16 octobre 2007

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TUNISNEWS
8 Úme année, N° 2703 du 16.10.2007

 archives : www.tunisnews.net

HélÚne Flautre: Lettre au Président de la République Tunisienne
The Counter Punch: Judge Stops Bush Administration from Returning an Innocent Tunisian to Torture AFP:Un imam montrĂ©alais arrĂȘtĂ© par les services frontaliers canadiens La Presse (Canada): Le controversĂ© imam SaĂŻd Jaziri arrĂȘtĂ© AFP:Tunisie: un couple d’enseignants amĂ©ricains retrouvĂ© mort dans sa maison AFP: Tunisie: les jeunes de plus en plus tentĂ©s par l’Ă©migration Ali Ben Khalifa:Une querelle de leadership: RĂ©alitĂ©s: Degallaix au FDTL RĂ©alitĂ©s: La semaine de cinq jours ? Pourquoi pas ? RĂ©alitĂ©s: Le XVIĂšme siĂšcle Ă©tait un siĂšcle de grands bouleversements politiques dans le Bassin mĂ©diterranĂ©en RĂ©alitĂ©s:Hamadi Redissi : Comment le Wahabisme a triomphĂ© AFP:Allemagne: catholiques et juifs soutiennent la construction de mosquĂ©es AFP:PremiĂšre visite d’Etat de Nicolas Sarkozy au Maroc Ă  partir du 22 octobre Le Monde : Analyse:L’islam est-il soluble dans l’espace ?

 


 

Appel de détresse de Tunisie (*)

 

 

Au nom de Dieu le Clément, le  Miséricordieux,

Appel Ă  toute Ăąme charitable

A nos frĂšres en Dieu dans le monde entier

A toute conscience vive et humanitaire

 

Nous sommes sur la terre de la Zeitouna et de Kairouan et nous sommes submergés par le malheur et le dénuement.

 

Les difficultĂ©s de vos frĂšres et sƓurs sont dĂ©mesurĂ©es et il ne nous reste plus aucun espoir aprĂšs Dieu et vous.

 

Chers frĂšres, une fois sortis de prison, nos frĂšres se sont trouvĂ©s dans une nouvelle grande prison, ils se sont heurtĂ©s Ă  la dure rĂ©alitĂ© Ă  laquelle ils ne s’attendaient pas.

 

Leur sĂ©jour a Ă©tĂ© si long qu’ils doivent non seulement surmonter des obstacles matĂ©riels mais  aussi psychologiques notamment au sein de leurs familles.

 

Ils ont frappĂ© Ă  toutes les portes recherchant du travail peu importe le salaire ; peu d’entre eux ont subvenu Ă  leur besoin. Par contre la majoritĂ© d’entre eux se trouvent au seuil de la pauvretĂ© alors qu’ils avaient promis Ă  leur famille richesse et aisance et  une vie en rose ; d’autant plus que les enfants ont grandi entre temps et que leurs demandes et leurs besoins ont grandi aussi.

 

Tous les rĂȘves et les espoirs se sont envolĂ©s, le travail se fait rare et les proches et les amis ont tournĂ©s le dos ; certains d’entre eux ont mĂȘme vu partir leurs Ă©pouses et leurs enfants.

Il y a, certes,  des frĂšres comme ceux citĂ©s par Allah : «  que l’ignorant croit riches parce qu’ils ont honte de mendier – tu les reconnaĂźtras Ă  leur aspects – Ils n’importunent personne en mendiant.. » La vache/273 . Nous nous soucions d’eux et nous ressentons ce qu’ils ressentent.

Il yen a d’autres qui, par pudeur, n’ose pas sortir de chez eux refusant tout contact extĂ©rieur ; craignant le regard des autres en raison de  leur pauvretĂ©.

 

D’autres sollicitent  Allah avant d’aller affronter les gens et leur dire « donnez moi Ă  manger j’ai faim », et les cas similaires sont nombreux.

 

Chers frÚres, cette crise qui a longtemps duré a engendré des conséquences et des situations néfastes.

 

Nos frÚres qui sont restés en prison parfois plus de quatorze ans se sont retrouvés dans des situations alarmantes :

 

Certains ont atteint la cinquantaine et sont toujours cĂ©libataires, ajoutĂ© Ă  cela de nombreuses maladies de l’estomac, du rein, le phĂ©nomĂšne d’impuissance sexuelle, le cancer  entraĂźnant  la mort dans de nombreux cas.

 

Le pire c’est que la majoritĂ© de ces frĂšres sont privĂ©s de cartes de soins et certains d’entres eux sont au chĂŽmage ou en invaliditĂ©.

 

La situation  de leurs enfants est parfois plus alarmante. De nombreux sont ceux qui prĂ©sentent des maladies psychologiques du fait du stress permanent entraĂźnant des perturbations graves, et comme vous le savez, ces cas nĂ©cessitent de l’attention, de la prĂ©vention et une prise en charge permanente qui est coĂ»teuse.

 

Tout cela n’est qu’un aperçu de la rĂ©alitĂ©, une goutte dans un ocĂ©an.

 

Chers frĂšres, la lecture de cette lettre ne doit pas vous laisser indiffĂ©rents, nous sommes persuadĂ©s qu’aprĂšs sa lecture votre cƓur sera touchĂ©.

 

Notre espoir en Dieu est grand ainsi qu’en votre gĂ©nĂ©rositĂ© devant pareil cas de dĂ©nuement et de pauvretĂ©.

 

Nous ne souhaitions à personne de vivre cette situation. Nous prions Dieu pour qu’Il vous protùge et vous donne la paix.

 

Nous n’avons pas voulu vous importuner avec nos souffrances mais si nous  faisons appel à vous aprùs Dieu, c’est que la situation a atteint un seuil critique.

 

Nous demandons à toute ùme charitable de nous aider afin que nos frÚres puissent retrouver et garder leur dignité.

 

GrĂące Ă  votre aide gĂ©nĂ©reuse et votre main tendue, vous pouvez empĂȘcher le dĂ©sespoir de s’emparer de vos frĂšres qui n’ont pour tort que d’avoir souhaiter vivre dans leur pays en harmonie avec leur religion.

 

Nous gardons espoir en Dieu qui, inchallah, nous unira sur la voie de la foi et l’amour de Dieu.

Le prophĂšte psl dit : « celui qui soulage le fardeau d’un croyant, Dieu le soulagera d’un fardeau le jour du jugement dernier »

 

Qu’Allah vous vienne en aide et vous protùge !

 

Wassalem alaikom wa rahmatoullah wa barakatouhou.

 

 

(*) Cette lettre est parvenue rĂ©cemment de la Tunisie Ă  l’Association « TAKAFUL » pour le secours et la solidaritĂ©, et nous  la transmettons Ă  l’opinion publique  pour l’alerter sur l’inquiĂ©tante situation matĂ©rielle, sociale et psychologique d’un grand nombre de tunisiens victimes de la politique rĂ©pressive du rĂ©gime durant les deux derniĂšres dĂ©cennies.

Vu l’ampleur du drame et le nombre important des victimes qui sont dans le besoin et la prĂ©carité ; l’Association TAKAFUL fait  appel Ă  votre gĂ©nĂ©rositĂ© pour nous aider Ă  secourir vos frĂšres et les aider Ă  sauvegarder leur dignitĂ©.

 

« Et toute dĂ©pense que vous faites dans le bien, Il la remplace, et c’est Lui le meilleur des donateurs » (34 Saba /verset 39.)

 

« Quiconque prĂȘte Ă  Allah de bonne grĂące, Il le lui rendra multipliĂ© plusieurs fois. Allah restreint ou Ă©tend (ses faveurs).Et c’est Ă  lui que vous retournerez » (la vache, verset 245)

 

Vous pouvez  faire parvenir vos dons:

 

* directement en donnant vos dons Ă  des gens de confiance en contact avec l’association TAKAFUL (enregistrĂ©e en France)

 

* en envoyant vos dons à cette adresse :

TAKAFUL  16, citĂ© vert –  94370 Sucy en Brie.

France

 

Tél: 06 09 17 22 88 / 06 80 85 92 98

e-mail :contact@hotmail.fr

 

* par virement  bancaire à l’adresse suivante :

 

la Banque Postale. / France

 

Etablissement         guichet          n° compte          clé RIP

30041                   00001        5173100R020          42

 

Identifiant International de Compte  IBAN

FR54  3004  1000   0151   7310  0R02  042

 


 

 PARLEMENT EUROPEEN HĂ©lĂšne Flautre PrĂ©sidente de la sous commission des droits de l’Homme
 

Monsieur le Président de la République Tunisienne  

11 octobre 2007 Cher Monsieur Ben Ali,  Je me permets de vous solliciter Ă  propos de la situation de Madame Maya Jribi, secrĂ©taire gĂ©nĂ©rale du Parti dĂ©mocrate progressiste (PDP) et de Monsieur Ahmed Nejib Chebbi, rĂ©dacteur en chef du journal du parti Al Manqef, tous deux grĂ©vistes de la faim depuis le 20 septembre 2007.   Alors que leur situation mĂ©dicale engage dĂ©sormais le pronostic vital, ils protestent ainsi contre la rĂ©siliation du contrat de bail des locaux de leur parti. Le tribunal de Tunis a en effet ordonnĂ© le 1er octobre 2007 la rĂ©siliation du contrat de location entre le PDP et le propriĂ©taire du bĂątiment que le parti louait depuis treize ans.   Les autoritĂ©s auraient incitĂ© le propriĂ©taire Ă  intenter une action en justice contre le PDP sous prĂ©texte que les bureaux du journal, pour lesquels le contrat de location avait Ă©tĂ© signĂ©, aient Ă©tĂ© transformĂ©s en siĂšge du parti. Si cette affaire devait effectivement dĂ©passer le simple litige civil immobilier entre propriĂ©taire et locataire qu’elle prĂ©tend ĂȘtre, il s’agirait ici non seulement d’une entrave Ă  la libertĂ© d’opinion et Ă  la libertĂ© d’association mais Ă©galement au droit Ă  la participation Ă  la vie politique.   Je me permets de vous rappeler que la Tunisie a librement consentie aux obligations contenues dans le Pacte International des Droits Civils et Politiques qu’elle est dĂ©sormais tenue de respecter, notamment au regard de la situation Ă©voquĂ©e en ses articles 2, 3, 14, 18, 19, 21, 22 et 25. Par ailleurs, le respect du pluralisme dĂ©mocratique est Ă©galement une prioritĂ© de l’Union europĂ©enne et l’Accord d’Association qui lie la Tunisie et l’Union europĂ©enne se fonde sur le respect des droits de l’Homme (article 2).   En consĂ©quence, je vous demande de mettre en Ɠuvre tous les moyens Ă  votre disposition pour d’une part, suspendre la procĂ©dure d’expulsion du PDP de son siĂšge et d’autre part, mettre un terme Ă  votre politique gĂ©nĂ©rale de blocage des locaux des partis et des associations.   En vous remerciant de l’attention que vous voudrez bien apporter Ă  la prĂ©sente lettre. Je vous prie d’agrĂ©er, Monsieur Ben Ali, mes salutations distinguĂ©es, HĂ©lĂšne Flautre PrĂ©sidente de la Sous-commission des droits de l’Homme


