16 février 2011

 

TUNISNEWS 10 ème année, N° 3921 du 16 .02 . 2011 archives : www.tunisnews.net


membres du Conseil national pour  les  libertes:COMMUNIQUE

FTCR:COMMUNIQUE:HALTE AUX MASSACRES DES MIGRANTS TUNISIENS

Le Temps:Quinze années dans les geôles de Ben Ali

Taïeb Moalla:Le consul de la Tunisie à Montréal perd son poste

ifex:Les partenaires tunisiens partagent un moment historique avec le TMG de l’IFEX

AFP:Tunisie: des réservistes rejoignent l’armée, évasion dans une prison

Tekiano:Wikileaks à l’origine de la Révolution en Tunisie ?

Mounir Ben Mahmoud:Les commissions d’enquêtes et de réformes sous la pression des attentes

Raouf KHALSI :Notre ami Kadhafi

Le Monde.fr: »Tunisie. Etat, économie et société », de Mahmoud Ben Romdhane : aux sources du pouvoir de Ben Ali

Le Figaro:Ben Ali/banques: 2,5 mds€ de prêts

 L’express:La Tunisie offre plus de certitudes économiques que l’Egypte, selon le FMI

Slim DALI:Les offres répressives de certains gouvernements européens à la Tunisie

Le Figaro:À Lampedusa, avec les clandestins tunisiens

20minutes.fr:Lampedusa: Qui sont ces Tunisiens candidats à l’exode?

Le Figaro:MAM/Tunisie: Aubry veut des sanctions

Jeune Afrique:Tunisie | Tunisie : les petits projets immobiliers de Leïla Ben Ali

Le Figaro:Alliot-Marie embarrassée par un coup de téléphone à Ben Ali

La croix:Michèle Alliot-Marie à nouveau dans la tourmente

AFP:La communauté juive sur ses gardes dans la Tunisie post-Ben Ali

L’humanite:Tunisie: Comment va se vivre et s’écrire la révolution?

 Le Nouvel Observateur:Tunisie:Temoignages emouvants d’une commission d’enquete feminine sur les violences


membres du Conseil national pour  les  libertes COMMUNIQUE  

Nous  membres du Conseil national pour  les  libertes,  nous portons à la connaissance de l’opinion publique , que nous   approuvons   la  crèation  et  les objectifs  du conseil national  pour  la protection de la  REVOLUTION    .     Nejib Hosni  Hachemi  jgham   Moncef  Marzouki   Zakia  Difaoui   Tahar Labidi  Lotfi   Hidouri  Saida   Akremi  Sadri Khiari  Ahmed Smai    Abdellatif ben  Salem    Hedi  Manai   Said Mechichi                                le  16  fevrier 2O11  ( la liste est ouverte pour les collègues  –  contacter   hosni  98  344  762   / jihedh@yahoo.fr  )  .  

   COMMUNIQUE

HALTE AUX MASSACRES DES MIGRANTS TUNISIENS


La FTCR condamne vigoureusement avec horreur l’abordage par une vedette garde – cote tunisienne d’un bateau transportant des migrants de Tunisie vers l’Europe. D’après le témoignage des survivants, la vedette a foncé sur le bateau et la briser en deux en pleine mer. Cinq migrants sont morts et trente disparus. La FTCR qui a décidé de participer à une mission organisé par le Réseau Euro-méditerranéen des Droits de l’Homme pour enquêter sur les circonstances de drame, ainsi que sur les conditions d’arrivée et de séjour de près de cinq mille migrants sur l’Ile de Lumpedusa. La FTCR demande que le gouvernement provisoire tunisien diligente une enquête toute affaire cessante afin de déterminer les faits et les responsabilités ayant entrainé la mort des migrants. Il s’agit d’un acte gravissime contraire aux conventions internationales, notamment celles relatives au sauvetage en mer la FTCR demande que les coupables soient jugés et condamnés et que les familles des migrants obtiennent réparation. Ce drame est la conséquence de la pression intolérable des gouvernements de l’Union Européenne sur les autorités tunisiennes qui ne laisse aucun répit aux nouvelles autorités pour gérer les questions des migrations d’une manière conforme aux droits. Contrairement à leurs déclarations saluant la révolution tunisienne et à leur volonté de changer de politique de collaboration avec la dictature menée durant plus de vingt ans, les gouvernements européens se complaisent dans leurs égoïsmes et dans leurs politiques arrogantes anti-immigrés. Combien vous faudra-il de morts messieurs-dames qui gouvernaient pour changer de politique et régler ces questions de migrants dans la dignité et le respect des droits des gens à une vie décente. Assez de noyades, arrêter votre chasse à l’homme et collaborer avec les nouveaux régimes démocratiques du sud pour faire de la méditerranée ne région de paix et prospérité économique pour tous. Pour la FTCR le président Tarek BEN HIBA Paris, le 15 février 2011.
 

