18 décembre 2008

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TUNISNEWS

8 ème année,N° 3131 du 18.12.2008

 archives : www.tunisnews.net  


CCTE: Trabelsi devant le juge d’instruction C.R.L.D.H. Tunisie:  Communiqué Observatoire lyonnais pour la défense des libertés fondamentales en Tunisie: Communiqué Luiza Toscane: Hassan Nasri privé de visites Swissinfo: La Tunisie accusée de torture systématique AFP: Tunisie : les immigrés arabes n’ont pas de poids politique en Europe (expert) AFP: Commerce des armes: l’UE veut étendre ses règles à l’Afrique du Nord Blog « Débat Tunisie », Tunisie: Terre de Stabilité Blog «Errances »: Ou est passé Ridha Kefi ? Le Temps : « Bourgeois gentilshommes » ou les nouveaux parvenus Balha Boujadi: Un  «heros»  arabe  est né Le Temps : « Bourgeois gentilshommes » ou les nouveaux parvenus Les experts du conseil des droits de l’homme regrettent vivement l’obstruction de la mission de l’un d’entre eux par israël (en anglais)


 

Liste actualisée des signataires de l’initiative du Droit de Retour : http://www.manfiyoun.net/fr/listfr.html Celles et Ceux qui veulent signer cet appel sont invités à envoyer leur: Nom, Pays de résidence et Année de sortie de la Tunisie sur le mél de l’initiative : manfiyoun@gmail.com

COLLECTIF DE LA COMMUNAUTE TUNISIENNE EN EUROPE

1, rue Cassini, 75014 Paris ; Tél. : 01 43 29 68 98 

 

Communiqué :  

Suite à la mobilisation des ONG, les autorités tunisiennes ont couvert la rétention abusive de M. Mourad Trabelsi au ministère de l’Intérieur par un simulacre de fausses poursuites.

Nous demandons le retour de M Trabelsi en Italie, et dénonçons les poursuites abusives dont il est victime, et réaffirmons nos craintes de torture et de mauvais traitements tant qu’il est en rétention ou en prison.

 

 

Nous avons pu joindre Maître Samir Ben Amor, avocat de M. Trabelsi, qui nous a rassuré sur l’état de santé apparent de M. Trabelsi.

Il est évident que la médiatisation immédiate de la disparition de M Trabelsi lors de sa remise aux autorités tunisiennes par l’Italie lui a évité momentanément le sort habituel réservé aux personnes accusées de terrorisme à l’étranger, c’est-à-dire la torture et les mauvais traitements dès leur remise entre les mains de la police politique.

De toute évidence le régime ne s’attendait pas à cette médiatisation, qui a dévoilé sa politique habituelle de faire disparaître les victimes le temps de les torturer au ministère de l’Intérieur, au lieu, – pour le cas de M. Trabelsi – de le déférer immédiatement devant le Tribunal militaire pour faire opposition au jugement qu’il prononcé contre lui par contumace.

Et pour camoufler cette rétention abusive que nous avons dénoncée avec force dans nos communiqués précédents, les autorités ont eu recours à un subterfuge qui est de maquiller cette rétention par une soi-disant « enquête  pour infractions terroristes », selon les termes de la source officielle à Tunis citée dans la dépêche de l’AFP du 17 décembre à 16h.

Or, cette nouvelle affaire n’en est pas une puisqu’elle repose sur les mêmes faits pour lesquels il a été jugé et condamné à vingt ans par le Tribunal militaire de Tunis.

En effet, dans le PV de son interrogatoire par la Brigade criminelle à Tunis, on fait dire à M Trabelsi : « mon activité [de collecte d’argent,etc.] s’est poursuivie dans la région de Crémona avec le même rythme et ce jusqu’à mon retour à ma patrie où j’ai été arrêté. » Sachant que M. Trabelsi ne pouvait évidemment pas avoir continué l’activité qu’on lui reproche puisqu’il a passé six ans en prison à l’issue desquels il a été remis à la Tunisie. Comment peut-on chercher à lui intenter un nouveau procès pour des faits qu’il ne pouvait manifestement pas avoir commis! Ces accusations ridicules fabriquées à la hâte témoignent de la panique qui a saisi le régime suite à la dénonciation de la disparition de leur victime à son arrivée à Tunis.

C’est pourquoi devant de telles manoeuvres irresponsables nous lançons un appel pressant pour la libération immédiate de M. Trabelsi qui a purgé une trop lourde peine en Italie eut égard à l’inconsistance des preuves à charge, et qui s’apprête à être rejugé par le Tribunal militaire de Tunis pour les mêmes faits et qui risque de le condamner à 20 ans de prison, outre la nouvelle affaire qu’on vient de lui coller à son arrivée à Tunis pour toujours les mêmes faits où il risque aussi d’être condamné à une autre vingtaine d’années de prison.

 

Nous imputons toute la responsabilité de ces graves persécutions à l’Italie qui a expulsé M. Trabelsi en dépit de l’ opposition de la Cour européenne des droits de l’Homme pour crainte de torture toujours actuelle, pour de possibles mauvais traitements et pour les procès inéquitables et les conditions d’incarcération moyen-âgeuses dans les prisons tunisiennes.

 

Paris, le 18 décembre 2008

 

Le Bureau


C.R.L.D.H. Tunisie Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie membre du Réseau Euro-méditerranéen des Droits de l’Homme  21ter rue Voltaire – FR-75011 PARIS  – Tel/Fax : 00.33.(0)1.43.72.97.34 /  Presse : 00 33 6 83 44 77 71 contact@crldht.org / www.crldht.org

TUNISIE/GAFSA : SIMULACRE DE PROCES. DE LOURDES PEINES PRONONCEES. AFFRONTEMENTS ENTRE LA POLICE ET LA POPULATION DE REDEYEF. NOUVELLES ARRESTATIONS PARMI LES JEUNES DE REDEYEF. PROCES EXPEDITIF POUR LES LEADERS DU MOUVEMENT SOCIAL DU BASSIN MINIER DEVANT LE TRIBUNAL DE PREMIERE INSTANCE DE GAFSA (SUD-OUEST TUNISIEN) JEUDI 11 DECEMBRE 2008.

 

