2 avril 2006

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TUNISNEWS
6 ème année, N° 2141 du 02.04.2006

 archives : www.tunisnews.net


Vérité-Action: Tunisie, le régime menace de mort ses opposants Kalima: Maghreb des droits humains : la Coordination est née AFP:  Maroc: création d’une Coordination maghrébine des droits de l’Homme Bennani Walid: Quelles sont les règles à respecter par tous et qui les définie Houcine Ghali: Lecons démocratiques suisses offertes aux tunisiens – La constitution organise les libertes Webmanagercenter Ouverture du capital de Tunisie Telecom : Vivendi, un géant vaincu Webmanagercenter : La saga de la privatisation de Tunisie Télécom Le Quotidien: Mères célibataires : L’enfant de tous les malheurs La Presse: Interview :M.Sadok Korbi, ministre de l’Education et de la Formation, à la Presse : Fausto Giudice: L’étrange aventure de Nizar Sassi Moalla, Taïeb: « L’Immeuble Yacoubian » Le roman que le monde arabe s’arrache

 

Vérité-Action
 
Tunisie :

Le régime menace de mort ses opposants

Dans un enchaînement sans précédent, le régime tunisien, vient d’entamer un nouveau cycle de violence à l’encontre de la société civile tunisienne et des militants des droits de l’homme. L’ampleur des menaces proliférées dernièrement n’a jamais été atteinte en Tunisie tant sur le plan des cibles que sur le plan des moyens utilisés pour mener ce plan de terreur prémédité visant à contraindre les opposants au silence après qu’ils ont réussi par leur union et leur détermination à démasquer la propagande malsaine du régime sur le respect des droits de l’homme et des libertés. Vérité-Action se voit dans l’obligation de rapporter dans le présent communiqué les informations qu’elle a pu collecter jusqu’à présent sur cette campagne. Ainsi, Me Abderraouf AYADI, vice président du parti du congrès pour la république (CPR non reconnu), membre du Collectif du 18 Octobre et défenseur des droits de l’homme a reçu une lettre de menace de mort de la part du régime. Sa voiture a été «manipulée» pour lui prouver qu’il n’est pas à l’abri d’une «sanction» le moment venu. La même lettre est parvenue à l’ex-prisonnier politique et figure bien connue du milieu associatif tunisien, Monsieur Lassaad JOUHRI, qui se déplace avec des béquilles en raison des séquelles de la torture qu’il a subie pendant les années nonante. D’autres membres du Mouvement du 18 Octobre ont aussi subis les agissements de la police tunisienne. Des rumeurs lancées par des «inconnus» sur la mort du porte-parole du Parti des ouvriers communistes tunisiens (PCOT, non reconnu) et membre du collectif du 18 Octobre, Monsieur Hamma HAMMAMi. Sa famille a été contactée pour annoncer cela. Ce n’est pas la première fois que des rumeurs courent sur la mort de Monsieur HAMMAMI. Me Samir DILOU, membre de l’Association internationale de solidarité avec les prisonniers politiques (AISPP, non reconnue), et membre de Vérité-Action, a reçu des menaces consistant dans le fait qu’il doit faire attention lors de ses déplacements en voiture. Rappelons encore que le Collectif du 18 Octobre, qui réunit toutes les sensibilités de l’opposition tunisienne, a organisé un rassemblement à Tunis pour marquer la 50ème fête de l’indépendance de la Tunisie. Ce rassemblement a été violemment dispersé par la police. Me Mohamed ABBOU, qui est emprisonné depuis une année pour avoir publié des articles sur Internet critiquant plus particulièrement la situation dans les prisons tunisiennes, est entré en grève de la faim depuis le 13 mars 2006. Il proteste contre les conditions de son emprisonnement injustifié. Selon son épouse, Me Abbou ne pouvait même pas se tenir debout. Malgré les tentatives des gardiens de perturber la communication entre Me Abbou et son épouse, cette dernière rapporte que son époux a été mis dans une chambre avec des prisonniers de droit commun incités à le déranger. Il dort sans matelas. Sur la route entre Tunis et le Kef, où Me Abbou est incarcéré, la voiture qui emmène Mme Abbou a été arrêtée et contrôlée six fois. A la prison 9 avril de Tunis, et selon un communiqué daté du 30 mars 2006 de l’AISPP, des prisonniers politiques ont été violentés par leurs gardes. Quelques uns parmi eux se trouvent maintenant en isolement, d’autres ont été contraints de changer d’établissement pénitencier. Rappelons que quelques centaines de prisonniers politiques sont détenus en Tunisie depuis plus de 15 ans. La très contesté loi antiterrorisme, a rajouté quelques autres dizaines au prisonniers d’opinion. C’est d’ailleurs dans le but d’empêcher l’AISPP de relayer ces informations que ces dirigeants font depuis un certain temps l’objet d’une politique de mise à néant, cette fois de caractère un peu particulier. Ainsi, Me Mohamed NOURI, son président, et Me Saida AKREMI, son secrétaire général ainsi que son époux Me Noureddine BHIRI, membre du Centre de Tunis pour l’indépendance de la justice (non reconnu), subissent tous des intimidations de la part du régime pour qu’ils cessent leurs activités militantes. Cette fois, les autorités tunisiennes ont impliqué le fisc dans leur bataille contre l’opposition et cela en imposant à ces trois avocats un plan de redressement fiscal préparant l’arrêt de leur activité professionnelle. Le compte bancaire de Me AKREMI est actuellement bloqué. Dans le même cadre, MM. Ali LARAYADH et Hammadi JEBALI, ex-prisonniers politiques et leaders du Mouvement Ennahdha (non reconnu), ont reçu des «appels à l’ordre» leur interdisant de nouer n’importe quel contact avec les représentants de la société civile ou de l’opposition ou de s’exprimer sur des sujets publiques, sous peine d’être réincarcérés. Enfin, trois étudiants de l’Université de Sfax ont été renvoyés au motif de leur  participation à une manifestation au sein de l’Université. Il se trouve que les trois renvoyés sont des représentants d’étudiants au sein du Conseil scientifique, et qu’ils sont de ce fait démocratiquement élus par leurs collègues. Les étudiants, Bassem NASRI, Ali OMAR et Oussama BEN SALEM, fils du Dr. Moncef BEN SALEM, éminent savant tunisien, ex prisonnier politique, persécuté depuis plus de quinze ans par le régime tunisien, ont commencé un sit-in devant le bureau du doyen où s’est tenu le conseil de discipline. Ils ont aussi entamé une grève de la faim. Dr Moncef Ben Salem, lacé par les années de harcèlement, de persécution et de privation de ses droits les plus élémentaires à travailler et à se déplacer, a entamé une grève de la faim. Sa famille l’a rejoint en date du 31 mars 2006. Il est anormal qu’au moment où dans d’autres pays Dr BEN SALEM serait aidé pour continuer ses recherches, il soit persécuté de la sorte dans son propre pays. Vérité-Action, très préoccupée par la tournure des évènements en Tunisie : 1.       Exprime sa solidarité avec les militants du Mouvement du 18 Octobre. Elle met en garde que les menaces adressées à ces figures éminentes de la société civile tunisienne, sont sérieuses et pourront à tout moment être mises en exécution. 2.       Considère que le régime est entièrement responsable de toute atteinte à l’intégrité physique ou à la vie de ces militants. 3.       Appelle les ONGs nationales et internationales a suivre de près ces évènements graves et à faire pression sur le gouvernement tunisien pour qu’il cesse ces agissements et qu’il respecte ses engagements internationaux. 4.       Exprime sa solidarité avec Me AYADI, M. HAMMAMI, Me DILOU, Me NOURI, Me AKREMI, Me BHIRI, M. LARAYDH et M. JEBALI ainsi que tout opposant tunisien qui sera pris dans le collimateur de cette politique de terreur couverte par l’impunité. 5.       Appelle à la libération immédiate de Me Mohamed ABBOU et de tous les prisonniers politiques et d’opinion en Tunisie. 6.       Appelle à la réintégration des trois étudiants renvoyés à leur université. 7.       Exprime sa solidarité avec Dr BEN SALEM et sa famille qui continuent à payer très cher le prix de l’opposition pacifique au régime. 8.       Appelle toutes les ONGs des défenses des droits de l’homme ainsi que toute la société civile tunisienne à continuer le combat pour une Tunisie démocratique et libre. Fribourg, le 1er avril 2006 Vérité-Action Safwa Aissa Présidente Source : www.verite-action.org

 

Maghreb des droits humains : la Coordination est née

 
Le 30 mars 2006 à Rabat, 14 associations maghrébines* dédiées à la défense des droits humains ont formé une coalition, la Coordination maghrébine des organisations des droits humains (CMODH). La coordination travaille dans la perspective de l’édification d’un grand Maghreb des citoyens avec pour mot d’ordre : « Pour un espace Maghrébin dans lequel l’ensemble des droits humains seraient garantis pour tous ». Il s’agit d’un cadre permanent qui favorise la coopération et le renforcement de la solidarité entre les associations maghrébines de la société civile, et œuvre à promouvoir les droits humains dans leur globalité. La CMODH se réfère aux valeurs universelles de droits humains tels que définis dans les instruments internationaux. La coordination souligne son intention de mener son action dans une indépendance totale par rapport aux Etats maghrébins et refuse tout financement gouvernemental. C’est l’AMDH en la personne de son président, Abdelhamid Amine, qui a été élu à la tête de ce nouveau cadre en tant que «coordinateur général» pour deux ans. ————– *Membres : Algérie: Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH), Ligue algérienne des droits de l’homme (LADH) ; Libye : Ligue libyenne de défense des droits de l’homme (LLDH) ; Maroc : Association marocaine des droits humains (AMDH), Organisation marocaine des droits humains (OMDH) ; Mauritanie : association mauritanienne des droits de l’homme (AMDH) ; Ligue mauritanienne des droits de l’homme (LMDH) ; Tunisie : Conseil national pour les libertés en Tunisie (CNLT) ; Ligue tunisienne de défense des droits de l’homme (LTDH). France : Association des travailleurs maghrébins en France (ATMF), Association de défense de droits humains au Maroc (ADDHM), Comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT), Deux ONG présentes ont été admises en tant que membres observateurs, il s’agit de la Coalition des familles des disparus en Algérie (CFDA) et du Forum marocain pour la vérité et a justice (FMVJ). Car seules les ONG de droits humains généralistes peuvent avoir le statut de membre à part entière.
 
