16 février 2008

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TUNISNEWS
 8 ème année, N°  2824 du 16.02.2008

 archives : www.tunisnews.net

Liberté et Equité: Un prisonnier est soumis à la torture dans les locaux de la Sûreté de l’Etat Liberté et Equité: Le harcèlement des femmes voilées se poursuit Le TMG de l’IFEX se dit indigné de l’incarcération du comédien Hédi  Ouled Baballah Expressen: Jeune de Zarzis arrêt é en France Luiza Toscane: Yassine Jelassi a été libéré ! L’Humanité: Tunisie . L’état de santé d’Abderahmane Tlili, 65 ans, emprisonné depuis 2003, s’est brusquement détérioré.  Bakchich: Du nouveau dans la saga du lycée Louis Pasteur Réalités : Dans un livre évènement : Mohamed Talbi règle ses comptes AFP: Algérie: le 1er secrétaire d’un parti d’opposition cible d’un attentat AFP: Shoah – Le projet de Nicolas Sarkozy sème le trouble Reuters: Sixième nuit d’émeute et de vandalisme dans des villes danoises AFP: Caricature de Mahomet : des élus danois annulent une visite à Téhéran


Liberté pour Slim Boukhdhir, la plume libre

 

Liberté et Equité

33 rue Mokhtar Atya, 1001 Tunis

Tel/fax: 71 340 860

Email : Liberte_équite@yahoo.fr

  

Tunis, le 14 février 2008

 

 Un prisonnier est soumis à la torture dans les locaux de la Sûreté de l’Etat

 

 

 Madame Mabrouka Bent Mohammed Ben Mohammed, épouse d’Ali Dadi, et mère du prisonnier d’opinion Kaïs Dadi, nous a informés que son fils, écroué depuis novembre 2006 à la prison de Mornaguia par la dixième chambre d’instruction pour des faits qu’il n’a pas commis, en vertu des dispositions de la loi antiterroriste, avait été surprise d’apprendre, lors de la visite qu’elle lui a rendu le jeudi 14 février 2008 en prison qu’il avait subi une agression infâme et d’une violence inouïe et des actes de torture perpétrés par des agents de la brigade de la Sûreté de l’Etat au ministère de l’Intérieur. Ils l’avaient extrait de la prison pour reprendre son interrogatoire et pour le confronter à une personne qu’il ne connaît pas.

 

Elle a écrit au juge d’exécution des peines et au procureur de la République du Tribunal de Première Instance de Tunis afin que cessent les actes de torture infligés à son fils dont la garde à vue avait été longue et auquel on n’avait rien à reprocher. Elle a demandé à ce qu’il soit hospitalisé pour être soigné des séquelles de l’agression à savoir, selon ses dires, un déboîtement de l’épaule gauche et des douleurs aiguës au membre inférieur droit, ce qui l’empêche de prendre appui sur lui lors de la station debout ou de la marche

 

Liberté et Équité […]

 

 

Pour le bureau exécutif de l’organisation

Maître Mohammed Nouri

 

(traduction d’extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version originale, LT)


 

Liberté pour Slim Boukhdhir, la plume libre Liberté et Equité 33 rue Mokhtar Atya, 1001 Tunis Tel/fax: 71 340 860 Email : Liberte_équite@yahoo.fr    Tunis, le 16 février 2008   Communiqué    
 
1) le harcèlement des femmes voilées se poursuit   Les étudiantes Amel Ben Rouhouma et Hajer Ben Mohammed, inscrites en dernière année du cycle de formation d’ingénieurs à l’école supérieure d’équipement rural de Majez el Bab, sont à nouveau en butte aux brimades du directeur de l’école, Béchir Ben Thaïr, qui ne leur a pas donné le certificat d’admission en stage, et en guise de protestation, les étudiantes ont campé vendredi 15 février devant le bureau du directeur pendant plus d’une demi journée, obligeant ce dernier à commenter les raisons qui l’avaient poussé à prendre une telle décision, d’autant que la délégation régionale de l’agriculture avait donné son accord pour leur admission par écrit. Il a répondu que les autorités sécuritaires étaient intervenues directement auprès de la délégation pour faire abroger la décision parce qu’elles portaient un voile […]     2) Samedi 16 février 2008 à deux heures de l’après midi, un groupe d’agents en civil a arrêté l’ex prisonnier politique Ali Laridh à son domicile de la cité Zouhour et l’a conduit au district de la Sûreté du Bardo. Il n’a pas été libéré à l’heure où nous écrivons ce communiqué.   Cette arrestation survient à la suite de la participation de monsieur Ali Laridh à la conférence organisée par le forum démocratique pour le travail et les libertés dans son local de Tunis jeudi 14 février 2008 sous le slogan « contre la peine de mort ».   Pour le bureau exécutif de l’organisation Maître Mohammed Nouri   (traduction d’extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version originale, LT)

ACTION COMMUNE – TUNISIE

 

Le 15 février 2008

 

Le TMG de l’IFEX se dit indigné de l’incarcération du comédien Hédi  Ouled Baballah

 

 

SOURCE: Groupe d’observation de la Tunisie de l’IFEX (IFEX-TMG)

 

**Mise à jour d’une alerte de l’IFEX du 11 février 2008; pour des informations complémentaires sur le cas  Boukhdhir, veuillez consulter les alertes du 1er février, 21 et 17 janvier 2008, 14 et 4 décembre 2007;

 pour le cas Abbou, consulter les alertes du 8 mai, 26 et 21 avril, 15, 6 et  2

mars et 28 février 2006, entre autres**

 

(IFEX-TMG) – Ci-dessous, un communiqué de presse de l’IFEX-TMG:Le TMG de l’IFEX se dit indigné de l’incarcération du comédien tunisien Hédi Ouled Baballah

 

Le Groupe d’observation de la Tunisie organisé par l’IFEX (TMG) demande la libération d’un comédien tunisien inculpé et incarcéré la semaine dernière sur la foi de preuves douteuses. C’est là en réalité, estime-t-il, le châtiment qu’il s’est attiré pour avoir fait une imitation du président du pays.

 

L’élément déclencheur semble avoir été un enregistrement privé de l’imitation satirique, par le comédien Hédi Ouled Baballah, du  président de la Tunisie Zine el-Abidine Ben Ali, qui s’est répandu à travers le pays

 par téléphone mobile.

 

Le TMG est d’avis que Ouled Baballah a été ciblé par la police qui a monté contre lui de fausses accusations relatives à la drogue et aux devises étrangères comme punition pour avoir exécuté la satire populaire. Le

 TMG, coalition de 18 membres du réseau de l’Échange international de la liberté d’expression (IFEX), presse les autorités tunisiennes de réviser son cas.

 

Le TMG croit que les tribunaux tunisiens devraient abandonner sur pourvoi la condamnation relative à la drogue et laisser tomber les chefs d’accusation concernant les devises au motif qu’il existe des doutes

sérieux et crédibles au sujet de la preuve alléguée présentée devant le tribunal.

