18 décembre 2011

 

TUNISNEWS
11 ème année, N°4189 du 18.12.2011
archives : www.tunisnews.net

 


AP: Tunisie: le premier anniversaire de la « révolution du jasmin » célébré à Sidi Bouzid

AP: Tunisie: Moncef Marzouki va vendre les palais présidentiels pour promouvoir l’emploi
Appel Pour le libération du secrétaire général de l’IRIE-Italie
Le Monde: Retour à Sidi Bouzid, capitale des maux de la Tunisie
African Manager: Tunisie : Marzouki fait-il de l’esbroufe ou cherche-t-il à couper l’herbe sous les pieds de Jbali ?
Jeune Afrique: Tunisie : Béji Caïd Essebsi, de la primature à l’opposition
Kapitalis: Tunisie. Tahar Hmila pourrait-il tenir le Cpr ?
Business News: Tunisie – CPR : La guerre pendant la trêve
Investir en Tunisie: Je suis le seul secrétaire général légitime du CPR, affirme Abderraouf Ayadi

Tunisie: le premier anniversaire de la « révolution du jasmin » célébré à Sidi Bouzid

 
Créé le 17-12-2011 à 18h40- Mis à jour à 22h40
 
TUNIS (AP) — C’est dans une ambiance de ferveur que des milliers de Tunisiens ont commémoré samedi à Sidi Bouzid le premier anniversaire de « la révolution du jasmin », venue à bout du régime de l’ancien président Zine El Abidine Ben Ali, pour devenir le premier soulèvement populaire du « printemps arabe ».
 
Le 17 décembre 2010, à Sidi Bouzid, ville déshéritée du sud-ouest tunisien, Mohamed Bouazizi, un jeune vendeur ambulant s’était immolé par le feu en signe de révolte contre l’injustice après la saisie par des agents municipaux, de son étal de fruits et légumes qui lui permettait de faire vivre sa famille.
 
La commémoration de ce geste désespéré, point de départ de la révolution en Tunisie, qui allait inspirer plusieurs pays arabes dont l’Egypte et la Libye notamment, a débuté vendredi à minuit avec un spectacle de bougies scintillantes et de feux d’artifice. Elle a ensuite été marquée par l’inauguration d’un mémorial en souvenir de Bouazizi, une stèle en marbre élevée dans le centre de Sidi Bouzid, représentant la brouette du vendeur ambulant avec à ses côtés des fauteuils vides renversés symbolisant les dictateurs détrônés.
 
La levée du voile qui recouvrait le mémorial a été fortement ovationnée par une foule dense rassemblée sur la principale artère de Sidi Bouzid devenue « avenue du martyr Mohamed Bouazizi ».
 
Dans une image impressionnante, l’assistance tenait à bout de bras un drapeau géant rouge et blanc aux couleurs nationales tunisiennes. Certains brandissaient des portraits de leur « héros » (Bouazizi), d’autres des pancartes chantant la liberté retrouvée.
 
A la population locale se sont joints des centaines de Tunisiens venus de plusieurs régions du pays ainsi que des personnalités étrangères représentants des pays arabes et occidentaux.
 
« Sidi Bouzid nous a éclairé la voie pour abattre un régime répressif (de Hosni Moubarak) et jouir aujourd’hui ensemble de la liberté. On espère poursuivre le chemin comme vous pour asseoir un Etat démocratique », a déclaré à la télévision tunisienne le journaliste égyptien Mustapha Abdallah.
 
L’écrivaine et militante tunisienne des droits de l’Homme Néziha Réjiba n’a pas pu, elle, dissimuler son émotion devant « la spontanéité » du rassemblement. « Ca nous change de la propagande artificielle qui caractérisait les manifestations de l’ancien régime », s’est-elle réjouie.
 
Plus connue sous son pseudonyme « Om Ziad », elle s’est félicitée des étapes franchies par la Tunisie de l’après-Ben Ali malgré « les insuffisances qui persistent ». « Il faudra désormais répondre aux attentes de la population, notamment en matière d’emplois et de lutte contre les inégalités », a-t-elle suggéré.
 
La nouvelle direction politique issue des élections d’octobre dernier avait tenu à s’associer aux festivités. A sa tête, le président de l’Assemblée constituante Mustapha Ben Jaâfar et un grand nombre des membres de cette institution, le chef de l’Etat Moncef Marzouki et le chef du gouvernement Hamadi Jebali.
 
Dans une adresse à la foule, le président Marzouki a rendu un hommage reconnaissant à Sidi Bouzid pour avoir « fait recouvrer sa dignité au peuple tunisien ».
 
Alors que de nombreuses voix déplorent de ne rien voir venir jusqu’à présent, il a promis de « rétablir la joie de vivre à cette région longtemps marginalisée » et d’oeuvrer à la promouvoir à l’instar des autres régions développées.
 
