LibertĂ© et EquitĂ©: Nouvelles des libertĂ©s en Tunisie LibertĂ© et EquitĂ©: Encore une fois, la police politique fait intrusion dans la ferme de MaĂźtre Mohamed Nouri et fait main basse sur les cailles LibertĂ© et EquitĂ©: La famille de Karim Ayari, prisonnier dâopinion, est harcelĂ©e ComitĂ© national de soutien aux populations du bassin minier: Appel Ă ce que des soins soient prodiguĂ©s au prisonnier Hassen Ben Abdallah Assabilonline: Quand les autoritĂ©s tunisiennes dĂ©livreront-elles son passeport Ă Mohammed NĂ©jib Krifi ? Afef Bennaceur: Deux mois sur quatre ans NouvelObs: Le ComitĂ© pour les droits de l’Homme en Tunisie salue la relaxe de Ben Brik Jeune Afrique: RelaxĂ©, Taoufik Ben Brik ironise sur son sort Xinhua: Tunisie-UE : reprise des nĂ©gociations sur le statut avancĂ© Cdurable: LâObstination du tĂ©moignage : rapport 2010 de lâObservatoire pour la protection des dĂ©fenseurs des droits de lâHomme
Nouvelles des libertés en Tunisie
1)  Lâoppression des prisonniers dâopinion libĂ©rĂ©s : lâexemple de Boubaker Charradi Lâex prisonnier dâopinion Boubaker Charradi, demeurant Ă Layoun chemin de Ouadi RoumaĂŻn prĂšs de Zarzouna Ă Bizerte a dĂ» faire face Ă un nouvel acte de harcĂšlement samedi 18 septembre 2010 perpĂ©trĂ© par des agents de la police politique qui ont fait irruption sur son vĂ©hicule de travail (il est vendeur ambulant de nourriture) alors quâil se trouvait dans le parc adjacent Ă la mer Ă Zarzouna. Ils ont voulu embarquer de force son vĂ©hicule dans un camion de la municipalitĂ© au prĂ©texte quâil nâavait pas de licence pour ce genre de commerce. Face Ă son obstination Ă rester Ă bord du vĂ©hicule, ils ont dĂ©cidĂ© de lâemmener Ă son domicile et lui ont demandĂ© de prĂ©senter la licence et de poursuivre son activitĂ© dans un cadre lĂ©gal. Lorsquâil leur a dit quâil ne pouvait avoir cette licence parce quâil Ă©tait barbu et avait Ă©tĂ© emprisonnĂ© pendant deux ans et demi, ils lui ont dit quâils le savaient, lâessentiel Ă©tant de prĂ©senter une demande qui serait Ă©tudiĂ©e. [âŠ] (traduction dâextraits ni revue ni corrigĂ©e par les auteurs de la version en arabe, LT)
Encore une fois, la police politique fait intrusion dans la ferme
de MaĂźtre Mohamed Nouri et fait main basse sur les cailles
Une sĂ©rie de policiers, qui en civil, qui en uniforme, ont attaquĂ© vers trois heures et demie de lâaprĂšs midi, mercredi 15 septembre 2010, la ferme de MaĂźtre Mohammed Nouri sise dans la rĂ©gion de Marja, dĂ©lĂ©gation de Slimane. Environ 25 agents sont arrivĂ©s Ă la ferme Ă bord de 6 voitures et dâune fourgonnette Isuzu et ont forcĂ© le portail extĂ©rieur, sans avoir prĂ©sentĂ© de mandat du Procureur de la RĂ©publique. Ils sont rentrĂ©s Ă pied dans la ferme oĂč ils ont trouvĂ© un des paysans. Ils ont saisi sa carte nationale dâidentitĂ© sans quâil ne bronche dâautant que certains dâentre eux lâavaient dĂ©jĂ violemment agressĂ© par le passĂ© au poste de police de Slimane. Ils ont semĂ© la destruction dans la ferme, en forçant les portes fermĂ©es qui leur faisaient obstruction, comme celle du bĂątiment dâĂ©levage des cailles et les piĂšces rĂ©servĂ©es aux Ćufs, aux poussins et aux cailles adultes [âŠ], puis ils ont encerclĂ© le bĂątiment dâhabitation et y ont fait intrusion aprĂšs en avoir forcĂ© les portes. Ils ont ouvert les congĂ©lateurs qui sây trouvaient et ont fait main basse sur 1400 oiseaux. Ce nâest pas la premiĂšre fois que cela arrive dans la ferme de MaĂźtre Nouri et dans la sociĂ©tĂ© agricole « Caille Plus ». Ils avaient dĂ©jĂ fait intrusion le 14 juillet 2010 et fait main basse sur une grande quantitĂ© de cailles, puis y Ă©taient revenus et avaient kidnappĂ© le paysan qui se trouvait dans la ferme, monsieur Mohammed HĂ©di Fethi, le 14 aoĂ»t 2010. Ils lâavaient emmenĂ© au poste de police de Slimane oĂč ils lâavaient rouĂ© de coups, et il avait du aller Ă lâhĂŽpital rĂ©gional oĂč le mĂ©decin lui avait prescrit 6 jours de repos. Son Ă©tat avait empirĂ© par la suite et il sâĂ©tait vu contraint de porter plainte contre eux chez le Procureur de la RĂ©publique prĂšs le Tribunal de PremiĂšre Instance de Grombalia. [âŠ] Organisation LibertĂ© et EquitĂ©  (traduction dâextraits ni revue ni corrigĂ©e par les auteurs de la version en arabe) Â