 

D’après des documents de cour, Ouled Baballah a été intercepté le 14 janvier 2008 à un point de contrôle routier. Un policier a confisqué la voiture de location qu’il conduisait et l’a conduite jusqu’à un poste de

police. La police aurait par la suite « découvert » quelques grammes de cannabis dans le coffre à gants. Pendant qu’il était détenu au poste de police, Ouled Baballah a subi des prélèvements sanguins pour des tests

 dedrogue, qui se sont révélés négatifs.

 

Pendant sa détention, la police a procédé à la fouille de son domicile où elle aurait trouvé d’autres « preuves » – quelques fausses coupures en devises étrangères – dont la possession est passible d’une peine

 maximale de 20 ans de prison.

 

Ouled Baballah nie catégoriquement avoir eu quelque connaissance que ce soit de la drogue et de la fausse monnaie, et il maintient que les soi-disant preuves ont été installées. Ouled Baballah a été condamné le

 4 février à un an de prison et à 1 000 dinars d’amende (environ 800$US)  pour possession de cannabis. Il a interjeté appel de cette condamnation. Il attend toujours le verdict dans l’affaire de fausse monnaie.

 

Les prétentions de conspiration policière de Ouled Baballah ont l’accent de la vérité, dit le groupe tunisien membre de l’IFEX, l’Observatoire pour la Défense de la Liberté de la Presse, de l’Édition et de la Création

 (OLPEC).

 

En Tunisie, les dissidents ne sont jamais mis en accusation pour leurs gestes politiques; on les accuse plutôt faussement de délits plus « ignominieux », dit l’OLPEC. Parmi les dernières victimes de cette

 tactique, on compte le juriste Mohamed Abbou, spécialiste des droits de la personne, incarcéré parce qu’il aurait attaqué une collègue, et le journaliste Slim Boukhdhir, accusé d’avoir contrevenu aux lois sur les bonnes moeurs.

 

C’est la deuxième fois que Hédi Ouled Baballah est persécuté pour avoir imité Ben Ali. Après avoir exécuté une imitation du même genre l’an dernier, il a été arrêté et tabassé par la police pendant sa détention

 au centre de Bouchoucha, entre le 9 et le 11 mars 2007.

 

« Cela ressemble à une autre affaire bidon contre une personne qui a osé parler contre le président, » dit le président du TMG de l’IFEX, Rohan Jayasekera, de Index on Censorship. « À l’évidence, le président Ben Ali

 a autant le sens de l’humour qu’il a le goût de la démocratie. »

 

Le TMG demande la révision judiciaire immédiate de cette affaire, ainsi que des circonstances entourant la découverte de la preuve alléguée. Il croit que cette révision conclurait que toute condamnation obtenue sur la foi de la preuve alléguée contreviendrait aux normes judiciaires en vigueur à l’échelle internationale et que Ouled Baballah devrait être remis en liberté en attendant l’audition de son appel.

 

Le TMG presse également les collègues artistes – les comédiens français, algériens et canadiens qui ont participé peu avant l’arrestation de Ouled Baballah, au récent festival de comédie de la Semaine du Rire à Tunis – de s’avancer pour défendre son droit à la libre expression et son droit de faire la satire des pouvoirs politiques.

 

Les membres de l’IFEX-TMG:

 

Réseau d’information arabe des droits de l’Homme (HRINFO), Égypte

ARTICLE 19, Royaume-Uni

Journalistes canadiens pour la liberté d’expression (CJFE), Canada

Cartoonists Rights Network International (CRNI), États-Unis

Organisation égyptienne pour les droits de l’Homme (EOHR), Égypte

Index on Censorship, Royaume-Uni

Fédération internationale des journalistes (FIJ), Belgique

Fédération internationale des associations et institutions de

 bibliothèques

(IFLA), Pays-Bas

Institut international de la presse (IIP), Autriche

Union internationale des éditeurs (UIE), Suisse

Journaliste en danger (JED), République démocratique du Congo

Fondation Maharat, Liban

Media Institute of Southern Africa (MISA), Namibie

Centre PEN norvégien, Norvège

Association mondiale des radiodiffuseurs communautaires (AMARC), Canada

Association mondiale des journaux (AMJ), France

World Press Freedom Committee (WPFC), États-Unis

Comité des écrivains en prison de PEN International (WiPC), Royaume-Uni

 

Pour tout renseignement complémentaire, veuillez contacter le Président

 du

TMG, Rohan Jayasekera, Index on Censorship, Royaume-Uni, tél: +44 20

 7278

2313, courrier électronique: rj@indexoncensorship.org, Internet:

http://campaigns.ifex.org/tmg/fr

 

L’IFEX-TMG est responsable de toute information contenue dans cette

 action

commune. En citant cette information, prière de bien vouloir

 l’attribuer à

l’IFEX-TMG.

_______________________________________________________________

DIFFUSÉ(E) PAR LE SECRÉTARIAT DU RÉSEAU IFEX,

L’ÉCHANGE INTERNATIONAL DE LA LIBERTÉ D’EXPRESSION

555, rue Richmond Ouest, Bureau 1101, B.P. 407

Toronto (Ontario) M5V 3B1 Canada

tél: +1 416 515 9622   téléc: +1 416 515 7879

courrier électronique: alerts@ifex.org  boîte générale: ifex@ifex.org

site Internet: http://www.ifex.org/

_______________________________________________________________

IFEX – News from the international freedom of expression community

_______________________________________________________________

 

JOINT ACTION – TUNISIA

 

15 February 2008

 

IFEX-TMG outraged at imprisonment of comedian Hédi Ouled Baballah

 

SOURCE: IFEX Tunisia Monitoring Group (IFEX-TMG)

 

**Updates IFEX alert of 11 February 2008; for further information on

 the

Boukhdhir case, see alerts of 1 February, 21 and 17 January 2008, 14

 and 4

December 2007; for the Abbou case, see alerts of 8 May, 26 and 21

 April,

15, 6 and 2 March and 28 February 2006, and others**

 

(IFEX-TMG) – The following is an IFEX-TMG press release:

 

IFEX-TMG Outraged at Imprisonment of Tunisian Comedian Hédi Ouled

 Baballah

 

 

The Tunisia Monitoring Group (TMG) is calling for the release of a Tunisian comedian charged and jailed last week on the basis of suspect evidence, which in reality, it believes, is a punishment for mimicking the

 country’s president.

 

The trigger seems to have been a private recording of comedian Hédi Ouled Baballah’s satirical imitation of Tunisian president Zine el-Abidine  Ben Ali, which has been spread across the country by mobile phone.

 

The TMG believes that Ouled Baballah was targeted by police and framed for drugs and currency charges as punishment for making the popular satire.  The TMG, a coalition of 18 members of the International Freedom of Expression Exchange (IFEX) network, urges the Tunisian authorities to review the  case.

 

It believes the Tunisian courts should reverse the drugs conviction on appeal and dismiss the currency charges on the grounds that there are serious and credible doubts about the alleged evidence presented to the

court.

 

According to court reports, Ouled Baballah was stopped at a highway checkpoint on 14 January 2008. A policeman confiscated his rented car  and drove it to the police station. A few grammes of cannabis were later allegedly ‘discovered’ by police in the glove compartment. Ouled  Baballah was blood tested for drugs while in custody at the police station and  came up negative.

