2 juillet 2010

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TUNISNEWS
10 Úme année, N° 3692 du 02.07.2010
 archives : www.tunisnews.net 


Mondher Sfar: Campagne internationale contre la torture en Tunisie AFP: Tunisie: des ONG interpellent l’UE sur une loi jugĂ©e liberticide Ouest France: Une militante tunisienne prise Ă  partie Ouest France: Remue-mĂ©nage au forum des Droits de l’Homme AfricanManager: Tunisie/Banque mondiale: 50 millions de dollars pour l’emploi Abidjan.net: GuinĂ©e / RĂ©sultats provisoires de l’élection du 27 juin : Cellou Diallo et Sidya TourĂ© au second tour


 

Campagne internationale contre la torture en Tunisie

Appel pour le boycott total du régime criminel de Carthage

et la rupture des relations politiques et économiques avec lui

Appel Ă  l’arrestation immĂ©diate du GĂ©nĂ©ral Ben Ali

actuel usurpateur du pouvoir en Tunisie

et son jugement devant le CPI pour crimes contre l’humanitĂ©

commis en Tunisie entre 1984 et 2010


 

La torture est un des crimes des plus odieux contre l’humanitĂ©. Elle est organisĂ©e par l’Etat tunisien est pratiquĂ©e de façon systĂ©matique et massive dans des dizaines de locaux Ă  travers tout le territoire tunisien, commissariats de police, prisons, et au MinistĂšre de l’IntĂ©rieur.

Voici le tĂ©moignage que vient de nous envoyer il y a quelques jours une victime de la sauvagerie benalienne. C’est celui de Walid Kammoun, 37 ans, mariĂ© Ă  une Italienne et pĂšre d’une fille italienne.

Suite aux accords italiens avec l’administration Bush, l’Italie a procĂ©dĂ© Ă  l’arrestation massive de musulmans pratiquants pour prouver aux AmĂ©ricains qu’elle lutte activement contre le soit-disant terrorisme. C’est ainsi que Walid a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© en juin 2006, son domicile perquisitionnĂ©, son ordinateur passĂ© au peigne fin; on a fini par le relĂącher. Mais pour qu’il puisse renouveler son permis de sĂ©jour, et aprĂšs une longue attente, on a fini par lui promettre de le lui livrer Ă  son retour de Tunisie oĂč il envisageait d’aller passer des vacances avec sa famille. Pour lui faciliter ce voyage on lui a fourni un sĂ©jour provisoire de courte durĂ©e, le temps d’effectuer le voyage. Ce fut en fait un piĂšge organisĂ© avec la police tunisienne.

S’il n’a pas Ă©tĂ© inquiĂ©tĂ© lors de son arrivĂ©e en Tunisie, c’est Ă  la fin de son sĂ©jour et au moment oĂč il s’apprĂȘtait Ă  retourner en Italie que les autoritĂ©s italiennes lancent Ă  son encontre un mandat d’arrĂȘt international en le traitant dans les medias de grand terroriste qui s’est enfui en Tunisie! Le signal a donc Ă©tĂ© donnĂ© Ă  la police tunisienne de l’arrĂȘter. D’ailleurs, il s’est prĂ©sentĂ© spontanĂ©ment Ă  eux au ministĂšre de l’IntĂ©rieur Ă  Tunis quand il a appris la campagne mĂ©diatique lancĂ©e contre lui par les journaux italiens. Mais il a Ă©tĂ© aussitĂŽt arrĂȘtĂ© et lĂ  dans les Ă©tages de ce ministĂšre de sinistre mĂ©moire, Walid a passĂ© 24 jours d’horreur absolue.

Voici des extraits de son témoignage qui vient de nous parvenir écrit en arabe et en français.