Judge Stops Bush Administration from Returning an Innocent Tunisian to Torture

A Gitmo Detainee Finally Gets a Break

 
By ANDY WORTHINGTON   In a genuinely startling development in the US District Court for the District of Columbia, Judge Gladys Kessler has ruled that Mohammed Abdul Rahman, a Tunisian detainee at GuantĂĄnamo who was cleared for release after the first round of administrative reviews in 2006, “cannot be sent to Tunisia because he could suffer ‘irreparable harm’ that the US courts would be powerless to reverse,” as the Washington Post described it.   An economic migrant, who traveled to Pakistan from Italy, where he had been living, the 42-year old Tunisian, who told his Administrative Review Board in 2005 that his real name was actually Lufti bin Ali, said that he went to Pakistan for medical treatment and to find a wife. “I have told my story five hundred times,” he said. “I went to Pakistan for drugs. I was sick and I wanted to heal myself, so I went to Pakistan.” He also traveled, he said, “to get married and relax and to get out of what I was in.” Denying a barrage of allegations about his purported involvement with terrorists and training camps, he stated that he was not involved with either the Algerian Armed Islamic Group (GIA) or the Tunisian Combat Group (TCG), and specifically denied allegations that he had participated in establishing the TCG, and was on its Advisory Council. He also denied an allegation that in Italy he had met Pakistanis from the ICI mosque (in Milan), who were attempting to recruit people to go to Pakistan and Afghanistan, denied visiting a Tunisian guest house in Afghanistan “operated by a Tunisian cell with possible ties to al-Qaeda,” and also stated that he had no knowledge of the Khaldan training camp, where, it was alleged, “a senior al-Qaeda lieutenant” identified him as having studied in 1998 or 1999.   He said that he only went to Afghanistan because the Pakistan government started a campaign against Arabs (and pointed out that he was, in fact, arrested on his return to Pakistan), and retracted a confession, “admitted some time ago,” that he associated with “various amounts” of terrorists while in Jalalabad, saying, “I do not pose a threat. I am against terrorism … I am against the killing of innocent people … I live a normal life. I do not like problems. That’s it.”   What was particularly noticeable about his ARB hearing was that a whole new set of allegations had been added since his Combatant Status Review Tribunal the year before. In his CSRT hearing, it was only alleged that he “traveled to Afghanistan in 1998 and remained living in Afghanistan in 2001,” that he “stayed at an Algerian guest house on multiple occasions in Jalalabad,” that he “stayed at a guest house, which is associated with individuals who have trained at al-Qaeda camps,” and — the allegation that he refuted in his ARB — that he “associated with several terrorists,” whereas in his ARB “a senior al-Qaeda lieutenant” identified him as having trained at Khaldan, the Algerian guest house became a Tunisian guest house “possibly associated with al-Qaeda,” and Abdul Rahman became a key player in the TCG and “reportedly” the GIA. Noticeably, when he asked the Board, “These accusations, all of them, where did you get them from?” a Board Member replied, “From a compilation of interviews and interrogations and outside sources” — in other words, from other prisoners both inside and outside GuantĂĄnamo, who were either bribed, coerced or tortured to make such claims. Lest there be any doubt that the “senior al-Qaeda lieutenant” and others had made up all these claims, it’s important to remember that Abdul Rahman was cleared for release — as close as this administration, with its insistence that those it releases are not in fact innocent, but are, instead, “No Longer Enemy Combatants,” ever gets to admitting that it has made terrible, life-crushing mistakes.   To complicate matters, Abdul Rahman was convicted in absentia for fictional crimes by the dictatorship of Zine El Abidine Ben Ali, and sentenced to 20 years in prison, and would clearly be in danger if he were returned to Tunisia, which, as the US State Department notes every year, has an appalling human rights record. His situation is complicated further because of the precarious state of his health. As his lawyers, Mark and Josh Denbeaux of the Seton Hall Law School have explained, he “suffers frequent chest pains and intense heart palpitations related to [a] replaced aortic heart valve and pacemaker,” and has “many other ailments that would make a transfer to Tunisia extremely risky.”   Back in June, when two other Tunisian detainees — Abdullah bin Omar and Lofti Lagha, both economic migrants like Abdul Rahman — were returned to the country of their birth, I mistakenly thought that Abdul Rahman was one of them, but it transpires that, when government lawyers notified Mark and Josh Denbeaux in May that they were planning to send him back to Tunisia, they managed to get a court to issue a temporary restraining order. Although the government subsequently argued that the court lacked jurisdiction in the matter — and that, by extension, the administration could do what the hell it liked with the already ruined lives of wrongly detained and brutally imprisoned innocent men — it is Judge Kessler’s disagreement with this position that has saved Abdul Rahman from further horrors (accepting, that is, that one day he will be released from GuantĂĄnamo to another country).   Abdul Rahman was clearly fortunate that he had lawyers to protect him. Both bin Omar and Lagha have reportedly been treated brutally on their return to Tunisia, underlining how worthless are the “diplomatic assurances” of humane treatment that the US administration has agreed with Zine El Abidine Ben Ali, as part of its desperate and unprincipled attempts to rid itself of its own mistakes. In this, its motives overlap with those of the British government, which, like its partner in the “special relationship,” is busily engaged in compounding its initial illegal activities — holding men indefinitely without charge or trial — with further illegality, as it attempts to break international laws again by signing “diplomatic assurances” and “memoranda of understanding” with the dictators running various North African and Gulf countries (including Tunisia), which are both worthless and illegal.   Recognizing this, and also acknowledging that the looming Supreme Court showdown over detainees’ rights is beginning to filter down to the lower courts, Judge Kessler explained, as she dared to put down the government, that she had made her decision because the Supreme Court’s decision to look once more at the detainees’ rights “cast a deep shadow of uncertainty” over previous rulings restricting their rights. “In view of the grave harm Rahman has alleged he will face if transferred,” she continued, “it would be a profound miscarriage of justice” if the court denied his petition to remain in GuantĂĄnamo. Noting that the Supreme Court could eventually decide that the detainees had the right to challenge their detention or their transfer to other countries, she added that an injunction preventing his return was “necessary to ensure his survival.” Otherwise, she concluded, “At that point, the damage would have been done.”   Exulting in what the New York Times described as a judgment that “appears to be the first ruling of its kind,” Josh Denbeaux praised Judge Kessler’s actions, stating, unequivocally, “This is the first time the judicial branch has exercised its inherent power to control the excesses of the executive as to treatment of prisoners at GuantĂĄnamo Bay. The executive has now been told it cannot bury its GuantĂĄnamo mistakes in Third World prisons.”   Like decisions made by appeal courts in the UK, preventing the illegal return of men who have never been charged to regimes that may well torture them, Judge Kessler’s principled decision is being seen as a mortal blow to the US administration’s attempts to do the same with innocent men, held without charge or trial in GuantĂĄnamo. And it augurs well, I think, for the coming Supreme Court showdown over the detainees’ rights to challenge the basis of their detention. Nearly six years of arrant lawlessness and injustice on the part of the executive is more than enough. Let those detainees against whom the administration thinks it has a case be pursued in a recognizable court; and let the others — the ones against whom no case can be built, because there is none — be freed, to countries that will not subject them to further torture or ill-treatment.   Andy Worthington is a British historian, and the author of ‘The GuantĂĄnamo Files: The Stories of the 774 Detainees in America’s Illegal Prison’ (to be published by Pluto Press in October 2007). He can be reached at: andy@andyworthington.co.uk   (Source : The CounterPunch (California – USA), le 15 octobre 2007) Lien: http://www.counterpunch.org/worthington10152007.html

GUANTANAMO OU LA BANALISATION DES VIOLATIONS SYSTEMATIQUES  DES DROITS HUMAINS

 
Avec la participation de: Prof. Fouad Riad, Juge de TPI-Ex-Yougoslavie (Egypte) Me. William Bourdon, SHERPA (Paris) Dr. Haytham Manna, Arab Commission for Human Rights ( Paris ) Me. Chris Chang, Reprieve ( London ) M. Yousef ALSHOLY, GCSH, ( Doha ) Me. Rachid Mesli, Al Karama for Human Rights ( Geneva ) Hugo Ruiz Diaz Balbuena. Docteur de Droit International (Paraguay) Au nom de la guerre contre le terrorisme, l’administration amĂ©ricaine opĂšre Ă  Guantanamo une vĂ©ritable lĂ©galisation des formes post modernes de la torture et de la rĂ©pression exempte de toute notion de droit : Avec le camp de Guantanamo, les principes protecteurs des droits de l’homme se paupĂ©risent et se dĂ©valuent, car ceux qui prĂ©tendent les incarner les foulent au pied! Si la tragĂ©die de Guantanamo peut se poursuivre jusqu’Ă  la fin du mandat du prĂ©sident amĂ©ricain, le sort des prisonniers est plus que jamais ambigu et incertain. Livrer certains d’entres eux Ă  leurs pays respectifs signifie torture, mauvais traitements et simulacres de procĂšs.  Certains dĂ©tenus sont Ă  la recherche de terres d’accueil comme demandeurs d’asile politique. Pour ceux considĂ©rĂ©s par l’Administration Bush comme les plus importants, leur transfert vers d’autres prisons secrĂštes est mĂȘme envisagĂ©. D’autre part, l’avenir des tortionnaires et de leurs commanditaires est entourĂ© de mesures de protection exceptionnelles afin d’assurer leur totale impunitĂ© future. Sur l’avenir des prisonniers et des tortionnaires, des responsables d’ONGs des droits humains tentent de livrer leur lecture du statut du camp de la honte, et leur façon d’envisager « l’aprĂšs Guantanamo ». Invitation Ă  l’AssemblĂ©e Nationale, Mardi le 30 Octobre (10h00 Ă  14h00) Avec la participation de: Commission arabe des droits humains (ACHR), Association amĂ©ricaine des juristes(AAJ), Union des avocats arabes, Reprieve, Rencontre culturelle  euro-arabe,  Voix libre, Alkarama pour les droits de l’Homme, GCSH, ACDJ, OFDH, PADDH. Le premier Bureau- Palais Bourbon 126, rue de l’universitĂ© – 75007 Paris  Inscription gratuite obligatoire  48 heurs avant l’Ă©vĂ©nement: Envoyer votre nom par e mail   achrhm@noos.fr ou par Fax  0033146541913

L’Ă©mission de Radio Canada, Tam-Tam Canada, sur le rassemblement de MontrĂ©al le 11 octobre 2007

Sur cette adresse: http://www.rcinet.ca/rci/fr/emissions/archives/archivesDetails_1946_15102007.shtml sĂ©lectionner: “Ă©couter la deuxiĂšme partie de l’Ă©mission” et commencer Ă  Ă©couter Ă  partir de 28mn:58 TUNISIE: GRÈVE DE LA FAIM – MANIFESTATION À MONTRÉAL   

 
En Tunisie, deux figures de proue de l’opposition dĂ©mocratique poursuivent une grĂšve de la faim entamĂ©e le 20 septembre dernier. Maya Jribi, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du principal parti d’opposition, le Parti DĂ©mocrate Progressiste, et MaĂźtre Ahmed NĂ©jib Chebbi, directeur de l’hebdomadaire Al Mawkif, demandent plus de libertĂ©s. En appui Ă  ces opposants du rĂ©gime du PrĂ©sident Ben Ali, une manifestation s’est tenue jeudi dernier en face du Consulat de Tunisie Ă  MontrĂ©al. Adrien Lachance y Ă©tait et nous propose un compte-rendu.
 