La commémoration doit se poursuivre pendant trois jours dans le cadre du « festival international de Sidi Bouzid ». Au programme, plusieurs manifestations retraçant les principaux événements vécus par la région pendant le soulèvement, dont une exposition photos dédiée aux « martyrs de la révolution » et autres rencontres poétiques, cinématographiques et musicales.
 
L’activiste syrienne Sali Thomas, la Yéménite Samia Ansari et le prix Nobel pour la paix 2011 Carmen Moutawakal, seront de la fête, selon l’agence de presse tunisienne TAP. S’y sont associés aussi les poètes Tamime Barghouthi (Territoires Palestiniens), Hichem El Jakh (Egypte), Abderrahmane Slim Eddhif (Syrie), Aicha Idriss Maghrebi (Libye), Abdelmajid Turki (Yémen) et Abdelmonem El Amir (Irak).
 
Pour les cinéphiles, un écran géant devait être installé dans le centre-ville pour la projection en première du nouveau long métrage du cinéaste tunisien Mohamed Zran « Dégage, le peuple veut » et autres films traitant des révolutions. AP

Tunisie: Moncef Marzouki va vendre les palais présidentiels pour promouvoir l’emploi

 
Créé le 16-12-2011 à 19h01- Mis à jour le 17-12-2011 à 13h20
 
TUNIS (AP) — Aussitôt après avoir pris ses fonctions, le nouveau président tunisien Moncef Marzouki a annoncé vendredi qu’il mettra en vente les palais présidentiels construits par son prédécesseur Zine El Abidine Ben Ali pour consacrer les recettes à la promotion de l’emploi, a rapporté l’agence officielle TAP.
 
Selon l’agence, il ne gardera que celui de Carthage où il a établi ses quartiers.
 
Le problème du chômage, qui affecte plus de 700.000 personnes dont quelque 200.000 diplômés de l’enseignement supérieur, est le plus grand défi auquel le pays est confronté.
 
Le défenseur des droits de l’Homme, venu au pouvoir à l’issue des premières élections libres organisées en Tunisie en octobre dernier, a par ailleurs décidé la restitution des pièces archéologiques se trouvant au palais de Carthage aux musées nationaux.
 
L’ancien président Ben Ali, qui a été déchu à la suite d’un soulèvement populaire qui l’a fait fuir en Arabie Saoudite en janvier dernier, a fait construire plusieurs palais luxueux, notamment dans la banlieue de Sidi Bousaïd où a été découvert « un trésor » de bijoux précieux, d’importantes sommes d’argent, des milliards en billets de banque libellés notamment en euros et en dollars soigneusement dissimulés.

APPEL Pour le libération du secrétaire général de l’IRIE-Italie

 

Paris, le 10/12/2011

Mohamed Amine Chouchène, secr&eacutetaire g&eacuten&eacuteral de l’IRIE Italie, est d&eacutetenu depuis le 4 novembre 2011 à Rome dans un centre de r&eacutetention des immigr&eacutes en situation irr&eacutegulière dans des conditions d&eacuteplorables. Mohamed Amine Chouchène r&eacuteside en Italie depuis 5 ans où il travaillait, en toute l&eacutegalité, dans une agence immobilière. L’obtention de sa carte de r&eacutesidence a pris du retard suite à une erreur d’orthographe de sa nationalit&eacute.

Les circonstances ambigües de l’arrestation de Mohammed Amine Chouchène, secr&eacutetaire g&eacuten&eacuteral de l’IRIE Italie, n&eacutecessitent des investigations afin de d&eacutevoiler les personnes qui sont derrière son arrestation.

Nous, signataires ci-dessous, soutenons Mohamed Amine Chouchène, secr&eacutetaire g&eacuten&eacuteral de l’IRIE Italie, d&eacutenonçons cette arrestation et appelons les autorit&eacutes italiennes à respecter la loi en le lib&eacutererant imm&eacutediatement. Nous appelons aussi les autorit&eacutes tunisiennes d’assumer leurs responsabilit&eacutes et d’agir afin de faire cesser cette injustice.

Pour signer suivez le lien suivant :http://www.irie-france1.net/fr1/petition.php


 

Retour à Sidi Bouzid, capitale des maux de la Tunisie

A 13 h 02 précises, samedi 17 décembre, le portrait géant de l’ancien président Zine El-Abidine Ben Ali sera brûlé sur l’avenue principale de Sidi Bouzid et laissera place à celui de Mohamed Bouazizi, qui s’immola par le feu à cet endroit, à la même heure, le même jour, il y a tout juste un an. Par ce geste, le jeune vendeur ambulant de fruits et légumes déclencha l’insurrection tunisienne qui aboutit, le 14 janvier, à la chute de l’ancien régime, signal de départ du « printemps arabe ».

