19 septembre 2010

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TUNISNEWS

10 Úme année,N° 3771 du 19.09.2010
 archives :www.tunisnews.net 


LibertĂ© et EquitĂ©: Nouvelles  des libertĂ©s en Tunisie LibertĂ© et EquitĂ©: Encore une fois, la police politique fait intrusion dans la ferme de MaĂźtre Mohamed Nouri et fait main basse sur les cailles LibertĂ© et EquitĂ©: La famille de Karim Ayari, prisonnier d’opinion, est harcelĂ©e ComitĂ© national de soutien aux populations du bassin minier: Appel Ă  ce que des soins soient prodiguĂ©s au prisonnier Hassen Ben Abdallah Assabilonline: Quand les autoritĂ©s tunisiennes dĂ©livreront-elles son passeport Ă  Mohammed NĂ©jib Krifi ? Afef Bennaceur: Deux mois sur quatre ans NouvelObs: Le ComitĂ© pour les droits de l’Homme en Tunisie salue la relaxe de Ben Brik Jeune Afrique: RelaxĂ©, Taoufik Ben Brik ironise sur son sort Xinhua: Tunisie-UE : reprise des nĂ©gociations sur le statut avancĂ© Cdurable: L’Obstination du tĂ©moignage : rapport 2010 de l’Observatoire pour la protection des dĂ©fenseurs des droits de l’Homme


 
Liberté pour Sadok Chourou, le prisonnier des deux décennies Liberté pour tous les prisonniers politiques Liberté et Equité Organisation de droits humains indépendante 33 rue Mokhtar Atya 1001 Tunis Tel /fax : 71 340 860 Liberte.equite@gmail.com Tunis, le 18 septembre 2010

Nouvelles  des libertés en Tunisie


1)   L’oppression des prisonniers d’opinion libĂ©rĂ©s : l’exemple de Boubaker Charradi L’ex prisonnier d’opinion Boubaker Charradi, demeurant Ă  Layoun chemin de Ouadi RoumaĂŻn prĂšs de Zarzouna Ă  Bizerte a dĂ» faire face Ă  un nouvel acte de harcĂšlement samedi 18 septembre 2010 perpĂ©trĂ© par des agents de la police politique qui ont fait irruption sur son vĂ©hicule de travail (il est vendeur ambulant de nourriture) alors qu’il se trouvait dans le parc adjacent Ă  la mer Ă  Zarzouna. Ils ont voulu embarquer de force son vĂ©hicule dans un camion de la municipalitĂ© au prĂ©texte qu’il n’avait pas de licence pour ce genre de commerce. Face Ă  son obstination Ă  rester Ă  bord du vĂ©hicule, ils ont dĂ©cidĂ© de l’emmener Ă  son domicile et lui ont demandĂ© de prĂ©senter la licence et de poursuivre son activitĂ© dans un cadre lĂ©gal. Lorsqu’il leur a dit qu’il ne pouvait avoir cette licence parce qu’il Ă©tait barbu et avait Ă©tĂ© emprisonnĂ© pendant deux ans et demi, ils lui ont dit qu’ils le savaient, l’essentiel Ă©tant de prĂ©senter une demande qui serait Ă©tudiĂ©e. [
] (traduction d’extraits ni revue ni corrigĂ©e par les auteurs de la version en arabe, LT)


 
Liberté pour Sadok Chourou, le prisonnier des deux décennies Liberté pour tous les prisonniers politiques Liberté et Equité Organisation de droits humains indépendante 33 rue Mokhtar Atya 1001 Tunis Tel /fax : 71 340 860 Liberte.equite@gmail.com Tunis, le 16 septembre 2010

Encore une fois, la police politique fait intrusion dans la ferme

de MaĂźtre Mohamed Nouri et fait main basse sur les cailles


Une sĂ©rie de policiers, qui en civil, qui en uniforme, ont attaquĂ© vers trois heures et demie de l’aprĂšs midi, mercredi 15 septembre 2010, la ferme de MaĂźtre Mohammed Nouri sise dans la rĂ©gion de Marja, dĂ©lĂ©gation de Slimane. Environ 25 agents sont arrivĂ©s Ă  la ferme Ă  bord de 6 voitures et d’une fourgonnette Isuzu et ont forcĂ© le portail extĂ©rieur, sans avoir prĂ©sentĂ© de mandat du Procureur de la RĂ©publique. Ils sont rentrĂ©s Ă  pied dans la ferme oĂč ils ont trouvĂ© un des paysans. Ils ont saisi sa carte nationale d’identitĂ© sans qu’il ne bronche d’autant que certains d’entre eux l’avaient dĂ©jĂ  violemment agressĂ© par le passĂ© au poste de police de Slimane. Ils ont semĂ© la destruction dans la ferme, en forçant les portes fermĂ©es qui leur faisaient obstruction, comme celle du bĂątiment d’élevage des cailles et les piĂšces rĂ©servĂ©es aux Ɠufs, aux poussins et aux cailles adultes [
], puis ils ont encerclĂ© le bĂątiment d’habitation et y ont fait intrusion aprĂšs en avoir forcĂ© les portes. Ils ont ouvert les congĂ©lateurs qui s’y trouvaient et ont fait main basse sur 1400 oiseaux. Ce n’est pas la premiĂšre fois que cela arrive dans la ferme de MaĂźtre Nouri et dans la sociĂ©tĂ© agricole « Caille Plus ». Ils avaient dĂ©jĂ  fait intrusion le 14 juillet 2010 et fait main basse sur une grande quantitĂ© de cailles, puis y Ă©taient revenus et avaient kidnappĂ© le paysan qui se trouvait dans la ferme, monsieur Mohammed HĂ©di Fethi, le 14 aoĂ»t 2010. Ils l’avaient emmenĂ© au poste de police de Slimane oĂč ils l’avaient rouĂ© de coups, et il avait du aller Ă  l’hĂŽpital rĂ©gional oĂč le mĂ©decin lui avait prescrit 6 jours de repos. Son Ă©tat avait empirĂ© par la suite et il s’était vu contraint de porter plainte contre eux chez le Procureur de la RĂ©publique prĂšs le Tribunal de PremiĂšre Instance de Grombalia. [
] Organisation LibertĂ© et EquitĂ©  (traduction d’extraits ni revue ni corrigĂ©e par les auteurs de la version en arabe)  