Nouvelles des libertés en Tunisie
1)  La famille de Karim Ayari, prisonnier dâopinion, est harcelĂ©e Des agents de la police politique ont contactĂ© la famille du prisonnier dâopinion Karim Ayari, actuellement Ă la prison de Messaadine et ont demandĂ© Ă sa mĂšre oĂč il se trouvait. Elle leur a rĂ©pondu quâil Ă©tait toujours en prison. Ils ont exigĂ© dâelle quâelle demande Ă son fils de se tenir tranquille comme ils ont demandĂ© Ă la famille de cesser de se mobiliser pour la libĂ©ration de leur fils au prĂ©texte que son nom figurerait dans une « liste dâamnistie », une mĂ©thode dâintimidation sur le prisonnier et les membres de sa famille [âŠ] Organisation LibertĂ© et EquitĂ© (traduction dâextraits ni revue ni corrigĂ©e par les auteurs de la version en arabe)
Appel à ce que des soins soient prodigués au prisonnier Hassen Ben Abdallah
Quand les autorités tunisiennes délivreront-elles son passeport à Mohammed Néjib Krifi ?
Assabilonline, Tunisie Le citoyen tunisien Mohammed NĂ©jib Krifi, originaire de Nabeul, a fait Ă©tat de sa privation de passeport depuis 1998, date de sa sortie de prison oĂč il avait passĂ© trois ans pour appartenance Ă une association non autorisĂ©e. Krifi a adressĂ© une lettre Ă Assabilonline dans laquelle il exhorte les institutions officielles en Tunisie, ainsi que les structures et organisations de droits de lâhomme en Tunisie comme Ă lâĂ©tranger Ă Ćuvrer pour que son passeport lui soit restituĂ©. Krifi dit quâil a prĂ©sentĂ© sept demandes Ă cette fin au ministĂšre de lâIntĂ©rieur tunisien, Ă lâadministration gĂ©nĂ©rale des frontiĂšres et des Ă©trangers et au ministre de la Justice et des Droits de lâHomme, mais sans parvenir Ă obtenir son passeport et il a demandĂ© que soit mis un terme à « un traitement dur, Ă la nĂ©gligence, Ă la privation et Ă lâoppression ». [âŠ] Voici le texte de la lettre de monsieur Mohammed NĂ©jib Krifi Nabeul, le 15 septembre 2020 A toute personne concernĂ©e Objet : demande dâintervention pour lâobtention dâun passeport saisi Je soussignĂ©, Mohammed NĂ©jib Krifi, dĂ©tenteur de la carte nationale dâidentitĂ© n°01835494, dĂ©livrĂ©e Ă Tunis le 24 avril 2010, nĂ© le 8 dĂ©cembre 1966 Ă Nabeul, demeurant rue HĂ©di SaĂŻdi, citĂ© Monji Slim Ă Nabeul, ai Ă©tĂ© condamnĂ© en 1995 Ă trois ans dâemprisonnement pour appartenance Ă une association non autorisĂ©e et Ă une peine complĂ©mentaire de cinq ans de contrĂŽle administratif qui a pris fin en 2003. On mâa retirĂ© mon passeport en fĂ©vrier 1998 Ă ma sortie de prison et depuis cette date, jâai prĂ©sentĂ© de nombreuses demandes Ă toutes les parties concernĂ©es afin quâil me soit restituĂ©, en vain, et jâai fait lâobjet de leurs tergiversations, reports et justifications qui nâen Ă©taient pas. Voici le rĂ©capitulatif de mes courriers aux autoritĂ©s concernĂ©es : 1)  Demande Ă lâadministration gĂ©nĂ©rale des frontiĂšres et des Ă©trangers en fĂ©vrier 2003 2)  Demande Ă lâadministration gĂ©nĂ©rale des frontiĂšres et des Ă©trangers le 14 septembre 2004 3)  Demande au ministre de lâIntĂ©rieur le 14 septembre 2004 4)  Demande au ministre de la Justice et des Droits de lâHomme le 14 septembre 2004 5)  Demande Ă lâadministration gĂ©nĂ©rale des FrontiĂšres et des Etrangers le 19 janvier 2008 6)  Demande Ă lâadministration gĂ©nĂ©rale des frontiĂšres et des Ă©trangers le 26 juin 2008 7)  Demande Ă lâadministration gĂ©nĂ©rale des frontiĂšres et des Ă©trangers le 6 mars 2010. A la fin, et aprĂšs de nombreuses tergiversations, on mâa prĂ©sentĂ© les documents pour le passeport et dĂ©livrĂ© un reçu au poste de police de Sidi Amor Ă Nabeul le 1 er novembre 2008 sous le numĂ©ro 186 et depuis cette date jâattends mon passeport de lâadministration gĂ©nĂ©rale des frontiĂšres et des Ă©trangers, en vain. Est-il concevable que je fasse lâobjet de tergiversations, de reports alors que je nâai commis aucun dĂ©lit pouvant le justifier ? Je demande un droit qui est garanti par la Constitution du pays et ses lois ainsi que par les conventions internationales quâil a ratifiĂ©es et signĂ©es. Pourquoi viole-t-on ce droit quand il sâagit de moi et me prive-t-on dâun passeport mâouvrant la libertĂ© de circulation et de voyage ?