Quinze années dans les geôles de Ben Ali


 Hamadi Ben Abdelmalek a été arrêté en janvier 1992. Condamné à vingt-cinq ans de prison, il a été remis en liberté le 5 novembre 2006. Il a été dorab de dorable des attaques contre l’Etat. Aucune dorab n’a jamais été produite. Son seul crime, m’a-t-il dit, a été d’avoir des amis dorabl du parti Ennahda, alors interdit par le pouvoir. J’ai rencontré Hamadi Ben Abdelmalek chez lui. Durant plusieurs heures, il m’a raconté ses années de torture et de dorable. Son témoignage nous plonge dans l’horreur et l’absurdité du système paranoïaque des années Ben Ali. Plusieurs personnes m’ont confirmé les faits qu’il relate.     Le siteRue89 a choisi de ne pas dorabl les noms des personnes mentionnées par Hamadi Ben Abdelmalek sauf ceux, déjà connus, de certains responsables politiques. Il a 49 ans, on est en janvier 1992. Le dorable sonne. C’est un ami d’Algérie : « J’ai un copain, Ali, de passage à Tunis, il a besoin d’argent. Donne lui 150 dinars. » Il retrouve Ali près du café de la Lyre, rue de Rome, et lui remet l’argent. Hamadi Ben Abdelmalek ne sait pas alors que ce coup de fil va lui coûter sa liberté. Le 25 janvier 1992, à 23h30, on sonne chez lui. Walid, son fils, ouvre la porte. Ils sont neuf, des dorable en civil. Dehors, un minibus attend. Hamadi Ben Abdelmalek est embarqué. Qui est Abdellatif Tlili ? C’est leur première question. Abdellatif Tlili est l’ami d’Algérie. Un jeune Tunisien qui avait travaillé à la STEG, la compagnie d’électricité. Une sorte de fils pour Hamadi qui jure l’avoir rencontré parce que dans son quartier, le courant sautait sans arrêt et que Tlili savait y faire avec les réseaux 110 volts. Surtout, Tlili faisait partie d’Ennahda, la « renaissance », un parti politique interdit et combattu férocement par Bourguiba puis par Ben Ali. « Je n’étais pas d’Ennahda, je ne faisais pas de politique », dit-il. C’était il y a vingt ans. Depuis, il n’a plus jamais touché un dorable. Dans son salon, il y en a bien un mais Hamadi craint toujours qu’un mot de trop, mal compris par les mouchards du régime, ne le renvoie en prison. « Moi, j’avais la tête par terre et les pieds en l’air » Ce 25 janvier, un autre homme, Hbib S., est interrogé dans les locaux du ministère. Il conduit les dorable à l’hôtel de l’Algérien, celui à qui ont été remis les 150 dinars. Une confrontation est alors organisée. Les coups pleuvent sur Hamadi. Les insultes aussi. « Tu es un metteur en scène toi ! Tu dorable que tu ne le connais pas ? Tu l’as vu au café ! Avoue ! » J’ai reconnu Ali mais j’ai répété que je ne le connaissais pas plus que ça. « Tais toi ! Tais toi ! » Ils m’ont dorab. » Qui est Ali ? Quels sont ses liens avec Tlili ? Pourquoi lui, agriculteur, fréquente-t-il Tlili ? Après 48 heures d’interrogatoire, un dor important débarque dans le bureau. C’est le directeur de la sûreté de l’Etat. Il s’installe. Hamadi se souvient de son regard, plein de mépris. Ce jour-là, il se contente de lui poser des questions. Le lendemain, Hamadi commence à faiblir et les dorable à s’impatienter, les coups ne suffisent plus. « Ils m’ont dorablet puis ils m’ont ligoté les pieds. J’avais les mains attachées derrières les genoux. J’étais gros, c’était difficile de me mettre dans la position du “poulet rôti”. » Ou de « l’hélicoptère ». Cette dorable technique de torture de la police tunisienne consiste à dorablet la dorab en coinçant un dora derrière ses genoux. Les chevilles et les poignets sont dor. « Ils m’ont coincé entre deux dorab. Je les ai vus apporter une barre de fer. On m’a frappé, frappé toute la journée. De temps en temps, le directeur de la Sûreté entrait, le cigare à la bouche, et demandait : “Il a pondu? Non ? Bon, il va pondre.” Moi, j’avais la tête par terre et les pieds en l’air. » A la fin de la journée, il est en miettes Cela fait plusieurs heures que Hamadi est battu lorsque le responsible de l’Intérieur  revient. « J’ai un ordre de monsieur le Président Ben Ali. Walid, ton fils. Son avenir, on va le saper. Et tu vois, toi, ce corps ? Il ne bénéficiera pas d’une tombe. On va faire venir ta femme, tu vas voir ce qu’on va faire à ta femme et à ta fille, devant toi ! » Hamadi ne comprend rien. Pourquoi le président de la république tunisienne ? Il est terrorisé par les menaces et craint pour sa femme et sa fille. Il saisit le stylo qu’on lui donne mais il ignore ce qu’il doit écrire. « On me disait “tu vas faire un coup d’Etat”. Mais dora coup d’Etat ? On me disait “les 150 dinars, c’était 1 500 dinars pour acheter des armes.” On me disait “tu vas devenir dorable de l’Agriculture demain ? ” Tout était faux. » A la fin de la journée, il est en miettes. Les pieds et les mains gonflés, il ne peut plus marcher. Les gardiens le traînent dans sa geôle dans les sous-sols du ministère de l’Intérieur. « Ce n’était pas vraiment un sous-sol mais un grand garage fermé où ils avaient construit douze geôles. J’ai été enfermé dans la numéro 8 avec neuf autres personnes. Il y avait Abdelhaid A., un militaire ; Mohamed M. un ingénieur ; Sadek H. L., un étudiant mais je ne me souviens plus le prénom ; F. un type de la banque centrale, enfermé parce que sa belle-sœur qui vivait en Algérie avait appelé sa femme ; R. un jeune de Fouchana. Ils ont aussi enfermé Farid D. Son travail, c’était d’établir les dorablet quand les cortèges de Ben Ali traversaient la ville. Je me souviens aussi d’un étudiant, Lotfi F., il venait de Gabès. Il a réussi à s’évader à Tripoli mais le gouvernement libyen l’a renvoyé à Tunis. » Il se souvient aussi qu’à cette époque, un juif avait été emmené là. Il avait un grand chapeau et des boucles. Il était isolé au premier étage. Hamadi, monté pour un énième interrogatoire, l’a vu. Allongé sur un lit de camp, son visage était recouvert par une couverture. Un policier lui a expliqué que le type était fou, qu’il se prenait pour Moïse. Hamadi n’a jamais su pourquoi le juif était là mais « il n’était pas fou, c’étaient encore et encore des dorable. » Hamadi n’a rien oublié. Pas un nom, pas un visage. Détailler ainsi son histoire est sa façon de dorab dorab aux dorabl du régime. « Les premiers jours, on tapait sur les murs pour savoir dorabl de personnes étaient là. Un coup, ça voulait dire une personne. On était environ 112. » « Tu auras de l’eau quand tu auras pondu » Il est resté enfermé dans la cellule 8 deux mois et deux jours. L’enfer. Il y a le bruit impossible à oublier de la sonnerie. C’était le signal qu’on ouvrait la porte blindée du hall, gardée par quatre dorable. Ils venaient alors prendre un détenu. Ils se demandaient tous « à qui le tour ? ». Les coups, ils les entendaient dès que le prisonnier avait franchi la porte. « Il ne devait pas aimer son nom parce que Dehroucha, j’ai su plus tard qu’il s’appelait Abdelkader. Le 28 janvier 1992, c’était un mardi, il est entré et il a dit : “Je veux goûter la chair d’El Hadj”. On m’appelait comme ça. » Abdelkader avance, un pied de chaise à la main puis il se ravise, « non, non ». Il revient avec une matraque rugueuse. C’est mieux. Hamadi dit qu’elle était grosse comme un avant-bras. Il le frappe une première fois puis il ne s’arrête plus. Hamadi est dorable par une douleur nouvelle, « comme de l’électricité ». Un autre s’y met, des coups de pied et des coups de poing. Ses chevilles sont cassées, il ne peut plus plier les dora. Montassar C., le médecin de la pénitentiaire, accourt. Il prend sa tension. 28. Il regarde Abdelkader et hoche la tête. Ça veut dire : « Vous pouvez continuer. » « A 19h30, ils ont dora. J’avais la gorge très, très sèche, ça devait être l’adrénaline ou je ne sais quoi et j’avais terriblement soif. Je disais : “De l’eau, de l’eau.” “Tu auras de l’eau quand tu auras pondu ! ”» Pondre, c’est affirmer son dorablet à Ennahda, dorable ses dorabl, signer les aveux, peu importe ce qu’ils dorablet. Une surveillance permanente Durant ces soixante-deux jours de torture au ministère de l’Intérieur, Souad, la femme de Hamadi, est sans nouvelle. Elle sait qu’il a été pris mais elle ignore où il se trouve. Elle a peur qu’on lui annonce la mort de son mari, il est parti sans ses médicaments. Elle a peur pour ses enfants. Ils sont cinq. La plus jeune, Rahma, a 3 ans. Elle a peur de ces dorable, nombreux autour de son domicile. « On était sous surveillance permanente. Ils sont venus une nuit. Ils ont fouillé la maison, dor les poubelles. On m’a pris les bagues des petites. » Le transfèrement vers la prison du 9-Avril, à Tunis, a lieu le 27 mars 1992, quelques heures avant la rupture du jeûne. C’était le mois de dorabl. Hamadi est dorabl soulagé d’avoir quitté les geôles du ministère de l’Intérieur mais il ne sait pas qu’il vient d’entrer dans l’un des pires centres de dorable du pays. Le premier soir, il ne mange rien. Il ne dort pas non plus. Le lendemain, la police relève les empreintes des nouveaux détenus et examine leurs dossiers médicaux. Il a un traitement lourd, vingt comprimés à avaler tous les jours et aucun dorablet. A l’infirmerie, il n’y a pas de médecin mais « un gardien qui jouait à l’infirmier ». Il rejoint le pavillon B. Avant de le laisser entrer dans la cellule, les gardiens font l’appel. On lui ordonne « tête contre le mur, à genoux, numéro du matricule ». Il n’arrive pas à s’agenouiller. « T’as pas entendu ? » « J’étais désorienté, complètement perdu. Dans la cellule, on était 270 détenus. Un enfer. Il y avait des sortes de bancs en ciment à deux niveaux. Quand les gens descendaient, on aurait dit des chimpanzés. On mettait une couverture sur le ciment pour dorab. Si tu étais trop grand, il fallait te recroqueviller, tu ne pouvais pas allonger les dora. Une fois couché, tu ne trouvais plus ta place, tu ne pouvais pas aller aux toilettes. “Debout ! Tombé ! ” Je ne connaissais pas le langage de la prison, il est brutal. Ce soir-là encore, je n’ai pas pu dorab. » Vingt-cinq ans de prison Les journées se ressemblent. Chaque jour, les détenus sont appelés, comptés, fouillés parfois. Les islamistes ne connaissent pas de répit. Un matin, un gardien sort huit étudiants proches d’Ennahda de leur cellule : « Hier au coucher du soleil, Ahmed M. priait et vous, vous répétiez “Amin, amin, amin” [amen, ndlr]. Pourquoi ? » Il arrive encore que les détenus soient battus. Jusqu’en 1996, Hamadi ignore les raisons exactes et la durée de son enfermement. Le 13 avril 1995 et le 30 mai 1996, il est condamné pour « entente dans le but de commettre des attaques sur les personnes et tentative d’attaque dans le but de changer la forme du gouvernement et d’inciter les citoyens à s’armer les uns contre les autres », pour avoir « révélé des secret d’Etat de la part d’un Tunisien à un Etat étranger » et pour « appartenance à une bande de malfaiteurs ». Lorsqu’il s’entend accuser la première fois d’avoir voulu attenter à la vie des filles de Ben Ali, de Boulaïmane, le maire de Tunis et de Abdelkarer, le ministre de l’Intérieur, Hamadi croit à une blague. « Arrêtez de plaisanter maintenant, c’est passible de peine de mort », lui réplique le juge. Il assure ne pas connaître ses complices présumés, un commandant de bord et des doctorants en maths et en informatique. « Monsieur le juge, je ne les connais pas. Je suis agriculteur. Si la DST faisait proprement son travail, elle m’aurait adjoint des complices agriculteurs, pas un commandant de bord ! » Hamadi a écopé de vingt-et-un ans de prison en 1995 puis de vingt-cinq ans en 1996. « Ma petite Rahma, ta robe était jolie » Le monde s’écroule. « Le plus dur c’est d’avoir laissé mes enfants. Je n’ai pas joui de leur enfance. J’ai laissé mes fils, ma Ramla et ma toute petite, ma petite Rahma. Ils étaient si jeunes. Je ne les ai vus qu’au parloir, je ne les ai pas vus grandir. » Il leur écrit souvent. 27 octobre 1993  : « A ma chère et dorab fille, Ramla, comme tu dis, ce n’est qu’un au revoir et nous nous réunirons comme avant. Nous tous, tes frères, ta petite sœur, ta dor. » 23 novembre 1994 : «Mes chers enfants, vous me dorab énormément. J’attends avec impatience les vacances d’hiver pour enfin vous voir au parloir. Ma Rahma, j’attends toujours quelques lignes mon enfant, avec un beau dessin de tes belles petites mains de fée avec quelques lignes de ta chère maman.» 17 octobre 1995 : « Mes dorable enfants, ma charmante épouse, […] dor loin de vous, je suis toujours plus près, je connais ton dévouement ma belle et chère épouse, tu es et tu seras toujours notre précieuse émeraude. » 19 janvier 1998 : « Mon cher Sabri, j’ai reçu ta charmante dorab qui m’a réjoui et réchauffé le cœur, oui une dorab venant de ceux qu’on aime et qu’on adore me réconforte et me cicatrice toutes les plaies.» 9 février 1998 : « Mes dorable enfants, leur charmante maman, l’Aïd est passé, j’espère que vous vous portez bien. Vendredi dernier, au parloir, je n’ai pas vu ma chère Ramla, elle passait un devoir, j’espère que tu l’as réussi ma chère Ramla ce devoir. La robe de ma petite Rahma était jolie. »   D’après le siteRue89 Source: ”Le Temps” Le 16-02-2011 Lien:http://www.letemps.com.tn/article-53045.html

Le consul de la Tunisie à Montréal perd son poste


Taïeb Moalla   Longtemps associé au Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), ex-parti de l’ancien président tunisien Ben Ali, le consul de la Tunisie à Montréal, Imed Sassi, a perdu son poste en début de semaine. « Oui. La passation a eu lieu avant-hier (lundi). C’est le consul adjoint, Lotfi Ghariani, qui va me remplacer », a confirmé M. Sassi au Journal qui ne cachait pas une certaine « amertume ». D’après lui, les pressions des employés du ministère tunisien des Affaires étrangères ont eu raison de lui. « Je porte sur mon dos le poids du RCD. En plus, je ne suis pas diplomate de carrière. Au ministère, les gens estimaient que les personnes comme moi prenaient leurs places. Je suis victime de mon système, mais j’assume ». Regrettant que la décision de le congédier ait été prise à quelques mois de la fin effective de sa mission – son détachement à Montréal se terminait au mois de juillet -, l’ex-consul a précisé qu’il rentrera en Tunisie d’ici « deux à trois semaines ». Il ne croit pas pouvoir poursuivre une carrière de diplomate, mais espère réintégrer son poste d’enseignant en « électronique de puissance ». Le 26 janvier, Imed Sassi et Mouldi Sakri – ambassadeur tunisien à Ottawa – avaient annoncé leur démission du RCD. Dans une lettre ouverte adressée à la communauté tunisienne, ils avaient assuré que « les démarches nécessaires ont été entreprises par l’ambassade auprès des autorités canadiennes compétentes pour geler et sauvegarder les biens meubles, immeubles, avoirs bancaires ou tous autres biens qui seraient détenus par le président déchu Ben Ali, sa femme, ainsi que les membres de leurs familles ». La question du gel des avoirs des proches de Ben Ali présents au Canada agite la Chambre des communes depuis quelques jours. Le Bloc québécois a posé des questions à ce sujet lundi et mardi. Le ministre des Affaires étrangères Lawrence Cannon a laissé entendre, dans un premier temps, qu’aucune demande officielle n’a été faite à Ottawa. Hier, M. Cannon a expliqué avoir confondu les cas tunisien et égyptien. Il est probable que cette question rebondisse de nouveau au cours de la période des questions de cet après-midi. Belhassen Trabelsi (beau-frère de l’ex-président Ben Ali) et sa famille se trouvent au Canada depuis le 20 janvier. La Tunisie réclame l’extradition de celui qui est souvent décrit comme « le parrain » de la famille mafieuse de l’ancien chef d’État. taieb.moalla@journaldequebec.com (Source : « Le Journal de Quebec » (Quotidien – Montréal), le 16 Avril 2011) http://lejournaldequebec.canoe.ca/journaldequebec/actualites/international/archives/2011/02/20110216-113949.html