 

While he was in custody, police also searched his home where they allegedly found yet more ‘evidence’ – some counterfeit foreign currency –  possession of which carries a maximum jail sentence of 20 years.

 

Ouled Baballah strongly denies all knowledge of both drugs and fake currency and maintains that the so-called evidence was planted in both cases. Ouled Baballah was jailed for a year and fined 1,000 dinars

 (approx. US$800) for possession of cannabis on 4 February and is appealing the sentence. He still awaits a verdict in the currency case.

 

His claims of a police conspiracy ring true, says IFEX’s Tunisian  member group, the Observatory for the Freedom of Press, Publishing and  Creation in Tunisia (OLPEC).

 

In Tunisia dissidents are never charged for their political acts, but instead are falsely accused of more « dishonourable » offences, says  OLPEC. Recent victims of this tactic include human rights lawyer Mohamed

 Abbou, jailed for allegedly attacking a female colleague, and journalist Slim Boukhdhir, accused of breaking public morality laws.

 

This is the second time that Hédi Ouled Baballah has been persecuted  for mimicking Ben Ali. After performing a similar sketch last year he was arrested and beaten up by police while held in the Bouchoucha detention centre between 9 and 11 March 2007.

 

« It looks like yet another trumped-up case against a person who has dared to speak against the president, » says IFEX-TMG Chair Rohan Jayasekera  of Index on Censorship. « President Ben Ali obviously has as much of a  sense of humour as he has a taste for democracy. »

 

The TMG calls for an immediate judicial review of the case and the circumstances surrounding the discovery of the alleged evidence. It believes that such a review would conclude that any conviction based on

 the alleged evidence would contravene internationally accepted legal  standards and that Ouled Baballah should be freed pending appeal.

 

It also urges fellow performers – including French, Algerian and  Canadian comedians who took part in the recent Laughter Week comedy festival in Tunis shortly before Ouled Baballah’s arrest – to step up in defence of  his right to free expression and his right to satirise political powers.

 

Members of the IFEX-TMG:

 

Arabic Network for Human Rights Information (HRINFO), Egypt

ARTICLE 19, United Kingdom

Canadian Journalists for Free Expression (CJFE), Canada

Cartoonists Rights Network International (CRNI), United States

Egyptian Organization for Human Rights (EOHR), Egypt

Index on Censorship, United Kingdom

International Federation of Journalists (IFJ), Belgium

International Federation of Library Associations and Institutions

 (IFLA), Netherlands

International Press Institute (IPI), Austria

International Publishers’ Association (IPA), Switzerland

Journaliste en danger (JED), Democratic Republic of Congo

Maharat Foundation, Lebanon

Media Institute of Southern Africa (MISA), Namibia

Norwegian PEN, Norway

World Association of Community Radio Broadcasters (AMARC), Canada

World Association of Newspapers (WAN), France

World Press Freedom Committee (WPFC), United States

Writers in Prison Committee of International PEN (WiPC), United Kingdom

 

For further information, contact IFEX-TMG Chair Rohan Jayasekera, Index

 On Censorship, United Kingdom, tel: +44 20 7278 2313, e-mail:

rj@indexoncensorship.org, Internet: http://campaigns.ifex.org/tmg/


 

Voici le numéro 93 d’ELKHADRA. Très bonne lecture elkhadra@hotmail.com

http://elkhadra.over-blog.com

 

– BEN ALI LEILA Avida Dollars – BUSCH EN ENFER – BEN ALI PÊCHE AU GROS. – LES FOURBERIES DE JAMEL DEBBOUZE – Mandela contre le sionisme – La sécurité méditerranéenne – Manipulations antilaïques – Les cinéphiles et le garçon arabe – Les cinéphiles et le garçon arabe – Nicolas Sarkozy, apprenti-sorcier de la laïcité – Leila Ben Ali reçoit la haute distinction « Compagnon de Melvin Jones » de l’Association Lion’s Club – Les poupées Barbie de l’Islam light – A propos de l’appel au Boycott – K.TRAOULI…..حـوار مع صديقي المعارض – Tunisie: Défis touristiques – POUPEES RUSSES – POUPEES RUSSES – Le Canada place les É.-U. et Israël sur une liste de surveillance des pays soupçonnés de torturer – LE MAROC AUX ENCHERES – CHRONIQUE DE LA HAINE ORDINAIRE -LA VIE N’EST PAS JUSTE


Swede Arrested in France on Terror Charges

 
  A 23-year-old Swedish citizen was arrested in France for terrorist related activities. He was in the country visiting relatives when he was detained at the airport on February 1.   Other family members were also taken into custody but were subsequently released.   The Swedish Foreign Ministry is following the case and has asked for a meeting with the man.   While his Swedish lawyer does not know which charges have been filed, Swedish daily Expressen says the man is one of four Swedes who were imprisoned in Ethiopia in 2006.   Source: By Sveriges Radio 2008 Submitted by seher on Fri, 2008-02-15 19:05.  

 

 

Lu dans la presse suédoise :

jeune de Zarzis arrêt é en France

 

 

tidigare dömd

 

Den 23-årige svensken som sitter häktad i Frankrike har tidigare dömts till 26 års fängelse i Tunisien.

 

I början av februari greps 23-åringen på en flygplats utanför Paris efter att ha besökt släktingar. Han häktades senare misstänkt för terroristverksamhet.

 

Men vad det skulle vara för någon slags terroristverksamhet har ännu inte framgått.

Den 23-årige mannen dömdes 2004 i Tunisien i sin frånvaro till 26 års fängelse, skriver Svenska Dagbladet på nätet.

 

Han fälldes för att tillsammans med åtta andra ha planerat ett terrordåd i staden Zarzis. Enligt myndigheterna skulle de ha hämtat information på internet om hur sprängämnen tillverkas.

 

Domen fick skarp kritik av flera människorättsorganisationer och Sverige lämnade aldrig ut mannen.

Om gripandet i Frankrike har något att göra med den gamla domen är inte känt.

 

– Jag blir orolig för att häktningen kan ha något att göra med den tidigare domen, säger Björn Hurtig, 23-åringens svenske advokat, till tidningen.

 

(Source: Info publiée par le journal “Expressen” (quotidien – Suède), et envoyée à TUNISNEWS par Louisa Toscane )

 

A 23-year old Swedish citizen is in custody in France for suspected ties to a group linked with al-Qaeda.

 

The man was arrested by French police on February 1st on his way back to Sweden.

 

Sweden’s Foreign Ministry has confirmed the arrest and tells the newspaper that the embassy is awaiting permission to visit the man.

 

The man is believed to be associated with the “Gergis cell,” a terror cell created in 2006 consisting of young men from the Tunisian port town of Gergis.

 

The 23-year old later landed in Somalia, where he is said to have fought for the Islamic Courts Union, which has links to al-Qaeda.

 

Following the Ethiopian army’s invasion of Somalia in early 2007, the man first fled to the jungle between Somalia and Kenya.