Jeudi 11 décembre avant 23H, le juge a clos de manière expéditive le procès des leaders du mouvement social du bassin minier devant le tribunal de Première instance de Gafsa (Sud-Ouest tunisien), aussitôt après avoir repris l’audience qui avait été interrompue à midi de manière tumultueuse : il a annoncé que les peines avaient été décidées et clos aussitôt le procès, sans prononcer seulement les peines, parmi des cordons de policiers qui faisaient écran entre le magistrat et les inculpés d’une part, entre la soixantaine d’avocats de tout le pays présents et les inculpés d’autre part. « On voyait à peine le juge », témoigne le président de la Ligue tunisienne des droits de l’homme et avocat du procès Mokhtar Trifi pour signifier l’importance de l’écran policier sur place. Les peines décidées, telles que recueillies auprès du secrétariat du tribunal par le bâtonnier au nom des avocats constitués partie civile (au total une centaine venus de tout le pays), sont les suivantes : 10 ans 1 mois de prison ferme pour : Adnane Hajji, Bechir Laabidi, Taieb Ben Othman, Adel Jayar, Tarek H’limi, Hassen Ben Abdallah, Maher Fajraoui   6 ans pour : Mdhaffar Labidi, Haroun Hlimi, Ghanem Chriti, Abid Khélaifi, Rachid Abdaoui, Ridha Amidi, Elfahem Boukadous, Fayçal Ben Omar, Ridha Ezzeddine, Sami Ben Ahmed (Amaydi), Ali Jedidi 4 ans pour : Haftaoui Ben Othman , Mahmoud Raddadi, Boubaker Ban Boubaker, 2 ans pour : Mouhieddine Cherbib 1 an pour : Thameur Maghzaoui , Hedi Bouslahi 2 ans avec sursis pour : Issam Fajraoui, Mouadh Ahmadi, Abdallah Fajraoui , Mohamed El Baldi, Radhouane Bouzayane, Makram Mejdi, Othamn Ben Othamn, Mahmoud Helali, Mohsen Amidi  Acquittement pour : Isamel El Jawhari, Lazhar Ben Abdelmalek, Boujemaa Chriti , Habib Khédhir Appel devrait être fait dans les dix jours par les avocats de la partie civile, une fois consultés leurs clients. Ainsi s’est donc clos, ce jeudi 11 Décembre en Tunisie, au Tribunal de première instance de Gafsa, de manière expéditive et dans un simulacre de procès ne respectant pas les règles élémentaires du droit, la deuxième et dernière journée du procès tant attendu des leaders du plus important et du plus long mouvement social qu’ait connu la Tunisie du président Ben Ali depuis son arrivée au pouvoir dans le bassin minier de Gafsa. Cette deuxième journée (consécutive au report accordé par le tribunal au terme de la journée d’ouverture du procès le 4 décembre dernier), avait en réalité pris un tour inquiétant dès son ouverture le matin. Les avocats avaient plaidé le matin en effet en vain pour un nouveau report du procès : demandes adressées au juge concernant la convocation de divers témoins et de représentants de l’Etat, de production des rapports de garde à vue, d’examen médical des prisonniers… Le juge avait refusé d’accéder à leur demande et voulu procéder malgré leur insistance à l’interrogatoire des prisonniers, qui ont refusé de répondre et entonné de nouveau l’hymne national, comme la semaine précédente lors de l’ouverture. La séance avait été levée alors vers midi parmi les bousculades des familles, que les policiers ont voulu évacuer avant d’y renoncer suite à l’intervention des avocats, dont quelques-uns ont été bousculés également. Une centaine d’avocats au total, venus de tout le pays, s’était constitué partie civile, la majorité d’entre eux dès la première journée du procès le 4 décembre. Etaient présents par ailleurs au procès ce 11 décembre des représentants politiques, syndicaux et des représentants d’autorités étrangères comme la représentation de l’Union européenne à Tunis ou l’ambassade des Etats Unis. Dans l’après-midi, deux membres du comité des diplômés chômeurs de Gafsa, dont Gzela Mhamdi, qui est en butte à un harcèlement ancien de la part des forces de l’ordre, ont par ailleurs subi les coups des policiers, selon le témoignage des avocats présents. En fin d’après-midi, enfin la ville de Redeyef, principal foyer de la contestation sociale pacifique dont les leaders en procès sont essentiellement issus, avait été encerclée et bloquée par des policiers « particulièrement nombreux ». Pour mémoire, la ville avait été en état de siège quasi permanent par les forces de l’ordre durant le mouvement social du premier semestre 2008. Jeudi soir 11 décembre et vendredi matin 12 décembre, au terme de la clôture du procès, des prisonniers et des familles de prisonniers réaffirmaient leur confiance aux avocats très découragés, disant qu’ils savaient bien, eux, que ce procès n’était qu’une « mascarade », et qu’ils comptaient désormais sur l’écho et la solidarité internationales. Vendredi 12 au soir, enfin, des affrontements ont éclaté à Redeyef entre les habitants et les forces de sécurité présentes, et une série d’arrestations visant des jeunes s’est produite dans la nuit du 12 au 13, d’après les alertes du Comité de soutien aux populations du bassin minier en Tunisie, en contact avec les familles sur place. On attend des informations plus détaillées en cours de journée. Parmi les interpellés de cette nuit du 12 au 13, on compte deux frères de la famille Hlaimi qu’avait rencontrée la délégation d’élus et personnalités de la société civile française qui s’était rendue du 26 au 28 novembre dernier à Tunis, Kerouan, Gafsa et Redeyef pour s’informer sur les faits et témoigner de sa solidarité. Deux autres frères de la famille Hlaimi sont déjà en prison suite aux arrestations ayant sanctionné le mouvement social à Redeyef au premier semestre 2008, et deux autres frères encore vivent à Nantes en France, où réside une importante communauté originaire du bassin minier. La mère des six frères Hlaimi avait été menacée de l’arrestation de ses deux fils restant avec elle à Redeyef si elle continuait à manifester et à parler du mouvement social, d’après son témoignage recueilli alors par la délégation. CRLDHT, 13 décembre 2008 CONTACT PRESSE : Tél. +33683447771 Ci-après : documents sur le procès et le mouvement social du bassin minier. RAPPEL Sur le banc des accusés, notamment, les noms devenus emblématiques d’Adnan Hajji, Taïeb Ben Ohtman, Bachir Labidi, instituteurs membres du syndicat UGTT de base de l’enseignement primaire à Redeyef, ville du bassin minier à une heure de route de Gafsa ; également Mouhieddine Cherbib, président de la Fédération des Tunisiens Citoyens des deux Rives à Paris, et figure citoyenne importante des mouvements sociaux et de l’immigration maghrébine en France ainsi que de la dynamique altermondialiste au Maghreb, accusé de solidarité avec le mouvement et de diffusion de l’information concernant celui-ci vers l’étranger. Les personnes inculpées, dont la majorité est en état d’arrestation et incarcérés dans des conditions épouvantables, avec tortures physiques et psychiques avérées, harcèlements et menaces à l’encontre de leurs familles, sont jugées pour des accusations graves qui pourraient leur valoir de lourdes peines de prison : adhésion à ‎une bande en vue de perpétrer des agressions à l’encontre de ‎personnes et de propriétés, distribution de tracts destinés à susciter ‎des troubles publics… Membres de l’enseignement et syndicalistes locaux de l’UGTT ou bien ouvriers, les inculpés incarnent la direction qui est née des luttes sociales qu’a connues la région du bassin minier dans le sud-ouest de la Tunisie depuis début janvier 2008. Ce mouvement porté par une population locale soudée protestait contre le chômage des jeunes, la corruption, la marginalisation économique de la région et la pollution, les conditions de vie et de travail, dans cette partie de la Tunisie qui affiche des taux de chômage officiels atteignant le double de la moyenne nationale ; et ce, en dépit des formidables rentes encaissées par l’Etat tunisien grâce à l’industrie phosphatière locale, unique moteur économique de la région, industrie florissante sur le plan international. Le « procès des 38 », comme il est appelé, se déroule à quatre cents kilomètres au sud-ouest de Tunis, dans la ville de Gafsa, capitale administrative de la région du bassin minier. Des délégations syndicales venues du Maroc, d’Algérie et de France assisté à l’ouverture du procès le 4 décembre. Au moins une centaine d’avocats tunisiens ont offert leurs services aux familles et coordonnent leurs efforts dans les semaines à venir. La coordination entre tous se fait notamment au travers du « Comité national de Soutien aux habitants du Bassin Minier » constitué en Tunisie pendant le mouvement par l’ensemble des forces associatives et partisanes de la société démocratique tunisienne. Fin novembre, une délégation composée d’élus et représentants de la société civile française, parmi lesquels Marie-Georges Buffet, Cécile Duflot, Monseigneur Gaillot, Clémentine Autain, Robert Bret pour Attac, ou encore la secrétaire générale du Syndicat de la Magistrature Hélène Franco, s’est rendue en Tunisie durant trois jours (des 26 au 28 novembre) afin de rencontrer les familles des prisonniers à Redeyef, leurs avocats à Gafsa ainsi que des représentants de la société civile à Tunis, rassemblés pour la circonstance au siège de la Ligue tunisienne des droits de l’homme, d’ordinaire interdite d’accès par les forces de police. Malgré l’impressionnant dispositif policier, la délégation avait pu aller notamment jusqu’à Redeyef, où même les avocats peinent pourtant presque systématiquement à se rendre. Une demande de rencontre avec le ministre de la Justice tunisien était restée en revanche sans réponse. Le but