2 novembre 2008

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TUNISNEWS

8 Úme année, N° 3085 du 02.11.2008

 archives : www.tunisnews.net  

 


AFP: Cameroun: les motivations des ravisseurs floues, les otages en bonne santĂ© Europe 1 : Cameroun : les rebelles pourraient garder les otages “trĂšs longtemps” Xinhua: Les deux Autrichiens enlevĂ©s en Tunisie de retour dans leur pays Slim Bagga: L’Audace, le fisc français et le ministre Mondher ZenaĂŻdi: Et ta soeur, mon cher Mondher!!! Le Bloc-Notes de Sami Ben Aballah


Le site provisoire de KALIMA: http://kal.mediaturtle.com


 

Cameroun: les motivations des ravisseurs floues, les otages en bonne santé

Il y a 11 heures DOUALA (AFP) — Deux jours aprĂšs l’enlĂšvement de dix personnes dont 7 Français du secteur pĂ©trolier Ă  Bakassi, les motivations des ravisseurs, qui ont un temps menacĂ© de tuer les otages avant de se raviser, restent floues alors que Paris et YaoundĂ© observent un mutisme presque total. “Les otages sont en trĂšs bonne santĂ©. Il sont bien traitĂ©s et sont en sĂ©curitĂ©”, a affirmĂ© le chef des ravisseurs, le commandant Ebi Dari des Bakassi Freedom Fighters (BFF), joint depuis Libreville par tĂ©lĂ©phone dimanche en fin de matinĂ©e. “Il n’y a toujours pas de contacts avec le gouvernement camerounais”, a-t-il prĂ©cisĂ© 36 heures aprĂšs l’enlĂšvement dans la nuit de jeudi Ă  vendredi. Samedi un membre des BFF avait menacĂ© de “tuer les otages un par un” s’ils ne rencontraient pas les autoritĂ©s camerounaises avant lundi mais le groupe rebelle et son commandant ont annoncĂ© samedi qu’ils ne “voulaient plus les tuer”. Toutefois, le commandant Dari a assurĂ© ĂȘtre “prĂȘt Ă  les garder trĂšs longtemps” dans “la forĂȘt” du secteur de Bakassi, une zone de mangrove aux milliers de bras de riviĂšres que les rebelles connaissent parfaitement. Les motivations du groupe restent floues. Alors que de source militaire camerounaise, les rebelles chercheraient des “compensations financiĂšres”, le commandant Dari promet “Nous ne l’avons pas fait pour l’argent. Nous ne demandons pas d’argent Ă  la compagnie”. Il rappelle “que les gens de Bakassi souffrent” et prĂ©cise que son groupe a fait parvenir il y a trois mois ses demandes dans un document au gouvernement. La pĂ©ninsule de Bakassi, dont les eaux sont potentiellement riches en pĂ©trole et gaz, est une rĂ©gion trĂšs instable et de nombreux groupes armĂ©s y sont actifs. Elle a Ă©tĂ© rĂ©trocĂ©dĂ©e au Cameroun par le Nigeria le 14 aoĂ»t aprĂšs quinze ans d’un diffĂ©rend frontalier. Les BFF estiment que cette rĂ©trocession s’est faite sans consulter les populations locales. Au Cameroun, les autoritĂ©s observent un mutisme total depuis vendredi soir lorsqu’elles ont annoncĂ© dans un communiquĂ© que “tout Ă©tait mis en oeuvre” pour la libĂ©ration des otages. Le prĂ©sident camerounais Paul Biya, qui avait quittĂ© le pays depuis 45 jours, est revenu samedi de Suisse. Comme d’habitude, la date de son retour Ă©tait tenue secrete mais il est possible que le prĂ©sident ait Ă©courtĂ© ses vacances prises aprĂšs le sommet de la francophonie fin octobre. En soirĂ©e, deux reponsables militaires en charge de la zone oĂč ont Ă©tĂ© kidnappĂ©s par les otages ont Ă©tĂ© limogĂ©s. Le gouvernement a aussi dĂ©pĂ©chĂ© sur place le ministre chargĂ© des Relations avec le Commonwealth, Joseph Dion Ngute, spĂ©cialiste du secteur mais celui-ci se refuse Ă  toute dĂ©claration Ă  la presse. CĂŽtĂ© français, on reste aussi trĂšs discret. “Le mieux est d’en dire le moins possible”, a affirmĂ© le ministre de la DĂ©fense HervĂ© Morin enn dĂ©placement Ă  Djibouti. “Nous suivons la situation avec beaucoup d’attention, une cellule de crise a Ă©tĂ© constituĂ©e. Nous avons un dialogue avec l’armateur, avec les autoritĂ©s politiques locales et nous examinons la situation heure par heure. Mais permettez-moi de considĂ©rer que moins on en dit, mieux on se porte.” ” A chaque fois qu’il y a eu des opĂ©rations de ce genre, elles se sont bien terminĂ©es. Laissons les discussions s’effectuer”, a-t-il ajoutĂ©. Samedi le Quai d’Orsay avait estimĂ© “crĂ©dible” le fait que les BFF dĂ©tiennent les otages. Sept sont Français, dont l’un est Franco-SĂ©nĂ©galais, deux sont Camerounais et un autre Tunisien. Les cinq membres d’Ă©quipage du Bourbon Sagitta, qui n’ont pas Ă©tĂ© enlevĂ©s, ont Ă©tĂ© accueillis par une Ă©quipe de Total et de Bourbon qui avaient dĂ©pĂ©chĂ© des spĂ©cialistes de ce genre de situation, a-t-on appris de sources concordantes, mais lĂ  encore, la presse est tenue Ă  l’Ă©cart. Les Bakassi Freedom Fighters sont des rebelles qui ont notamment revendiquĂ© les attaques de juin et juillet dans la pĂ©ninsule qui avaient coĂ»tĂ© la vie Ă  7 soldats camerounais et un sous-prĂ©fet.  