 

He eventually ended up in Yemen, where he was able to get a new passport with help from a friend working in Sweden’s embassy in Saudia Arabia, allowing him to return to Sweden.

 

“Some of my friends who sat in prison in Ethiopia told me that the American army thinks I’m a big fish who has important information about foreign fighters in Somalia,” the man said earlier to an Islamic news forum in Gothenburg.

 

David Landes (david.landes@thelocal.se /+46 8 656 6518)

 

Lien : http://www.thelocal.se/9984/20080214


 

 

 

Yassine Jelassi a été libéré !

 

 

Avant-hier, Yassine Jelassi est sorti de la prison de Mornaguia ou il avait été écroué en octobre 2007, dans l’attente de son procès. Il s’agit d’une libération provisoire, puisque son affaire est toujours pendante devant le Tribunal de Première Instance de Tunis.

 

Cette libération constitue un premier succès pour toutes celles et tous ceux qui depuis des mois, menaient campagne en sa faveur : son comité régional de soutien, constitué à  l’initiative de militants du Parti Démocratique Progressiste, dont il est militant à  Ben Arous, comité qui a donné naissance ensuite à  un comité national de soutien, les associations internationales qui se sont mobilisées en sa faveur, notamment à « Ré-So », une association de jeunes qui avait lancé depuis la France une campagne sur son site internet, et l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (ACAT), qui avait adopté Yassine comme prisonnier d’opinion, Amnesty International, le CRLDHT, et la liste serait longue.

 

Pour rappel, Yassine Jelassi, né en 1986, étudiant en journalisme vivant à  Ben Arous, avait été arrêté par la police fin septembre 2007 et détenu au secret.

 

Au terme de cette détention, il avait dû signer un procès verbal pour le moins fantaisiste.. Il avait été déféré une première fois devant le juge d’instruction du Tribunal de première Instance de Tunis le 3 octobre, mais n’avait pas voulu parler en dehors de la présence de son avocat. Il avait été déféré une seconde fois le 15 octobre et le juge d’instruction l’avait fait écrouer en vertu des dispositions de la loi anti terroriste du 10 décembre 2003.

 

La manœuvre n’avait échappé à  personne : Yassine Jelassi, membre de la Jeunesse du Parti Démocratique Progressiste, avait été emprisonné pour « terrorisme» au moment ou deux dirigeants du PDP étaient en gréve de la faim !

 

Il reste que cette libération n’est que provisoire et que Yassine Jelassi devra pouvoir compter sur notre vigilance jusqu’à  son procès, pour que soit prononcé un non-lieu en sa faveur, car c’est bien d’un délit d’opinion qu’il s’agit.

 

Luiza Toscane, le 14 février 2008


 

 MAGHREB CONFIDENTIEL N° 821, le 14 février 2008

 

TUNISIE

Ahmed Néjib Chebbi

 

Le Parti démocratique progressiste (PDP) a investi son chef historique et actuel membre du bureau politique, Ahmed Néjib Chebbi, comme candidat à l’élection présidentielle de 2009. Néjib Chebbi, qui dirige également l’hebdomadaire Al-Mawqif, avait entamé le 20 septembre une grève de la faim en compagnie de la secrétaire générale du PDP, Maya Jribi, pour s’opposer à une procédure de rupture de bail et d’expulsion de la part du propriétaire du local qu’ils occupaient depuis treize ans. Chebbi fut un temps candidat lors de la précédente élection en 2004, avant de boycotter le scrutin, qui a vu la réélection pour la 4e fois de Ben Ali avec 94,49% des voix.

 

UNION EUROPEENNE/TUNISIE

Adrianus Koetsenruijter

 

La Commission européenne a enfin décidé de nommer un ambassadeur à Tunis, Adrianus Koetsenruijter (Pays-Bas), suite au départ précipité de Marc Perini. Auparavant, Koetsenruijter occupait le poste d’ambassadeur de la Commission européenne en Colombie et en Equateur.

 

 

TUNISIE

Sadok Fayala

 

L’ancien secrétaire général adjoint du Rassemblement constitutionnel démocratique (parti au pouvoir) et ex-secrétaire d’Etat aux affaires étrangères devrait hériter de l’ambassade de Tunisie à Damas. Il y remplacerait Hédi Ben Nasr, qui a atteint l’âge de la retraite.

 


 

 

 Un opposant en danger de mort  

Tunisie . L’état de santé d’Abderahmane Tlili, 65 ans, emprisonné depuis 2003, s’est brusquement détérioré.

 
Ancien militant d’extrême gauche en mai 1968 en France avant d’être expulsé par les autorités françaises, Abderahmane Tlili a fini par adhérer au Parti socialiste destourien (PSD) du président Ben Ali, devenu par la suite Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), et ce avant de créer son propre parti, l’Union démocratique unioniste (UDU). L’homme semble payer à la fois pour son passé politique, son opposition au président Ben Ali et ses erreurs de gestion quand il était directeur de l’aéroport de Tunis.   C’est d’ailleurs sous l’inculpation d’abus de pouvoir et de détournement qu’il avait été inculpé et condamné en juin 2004 à neuf ans de prison. Abderahmane Tlili se défend de telles accusations, qualifiant le procès que les autorités lui avaient intenté de « fictif ». Selon ses avocats et le comité international de soutien à Tlili et ses proches, pour qui le procès fut une parodie de justice, c’est parce qu’il s’était opposé frontalement au président Ben Ali, en se portant candidat à l’élection présidentielle tunisienne, qu’il a été victime d’une opération politique diligentée par le pouvoir tunisien pour « l’éliminer de la scène politique ».   Pour dénoncer ses conditions de détention, son droit à un procès équitable, revendication soutenue par plusieurs personnalités tunisiennes, Abderahmane Tlili a entamé une grève de la faim « illimitée » depuis le 15 janvier. Et depuis mardi, en signe de solidarité, sa mère, Fatma, a fait de même. Embarrassées par la tournure des événements, les autorités tunisiennes ont bien sûr démenti, sans convaincre, que Tlili soit en grève de la faim, assurant que ce dernier se livrerait à une « manoeuvre » pour obtenir le statut de « prisonnier politique », et refusent de le transférer dans un hôpital. Pour l’heure le détenu, qui en est à son trente-deuxième jour de grève de la faim, risque de mourir.   H. Z.   Pour en savoir plus : http://blogabderahmane.over-blog.com   (Source : « L’Humanité », (Quotidien – France), le 15 février 2008)


 