de cette délégation diverse et solidaire, composée également de quatre Nantais dont une élue municipale en raison de la forte représentation des Tunisiens issus de Redeyef dans la région nantaise, était de soutenir, alerter et informer sur le mouvement et sa répression. Entre autres réactions au retour de ce voyage, la secrétaire générale du Parti communiste Marie-Georges Buffet a proposé, dans une lettre adressée aux premiers secrétaires de partis politiques français, ainsi qu’aux syndicats et diverses organisations civiles, l’idée d’une « coordination de solidarité et pour la démocratie en Tunisie » et a rappelé que les militants de la société civile tunisienne « attendent de la France une toute autre attitude qu’une complaisance officielle envers le régime ». Les arrestations des principaux inculpés de ce procès des 38, la première fois, pendant le mouvement, ont provoqué des manifestations massives qui ont embrasé certaines villes de la région et ont contraint le pouvoir à les libérer sous la pression des foules menées par les mères et les épouses des incarcérés. Ils présentaient à leur sortie des traces de torture et de mauvais traitements. Leurs témoignages recueillis alors ont connu une large diffusion, démontrant une nouvelle fois la pratique systématique de la torture et amenant le pouvoir à la censure des sites d’échanges comme Youtube et Dailymotion en Tunisie. Leur libération alors n’a été qu’un court répit. Le pouvoir a repris la situation en main. Toute la région a été mise sous état de siège et le président Ben Ali a décrété l’intervention de l’armée au secours de la police pour contenir la révolte pourtant pacifique et porteuse de demandes de négociations avec le pouvoir. La vague de répression qui s’est abattue sur les jeunes et les activistes de la région s’est soldée au final par la mort de trois jeunes manifestants dont deux par balles (l’un suite à ses blessures pendant l’été),alors que des centaines de personnes ont été sommairement condamnées à de lourdes peines de prison, parmi lesquelles la militante et journaliste tunisienne Zakia Dhifaoui, relâchée le 5 novembre avant la fin de sa peine sous forte pression internationale, mais non réintégrée à ce jour dans l’éducation nationale. La population de ce bastion ouvrier a mené de fait durant six mois dans plusieurs villes minières, notamment celle de Redeyef à une heure de route de Gafsa, un important mouvement de protestation pacifique aux allures de mouvement social constitué, malgré l’encerclement militaire et policier, avant de finir écrasée par la chasse à l’homme, environ deux cents arrestations accompagnées de tortures physiques et psychologiques, et autres mauvais traitements systématiques, comme le refus de l’accès aux soins, enfin par un harcèlement accru et systématique sur la population jusqu’à aujourd’hui, notamment sur les familles des prisonniers, blocus des routes et limitation des communications à l’appui. Quelques mesures d’investissement annoncées en juillet par le président tunisien pour la région peinent à masquer le désarroi économique de celle-ci et la gravité des atteintes aux droits fondamentaux. Le mouvement du bassin minier avait été déclenché début janvier par la publication des résultats du concours d’embauche de la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG), l’unique moteur économique de la région. Jugeant frauduleux ces résultats, l’ensemble de la population, des jeunes chômeurs aux veuves des mineurs et leurs familles, en passant par les enseignants, fonctionnaires, marchands, ouvriers, étudiants et habitants, ont multiplié les actions. Sur fond de grande pauvreté et de flambée des prix, la population protestait contre la corruption d’un système local népotique, contre une politique de l’emploi injuste, et elle réclamait l’ouverture de négociations pour l’avenir de la région. Au fil des mois, la mobilisation, aux allures parfois d’épopée héroïque, a pris la forme tour à tour de sit-in des familles des invalides de la CPG et des morts à la mine, de grèves, d’actions des ouvriers licenciés, d’occupations diverses, de rassemblements, de la désignation d’un collectif de représentants, d’actions nocturnes contre les forces de police par les plus jeunes, de menaces enfin par les femmes de quitter la ville de Redeyef si la pression policière se poursuivait… Le siège local du syndicat de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), en plein centre-ville de Redeyef, avait même été réquisitionné par les contestataires, au nez des autorités, pour servir de quartier général des habitants en révolte. PS : Résumé du 4 décembre (journée d’ouverture du procès) :  La première journée du « procès des 38 » concernant les leaders du mouvement du bassin minier s’était clôturée au Tribunal de Première instance de Gafsa par un report, demandé par la défense. Les nouvelles dates fixées alors par le tribunal pour la suite du procès étaient les 11 et 12 décembre. Par ailleurs, le juge a décidé au terme de la journée du 4 décembre de la mise en liberté provisoire de huit détenus, à la demande de la défense qui l’avait réclamé pour l’ensemble des inculpés. Les huit détenus concernés sont : Othman ben Othman, Moad Ahmadi, Mohsen Amaydi, Mohamed Baldi, Makram Majdi, Mohamed Helali, Radhouane Bouzaiane, Abdallah  Elfajraoui. Aucune réponse n’avait été apportée en revanche à deux autres demandes de la défense, qui concernait une expertise médicale sur les prisonniers suite aux faits de torture qu’ils ont rapporté, ainsi qu’une convocation des deux maires successifs de Redeyef pour qu’ils soient entendus par le tribunal sur les négociations qu’ils avaient mené notamment avec l’inculpé Adnane Hajji, figure emblématique du mouvement, et d’autres inculpés du même procès. Le procès des leaders syndicaux avait commencé par l’énumération des noms des inculpés, qui affichaient aux dires des observateurs un bon moral. Les inculpés ont alors chanté l’hymne national, rejoints par leurs avocats, malgré des bousculades policières. Un premier report d’audience de 15mn a été demandé aussitôt par les avocats de la partie civile afin que d’autres collègues d’autres villes tunisiennes en train seulement d’arriver puissent également se constituer dans la défense. Ce sont près d’une centaine d’avocats présents à l’audience pour défendre les inculpés, venus de toutes les villes du pays. « Le tribunal est rempli de robes noires », témoignait en matinée avec beaucoup émotion par téléphone un avocat venu de Tunis. Le chiffre officiel annoncé est de 92 avocats constitués dans la partie civile. D’après cette même source, « presque tous les leaders politiques et syndicaux étaient présents ». Par ailleurs, les prisonniers auraient été privés de la visite de leurs avocats ces trois derniers jours avant l’ouverture du procès. Les avocats ont demandé le témoignage du ministre de la santé publique et des hauts fonctionnaires de l’Etat. Mokhtar Trifi, président de la LTDH, a plaidé sur le cas de Mouhieddine Cherbib, résidant à Paris et coaccusé pour délit de solidarité et divulgation d’informations sur le bassin minier vers l’étranger, demandant un report car M. Cherbib n’a reçu aucune convocation. Les avocats ont surtout plaidé aujourd’hui sur la forme, demandant la libération provisoire des détenus, et le report du procès. Des délégations syndicales marocaine, française, algérienne étaient arrivées hier en Tunisie afin d’assister au procès. Seul l’un des deux représentants de la CGT, Vincent Krier responsable des questions internationales de la FERC-CGT, a été contraint de faire demi tour à l »aéroport (officiellement parce que sa carte d’identité française ne pouvait suffire pour entrer sur le territoire tunisien, ce qui est généralement toléré). Divers cas par ailleurs d’empêchement d’accéder à Gafsa ont été signalés, par exemple trois membres de l’Association Tunisienne des Femmes démocrates (ATFD) qui ont été contraintes de faire demi tour à l’entrée de l’autoroute en sortant de Tunis par six voitures de police vers 4H30 du matin. Elles avaient l’intention notamment de rendre visite à Redeyef aux épouses des inculpés. Pour mémoire, l’ATFD s’est vu récemment attribuer le prix des droits de l’homme 2008 de la République française et la cérémonie de remise du prix a eu lieu le 10 décembre à Paris. Egalement, Messaoud Romdhani, porte-parole du Comité national de soutien aux populations du bassin minier, et responsable de la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme, constamment empêché de quitter Kerouan (hormis la semaine dernière dans le cadre de la visite d’une délégation française à Tunis) a été une fois de plus contraint de rester dans sa ville. Plusieurs familles de Redeyef d’où sont issus la majorité des inculpés de ce jour n’ont pas été autorisées non plus à quitter leur ville. D’autres cas d’interdiction d’accéder à Gafsa par les forces de police sont encore avérés. Enfin, la veille de l’ouverture du procès le 3 décembre, le bureau exécutif de l’UGTT (la centrale syndicale) a décidé de lever la mesure de suspension qu’il avait prise à l’encontre de Adnane Hajji, le leader syndical. Adnane Hajji avait été l’objet en effet, en mai 2008, d’une mesure disciplinaire de « suspension de toute activité syndicale  » Cette décision de l’UGTT suggère que la centrale syndicale réhabilite officiellement l’action de son adhérent et soutient la défense de Adnane Hajji et de ses camarades à la veille du procès.  