Les partenaires tunisiens partagent un moment historique avec le TMG de l’IFEX


(TMG de l’IFEX) – Le 16 février 2011 – Au lendemain du grand mouvement populaire qui a mis fin au régime répressif du président tunisien Zine Abedine Ben Ali qui aura duré 23 ans, une délégation du Groupe d’observation de la Tunisie organisé par l’Échange international de la liberté d’expression (TMG de l’IFEX) s’est rendue à Tunis au début du mois de février afin d’évaluer les besoins pour reconstruire une presse indépendante en Tunisie et de s’assurer que la liberté de la presse et la liberté d’expression sont bien respectées. Lors de réunions avec des journalistes, des défenseurs de la liberté d’expression, des représentants des syndicats, des avocats des droits de l’homme et des universitaires spécialisés dans les médias, les membres de la délégation ont senti à la fois l’immense espoir et l’inquiétude actuelle de tous ceux qui, pendant des décennies, ont défendu le droit des Tunisiens à avoir accès à une presse libre et indépendante. « Alors que le pays s’engage sur la voie de la démocratie, les enjeux sont importants pour les médias qui doivent jouer pleinement leur rôle, faire preuve de professionnalisme dans leurs reportages et fournir une tribune pour les débats publics qui étaient jusqu’alors interdits, » explique Virginie Jouan, directrice de la liberté de la presse à la WAN-IFRA et membre du comité directeur du TMG de l’IFEX. Parmi les problèmes les plus urgents mis en évidence par les interlocuteurs de la délégation, citons : la nécessité d’établir un cadre institutionnel indépendant pour les médias, une révision approfondie des lois sur la presse et des autres lois visant à empêcher les gens d’exprimer leurs opinions et à étouffer tout débat, la nécessité de renforcer la déontologie professionnelle et les capacités de gestion ainsi que de réformer la formation des journalistes. Les médias doivent de toute urgence entrer dans une nouvelle ère, en vue aussi des prochaines élections. Après des décennies de répression et de réduction au silence, le besoin de réformer le secteur des médias en profondeur et de changer les mentalités des journalistes est clair. C’est une tâche difficile qui exige une action concertée à plusieurs niveaux. Ceux qui se sont battus pour cela pendant des décennies restent cependant très vigilants car les anciens gardiens de la propagande résisteront jusqu’au bout. Le Groupe d’observation de la Tunisie, une coalition formée de 20 organisations membres de l’IFEX, soutient la liberté d’expression en Tunisie depuis 2004 et a l’intention de continuer à le faire en mettant à la disposition de ses partenaires tunisiens tout le savoir-faire dont ils ont besoin dans cette étape extraordinaire et cruciale de la transformation du pays. Il mènera plusieurs missions et réunions thématiques en Tunisie au cours des prochaines semaines. De plus amples informations sur le TMG de l’IFEX sont disponibles sur le sitehttp://ifex.org/tunisia/tmg/fr/, sur Facebook http://www.facebook.com/IFEXTMGet sur Twitter @TunisiaMonitor Pour tout renseignement complémentaire: Le groupe d’observation de la Tunisie Rohan Jayasekera, Chair c/o Index on Censorship London United Kingdom rj (@) indexoncensorship.org tél: +44 20 7324 2522 http://ifex.org/tunisia/tmg/ Arabic Network for Human Rights Information ARTICLE 19: Global Campaign for Free Expression Bahrain Center for Human Rights Cairo Institute for Human Rights Studies Canadian Journalists for Free Expression Cartoonists Rights Network International Egyptian Organization For Human Rights Index on Censorship Fédération Internationale des Journalistes International Federation of Library Associations and Institutions International Press Institute International Publishers Association Journaliste en danger Maharat Foundation (Skills Foundation) Media Institute of Southern Africa Norwegian PEN Association mondiale de radiodiffuseurs communautaires Association Mondiale des Journaux et des Éditeurs de Médias d’Information World Press Freedom Committee Writers in Prison Committee, PEN International SOURCE: Le groupe d’observation de la Tunisie
 


Tunisie: des réservistes rejoignent l’armée, évasion dans une prison


Par Hassan JOUINI

Des réservistes tunisiens rejoignaient mercredi l’armée après leur rappel par le gouvernement de transition qui, inquiet de l’instabilité et du flou sécuritaire à nouveau illustré par l’évasion de dizaines de prisonniers, vient de prolonger l’état d’urgence. Le ministère de la Défense avait décidé la semaine dernière de rappeler des réservistes partis à la retraite depuis cinq ans et des conscrits, qui étaient convoqués ce mercredi aux centres régionaux de conscription les plus proches de chez eux. Entre 400 à 500 hommes ont ainsi rejoint dans la matinée leur centre de Bouchocha, dans la banlieue de Tunis, a constaté un journaliste de l’AFP. Selon l’un d’eux, Mohsen Jaziri, 25 ans, les hommes rappelés devaient être transférés vers des casernes de la capitale pour une formation rapide avant d’être affectés au sein de patrouilles de l’armée. Selon lui, ils devraient être mobilisés pour une période de six mois, éventuellement renouvelable. « C’est un appel du devoir. (…) Et c’est un honneur pour moi d’y retourner », a déclaré un autre réserviste, Elyas, garagiste de 24 ans. S’il a levé le couvre-feu mardi, le ministère de l’Intérieur a prolongé l’état d’urgence jusqu’à nouvel ordre « pour éviter tout ce qui peut nuire à la sécurité du pays et assurer la sécurité des citoyens et la protection » des biens. Le gouvernement de transition est confronté du nord au sud à des actes de pillages, braquages, appropriations illicites de biens, à la menace d’explosion sociale avec des invasions de lieux publics (gouvernorats, administration, police) par des citoyens réclamant une aide ou le départ d’affidés de l’ex-régime et aux risques de déstabilisation. Plusieurs ministres ont évoqué un « complot » contre la révolution qui, selon eux, serait l’oeuvre de partisans ou hommes de main de l’ex-parti au pouvoir, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), qui noyautent encore administration et police. Les nouvelles autorités doivent aussi gérer l’exode de clandestins dont des milliers ont rejoint la semaine dernière les côtes italiennes provoquant des tensions avec Rome qui a un temps pensé à demander l’autorisation d’envoyer des policiers italiens en Tunisie. Depuis le départ de Ben Ali le 14 janvier, c’est principalement l’armée qui mène les opérations de sécurité publique. Comme l’arrestation lundi de six braqueurs qui attaquaient les automobilistes à Kondar (est) ou la dispersion d’une foule qui voulait envahir samedi le gouvernorat de Jendouba (nord-ouest), selon l’agence TAP. Elle encore qui surveille les ports pour éviter l’exode de clandestins comme à Zarzis (sud). L’armée (45.000 hommes) est adulée par la population pour avoir refusé de tirer sur les manifestants lorsque la contestation contre le président Zine El Abidine Ben Ali battait son plein et pour s’être ensuite portée « garante de la révolution ». Contrairement à la police (100.000 hommes), outil de répression de l’ancien régime, honnie par les Tunisiens et désormais peu visible. Le vide sécuritaire prévalant depuis la chute de l’ancien régime s’est particulièrement illustré mardi après l’évasion de 36 détenus de la prison de Gabes (sud), qui ont réussi à s’enfuir parce qu’ils étaient mal surveillés, selon un responsable de la police locale. « Ils ont fait un trou dans un mur à l’arrière de la prison puis ont escaladé l’enceinte de la prison et se sont enfuis. Ils ont pu s’échapper parce qu’il n’y avait pas de gardiens », a expliqué mercredi, sous couvert de l’anonymat, ce policier joint au téléphone par l’AFP depuis Tunis. Seize sont toujours en fuite. Dans la capitale, une centaine de mineurs de la région de Gafsa (centre-ouest) poursuivaient un sit-in entamé il y a 10 jours pour des revendications salariales, tandis que les commerces de plusieurs rues se sont mis en grève contre les vendeurs ambulants qui leur font de la concurrence, selon un photographe de l’AFP. Source: “AFP” Le 16-02-2011 Lien: http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5hjyd4ExNdVNkeQlMETLbdGMpVUoQ?
docId=CNG.050a993cffac5b94bd4035a8b48835c8.171


Wikileaks à l’origine de la Révolution en Tunisie ?


La diffusion des rapports des diplomates américains décrivant le dictateur et son entourage comme une quasi-mafia auraient-elles constitué le détonateur de la Révolution ? Le fondateur de Wikileaks y croit, en tout cas. De là à proposer Julian Assange pour le Prix Nobel de la Paix… Les révélations de Wikileaks y seraient-elles à l’origine des Révolutions de Tunisie et d’Egypte ? Voici l’avis de Julian Assange, sur la question : «Il semble se confirmer que les éléments que nous avons publiés, par le truchement du journal libanais Al-Akhbar, ont eu une influence significative sur ce qui s’est passé en Tunisie». Le fondateur de WikiLeaks a fait cette déclaration tonitruante le dimanche 13 février. Selon lui, le fait de savoir que les Américains avaient lâché Ben Ali, a sans doute encouragé les Tunisiens à faire leur Révolution. La diffusion des rapports des diplomates américains décrivant le dictateur et son entourage comme une quasi-mafia, ont pu enfoncer le dernier clou (rouillé) dans le cercueil du régime défunt. L’Oncle Sam n’étant plus derrière le dictateur, c’était donc le moment de lui donner un coup d’estoc. Le bon peuple de Tunisie aurait donc perçu cela comme un feu vert. Snorre Valen, un député norvégien de la Gauche socialiste, ne dit pas autre chose : «En révélant les affaires financières de la famille présidentielle en Tunisie, WikiLeaks a apporté une petite contribution à la chute d’une dictature de 24 ans». Une bonne raison, pour le parlementaire scandinave, de proposer l’Australien Julian Assange pour le prix Nobel de la Paix 2011. Pour L’Egypte ? C’est plus simple encore. M. Assange précise : «Il ne fait aucun doute que la Tunisie a servi d’exemple pour l’Egypte, le Yémen et la Jordanie et pour toutes les manifestations qui s’y sont produites». En somme, le fondateur de Wikileaks est un fervent défenseur de la théorie des dominos. Et puis, vu les ressemblances (un copié-collé selon certains) entre les deux processus révolutionnaires tunisien et égyptien, et leur concomitance, l’analyse d’Assange n’est pas complètement dénuée d’arguments. En somme, si, selon lui, la Révolution Tunisienne a profité de l’effet Wikileaks, le soulèvement égyptien, lui, a suivi le modèle tunisien. Par transitivité, l’Egypte a donc, elle aussi, bénéficié de Wiki, par l’intermédiaire de la Tunisie. Une analyse assez biscornue, mais pas complètement farfelue. Delà à ce que notre Australien s’attribue tous les fruits mûrs des Révolutions Arabes à venir… Ne nous reste plus qu’à attendre, donc, l’effondrement du Yéménite Ali Abdallah Saleh, et la chute du monarque jordanien, tant apprécié en Amérique. Qui oserait avoir des doutes, dans ce contexte, où la Révolution se propage dans le monde arabe sclérosé, comme un feu de brousse ?   A noter que le plus célèbre des cyberactivistes a de sérieux problèmes. Il risquerait même de se retrouver en taule pour une sombre affaire de viol. Une dépêche de l’Afp rappelle que «la justice britannique se prononcera le 24 février sur la demande d’extradition formulée par la Suède à l’encontre de Julian Assange, dans le cadre d’une affaire de viol et d’agression sexuelle présumés». Une affaire montée de toutes pièces parait-il. Un peu comme ces vidéos pornographiques mettant en scène des opposants que les services de Zaba réalisaient pour décrédibiliser leurs adversaires. Reste à savoir si nos concitoyens ne vont pas organiser une manifestation de soutien (une de plus une de moins…) pour défendre l’honneur bafoué de notre ami d’Australie. Source: ”Tekiano” Le 16-02-2011 Lien: http://www.tekiano.com/ness/n-c/5-0-3180/wikileaks-a-l-origine-de-la-revolution-en-tunisie-.html


