16 septembre 2011

TUNISNEWS
11 ème année, N°4096 du 16.09.2011
archives : www.tunisnews.net

 


AP: Tunisie: adoption d’une déclaration sur la transition démocratique

Nouvel Obs: En Tunisie, Erdogan lance un message rassurant sur l’islam politique

Romandie: Erdogan en Tunisie: islam et démocratie ne sont pas contradictoires

WMC: Tunisie – Turquie : Erdogan, pour un développement des échanges dans tous les domaines

Le Parisien: Tunisie : quand l’ambassadeur de France se prend pour l’agent 007

WMC: Tunisie: Nos étudiants et le handicap de la langue

Clapnoir: Entre eux et moi, c’est la guerre ! Laïcité, Inch’Allah ! de Nadia El Fani

Espace Manager : Tunisie: 2 avocats déposent plainte contre Larbi Nasra

Kapitalis: Tunisie. Les médias de Ben Ali font de la résistance !


Tunisie: adoption d’une déclaration sur la transition démocratique

 
Publié le 15-09-11 à 18:50 Modifié à 18:41
 
TUNIS (AP) — Douze partis membres de la haute instance chargée des réformes politiques en Tunisie ont signé jeudi un important document, intitulé « Déclaration sur le processus de transition », destiné à faire aboutir dans des conditions favorables l’échéance électorale du 23 octobre prochain.
 
Les Tunisiens sont appelés dans un peu plus d’un mois à élire une assemblée constituante pour remplacer celle en vigueur sous le régime de l’ancien président Zine el Abidine ben Ali, plusieurs fois amendée sur mesure.
 
Dans ce document, les partis signataires, dont le mouvement islamiste Ennahdha et le parti démocratique progressiste (PDP) donnés favoris par les sondages d’opinions, s’engagent à faire en sorte que la date des élections soit irréversible.
 
Ils s’accordent, en outre, pour que le mandat de la future constituante, objet d’une vive polémique sur la scène politique, ne dépasse pas une année.
 
Selon ses partisans, la limitation de la durée du mandat de la constituante vise à mettre en place, dans un délai raisonnable, des institutions issues du suffrage universel et à mettre fin au plus tôt à l’instabilité, facteur de dérives sécuritaires notamment.
 
Isolé, le Congrès pour la république (CPR), une formation dirigée par le Dr Moncef Marzouki, absent lors de la cérémonie de signature du document, suggérait, lui, un mandat étalé jusqu’à quatre ans.
 
La déclaration comporte par ailleurs un engagement à un code de conduite des partis et des candidats pour se conformer au respect des concurrents et assurer la neutralité des lieux de prière, ainsi que des établissements éducatifs et administratifs, pour qu’ils ne servent pas d’espaces de propagandes électorales: un clin d’oeil à Ennahdha entre autres.
 
Elle prône un concept souple pour le transfert des pouvoirs directement après l’élection de l’assemblée constituante. Les fonctions du président intérimaire et du gouvernement transitoire actuels devront prendre fin aussi tôt que l’assemblée aura élu un nouveau président et qu’un nouveau gouvernement aura été mis en place.
 
Initiateur du document, le président de la haute instance, le juriste Yadh Ben Achour, a fait valoir que « l’entente est le seul moyen de progresser, surtout que le pays passe par une période transitoire difficile ».
 
La présidente du PDP, Maya Jribi, a quant à elle salué l’adoption de cette feuille de route, la qualifiant de « moment historique, malgré nos divergences ». AP

En Tunisie, Erdogan lance un message rassurant sur l’islam politique


Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan en visite en Tunisie a assuré jeudi « qu’islam et démocratie n’étaient pas contradictoires », un message clair dans un pays qui s’apprête à aller aux urnes le 23 octobre, pour un scrutin où les islamistes apparaissent favoris.

« Islam et démocratie ne sont pas contradictoires. Un musulman peut gérer un Etat avec beaucoup de succès », a déclaré M. Erdogan, dirigeant d’un parti islamo-conservateur, à l’issue d’un entretien avec son homologue tunisien Béji Caïd Essebsi.

« La réussite du processus électoral en Tunisie va montrer au monde que la démocratie et l’islam peuvent aller ensemble », a-t-il insisté, alors que le mouvement islamiste tunisien Ennahda (Renaissance) suscite de fortes craintes dans les milieux laïques et intellectuels tunisiens.