OBSERVATOIRE LYONNAIS POUR LA DÉFENSE DES LIBERTÉS FONDAMENTALES EN TUNISIE co/ LDH – 5, place Bellecour – 69002 Lyon

Appel aux Autorités tunisiennes de relâcher immédiatement M. Mourad Trabelsi, de rassurer sa famille, et de le soumettre à un examen médical


 
Notre organisation rassemble une dizaine d’associations (LDH-Rhône, Attac-Rhône, MRAP-Rhône, Amnesty international, Tunisie-Liberté, CCO, Raid attac-Tunisie, etc ), avec le soutien d’ Agir Ensemble pour les Droits de l’homme. L’Observatoire lyonnais pour la défense des libertés fondamentales en Tunisie exprime sa vive préoccupation quant à la vie, à l’intégrité physique et morale de Monsieur Mourad Trabelsi expulsé le 13 décembre 2008 vers la Tunisie dans un vol venant de Milan et dont le sort reste inconnu. Depuis son arrivée en fin de matinée à l’Aéroport de Tunis Carthage, sa famille n’a plus aucune nouvelle de lui. Nous dénonçons cette disparition organisée par la police politique tunisienne et contraire aux lois tunisiennes. Nous demandons que les autorités tunisiennes informent immédiatement la famille de M. Trabelsi du lieu de sa détention, et/ou qu’elles le défèrent immédiatement devant le Tribunal Militaire pour faire opposition à sa condamnation par contumace à 20 ans de prison. Dans tous les cas, nous exigeons des Autorités tunisiennes de soumettre immédiatement M. Trabelsi à un examen médical et de lui permettre de rencontrer son avocat Maître Samir Ben Amor. Nous rappelons aux autorités tunisiennes leurs engagements vis-à-vis des conventions internationales de protection des droits de l’homme et surtout celles afférant à l’interdiction absolue de la torture et des mauvais traitements qui constituent des crimes contre l’humanité passibles de procès devant la Cour Pénale Internationale. Lyon, le 17 décembre 2008 Le Bureau A l’Attention de M. Ben Ali, Président de la République : Fax : +216 71 744 721 et +216 71 731 009 M. Rafik Haj Kacem, Ministre de l’Intérieur : Fax : +216 71 340 888 M. Bechir Tekkari, Ministre de la Justice : Fax : +216 71 568 106 M. l’Ambassadeur à Paris M. Najar: Fax : 01 45 56 02 64  


 

Hassan Nasri privé de visites

Monsieur Mohammed Nasri s’est rendu aujourd’hui, jeudi 18 décembre, de Menzel Bourguiba à Kairouan pour rendre visite à son fils Hassan, incarcéré à la prison d’El Haouareb. Il n’a pu le voir et le couffin lui a été retourné au motif que son fils en grève de la faim était puni par une mise au cachot (siloun). Monsieur Nasri a alors demandé à rencontrer le directeur de la prison, mais ce dernier a refusé de le recevoir. Pour rappel, monsieur Nasri est le père d’un ex-prisonnier, Kabil Nasri, et celui de trois fils incarcérés : Okba, Hasni et Hassan, écroués en vertu de la loi sur le terrorisme. Ils ont été ventilés dans des prisons différentes qui ont en commun d’être toutes éloignées du domicile familial. Et même lorsque deux des frères se sont retrouvés dans une même prison, l’administration avait, -évidemment-, eu à coeur de leur attribuer des jours de visite différents. Monsieur Nasri est un homme d’âge mûr. Il est fatigué. Son fils Hassan a déjà mené des grèves de la faim pour revendiquer des conditions dignes d’incarcération. Pour toute réponse, il n’a eu que des sanctions et de la violence. La fille de monsieur Nasri est mariée avec un ex prisonnier, Béchir Fathi, qui est harcelé en permanence jusqu’à aujourd’hui. La solidarité avec ces trois frères emprisonnés passe par celle d’avec leur père. Réclamez la réunification de la fratrie dans une seule prison, la plus proche du domicile familial. Et leur libération. Luiza Toscane


 

La Tunisie accusée de torture systématique

60 ans après son adoption, la Déclaration universelle des droits de l’homme reste un idéal à atteindre. Coup de sonde aux quatre coins de la planète francophone avec la Tribune des droits humains. Aujourd’hui : la Tunisie, important partenaire économique de la Suisse. Sous couvert de lutte contre le terrorisme, intensifiée depuis le 10 décembre 2003 suite à la promulgation de la sinistre «loi anti-terroriste», les droits humains sont de plus en plus bafoués en Tunisie. Des centaines de jeunes sont déférés quasi quotidiennement devant des tribunaux. Or, la très grande majorité des jeunes condamnés n’a pas tiré un seul coup de feu de sa vie et la plupart n’ont jamais été initiés au maniement des armes. Leur «crime» se limite au fait de s’être aventuré à visiter des sites «interdits», notamment ceux des groupes salafistes (islamistes radicaux). La chasse aux opposants Le nombre de ces jeunes, condamnés généralement à des peines allant de 2 à 11 ans de prison ferme, est estimé à plus de 1500 détenus, selon l’avocat Mondher Cherni. Le recours aux mauvais traitements voire à la torture, en particulier lors des interrogatoires, continue d’être régulièrement dénoncé par les victimes, leurs avocats ou encore les défenseurs des droits de l’Homme. Pas moins de trois rapports sur les pratiques de torture en Tunisie ont été publiés par des organisations de défense des droits de l’Homme au cours des deux dernières années. Le dernier en date (établi par le CRLDHT à Paris et l’ALTT à Tunis) révèle que la période allant de 2005 à 2007 a été marquée par «une chasse aux opposants, une transgression des normes internationales relatives aux procédures judiciaires, une systématisation du harcèlement et de la torture et une impunité pour les tortionnaires». Il met également en lumière le recul du droit international et la légitimation de telles pratiques au nom de la «lutte contre le terrorisme» par des Etats démocratiques, partenaires du régime tunisien. Des détenus jeunes De leur coté, les avocats constatent à chaque procès, une très sensible détérioration de la situation des prévenus, âgés généralement entre 18 et 30 ans. Lors du procès des 38 syndicalistes du bassin minier de Gafsa le 4 décembre courant, l’avocat Ayachi Hammami a ressorti 16 procès verbaux où des prévenus ont exigé de noter qu’ils ont subi des tortures et des brimades pendant l’interrogatoire policier. Cependant, le juge a estimé qu’il n’était pas obligé de répondre à la requête de la défense exigeant un examen médical des prévenus, dont plusieurs portaient encore les traces de mauvais traitements. Des vies détruites Lors des rares fois où ces questions ont été évoquées publiquement, à l’occasion de meetings de soutien aux détenus, organisés par des partis de l’opposition, les témoignages des familles ont fait découvrir des vies personnelles et familiales détruites suite aux tortures des détenus, de voisinages meurtris et d’une «société» proprement anéantie. Entre 2005 et 2007, la quasi-totalité de ceux qui ont été arrêtés en vertu de la loi antiterroriste se sont plaints d’avoir été torturés, lors des interrogatoires. Et après le verdict, les mauvais traitements continuent pour la plupart des jeunes condamnés, d’après les rapports établis par des associations tunisiennes spécialisées dans la défense des droits des détenus (Liberté et Equité, l’Association internationale de soutien aux détenus politiques, l’Association de Lutte contre la Torture en Tunise). Ces rapports révèlent la mise en place de mesures punitives d’enfermement au cachot, le recours à différentes sortes de brimades à l’encontre des détenus «indisciplinés», généralement pour les contraindre à mettre fin à une grève de la faim. Cette nouvelle vague de répression enclenchée depuis la promulgation de la loi anti-terroriste met en lumière l’ampleur du désespoir d’une partie de la jeunesse, la désertification de la vie politique, associative et même culturelle, l’appel au conformisme le plus zélé, qui n’empêche pas pour autant l’insécurité de tous. Les dénégations du gouvernement Pourtant, le ministre de la justice et des droits de l’homme Béchir Takkari a récusé en bloc le recours à la torture pendant les interrogatoires et les brimades dans les prisons. S’exprimant devant la Chambre des députés le 2 décembre avant l’adoption d’une nouvelle loi qui «renforce les garanties offertes aux accusés, améliore leur situation pénitentiaire et facilite leur insertion», Béchir Takkari s’est élevé contre l’«ingérence étrangère dans les affaires intérieurs du pays» et y a vu «des projets douteux et un opportunisme politique voulant instrumentaliser les droits de l’homme en tentant d’en faire un fonds de commerce politique». La Tunisie a été le premier pays de la rive sud de la Méditerranée à avoir signé en 1995 un accord de partenariat avec l’Union Européenne qui stipule dans son deuxième paragraphe l’engagement total à respecter les droits de l’homme. A l’issue de la dernière session du conseil de partenariat, tenue récemment à Bruxelles, le ministre tunisien des affaires étrangères Abdelwahab Abdallah a annoncé que son gouvernement aspire au statut de partenaire privilégié à l’instar du Maroc. Et cela sans qu’aucun changement substantiel de la situation des droits de l’homme ne soit enregistré au cours des dernières années, la situation s’étant même dégradée. swissinfo, Rachid Khechana/Tribune des droits humains, Tunis Cet article fait partie d’une série commandée par Tribune des droits humains à des correspondants locaux en pays francophones. Et ce à l’occasion du 60ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Cette opération est soutenue par l’Organisation internationale de la francophonie (OIF)
 