Liberté pour Sadok Chourou, le prisonnier des deux décennies Liberté pour tous les prisonniers politiques Liberté et Equité Organisation indépendante de droits humains 33 rue Mokhtar Atya, 1001 Tunis Tel/fax : 71 340 860 Tunis, le 17 septembre 2010

Nouvelles des libertés en Tunisie


1)  La famille de Karim Ayari, prisonnier d’opinion, est harcelĂ©e Des agents de la police politique ont contactĂ© la famille du prisonnier d’opinion Karim Ayari, actuellement Ă  la prison de Messaadine et ont demandĂ© Ă  sa mĂšre oĂč il se trouvait. Elle leur a rĂ©pondu qu’il Ă©tait toujours en prison. Ils ont exigĂ© d’elle qu’elle demande Ă  son fils de se tenir tranquille comme ils ont demandĂ© Ă  la famille de cesser de se mobiliser pour la libĂ©ration de leur fils au prĂ©texte que son nom figurerait dans une « liste d’amnistie », une mĂ©thode d’intimidation sur le prisonnier et les membres de sa famille [
] Organisation LibertĂ© et EquitĂ© (traduction d’extraits ni revue ni corrigĂ©e par les auteurs de la version en arabe)


Comité national de soutien aux populations du bassin minier

Appel à ce que des soins soient prodigués au prisonnier Hassen Ben Abdallah


17 septembre 2010 La famille d’Hassen Ben Abdallah, condamnĂ© Ă  quatre ans et un mois d’emprisonnement pour sa participation au mouvement pour l’emploi de Redeyef, a pu lui rendre une visite directe, un droit garanti par le rĂšglement au prisonnier condamnĂ© dĂ©finitivement et qui a dĂ©jĂ  effectuĂ© six mois d’emprisonnement. Nous avons su par sa famille qu’elle Ă©tait trĂšs prĂ©occupĂ©e par l’état de santĂ© trĂšs dĂ©tĂ©riorĂ© du prisonnier, notamment du fait de sa maigreur. Il s’est plaint de douleurs aigues Ă  la gorge lui rendant difficile l’absorption de nourriture. Il se plaint aussi de douleurs au nez. Hassen Ben Abdallah est affectĂ© notoirement d’allergies qui ont empirĂ© ces derniers mois en raison des conditions carcĂ©rales et de l’absence de soins. [
] Le comitĂ© national de soutien aux populations du bassin minier (traduction d’extraits ni revue ni corrigĂ©e par les auteurs de la version en arabe)

Quand les autorités tunisiennes délivreront-elles son passeport à Mohammed Néjib Krifi ?


Assabilonline, Tunisie Le citoyen tunisien Mohammed NĂ©jib Krifi, originaire de Nabeul, a fait Ă©tat de sa privation de passeport depuis 1998, date de sa sortie de prison oĂč il avait passĂ© trois ans pour appartenance Ă  une association non autorisĂ©e. Krifi a adressĂ© une lettre Ă  Assabilonline dans laquelle il exhorte les institutions officielles en Tunisie, ainsi que les structures et organisations de droits de l’homme en Tunisie comme Ă  l’étranger Ă  Ɠuvrer pour que son passeport lui soit restituĂ©. Krifi dit qu’il a prĂ©sentĂ© sept demandes Ă  cette fin au ministĂšre de l’IntĂ©rieur tunisien, Ă  l’administration gĂ©nĂ©rale des frontiĂšres et des Ă©trangers et au ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, mais sans parvenir Ă  obtenir son passeport et il a demandĂ© que soit mis un terme Ă  « un traitement dur, Ă  la nĂ©gligence, Ă  la privation et Ă  l’oppression ». [
] Voici le texte de la lettre de monsieur Mohammed NĂ©jib Krifi Nabeul, le 15 septembre 2020 A toute personne concernĂ©e Objet : demande d’intervention pour l’obtention d’un passeport saisi Je soussignĂ©, Mohammed NĂ©jib Krifi, dĂ©tenteur de la carte nationale d’identitĂ© n°01835494, dĂ©livrĂ©e Ă  Tunis le 24 avril 2010, nĂ© le 8 dĂ©cembre 1966 Ă  Nabeul, demeurant rue HĂ©di SaĂŻdi, citĂ© Monji Slim Ă  Nabeul, ai Ă©tĂ© condamnĂ© en 1995 Ă  trois ans d’emprisonnement pour appartenance Ă  une association non autorisĂ©e et Ă  une peine complĂ©mentaire de cinq ans de contrĂŽle administratif qui a pris fin en 2003. On m’a retirĂ© mon passeport en fĂ©vrier 1998 Ă  ma sortie de prison et depuis cette date, j’ai prĂ©sentĂ© de nombreuses demandes Ă  toutes les parties concernĂ©es afin qu’il me soit restituĂ©, en vain, et j’ai fait l’objet de leurs tergiversations, reports et justifications qui n’en Ă©taient pas. Voici le rĂ©capitulatif de mes courriers aux autoritĂ©s concernĂ©es : 1)   Demande Ă  l’administration gĂ©nĂ©rale des frontiĂšres et des Ă©trangers en fĂ©vrier 2003 2)   Demande Ă  l’administration gĂ©nĂ©rale des frontiĂšres et des Ă©trangers le 14 septembre 2004 3)   Demande au ministre de l’IntĂ©rieur le 14 septembre 2004 4)   Demande au ministre de la Justice et des Droits de l’Homme le 14 septembre 2004 5)   Demande Ă  l’administration gĂ©nĂ©rale des FrontiĂšres et des Etrangers le 19 janvier 2008 6)   Demande Ă  l’administration gĂ©nĂ©rale des frontiĂšres et des Ă©trangers le 26 juin 2008 7)   Demande Ă  l’administration gĂ©nĂ©rale des frontiĂšres et des Ă©trangers le 6 mars 2010. A la fin, et aprĂšs de nombreuses tergiversations, on m’a prĂ©sentĂ© les documents pour le passeport et dĂ©livrĂ© un reçu au poste de police de Sidi Amor Ă  Nabeul le 1 er novembre 2008 sous le numĂ©ro 186 et depuis cette date j’attends mon passeport de l’administration gĂ©nĂ©rale des frontiĂšres et des Ă©trangers, en vain. Est-il concevable que je fasse l’objet de tergiversations, de reports alors que je n’ai commis aucun dĂ©lit pouvant le justifier ? Je demande un droit qui est garanti par la Constitution du pays et ses lois ainsi que par les conventions internationales qu’il a ratifiĂ©es et signĂ©es. Pourquoi viole-t-on ce droit quand il s’agit de moi et me prive-t-on d’un passeport m’ouvrant la libertĂ© de circulation et de voyage ?[
] Je vous appelle Ă  intervenir pour m’aider Ă  obtenir ce qui est mon droit. Je vous remercie pour tout ce que vous tenterez Ă  cette fin. Signature : Mohammed NĂ©jib Krifi www.assabilonline.net (traduction d’extraits ni revue ni corrigĂ©e par les auteurs de la version en arabe, LT)