Une assemblée constituante chargée de rédiger une nouvelle constitution doit être élue le 23 octobre en Tunisie, neuf mois après la chute de Zine El Abidine Ben Ali, chassé par un soulèvement populaire sans précédent.

Les islamistes d’Ennahda, mouvement interdit et réprimé sous le régime Ben Ali, apparaissent comme les grands favoris du scrutin. Ils se réclament ouvertement du modèle turc, et leur chef, Rached Ghannouchi, était présent mercredi soir pour accueillir M. Erdogan à sa sortie de l’aéroport de Tunis.

L’influence d’Ennahda suscite de fortes craintes dans les milieux laïques et intellectuels tunisiens.

La visite en Tunisie du Premier ministre turc prévoit jeudi des rencontres avec les principaux chefs de partis politiques, au premier rang desquels ceux d’Ennahda.

« La Turquie est un poids lourd. Ce n’est peut être pas tout à fait innocent pour M. Erdogan de venir en Tunisie à un mois des élections, il lance un message rassurant en direction de l’opinion publique: ne craignez pas Ennahda », estime l’analyste Fayçal Cherif.

« Ankara endosse depuis quelque temps le rôle de parrain dans les pays arabes. Cette position s’est renforcée avec la ligne adoptée par la Turquie vis à vis d’Israël », ajoute M. Cherif.

De fait, à l’issue de sa rencontre avec M. Caïd Essebsi, M. Erdogan a également réitéré ses avertissements à l’Etat hébreu.

« Israël ne pourra plus faire ce qu’elle veut en Méditerranée, et vous verrez des navires militaires turcs dans cette mer », a déclaré M. Erdogan.

« Les relations avec Israël ne pourront pas se normaliser tant qu’Israël ne présente pas ses excuses concernant la flottille, ne dédommage pas les familles des martyrs et ne lève pas le blocus à Gaza », a poursuivi M. Erdogan.

Un raid israélien sur un navire turc en route vers Gaza avait coûté la vie à neuf Turcs le 31 mai 2010. Israël refuse de présenter des excuses pour cette opération, à la colère d’Ankara.

Le Premier ministre turc a déjà exprimé en Egypte, première étape de son voyage, de virulentes critiques contre Israël et affirmé que la reconnaissance d’un Etat palestinien était « une obligation ».

Ses nouvelles déclarations devraient être bien accueillies en Tunisie, où la cause palestinienne est régulièrement soulevée. Les instances transitoires du pays ont adopté en juillet un « pacte républicain » interdisant notamment toute normalisation des relations avec l’Etat hébreu.

Après sa rencontre avec M. Caïd Essebsi, le Premier ministre turc aura des entretiens avec le président par intérim Fouad Mebazaa et les ministres des Affaires étrangères et de la Défense tunisiens.

A l’issue de sa visite, un traité d’amitié et de coopération devrait être signé pour dynamiser les relations commerciales entre les deux pays, liés par un accord de zone de libre échange depuis 2004. Le volume des échanges entre la Turquie et la Tunisie dépasse un milliard de dollars, selon des chiffres officiels.

M. Erdogan se rendra vendredi en Libye, dernière étape de sa tournée dans les pays du « printemps arabe ».

Source : « Le Nouvel Observateur »Le 15-09-2011

Lien : http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20110915.AFP8985/en-tunisie-erdogan-lance-un-message-rassurant-sur-l-islam-politique.html