(Source: Le site de Kalima mis en ligne le 2 avril 2006)
 

Maroc: création d’une Coordination maghrébine des droits de l’Homme

 

AFP, samedi 1 avril 2006

 

RABAT – La création d’une « Coordination maghrébine des organisations des droits humains » (CMODH), qui regroupe 14 associations, a été annoncée samedi à Rabat, lors d’une conférence de presse.

 

Cette coordination a été mise sur pied à cause de « la détérioration de la situation des droits humains dans les pays du Maghreb, la répression et la persécution visant les organisations et les défenseurs des droits humains », indique la plate-forme constitutive de cette instance.

 

« Cette conférence de presse est la première activité publique de la CMODH », a déclaré son coordinateur général Abdelhamid Amine, président de l’Association marocaine des droits humains (AMDH, indépendante).

 

D’autres organisations de Libye, de Tunisie, d’Algérie, du Maroc et de Mauritanie sont membres de cette coordination qui compte tenir sa prochaine réunion dans six mois en Tunisie « en guise de solidarité avec les défenseurs des droits de l’Homme dans ce pays », indique un communiqué distribué à la presse.

 

Sihem Bensedrine, représentant le Conseil national des libertés (Tunisie), a estimé que « le plus important est de mettre sur pied une solidarité effective entre les pays du Maghreb et réaliser le rêve d’un Maghreb citoyen, un Maghreb des droits de l’Homme ».

 

Mme Bensedrine a critiqué « les obstacles et les différends entre pays maghrébins qui concernent les régimes et non pas les peuples ».

 

« La CMODH est ouverte à toutes les associations maghrébines des droits humains qui sont indépendantes des gouvernements et des partis politiques », a souligné M. Amine. « Nous n’accepterons aucun financement provenant des gouvernements », a-t-il ajouté.

 

La réunion constitutive de la CMODH a été tenue vendredi près de Rabat sous le thème: « Pour un espace maghrébin où les droits humains seraient garantis pour tous ».

 

 

 

Quelles sont les règles à respecter par tous et qui les définie

 

Je suis d’accord avec M Sami Ben Abdallah quand il dénonce les campagnes de dénigrement envers les opposants du régime de Ben Ali qui utilise cette arme pour salir et discréditer ses opposants tout  en utilisant les opportunistes et les arrivistes qui sont prêts à changer leurs principes – s’ils les ont – en échange parfois de simples promesses éphémères. Je dénonce comme lui « l’état de pourrissement des mœurs politiques en Tunisie« ,  ce virus mortel qui  ronge le milieu politique et les associations de la société civile et dont sont victimes des hommes et des femmes intègres  et honnêtes. Je m’insurge comme lui contre toute atteinte à la vie privée du simple monsieur tout le monde avant nos hommes politique et nos élites. Je comprends parfaitement son désarroi, sa colère pleine d’amertume- que je partage aussi avec lui- contre toute personne ou tout parti qui étouffe, étrange ou bâillonne la « Liberté »: à commencer  par liberté de croyance et à finir par la liberté vestimentaire tout en passant par toutes les autres formes de libertés. Je suis toujours avec lui et je tiens sur ses mains ainsi que toute autre main propre et honnête qui dénonce et œuvre pour mettre fin à tous ce qu’il a relaté dans son article » Les masques  » de nouveau : A propos de la liberté d’expression et de la vie privée« , afin d’avoir une vie politique saine où on ne respire que l’air pur et frais ; afin d’avoir le climat et le milieu valable pour que chacun  expose ses idées devant notre société multiple, diverse et riche. Sans la garantie manifeste de tous pour préserver cette  » Liberté totale  « , dans le cadre de notre identité  arabo-musulmane, dans le cadre d’une loi juste où les juges honnêtes, intègres et indépendants sont les maîtres garants et enfin dans le cadre d’un charte national signé par toute la classe politique et par la société civile, sans tout cela nous allons tous perdre : notre dignité, notre honneur et le sens même de la vie. Nous devons être patients envers nous-mêmes et envers les autres et surtout nous devons être justes, objectifs, sans arrières pensées ni préjugés et prêts et capables de revenir à la vérité et même à revoir nos jugements et points de vue s’ils s’avèrent qu’ils ne sont pas justes car nul n’est infaillible. De plus nous devons relativiser les choses et surtout de bien prendre le temps pour avoir tous les éléments qui nous permettent d’être juste envers tous les autres même s’ils sont nos adversaires et même si nous partageons pas avec eux les mêmes idées. C’est dans cette perspective que je dis à M Sami Ben Abdallah que je ne suis pas de tout d’accord avec le long paragraphe consacré à notre mouvement « Ennahdha » et je vais dire pourquoi.

 

 1) Celui qui lit l’article de M Sami Ben Abdallah, dans son introduction et son développement quand il parle des campagnes de dénigrement et la politique de pouvoir envers ses opposants se rend à l’évidence que ce long paragraphe est éjecté dans un autre contexte qui n’a aucun lien avec ce qui a précédé ni ce qui a suivi. Ce qui peut laisser à penser que M Ben Abdallah met Ennahdha sur le même pied d’égalité que le régime de Ben Ali et que Ennahdha et l’autre revers de médaille et cela en soit est très grave et tout à fait faux. Nul ne doute  qu’Ennahda, de par sa religion, ses principes et son histoire n’a jamais contribué de près ou de loin à une quelconque campagne de dénigrement envers  une autre personne ou un parti. Si nous ne sommes pas d’accord avec les points de vue ou les idées de quelqu’un on les critique  publiquement en tant qu’idées seulement. Nul ne doute aussi que nos dirigeants et cadres étaient et restent  les cibles privilégiés du pouvoir et quelques – soi- disant- démocrates éradicateurs connus par tout le monde. Je pense que si M Sami Ben Abdallah ou tout autre personne ont le droit de critiquer  le programme, les points de  vue et les prises de positions Ennahda ; qu’il ont le droit aussi de critiquer sa direction. Mais il n’a pas le droit de faire l’amalgame sur Ennahda ni de le situer au même niveau que le régime répressif et sans scrupule.

 