Deux mois sur quatre ans


13 septembre 2010   Aujourd’hui tu as achevĂ© ton deuxiĂšme mois dans ta piĂšce sans aĂ©ration. Pour moi il n’y aucun doute : ce temps t’aura permis de te doter de nouvelles Ă©nergies pour te faire aux rĂšgles du « lieu » La guerre du « prisonnier » est longue et ses Ă©tapes sont compliquĂ©es. Au dĂ©but la guerre contre le lieu et les humains va dĂ©boucher sur le plus dur des combats, celui contre les heures et le temps. Des traits de ton visage vus Ă  travers cet « inhumain » rideau de verre et au timbre de ta voix Ă  travers ce douloureux interphone j’ai su que tu as franchi la premiĂšre Ă©tape avec succĂšs, mĂȘme avec l’obstacle des maladies qui consument ton corps. Tu as trouvĂ© des points d’équilibre avec des ĂȘtres humains que tu ne connais pas. Entre ton affaire et les leurs, il y a des distances mais tu as créé une sorte de familiaritĂ© en tendant des fils. Tu t’es acclimatĂ© Ă  l’air putride, aux crises d’asthmes aigues et Ă  la prise de mĂ©dicaments de toutes sortes qui calment les douleurs et qui aiguisent les douleurs, et retardent l’aggravation de ton Ă©tat. Tu as dĂ©jĂ  connu la prison et tu as l’expĂ©rience des combats victorieux. C’est sur que ce n’est pas le « temps » qui l’emportera. Tu as dit un jour Ă  propos de ton incarcĂ©ration antĂ©rieure « le combat du temps se gagne par la libertĂ© de la pensĂ©e et de la rĂ©flexion sur le passĂ© et l’avenir ». J’ai dit : « comment ? » Tu as rĂ©pondu : « la prison est une entreprise qui dĂ©truit celui qui y rentre et surtout les militants et peut-ĂȘtre que le dĂ©but de la dĂ©sintĂ©gration et la perte des repĂšres vient du combat perdu contre le « temps ». Et pour rĂ©ussir, nous  Ă  combattons le temps « mort et pesant » en nomadisant entre le passĂ© et le prĂ©sent » Moi aussi j’ai connu la prison et je ne vois pas de grande diffĂ©rence entre la prison des femmes et la prison des hommes. Je suis passĂ©e maĂźtre alors dans les va et vient entre le passĂ© et le prĂ©sent. J’ai aussi fait attention Ă  l’avenir et j’ai aimĂ© l’avenir et j’ai affinĂ© mon nomadisme entre les contours temporels et la douceur qu’il y a Ă  s’éloigner des murs en pensĂ©e. Tu vois alors derriĂšre toi le geĂŽlier prisonnier de la puissance de sa ruse Ă  l’intĂ©rieur des murs. J’ai pris de la hauteur et j’ai dessinĂ© en dĂ©pit de la douleur et du dĂ©sir et de la faiblesse parfois des chemins et des itinĂ©raires, tu y Ă©tais et y es-tu encore, Fahem ? Termines-tu les autres phases des combats de la prison ? Que tu restes un peu ou longtemps, les maladies auront raison de toi et d’autres victimes te rejoindront mais l’heure de la dĂ©livrance sonnera, et bientĂŽt. Sans doute, mĂȘme s’ils t’empĂȘchent d’assister Ă  l’arrivĂ©e de l’automne et la rentrĂ©e des classes, et la maturation des grenades et des dattes ; les hauts murs ne t’ont pas empĂȘchĂ© de suivre la chute des pluies, et toi avec ta raison, tu observes le changement des saisons et tu piques joyeusement un petit somme qui se termine par le lever du soleil de la libertĂ© et l’apparition d’un arc en ciel. LibertĂ© pour toi Le beau pays brisera toutes les chaĂźnes Afef Bennaceur (traduction d’extraits ni revue ni corrigĂ©e par l’auteure de la version en arabe, LT)


Le ComitĂ© pour les droits de l’Homme en Tunisie salue la relaxe de Ben Brik


Le ComitĂ© pour le Respect des LibertĂ©s et des Droits de l’Homme en Tunisie dit avoir accueilli “avec grande satisfaction” la relaxe par le tribunal correctionnel de Paris du journaliste Taoufik Ben Brik, dans un communiquĂ© datĂ© du samedi 18 septembre. L’opposant tunisien Ă©tait soupçonnĂ© depuis 2004 de viols, d’agressions sexuelles et de violences sur Kaouther Kouki, une jeune femme de 30 ans Ă  l’Ă©poque des faits. Le CRLDHT salue la dĂ©cision de la 12e chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Paris qui a jugĂ© les charges insuffisantes. Il estime que la justice française a fait preuve “d’indĂ©pendance” et “d’impartialitĂ©”. Au cours de son procĂšs, les avocats de Taoufik Ben Brik avaient rappelĂ© “la pratique qui consiste Ă  museler les militants en les attaquant pĂ©nalement pour des affaires de droit commun”. Le procĂšs en Tunisie vivement critiquĂ© Le ComitĂ© a par ailleurs vivement critiquĂ© la tenue du procĂšs de Taoufik Ben Brik en Tunisie. L’opposant au pouvoir avait Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© en octobre dernier et condamnĂ© Ă  6 mois de prison ferme pour avoir agressĂ© une femme et l’avoir rouĂ© de coups. Le CRLDHT affirme que la justice tunisienne a Ă©tĂ© “instrumentalisĂ©e Ă  des fins de rĂ©pression politique”. “Chaque annĂ©e oĂč il y a une prĂ©sidentielle (en Tunisie), je violente des femmes”, avait ironisĂ© le journaliste.
 