[âŠ] Je vous appelle Ă intervenir pour mâaider Ă obtenir ce qui est mon droit. Je vous remercie pour tout ce que vous tenterez Ă cette fin. Signature : Mohammed NĂ©jib Krifi www.assabilonline.net (traduction dâextraits ni revue ni corrigĂ©e par les auteurs de la version en arabe, LT)
Deux mois sur quatre ans
Le ComitĂ© pour les droits de l’Homme en Tunisie salue la relaxe de Ben Brik
Relaxé, Taoufik Ben Brik ironise sur son sort
Tunisie-UE : reprise des négociations sur le statut avancé
Xinhua 19.09.2010 15h05 La Tunisie et l’Union europĂ©enne (UE) vont se rĂ©unir de nouveau, le 27 septembre Ă Bruxelles, pour nĂ©gocier un renforcement de leurs relations et l’attribution, par Bruxelles Ă Tunis, d’un statut de partenaire avancĂ©, a indiquĂ© samedi le site internet tunisien “Kapitalis”. Ce partenariat rĂ©novĂ©, ajoute “Kapitalis” (Le portail d’informations sur la Tunisie et le Maghreb Arabe), concerne tous les domaines, et il est synonyme de nouvelles aides europĂ©ennes pour la Tunisie. La Tunisie a Ă©tĂ© le premier pays du sud de la MĂ©diterranĂ©e Ă avoir signĂ© en 1995 un accord d’association avec l’UE, Ă©tablissant une coopĂ©ration dans les domaines politique, Ă©conomique, social, culturel et scientifique, et visant la crĂ©ation d’une zone de libre-Ă©change entre les deux parties. En 2004, les deux partenaires se sont entendus sur un plan d’action dans le cadre de la politique europĂ©enne de voisinage. La Tunisie et l’UE sont aussi engagĂ©es dans le processus de crĂ©ation de l’Union pour la MĂ©diterranĂ©e, dont le secrĂ©tariat permanent vient d’ĂȘtre installĂ© Ă Barcelone en Espagne, oĂč devrait se tenir en novembre prochain le second sommet de cet ensemble rĂ©gional.
16/09/2010
Tour du monde des Droits de lâHomme : qui contrĂŽle la sociĂ©tĂ© civile sâassure du rĂ©sultat des Ă©lections
LâObservatoire pour la protection des dĂ©fenseurs des droits de lâHomme, programme conjoint de la FĂ©dĂ©ration internationale des ligues des droits de lâHomme (FIDH) et de lâOrganisation mondiale contre la torture (OMCT), qui accompagne, suit, et protĂšge tout au long de lâannĂ©e les dĂ©fenseurs, publie aujourdâhui son Rapport annuel 2009. Ce rapport est consacrĂ© Ă une annĂ©e entiĂšre de combat pour les droits de lâHomme Ă travers le monde.
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Qui Ă©voque la dĂ©mocratie et lâEtat de droit dans nos sociĂ©tĂ©s contemporaines fait immĂ©diatement rĂ©fĂ©rence au droit des peuples de choisir librement, par le vote, leurs dirigeants. Un droit explicitement garanti par la DĂ©claration universelle des droits de lâHomme et qui suppose, pour sa rĂ©alisation, la conjugaison de diffĂ©rents Ă©lĂ©ments – respect des libertĂ©s dâassociation et dâexpression, transparence, libertĂ© dâinformation, libertĂ© de rĂ©union – sans lesquels aucun scrutin ne saurait ĂȘtre reconnu comme libre et Ă©quitable. Mais si de nombreuses Ă©lections ont effectivement eu lieu Ă travers le monde en 2009, beaucoup de ces scrutins nâont pas rĂ©pondu Ă ces exigences. Dressant un Ă©tat des lieux prĂ©cis de la situation des dĂ©fenseurs des droits de lâHomme dans le monde en 2009, le rapport annuel de lâObservatoire pour la protection des dĂ©fenseurs des droits de lâHomme, dĂ©nonce la rĂ©pression qui sâest encore durcie Ă lâencontre des dĂ©fenseurs sur tous les continents, Ă lâapproche dâĂ©chĂ©ances Ă©lectorales. Plus gĂ©nĂ©ralement, ce rapport illustre avec force la difficultĂ© et le danger de promouvoir le dĂ©bat dâidĂ©es, le pluralisme et lâidĂ©al dĂ©mocratique.