Du nouveau dans la saga du lycée Louis Pasteur

 
par La princesse enchantée   Interdit par Leïla Ben Ali, épouse du président tunisien, l’établissement scolaire peine à trouver du soutien. Très attaché à la francophonie, le Quai d’Orsay, lui, est « désolé »…   Bakchich se passionne pour la saga du lycée Louis Pasteur de Tunis qui ne cesse de rebondir. Dirigé par une famille franco-tunisienne, ce vénérable établissement scolaire qui affiche 100 % de réussite au bac s’est tout simplement fait interdire par les autorités tunisiennes. Sur oukaze de Leila Ben Ali, ex-coiffeuse et épouse du président Ben Ali, alias « Bac moins trois ».   Une affaire qui relève du règlement de comptes et de la rapacité économique donnant cette saveur si spéciale à la cagole régnant à Tunis : la vénéneuse Leila a ouvert en septembre dernier L’Ecole internationale de Carthage qui recueille la marmaille fortunée du coin. Et, c’est bien connu, la pharaonne ne souffre aucune concurrence. Mieux encore, selon une lettre envoyée à Nicolas Sarkozy par les responsables du lycée Louis Pasteur, des intérêts immobiliers seraient également en jeu : « l’intérêt poursuivi par des spoliateurs serait la mainmise sur un patrimoine immobilier couvrant plus de 10 000 m2 dans le meilleur secteur des affaires de Tunis. » Cherchez l’erreur….   Si les parents d’élèves du lycée Louis Pasteur se sont mobilisés – manifestations, pétition lancée via internet et même une marche sur le palais présidentiel – on ne peut pas en dire autant de la diplomatie française. Oh que nenni ! Cet été, l’ambassade de France était aux abonnées absentes : l’Excellence tricolore est au mieux avec les autorités tunisiennes tandis que son épouse fréquente assidûment le club que Leila a créé à Carthage pour papoter avec ses copines. Ce qui n’a pas empêché l’Elysée d’enjoindre le Quai d’Orsay de suivre le dossier. Et c’est le ministre Kouchner en personne qui s’y est collé. Le coup de pied de l’âne de l’ex-French doctor   Hélas, l’ex-French doctor, qu’on a connu plus flamboyant, préfère câliner le régime de Ben Ali plutôt que défendre la culture française. Dans un courrier en date du 31 décembre 2007 adressé aux responsables du lycée Pasteur, il commence par caresser ses interlocuteurs dans le sens du poil : « le développement de l’enseignement de notre langue et la diffusion de notre culture doivent beaucoup aux personnalités engagées comme la vôtre et le Lycée Louis pasteur apparaissait (…) comme l’un des piliers de la politique de coopération culturelle et linguistique franco-tunisienne. » Avant de leur asséner le coup de pied de l’âne : « sans pouvoir intervenir dans le dialogue qu’il vous revient de mener avec les institutions éducatives tunisiennes, nous serions désolés que la légitimité d’une section française au sein de votre établissement ne soit pas entendue ».   Un courage que ne renierait pas la chefferie du quotidien Le Figaro… Contactés par les responsables du lycée pour faire paraître la pétition publiée dans le quotidien le Monde du 5 février et intitulée « Sauvons le lycée Louis Pasteur de Tunis », les responsables du Figaro ont tenté d’imposer des coupes dans le texte, pour ne pas froisser Tunis. Ce qui a bien sûr été refusé. Net.   Pour relire le précédent épisode du lycée Pasteur, cliquez ci-dessous : Un lycée s’éteint, un autre s’éveille     (Source : « Bakchich », le 16 février 2008) Lien : http://www.bakchich.info/article2592.html


 

 

 

Dans un livre évènement : Mohamed Talbi règle ses comptes

 

Par Zyed Krichen

 

Les livres de Mohamed Talbi représentent toujours un évènement dans le monde de l’édition tunisienne. Cet historien et intellectuel de 87 ans est respecté par les uns, décriés par d’autres. Il a été souvent l’auteur de formules chocs comme “Islam sans Chariaa”. Son dernier livre “Pour tranquiliser mon cœur” n’a pas dérogé à la règle.

 

 

 

Il y a une tradition philosophique conceptualisée par le grand philosophe allemand Hegel selon laquelle la sagesse (la Raison chez Hegel) est un long processus qui ne se révèle qu’à la fin.

 

Mohamed Talbi, au soir de sa vie, tente de récapituler sa quête intellectuelle et spirituelle dans un livre au titre coranique «Pour tranquiliser mon cœur»*. Cérès éditions vient d’en publier le premier volume : “La problématique de la Foi, les défis de la désislamisation et le christianisme du Saint Père Benoît XVI”.

 

 

L’intention première

 

Dès les premières lignes Mohamed Talbi se défend de toute tentation apologétique. Le Coran n’a pas besoin d’être défendu. Talbi ne veut pas défendre la Vérité mais sa part de vérité et son cheminement propre pour l’atteindre. Talbi ne veut convertir personne, ni les gens du Livre, ni les agnostiques, ni les athées. C’est le livre d’un Musulman écrit pour les Musulmans. Sa seule prétention est de participer un tant soit peu au renouvellement de la pensée islamique à l’orée de ce XXIème siècle.

 

Mais dans sa préface-programme de cinq pages, Mohamed Talbi ne tarde pas à dévoiler une des lignes directrices de son ouvrage : la réfutation des intellectuels islamologues désislamisés. Talbi ne leur dénie pas le droit à la désislamisation, mais condamne ce qu’il considère comme duplicité du discours et malhonnêteté intellectuelle. Pour Mohamed Talbi, nombre de désislamisés présentent leurs thèses comme étant des thèses musulmanes modernistes et audacieuses. Talbi ne respecte les désislamisés que s’ils avancent sans masques. La couleur est annoncée dès les premières pages. Si Talbi se refuse d’être un apologiste, il sera néanmoins polémique et parfois même polémiste.

 

 

Les désislamisés

 

Mohamed Talbi fonde le concept “désislamisé” sur un référentiel coranique :

 

«Recite-leur l’histoire de celui que Nous avons gratifié de Nos signes, mais qui s’en dépiauta, Satan se fit de lui un adepte et désormais entre tous il erra» (Sourate VII, verset 175 –Traduction de Jacques Berque).

 

Le désislamisé est celui qui se dépiaute de l’Islam, à l’image de l’animal dont ou enlève la peau.

 

Le “désislamisé” est une catégorie qui n’a plus rien à voir avec l’Islam. On n’est ni dans le péché (déviance de comportement), ni dans l’hérésie (déviance dans le dogme) mais dans un reniement pur et simple. Le désislamisé est un apostat, terme que Talbi préfère ne pas utiliser vu sa charge symbolique et juridique hautement négative.

 

Talbi consacre aux désislamisés deux chapitres de son livre. Le premier, relativement court (une dizaine de pages), décrit les principes de la doctrine désislamisée. Le second est beaucoup plus consistant (54 pages). Il est consacré à l’islamologue Abdelmajid Charfi, considéré par Talbi comme étant le chef de file d’une école tunisienne de désislamisation.

 

En fait les désislamisés, selon Mohamed Talbi, n’ont pas le courage de leurs idées. Ils reprennent à leur compte les principales objections de l’orientalisme contre l’Islam tout en présentant cela comme étant une réflexion musulmane moderniste.

 

Talbi réitère qu’il n’a rien contre les désislamisés à visage découvert. Il respecte leur liberté. Il demande aux désislamisés de respecter l’intelligence et la foi des Musulmans en n’usant pas de simulacres et de subterfuges pour parer la désislamisation des oripeaux de l’Islam.

 

Mohamed Talbi définit la désislamisation comme étant une démarche qui tente de fonder la modernité par une sortie de l’Islam. Cela va jusqu’à redéfinir l’essence même de l’Islam. Le but ultime de la désislamisation serait de désacraliser le Coran.

