de 27 millions de DT. Côté « malheurs », deux ou trois projets industriels en cours de préparation et que le groupe a décidé de mettre entre parenthèses en attendant des jours meilleurs. Poulina n’a pas attendu la nouvelle législation algérienne pour s’associer à un partenaire local quand cela est possible. L’usine de Sétif, qui doit fournir le marché algérien mais aussi exporter vers l’Europe, a été lancée en partenariat avec le groupe algérien Belanouar, qui détient 40 % du capital. Le projet a permis la création de cent vingt emplois, dont 80 % de techniciens algériens formés en Tunisie, le reste du personnel venant de Poulina pour assurer l’encadrement propre à mener à bien le transfert de technologie. Moins heureuse est la société Gif Filter, leader dans son secteur en Tunisie, grande exportatrice vers l’Europe et les pays du Maghreb, qui a décidé de suspendre l’exécution d’un projet d’usine de production de filtres dits de « nouvelle génération », pour un investissement estimé à plus de 10 millions de DT. « Nous étions prêts pour engager les formalités en Algérie, nous déclare Heykel Jerbi, administrateur et DG adjoint de la firme, mais les éléments nouveaux intervenus dans la législation algérienne ne permettent pas d’assurer la sécurité suffisante des investissements que nos actionnaires sont en droit d’exiger de nous. C’est pourquoi nous avons décidé de surseoir à ce projet en attendant de voir si de nouveaux éléments interviendront en 2010. » Jerbi fait valoir également que la législation nouvelle empêche une filiale algérienne d’intégrer un éventuel partenaire stratégique et de présenter des comptes consolidés, obligatoires pour les sociétés cotées en Bourse comme Gif Filter. « Cela dit, ajoute-t-il, l’Algérie est souveraine, et il est possible pour nous d’avoir un partenaire algérien non majoritaire. À nous de le trouver… » Malheureuses aussi sont la Banque internationale arabe de Tunisie (BIAT) et Amen Bank, qui, dans le cadre de leur développement à l’échelle maghrébine, comptaient ouvrir des filiales en Algérie. Elles y ont finalement renoncé car, entre-temps, le capital exigé par Alger a été multiplié par quatre, pour atteindre 100 millions d’euros, montant qui dépasse de loin le capital de leur siège social à Tunis et est trop important pour pouvoir être rentabilisé. Le groupe Amen Bank s’apprête cependant à s’adapter avant fin 2009 aux nouvelles règles concernant les établissements financiers en recapitalisant sa filiale Maghreb Leasing Algérie, très présente au niveau des services aux PME algériennes. Tout n’est pas perdu Il y a cependant des entreprises tunisiennes encore « heureuses ». Tunisie Profilés Aluminium (TPR), qui a investi 25 millions de DT pour l’implantation d’une usine à Aïn Defla, a échappé de justesse à la règle des 49 %-51 %. « Mais, déclare à J.A. Taïeb Bayahi, dont la famille contrôle le groupe, nous nous apprêtons à constituer une société pour la commercialisation, dont 30 % du capital sera détenu par un partenaire algérien que nous avons trouvé. » Bayahi estime que certaines des dispositions de la nouvelle législation contiennent des mesures « contraignantes » auxquelles il faut s’adapter et qui vont se traduire par des surcoûts pour l’usine d’Aïn Defla, dont l’entrée en production, après un retard de plusieurs mois, est prévue pour fin 2009. C’est aussi le cas du groupe Altea Packaging, qui construit une usine d’emballage à Constantine, non loin de la frontière tunisienne, pour un coût de 19 millions de DT. Le démarrage de la production est prévu pour fin 2009. « La nouvelle législation ne s’applique pas à nous, car elle est postérieure à notre agrément », nous a déclaré son président, Slim Zghal. Quant à la règle selon laquelle les entreprises étrangères doivent maintenir en permanence une balance excédentaire en devises, Zghal n’y voit aucun inconvénient majeur à court et moyen terme. « Notre logique dans les quatre prochaines années est de réinvestir, a-t-il répondu. Après, on verra… » (Source: »jeuneafrique.com » le 21 sept. 09) Lien: http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAJA2540p044-045.xml0/-investissement-projet-groupe-Poulina-Biat-Tres-cher-frere-algerien.html


 

 Sahbi Amri révèle la face cachée du retour d’Abdelhamid Hamdi : « La parole du Président Ben Ali n’a jamais fait l’objet de doute ou de reprise »

Abdelhamid Hamdi, Président du Haut Conseil Islamique au Danemark n’a pas commis un crime en retournant à son pays d’origine après 20 ans de nostalgie. Une multitude de circonstances et de motifs ont contribué à cette longue absence. C’est une personne modérée de tempérament doux qui est devenue brusquement la cible de critiques, de diffamations et parfois même d’insultes émanant de gens déconnectés d’une réalité qui n’obéit ni aux humeurs ni à l’opportunisme de certains milieux qui ont toujours fait preuve de servitude à des sphères internationales suspectes.

