18 novembre 2006

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TUNISNEWS
7 ème année, N° 2371 du 18.11.2006

 archives : www.tunisnews.net

Kalima: Une plateforme syndicale dissidente en vue du congrès de l’UGTT AFP: Steinmeier en Tunisie – la question des réformes politiques pas évoquée (Tunis) Le Journal: Cybercriminalité en Tunisie – des internautes «malfaiteurs» en prison Houcine Ghali : la condition de la femme musulmane

 
Un reportage sur

les droits de l’homme en Tunisie

sera diffusé le mercredi 22 novembre sur RTBF SAT à 20h10 et rediffusé le vendredi à 13h55 La RTBF SAT; est émise en clair et en numérique 24h/24 sur le satellite  Astra  1KR 19,2°E (10832,25 MHz).

20:15 Mercredi 22/11/2006 Actualités Questions à la Une
Sujet 1 – Tunisie : la dictature est-elle plus belle au soleil ? La Tunisie, un maître achat des destinations au soleil. Plus de 120.000 Belges s’y rendent chaque années pour y chercher soleil, dépaysement et repos. Mais derrière l’oasis de douceur, se cache, en réalité, une des dictatures les plus sombres, un régime qui persécute, emprisonne et torture systématiquement les opposants. Dans ce pays où les journalistes étrangers ne sont pas les bienvenus, l’équipe de « Questions à la Une » a mené l’enquête et révèle ce soir la face cachée de la Tunisie. Ses investigations l’amènent aussi à s’interroger sur l’indulgence de l’Europe qui tolère, à trois heures d’avion de Bruxelles, un régime qui viole systématiquement les droits de l’homme. Une enquête de Sylvie Duquenoy et Alain Van Belleghem.

 

Une plateforme syndicale dissidente en vue du congrès de l’UGTT

Sihem Bensedrine

 

A quelques semaines du congrès de l’UGTT, la campagne s’échauffe ; une initiative vient d’être lancée par des leaders syndicalistes membres de la commission administrative qui représentent de nombreuses fédérations et unions régionales ; cette initiative semble menacer l’équilibre traditionnel formé par l’équipe qui gravite autour de l’actuel secrétaire général, Abdessalem Jrad. Elle s’apparente à une plateforme électorale pour une liste indépendante qui serait probablement conduite par l’actuel secrétaire général adjoint, Ali Ben Romdhane.

 

Cette plateforme se situe dans le prolongement du combat historique de l’UGTT pour son indépendance depuis sa fondation, elle revendique la dimension nationale du combat de l’UGTT qui s’est impliquée dans le combat pour l’indépendance de la Tunisie et son rôle de contrepoids politique qui a été en souvent en butte aux tentatives de mise au pas. Elle revendique aujourd’hui pour la centrale syndicale une implication plus importante dans les questions nationales, ayant trait aux libertés publiques, à la justice sociale, à l’égalité, et une plus grande ouverture sur la société civile indépendante.

 

Elle stigmatise les promesses non tenues formulées au congrès de Djerba (gestion transparence et démocratique, restructuration, limitation des mandats des responsabilités au bureau exécutif,..) ; enfin elle met m’accent sur l’urgence de combattre la corruption qui sévit au sein des responsables syndicaux et de coller davantage à la défense des intérêts des travailleurs.

 

Tout porte à croire que ce congrès prévu pour les 14-15 décembre à Monastir sera plus houleux que celui de Jerba en 2002.

 

(Source : www.kalimatunisie.com , le 18 novembre 2006)


 

 

Steinmeier en Tunisie:

la question des réformes politiques pas évoquée (Tunis)

 

AFP, vendredi 17 novembre 2006

 

TUNIS – La nécessité de réformes politiques n’a pas été évoquée lors des entretiens qu’a eus le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier en Tunisie, a-t-on indiqué vendredi de source officielle à Tunis.

 

« La question des réformes politiques n’a jamais été évoquée au cours de l’entretien » de M. Steinmeier avec son homologue tunisien Abdelwaheb Abdallah, « ni soulevée en présence du ministre tunisien de l’Enseignement supérieur Lazar Bououni », a-t-on ajouté de même source.