(Source: Nouvelobs.com le 19 septembre 2010) Lien: http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20100919.OBS0062/le-comite-pour-les-droits-de-l-homme-en-tunisie-salue-la-relaxe-de-ben-brik.html

Relaxé, Taoufik Ben Brik ironise sur son sort


17/09/2010 Le journaliste et opposant au rĂ©gime du prĂ©sident Ben Ali, Taoufik Ben Brik a Ă©tĂ© relaxĂ© des chefs d’accusation de violence et d’agression sexuelle contre une femme en 2004. La rĂ©alitĂ© des faits qu’on lui reprochait n’a pas Ă©tĂ© Ă©tablie. Il est dĂ©sormais totalement blanchi par la justice française. Jeudi 16 septembre, le journaliste et opposant tunisien Taoufik Ben Brik a Ă©tĂ© relaxĂ© par le tribunal correctionnel de Paris, alors qu’il Ă©tait poursuivi par une jeune femme qui l’accusait depuis 2004 de l’avoir frappĂ©e et violentĂ©e lors d’un sĂ©jour Ă  Paris. Mais les charges pesant sur le journaliste ont Ă©tĂ© jugĂ©es insuffisantes par la 12e chambre du tribunal correctionnel. Explication : les accusations de la partie civile, Kaouther Kouki, aujourd’hui ĂągĂ©e de 36 ans, sont apparues trĂšs contradictoires et le comportement de celle-ci au moment des faits a Ă©tĂ© jugĂ© ambigu. Petit week-end amoureux Taoufik Ben Brik Ă©tait soupçonnĂ© d’avoir exercĂ© des violences volontaires sur Kaouther Kouki au cours d’un sĂ©jour Ă  Paris en mars 2004. La jeune femme prĂ©tend qu’elle l’a accompagnĂ© en raison d’une promesse d’embauche que le journaliste lui aurait fait miroiter en Ă©change d’un « petit week-end amoureux Ă  Paris ». Or, Ă  peine une semaine aprĂšs son arrivĂ©e, Kouki portait plainte pour viols, agressions sexuelles et violences. L’information judiciaire alors ouverte s’est pourtant conclue par un non-lieu, le juge d’instruction puis la cour d’appel ne manquant pas de s’interroger ouvertement sur la rĂ©alitĂ© des agressions sexuelles et de la violence allĂ©guĂ©es par la victime. RĂ©cidiviste Puis, Ă  la suite d’une citation directe du parquet, des faits de violences volontaires portant sur une journĂ©e spĂ©cifique du sĂ©jour parisien ont Ă©tĂ© jugĂ©s sĂ©parĂ©ment, hier jeudi. Kaouther Kouki prĂ©tendait s’ĂȘtre fait retenir son passeport par le journaliste et avoir tentĂ© de s’Ă©chapper, alors que Taoufik Ben Brik disait n’avoir « commis aucun forfait ». « Mon seul crime est d’avoir aimĂ© passionnĂ©ment un agent des services spĂ©ciaux tunisiens », a-t-il expliquĂ©, non sans ironie. « Chaque annĂ©e oĂč il y a une prĂ©sidentielle [en Tunisie, NDLR], je violente des femmes. » On s’en souvient, il avait Ă©tĂ© emprisonnĂ© six mois, fin 2009-dĂ©but 2010, en Tunisie pour des faits de violences sur une femme. Quant Ă  ses avocats, Mes William Bourdon et LĂ©a Forestier, ils ont rĂ©agi en pointant du doigt « la pratique qui consiste Ă  museler les militants en les attaquant pĂ©nalement pour des affaires de droit commun ».
 


Tunisie-UE : reprise des négociations sur le statut avancé


Xinhua 19.09.2010 15h05 La Tunisie et l’Union europĂ©enne (UE) vont se rĂ©unir de nouveau, le 27 septembre Ă  Bruxelles, pour nĂ©gocier un renforcement de leurs relations et l’attribution, par Bruxelles Ă  Tunis, d’un statut de partenaire avancĂ©, a indiquĂ© samedi le site internet tunisien “Kapitalis”. Ce partenariat rĂ©novĂ©, ajoute “Kapitalis” (Le portail d’informations sur la Tunisie et le Maghreb Arabe), concerne tous les domaines, et il est synonyme de nouvelles aides europĂ©ennes pour la Tunisie. La Tunisie a Ă©tĂ© le premier pays du sud de la MĂ©diterranĂ©e Ă  avoir signĂ© en 1995 un accord d’association avec l’UE, Ă©tablissant une coopĂ©ration dans les domaines politique, Ă©conomique, social, culturel et scientifique, et visant la crĂ©ation d’une zone de libre-Ă©change entre les deux parties. En 2004, les deux partenaires se sont entendus sur un plan d’action dans le cadre de la politique europĂ©enne de voisinage. La Tunisie et l’UE sont aussi engagĂ©es dans le processus de crĂ©ation de l’Union pour la MĂ©diterranĂ©e, dont le secrĂ©tariat permanent vient d’ĂȘtre installĂ© Ă  Barcelone en Espagne, oĂč devrait se tenir en novembre prochain le second sommet de cet ensemble rĂ©gional.


L’Obstination du tĂ©moignage : rapport 2010 de l’Observatoire
 pour la protection des dĂ©fenseurs des droits de l’Homme

16/09/2010

Tour du monde des Droits de l’Homme : qui contrĂŽle la sociĂ©tĂ© civile s’assure du rĂ©sultat des Ă©lections

L’Observatoire pour la protection des dĂ©fenseurs des droits de l’Homme, programme conjoint de la FĂ©dĂ©ration internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), qui accompagne, suit, et protĂšge tout au long de l’annĂ©e les dĂ©fenseurs, publie aujourd’hui son Rapport annuel 2009. Ce rapport est consacrĂ© Ă  une annĂ©e entiĂšre de combat pour les droits de l’Homme Ă  travers le monde.

 

Qui Ă©voque la dĂ©mocratie et l’Etat de droit dans nos sociĂ©tĂ©s contemporaines fait immĂ©diatement rĂ©fĂ©rence au droit des peuples de choisir librement, par le vote, leurs dirigeants. Un droit explicitement garanti par la DĂ©claration universelle des droits de l’Homme et qui suppose, pour sa rĂ©alisation, la conjugaison de diffĂ©rents Ă©lĂ©ments – respect des libertĂ©s d’association et d’expression, transparence, libertĂ© d’information, libertĂ© de rĂ©union – sans lesquels aucun scrutin ne saurait ĂȘtre reconnu comme libre et Ă©quitable. Mais si de nombreuses Ă©lections ont effectivement eu lieu Ă  travers le monde en 2009, beaucoup de ces scrutins n’ont pas rĂ©pondu Ă  ces exigences. Dressant un Ă©tat des lieux prĂ©cis de la situation des dĂ©fenseurs des droits de l’Homme dans le monde en 2009, le rapport annuel de l’Observatoire pour la protection des dĂ©fenseurs des droits de l’Homme, dĂ©nonce la rĂ©pression qui s’est encore durcie Ă  l’encontre des dĂ©fenseurs sur tous les continents, Ă  l’approche d’échĂ©ances Ă©lectorales. Plus gĂ©nĂ©ralement, ce rapport illustre avec force la difficultĂ© et le danger de promouvoir le dĂ©bat d’idĂ©es, le pluralisme et l’idĂ©al dĂ©mocratique.