Trois policiers l’ont dĂ©vĂȘtu, versĂ© sur lui de l’eau et de matiĂšres grasses, et ils l’ont amenĂ© au sous-sol, oĂč il a « entendu des personnes en train d’ĂȘtre torturĂ©es crier et pleurer comme des femmes, cela a suffi pour que je me mette Ă  pisser sur moi-mĂȘme, et Ă  pleurer tellement j’avais peur. On m’a mis Ă  terre et on a commencĂ© Ă  me battre sur tout le corps avec des bĂątons et des tuyaux metalliques revĂȘtus de plastique. Ils m’ont cassĂ© mon bras et une dent, le sang giclait de partout. Quand je m’Ă©vanouis, on m’asperge d’eau et on pisse sur ma tĂȘte. Le troisiĂšme jour, interogatoire et torture le jour et la nuit. On m’a mis sur une chaise face au mur, mains et pieds liĂ©s, et dĂšs que je tourne la tĂȘte ou je ferme les yeux on fait pleuvoir sur moi des coups de bĂąton et on me giflait. Au bout de trois nuits, mes pieds se sont enflĂ©s et ma colonne vertĂ©brale enkylosĂ©e, surtout du fait que j’Ă©tais opĂ©rĂ© de la colonne et je porte une broche mĂ©tallique. Le jour j’avais les menottes et le soir j’Ă©tais attachĂ© Ă  une barre en fer sans pouvoir bouger. Tous les jours on m’attache une corde pour m’obliger Ă  faire le chien et Ă  aboyer pendant une demi-heure, question de m’humilier. On Ă©taignait les cigarettes sur le corps. Un jour trois agents m’ont montĂ© au 2Ăšme Ă©tage. L’un d’eux Ă©tait Ă©norme on l’appelait « Bois-dĂ»r ». AprĂšs m’avoir dĂ©nudĂ© et les pieds et les mains attachĂ©s Ă  l’arriĂšre, on m’obligea Ă  m’agenouiller ce qui me provoqua des douleurs atroces. Le « Bois-dĂ»r » s’est assis sur une chaise et a pris ma tĂȘte entre ses jambes en m’obligeant Ă  compter jusqu’Ă  mille tout en me frappant le visage violemment avec ses deux grosses mains, mais je me suis vite Ă©vanoui. On m’a arrosĂ© d’eau et on a pissĂ© sur ma tĂȘte pour me rĂ©veiller, avec du sang sortant de mes oreilles et je n’entendais plus rien de ce qu’ils disaient. On m’a descendu un jour Ă  la cave les yeux bandĂ©s. On m’a attachĂ© le corps Ă  un bout de drap nouĂ© sur des menottes qu’on a attachĂ©es Ă  une poulie scellĂ©e au plafond. On m’a soulevĂ© en l’air, et on a attachĂ© mon sexe avec une ficelle. Ils m’ont menacĂ© si je ne collabore avec eux de me le couper et expliquaient-ils que je perde ainsi ma femme qui cherchera alors un autre mari. Un des agents s’est mis Ă  me sodomiser avec un manche Ă  balais, tout en rigolant tous et se fĂ©licitant de ce qu’ils Ă©taient en train de me faire. Je les ai suppliĂ© d’arrĂȘter; ils ont fini par me descendre et m’asperger d’eau. Leur chef est alors venu et n’ayant pas fait moi-mĂȘme les aveux qu’ils voulaient il a pris un bĂąton et m’a frappĂ© avec sur mon bras gauche et j’ai failli m’Ă©vanouir. Il m’a donnĂ© un coup de pied sur le bas ventre. Ce jour lĂ  j’ai crachĂ© et pissĂ© du sang, mais ils en Ă©taient indiffĂ©rents. Le lendemain, on m’a amenĂ© Ă  la cave Ă  la chambre Ă©lectrique, oĂč on m’a dĂ©nudĂ©, aspergĂ© d’eau et mis des fils Ă©lectriques. J’ai cru en mourir. Le lendemain, ils sont venus dans ma chambre oĂč je dors par terre, on m’a dĂ©nudĂ©, m’ont liĂ© les mains et les pieds Ă  un bĂąton avec des menottes. Ils m’ont mis dans la position du chien et trois personnes m’ont violĂ©. L’un d’eux a vidĂ© son sperme dans ma bouche avec force. En ce moment j’ai priĂ© Dieu que je meure, mais ma vie ne dĂ©pend pas de moi. Si le suicide n’Ă©tait pas une faute grave que Dieu ne pardonne pas je me serais suicidĂ©. Un jour, ils ont apportĂ© des pinces et un marteau et m’ont menacĂ© d’arracher les ongles de des orteils. N’ayant pas eu de rĂ©sultat, ils ont donnĂ© des coups de marteau sur mes orteils ils ont cassĂ© l’orteil droit.

