15 novembre 2006

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TUNISNEWS
7 ème année, N° 2366 du 15.11.2006

 archives : www.tunisnews.net


Le Maghrébin: De la liberté de la presse au Maroc et en Tunisie

Le Maghrébin: Enième reddition de Bouteflika

Le Maghrébin: Le Roi et les affaires

Le Maghrébin: Brown & Root Condor: Une holding « militaro-énergitique »

AP: Al-Jazira prend la parole en anglais

AFP: Al-Jazeera English, la chaîne anglophone d’Al-Jazira, a commencé à émettre

Le Soir: CNN et la BBC n’ont qu’à bien se tenir…

Mouvement des indigènes de la république: Bagagistes de Roissy  –  Un racisme d’etat !

 

SU
*** Nos correspondants à Tunis ont recueilli les témoignages de quelques uns parmi les invités à la réception officielle donnée par Monsieur et Madame Ben Ali au palais du Carthage à l’occasion du 19 anniversaire du « 7 novembre ». Parlent tous d’une expression bien tunisienne qui revient presque dans toutes les bouches, aussi bien de ministres que de hauts cadres du parti au pouvoir que des hauts responsables de l’appareil sécuritaire : « rabbi yoster » (Que Dieu protège ! sous-entendu : la Tunisie). Ils ont unanimement noté, étant réduits, faute d’informations libres et crédibles, à scruter et à lire les traits de visage de leur hôtes, que madame Laila Trabelsi Ben Ali parait nettement moins en forme que  son époux. Un visible coup de vieux fait remarquer l’un des présents.    *** Le ministre de l’intérieur français, Nicolas Sarkozy, devait être reçu lundi 13 novembre à Alger. Officiellement, il abordera avec les autorités algériennes les dossiers du terrorisme et de l’immigration clandestine et annoncera, peut être, à l’occasion, sinon  la suppression du moins une forme d’assouplissement de l’autorisation préalable de visa pour les Algériens. Egalement, il sera question du traité d’amitié entre l’Algérie et la France qui tarde à être paraphé, notamment par la partie algérienne qui lui subordonne la reconnaissance par l’Etat français des crimes commis durant la colonisation. Par ailleurs, la visite du numéro deux du gouvernement français en Algérie intervient à la veille d’une échéance électorale d’une extrême importance pour Nicolas Sarkozy. Tout le monde connaît l’étendue de la communauté algérienne en France et la portée de son vote à la prochaine élection présidentielle. Et ce n’est pas pour rien que Dahmane Abderhmane, qui accompagnera le ministre d’Etat français en Algérie, est nommé responsable à l’immigration au sein de l’UMP. Ancien représentant du régime algérien en France à travers l’amicale des algériens dans l’hexagone, puis militant du RND avant de rejoindre le conseil de culte musulman qu’il finira par quitter, se déclarant musulman laïc. Il est aussi proche de beaucoup d’élus de droite issus de l’immigration et actif dans le milieu associatif qui gravite autour de la représentation algérienne à Paris. (Source: “Le Maghrébin”, édition du 13 novembre 2006) Lien : http://www.hebdo.amd-maghreb.org/index.php?option=com_content&task=blogcategory&id=14&Itemid=66

 