Cameroun : les rebelles pourraient garder les otages “trĂšs longtemps”

 
Créé le 31/10/08 – DerniĂšre mise Ă  jour le 02/11/08 Ă  9h40 Le chef des Bakassi Freedom Fighters, le groupe rebelle nigĂ©rian qui a pris en otage vendredi au large du Cameroun 10 membres d’équipage d’un bateau dont six Français travaillant dans le secteur du pĂ©trole pour Total, a assurĂ© sur Europe 1 samedi qu’il avait “changĂ© de stratĂ©gie” et qu’il n’allait pas tuer les otages. Mais plus tard dans la journĂ©e, il a assurĂ© qu’il Ă©tait prĂȘt “Ă  garder les otages trĂšs longtemps” si des nĂ©gociations n’étaient pas ouvertes autour de la rĂ©gion du Bakassi avec le gouvernement du Cameroun. Le porte-parole du ministĂšre des Affaires Ă©trangĂšres a fait savoir que la France accueillait avec “soulagement” mais “prudence” les dĂ©clarations du groupe des Bakassi Freedom Fighters. “Le gouvernement du Cameroun ne nous a pas encore contactĂ©s. S’il ne nous appelle pas, nous garderons les otages pour trĂšs longtemps. Nous pouvons les garder trĂšs, trĂšs longtemps”, a affirmĂ© samedi le commandant Dari contactĂ©, Ă  propos des 10 membres d’équipage d’un bateau dont six Français travaillant dans le secteur du pĂ©trole pour Total et pris en otage vendredi au large du Cameroun. Le chef du groupe rebelle des Bakassi Freedom Fighters n’a pas voulu dĂ©voiler quelles Ă©taient les demandes exactes que ferait son mouvement au gouvernement affirmant : “Nous avons envoyĂ© un document il y a trois mois avec nos revendications pour des nĂ©gociations de paix. Le gouvernement n’a pas rĂ©pondu”. “Nous ne les tuerons pas. Nous n’avons aucun problĂšme avec le gouvernement français et nous n’aurions rien Ă  gagner Ă  tuer des Français. Nous affirmons maintenant que leur sĂ©curitĂ© est garantie”, avait dĂ©jĂ  affirmĂ© samedi sur Europe 1 le commandant Ebi Dari qui menaçait jusqu’alors de les tuer Ă  partir de lundi. Il avait alors prĂ©cisĂ© qu’il gardait les otages expliquant que ceux-ci Ă©taient “prĂ©cieux dans le rapport de force avec le gouvernement”. Mais sur place, la situation semblait confuse. Par tĂ©lĂ©phone, les reporters d’Europe 1 avaient ainsi assistĂ© Ă  une dispute entre les rebelles. Le porte-parole du ministĂšre des Affaires Ă©trangĂšres a d’ailleurs dĂ©clarĂ© que la France accueillait avec “soulagement” mais “prudence” les dĂ©clarations du groupe des Bakassi Freedom Fighters. InvitĂ© d’Europe 1 vendredi soir, le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, avait confirmĂ© que le Centre de crise du ministĂšre avait Ă©tĂ© activĂ© et que l’affaire Ă©tait prise au sĂ©rieux. Mais aucun contact officiel n’a encore Ă©tĂ© pris avec les preneurs d’otages. CĂŽtĂ© camerounais, deux hauts responsables militaires en charge de la rĂ©gion de Bakassi et LimbĂ© ont Ă©tĂ© limogĂ©s samedi par le prĂ©sident camerounais. Les preneurs d’otages, les Bakassi Freedom Fighters, ne sont pas des inconnus et les spĂ©cialistes de la rĂ©gion considĂšrent qu’ils doivent ĂȘtre pris trĂšs au sĂ©rieux. Ils ont notamment revendiquĂ© les attaques de juin et juillet dans la pĂ©ninsule qui avaient coĂ»tĂ© la vie Ă  sept soldats camerounais et un sous-prĂ©fet. La pĂ©ninsule de Bakassi, dont les eaux sont potentiellement riche en pĂ©trole et gaz, est une rĂ©gion de mangrove instable et infestĂ©e de groupes armĂ©s. Elle a Ă©tĂ© rĂ©trocĂ©dĂ©e au Cameroun par le Nigeria le 14 aoĂ»t aprĂšs quinze ans d’un diffĂ©rend frontalier. Les dix membres d’Ă©quipage pris en otage se trouvaient sur un navire du groupe français Bourbon opĂ©rant sur un terminal pĂ©trolier pour le compte de Total. Aucun d’entre eux n’a Ă©tĂ© blessĂ© lors de l’opĂ©ration. Samedi, le chef des rebelles a confirmĂ© que “les otages sont bien traitĂ©s et nous continuerons Ă  bien les traiter”.
(Source: “Europe 1 Network” le 2 novembre 2008)