   2) Si je reviens au contenu de ce long paragraphe. M Ben Abdallah site l’exemple de M. Moresel Ksibi,  comme beaucoup d’autres exemples qui ont été les victimes du régime, pour jeter des accusations et pour émettre des jugements définitifs contre Ennahda et son président Cheik Rached Ghannouchi.  » cet ancien Nahdaoui se veut un islamiste avec un sens critique et ne mâche pas ses mots quand il s’agit de critiquer la direction actuelle d’Ennahdha, » Celui qui lit ce passage croit que les voix qui critiquent Ennadha sont, d’une part très rare et très récentes, audacieuses et non complaisantes envers la direction d’Ennahda et d’autres part ne peuvent se faire qu’en dehors du mouvement. Je ne sais pas d’où M Ben Abdallah a tiré cette conclusion. Lui, » le Tunisien qui connaît les rouages internes et le fonctionnement d’Ennahdah et son histoire depuis sa création en 1969 jusqu’à nos jours ». Je ne peux pas admettre que M Ben Abdallah n’a jamais eu l’occasion de jeter un coup d’œil même rapide sur l’organigramme et le statut d’Ennahdha. Je ne peux pas encore admettre que M Ben Abdallah n’a jamais entendu parler des congrès du Mouvement qui sont au nombre de 7 dont 6 se sont déroulés dans ce qu’on appelle » les circonstances d’exception », malgré la répression continue du régime. Ces congrès qui étaient précédés tous par un large débat d’idées et programmes internes pendant lesquels des centaines de membres ont participé pour  élire démocratiquement les congressistes, qui eux même élisent Majlis Echoura et le président du mouvement. Je crois savoir aussi que tous le monde savent que Cheik Rached et un parmi 8 présidents élus aussi démocratiquement au sein d’Ennadha et que Cheik Rached n’est pas le candidats unique et qu’il se présente comme plusieurs autre candidats et qu’au dernier congrès il a été élu  à 75,64% ce qui laisse entendre qu’il ya des membres qui n’ont choisit Cheik Rached. L’observateur impartial et objectif sait très que le principe de « CHOURA » au sein du mouvement est un principe concret enraciné et pratiqué sur tous les niveaux. Sans pour autant prétendre la perfection ni l’infaillibilité car nous sommes des êtres humains qui se trompent et ne sont pas parfaits. Nous n’avons pas prétendu que nous sommes les meilleurs, les irréprochables ni les élus de Dieu. Nous n’avons jamais imposé à quiconque par forces nos idées. Nous avons mené et mèneront encore une résistance acharnée au régime imposteur qui a usurpé les droits de notre peuple, pour qu’un jour avec tous nos partenaires politiques et nos concitoyens honnêtes, vivre ensemble dans notre bien-aimée Tunisie. Je demande à M Ben Abdallah qui veut que, certaines règles s’appliquent à tous sans exception, s’il s’est soumis à ses propres règles. Si non d’où a-t-il conclu que   » les méthodes d’une partie du sérail de M. Rached Ghannouchi et le système presque clientéliste qu’ils ont institué à l’étranger ». Par quels moyens et quelles preuves est –il arrivé à affirmer que « Car parmi ceux qui soutiennent et applaudissent M. Rached Ghannouchi à longueur de journée, il y a ceux qui profiteraient des largesses de l’appareil, d’aides financières, de partenariats dans des projets commerciaux et de positions de direction dans l’appareil d’Ennahdha. Ce sont ces faveurs qui les motivent dans toutes leurs tentatives publiques, sous couvert d’anonymat ou dans les coulisses, pour faire enterrer toute voix discordante au sein d’Ennahdha. M. Rached Ghannouchi, qui, il y a 20 ans, tenait à rédiger un livre qui lui serait cher  » Les libertés publiques  » ne s’en rappelle peut être plus, laisse faire et du coup, Ennahdha ressemble à un parti  » stalinien  » qui trahit parfois la diversité des islamistes tunisiens, leur modération où la seule parole qui vaille est celle du  » prince  » et les articles l’encensant. Si le pays a incontestablement besoin d’un parti islamiste modéré, avec des expressions plurielles qui ne criminalise pas la critique mais milite pour la liberté d’_expression pour tous, il va sans dire qu’il n’a pas besoin d’un parti islamiste stalinien. M. Rached Ghannouchi a toutes les cartes en main. Nul – y compris ses adversaires ou contestataires- ne peut lui contester sa stature avec Salah Karkar, Hammadi Jbeli, Abdellfattah Mourou, Abdallah Zouari et bien d’autres de symbole de l’Islam politique en Tunisie et dans le monde arabo-musulman. Il a l’autorité, la légitimité historique, la reconnaissance de ses pairs et les moyens financiers, pourvu qu’il se décide et qu’il se rappelle qu’il y a 20 ans, il tenait à rédiger un livre qui lui était cher  » Les libertés publiques « . Comment il appelle cela si ce n’est là une forme de campagne de dénigrement qu’il fait à Ennahda. Ne sont –ils pas les mêmes méthodes qu’il déplore. Nos pires ennemis et adversaires n’ont jamais osé publiquement nous accusé de favoritisme ni de sales magouilles; eux qui cherchent par tous les moyens de fabriquer les scénarios fantaisistes tous simplement parce que cela ne convainque personne. Tu peux accusé les dirigeants et cadres d’ Ennahdha de beaucoup d’accusations sauf de  » ceux qui profiteraient des largesses de l’appareil, d’aides financières, de partenariats dans des projets commerciaux et de positions de direction dans l’appareil d’Ennahdha « . A lire ce passage on croit qu’ Ennahda est une organisation mafieuse qui gère une fortune colossale et que la seule tâche principale du Cheik Rached est d’acheter les loyautés des hommes. Malheureusement M Ben Abdallah s’est trompé de cible et s’est glissé rapidement dans le champ de ceux qu’il prétend combattre. Je lui demande sincèrement si quelqu’un l’a accusé de ce qu’il  vient de faire avec Ennahda comment il va se comporter est-ce qu’il va se résigner à se taire à ne pas demander les preuves et les témoins qui approuvent et confirment ses dires? Comment va- il réagir si quelqu’un avec une légèreté complice lui fait endosser des choses qui n’ont jamais exister ? ne va –t –il pas dire qu’il est au solde du régime? Quand au Ennahda c’est l’histoire qui le jugera équitablement et qu’elle sait très bien qu’au long de son parcours politique il y aurait toujours des gens qui lui feront tord mais cela ne la déviera pas du bon chemin car elle observe avant toute chose Dieu le très Haut puis tous notre peuple et tout ceux qui ont donné beaucoup de leur vie pour que la Liberté soit pour tous citoyens tunisien. Oui M Ben Abdallah  notre pays a besoin d’Ennahda parti islamiste modéré pleinement convaincu que Dieu a crée les hommes différents et que leur différence est leur richesse et qu’il défendra cette richesse tant à l’intérieur de mouvement qu’à l’intérieur de la société. Une autre chose Cheik Rached se rappelle du dernier jour de jugement avant toute autre chose bien qu’il soit un être humain susceptible de se tromper et il n’est pas infaillible. Cheik Rached que je côtoie maintenant plus de 28 ans est un humble serviteur de Dieu et fervent défenseur de la liberté avec ses qualités et ses défauts mais jamais un despote qui cultive le culte de personnalité.

Enfin je demande à M Ben Abdallah d’approcher un peu plus les dirigeants d’Ennahda  pour voir comment ils vivent et dans quelles conditions ils continuent à militer pour vraiment prononcer en leur faveur ou défaveur les jugements adéquats.

 

Je trouverai, si Dieu le veut le temps, dans un autre contexte pour parler un peu du mécanisme interne d’Echoura au sein du mouvement et de l’importance de la liberté d’expression dans notre message.

 

BENNANI WALID

Le 02/04/2006 BELGIQUE     

 


 

LECONS DEMOCRATIQUES SUISSES OFFERTES AUX TUNISIENS

TROISIEME LECON : LA CONSTITUTION ORGANISE LES LIBERTES

 

Houcine Ghali – Genève

 

Pour vivre ensemble dans la liberté, la paix et la sécurité, les personnes habitant un Etat de droit ont besoin d’un texte primordial qui définisse les principes directeurs, le mode d’emploi en quelque sorte de leur démocratie : la Constitution. C’est la référence de toute leur organisation. Elle exprime les valeurs fondamentales, les droits, les devoirs et les règles de base du fonctionnement de leur société. Toutes les lois s’y réfèrent.

 

C’est dans la Grèce antique que l’on trouve les plus anciennes constitutions connues. Elles engageaient notamment les citoyens à accepter que des arbitres tranchent leurs conflits, afin d’éviter qu’un climat de vengeance ne perdure et nuise à la paix civile. Pour bien faire valoir la force de ces textes, les Anciens les disaient d’inspiration divine, comme s’ils émanaient d’esprits plus justes et plus sages que ceux des humains. C’est ce même esprit solennel qui a présidé à la signature du Pacte des trois cantons ( gouvernorats ) d’Uri, Schwyz et Unterwald, au début du mois d’août 1291; un acte que la tradition a retenu comme fondateur de la Suisse. La Constitution actuelle est un prolongement moderne de ce pacte, à la mesure des enjeux d’aujourd’hui.

 

Comme c’est le cas dans la plupart des Etats démocratiques, la Constitution fédérale a trois fonctions essentielles : elle définit les droits des citoyens, répartit les compétences et organise l’ Etat.

 

La définition des droits : La Constitution rappelle l’égalité des sexes, souligne le droit de pratiquer sa langue et sa religion, garantit la liberté d’__expression et d’information, définit la nationalité et les droits politiques; elle indique aussi les buts sociaux en matière de santé, de formation, de logement.

 

Le partage des compétences : la Constitution  répartit les charges et les activités aux trois niveaux de la démocratie : commune ( délégation ), canton ( gouvernorat ), Confédération ( République ). Il s’agit de préciser qui fait quoi dans un ensemble d’autant plus complexe que la Suisse est un Etat fédéral où se côtoient plusieurs cultures.

 

L’organisation de l’Etat : la Constitution décrit les règles fondamentales de composition et de fonctionnement des autorités législatives ( parlement ), exécutives ( gouvernement ) et judiciaires ( tribunaux ).

 

Toutes les lois se fondent sur la Constitution

 

La Constitution fédérale respecte le droit international et organise la vie du pays, mais elle n’est pas figée. Elle contient aussi ses propres règles de révision, qui précisent la manière d’en modifier le contenu. C’est ainsi que 100.000 citoyennes et citoyens peuvent, par une initiative populaire, proposer de la modifier partiellement ou, même, totalement. Si une telle proposition émane de l’Assemblée fédérale ( parlement ), les citoyennes et citoyens suisses seront obligatoirement appelés en consultation populaire, c’est ce qu’on appelle le référendum obligatoire.

 

La Constitution fédérale actuellement en vigueur a été approuvée le 18 avril 1999, après un demi-siècle de débats politiques et de travaux préparatoires. L’ancienne constitution datait de 1874 et avait subi, en 125 ans, près de 140 modifications. C’est parce que la Constitution fédérale est le fondement  de toutes les lois du pays, qui ne peuvent y contrevenir, que la modification du moindre de ses articles doit être approuvée à la fois par la majorité du peuple et par celle des cantons. Cette règle dite de la double majorité est une méthode qui relativise l’influence des cantons les plus peuplés par rapport à ceux qui le sont moins.

 

Comme chaque canton ou demi-canton suisse est un Etat membre de la Confédération, chacun possède aussi sa propre constitution, laquelle complète, sans la supprimer, la Constitution fédérale selon les particularités cantonales. A ce niveau également, le peuple doit approuver toute proposition de modification.

 

Ce que sont les lois et les règlements

 

Une constitution énonce de grands principes. Encore faut-il les concrétiser par des textes organisateurs : les lois. C’est le rôle du parlement que de proposer des lois ( ou d’en recevoir les projets de la part du gouvernement ), de les discuter, de les modifier et de les adapter à l’évolution de la société, toujours sous le contrôle du peuple, par le biais de référendum obligatoire ou facultatif.

 

Chacune de ces lois ne règle qu’un domaine de la société. Quand elle en régit plusieurs, on parle de code ( code civil, code des obligations, code pénal ). Les détails, comme par exemple la largeur maximale d’une route ou les aménagements de cours d’eau, sont traités dans des règlements ou ordonnances d’application établis par le gouvernement ( Conseil d’Etat à l’échelle cantonal, Conseil fédéral à l’échelle de la Suisse ).

 

Cette hiérarchie des normes ( Constitution > loi > règlement ), ainsi que le mécanisme de production de la législation est, pour l’essentiel, similaire sur le plan fédéral et sur le plan cantonal.

En Suisse, certaines attributions sont exclusivement fédérales, telles la diplomatie ou la monnaie. D’autres compétences sont partagées entre canton et Confédération, telles l’économie ou la protection de l’environnement, d’où une législation mixte.

D’autres enfin sont principalement cantonales, telle l’instruction publique.