Musellement de lâopposition, asservissement des mĂ©dias, modifications constitutionnelles destinĂ©es Ă maintenir certains chefs dâEtats au pouvoir : lors des scrutins qui ont jalonnĂ© lâannĂ©e 2009 force est de constater que bien peu de dirigeants en place ont acceptĂ© de jouer le jeu du pluralisme. “Dans ce contexte, les dĂ©fenseurs des droits de lâHomme qui tentent au quotidien de faire en sorte que les droits et libertĂ©s fondamentaux soient garantis, ont Ă©tĂ© soumis Ă une pression importante quand ils nâont pas payĂ© de leur vie leur engagement” a dĂ©clarĂ© Souhayr Belhassen, prĂ©sidente de la FIDH. “Le rĂŽle quâils ont jouĂ© dans les processus Ă©lectoraux a encore accentuĂ© une rĂ©pression dont ils faisaient dĂ©jĂ lâobjet auparavant”, a-t-elle ajoutĂ©.
“Ce rapport annuel dĂ©montre aussi que, mĂȘme au sein des dĂ©mocraties les plus accomplies – ou qui sâaffirment comme telles â la vigilance doit rester de mise, et la dĂ©fense des droits fondamentaux peut toujours ĂȘtre remise en cause pour les besoins de lâefficacitĂ© de politiques contestables, ou dâun plus grand contrĂŽle des corps sociaux. Il montre en tout Ă©tat de cause combien les dĂ©fenseurs, oĂč que ce soit, jouent un rĂŽle primordial de rempart contre lâarbitraire et les abus, et demeurent plus que jamais la clef de voĂ»te de lâEtat de droit”, conclut Eric Sottas, SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de lâOMCT.
Afrique Subsaharienne
LâannĂ©e 2009 a Ă©tĂ© marquĂ©e par une multiplication dâassassinats que ce soit au Burundi, au Kenya, au Nigeria, en RĂ©publique du Congo, en RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo (RDC), ou encore en Somalie. Lâintensification de la rĂ©pression a en outre Ă©tĂ© favorisĂ©e par un dĂ©nigrement systĂ©matique des dĂ©fenseurs de la part de certains chefs dâĂtats (Gambie). Les dĂ©fenseurs ont Ă©tĂ© particuliĂšrement rĂ©primĂ©s dans le contexte dâĂ©chĂ©ances Ă©lectorales ou de crises politiques qui ont jalonnĂ© la rĂ©gion. Tel a Ă©tĂ© le cas en GuinĂ©e-Conakry, Ă la suite de la violente rĂ©pression du 28 septembre 2009.
Les dĂ©fenseurs se sont aussi trouvĂ©s en premiĂšre ligne de la rĂ©pression Ă lâoccasion de crises liĂ©es Ă des Ă©lections contestĂ©es (Mauritanie, NigĂ©ria, RĂ©publique du Congo). Ceux qui ont dĂ©noncĂ© la violence post-Ă©lectorale (Kenya, Zimbabwe) ou appelĂ© Ă la tenue dâĂ©lections libres (Soudan) ont Ă©tĂ© assimilĂ©s Ă lâopposition et menacĂ©s, arrĂȘtĂ©s, attaquĂ©s ou harcelĂ©s.
Dans les zones de conflit ou de post-conflit, les entraves Ă lâencontre des dĂ©fenseurs se sont poursuivies en 2009 et le personnel humanitaire a continuĂ© dâĂȘtre exposĂ© Ă des risques considĂ©rables (Somalie, Soudan). Les dĂ©fenseurs qui luttent contre lâimpunitĂ© et apportent leur soutien aux victimes, en particulier devant la Cour pĂ©nale internationale (CPI) ont Ă©galement Ă©tĂ© fortement rĂ©primĂ©s, victimes de menaces, dâactes de harcĂšlement et dâintimidation (Soudan, RĂ©publique Centrafricaine, RDC).
La rĂ©pression sâest par ailleurs accrue Ă lâencontre des dĂ©fenseurs des droits Ă©conomiques, sociaux et culturels sur lâensemble du continent, et en particulier Ă lâĂ©gard de celles et ceux qui ont dĂ©noncĂ© la corruption. Certains ont Ă©tĂ© assassinĂ©s (Burundi, Kenya, NigĂ©ria, RDC), dâautres menacĂ©s de mort (Cameroun, RDC), agressĂ©s (GuinĂ©e Bissau) ou arrĂȘtĂ©s (Cameroun, Kenya, NigĂ©ria). La libertĂ© du mouvement syndical a aussi continuĂ© dâĂȘtre entravĂ©e dans plusieurs pays du continent (Djibouti, Ethiopie, Gambie, Zimbabwe).
Si la libertĂ© de la presse a gagnĂ© du terrain dans certains pays comme au SĂ©nĂ©gal, des journalistes ont cette annĂ©e encore trouvĂ© la mort dans lâexercice de leurs fonctions (Kenya, RDC, Somalie). En outre, plusieurs Etats continuent de pĂ©naliser les dĂ©lits de presse (Cameroun, Mauritanie, Niger, RĂ©publique du Congo, Rwanda). La libertĂ© dâexpression est Ă©galement restreinte autour de la question des conflits armĂ©s (RCA) et les Ătats censurent les mĂ©dias lors des Ă©chĂ©ances Ă©lectorales (Niger, RDC, Soudan) et les utilisent pour relayer des propos dĂ©nigrant les activitĂ©s de dĂ©fense des droits de lâHomme.