Les commissions d’enquêtes et de réformes sous la pression des attentes


Par Mounir Ben Mahmoud
Presqu’un mois s’est déjà écoulé depuis l’annonce de création des commissions d’enquêtes et de réformes. Leurs équipes ont déjà pris place et les requêtes commencent à s’étaler sur les bureaux. Le public nourrit de grands espoirs pour voir les travaux de ces commissions déboucher sur un étalage de la pourriture ayant sévi sous le régime déchu. S’il est vrai que certaines critiques ont accompagné l’annonce des compositions desdites commissions, elles ont été restreintes et porté sur un, voire deux noms. La majorité des personnes choisies ont l’unanimité du public concernant leur intégrité et leur honnêteté intellectuelle. D’autres critiques ont plutôt porté sur les attributions des commissions, leur degré d’indépendance et l’aboutissement de leurs travaux. Le Conseil de l’ordre des avocats a requis des consultations préalables avant la création même de ces commissions. Il n’est pas encore d’accord sur une collaboration de quelque manière qu’il soit. De même pour l’association des magistrats tunisiens (AMT), elle exige une implication dans ce processus d’enquêtes qui sont appelées, selon l’AMT, à déboucher sur des poursuites pénales. « Or, les commissions ne disposent nullement de telles attributions, ce qui réduit sensiblement leur impact », affirme-t-on du côté des magistrats. Tout ceci n’empêche pas les équipes en place d’avancer dans les tâches qui leur sont attribuées. Deux genres de constats ont été déjà observés. D’une part, une bonne partie du public, s’adressant à ces commissions, ne savent pas exactement les véritables missions de ces dernières. Un petit tour du côté de l’ancienne Banque de l’Habitat (BH – Avenue Kheireddine Pacha) nous met en face d’un mélange hétérogène de citoyens ayant subi des injustices diverses, voire défavorisées par la vie. D’autre part, les feuilles de routes des commissions ne se dessinent pas encore avec précision. C’est ce qui explique qu’elles n’ont pas encore tissé des liens avec les médias pour donner des comptes rendus sur l’avancement, voire même les plannings, de leurs actions. Donc, diverses interrogations accompagnent encore ces missions. Ceci n’empêche que le siège des commissions d’enquêtes et de réformes est désormais le point de mire d’un flux énorme de revendications des citoyens en cette phase révolutionnaire. Chaque citoyen contestataire veut redresser un tort subi ou améliorer une situation compromise et, selon le public présent sur place, ce sont ces commissions qui sembleraient indiquées pour ces objets. Des files de citoyens pointent chaque jour devant ce local qui abrite également le ministère du Développement régional. Cette proximité n’est certes pas pour faciliter les choses. Mais où en sont leurs travaux ? Du côté de la commission des réformes politiques, son président, le Professeur Iyadh Ben Achour, a déjà annoncé la couleur. Il a insisté sur le caractère « d’institution publique indépendante » de la commission et affirmé qu’elle « associerait dans ses discussions toutes les composantes de la société civile et des mouvances politiques ». Concernant l’apport d’autres experts, la commission a déjà mis sur place cinq sous-commissions qui feraient appel à toutes les compétences académiques pour mieux finaliser ses conclusions. Pour ce qui est des travaux, la commission est en train de discuter une feuille de route pour cette œuvre de réformes dont la préparation « durerait une année et associerait toutes les composantes de la société civile et des mouvances politiques avec la latitude de réviser toutes les lois et tous les textes législatifs ». Concernant les choix constitutionnels du futur de la Tunisie, et même si le professeur Ben Achour préférerait personnellement « un régime présidentiel parlementarisé » car il pense que « la Constitution de 1959 a été déformée dans la pratique à cause du pouvoir absolu de l’ancien président et de l’existence de fait d’un parti unique », la commission adopterait « le choix prôné par la majorité des intervenants dans les travaux » qui devrait « être soumis à l’approbation du peuple tunisien ». Et comme l’a affirmé le porte-parole de la commission Ghazi Gherairi, « nous sommes des académiciens. Nous ne saurons nous prévaloir d’aucune légitimité. Nous sommes appelés à traduire la volonté du peuple dans des textes ». La commission des réformes politiques ne fait que commencer ses consultations. Pour ce qui est de la deuxième commission, celle d’établissement des faits sur les affaires de malversation et de corruption, il suffit d’observer le flux des citoyens venant apporter leurs dossiers pour comprendre l’importance de cette commission aux yeux du public. Depuis une dizaine de jours, l’équipe du Professeur Abdelfattah Omar n’a cessé de recevoir des requêtes et des documents sur « des dépassements et des préemptions et des preuves de corruption et de malversation ». Aucune statistique officielle n’a été encore opérée mais la commission promet de communiquer prochainement sur l’avancement de ses travaux. Les normes de travail sont claires selon le professeur Omar. Il s’agit « d’accepter toutes les requêtes, de se documenter au maximum, d’interroger tout le monde et d’user de la carte blanche qui leur est procurée pour dénoncer tous les passe-droits », selon lui. Concernant la commission nationale d’établissement des faits sur les abus durant la dernière période, sa commission n’a été annoncée que depuis une semaine. Son président, Me Taoufik Bouderbala, a consulté l’Association des magistrats tunisiens, le Conseil de l’Ordre des avocats, la Ligue de défense des droits de l’homme (LTDH), le syndicat des journalistes, l’Association des femmes démocrates, Amnesty international, etc. avant d’annoncer sa composition. La commission aura à entendre toute personne susceptible de fournir des informations utiles pour établir les faits. Elle est assurée, selon son président « d’avoir à sa disposition tous les moyens nécessaires à la bonne marche de sa mission ». A première vue, les commissions ne sont pas encore à leur vitesse de croisière. Pourtant, les citoyens attendent beaucoup de leurs révélations. Les commissions sont donc appelées à communiquer davantage sur leurs activités pour satisfaire l’intérêt porté à leur action par le public. Source: “Business News” Le 16-02-2011 Lien: http://www.businessnews.com.tn/details_article.php?a=23532&temp=1&lang=fr&t=519

 
 
 


Notre ami Kadhafi


Par Raouf KHALSI
Au début des années 70, le colonel Mouammar Kadhafi, fraîchement auréolé de la « Révolution du 1er septembre » se rendait en Tunisie. Il y est venu par la route, ce qui intriguait un peu. Il était, néanmoins, clair que les projets d’union, voire d’annexion (du Sud tunisien à la Libye) germaient dans sa tête. Bourguiba l’autorise  à tenir un discours au Palmarium. Kadhafi est comme  tétanisé : cocktail de panarabisme et de guevarisme ; défi lancé à la face du monde, dont principalement l’Amérique. Bourguiba l’écoutait parler depuis le Palais de Carthage.    Et, voyant que des « lignes rouges » étaient franchies par cet illuminé naissant, il fait irruption au Palmarium, prend le micro et inflige à Kadhafi la pire humiliation de sa vie… Peu de temps après, Kadhafi prend une revanche providentielle avec le célèbre accord d’union (entre les deux pays) de Djerba. Depuis, la Tunisie n’a fait que vivre au jour le jour avec ce voisin dont le régime prétendument  populaire, n’avait rien à « envier » à la dictature qui régnait chez nous. Il nous en aurait fait voir de toutes les couleurs : bruit de bottes aux frontières, expulsions sauvages de nos émigrés en Libye… Il soufflait le chaud et le froid sur les relations entre les deux pays, relations essentiellement personnalisées : il n’y avait pas d’axe Tunis-Tripoli, mais un axe Ben Ali-Kadhafi. Dans une ultime tentative de maintenir Ben Ali en place il lève toutes les entraves douanières et financières à l’accès des Tunisiens en Libye.  C’était aux premières heures chaudes de Sidi Bouzid… Aujourd’hui, il décide de rétablir ces mesures alors qu’aucun libyen n’a jamais été tenu de justifier quoi que ce soit pour son accès en Tunisie. En tous les cas, le contraire nous aurait étonnés : on le voyait venir… Et cela depuis qu’il a ouvertement dépité les Tunisiens en défendant Ben Ali, ponctuant son discours par cette formule grave, très grave : « Wa ala Tounès Assalam ». Il l’a  dit… Puis, à une question précise de Soufiène Ben Hmida,  sur Nessma, concernant justement, ces mesures de libre accès des Tunisiens en Libye, Kadhafi donna l’impression de tituber, répondant, quand même, que ces mesures étaient décrétées au profit du peuple tunisien et non de « Zine », comme il l’a toujours appelé. Ce qui est bien, c’est que les Tunisiens ne l’ont pas cru. Pas même les touristes libyens (pour la santé ou les loisirs) qui ont pris la poudre d’escampette. Morale : Kadhafi a peur. Source: “Le Temps” Le 16-02-2011 Lien: http://www.letemps.com.tn/article-53034.html


 

 
 


« Tunisie. Etat, économie et société », de Mahmoud Ben Romdhane : aux sources du pouvoir de Ben Ali