Le 31/08/2008, ils m’ont apportĂ© un PV Ă  signer sans le lire, j’ai refusĂ©. Alors ils m’ont fait avaler un tube d’encre noire servant pour les empreintes digitales et ils m’ont dit comme ça je signe ‘d’avant et d’arriĂšre’. Mon corps n’a pu en effet Ă©vacuer cette encre qu’aprĂšs trois mois. Le mĂȘme jour on m’a menacĂ© que le jour oĂč je raconte ce qu’ils m’ont fait, ce sera le dernier jour de ma vie. [Fin de l’extrait du rĂ©cit rĂ©digĂ© par Walid Kammoun en juin 2010 dans la prison de Rossano – Il lance un appel de dĂ©tressse et Ă  l’aide Ă  l’opinion internationale, que je transmets].

L’Italie doit ĂȘtre dĂ©noncĂ©e pour complicitĂ© Ă  crime contre l’humanitĂ© et en tant que multirĂ©cidiviste. Elle a livrĂ© de nombreux Tunisiens au bourreau tunisien. On se rappelle le cas de Abdennacer Nait-Liman livrĂ© par l’Italie Ă  l’ami Ben Ali et cette victime a poursuivi Abdallah Kallel en Suisse pour l’avoir fait torturer, mais heureusement Ben Ali veillait toujours sur les criminels exĂ©cutants de ses ordres. Kallel a pu ainsi se sauver et trouver protection au Palais de Carthage puis nommĂ© PrĂ©sident de la Chambre des Conseillers. Un autre tortionnaire condamnĂ© Ă  Strasbourg est toujours sous la protection de l’Etat de Ben Ali.

 

Des dizaines de millliers de personnes ont Ă©tĂ© torturĂ©es depuis le retour de Ben Ali Ă  l’intĂ©rieur en 1984 et surtout depuis son coup d’Etat. La torture Ă©tait devenue une habitude. On la pratique pour des raisons les plus futiles, pour aucune raison, comme pour une simple contestation de la dictature. Tout citoyen est susceptible d’ĂȘtre agressĂ© par n’importe quel agent d’Etat, battu, insultĂ©, humiliĂ©, violĂ©, torturĂ©, jugĂ© avec une justice devenue annexe de l’appareil policier, et emprisonnĂ© dans des conditions insupportables.

Quelle que soit l’opinion ou la sympathie politique que l’on pourrait avoir pour le rĂ©gime tortionnaire, la torture n’a aucun rapport avec la politique. C’est un crime absolu contre l’humanitĂ©. C’est une insulte Ă  l’humanitĂ© et Ă  la dignitĂ© humaine. Elle doit nous rĂ©vulser et nous scandaliser plus que tout autre crime.

 

Nous en appelons aux consciences humaines en Tunisie et de par le monde à se joindre à nous afin de participer à la campagne contre la torture en Tunisie en boycottant politiquement et économiquement le régime criminel de Ben Ali :

Nous en appelons Ă  la rupture des relations diplomatiques avec la dictature benalienne;

Nous en appelons Ă  la rupture des relations Ă©conomiques, notamment par la mise en application de l’article 2 de l’Accord d’Association tuniso-europĂ©en;

L’Union europĂ©enne doit se mobiliser contre la torture et exiger du rĂ©gime tunisien la fin immĂ©diate de cette pratique odieuse et insupportable contre tout un peuple.