Sidi Bouzid, capitale agricole du centre de la Tunisie, s’apprête à commémorer l’an I de la révolution tunisienne. L’armée tirera une salve de 17 coups de feu en l’air.« Nous voulons changer notre image de zone de violence », souligne l’un des piliers de ce soulèvement, Lamine Bouazizi, (sans lien avec l’icône de la révolte), professeur d’anthropologie et nationaliste arabe. Car Sidi Bouzid est un concentré des maux tunisiens.

D’autres vendeurs ambulants ont pris dès le lendemain de sa mort la place de Mohamed Bouazizi. Des chômeurs et militants du Parti communiste des ouvriers de Tunisie (PCOT) campent depuis des semaines devant le gouvernorat où flottent encore, accrochés aux murs, les diplômes inutiles des jeunes. Il n’y a plus de palais de justice. L’ancien a été incendié, le nouveau est en construction. Les bâtiments de la garde nationale aux murs noircis restent ouverts aux quatre vents, dévastés.

Avant la révolution, la commune, bastion de l’ancien régime, comptait 700 cellules du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), le parti au pouvoir chassé dans la colère ; après, ses habitants ont voté à une écrasante majorité, lors de l’élection de l’Assemblée constituante du 23 octobre, pour la liste Al-Aridah du populiste Hachemi Hamdi, installé à Londres mais originaire de Sidi Bouzid, et soupçonné d’avoir bénéficié du soutien… des anciens du RCD. Les locaux du parti islamiste Ennahda, pourtant arrivé en tête dans tout le reste du pays, eux, ont tous été incendiés par la foule. Bien que non respecté, le couvre-feu est toujours en vigueur à partir de 19 heures.

« Rien n’a changé, à part qu’on ne voit plus les matraques de la police », clament trois jeunes du site SB (Sidi Bouzid) Zone Radio qui traquent, caméra à la main, l’actualité de leur ville. « La bouteille de gaz a doublé, les prix ont augmenté, la corruption aussi, mais à part ça, rien n’a changé », confirme Farouk Smari, propriétaire d’un cybercafé. Dans son bureau, le gouverneur de la région plaide des avancées, « 445 km de pistes rurales » dégagées en quelques mois, une production agricole en hausse de 9 %, des investissements. Mais, reconnaît Nabil Nciri, « notre handicap, reste l’absence de zone industrielle, or les procédures sont très lentes… »

« Notre système, poursuit-il, est centralisé, il faut absolument en changer etaccélérer pour gagner la confiance des citoyens qui veulent des résultats immédiats. » Nommé le 13 avril, le gouverneur, âgé de 37 ans, cadre supérieur de la fonction publique et lui-même originaire de Sidi Bouzid, ne cache pas son intention d’écourter sa mission. Il est déjà le sixième à avoir été nommé ici, depuis la révolution. « Chaque jour, nous sommes confrontés à quinze ou vingt événements, c’est très fatigant », soupire-t-il. A quelques mètres de son bureau, un homme aux abois menace de s’immoler s’il n’est pas reçu « sur-le-champ ».

« C’est notre faute, nous n’avons pas su changer les institutions, la révolution est restée dans la rue, et tous ses acteurs sont en dehors des partis », constate tristement Lamine Bouazizi. « Les gens ont voté Hamdi, explique-t-il, parce qu’il est d’ici. Mais si on continue à nous exclure de la carte de la Tunisie, c’est toute la carte elle-même qui va tomber. » Dans les kiosques, la nomination du nouveau président de la République, Moncef Marzouki, fait les gros titres des journaux, mais laisse la population indifférente. « Au Liban, en Somalie, on joue sur l’appartenance ethnique, en Tunisie, cela se fait désormais sur une base régionale, relève Lamine Bouazizi. Si on ne trouve pas de solution ce sera à Tataouine le pétrole, à Gafsa les phosphates, à Jendouba le blé, à Sidi Bouzid les fruits et légumes… Sur Facebook, souligne-t-il, des centaines de groupes séparatistes ont fait leur apparition. »

Ils ne sont pas les seuls. Bonnets enfoncés sur la tête, barbe fournie et longue chemise, les salafistes s’affichent désormais ouvertement dans les rues de la ville. Les murs des mosquées sont couverts de leur propagande en faveur d’un retour à l’islam « des origines ». D’autres annoncent la venue du porte-parole, Ridha Belhadj, duHizb ut-Tahrir, un groupe implanté dans plusieurs pays, pour une conférence sur la charia. Le chef des salafistes tunisiens, le cheikh Khatib Idrissi, 57 ans, considéré par ces militants comme la « plus haute autorité religieuse du pays », n’est d’ailleurs pas loin, installé à quelques kilomètres seulement, dans la commune deSidi Ali Ben Oun. Attenante à sa maison, une mosquée et une école sont en cours de construction, financées par des « dons privés ».