Musellement de l’opposition, asservissement des mĂ©dias, modifications constitutionnelles destinĂ©es Ă  maintenir certains chefs d’Etats au pouvoir : lors des scrutins qui ont jalonnĂ© l’annĂ©e 2009 force est de constater que bien peu de dirigeants en place ont acceptĂ© de jouer le jeu du pluralisme. “Dans ce contexte, les dĂ©fenseurs des droits de l’Homme qui tentent au quotidien de faire en sorte que les droits et libertĂ©s fondamentaux soient garantis, ont Ă©tĂ© soumis Ă  une pression importante quand ils n’ont pas payĂ© de leur vie leur engagement” a dĂ©clarĂ© Souhayr Belhassen, prĂ©sidente de la FIDH. “Le rĂŽle qu’ils ont jouĂ© dans les processus Ă©lectoraux a encore accentuĂ© une rĂ©pression dont ils faisaient dĂ©jĂ  l’objet auparavant”, a-t-elle ajoutĂ©.

“Ce rapport annuel dĂ©montre aussi que, mĂȘme au sein des dĂ©mocraties les plus accomplies – ou qui s’affirment comme telles – la vigilance doit rester de mise, et la dĂ©fense des droits fondamentaux peut toujours ĂȘtre remise en cause pour les besoins de l’efficacitĂ© de politiques contestables, ou d’un plus grand contrĂŽle des corps sociaux. Il montre en tout Ă©tat de cause combien les dĂ©fenseurs, oĂč que ce soit, jouent un rĂŽle primordial de rempart contre l’arbitraire et les abus, et demeurent plus que jamais la clef de voĂ»te de l’Etat de droit”, conclut Eric Sottas, SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’OMCT.

Afrique Subsaharienne

L’annĂ©e 2009 a Ă©tĂ© marquĂ©e par une multiplication d’assassinats que ce soit au Burundi, au Kenya, au Nigeria, en RĂ©publique du Congo, en RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo (RDC), ou encore en Somalie. L’intensification de la rĂ©pression a en outre Ă©tĂ© favorisĂ©e par un dĂ©nigrement systĂ©matique des dĂ©fenseurs de la part de certains chefs d’États (Gambie). Les dĂ©fenseurs ont Ă©tĂ© particuliĂšrement rĂ©primĂ©s dans le contexte d’échĂ©ances Ă©lectorales ou de crises politiques qui ont jalonnĂ© la rĂ©gion. Tel a Ă©tĂ© le cas en GuinĂ©e-Conakry, Ă  la suite de la violente rĂ©pression du 28 septembre 2009.

Les dĂ©fenseurs se sont aussi trouvĂ©s en premiĂšre ligne de la rĂ©pression Ă  l’occasion de crises liĂ©es Ă  des Ă©lections contestĂ©es (Mauritanie, NigĂ©ria, RĂ©publique du Congo). Ceux qui ont dĂ©noncĂ© la violence post-Ă©lectorale (Kenya, Zimbabwe) ou appelĂ© Ă  la tenue d’élections libres (Soudan) ont Ă©tĂ© assimilĂ©s Ă  l’opposition et menacĂ©s, arrĂȘtĂ©s, attaquĂ©s ou harcelĂ©s.

Dans les zones de conflit ou de post-conflit, les entraves Ă  l’encontre des dĂ©fenseurs se sont poursuivies en 2009 et le personnel humanitaire a continuĂ© d’ĂȘtre exposĂ© Ă  des risques considĂ©rables (Somalie, Soudan). Les dĂ©fenseurs qui luttent contre l’impunitĂ© et apportent leur soutien aux victimes, en particulier devant la Cour pĂ©nale internationale (CPI) ont Ă©galement Ă©tĂ© fortement rĂ©primĂ©s, victimes de menaces, d’actes de harcĂšlement et d’intimidation (Soudan, RĂ©publique Centrafricaine, RDC).

La rĂ©pression s’est par ailleurs accrue Ă  l’encontre des dĂ©fenseurs des droits Ă©conomiques, sociaux et culturels sur l’ensemble du continent, et en particulier Ă  l’égard de celles et ceux qui ont dĂ©noncĂ© la corruption. Certains ont Ă©tĂ© assassinĂ©s (Burundi, Kenya, NigĂ©ria, RDC), d’autres menacĂ©s de mort (Cameroun, RDC), agressĂ©s (GuinĂ©e Bissau) ou arrĂȘtĂ©s (Cameroun, Kenya, NigĂ©ria). La libertĂ© du mouvement syndical a aussi continuĂ© d’ĂȘtre entravĂ©e dans plusieurs pays du continent (Djibouti, Ethiopie, Gambie, Zimbabwe).

Si la libertĂ© de la presse a gagnĂ© du terrain dans certains pays comme au SĂ©nĂ©gal, des journalistes ont cette annĂ©e encore trouvĂ© la mort dans l’exercice de leurs fonctions (Kenya, RDC, Somalie). En outre, plusieurs Etats continuent de pĂ©naliser les dĂ©lits de presse (Cameroun, Mauritanie, Niger, RĂ©publique du Congo, Rwanda). La libertĂ© d’expression est Ă©galement restreinte autour de la question des conflits armĂ©s (RCA) et les États censurent les mĂ©dias lors des Ă©chĂ©ances Ă©lectorales (Niger, RDC, Soudan) et les utilisent pour relayer des propos dĂ©nigrant les activitĂ©s de dĂ©fense des droits de l’Homme.