L’Union EuropĂ©enne et le Conseil de l’Europe ne peuvent plus, en effet, se taire aprĂšs la dĂ©claration de la Cour EuropĂ©enne des Droits de l’Homme dans l’Affaire de Saadi contre l’Italie attestant que la pratique de la torture en Tunisie a un caractĂšre « grave », en donnant la description dĂ©taillĂ©e de cinq techniques de torture pratiquĂ©es Ă  grande Ă©chelle en Tunisie. L’Europe ne peut plus dire qu’elle ne le savait pas.

En particulier, nous exigeons la démission immédiate du tortionnaire Abdallah Kallal actuel Président de la Chambre des Conseillers; nous exigeons sa remise entre les mains de la justice suisse pour y répondre des accusations de torture.

Nous exigeons que les gouvernements europĂ©ens s’engagent Ă  arrĂȘter sur leur sol les Tunisiens suspectĂ©s de crimes de torture ou d’en avoir donnĂ© l’ordre et en particulier l’arrestation du GĂ©nĂ©ral Ben Ali, premier responsable de la torture en Tunisie citĂ© en tant que tel dans les rapports du State Department, dans l’affaire contre son ministre de l’IntĂ©rieur Kallel et dans l’affaire contre le tortionnaire Khaled Ben Said vice-consul tunisien Ă  Strasbourg qui a Ă©tĂ© condamnĂ© le 15 dĂ©cembre 2008 par la Cour d’assises du Bas Rhin Ă  huit ans de rĂ©clusion criminelle pour crime de torture. Nous exigeons que le GĂ©nĂ©ral Ben Ali soit inculpĂ© par la CPI pour crimes contre l’humanitĂ© en tant que le seul vĂ©ritable donneur d’ordre de la pratique de la torture, cette torture qu’il a exercĂ©e lui-mĂȘme dans les locaux de la Garde Nationale Ă  El Aouina selon des tĂ©moignages concordants, et en tant que premier responsable politique du pays de la sĂ©curitĂ© des citoyens. Il a toujours refusĂ© de donner ordre Ă  ses services de mettre fin aux crimes horribles pratiquĂ©s dans les locaux de son ministĂšre de l’IntĂ©rieur malgrĂ© les demandes incessantes des ONG depuis 1989. La torture est interdite par la loi, mais aucun ordre d’interdiction n’a Ă©tĂ© communiquĂ© par Ben Ali Ă  ses agents. Les plaintes pour torture n’ont jamais Ă©tĂ© enregistrĂ©es et les coupables jamais inquiĂ©tĂ©s.

 

Tous les citoyens du monde sont invitĂ©s Ă  boycotter la Tunisie comme pays de destination touristique et Ă  exiger de leurs gouvernements la rupture de toute relation politique, diplomatique et Ă©conomique avec le rĂ©gime tortionnaire tunisien tant que la torture continue Ă  y ĂȘtre pratiquĂ©e et tolĂ©rĂ©e.

 

Paris, le 2 juillet 2010

 

Mondher Sfar

mondher.sfar@club-internet.fr

 