« Nous, on ne se nomme pas, nous sommes tous des musulmans », prévient cet ancien infirmier, malvoyant, revenu en Tunisie en 1994 après neuf années passées en Arabie saoudite. Placé en résidence surveillée depuis, emprisonné pendant deux ans en 2006, pour avoir outrepassé l’interdiction qui lui avait faite de recevoirdes visites, il se tient délibérément à l’écart des festivités du premier anniversaire de la révolution. « Le 17 décembre 2010, je pointais comme tous les jours au commissariat, ironise-t-il. En un an, rien n’a changé, la pauvreté est toujours la même, sauf qu’on se sent plus en sécurité sans la police. » Il n’attend rien du parti islamiste Ennahda, victorieux aux élections et qui dirige le nouveau gouvernement.

« Ennahda qui a dit qu’il n’appliquerait pas la charia car le système de gouvernance est encore lié à l’Occident ; ce sont les Occidentaux qui gèrent la politique, l’économie, les médias. Rien ne va changer, à part les visages. » Sa consigne, ne pas prendre part au scrutin du 23 octobre, a été scrupuleusement respectée par les militants. Depuis peu, ces derniers, profitant du vide laissé par une police tétanisée par les risques d’explosion sociale, ont entrepris de faire régner l’ordre dans les rues et de rosser les voleurs pris sur le fait.

Début décembre, dans un quartier malfamé de Sidi Bouzid, près du marché de gros, des incidents ont opposé des habitants aux milices salafistes après une altercation avec un voleur de téléphones portables. Des femmes en niqab auraient eu leur voile intégral arraché. En représailles, l’appartement de Fatma BeniAbdallah Rjab, une ouvrière saisonnière, a été entièrement saccagé. En pleurs, elle montre sa cuisine dévastée « par les barbus », assure-t-elle, le lavabo descellé dans la salle de bains et jeté, avec le mobilier du salon, par la fenêtre du premier étage.« Ils sont en train de mettre la main sur la ville », s’alarme un avocat. A l’autre bout de Sidi Bouzid, la maison des Bouazizi est abandonnée. Trop de pression pour la famille de l’icône de la révolution qui a préféré s’installer, il y a plusieurs mois, dans la banlieue de Tunis.

Source : « Le Monde » Le 17-12-2011

Tunisie : Marzouki fait-il de l’esbroufe ou cherche-t-il à couper l’herbe sous les pieds de Jbali ?

Par Khaled Boumiza

A quel jeu se livre le nouveau Président tunisien, Moncef Marzouki ? La question devient d’une actualité brûlante, depuis que le Président de la République tunisienne, provisoire faut-il toujours le rappeler, a pris au sérieux ses nouvelles fonctions, pourtant dans un régime parlementaire où tous les pouvoirs de décision lui échappent, constitutionnellement, et se sont retrouvés, par son vote, entre les mains du Chef du gouvernement. Un chef de gouvernement qui n’a, officiellement et de fait, ni formé un quelconque gouvernement, encore moins pris ses fonctions, pour autant qu’il puisse justifier l’avoir consulté comme le stipule la nouvelle mini-constitution.

A aucun moment, dans ce texte voté par tous les membres de la troïka (dont le CPR, parti de Marzouki), on ne relève que le nouveau président peut ou a le pouvoir de décider de vendre ou d’acheter ou même de résoudre les problèmes des simples citoyens qu’il pourrait rencontrer en allant chaque matin à son bureau du Palais de Carthage.

Pourra-t-il honorer ses décisions et tenir ses promesses ?

Depuis qu’il a pris possession du Palais présidentiel, le nouveau chef de l’Etat se démène comme un beau diable, organisant des visites surprises par-ci, par-là, un jour à Bizerte et l’autre voulant aller à Sidi Bouzid [où il avait pourtant été agressé lorsqu’il n’était qu’un chef de parti], sans se soucier de ce que cela demande en organisation, en diverses intendances sécuritaires notamment, vu la conjoncture qui prévaut dans certaines régions, déboussolant fortement les services de sécurité de la Présidence de la République. Que pourra y faire, cependant, un chef de l’Etat qui ne gère aucun budget pour ordonner des dépenses, qui ne peut nommer ni ministres ni PDG pour ordonner la prise de décisions ou des recrutements ?