Vu les anciennes relations personnelles de Abdelhamid Hamdi avec un certain entourage hostile au régime tunisien, il a cru qu’il était sujet à des poursuites judiciaires par contumace en son pays.

De ce fait, Adel Hamdi, ex-journaliste de la chaine Al-Mustakillah de Londres, m’a appelé pour intervenir auprès des hautes instances et voir s’il n’y a pas d’objection à ce retour. Mes démarches ont abouti, dans les 48 h qui suivaient cette communication vers la mi-juillet 2009, à une réponse positive. J’ai vite transmis le message Adel Hamdi qui à son tour a avisé Abdelhamid Hamdi qui était à Bruxelles en cette période. Quelques jours plus tard, Dr Moktar Zaghdoud me téléphone au même sujet. Je lui ai fait savoir que tout était en règle pour son ami. Au lendemain, Abdelhamid Hamdi me téléphone. Il voulait s’assurer des informations requises à propos de son retour. Il craignait surtout une humiliation à son retour par des procédures d’enquête policières qui risqueraient d’envenimer son retour. Je lui ai fait savoir que la parole du Président Ben Ali n’a jamais fait l’objet de doute ou de reprise. Il ne m’a pas caché à ce propos que « son attente a tant duré face aux promesses d’intervention et de réponse de Borhene Bssais et de Khaled Chouket au point où il a désespéré d’avoir une confirmation pour son cas ». Je lui ai laissé le choix d’attendre ses interlocuteurs ou de venir avec des assurances suprêmes.

Abdelhamid Hamdi m’a encore retéléphoné le lendemain pour m’aviser de la date et l’heure de son arrivée en me demandant de l’attendre à l’aéroport le 25 juillet 2009 à 13 h.

Docteur Moktar Zaghdoud, ex nahdaouis , ex commis de Rached Ghannouchi

Le jour convenu, j’étais à Tunis-Carthage avec Nasreddine Ben Hadid, journaliste de la chaine Nesma et Nabil Rebai ex-prisonnier politique dans l’attente d’Abdelhamid Hamdi que je n’ai jamais rencontré. Installé au café du rez-de-chaussée avec mes compagnons, Nasreddine Ben Hadid m’a fait remarquer la présence du Dr Moktar Zaghdoud dans le hall de l’accueil. A table, mon confrère m’a fait comprendre qu’il venait de débarquer de Djerba dans l’intention d’attendre Abdelhamid Hamdi à son arrivée de Bruxelles vers 13 h.

L’information était claire et les prétentions étaient plus que claires traduisant « une gentillesse amicale et une moralité de qualité ».

Il est à rappeler que Dr Moktar Zaghdoud a déjà vécu les mêmes circonstances émotives à son retour de grâce en 2006 après 20 ans de nostalgie forcée en France.

Mais, à son arrivée à Tunis-Carthage, il a préféré mettre au courant un Avocat-Sénateur à son accueil frigide à l’aéroport pour garantir une assurance de passage déjà requise par l’instigateur du re- déclenchement du processus du retour des refugiés politiques à Tunis.

Depuis ce jour, Dr Moktar Zaghdoud fait la navette presque hebdomadaire entre Tunis et Paris après avoir installé son épouse et ses enfants dans une villa à l‘Ariana.

Ses démarches de réintégration au poste de Médecin de la Santé Publique ont toutes échoué vu qu’il n’a jamais été révoqué de ses fonctions qu’il a abandonnées de son propre gré avant son départ Nostalgique en France. Dr Moktar Zaghdoud a refusé d’abandonner son cabinet médical à Paris et de rejoindre la santé publique à Tunis après avoir régularisé son ancienneté auprès des services de la sécurité sociale. Tel est un aperçu global sur la situation du Dr Zaghdoud après son retour de 2006 en Tunisie.

L’arrivée d’AbdelHamid Hamdi

Donc, du café de l’aéroport, je suivais par téléphone les étapes préparant la sortie d’Abdelhamid Hamdi après l’atterrissage de l’avion en provenance de Bruxelles. Je n’avais rien remarqué de ce qui pouvait attirer mon attention sauf un retard de sortie d’Abdelhamid Hamdi puis une brusque rupture de contact au mobile. Surpris par cette situation soudaine , j’ai pris la peine de contacter un responsable de la sécurité civile de l’aéroport pour me permettre d’accéder au site des passagers après lui avoir expliqué les raisons de ma présence à l’aéroport.