Tunisie: des ONG interpellent l’UE sur une loi jugĂ©e liberticide


AFP | 02.07.10 | 15h39 Plusieurs ONG de dĂ©fense des droits humains ont interpellĂ© vendredi Ă  Paris l’Union europĂ©enne aprĂšs l’adoption d’une loi dĂ©crite comme menaçant les libertĂ©s publiques en Tunisie alors que Bruxelles et Tunis nĂ©gocient des accords de partenariat renforcĂ©. “Il est inadmissible (…) que l’Europe reste encore une fois passive face Ă  ce dĂ©tournement scandaleux de la loi”, a ainsi estimĂ© Souhayr Belhassen, prĂ©sidente de la FĂ©dĂ©ration internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), lors d’une confĂ©rence de presse, avant d’ajouter que “la loi doit servir Ă  garantir les libertĂ©s” et non Ă  “la rĂ©pression arbitraire”. Les ONG (dont la Ligue des droits de l’Homme, le RĂ©seau euro-mĂ©diterranĂ©en des droits de l’Homme, Reporters sans frontiĂšres, Human Rights Watch) dĂ©noncent l’adoption d’une loi le 15 juin qui incrimine les actes jugĂ©s contraires aux intĂ©rĂȘts Ă©conomiques du pays Ă  l’Ă©tranger et rĂ©clament son abrogation. L’adoption de ce texte a lieu au moment oĂč Tunis cherche Ă  obtenir un “statut avancĂ©” auprĂšs de l’Union europĂ©enne (UE) qui permet une coopĂ©ration Ă©conomique et politique renforcĂ©e. Pour Michel Tubiana, prĂ©sident d’honneur de la Ligue des droits de l’Homme (LDH), cette loi a vocation Ă  “faire taire” les dĂ©fenseurs des libertĂ©s qui ont “attirĂ© l’attention sur la maniĂšre dont le gouvernement tunisien a systĂ©matiquement foulĂ© aux pieds et violĂ© tous les engagements qu’il avait pris en matiĂšre de droits de l’Homme et de libertĂ©s dĂ©mocratiques”. Les organisations ont indiquĂ© souhaiter que l’UE prenne position sur ce dossier. “Il serait bien que des personnalitĂ©s françaises, des personnalitĂ©s de l’Union europĂ©enne se prononcent lĂ -dessus. On n’a rien entendu pour le moment”, s’est ainsi Ă©tonnĂ©e Soazig Dollet, reprĂ©sentante de Reporters sans frontiĂšres (RSF). La FIDH a Ă©galement prĂ©cisĂ© qu’elle rĂ©flĂ©chissait Ă  la possibilitĂ© de saisir la Cour de justice de l’Union europĂ©enne Ă  Luxembourg contre l’UE pour “manquement Ă  ses obligations de tirer toutes les consĂ©quences de l’adoption de cette loi”, a dĂ©clarĂ© Mme Belhassen.


Une militante tunisienne prise Ă  partie


vendredi 02 juillet 2010  Zakia Dhifaoui a Ă©tĂ© agressĂ©e, alors qu’elle participaitau 4e Forum des droits de l’homme, Ă  Nantes. Zakia Dhifaoui est une enseignante tunisienne, militante active des droits de l’homme, condamnĂ©e dans son pays pour « insubordination ». Elle participait, mercredi matin, au forum de Nantes pour Ă©voquer la situation en Tunisie, oĂč la rĂ©pression est rĂ©guliĂšrement dĂ©noncĂ©e par les associations. Les Ă©changes ont mal tournĂ©. Cinq personnes, prĂ©sentes dans la salle, ont tentĂ© de dĂ©tourner le dĂ©bat et de discrĂ©diter son tĂ©moignage. « Un des hommes m’a accusĂ©e de trahir mon pays, de travailler contre son Ă©conomie, raconte la militante. Il disait que j’Ă©tais payĂ©e par les EuropĂ©ens… » Un peu plus tard, Ă  l’extĂ©rieur de la salle, la militante a subi des menaces plus directes et des insultes prononcĂ©es devant plusieurs tĂ©moins. Elle a dĂ©cidĂ© de porter plainte. Une militante du collectif nantais de soutien aux Tunisiens de Redeyef (1) qui accompagnait Zakia, a Ă©galement Ă©tĂ© prise Ă  partie. Elle croit savoir qui se cache derriĂšre ces fauteurs de troubles. « Ils sont mandatĂ©s par le gouvernement tunisien. Nous les repĂ©rons souvent lors des manifestations que nous organisons. » Les organisateurs du forum ont dĂ©noncĂ©, dans un communiquĂ©, « des comportements contraires Ă  l’Ă©thique » de la manifestation. Une lettre a Ă©tĂ© adressĂ©e au procureur de la RĂ©publique par les associations nantaises de dĂ©fense des droits de l’homme. Un dispositif de sĂ©curitĂ© a Ă©tĂ© mis en place, hier, Ă  la CitĂ© des CongrĂšs, pour prĂ©venir tout nouvel incident. D’autant que la prĂ©sidente (tunisienne) de la Ligue internationale des droits de l’homme devait participer, en soirĂ©e, Ă  la clĂŽture du forum. (1) Du nom du bassin minier dans lequel ont eu lieu des mouvements de rĂ©volte, durement rĂ©primĂ©s, en 2008. À la suite de ces Ă©vĂ©nements, une communautĂ© de citoyens originaires de Redeyef s’est rĂ©fugiĂ©e Ă  Nantes.
 