De la liberté de la presse au Maroc et en Tunisie

Des confrères marocains m’ont assez rudement apostrophée à la lecture de mon denier article (Le Maghrébin du 30 octobre) où j’ai établi une comparaison nettement favorable à mon pays (Le Maroc) par rapport à la Tunisie en matière de liberté de la presse. Selon eux, s’il est entendu que l’Etat tunisien est unanimement reconnu comme policier qui a choisi l’étouffement absolu des libertés comme système de gouvernement, le Maroc ne peut selon eux revendiquer une liberté exemplaire. Celle-ci est selon eux « sinon intelligemment du moins diaboliquement encadrée, pilotée  et surveillée par les trois forces dirigeantes véritables du Maroc : le roi, la sécurité de l’Etat et le makhzen ». Je n’en disconviens pas. Et je suis la première à le reconnaitre et à le déplorer. Et le dernier rapport de Reporters Sans frontières énumère, d’une manière exhaustive, les entraves  qui plombent, au Maroc,  une authentique liberté d’expression. Mais tout est relatif. Qu’elle soit intelligemment ou diaboliquement  encadrée, la liberté d’expression au Maroc reste à des années lumière d’avance, sur celle prévalant dans la Tunisie sœur… « Intelligemment » induit implicitement une marge de liberté d’expression dont nos confrères tunisiens sont outrageusement privés. Si au Maroc, la presse est intelligemment encadrée au Maroc, en Tunisie elle l’est plutôt bêtement, pour rester dans le même registre des qualificatifs. Et pour ne pas en reset à ce niveau  d’affirmations autant péremptoires que subjectives, je vais reproduire  ci-après un article publié dans la presse « intelligemment contrôlée » marocaine  (l’hebdomadaire  d’expression française « Le Journal » du 12 octobre 2006 sous la signature de Aboubakr Jamaï)  qui met directement en cause le roi et son entourage. Un article absolument inimaginable en Tunisie. On peut par un simple exercice, remplacer le mot roi (du Maroc) par celui de président (celui de la Tunisie) et le contenu de l’article couvrira presque la même réalité. Sauf qu’au Maroc, l’auteur de l’article est toujours en liberté, toujours directeur d’un journal. Cela n’aurait pas été le cas si l’auteur avait été tunisien. Pour avoir simplement esquissé l’éventualité d’un départ de monsieur Ben Ali,  au terme de ses mandats constitutionnels, de la présidence de la république, le journaliste tunisien Riadh Ben Fadhl a essuyé deux balles dans le corps.
Lisons maintenant l’article de Aboubakr  Jamaï . Fatima Kabba
(Source: “Le Maghrébin”, édition du 13 novembre 2006)

Enième reddition de Bouteflika

Madjid LARIBI
La scène politique algérienne, « squattée » par Bouteflika  donne l’image  d’une Algérie en pleine déliquescence. Habituellement, le chef de l’Etat et  l’alliance scellée autour de lui –  ce qui constitue le pouvoir de façade – informaient,  à des degrés divers, sur l’évolution des rapports avec les vrais décideurs – l’occulte pouvoir réel. Mais ces derniers temps, la situation semble plus tendue que de coutume. Le spectacle  décrypté au vu des derniers événements tant politiques que sécuritaires et sur fond de scandales financiers scabreux, montrent comment les cercles de décision règlent leurs différends avec des méthodes staliniennes à dater au carbone quatorze.
L’affaire BRC, entre autres, puisque c’est elle qui habille les ténébreuses luttes au sommet du pouvoir, ne peut laisser indifférent à plusieurs titres. D’abord par les sommes colossales extorquées par des généraux aux Algériens, se servant à flots et faisant bénéficier des rapaces du capital international, au moment où des pans entiers de nos concitoyens sont réduits à vivre avec moins d’ un dollar par jour. Puis par les risques qu’ils font encourir à notre pays, à son indépendance, en autorisant des consortiums américano-israéliens, sous le couvert de sociétés écrans algéro- sud- africaines, à fricoter dans des affaires aussi stratégiques que l’armement.
