21 mai 2011

TUNISNEWS
11 ème année, N°4015 du 21.05.2011


AFP:

Tunisie: 300 morts pendant la révolution, poursuite de la torture

AP: Un expert de l’ONU dénonce la persistance de mauvais traitements en Tunisie, en dépit de leur diminution

Reuters:

La torture continue en Tunisie sans être généralisée, dit l’Onu


REVUE DE PRESSE

Tunisie: 300 morts pendant la révolution, poursuite de la torture


(AFP) – le 21/05/2011
TUNIS — Environ 300 personnes ont été tuées pendant la révolution tunisienne, a indiqué samedi un expert de l’ONU à Tunis, où une militante connue des droits de l’Homme a accusé le gouvernement de poursuivre la pratique de la torture depuis la chute du régime Ben Ali le 14 janvier.
Environ 300 Tunisiens sont morts et 700 ont été blessés entre le 17 décembre, date du début de la révolte contre le pouvoir Ben Ali et le 14 janvier, jour de sa chute, a indiqué samedi le rapporteur spécial de l’ONU contre la torture, Juan Méndez, citant des chiffres gouvernementaux.
« Environ 300 personnes ont été tuées et 700 blessées pendant les troubles entre 17 décembre et 14 janvier », a déclaré M. Méndez lors d’une conférence de presse à Tunis.
Le dernier bilan communiqué par les autorités à la mi-février faisait état de 234 morts sans mentionner le nombre de blessés.
M. Méndez a en outre plaidé pour des « investigations complètes » et des réformes pour la prévention de la torture en Tunisie.
Une militante réputée tunisienne pour les droits de l’Homme, Radhia Nasraoui, qui a assisté à la conférence de presse, a de son côté accusé le gouvernement de poursuivre les tortures.
« Nous avons eu des témoignages des prisonniers qui ont été torturés après la révolution, et certains ont même été violés », a-t-elle affirmé à l’AFP précisant que des enfants de 14 et 15 ans qui avaient participé à des manifestations pacifiques ont été également torturés.
« Je pense qu’il n’y pas une volonté politique pour arrêter au moins d’une façon ferme ces pratiques sauvages. Nous avons l’impression que la police a le feu vert pour torturer », a ajouté M. Nasraoui, qui préside l’organisation contre la torture en Tunisie.
M. Méndez a insisté sur la nécessité « d’investigations complètes et déterminées de tous les cas (de violences, ndlr), la poursuite des auteurs ainsi que des réparations des services de réhabilitation pour les victimes », a-t-il précisé lors d’une conférence de presse.
En visite de travail en Tunisie depuis le 15 mai, M. Méndez a ajouté que pour « la prévention de la torture, des réformes constitutionnelles législatives et administratives sont nécessaires ».
Il a affirmé que les objectifs de sa visite étaient « d’engager un dialogue avec les décideurs et les acteurs clés afin de formuler de recommandations pour aider le gouvernement intérimaire et la société tunisienne à assurer la justice par le biais d’une transition réussie ».
Sa visite vise également à « promouvoir la responsabilisation pour les abus passés et pour les autres allégations de torture et de mauvais traitements en assurant que les auteurs présumés soient tenus responsables conformément aux droits tunisien et international ».
« Le gouvernement intérimaire a été mis sous une pression immense de démontrer sa volonté et sa capacité véritables à répondre à la volonté de la population de briser le cycle de l’impunités et de restaurer la justice pour les actes passés et récentes de tortue et mauvais traitements », a-t-il dit.

Un expert de l’ONU dénonce la persistance de mauvais traitements en Tunisie, en dépit de leur diminution


De The Associated Press – le 21/05/2011
TUNISIA, Tunisia — Au terme d’une mission d’une semaine en Tunisie, Juan Mendez, le rapporteur spécial des Nations unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, a dénoncé samedi la persistance d’abus commis par des agents de sécurité après la chute du régime de l’ex-président Zine el Abidine ben Ali.
« J’ai entendu des témoignages crédibles selon lesquels des détenus ont été battus lors de leur arrestation, de leur détention en garde à vue ou durant l’interrogatoire », a-t-il déclaré au cours d’une conférence de presse.
Il a mentionné « plusieurs allégations de personnes qui se sont plaintes d’avoir été battues et brûlées avec des cigarettes et dont les allégations ont été étayées par des contrôles médicaux ».
Il a fait état d’environ 300 morts et de plus de 700 blessés enregistrés durant le soulèvement populaire depuis l’immolation de Mohamed Bouazizi, le vendeur ambulant qui s’est immolé par le feu le 17 décembre jusqu’au 14 janvier, date de la fuite de Ben Ali en Arabie Saoudite.
« Des cas de torture sous Ben Ali dont j’ai pris connaissance sont parmi les plus cruels et les plus sombres que j’ai jamais entendus même dans mon pays (l’Argentine) », a-t-il déploré.
Expert indépendant mandaté par l’ONU, M. Mendez a cependant déclaré avoir constaté que « la pratique de la torture et des mauvais traitements avait diminué » en Tunisie par rapport à la période du régime Ben Ali où elle était « endémique et notoire ». AP

 

La torture continue en Tunisie sans être généralisée, dit l’Onu


publié le 21/05/2011 à 20:10
La torture continue en Tunisie depuis le renversement de Zine ben Ali mais elle ne semble pas être systématique, a déclaré samedi le rapporteur spécial des Nations unies.
La Tunisie devra enquêter « énergiquement » sur la torture massive pratiquée sous le règne autoritaire de Ben Ali, renversé le 14 janvier par une révolution populaire, a ajouté Juan Mendez.
L’avocat envoyé par l’Onu concluait une mission d’une semaine en Tunisie, durant laquelle il a rencontré le gouvernement intérimaire, des associations et des victimes. Il a déclaré que les nouveaux dirigeants du pays étaient d’accord avec le fait que la torture devait être éliminée et il les a pressés d’agir rapidement.
« Il y a encore des cas (de torture) et le gouvernement ne devrait pas être pleinement satisfait », a dit Mendez à la presse. « Je ne pense pas que l’on puisse dire que c’est généralisé ou systématique », a-t-il ajouté.
Sur les centaines de Tunisiens arrêtés au début du mois en marge de manifestations dénonçant la lenteur des réformes, l’avocat argentin a souligné, sur la base des informations obtenues, que 66 avaient été sévèrement traités.
Ces personnes, dont un tiers de mineurs, ont été détenues pendant 12 heures sans pouvoir parler à un avocat ou à leur famille, a dit Mendez.
« Elles ont été forcées de s’agenouiller et de rester dans des positions inconfortables », a-t-il dit, ajoutant qu’il y avait des preuves de passages à tabac et de brûlures de cigarettes.
Mendez, lui-même torturé en Argentine durant la dictature pour avoir défendu des prisonniers politiques, a souligné qu’il n’était pas inhabituel que ces pratiques se poursuivent après la chute d’un régime autoritaire.
« C’est une transition. Ce qui est important, c’est que le gouvernement dise qu’il ne le tolère plus et qu’il l’empêche. »
Le rapporteur de l’Onu s’est par ailleurs inquiété de l’avancée, trop lente selon lui, des poursuites contre les dirigeants de l’ancien régime.
« Je m’inquiète que nous n’ayons entendu parler jusqu’à présent que de poursuites contre M. Ben Ali et une poignée d’anciens ministres et conseillers », a-t-il dit, ajoutant que les enquêtes en cours visaient 60 hauts dirigeants.
« Nous aimerions en savoir davantage sur les motifs des poursuites, par quel tribunal, le rythme de l’enquête. »
Les pratiques de l’ère Ben Ali, détaillées dans le rapport, « sont parmi les plus émouvantes, les plus touchantes et les plus tristes » que l’avocat ait jamais entendues, a-t-il dit.
Le gouvernement de Tunis pourra lire le rapport de Mendez avant qu’il soit transmis dans les prochaines semaines au Conseil des droits de l’homme des Nations unies.
Sylvia Westall, Clément Guillou pour le service français
Par Reuters

Tunisie : « Plus jamais peur »

Un documentaire émouvant de Mourad Ben Cheikh sur la révolution tunisienne


 

Tout comme les Egyptiens, les révolutionnaires tunisiens sont sur la Croisette. Un documentaire du réalisateur Mourad Ben Cheikh sur la révolution dans son pays a été projeté en séance spéciale. L’oeuvre témoigne d’une expérience politique qui fait figure de cure pour le peuple tunisien.