Constitutionnellement, ce même chef de l’Etat tunisien qui appelle à une trêve sociale et s’engage à démissionner s’il ne réussit pas et qui reçoit le SG de l’UGTT pour des questions qui ont trait directement au travail d’un gouvernement qui ne s’était pas encore constitué, n’est pourtant chargé d’aucune des missions et des tâches du gouvernement. Il représente la Tunisie à l’étranger, signe les lois, nomme le chef du gouvernement, déclare la guerre et signe la paix, annonce les mesures d’urgence, signe les conventions, accore la grâce, nomme aux postes militaires après accord du chef du gouvernement, reçoit les accréditations des ambassadeurs, nomme les ambassadeurs sur proposition du chef du gouvernement et nomme le Mufti, c’est tout !

A-t-il, pour autant, les prérogatives, juridiques, pour disposer librement des choses, même celles qui l’entourent dans le Palais présidentiel qui sont propriété de l’Etat tunisien, d’en ordonner la vente ou la restitution ? A-t-il les prérogatives et les pouvoirs nécessaires pour ordonner la vente de tel ou tel bien de l’Etat tunisien, qui l’était avant la Révolution ou après la Confiscation ? On ne voit, dans la mini-constitution qu’il a certainement promulguée, rien qui lui donne de telles prérogatives !

Qui osera acheter les anciens Palais de Ben Ali ?

A moins que le Chef de l’Etat ait reçu des prérogatives du chef du gouvernement ou qu’il ne cherche que de simples effets d’annonce pour redorer le blason d’un poste (Président de la République) dont il avait accepté démocratiquement qu’il soit dépouillé, ou encore à couper l’herbe sous les pieds de Hammadi Jbali en annonçant, lui-même, avant le chef du gouvernement, les mesures que ce dernier finira par prendre, à moins de tout cela, on ne voit pas trop bien ce à quoi riment toutes ces «décisions présidentielles» dans ce moment de vide exécutif apparent.De l’esbroufe, serait-ce encore le cas de cette décision du Président Marzouki de vendre les Palais présidentiels, à l’exception de celui où il siège ?Les palais présidentiels seraient plus d’une dizaine, entre ceux propriété de l’Etat et ceux découverts propriété de Ben Ali et donc confisqués. A part le fait d’annonce de Marzouki, il est important de rappeler certaines choses à leur propos.Vendre, c’est d’abord terminer le transfert de propriété de ces Palais à l’Etat.

Cela n’a pas encore été fait pour les Palais qui étaient la propriété de l’ancien Président, Zine El Abidine Ben Ali. Vendre, c’est aussi estimer ou faire estimer par des spécialistes, et cela demande l’annonce d’un appel d’offres pour une mission de ce genre. Vendre un tel patrimoine ne se fait pas aux enchères publiques, mais sur appel d’offres et tout un tas de procédures qu’il aurait été plus décent d’annoncer et de faire prendre, tant et si bien que le poste de Président de la République ne permet pas d’annoncer de telles choses. Vendre, c’est aussi trouver acheteur. On se demande, à ce titre, qui est l’homme d’affaires tunisien qui osera débourser les centaines de millions DT que coûtera l’un d’eux, à l’heure où le pays s’enfonce dans la crise économique ? Qui est l’homme d’affaires qui fera, qui osera faire montre d’une richesse, à l’heure où tous ou presque sont dans le viseur de la justice révolutionnaire ? Quelle banque financera un tel projet, à l’heure où presque tous les responsables bancaires sont aussi dans le viseur de la justice de transition ? Où la Tunisie du Président Marzouki compte-t-elle héberger ses hôtes lorsqu’un Président ou un Roi parmi eux décidera de venir visiter la Tunisie qui aura réussi sa Révolution ? Certes, l’emploi est prioritaire, une priorité vitale même. Il se trouve cependant que la Tunisie a choisi son régime politique, pour un an ou pour 6 ans et tous doivent se conformer à ses règles de jeu. L’esbroufe et les effets d’annonce ne mènent pas loin et ne font en tout cas pas gagner de prochaines élections.

Source : « African Manager » le 17-12-2011

Tunisie : Béji Caïd Essebsi, de la primature à l’opposition

Avant l’élection de l’Assemblée constituante, le Premier ministre provisoire tunisien caressait l’espoir de devenir président de la République. Et n’a manifestement pas renoncé.

Lorsque Béji Caïd Essebsi (BCE), à la retraite depuis 1994, a été désigné Premier ministre provisoire le 27 février 2011, Rached Ghannouchi, le leader d’Ennahdha, a déclaré sur le mode de l’humour qu’on était allé le chercher dans les boîtes d’archives beylicales. Neuf mois après, BCE passe le témoin, mais il ne va pas retourner de sitôt dans sa boîte d’archives. Faute d’avoir accédé à la présidence du pays, comme il l’espérait, il s’apprête à passer dans l’opposition.