Afrique du Nord et Moyen Orient

Campagnes de diffamation, harcĂšlement judiciaire, violences, disparitions forcĂ©es, dĂ©tention arbitraire, torture, assassinats… la rĂ©pression s’est poursuivie dans la rĂ©gion en 2009. En Tunisie et en AlgĂ©rie, les Ă©lections prĂ©sidentielles ont donnĂ© lieu Ă  de nombreuses mesures visant Ă  museler toute voix contestataire. Par ailleurs, le maintien de l’état d’urgence en Syrie, en Egypte, en AlgĂ©rie et au YĂ©men dans la province de Saada a soumis les dĂ©fenseurs des droits de l’Homme Ă  une lĂ©gislation d’exception. Enfin, dans les Etats touchĂ©s par des conflits armĂ©s (IsraĂ«l/TPO, YĂ©men), les autoritĂ©s ont instrumentalisĂ© les troubles pour restreindre les activitĂ©s des dĂ©fenseurs. Ainsi, celles et ceux qui ont dĂ©noncĂ© les violations commises dans le cadre de conflits armĂ©s ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s par les autoritĂ©s (IsraĂ«l/TPO) et poursuivis, accusĂ©s de sympathiser avec les mouvements d’insurrection armĂ©e ou sĂ©paratistes (Maroc et Sahara occidental, YĂ©men).

Dans certains pays, il a Ă©tĂ© impossible aux mouvements de dĂ©fense des droits de l’Homme de se constituer ouvertement (Arabie saoudite, Libye). Dans plusieurs Etats, la formation d’une association est restĂ©e subordonnĂ©e Ă  l’obtention d’une autorisation administrative prĂ©alable (BahreĂŻn, Egypte, Jordanie, Libye, Syrie). Par ailleurs, dans les pays oĂč aucune autorisation administrative n’est nĂ©cessaire pour exercer une activitĂ© associative, les autoritĂ©s se sont parfois refusĂ©es Ă  appliquer ce droit (AlgĂ©rie, Maroc et Sahara occidental, Tunisie). En 2009, les dĂ©fenseurs des droits de l’Homme ont fait l’objet de campagnes de diffamation s’inscrivant dans une stratĂ©gie globale de criminalisation du mouvement des droits de l’Homme (BahreĂŻn, Maroc, Tunisie). D’autre part, l’utilisation de lois rĂ©pressives Ă  des fins politiques a encore Ă©tĂ© renforcĂ©e par l’instrumentalisation de la procĂ©dure judiciaire – procĂšs devant des cours d’exception, aveux obtenus sous la torture, etc. (BahreĂŻn, Egypte, Syrie, Tunisie, YĂ©men).

Dans d’autres pays, la pratique des disparitions forcĂ©es (Syrie, YĂ©men), de la torture (BahreĂŻn, Egypte, Tunisie, YĂ©men, Libye) et de la dĂ©tention administrative sans inculpation ni jugement (Egypte, IsraĂ«l) est restĂ©e rĂ©pandue. De nombreux dĂ©fenseurs des droits de l’Homme ont par ailleurs Ă©tĂ© empĂȘchĂ©s de quitter le territoire national ou arrĂȘtĂ©s suite Ă  leur participation Ă  l’étranger Ă  des confĂ©rences relatives aux droits de l’Homme (Arabie saoudite, Egypte, IsraĂ«l, Syrie, Tunisie). Les autoritĂ©s ont par ailleurs accru la surveillance des dĂ©fenseurs, les harcelant dans leur vie privĂ©e et professionnelle (Tunisie, AlgĂ©rie, IsraĂ«l /TPO).

La libertĂ© de la presse a continuĂ© d’ĂȘtre bafouĂ©e. Des journaux ont Ă©tĂ© saisis ou interdits de diffusion (AlgĂ©rie, Maroc, YĂ©men), des centres de mĂ©dias fermĂ©s par les autoritĂ©s (IsraĂ«l/TPO, Syrie, Tunisie) et des journalistes poursuivis (AlgĂ©rie, BahreĂŻn, Egypte, Maroc, Syrie, Tunisie, YĂ©men).

Amériques

En 2009, la situation des droits de l’Homme et de leurs dĂ©fenseurs est restĂ©e critique dans les AmĂ©riques et les CaraĂŻbes. L’annĂ©e a notamment Ă©tĂ© marquĂ©e par le premier coup d’Etat depuis la chute des dictatures militaires dans les annĂ©es 1980 : le coup d’Etat du 28 juin 2009 au Honduras a secouĂ© tout le continent, rappelant que la construction de la dĂ©mocratie reste un dĂ©fi permanent.

MĂȘme si certains Etats ont dĂ©montrĂ© leur volontĂ© de poursuivre en justice les responsables de crimes commis sous les dictatures militaires, les dĂ©fenseurs luttant contre l’impunitĂ© ont malgrĂ© tout Ă©tĂ© victimes de sĂ©rieuses menaces visant Ă  entraver leurs actions en faveur de la justice (Argentine, Chili, Colombie, Guatemala, Honduras, PĂ©rou, Mexique).

Par ailleurs, les communautĂ©s autochtones sont souvent victimes de violations de leur droit Ă  la terre, voire violemment expulsĂ©es des rĂ©gions qui prĂ©sentent un intĂ©rĂȘt Ă©conomique. Ces violations incluent des pratiques telles que la criminalisation de la protestation sociale et les dĂ©tentions arbitraires (BrĂ©sil, Chili, Equateur, Guatemala, PĂ©rou), les menaces (Guatemala, Mexique, PĂ©rou), les mauvais traitements, allant jusqu’à l’assassinat de dĂ©fenseurs et de dirigeants communautaires (Chili, El Salvador, Guatemala, Mexique, PĂ©rou).

Dans certains pays, la dĂ©fense des droits Ă©conomiques et sociaux constitue un mĂ©tier Ă  risque (Colombie, Guatemala, Honduras, Venezuela). La Colombie est ainsi restĂ©e en 2009 le pays le plus dangereux pour les syndicalistes : selon la Centrale unique des travailleurs de Colombie (CUT), 46 syndicalistes auraient Ă©tĂ© tuĂ©s en 2009. Les dĂ©fenseurs des droits des femmes ont Ă©galement fait l’objet d’attaques et de menaces, et en particulier celles et ceux qui ont dĂ©noncĂ© les violences faites aux femmes ou demandĂ© le respect des droits sexuels et reproductifs (Colombie, Guatemala, Mexique, Nicaragua). Les dĂ©fenseurs des droits des homosexuels, bisexuels et transsexuels (LGBT) ont aussi Ă©tĂ© victimes de violences, notamment en raison du fait que les Etats ne se sont pas engagĂ©s Ă  garantir leur droit Ă  la libertĂ© d’expression ni assurer leur protection (en particulier en Colombie et au Honduras). L’insĂ©curitĂ© des journalistes dĂ©nonçant des violations des droits de l’Homme ou des cas de corruption dans certains pays d’AmĂ©rique latine est restĂ© un autre sujet de grande prĂ©occupation en 2009 (Bolivie, Equateur, HaĂŻti, Mexique, Nicaragua, Venezuela).