Le droit fédéral, qui prime le droit cantonal, doit aussi respecter le droit international.

 

Prochaine leçon : Les trois pouvoirs

 

Houcine Ghali, Genève


 

« PETITION POUR UN LEADER DEMOCRATIQUE TUNISIEN » : Où allons-nous ?

Temezigh   Bien que les initiatives pour «faire bouger les choses » sont nombreuses en Tunisie, il y en a une qui se distingue par son originalité : PETITION POUR UN LEADER DEMOCRATIQUE TUNISIEN. Cette initiative a été lancée sur les pages de Tunisnews le 27 mars dernier par «un groupe de patriotes».   En lisant le titre, j’ai tout de suite pensé à un poisson d’avril sauf que la date ne coïncidait pas. Je n’en reviens pas! Nos «patriotes » ont atteint le point de vouloir fabriquer des leaders politiques avec des pétitions en ligne rédigé en français. Je regarde le contenu et c’est qui le futur leader??   Moncef Marzouki. Un personnage que je ne peux positionner ni à gauche ni à droite ni au centre. Un personnage que je ne saurais qualifier de conservateur ou de progressiste! Un démocratico-américano- islamiste  qui appelle au boycotte, à la désobéissance civile et à l’insurrection en comptant sur une cinquantaine d’adeptes, une vingtaine d’internautes, la foi des islamistes et la bonne volonté des occidentaux. En faire un leader!! et si je lance une pétition demandant à ce personnage d’abandonner la politique? Je suis certain que je ramasserais plus de signatures!!   C’est les mouvements populaires qui font immerger les leaders charismatiques et non pas l’inverse. Bien que ces deux choses interagissent, un leader ne peut pas émerger lorsque rien ne bouge ou presque. Comme le mouvement syndical a fait émerger Farhat Hached qui l’a alimenté et le mouvement nationaliste a fait émerger Bourguiba qui l’a développé, le mouvement démocratique trouvera son ou ses leaders, mais pour ça il y a encore un long chemin à faire.   Il ne suffit pas de vouloir détrôner Ben Ali et «faire bouger les choses», le pourquoi, le comment et le ‘avec qui’ doivent être d’abord discutés et développés, sinon on s’investit dans un mouvement qui remplacera ce régime policier et totalitaire par un autre aussi dangereux.                       Temezigh. Le 1er avril 2006   Remarque de la rédaction de TUNISNEWS :   A ce propos, nous tenons à souligner que M. Moncef Marzouki nous a assuré le 1er avril qu’il « n’était pas au courant du lancement de cette pétition », qu’il « ne l’a pas initiée » et qu’il « ne connaît pas les gens qui sont derrière », et qu’il « attend de voir son véritable poids politique et mesurer son sérieux ».


Ouverture du capital de Tunisie Telecom

Vivendi, un géant vaincu

 

Par Moncef MAHROUG

 

Tunisie Télécom n’ira pas rejoindre Maroc Télécom dans l’escarcelle du géant mondial des médias et télécommunications. Vivendi, vainqueur du premier tour, a perdu le second de près de 300 millions de dinars. Alors qu’il avait acheté -en décembre 2000- 35% du capital de Maroc Telecom pour près de 23,345 milliards de dirhams (2,4 milliards d’euros – 2,2 milliards de dollars), il en a proposé moins pour Tunisie Télécom.

 

Après l’ouverture le 15 du mois des offres financières des six opérateurs «short-listés», le dernier round oppose Vivendi Universal, qui rêvait de consolider sa présence au Maghreb à TeCom-DIG, filiale de Dubai Holding.

 

Outre leur différence de statut, le premier étant un groupe privé et le second public, Vivendi et TeCom n’avaient pas les mêmes atouts. L’émirati avait pour atout majeur sa puissance financière qu’il est en train de déployer à travers des acquisitions aux quatre coins du monde et dans différents secteurs. Le groupe français avait pour lui sa plus grande maîtrise technologique et sa plus grande envergure internationale.

 

Vivendi Universal est un opérateur majeur de la musique, des jeux interactifs, de la télévision et du cinéma et des télécommunications fixes et mobiles (SFR et Maroc Telecom, mais également présent à hauteur de 28% dans le capital de Neuf Cegetel, le premier opérateur alternatif français de téléphonie fixe). Employant 34.031 salariés, Vivendi Universal se situe dans les premières places de la hiérarchie mondiale dans chacun de ses métiers.

 

Ainsi, Universal Music Group, filiale à 100% de Vivendi Universal, est leader mondial de la musique avec près d’un disque sur quatre vendus dans le monde. Vivendi Universal Games, filiale également à 100% de Vivendi Universal, est un développeur, éditeur et distributeur mondial de divertissements interactifs multi plateformes. Son jeu en ligne World of Warcraft a connu un grand succès en 2005.

 

Dans la télévision, Vivendi Universel est le leader français de la télévision à péage (Canal+) et numérique (CanalSat) et contrôle le troisième catalogue mondial de films (StudioCanal). En 2005, son Groupe Canal+ (filiale à 100 %) a racheté TPS.

 

Vivendi Universal est actionnaire majoritaire (à 56%) de SFR, le second opérateur de télécommunications mobiles en France –lui-même actionnaire à 28 % de Neuf Cegetel, le premier opérateur alternatif français de téléphonie fixe- et de Maroc Telecom (51%).

 

 

En 2005, Vivendi Universal a réalisé un chiffre d’affaires de 19.484 millions d’euros et un bénéfice net en augmentation de 55% à 2.078 millions. Le groupe a amélioré sa rentabilité dégageant une marge d’exploitation de 19,2% (contre 18,1% en 2004), et son résultat d’exploitation a cru de 15,9% à 3.746 millions d’euros.

 

Avec un bénéfice d’exploitation de 2.422 millions, en hausse de 3,9% (consensus Reuters de 2.461 millions), soit 65% du résultat d’exploitation total du groupe, SFR reste le premier contributeur aux résultats. C’est en décembre 2000 que Vivendi Universal a acquis 35% du capital de Maroc Telecom pour 2,4 milliards d’euros.

 

Maroc Telecom affiche aujourd’hui une très bonne santé. En 2005, il a réalisé un chiffre d’affaires de 20,542 milliards de dirhams (3,032 milliards de dinars) et un résultat net de 5,809 milliards de dirhams (0,857 milliard de dinars).

 

(Source : www.webmanagercenter.com , le 31/03/2006 à 14h00)

URL: http://www.webmanagercenter.com/management/article.php?id=3169


 

La saga de la privatisation de Tunisie Télécom

Par Abou sarra

 

 La privatisation de l’opérateur public Tunisie Télécom va rapporter, en valeur à l’Etat tunisien, plus du double des recettes générées par toutes les privatisations effectuées depuis 1987. C’est donc par maints aspects une success story.

 

Elle remonte à la restructuration de l’ancien département des PTT et qui vit la création de l’Office National des Télécommunications (OTT), plus connu sous le nom commercial de «Tunisie Télécom» auquel est attribuée la qualité d’établissement à caractère industriel et commercial. Créée le 17 avril 1995, ‘’Tunisie Télécom’’ entre en fonction le 1er janvier 1996.

 

Sa mission a consisté à installer, développer, entretenir et à exploiter les réseaux publics de télécommunications, et en particulier le réseau de téléphonie, de transmission de données et des services spécialisés.

 

Tunisie Télécom est devenue, l’explosion des télécommunications aidant, la société tunisienne qui génère le plus gros chiffre d’affaires et les bénéfices les plus élevés. Elle compte environ 4,5 millions d’abonnés aux téléphonies fixe et mobile dans un pays de 10 millions de personnes et contrôle environ 58% du marché du mobile.

 

Elle partage le marché du mobile, depuis fin 2001, avec un opérateur privé, en l’occurrence Tunisiana (Groupe Orascom / Watanya).

 

Le processus de privatisation de ‘’Tunisie Télécom’’ a démarré en 2004

 

En vertu d’une loi promulguée, au mois d’avril 2004, ‘’Tunisie Télécom’’ est passée, depuis, du statut d’office (établissement public) à celui de société anonyme, la Société Nationale de Télécommunications (SNT). Cette société a été constituée sous sa forme juridique actuelle, au mois de juillet 2004, et a gardé l’appellation commerciale de ‘’Tunisie Télécom’’.

 

Cette modification juridique, nécessaire avant son introduction sur le marché financier, est assortie d’une nouvelle répartition du capital (933 millions d’euros) sur 6 actionnaires publics : la nouvelle SNT, l’Office de la Poste, l’Etablissement de la radio et télévision tunisienne (ERTT), la Banque de l’habitat, la Banque Nationale agricole (BNA) et la Société Tunisienne de Banque (STB).

 

Au mois de décembre 2004, le ministre des Technologies de la Communication, Montasser Ouaïli, annonce, lors des délibérations budgétaires, l’ouverture aux privés du capital de Tunisie Télécom, dans une proportion de 35%.

 

En février 2005, la Banque d’Affaires de Tunisie (BAT) a été sélectionnée pour aider le gouvernement tunisien à privatiser, partiellement, l’opérateur public Tunisie Télécom. La mission de cette banque consistera à conseiller l’Administration dans sa recherche d’un partenaire stratégique pour Tunisie Télécom. La sélection d’une banque d’affaires constitue un important pas sur la voie de la restructuration et l’amélioration de la compétitivité de l’opérateur public.

 

Le 29 août 2005, l’appel d’offres est lancé pour la mise en vente des 35% du capital et a suscité des manifestations d’intérêt de plusieurs opérateurs de premier plan d’Europe et du Proche-Orient.

Prévue pour fin septembre 2005, la publication de la liste des candidats présélectionnés a été retardée d’une semaine. « Le processus a été repoussé d’une semaine pour laisser certaines entités qui sont en lice le temps d’achever la préparation de leurs offres respectives », a déclaré une source officielle à l’époque.