(Source: « swissinfo » le 18 decembre 2008)


 
Chers lecteurs,

Le numéro 85 de Mouwatinoun organe du Forum Démocratique est maintenant disponible chez votre marchand de journaux.

De plus, l’hebdomadaire Jeune Afrique, dans son dernier numéro, consacre un article sur les présidentiables en Tunisie pour 2009, où il parle des intentions du Premier Secrétaire du FDTL, le Dr Ben Jaafar. Vous pouvez visualiser la totalité de son contenu à partir de samedi en cliquant sur ce lien : http://www.fdtl.org/IMG/pdf/mouwatinoun_85.pdf

 

Tunisie : les immigrés arabes n’ont pas de poids politique en Europe (expert)

 
AFP, le 17 décembre 2008 à 21h13 TUNIS, 17 déc 2008 (AFP) – Les immigrés d’origine arabe n’ont pas de poids politique en Europe, et encore mois en France, a déploré mercredi Mezri Haddad, chercheur tunisien établi à Paris, au cours d’un colloque organisé par la Ligue Arabe à Tunis. « Les émigrés arabes n’ont strictement aucun rôle politique en Europe, encore moins en France, où il ne votent pas et n’ont aucun droit politique », a-t-il estimé, pendant des débats consacrés à l’immigration arabe vers l’Europe. M. Haddad en voulait pour preuve qu’aucun des 577 députés siégeant à l’Assemblée nationale française n’appartient à la « diversité culturelle ». « Pour un pays démocratique, où ses minorités représentent plus de 10% de la population, cette situation est un vrai scandale », a-t-il lancé. Il a évoqué la difficulté de cerner la présence de Français d’origine arabe ou africaine au sénat, dans la fonction publique, dans l’armée ou la police, affirmant que les statistiques ethniques étaient interdites en France. « C’est la vertu qui dissimule le vice », a-t-il ironisé. La Grande-Bretagne compte 15 parlementaires issus de minorités sur un total de 646 et l’Allemagne leur réserve quatre sièges au Bundestag, a-t-il indiqué. Un expert soudanais, Chamed Fadhelallah, a noté une résurgence de la xénophobie et des pratiques racistes en Europe, depuis les attaques du 11 septembre aux Etats-Unis. Il a décrit une « situation dramatique » de la communauté arabe en Allemagne (400.000 personnes) avec un taux de chômage de 80% à Berlin, selon lui. Folla Bouzidi, ex-député algérienne chargée des immigrés enFrance, a souligné la forte présence de femmes parmi les immigrés clandestins et plaidé « une vision politique globale » pour arrêter cette « hémorragie humaine ». Les immigrés arabes sont estimés entre 20 et 30 millions de personnes dans le monde, selon des chiffres annoncés au colloque.
Ouvrant le colloque, le ministre tunisien des Affaires sociales, Ali Chaouch, a demandé aux Etats arabes d’élaborer « une stratégie » pour défendre les intérêts des immigrés et exhorté les Européens à « des politiques claires pour une intégration réelle et positive de la communauté arabe sur la base de l’égalité des droits et des devoirs ».


Commerce des armes: l’UE veut étendre ses règles à l’Afrique du Nord

 

 
 AFP, 18.12.08 à 14:05 Des responsables de l’UE ont exposé jeudi à Rabat les grandes lignes des règles européennes sur les exportations d’armes, appelant les pays d’Afrique du Nord à y adhérer dans le but notamment de lutter contre la prolifération des armes dans la région et le terrorisme. Les objectifs de cette réunion portent notamment sur « l’aide logistique, la formation des contrôleurs, l’élaboration de rapports nationaux et le soutien au traité sur le contrôle des armes de l’ONU », a indiqué Jean-Luc Brunet, représentant la présidence française de l’Union européenne (UE). « Cette rencontre sur les exportations d’armes est une première entre les deux rives de la Méditerranée », a-t-il ajouté. La réunion de Rabat, qui prendra fin vendredi, regroupe des représentants de l’UE, des cinq pays de l’Union du Maghreb arabe (Algérie, Libye, Maroc, Mauritanie, Tunisie) et de l’Egypte. « Ce qui s’applique à l’UE peut s’appliquer à votre région », a déclaré Rose-Marie Chabanski, représentant le secrétariat général de l’UE, qui exposait les grandes lignes de la politique de l’UE en la matière. Près de 75% des expéditions de l’Atlantique vers l’Océan indien traversent la Méditerranée et des groupes terroristes peuvent s’emparer d’armes, a déclaré de son côté le représentant de l’Italie Diego Martini. « Nous devons tous combattre le terrorisme », a-t-il souligné. Le représentant du Maroc, Youssef Amrani, a évoqué pour sa part les risques liés aux armes légères et de petit calibre (ALPC). « Leur prolifération incontrôlée, conjuguée aux trafics d’armes illicites d’armes, alimente la criminalité, attise les conflits, ébranle la stabilité et compromet le développement », a-t-il estimé. Selon l’ONU, sur 49 conflits dans les années 1990, 47 ont été menés avec des ALPC dont 600 millions sont actuellement en circulation dans le monde, a-t-il ajouté.  