Un imam montrĂ©alais arrĂȘtĂ© par les services frontaliers canadiens
AFP, le 15 octobre 2007 Ă  21h57
MONTREAL, 15 oct 2007 (AFP) – Un imam montrĂ©alais controversĂ©, SaĂŻd Jaziri, a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© lundi en vertu de la loi sur l’immigration, a indiquĂ© une porte-parole de l’agence des services frontaliers du Canada (ASFC).   L’imam Jaziri, d’origine tunisienne, avait perdu son statut de rĂ©fugiĂ© l’an dernier pour avoir fourni de fausses informations aux autoritĂ©s canadiennes, omettant notamment de mentionner qu’il avait un casier judiciaire en France.   SaĂŻd Jaziri demeurera en dĂ©tention jusqu’Ă  un examen de son cas, mercredi, par la commission de l’immigration et de la protection des rĂ©fugiĂ©s, a indiquĂ© Kareen Dionne, porte-parole de l’ASFC.   Sans entrer dans le dĂ©tail du cas de M. Jaziri, Mme Dionne a soulignĂ© qu’en rĂšgle gĂ©nĂ©rale la dĂ©tention Ă©tait dĂ©cidĂ©e si l’agence estime qu’il y a “risque de fuite ou que la personne ne se prĂ©sente pas Ă  son audience”.   L’imam Jaziri s’Ă©tait barricadĂ© dans sa mosquĂ©e l’an dernier aprĂšs l’annonce de la rĂ©vocation du statut de rĂ©fugiĂ© qu’il avait obtenu en 1998. Il s’Ă©tait prononcĂ© en faveur de l’installation de tribunaux de la charia et avait rĂ©cemment tenu des propos homophobes lors d’une Ă©mission de tĂ©lĂ©vision. Son Ă©pouse a dĂ©clarĂ© Ă  la tĂ©lĂ©vision de Radio-Canada qu’il risquait d’ĂȘtre torturĂ© s’il Ă©tait expulsĂ© en Tunisie.

Le controversĂ© imam SaĂŻd Jaziri arrĂȘtĂ©  

AndrĂ© NoĂ«l La Presse L’imam montrĂ©alais SaĂŻd Jaziri, personnage controversĂ© qui s’est prononcĂ© pour l’instauration de tribunaux de la charia au QuĂ©bec, a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© hier matin par l’Agence des services frontaliers. Il comparaĂźtra demain et pourrait ĂȘtre bientĂŽt renvoyĂ© dans son pays natal, la Tunisie. M. Jaziri, qui a fondĂ© la mosquĂ©e Al-Qods dans le quartier Rosemont, Ă©tait arrivĂ© au Canada en 1997 et avait obtenu le statut de rĂ©fugiĂ© politique. Ce statut lui a Ă©tĂ© retirĂ© l’annĂ©e derniĂšre parce que, selon les autoritĂ©s canadiennes, il aurait exagĂ©rĂ© les sĂ©vices subis en Tunisie et cachĂ© l’existence d’un casier judiciaire en France. La Cour fĂ©dĂ©rale a maintenu cette dĂ©cision. Un agent du ministĂšre de la CitoyennetĂ© et de l’Immigration a ensuite procĂ©dĂ© Ă  un examen des risques avant renvoi. Hier matin, il a convoquĂ© M. Jaziri aux bureaux du MinistĂšre et lui a indiquĂ© que, selon lui, il ne risquait pas d’ĂȘtre maltraitĂ© Ă  son retour en Tunisie. Des prĂ©posĂ©s de l’Agence des services frontaliers l’ont alors arrĂȘtĂ© et amenĂ© au centre de prĂ©vention d’Immigration Canada Ă  Laval. L’Agence le ramĂšnera demain matin au complexe Guy-Favreau, dans le centre-ville, afin qu’un commissaire de l’immigration dĂ©cide s’il doit rester dĂ©tenu jusqu’Ă  son expulsion. L’Agence craint que M. Jaziri ne tente de lui Ă©chapper. AprĂšs la dĂ©cision de la Cour fĂ©dĂ©rale maintenant le retrait de son statut de rĂ©fugiĂ©, il avait dĂ©clarĂ© qu’il ne se laisserait pas renvoyer. Il s’Ă©tait barricadĂ© dans sa mosquĂ©e. Sa femme, QuĂ©bĂ©coise convertie Ă  l’islam portant le nom de Nancy Adams, accompagnait M. Jaziri lors de son arrestation. Enceinte de six mois, elle a subi un choc. Des ambulanciers sont venus la chercher dans les locaux d’Immigration Canada. Peu aprĂšs, elle s’est rendue Ă  la mosquĂ©e Al-Qods et a rĂ©pondu aux questions des journalistes. «Si l’expulsion suit son cours, c’est la tor_ture jusqu’Ă  la mort, a-t-elle dĂ©clarĂ©. Mon mari a encore des marques sur son corps. C’est un gouvernement de dictature (en Tunisie). Les risques ont Ă©tĂ© Ă©tablis par Amnistie internationale. Le document que nous avons fourni (Ă  Immigration Canada) montre que des personnes ont subi des reprĂ©sailles sĂ©rieuses en Tunisie pour le simple fait d’avoir prĂ©sentĂ© des demandes d’asile politique Ă  l’Ă©tranger.» Mme Adams a niĂ© que son mari ait cachĂ© aux autoritĂ©s canadiennes l’existence d’un casier judiciaire en France. Jeune imam Ă  Nice au dĂ©but des annĂ©es 90, M. Jaziri avait Ă©tĂ© condamnĂ© pour complicitĂ© de coups et de blessures lors d’une manifestation devant sa mosquĂ©e. Selon sa femme, les autoritĂ©s canadiennes ne pouvaient pas ignorer ce «dĂ©tail» puisqu’elles avaient pris ses empreintes digitales Ă  son arrivĂ©e ici. «Les autoritĂ©s (d’Immigration Canada) ont dĂ©cidĂ© d’utiliser ce dĂ©tail parce que l’individu devenait trop gĂȘnant, a dit Mme Adams. C’est un personnage qui parle beaucoup et qui dĂ©range, parce qu’il bouleverse les courants de pensĂ©e. La façon de penser des gens, ici, est diffĂ©rente de certaines idĂ©ologies que la communautĂ© musulmane vĂ©hicule. Clairement, ça dĂ©range.» Parlant au nom des fidĂšles de la mosquĂ©e Al-Qods, Mohamed Alaoui a lancĂ© un appel Ă  la communautĂ© musulmane de MontrĂ©al et aux associations humanitaires pour faire relĂącher M. Jaziri. «Notre imam est un homme qui dit toute la vĂ©ritĂ© et je pense qu’il y a des gens qui ne veulent pas de cette vĂ©ritĂ©, a-t-il dit, entourĂ© de plusieurs fidĂšles. C’est la seule raison pour laquelle il a Ă©tĂ© incarcĂ©rĂ©.» M. Jaziri a Ă©tĂ© contestĂ© par la communautĂ© musulmane de MontrĂ©al, notamment lorsqu’il a annoncĂ© la crĂ©ation d’une grande mosquĂ©e Ă  MontrĂ©al. En plus d’avoir favorisĂ© des tribunaux de la charia au QuĂ©bec, il a participĂ© Ă  une manifestation contre la publication des caricatures de Mahomet. Il a dĂ©jĂ  dĂ©clarĂ© que ses prises de position avaient amenĂ© les autoritĂ©s Ă  s’acharner contre lui. source :http://www.cyberpresse.ca


Tunisie: les jeunes de plus en plus tentĂ©s par l’Ă©migration

 AFP: 16.10.07 | 20h03 Les jeunes, qui reprĂ©sentent prĂšs du tiers de la population en Tunisie, sont de plus en plus tentĂ©s par l’Ă©migration et Ă©voquent “un avenir incertain” dans leur pays, indique un rapport de l’ONU publiĂ© mardi Ă  Tunis. “Les jeunes Tunisiens sont de plus en plus tentĂ©s par l’Ă©migration”, a dĂ©clarĂ© Heba El Kholy, coordinatrice rĂ©sidente des Nations unies, en prĂ©sentant le document Ă  la presse avec le directeur de l’Observatoire tunisien de la jeunesse, Brahim Oueslati Environ 41% des jeunes ĂągĂ©s de 15 Ă  19 ans dĂ©sirent Ă©migrer et 15% sont prĂȘts Ă  le faire clandestinement, selon le rapport Ă©laborĂ© sur la base de donnĂ©es recueillies par plusieurs organismes gouvernementaux tunisiens durant les six derniĂšres annĂ©es. La tendance est plus Ă©levĂ©e chez les garçons (52,7%), les chĂŽmeurs (55%) et les jeunes issus des rĂ©gions dĂ©favorisĂ©es, en particulier le nord-ouest oĂč plus d’un jeune sur quatre rĂȘve d’Ă©migrer illicitement. Ce phĂ©nomĂšne est jugĂ© “d’autant plus inquiĂ©tant que la motivation la plus citĂ©e est l’absence d’avenir en Tunisie”, ajoute le rapport affirmant que “la perception nĂ©gative de l’avenir” concerne notamment l’emploi, le niveau de vie et la citoyennetĂ©. L’accĂšs Ă  l’emploi constitue la principale aspiration des jeunes qui sont de plus en plus Ă©duquĂ©s mais forment deux tiers des chĂŽmeurs en Tunisie, pays oĂč le taux de chĂŽmage est estimĂ© Ă  13,9% (2006), poursuit le rapport. L’accĂšs “universel” Ă  l’enseignement primaire est atteint et les dĂ©penses publiques en Ă©ducation sont parmi les plus Ă©levĂ©es des pays Ă  revenu moyen (6,5% du PIB), note le rapport soulignant cependant des dĂ©fis “de qualitĂ©, d’Ă©quitĂ© et d’efficacitĂ©” Ă  venir. En matiĂšre de santĂ©, les jeunes se considĂšrent en bonne santĂ© physique (72%) mais trois jeunes scolarisĂ©s sur quatre prĂ©sentent des signes de “mal-ĂȘtre”. La prĂ©valence de la dĂ©pression sĂ©vĂšre atteint 16% et des idĂ©es suicidaires sont retrouvĂ©es chez 21% d’un Ă©chantillon d’Ă©tudiants. Sont particuliĂšrement touchĂ©s les filles et les jeunes ruraux. Le rapport rĂ©vĂšle aussi que plus du quart ont des comportements Ă  risque (relations sexuelles non protĂ©gĂ©es, toxicomanie) alors que la violence concerne un Ă©lĂšve sur quatre en milieu scolaire. Ce document, le premier du genre en Tunisie, veut ĂȘtre un “instrument” de dĂ©bat pour “rĂ©pondre efficacement” aux soucis des jeunes, dont prioritairement l’accĂšs Ă  l’emploi.