 

Le chef de la diplomatie allemande a quitté vendredi Tunis pour Rabat à l’issue d’une visite de deux jours en Tunisie, troisième étape d’une tournée au Maghreb.

 

AFP


 

 

Annulation de rencontre de presse

Contrairement à ce qui était prévu, la conférence de presse que devait tenir le ministre allemand des Affaires étrangères à l’aéroport de Tunis-Carthage avant son départ pour le Maroc dans le cadre  d’une tournée dans les pays du Maghreb, a été annulée hier (vendredi 17 novembre 2006, NDLR).

 

L’ambassade d’Allemagne à Tunis a expliqué cette décision par les engagements du responsable allemand au Maroc et l’intensité de ses activités en Tunisie.

 

Il est à noter que le chef de la diplomatie allemande avait de nombreux entretiens avec les responsables tunisiens dans le cadre d’une tournée maghrébine intervenant quelques semaines avant la présidence allemande de l’Union Européenne en février 2007.

 

 

Affaires de divorce

10062 jugements de divorce ont été prononcés par les tribunaux au cours de l’année judiciaire 2003-2004.

Ces chiffres sont publiés par l’Institut national de la magistrature.

 

 

Deux cabinets tunisiens auditent la Banque Algérienne BADR

Deux cabinets tunisiens, ERNST & Young dirigé par Noureddine Hajji et Directway Consulting dirigé par Ezzedine Saïdane sont en train d’auditer la Banque Algérienne BADR. Ce consortium doit remettre son rapport final à la Banque Centrale algérienne au courant du mois de décembre prochain.

 

(Source : « Le Temps » (Tunisie) du 18 novembre 2006)

 


 

Un père tunisien accusé d’avoir frappé sa fille qui sortait avec un Français

AFP, samedi 18 novembre 2006

 

LYON (France) – Un Tunisien et son fils, accusés d’avoir frappé et tondu leur fille et soeur, à qui ils reprochaient entre autres d’entretenir une relation avec un jeune Français, ont été placés en garde-à-vue vendredi près de Lyon (centre-est), a-t-on appris samedi de source judiciaire.

 

La jeune fille, française et âgée de 18 ans, s’est présentée au commissariat d’Oullins, près de Lyon, jeudi soir, accusant son frère aîné de lui avoir rasé une partie des cheveux, pendant que son père la maintenait au sol. Elle a aussi été frappée et a reçu trois jours d’incapacité totale de travail.

 

Selon le journal local Le Progrès, qui a révélé les faits, la jeune fille, qui a ensuite été séquestrée un moment dans la salle de bain de l’appartement familial, aurait tenté de se suicider avant de s’enfuir et de se rendre au commissariat.

 

La mère et la soeur aînée, entendues par la police vendredi, ont été libérées.

Le père et le fils, âgés de 62 et 22 ans, auraient partiellement reconnu les faits, indiquant qu’ils reprochaient aussi à la jeune fille des vols et d’autres problèmes de comportement, précise la source judiciaire.

 

Déférés dimanche, ils devraient être jugés en comparution immédiate.

 

AFP  


 

 

Cybercriminalité en Tunisie

DES INTERNAUTES «MALFAITEURS» EN PRISON

Par Elyès BEN SAAD

 

Revers de la médaille du développement accru des nouvelles technologies de l’information et de la communication, la cybercriminalité commence à gagner du terrain en Tunisie. Les autorités viennent de décréter la rigueur sur les plans législatif et technique mais la bataille contre les malfaiteurs du web est loin d’être gagnée.

 

La première affaire de cybercriminalité répertoriée dans les annales du crime en Tunisie date de février 2001. Assurant une mission de routine des spécialistes en sécurité informatique ont intercepté sur la toile des «contenus illicites» véhiculés à partir d’un publinet sis à Ben Arous.