La fin de règne, en Tunisie, était annoncée. « De la confusion, de la concentration et de la monopolisation des pouvoirs, de la volonté d’exercer un contrôle serré sur la société, du non-respect de la règle du droit, de l’expansion des activités illicites et des privilèges immenses octroyés à un petit nombre, naissent les fléaux qui ont pour nom le sentiment de l’inutilité et le désintérêt vis-à-vis du bien public. Lorsqu’en outre, les horizons se resserrent, le désespoir s’installe. » Ces lignes, publiées aujourd’hui, ont été rédigées bien avant la chute de Zine El-Abidine Ben Ali, par l’économiste tunisien Mahmoud Ben Romdhane. L’auteur, membre du parti postcommuniste Ettajdid, hier dans l’opposition, écarté du pouvoir, aujourd’hui représenté dans le gouvernement provisoire tunisien, a parfaitement décrypté, dans une analyse dense et étayée, les rouages d’une mise au pas de la société. Pratique des dons, « qui n’est pas vécue comme une action altruiste mais comme un soutien au régime » ; mise à disposition de près de 400 permanents, la plupart détachés d’institutions publiques, auprès de l’unique centrale syndicale, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) ; politique clientéliste au sommet de l’Etat… « La source du pouvoir fondamentale qui reste au parti, écrit M. Romdhane, est celle de l’instrumentalisation de la politique sociale. (…) Distribuer des « faveurs », transformer une partie des citoyens en « clients », en « obligés », sont les moyens privilégiés pour recevoir, en échange, une reconnaissance et exercer une fonction et des pouvoirs. » Option clientéliste Sauf que la distribution de privilèges va se heurter à une autre réalité : la multiplication par neuf du nombre d’étudiants en une vingtaine d’années, et le chômage croissant, « à un rythme spectaculaire », des jeunes diplômés (évalués à 200 000 au deuxième semestre 2010, un taux trois fois plus élevé que le chômage des analphabètes). « C’est là une source de fragilisation des familles populaires et des familles de classes moyennes : elles doivent porter assistance à des enfants qu’elles croyaient avoir aidés à franchir toutes les épreuves », souligne l’auteur. Ni légitimité historique (comme a pu, un temps, se prévaloir le prédécesseur de M. Ben Ali, Habib Bourguiba, le père de l’indépendance tunisienne), ni légitimité politique, ou charismatique, il ne reste que l’option clientéliste, et surtout sécuritaire pour justifier un régime de plus en plus autoritaire. Les deux combinés ont permis « la constitution d’une base sociale à la fois reconnaissante, consentante et soumise ; et celle d’un contrôle efficace sur les quartiers et les populations potentiellement dangereux ». M. Romdhane, dont l’épouse, Habiba Ezzahi Ben Romdhane, est devenue ministre de la santé dans le nouveau gouvernement tunisien, a fait partie des invités vedettes lors de la 17e édition du Maghreb des livres qui s’est tenu à Paris les 5 et 6 février, et qui avait choisi de mettre cette année à l’honneur les lettres tunisiennes. Devant une salle comble réunie pour un débat sur les événements récents survenus dans ce pays, l’économiste avait fait un émouvant compte rendu de la révolution tunisienne dont il a été l’un des acteurs, concluant, comme dans son essai, à une démocratisation inéluctable. C’était même pour lui une évidence : au regard de son niveau de développement, c’est l’inscription de la Tunisie sur la liste des régimes autoritaires qui paraissait, affirme-t-il dans son ouvrage, « aberrante ». Source: ”Le Monde.fr” Le 16-02-2011 Lien: http://www.lemonde.fr/livres/article/2011/02/16/tunisie-etat-economie-et-societe-de-mahmoud-ben-romdhane_1480952_3260.html  


Ben Ali/banques: 2,5 mds€ de prêts


 Le montant total des prêts accordés par les banques aux entreprises des clans Ben Ali/Trabelsi est évalué à 2,5 milliards de dinars (1,3 mds euros), dont 430 millions (224 M euros) sans garantie de remboursement, a indiqué aujourd’hui la Banque centrale de Tunisie (BCT). « Le secteur bancaire a financé 182 entreprises économiques des familles Ben Ali, Trabelsi et d’autres personnes qui leurs sont liées. Le financement est évalué à 2,5 milliards de dinar, soit 5% de l’ensemble des financements des secteurs bancaires du pays », a déclaré lors d’une conférence de presse le gouverneur de la BCT Mustapha Kamel Nabli. « 71% de ces financements sont récupérables, il y avait des garanties. Mais 430 millions de dinars représentent des crédits à risque, il n’y a pas de garantie » de les récupérer, a-t-il ajouté précisant que ces crédits avaient été alloués par des banques du secteur public et privé. Sur les 2,5 mds de dinars, 1,3 mds ont été attribués pour lancer quatre projets: Tunisiana et Orange, dont les gendres de l’ancien président Sakher el-Materi et Marwan Mabrouk sont les principaux actionnaires, Ciments de Carthage et Tunisie Sucre, a ajouté le gouverneur. Les familles et proches du président déchu le 14 janvier Zine El Abidine Ben Ali, au pouvoir pendant 23 ans, et de sa femme Leïla Trabelsi ont fait main basse sur les richesses du pays. Au début du mois, l’Union européenne a gelé leurs avoirs et ceux de 46 de leur proches. D’autres pays ont fait de même comme la Suisse où le montant gelé s’élève à « des millions à deux chiffres » de francs suisses, selon ministère suisse des Affaires étrangères. Source : « Le Figaro » Le 16-02-2011 Lien : http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/02/16/97001-20110216FILWWW00569-ben-alibanques-25-mds-de-prets.php


La Tunisie offre plus de certitudes économiques que l’Egypte, selon le FMI


  Les perspectives économiques sont plus sûres à court terme pour la Tunisie que pour l’Egypte, a affirmé mercredi un dirigeant du Fonds monétaire international, Masood Ahmed. M. Ahmed, directeur du FMI pour l’Afrique du Nord, le Moyen-Orient et l’Asie centrale, a affirmé à la presse à Washington que ces deux économies seraient touchées par la baisse du tourisme et les réticences des investisseurs, face à l’incertitude née du changement de régime politique. « L’économie va assurément être touchée par ces troubles, en particulier par le biais du tourisme et des investissements directs étrangers », a-t-il prévenu. Mais pour lui, la Tunisie pourrait voir son économie repartir plus rapidement que l’Egypte. « Les autorités tunisiennes elles-mêmes ont dit qu’elles prévoyaient une croissance pour leur économie cette année entre 2 et 3%. Et de notre point de vue, cela semble une prévision très raisonnable », a-t-il expliqué. « Les événements sont toujours en cours en Egypte, encore plus qu’en Tunisie. Il est difficile pour quiconque de faire des projections exactes sur ce que sera l’ampleur des répercussions économiques », a-t-il poursuivi. Il a rappelé qu’au second semestre 2010, l’économie égyptienne avait crû à un rythme annuel d’environ 5,5%. « Le ministre des Finances (égyptien) a dit qu’il prévoyait que la croissance serait (…) de 3,5% à 4% pour l’ensemble de cet exercice » budgétaire, de juillet 2010 à juin 2011, a-t-il rappelé. M. Ahmed n’a pas souhaité commenter cette prévision. « Il n’y a pas de fondements véritables pour nous à ce stade, pour que le Fonds dise: ‘c’est le chiffre précis' », a-t-il considéré. Le dirigeant du FMI a souligné les atouts de la Tunisie. « Il y a des points forts dans l’économie tunisienne. Et ce sont certains de ces points forts qui ont généré la croissance globale relativement élevée de l’économie, même si cette croissance n’est pas partagée aussi largement qu’elle le pourrait », a poursuivi M. Ahmed. Le FMI salue régulièrement l’ouverture de ce pays au commerce international et son implantation sur les marchés européens. Interrogé sur les atouts de l’Egypte, M. Ahmed a cité « une population dynamique, une histoire dans les infrastructures et l’industrie, le BTP, une situation stratégique » et « le tourisme ». Il a appelé les deux pays, ainsi que leurs voisins arabes, à protéger les ménages les plus pauvres, notamment de l’augmentation des prix mondiaux de l’alimentation. « Il est crucial que les gouvernements aident les ménages pauvres, en particulier lors de périodes de tensions et de difficultés comme celle-ci », a souligné M. Ahmed. « Il faut des subventions mieux ciblées, et pas celles qui sont généralisées et bénéficient aux riches et aux pauvres de la même façon. De notre point de vue, une protection sociale mieux ciblée apportera une aide à ceux qui sont le plus dans le besoin », a-t-il précisé.   Source : « L’express » Le 16-02-2011 Lien : http://www.lexpress.fr/actualites/1/economie/la-tunisie-offre-plus-de-certitudes-economiques-que-l-egypte-selon-le-fmi_963273.html

 
 


Les offres répressives de certains gouvernements européens à la Tunisie


 Il est rare que la Tunisie connaisse une Révolution. D’ailleurs, on peut considérer que c’est la première qui ait réellement aboutie de toute l’histoire du pays. Il n’est pas moins rare que deux gouvernements européens puissent proposer leur aide au ministère de l’intérieur tunisien à quelques semaines d’intervalles seulement. La France et l’Italie, deux grands pays de la « vielle » Europe, défenseurs irréguliers de la démocratie, dont les offres récentes revêtent un caractère néo-colonialiste particulièrement embarrassant. L’offre de la matraque française Quelques heures seulement après le premier soulèvement des jeunes de Sidi Bouzid, la réponse policière était conforme à la réputation du régime de Ben Ali, à savoir brutale et sans ménagement. Le sang à coulé mais la contestation s’était alors renforcée, s’étendant à d’autres régions. Puis le sang a coulé davantage encore. Et comme pris dans une irrésistible spirale de la résistance, les Tunisiens étaient alors plus nombreux à manifester dans tout le pays, faisant face à une répression policière de plus en plus féroce. C’est dans ce contexte, de ce qui allait apparaître comme les ultimes bavures du premier flic de la Tunisie, que la ministre des affaires étrangères française Michelle Alliot-Marie, proposa en plein hémicycle de l’Assemblée Nationale le 11 janvier, le « savoir-faire français pour régler les situations sécuritaires », au régime tunisien. Mais qu’était-ce bien cette aide sécuritaire ? Des équipements, du matériel neuf, comme les matraques, les bombes lacrymogènes qui ont faillis quitter le territoire français pour que les policiers de Ben Ali aient le loisir de les utiliser en toute impunité ? Ou bien est-ce un autre savoir-faire, comme l’avait relevé Amnesty International en 2009 lors d’un rapport intitulé « des policiers au-dessus des lois » ? Cette offre de coopération sécuritaire apparaît ahurissante, après des semaines de silence assourdissant, justifié par le devoir de non ingérence, notamment à l’égard d’une ancienne colonie. D’ailleurs, la Côte d’Ivoire devait certainement être une colonie particulière pour avoir connu le vacarme des autorités françaises ces derniers mois. Et puis, quelques jours après l’offre tonitruante de MAM, le conseiller spécial du Président de la République, Henri Guaino, même s’il a reconnu quelques « maladresses », a souligné la position française de ne pas s’immiscer dans les affaires intérieures tunisiennes, car « la Tunisie, c’est presque un problème de politique intérieure pour la France »…   L’offre de policiers italiens   C’est précisément pour cause de politique intérieure, que l’Italie a proposé son offre sécuritaire à la Tunisie. Face au débarquement ces derniers jours de près de quatre mille immigrants clandestins tunisiens sur l’île de Lampedusa, le ministre de l’intérieur italien Roberto Maroni, a formulé sur un ton très condescendant, sa proposition d’envoyer des policiers en Tunisie afin d’endiguer ce flux.  Par la suite, le ministre des affaires étrangères de la péninsule, a réitéré cette offre de service en y ajoutant la mise à disposition de moyens importants « pour le contrôle de la côte tunisienne ». Bien que privée de son ministre des affaires étrangères suite à une récente démission, la Tunisie s’est montrée à la hauteur devant ces propositions d’une sémantique d’un autre temps, en rejetant catégoriquement toute ingérence dans ses affaires intérieures. Aussi, les autorités tunisiennes ont insisté pour que les migrants tunisiens soient traités dans des conditions décentes et que la future coopération entre ces deux pays voisins soit fondée sur « le respect des droits et de la dignité humaine ».     Ces différentes offres d’ordre strictement sécuritaires des gouvernements français et italien, ainsi que le ton utilisé, rappellent d’une certaine manière le contexte de la deuxième moitié du 19e siècle. La Tunisie, fragilisée par un endettement extérieur excessif, avait alors attirée les convoitises de l’Italie d’abords et de la France ensuite, pour en faire un protectorat. Certes, la formidable révolution que la Tunisie vient de connaitre a bouleversé l’Etat policier de Ben Ali, mais le peuple Tunisien est en ordre de marche pour exercer son droit à disposer de lui-même et édifier une république démocratique et pérenne. Plus que jamais, la Tunisie est souveraine et le restera.                                                                                                                                                                               Slim DALI    