Les deux Autrichiens enlevés en Tunisie de retour dans leur pays

 2008-11-02 14:34:04       VIENNE, 2 novembre (Xinhua) — Les deux Autrichiens, dont  l’enlĂšvement fin fĂ©vrier en Tunisie avait Ă©tĂ© revendiquĂ© par la  branche d’al-QaĂŻda au Maghreb, sont retournĂ©s samedi dans leur  pays, a annoncĂ© la ministre autrichienne des Affaires Ă©trangĂšres,  Ursula Plassnik, lors d’une confĂ©rence de presse Ă  l’aĂ©roport  international de Vienne.       Les deux otages ont Ă©tĂ© Ă©vacuĂ©s immĂ©diatement aprĂšs leur  arrivĂ©e Ă  l’aĂ©roport.       Ils ne souhaitent pas rencontrer les mĂ©dias lors de leur retour en Autriche et ont besoin de “repos et de contrĂŽle mĂ©dical  complet”, a expliquĂ© le ministĂšre autrichien des Affaires  Ă©trangĂšres.       Selon un communiquĂ© de presse rendu public par le ministĂšre,  les deux otages avaient Ă©tĂ© remis Ă  la dĂ©lĂ©gation autrichienne,  dirigĂ©e par Mme Plassnik, lors d’une cĂ©rĂ©monie samedi matin à  Bamako par le prĂ©sident malien Amadou Toumani TourĂ©.        La santĂ© des deux otages est “assez bonne” et ils apparaissent  seulement “Ă©puisĂ©s”, a indiquĂ© l’Ă©quipe mĂ©dicale d’accompagnement, qui leur a fait un examen physique.       Les deux otages, Wolfgang Ebner, 51 ans, et sa petite amie  Andrea Kloiber, 44 ans, avaient Ă©tĂ© enlevĂ©s le 22 fĂ©vrier dans le  sud de la Tunisie oĂč ils traversaient le Sahara Ă  bord de leur  vĂ©hicule.       Les ravisseurs avaient d’abord exigĂ© la libĂ©ration de tous les  membres d’al-QaĂŻda dĂ©tenus en AlgĂ©rie et en Tunisie et le  versement d’une rançon de cinq millions d’euros, avant de  revendiquer seulement le versement d’une rançon moins importante.       AussitĂŽt aprĂšs la libĂ©ration des deux otages, certains mĂ©dias  ont rapportĂ© qu’une rançon moins importante a Ă©tĂ© payĂ©e, ce qui a  catĂ©goriquement rejetĂ© par Anton Prohaska, le reprĂ©sentant spĂ©cial autrichien pour le dossier des otages, qui a soulignĂ© que  l’Autriche “respecte les obligations Ă©tablies par le droit  international” et n’a payĂ© aucune rançon.       Mme Plassnik a Ă©galement niĂ© avoir versĂ© de rançon, prĂ©cisant  que les deux otages ont Ă©tĂ© libĂ©rĂ©s “Ă  travers des moyens  humanitaires”. Elle a par ailleurs remerciĂ© le Mali pour le rĂŽle  important qu’il a jouĂ© dans la libĂ©ration des deux otages.