 

Dépêchés sur les lieux, les agents de la police judiciaire ont réussi à prendre en flagrant délit l’internaute malintentionné. (Après plusieurs mois de sa mort, l’auteur n’ose pas nommer el marhoum Zouhayer Yahyaoui, NDLR)

 

Déféré devant le tribunal de première instance de Tunis, il a été accusé de «diffusion via internet de contenus illégaux et mensongers constituant une menace pour la sécurité du pays» et condamné à deux ans de prison ferme.

 

Ainsi une nouvelle forme de criminalité qui fait des ravages sous d’autres cieux est apparue au grand jour dans nos murs. C’était en quelque sorte la face cachée du paradis numérique. Du coup, criminologues et spécialistes en sécurité des systèmes de l’information se sont penchés sur les caractéristiques de cette «criminalité technologique» et les profils de ses auteurs.

 

Dans une étude qu’il a présentée en juin 2005 à l’occasion d’un colloque organisé par l’Institut supérieur de la magistrature (ISM) Hachemi Kasraoui, procureur adjoint de la République au tribunal de première instance de Tunis, précise que la cybercriminalité englobe tous les actes qui touchent aux droits et aux intérêts protégés par la loi, et ce, par le biais d’un ordinateur. Pour les spécialistes en sécurité informatique, les cybercrimes regroupent les attaques de tout type sur les systèmes informatiques (virus, vers, spamming…), la diffusion des contenus illicites (terrorisme, racisme, pédophilie…), les fraudes à la carte de crédit et le cyber-blanchiment d’argent.

 

Les statistiques relatives à ce genre de crimes ne sont pas toujours disponibles. Il n’empêche que des sources autorisées au ministère de la justice et des droits de l’homme estiment que de nombreuses affaires de cybercriminalité ont été examinées par les tribunaux au cours des six dernières années. Néanmoins, la situation est loin d’être alarmante en comparaison avec ce qui se passe aux Etats-Unis et dans plusieurs pays européens où des organismes chargés de veiller sur la sécurité des systèmes informatiques constatent une «professionnalisation accrue» de la criminalité sur Internet devenue une activité lucrative, bien organisée et plutôt répandue.

Escroquerie en ligne

Les experts classent les cybercrimes enregistrés en Tunisie en trois catégories : l’escroquerie en ligne, la diffusion de contenus illégaux et les attaques sur les systèmes informatiques. Liée souvent à la fraude à la carte de crédit, l’escroquerie en ligne est la catégorie la plus redoutable des cybercrimes pour les entreprises d’autant qu’elle entre dans une logique de recherche de gains. Les affaires de ce genre examinées par les tribunaux tunisiens se comptent sur les doigts d’une seule main.

 

L’affaire la plus connue a eu lieu en 2003. L’accusé, un étudiant en 3ème cycle, s’est renseigné via le site web d’une agence de location de voitures sise à l’aéroport de Tunis – Carthage sur les procédures de location en ligne avant d’accéder via un procédé ingénieux aux codes des cartes de crédit utilisées par des touristes canadiens ayant recouru aux services de cette agence. L’escroc du Net âgé de 29 ans a pu ainsi louer à maintes reprises des voitures de luxe.

 

Ce n’est qu’après plusieurs mois que les titulaires de cartes de crédit ont informé l’agence tunisienne sur une éventuelle escroquerie en ligne après avoir constaté que des sommes importantes ont été soustraites de leurs comptes. Alertées, les autorités tunisiennes ont réussi en un temps record à prendre le client suspect en flagrant délit. Détail important : Traduit en justice, l’escroc s’est déclaré prêt à restituer les 80.000 dinars qu’il a dérobés vu sa situation matérielle très confortable. Les juges en ont conclu que l’objectif du jeune diplômé de se procurer de l’argent par des moyens illégaux était plutôt de défier les systèmes informatiques.  