Il est condamnable de s’abaisser au point d’être de simples agents de puissances étrangères, souvent hostiles aux aspirations des Algériens. Pour chercher une protection sur la scène internationale, le DRS leur offre l’armée et le pétrole et l’avenir de l’Algérie avec. Comment se prétendre, dans ce cas, être les dignes héritiers de la révolution algérienne, de Abane et de Ben M’hidi.
Cette affaire sert aussi à (re)caser dans les sphères du pouvoir les politiques de service, pour prendre part au « festin des dinosaures », pour saigner l’économie algérienne et les milliers des travailleurs qui crèvent à attendre les arriérés de salaires impayés. Mais également pour chercher des protections auprès de ceux qu’ils ont servi et qui risquent, pour vendre une devanture démocratique, de mettre fin à leur dégradante collaboration et même de le jeter en pâture lorsque, pour simuler un semblant de transparence, ils les traîneront devant les tribunaux. Le chef de l’Etat et ses amis du FLN, après avoir tenté de glaner un autre mandat présidentiel et, partant, placer Belkhadem en position de challenger vu la maladie du locataire d’El- Mouradia, ont fini par négocier leur repentance. C’est ainsi que Bouteflika, qui affectionne les tribunes et les discours fleuves, est devenu muet au moment où tout le monde l’attendait sur les suites à donner à la Charte pour la paix et la réconciliation, mais aussi sur la révision constitutionnelle annoncée en grandes fanfares. A l’ouverture de l’année judiciaire, d’aucuns soulignaient qu’il allait annoncer, devant les magistrats, la date du référendum et convoquer par la même le corps électoral. Un coup d’épée dans l’eau ! Le journal El-watan avait fait part du retrait, à la dernière minute, d’un feuillet du discours du chef de l’Etat et qui concernait justement le referendum pour la révision constitutionnelle. Là s’arrête la révélation du journal, mais le peu qui a été dit renseigne assez sur la décision prise par les décideurs d’évacuer la révision de la loi fondamentale. Et selon des sources fiables, Bouteflika n’a été autorisé à se rendre en Chine qu’après avoir signé sa reddition, lui qui a voulu, a un certain moment, rentrer dans l’Olympe mais les « dieux » lui ont signifié qu’il ne peut être que Sisyphe. Toute cette gestion opaque des affaires de l’Etat se déroule sur fond de manipulation de la violence. Ce qui permet de déstabiliser le politique et de s’assurer ainsi le contrôle de la situation. Le recours à ,la repression empêche les Algériens de faire de la politique, entrave les syndicats et le mouvement associatif libres dans leurs mouvements de revendications. C’est avec cette violence là qu’il « justifie » l’Etat d’urgence et toutes les lois d’exception qui terrorisent toutes les forces qui aspirent à une Algérie libre et démocratique.
Par ailleurs, nombre d’observateurs n’ont pas manqué de s’interroger ces derniers temps sur la recrudescence des attentats terroristes, à commencer par la porte parole du PT (Parti des Travailleurs), Mme Louiza Hanoun, qui a lié cette violence aux dossiers ouverts par le chef de l’Etat. Un des titres de la presse nationale écrit que : « Le flottement politique, qui dure depuis des semaines, renforce le doute que quelque chose ne tourne pas rond dans le Palais d’Alger. L’opacité totale qui caractérise le système politique algérien ajoute à ce tableau des touches sombres. Autant que cette brusque et étrange recrudescence des actes de violence dans le centre du pays ». A bon entendeur salut !
(Source: “Le Maghrébin”, édition du 13 novembre 2006) Lien : http://www.hebdo.amd-maghreb.org/index.php?option=com_content&task=blogsection&id=4&Itemid=27  