Erdogan en Tunisie: islam et démocratie ne sont pas contradictoires


Le Premier ministre turc Reccep Tayyip Erdogan a déclaré jeudi que l’islam et la démocratie n’étaient pas contradictoires, au cours d’une visite en Tunisie, pays déclencheur du printemps arabe qui s’apprête à élire une assemblée constituante le 23 octobre. Islam et démocratie ne sont pas contradictoires. Un musulman peut gérer un Etat avec beaucoup de succès, a déclaré M. Erdogan, dirigeant d’un parti islamo-conservateur, à l’issue d’un entretien avec son homologue tunisien Béji Caïd Essebsi. La réussite du processus électoral en Tunisie va montrer au monde que la démocratie et l’islam peuvent aller ensemble, a souligné M. Erdogan, citant son propre pays en exemple. La Turquie compte 99% de musulmans mais c’est un Etat démocratique laïque où toutes les religions ont le même niveau. Un musulman, un chrétien un juif sont égaux dans un Etat laïque, a-t-il déclaré. Nous croyons à ça et nous travaillons avec ça, a-t-il encore affirmé. La Tunisie doit élire le 23 octobre une assemblée constituante chargée de rédiger une nouvelle constitution neuf mois après la chute du régime de Ben Ali. Les islamistes d’Ennahda, qui se réclament ouvertement du modèle turc, apparaissent comme les favoris du scrutin. L’influence d’Ennahda suscite de fortes craintes dans les milieux laïques et intellectuels tunisiens. M. Erdogan, qui effectue une tournée dans les pays du printemps arabe, est arrivé mercredi en Tunisie, après une première étape en Egypte.Il doit ensuite se rendre en Libye.

Source: ”Romandie” Le 15-09-2011

Lien: http://www.romandie.com/news/n/_Erdogan_en_Tunisie_islam_et_democratie_ne_sont_pas_contradictoires150920111409.asp


Tunisie – Turquie : Erdogan, pour un développement des échanges dans tous les domaines


« Nous avons relevé avec beaucoup de bonheur que la Tunisie et la Turquie s’accordent sur les principes de la démocratie, de la préservation de la dignité de nos peuples et du soutien des luttes des peuples pour s’affranchir de toute oppression », a déclaré Béji Caïd Essebsi, Premier ministre lors de la conférence de presse organisée à l’occasion de la visite du Premier ministre turc, Erdogan, en Tunisie, jeudi 15 septembre.

BCE a insisté sur le soutien inconditionnel de la Tunisie et de la Turquie à la cause palestinienne et à la légitimité de la création d’un Etat palestinien, estimant que les Palestiniens ont autant de droits que d’autres peuples à un Etat indépendant.

Le Premier ministre turc a, pour sa part, affirmé son voeux de voir la Tunisie respecter les principes démocratiques, le pluralisme et les opinions différentes.« L’islam et la démocratie ne sont pas contradictoires. 99% des Turcs sont musulmans, cela ne les empêche pas d’être fondamentalement démocrates. Ce modèle peut aussi bien marcher en Tunisie où la volonté du peuple sera exprimée à travers les prochaines électorales ».

Le volume des échanges commerciaux entre la Tunisie est la Turquie sont est de l’ordre d’un milliard de $, c’est très peu.« Nous tâcherons de renforcer les échanges commerciaux, la coopération militaire, un secteur dans lequel la Turquie est assez performante. L’aéroport d’Enfidha, qui sera géré pendant 40 ans par une entreprise turque, pourrait participer à l’accroissement du nombre de touristes dans les deux sens », a estimé M. Erdogan.

Le Premier ministre turc a précisé que depuis qu’il a pris en main la destinée de la Turquie, il a métamorphosé le produit touristique d’un produit classique à celui de montagne, d’hiver, de congrès, de culture et de plaisance.

Il a également appelé à développer les échanges des étudiants entre les deux pays pour assurer une meilleure connaissance des deux pays.

Source: “wmc” Le 15-09-2011

Lien: http://www.webmanagercenter.com/management/article-110366-tunisie-turquie-erdogan-pour-un-developpement-des-echanges-dans-tous-les-domaines



Et revoilàBoris Boillon ! L’ambassadeur de France en Tunisie avait défrayé la chronique à son arrivée dans le pays après la révolution, en qualifiant les questions de journalistes locaux de «débiles et de nulles».