Emission TV-Allemande
Mittwoch: 5.11.08 21.00h..21.45h SĂŒdwest *Reisewege Tunis* Von der Medina zur Metropole

L’Audace, le fisc français et le ministre Mondher ZenaĂŻdi:

Et ta soeur, mon cher Mondher!!!

 

 
Par Slim Bagga       Que les lecteurs de “Tunisnews” me pardonnent, le titre n’a rien d’insultant. Juste une digression bien française qui veut dire ce qu’elle veut dire. Lorsque j’ai suspendu “L’Audace”, il y a un an, j’en avais expliquĂ© les raisons que tout le monde semble avoir comprises. Certains mercenaires m’avaient alors accusĂ© d’avoir empochĂ© des milliards pour me taire. Fadaises, bien sĂ»r, et je garde toujours un oeil ouvert sur ce qui se passe dans le pays. D’ailleurs maintenant plus que jamais!!! J’avais aussi prĂ©venu sur ces mĂȘmes colonnes de Tunisnews que si l’on m’attaquait gratuitement, je m’attaquerais Ă  Ben Ali en personne car mes sources demeurent intactes et que je n’ai pas dĂ©cidĂ© d’une retraite. Les choses se sont plus ou moins calmĂ©es, et “Tunis a repris le sourire avec Paris”, comme l’a Ă©crit le Nouvel Observateur dans un article absolument dĂ©sinformĂ© concernant “le Tunisien qui dĂ©range”. Mais alors , puisque Carthage a repris le sourire, que vient de rompre Mondher Zenaidi? Un ministre qui sort de la reserve supposĂ©e!!! Alors, je le redis, aucun accord n’a Ă©tĂ© fait entre la mafia au pouvoir et “L’Audace”. Aucun!!! Et il n’y en aura jamais. Mais je ne vais pas Ă©voquer la famille cette fois, mais Mondher ZenaĂŻdi, ministre actuel de la SantĂ©, ex-ministre du Commerce, ex-ministre du Tourisme, ex je ne sais quoi encore. Il m’a cherchĂ©, il me trouve. Un ministre Ă©changiste qui fait honte Ă  l’Etat Mondher ZenaĂŻdi vient d’affirmer “en privĂ©”: “J’ai eu la peau de Slim Bagga. Le fisc français lui a prĂ©parĂ© un dossier et l’a fait taire. Ben Ali est heureux de ce que je lui ai fomentĂ©. Nous sommes un Etat fort, la France lui a clouĂ© le bec”. Alors, mon cher ministre, idiot, sachez que la France qui doit savoir et connaĂźtre mes relations avec le fisc, est la premiĂšre Ă  savoir que mes comptes bancaires sont clean, qu’avec le fisc je suis en rĂ©gularitĂ©. Et que si nous Ă©tions dans un pays de droit, c’est vous qui ĂȘtes redevable envers le fisc tunisien. Car vous ĂȘtes une pourriture qui volez votre votre pays et les contribuables. En ce qui me concerne, mes revenus sont dĂ©clarĂ©s dans un pays de droit. Vos acquisitions ne sont pas dĂ©clarĂ©es dans un pays de non droit. Alors, Chut!!! Un ministre “pleureuse” comme une faible crĂ©ature Le ministre “pleureuse” a mis tous les moyens de l’Etat pour faire parvenir Ă  M. Mohamed Mzali, Ă  mon ami KhemaĂŻs Chammari, Ă  Omar S’Habou , Ă  feu Mohamed Charfi qu’il fallait que Slim Bagga s’arrĂȘte. Mais mon pauvre ministre, c’est vous qui Ă©tiez en train de crĂ©er votre propre actualitĂ©. C’est vous qui avez donnĂ© des autorisations et bĂ©nĂ©ficiĂ© de subsides, c’est