 

Tunisie: Terre de Stabilité

 

Posté par __z__ Notre pays est gouverné avec une habilité digne d’un équilibriste de cirque. On arrive à faire avaler à l’opinion et aux instances internationales tant de chimères que l’on ne peut que s’incliner devant tant d’agilité et de génie. Grâce à une politique de contrôle de l’information, l’Etat a réussi à faire très vite sombrer dans l’oubli l’épisode dramatique du bassin minier. Pour ceux qui ne l’ont pas appris, sachez que nos leaders de la révolte du bassin minier de Gafsa ont écopé de 10 ans de prison ferme. La justice de notre pays, ô combien indépendante, a jugé que ces messieurs agissaient seulement en vue de nuire à l’ordre public. Aucune allusion à leur lutte sociale ni à leurs revendications. En Tunisie selon l’idéologie de nos mauvologues (et certains concitoyens contaminés dont le TBA (*) en est une manifeste illustration), toute critique du système est une manifestation de haine et d’intolérance (souvent orchestrée par des agents occultes de l’occident). Quand on sort dans la rue ça devient une rébellion armée. Quand on devient un tant soit peu violent, c’est foutu, on fait partie d’Alcaïda. La Presse évoque Gafsa Alors que l’on vient de jeter les « perturbateurs » derrières les barreaux, le même jour notre Pravda nationale nous parle de Gafsa en ces termes:  » L’année 2008 aura été pour le gouvernorat de Gafsa une année mémorable, aussi bien sur le plan des réalisations économiques que du développement social.  Le premier élan a été pris le 16 juillet 2008 suite à la session extraordinaire du conseil régional du gouvernorat. A cette occasion, le Président de la République a pris un ensemble de décisions supplémentaires relatives à l’impulsion de l’investissement dans la région et à la création de projets. » (ici) Même si la suite de l’article évoque le volontarisme de l’Etat et son intention d’investir dans cette région, la simple occultation de la crise et l’hypocrisie qui va jusqu’à parler d' »une année mémorable de développement social », décrédibilise ce volontarisme et ridiculise l’Etat. Et pourtant c’est la fête des droits de l’Homme… Le ridicule est poussé jusqu’à oser célébrer, le lendemain du verdict les droits de l’Homme et du citoyen. Le président a eu cependant une tendre pensée adressée à nos mineurs emprisonnés. Dans son discours (ici) il leur a dédié cette phrase pleine de sens qui nous éclaire enfin sur l’interprétation que se fait l’Etat de la moindre contestation. Ainsi nous dit-il en ces mots: « Les valeurs et les principes des droits de l’Homme sont trop nobles pour servir des intérêts particuliers ou être manipulés à des fins politiques, encore moins pour que quiconque s’y présente en donneur de leçons »: En gros, les droits de l’Homme sont le monopole de l’Etat. Toute revendication au nom de ces droits constitue pour notre président une manigance, un complot en vue de vils intérêts particuliers. Abstenons-nous de toute critique sans quoi nous serions assimilés à de prétentieux donneurs de leçon. Devant tant de sagesse et de pertinence, nos mineurs emprisonnés, viennent de reconnaitre leurs torts et appellent le président à se représenter pour les élections de 2009… (*) TBA ou Tunisia Blogs Awards: il s’agit d’une manifestation blogosphérique sponsorisée destinée à élire les meilleurs blogs tunisiens. Dans sa sélection étaient exclus les blogs contestataires sous prétexte qu’ils sont haineux et racistes. Mon Blog fut refusé à ce titre. Un triste exemple parmi tant d’autre de collaboration passive… (Source : le blog « Débat Tunisie », le 18 décembre 2008 à 12h56) Lien : http://debatunisie.canalblog.com/archives/2008/12/18/11792125.html  

Ou est passé Ridha Kefi ?

par Takkou Il y a quelques semaines de cela eu lieu un étrange événement qui se passa totalement inaperçu. Le magazine tunisien “L’expression” connu un véritable chambardement au sein de son équipe rédactionnelle. Ce n’est ni plus ni moins que le Directeur de la rédaction de facto, monsieur Ridha Kefi, ainsi que quelques autres journalistes qui se sont vu débarqués inexplicablement et presque sournoisement du magazine. Ridha Kefi a été remplacé par un certain Chokri Ben Nessir qui, à l’aune du Curriculum Vitae de Ridha Kefi, ne serait qu’un apprenti. Sans même prendre la peine de nommer le chat par son nom, le directeur de la publication qui n’est autre que le propriétaire du magazine, M. Raouf Cheikhrouhou, a cru bon de signer un papier, le deuxième depuis le lancement du magazine (le premier vous l’aurez compris c’étais pour annoncer la naissance de « L’Expression »), pour notifier que « son bébé » vient d’avoir un an d’âge et que pour célébrer cet événement il fallait introduire des changements afin de rehausser le niveau et de répondre aux attentes des lecteurs (???). Qu’en est-il au juste ? Il faut savoir à ce propos qu’avant de se mettre au service de « L’Expression », Ridha Kefi travaillait pour un autre magazine qui jouit d’un prestige beaucoup plus immense : Jeune Afrique. Ridha Kefi fut approché pour piloter la mise en place du projet de création de ce nouveau magazine, dans une première phase, et de le diriger dans une deuxième phase. A ce propos il faudra signaler que, pour des raisons ambigües, l’ambassade des Etats Unis en Tunisie se trouva mêlée dans le projet à travers le fameux « Mepi ». On ne peut trancher catégoriquement si la création de « L’Expression » avait entre autres objectifs de concurrencer « Réalités », dans un remake de ce qui se passa pour feu « Le Magreb Arabe », ou si tout simplement le but du projet était de réduire l’influence grandissante que s’est forgé « Jeune Afrique », surtout que ce dernier se montra assez culoté au point de traiter l’Ambassadeur US en Tunisie de « Proconsul ». Toujours est-il que pour des raisons également obscures, « L’Expression » du attendre des mois entiers avant de recevoir le visa légal. Entre temps, Ridha Kefi se contenta d’animer des dossiers publiés régulièrement par le journal « Le Temps ». Les écrits de Ridha Kefi, que se soit sur « Le Temps » ou sur « L’Expression » n’avaient rien de subversif. Loin de là s’en faut. Cependant, ses articles émergeaient de la langue de bois habituelle qui maquait au fer le contenu des autres medias tunisiens. Il y avait une relative audace et une certaine liberté de ton que beaucoup d’entre nous ont cru apercevoir comme les prémices d’un printemps tunisien. Hélas il n’en fut rien. Les écrits de Ridha Kefi ne furent ni le détonateur d’un renouveau de la presse ni le glas d’une presse aux abois. La question qui s’impose : que c’est-il passé depuis ? L’éjection de Ridha Kefi émane-t-elle vraiment d’une volonté de faire mieux comme le prétend le premier responsable de « L’Expression » ? Ou s’agit-il tout simplement d’une réintégration dans la « demeure de la soumission » du groupe « As-Sabah » après une brève expérience de rébellion ? Ce ne serait pas un scoop de dire que depuis quelque temps on assiste à un processus méthodique de musèlement de toute voix discordante fusse-elle de connivence avec les autorités. L’aphonie qui frappa Ridha Kefi s’insère-t-elle dans le mouvement de colmatage de toutes les brèches entrouvertes afin que l’année 2009 se passe sans autre signe distinctif que celui tant attendu (suivez mon regard)? Nul ne saura le dire. Même pas Ridha Kefi qui, d’ailleurs, on ne sait pas ce qu’il devient. (Source : le blog «Errances », le 18 décembre 2008 à 11h24) Lien : http://je-peux-dire-une-connerie.blogspot.com/2008/12/ou-est-pass-ridha-kefi.html


UN  «HEROS»  ARABE  EST NÉ

 