Tunisie: un couple d’enseignants amĂ©ricains retrouvĂ© mort dans sa maison
AFP, le 15 octobre 2007 Ă  19h48
TUNIS, 15 oct 2007 (AFP) Le directeur adjoint de l’Ă©cole amĂ©ricaine en Tunisie et son Ă©pouse, enseignante dans la mĂȘme Ă©cole, ont Ă©tĂ© retrouvĂ©s morts lundi dans leur rĂ©sidence Ă  Gammarth, banlieue rĂ©sidentielle en front de mer dans le nord de Tunis, a-t-on appris de sources concordantes. Les corps inertes de Michael Adams, sous-directeur de l’Ă©cole amĂ©ricaine Ă  Tunis, et de son Ă©pouse Kathryn, ont Ă©tĂ© dĂ©couverts Ă  l’intĂ©rieur de la maison, a indiquĂ© l’agence tunisienne TAP (officielle). L’Ă©cole a confirmĂ© lundi la mort de M. Adams et de son Ă©pouse, tous deux enseignants au niveau Ă©lĂ©mentaire de l’Ă©tablissement depuis aoĂ»t 2003. Le couple, dont le dĂ©cĂšs datait de deux jours au moins, aurait Ă©tĂ© intoxiquĂ© par des Ă©manations de monoxyde de carbone produites par un chauffage Ă  gaz, selon les premiers Ă©lĂ©ments de l’enquĂȘte policiĂšre. Ces Ă©lĂ©ments excluent, selon la TAP, tout acte criminel d’autant qu’aucune trace d’effraction ou de vol n’a Ă©tĂ© relevĂ©e au domicile dans lequel le couple s’Ă©tait enfermĂ©. L’Ă©cole a repris cette hypothĂšse en citant l’enquĂȘte de la police et affirmĂ© que des indications supplĂ©mentaires pourraient ĂȘtre obtenues Ă  l’issue des investigations menĂ©es par les autoritĂ©s tunisiennes.   AFP


OPINION

Une querelle de leadership

 
Ali Ben Khalifa   Obsessionnellement tournĂ©s Ă  ourdir des stratĂ©gies secrĂštes dans l’intention, combien vaine et illusoire, de s’imposer comme le « patron » de l’opposition tunisienne Ă©tablie Ă  l’étranger, Mr Ahmed Najib CHEBBI et sa complice Maya JRIBI sont avidement obstinĂ©s Ă  faire flĂšche de tout bois pour dĂ©stabiliser un pays qui rĂ©ussit.   Mr Chebbi cherche en vain Ă  fĂ©dĂ©rer ce qui restait de l’opposition, cloĂźtrĂ© qu’il Ă©tait dans une fiertĂ© sans bornes, un attentisme politiquement suicidaire et une croyance dĂ©mesurĂ©e en sa capacitĂ© de rĂ©genter la vie politique tunisienne.   Face aux impondĂ©rables et aux mutations de la vie politique mondiale, les jeunes dĂ©mocraties ont plus que jamais besoin d’une coordination rapide et efficace de toutes les forces vives de la nation en permettant aux uns et aux autres, sur la base des critique constructives, de redresser le tir, de suggĂ©rer des rĂ©formes concrĂštes pour le plus grand bien du pays. Comble de dĂ©sillusion : notre opposition Ă  l’étranger est de plus en plus inepte, minĂ©e par des tiraillements et des contradictions qui prĂȘtent Ă  confusion.   Il est de la responsabilitĂ© de tous les opposants tunisiens, qu’ils soient Ă  l’intĂ©rieur ou Ă  l’extĂ©rieur, de se montrer assez modestes et humbles pour se rabaisser au niveau des autres groupes afin de cimenter davantage le paysage politique tunisien pour le bien ĂȘtre et le progrĂšs de tous les citoyens.   L’affaire du « siĂšge »   Ayant lamentablement Ă©chouĂ© Ă  une « conspiration » qui l’oppose Ă  la justice tunisienne, non seulement par un amateurisme politique invraisemblable au vu de son expĂ©rience politique, mais aussi par son incapacitĂ© en tant qu’opposant de percer dans la vie politique tunisienne, Mr Ahmed Najib Chebbi, directeur du journal al Mawquef entame avec Maya Jribi, secrĂ©taire gĂ©nĂ©rale du parti dĂ©mocrate progressiste (PDP) une grĂšve de faim illimitĂ©e, depuis le 20 septembre 2007, pour protester, disent-ils, « contre l’intervention des autoritĂ©s tunisiennes en vue de fermer le local central du PDP et ses locaux ».   L’essentiel est ailleurs : Mr Chebbi profite d’une affaire purement civile et privĂ©e pour accroĂźtre la tension en vue de dĂ©stabiliser le rĂ©gime tunisien.   Qu’en est-il au juste ? Il s’agit d’un propriĂ©taire de locaux qui a voulu user de son droit de rĂ©siliation de bail concĂ©dĂ© au journal al Mawquef, utilisĂ© trompeusement et abusivement comme le siĂšge du parti dĂ©mocratique progressiste (PDP).   Le lundi 1er octobre 2007, le tribunal de premiĂšre instance de Tunis a annulĂ© le bail datant de plus de treize ans et a ordonnĂ© l’expulsion immĂ©diate du PDP.   Le propriĂ©taire qui a saisi la justice pour rĂ©cupĂ©rer son bien aprĂšs l’avoir louĂ© pendant toute cette pĂ©riode, n’est-il pas en plein droit de mettre fin Ă  un bail concĂ©dĂ© selon un contrat ? La dĂ©cision judiciaire rendue publiquement n’est elle pas conforme Ă  la loi tunisienne en la matiĂšre ?   Une ingĂ©rence coupable   Comble de cĂ©citĂ© et de fourvoiement politique, Madame la sĂ©natrice Monique Cerisier Ben Guiga, vient tout simplement d’abandonner son positionnement « rĂ©publicain » pour s’avancer, avec quelques Ă©nergumĂšnes, dans une absurde logique du boycott rĂ©volutionnaire qui ne peut aboutir qu’à un abĂźme de discorde et de division. EffrontĂ©ment, notre sĂ©natrice ose demander au PrĂ©sident de la rĂ©publique, par la voie d’une missive, Ă  ce que les dĂ©cisions judiciaires soient annulĂ©es, aprĂšs les avoir qualifiĂ©es de « fallacieuses ». Et de prĂ©ciser : « La procĂ©dure judiciaire engagĂ©e en urgence par le propriĂ©taire du bĂątiment sous un prĂ©texte fallacieux pour mettre fin au bail des locaux du PDP»   C’est quand mĂȘme assez surprenant et paradoxal que ce soit une sĂ©natrice Ă©trangĂšre qui s’évertue Ă  promouvoir une culture de la violence par des discours contradictoires voire insensĂ©s. Cela veut dire ĂȘtre capable d’aller jusqu’au bout dans l’irrĂ©vĂ©rence Ă  l’égard d’un pays « ami » qui ne cesse d’engranger les acquis et les rĂ©alisations   Le parti de l’étranger   Mme la sĂ©natrice, Mr Chebbi et leurs acolytes semblent ainsi avoir manquĂ© de logique mathĂ©matique. Leur Ă©quation fut fausse dĂšs le dĂ©part car ils se sont limitĂ©s Ă  imaginer que l’infĂ©odation au parti de l’étranger est la plus efficace. Ce qui a manquĂ© Ă  leur Ă©quation, c’est la mĂ©connaissance du contexte tunisien actuel : un contexte de transparence et d’équitĂ©, une justice indĂ©pendante et souveraine.   Ainsi, Chebbi et ses partisans se sont, en rĂ©alitĂ©, retrouvĂ©s avec des procĂšs-verbaux honnĂȘtes et lĂ©gitimes reflĂ©tant exactement, mathĂ©matiquement, lĂ©gitimement le verdict de la justice, ce qui les contraindrait Ă  admettre rĂ©publicaine ment leur dĂ©faite. A une conspiration tronquĂ©e donc, rĂ©sultat tronquĂ©.   Ceci veut dire que les deux grĂ©vistes doivent nĂ©cessairement reconnaĂźtre techniquement une dĂ©faite qui n’en serait pas une, ou du moins une dĂ©faite qui rĂ©sulte directement d’un processus manipulĂ©.   La naĂŻvetĂ© de Chebbi cache Ă  peine un autre problĂšme : quand on analyse bien sa position idĂ©ologique, on a l’impression qu’il n’a pas encore compris que la Tunisie est devenue, Ă  force de volontĂ© et d’ambition, une jeune nation convergente voire conquĂ©rante.   C’est donc Ă  la racine du mal qu’il faut soigner le mal. La machination fomentĂ©e par Chebbi et sa complice la sĂ©natrice corroborent les soupçons de plus en plus fondĂ©s sur les visĂ©es visiblement malintentionnĂ©es du parti de l’étranger   Il fallait, d’une maniĂšre comme d’une autre, boycotter activement les manifestations orchestrĂ©es par ce parti de l’étranger obnubilĂ© Ă  prĂ©parer les foules Ă  la violence, Ă  la confrontation, pour montrer aux plus crĂ©dules que l’opposition tunisienne Ă  l’étranger a le choix entre la conquĂȘte immĂ©diate du pouvoir ou la rĂ©volution immĂ©diate.   Que les patriotes de bon sens lisent donc ce document. Qu’ils sachent les intentions rĂ©elles de ces opposants aigris, ces esprits chagrins, taraudĂ©s par l’évolution saine et sereine d’un pays, dont l’idĂ©ologie politique s’était orientĂ©e, dĂšs le dĂ©part, vers une stratĂ©gie du rassemblement couplĂ©e d’une idĂ©ologie du progrĂšs.   Vive La Tunisie   Vive la RĂ©publique

 


Degallaix au FDTL

 

M. Serge Degallaix, ambassadeur de France Ă  Tunis, a effectuĂ© une visite la semaine derniĂšre au siĂšge du Forum DĂ©mocratique pour le Travail et les LibertĂ©s (FDTL). L’entretien avec le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de ce parti d’opposition a portĂ© sur les relations privilĂ©giĂ©es entre les deux pays et les perspectives de leur consolidation. Le SecrĂ©taire GĂ©nĂ©ral a insistĂ© sur le rĂŽle que peut jouer la France dans le monde et, plus particuliĂšrement dans la rĂ©gion mĂ©diterranĂ©enne en vue de promouvoir la paix, la dĂ©mocratie et un dĂ©veloppement durable et pour tous. Concernant le projet d’Union MĂ©diterranĂ©enne, le S.G. a regrettĂ© «que ce projet, prometteur quant Ă  ses objectifs en matiĂšre de dĂ©veloppement et de relations Ă©conomiques, fasse l’impasse sur le volet politique, considĂ©rĂ© comme le talon d’Achille dans le processus de Barcelone.   (Source : « RĂ©alitĂ©s » (Magazine hebdomadaire – Tunis), N° 1137 du 11 octobre 2007)

La semaine de cinq jours ? Pourquoi pas ?