Le cinéaste tunisien Mourad Ben Cheikh a filmé au cœur de la révolution qui a conduit au départ de Zine El Abidine Ben Ali le 14 janvier dernier en Tunisie. Le résultat : La Khaoufa Baada Al’Yaoum (Plus jamais peur) dévoilé ce vendredi en séance spéciale dans le cadre de l’hommage cannois à la révolution tunisienne. Dépression et thérapie. L’histoire que Mourad Ben Cheikh s’apprête à raconter est de cet ordre-là : la révolution tunisienne s’apparente à un remède à toute la « pourriture » générée par la dictature instaurée par Ben Ali. A travers trois personnages, la militante des droits de l’Homme Radhia Nasraoui, la cyber militante Lina Ben Mhenni et le journaliste indépendant Karem Cherif, le document revient sur les évènements qui ont bouleversé la vie des Tunisiens et, aujourd’hui, le monde arabe. Chacun d’eux, notamment les deux femmes, sont les visages de l’avènement de la démocratie en Tunisie. L’avocate Radhia Nasraoui représente la lutte longue et acharnée pour les droits de l’homme. Elle fera notamment une longue grève de la faim en 2003 pour exiger la fin du harcèlement dont elle et sa famille font l’objet. Son époux, Hamma Hammami, le dirigeant du Parti communiste ouvrier tunisien (PCOT), sera d’ailleurs maintes fois arrêté. Il se trouvait encore dans les geôles tunisiennes quand ses compatriotes réclamaient le départ de Ben Ali.

La liberté : le prix de la guérison

Lina Ben Mhenni, quant à elle, rend compte du rôle prépondérant du Net et de la jeunesse dans cette révolution. De même, la présence de ces activistes dans Plus jamais peur illustrent l’implication des femmes dans un combat pour la liberté qu’un épicier de Sidi Bouzid, Mohamed Bouazizi a commencé en s’immolant par le feu après avoir reçu une gifle d’une policière. La police, cheville ouvrière, de la dictature de Ben Ali. Les témoignages et les manifestations contre l’ancien régime tunisien attestent du ras-le-bol des Tunisiens face à cette répression. Ce trait caractéristique du régime Ben Ali serait apparu au début des années 90, confie Radhia Nasraoui. Le passé de l’ancien président tunisien dans les Services de renseignement de l’armée, son passage dans la Roumanie de Ceaucescu et la victoire politique qui assoit son pouvoir – l’éradication du mouvement islamiste Ennhada – expliquent « l’expertise » de Ben Ali en la matière.

Outre les faits et les dures images des morts et des victimes ensanglantées, c’est la mise en mots du malaise des Tunisiens qui émeut. Une proche de Karem Cherif ose parler de la honte des Tunisiens quand ils se rendaient à l’étranger parce qu’ils toléraient une dictature. L’émotion est portée à son comble quand Radhia Nasraoui évoque ceux qui se sont battus pour la liberté et qui, malheureusement, n’ont pas l’occasion de la savourer parce que le rouleau compresseur du pouvoir Ben Ali a eu raison d’eux. Plus jamais peur nous fait pénétrer dans l’intimité d’un peuple qui souffrait en silence mais qui a réussi à se libérer de son bourreau. L’exemple n’en est que plus remarquable.

Plus jamais peur est le premier film de Mourad Ben Cheikh. Il concourt à ce titre pour la Caméra d’or qui distingue la meilleure première œuvre présentée au Festival de Cannes en Sélection officielle (Compétition, Hors compétition et Un Certain Regard), à la Semaine de la critique ou à la Quinzaine des réalisateurs.

Source: ”Afrik.com” Le 21-05-2011

En Tunisie, la presse peine à se relever des années Ben Ali


 

La liberté d’expression des médias tunisiens reste fragile. Je rentre de Tunis avec un sentiment partagé entre l’enthousiasme face à une révolution qui se poursuit et l’inquiétude de voir le retour des vieux réflexes autoritaires.

La presse est libre. Plus libre que sous Ben Ali. Ca ne fait aucun doute et personne ne le conteste. Pourtant, beaucoup de Tunisiens sont inquiets de voir disparaitre cette liberté aussi soudainement qu’elle est apparue. Dans les kiosques, deux ou trois nouveaux titres seulement. Les quotidiens historiques sont toujours là, même si le contenu a changé. A la télévision, rien de neuf. Aucune nouvelle chaîne n’a été lancée depuis la chute de l’ancien régime. Idem pour la radio.

Une centaine de dossiers de création de radios ou télévisions ont été déposées. Ils sont en cours d’examen, mais cela prend du temps. Plus de temps que les Tunisiens le pensaient.

J’ai rencontré aussi beaucoup de journalistes de province. Ils sont les oubliés de cette révolution. Pour eux, rien n’a changé. A Radio Sfax ou Radio Monastir, le fonctionnement reste le même qu’auparavant. Les conférences de rédaction n’existent pas. Les ordres viennent d’en haut et les journalistes les exécutent. Aucune discussion sur les choix des sujets à traiter, ni sur l’angle à adopter. Le débat n’existe pas au sein des équipes, pas plus qu’à l’antenne.

Pire, dans certaines radios, les dirigeants – fervents défenseurs de Ben Ali avant le 14 janvier – se vantent d’être aujourd’hui les vrais révolutionnaires, ceux grâce à qui la liberté de la presse existe en Tunisie. Pour la plupart, ils ne sont pas journalistes, n’ont jamais pratiqué ce métier et n’ont pas l’intention de commencer aujourd’hui. Pour eux, le recueil de témoignages ne sert à rien, pas plus que le recoupement des sources. Et ceux-là tiennent à l’écart les bons éléments, tirant vers le bas la qualité de l’information dans les régions.

Il n’est pas trop tard, mais il faut agir vite. Les journalistes tunisiens ont besoin de tout : formation, moyens, garanties d’indépendance, amélioration de leurs conditions de travail et un management à la hauteur. Si on ne les aide pas, les vieux réflexes autoritaires de contrôle de l’information vont surgir à nouveau. Et la révolution tunisienne aura perdu l’un de ses plus chers acquis.

Source : « Le Nouvel Observateur » Le 20-05-2011

Pays de tourisme ou pays de touristes ?


«Nous comptons beaucoup sur les frères algériens pour relancer le tourisme en Tunisie». Ce sont là les propos de Habib Ammar, directeur général de l’Office national du tourisme tunisien (ONTT). Les choses étant ce qu’elles sont, nous savons d’ores et déjà que l’Algérie ne peut pas «compter sur les frères tunisiens pour relancer le tourisme en Algérie». 

Et que le directeur général de l’Onat n’est pas près de renvoyer la politesse à son homologue de l’est. C’est que la «réciprocité» n’est pas de rigueur en l’occurrence. Pas seulement, puisque la formule, qu’il s’agisse du cas précis avec la Tunisie ou avec un autre pays, a le mérite de la clarté : il situe chacun dans son rôle, tout en le confortant dans sa «vocation».