A l’intérieur du compartiment de l’arrivée des passagers, accompagné du Dr Moktar Zaghdoud, j’ai trouvé Abdelhamid Hamdi au guichet d’une banque en train de changer de l’argent.

Après les saluts et le souhait de bienvenue, je lui ai exprimé mon inquiétude de non-réponse au téléphone. Il m’a répliqué qu’au passage des formalités policières sans aucun problème, il ne croyait pas ses yeux. Il était très joyeux et enthousiaste au point qu’il a risqué de perdre ses bagages et ses documents de voyage qu’on est resté un bon bout de temps en train de les chercher entre la banque la douane et les services de police. Car, il les abandonné dans un coin à proximité du tapis roulant.

Un accueil vraiment chaleureux

La foule de Maktar qui attendait la sortie d’Abdelhamid Hamdi, était foudroyante. La circulation des piétons était bloquée à la sortie de l’aéroport. Les larmes des proches et amis n’ont pu résister à la scène émotive. Il a fallu du temps pour effectuer la trajectoire séparant la porte de sortie des voyageurs et l’extérieur de l’aéroport. Abdelhamid Hamdi ne croyait pas ses yeux de cet accueil vraiment chaleureux de ses siens après une longue durée de nostalgie contraignante. Nabil Rebai et Nasreddine Ben Hadid étaient partis récupérer ma voiture du parking. Je les attendais avec Dr Zaghdoud sur le trottoir de l’entrée de l’aéroport. Mais entre temps, Abdelhamid Hamdi m’a invité avec mes compagnons à venir assister le soir même à une Soulamya à Maktar. Dr Zaghdoud s’est excusé. Il devait rentrer le jour même à Djerba rejoindre au sud son père sérieusement malade. Je ne pouvais refuser cette invitation devant l’insistance des proches d’Abdelhamid Hamdi. Je lui ai, donc, promis de le rejoindre après avoir fait des petites courses urgentes. Dr Moktar Zaghdoud m’a demandé de le déposer au quartier El-Manar. On s’est quitté, alors, dans une atmosphère sereine, joyeuse et transparente sans qu’il y ait quoique ce soit qui pouvait souiller cette rencontre.

Arrivé à Maktar accompagné de Nasreddine et Nabil, j’ai contacté directement le chef de police de la région vers 21 h. pour l’aviser de la présence d’Abdelhamid Hamdi sous instructions suprêmes afin qu’il n’oserait déranger son séjour en Tunisie. J’ai pris cette initiative strictement personnelle pour ne pas laisser la voie au prétexte de non coordination administrative qui pouvait jouer un mauvais tour.

Chez la Grande Famille Hamdi, l’hospitalité était à la hauteur des Ouled Ayar et Rjel Lahmada. Personnellement, j’étais embarrassé par la générosité et la gentillesse que m’a accordée tout l’entourage d’Abdelhamid Hamdi. Mais, au fond de moi, j’estime que j’ai fait un devoir humanitaire, social et national que sont rares ceux qui l’accomplissent sans contrepartie. J’étais content de moi et de l’appui que m’accorde l’autorité suprême pour accomplir cette tâche en toute confiance et transparence. Le père d’Abdelhamid Hamdi ne croyait pas ses yeux de voir son fils chez-lui à Maktar.

Khaled Hadded du journal en ligne Assiyasiya

Pour moi c’était la grande joie d’assister à cette scène comme tant d’autres au paravent.

La troupe de Soulamya de la Mosquée El-Abidine à Carthage a bien animé la soirée à Maktar sous le patronage de l’Imam Cheikh Chargui.

A l’aube du 26 juillet 2009, j’étais chez-moi. Insomniaque comme d’habitude, je me suis branché à l’internet.

A ma stupéfaction, l’information de l’arrivée d’Abdelhamid Hamdi est publiée au moindre détail sur le site Assyassyia par un certain Khaled Haddad. Je n’ai jamais connu cette personne et je n’ai pas remarqué sa présence à l’aéroport.

La structure de l’article publié n’était pas saine. Elle me renseignait sur une certaine manipulation qui accentuait l’attention sur Mokhtar Zagdoud et non sur Abdelhamid Hamdi.Il ne fallait pas être un génie pour deviner l’origine de cette maladresse dont il n’a pas pris ni mon avis ni celui de Abdelhamid Hamdi. Cet article rendait le retour d’Abdelhamid Hamdi dans un contexte de manipulation et d’orchestration avec l’autorité au pouvoir. Nombreuses questions se posent à ces deux originaires de Ben Guerdene : le Docteur Mokhtar Zaghdoud et son attaché de presse Khaled Haddad ?