 
Par TaĂŻeb Zahar   Des rumeurs de plus en plus persistantes font Ă©tat de l’institution, dĂšs la fin de l’annĂ©e, de la semaine des cinq jours. Ce qui est certain c’est que beaucoup de monde pense actuellement Ă  cette possibilitĂ© —les samedi et dimanche Ă©tant des jours fĂ©riĂ©s. Si cette dĂ©cision Ă©tait prise, elle marquerait un profond changement du rapport du Tunisien au travail, de son comportement quotidien et aurait un profond effet sur la vie familiale et sociale. Il convient de souligner qu’elle rĂ©pond Ă  l’attente de l’écrasante majoritĂ© des Tunisiens et des Tunisiennes et que parmi les diffĂ©rentes hypothĂšses d’amĂ©nagement de l’horaire de travail, c’est celle qu’ils choisissent en premier lieu.   Les avantages de ce nouvel horaire sont Ă©vidents : cela permet en effet aux fonctionnaires et agents concernĂ©s de disposer de plus de temps libre qu’ils pourront consacrer Ă  leurs loisirs, Ă  leurs familles et —nous l’espĂ©rons— Ă  leur culture. Il a Ă©galement l’avantage de ne pas rĂ©duire le nombre d’heures travaillĂ©es, ce qui n’est pas nĂ©gligeable quand on voit que la tendance dans certains milieux est Ă  la rĂ©duction du temps alors que les pays qui l’ont adoptĂ©e —fort rares, il est vrai— tels que la France se sont rendus compte des consĂ©quences nĂ©gatives, tant Ă©conomiques que sociales, d’une telle mesure. Il faudrait cependant, pour que le nouvel horaire rĂ©alise les objectifs que l’on attend de lui, que certaines conditions soient rĂ©unies. Un tel changement implique des comportements diffĂ©rents et une nouvelle culture et c’est Ă  nous tous, pouvoirs publics, mĂ©dias, associations
 qu’il revient de mener une action dans ce sens.   La premiĂšre condition est que le nouvel horaire ne soit pas une occasion pour travailler moins ; la tentation serait de considĂ©rer le vendredi aprĂšs-midi comme une pause avant un long week-end, oĂč l’on ferait tout sauf travailler. Ce serait contraire Ă  l’esprit de la rĂ©forme et prĂ©judiciable au dĂ©veloppement du pays. D’abord, parce que si l’on commence Ă  travailler moins ou Ă  ne faire qu’un acte de prĂ©sence le vendredi aprĂšs-midi rien n’empĂȘchera que cette pratique s’étende aux autres jours de la semaine. Ensuite, parce que notre pays doit, tout comme les autres pays en dĂ©veloppement, travailler davantage afin de produire plus et d’accĂ©lĂ©rer le processus de croissance, vital pour l’avenir.   La deuxiĂšme condition est que des permanences soient maintenues dans les services publics en rapport avec le citoyen (Poste, municipalitĂ©s, recettes des finances) afin que les usagers puissent profiter du samedi pour rĂ©gler certaines affaires ; sinon, ils le feront en semaine en “grignotant” sur les heures de travail. Il faudrait Ă©galement veiller Ă  la promotion d’une vĂ©ritable politique des loisirs et du temps libre pour que les fonctionnaires ne peuplent pas les cafĂ©s et les bars.   Le tourisme est incontestablement un secteur clĂ© et l’un des plus prometteurs de l’économie nationale. La Tunisie a pu rĂ©aliser dans ce domaine des acquis significatifs, mais force est de constater aujourd’hui que nous sommes en train de marquer un certain retard par rapport Ă  des pays concurrents qui ont su mobiliser les ressources financiĂšres et humaines, amĂ©liorer la qualitĂ© du service, investir dans la promotion et allĂ©ger et rationaliser les procĂ©dures rĂ©glementaires et administratives. En Tunisie, le dĂ©veloppement du secteur touristique est ralenti par des facteurs qui, s’ils ne sont pas gĂ©rĂ©s Ă  temps, risquent d’aboutir Ă  des situations irrĂ©versibles dans lesquelles nous ne serons plus compĂ©titifs. L’un de ces facteurs, et qui n’est pas le moins important, est le rapport du tourisme avec l’Administration. Comme toute activitĂ© publique, il est normal que cette relation existe et l’autoritĂ© de tutelle est exercĂ©e en Tunisie par le ministĂšre du Tourisme, dont l’apport au niveau de l’encadrement, de la formation et de la promotion a Ă©tĂ© dĂ©terminant dans le dĂ©veloppement du secteur, mais on constate qu’un autre dĂ©partement, celui de l’IntĂ©rieur, assume une tutelle sur le tourisme au niveau rĂ©glementaire puisque les autorisations et les licences, jusqu’aux horaires de fermeture des Ă©tablissements tels que restaurants, discothĂšques et cafĂ©s, dĂ©pendent de lui. Le ministĂšre de l’IntĂ©rieur obĂ©it Ă  des considĂ©rations qui lui sont propres, qui sont comprĂ©hensibles et que l’on ne peut contester, mais un certain assouplissement nous paraĂźt nĂ©cessaire. On ne peut en effet, prĂŽner une politique d’animation afin de sortir nos villes de leur ennui et les touristes du cadre, Ă  la longue lassant, des hĂŽtels, et en mĂȘme temps fixer la fermeture de restaurants de plage par exemple ou de discothĂšque, dans des zones touristiques, Ă  une heure oĂč dans d’autres pays, proches de nous, la soirĂ©e ne fait que commencer. D’autre part, les autorisations pour l’ouverture d’un restaurant ou d’un bar dans les zones touristiques devraient ĂȘtre simplifiĂ©es pour Ă©viter les attentes et le dĂ©couragement des promoteurs.   Il est Ă©vident que le tourisme ne peut se dĂ©velopper que dans un pays oĂč la sĂ©curitĂ© est assurĂ©e. En Tunisie, l’état de stabilitĂ© est un atout certain pour le secteur et la prĂ©vention y joue un grand rĂŽle, mais dans un environnement gĂ©ographique rĂ©gional oĂč les risques terroristes sont rĂ©els, les autoritĂ©s se doivent de prendre les mesures qui s’imposent car elles sont garantes de la sĂ©curitĂ© des Tunisiens et de ceux qui se trouvent dans notre pays, et les citoyens acceptent volontiers certaines mesures de contrĂŽle ou de vĂ©rification, mais il ne faudrait pas que le tourisme pĂątisse de restrictions qui pourraient ĂȘtre mal interprĂ©tĂ©es.   (Source : « RĂ©alitĂ©s » (Magazine hebdomadaire – Tunis), N° 1137 du 11 octobre 2007)

Tunisie- Espagne : Vers une nouvelle renaissance du fort de Chikly

Le XVIÚme siÚcle était un siÚcle de grands bouleversements politiques dans le Bassin méditerranéen

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La Tunisie, par sa position au milieu de la MĂ©diterranĂ©e, a Ă©tĂ© au coeur des combats historiques de cette Ă©poque qui a vu se confronter deux forces, les Espagnols et les Turcs ottomans, sur son sol. Le pays a gardĂ© la trace de cette Ă©poque Ă  travers les forts reconstruits par Charles Quint et ses soldats lors de son occupation de Tunis de 1535 jusqu’à 1574. A part la cĂ©lĂšbre forteresse de la Goulette, les Espagnols ont rĂ©habilitĂ©, Ă  l’époque, un autre fort situĂ© au beau milieu du Lac de Tunis sur un Ăźlot, le fort de Chikly.   Ce fort fut Ă  l’origine une citadelle romaine, qui a Ă©tĂ© reprise et reconstruite au XVI Ăšme siĂšcle pour son emplacement stratĂ©gique.   Depuis 1994, il fait l’objet d’une grande opĂ©ration de restauration dans le cadre d’un projet de coopĂ©ration tuniso-espagnole.   Sous la direction de l’Institut National du Patrimoine et de l’UniversitĂ© de Madrid, le fort a Ă©tĂ© reconstituĂ© en son Ă©tat initial Ă  l’époque espagnole car avec le passage du temps il s’est fortement dĂ©gradĂ©. L’équipe mixte de chercheurs, une cinquantaine, a entrepris auparavant des Ă©tudes et des fouilles archĂ©ologiques qui ont servi Ă  avoir des renseignements sur le fort et son architecture ancienne.   Selon l’architecte tunisien responsable du site, Adnen Ben Nejma, «les travaux ont durĂ© une dizaine d’annĂ©es, durant lesquelles on n’a pu travailler que six mois par an seulement car le reste de l’annĂ©e c’est la pĂ©riode de nidification des oiseaux migrateurs», le site Ă©tant Ă©galement une rĂ©serve naturelle. Le projet est actuellement en stade d’achĂšvement et sera probablement rĂ©affectĂ© Ă  une autre fonction qui est encore Ă  dĂ©finir.   Le ministre espagnol des Affaires Ă©trangĂšres, Miguel Ángel Moratinos, a visitĂ© le 4 octobre le fort en compagnie de sa dĂ©lĂ©gation et du ministre tunisien de la Culture, Mohamed El Aziz Ben Achour. Il faut rappeler que le projet est financĂ© Ă  100% par les Espagnols, avec un coĂ»t qui dĂ©passe 1 million d’euros. Lors d’une confĂ©rence de presse tenue Ă  cette occasion, M. Moratinos a tenu Ă  prĂ©ciser que le fort de Chikly, connu en Espagne comme le fort Santiago, a Ă©tĂ© citĂ© par CervantĂšs dans son oeuvre « Don Quichotte ».   Il a ajoutĂ© que cette construction, qui symbolisait dans le passĂ© les relations de tensions qui opposaient l’Espagne et la Tunisie, tĂ©moigne aujourd’hui, grĂące Ă  ce projet de restauration, des liens excellents entre les deux pays et du haut niveau de leur coopĂ©ration.   M. Ben Achour, pour sa part, a relevĂ© que « cet Ăźlot de Chikly est devenu un symbole non seulement de l’amitiĂ© entre les deux nations mais aussi de leur respect du patrimoine et de la diversitĂ© culturelle ».   Hanene Zbiss   (Source : « RĂ©alitĂ©s » (Magazine hebdomadaire – Tunis), N° 1137 du 11 octobre 2007)

Hamadi Redissi : Comment le Wahabisme a triomphé

 