Afrique du Nord et Moyen Orient
Campagnes de diffamation, harcĂšlement judiciaire, violences, disparitions forcĂ©es, dĂ©tention arbitraire, torture, assassinats… la rĂ©pression sâest poursuivie dans la rĂ©gion en 2009. En Tunisie et en AlgĂ©rie, les Ă©lections prĂ©sidentielles ont donnĂ© lieu Ă de nombreuses mesures visant Ă museler toute voix contestataire. Par ailleurs, le maintien de lâĂ©tat dâurgence en Syrie, en Egypte, en AlgĂ©rie et au YĂ©men dans la province de Saada a soumis les dĂ©fenseurs des droits de lâHomme Ă une lĂ©gislation dâexception. Enfin, dans les Etats touchĂ©s par des conflits armĂ©s (IsraĂ«l/TPO, YĂ©men), les autoritĂ©s ont instrumentalisĂ© les troubles pour restreindre les activitĂ©s des dĂ©fenseurs. Ainsi, celles et ceux qui ont dĂ©noncĂ© les violations commises dans le cadre de conflits armĂ©s ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s par les autoritĂ©s (IsraĂ«l/TPO) et poursuivis, accusĂ©s de sympathiser avec les mouvements dâinsurrection armĂ©e ou sĂ©paratistes (Maroc et Sahara occidental, YĂ©men).
Dans certains pays, il a Ă©tĂ© impossible aux mouvements de dĂ©fense des droits de lâHomme de se constituer ouvertement (Arabie saoudite, Libye). Dans plusieurs Etats, la formation dâune association est restĂ©e subordonnĂ©e Ă lâobtention dâune autorisation administrative prĂ©alable (BahreĂŻn, Egypte, Jordanie, Libye, Syrie). Par ailleurs, dans les pays oĂč aucune autorisation administrative nâest nĂ©cessaire pour exercer une activitĂ© associative, les autoritĂ©s se sont parfois refusĂ©es Ă appliquer ce droit (AlgĂ©rie, Maroc et Sahara occidental, Tunisie). En 2009, les dĂ©fenseurs des droits de lâHomme ont fait lâobjet de campagnes de diffamation sâinscrivant dans une stratĂ©gie globale de criminalisation du mouvement des droits de lâHomme (BahreĂŻn, Maroc, Tunisie). Dâautre part, lâutilisation de lois rĂ©pressives Ă des fins politiques a encore Ă©tĂ© renforcĂ©e par lâinstrumentalisation de la procĂ©dure judiciaire â procĂšs devant des cours dâexception, aveux obtenus sous la torture, etc. (BahreĂŻn, Egypte, Syrie, Tunisie, YĂ©men).
Dans dâautres pays, la pratique des disparitions forcĂ©es (Syrie, YĂ©men), de la torture (BahreĂŻn, Egypte, Tunisie, YĂ©men, Libye) et de la dĂ©tention administrative sans inculpation ni jugement (Egypte, IsraĂ«l) est restĂ©e rĂ©pandue. De nombreux dĂ©fenseurs des droits de lâHomme ont par ailleurs Ă©tĂ© empĂȘchĂ©s de quitter le territoire national ou arrĂȘtĂ©s suite Ă leur participation Ă lâĂ©tranger Ă des confĂ©rences relatives aux droits de lâHomme (Arabie saoudite, Egypte, IsraĂ«l, Syrie, Tunisie). Les autoritĂ©s ont par ailleurs accru la surveillance des dĂ©fenseurs, les harcelant dans leur vie privĂ©e et professionnelle (Tunisie, AlgĂ©rie, IsraĂ«l /TPO).
La libertĂ© de la presse a continuĂ© dâĂȘtre bafouĂ©e. Des journaux ont Ă©tĂ© saisis ou interdits de diffusion (AlgĂ©rie, Maroc, YĂ©men), des centres de mĂ©dias fermĂ©s par les autoritĂ©s (IsraĂ«l/TPO, Syrie, Tunisie) et des journalistes poursuivis (AlgĂ©rie, BahreĂŻn, Egypte, Maroc, Syrie, Tunisie, YĂ©men).
Amériques
En 2009, la situation des droits de lâHomme et de leurs dĂ©fenseurs est restĂ©e critique dans les AmĂ©riques et les CaraĂŻbes. LâannĂ©e a notamment Ă©tĂ© marquĂ©e par le premier coup dâEtat depuis la chute des dictatures militaires dans les annĂ©es 1980 : le coup dâEtat du 28 juin 2009 au Honduras a secouĂ© tout le continent, rappelant que la construction de la dĂ©mocratie reste un dĂ©fi permanent.