Il n’est donc pas besoin de sortir d’un Saint Cyr de tourisme pour apprécier ce qu’en la matière, on attribue à notre pays comme mission.

L’Algérie ne figure sur aucune tablette comme destination potentielle, elle est seulement un marché pour destinations et produits touristiques de seconde zone ! Et par «seconde zone», il ne faut comprendre qu’il y a manque à gagner pour les pays promoteurs. En dehors de certaines destinations de luxe connues, le «tourisme de masse» compense largement la modestie de ses prix par le nombre.

C’est même la colonne vertébrale des politiques touristiques de tous les grands pays qui en ont la vocation. Et les algériens en constituent un important marché. Si leurs destinations manquent de diversité pour plusieurs raisons, dont la plus évidente est l’indigence de leur liberté de circulation, des pays comme la Turquie, la Grèce et à un degré supérieur, la Tunisie, les entourent d’une attention toute particulière.

Ils sont nombreux, ils sont réguliers et surtout ils consomment dans la périphérie du tourisme et au-delà. En termes d’hôtellerie, de restauration et de loisirs, ils vont chercher le minimum dans ces pays, ce que précisément ils ne trouvent pas dans leur «beau et vaste pays».

Et si l’Algérie comptait sur les… algériens pour tenter de relancer le tourisme, donc ? La question se pose et les récents propos du ministre du tourisme qui en a évoqué la possibilité ne manqueraient pas de pertinence si, pour une fois, ils ne relevaient pas de la velléité.

Le pays a certes les moyens de plus grandes ambitions, mais comme il s’agit encore de commencer, autant le faire peut-être par là, au lieu de s’enflammer pour un millier d’européens qui viennent se perdre chaque année entre les dunes de l’erg occidental et les étendues caillouteuses du plateau de Tanezrouft.

Source: “Le Temps d’Algerie” Le 21-05-2011

Le PDP sort le grand jeu et étale sa vision de la Tunisie de demain


Par Noureddine HLAOUI

Lors d’une grande réunion tenue, vendredi 20 mai 2011 dans un 5 étoiles à Tunis, le Parti démocratique progressiste (PDP) a présenté, pour la première fois, les grandes lignes de son programme pour les élections à l’Assemblée constituante du 24 juillet 2011. Ce qui a été interprété par les observateurs comme une sorte de coup d’envoi ou un prélude à sa campagne électorale proprement dite. Cette grande réunion, et non meeting, s’est déroulée devant une salle archicomble et un parterre trié sur le volet comprenant, notamment, de nombreux hommes d’affaires, des personnalités mondaines et un bon nombre d’hommes de l’information. Le PDP n’a pas lésiné sur les moyens et a bien soigné le fond et la forme comme l’aurait fait tout grand parti qui se respecte. Pour revenir à cette présentation, Ahmed Nejib Chebbi, leader incontesté du PDP, a brossé, en l’espace d’une heure environ, un tableau des grandes orientations politiques, constitutionnelles, sociales et économiques sans oublier un aperçu des mesures à prendre d’urgence pour des secteurs tels l’emploi, le tourisme et l’agriculture. Le PDP se prononce donc, sur le moyen terme, pour la mise en place d’un régime pluraliste basé sur la séparation des pouvoirs où le président de la République est élu au suffrage universel pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois, le parlement est composé de deux chambres, celle des députés élus au suffrage universel et le Sénat désigné sur la base de la représentativité des régions. Quant à la justice, elle sera indépendante et au-dessus des deux autres pouvoirs exécutif et législatif. Le même programme préconise une décentralisation accrue et dotée d’exécutifs élus au niveau des municipalités et des conseils régionaux dans les gouvernorats. Pour la police, elle sera dépolitisée et placée au service de la société, de la loi et des citoyens bien entendu. A ce propos, M. Chebbi fait remarquer que « l’ancien régime avait perverti cette police en la transformant en un instrument d’intimidation et de répression ». D’où la nécessité de scinder la police en deux : celle judiciaire chargée des recherches et des enquêtes et rattachée au ministère de la Justice et celle chargée des renseignements qui sera organisée sous la formule d’une agence sous la tutelle du ministère de l’Intérieur. Volet social, le PDP préconise le droit aux soins pour tous avec la gratuité pour le quart le plus pauvre de la population grâce à un point supplémentaire à la TVA qui passera de 18% à 19% dans un élan solidaire. Et pour améliorer le pouvoir d’achat des Tunisiens, le PDP s’engage à augmenter le SMIG de 8% en 2012 et à réviser les salaires régulièrement en fonction de l’inflation et de l’évolution de la productivité réelle du travail alors que le montant des allocations familiales, qui n’a pas été révisé depuis 1981, sera doublé. S’agissant du modèle économique, Ahmed Nejib Chebbi précise que son parti continuera à s’appuyer sur l’économie de marché dans un monde dominé par la mondialisation tout en identifiant quatre leviers principaux, à savoir la bonne gouvernance et la lutte anti-corruption, les mécanismes d’incitations à l’investissement, la rénovation de la fiscalité et le développement des infrastructures de base, notamment dans les régions. Le PDP a aussi sa vision sur l’emploi, l’agriculture, le tourisme, l’environnement, la femme, l’éducation, l’enseignement, la formation, etc. Ainsi, Ahmed Nejib Chebbi, dans la stature d’homme d’Etat, donne le ton de ce que sera sa campagne électorale grâce à une organisation impeccable, un entourage de standing, un comportement posé et amène et un choix savant du discours. En sortant le grand jeu dès maintenant, le PDP semble avoir pris une bonne longueur d’avance sur les autres partis, sachant que pour mettre au point son programme, le PDP a dû tenir plus de 200 réunions en commissions et sous-commissions avec la participation d’éminents spécialistes et de près de 60 experts dans les différents domaines.

Source: “Business News” Le 21-05-2011

Ahmed Néjib Chebbi déjà en piste pour les présidentielles


 

 

Costume bleu acier, veste déboutonnée et micro cravate, Ahmed Néjib Chebbi, 66 ans, assis au premier rang, invité par Maya Jeribi, monte d’un pas assuré au podium pour présenter vendredi après-midi au Sheraton Tunis, devant plus de 500 de ses supporters, son programme électoral. En fond de scène, fini l’ancien logo « bateau », un arbre aux branches rouges et feuillages verts, la nouvelle identité du PDP. La lumière n’éclaire pas le candidat, mais l’arbre. Les communicants d’Ahmed Néjib insistent : « il tient à être simple, décontracté, proche de tous, comme il est en vrai… » précisent-ils.

 

Dans la salle, l’ambiance est bon enfant. Ni le grand style des campagnes à l’américaine, ni la négligence populiste. Le public est certes, sélect, mais bien diversifié. Essentiellement des quadra et plus, parmi les hommes d’affaires, dirigeants de grands groupes, banquiers « venus à titre personnel, précisent-ils », avocats, experts comptables, médecins et managers. Sans oublier d’anciens ministres et ambassadeurs.

Avec l’arrivée du nerf de la guerre, la scénographie gagne en production. Depuis le dernier meeting tenu à Sfax, samedi 8 mai, le style se confirme : forte signalétique, bonne organisation avec un service d’ordre discret mais efficace, son et lumières soignés, et, surtout un discours qui se précise. Orateur né, Ahmed Néjib Chebbi a hérité de ses années chez les Pères Blancs à El Menzah, de la seconde année du bac au Lycée Carnot et de ses années d’exil à Alger, puis à Paris jusqu’en décembre 1977, un bon accent français qui s’ajoute à sa parfaite maîtrise de l’Arabe, en bon jéridien. Le verbe s’élance tout naturellement, l’argumentation issue d’un long brassage hérité tout au long de ses transhumances idéologiques entre le Baath, l’extrême gauche, le socialisme et, à présent, « la démocratie progressiste », se veut séductrice à large éventail.