                                

Le «pishing» n’existe pas en Tunisie étant donné que le paiement électronique n’arrive pas encore à prendre son envol. Cette technique consiste à envoyer des e-mails à des particuliers ou à des entreprises en se faisant passer pour un fournisseur de services en ligne (banque, agence de voyage, site d’enchères…) pour leur demander de mettre à jour leurs données personnelles telles l’adresse et le numéro de compte bancaire par l’intermédiaire d’un site web falsifié hébergé par un serveur pirate. Les personnes ou les entreprises qui se font piéger en donnant leurs numéros de comptes deviennent facilement la cible privilégiée des escroqueries en ligne.

 

Tentatives d’intrusion

 

Etant donné que la cybercriminalité dépasse les frontières géographiques, les attaques sur les systèmes informatiques constituent le genre de cybercrime le plus répandu en Tunisie. Deux motivations expliquent généralement la montée en flèche de ces attaques. Il s’agit en premier lieu, selon Hachemi Kasraoui, de la volonté de défier les systèmes informatiques que les criminologues appellent la «maladie de l’élite».

 

Généralement, les auteurs des tentatives d’intrusion et de destruction des bases de données sont des informaticiens de haut vol qui ne cherchent qu’à prouver leur savoir-faire. D’autres pirates sont plutôt animés par des motivations idéologiques, politiques ou religieuses. Ce genre d’attaques est encore rare dans nos murs. L’exemple le plus connu est celui de la destruction du site de la commission nationale de défense de l’ancien président irakien Saddam Hussein. Les experts en sécurité des systèmes de l’information constatent également que certains jeunes tunisiens consultent des sites incitant à la violence et la haine par simple curiosité.

 

Toujours est-il que les virus, les vers et le spamming constituent une menace réelle pour les systèmes informatiques en Tunisie. «L’Agence nationale de sécurité informatique et les différents fournisseurs d’accès à Internet placent désormais des pare-feux et des filtres qui protègent les systèmes des attaques externes. Raison pour laquelle les virus qui passent ne sont pas très dangereux», précise Chokri Terzi, consultant senior en systèmes de l’information. Et d’ajouter : «Il n’empêche que les particuliers négligent les risques qu’ils encourent en raison du manque de médiatisation».

 

Sur le plan officiel, une stratégie de sécurité informatique a été mise en place depuis 2002. Mais ce n’est qu’en février 2004 qu’une loi est venue enrichir le cadre législatif et institutionnel de lutte contre la cybercriminalité à travers la création de l’Agence Nationale de Sécurité Informatique (ANSI). Cette loi est la première au monde qui oblige les entreprises à effectuer un audit sécurité périodique.

 

Des sessions de formation organisées par l’ANSI ont permis jusqu’ici de former 150 formateurs dans le domaine de la sécurité informatique et 70 experts auditeurs. La Tunisie a été également le premier pays arabe et africain à se doter d’un CERT (Computer Emergency Response Team, traduire : Equipe de réponse aux urgences informatiques).

 

Ce centre assure en temps réel encadrement et soutien aux particuliers et aux entreprises à travers une adresse électronique (asistance@ansi.tn) et le numéro vert 80100267.

 

Cette politique avant-gardiste en matière de sécurité informatique a été à l’origine de l’élection de la Tunisie au poste de secrétaire général du Centre islamique d’assistance en sécurité informatique dont le siège est à Kuala Lampur en Malaisie.

 

(Source : « Le Journal », N°49 du 18 novembre 2006)

Lien : http://www.gplcom.com/journal/fr/article.php?article=856&gpl=49

 


LA CONDITION DE LA FEMME MUSULMANE

Houcine Ghali, Genève

 

 » Les hommes ont autorité sur les femmes du fait qu’ Allah a préféré certains d’entre vous à certains autres et du fait que les hommes font dépense de leurs biens en faveur des femmes.

Les femmes vertueuses font auraison et protègent ce qui doit l’être, du fait de ce qu’Allah consigne. Celles dont vous craignez l’indocilité, admonestez les. Reléguez les dans les lieux où elles couchent. Frappez les. Si elles vous obéissent, ne cherchez plus contre elles de voie de contrainte » ( 1 ).