MĂȘme si certains Etats ont dĂ©montrĂ© leur volontĂ© de poursuivre en justice les responsables de crimes commis sous les dictatures militaires, les dĂ©fenseurs luttant contre lâimpunitĂ© ont malgrĂ© tout Ă©tĂ© victimes de sĂ©rieuses menaces visant Ă entraver leurs actions en faveur de la justice (Argentine, Chili, Colombie, Guatemala, Honduras, PĂ©rou, Mexique).
Par ailleurs, les communautĂ©s autochtones sont souvent victimes de violations de leur droit Ă la terre, voire violemment expulsĂ©es des rĂ©gions qui prĂ©sentent un intĂ©rĂȘt Ă©conomique. Ces violations incluent des pratiques telles que la criminalisation de la protestation sociale et les dĂ©tentions arbitraires (BrĂ©sil, Chili, Equateur, Guatemala, PĂ©rou), les menaces (Guatemala, Mexique, PĂ©rou), les mauvais traitements, allant jusquâĂ lâassassinat de dĂ©fenseurs et de dirigeants communautaires (Chili, El Salvador, Guatemala, Mexique, PĂ©rou).
Dans certains pays, la dĂ©fense des droits Ă©conomiques et sociaux constitue un mĂ©tier Ă risque (Colombie, Guatemala, Honduras, Venezuela). La Colombie est ainsi restĂ©e en 2009 le pays le plus dangereux pour les syndicalistes : selon la Centrale unique des travailleurs de Colombie (CUT), 46 syndicalistes auraient Ă©tĂ© tuĂ©s en 2009. Les dĂ©fenseurs des droits des femmes ont Ă©galement fait lâobjet dâattaques et de menaces, et en particulier celles et ceux qui ont dĂ©noncĂ© les violences faites aux femmes ou demandĂ© le respect des droits sexuels et reproductifs (Colombie, Guatemala, Mexique, Nicaragua). Les dĂ©fenseurs des droits des homosexuels, bisexuels et transsexuels (LGBT) ont aussi Ă©tĂ© victimes de violences, notamment en raison du fait que les Etats ne se sont pas engagĂ©s Ă garantir leur droit Ă la libertĂ© dâexpression ni assurer leur protection (en particulier en Colombie et au Honduras). LâinsĂ©curitĂ© des journalistes dĂ©nonçant des violations des droits de lâHomme ou des cas de corruption dans certains pays dâAmĂ©rique latine est restĂ© un autre sujet de grande prĂ©occupation en 2009 (Bolivie, Equateur, HaĂŻti, Mexique, Nicaragua, Venezuela).
Dans un contexte de militarisation croissante, les dĂ©fenseurs des droits de lâHomme qui ont dĂ©noncĂ© les procĂ©dĂ©s arbitraires et les abus de la police et des militaires ainsi que lâexistence et les agissements de forces de sĂ©curitĂ© en marge de la loi ont continuĂ© dâĂȘtre la cible de menaces graves (BrĂ©sil, Colombie, Guatemala, Honduras, Mexique).
Asie
Les Ă©lections qui se sont dĂ©roulĂ©es dans plusieurs pays dâAsie en 2009 ont Ă©tĂ© entachĂ©es de nombreuses violations des droits de lâHomme et dâactes dâintimidation (Afghanistan et IndonĂ©sie). La rĂ©pression dans le contexte post-Ă©lectoral en Iran a par ailleurs conduit a des arrestations massives dans les rang de manifestants pacifiques parmi lesquels de nombreux dĂ©fenseurs des droits de lâHomme. En Birmanie, la junte militaire a Ă©galement pris le soin dâĂ©radiquer toute contestation politique Ă la veille des Ă©lections de 2010. Dans un tel contexte, de nombreux gouvernements ont continuĂ© de restreindre les libertĂ©s dâexpression, de rassemblement et dâassociation et de contrĂŽler lâaccĂšs Ă lâinformation (Afghanistan, Bangladesh, Cambodge, Chine, Iran, Malaisie, Sri Lanka, ThaĂŻlande, Vietnam). De nombreux pays dâAsie ont de nouveau fait appel Ă des arguments sĂ©curitaires pour restreindre les libertĂ©s fondamentales et la dĂ©mocratie, maintenant ainsi en vigueur des lois rĂ©pressives afin de restreindre les activitĂ©s liĂ©es aux droits de lâHomme (Malaisie, Sri Lanka). Dans dâautres pays, de nouvelles lĂ©gislations ont Ă©tĂ© introduites pour entraver encore davantage les activitĂ©s des dĂ©fenseurs (Cambodge, IndonĂ©sie, Bangladesh et Pakistan).
Les avocats dĂ©fenseurs des droits de lâHomme ont fait lâobjet de violations systĂ©matiques de leurs droits en Chine et en Birmanie. Au Vietnam, il ont Ă©tĂ© lâobjet de poursuites judiciaires et ont Ă©tĂ© dĂ©tenus. Au Cambodge, en Iran, au Pakistan et au Sri Lanka, ils ont Ă©galement Ă©tĂ© victimes de harcĂšlement, de menaces de mort ou dâattaques.