En moins de dix ans, Hamadi Redissi publie son troisiĂšme grand livre. AprĂšs “Les Politiques en Islam. Le ProphĂšte, le roi et le savant” (L’Harmattan 1998), “L’exception islamique” (Seuil, 2004) ; voilĂ  “Le pacte de Nadjd”, ou comment l’Islam sectaire est devenu l’islam” (Seuil 2007). L’Ɠuvre prend de l’ampleur et l’auteur devient, incontestablement, l’un des plus brillants analystes de l’histoire des idĂ©es dans l’Islam moderne et contemporain. “Le pacte de Nadjd” est d’abord le premier rĂ©cit historique d’une doctrine trĂšs mĂ©diatique, mais trĂšs mal connue : le wahhabisme. NĂ© dans le dĂ©sert de Nadjd (dans l’actuelle Arabie Saoudite) dans la premiĂšre moitiĂ© du XVIIĂšme siĂšcle, le wahhabisme devient plus de deux siĂšcles et demi plus tard un enjeu idĂ©ologique et politique mondial aprĂšs les attaques du 11 Septembre 2001. A-t-il contribuĂ© Ă  l’émergence du salafisme jihadiste ? VoilĂ  l’une des questions majeures au dĂ©but de ce XXIĂšme siĂšcle. Hamadi Redissi ne se contente pas de cela. Il entreprend un gigantesque travail documentaire sur les diffĂ©rentes Ă©tapes du wahhabisme, des origines jusqu’à aujourd’hui. Il va mĂȘme sur les lieux qui ont vu un prĂ©dicateur s’allier Ă  un prince en 1744 (ou 1745) dans ce fameux pacte de Nadjd. Redissi y hume l’atmosphĂšre, ausculte la gĂ©ographie pour comprendre l’extraordinaire expansion d’une secte hĂ©rĂ©tique devenue aujourd’hui l’orthodoxie. C’est cela la principale intuition de Redissi. Il va l’argumenter sur trois cents trente pages. Pour les lecteurs de RĂ©alitĂ©s Hamadi Redissi s’est pliĂ© avec gentillesse Ă  l’exercice de l’interview. Nous avons essayĂ© de reconstituer avec lui la trame fondamentale de son essai et de parcourir plus de deux siĂšcles et demi de dĂ©bats thĂ©ologique et politique. “Le Pacte de Nadjd” est actuellement disponible dans les bonnes librairies. Ne le ratez pas. Il porte un Ă©clairage riche et nouveau sur les enjeux intellectuels et de pouvoir d’aujourd’hui. Pourquoi un livre sur le wahhabisme? D’abord par rapport Ă  mon propre itinĂ©raire de chercheur. Mon livre “L’exception islamique”* a Ă©tĂ© plutĂŽt thĂ©orique et j’avais besoin de faire une enquĂȘte empirique afin d’examiner de prĂšs les enjeux thĂ©oriques que pose un cas concret. Cela pour la raison gĂ©nĂ©rale ; maintenant pourquoi le wahhabisme ? Parce que j’ai eu l’intuition que nombre des souffrances de l’Islam d’aujourd’hui remontent au wahhabisme, secte que beaucoup de gens ne connaissent que vaguement. Vous dĂ©veloppez dans votre livre, Ă  propos du wahhabisme, un concept qui peut paraĂźtre paradoxal : la secte orthodoxe. C’est quoi exactement? En examinant le wahhabisme in-concreto, je me suis rendu compte qu’il y avait un aspect tout Ă  fait sectaire : anticommunautaire, fanatique, mysogine, misanthrope et antisĂ©mite. D’un autre cĂŽtĂ© le wahhabisme participe Ă  l’orthodoxie gĂ©nĂ©rale de ce qu’on appelle “les gens de la Sunna (tradition prophĂ©tique) et de la communautĂ©â€. Ce statut ambigĂŒ a permis au wahhabisme d’avoir une telle longĂ©vitĂ© (plus de deux siĂšcles et demi). Je tiens Ă  prĂ©ciser que la notion de secte n’est pas du tout pĂ©jorative, mais qu’elle dĂ©crit un phĂ©nomĂšne particulier. Comment avez-vous procĂ©dĂ© pour votre enquĂȘte empirique sur le wahhabisme ? J’ai constituĂ© mon enquĂȘte empirique Ă  travers deux grands corpus. Le premier est documentaire. Il est fait de manuscrits que j’ai eu beaucoup de peine Ă  trouver. J’ai constituĂ© un corpus documentaire fait de textes rares et Ă©pars dans diffĂ©rentes bibliothĂšques : aux Etats-Unis, en Angleterre, en Allemagne, en France
 J’ai mis beaucoup de temps et d’énergie Ă  collecter ces textes. Le deuxiĂšme corpus est une enquĂȘte sur le terrain que j’ai effectuĂ©e en Arabie Saoudite. Je suis allĂ© sur les lieux et les traces du wahhabisme des origines : Al Dirya et le Najd central. RĂ©gion oĂč Muhammed Ibn Abd al-Wahhab a vĂ©cu. Tous les auteurs du XIXĂšme siĂšcle dĂ©crivent Al Dirya comme un amas de ruines. J’ai tellement lu sur cette ville que quand j’y suis parti je la connaissais maison par maison. Votre enquĂȘte de terrain vous a-t-elle permis de sentir le souffle wahhabite ? Absolument. Al Dirya est un lieu inaccessible. Cela permet de comprendre la gĂ©opolitique d’une secte. Prendre un lieu inaccessible et faire des raids hors territoire en Ă©tant soi-mĂȘme protĂ©gĂ© par des montagnes, que ce soit Ă  Alamut (pour les Hachachines / Assassins, une secte du chiisme ismaĂ©lien), Ă  Tora Bora (pour Al QaĂŻda de Ben Laden) ou Al Dirya, cela vous donne une supĂ©rioritĂ© guerriĂšre extraordinaire. Si le wahhabisme a pu se dĂ©velopper et rĂ©sister, c’est Ă  cause de cela essentiellement. Le wahhabisme s’est appuyĂ© aussi sur les Anazas, la plus grande confĂ©dĂ©ration tribale de l’Arabie Saoudite au XVIIĂšme siĂšcle. Si vous aviez Ă  dĂ©finir le wahhabisme d’une maniĂšre succincte, que diriez-vous ? On peut dire que le wahhabisme des origines est un nĂ©o-kharijisme (les kharijistes sont une secte qui a vu le jour au premier siĂšcle de l’HĂ©gire, connue par son fanatisme et rigorisme extrĂȘme). Cela est clair d’aprĂšs la trame tribale et aussi par la doctrine : un puritanisme foncier Ă©galitariste et le refus de toutes formes d’intercession. Ils estimaient que les Musulmans vivaient dans une nĂ©o-jahylia (la jahylia dĂ©signe la pĂ©riode anti-islamique des Arabes) et qu’il fallait les rĂ©islamiser par le jihad. Le wahhabisme des origines est une rĂ©volte Ă  la Saheb el Himar (chef kharijite qui s’est rebellĂ© contre le pouvoir fatimide en Tunisie) au nom du dogme de l’unicitĂ©. Entre le pacte de Najd, qui a scellĂ© le dĂ©but effectif du wahhabisme en 1744 (ou 1745) et sa victoire dĂ©finitive en 1932 (la rĂ©unification de l’Arabie centrale par les Al Saoud) il y a prĂšs de deux siĂšcles. Comment expliquez-vous que cette secte ait pu rĂ©sister pendant deux siĂšcles ? Les bastions wahhabites Ă©taient Ă©loignĂ©s des lieux du culte, la Mecque et MĂ©dine, de plus de huit cents kilomĂštres. Ils n’intĂ©ressaient pas les grands empires environnants, que ce soit l’ottoman ou le britannique. Les wahhabites Ă©taient quasiment en dehors de l’histoire et de la gĂ©ographie, ce qui leur permit, mĂȘme suite Ă  des dĂ©faites militaires, de pouvoir se reconstituer loin des regards ennemis. Quand Mohamed Ali d’Egypte les dĂ©fit au dĂ©but du XIXĂšme siĂšcle, il Ă©tait obligĂ© de retourner chez lui. Une fois les armĂ©es parties, les bĂ©douins wahhabites “reprirent” du poil de la bĂȘte. Il faut ajouter que les descendants d’Ibn Abd al-Wahhab, c’est-Ă -dire les garants de la puretĂ© doctrinale, avaient eu l’intelligence de ne jamais interfĂ©rer dans les luttes intestines des Saoud. Ils ont toujours ratifiĂ© l’imamat des vainqueurs. Nous sommes obĂ©issants Ă  l’intĂ©rieur, mais belliqueux Ă  l’extĂ©rieur. Cela scellait durablement le pacte de Najd, conclu entre Muhammad Ibn Saoud et Muhammad Ibn Abd al-Wahhab. Qu’est-ce qui a fait que les wahhabites triomphent en 1932 ? Cela revient en grande partie Ă  la constitution des “FrĂšres”. C’est un genre de communisme de guerre. VoilĂ  des nomades, mĂȘme pas des bĂ©douins, que les wahhabites sĂ©dentarisent et endoctrinent. On leur dit que tout le monde extĂ©rieur est impie. Ces campements militaires, constituĂ©s en 1912, ont Ă©tĂ© de l’avis de tous les chercheurs le bras armĂ© qui a rendu la victoire d’Abdelaziz Ibn Saoud possible en 1932. Les expĂ©riences prĂ©cĂ©dentes ont montrĂ© que les bĂ©douins Ă©taient inconstants et les citadins ne pouvaient pas guerroyer plus de quatre mois par an. Les “FrĂšres” constituaient des camps militaires qui vivaient uniquement pour la guerre. A l’image de ce que fut la Koufa du temps du second Calife, Omar Ibn al-Khatttab
 Absolument, et les “FrĂšres” sont les Qurra (RĂ©citants du Coran) dont la vie Ă©tait partagĂ©e entre la priĂšre et la guerre. Je dirais aussi que le wahhabisme est pour les chercheurs une chance extraordinaire. Il nous permet de voir une secte mĂ©diĂ©vale in-vivo. Si vous voyez un cheĂŻkh wahhabite ajourd’hui, vous pouvez imaginer ce qu’était des sectes comme les kharijites ou les ismaĂ©liens au Moyen-Ăąge. Si les wahhabites sont des nĂ©o-kharijites, pourquoi vouent-ils une grande haine aux “sectes hĂ©rĂ©tiques” comme les kharijites et les chiites ? Je pense que cela est dĂ» Ă  la culture dogmatique. On peut ĂȘtre contre le fanatisme et ĂȘtre, cependant totalement fanatique. Mon livre est, en quelque sorte, un rapport de police philosophique sur le fanatisme. Le dĂ©bat qui a opposĂ© les wahhabites Ă  l’Islam institutionnel durant un siĂšcle et demi montre Ă  quel point l’Islam institutionnel s’est opposĂ© au wahhabisme. Qu’est-ce qui fait que cette opposition ait quasiment disparu aujourd’hui ? A part le rĂ©cit historique sur le wahhabisme dans mon livre, le cƓur de mon questionnement Ă©tait celui-lĂ  : J’ai fait Ă©tat de plus cinquante rĂ©futations du wahhabisme sur une base thĂ©ologique sĂ©rieuse Ă©crite par des ulĂ©mas. Je me suis posĂ© la question suivante : comment se fait-il qu’aprĂšs une campagne aussi dure et Ă©tendue contre le wahhabisme, on a mĂȘme accusĂ© Ibn Abd al-Wahhab d’athéïsme et de prĂ©tention Ă  la prophĂ©tie, subitement le wahhabisme a Ă©tĂ© rĂ©habilitĂ©. Je propose une piste pour la discussion : le wahhabisme a Ă©tĂ© rĂ©habilitĂ© par la tradition, parce que l’hĂ©rĂ©sie est devenue la nouvelle orthodoxie. L’Islam sectaire et anti-orthodoxe a vaincu Ă  la fin du XIXĂšme siĂšcle. Plus prĂ©cisĂ©ment
 La tradition tardive est constituĂ©e par des ulĂ©mas qui connaissaient parfaitement leurs classiques. Ils refusaient l’Ijtihad, s’alliaient aux Saints et aux marabouts. Ils Ă©taient citadins, notables et obĂ©issants. Cet Islam lĂ  va ĂȘtre battu Ă  la fin du XIXĂšme siĂšcle par les nouveaux clercs de l’Islam. Ils sont en dehors de l’institution religieuse. Ils Ă©crivent dans les journaux. C’est le mouvement Nahda initiĂ© par El Afghani et Abdoh. Les rĂ©formistes disent : l’Islam est en dĂ©clin, les responsables sont les ulĂ©mas, les marabouts et les princes tyranniques. C’est exactement ce que disait Ibn Abd al-Wahhab au XVIIĂšme siĂšcle. Le rĂ©formisme est une hĂ©rĂ©sie mineure de l’intĂ©rieur. C’est une bonne hĂ©rĂ©sie parce qu’elle permet Ă  l’Islam de se rĂ©former. Mais cette hĂ©rĂ©sie mineure a ouvert la boite de Pandore: tous les Musulmans sont devenus des Fakih et cela dure jusqu’à maintenant. Auparavant personne n’osait parler en prĂ©sence des cheĂŻkhs d’Al Azhar ou de la Zitouna. C’est cela ma thĂšse. Vous dites dans votre livre que c’est Rachid Ridha, disciple d’Abdoh, qui a rĂ©alisĂ© la jonction entre le rĂ©formisme et le wahhabisme Absolument. Rachid Ridha Ă©tait un agent wahhabite. Il a publiĂ© la plupart de leurs tracts Ă  leurs frais. Il en a commentĂ© quelque-uns et les a dĂ©fendus avec acharnement dans une sĂ©rie d’articles qu’il a plus tard publiĂ©s dans un livre “Les Wahhabites et le Hijaz”. Rachid Ridha a fait la jonction entre le rĂ©formisme hĂ©rĂ©tique du XIXĂšme siĂšcle et le wahhabisme comme faisant partie des “gens de la tradition et de la communautĂ©â€. Il n’est pas le seul Ă  avoir fait cela . Il y a Mohyeddine al Khatib en Egypte, Tahar Al-JazaĂŻri en Syrie, Chokri Alussi en Irak et bien d’autres
 C’est un nĂ©o-fondamentalisme qui hĂ©rite du rĂ©formisme d’El Afghani et de Abdoh. Ceux-lĂ  n’étaient pas des wahhabites. Il sont parfois anti-wahhabites, mais ils participent de la mĂȘme conception de la tradition. RĂ©sultat : le wahhabisme a Ă©tĂ© rĂ©habilitĂ© bien avant l’ùre du pĂ©trole, contrairement Ă  ce que pensent beaucoup de gens. On aurait pu penser, en vous Ă©coutant, que le mouvement des “FrĂšres Musulmans”, fondĂ© par l’Egyptien Al Banna en 1928, serait une continuation du wahhabisme
 alors que vous dites dans votre livre qu’il n’en est rien
 Dans un premier moment les “FrĂšres Musulmans” n’ont rien Ă  voir avec le wahhabisme, bien que leur culte du secret rappelle, lui aussi, les sectes hĂ©rĂ©tiques du Moyen-Âge. Les signes de reconnaissance, une bague particuliĂšre, et les chiffres magiques, le nombre dix, fait d’eux, Ă  leur dĂ©but, une sorte de loge maçonnique. Mais ils formaient quand mĂȘme un parti moderne dans une Egypte libĂ©rale. Al Banna n’est jamais allĂ© en Arabie Saoudite. Jusqu’en 1954 les leaders des FrĂšres Musulmans avaient des critiques dures contre le wahhabisme. Certains d’entre eux le qualifiĂšrent de rĂ©gime corrompu et monarchique. Les “FrĂšres Musulmans” Ă©taient fonciĂšrement anti-monarchiques. C’est la rĂ©pression d’Abdennasser qui va rapprocher les FrĂšres Musulmans des wahhabites. Il y a eu alors une greffe dans les deux sens. Le wahhabisme a Ă©tĂ© idĂ©ologisĂ© et les FrĂšres Musulmans ont Ă©tĂ© traditionnalisĂ©s. Est-ce qu’on peut dire que ce sont les FrĂšres Musulmans qui ont introduit le wahhabisme dans l’histoire ? Sur le plan intellectuel, absolument. Sans les FrĂšres Musulmans le wahhabisme serait restĂ© une idĂ©ologie locale et provinciale. C’est l’argent du pĂ©trole et l’idĂ©ologie islamiste qui ont donnĂ© au wahhabisme une dimension mondiale. Vous avez parlĂ© tout Ă  l’heure d’un siĂšcle et demi de rĂ©futation du wahhabisme dont on retrouve la trace en Tunisie et au Maroc. Ces rĂ©futations sont-elles toujours d’actualitĂ©? Pour l’essentiel ces rĂ©futations appartiennent au monde du passĂ©. Le wahhabisme Ă©tait plus “moderne” que ses rĂ©futateurs ? Oui, si l’on maintient les guillemets pour moderne. L’une des plus grandes critiques des ulĂ©mas aux XVIIIĂšme et XIXĂšme siĂšcles Ă©tait que le wahhabisme ouvrait les portes de l’Ijtihad et refusait l’imitation des anciens. Les ulĂ©mas reprochaient aux wahhabites leur refus de toute intercession, fĂ»t-elle celle du ProphĂšte. Ce dĂ©bat n’intĂ©resse plus personne aujourd’hui. Ce qui est encore d’actualitĂ©, c’est la question de l’Ijtihad (et lĂ  les wahhabites Ă©taient en avance sur la tradition) et deuxiĂšmement le takfir (l’anathĂšme) et lĂ  on retrouve les passerelles avec l’Islam sectaire radical. Le wahhabisme a-t-il eu une influence sur l’Islam non-arabe ? Oui. Le wahhabisme a eu une grande influence sur les Musulmans de l’Inde au XIXĂšme siĂšcle. On y retrouve les mĂȘmes dĂ©bats et polĂ©miques autour du wahhabisme. Les wahhabites ont-ils eu une influence sur la Jamaa Islamyaa de l’Indo-Pakistanais Al-Mawdoudi ? Pas au dĂ©but. Plus tard, Ă  l’instar des FrĂšres Musulmans, il y a eu des connexions et des convergences. VoilĂ  que des gens qui ne se connaissent pas et qui ont des filiations idĂ©ologiques diffĂ©rentes se retrouvent et se rejoignent. Il y a des affinitĂ©s Ă©lectives qui donnent lieu Ă  des liaisons dangereuses. Ces liaisons dangereuses reposent sur une matrice commune que j’ai appelĂ©e la destruction mosaĂŻque : c’est-Ă -dire Ă©riger une destruction au sein des Musulmans eux-mĂȘmes entre la vraie et la fausse religion. Le wahhabisme a anticipĂ© ce mouvement, d’oĂč sa rĂ©habilitation. La thĂšse devient : c’est l’hĂ©rĂ©sie (le rĂ©formisme et l’islamisme) qui rĂ©habilite l’hĂ©rĂ©sie (le wahhabisme). Maintenant c’est l’hĂ©rĂ©sie qui est devenue la nouvelle orthodoxie. Dans ce passage de l’hĂ©rĂ©sie Ă  la nouvelle orthodoxie, qu’est-ce qui a changĂ© dans le wahhabisme ? Rien. La grande victoire du wahhabisme est qu’il n’a rien changĂ©. Ce sont les autres qui ont changĂ©. AprĂšs le 11 septembre 2001, le wahhabisme est-il en train de changer ? Oui. Le wahhabisme est devenu la tradition. Il a repris les mĂȘmes arguments que ses anciens rĂ©futateurs contre ce qu’il appelle les nĂ©o-kharijites (les salafistes, jihadistes). Le jihadisme est-il une excroissance du wahhabisme ou de l’islamisme ? Les deux Ă  la fois. Les jihadistes se rĂ©clament des deux traditions. Le salafisme-jihadisme est-il une chance ou une catastrophe pour le wahhabisme ? Aujourd’hui le wahhabisme est dans de beaux draps ! Il est dans une phase trĂšs dĂ©fensive. La monarchie tente d’ouvrir de nouveaux ponts avec les islamistes modĂ©rĂ©s (les FrĂšres Musulmans) afin que les wahhabites ne soient plus les seuls piliers du rĂ©gime. Les wahhabites, tout en Ă©tant contre l’Islam violent, refusent toujours les rĂ©formes libĂ©rales. Y a-t-il, en Arabie Saoudite, une critique ouverte contre le wahhabisme ? Oui. J’y ai consacrĂ© le dernier chapitre de mon livre. Il y a des critiques ouvertes contre le wahhabisme dans des journaux comme “Al Watan”, mais uniquement en phase critique. Quant les choses se calment, la critique disparaĂźt. Sur quoi reposent les critiques des intellectuels saoudiens ? Le premier reproche des intellectuels saoudiens est l’exclusivisme des Ecoles du rite. Le wahhabisme a interdit le malĂ©kisme, le hanafisme et le chafĂ©isme. On n’enseigne que l’école hanbalite. Ces intellectuels demandent de mettre fin Ă  cet exclusivisme des Ă©coles. Le second se rapporte aux rĂ©formes politiques. Les intellectuels accusent les wahhabites d’ĂȘtre la cause des difficultĂ©s du pays. * “L’exception islamique” de Hamadi Redissi. Seuil-Paris 2004. RééditĂ© par CĂ©rĂšs Productions. Tunis 2005. Interview rĂ©alisĂ©e par Zyed Krichen   (Source : « RĂ©alitĂ©s » (Magazine hebdomadaire – Tunis), N° 1137 du 11 octobre 2007)