 

 

Désacraliser la prophétie

 

Pour désacraliser le Coran, les désislamisés, selon Talbi, procèdent de deux manières :

 

– mettre en doute la véracité de la Prophétie,

 

– historiciser le processus de compilation du Coran.

 

Les islamologues désislamisés, Abdelmajid Charfi en tête, reprennent l’essentiel des arguments des Orientalistes, même quand ils ne les citent pas… Toujours selon Talbi.

 

L’orientalisme de la première vague, si l’on ose dire, celui qui s’inscrit dans la démarche polémiste et apologétique de l’Eglise, prenait le Prophète de l’Islam pour un menteur. A partir de la seconde moitié du XIXème siècle, la thèse du mensonge cède le pas en faveur de celle de l’illumination ou de l’hallucination. En d’autres termes Mohammad n’est pas un menteur. Il croit réellement en sa mission et qu’il est l’Envoyé de Dieu. Seulement ce qu’il prend pour la Révélation n’est qu’une hallucination ou au mieux une illumination interne. Ainsi l’authenticité du sentiment prophétique n’est plus mise ne doute. Seulement Mohammad n’est pas un prophète véridique.

 

Mohamed Talbi estime qu’Abdelmajid Charfi reprend dans son livre “L’Islam entre le message et l’histoire”** l’essentiel de la thèse orientaliste tout en laissant à son lecteur le soin de franchir la dernière marche du raisonnement : la non-véracité de la Prophétie. C’est cela la duplicité des désislamisés selon Mohamed Talbi. En n’assumant pas la conclusion logique du raisonnement, Charfi laisse penser que son développement n’est qu’une lecture musulmane moderne du phénomène de la Prophétie, alors qu’elle n’est en fait, toujours selon M. Talbi, qu’une désacralisation de l’essence même de la religion.

 

Mais la doctrine désislamisée porte surtout sur la désacralisation du Coran.

 

Désacraliser le Coran

 

Pour faire simple, disons que la thèse de l’Islam orthodoxe et qui fait autorité aujourd’hui est que le Coran a connu sa compilation quelques mois après la mort du Prophète. Omar Ibn Al Khattab, principal conseiller du Calife Abou Baker, suite à la mort d’un certain nombre de compagnons lors des guerres dites d’apostasie, a demandé au Calife de sauver le Coran de la disparition. Après quelques hésitations Abou Baker chargea Zayd, l’un des scribes de la Révélation de compiler le texte du Coran. La compilation définitive eut lieu une vingtaine d’années plus tard. Le troisième Calife, Othman, désigna un comité composé de quatre scribes de la Révélation dont Zayd. Sa mission était d’établir des copies de la première compilation, de les diffuser dans le pays de l’Islam et de brûler toutes les autres copies, totales ou partielles, du Coran. Le Coran entre nos mains aujourd’hui est la fidèle copie du mushaf de Othman.

 

La tradition orthodoxe majoritaire stipule que l’ordre des versets d’une sourate a été arrêté par le Prophète lui-même alors que l’ordre des Sourates est plutôt du fait des compagnons. Certes l’essentiel de l’ordre canonique a été arrêté du temps du Prophète lui-même. Pour le reste, les compagnons compilateurs ont été inspirés par Dieu lui-même.

 

Seulement les premières sources écrites de la tradition musulmane contiennent des narrations qui contredisent certains détails de la version orthodoxe. Mohamed Talbi reproche aux désislamisés de se baser sur ces narrations marginales, à la manière des orientalistes, afin d’insinuer que la compilation du Coran ne s’est pas faite en vingt ans, mais sur une période beaucoup plus longue (entre un et trois siècles) et que la compilation était en partie une rédaction, donc une manipulation humaine du texte coranique. Ainsi le Coran dont nous disposons est grosso-modo celui de la première compilation. Mais ce grosso-modo insinue qu’il y a eu manipulation et transformation, fussent-elles mineures, sur le texte coranique.

 

La doctrine désislamisée telle qu’élaborée par Abdelmajid Charfi dans son ouvrage “L’Islam entre le message et l’histoire”, aboutit selon Talbi à la chose suivante : le Coran tel qu’il a été révélé à Muhammed est à jamais perdu. D’une part parce que le Coran originel est un récit oral. Cette oralité n’est plus récupérable. D’autre part le texte actuel du Coran aurait subi quelques retouches durant les trois premiers siècles de l’Hégire. La version actuelle du Coran ne remonte pas au temps des compagnons (VIIème siècle) mais plutôt aux Abbassides (Xème siècle).

 

Dans son livre, Mohamed Talbi ne discute pas la pertinence scientifique de cette démarche. Il parle en homme de foi. Le Coran est le Livre de Dieu, révélé et descendu par l’Archange Gabriel sur le cœur de Mohammad. C’est Dieu lui-même qui assure l’inviolabilité et la pureté de son Livre. Toute autre démarche serait contraire à l’Islam. Ici Mohamed Talbi suit pas à pas l’orthodoxie musulmane. Cela l’autorise-t-il à délégitimer religieusement toute démarche différente de la sienne ?

 

Tous ceux qui ont eu Mohamed Talbi pour professeur, et ils sont nombreux en Tunisie, se souviennent que le Maître leur a toujours enseigné de dissocier la foi de la démarche scientifique. Le Professeur s’est-il appliqué à lui-même cette devise ? Les deux chapitres sur la doctrine désislamisée nous incitent à penser le contraire.

 

 

Les religions du livre

 

Pendant de nombreuses années le nom de Mohamed Talbi a été associé au dialogue islamo-chrétien. On lui doit même le concept majeur de ce dialogue : le respect. Dans un livre célèbre “Un respect têtu” Mohamed Talbi a démontré que le concept de tolérance n’est pas adapté aux exigences du dialogue. La tolérance signifie condescendance. L’Autre serait inférieur. Le tolérer est un acte de charité. Le respect induit l’égalité dans la différence. L’Autre n’est plus accepté par charité mais en tant que fondement de l’humanité de soi.

 

Dans son nouveau livre “Pour tranquiliser mon cœur” Talbi revient longuement sur les religions du Livre (Judaïsme et Christianisme) et le dialogue islamo-chrétien en leur consacrant près des deux tiers de son ouvrage. Mohamed Talbi se veut respectueux tout en étant intransigeant.

 

Une idée majeure ressort de “Pour tranquiliser mon cœur” : la Bible et les Evangiles ne sont pas la Parole de Dieu. Talbi recourt à la critique historique des Ecritures initiée en Occident depuis le grand philosophe Spinoza.

 

La Bible est un ensemble de textes imputés aux Prophètes d’Israël et rédigés sur plusieurs siècles. Pour Talbi, en homme de foi, Dieu a révélé à Moïse la “Loi” (la Thora). Seulement celle-ci a été manipulé par les Rabbins juifs durant plus d’un millénaire. De même pour les Evangiles, quoique sur un laps de temps beaucoup plus court, car ce sont les Apôtres qui ont écrit ce qu’ils ont compris de l’enseignement de Jésus.