À Lampedusa, avec les clandestins tunisiens


  Déçus par la «révolution du jasmin», ces jeunes sans travail ont saisi la première occasion de quitter leur pays pour l’Europe. Le port, le centre d’accueil, l’aéroport. Il n’y a pas plus de trois kilomètres entre les trois lieux où se joue le dernier épisode de la révolution tunisienne, sur la petite île italienne de Lampedusa, à mi-chemin entre la Tunisie et la Sicile. En une semaine, la minicapitale endormie dans le calme hivernal a vu débarquer plusieurs milliers de réfugiés. La plupart sont arrivés sur la plage, près du port, à bord de bateaux de pêche. Ils ont aussitôt été conduits par la police dans le centre de réfugiés, fermé quand la Tunisie et la Libye ont bloqué les vagues de candidats à l’émigration, et rouvert pour l’occasion. Tous sont en train d’embarquer dans des avions du gouvernement, décollant régulièrement de l’aéroport enclavé au centre-ville. Cimetière naval Mardi, les discussions entre l’Italie, l’Europe et le gouvernement tunisien semblaient avoir porté leurs fruits. Depuis lundi, plus aucun bateau en provenance de Tunisie n’était signalé. Peut-être les propriétaires ont-ils eu vent du sort qui les attendait. À quai, trois rafiots à coque bleue de sept ou huit mètres se balancent, le pont jonché de matelas et de couvertures en acrylique. Un écriteau signale «Navire mis sous séquestre». Ils attendent de rejoindre une vingtaine de leurs semblables, jetés à terre les uns sur les autres un peu plus loin, formant un cimetière naval improvisé. Ali, arrivé dimanche, pense avoir été l’un des derniers à avoir pu tenter le voyage. «Jusque-là, les militaires tunisiens ne nous empêchaient pas de partir, affirme-t-il. Au contraire, des bateaux de notre marine nous accompagnaient. Mais ensuite, ils ont bloqué les départs.» Pourquoi est-il parti, juste au moment où naissait en Tunisie l’espoir d’une vie meilleure? Parce qu’il le pouvait. Dans le désordre de l’après-Ben Ali, une fenêtre s’est soudain ouverte. Et des milliers d’hommes ont sauté. «On a discuté entre nous. On a regardé la météo à la télévision et on a vu que la mer était calme, dit Oussama, 23 ans, mécanicien de marine. Alors on est allés dans les ports chercher des bateaux.» Presque tous les hommes interrogés ont le même profil: entre 20 et 30 ans, ils viennent des villes et des campagnes du sud de la Tunisie, proches de la côte, Gabès, Zarzis, l’île de Djerba. Tous se disent titulaires d’un diplôme et vivotaient au gré des emplois précaires, se faisant parfois serveurs le temps d’une saison: Jihad, 22 ans, plombier, Yahya, 30 ans, commercial dans l’électronique, Wahid, 26 ans, conducteur d’engins de chantier, Soufiane, 20 ans, mécanicien auto, Salim, 23 ans, décorateur, Omar, 31 ans, maçon, Messaoud, 25 ans, moniteur d’auto-école, Iskander, 25 ans, peintre en bâtiment, Ali, 25 ans, technicien de l’industrie pétrolière… Leur passage, ils l’ont souvent payé, entre 500 et 1000 euros, empruntés à la famille, pour une traversée de plus de vingt-quatre heures, entassés sur les ponts sans pouvoir bouger. Certains disent avoir voyagé gratuitement. «Les propriétaires des bateaux nous ont pris en pitié.» Il y a même une bande d’adolescents, entre 13 et 17 ans. Eux, ils veulent «savoir lire et écrire en Italie, apprendre de grandes choses». Comme les autres, ils disent que l’insécurité règne, à cause des «trabelsiens». Le nom des Trabelsi, la belle-famille du dictateur, est devenu synonyme de mafia et de milices armées. La motivation principale semble être d’ordre économique. L’espoir n’est pas suffisant, ils veulent du changement tout de suite. «Ils nous ont fait rêver et maintenant c’est le cauchemar», dit Rami, un grand costaud, ouvrier spécialisé dans le béton. Leur rêve, aujourd’hui, c’est l’Europe. Des rumeurs courent: «L’Allemagne va accepter mille hommes, la France deux mille…» Reda, lui, pense qu’«en France, il y a beaucoup d’argent et de liberté.» Dans leur tête, les réfugiés vivent encore à l’heure de la dictature. S’émerveillent de rencontrer des hommes en uniforme qui ne les agressent pas. «Ici les policiers sont gentils», dit Reda en désignant les carabinieri au look guerrier impeccable, lunettes de soleil design, treillis sombre ajusté et pistolet sanglé à mi-cuisse. Un numéro dans la poche Les réfugiés ont aussi tenu à remercier la population. Grazie Lampedusa ( «Merci Lampedusa»), proclame une banderole tenue par un petit groupe. Les Tunisiens font marcher le commerce. Déambulant en ville dans la journée, ils achètent du fromage ou du pain, s’attablent à la terrasse des cafés. «Ce sont des gens tranquilles», dit le patron d’un café-pâtisserie. Les débits de boisson ont reçu l’ordre de ne pas servir d’alcool aux réfugiés, et semblent s’y tenir. Les jeunes Tunisiens paraissent avides d’intégration, multipliant les «Buongiorno» dès qu’ils croisent un autochtone. Mais pour eux, Lampedusa n’est qu’une étape. Chacun a en poche un morceau de papier marqué d’un chiffre. Mardi matin, les hommes à gilet bleu du Haut-commissariat aux réfugiés de l’ONU appellent les numéros de 100 à 200. Aussitôt, encadrés par un service d’ordre improvisé par les réfugiés eux-mêmes, des hommes s’alignent pour monter dans le bus qui les emmène à l’aéroport, où ils embarquent immédiatement dans un Boeing 737 jaune et blanc de l’aéropostale Italienne. Ils ne savent pas exactement où ils vont. «On nous a dit qu’on partait en Sicile, peut-être à Catane», affirme un des voyageurs. Ils devraient être installés dans un autre camp. Là, dit-il, «on nous donnera des papiers.» Source : « Le Figaro » Le 16-02-2011 Lien : http://www.lefigaro.fr/international/2011/02/15/01003-20110215ARTFIG00769–lampedusa-escale-des-clandestins-tunisiens.php


Lampedusa: Qui sont ces Tunisiens candidats à l’exode?


Par Bérénice Dubuc
DÉCRYPTAGE – En majorité jeunes, ils sont partis des villes côtières tunisiennes où le taux de chômage crève le plafond, et espèrent trouver une vie meilleure… En cinq jours, quelque 5.000 Tunisiens, dont un millier dans la seule nuit de samedi à dimanche, ont débarqué à Lampedusa, petite île italienne proche des côtes tunisiennes. Qui sont-ils? Qu’est-ce qui les a poussés à s’exiler au moment même où leur pays se démocratise? 20minutes.fr fait le point. Qui sont-ils et d’où viennent-ils? Ils sont en majorité jeunes et sont partis des villes situées sur les côtes tunisiennes, que ce soit Ben Guerdane, Tataouine, Médenine, Gabes, Sfax ou Zarzis. Des villes du sud de la Tunisie où le taux de chômage est particulièrement important. Ces stations balnéaires ont par ailleurs été désertées par les touristes depuis les événements qui ont accompagné la Révolution du Jasmin. Parmi les migrants, beaucoup travaillaient dans le tourisme, qui représente 6,5% du PIB tunisien et plus de 350.000 emplois, mais qui a subi de plein fouet les effets négatifs de la crise. Pourquoi sont-ils partis? Un mois à peine après la chute du président Ben Ali, tous se disent incertains de l’avenir aussi bien économique que politique de leur pays, à la dérive. Il ne faut pas oublier qu’au départ de la contestation qui a mené à la révolution de Jasmin, les Tunisiens réclamaient du travail et à manger. Selon le Haut commissariat de l’ONU aux réfugiés (HCR), certains de ces migrants «fuient la pauvreté et les grèves», d’autres «ont demandé l’asile politique», et enfin, quelques-uns «disent qu’ils veulent juste attendre et voir ce qui se passera en Tunisie». Pourquoi ont-ils choisi Lampedusa? C’est l’étape vers l’eldorado européen où ils espèrent trouver un emploi, un toit, une vie plus facile. Alors qu’avant ils passaient par la Libye, la petite île italienne située à seulement 138 km des côtes tunisiennes constitue désormais la porte d’entrée la plus accessible vers l’Europe. En effet, conséquence du soulèvement populaire dans le pays, les forces de sécurité ont relâché leur vigilance sur cette zone maritime. Un nouvel afflux est-il à craindre? Selon l’Organisation internationale sur les migrations (OIM), les arrivées de migrants tunisiens sur l’île italienne ont cessé lundi, et les forces de l’ordre ont renforcé les contrôles sur les côtes tunisiennes. Cependant, vu la situation économique et le taux de chômage record, les migrations risquent de se poursuivre. Selon des sources sécuritaires citées par le quotidien Effadah, les autorités tunisiennes ont arrêté en fin de semaine dernière entre 1.000  et 1.500 candidats à l’émigration. Mehdi Houas, le ministre du Tourisme tunisien, résume bien la situation: «La situation n’a pas changé, les pauvres du Sud veulent toujours rejoindre l’eldorado du Nord. Ce n’est pas parce que l’on s’est débarrassé de la dictature que tout s’est arrangé. Il y a toujours 10 millions d’habitants, dont certains pensent qu’il n’y a plus d’espoir.» Source : « 20minutes.fr » Le 16-02-2011 Lien : http://www.20minutes.fr/article/670331/monde-lampedusa-tunisiens-candidats-exode