Cette fois, il fait la Une en septembre du nouveau magazine people Tunivisions sous le titre «le James Bond de la diplomatie». Costume noir et chemise blanche, petit sourire, Boris Boillon, 41 ans, ex-ambassadeur de France à Bagdad nommé à Tunis après la chute du régime Ben Ali en janvier, prend la pose à la manière du célèbre agent 007. Il énumère ses qualités, «le courage et la franchise», et ses défauts, «l’impétuosité». Le diplomate invoque la devise d’Henri Bergson, et dit «agir en homme de pensée et penser en homme d’action». «Dans ma vie de tous les jours, face aux grandeurs et aux servitudes de la vie diplomatique, je reste simple et disponible», ajoute-t-il.«J’ai conscience de vivre en Tunisie une période exceptionnelle dans l’histoire de ce pays», ajoute l’ambassadeur, «convaincu que la France doit continuer à jouer un rôle essentiel pour renforcer les relations entre l’Europe et la rive sud de la Méditerranée». Le diplomate en maillot de bain Il définit sa mission comme «faire en sorte que la France accompagne au mieux le peuple tunisien, dans cette phase historique de transition démocratique». Et assure que «la Tunisie a tous les atouts pour réussir». Boris Boillon avait commencé sa mission diplomatique de manière fracassante, présentant en février ses excuses aux Tunisiens après avoir répondu à la presse nationale d’une manière jugée «agressive». Des centaines de personnes avaient manifesté alors devant l’ambassade aux cris de «Boillon dégage !» après la diffusion à la télévision de cette rencontre qui a tourné court avec des journalistes tunisiens. A cette époque, une photo de l’ambassadeur en maillot de bain avait circulé. Elle avait été reprise du site «Copains d’avant». Le diplomate avait menacé de poursuivre en justice toutes les personnes utilisant ces images destinées à un usage privé.

Source: “Le Parisien” Le 15-09-2011

Lien: http://www.leparisien.fr/international/tunisie-quand-l-ambassadeur-de-france-se-prend-pour-l-agent-007-15-09-2011-1609318.php


Tunisie: Nos étudiants et le handicap de la langue


 

Par Sondes Khribi khlifa

mastère professionnel, entretiens à réaliser –théoriquement- en langue française. J’ai fini par laisser tomber, et parler arabe, ou plutôt, cette langue hybride, arabe/français.Très mauvaise chose, oui je sais. Sauf qu’on est bien obligé de communiquer, à la fin….

En première année déjà, on reçoit des étudiants de trois catégories…

1- Ceux qui sont à l’aise en français, parce que papa et maman parlent bien cette langue, mettent TF1 le soir, et lisent des journaux français.

2- Ceux qui font visiblement beaucoup d’efforts, ont travaillé dur, et parviennent à formuler des phrases (à peu près) correctes, en mettant un peu plus de temps, il faut le dire, que les autres.

3- Et enfin, la catégorie majoritaire, celle des étudiants qui connaissent des mots du français, mais quand ils parlent ou écrivent, on dirait un télégramme à envoyer: «moi travailler banque», «dans le futur, moi je voudrais travailler dans une banque», etc.

Ce n’est pas que je préfère que les études se fassent en français, ce n’est pas la question, mais au moins, quand on choisit une langue pour acquérir le savoir, il faut s’y tenir. Ca peut d’ailleurs être l’arabe, l’anglais, ou même le chinois (paraît-il la première langue parlée dans le monde…). Ce n’est donc pas un écrasement identitaire au profit du français.

Que faire?

On ne peut pas corriger les lacunes d’un système, en deux jours. En un mois. En un an. Mais alors, quand est-ce qu’on va s’y mettre? Peut-on apprendre le français à un étudiant en troisième année, à 21 ans, et en quelques mois…? J’ai essayé de travailler dans ce sens, en créant un club de littérature. J’y invitais les étudiants à découvrir un livre, dont je lisais quelques passages, je parlais de l’auteur, du contexte, etc. Mais ça n’a pas vraiment marché. Les étudiants qui étaient intéressés et qui venaient au club (mercredi après midi, après les cours donc) étaient déjà bons en français! C’était des gens qui lisaient déjà, de temps en temps…Or mon objectif était surtout de recruter les «mauvais en français», de leur donner l’envie de lire et d’améliorer leur français par la pratique, pas les bons… Les bons étaient déjà bons.

On finit à la fin par se dire: qu’est-ce qui est le plus important, le message ou la langue? La langue étant un vecteur de communication, un outil, l’objectif est et restera: la communication, c’est-à-dire transmettre un message. Alors dans ce cas, je préfère un schéma à un discours, ou un texte mal écrit, à la limite de l’incompréhensible.

Nos étudiants sont très intelligents… mais

Ils sont malheureusement handicapés par la langue. Ils ne maîtrisent vraiment aucune des trois langues qu’ils sont sensés maîtriser. L’arabe, c’est le parent pauvre. Le français, c’est celui de FB et des texto (SMS), avec des abréviations, des chiffres pour remplacer certaines lettres, etc. L’anglais, lui, c’est du chinois.