 

Talbi cite longuement des textes de la Bible et des Evangiles pour montrer l’impossibilité que de telles idées, ou images, puissent être attribués à Dieu.

 

Talbi va beaucoup plus loin. Il reprend à son compte l’idée développée par des historiens des religions selon laquelle le Christianisme n’est qu’une secte juive et que le véritable fondateurs de cette religion n’est pas Jésus-Christ mais Paul de Tarse, Juif hellénisé. C’est l’apôtre Paul qui établira les principaux dogmes qui feront de cette hérésie juive une nouvelle religion : le Christianisme.

 

Nous sommes loin, très loin du dialogue des religions fondé sur le respect mutuel des croyances. Mohamed Talbi se comporte à la fois comme un théologien polémiste musulman de l’âge classique (l’argument de la manipulation humaine des Ecritures) et en historien des religions pour lequel le sacré est un long processus humain. Sauf que ce mariage entre l’homme de science et l’homme de foi est contre nature :

 

– soit on applique les arguments de l’histoire des religions à toutes les religions, auquel cas ce que Talbi nomme la doctrine désislamisée redevient légitime et pertinente. On peut aller même plus loin. Si le Christianisme est une hérésie juive, l’Islam serait lui aussi une hérésie chrétienne ou judéo-chrétienne comme le soutiennent certains historiens ;

 

– soit on se contente de la posture de l’homme de foi, respectueux de toutes les croyances.

 

Dans cet entre-deux, Mohamed Talbi n’a été ni totalement l’un, ni totalement l’autre. Le dialogue s’est souvent transformé en invectives contre les gens (les désislamisés), contre les idées (la désislamisation) et contre les croyances (le Judaïsme et le Christianisme).

 

 

Que retenir ?

 

Que reste-t-il de l’intention première de l’auteur “Pour tranquiliser mon cœur” : participer à la rénovation de la pensée religieuse ? Peut-être un chapitre d’une quarantaine de pages intitulé “Ni déterminisme, ni certitudes, ni décidabilité, mais volonté et certitude de Foi”. C’est le seul chapitre dont l’auteur a jugé bon de traduire l’intitulé en français. Mais même dans ce chapitre Mohamed Talbi n’enlève pas totalement le turban de l’apologiste qui tente, désespérément, de mettre la science au service de la Foi.

 

Tous ceux qui pensaient, à l’intitulé du livre, découvrir un essai philosophique et mystique sur le Cheminement vers Dieu dans le monde d’aujourd’hui resteront sur leur faim. Point d’humanisme soufi dans “Pour tranquiliser mon cœur”. Point d’innovation audacieuse non plus.

 

Mohamed Talbi nous promet un deuxième volume plus succulent autour de “La lecture vectorielle du Coran”. Espérons que, contrairement à son illustre prédécesseur Ibn Khaldoun, la suite de l’ouvrage sera plus intéressante que ses Prolégomènes.

 

 

 

Notes

 

*Mohamed Talbi : “Pour tranquiliser mon cœur”. Volume premier : “Le problème de la Foi, chez Cérès Editions. Octobre 2007.

 

Notons que ce livre est édité en même temps au Maroc par les Editions Le Fennec.

 

** Abdelmajid Charfi : “L’Islam entre le message et l’histoire”. Traduit de l’arabe par Andrée Ferré. Sud Editions. Tunis 2004.

 

Zyed Krichen

 

(Source : « Réalités » (Magazine hebdomadaire – Tunis), N° 1154 du 7 février 2008)


 

 

Algérie: le 1er secrétaire d’un parti d’opposition cible d’un attentat

ALGER (AFP) — Le premier secrétaire du Front des forces socialistes algérien (FFS, opposition), Karim Tabbou, a été la cible d’un attentat samedi en début d’après-midi en Kabylie, a annoncé le FFS dans un communiqué.

Dans un entretien téléphonique avec l’AFP, M. Tabbou a confirmé avoir été victime d’un attentat en précisant qu’il n’était pas blessé.

Le FFS, avec à sa tête le dirigeant historique algérien Hocine Aït Ahmed, est l’un deux principaux partis politiques de Kabylie, avec le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) de Saïd Sadi.

Il n’est pas représenté à l’Assemblée nationale après avoir boycotté les élections législatives de 2007, mais dispose d’une solide représentation municipale.

« L’attentat s’est déroulé à environ 300 mètres d’un barrage militaire fixe installé sur l’autoroute à l’entrée de Tadmaït », à quelque quinze kilomètres à l’ouest de Tizi Ouzou, a indiqué le FFS.

« Il s’agit d’un attentat à l’explosif suivi de tirs par balles. Les traces de balles sur le pare-brise de la voiture du côté conducteur et sur la carrosserie montrent bien que Karim Tabbou, qui conduisait son véhicule, était directement visé par cet attentat », ajoute le communiqué.

L’homme politique était accompagné de membres de sa famille, qui n’ont pas été atteints.

Dans la même zone, un militaire a été tué et quatre autres blessés samedi dans l’explosion d’une bombe enfouie sous la chaussée au passage d’un convoi militaire. La bombe a été actionnée à distance.

Le militaire a succombé à ses blessures à son admission à l’hôpital, selon une source sécuritaire locale.

Par ailleurs deux islamistes armés ont été tués par les forces algériennes de sécurité dans la nuit de vendredi à samedi dans la commune de Ouled Aissi, dans la région de Boumerdès (Kabylie).

Ils ont été tués dans une embuscade tendue par les forces de sécurité qui avaient été informées de leurs mouvements suspects sur une route secondaire de cette localité, a indiqué une source sécuritaire.

Deux pistolets de type kalachnikov ont été récupérés. L’identité des deux islamistes n’a pas été révélée.

La Kabylie reste un foyer actif des groupes islamistes armés, qui y trouvent refuge dans ses massifs montagneux et dans ses forêts. Le chef de la Branche d’al-Qaïda au Maghreb islamique (BAQMI, ex-GSPC algérien), Abdelamlek Droukdel, dit Abou Moussab Abdelouadoud, y aurait installé son QG, selon des experts algériens de l’antiterrorisme.

La semaine dernière, sept gendarmes et un policier avaient été tués dans deux attentats séparés en Kabylie et dans la région d’El Oued, au sud-est algérien. Les sept gendarmes étaient tombés dans une embuscade tendue par un groupe armé islamiste.

Ces attaques avaient été revendiquées par la BAQMI, une branche de la nébuleuse d’Oussama Ben Laden.


 

Shoah – Le projet de Nicolas Sarkozy sème le trouble

 

 AFP, le 15 février 2008 à 18h45

PARIS, 15 février (Reuters) – Le projet de parrainage d’enfants de la Shoah lancé par Nicolas Sarkozy continue à semer trouble et perplexité dans le monde enseignant ou parmi les historiens et psychologues.

Simone Veil, ancien ministre et rescapée des camps nazis, fustige pour sa part une idée « inimaginable, insoutenable, dramatique et, surtout, injuste. »

Le président français a défendu vendredi son idée de faire parrainer par des élèves de CM2 des enfants victimes de la Shoah par la nécessité de faire des écoliers français « des enfants aux yeux ouverts ».