Le Roi et les affaires

L’hégémonisme politique de la monarchie semble avoir été mis au service de son hégémonisme économique. C’est sans complexes que les gestionnaires de la fortune du roi s’évertuent à étendre son emprise sur le secteur privé marocain.
La mise au pas de la Confédération Générale des Entreprises du Maroc (CGEM), syndicat des patrons, en est la dernière illustration. Les paillettes de la soi-disant restructuration de la Confédération n’occultent pas les circonstances fort peu démocratiques de l’élection du nouveau patron des patrons et unique candidat à la succession de Hassan Chami, Moulay Hafid Elalamy. Encore plus inquiétant, les businessmen du roi n’hésitent pas à utiliser les attributions politiques du monarque dans la gestion de ses affaires. Les salons casablancais bruissent de ces cas d’hommes d’affaires qui ont eu le tort de ne pas se plier à leurs exigences et qui se sont retrouvés avec un contrôle fiscal sur le dos. Avec les partenaires étrangers, on n’hésite pas à mettre dans la balance les avantages de s’associer avec le chef de l’Etat quand il s’agit de s’ouvrir les portes de …l’Etat. L’omniprésence d’entités publiques et de caisses de retraites  telles que la Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG), entité financière publique comme actionnaires d’appoint  dans le capital des affaires du roi, mais aussi dans celui des groupes appartenant à des industriels  » amis  » de la monarchie, ne laisse pas d’inquiéter. En fait, l’hégémonisme politique de la monarchie semble avoir été mis au service de son hégémonisme économique. C’est là une stratégie doublement dangereuse. D’abord, et on ne le répétera jamais assez, le rôle de la monarchie est d’aider à instaurer des institutions qui permettent l’éclosion d’un véritable entreprenariat, preneur de risques et créateur de richesses. Son rôle n’est surtout pas de se substituer à cette classe des affaires. Or, c’est exactement ce que les managers des affaires du monarque, qui agissent, il convient de le rappeler, sans aucun contre-pouvoirs, sont en train de faire. Cette stratégie relève aussi de la cécité politique. Et c’est là où se révèle l’absence de culture politique des cerveaux qui ont mis en place la nouvelle doctrine de la gestion des affaires du roi. Après la gaffe de faire acheter, par le Commandeur des croyants, Les Brasseries du Maroc, première entreprise de production de bière du pays -revendue depuis la monarchie n’en finit pas d’ajouter de l’eau au moulin de ses opposants islamistes et plus spécialement du leader d’Al Adl Wal Ihssane, Abdeslam Yassine. Dans sa lettre ouverte à Mohammed VI en 1999, il avait exhorté le souverain à rendre aux Marocains les milliards que  Hassan II lui a laissés en héritage. Si l’argument ne manque pas de relents populistes, les risques sont grands qu’il résonne auprès des Marocains défavorisés. Le roi a des intérêts dans la production et la commercialisation de denrées de première nécessité. Comment  nos compatriotes qui peinent à boucler leurs fins de mois percevront-ils la récente augmentation des prix de ces mêmes denrées ? Quel roi verront-ils ? Celui qui se dit le roi des pauvres ou celui qui s’enrichit alors que, eux, souffrent ? Dans le même ordre d’idée, la  domestication de la CGEM relève aussi de la faute politique. Si les acteurs sociaux ne perçoivent plus de différence entre le patronat et la monarchie, cela signifie que cette dernière sera en première ligne dans la confrontation avec les syndicats. Des syndicats qui reprennent du poil de la bête avec le renchérissement du coût de la vie. Des syndicats de plus en plus investis par les forces politiques islamistes. La surexposition politique et économique de la monarchie représente un risque de déstabilisation pour le pays. Dommage que les démocrates  restent muets sur le sujet. Leurs voix sont de plus en plus nécessaires pour sauver la monarchie d’elle-même. Aboubakr Jamaï (Source: “Le Maghrébin”, édition du 13 novembre 2006) Lien : http://www.hebdo.amd-maghreb.org/index.php?option=com_content&task=view&id=155  

Brown & Root Condor: Une holding « militaro-énergitique ».