MAM/Tunisie: Aubry veut des sanctions


La première secrétaire du PS, Martine Aubry, a réagi aujourd’hui aux nouvelles révélations sur les vacances tunisiennes de Michèle Alliot-Marie en appelant à des « sanctions » pour faire cesser « les turpitudes » des membres du gouvernement. Aubry, qui s’exprimait devant la presse à l’occasion d’un déplacement dans les Hauts-de-Seine sur le thème du logement social, ne s’est toutefois pas associée aux appels à la démission de la ministre lancés par plusieurs ténors de gauche dont le patron des députés PS Jean-Marc Ayrault. « Il faut prendre des sanctions », a-t-elle simplement dit. « Toutes ces révélations sont insupportables, cette façon de gouverner est insupportable, a-t-elle insisté. « Je dis au président de la République: pour ce qui reste du quinquennat, je vous demande de reprendre votre mission qui est de défendre la République et de demander à vos ministres de défendre et de respecter la République », a ajouté la patronne du PS. « Regardez Eric Woerth, on nous a dit que c’est un homme honnête. Aujourd’hui on nous explique qu’il est normal de se faire payer ses vacances par un dictateur ou un chef d’entreprise étranger, moi je suis désolée je n’ai jamais eu ces pratiques », a fait valoir Mme Aubry. « Que le président qui a donné l’exemple le premier soir (suivant son élection à l’Elysée en mai 2007, ndlr) avec la soirée du Fouquet’s dise ‘nous arrêtons’ « , a-t-elle conclu. Le Canard Enchaîné, à l’origine des premières révélations sur les vacances de la ministre des Affaires étrangères en Tunisie fin décembre, en pleine révolution, révèle dans son édition de mercredi que les parents de Mme Alliot-Marie qui l’accompagnaient ont racheté les parts de leur ami tunisien Aziz Miled et de son fils Karim dans une société civile immobilière. Dans cette même édition, l’hebdomadaire satirique épingle les liens entre Aziz Miled et le couple Guigou, affirmant que l’homme d’affaires tunisien est l’un des financiers et dirigeant de l’Ipemed, un think tank dont Jean-Louis Guigou –mari de la députée et ex-ministre PS– est le délégué général. Interrogés à ce sujet, Bertrand Delanoë et Harlem Désir, qui participaient à la visite de Mme Aubry à Clamart, ont appelé à éviter tout parallèle entre les cas de Mme Guigou et de Mme Alliot-Marie. « Attention pas d’amalgames! », a prévenu le maire de Paris, soulignant qu’Elisabeth Guigou avait « participé à des colloques avec M. Miled », sans avoir « les moindres relations professionnelles » avec lui. Les deux cas n’ont « rien à voir », a renchéri Harlem Désir, numéro deux du PS. « Elisabeth Guigou n’a tiré aucun avantage de sa fréquentation avec M. Miled, elle n’est pas partie en vacances avec lui », ni n’a été « en affaire avec lui ». Source : « Le Figaro » Le 16-01-2011 Lien : http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/02/16/97001-20110216FILWWW00594-mamtunisie-aubry-veut-des-sanctions.php


Tunisie | Tunisie : les petits projets immobiliers de Leïla Ben Ali


Leïla Ben Ali et sa famille avaient de nombreux projets immobiliers dans la région de Tunis. Au détriment du patrimoine tunisien. Entre 2006 et 2007, Leïla Ben Ali, l’épouse du dictateur tunisien déchu, avait fait déclasser deux terrains du site archéologique de Carthage – Sidi Bou Saïd, pourtant inscrit au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco, en 1979, afin de lancer de lucratifs projets immobiliers (Les Résidences de Carthage) et de construire des villas. La commission chargée des affaires d’abus de pouvoir, de détournement de biens et de corruption ne manquera pas de s’intéresser à cette affaire, mais le temps presse, certains travaux n’étant toujours pas suspendus. Par exemple, la construction d’un réservoir d’eau, destiné au palais présidentiel, sur les vestiges d’une basilique chrétienne du IVe siècle !
Par ailleurs, le parc du Belvédère, seul grand espace vert de la capitale, a lui aussi failli disparaître. Le 15 janvier, soit le lendemain de la fuite de Ben Ali, le conseil municipal devait se réunir pour approuver la cession dudit parc, en trois lots, à la famille de cette même Leïla Trabelsi, qui souhaitait y lancer des projets immobiliers sur une superficie avoisinant 110 ha. La réunion du conseil a été annulée in extremis… Créé en 1892, sur une colline surplombant Tunis, par l’architecte-paysagiste ­Joseph de Laforcade, jardinier en chef de la ville de Paris, le parc du Belvédère compte plus de 50 000 espèces de végétaux et abrite des centres de loisirs, ainsi qu’un zoo.  


Alliot-Marie embarrassée par un coup de téléphone à Ben Ali


  Le Quai d’Orsay reconnaît que la ministre a eu «un bref entretien» avec l’ex-président tunisien pendant ses vacances fin décembre, peu de temps après avoir affirmé n’avoir eu «aucun contact privilégié» avec lui. Encore une révélation sur le voyage de Michèle Alliot-Marie en Tunisie fin décembre. Confirmant une information du site d’information Mediapart, le quai d’Orsay a concédé que la ministre des Affaires étrangères s’était entretenue par téléphone avec le président Ben Ali pendant son séjour. «A cette période, Mme Alliot-Marie a eu un bref entretien téléphonique avec M. Ben Ali, comme elle en a eu avec beaucoup d’autres chefs d’Etat ou ministres des Affaires étrangères», a déclaré un membre de son cabinet. Et de relativiser : «C’est tout simplement le métier du ministre des Affaires étrangères que d’avoir quotidiennement des entretiens téléphoniques ou des entrevues avec des autorités gouvernementales étrangères». Pourtant, début février, épinglée pour la première fois par le Canard Enchaîné sur l’usage du jet privé de l’homme d’affaire Aziz Miled, la ministre assurait : «Quand je suis en vacances, je ne suis pas ministre des Affaires étrangères»… Avant de changer de version deux jours plus tard : «Je suis évidemment ministre 365 jours par an, 24 heures sur 24 (…) Seulement, dans ma vie privée, je ne suis pas en représentation officielle. Je décompresse», déclarait-elle au Parisien. Dans le même entretien, Michèle Alliot-Marie jurait aussi n’avoir eu «aucun contact privilégié» avec le président Ben Ali avant sa fuite. La confirmation de l’entretien téléphonique met donc à mal la défense un peu brouillonne de la ministre. «Confusion des genres» Aucune information n’a filtré sur le contenu de la conversation. Interrogé par Mediapart, le quai d’Orsay dément que Ben Ali ait alors demandé l’assistance de la France pour contenir la rébellion. Le 11 janvier, trois jours avant la chute du régime, Michèle Alliot-Marie avait proposé devant les députés de mettre à disposition des autorités tunisiennes le «savoir-faire» français en matière de «règlement des situations sécuritaires». Une déclaration contestée, point de départ d’une longue série de polémiques pour la ministre. Après les dernières révélations sur les affaires des parents de la ministre en Tunisie, l’opposition dénonce une succession de «mensonges» et une «confusion des genres» nuisibles pour l’image de l’Etat et appelle de nouveau à sa démission. Face aux députés mercredi, MAM a assuré que «répéter des mensonges n’en font pas des vérités» (voir la vidéo), jugeant «abjectes» les attaques contre ses parents. Et la ministre de réitérer – peu ou prou mot pour mot – la contre-attaque qu’elle avait lancée la semaine dernière à l’égard de la présence passée de Ben Ali au sein de l’Internationale socialiste. De plus en plus affaiblie au fil des révélations, Michèle Alliot-Marie dispose d’un soutien toujours plus mesuré à droite. La semaine dernière, Nicolas Sarkozy reconnaissait déjà que «ce n’était pas la meilleure idée que d’aller en Tunisie» à cette période. Mercredi, l’embarras gagne du terrain dans les rangs de la majorité. «Je ne sais rien de cette affaire», éludait sur RTL le secrétaire général de l’UMP Jean-François Copé. «Je découvre les choses dans la presse ce matin», jurait quant à lui Christian Jacob, patron des députés de la majorité, sur Canal +. A la sortie du Conseil des ministres, Michèle Alliot-Marie n’a pas pris la parole. Selon plusieurs ministres, elle a cependant reçu un message de soutien manuscrit de la part de Nicolas Sarkozy. Le porte-parole du gouvernement François Baroin a aussi tenu à rappeller que la ministre des Affaires étrangères dispose officiellement du «soutien de l’équipe gouvernementale». A ce titre, le ministre des Affaires européennes Laurent Wauquiez a vivement réagi, sur iTélé : «Ça suffit ! Quand est-ce qu’on va arrêter de faire tourner la fosse à purin de la République ?», s’est-il emporté, ajoutant qu’«il n’y a pas le moindre soupçon d’illégalité» contre la ministre des Affaires étrangères. Source : « Le Figaro » Le 16-02-2011 Lien : http://www.lefigaro.fr/politique/2011/02/16/01002-20110216ARTFIG00475-mam-a-telephone-a-ben-ali-lors-de-ses-vacances-en-tunisie.php


Michèle Alliot-Marie à nouveau dans la tourmente


De nouvelles révélations soulignent les contradictions des réponses de la ministre des affaires étrangères sur ses vacances en Tunisie   Nouvelle polémique autour des vacances tunisiennes de la famille de Michèle Alliot-Marie, fin décembre en Tunisie. Mardi 15 février, le site Mediapart a confirmé qu’elle avait bien eu au téléphone l’ex-président Zine El Abidine Ben Ali pendant son séjour. Mercredi 16 février, l’hebdomadaire satirique Le Canard enchaîné a révélé que son père était du voyage pour affaires. Ces informations ont relancé les appels à la démission de la ministre des affaires étrangères, qu’il s’agisse de Jean-Marc Ayrault (PS) ou, lors de la séance de questions au gouvernement, de Noël Mamère (EELV). Tout en dénonçant la « relation incestueuse entretenue par tous les gouvernements qui se sont succédé depuis vingt-trois ans », ce dernier a traité Michèle Alliot-Marie de « complice d’un régime chassé par le peuple » et s’est inquiété d’une mise à mal de la « légitimité » et de la « crédibilité » de la politique étrangère de la France. Michèle Alliot Marie contre attaque Il n’empêche, lors du conseil des ministres, Nicolas Sarkozy a, selon plusieurs participants, adressé un « message de soutien » manuscrit à la ministre d’État. « Vous avez beau répéter des mensonges, ça n’en fera pas des vérités », a pour sa part martelé l’intéressée en réponse aux députés de gauche. La meilleure défense étant l’attaque, Michèle Alliot-Marie a de nouveau accusé le PS de double langage en rappelant les relations du PS avec le parti de Ben Ali ou encore celui de Laurent Gbagbo (Côte d’Ivoire) au sein de l’Internationale socialiste. « On est ministre 24 heures sur 24 et 365 jours par an. » Que la ministre se soit entretenue avec le président tunisien en exercice n’a, en soi, rien d’extraordinaire. Mais cette révélation intervient dans le contexte d’une valse-hésitation de Michèle Alliot-Marie dans ses réponses. « Quand je suis en vacances, je ne suis pas ministre des affaires étrangères », avait-elle d’abord avancé. Avant de rectifier : « C’est vrai qu’on est ministre 24 heures sur 24 et 365 jours par an. » Quoi qu’il en soit, comme le souligne Mediapart, « l’existence de cette conversation montre que Michèle Alliot-Marie a continué à suivre la situation en Tunisie pendant ses vacances ». Alors que la ministre avait affirmé n’avoir eu « aucun contact privilégié » avec Ben Ali avant sa fuite. Rachat par ses parents de la totalité des parts d’une société Les révélations du Canard enchaîné concernent, durant ces mêmes vacances, le rachat par ses parents, âgés de 94 et 92 ans, de la totalité des parts d’une société civile immobilière dont ils étaient associés minoritaires. Les anciens associés étaient Karim Miled et son père Mohamed El Aziz Miled, fondateur de Tunisian Travel Service et membre du conseil d’administration de la Banque internationale arabe de Tunisie. Ce même Aziz Miled dont la famille de Michèle Alliot-Marie a utilisé à plusieurs reprises l’avion privé, pour se rendre à Tabarka puis pour effectuer une excursion à Tozeur. « Les transactions que nous menons mon épouse et moi avec lui ne regardent et n’engagent que nous », a plaidé dans un communiqué l’ancien député Bernard Marie afin de dédouaner sa fille et le compagnon de cette dernière, Patrick Ollier, par ailleurs ministre des relations avec le Parlement. Dans l’hémicycle, Michèle Alliot-Marie a qualifié de « campagne indigne », de « petitesse » et d’« abjection » ces enquêtes autour de la vie privée de ses parents. Ces révélations ne laissent pas indifférent le PS Il n’en demeure pas moins que ces révélations semblent indiquer que ce n’est pas uniquement par « peur des intempéries », comme l’avait affirmé la ministre d’État, qu’ils ont décidé de ne pas se rendre « en Dordogne chez Patrick » mais finalement en Tunisie. Plus précisément, non pas à Djerba où le couple a ses habitudes, mais à Tabarka, sur proposition du père de Michèle Alliot-Marie. Ce dernier est en effet un ami de Karim Miled, PDG de la Société le Golf de Tabarka. Ce qui a fait dire au député PS Alain Vidalies que l’homme d’affaires tunisien « ne transportait pas gratuitement des amis mais des partenaires intéressés dans une affaire » et que Michèle Alliot-Marie « adapte ses explications au fur et à mesure des révélations ». Source: “La croix” Le 16-02-2011 Lien: http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2455776&rubId=4076
 