Vendredi 20 mai, il n’est en retard que de 3 semaines, sur la date fixée au 3 mai pour l’annonce de son programme devant permettre à son parti d’émerger victorieusement comme il l’espère, des élections de la Constituante. A l’œuvre avec ses experts, il a dû mesurer l’ardeur de la tâche, surtout qu’en se rasant chaque matin, c’est en fait aux présidentielles qu’il pense le plus. Dans son quartier général nouvellement installé au 2ème étage de l’immeuble Studio 38, sur l’avenue Bourguiba, il a continué à plancher toute la nuit sur les dernières touches à apporter. En renfort, il a fait appel à de belles plumes diplômées de Normale Sup. pour donner à son programme, un finish bien soigné. Son « Conseiller politique & co-rédacteur du programme », Samy Ghorbel (Normale Sup. et Jeune-Afrique), n’a pas fermé l’oeil, lui aussi. Longtemps plongé dans la lecture chez François Maspero à Paris, mais aussi durant ses deux années de prison à Tunis et ses trois années de clandestinité dans un logement loué par Radhia Nasraoui, il avait beaucoup lu. Cette vaste connaissance acquise et la maîtrise du verbe, lui font exiger des textes de qualité.

Cette fois-ci, l’enjeu est déterminant. Si on connaît bien (ou presque) l’homme, si on reconnaît sa légitimité militante depuis son premier procès en 1966, et ses condamnations totalisant 32 ans de prison, on ignore tout de ses idées pour la nouvelle Tunisie. Aussi, à force d’évoluer entre les groupuscules et structures, les électeurs cherchent à le positionner dans le nouveau paysage, identifier clairement ses prises de positions par rapport aux autres partis et sur les grandes questions, notamment la laïcité, le Niqab, et autres choix fondamentaux. Poussé à se prononcer sans ambages, il essaye de trouver la bonne plate-forme à même de lui rallier le maximum de voix. Même si cela peut paraître trop tôt, Ahmed Néjib Chebbi, suit semble-t-il les recommandations d’éminents conseillers en communication politique consultés de partout, et entend faire une montée en puissance progressive. Hyper médiatisé les premiers jours de la révolution, allant de plateau télévisé en studio radio, il est quelque peu boudé, depuis son départ du gouvernement le 8 mars. Depuis,La chaîne Watanya TV ne l’a jamais ouvert l’écran, ni en interview, ni en couverture de meeting, comme le déplorent ses communicants. Mais, évidemment, cela ne saurait tarder à se faire.

Le top départ du Présidentiable est ainsi donné, vendredi à Tunis. Le compte à rebours a commencé. Le road-show le mènera partout en Tunisie, mais aussi en France et dans d’autres villes européennes. Ses équipes s’y préparent fébrilement, la logistique s’organise et le discours se précise. « Si vous êtes-là, c’est bon signe », lance l’un de ses fans, chef d’entreprise à un camarade de classe devenu grand ingénieur, retrouvé au Sheraton. » Ce public est conquis, il va falloir rallier les autres. Ce n’est guère aisé, encore moins gagné d’avance.

Source: ”Leaders Tunisie” Le 21-05-2011

Les jeunes professionnels Tunisiens des Etats-Unis créent leur association


Un groupe de professionnels établis aux Etats-Unis annonce aujourd’hui le lancement de l’Association Tuniso-Américaine de Jeunes Professionnels (Tunisian American Young Professionals – TAYP), qui vise à renforcer les relations économiques et des investissements entre la Tunisie et les Etats-Unis.

L’idée de cette association s’est imposée à ses membres fondateurs alors que les jeunes en Tunisie se révoltaient et appelaient à de meilleures conditions de vie et perspectives économiques. TAYP est née de la conviction que la prospérité économique est un ingrédient-clé pour assurer une transition réussie vers une Nouvelle Tunisie, et que la Tunisie aurait beaucoup à approfondir les liens professionnels avec les Etats-Unis. « Nous voudrions profiter de cet engouement et de cette sympathie américaine sans précédent envers la Tunisie, ainsi que de l’influence que notre expérience et nos relations aux Etats-Unis nous procurent, pour encourager le développement des affaires et des investissements entre nos deux pays » déclare M. Mohamed Malouche, senior manager au sein du Groupe Deloitte, directeur général de PromoTunisia et meneur des fondateurs de TAYP.

L’association, basée à Washington DC, concentrera ses efforts sur trois pôles d’action principaux :

  1. Le pôle Investissements – Attirer l’attention des investisseurs américains, des chambres de commerce et du gouvernement américain sur le potentiel de la Tunisie Nouvelle.
  2. Le pôle Conseil – Indiquer les meilleures pratiques aux entreprises tunisiennes, et promouvoir et soutenir les efforts des organismes et les chambres de commerce tunisiens.
  3. Le pôle Réseau – Développer un réseau de professionnels et de compétences autour de différentes disciplines dans le but de soutenir les objectifs et les actions de l’association.

Les fondateurs de TAYP n’ont pas attendu le lancement officiel de leur association pour commencer à agir. Ils ont déjà facilité l’organisation de fructueuses rencontres de partenariat pour une délégation d’hommes et femmes d’affaires tunisiens membres de la Chambre de Commerce Tuniso-Américaine (TACC), à Washington DC en mars 2011. Ils ont aussi contribué à organiser des réunions au sein de la Banque Mondiale et d’autres institutions importantes.

« Notre compréhension profonde de l’environnement d’investissement en Tunisie et nos liens avec le milieu des affaires tunisien, doublés de notre expérience de la culture d’affaires américaine et nos connexions locales, nous offrent un avantage certain pour rapprocher les communautés des affaires des deux pays » souligne M. Hatem Sellami, fondateur de Predictix, une entreprise de logiciels basée à Atlanta et Tunis et membre fondateur de TAYP.

Pour en savoir plus à propos de TAYP et de ses activités, visitez la page Facebook “Tunisian American Young Professionals” et prochainement, le site internet

Source: “Leaders Tunisie” Le 21-05-2011

La Tunisie peut-elle suspendre le payement de sa dette?


 

Par Imed Bahri

Au cours de sa première conférence de presse en tant que gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (Bct), le 21 janvier dernier, Mustapha Kamel Nabli, qui chapeautait auparavant la direction Moyen-Orient/Afrique du Nord à la Banque Mondiale, a déclaré que «la Tunisie remboursera ses dettes dans les délais, en recourant aux ressources du budget de l’État».

Abattre la dictature de la dette Fathi Chamkhi, économiste et porte-parole de Raid Attac-Cadtm-Tunisie, n’est pas de cet avis. Son organisation s’apprête d’ailleurs à organiser un meeting populaire le 22 mai à la Bourse du travail à Tunis, sous le thème, qui sonne comme un programme d’action: «Unissons-nous pour abattre la dictature de la dette !» Les organisateurs annoncent la participation, aux côtés de militantes et de militants tunisiens, de quatre euro-parlementaires européens du groupe Gauche unitaire européenne (Gue): la Française Marie-Christine Vergiat, l’Irlandais Paul Murphy, le Grec Georgios Toussas et le Portugais Joao Ferreira.