Par Madjid LARIBI Dans son édition du 9 octobre dernier, Le Maghrébin a fait part de l’enjeu majeure qui a poussé Bouteflika, dans une sorte d’un baroud d’honneur, à déballer sur la scène publique, sans toutefois toucher à l’essentiel, quelques bribes de ce qu’est réellement BRC, cette société crée en 1994 et dont le capital est détenu à 51% par la Sonatrach et à 49% par Halliburton. Dans cette édition et pour donner plus de détails, Le Maghrébin revient sur ce sujet qui est effleuré périodiquement par les journaux algériens, sans en informer leurs lecteurs de la teneur exacte de cette affaire. Le dossier BRC (Brown & Root condor) n’a pas encore livré tous ses secrets. Et il ne faut pas compter sur la presse algérienne, muselée et souvent instrumentalisée dans la lutte de clans, pour faire toute la lumière sur cette affaire qui n’est qu’un segment d’un groupement transnational « militaro-énergétique ». Et ce malgré que certains journaux ont crié haut et fort, sur tous les toits, à qui veut bien les entendre, que le chef de l’Etat a pris la ferme décision de mettre fin aux agissements de la société mixte algéro-américaine. Certains titres de la presse nationale ont même rassuré les Algériens que Bouteflika est maintenant au fait des malversations et dépassements de la compagnie BRC et des sanctions sévères sont donc à l’ordre du jour (sic). Ceci dit, l’on ne peut, connaissant le traitement réservé par le pouvoir à la presse, reprocher à la majorité des journalistes algériens, souvent désarmés, de ne pas aller au fond de certains dossiers. Mais ce n’est pas le cas pour les éditeurs ! Depuis, les journaux algériens continuent, d’une manière intermittente, a donner une série d’informations sur des opérations frauduleuses et des malversations dont se serait rendue coupable BRC, une joint-venture entre Sonatrach et l’américaine Brown Root filiale « engineering » de Halliburton. Pour rappel, cette dernière est une société de service très polyvalente qui jouit d’une réputation sulfureuse : elle est impliquée dans de nombreux scandales en Irak notamment et a été longtemps dirigée par l’actuel vice-président des Etats- Unies, Dick Cheney. C’est ainsi que la presse s’étend complaisamment sur les dépenses exorbitantes…pour meubler un bureau selon une procédure de gré à gré -non légale- de passation de marché, en omettant de dire que le même mode opératoire a été utilisé pour la réalisation d’un hôpital militaire à Oran. En l’espèce, le coût de départ annoncé était de 250 millions de dollars pour une ardoise finale d’un milliard de dollars. Il est à noter au passage que le coût moyen d’un hôpital de ce type, de l’ordre de 160 millions de dollars, est généralement (sur)facturé à 200 millions de dollars à l’Algérie, la différence étant partagée entre chefs militaires et contractants étrangers. On a beau considéré qu’Halliburton peut se prévaloir d’une expertise avérée en matière de surcoûts (voir les contrats irakiens), le différentiel est en l’occurrence, absolument astronomique. De la même manière, sont passés sous silence, pour secret défense ou par crainte du ridicule, les achats, aux Etats- Unies, d’équipements militaires stratégiques sophistiqués par BRC pour le compte de l’Etat- major- Général. Il s’agit de valises de « commandement » à la pointe de la technologie équipant les principaux chefs militaires et de sécurité. Ce matériel hyper-  précieux  qui permet de suivre et contrôler toutes les communications, ne peut être vendu à l’Algérie sans que le Pentagone n’ait des intérêts dans son utilisation par les responsables militaires du MDN (Ministère de la Défense National). Et c’est là que le ridicule intervient ! En effet, ce sont les services de renseignement militaires russes qui informeront le DRS (Département de Renseignement et de Surveillance) que ces équipements de communication sont connectés en permanence sur les systèmes d’intelligence électronique américains et israéliens. Ainsi, ce qui se passe à Bordj- Badji- Mokhtar ou sur les hauteurs d’Alger est immédiatement su par les Américains et leurs alliés Israéliens. S’agit-il de la naïveté de la parts des hauts responsables militaires algériens ou bien sont-ils embarqués dans un rapport officiers traitants/agents. L’implication de Brown & Root Condor concernera également d’autres activités tels que des montages de sociétés écrans algéro- sud africaines destinées à camoufler l’intervention directe de sociétés israéliennes spécialisées, chargées de mettre aux normes de l’Otan l’armement acheté en Russie (avions de combat SU 30 et Mig 29 SMT de dernière génération). Derrière BRC se profilent donc une sorte de holding des généraux algéro- américano- israélo- sud- africains. Un exemple de coopération pour la paix et la prospérité… bien comprises. Alors pourquoi donc sortir partiellement cette affaire BRC sous impulsion discrète de Bouteflika et ne livrer, en fin de compte, que des broutilles en guise de révélations ? Pourquoi taire les montages crapuleux militaro- commerciaux impliquant des officines de pays aux orientations politiques si différentes en apparence ? Le Maghrébin, comme souligné en haut, a rapporté dans son édition du 9 octobre que le terrain des luttes se situe ailleurs, que les révélations sur BRC ne servent que de moyens de pressions. Bouteflika et son entourage ont voulu faire des pressions sur les américains pour qu’ils reconsidèrent leur appui trop systématique aux militaires. BRC appartenant conjointement à Sonatrach et Halliburton a le privilège des marchés du ministère de la défense algérien et comme on le sait à présent intervient en tant qu’acheteur de matériels sensibles sur le marché US. Et c’est dans cette optique que Bouteflika, en plus du blocage de la loi sur les hydrocarbures, est allé jusqu’à flirter, lors du dernier sommet des pays non- alignés, avec Chavez et Castro, les ennemis éternels de l’administration américaine qui a préféré s’allier avec les généraux en s’assurant à la fois le pétrole et l’armée. De son côté, le DRS et l’armée de façon générale utilisent la violence pour montrer qu’ils contrôlent la situation : L’on note ainsi une étrange recrudescence des attentats et la diffusion sur Internet d’une intéressante vidéo de cette organisation terroriste. La menace terroriste pour déstabiliser l’appareil politique récalcitrant, quand elle veut et où elle veut, reste une option éprouvée. Du côté de l’exécutif, « les supputations qu’aucun officiel n’arrive à contenir » se traduisent par l’abandon, par Bouteflika et son chef de l’exécutif, de leur projet de révision de la constitution, les arrières du chef de l’Etat et des caciques du FLN, ses alliés les plus fiables, n’étant plus assurées. Les deux principales figures de la devanture civile du régime, Bouteflika et Belkhadem, doivent donc renégocier leur protection -et celles des membres de leurs familles impliqués dans le business avec les chefs militaires. Ce sont eux par ailleurs qui « fuitent » le scandale BRC à dose homéopathique pour se replacer dans les sempiternelles tractations autour du partage du pouvoir. Par ailleurs, il est de notoriété publique que le conseil juridique algérien de BRC est Maître Bouteflika- frère du président- et anciennement avocat- conseil du groupe Khalifa.    (Source: “Le Maghrébin”, edition du 13 novembre 2006) Lien : http://www.hebdo.amd-maghreb.org/index.php?option=com_content&task=view&id=152