En outre, les dĂ©fenseurs des droits de lâHomme et les ONG ont Ă©galement Ă©tĂ© pris pour cible pour avoir dĂ©noncĂ© les exĂ©cutions extrajudiciaires, la corruption et autres violations des droits de lâHomme commises par les forces de police, de sĂ©curitĂ© et lâarmĂ©e ainsi que pour avoir voulu combattre lâimpunitĂ© de telles violations (Bangladesh, Inde, NĂ©pal, Philippines, Sri Lanka et ThaĂŻlande). Les dĂ©fenseurs luttant contre lâimpunitĂ© ont continuĂ© dâĂȘtre perçus comme une menace par les autoritĂ©s et dĂ©noncĂ©s comme âterroristesâ, âsĂ©paratistesâ ou encore âsupporters de forces anti-Ă©tatiquesâ (Philippines, Sri Lanka, ThaĂŻlande) et Ă©tĂ© victimes de harcĂšlement (IndonĂ©sie).
Les dĂ©fenseurs des droits des femmes ont Ă©tĂ© menacĂ©s et harcelĂ©s (Afghanistan, NĂ©pal) et ont fait lâobjet dâintimidations (Inde). Les dĂ©fenseurs des minoritĂ©s, notamment religieuses, ont Ă©tĂ© soumis Ă des actes de harcĂšlement et de violence, particuliĂšrement en Inde et au Pakistan. Ils ont Ă©galement fait lâobjet de reprĂ©sailles (Bangladesh, Chine et Vietnam) ou ont Ă©tĂ© dĂ©tenus arbitrairement (Iran).
Enfin, les dĂ©fenseurs du droit Ă la terre et celles et ceux qui ont dĂ©noncĂ© les expulsions forcĂ©es ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s et dĂ©tenus arbitrairement (Bangladesh, Birmanie, Cambodge, Chine, IndonĂ©sie, Malaisie, Pakistan). Quant aux dĂ©fenseurs de lâenvironnement, ils ont Ă©tĂ© victimes dâassassinats ou dâautres formes dâattaques (ThaĂŻlande), de reprĂ©sailles (Inde), de mesures rĂ©pressives (Bangladesh) ou de harcĂšlement (Philippines).
Europe de lâEst / Asie centrale
Lâabsence de pluralisme politique dans la majoritĂ© des pays de la rĂ©gion a continuĂ© de favoriser lâĂ©mergence de pouvoirs de plus en plus autoritaires au sein des Etats pour lesquels les dĂ©fenseurs reprĂ©sentent une menace (ArmĂ©nie, AzerbaĂŻdjan, BĂ©larus, Russie, GĂ©orgie, Kazakhstan, Kirghizistan, OuzbĂ©kistan, TurkmĂ©nistan). Par ailleurs, les tentatives de rapprochement de la communautĂ© internationale pour sortir certains pays particuliĂšrement rĂ©pressifs de leur isolement nâont pas portĂ© leurs fruits (OuzbĂ©kistan, BĂ©larus, TurkmĂ©nistan). Le Kazakhstan, pourtant Ă©lu Ă la prĂ©sidence de lâOrganisation pour la sĂ©curitĂ© et la coopĂ©ration en Europe (OSCE) en 2010 a fait preuve de peu de volontĂ© pour amĂ©liorer la situation des droits de lâHomme.
Cette annĂ©e encore, les dĂ©fenseurs ont fait lâobjet de menaces de mort et/ou dâattaques dans la plupart des pays de la rĂ©gion (AzerbaĂŻdjan, Russie, GĂ©orgie, Kazakhstan, OuzbĂ©kistan, TurkmĂ©nistan). En Russie, des actes de violence sont allĂ©s jusquâĂ lâassassinat de six dĂ©fenseurs dans lâimpunitĂ© la plus totale. Ainsi, au BĂ©larus et en Russie, les dĂ©fenseurs luttant contre la xĂ©nophobie ont Ă©tĂ© victimes de menaces et de violences par des organisations dâextrĂȘme droite, allant jusquâĂ lâassassinat (Russie). De mĂȘme, les dĂ©fenseurs des droits des homosexuels, bisexuels et transsexuels (LGBT) ont Ă©tĂ© victimes de menaces et de violences (GĂ©orgie, Serbie).
Dâautre part, ces derniĂšres annĂ©es, les Etats de la rĂ©gion ont mis en place un arsenal juridique pour encadrer de maniĂšre stricte les libertĂ©s dâassociation et de rassemblement pacifique. Dans ce contexte, de nouvelles lois restrictives ont Ă©tĂ© adoptĂ©es sur les mĂ©dias (BĂ©larus, Kazakhstan), la libertĂ© dâassociation (AzerbaĂŻdjan) et la libertĂ© de rassemblement (GĂ©orgie, Kirghizistan). De maniĂšre gĂ©nĂ©rale, la question de lâenregistrement des associations est restĂ©e une prĂ©occupation majeure (TurkmĂ©nistan, OuzbĂ©kistan, BĂ©larus, AzerbaĂŻdjan) et il est Ă©galement devenu trĂšs difficile, voire impossible de tenir des rassemblements pacifiques (BĂ©larus, OuzbĂ©kistan, TurkmĂ©nistan) et ce, mĂȘme dans les pays se disant dĂ©mocratiques (GĂ©orgie, Serbie).