Une pétition signée par 75 parlementaires européens appuyant cette revendication sera présentée à cette occasion. La pétition demande la suspension immédiate du remboursement des créances européennes sur la Tunisie (avec gel des intérêts) et la mise en place d’un audit de ces créances. «Cet audit, qui devra associer des représentants de la société civile comme l’a fait le gouvernement équatorien en 2007-2008, permettra de faire la lumière sur la destination des fonds empruntés, les circonstances qui entourent la conclusion des contrats de prêts, la contrepartie de ces prêts (les conditionnalités) ainsi que leurs impacts environnementaux, sociaux et économiques», ajoute les parlementaires européens dans leur pétition. Et d’expliquer: «L’audit permettra ainsi d’identifier la part illégitime de la dette tunisienne, celle qui n’a pas profité à la population mais aussi d’éviter la formation d’un nouveau cycle d’endettement illégitime et insoutenable en responsabilisant les créanciers européens, les institutions financières internationales au sein desquelles l’Europe a un poids prépondérant, et le prochain gouvernement de Tunisie.»

Suivre l’exemple de l’Argentine Pourquoi la Tunisie doit-elle suspendre le paiement de sa dette? Pour M. Chamkhi, les raisons sont évidentes. D’abord, ce n’est pas vraiment une aberration: l’Argentine l’a déjà fait. Elle a décidé de suspendre unilatéralement le remboursement de sa dette publique entre 2001 et 2005 pour ne pas sacrifier les besoins de sa population. Grâce ce moratoire, elle a pu renouer avec la croissance économique. Ensuite, la Tunisie est dans une situation économique et politique très difficile, qui pourrait justifier le recours à un tel choix. M. Chamkhi brosse d’ailleurs un tableau très noir de la situation générale dans le pays. «Quatre mois après la chute du dictateur, la situation en Tunisie reste très instable, voire explosive, notamment du fait de l’aggravation de la pauvreté et du chômage. Dans le même temps, le 1er ministre laisse planer le doute sur une probable cessation de paiement de l’Etat, en disant qu’il ne pourrait peut-être plus pouvoir assurer les salaires», note-t-il dans un document de présentation du meeting. Il ajoute: «Le gouvernement provisoire n’a de solution à offrir aux pauvres, aux chômeurs et aux travailleurs en général, que la poursuite de la même politique économique et sociale de l’ex-dictateur, qui a conduit le pays à la faillite et à la révolution, pense que seul la répression peut ramener la stabilité ». Raid Attac Tunisie croit avoir trouvé des solutions «immédiates, concrètes et applicables» à cette phase transitoire en Tunisie, qui permettra de «renforcer le processus démocratique et rétablir la stabilité économique et sociale». En fait, il s’agit d’une solution miracle: suspendre le paiement de la dette extérieure, qui grève les dépenses extérieures et déséquilibre la balance des paiements. Pour la seule année 2011, plus d’un milliard d’euros doivent être payés en tant que service de la dette contractée par l’ancien régime. La moitié vient d’être payée le 6 avril, l’autre moitié est prévue en septembre.

Faire face à l’urgence sociale Pour M. Chamkhi, cette somme importante pourrait être utilisée pour «faire face à l’urgence sociale seule condition pour rétablir la stabilité dans le pays», car, explique-t-il, «le peuple tunisien qui s’est débarrassé du dictateur a le droit de se débarrasser aussi de sa dette laissée derrière lui.» En d’autres termes, les Tunisiens sont priés de «choisir entre le payement de la dette du dictateur et la satisfaction de [leurs] propres droits économiques, sociaux et culturels», souligne M. Chamkhi. «C’est une question démocratique fondamentale et de justice sociale», ajoute-t-il. Cette approche militante n’est pas, on l’imagine, du goût du gouverneur de la Bct. Interrogé sur la question de la dette, au cours d’un débat sur «la Tunisie post-révolution: quelles perspectives économiques?», organisé, jeudi le 12 mai à Tunis, par la Banque africaine de développement (Bad), M. Nabli a réitéré sa position de principe. «Le payement ou non de la dette n’est pas une question idéologique», a-t-il affirmé. «Si on veut décider de ne pas payer nos dettes, nous pouvons toujours le faire», a-t-il ajouté. Avant de lancer cet avertissement: «Si nous ne payons pas nos dettes, les portes de l’emprunt se fermeront». Ce n’est donc pas selon lui une très bonne idée, d’autant, a-t-il estimé, que «la situation actuelle milite en faveur du paiement de nos dettes.» Le débat est donc loin d’être clos…

Source : « Kapitalis » Le 21-05-2011

Pour une constitution laïque en Tunisie


 

Par Faik Henablia*

Les opposants au principe de laïcité, dans la mesure où ils considèrent que celle-ci menacerait notre caractère arabo-musulman (musulman à la rigueur dans cette logique, mais pourquoi donc arabe?), entretiennent une confusion volontaire avec un autre concept, totalement différent, qui est celui de l’athéisme.

La laïcité n’a rien à voir avec l’athéisme L’athéisme est le fait de ne pas croire en Dieu, de nier son existence. Les ex-pays communistes en sont un parfait exemple. Partant d’une idéologie matérialiste, ainsi que du célèbre principe marxiste disant que «la religion est l’opium du peuple», ces Etats étaient officiellement non croyants. Bien que les constitutions communistes aient toléré la liberté du culte, elles se sont cependant réservé le droit de faire de la propagande antireligieuse. La liberté de culte était d’ailleurs toute relative, dans la mesure où se rendre à l’église entrainait brimades et harcèlements divers et constituait un frein à toute promotion sociale. La tenue des lieux de culte était non seulement de la responsabilité privée des fidèles, mais elle était en plus sérieusement restreinte par toute une série de mesures pratiques qui la rendaient impossible. C’est ce qui expliquait le grand état de délabrement de la plupart de ces lieux. L’athéisme était donc la doctrine officielle de l’Etat avec, on le voit, une tolérance toute relative concernant la pratique religieuse. Il constituait de ce fait une forme incontestable d’intégrisme. La laïcité n’a rien à voir. Elle signifie reconnaissance et respect de toutes les convictions sans exclusive. S’agissant de la foi, elle part du principe que celle-ci fait partie de la sphère privée. L’Etat et l’administration ne la connaissent pas, ne cherchent pas à la connaître car cela ne les regarde pas. Dans un tel système, nos droits et devoirs ne découlent pas de notre religion ou de nos convictions philosophiques ou politiques, mais de notre qualité de citoyen. L’Etat n’est ainsi pas anti- religieux, mais areligieux, c’est-à-dire qu’il n’a pas de religion en tant que tel, celle-ci étant l’apanage des citoyens. Il a été demandé un jour à George Clémenceau, ancien président du conseil sous la troisième république française, aux débuts de la séparation de l’église et de l’Etat, si, à sa connaissance, untel, homme politique connu, était ou non pratiquant. Il répondit qu’à la messe le dimanche, il ne se retournait pas pour voir qui était présent. Autrement dit, il était laïc en tant que président du conseil et, cependant, catholique pratiquant en tant que simple citoyen. Laïcité signifie donc, on le voit, séparation de l’Etat et de la religion. Nous pouvons très bien avoir un président musulman, mais qui n’assiste pas, en tant que tel, à la prière de la Nuit du Destin par exemple, simplement en tant qu’individu et en privé.

Une constitution laïque ne menace pas la religion Selon notre constitution, ce même président de la république doit d’ailleurs être musulman. C’est le type même de disposition inconcevable dans une constitution laïque car cela implique qu’un Tunisien non musulman, il y en a, ne peut, de ce fait, accéder à cette fonction. Même si ce cas de figure est fortement hypothétique et improbable, le caractère discriminatoire n’en est pas mois réel. Diverses autres dispositions, plus légales et règlementaires d’ailleurs, mais procédant de la même logique, n’auraient pas leur place dans un cadre laïc. Citons pêle-mêle l’inégalité homme-femme en matière d’héritage, l’obligation pour la musulmane d’épouser un musulman ou converti, l’aménagement des horaires officiels de travail pendant Ramadan (curieusement cet aménagement favorise des attitudes festives alors que ce mois est censé être un mois de sacrifice et de recueillement!), et la liste est longue. Loin de menacer notre religion, une constitution laïque n’aurait, au contraire, pour effet que de supprimer certaines discriminations. La foi redeviendrait l’affaire privée des gens. Ce qui ne veut nullement dire qu’elle serait menacée, sauf à douter de ceux qui la partagent.