Al-Jazira prend la parole en anglais

 

Associated Press, le 15 novembre 2006 à 14h13 par Jim Krane   DUBAI (AP) — Al-Jazira, la chaîne arabe d’information qui bouscule depuis dix ans la couverture de l’actualité dans le monde arabe, a lancé ce mercredi un programme d’information continu en anglais destiné à plus de 80 millions de foyers potentiels, mais sans diffusion significative aux Etats-Unis.   Après plusieurs retards, Al-Jazeera English (AJE), contrôlée par la famille de l’émir du Qatar, a commencé sa diffusion à 13h (12h GMT) via le satellite, certains réseaux câblés et sur Internet. Son ambition affichée est de séduire certains des téléspectateurs de ses concurrents anglophones CNN et BBC, en proposant une approche de l’actualité différente de celle des chaînes occidentales.   « Nous sommes le 15 novembre, et une nouvelle ère de la télévision s’ouvre », a lancé le premier présentateur, prenant l’antenne après la diffusion d’un montage sur les images les plus marquantes de ces dix dernières années. Al-Jazira a ensuite fait état de l’actualité mondiale, commençant par un sujet sur Gaza, avant de parler de la situation au Darfour, en Irak et au Zimbabwe.   Ce lancement précède de peu celui prévu le 6 décembre de la chaîne France-24 d’information internationale en français, en anglais, et en arabe pour sa version Internet. France-24 prévoit de diffuser quatre heures par jour en arabe dès l’été 2007.   Depuis sa création en 1996, Al-Jazira a dérangé autant les dirigeants occidentaux que les pays arabes, qui ont perdu avec elle leur monopole du contrôle de l’information. En donnant la parole à des opposants politiques, ou encore aux responsables israéliens habituellement absents des télévisions arabes, Al-Jazira a brisé de nombreux tabous. Elle a été interdite dans au moins 18 pays arabes au fil des années, et l’est à ce jour dans quatre d’entre eux.   De leur côté, les Etats-Unis ont plusieurs fois dénoncé la diffusion de communiqués d’Al-Qaïda et des messages d’Oussama ben Laden comme une promotion du terrorisme. Washington critique également les images des violences en Irak et accuse la chaîne d’attiser les sentiments anti-américains.   Mais la chaîne a toujours soutenu que ses images servaient l’information et qu’elle propose une couverture équilibrée. Elle s’est également posée comme un passage obligé pour les dirigeants occidentaux souhaitant s’adresser au monde arabe.   Toutefois, la chaîne reste perçue comme hostile par de nombreux Américains, ce qui explique peut-être pourquoi aucun grand réseau n’a accepté de relayer sa version anglaise aux Etats-Unis. Alors qu’elle sera largement disponible en Europe grâce au câble et au satellite, la chaîne n’a pu trouver que quatre partenaires commerciaux mineurs sur le territoire américain.   Les Américains pourront recevoir Al-Jazeera English via GlobeCast, filiale d’une société française qui propose un service satellitaire dont le coût d’installation est d’environ 300 dollars (230 euros).   Les trois autres partenaires commerciaux d’Al-Jazeera English sont Fision, un service numérique bientôt disponible à Houston; Jump TV qui se présente comme « le leader mondial de la télévision ethnique sur le Net »; et VDC, un service qui offre la télévision via Internet à une dizaine de milliers de clients aux Etats-Unis.   La chaîne sera diffusée en direct sur son site Internet (http://english.aljazeera.net  ).   Al-Jazeera English a embauché 500 journalistes pour lancer sa version anglophone, débauchant certains journalistes vedettes comme l’ancien présentateur de CNN Riz Khan, David Frost de la BBC ou encore l’ancien correspondant d’ABC Dave Marash. Les programmes, diffusés en haute définition, seront élaborés dans quatre bureaux principaux basés à Doha, quartier général de la chaîne, ainsi que Londres, Washington et Kuala Lumpur.   Al-Jazira avait déjà ajouté à sa chaîne d’information une chaîne dédiée aux enfants et une autre consacrée aux sports.   Associated Press