 
(Source: ouest-france.fr le 2 juillet 2010)

Remue-mĂ©nage au forum des Droits de l’Homme


vendredi 02 juillet 2010
 
 
 
 
 
 
 
 

Une militante tunisienne des Droits de l’Homme a reçu des insultes et des menaces Ă  l’issue d’une confĂ©rence. Elle porte plainte et a reçu le soutien de l’organisation du forum. Lire aussi page 4.

L’histoire Zakia Dhifaoui est encore tremblante ce jeudi matin, Ă  la CitĂ© des CongrĂšs oĂč elle a participĂ©, mercredi, Ă  une confĂ©rence sur les Droits de l’Homme en Tunisie. Soutenue par le collectif nantais Redeyef, elle va porter plainte aprĂšs les insultes et les menaces dont elle a fait l’objet devant tĂ©moin, Ă  l’extĂ©rieur de la salle. On ignore l’identitĂ© rĂ©elle des auteurs de ces menaces, mais les associations dĂ©fendant les Droits de l’Homme Ă  Nantes, pensent qu’il s’agit « de personnes agissant pour le compte du rĂ©gime tunisien ». Les organisateurs du Forum ont quant Ă  eux pris fait et cause pour Zakia Dhifaoui. Dans une dĂ©claration Ă©crite, hier, Franck Barrau, le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’association Droits de l’Homme et gouvernements locaux et directeur du Forum mondial, explique :« Cinq personnes participant au Forum, sous couvert de diverses associations franco-tunisiennes, sont venues perturber les dĂ©bats des tables rondes « Droits de l’Homme et Maghreb » et « Les avocats, dĂ©fenseurs permanents de la libertĂ© d’expression ». Ils ont tenu des propos diffamatoires et menaçants Ă  l’encontre de plusieurs intervenants tunisiens, militants des Droits de l’Homme, dont Zakia Dhifaoui… » Franck Barrau Ă©voque Ă©galement l’agression verbale Ă  l’encontre de la militante tunisienne et d’une militante du collectif nantais Redeyef, Ă  l’extĂ©rieur de la salle. Et de conclure : « Ces comportements sont non seulement contraires Ă  l’Ă©thique du Forum qui est un lieu de rencontres et de libre dialogue dans le respect des personnes… mais aussi intolĂ©rables au regard de l’ordre public. » Le comitĂ© d’organisation du Forum a signĂ© une lettre adressĂ©e au procureur de Nantes, aprĂšs la plainte dĂ©posĂ©e par Zakia Dhifaoui. Un collectif des ONG tunisiennes Prenant le contre-pied de la thĂšse de Zakia Dhifaoui, un collectif des ONG tunisiennes, s’est manifestĂ© hier. Il se prĂ©sente comme « un rĂ©seau de docteurs en droit, en mĂ©decine, en psychologie, en technologie, et de journalistes ». MĂȘlĂ©s aux faits, ses membres se disent « atterrĂ©s par les propos diffamatoires et qui portent prĂ©judice Ă  notre image et notre crĂ©dibilitĂ© de militants des droits humains. Nous dĂ©mentons fermement les accusations portĂ©es Ă  notre encontre (1) ». Et d’affirmer qu’Ă  la sortie de la confĂ©rence, ils ont Ă©tĂ© eux-mĂȘmes « agressĂ©s physiquement » et ont essuyĂ© des insultes « à caractĂšres raciste et antisĂ©mite, ainsi que des menaces de mort ».  
Jocelyne RAT
 