L’étudiant n’arrive pas à écrire, sur sa feuille, dans les codes du français académique, les mêmes idées, génialissimes, qu’il expliquerait si bien à l’oral…L’handicap de langue est considérable, et il isole et limite énormément le potentiel de l’étudiant.

La langue est la clé -au sens premier- de toute connaissance. Maîtriser une langue donnée, c’est disposer des outils qui nous permettent d’exprimer nos pensées, de mettre des mots dessus. Maîtriser la langue, c’est aussi être capable de comprendre un débat à la télé, comprendre un article lu quelque part, s’ouvrir sur le monde, et la connaissance en somme.

Que faire dans l’urgence?

Le plus important ce serait que l’étudiant puisse exprimer ses idées. Demain dans l’entreprise, il ne va pas forcément parler en français, il va utiliser certains concepts, traiter certaines procédures, en français ou en anglais d’ailleurs. Mais il va parler sa langue natale avec ses collègues, c’est certain. Mises à part des entreprises particulières qui travaillent dans des domaines particuliers, le français sera surtout utilisé dans la rédaction de rapports, et de notes ou de projets, etc. Laissons au moins à nos étudiants la chance d’exprimer leurs idées. Surtout dans les domaines de l’entrepreneuriat, c’est l’idée, l’envie et la compétence d’abord. Le plan d’affaires peut être très bien conçu et pensé, dans la tête de l’étudiant, sans qu’il soit capable de le formaliser… Je ne sais pas si Bill Gates ou Steve Jobs avaient écrit quelque chose, tout était pourtant si clair dans leurs têtes…

Une stratégie…

Le problème de la langue ne se résout pas en quelques mois. Il faut une stratégie, une volonté politique, avec des programmes et une infrastructure. Par exemple des bibliothèques dignes de ce nom dans les universités, et où il fait bon s’installer et lire, d’hiver comme d’été.Des bibliothèques qui seraient des lieux de vie, avec des grandes fenêtres qui donnent sur des jardins, avec des chaises confortables, un par terre propre, un espace cafétéria, des micro ondes en accès libre, pour chauffer son repas. Des bibliothèques avec des imprimantes en accès libre pour faire autant de photocopies qu’on le veut, sans être obligés de faire la queue la moitié de l’après midi et de perdre tout goût de lecture…

C’est trop demandé?

Source: ”wmc” Le 15-09-2011

Lien: http://www.webmanagercenter.com/management/article-110334-tunisie-nos-etudiants-et-le-handicap-de-la-langue


Entre eux et moi, c’est la guerre !

Laïcité, Inch’Allah ! de Nadia El Fani


 

 

Entre eux et moi, c’est la guerre !

Laïcité, Inch’Allah ! de Nadia El Fani  

Avec sa casquette de mineur et ses lunettes de soleil, Nadia El Fani vient secouer les bonnes mœurs de la Tunisie conservatrice et bigote. Et elle tombe bien, Ben Ali est tombé. Une société nouvelle est à construire.

Militante fervente de la laïcité, entourée de femmes luttant passionnément, féministe dans un pays qui a renoué avec le voile, Nadia la trublionne vient filmer les gens qui mangent dans un snack à Tunis en plein Ramadan et se fait rembarrer. Se prend le bec avec un serveur de restaurant qui ne sait pas bien si elle est Française – et dans ce cas, pas de problème pour lui servir un steack-frites – ou Tunisienne – et dans ce cas, elle est supposée jeûner. Et comme Nadia passe agilement du français à l’arabe… trouble dans le genre culturel ! Nadia raconte son père. Athée mais respectueux de l’Islam et sa mère, chrétienne. Son enfance dans une Tunisie libérale, ouverte et tolérante, dans les années Boumediene, dont elle nous livre quelques images nostalgiques. Mini-jupes et vitellone !