PremiĂšre visite d’Etat de Nicolas Sarkozy au Maroc Ă  partir du 22 octobre

AFP, le 16 octobre 2007 Ă  08h16
PARIS, 16 oct 2007 (AFP) – Le prĂ©sident français Nicolas Sarkozy effectuera Ă  partir du 22 octobre au Maroc une visite d’Etat de trois jours, la premiĂšre depuis son Ă©lection le 6 mai. Au cours de ce dĂ©placement, le chef de l’Etat français se rendra successivement Ă  Marrakech, Rabat, puis Tanger. Une premiĂšre visite du prĂ©sident français au Maroc avait Ă©tĂ© programmĂ©e dĂ©but juillet dans le cadre d’une tournĂ©e qui l’a conduit en AlgĂ©rie et en Tunisie. Mais cette Ă©tape marocaine avait Ă©tĂ© annulĂ©e en derniĂšre minute Ă  la demande de Rabat.   “Le roi (du Maroc Mohammed VI) souhaitait que ma premiĂšre visite au Maroc soit une visite d’Etat”, avait alors expliquĂ© Nicolas Sarkozy Ă  la presse, assurant qu’il n’y avait pas “l’ombre d’une brouille” entre les deux pays. L’Ă©pouse de Nicolas Sarkozy, CĂ©cilia, ne devrait pas participer Ă  ce voyage, a indiquĂ© lundi lors de son point de presse hebdomadaire le porte-parole de la prĂ©sidence David Martinon, alors que les rumeurs sur une sĂ©paration du couple prĂ©sidentiel vont bon train depuis plusieurs jours.   AFP