 
(Source: ouest-france.fr le 2 juillet 2010)


Tunisie/Banque mondiale: 50 millions de dollars pour l’emploi


 
African Manager  1-07-2010 : Les Administrateurs de la Banque mondiale  viennent d’approuver  un prĂȘt pour un montant de 50 millions de Dollars des Etats-Unis en soutien au programme de dĂ©veloppement de la Tunisie dans le secteur de l’Emploi. Afin d’affronter le dĂ©fi de l’emploi, la Tunisie prend des mesures fermes afin de rĂ©sorber le taux de chĂŽmage qui touche actuellement 14,7% de la population. Au sein de ce pourcentage national, 23% des diplĂŽmĂ©s de l’enseignement supĂ©rieur sont Ă©galement sans emplois et ce nombre augmentera vraisemblablement en raison d’une offre de main-d’Ɠuvre Ă  la hausse, d’une demande insuffisante, et du mal-fonctionnement de l’intermĂ©diation de l’emploi. C’est dans ce cadre que l’objectif global de ce prĂȘt est d’amĂ©liorer l’efficacitĂ© et l’efficience de l’insertion professionnelle en Tunisie. Le PrĂȘt de Politique de DĂ©veloppement (PPD) amĂ©liorera les programmes actifs d’emploi, ainsi que l’intermĂ©diation de l’emploi, et la base de l’information pour les politiques d’emploi. Mme Rebekka Grun, Ă©conomiste principale et chef de ce projet, a indiquĂ© «Ce PPD est le premier pas dans un programme de rĂ©formes du marchĂ© du travail qui couvrira cinq annĂ©es. Ces cinq ans, en soutien du programme prĂ©sidentiel 2009-2014, auront le potentiel d’amĂ©liorer le taux d’emploi, surtout formel, et de faciliter la transition de l’économie vers des secteurs de plus de valeur ajoutĂ©e. » En appui au XIĂšme plan National de DĂ©veloppement, le PPD soutient essentiellement trois objectifs : 1) La facilitation de l’insertion Ă  travers les politiques actives de l’emploi ; 2) Le renforcement des fonctions essentielles Ă  la mobilitĂ© interne et externe de la main-d’Ɠuvre; et 3) Le renforcement et le suivi, l’évaluation et la dissĂ©mination des donnĂ©es de l’emploi et l’augmentation de la pratique de la gestion axĂ©e sur les rĂ©sultats. Mme Grun a ajoutĂ© : « Ce premier PPD vise Ă  fournir les Ă©lĂ©ments de services d’emploi renforcĂ©s, et d’un dialogue social inclusif et dynamique, qui pourraient former la base des rĂ©formes ambitieuses qui sont requises pour un saut quantique en matiĂšre d’emploi». Cette politique de dĂ©veloppement vient principalement Ă  l’appui du pilier (i) du Cadre de partenariat stratĂ©gique – CrĂ©ation d’emplois, Croissance et CompĂ©titivitĂ©, et dans une moindre mesure, du pilier (iii) AmĂ©lioration de la qualitĂ© de la prestation des services. La Banque mondiale appuie en Tunisie un total de 20 projets dans diffĂ©rents secteurs tels que l’emploi, l’eau, l’environnement, l’éducation, l’enseignement, l’énergie et l’appui Ă  l’intĂ©gration et la compĂ©titivitĂ©.  