* Gérant de portefeuille associé.

Source : « Kapitalis » Le 21-05-2011

Tunisie : Mohamed Bouazizi de Sidi Bouzid est bien vivant


Il s’agit d’une histoire hors du commun révélée par la chaine télévisée France 24 : celle de l’homonyme de Mohamed Bouazizi, qui s’avère être un étudiant en première année de faculté. Et comble de l’ironie : il est également originaire de Sidi Bouzid et se porte en parfaite santé !

Il s’appelle Mohamed Bouazizi, il est originaire de Sidi Bouzid et il est toujours vivant ! Mieux : il continue toujours d’alimenter sa page Facebook. Et la liste de ses amis a évidemment explosé du jour au lendemain ! Sauf que ces derniers, ne doutent pas une seconde, que leur interlocuteur s’appelle réellement Mohamed Bouazizi, qu’il est en vie et qui plus est, en parfaite santé !

Cette histoire hors du commun révélée par la chaine télévisée France 24, fait en réalité référence à l’homonyme du héros de la révolution tunisienne (et arabe). Contacté par webcam, le jeune homme qui est étudiant en première année de faculté, a expliqué à la chaine télévisée comment l’immolation de Bouazizi, a fait vivre une véritable mésaventure à son entourage…

En effet, depuis ce terrible événement et jusqu’à présent, quelques médias arabes et étrangers continuent d’utiliser la photo de profil Facebook de l’étudiant afin d’illustrer leurs articles, créant ainsi une véritable confusion chez sa famille et ses amis, affolés, croyant qu’il s’agit de lui. Parmi les médias ayant commis cette erreur, on peut citer le JDD,Atlas info,Ifriqyiah,Alriyadh ou encore Sharq.cc. « Tout ce que je demande, c’est que ces journaux en ligne fassent preuve d’un minimum de professionnalisme en vérifiant d’abord leur source étant donné qu’ils ne me connaissent pas en tant que personne physique» conclut Mohamed Bouazizi exaspéré.

Et comme si cela ne suffisait pas, un extrait d’une chanson provenant de l’album de Msafer du rappeur tunisien Mascott a contribué encore plus le doute chez plusieurs milliers de facebookeurs en vue des circonstances de l’époque. Ces derniers en sont même arrivés à croire qu’il s’agissait des dernières paroles de Bouaziz avant qu’il ne s’immole le 17 décembre 2010.

Cette phrase qui a portant été postée le 15 décembre, sur le profil de Bouazizi a immédiatement mis les internautes en émoi. Voici l’extrait en question : «MSAFER YAMI MA IFID MLAM THAYE3 FI TRI9 MAHOU BIDIA SAME7NI KAN 3SIT KLAM LOUMI 3LA ZMEN MA TLOUMI 3LIA RAYE7 MIN 8IR RJOU3 YEZI MA BKIT W MA SALETECH MIN 3INI DMOU3 MA 3AD YFID MLAM 3LA ZMEN 8ADAR FI BLED ENES ENA 3YIT W MCHA MEN BELI KOL ELI RA7 MSAFER W NES2EL ZA3MA ESFAR BECH YNAS».

Bien que cette suite de circonstances n’ait pas joué en la faveur de notre pauvre étudiant, gageons que la popularité de son nom risque de le suivre encore bien longtemps.

Source : « Tekiano » Le 21-05-2011

Jonas Hassen Khemiri, un tunisien venu du nord


 

Né à Stockholm d’un père tunisien et d’une mère suédoise, Jonas Hassen Khemiri est à 33 ans, l’un des romanciers les plus talentueux de la littérature suédoise. Ses romans ont été traduits en dix langues et ses pièces de théâtre jouées dans plusieurs pays.

C’est ainsi que Jonas Hassen Khemiri essaie de répondre à la question qu’on lui pose souvent : « C’est quoi un écrivain multiculturel ? ». Mais pour avoir une réponse, il suffit de lire ses romans ; Des romans où chaque mot à un sens, où la critique sociale se place au cœur de l’histoire, où l’identité se recrée au fil des pages.

Après des études en littérature et en économie achevé par un stage Conseil de sécurité des Nations unies à New York, Jonas Hassen Khemiri se tourne vers l’écriture. Son premier roman en 2006, Un œil rouge, a été vendu à plus de 200 000 exemplaires. Adapté au théâtre et ensuite au cinéma, le succès inattendu de ce premier roman place rapidement cette voix originale de la nouvelle génération des écrivains nordiques dans la cour des grands.

Le deuxième roman, Montecore, un tigre unique, publié en Suède en 2008 est à son tour un énorme succès, traduit en dix langues. Le roman raconte l’histoire d’Abbas, un jeune tunisien immigré en Suède dans les années 70 après avoir épousé une suédoise rencontrée en Tunisie. Quelques années plus tard, l’homme abandonne sa famille. Son fils, devenu écrivain célèbre, est contacté par un ami d’enfance, hôtelier à Tabaraka. Commence alors une correspondance entre les deux personnages, de deux cultures différentes, de deux générations différentes, pour tenter d’écrire la biographie du père. Une tâche difficile tant les histoires et les souvenirs divergent. Le fils avait l’image d’un père photographe reconnu. L’ami parlait d’un homme éprouvant des difficultés d’intégration dans un pays loin de lui ressembler. Regard critique sur l’immigration et sur le racisme montant en Suède, Jonas Hassen Khemiri décrit le fossé entre les générations et s’interroge sur le choc des cultures et les idées préconçues. Intrigue, humour, émotion, manipulation des mots, le texte de Jonas Hassen Khemiri impressionne les plus critiques et lui vaut en plus du succès chez les libraires plusieurs Prix littéraires.

Source: “Nawaat” Le 21-05-2011

A propos des évenements de la Rouhia


 

D’abord honneur et gloire aux martyrs de notre armée et tous les martyrs de notre révolution. J’écris ces lignes essayant de cerner les differents aspects de ses événements surtout leur perception en Tunisie.

D’abord il est évident que la désignation des responsables de ces actes terroristes serait hâtive et sans preuves suffisantes.

L’Aqmi est la piste privilégiée du gouvernement a travers les services de notre fameux Ministère de L’intérieur, mais la piste régionale vue la situation en Libye et la position floue du gouvernement algérien ne serait en aucuns cas négligeable de même que celle intérieure.

Surtout dans le climat d’insécurité maintenue et attisé par les organes sécuritaires appartenant au Ministère de L’intérieur véritable état dans l’état ,que le gouvernement provisoire ne veut pas ou ne peu pas contrôlé. Aussi, la quasi paralysie de la justice dans le processus de transition face aux criminels du régime excepté quelques actions cahoteuses et sans envergure. En résumé le crime profite a beaucoup.

Dans ce brouillard je constate la quasi unanimité des médias tunisiens publics et privés surtout audiovisuel a appuyer la version officielle et a sonner l’alarme du terrorisme et d’Alqaida et le glas de la sécurité et de sa nécessité.

D’autre part je vois a travers facebook et twitter une attaque contre le gouvernement et ses médias en présentant ces événements comme mise en scène de la terreur extrémiste dans la tentative de reprise du contrôle du pays et l’étouffement de la révolution et ces prérogatives par le soucis sécuritaire, en somme un remake du 07 novembre. Enfin, la vérité est a chercher ailleurs.

Cet article ne cherche pas a établir la vérité, mais je ne fais que constater le contraste criant entre ces deux visions.