En fin de matinée, mon mobile sonne. Docteur Mokhtar Zaghdoud me téléphone. Il me demande le numéro Tunisien du téléphone d’Abdelhamid Hamdi. Je lui renvoie la balle en lui précisant que l’information exacte se trouve chez Khaled Haddad qui a omis de le mettre dans son article bizarre. Il me fait savoir qu’une simple coïncidence l’a laissé le croiser à l’aéroport pour l’informer de cet événement. Puis, il renonce rapidement à cette version pour me dire qu’il l’a accompagné au cours du vol de Djerba-Tunis. Puis il insiste que Khaled Haddad nous a salué à notre sortie de l’aéroport quand on était en train d’attendre Nabil et Nasreddine partis au parking. Moi, je ne sais quelle version devrais-je retenir pour justifier cette manipulation embarrassante. Dr Mokhtar Zaghdoud a voulu discréditer un retour simple et transparent d’un nostalgique pris entre l’enclume de ses relations antérieures avec des opposants islamistes Tunisiens et ses responsabilités actuelles.

Dr Moktar Zaghdoud a vite oublié les circonstances de son retour de grâce en 2006 après une longue période de nostalgie contraignante .Il a préféré être attendu à son arrivée à l’aéroport par un avocat-Sénateur qui n’a rien à voir avec le dossier des refugiés politiques.

Abdelhamid Hamdi était d’un autre avis. En simple citoyen, il a été attendu à l’aéroport par une foule de ses siens.

L’article qu’a publié, le journaliste Khaled Haddad a suscité une polémique à l’étranger allant de la manipulation à l’orchestration. Abdelhamid Adassi a soulevé le ton de protestation à Copenhague. D’autres l’ont suivi sans pour autant savoir la pure vérité de l’opportunisme de certains compatriotes qui refusent ,de bonnes ou de mauvaises intentions, d’admettre et se convaincre de leur vraie dimension dans le processus du retour des refugiés politiques qui n’ont pas besoin de rabatteurs. Leur initiative est strictement personnelle et instinctive. Devant cet état de fait, Khaled Haddad était très embarrassé face à l’écho de son article de complicité avec Dr Moktar Zaghdoud. Il a couru derrière son confrère Nasreddine Ben Hadid pour remédier à la faille de départ. Il demandait une interview avec Abdelhamid Hamdi.Il a, donc, préparé ses questions et il les a adressé à Abdelhamid Hamdi. Avant la publication, il a retourné la forme finale de la publication à son interlocuteur pour avoir son aval. Mais toujours est-il qu’il y a eu encore des failles qui nécessitaient une rencontre directe entre les deux personnes.

Le jour de départ d’Abdelhamid Hamdi, Khaled Haddad était pris par les élections du nouveau bureau du Syndicat des Journalistes Tunisiens. Abdelhamid Hamdi est rentré à Copenhague et la polémique persiste encore. Faudrait-il un déplacement du journaliste Khaled Haddad au Danemark pour bien rédiger la vérité de ce retour. Mais, à présent, le seul gagnant dans ce malentendu est Dr Zaghdoud qui se cache derrière ses prétentions opportunistes.

Seule consolation : un Tunisien a pu rentrer dans son pays. Beaucoup de souffrances ont pu été évitées. A mes compatriotes, aux oppositions et à certains milieux au pouvoir, je veux dire : le retour des exilés est droit. Il n’est pas un fond de commerce.

Dr.Sahbi Amri

(Source : le site de Sami Ben Abdallah  (censuré en Tunisie), le 17 septembre 2009)

Lien :http://www.samibenabdallah.com/

 

 

 

Les immigrés refoulés par l’Italie vers la Libye y sont maltraités (HRW)