BALHA BOUJADI Ces jours-ci on ne parle que d’un nouveau héros arabe et musulman dont la photo crève tous les écrans et son nom est mâché par toutes les langues, il y’en a même des manifestations spontanées qui ont remplis les rues des quelques villes arabes en manque d’animation pour saluer cette nouvelle star du combat pour défendre notre identité et notre souveraineté…   Cette nouvelle étoile montante de la démagogie arabe n’a que 29 ans, il s’appelle Montazer Al-Zaïdi, de formation mécanicien (d’après ce que je viens de lire sur le site canadien «Cyberpresse»), il travaillait comme reporter à la chaîne sunnite modérée Al-Baghdadya basée au Caire.   Ce journaliste a été présent lors de la conférence de presse donnée par le président Bush et le premier ministre irakien Nouri Maleki. Son travail de journaliste consistait à informer les téléspectateurs et à poser des questions aux conférenciers, mais lui il a changé de style et il a utilisé ses souliers au lieu de sa plume pour exprimer ses opinions.   Il est tout à fait indigne de voir nos journaux et nos élites intellectuelles se bousculer pour vendre aux masses cette démagogie populiste qui montre à quel point nous sommes habités jusqu’à l’obsession par le besoin d’avoir des héros même lorsqu’ils sont en carton pour les vénérer et leur léguer notre misère et nos défaites continues…   Les journalistes arabes qui n’osent même pas lever les yeux devant leurs dictateurs qui les ont castré depuis des années, trouvent le courage de lancer des souliers au visage d’un président qui vient d’ailleurs et de surcroît de la plus grande puissance mondiale …    Le plus grave est que tout le monde a applaudi ce geste «héroïque», surtout cette intelligentsia arabe qui se dit progressiste, même les illustres professeurs de notre prestigieux IPSI ont formé un groupe sur le facebook pour défendre et afficher leur éloge à leur Montazer… Quel genre de journalisme sont-ils en train d’enseigner? Et où est la déontologie professionnelle ?   Et puis cette élite intellectuelle et politique qui est en train de «draguer» le nouveau président américain noir et d’origine africaine et dont le père s’appelait Houssein et de surcroît musulman, cette pauvre élite n’a fait que foncer le clou de l’indifférence de l’opinion publique mondiale et américaine  concernant nos problèmes et nos « causes » perdues. Croyez-moi, Obama ne va pas bouger un seul doigt pour la cause palestinienne ni irakienne après cette scène des souliers, et nous allons avoir Hamas et Hezbollah pour plusieurs années encore comme référence de la modernité.    Les arabes qui jubilent pour cette action héroïque ont oublié que dans les pays démocrates ces choses sont courantes et acceptées, tout le monde se me rappelle de Sarkozy quand il a reçu une tarte à la figure ou bien la reine d’Angleterre qui a reçu des œufs à son passage… mais tout est oublié, alors que nous, nous allons avoir ce Montazer même dans la soupe pendant une dizaine d’année au moins.   BALHA BOUJADI balhaboujadi@yahoo.es
 


« Bourgeois gentilshommes » ou les nouveaux parvenus « Seul le superflu est nécessaire », dit Oscar Wilde