 

La liste a été enfin publiée. Elle comporte quatorze candidats dont trois groupes français Vivendi Universal, Bouygues Telecom, et France Telecom, Tefonica (Espagne), Portugal Telecom (PT), Telecom Italia, les saoudiens Oger Telecom et Saudi Telecom, un consortium des Emirats incluant Tecom et Dubai Investment Group, Emirates Telecommunications (Etisalat). Mobil Telephone Networks ((MTN, Afrique du sud), MTC et Batelco.

 

Cependant, depuis la publication de cette liste, la privatisation de Tunisie Télécom commence à connaître quelques difficultés. Prévue pour le 13 décembre 2005, l’ouverture des plis a été repoussée à deux reprises. Une première fois au 31 janvier et une seconde au 7 mars.

Entre temps, plusieurs candidats jettent l’éponge et abandonnent. Ce fut d’abord le groupe espagnol Telefonica, qui a été suivi par Bouygues Télécom, MTC et Batelco, Portugal telecom et le Saoudien, Saoudi Telecom.

 

A souligner que des mouvements sociaux avaient, en effet, perturbé le processus de privatisation du groupe. Le personnel de Tunisie Télécom a observé, le 5 janvier, une grève pour protester contre les délais de cession et la part du capital à céder, jugée trop élevée, et réclamé, en cas de privatisation, des garanties et des compensations financières correctes pour les éventuels licenciés. Il a même menacé de faire une nouvelle grève de deux jours, début février, si ses revendications n’étaient pas prises en compte.

 

En lice avec une dizaine d’autres groupes, France Télécom s’est déclaré fort intéresser par la privatisation partielle de l’opérateur public tunisien Tunisie télécom. De passage à Tunis (21 février 2006), Jean Paul Collet, Directeur exécutif de la Division Internationale de France Télécom, a indiqué que son groupe est déterminé à exploiter pleinement cette opportunité et fera tout pour que son offre (prévue avant le 7 mars 2006), soit la plus importante pour l’acquisition des 35% du capital de Tunisie Télécom. La date de clôture est fixée au 31 mars 2006.

 

L’ouverture des plis le 15 mars a confirmé les prétentions du groupe français. La publication non officielle le donnait pour favori. Il aurait présenté la meilleure offre devant Vivendi Universal et TeCom DIG.

 

Ils n’étaient donc que six groupes en lice pour le rachat partiel (35%) de l’opérateur public Tunisie Télécom. Il s’agit de France Télécom, Vivendi Universal (France), Mobile Telephone Networks (Afrique du Sud), TeCom DIG, Etisalat (Emirats Arabes Unis). Italia Télécom et Saudi Oger ont présenté pour leur part une offre commune.

 

Seulement, la publication officielle des résultats, le 23 mars 2006, a relégué, à la grande surprise de tous les observateurs, France Télécom à la 4ème place. Les experts qui ont accompagné France Télécom auraient mal compris la législation tunisienne en matière d’appel d’offres. C’est tout simple !

 

L’erreur de ces experts-conseillers aurait été d’inclure dans l’offre financière du groupe une rubrique «investissements futurs» d’une valeur de 0,4 milliard de dinars. Un montage qui a été rejeté, et a abouti à ramener l’offre de France Télécom à 2,1 milliards de dinars (1,3 milliard d’euros) seulement.

 

En ratant cette opération, c’est toute la stratégie Afrique de France Télécom qui est, probablement, remise en cause. Ces derniers temps, on l’a même présenté comme candidat potentiel à une éventuelle cession des parts de Vivendi dans Maroc Telecom.

 

Ce sont, enfin de compte, les groupes Vivendi Universal (France) et TeCom-Dig de Dubaï qui ont présenté les meilleures offres pour le rachat partiel de l’opérateur public tunisien.

 

Le classement définitif des offres financières (en dinars tunisiens) des soumissionnaires s’établit désormais comme suit:

 

Vivendi Universal (France) 2.440.000.000

Tecom- DIG (Dubai) 2.377.000.000

Saudi oger – telecom italia 2.123.520.050

France telecom (France) 2.107.000.000

Etisalat (emirats arabes unis) 1.900.000.000

Mobil telephone networks (MTN, Afrique du Sud) :1.898.974.000

 

On connaît le résultat de la fin de ce processus de privatisation.

 

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Tunisie Télécom

Tunisie Télécom est l’unique opérateur global de télécommunications en Tunisie. Fournisseur exclusif de services de téléphonie fixe, et en téléphonie mobile sa part de marché est estimée à 72% au 30 juin 2005. Pour 2004, son chiffre d’affaires a été de 1,13 milliard de dinars tunisiens.

 

(Source : www.webmanagercenter.com , le 30/03/2006 à 14h50)

URL: http://www.webmanagercenter.com/management/article.php?id=3159


 

“Paparas-le-bol”

 

Comme annoncé par toute la presse nationale, le grand comédien et non moins ami, Kamel Toutati est hospitalisé depuis quelques jours dans un hôpital de la place. Ses médecins l’avaient gardé parce que notre artiste avait grand besoin de calme, de repos et surtout de nombreux contrôles pour sa convalescence.

 

A peine son hospitalisation ébruitée que des photographes se sont rués sur l’établissement hospitalier pour prendre des clichés de l’acteur malade. Certains étaient photographes de presse mais nombreux amateurs et photographes de mariages ont “flairé l’affaire”. Résultat, le personnel de l’hôpital devait repousser les assauts de chasseurs d’images mais quelles images, celles de la souffrance d’un être humain sous contrôle médical.

 

Et puis, les malades du service ont été dérangés, l’un d’eux a même été abordé par un journaliste pour prendre une photo de Touati alité grâce à un portable. Bref, c’est vous dire si nous n’avons plus rien à envier à une certaine presse qui a opté depuis très longtemps pour le sensationnel. Au risque de vous surprendre, chers lecteurs, les statistiques et l’histoire, ont toujours prouvé qu’une presse respectueuse a une longue espérance de vie !

 

(Source : « Le Temps » du 2 avril 2006)

 


 

Mères célibataires : L’enfant de tous les malheurs

 

Enfants, elles affrontent toutes les souffrances. Victimes de viols ou d’incestes, rejetées par un beau-père ou une belle-mère sans cœur, elle vont dans la rue. Dès le très jeune âge, elles volent et elles se prostituent. Elles louent leurs corps pour survivre. Un jour, elles tombent enceintes et elle accouchent. Cet enfant des douleurs est le fruit de l’un des accidents de leur parcours. Le drame des mères célibataires continue alors. Ensuite, il sera au tour de leurs enfants de subir l’insupportable. La société ne leur épargnera pas la souffrance.

 

Tunis – Le Quotidien

 

Elle a vingt-six ans. Elle s’est présentée au centre de l’Office National de la Famille et de la Population à Douar Hicher.

Elle est remontée jusqu’à ses huit ans.

A cet âge-là, elle a déjà souffert le martyre. Son enfance venait de se briser à cause d’un inceste qui lui a enterré ses rêves d’enfant. Elle a été rejetée par la famille. C’est la rue qui l’a accueillie lui ouvrant la porte de l’enfer. Au moment où ses semblables jouaient avec une poupée et savouraient une barbe à papa, elle croupissait derrière les barreaux. Sa destinée fut fatale. Elle goûte alors à la prostitution et donne son corps pour survivre : “Je n’en peux plus de cette prostitution ! Je ne veux plus de ces hommes plus vieux que moi qui puent et que je suis obligée de supporter pour une poignée de dinars”, lance-t-elle ce cri de secours et à l’aide devant Monia Omrani, responsable au Centre. Cette jeune femme est aujourd’hui mère de deux enfants nés hors-mariage. Et elle vient pour faire une interruption volontaire de grossesse (IVG). Elle est à nouveau enceinte à la sixième semaine.

Comme elle, il y en a beaucoup.

Des mères célibataires affrontent le regard de la société tunisienne et essaient avec leurs larmes de panser une plaie qui saigne toujours. Car à chaque fois, une insulte ou une moquerie enfonce le couteau dans cette même plaie. Au nom de la peine de ces femmes et du destin de leurs enfants illégitimes, l’ONFP a dédié sa troisième rencontre du cercle de la population et de la santé de reproduction à toutes ces mamans victimes d’un accident de parcours.

 

Mères malgré elles

 

Jalila, Souad et Fatma n’ont pas choisi de devenir mères : “Je dormais dans la rue. Je passais des journées et des journées sans manger”, raconte Souad d’un air épuisé par l’amertume des années de souffrance.

 

Elle a maintenant trente quatre ans. Depuis l’âge de douze ans,son corps n’était plus interdit à tous ceux qui pouvaient lui offrir des millimes : “va dans la rue et cherche de quoi payer tes dépenses”, lui demandait son beau-père qui la réveillait à 3h du matin pour l’envoyer au diable. Dans ce film documentaire réalisé par l’ONFP à Gafsa, Souad porte sa fille de trois ans sans retenir ses larmes : “Je veux parler, je veux cracher le morceau et sortir tout ce que j’ai sur le cœur. Je pleure souvent pour me soulager”, dit-elle.

 

Fatma ne se remet pas de sa douleur : “Ma vie est un enfer”, avoue-t-elle. Elle essaie d’assumer trois enfants qu’elle a eus de pères différents : “Chaque homme que je connais me fait croire qu’il va m’épouser. De fil en aiguille, je me retrouve dans un gouffre.

 

Je n’ai plus confiance en quiconque”, dévoile-t-elle d’un air triste et las de la culpabilité qui la ronge.