Pour conclure je suis contraint de constater que les médias tunisiens sont toujours sous la coupe de celui qui gouverne et que le citoyen tunisien critique, doute, suspecte et accuse a travers le réseaux encore et encore.

Source: “Nawaat” Le 21-05-2011

Tourisme

Est-ce le chaos ?


 

Par Yosr GUERFEL AKKARI

 

Le baromètre du secteur du tourisme tunisien clignote au rouge. Rien ne va et vraisemblablement le secteur entre dans une léthargie à durée indéterminée.Après les premières séquelles postrévolutionnaires, le climat d’insécurité a compliqué la situation. Pis encore, les récents évènements terroristes survenus à Rouhia (gouvernorat de Siliana) n’ont fait qu’attiser le spectre et la hantise des attentats, semant la panique auprès des citoyens mais aussi auprès des professionnels du Tourisme.

Après quatre mois d’activité, les entrées des touristes sur le sol tunisien ont enregistré une chute notoire par rapport à la même période de l’année dernière. La baisse est générale et touche à tous les marchés cibles. On notera ainsi la baisse de 44,2% sur le marché européen. Les marchés traditionnels notamment français, italien, anglais et allemand fuient toujours la destination Tunisie. Pourtant, on entend parler de soutien total des pays de l’Union Européenne à la Révolution tunisienne et d’appui dans la relance économique du pays. Le baromètre du magazine Tourisme Info note que la seule lueur d’espoir vient des marchés slovaque, hangrois et maltais qui se distinguaient par des hausses respectives de 61,4%, 28% et 3,9%.

Freiné par la guerre en Libye, le marché maghrébin a enregistré au terme des quatre premiers mois de l’année une chute de 33,5% dont une baisse de 26,5% pour les entrées d’Algériens et de 37,7% pour les entrées de Libyens. Une note positive vient de nos voisins Marocains en enregistrant une hausse de 19,6% des entrées.

Pour les Nord-américains, le recul des entrées est de 51,7%, soit une baisse de 41,1% pour les Américains et de 61,9% pour les Canadiens.

Même les entrées des Tunisiens non résidents à l’étranger n’ont pas contribué à améliorer la donne et ont enregistré par la même occasion une chute de 36,8%. Il va sans dire que les réfugiés Africains et moyen-orientaux fuyant la guerre en Libye affichent de fortes progressions de 148,5% et de 273,8% pour respectivement 7780 et 9753 entrées.

Au niveau de l’administration, le ministère du Commerce et du Tourisme travaille d’arrache-pied pour promouvoir le site tunisien et redorer l’image de marque de la Tunisie dans l’Hexagone notamment à travers la nouvelle campagne promotionnelle et la participation dans les foires et salons internationaux. Toutefois, il reste à savoir si ces efforts seront-ils suffisants à sauver la situation estivale. Pour l’instant rien ne semble pousser à l’optimisme mais on vit toujours d’espoir. Et la crise du secteur qui : « contribue à 7% du PIB, représente 5,2% des exportations des biens et des services, couvre 56% du déficit de la balance commerciale et pourvoit 19% des recettes en devises du pays et génère 400.000 emplois », sera chaotique pour l’économie tunisienne. En effet, quand le tourisme va : Tout va …Et en la parésie du secteur, rien n’ira. « Et le tourisme est le ventre mou du pays ».

Source: ”Le Temps” Le 21-05-2011

With Elections on the Way, Tunisia Still Unsettled


 

Two months before scheduled elections, Tunisia remains a country in flux. Protests continue, discontented Tunisians are still migrating to Europe and the country is grappling with unrest spilling over from neighboring Libya.

Tunisia was at the vanguard of the protests still roiling the Arab world. The self-immolation of a young man in southern Tunisia set off a popular uprising that drove long-time dictator Zine El Abidine Ben Ali from power in January – and inspired similar anti-government movements elsewhere. Now the country is looking ahead. Elections are scheduled in July for a constituent assembly, tasked with drawing up a new constitution and preparing for elections for a new government. Dozens of parties have sprouted on the political scene. Fares Mabrouk, who heads the newly established Arab Policy Institute, a Tunis-based think-tank, is upbeat. « I think that today all the ingredients are here for the success of this transition in Tunisia. Yes, there are more than 70 parties, but they are all organized to communicate a project and their program, so it’s a very exciting and very interesting period, » he said. But Tunisia’s interim government has already raised the possibility the July vote will be delayed. Demonstrations continue for faster reforms. Tunisia’s once-vibrant economy is struggling to get back on its feet and young Tunisians continue to head in droves to Europe – prompting talk of tightening Europe’s open-border Schengen agreement.

Libyan refugees

Unrest in neighboring Libya has already spilled across Tunisia’s borders. Over the past few months, several hundred thousand people have crossed over, fleeing the fighting. According to reports, that includes the wife and daughter of Libyan leader Moammar Gadhafi and Libya’s oil minister. In an interview with France’s Europe 1 radio this week in Paris, visiting Tunisian Prime Minister Beji Caid Essebsi acknowledged the challenges. Essebsi said the Libyan unrest was practically a domestic problem. Tunisia has protested and threatened to take the matter to the United Nations Security Council. Fear factors There are also reports of al-Qaida’s presence on Tunisia’s soil. And fears about the mounting popularity of Tunisia’s moderate Islamist party, Ennadha. Ennadha leaders argue they support a multiparty democracy. In a recent interview on French radio Ajmi Lourimi, a member of Ennadha’s executive committee, scoffed at those who doubt them. Lourimi said Ennadha was for a modern, democratic state with a separation of powers, an independent judiciary and a free press. Analyst Mabrouk also downplays fears about Ennadha. « The movement did not radicalize despite 23 years of repression [under Ben Ali’s rule]. Despite the torture and imprisonment of the members. Yes, Ennadha will be one of the leading political parties in this now and open and democratic political arena. But Ennadha is also popular, » he said. U.S. aid In a keynote speech on U.S. Middle East policy this week, President Barack Obama announced billions of dollars in aid for Tunisia and Egypt, which also overthrew its authoritarian government. He said Washington had asked the World Bank and the International Monetary Fund to present a plan to help both economies at the upcoming G8 summit in France. « Together, we must help them recover from the disruptions of their democratic upheaval and support the governments that will be elected later this year. And we are urging other countries to help Egypt and Tunisia meet its near term financial needs, » said the U.S. president. Wire services report that France will announce a partnership for financial aid and investment for Tunisia and Egypt during the G8 summit, which takes place next Thursday and Friday in the French city of Deauville.

Source: “Voanews” Le 21-05-2011

Jewish pilgrimage in Tunisia goes ahead, but muted


By Tarek Amara

A small group of Jewish pilgrims gathered on an Tunisian island to visit one of Africa’s oldest synagogues but worries over continued unrest kept many away from the annual event.

About 5,000 pilgrims from Tunisia and abroad usually travel each May to the El Ghriba synagogue on Djerba island in the south to mark a holiday which follows Passover.

But this year less than 100 took part and organizers cancelled traditional celebrations because of security concerns and lack of participants.

Only a few pilgrims came this year as the country struggles to restore order following the overthrow of Tunisia’s authoritarian ruler Zine al-Abidine Ben Ali in January.

« This year was an exception, the atmosphere is different because of security in the country. It is a real shame, » Perez Trabesli, the head of the Jewish community in Djerba said late on Friday, the day that usually draws the most pilgrims.

« It is understandable that they do not come because they see attacks and unrest every day on the television, » he said.

The pilgrimage has been taking place for 20 years and in the past has attracted visitors from Israel, France and the United States. This year only a handful of foreigners came.

Mainly Muslim Tunisia has one of the largest Jewish communities in North Africa – about 2,000 people – and half of them live in Djerba, close to the Libyan border.