Au départ, BCE a pourtant bénéficié d’un préjugé favorable. Au lendemain de la révolution du 14 janvier, la Tunisie s’est retrouvé plongé dans une quasi-anarchie : insécurité liée à la défaillance des forces de police et à l’évasion de milliers de détenus, actes de sabotage des « benalistes », grèves, sit-in… « Mon objectif est de mener le pays à bon port », avait-il alors annoncé. Avec lui – et le président provisoire, Fouad Mebazaa –, le pays aura au moins pu élire une Assemblée nationale constituante (ANC) le 23 octobre, tout en préservant la stabilité et en assurant l’essentiel des missions de l’État.

Croissance nulle ou négative

Le taux de croissance pour 2011 devrait en tout cas être nul ou négatif, selon Mustapha Kamel Nabli, gouverneur de la Banque centrale, qui met en garde contre les risques d’une aggravation des difficultés économiques. Le taux de chômage dépassera 18 %, contre 13 % en 2010. En raison de la crise en Europe, principal partenaire commercial de la Tunisie, les réserves en devises ont baissé de 3 milliards de dinars (1,5 milliard d’euros) depuis début 2011.

BCE s’est en revanche beaucoup investi dans la diplomatie, participant au sommet du G8, dont les promesses de financement tardent à se concrétiser, et se rendant à Washington à l’invitation de Barack Obama, et dans les pays maghrébins. Il s’est même mis en tête de devenir président de la République. « Si mon pays a besoin de moi, je suis toujours là… » déclarait-il à J.A. en octobre. Il espérait que l’Assemblée nationale constituante le désignerait à ce poste. Ses émissaires ont même engagé à cet effet, dès l’été dernier, des discussions secrètes avec des dirigeants d’Ennahdha, perçue comme incontournable. Le premier « sondage » auprès de Rached Ghannouchi a lieu en août. Il y a eu par la suite au moins deux autres rencontres avec des cadres « ­nahdhaouis ». BCE en a conclu qu’il avait des chances d’être l’homme providentiel. Le verdict des urnes en a décidé autrement. La coalition formée après le scrutin lui a préféré Moncef Marzouki, dont le parti, le Congrès pour la République (CPR), est arrivé deuxième derrière Ennahdha.

Il y croit

Faute d’avoir été adoubé par la majorité, BCE s’est tourné vers la douzaine de formations nées de la dissolution de l’ex-parti au pouvoir, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD). Toutes, dont Al-Watan, de l’ancien ministre Mohamed Jegham, se sont placées sous la bannière de BCE. Son entourage précise qu’il en sera le « fédérateur » et qu’il pourrait tenter d’obtenir le ralliement du reste de l’opposition pour former un bloc face à Ennahdha. Objectif de BCE : mener cette coalition à la victoire lors des prochaines législatives et présidentielle, une fois la nouvelle Constitution rédigée, donc vers 2013. Il y croit, en tout cas, estimant qu’il est bien placé pour éviter les luttes de leadership et que l’ex-parti au pouvoir, débarrassé de ses mauvais génies et vieux démons, peut renaître de ses cendres et faire revenir ses anciens adhérents. D’autres parmi ses proches y croient moins. « BCE rate sa sortie, il aurait pu partir dans la dignité », regrette l’un d’eux.

Source : « Jeune Afrique » Le 17-12-2011

Tunisie. Tahar Hmila pourrait-il tenir le Cpr ?

Du côté de la rue Ali Darghouth, au siège du Congrès pour la république (Cpr), après les frictions intestines, les choses se précisent. En attendant la tenue du congrès le 8 janvier, l’homme de la situation provisoire est pour le moment Tahar Hmila.

Après la démission de Moncef Marzouki de son parti pour présider le pays, il faut bien remplir le siège vacant. Et c’est Tahar Hmila qui a été donc désigné vendredi suite à une réunion jeudi soir du parti, selon le porte-parole du Cpr Mohamed Abbou.

De son côté, Me Abderraouf Ayadi, membre du bureau politique du Cpr a déclaré à l’agence Tap que la décision de nommer Tahar Hmila, secrétaire général par intérim du parti est une pièce théâtrale mal mise en scène par certains éléments du parti dans le but de l’écarter.

Selon Me Ayadi, «la désignation de Tahar Hmila n’est pas la bonne décision, et qu’elle est contraire au règlement intérieur du parti. La nomination aux hauts postes de responsabilité au sein du parti est du ressort du conseil national du Cpr et non tributaire de considérations personnelles», a-t-il dit.

D’un autre côté, Me Ayadi a démenti les informations selon lesquelles il cherche à «briser la coalition avec le parti Ennahdha» et créer une tension avec l’Union générale tunisienne du travail (Ugtt), indiquant qu’il s’agit de simples rumeurs visant à porter atteinte à sa personne. Il a appelé toutes les parties au sein du Cpr à faire prévaloir la raison au service de l’intérêt général.