Dans un contexte de militarisation croissante, les dĂ©fenseurs des droits de l’Homme qui ont dĂ©noncĂ© les procĂ©dĂ©s arbitraires et les abus de la police et des militaires ainsi que l’existence et les agissements de forces de sĂ©curitĂ© en marge de la loi ont continuĂ© d’ĂȘtre la cible de menaces graves (BrĂ©sil, Colombie, Guatemala, Honduras, Mexique).

Asie

Les Ă©lections qui se sont dĂ©roulĂ©es dans plusieurs pays d’Asie en 2009 ont Ă©tĂ© entachĂ©es de nombreuses violations des droits de l’Homme et d’actes d’intimidation (Afghanistan et IndonĂ©sie). La rĂ©pression dans le contexte post-Ă©lectoral en Iran a par ailleurs conduit a des arrestations massives dans les rang de manifestants pacifiques parmi lesquels de nombreux dĂ©fenseurs des droits de l’Homme. En Birmanie, la junte militaire a Ă©galement pris le soin d’éradiquer toute contestation politique Ă  la veille des Ă©lections de 2010. Dans un tel contexte, de nombreux gouvernements ont continuĂ© de restreindre les libertĂ©s d’expression, de rassemblement et d’association et de contrĂŽler l’accĂšs Ă  l’information (Afghanistan, Bangladesh, Cambodge, Chine, Iran, Malaisie, Sri Lanka, ThaĂŻlande, Vietnam). De nombreux pays d’Asie ont de nouveau fait appel Ă  des arguments sĂ©curitaires pour restreindre les libertĂ©s fondamentales et la dĂ©mocratie, maintenant ainsi en vigueur des lois rĂ©pressives afin de restreindre les activitĂ©s liĂ©es aux droits de l’Homme (Malaisie, Sri Lanka). Dans d’autres pays, de nouvelles lĂ©gislations ont Ă©tĂ© introduites pour entraver encore davantage les activitĂ©s des dĂ©fenseurs (Cambodge, IndonĂ©sie, Bangladesh et Pakistan).

Les avocats dĂ©fenseurs des droits de l’Homme ont fait l’objet de violations systĂ©matiques de leurs droits en Chine et en Birmanie. Au Vietnam, il ont Ă©tĂ© l’objet de poursuites judiciaires et ont Ă©tĂ© dĂ©tenus. Au Cambodge, en Iran, au Pakistan et au Sri Lanka, ils ont Ă©galement Ă©tĂ© victimes de harcĂšlement, de menaces de mort ou d’attaques.

En outre, les dĂ©fenseurs des droits de l’Homme et les ONG ont Ă©galement Ă©tĂ© pris pour cible pour avoir dĂ©noncĂ© les exĂ©cutions extrajudiciaires, la corruption et autres violations des droits de l’Homme commises par les forces de police, de sĂ©curitĂ© et l’armĂ©e ainsi que pour avoir voulu combattre l’impunitĂ© de telles violations (Bangladesh, Inde, NĂ©pal, Philippines, Sri Lanka et ThaĂŻlande). Les dĂ©fenseurs luttant contre l’impunitĂ© ont continuĂ© d’ĂȘtre perçus comme une menace par les autoritĂ©s et dĂ©noncĂ©s comme “terroristes”, “sĂ©paratistes” ou encore “supporters de forces anti-Ă©tatiques” (Philippines, Sri Lanka, ThaĂŻlande) et Ă©tĂ© victimes de harcĂšlement (IndonĂ©sie).

Les dĂ©fenseurs des droits des femmes ont Ă©tĂ© menacĂ©s et harcelĂ©s (Afghanistan, NĂ©pal) et ont fait l’objet d’intimidations (Inde). Les dĂ©fenseurs des minoritĂ©s, notamment religieuses, ont Ă©tĂ© soumis Ă  des actes de harcĂšlement et de violence, particuliĂšrement en Inde et au Pakistan. Ils ont Ă©galement fait l’objet de reprĂ©sailles (Bangladesh, Chine et Vietnam) ou ont Ă©tĂ© dĂ©tenus arbitrairement (Iran).

Enfin, les dĂ©fenseurs du droit Ă  la terre et celles et ceux qui ont dĂ©noncĂ© les expulsions forcĂ©es ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s et dĂ©tenus arbitrairement (Bangladesh, Birmanie, Cambodge, Chine, IndonĂ©sie, Malaisie, Pakistan). Quant aux dĂ©fenseurs de l’environnement, ils ont Ă©tĂ© victimes d’assassinats ou d’autres formes d’attaques (ThaĂŻlande), de reprĂ©sailles (Inde), de mesures rĂ©pressives (Bangladesh) ou de harcĂšlement (Philippines).

Europe de l’Est / Asie centrale

L’absence de pluralisme politique dans la majoritĂ© des pays de la rĂ©gion a continuĂ© de favoriser l’émergence de pouvoirs de plus en plus autoritaires au sein des Etats pour lesquels les dĂ©fenseurs reprĂ©sentent une menace (ArmĂ©nie, AzerbaĂŻdjan, BĂ©larus, Russie, GĂ©orgie, Kazakhstan, Kirghizistan, OuzbĂ©kistan, TurkmĂ©nistan). Par ailleurs, les tentatives de rapprochement de la communautĂ© internationale pour sortir certains pays particuliĂšrement rĂ©pressifs de leur isolement n’ont pas portĂ© leurs fruits (OuzbĂ©kistan, BĂ©larus, TurkmĂ©nistan). Le Kazakhstan, pourtant Ă©lu Ă  la prĂ©sidence de l’Organisation pour la sĂ©curitĂ© et la coopĂ©ration en Europe (OSCE) en 2010 a fait preuve de peu de volontĂ© pour amĂ©liorer la situation des droits de l’Homme.