Les Etats ont Ă©galement tentĂ© de limiter le travail des dĂ©fenseurs par la mise en place dâun systĂšme de surveillance extrĂȘmement poussĂ© et en entravant les Ă©changes de ces derniers avec leurs partenaires Ă lâĂ©tranger (TurkmĂ©nistan, BĂ©larus, Kirghizistan, OuzbĂ©kistan, Russie).
Enfin, les dĂ©fenseurs luttant contre lâimpunitĂ© ont continuĂ© dâĂȘtre particuliĂšrement rĂ©primĂ©s (AzerbaĂŻdjan, FĂ©dĂ©ration de Russie, GĂ©orgie). Par ailleurs, le travail des dĂ©fenseurs est restĂ© extrĂȘmement difficile dans les zones de conflit ou de post-conflit (Russie, GĂ©orgie, OuzbĂ©kistan) avec, notamment, le renforcement des politiques sĂ©curitaires (Caucase du Nord).
Europe occidentale
En 2009, les pays dâEurope occidentale ont continuĂ© dâadopter des instruments puissants pour la protection des dĂ©fenseurs des droits de lâHomme. En avril 2009, le Conseil de lâEurope a adoptĂ© une rĂ©solution appelant les parlements nationaux âĂ soutenir les mesures dâassistance et de protection destinĂ©es aux dĂ©fenseurs menacĂ©sâ. Au sein mĂȘme de lâUE, 2009 a Ă©galement Ă©tĂ© marquĂ©e par lâinitiative des âvilles refugesâ, reflĂ©tant une volontĂ© politique de protĂ©ger des dĂ©fenseurs de pays tiers. Il sâagit dâidentifier les villes de lâUE prĂȘtes Ă accueillir des dĂ©fenseurs en danger. Toutefois, Ă la fin de lâannĂ©e lâinitiative nâavait toujours pas Ă©tĂ© officiellement adoptĂ©e par les Ătats. MalgrĂ© ces politiques en faveur des dĂ©fenseurs Ă lâĂ©tranger, la situation des militants des droits de lâHomme dans la rĂ©gion reste Ă certains Ă©gards prĂ©occupante. Nombre de dĂ©fenseurs continuent en effet de se heurter Ă des obstacles Ă leurs activitĂ©s, notamment ceux qui dĂ©fendent les droits des migrants : en France par exemple, la nĂ©cessitĂ© de rĂ©former la lĂ©gislation pour lever les obstacles Ă la dĂ©fense des droits des migrants a fait lâobjet dâun grand dĂ©bat public. Le caractĂšre vague des dispositions concernant le dĂ©lit âdâaide au sĂ©jour irrĂ©gulierâ expose les dĂ©fenseurs des droits des migrants au risque de harcĂšlement judiciaire. Dans certains pays de la rĂ©gion, la question des minoritĂ©s ethniques, notamment le peuple rom, est restĂ© en 2009 trĂšs sensible. Dans un tel contexte, ceux qui dĂ©fendent leurs droits ont Ă©tĂ© soumis Ă des actes de harcĂšlement judiciaire et dâintimidation (GrĂšce, Italie).
De mĂȘme, les dĂ©fenseurs des droits Ă©conomiques et sociaux ont Ă©tĂ© harcelĂ©s. En Turquie notamment, les manifestations pacifiques du mouvement syndical ont Ă©tĂ© rĂ©primĂ©es de façon systĂ©matique, et des dirigeants syndicaux ont Ă©tĂ© soumis Ă des arrestations et des procĂšs arbitraires.
Sous prĂ©texte de mieux protĂ©ger lâordre public, le droit au respect de la vie privĂ©e et lâexercice des libertĂ©s civiles ont par ailleurs continuĂ© dâĂȘtre menacĂ©s en France en 2009, avec la crĂ©ation au sein du ministĂšre de lâintĂ©rieur dâun fichier permettant le fichage, entre autres, des âactivitĂ©s publiquesâ ou des âmotivations politiques, religieuses, philosophiques ou syndicalesâ pouvant ĂȘtre incompatibles âavec lâexercice des fonctions ou des missions envisagĂ©esâ. La portĂ©e du texte donne aux autoritĂ©s le pouvoir de collecter des donnĂ©es personnelles sur des reprĂ©sentants actifs de la sociĂ©tĂ© civile, notamment sur des dĂ©fenseurs des droits de lâHomme.
Enfin, la lutte contre lâimpunitĂ© pour de crimes internationaux a Ă©tĂ© attaquĂ©e en Espagne, oĂč le juge Baltasar GarzĂłn a Ă©tĂ© soumis Ă un harcĂšlement judiciaire pour avoir tentĂ© dâenquĂȘter sur des crimes contre lâhumanitĂ© commis sous la dictature de Franco.
(Source: Cdurable.info le 17 septembre 2010) Lien: http://www.cdurable.info/Tour-du-Monde-Droits-Homme-Rapport-Observatoire-FIDH-OMCT,2843.html
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