Source: “Reuters Africa” Le 21-05-2011

Promise of Arab Uprisings Is Threatened by Divisions


 

The revolutions and revolts in the Arab world, playing out over just a few months across two continents, have proved so inspirational to so many because they offer a new sense of national identity built on the idea of citizenship.

But in the past weeks, the specter of divisions — religion in Egypt, fundamentalism in Tunisia, sect in Syria and Bahrain, clan in Libya — has threatened uprisings that once seemed to promise to resolve questions that have vexed the Arab world since the colonialism era.

From the fetid alleys of Imbaba, the Cairo neighborhood where Muslims and Christians have fought street battles, to the Syrian countryside, where a particularly deadly crackdown has raised fears of sectarian score-settling, the question of identity may help determine whether the Arab Spring flowers or withers. Can the revolts forge alternative ways to cope with the Arab world’s variety of clans, sects, ethnicities and religions?

The old examples have been largely of failure: the rule of strongmen in Egypt, Syria, Libya and Yemen; a fragile equilibrium of fractious communities in Lebanon and Iraq; the repressive paternalism of the Persian Gulf, where oil revenues are used to buy loyalty.

“I think the revolutions in a way, in a distant way, are hoping to retrieve” this sense of national identity, said Sadiq al-Azm, a prominent Syrian intellectual living in Beirut.

“The costs otherwise would be disintegration, strife and civil war,” Mr. Azm said. “And this was very clear in Iraq.”

In an arc of revolts and revolution, that idea of a broader citizenship is being tested as the enforced silence of repression gives way to the cacophony of diversity. Security and stability were the justification that strongmen in the Arab world offered for repression, often with the sanction of the United States; the essence of the protests in the Arab Spring is that people can imagine an alternative.

But even activists admit that the region so far has no model that enshrines diversity and tolerance without breaking down along more divisive identities.

In Tunisia, a relatively homogenous country with a well-educated population, fault lines have emerged between the secular-minded coasts and the more religious and traditional inland.

The tensions shook the nascent revolution there this month when a former interim interior minister, Farhat Rajhi, suggested in an online interview that the coastal elite, long dominant in the government, would never accept an electoral victory by Tunisia’s Islamist party, Ennahda, which draws most of its support inland.

“Politics was in the hands of the people of the coast since the start of Tunisia,” Mr. Rajhi said. “If the situation is reversed now, they are not ready to give up ruling.” He warned that Tunisian officials from the old government were preparing a military coup if the Islamists won elections in July. “If Ennahda rules, there will be a military regime.”

In response, protesters poured back out into the streets of Tunis for four days of demonstrations calling for a new revolution. The police beat them back with batons and tear gas, arrested more than 200 protesters and imposed a curfew on the city.

In Cairo, the sense of national identity that surged at the moment of revolution — when hundreds of thousands of people of all faiths celebrated in Tahrir Square with chants of “Hold your head high, you are an Egyptian”— has given way to a week of religious violence pitting the Coptic Christian minority against their Muslim neighbors, reflecting long-smoldering tensions that an authoritarian state may have muted, or let fester.

At a rally this month in Tahrir Square to call for unity, Coptic Christians were conspicuously absent, thousands of them gathering nearby for a rally of their own. And even among some Muslims at the unity rally, suspicions were pronounced.

“As Muslims, our sheiks are always telling us to be good to Christians, but we don’t think that is happening on the other side,” said Ibrahim Sakr, 56, a chemistry professor, who asserted that Copts, who make up about 10 percent of the population, still consider themselves “the original” Egyptians because their presence predates Islam.

In Libya, supporters of Col. Muammar el-Qaddafi acknowledge that his government banks on fears of clan rivalries and possible partition to stay in power in a country with deep regional differences.

Officials say that the large extended clans of the west that contribute most of the soldiers to Colonel Qaddafi’s forces will never accept any revolution arising from the east, no matter what promises the rebels make about universal citizenship in a democratic Libya with its capital still in the western city of Tripoli.

The rebels say the revolution can forge a new identity.

“Qaddafi looks at Libya as west and east and north and south,” said Jadella Shalwee, a Libyan from Tobruk who visited Tahrir Square last weekend in a pilgrimage of sorts. “But this revolt has canceled all that. This is about a new beginning,” he said, contending that Colonel Qaddafi’s only supporters were “his cousins and his family.”

“Fear” is what Gamal Abdel Gawad, the director of the Ahram Center for Political and Strategic Studies in Cairo, called it — the way that autocrats win support because people “are even more scared of their fellow citizens.”

Nowhere is that perhaps truer than in Syria, with a sweeping revolt against four decades of rule by one family and a worsening of tensions among a Sunni Muslim majority and minorities of Christians and heterodox Muslims, the Alawites.

Mohsen, a young Alawite in Syria, recounted a slogan that he believes, rightly or not, was chanted at some of the protests there: “Christians to Beirut and the Alawites to the coffin.”

“Every week that passes,” he lamented, speaking by telephone from Damascus, the Syrian capital, “the worse the sectarian feelings get.”

The example of Iraq comes up often in conversations in Damascus, as does the civil war in Lebanon. The departure of Jews, who once formed a vibrant community in Syria, remains part of the collective memory, illustrating the tenuousness of diversity. Syria’s ostensibly secular government, having always relied on Alawite strength, denounces the prospect of sectarian differences while, its critics say, fanning the flames. The oft-voiced formula is, by now, familiar: after us, the deluge.

“My Alawite friends want me to support the regime, and they feel if it’s gone, our community will be finished,” said Mohsen, the young Alawite in Damascus, who asked that only his first name be used because he feared reprisal. “My Sunni friends want me to be against the regime, but I feel conflicted. We want freedom, but freedom with stability and security.”

That he used the mantra of years of Arab authoritarianism suggested that people still, in the words of one human rights activist, remain “hostage to the lack of possibilities” in states that, with few exceptions, have failed to come up with a sense of self that transcends the many divides.

“This started becoming a self-fulfilling myth,” said Mr. Azm, the Syrian intellectual.

“It was either our martial law or the martial law of the Islamists,” he added. “The third option was to divide the country into ethnicities, sects and so on.”

Despite a wave of repression, crackdown and civil war, hope and optimism still pervade the region, even in places like Syria, the setting of one of the most withering waves of violence. There, residents often speak of a wall of fear crumbling. Across the Arab world, there is a renewed sense of a collective destiny that echoes the headiest days of Arab nationalism in the 1950s and ’60s and perhaps even transcends it.

President Obama, in his speech on Thursday about the changes in the Arab world, spoke directly to that feeling. “Divisions of tribe, ethnicity and religious sect were manipulated as a means of holding on to power, or taking it away from somebody else. But the events of the past six months show us that strategies of repression and strategies of diversion will not work anymore.”

But no less pronounced are the old fears of zero-sum power, where one side wins and the other inevitably loses. From a Coptic Christian in Cairo to an Alawite farmer in Syria, discussions about the future are posed in terms of survival. Differences in Lebanon, a country that celebrates and laments the diversity of its 18 religious communities, are so pronounced that even soccer teams have a sectarian affiliation.

In Beirut, wrecked by a war over the country’s identity and so far sheltered from the gusts of change, activists have staged a small sit-in for two months to call for something different, in a plea that resonates across the Arab world.

The Square of Change, the protesters there have nicknamed it, and their demand is blunt: Citizenship that unites, not divides.

“We are not ‘we’ yet,” complained Tony Daoud, one of the activists. “What do we mean when we say ‘we’? ‘We’ as what? As a religion, as a sect, as human beings?”

Source: “New York times” Le 21-05-2011

Lien: http://www.nytimes.com/2011/05/22/world/middleeast/22arab.html?pagewanted=1&_r=1

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