Impertinente, iconoclaste, un peu comme l’avait fait Nanni Moretti avec le Pape, les catholiques et la politique (mais pas encore le génie du grand maître – ça va venir inch’Allah), Nadia s’implique, se passionne, répond, gueule, râle, s’exhibe, plaide, agace même parfois, provoque – à mort ! – et aussi, rigole. Elle interroge des Musulmans qui ne font pas le Ramadan, des vendeurs de bière ; organise un « pique-nique de protestation » sur la plage… (qui ne déclenche, hélas, pas de déploiement des forces de l’ordre). Participe à des meetings, débat avec des copines, argumente encore et encore. Et dans sa voix off pleine d’humour, sur fond d’un raga tunisien assez subversif, elle étrille, assassine, dit ce et ceux qu’elle aime. Ou n’aime pas. Les intégristes « Entre eux et moi, c’est la guerre ». Après la première projection du film à Tunis, le 26 avril, en présence de centaines de personnes, une page Facebook appelle à son assassinat ! A la deuxième projection, un groupe de salafistes force le cinéma en proférant des menaces. La police intervient. « Le film a été projeté quand même ». Elle est soutenue par Ni Putes Ni Soumises et la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH). Espérons que l’universalité de son propos ne soit pas desservi par la tournure des choses. Nul n’est prophète en son pays, dit le proverbe. « Est-ce que le film sera visible sur Internet ? » questionne une tunisienne lors de la première du film à l’hôtel de ville de Paris. « S’il faut, on le piratera ! – n’est-ce pas, David ? » sourit la réalisatrice a son producteur, David Kodsi (Kien productions).

L’Histoire a donné raison à son combat, Nadia a partagé l’élan, de la révolution même si elle n’est pas le sujet même du film. Les images de la révolution ouvrent le récit, mais le film, comme le dit la réalisatrice, a été essentiellement tourné avant. Elle dit en voix off : « Et c’est comme si cette dictature n’avait existé que pour enfanter ce moment. » Mais de quoi l’avenir sera-t-il fait ? Les mouvements intégristes ont du succès dans les quartiers populaires, lui explique une jeune femme interviewée sur un trottoir de Tunis.

Une réflexion profonde sur l’avenir de la Tunisie, une véritable rencontre avec la diversité de ceux qui composent sa société civile est un film qui reste à faire. La parole n’est pas donnée jusqu’au bout à ceux qui pensent autrement. D’aucuns reprocheront à la « française d’origine » de venir donner une leçon de laïcité au peuple tunisien, voire de servir un propos politique Nord/Sud qui lui échappe. Nadia dit ce qu’elle pense, avec courage et sincérité, sans cacher ce qu’elle est. Pour un public français, la laïcité va de soi. Que pensent les publics dans le monde arabe, en Afrique ? Nadia El Fani a lancé le débat. Redevenue parisienne, elle donne son énergie à la lutte pour une Tunisie laïque, ouverte, qui n’oblige pas tous ses citoyens à pratiquer le Ramadan. « On n’a pas à rappeler qu’on est musulman en Tunisie, ce serait comme déclarer que la mer est bleue ».

Source: ”Clapnoir” Le 15-09-2011

Lien : http://www.clapnoir.org/spip.php?article754


Tunisie: 2 avocats déposent plainte contre Larbi Nasra


Deux avocats du barreau de Tunis ont déposé plainte, Mercredi 14 Septembre, à l’encontre de Larbi Nasra propriétaire de la chaine Hannibal TV en sa qualité d’ami personnel et proche du président déchu Zine Ben Ali, indique le site d’information arabophone Attounissia. Les avocats, Mes Bechr Chebbi et Hichem Zouili, accusent Larbi Nasra d’avoir donné l’ordre à ses journalistes de réaliser des interviews se rapportant à l’actualité nationale et de diffuser des informations erronées dont le but est d’influencer l’opinion et faire chuter le gouvernement. Me Bechr Chebbi dit également dans sa plainte que « Larbi Nasra aurait, à travers Hannibal TV, fait passer de faux appels au secours dans le but de propager la panique et créer un climat de défiance générale. M. Nasra a été entendu par la brigade criminelle de Tunis le 23/01/2011 (PV n°114) et aurait reconnu ces faits ». Les deux avocats reprochent aussi à Larbi Nasra de parler en tant que représentant du peuple à travers la diffusion de spots publicitaires favorables à la tenue d’un référendum en préalable de l’élection d’une assemblée constituante. Ce qui est de nature à « diviser un peu plus les Tunisiens et à mettre en péril » le scrutin du 23 Octobre, d’après le texte de la plainte. Nul doute que cette plainte sera prise au sérieux par les services compétents. Toutefois, on ne pourrait affirmer si derrière de tels faits existe une volonté politique de déstabilisation du pays ou sont-elles de simples manœuvres journalistiques de bas niveau ?? La justice tranchera.