Les enfants des mères célibataires n’en souffrent pas moins. Saïf a onze ans. Il est le fils de Jalila. Il n’arrive encore pas à se débarrasser du biberon : “Tout ce qui me gêne c’est lorsqu’on m’enlève le biberon”, balbutie l’enfant innocemment. Sabrine, quant à elle, les gens ont fait son drame. Elle a quinze ans et elle vient à peine de découvrir son père qui, pendant quatorze années, n’a pas voulu la reconnaître : “La mère de ma fille a eu une relation sexuelle avec un autre partenaire”, se justifie Salah, le père de Sabrine. Il s’est alors douté de sa paternité. Entre-temps : “mes camarades m’insultent et la voisine me traite de bâtarde.

 

J’ai quitté l’école pour éviter les regards et l’agressivité des enfants que je ne veux plus croiser”, se confesse Sabrine qui s’efforce de contrôler son désarroi. En retrouvant son papa, elle n’échappe pas non plus aux commérages des voisines : “Elle est comme sa mère. Elle colle au premier venu”, lui lancent-elles.

 

Sabrine et Saïf ne sont que deux exemples. Des enfants nés en dehors du mariage, il y en a beaucoup aussi.

 

Trois-cent cinquante deux bébés du péché, comme certains les appellent, sont nés en 2004 au Centre de Maternité et de Néonatalogie de Tunis “CMNRT”.

 

Ces naissances ont eu lieu malgré les JVG qui ont été faites et qui s’élèvent au même nombre à peu près. Dans nos murs, les mères célibataires et les enfants naturels sont toujours nombreux.

En 2003, le CMNRT a recensé trois-cent trente deux accouchements de ce type.

 

* Des données rares

 

Le Professeur Hela Chelly, chef de service de gynécologie-obstétrique au centre a essayé de dessiner le profil psychopathologique de ces mamans malgré elles. D’emblée, la spécialiste précise que l’étude qu’elle présente a été réalisée sur la base de l’expérience du CMNRT. Car les données sur cette question ne sont pas disponibles malheureusement. Pourtant, le problème existe bel et bien. Il est souvent qualifié d’épidémie.

 

N’empêche que le Pr. Chelly réussit à tracer ce profil. Ces filles célibataires qui tombent enceintes ont souvent un faible niveau d’études. Issues de milieux défavorables, elles sont originaires des zones urbaines périphériques ou rurales.

 

Tantôt, elles travaillent. Tantôt, elles sont sans profession. Et le Professeur de préciser que leurs professions sont généralement peu valorisantes. Ce qui est également valable pour les géniteurs sur lesquels, les spécialistes n’ont pas de données carrément.

 

Sur le plan psychologique, les victimes des grossesses non-désirées ont grandi dans des familles atypiques pour se retrouver par la suite seules face à leur destin : “Il faut que des psychiatres prennent en charge ce genre de personnes”, souligne le Pr. Chelly. En effet, ces filles souffrent des conflits, du manque d’affection et de l’absence de la famille.

 

Une fois enceintes, le déni de la grossesse est incontournable. En témoignent les deux-tiers de ces jeunes femmes qui se présentent au Centre à cause de douleurs. A ce moment, il s’avère qu’elles sont sur le point d’accoucher. Beaucoup d’entre-elles ne découvrent par ailleurs leur grossesse que tardivement à savoir au deuxième trimestre.

 

Au cours de cette grossesse illégitime, les médecins constatent que ces filles ont des antécédents de dépression d’où leur fragilité. Leur “moi” est faible, elles manquent de tendresse. Leur passivité, les empêche de dire “non”. Cependant le Pr. Chelly révèle qu’elles n’ont pas de somatisation et qu’au contraire, elles se portent plutôt très bien.

 

Mais tout au long de ces neuf mois, l’enfant est également à l’origine d’une grande tourmente. Il est considéré comme responsable de souffrances et contraintes.

 

Il faut alors le cacher puis l’extraire. C’est pourquoi, une bonne partie de ces filles tentent par tous les moyens de se faire avorter. Cette automutilation a un seul objectif c’est d’enlever le “mal”. Elles ne savent pas que leur violence sur elles-mêmes causera un autre mal : l’enfant pourrait être handicapé.

Et il n’y a pas que ça! La dépression peut être au rendez-vous. Des facteurs endogènes font qu’elles ressentent une culpabilité et d’autres exogènes, le regard de la société, en l’occurrence, les poussent à l’échec sentimental et relationnel ainsi qu’à la rupture avec la société et la perte de tout objectif dans la vie. Le pire c’est qu’une obsession risque de s’emparer de ces âmes faibles. Et de là, vient la récidive. Un mal en ramène un autre …

 

La loi de 2003 et … “Hallaliya”

 

Toutefois, le drame des mères célibataires et de leurs enfants a connu un tournant historique depuis les lois de 1998 et notamment 2003. Le Professeur Sassi Ben Halima, professeur émérite à la Faculté de droits et des sciences juridiques de Tunis, a présenté à cet effet le statut de ces gens. Certes, leur malheur continue.

 

Mais à partir de ces dates, l’attribution du nom du géniteur ou encore d’une identité virtuelle est automatique. L’analyse génétique a permis de mettre fin à l’irresponsabilité des hommes qui n’assurent pas leurs aventures. Le Pr. Ben Halima s’est longuement arrêté sur la situation des célibataires qui tombent enceintes. Il choisit à ce titre de réciter un passage de la sourate “Meriem” qui conte ô combien elle a souffert et pendant la grossesse et lors de l’accouchement. Pourtant c’est la Sainte Vierge qui a mis au monde le Prophète Jésus.

 

Le Pr. Ben Halima a classé au départ les mères célibataires en trois catégories. D’abord, il cite un genre de filles, qui à son avis, n’est pas répandu en Tunisie, et qui désirent consciemment avoir un enfant. Elles choisissent le père qui correspond au profil souhait éet se laissent tomber enceintes. Normalement, elles ne recontactent plus cette personne. Ensuite, il parle des filles qui entretiennent des relations avec des hommes mariés. Contre la volonté de ces derniers, elles tombent enceintes et vont jusqu’à mettre l’enfant au monde après avoir refusé l’avortement exigé par le partenaire. Elles inscrivent l’enfant au registre de l’état civil et provoquent souvent des problèmes dans le couple de cet homme : «Ce cas est le plus répandu chez nous», précise le professeur. Et enfin, il évoque l’exemple des filles qui se retrouvent enceintes sans désirer la grossesse. Elles recourent à la violence pour avorter voire à l’infanticide à l’accouchement.

 

Ce que certains jeunes ont trouvé comme solution à ce drame est surprenant. Afin de réparer cette erreur ou cet accident de parcours, le docteur Farouk Ben Mansour, médecin délégué au Centre du Planning familial du Bardo, a eu affaire à des cas de mariages de «permission» (Hallaliya). Cette polygamie clandestine à laquelle s’adonnent quelques filles en relation avec des hommes mariés, semble consacrer une forme d’union qui a existé il y a très longtemps : «J’en ai vu quatre ou cinq cas», affirme le Dr Ben Mansour. Le comble dans toutes ces histoires, c’est que la société ne veut pas abolir ce tabou. Si ces femmes brisent le silence et ouvrent leur cœur aux spécialistes, la condamnation de la société ne les rate pas. Pourtant, dans cette même société, l’inceste fait encore des victimes qui sont plus tard des mères célibataires ou des jeunes hommes violeurs.

 

Cette société persiste dans l’hypocrisie et renie plus d’un phénomène, croyant que la reconnaissance de tel ou tel problème c’est souscrire à sa légitimation. Or, ces drames guettent n’importe qui à n’importe quel moment. Ça n’arrive pas qu’aux autres !

 

Maryem KADA

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Les mères célibataires en chiffres

 

– 151 mères célibataires ont été enregistrées en 1962, mille à trois mille trois cents en 1987/1988 et 332 en 2003.

– Les filles âgées de 21 à 25 ans représentent 47% des mères célibataires en 2003 contre 15% pour les 25-30 ans.

– En 2004, les 25 ans remportent la palme contre 12% pour les 13-18 ans.

– La majorité des mères célibataires sont des ouvrières.

– 28% d’entre elles viennent de Tunis

– 41% des nouveaux-nés restent chez leurs mamans grâce à la loi de 2003.

– 45% des mères ont un niveau d’études primaires contre 41% d’un niveau secondaire, 12% analphabètes et 7% d’un niveau supérieur.

 

(Source : « Le Quotidien » du 2 avril 2006)

 

Interview M.Sadok Korbi, ministre de l’Education et de la Formation, à la Presse :   

«Nous éduquons nos élèves à être fiers de leur identité tunisienne et de leur appartenance à la civilisation arabo-islamique»

• Renforcement du statut de la langue arabe et des disciplines sociales dans le système éducatif

• Aucune remise en cause de la nouvelle organisation de l’enseignement secondaire

• 58 millions de dinars pour l’acquisition d’équipements scientifiques et informatiques au profit des nouvelles sections de l’enseignement secondaire  