« Si vous ne leur parlez pas de ce drame-là, ne vous étonnez pas que ça se reproduise. C’est l’ignorance qui fait la reproduction de situations abominables, c’est pas la connaissance », a-t-il dit lors d’un discours à Périgueux (Dordogne).

« Faites de nos enfants des enfants aux yeux ouverts, sans complaisance », a-t-il ajouté, en réponse aux critiques qu’a suscitées le parrainage annoncé, à partir de la rentrée prochaine, des 11.000 enfants français victimes de la Shoah par des élèves de 10 ans. Nicolas Sarkozy avait lancé son projet mercredi lors du dîner du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif).

 

« MON SANG S’EST GLACE »

 

Il a reçu le soutien de Serge Klarsfeld, président de l’Association des fils et filles des déportés juifs de France, pour qui « il ne s’agit pas de s’identifier de façon morbide à u enfant mort en déportation, mais de faire acte de vigilance. » « Il s’agit d’armer moralement les enfants contre les idéologies extrêmes », dit l’historien et avocat dans Libération, où il se défend d’être à l’origine de « cette idée précise » même si elle va dans le sens de son travail à la fondation.

« A la seconde mon sang s’est glacé », dit en revanche sur le site L’express.fr Simone Veil, qui assistait mercredi soir au dîner du Crif et a été déportée à 16 ans et demi à Auschwitz. « On ne peut pas infliger cela à des petits de dix ans ! On ne peut pas demander à un enfant de s’identifier à un enfant mort. Cette mémoire est beaucoup trop lourde à porter », estime-t-elle.

Après l’historien Henry Rousso, dénonçant un « marketing mémorial », Annette Wieviorka, spécialiste reconnue de l’histoire de la Shoah et petite-fille de déportés, s’élève elle aussi contre la proposition de Nicolas Sarkozy.

« Je pense qu’il y a quelque chose de réellement monstrueux de vouloir faire porter par un enfant de neuf, dix, ou onze ans la mémoire d’un enfant mort à une autre période », a-t-elle di sur France Info.

Parmi les enseignants, les premières réactions sont négatives. Le Snuipp-FSU, majoritaire dans le primaire, évoque les « risques de troubles psychologiques (…) de sentiment de culpabilité ou de responsabilité pour le destin d’un élève. » Le syndicat des enseignants-Unsa se dit « particulièrement choqué de cette initiative du président, qui ignore tout de la façon dont un jeune se contruit. »

Des éditorialistes reprochent au chef de l’Etat d’avoir fait cette annonce sans aucune consultation des enseignants, psychologues ou représentants de la communauté juive. L’Union des étudiants juifs de France (UEJF) a accueilli « de manière réservée » l’annonce de Nicolas Sarkozy, jugeant que la mémoire « ne se transmet pas par un processus d’identification. » Elle préconise que ce travail soit fait « de manière collective

et permette de tirer des leçons. »

Sur le plan politique, François Bayrou, président du MoDem et ancien ministre de l’Education, a critiqué une décision prise « sans que l’on y ait réfléchi. »

L’ancien Premier ministre Dominique de Villepin a également jugé « étrange » la démarche du chef de l’Etat et le Parti communiste estime que ce sujet « ne peut rentrer dans le plan de

communication d’un président en difficulté. »

La Licra doute également de la pertinence du projet Sarkozy et le Mrap ressent un « profond malaise » face à un « tri sélectif des mémoires. » Mais tant le Premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, que Jean-François Copé, président du groupe UMP à l’Assemblée, soutiennent ce projet. De même, Jean-Marie Bockel, président de la Gauche moderne, s’étonne des critiques visant Nicolas Sarkozy, jugeant la

polémique « choquante et déconcertante. »

 

AFP


Sixième nuit d’émeute et de vandalisme dans des villes danoises

 
Reuters  samedi 16 février 2008 Des groupes d’émeutiers ont mis le feu vendredi à des voitures et des camions-bennes dans le nord de Copenhague, au cours de la sixième nuit consécutive d’une vague de violences et de vandalisme qui s’est étendue à d’autres villes danoises, a-t-on appris samedi de source policière. Cinq jeunes ont été arrêtés vendredi dans la capitale après l’incendie de 28 voitures et de 35 camions de ramassage d’ordures, et plusieurs autres dans le reste du pays. Un grand nombre de véhicules et plusieurs écoles ont été vandalisés ou brûlés au cours de la semaine écoulée, la police avouant ne pas connaître les raisons de ces violences. Des travailleurs sociaux ont néanmoins estimé que la réimpression dans la presse danoise d’une des caricatures du prophète Mahomet qui avaient fait scandale dans des pays musulmans en 2006, pouvait avoir alimenté ces émeutes. La police avait arrêté mardi deux Tunisiens et un Danois d’origine marocaine soupçonnés de préparer le meurtre du dessinateur auteur de cette caricature, et 15 journaux avaient décidé mercredi de publier à nouveau son dessin en signe de solidarité. Plusieurs centaines de milliers de musulmans s’étaient réunis vendredi à Copenhague pour protester contre cette publication, arguant que pour la plupart des croyants, la représentation du prophète Mahomet est bannie. Kim McLaughlin, version française Jean Décotte


Caricature de Mahomet : des élus danois annulent une visite à Téhéran  

COPENHAGUE, 16 fév 2008 (AFP) –
La commission des affaires étrangères danoise a annulé une visite en Iran prévue cette semaine, après que Téhéran eut exigé des excuses à la suite d’une nouvelle publication dans des journaux danois d’une caricature du prophète Mahomet. « Le parlement iranien a demandé que notre délégation présente une excuse officielle à l’Iran. Nous avons dit ‘certainement pas ». (…) Nous ne pouvons pas faire cela, ce serait une violation de la liberté d’expression », a dit à l’AFP le vice-président de cette commission, Jeppe Kofod. Cette délégation de neuf membres devait se rendre en Iran de lundi à mercredi pour discuter des droits de l’Homme et du programme nucléaire iranien. « Ils nous ont dit qu’ils ne nous recevraient pas si nous ne nous excusions pas. Ils savaient que nous ne le ferions pas. Ils savent que notre démocratie ne fonctionne pas ainsi », a dit M. Kofod. Dix-sept journaux danois, dont les trois plus grands quotidiens nationaux, ont publié mercredi, au nom de la liberté d’expression, une caricature du prophète Mahomet réalisée par un auteur qui a été la cible d’un projet d’attentat déjoué mardi par la police. Le dessin en question – la tête du prophète coiffée d’un turban en forme de bombe à la mèche allumée – est l’une des douze caricatures de Mahomet qui avaient été publiées en 2005 par le journal Jyllands-Posten, provoquant la colère dans le monde musulman. Depuis cette nouvelle publication, des manifestations ont eu lieu au Pakistan, au Bangladesh, au Koweit. L’Organisation de la conférence islamique et le Hamas l’ont condamnée. Les autorités iraniennes avaient convoqué mercredi l’ambassadeur du Danemark à Téhéran.

 

 

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