 
AFP, le 21 septembre 2009 à 11h35  
ROME, 21 sept 2009 (AFP) – L’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch (HRW) a critiqué lundi l’Italie pour les refoulements des immigrés clandestins interceptés en mer, vers la Libye où ils sont exposés aux mauvais traitements. « L’Italie intercepte les immigrés et demandeurs d’asile africains, mais elle ne vérifie pas si ceux-ci peuvent obtenir le statut de réfugiés et elle les refoule de force en Libye où nombre d’entre eux sont détenus dans des conditions inhumaines et dégradantes », indique un rapport de 92 pages de HRW. « La réalité c’est que l’Italie refoule les gens vers un endroit où les attend un mauvais traitement. Les immigrés qui ont été détenus en Libye parlent dans leur majorité de traitement brutaux », affirme Bill Frelick, auteur du rapport. Les navires italiens repoussent les embarcations des immigrés clandestins sans vérifier s’il y a parmi eux des réfugiés, des malades ou des blessés, des femmes enceintes ou des mineurs, poursuit HRW. « Cette politique représente une violation ouverte de l’obligation légale de l’Italie de ne pas procéder au refoulement de personnes vers des endroits où leurs vies ou libertés seraient menacées et où ils risqueraient d’être torturés », ajoute HRW. L’organisation précise que ce rapport a été rédigé sur la base des interviews de 91 immigrés résidant en Italie et à Malte. Le rapport, qui cite des témoignages d’immigrés battus en Libye, demande aux autorités de ce pays « d’améliorer les conditions déplorables de détention et d’établir des procédures pour les demandeurs d’asile conformes aux normes internationales ». Il invite dans le même temps l’Italie et l’Union européenne à assurer le respect du droit à l’asile et à « renoncer à refouler les non-Libyens vers la Libye tant que la manière de ce pays de traiter les immigrés, les demandeurs d’asile et les réfugiés ne sera pas aux normes internationales ». L’Italie a conclu un accord avec la Libye pour refouler les candidats à l’immigration, critiqué par le Haut Commissariat des Nations Unies aux réfugiés qui dénonce le refoulement de réfugiés ayant des raisons valables pour demander l’asile en Europe.

Examen des demandes d’asile en Afrique: le HCR disqualifie la Libye

AFP, le 21 septembre 2009 à 14h14 BRUXELLES, 21 sept 2009 (AFP) – Le Haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) a disqualifié lundi la Libye comme pays d’accueil pour les personnes demandeuses d’une protection internationale, car ce pays « n’offre pas les conditions de protection » nécessaires. « La Libye n’est pas en mesure d’établir un espace de protection pour les demandeurs d’asile de bonne foi », a affirmé le directeur du HCR, Antonio Guterres, au cours d’une conférence de presse à Bruxelles, à l’issue d’une réunion avec les ministres de l’intérieur de l’UE. « La situation dans ce pays est effrayante », a-t-il accusé. « Il y a un risque pour les personnes nécessitant une protection internationale d’être renvoyées dans leur pays d’origine et c’est pour cette raison que nous exprimons nos réserves », a-t-il expliqué. « Le HCR travaille en Libye sans reconnaissance officielle et nous disons que nous ne sommes pas en mesure d’offrir en Libye une protection adéquate aux réfugiés demandeurs d’asile », a-t-il ajouté. La prise de position du HCR embarrasse l’Union européenne, car des milliers de demandeurs d’asile originaires des pays de la Corne de l’Afrique sont arrivés en Libye entraînés par les trafiquants d’être humains, qui leur ont fait miroiter l’espoir de gagner l’UE via l’Italie. Quelque 35.000 personnes ont débarqué sur les côtes italiennes en 2008. 75% d’entre-eux ont demandé une protection internationale et elle a été accordée à 50% des demandeurs, a souligné le HCR. « Nous avons intérêt a ce que les conditions soient réunies en Libye pour créer un espace de protection », a souligné M. Guterres. Le commissaire européen chargé des questions d’immigration, Jacques Barrot, a abondé en ce sens. « Nous devons avoir un mécanisme de protection sur les rives du sud de la Méditerranée, car sinon les demandeurs sont obligés de se livrer à des passeurs », a-t-il expliqué. « J’espère me rendre en Libye pour préparer le terrain, mais nous devons montrer aux Libyens que la situation actuelle n’est pas acceptable et ne peut pas durer », a-t-il indiqué.

 


 

Ouster of NGO from Council has unexpected effect

Carole Vann/Infosud

A very active NGO, the Arab Commission for Human Rights, will not participate in the current session of the Human Rights Council after having its consultative status suspended at the demand of Algeria on July 28th. But the ouster may have led to an unexpected result.

 The official reason given by Ambassador Idriss Jazaïri at the time was that during the June 2008 Council session, the NGO gave the floor to a political refugee in Switzerland, Rachid Mesli who is charged with terrorist activities in Algeria.

But Arab Commission’s representative in Geneva, Abdel Wahab Hani was given a different explanation from Arab and European diplomats who said the real reason was that certain countries did not appreciate Hani’s protests against the nominations of Egypt’s Ahmed Amin Fathalla and Algerian Senator Lazhari Bouzid to the UN Covenant on Civil and Political Rights. He had denounced the nominations during the 9th public session of the Council (September 9, 2008) and to former Council President Doru Costea of Romania and then President Martin Ihoeghian of Nigeria as well as to High Commissioner Navi Pillay.

The nomination of diplomats to UN watchdog agencies has frequently been criticized by NGOs due to their lack of independence as government officials. For them this represents a violation of Article 28 of the Covenant which states that the body must be composed of ‘persons of high moral character and recognized competence in the field of human rights..”