Cette annĂ©e encore, les dĂ©fenseurs ont fait l’objet de menaces de mort et/ou d’attaques dans la plupart des pays de la rĂ©gion (AzerbaĂŻdjan, Russie, GĂ©orgie, Kazakhstan, OuzbĂ©kistan, TurkmĂ©nistan). En Russie, des actes de violence sont allĂ©s jusqu’à l’assassinat de six dĂ©fenseurs dans l’impunitĂ© la plus totale. Ainsi, au BĂ©larus et en Russie, les dĂ©fenseurs luttant contre la xĂ©nophobie ont Ă©tĂ© victimes de menaces et de violences par des organisations d’extrĂȘme droite, allant jusqu’à l’assassinat (Russie). De mĂȘme, les dĂ©fenseurs des droits des homosexuels, bisexuels et transsexuels (LGBT) ont Ă©tĂ© victimes de menaces et de violences (GĂ©orgie, Serbie).

D’autre part, ces derniĂšres annĂ©es, les Etats de la rĂ©gion ont mis en place un arsenal juridique pour encadrer de maniĂšre stricte les libertĂ©s d’association et de rassemblement pacifique. Dans ce contexte, de nouvelles lois restrictives ont Ă©tĂ© adoptĂ©es sur les mĂ©dias (BĂ©larus, Kazakhstan), la libertĂ© d’association (AzerbaĂŻdjan) et la libertĂ© de rassemblement (GĂ©orgie, Kirghizistan). De maniĂšre gĂ©nĂ©rale, la question de l’enregistrement des associations est restĂ©e une prĂ©occupation majeure (TurkmĂ©nistan, OuzbĂ©kistan, BĂ©larus, AzerbaĂŻdjan) et il est Ă©galement devenu trĂšs difficile, voire impossible de tenir des rassemblements pacifiques (BĂ©larus, OuzbĂ©kistan, TurkmĂ©nistan) et ce, mĂȘme dans les pays se disant dĂ©mocratiques (GĂ©orgie, Serbie).

Les Etats ont Ă©galement tentĂ© de limiter le travail des dĂ©fenseurs par la mise en place d’un systĂšme de surveillance extrĂȘmement poussĂ© et en entravant les Ă©changes de ces derniers avec leurs partenaires Ă  l’étranger (TurkmĂ©nistan, BĂ©larus, Kirghizistan, OuzbĂ©kistan, Russie).

Enfin, les dĂ©fenseurs luttant contre l’impunitĂ© ont continuĂ© d’ĂȘtre particuliĂšrement rĂ©primĂ©s (AzerbaĂŻdjan, FĂ©dĂ©ration de Russie, GĂ©orgie). Par ailleurs, le travail des dĂ©fenseurs est restĂ© extrĂȘmement difficile dans les zones de conflit ou de post-conflit (Russie, GĂ©orgie, OuzbĂ©kistan) avec, notamment, le renforcement des politiques sĂ©curitaires (Caucase du Nord).

Europe occidentale

En 2009, les pays d’Europe occidentale ont continuĂ© d’adopter des instruments puissants pour la protection des dĂ©fenseurs des droits de l’Homme. En avril 2009, le Conseil de l’Europe a adoptĂ© une rĂ©solution appelant les parlements nationaux “à soutenir les mesures d’assistance et de protection destinĂ©es aux dĂ©fenseurs menacĂ©s”. Au sein mĂȘme de l’UE, 2009 a Ă©galement Ă©tĂ© marquĂ©e par l’initiative des “villes refuges”, reflĂ©tant une volontĂ© politique de protĂ©ger des dĂ©fenseurs de pays tiers. Il s’agit d’identifier les villes de l’UE prĂȘtes Ă  accueillir des dĂ©fenseurs en danger. Toutefois, Ă  la fin de l’annĂ©e l’initiative n’avait toujours pas Ă©tĂ© officiellement adoptĂ©e par les États. MalgrĂ© ces politiques en faveur des dĂ©fenseurs Ă  l’étranger, la situation des militants des droits de l’Homme dans la rĂ©gion reste Ă  certains Ă©gards prĂ©occupante. Nombre de dĂ©fenseurs continuent en effet de se heurter Ă  des obstacles Ă  leurs activitĂ©s, notamment ceux qui dĂ©fendent les droits des migrants : en France par exemple, la nĂ©cessitĂ© de rĂ©former la lĂ©gislation pour lever les obstacles Ă  la dĂ©fense des droits des migrants a fait l’objet d’un grand dĂ©bat public. Le caractĂšre vague des dispositions concernant le dĂ©lit “d’aide au sĂ©jour irrĂ©gulier” expose les dĂ©fenseurs des droits des migrants au risque de harcĂšlement judiciaire. Dans certains pays de la rĂ©gion, la question des minoritĂ©s ethniques, notamment le peuple rom, est restĂ© en 2009 trĂšs sensible. Dans un tel contexte, ceux qui dĂ©fendent leurs droits ont Ă©tĂ© soumis Ă  des actes de harcĂšlement judiciaire et d’intimidation (GrĂšce, Italie).

De mĂȘme, les dĂ©fenseurs des droits Ă©conomiques et sociaux ont Ă©tĂ© harcelĂ©s. En Turquie notamment, les manifestations pacifiques du mouvement syndical ont Ă©tĂ© rĂ©primĂ©es de façon systĂ©matique, et des dirigeants syndicaux ont Ă©tĂ© soumis Ă  des arrestations et des procĂšs arbitraires.

Sous prĂ©texte de mieux protĂ©ger l’ordre public, le droit au respect de la vie privĂ©e et l’exercice des libertĂ©s civiles ont par ailleurs continuĂ© d’ĂȘtre menacĂ©s en France en 2009, avec la crĂ©ation au sein du ministĂšre de l’intĂ©rieur d’un fichier permettant le fichage, entre autres, des “activitĂ©s publiques” ou des “motivations politiques, religieuses, philosophiques ou syndicales” pouvant ĂȘtre incompatibles “avec l’exercice des fonctions ou des missions envisagĂ©es”. La portĂ©e du texte donne aux autoritĂ©s le pouvoir de collecter des donnĂ©es personnelles sur des reprĂ©sentants actifs de la sociĂ©tĂ© civile, notamment sur des dĂ©fenseurs des droits de l’Homme.

Enfin, la lutte contre l’impunitĂ© pour de crimes internationaux a Ă©tĂ© attaquĂ©e en Espagne, oĂč le juge Baltasar GarzĂłn a Ă©tĂ© soumis Ă  un harcĂšlement judiciaire pour avoir tentĂ© d’enquĂȘter sur des crimes contre l’humanitĂ© commis sous la dictature de Franco.

(Source: Cdurable.info le 17 septembre 2010) Lien: http://www.cdurable.info/Tour-du-Monde-Droits-Homme-Rapport-Observatoire-FIDH-OMCT,2843.html

 

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