Le 13 décembre, Dr Moncef Marzouki, élu président de la république, a remis sa démission du parti qu’il avait créé en 2001 à Abderraouf Ayadi, un militant de longue date des libertés et compagnon de route de Marzouki qui l’a, d’ailleurs, reçu le lendemain au palais de Carthage, comme tous les leaders des autres partis.

Source : « Kapitalis » Le 17-12-2011

Tunisie – CPR : La guerre pendant la trêve

Par Monia Ben Hamadi

Depuis le départ de Moncef Marzouki du CPR, en raison de son élection au poste de président provisoire de la République Tunisienne, la guerre entre ses héritiers s’est déclenchée. Que s’est-il passé et quelles sont les raisons de ces conflits internes, survenus alors que le président, M. Marzouki, fondateur du parti, a appelé à une trêve politique, et ce pour une période de six mois ? Le CPR, congrès transformé en formation électorale, n’a de parti politique que le nom. Fondé en 2001 par Moncef Marzouki, Naziha Rejiba (Om Zied), Abderraouf Ayadi, Samir Ben Amor ou encore Mohamed Abbou et Fethi Jerbi, la formation comporte aujourd’hui en son sein plusieurs courants, allant de l’islamisme radical au progressisme laïc. Si l’ennemi commun, en la personne de Ben Ali, était une donnée suffisante pour réunir tous ces courants, la chute de la dictature révèle un parti sans réelle idéologie, dont le discours populiste, axé sur l’opposition passée, reste le dénominateur commun. Le CPR semble aujourd’hui s’affaisser sur ses propres contradictions et, si le président à poigne qu’était Moncef Marzouki était parvenu à rassembler toutes ces sensibilités, en l’absence de ces fondations, le château de cartes n’aura pas tenu plus de trois jours avant de s’écrouler. Le lundi 12 décembre 2011, Moncef Marzouki, élu à la présidence de la République par l’Assemblée constituante, annonce son retrait du CPR. Le lendemain, après la cérémonie d’investiture, le bureau politique et le groupe parlementaire du parti se réunissent pour désigner Abderraouf Ayadi à la tête du Congrès, en sa qualité de vice-président. Interrogé sur Mosaïque FM au sujet d’éventuels désaccords sur cette nomination, Mohamed Abbou les avaient démenties, en personne, donnant sa légitimité au nouveau secrétaire général. Le mercredi 14 décembre, des membres du bureau et les élus de la Constituante se réunissent de nouveau. Cette fois, les réticences concernent la liste des ministres proposée par le CPR. Selon les différents procès-verbaux rendus publics et les propos de M. Ayadi, les élus ont dénoncé le fait de ne pas avoir été consultés pour la désignation des ministres et ont menacé de ne pas voter la confiance au gouvernement. Abderraouf Ayadi décide alors de procéder au vote pour établir une liste définitive. Ce vote a lieu et, le soir même, la « liste officielle » des ministres du CPR est communiquée à la presse. À la lumière des événements qui ont suivi, nous comprenons à présent la précipitation avec laquelle ces informations ont été rendues publiques, sans respect des procédures (il incombe au Premier ministre d’annoncer la composition de son gouvernement). Moins de 24 heures plus tard, Abdelwahab Maâter, membre du bureau politique, annonce le début des hostilités. En fin d’après-midi, il déclare sur les ondes de Shems FM que M. Ayadi n’est pas le secrétaire général du parti et qu’il n’aurait jamais dû l’être, dénonçant une tentative de renversement illégale. Il précise, en outre,que Imed Daïmi était le SG désigné par Moncef Marzouki avant son départ. Rappelons que M. Abbou, qui s’aligne à présent sur les propos de M. Maâter, avait affirmé que la désignation de Abderraouf Ayadi était légitime et que Imed Daïmi ne pouvait pas se maintenir à ce poste en raison de ses fonctions auprès de la présidence de la République. Après ce pavé jeté dans la mare,Abdelwahab Maâter, Mohamed Abbou, Samir Ben Amor, Slim Ben Hmidane ainsi que Tahar Hmila, entre autres, se réunissent pour désigner,en leur qualité de membres du bureau politique et unilatéralement, Tahar Hmila, déjà président du groupe parlementaire, au poste de secrétaire général provisoire du CPR.Et ce,jusqu’au 8 janvier, date de la tenue du congrès national. Suite à cette réunion, Messieurs Hmila, Maâter et Abbou annoncent que Abderraouf Ayadi, Fethi Jerbi et Zouhour Kourda se sont opposés à cette décision en quittant la réunion. Ils annoncent de même que plusieurs élus ont été écartés du groupe parlementaire du CPR, parmi lesquels Abdelaziz Kotti, Dhamir Mannai et Naceur Brahem (les deux derniers avaient été précédemment annoncés au gouvernement Jebali) et qu’ils avaient reçu un avertissement en tant que membres du CPR, jusqu’à ce que leur cas soit étudié. M. Mannai a fait l’objet, par ailleurs, d’une campagne de dénigrement odieuse à propos d’une affaire personnelle dont les détails échappent encore à l’opinion publique. Aujourd’hui, 16 décembre 2011, Tahar Hmila affirme que tout est rentré dans l’ordre, ajoutant sur les ondes de Shems FM que Ayadi et Jerbi souhaitaient transformer le visage du CPR et entrer dans l’opposition auprès « d’Ahmed Nejib Chebbi ou encore du Pôle », précise-t-il avec une pointe de mépris. Il affirme, par ailleurs,que ce « coup d’Etat » contre le parti vient du fait que certains membres et élus du CPR étaient contre l’alliance avec Ennahdha. Tahar Hmila n’hésite pas à employer des termes péjoratifs voire insultants pour désigner les réfractaires. Plus tard, Abderraouf Ayadi répond à ces attaques. Il se considère toujours comme étant secrétaire général du parti et ne donne aucune légitimité légale à Tahar Hmila pour ce qu’il appelle, à son tour, un renversement. Il réaffirme, en outre, l’engagement du CPR à travailler avec leurs alliés du mouvement Ennahdha, démentant ainsi les déclarations de Tahar Hmila, à ce propos. Ainsi, les trois jours ayant suivi l’élection de Moncef Marzouki à la magistrature suprême ont révélé au grand jour de graves différends entre les multiples courants qui composent le Congrès. La désignation, légale ou pas, de Tahar Hmila à la tête du parti ne contribue pas, non plus, à calmer l’atmosphère électrique au sein de la formation. En effet, les déclarations controversées de ce dernier, depuis la première séance de l’Assemblée constituante jusqu’à récemment, que ce soit contre l’UGTT ou encore les manifestants du Bardo qualifiés de « déchets de la francophonie » ; sans compter ses multiples dérapages et accusations sans preuves, à l’encontre d’Iyadh Ben Achour, notamment, n’en font pas le candidat idéal pour le commencement d’une « trêve politique », comme l’a souhaité Moncef Marzouki, dont chacun des deux camps se réclament héritiers légitimes. Pour conclure, que leurs ministres soient désignés unilatéralement ou passés au vote, les membres du CPR se sont lancés dans une bataille fratricide pour l’accession aux postes gouvernementaux. Seuls les intérêts particuliers, d’un côté comme de l’autre, semblent prévaloir, sans considération des compétences. Tout cela pour des restes de pouvoir magnanimement accordés par Ennahdha et pour lesquels Ettakatol et le CPR se prêtent à des querelles intestines, observés silencieusement par des Islamistes stoïques, dont le linge sale, s’il existe, n’a jamais été lavé en public. Peut-être que l’exercice du pouvoir ou la tenue de leur Congrès, qui a été retardée pour raisons exceptionnelles, nous en dira plus sur les dessous du Mouvement et d’éventuelles dissensions entre les islamistes « modérés » et la tranche plus radicale du parti…Mais, jusqu’à nouvel ordre, les islamistes donnent l’exemple en matière de cohésion politique.