 

L’infériorité de la femme musulmane se trouve ainsi voulue par Dieu et inscrite dans le Coran. Et cela n’est guère étonnant car l’oppression ancestrale de la femme musulmane correspond effectivement au processus historique et socio-politique à travers lequel la société arabe s’est constituée, a évolué et s’est consolidée.

 

L’avènement de l’Islam n’a fait, en réalité, que maintenir et renforcer la prépondérance de la société patriarcale qui était de rigueur à la période pré-islamique, en la cimentant par l’ordre coranique: « Les hommes ont autorité sur les femmes. Par les dons qu’il leur a octroyés, Dieu a élevé les hommes au-dessus des femmes  » ( 2 ).

 

Les oulemas, cheikhs, écrivains et autres détenteurs de la vérité sur l’esprit du Coran et l’explication des paroles de Dieu se sont attelés à renforcer la domination de la femme musulmane et à célébrer son infériorité. C’est ainsi que Mustapha Kamel s’oppose farouchement à l’émancipation de la femme en l’excluant de la science et de l’éducation. Que le mouvement salafiste avec Jamel Eddine El Afghâni et Mohammed Abdou appellent à rendre à l’Islam sa pureté selon l’enseignement de Mohamed, et que Saïd Al Afghâni a écrit:  » Dieu a voulu que la femme soit différente de l’homme à tous les niveaux, biologique, intellectuel ou sentimental. Car les structures du cerveau de l’homme sont différentes de celles du cerveau de la femme et toutes les sociétés qui veulent détruire ces différences courent à leur propre destruction puisqu’elles se révoltent contre la nature. Les affaires politiques ont besoin d’êtres humains qui sachent réfléchir, qui soient logiques, prévoyants. Or, ces caractéristiques ne se trouvent pas chez la femme, sentimentale par nature ( 3 ).

 

Toute l’histoire du monde musulman a véhiculé cette conception despotique, en mettant l’accent sur la faiblesse de la féminité de la femme, face à la force et à la virilité de l’homme.  » La raison principale de la création de la femme, c’est  d’être épouse et mère avant tout. Son rôle se limite à soulager les difficultés de son mari et à lui rendre la vie plus agréable par son affection et son charme pour que lui, de son côté, lui apporte aide et sécurité matérielle  » ( 4 ).

 

En fixant dans ses textes la place et les devoirs de la femme, son éloignement des activités sociales fondamentales et notamment du pouvoir sous toutes ses formes, en privilégiant son cloisonnement, la religion musulmane a largement contribué à la consolidation de sa domination et à l’efficacité de son assujettissement. C’est ainsi que tous les pays musulmans continuent de s’inspirer, de plus en plus aveuglément, de la morale du Coran et du droit musulman pour la promulgation des lois concernant les femmes. Dans ce sens, tous les codes du statut personnel, excepté en Tunisie, légitiment la pratique de la polygamie, interdisent à la femme d’épouser un non-musulman tandis que l’homme peut le faire.

 

Il faut savoir que la femme musulmane n’hérite que de la moitié de la part qui revient à l’homme et de la moitié de l’ensemble de l’héritage si l’époux n’a pas de fils. Elle n’a pas les mêmes droits que l’homme devant le divorce et peut être répudiée à tout moment selon le bon vouloir de son mari. En effet, le Coran n’a pas oublié de présenter  la femme comme simple objet sexuel:  » Vos femmes sont un champ de labour pour vous. Venez à votre champ de labour comme vous voulez et oeuvrez vous-mêmes à l’avance  » ( 5 ).

 

En plus, l’épouse musulmane est tenue à procréer et notamment des garçons. Si elle est stérile ou n’infante que des filles, elle est tenue responsable de cette  » malédiction  » et risque tout simplement la répudiation.

 

Dans sa sourate 4, verset 19 et la sourate 14, verset 2, le Coran insiste sur la virginité et la chasteté des femmes musulmanes. Et gare à celle qui s’adonne à l’adultère car elle sera flagellée en public, lapidée à mort ou simplement tuée par un proche masculin de sa famille, pour laver l’honneur puis que l’honneur du musulman se trouve entre les jambes d’une femme. C’est ce qui se passe aujourd’hui en Jordanie, par exemple, sans l’intervention des autorités, qui laissent se perpétrer des assassinats au nom de l’honneur des hommes.