Il n’y a rien de vrai dans les rumeurs colportées au sujet de la nouvelle organisation de l’enseignement secondaire. L’approche graduelle du ministère de l’Education et de la Formation a été tout simplement mal interprétée, tout comme l’enseignement de certaines matières au programme de l’éducation, programme qui demeure un pilier essentiel de l’épanouissement de l’identité tunisienne et son ouverture sur le monde extérieur. Le ministre de l’Education et de la Formation a bien voulu répondre à nos questions. Interview.    Il se dit, dans certains milieux, que le ministère de l’Education et de la Formation serait revenu sur la décision, annoncée l’an dernier, de mettre en place la nouvelle organisation de l’enseignement secondaire. Qu’en est-il exactement ?   Il n’y a rien de vrai dans les propos que vous évoquez. Ce ne sont que des spéculations fondées sur une interprétation erronée de la démarche du ministère, laquelle repose sur le principe de la progressivité dans la mise en œuvre de la réforme de l’enseignement secondaire, en ce qui concerne la scission des quatre filières, en fin de 2e année secondaire, en sections spécialisées.   Ce qu’il y a, c’est que les neuf sections prévues dans la nouvelle organisation de l’enseignement secondaire seront mises en place d’une manière progressive, par étapes, et non pas toutes en même temps, et ce, pour des considérations qui n’ont aucun rapport avec ce que certains prétendent concernant «un manque de moyens et/ou de préparation». La seule vraie raison, en fait, c’est la volonté du ministère de sauvegarder les intérêts des élèves, en particulier dans les sections nouvellement créées, relativement aux perspectives qui leur seront offertes dans l’enseignement supérieur, au regard des profondes mutations et des réformes structurelles que ce secteur connaîtra au cours des prochaines années.   Il n’y a donc ni réexamen ni remise en cause des choix fondamentaux sur lesquels reposent la réforme de l’enseignement secondaire et les innovations que celle-ci a introduites au profit des élèves.   L’orientation scolaire se fera sur la base des principes et des règles qui ont été agréés par toutes les parties (élèves, parents, enseignants…), notamment ceux relatifs à la progressivité, à la flexibilité, à la réorientation et au droit de l’élève à contester la décision du conseil d’orientation. La mise en œuvre de ce nouveau système d’orientation a démarré au cours de la dernière année scolaire, et le ministère est décidé à poursuivre son application, et même à le renforcer cette année.   Conformément à la démarche progressive adoptée dans la mise en place de la nouvelle organisation de l’enseignement secondaire, les élèves de 2e année secondaire seront orientés cette année vers six sections (lettres – mathématiques – sciences expérimentales – sciences techniques – sciences de l’informatique – économie et gestion), sachant que, d’une part, ils auront la possibilité d’effectuer leur choix selon leurs aspirations et que, d’autre part, ils bénéficieront de toute la souplesse nécessaire en cas de changement d’orientation.   Quant aux sections restantes, elles seront mises en place lorsque les conditions adéquates — qui sont fondamentalement liées à l’intérêt de l’élève — seront réunies. J’affirme de nouveau que le ministère n’a aucun problème matériel en ce qui concerne la création des nouvelles sections, à preuve, des moyens financiers conséquents, de l’ordre de 58 millions de dinars, ont été mobilisés pour l’acquisition d’un premier lot d’équipements scientifiques et informatiques.   Il est donc évident qu’il n’y a pas de remise en question de la nouvelle organisation de l’enseignement secondaire. Cependant, y a-t-il du nouveau par rapport au contenu de la formation de l’élève et à la structure des apprentissages tels qu’ils ont été définis dans le cadre de cette réforme?   Les nouveautés dans ce domaine sont celles-là mêmes qui ont été annoncées au cours de la dernière année scolaire, et que l’on peut résumer en trois points:   Premièrement : la définition des programmes de l’enseignement secondaire et de leurs contenus — et ce, pour la première fois dans l’histoire de l’éducation en Tunisie — selon une démarche méthodologique fondée sur la concertation avec toutes les parties concernées et qui prend en compte le profil de sortie de l’élève du secondaire et son adéquation avec les exigences de la formation dans l’enseignement supérieur, ainsi que les normes internationales dans ce domaine.   Deuxièmement : la répartition équilibrée des enseignements dans toutes les sections sur trois grands domaines :   – Les langues, dont l’enseignement a été renforcé compte tenu de l’importance de leur rôle en tant qu’outil de communication et de moyen d’acquisition du savoir   – Les enseignements spécifiques qui distinguent chaque section et lui confèrent son identité particulière   – Les enseignements visant la socialisation de l’élève et qui portent sur son identité tunisienne, son appartenance à la culture arabo-islamique et sa formation citoyenne.   Troisièmement : la soumission des projets de programmes à l’appréciation de tous les éducateurs concernés, dans le cadre d’une vaste consultation qui a concerné des milliers d’enseignants et de cadres pédagogiques, avant leur mise en forme définitive et leur officialisation.    En dépit des déclarations et des éclaircissements émanant de votre ministère, il y en a qui disent que la langue arabe et certaines disciplines sociales, comme la philosophie, la pensée islamique et l’histoire, ont vu leur place se réduire dans les programmes. Comment réagissez-vous à ces propos?   Tout ce qui se dit sur ce chapitre, notamment concernant la place et le statut de la langue arabe, n’est que conjectures et allégations, en totale contradiction avec la réalité.   Commençons par la langue arabe, dont l’enseignement a été étendu à tous les niveaux d’enseignement et à toutes les sections. Mieux encore, cette langue donnera lieu à une épreuve d’évaluation au baccalauréat dans toutes les spécialités, alors qu’actuellement il n’existe d’épreuve d’arabe qu’au baccalauréat littéraire. Est-ce que cela constitue une réduction ou bien un renforcement de la place de notre langue nationale?   Cela est également le cas de la «pensée islamique» qui est demeurée une discipline obligatoire de la 1ère à la 3e année secondaire dans toutes les sections. De plus, le ministère a tenu à renforcer cet enseignement en le rendant obligatoire en 4e année lettres (nouveau régime) avec un horaire de deux heures par semaine; alors que jusqu’ici, il ne s’agissait que d’une simple matière à option, enseignée à raison d’une heure et demie par semaine.   En outre, il convient de rappeler que l’élève tunisien bénéficie d’un enseignement d’éducation et de pensée islamique tout au long de sa scolarité, c’est-à-dire de la classe préparatoire jusqu’à l’année terminale du secondaire. Et cela traduit, si besoin est, notre souci d’ancrer le sentiment d’appartenance identitaire arabe et islamique chez nos enfants et nos élèves.   Quant à la philosophie, nous ne nous sommes pas seulement contentés de maintenir sa position dans le concert des autres disciplines; nous en avons renforcé la présence en l’étendant à la 3e année dans les sections mathématiques, sciences expérimentales, économie et gestion, alors qu’aupravant, elle ne figurait que dans les programmes de la 3e année lettres. Cette mesure d’extension de l’enseignement de la philosophie exigera le recrutement de pas moins de 300 enseignants supplémentaires.   En ce qui concerne les allégations relatives à la suppression de certains thèmes comme «l’Etat – le travail – le sacré», ce ne sont que propos fumeux, dénués de toute crédibilité.   Venons-en maintenant à l’histoire et à l’éducation civique : l’horaire de ces deux disciplines n’a subi aucun changement; quant à leur contenu, il est entièrement voué à l’éducation des élèves aux valeurs de tolérance, de respect d’autrui, d’ouverture, de refus de la violence et de culture de la paix et de la solidarité.   Peut-on considérer l’insistance des programmes d’éducation civique sur le dialogue des civilisations, la tolérance et l’ouverture sur l’Autre, en concomitance avec la loyauté à l’égard de la Patrie et l’attachement à l’identité arabo-musulmane … comme un crime?   Est-il raisonnable que le ministère accorde du crédit à une requête aussi absurde que celle consistant à vouloir remplacer «le dialogue des civilisations» par «le conflit des civilisations», alors que nous sommes dans le pays qui a initié le dialogue entre les peuples et les cultures, à l’initiative du Président Zine El Abidine Ben Ali?   Que ces hérauts d’un autre âge sachent que nos programmes sont tunisiens à 100%, dans leur conception, leur rédaction et leur réalisation; et qu’ils sont l’_expression de choix longuement mûris et librement consentis dans le cadre de notre souveraineté nationale. Nous ne sommes sujets ni n’acceptons aucune pression ni intervention de quelque partie que ce soit, comme d’aucuns le prétendent.   Ce sont ces constantes qui ont valu au système éducatif tunisien d’être aujourd’hui l’objet du respect et de l’estime de toutes les instances internationales concernées par les questions de l’éducation et de la formation; et qui amènent de nombreux pays frères et amis à vouloir tirer profit de notre expérience et à s’en servir comme modèle.    Propos recueillis par Noureddine HLAOUI   (Source : « La Presse » du 2 avril 2006)


 

 L’étrange aventure de Nizar Sassi

par Fausto Giudice, 2 avril 2006   Nizar Sassi est ce que les Américains appellent un “home boy”, un “gars du quartier”: un petit gars de la banlieue lyonnaise la plus célèbre du monde, les Minguettes, où il a passé la quasi-totalité de ses vingt-sept années de vie. Ce fils d’un ouvrier immigré tunisien analphabète aurait pu se retrouver sous l’uniforme comme militaire ou policier, car sa grande passion, c’était les armes à feu. Mais la perspective de s’engager dans l’armée pour trois ans l’avait découragé et pour ce qui est d’entrer dans la police, il a raté son coup. Ce garçon banal qui n’avait aucune passion politique ou religieuse s’est retrouvé embarqué dans une étrange aventure par un concours de circonstances. Il rencontre à la mosquée un gars qui est le frère d’un ami. Le gars le recrute et voici Nizar embarqué dans ce qui deviendra une odyssée, ensemble avec son ami Mourad Benchellali. Cette odyssée le conduira de Londres au Pakistan et de là en Afghanistan, pour finir à Guantanamo, où il a été détenu pendant trente mois, avant d’être rapatrié en France et d’y passer un an et demi en  détention préventive, pour être remis en liberté en janvier 2006. Il vient de raconter cette étrange aventure dans un livre écrit avec Guy Benhamou, Prisonnier 325, Camp Delta, De Vénissieux à Guantanamo, aux éditions Denoël.