 
Avant on appartenait à un cercle fermé, on y naît, on y vit, et on y meurt, un cercle tout entier dans l’opinion et dans les mœurs. Aujourd’hui rien n’est plus fréquent que le passage de la classe populaire à une classe supérieure. Ces classes sont toujours ouvertes aux « parvenus » qui s’y confondent ou du moins ils essayent de s’y confondre. Mais qui a su prendre les mœurs de la vraie bourgeoisie est un vrai bourgeois ? Peut-il oublier son origine ? (Mais personne ne la lui reproche). Les « parvenus » sont ceux qui sont entrés dans cette classe par leur récente fortune, par leur profession et n’y semble pas à leur place. Ils ont discerné des caractères superficiels, mais ce qui est profond et subtil leur échappe. Une fortune rapidement acquise inspire en premier lieu à l’homme de vivre bourgeoisement, mais son éducation d’origine s’y oppose, ses manières, ses vulgarités le trahissent, alors il fait des gaffes, des impairs et des pataquès.. Et même s’il arrive à s’adapter  y aura sa femme qui n’arrive pas à le faire. Car la difficulté primordiale de devenir vrai bourgeois est qu’on ne le devient pas tout seul, chacun de nous appartient à une famille avant d’appartenir à une classe. C’est par sa famille que le bourgeois -né est bourgeois et c’est avec elle qu’il s’agit de le devenir. Le « parvenu » doit « élever » avec soi sa femme, ses père et mère, ses frères et sœurs, il doit secouer son entourage et rompre avec certains amis ou les tenir à distance. Il doit surtout conserver ses privilèges car une fois perdus il deviendra vite ce qu’il était. Donc il suffit de s’enrichir et d’avoir une profession pour y rentrer, de perdre sa fortune et sa profession pour en sortir. Le vrai bourgeois lui, même sans fortune il ne cesse d’être bourgeois. Pourquoi ? Portrait du bourgeois authentique Parce que son patrimoine lui a été légué par sa famille d’origine. Parce qu’il a toujours appartenu à cette classe en vertu d’une éducation plus longue est plus soignée, d’un certain niveau de civilisation dans la vie intellectuelle et culturelle. Contrairement à ce que certains croient, pour cette classe ce n’est pas la richesse matérielle qui la caractérise que l’usage qu’elle en fait. Un minimum de ressources est nécessaire pour faire vivre cette classe : il faut se vêtir, se loger, se meubler avec un certain (décorum), se nourrir convenablement et  accepter de rendre certaines politesses. Le luxe de la table n’est pas sa préoccupation, elle est sobre et dépense en aliments moins que les autres (ce sont eux qui achètent les volailles chères, les raretés et les gourmandises). Mais chez ces bourgeois le repas est mieux servi, l’hygiène de la nourriture est plus surveillée, la table dressée avec soin selon les principes de la symétrie, la nappe irréprochable, la vaisselle pas chère mais plaisante à voir.  Si petit que leur appartement soit, chaque pièce y doit avoir une affectation spéciale : on ne mange pas dans la cuisine, on ne couche pas dans la salle à manger, il y a un salon tout à fait caractéristique uniquement destiné à recevoir les visiteurs et placé tout près de la porte d’entrée (comme pour éviter de les admettre dans l’intimité de la famille). Les meubles plus ou moins luxueux qui rassemblent tout ce que la famille possède de décoratifs et de plus cher : tableaux, bibliothèque, piano, candélabres etc. mais le tout a une histoire léguée de père en fils. Cette vie exige une certaine culture que, ni les livres, ni les maîtres, ni les diplômes ne peuvent assurer.  Et parfois derrière les portes closes du bourgeois sans fortune on supporte patiemment la pauvreté tant qu’on la dissimule sans souffrances, sans frustrations ni humiliation. Parce qu’ils vivent de leur dignité et de leur patrimoine moral. Perdre sa dignité, c’est être prêt à toutes les bassesses, les trahisons pour sauver la face et protéger les intérêts. La dignité de l’homme n’est pas dans son importance matérielle, elle est plutôt dans la qualité avec laquelle il remplit sa fonction dans la société. Elle n’est pas dans le fait qu’il a tout pour être heureux mais plutôt dans sa façon d’assumer ce qui lui manque. C’est par la dignité qu’on impose naturellement le respect et non pas par l’argent et la peur du « qu’en-dira-t-on ». « Celui qui perd sa dignité s’avilit ». Portrait du « nouveau bourgeois » Nous entendons très souvent dire que celui-là ou celle là est « bien placé ».Mais qu’est-ce qui fait vraiment le statut social auquel on aspire ? Selon le « parvenu » c’est la richesse matérielle qui passe en premier lieu d’où la confusion entre « les gens bien » et « les gens de biens ». Certaines personnes considérées comme « ambitieuses » se trompent fréquemment de parcours. Les sauts à franchir ne relèvent pas de l’argent, du pouvoir des relations, de la profession, des titres etc. la grande bêtise c’est d’idéaliser un mécanisme d’ascension qui comporte bien des stratégies privées de vertus ou de philanthropies. Plus bête encore la bêtise de vouloir arriver pour arriver, d’essayer de se faire reconnaître sur des bases de valeurs très contestables tel que l’argent. Si l’exercice de certaines professions, l’aisance matérielle et le bon réseau de relation demeurent un fameux tremplin pour accéder à un niveau plus haut, ces facteurs ne sont certainement pas durables. Croire que seul l’argent, le titre suffisent à l’ascension sociale serait aussi mentir à soi-même. La recherche à tout prix du statut social dit élevé ne mène en fait qu’à faire sourire ceux qui y sont depuis longtemps grâce à leur talent, leur origine, leur culture, leur équilibre et leur épanouissement personnel enraciné et transmis de père en fils. « L’ambitieux » ou « l’arriviste » est un homme qui n’avait rien ou presque mais qui aimerait sortir de sa condition pour jouer avec un ensemble de facteurs illusoires afin de justifier l’injustifiable, mobilisant une intelligence tactique qu’il appelle «intelligence sociale », intelligence qui fait de lui souvent un esclave plutôt qu’un futur maître. Celui qui est parvenu à joindre le haut de l’échelle par ces moyens là ne peut qu’en descendre, tandis que celui qui y est déjà, il y reste. « Arrivé » n’est pas arrivé matériellement, mais surtout arrivé en tant que personne humaine, en tant qu’être de cœur, le reste c’est sans importance. L’autre jour je discutais avec un de mes ex-élèves devenu médecin et issu d’un milieu modeste, me demandant comment réussir son ascension sociale. Je lui ai répondu qu’il ne faut pas chercher artificiellement un réseau élitiste, qu’il faut être  soi-même, bien réussir dans l’accomplissement de sa tâche, fréquenter les lieux d’échanges où on ne parle pas que de faits divers et de femmes, se forger un sens critique solide, vouloir concilier entre intérêt personnel et altruisme, rester simple et modeste sans pour autant être effacé, ne pas complexer de ses origines, avoir de l’ambition sans être « Ambitieux » et vouloir arriver sans être «Arriviste ». Et surtout surtout éviter le ridicule et la FRIME……. Simple « frime » ou signe de décadence Aujourd’hui on assiste à une inversion incroyable des valeurs. Il suffit de regarder un peu autour de soi. On aurait du mal à admettre que le nouveau critère social n’est ni savoir, ni valeurs, ni morale mais l’argent avec un grand « A » qui permet de « frimer ». D’accord l’homme a toujours une tendance nette vers le luxe, l’élégance et le raffinement, mais toute chose poussée à l’extrême tourne au RIDICULE. Et en croyant se distinguer des autres le frimeur finit par être montré du doigt et désigné comme exemple de futilité caricaturale. Pour le nouveau riche « frimer » est synonyme de distinction, pour les autres, il s’agit d’une attitude honteuse doublée d’un étalage de richesse choquant. Parfois il a tendance à se priver de l’essentiel pour paraître. « Seul le superflu est nécessaire » Oscar Wilde. Qu’importe ! Alors ils insistent sur :  -Le « look » : vêtements signés, bijoux, montre et cravate de marque etc. (Justement  il se débrouille pour qu’on puisse voir la marque sans se soucier de la touche vulgaire que ceci engendre). -Le «portable» qui n’est plus un symbole de frime, cependant pour faire la différence, il faut qu’il soit le dernier des dernières générations et faire en sorte que le numéro rappelle celui de la plaque d’immatriculation, avec l’option « clean » pour l’anonymat de l’appel. (Il ne sait pas encore que le COMBLE DE L’IMPOLITESSE c’est de confier son portable à sa secrétaire pour répondre à sa place !!!) -La « voiture » ou plutôt la 4×4 devenue indispensable, et considérée comme l’élément de frime par excellence. On essaye là aussi de faire correspondre la plaque d’immatriculation avec le numéro de série…. -La «vie mondaine» : pour ce qui est de la vie culturelle, faire semblant d’être très  intéressé par la lecture et les expositions (alors qu’au fond il pige rien !). Débarquer en retard aux divers dîners mondains «  les gens chics se font attendre »…Sans commentaires !!.. Ce sont des messages que ces gens-là lancent aux autres pour prouver une certaine ascension sociale, mais ils n’arrivent jamais à rattraper les autres. Cependant, et contrairement à ce que l’on croit, lorsqu’on est riche depuis des générations, on n’a pas besoin de frimer, on n’a pas besoin du « m’as-tu-vu », on devient de plus en plus discret pour justement laisser la place au frimeur qui essaye de transformer son complexe d’infériorité  en complexe de supériorité. Il cache certainement une frustration quelque part, il opte pour les signes extérieurs de la richesse parce qu’il ne se sent pas toujours à la hauteur de la classe imitée. C’est à ce niveau que la frime est un signe de décadence sociale, et là il faudrait lui jeter un regard moralisateur plutôt qu’amusé. L’absence de critique permet à cette nouvelle classe de naître et de durer. Sous la feinte supériorité et futile apparence, il y a du fragile. Le solide ne se réduit pas à la richesse ou à la puissance mais à l’éducation et aux VALEURS PERSONNELLES HERITEES. « Le vrai est plus puissant que le faux, le naturel est plus solide que le factice » E.G. Morale de l’histoire On a beau être juge, avocat, médecin, ingénieur etc. avec l’obsession maladive de vouloir réussir à tout prix et gravir jusqu’à faire partie des sommités ; on pourra toujours s’y mêler mais jamais se confondre :il y aura toujours quelque chose qui trahit ; un geste, un regard, un mot déplacé, un manque de « distinction » qui consiste en des nuances, des minuties, des riens DIFFICILE A IMITER et IMPOSSIBLE DE COPIER.  C’est une délicatesse et un affinement de tact qui permet à la personne d’être discernée sans hésitation et sans effort. Plutôt qu’une crise économique, les sociétés modernes vivent une vraie pénurie de VALEURS. Aider ces gens à s’intégrer convenablement dans la société, c’est le meilleur moyen de permettre à tous et dans tous les pays du monde de bénéficier de la mondialisation. Hager DALY (Source : « Le Temps » (Quotidien – Tunis), le 18 décembre 2008)  


 

LES EXPERTS DU CONSEIL DES DROITS DE L’HOMME REGRETTENT VIVEMENT L’OBSTRUCTION DE LA MISSION DE L’UN D’ENTRE EUX PAR ISRAËL (en anglais)

17 décembre 2008 Asma Jahangir, Chairperson of a coordinating body for independent United Nations human rights experts (also known as “Special Procedures”), issued the following statement today: “The Coordination Committee of Special Procedures is deeply alarmed that the Special Rapporteur on the human rights situation of the Palestinian territories occupied since 1967, Professor Richard Falk, was prevented by the Israeli authorities from undertaking a mission, in accordance with the mandate entrusted to him by the Human Rights Council. Upon invitation from the Palestinian Authority, the Special Rapporteur intended to carry out an official visit to the occupied Palestinian territory from 14 to 20 December 2008. However, the Israeli authorities denied him transit through Israel in order to access the occupied Palestinian territory, held him overnight at Ben Gurion international airport, and subsequently sent him back to the United States of America on 15 December 2008. We deeply regret that the Government of Israel obstructed the planned mission of Professor Falk, detained him for several hours, and separated him from accompanying United Nations staff. Such actions risk undermining the effectiveness of the system of Special Procedures. Fact-finding missions are an essential means for mandate holders to investigate human rights violations, promote fundamental freedoms, and engage in a constructive dialogue with Governments. It is therefore vital for States to cooperate with and assist the Special Procedures in the performance of their tasks. We would like to note that several other mandate holders have recently visited Israel and the occupied Palestinian territory and enjoyed the cooperation of the relevant authorities. At the same time, we urge the Israeli authorities to extend full cooperation to the Special Rapporteur on the human rights situation of the Palestinian territories occupied since 1967. We hope that Professor Falk will have access to the occupied Palestinian territory so that he can fulfil his mandate.” (Source : le site officiel de l’Office des Nations Unies à Genève, le 17 décembre 2008) Lien : http://www.unog.ch/80256EDD006B9C2E/(httpNewsByYear_en)/BD47FADADCFA4954C1257522003BB61D?OpenDocument&cntxt=F8499&cookielang=fr

 

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