Allemagne: catholiques et juifs soutiennent la construction de mosquées

 
AFP, le 15 octobre 2007 Ă  16h12 BERLIN, 15 oct 2007 (AFP) – Les communautĂ©s catholique et juive d’Allemagne ont pris fermement la dĂ©fense lundi de la construction de mosquĂ©es en Allemagne, rĂ©futant les arguments alarmistes d’intellectuels, religieux et hommes politiques qui dĂ©noncent l’islamisation rampante de l’Allemagne.   La lĂ©gitimitĂ© des musulmans lorsqu’ils construisent des mosquĂ©es est “Ă©vidente”, et les 3,4 millions de fidĂšles de l’islam en Allemagne ont droit Ă  des lieux de priĂšre “dignes”, a dĂ©clarĂ© le prĂ©sident du comitĂ© central des catholiques allemands, Hans Joachim Meyer.   Les traditions des musulmans comme le voile doivent ĂȘtre respectĂ©es, pourvu qu’ils adhĂ©rent par ailleurs aux valeurs occidentales de base: “les temps ne sont pas si loin dans l’Eglise catholique oĂč une femme qui allait Ă  la messe ne pouvait s’y rendre en pantalon ou sans couvre-chef”, a-t-il observĂ© dans le journal Neue OsnabrĂŒcker Zeitung.   Le conseil central des juifs d’Allemagne a jugĂ© aussi que le droit des musulmans de bĂątir des mosquĂ©es “tombait sous le sens”. “Nous ne pouvons lutter contre les islamistes qu’ensemble avec les musulmans dans les mosquĂ©es”, a dit Stephan Kramer, son secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral, au journal en ligne Netzeitung. L’intĂ©gration, a-t-il dit, sera renforcĂ©e quand les musulmans ne prieront plus dans des “arriĂšre-cours”.   Les musulmans disposent de 159 mosquĂ©es (non compris les nombreuses salles de priĂšre) dispersĂ©es dans le pays et veulent plus que doubler ce chiffre dans les mois et les annĂ©es Ă  venir.   L’ancien ministre-prĂ©sident conservateur de BaviĂšre, Edmund Stoiber, avait dĂ©fendu le mois dernier “la culture dominante en Allemagne (chrĂ©tienne) qui s’est dĂ©veloppĂ©e depuis des siĂšcles en Allemagne”. “C’est pourquoi (…), les cathĂ©drales peuvent ĂȘtre plus grandes que les mosquĂ©es”, avait-il lancĂ©.   D’autres sont allĂ©s encore plus loin. L’Ă©crivain Ralph Giordano a qualifiĂ© de “dĂ©clarations de guerre” la construction de grandes mosquĂ©es avec minaret en Allemagne, comme celle en projet Ă  Cologne (ouest). Certains mosquĂ©es comme celle de Duisbourg (ouest) font cependant figure de modĂšles d’intĂ©gration.    


Analyse

L’islam est-il soluble dans l’espace ?,

par Sylvie Kauffmann Courriel : lettredasie@lemonde.fr   Muszaphar Shukor est un pionnier. Il est, d’abord, le premier Malaisien dans l’espace, oĂč il a Ă©tĂ© propulsĂ© mercredi 10 octobre par une fusĂ©e Soyouz pour rejoindre la station spatiale internationale (ISS) en compagnie du Russe Iouri Malenchenko et de l’AmĂ©ricaine Peggy Whitson. D’une certaine maniĂšre, il Ă©tait prĂ©destinĂ© – son prĂ©nom, en arabe, signifie “victorieux”. Mais ce n’est pas tout. Ce mĂ©decin de 35 ans, mannequin Ă  ses heures, qui aspire Ă  devenir “le Gagarine malais”, est aussi le premier musulman Ă  se trouver en orbite pendant le ramadan, dans une station, qui plus est, commandĂ©e par une femme.   Tout Ă©tait tellement plus simple pour Gagarine. Muszaphar Shukor, lui, a contraint les autoritĂ©s religieuses de Malaisie Ă  se pencher longuement sur une question que le ProphĂšte n’avait pas envisagĂ©e : comment observer les rituels religieux lorsque l’on tourne seize fois par jour autour de la Terre, que l’on perd La Mecque de vue, que l’apesanteur rend les gĂ©nuflexions dĂ©licates et que l’eau n’est pas prĂ©vue pour les ablutions ?   Le problĂšme a Ă©tĂ© soulevĂ© dĂšs juin 2003, lorsque le gouvernement a annoncĂ© son intention d’envoyer un Malaisien dans l’ISS. De nombreuses opinions ont Ă©tĂ© Ă©mises. En avril 2006, l’Agence nationale spatiale de Malaisie et le dĂ©partement du dĂ©veloppement islamique ont organisĂ© un sĂ©minaire conjoint sur “l’islam et la vie dans l’espace”. Ces travaux ont abouti Ă  l’Ă©laboration d’une brochure, Instructions pour observer l’ibadah (rituel religieux) Ă  bord de l’ISS. L’eau est ainsi remplacĂ©e par des serviettes en papier (trois minimum) pour l’istinja, rituel observĂ© aprĂšs les besoins naturels. L’ablution avant la priĂšre se fait sans eau, en touchant une surface propre de ses paumes ouvertes. La priĂšre a lieu cinq fois par jour en respectant le fuseau horaire de BaĂŻkonour, au Kazakhstan, d’oĂč a dĂ©collĂ© l’astronaute, dans diverses positions adaptĂ©es aux conditions de vol. L’astronaute jeĂ»ne aux heures normales (heure de BaĂŻkonour) mais peut aussi choisir de compenser le jeĂ»ne Ă  son retour sur Terre.   Ce luxe de procĂ©dures peut paraĂźtre excessif lorsque l’on sait que Muszaphar Shukor n’aura passĂ© que deux jours de ramadan sur ses neuf jours en orbite, puisque la fĂȘte de l’AĂŻd a mis fin au jeĂ»ne samedi, mais il montre que pour les musulmans d’Asie, l’espace fait dĂ©sormais partie de l’univers religieux. Il fallait assouplir le rituel puisque, conclut la brochure, “l’islam encourage les voyages dans l’espace” – un signe que Jean-Pierre Filiu, expert du monde arabo-musulman, analyse comme rĂ©vĂ©lateur de la modernitĂ© de l’islam hadhari ou “civilisationnel” que promeut la Malaisie, face au wahhabisme d’Etat de l’Arabie saoudite. Devant l’enthousiasme soulevĂ© par l’odyssĂ©e du cosmonaute dans son pays, l’un des muftis de Malaisie a d’ailleurs regrettĂ© qu’il n’y ait pas plus de cosmonautes musulmans et moins de thĂ©oriciens islamiques : “Les musulmans devraient ĂȘtre Ă  l’avant-garde de la science et de la technologie, y compris dans l’exploration de l’espace”, a-t-il dit.   Car il n’y a pas de temps Ă  perdre. L’Asie est lancĂ©e dans la conquĂȘte de l’espace, Ă  laquelle elle imprime de plus en plus sa dynamique propre. Dans le club restreint des pays qui assurent eux-mĂȘmes le lancement de leurs satellites, la moitiĂ© sont dĂ©jĂ  asiatiques : la Chine, le Japon et l’Inde, aux cĂŽtĂ©s des Etats-Unis, de la Russie et de la France. Mais ils voient plus loin : ils visent la Lune.   Cinquante ans aprĂšs le lancement de Spoutnik, le premier engin spatial, le 4 octobre 1957 par l’URSS, la FĂ©dĂ©ration internationale de l’astronautique vient de tenir son congrĂšs mondial annuel Ă  Hyderabad, l’une de ces villes indiennes stimulĂ©es par la croissance. Tout un symbole, tant l’Inde affiche aujourd’hui ses ambitions spatiales. Depuis le lancement de son premier satellite en 1980, son programme spatial, longtemps tournĂ© vers l’aide Ă  l’agriculture, a fait du chemin. DotĂ© Ă  prĂ©sent d’un budget de 900 millions de dollars, il prĂ©voit 60 missions dans l’espace dans les cinq prochaines annĂ©es, soit une moyenne de douze par an. Le 9 avril 2008, l’Inde lancera sa premiĂšre sonde lunaire, Chandrayaan 1, pour une mission de deux ans ; puis Chandrayaan 2 placera un rover Ă  la surface de la Lune.   Partie plus tĂŽt – elle a lancĂ© son premier satellite en 1970 -, la Chine en est dĂ©jĂ  au stade des vols habitĂ©s. Le premier est parti du dĂ©sert de Gobi il y a quatre ans. Pour ce programme Shenzhou, qui prĂ©voit le lancement d’un laboratoire orbital habitĂ© aprĂšs 2010, elle a dĂ©bloquĂ© 2,3 milliards de dollars. Et, pour elle aussi, c’est objectif Lune : sa premiĂšre sonde en orbite lunaire, Chang’e 1, doit ĂȘtre lancĂ©e avant la fin 2007. Chang’e 2 et 3 iront parfaire le travail sur la Lune d’ici Ă  2015.   A Hyderabad, le chef de l’Agence spatiale chinoise, Sun Laiyan, a estimĂ© logique que la Chine envoie ensuite un homme sur la Lune, Ă  partir de 2020. Mais le Japon, aprĂšs pas mal de dĂ©boires techniques, a peut-ĂȘtre quelques longueurs d’avance, et la fusion de ses deux organisations spatiales devrait lui donner de l’Ă©lan. Il y a dix jours, Tokyo a placĂ© avec succĂšs sa premiĂšre sonde en orbite autour de la Lune, avant la Chine et l’Inde.   Pourquoi cette effervescence ? Pour Roger-Maurice Bonnet, prĂ©sident du ComitĂ© mondial de la recherche spatiale, “il y a, bien sĂ»r, la compĂ©tition non avouĂ©e mais rĂ©elle entre la Chine et l’Inde. Mais il y a aussi la Lune, cet objet mĂ©diatique que chacun rĂȘve de s’approprier, alors pourquoi ne pas y aller soi-mĂȘme, plutĂŽt que de la laisser aux AmĂ©ricains, qui n’iront probablement pas ?” AprĂšs tout, si les AmĂ©ricains ont des visĂ©es stratĂ©giques sur la Lune, ou plus simplement espĂšrent y extraire de l’hĂ©lium-3 ou des minerais, pourquoi les puissances Ă©mergentes leur feraient-elles ce cadeau ? L’Inde et la Chine, “en voie de dominer le monde de l’espace”, seront sur la Lune avant que les Etats-Unis n’y retournent, M. Bonnet n’en doute pas. Mais le calcul, dit-il, risque de s’avĂ©rer naĂŻf : on ne sauvera pas la Terre en allant sur la Lune.   POST-SCRIPTUM. A propos du dĂ©sastre Ă©conomique birman, un lecteur nous prĂ©cise que l’on voit, en temps normal, dans les rues de Rangoun (qu’est-ce qu’un “temps normal” Ă  Rangoun ? c’est un autre dĂ©bat), des vĂ©los attelĂ©s d’un side-car, certes antiques, mais n’en fournissant pas moins un moyen de locomotion bon marchĂ©, alors que nous dĂ©plorions l’absence de deux-roues. Un autre juge “hypocrite” d’Ă©voquer la prĂ©sence des entreprises asiatiques en Birmanie sans mentionner celle de Total – omission rĂ©parĂ©e. Signalons que Cartier et Bulgari ont dĂ©cidĂ© de ne plus se fournir en pierres prĂ©cieuses auprĂšs de la junte.   (Source : « Le Monde » (Quotidien – France), le 16 octobre 2007)

 


 

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