Le récit de Sassi et Benhamou est simple et linéaire. Il ne contient aucune révélation explosive et quelques petites erreurs factuelles, sans doute dues aux conditions de la production de livres à notre  époque.
Ainsi, Youssef Yee, l’aumônier musulman de Guantanamo, n’est pas, comme ils l’écrivent “d’origine indonésienne”, mais chinoise. Nizar n’est pas un jihadiste, à peine un Musulman pratiquant. Il ne parle pas l’arabe – ni l’anglais. Il n’apprend qu’il fait partie d’Al Qaïda qu’après le 11 septembre 2001, dont il suit les retombées par Radio France internationale, sur la petite radio qu’il s’est acheté juste avant les “événements”.
Il est alors depuis plusieurs semaines dans le camp d’entraînement militaire Al Farouq, près de Kandahar, où il s’initie péniblement au maniement des armes et à la lutte armée, sous les ordres d’un instructeur iraquien, dont il ne comprend même pas les explications, données en arabe. Ce camp Al Farouq où sont passés tous les jeunes gens recrutés par le réseau, dont le centre était la mosquée londonienne de Finsbury Park, dirigée par le  fameux “imam crochet”, Abou Hamza El Masri. Début décembre 2001, Nizar et ses compagnons sont évacués vers le Pakistan. Ils passent quelques semaines à se terrer dans les montagnes de Tora Bora, pilonnées par l’aviation US, puis, une fois arrivés au Pakistan, ils sont livrés à l’armée, qui les remet aux US. Emprisonné à Kandahar, il est dans le premier lot livré à Guantanamo en janvier 2002. Le récit sur le séjour à Guantanamo – que Nizar appelle ironiquement sa “villégiature cubaine” – est, disons, minimaliste et ne fait que confirmer tous les autres témoignages déjà rendus publics. Une particularité dans le récit de Nizar : les quelques rencontres humaines qu’il a faites durant  son enfermement. Avec Hamza, l’aumônier musulman auquel succèdera Youssef Yee, avec Eke, un jeune d’origine turque chargé de la “bibliothèque” du camp et avec un soldat noir qui vient le voir après le boulot pour discuter avec lui. Le reste est connu : les tabassages, les humiliations, les interrogatoires épuisants et stériles, la solidarité des détenus et leurs combats d’autodéfense. Extrait : «Pas un jour ne passe sans que  les incidents éclatent entre détenus et gardiens. Lorsqu’un détenu, pour une raison ou une autre, refuse de sortir de sa cage, le Américains font entrer les chiens. D’autres fois, pour venir à bout d’un récalcitrant, ils arrivent à cinq géants, en tenue de combat. Casqués, vêtus de gilets pare-balles, équipés de genouillères noires et de boucliers, ils commencent par asperger le détenu de gaz lacrymogène à travers le grillage. Puis ils ouvrent la porte, se jettent sur le type en le coinçant avec un bouclier contre la paroi. Après, c’est la dérouillée générale. Le gars est frappé, mis à terre, ligoté et traîné dehors. Le tout sous les cris et les hurlements des autres détenus. Ce genre d’exaction donne évidemment lieu à des mesures de rétorsion. Des vengeances à hauteur de nos moyens. Il y a le crachat, le lancer de seau d’eau, les jets d’urine et les tirs d’excréments au passage des gardiens. Terribles, mais pas sans risques pour les compagnons de cellule qui font face au tireur. Les erreurs de trajectoire ont des conséquences assez déplaisantes. Plus pacifique, mais très pénalisant, les confettis. On récupère les assiettes et les gobelets en plastique des plateaux repas, on les découpe en mille morceaux et, quelques minutes avant la relève, on répand le tout dans l’allée centrale. Quand on veut vraiment être plus vaches encore, on enduit les débris avec de la pâte dentifrice, de façon qu’ils collent au sol. Pour les gradiens, c’est la corvée assurée. leur service est terminé, mais ils n’ont pas le droit de laisser les lieux dans cet état. C’est le  règlement. Alors ils sont obligés de faire des heures sup et de tout nettoyer, sous nos quolibets. » Finalement, en juillet 2004, Nizar et trois autres détenus français seront rapatriés en France, suivis en mars 2005 par les trois derniers. Tous, sauf un, seront à nouveau emprisonnés, mais, comme l’écrit Nizar, la prison en France, après Kandahar et Guantanamo, c’est “la liberté”. On referme ce livre avec la conviction que Nizar a suffisamment payé pour cette “erreur de jeunesse”, due à un mélange d’inconscience et d’esprit d’aventure. Puissent les juges français qui auront à le juger prochainement partager cette conviction.
Nizar Sassi, avec la collaboration de Guy Benhamou, Prisonnier 325, Camp Delta, De Vénissieux à Guantanamo, éditions Denoël, mars 2006, 215 ages, 17 €
 

 


« L’Immeuble Yacoubian » Le roman que le monde arabe s’arrache

 

Moalla, Taïeb Collaboration spéciale

 

Dans un monde arabe où les lecteurs se font de plus en plus rares, le roman d’Alaa El Aswany a pulvérisé tous les records. Les chiffres des maisons d’édition ne sont pas précis, mais il se murmure que L’Immeuble Yacoubian s’est vendu à environ 150 000 exemplaires. Sans jamais tomber dans la caricature, le romancier dépeint Le Caire à travers des personnages typiques. Cela nous permet de rencontrer l’aristocrate déchu, l’affairiste hypocrite, le brillant étudiant poussé vers l’extrémisme religieux, la belle obligée de vendre son corps pour survivre et l’homosexuel que la société rejette.

 

Un film a été inspiré par le livre. Mettant en scène une pléthore de vedettes locales, il a été projeté lors du prestigieux Festival de Berlin en février. Sauf avis contraire de l’organisme officiel chargé de la censure, il devrait prendre l’affiche cet été en Égypte.

 

La traduction française de l’oeuvre vient tout juste de paraître. Entretien avec l’auteur.

 

Q: Comment expliquez-vous le succès de votre dernier roman ?

 

R: Vous avez raison de parler de succès. Outre les neuf éditions en arabe (l’oeuvre a été publiée pour la première fois en 2002), le bouquin a été traduit à l’anglais, au français et à l’italien. Je viens même de signer pour des versions russes, grecque, allemande, norvégienne et tchèque. Ceci dit, je crois être la dernière personne à qui il faut poser cette question. J’écris depuis 20 ans pour avoir du succès. Mais ce sont les lecteurs et la critiques qui peuvent répondre mieux que moi.

 

Q: Est-ce que le côté politique du roman peut expliquer cet engouement ?

 

R: Pas seulement. Il ne suffit pas d’écrire un roman politique pour vendre. Je crois que la littérature est une langue qu’on peut comprendre partout. Je rentre tout juste d’Italie, où j’ai participé à des discussions littéraires dans différentes villes. Beaucoup de lecteurs m’ont dit que L’Immeuble Yacoubian leur a permis de mieux comprendre ce qui se passait dans le monde arabe et musulman, notamment sur la question du terrorisme.

 

Q: Vous parlez quatre langues, dont le français. Pourquoi ne pas avoir traduit, vous-même, la fiction ?

 

R: La traduction est une profession très délicate qui nécessite bien plus que la connaissance de la langue. J’ai toujours refusé de traduire ou encore d’écrire des scénarios, voire des adaptations pour le cinéma. Mon métier est celui de romancier.

 

Q: Parlons justement de cinéma. Avec-vous été associé au film inspiré de votre ouvrage ?

 

R: Non. On ne me l’a pas proposé. Et je n’ai rien demandé non plus. Chacun son travail. N’ayant pas vu le film en intégralité, je ne peux pas porter de jugement. Mais j’ai trouvé que les scènes que j’ai pu visionner étaient très bonnes. Il faut aussi dire que plusieurs grands noms y jouent.

 

Q: Pensez-vous que le film pourra être projeté en Égypte ?

 

R: Chez nous, la censure sur les films est plus forte et plus visible que sur les livres. Je crois qu’il faudra discuter avec les autorités pour trouver un terrain d’entente. C’est sûr que les passages sur la corruption qui sévit dans le pays sont délicats.

 

Q: Le fait qu’un de vos héros soit homosexuel ne doit pas aider non plus…

 

R: Pas forcément. L’homosexualité est acceptée dans le monde arabe comme façon de vivre sans pour autant être encouragée. La littérature arabe l’a admise depuis assez longtemps. Un genre poétique, les Ghoulamiat (les éphèbes), a même été popularisé par Abou Nawas (un intimiste du VIIIe siècle). Il y décrivait, avec force détails, des relations homosexuelles.

 

Q: Outre votre « double vie » d’écrivain et de dentiste, vous êtes également connu pour vos écrits politiques extrêmement critiques du pouvoir égyptien. Comment voyez-vous l’avenir de votre pays ?

 

R: À l’image des autres régimes arabes, le nôtre n’est pas bien du tout. Je crois qu’il a atteint une impasse depuis une trentaine d’années. Plus précisément à l’arrivée d’Anouar Sadate au pouvoir en 1970. Depuis cette date, on a imprégné un style religieux à l’État car cela était utile au régime. On a encouragé une interprétation « saoudienne » des textes religieux. Un « Islam du désert », si vous voulez.

 

Q: Quels sont vos futurs projets ?

 

R: Je suis en train d’écrire un grand roman qui se passe aux États-Unis et dans lequel s’entremêlent des personnages américains et arabes. Il devrait sortir cette année et son titre sera Chicago.

Un immeuble réel

 

L’immeuble Yacoubian existe réellement au centre-ville du Caire. Il a été construit par un millionnaire arménien qui lui a donné son nom, en 1934. Le père du romancier y avait installé son bureau d’avocat. Pendant quelques années, le cabinet de dentiste d’Alaa El Aswany se trouvait également dans cette bâtisse.T.M.

 

Traduit par un « bon pote »

 

Le roman a été traduit en français par Gilles Gauthier, un diplomate français qui a déjà été consul général à Alexandrie. « Gilles est un bon pote qui a fait un travail admirable », nous a confié Alaa El Aswany. T.M.

 

Révélé par ses nouvelles

 

L’Immeuble Yacoubian n’est pas ce livre qui a fait connaître Alaa El Aswany. Son recueil de nouvellesNiran Sadika (Feux amis) a également reçu un accueil triomphal. « Ce bouquin a été interdit, pendant 10 ans, pour des raisons politiques », précise l’auteur. T.M.

 

(Source: Le Soleil (Québec) dimanche 2 avril 2006, p. C4 Livres )


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