Source : « Business News » Le 17-12-2011

Je suis le seul secrétaire général légitime du CPR, affirme Abderraouf Ayadi

L’avocat Abderraouf Ayadi dénonce la tenue d’une réunion du bureau politique du CPR à l’initiative de M. Mohamed Abbou, qui selon lui n’a pas la qualité nécessaire pour convoquer une telle réunion.

Alors que M. Tahar Hmila a été désigné secrétaire général par intérim du CPR, jusqu’à la tenue du congrès national le 8 janvier prochain, M. Ayadi affirme de son côté qu’il est le seul secrétaire général légitime du parti : « Le président de la République m’a remis personnellement sa démission le 13 décembre. Plusieurs membres du bureau politique ont été conviés à assister à la réunion au cours de laquelle j’ai été élu secrétaire général. Il ne s’agit donc pas d’une réunion secrète ! » Répondant aux déclarations de Abdelwahab Maater et de Tahar Hmila qui l’accusent de mener une tentative de putsch au sein du CPR et de vouloir rejoindre les rangs de l’opposition, Abderraouf Ayadi a nié cette intention et réitéré son attachement à la coalition gouvernementale.

Source : “Investir en Tunisie Le 17-12-2011”

 

 

Lire aussi ces articles

5 août 2009

Home – Accueil   TUNISNEWS 9 ème année, N° 3361 du 05.08.2009  archives :www.tunisnews.net   Amnesty International: Tunisian detained after forcible

En savoir plus +

Langue / لغة

Sélectionnez la langue dans laquelle vous souhaitez lire les articles du site.

حدد اللغة التي تريد قراءة المنشورات بها على موقع الويب.