 In the end, it appears that following the protests by the Arab Commission for Human Rights, a tacit agreement has been reached to no longer present government officials. The list of candidates for upcoming mandate holders includes no ambassadors, ministers or senators with the exception of Libya who presented a former diplomat.

 (Source: “Human Rights Geneva”, le 21 September 2009)

Lien: http://www.humanrights-geneva.info/Ouster-of-NGO-from-Council-has,6650


« Mesure de rétorsion » à l’encontre de la Commission arabe des droits humains  

 Carole Vann/Infosud

Très active lors des précédentes sessions, la Commission arabe des droits humains ne peut participer aux travaux en cours du Conseil des droits de l’homme.

Le 28 juillet dernier, l’ONU a en effet suspendu pour un an le statut consultatif de l’ONG, à la demande de l’Algérie. Raison officielle invoquée par l’ambassadeur Idriss Jazaïri : cette ONG avait donné la parole en juin 2008 à un réfugié politique en Suisse, Rachid Mesli, condamné en Algérie pour activités terroristes.

Mais de fait, le représentant à Genève de l’ONG, Abdel Wahab Hani, s’est entendu dire par des diplomates arabes et européens que la vraie raison de cette suspension est toute autre : l’Algérie, et dans la foulée les pays arabes, n’aurait pas apprécié qu’Abdel Wahab Hani proteste contre les nominations du diplomate égyptien Ahmed Amin Fathalla et du sénateur algérien Lazhari Bouzid comme membres du Comité des Droits de l’Homme de l’ONU. Un dénonciation lancée le 19 septembre 2008 en plénière devant la 9e session ordinaire du Conseil des droits de l’homme et auprès des ex-présidents du Conseil, le Roumain Doru Costea et le Nigérian Martin Ihoeghian Uhomoibhi, ainsi qu’auprès de la Haut Commissaire aux droits de l’homme Navi Pillay.

Le Comité des droits de l’homme est un organe censé être composé de personnalités indépendantes en charge de contrôler l’application du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, l’un des deux piliers de la charte des droits de l’homme de l’ONU. Or Ahmed Amin Fathalla était à l’époque ambassadeur d’Égypte aux Pays Bas, tandis que Lazhari Bouzid avait été nommé par le pouvoir algérien dans le quota présidentiel au Sénat.

La désignation de diplomates par les États dans des Comités de surveillance des traités a souvent été critiquée par les ONG, qui y voient un manque d’indépendance, étant donné leurs engagements auprès de leur gouvernement.. Cela représente à leurs yeux « une violation du critère de haute moralité inscrit dans l’article 28 du Pacte ».

Ahmed Amin Fathalla n’était d’ailleurs pas le seul cas égyptien. Naéla Gabr, ancienne ambassadrice à Genève, était assistante du ministre égyptien des affaires étrangères pour les organisations internationales, tout en étant membre du Comité aux Nations Unies sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW).

Et ça n’est pas tout : Luis Gallegos Chiriboga, ambassadeur d’Équateur à Washington et membre du Comité de l’ONU contre la torture, José Augusto Lindgren Alves, diplomate en poste à Brasilia et membre du Comité de l’ONU contre la discrimination raciale ou encore le Biélorusse Sergei Martynov, ministre des affaires étrangères et membres du Comité des droits économiques, sociaux et culturels.

Il semble d’ailleurs que, suite a la déclaration de la Commission arabe des droits humains, un accord tacite ait eu lieu pour ne plus présenter des titulaires de mandats gouvernementaux. Les ONG restent, quant à elles, attentives au prochain renouvellement du Comité contre la torture. La liste des candidats ne présente plus d’ambassadeurs, de ministres ou de sénateurs, à l’exception de la Libye qui présente un ancien diplomate.

(Source: « InfoSud » (agence de presse – Suisse), le 21 septembre 2009)

Lien:http://www.humanrights-geneva.info/Mesure-de-retorsion-a-l-encontre,6645

 

 

El Pais (Espana):

 Pour la première fois l’Aid el Kébir sera fête officielle dans une ville espagnole

 

Les associations musulmanes et la municipalité se mettent d’accord pour que le 17 novembre 2010 soit férié à Melilla. Depuis l’expulsion des musulmans, en 1492, il n’y avait en Espagne aucune fête religieuse non catholique

IGNACIO CEMBRERO – Madrid

Pour la première fois depuis le Reconquête, c’est-à-dire de l’expulsion des musulmans d’Espagne en 1492, une ville espagnole va inclure dans son calendrier officiel une fête religieuse non catholique. Les quatre principales associations musulmanes de Melilla, sur la cote nord africaine, et la municipalité de cette ville se sont mises d’accord vendredi pour que la principale fête musulmane (l’Aid el Kébir ou la Fête su Sacrifice) soit fériée a partir de 2010. Elles ont même choisi une date: le 17 novembre.