Al-Jazeera English, la chaîne anglophone d’Al-Jazira, a commencé à émettre

 AFP, le 15 novembre 2006 à 14h29 DOHA, 15 nov 2006 (AFP) – La chaîne anglophone de la télévision du Qatar Al-Jazira, Al-Jazeera English (AJE), dernière née des chaînes d’information en continu, a commencé à émettre mercredi à 12H00 GMT. Après un générique composé d’images d’actualité de ces dernières années, dont celles du 11-Septembre et de la capture de Saddam Hussein, deux présentateurs, Shiulie Ghosh et Sami Zeidan, debout dans les studios de la nouvelle chaîne à Doha, « au coeur du Moyen-Orient », ont accueilli les téléspectateurs. « Une nouvelle ère dans le domaine de l’information internationale commence avec cette nouvelle chaîne », a déclaré Mme Ghosh. Pendant toute la matinée, un compte à rebours était affiché à l’écran, où apparaissait le logo d’Al-Jazira, la chaîne arabe lancée en 1996. Al-Jazeera English a ouvert sur l’alerte au tsunami dans l’extrême-nord du Japon. Les développements du conflit israélo-palestinien, avec la mort d’une Israélienne tuée dans une attaque palestinienne aux roquettes, ont dominé le premier journal d’AJE. Une brève déclaration du chef du bureau politique du mouvement islamiste palestinien Hamas, Khaled Mechaal, a été diffusée. La situation au Darfour, au Soudan, ainsi qu’en Somalie, et le dossier nucléaire iranien ont aussi figuré parmi les principaux autres sujets d’actualité, couverts par des correspondants de la chaîne. L’arrivée de la nouvelle chaîne a été retransmise en direct par la chaîne arabe, qui a donné à cette occasion la parole au directeur général du groupe Al-Jazeera Satellite Network, Wadah Khanfar. Ce dernier a souligné qu’AJE allait « capitaliser sur le succès de la chaîne arabe ». « Je suis absolument ravi d’avoir lancé Al-Jazeera English », a déclaré son directeur général, Nigel Parsons, affirmant: « il y a un vide sur le marché que nous allons exploiter ». Outre Doha, où est basé un « desk » responsable du Moyen-Orient, AJE dispose de centres à Londres, Washington et Kuala Lumpur qui se relayeront pour diffuser des journaux couvrant l’actualité dans le monde. La nouvelle chaîne, qui compte une vingtaine de bureaux, affirme être en mesure d’être reçue, dès le jour du lancement, dans 80 millions de foyers reliés par satellite ou câble de par le monde.   AFP


La grande chaîne arabe d’information lance une petite soeur en anglais. CNN et la BBC n’ont qu’à bien se tenir…