Source : « Espace Manager » Le 15-09-2011

Lien : http://www.espacemanager.com/infos-societes/tunisie-2-avocats-deposent-plainte-contre-larbi-nasra.html


Tunisie. Les médias de Ben Ali font de la résistance !


Il s’agit du Syndicat national des journalistes tunisiens (Snjt), du Syndicat général de la culture et de l’information (Sgci) relevant de l’Union générale tunisienne du travail (Ugtt) et de l’Instance nationale indépendante pour la réforme de l’information et de la communication (Inric), qui ont dénoncé, dans un communiqué diffusé mardi, «les tentatives de putsch menées actuellement contre des syndicats légitimes dans le secteur de la presse».

 

Le silence complice des partis ! Si ces trois structures, qui travaillaient auparavant séparément, ont cru devoir s’associer, cette fois, pour rendre public un communiqué commun, c’est qu’elles ont senti que la situation dans le secteur est en train d’avancer dans le sens contraire de celui de la révolution. Face à la contre-révolution, alimentée par des médias qui, hier encore, étaient au service de Ben Ali et de sa bande, le Snjt, le Sgci et l’Inric, ont tenu à alerter l’opinion publique, mais aussi les partis politiques, dont le silence complice est plus qu’inquiétant, sur les dérives actuelles des institutions médiatiques, particulièrement privées, et leurs tentatives de faire perdurer les vieilles pratiques clientélistes, fondées sur la désinformation, la manipulation, les magouilles politiques. Et sur l’intimidation des journalistes, leur domination et leur exploitation. Dans leur communiqué commun, les trois structures s’indignent des restrictions exercées contre l’activité syndicale au sein de certains organes d’information, qualifiées de «violation de la législation nationale et des conventions internationales». Elles «fustigent toutes tentatives de putsch contre les structures syndicales légitimes et contre les syndicalistes de certaines entreprises de presse, dont notamment Dar El Anwar et la société Snipe», réaffirmant leur attachement à défendre l’action syndicale au sein des entreprises d’information et leur rejet catégorique de toutes les pratiques qui rappellent l’ancien régime.

 

Qui veut empêcher la réforme du secteur ? Le Snjt, le Sngci et l’Inric condamnent aussi fermement «la campagne de diffamation et de calomnie dirigée contre l’Inric par les caciques de l’ancien régime qui suppliaient le président déchu de postuler à un nouveau mandat en 2014 et qui s’opposent aujourd’hui à toute réforme susceptible de les déposséder des privilèges mal acquis sous le régime dictatorial, au premier rang desquels figurent les responsables des chaînes Hannibal et Nessma». Les trois structures appellent, d’une seule voix, le gouvernement de transition à réviser les critères de distribution de la publicité de l’Etat et des abonnements contractés par les entreprises et établissements publics, afin d’accorder des chances égales à toutes les entreprises de presse, et en particulier aux nouvelles entreprises.Dans ce cadre, les trois instances exhortent le gouvernement à veiller au respect des dispositions de la convention collective de la presse écrite, qui privent toute entreprise contrevenante de publicité publique. Le Snjt, le Sngci et l’Inric insistent, par ailleurs, sur la nécessité de mettre un terme au vide juridique et d’accélérer la promulgation des textes législatifs garantissant la protection de la liberté de presse et d’expression, et organisant le secteur de l’information conformément aux législations en vigueur dans les pays démocratiques.

Où est passé la liste noire des journalistes corrompus ? Dans ce même contexte, des membres du Snjt appellent le bureau directeur à mettre à exécution l’une tâches qui lui a été attribuée lors de son dernier congrès, à savoir l’élaboration d’une liste noire des journalistes corrompus qui ont trempé dans les magouilles de l’ancien régime, contribué à sa propagande et émargé sur ses largesses financières et autres. Ce serait le seul moyen pour démasquer les alliés de Ben Ali parmi les journalistes et les directeurs des institutions de presse, qui continuent de sévir aujourd’hui et alimentent la contre-révolution. Les démasquer et, éventuellement, leur demander des explications et, pourquoi pas, pour les plus corrompus d’entre eux, les traduire devant la justice.

Source:”Kapitalis” Le 15-09-2011

Lien: http://www.kapitalis.com/kanal/61-medias/5848-tunisie-les-medias-de-ben-ali-font-de-la-resistance.html

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