Pour la première fois dans l’histoire de l’Islam une communauté musulmane, les quelques 40.000 habitants de Melilla qui professent cette religion, connaîtront avec 15 mois d’avance -et non pas seulement avec quelques jours- quand est ce qu’ils vont fêter l’Aid el Kebir qui commémore le sacrifice d’un agneau par Abraham. Dieu lui a demandé de remplacer son fils, qu’il s’apprêtait à sacrifier, par un animal.

« C’est une décision qui n’a pas de précédant dans l’Union Européenne, dans le monde si l’on excepte, bien entendu, les Etats musulmans », nous déclare satisfait Abderrahman Benyahia, porte parole de la Commission Islamique de Melilla. « C’est un pas historique dont nous nous félicitions », ajoute Miguel Marín, conseiller municipal aux administrations publiques. La ville est gouvernée par le Parti Populaire (centre-droite) et dans l’opposition se retrouvent coude à coude Coalition Pour Melilla, une formation musulmane de gauche, et les socialistes.

Marín s’est réuni avec les représentants de quatre organisations musulmanes qui font partie de la Commission Islamique: Al Badr, l’Association Musulmane de Melilla, le Conseil Religieux Musulman et l’Association de la Communauté Musulmane. Tous les participants à la réunion avaient, auparavant, consulté plusieurs calendriers lunaires, à commencer par celui de la NASA américaine, pour chercher à établir la date de l’Aid el Kébir en 2010.

« Nous sommes tombés d’accord que la date la plus probable serait le 17 novembre » signale Benyahia. « C’est vrai que nous courons un risque, mais il est presque certain que la date choisie va coïncider avec l’un de trois jours pendant lesquels se célèbre l’Aid el Kébir », une fête qui se prolonge pendant 72 heures d’affilé. « Le mouton peut-être sacrifié m’importe lequel de ces trois jours », rappelle-t-il.

La date accordée, qui figure sur un procès verbal de la réunion souscrit par tous les assistants, sera entérinée le 21 septembre par la commission des administrations publiques de Melilla et, quatre jours après, par le conseil municipal de la ville. Celui ci devra envoyer le calendrier des festivités officielles locales pour 2010, au Ministère du Travail à Madrid, avant le 30 septembre prochain.

« La décision prise aujourd’hui suppose la reconnaissance par la ville d’une frange importante de la population », explique Marin. « La majorité de la population qui réside de fait à Melilla -la ville compte aujourd’hui officiellement 75.245 habitants- est musulmane », soutient Benyahia.

« L’accord obtenu est un pas significatif vers un plus grand respect de notre communauté ». Jusqu’à présent il y avait à Melilla neuf fêtes religieuses catholiques, mais aucune musulmane, d’après la conseillère municipale Dunia al Mansouri.

Cette conseillère de l’opposition au Parti Populaire avait interpellé sur cette question, en novembre dernier, Miguel Marin lors d’un conseil municipal. Le conseiller de la majorité luis avait alors répondu qu’il était disposé à inclure l’Aid el Kebir dans le calendrier des fêtes officielles à condition d’en connaître la date plus d’un an auparavant pou pouvoir ainsi la communiquer à Madrid dans les délais requis.

Benyahia ne prétend pas élargir cette initiative à l’ensemble de la Péninsule Ibérique mais il souhaite qu’elle « serve à ouvrir un débat entre les musulmans qui habitent ici, en Espagne et en Europe, pour qu’ils unifient la date de célébration de l’Aid el Kébir ». « Il n’est pas normal que, par exemple, dans un même immeuble de Barcelone, une famille le fête un jour et ses voisins un autre en fonction de leur pays d’origine », s’indigne-t-il. « Il faut avancer vers un islam espagnols, européen, et cela implique renoncer à un certain nombre de choses ».

La ville espagnole de Ceuta, également située sur la cote nord africaine, va sans doute suivre bientôt l’exemple de Melilla.

Pour des raisons légales il est impossible que l’Aid el Kebir, qui se célèbre 70 jours après la fin du Ramadan, soit déjà fête officielle cette année à Melilla. Les associations musulmanes locales ont cependant demandé à Marin de transmettre au gouvernement central espagnol leur souhait que l’administration de l’État déclare ce jour là non ouvrable -la municipalité le fait déjà depuis plusieurs années- de façon à ce que ses fonctionnaires ne doivent pas se rendre à leur travail.

« Nous nous sommes engagés à faire parvenir cette pétition à Madrid et à la soutenir », nous assure le conseiller municipal du Parti Populaire.