 

Par contre, l’homme musulman non seulement a droit à quatre femmes légitimes, mais aussi à tout un harem s’il est riche, autant de maîtresses qu’il désire et un mariage  » delmout’a », c’est à dire qu’il peut s’accoupler avec une autre femme que la sienne lorsqu’il est par exemple en voyage, pour quelques jours, un mois ou plus, en récitant seulement « el fatiha », et puis la délaisse sans autre forme de procès.

 

Supportant très souvent seules les différentes et harassantes charges domestiques, la femme musulmane subit aussi une ségrégation de fait devant l’emploi. Les rares innovations introduites grâce à de timides réformes n’ont apporté que de solutions superficielles et n’ont touché que peu de pays ( Tunisie, Egypte, Liban, Syrie, Algérie ). La montée des courants islamistes a même obligé les gouvernants de ces Etats à mettre un frein à ces réformes et même à faire valoriser les normes islamiques en tant qu’éléments intégrés à leur idéologie. L’Arabie Saoudite vient d’en montrer l’exemple le plus réactionnaire puis que son ministre de l’Intérieur, le prince Nayef Ben Abdelaziz a affirmé mercredi 15 novembre que l’interdiction de conduire une voiture imposée aux femmes sera maintenue. Il faut rappeler que dans ce pays à régime rétrograde et corrompu la femme n’a pas le droit de voyager sans l’autorisation de son mari ou d’un homme de sa famille comme elle ne peut pas non plus manger seule dans un restaurant!!

 

Jusqu’à présent, et suite à la pression sociale et à l’arbitraire patriarcal, plusieurs femmes musulmanes sont mariées contre leur gré. Elles intériorisent leur révolte et finissent par subir les conséquences néfastes de ces liens autoritaires. Quant aux mutilations sexuelles ( ablation du clitoris et des lèvres du vagin ), elles sont encore pratiquées en Egypte, au Soudan, en Syrie, au Yémen, en Arabie Saoudite, dans les Emirats arabes unis et au Sud de l’Algérie.

 

La main mise des hommes sur les affaires politiques a été légitimée par  » l’incapacité naturelle du sexe faibles « , ainsi invoquée par la loi islamique:  » La nature féminine étant soumise aux émotions et aux passions, la femme est inapte à assurer des charges politiques et à  émettre des jugements saints  » ( 6 ).

 

La logique d’un grand nombre de dirigeants musulmans, face à la condition de la femme, s’avère à la mesure de la pathologie du rôle de l’homme ( même de gauche ou de l’opposition progressiste ), imbibé de son autosuffisance et du désir de la pratique de la domination. Car, dans le subconscient du musulman et surtout dans la culture de l’homme arabe, la femme ne peut pas être son égal.   

C’est pourquoi la libération de la femme musulmane ne peut se concevoir que par le bouleversement des structures fondamentalement patriarcales et objectivement réactionnaires de la société. En attendant, l’émergence et le renforcement des mouvement islamiques ainsi que le renouveau de leur activisme renforcent encore plus la répression et l’oppression de la femme musulmane. Toute l’histoire du voile n’est qu’un exemple de la main mise des islamistes sur le devenir de la femme.

 

( 1 ) Coran, sourate  » les femmes « , chapitre 4, verset 38

( 2 ) Coran, sourate  » les femmes « , versets 34 et 92

( 3 ) Said Al Afghani : La femme et la politique, Editions Dar El Fikr, Le Caire, 1974

( 4 ) Ahmed Zayet : La révolution de la lettre, Editions Imprimerie Errissala, Le Caire, 1940

( 5 ) Coran, sourate  » la Génisse « , chapitre 2, verset 223

( 6 ) Attilio Godio: La révolution des femmes en Islam, Editions Maspero, Paris, 1977

 

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