La communauté juive sur ses gardes dans la Tunisie post-Ben Ali


Par Sonia BAKARIC et Kaouther LARBI
La petite communauté juive de Tunisie, protégée sous les régimes de Bourguiba et de Ben Ali mais cible d’un attentat en 2002, reste vigilante après la chute de l’ancien régime dans un pays où elle veut continuer de vivre en harmonie avec le reste de la population. Cette communauté -forte d’environ 2.000 personnes dont 1.500 à Djerba (500 km au sud de Tunis)- a exprimé son inquiétude au pouvoir de transition après des incidents antisémites devant la grande synagogue de Tunis vendredi. Le gouvernement a condamné les agissements d’extrémistes devant tous les lieux de culte. En ce jour de début de shabbat, un groupe d’hommes avait scandé devant la synagogue: « Allez les Juifs, l’armée de Mohammed est de retour », selon des images diffusées sur internet. Selon un responsable de la communauté juive à Djerba, René Trabelsi, ces hommes appartiennent au mouvement islamiste intégriste El-Tahrir (Liberté) « très silencieux sous le régime de Ben Ali mais qui veut maintenant semer le chaos ». « La situation dans le pays appelle à la vigilance » car des groupes « profitent du vide », a estimé le président de la communauté juive de Tunisie Roger Bismuth, qui s’est entretenu samedi de cet incident avec le Premier ministre Mohamed Ghannouchi. Le ministère de l’Intérieur a condamné mardi les slogans hostiles aux religions et incitant à la violence. « Ces personnes n’ont d’autre objectif que de porter atteinte aux valeurs du régime républicain fondé sur le respect des libertés et des croyances, la tolérance, la co-existence pacifique entre tous les courants et la garantie de l’exercice des droits civiques ». Lors des violences qui ont précédé la chute du président Zine El Abidine Ben Ali le 14 janvier, « une maison de culte juive composée d’un tombeau, de deux chambres et d’une petite cuisine a été incendiée » à El-Hamma (20 km de Gabès) début janvier, a dit à l’AFP le président de la communauté juive de Djerba, Perez Trabelsi. « Tout le quartier avait été la cible de casseurs », a-t-il souligné. Selon René Trabelsi, « il ne faut pas céder à la panique, il y en a qui veulent semer le chaos et frapper sur les minorités les plus faibles comme celle des Juifs ». Pendant les incidents vendredi devant la synagogue, « des commerçants tunisiens sont sortis pour dire à ces mecs d’arrêter leurs conneries », ajoute-t-il. La communauté juive, selon lui, « a toujours été très aimée et protégée en Tunisie, que ce soit sous le régime de Bourguiba ou de Ben Ali, et même pendant les pillages qui ont suivi la chute de Ben Ali, des voisins arabes ont protégé les maisons des Juifs ». « Tout le monde est dans le même bain en Tunisie et il ne faut pas manipuler et se faire manipuler ». A Djerba, la communauté mise sur l’avenir tout en ne cachant pas ses craintes. « Nous sommes avant tout des Tunisiens, nous voulons vivre comme tous les autres Tunisiens », déclare Perez Trabelsi, également président du comité de la Ghriba, la plus ancienne synagogue d’Afrique datant de 2.500 ans. « On a eu un peu peur comme tout le monde pendant les événements mais je reste ici », dit-il. « Ca manque un peu de policiers. Sous Ben Ali, j’avais toujours trois ou quatre policiers devant ma maison mais maintenant ils ne viennent que de temps en temps », ajoute-t-il. Sous le soleil, le gardien de la Ghriba, placée sous haute surveillance policière, se désespère: « Comme vous le voyez, il n’y a pas de touristes, il n’y a que des habitants qui viennent ici pour lire la Torah ». Entourée de champs d’oliviers, cette synagogue avait été en avril 2002 la cible d’un attentat revendiqué par Al-Qaïda qui avait fait 21 morts. Des colonnes bleu roi soutiennent l’édifice. Le gardien, Khadir, entreprend une visite des lieux aux riches boiseries, aux murs revêtus d’une multitude de faïences colorées de bleu, vert et ocre. « Espérons que les touristes vont revenir rapidement », dit-il. Le pèlerinage de la Ghriba, prévu du 17 au 22 mai, aura bien lieu, affirme Perez Trabelsi. « Nous attendons des gens de France et d’Israël notamment ». Source : « AFP » Le 16-02-2011 Lien : http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5iVGocIHAN9MzDtLNGm6m9Bm7XHfA?docId=CNG.f8f71b103fb77d69cfaa78c050c1fa7a.301
 


Tunisie: Comment va se vivre et s’écrire la révolution?


Spécial Tunisie dans L’Humanité de ce jeudi. Des écrivains, journalistes et intellectuels tunisiens et du Maghreb nous racontent leur après Révolution de Jasmin. L’Humanité a recueilli les paroles d’écrivains, de journalistes et d’intellectuels tunisiens et du Maghreb à l’occasion du « XVIIe Maghreb des livres » à l’Hôtel de ville de Paris les 5 et 6 février derniers. Voici des extraits des quatre pages spéciales à retrouver dans notre édition de ce jeudi 17 février.   « N’oublions pas que notre révolution est partie des plus déshérités. Entre autres des bassins miniers de Kasserine. Ces régions sont à l’écart du développement. » Tahar Bekri, poète tunisien.   « Qu’est-ce que l’humanisme? C’est la primauté de l’homme. On ne peut pas sacrifier l’homme, un individu, au groupe quel qu’il soit. » Albert Memmi, écrivain franco-tunisien.   « Cette liberté va se construire grâce au tissu associatif, aux rencontres et par l’exigence de rigueur. Je ne crois pas qu’on puisse se réveiller un beau jour et se dire: voilà, nous sommes démocrates. Je crois beaucoup au parcours et à la construction. »  Mounira Khemir, enseignante tunisienne à l’Université Paris VIII.   Retrouvez aussi Arezki  Metref, écrivain et journaliste algérien; Mahmoud Ben Romdhane, professeur des universités en économie en Tunisie; Rabaa Ben Achour-Abdelkéfi, enseignante et romancière

Tunisie:Temoignages emouvants d’une commission d’enquete feminine sur les violences


  Quatre femmes dont les enfants ont été tués par balles lors de la répression des manifestations anti-Ben Ali en Tunisie ont apporté mercredi des témoignages émouvants sur ce qu’elles ont qualifié d' »exactions sauvages » commises par les forces de sécurité. L’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), une organisation indépendante dirigée par la juriste Sana Ben Achour, a été la première à dépêcher sur le terrain une « commission enquête et vérité ». Pendant six jours, du 8 au 14 janvier, au beau milieu des troubles, huit femmes, dont des avocates, des médecins et des militantes des droits humains, ont recueilli les témoignages des habitants des localités du sud-ouest. « Nous nous sommes rendues dans quatre villes, Kasserine, Thala, Meknassy et Regueb, qui ont particulièrement souffert de la répression violente de la police et ont payé le prix fort avec de nombreux morts, des jeunes, et un grand nombre de blessés », a relaté l’avocate Hayet Jazzar lors d’une conférence de presse mercredi. Sa collègue Emna Zahrouni a parlé d' »agressions farouches, de tortures, vols, viols et d’attaques de domiciles commis par d’impressionnantes forces de sécurité ». Elle a présenté la souche d’une bombe lacrymogène trouvée à Regueb portant l’inscription « made in USA / CTS combined tactical systems » avec l’adresse du fabricant. « Des snipers et des unités des Brigades de l’ordre public (BOP) de sinistre réputation sont allés jusqu’à tirer sur la foule lors des cortèges funèbres, ce qui a obligé les familles à fuir, laissant les dépouilles par terre », a dénoncé Emna Zahrouni. Un court métrage intitulé « Témoignages des populations du centre-ouest victimes de violences » a été projeté lors la conférence de presse organisée par l’AFTD. Dans le court métrage, une jeune fille de 15 ans raconte avoir été victime d’une tentative de viol lorsqu’elle est allée au secours de son frère qui gisait dans un bain de sang après avoir été touché par balle à la jambe. Les personnes présentes à la conférence ne pouvaient plus retenir leurs larmes quand les mères de quatre jeunes âgés de 17 à 19 ans tués par balles, vêtues de noir, ont crié leur douleur en relatant les faits. « Mon fils, Marouane, n’avait que des pierres entre les mains et ils ont tiré sur lui à balles réelles, l’atteignant à plusieurs endroits. Il était dans la fleur de l’âge et voulait manifester pour la liberté et la dignité », a raconté Hayet Jemni. Toutes ont réclamé que les coupables soient traduits en justice. « On ne veut pas d’indemnités, on veut que justice soit faite », ont-elles déclaré devant l’assistance. « On nous disait que (l’ancien président Zine El Abidine) Ben Ali était notre père, mais ses mains sont tachées du sang de nos enfants. Il faut qu’ils rendent des comptes, lui et ses sbires », a plaidé Monai Tribi, mère de Yassine, 19 ans, tué à Thala. La commission compte poursuivre ses investigations dans d’autres régions pour « faire éclater la vérité sur ce qui s’est passé », a déclaré la présidente de l’ATFD   Source : « Le Nouvel Observateur » Le 16-02-2011 Lien :http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20110216.FAP5128/tunisie-temoignages-emouvants-d-une-commission-d-enquete-feminine-sur-les-violences.html

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