GuinĂ©e / RĂ©sultats provisoires de l’élection du 27 juin : Cellou Diallo et Sidya TourĂ© au second tour


PubliĂ© le vendredi 2 juillet 2010  |  Nord-Sud Dans l’attente de la proclamation ce vendredi des rĂ©sultats provisoires de l’élection du 27 juin par la Commission Ă©lectorale nationale indĂ©pendante (CENI), les langues se dĂ©lient Ă  Conakry. Selon une source proche de la Ceni qui nous a joints hier Ă  Abidjan, les premiĂšres tendances donnent 40% des suffrages exprimĂ©s au candidat Cellou Dalein Diallo, prĂ©sident de l’UFDG (union des forces dĂ©mocratiques de GuinĂ©e). En 2Ăšme position, on retrouve Sidya TourĂ©, candidat de l’UFR (union des forces rĂ©publicaines). Et grosse surprise, Alpha CondĂ©, candidat du RPG (rassemblement pour le peuple de GuinĂ©e) et opposant historique au pouvoir de Lansana ContĂ© ne rĂ©colte que 17% des voix. Etant donnĂ© qu’aucun candidat n’obtient la majoritĂ© absolue au premier tour, un second tour interviendra selon le code Ă©lectoral, le 18 juillet, et opposera sauf changement de derniĂšre heure Cellou Dalein Diallo et Sidya TourĂ©, les deux candidats arrivĂ©s en tĂȘte. Le report des voix des deux autres leaders Alpha CondĂ© et Lansana KouyatĂ© sera dĂ©terminant pour la suite du scrutin. La seule inconnue Ă  Conakry porte sur le rĂŽle du prĂ©sident du Rpg avec ses 17% de votants estimĂ©s Ă  4,2 millions. En faveur de qui Alpha CondĂ©, le troisiĂšme homme, appellera-t-il Ă  voter ? Difficile d’y rĂ©pondre puisqu’on se rappelle que lors d’une confĂ©rence de presse Ă  Conakry mercredi trois jours aprĂšs l’élection prĂ©sidentielle, il avait dĂ©noncĂ© des “manipulations” dans la centralisation des rĂ©sultats du scrutin prĂ©sidentiel, par la CENI: “Nous avons constatĂ© qu’il y eu une vĂ©ritable manipulation pour changer de façon extraordinaire les chiffres”. Notre expert explique que c’est le vote ethnique qui a prĂ©valu lors de ces Ă©lections. Les rĂ©sultats d’un sondage rĂ©alisĂ© par l’universitĂ© Lansana ContĂ© de Conakry avait dĂ©jĂ  rĂ©vĂ©lĂ© que lâ€˜Ă©lecteur guinĂ©en est enclin Ă  privilĂ©gier l’appartenance “gĂ©o-ethnique” parmi les critĂšres de choix de ses dirigeants politiques. L’étude rĂ©alisĂ©e du 27 avril au 5 mai auprĂšs de 2000 personnes par la facultĂ© des Sciences politiques sur “la perception de la dĂ©mocratie et les intentions de vote des Ă©lecteurs de la ville de Conakry”, fait ressortir une tendance au “vote gĂ©o-ethnique” chez bon nombre de GuinĂ©ens. Les peulhs auraient accordĂ© leur faveur au candidat de l’Union des forces dĂ©mocratiques de GuinĂ©e (UFDG), Mamadou Celou Dalein Diallo, peulh de la Moyenne GuinĂ©e. Les malinkĂ©s auraient votĂ© pour leur ‘’frĂšre’’ Alpha CondĂ©, malinkĂ© originaire de la Haute GuinĂ©e. Voudra-t-il faire triompher le candidat Sidya TourĂ©, de l’ethnie diakankĂ© (plutĂŽt proche des soussous) ou penchera-t-il pour le peulh Celou Dalein Diallo. Les jours suivants nous situeront. Bakayoko Youssouf (Source: abidjan.net le 2 juillet 2010)

 

 

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