(Source : article envoyé à la rédaction par M. Abdelwahab El hani et publié initialement en espagnol par « El Pais » (quotidien – Espagne), le 11 septembre 2009)

Lien :http://www.elpais.com/articulo/espana/Pour/premiere/fois/l/Aid/Kebir/sera/fete/officielle/dans/une/ville/elpepuesp/20090911elpepunac_23/Tes


En Afghanistan, l’Europe traîne les pieds face aux Etats-Unis

 
Par Reuters, publié le 21/09/2009 LONDRES – Les Européens, que Washington presse d’augmenter leurs contingents militaires en Afghanistan, n’enverront aucun renfort substantiel sans être associés à un plan clair de formation des forces de sécurité locales, estiment les analystes et observateurs.Lundi, le Washington Post a publié un extrait du rapport d’évaluation, toujours confidentiel, du commandant en chef des forces américaines et alliées en Afghanistan soulignant sans ambiguïté la nécessité d’envoyer des hommes supplémentaires et d’arrêter une nouvelle stratégie pour battre les taliban. Cette fuite, authentifiée par le porte-parole du général Stanley McChrystal, ne précise pas le nombre de renforts jugés nécessaires et leurs missions. Mais selon des confidences de responsables américains, le patron de l’Isaf devrait demander environ 30.000 troupes de combat et instructeurs de plus. Le général McChrystal, dont les recommandations très attendues devraient être connues dans les semaines à venir, commande aujourd’hui 100.000 hommes – pour les deux tiers américains – avec pour mission de reprendre le dessus dans un conflit qui remonte au lendemain des attentats du 11 septembre 2001. « Des ressources insuffisantes ont toutes les chances de déboucher sur un échec », écrirait le général, spécialiste de la guerre contre-insurrectionnelle, dans son rapport. « Cependant, sans nouvelle stratégie, la mission ne devrait pas bénéficier de ressources (nouvelles). » Une quarantaine de pays, allant de Singapour à l’Islande, ont envoyé des troupes en Afghanistan se battre sous la bannière de la Force internationale d’assistance à la sécurité. Le gros du contingent européen (21.000 au total) est constitué de Britanniques (9.000 soldats), d’Allemands (4.000), de Français (3.200), d’Italiens (3.100) et de Polonais. Tous ces pays sont en première ligne pour être sollicités par les Américains et renforcer leur contingent sur le terrain. Mais avec le retournement d’opinions publiques désormais farouchement hostiles à cette guerre, la multiplication des pertes humaines et le flou entourant la stratégie d’un conflit vieux de huit ans, obtenir des Européens des renforts de troupes combattantes ne sera pas une mission de tout repos.L’ITALIE SOUS LE CHOC « S’il s’agit de demander des soldats supplémentaires pour se battre, alors la bonne volonté a peu de chance d’être au rendez-vous », prédit le colonel Christopher Langton, de l’Institut international d’études stratégiques de Londres (IISS). « S’il s’agit de troupes supplémentaires pour assurer la formation des forces de sécurité afghanes, alors il existe à mes yeux une possibilité que des pays répondent présents. » Le contingent britannique est dans sa quasi-totalité déployé dans l’Helmand, province du sud de l’Afghanistan où les combats sont intenses. Londres a perdu 216 soldats depuis 2001, plus qu’en Irak. Si l’état-major a manifesté son désir de voir de nouveaux renforts, le Premier ministre, Gordon Brown, rechigne à faire de nouvelles promesses, tout particulièrement si la stratégie reste floue et compte tenu des résultats incertains de l’élection présidentielle afghane du 20 août dernier. Gordon Brown préfère insister sur le besoin d' »afghaniser » la guerre en formant l’armée et la gendarmerie locales pour assurer la tâche de maintien de l’ordre. Cette position est largement partagée à Berlin et Paris. Les opinions publiques montrent aussi une hostilité croissante à cette guerre, qui a coûté la vie à 31 Français et 35 Allemands. La France et l’Allemagne envisagent d’organiser une conférence internationale, début 2010, sur l’Afghanistan mettant l’accent sur « la formation des troupes » et une assistance régionale accrue venant de l’Inde, de la Russie, de la Chine et de pays de l’Asie centrale. Quant à l’Italie, elle est toujours sous le choc de la mort, la semaine dernière, de six de ses parachutistes victimes d’un attentat suicide à Kaboul. Grosso modo, le pays reste néanmoins favorable à un engagement en Afghanistan, même si des doutes existent sur le rôle supposé de maintien de la paix de son contingent. Même si les opinions européennes semblent généralement peu disposées à s’engager plus avant en Afghanistan, il n’existe toutefois pas à ce jour d’indice probant du retrait prochain d’un quelconque grand pays européen

 

 

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