Baudouin Loos   Cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani ne manque pas d’ambition. Ni d’idées. Voilà un émir, celui d’une petite pétromonarchie du Golfe, le Qatar, qui lança sur fonds propres il y a tout juste dix ans la première chaîne d’information en continu en langue arabe, Al-Jazira (« la Péninsule »). Fort de son succès à l’échelle arabe, l’émir récidive, mais cette fois en visant le monde entier, puisque ce mercredi, à 13 heures, débuteront les émissions d’une nouvelle chaîne d’information en continu, Al-Jazira International (AJI). Langue véhiculaire : l’anglais. Public cible : tout anglophone ou anglophile de la planète. Du monde, donc.   Le projet est né de l’agacement que suscite dans le monde arabo-musulman le prisme systématique de la culture occidentale dans la présentation de l’information par les grandes chaînes internationales d’information, comme l’américaine CNN ou la britannique BBC.   AJI a pris du retard. Son lancement était programmé pour 2005. Retard technique, dit-on. Mais les Qataris souhaitaient aussi peaufiner leur produit avec soin. Car la chaîne ambitionne de jouer sans tarder dans la cour des grands. Les moyens mis en oeuvre en attestent : 800 employés de 55 nationalités, dont 245 journalistes, travailleront à partir de plus de soixante bureaux dans le monde, dont quatre centres stratégiques, Doha, bien sûr, mais aussi Londres, Washington et Kuala Lumpur. Comme pour la maison mère, le budget d’AJI reste un secret bien gardé par la richissime famille Al-Thani.   Les paramètres permettant une diffusion massive ont été soignés : Wadah Khanfar, le directeur général d’AJI, annonçait mardi que la chaîne s’était assuré la collaboration d’un tel nombre d’opérateurs par satellites et par câbles (46) qu’elle pourra toucher… quatre-vingts millions de foyers dans le monde ! Du jamais-vu pour un lancement… Seule région problématique : les Etats-Unis, où, pour d’obscures raisons, Al-Jazira peine à trouver des câblodistributeurs. Mais les amateurs pourront se rabattre sur le site internet pour écouter et voir les émissions d’AJI ( http://aljazeera.net/english). En Belgique, seuls les Flamands câblés pourront parfaire leur anglais sur cette chaîne arabe.   Al-Jazira a mis les petits plats dans les grands : des « noms » qui comptent ont été engagés auprès de la concurrence anglophone, les Sky News, CNBC, ITV News ou BBC. Dont une authentique « vedette » : Sir David Frost, ex-BBC, qui, à 67 ans, peut se targuer d’être l’unique journaliste qui a pu interviewer les sept derniers présidents américains et les six derniers Premiers ministres britanniques.   De quelle nature seront les informations diffusées sur AJI ? Wadah Khanfar a promis une couverture « impartiale et équilibrée ». Il sera intéressant de voir si les employés d’origine occidentale resteront toujours en phase avec les confrères du monde arabo-musulman.   Depuis son lancement, le 1er novembre 1996, Al-Jazira en arabe, qui emploie de nombreuses journalistes féminines, s’est en tout cas forgé une réputation peu banale. À l’exception du… Qatar épargné par la critique, la plupart des régimes arabes cultivent de lourdes rancoeurs envers la chaîne. Par exemple, le bureau d’Al-Jazira à Bagdad a été fermé par les autorités en 2004. La Tunisie, aussi chatouilleuse que maladroite, a même fermé son ambassade à Doha il y a moins de trois semaines parce qu’Al-Jazira s’était rendue coupable d’avoir diffusé une interview du célèbre opposant Moncef Marzouki.   C’est que la « marque » Al-Jazira est crainte depuis longtemps : grâce au satellite, la chaîne a introduit dans les pires dictatures une culture inconnue – parce qu’interdite -, celle du débat pluraliste et de la liberté d’_expression. Les crises se sont multipliées avec les régimes arabes, mais aussi avec les alliés occidentaux. L’ineffable Donald Rumsfeld ne qualifiait-il pas la couverture de la chaîne pendant l’invasion de l’Irak de « nocive, inexacte et inexcusable », comme pour justifier le bombardement des bureaux d’Al-Jazira qui avait coûté la vie à un journaliste ?…   Cela dit, un certain nombre d’intellectuels arabes trouvent la chaîne complaisante avec l’islamisme ou en tout cas avec la religion (diffusion régulière, notamment, d’une émission du populaire cheikh Qardhaoui sur les interdits de l’islam). Mais les accusations de certains, s’agissant d’une complicité avec Ben Laden, qui envoie volontiers ses cassettes à Doha, ne convainquent pas tout le monde.   Pour la chercheuse franco-tunisienne Olfa Lamloum, « Al-Jazira a brisé le monopole du sens détenu jusqu’alors par les médias occidentaux ». La version anglaise n’en est que plus attendue.   (Source : « Le Soir », (Belgique), le 15 novembre 2006)


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