vous qui ĂȘtes sale pour que “L’Audace” se fĂ»t intĂ©ressĂ© Ă  vous. Mon journal n’a pas de problĂšme avec des ministres, il a  une conscience pour arrĂȘter les dĂ©rapages des ambitions de ministres de la RĂ©publique sans conscience… Cerise sur le gĂąteau A travers Mounir Ben JemaĂą, vous avez mĂȘme approchĂ© mon pĂšre, en pleurnichant. Et il vous a maladroitement promis que son fils “vous foutra la paix”. Vous avez rĂ©ussi quelque chose, ce jour-lĂ  Ă  Paris: crĂ©er un diffĂ©rrend entre mon pĂšre et moi. Mais je lui ai dit non. Je n’ai rien contre ZenaĂŻdi, j’ai contre lui ses pratiques malsaines. J’espĂšre que vous saisissez enfin que mĂȘme par la famille, on ne m’atteint pas. Tant pis pour mon pĂšre, il est comprendra ce qu’est un ministre pourri. Donc ni Mzali, ni Chammari, ni S’Habou, ni Charfi, ni mon pĂšre ne changeront quelque chose Ă  ce que je sais de vous. Ce sont des personnes que je respecte et qui ne sont jamais intervenues dans le contenu du journal. Vos Ă©missaires les ont gĂȘnĂ©s plus que l’utilitĂ© qui vous arrange. Cela n’a pas marchĂ©, et cela ne marchera pas. Jamais! Rien ne me fait plier sur ce dont je suis convaincu, Ă  savoir que vous ĂȘtes lĂ  oĂč vous ĂȘtes par accident. Et vous n’ĂȘtes pas le seul, en effet. Car vous disiez que “Slim me lĂąche, je ne suis pas le seul”. Oui, vous ĂȘtes plusieurs, pour ne pas dire tous Ă  dilapider l’argent public, et dilapider le crĂ©dit de la Tunisie, un petit pays sans ressources. Maintenant, rappelez-vous J’avais 20 ans (et j’en ai 47), oubliez-vous le calvaire que vous avez fait subir Ă  Amel Zmerli, fille de Bouraoui Zmerli, commisssaire divisionnaire, probe et compĂ©tent, Ă  la retraite, pendant que sa fille Ă©tait votre secrĂ©taire Ă  l’Office du Commerce. Chaque soir, elle rentrait Ă  l’Ariana, pour me dire que vous la dĂ©goĂ»tiez. Mais elle tenait Ă  sa place, elle se taisait. Vous souvenez-vous que vous avez utilisĂ© vos amis d’enfance Moncef et Kamel Hamzaoui, de votre bled, Ă  Kasserine, pour tenter de m’amadouer et demandĂ© ce que je voulais? Je vous ai dit “Rien”. Et Moncef est lĂ  pour tĂ©moigner comment vous pleurnichiez: “Ya Kamel, Ya Moncef, dĂźtes lui de me lĂącher. Ce Slim est dans ma salle de bains”. Non, Monsieur le ministre, je n’Ă©tais pas dans votre salle de bains, j’Ă©tais prĂ©venu sur ce que je savais dĂ©jĂ , un opportuniste et un ambitieux qui utilise son poste de ministre pour rĂ©nover les hĂŽtels tunisiens en salles de bains et sanitaires, Ă  travers une entreprise dont votre frĂšre est le patron officiel. Alors, c’est moi qui vous en veux ou vous qui ĂȘtes sale? Je ne sais pas, posez vous la question; vous ĂȘtes de toute façon arrogant… Alors le soir oĂč Kamel Hamzaoui m’a parlĂ© de vos jĂ©rĂ©miades, j’ai partagĂ© une biĂšre avec lui Ă  “votre santĂ©”, en rigolant du ministre de la RĂ©publique. Ministre, risĂ©e Faut-il , pour Ă©voquer votre ambition, prouver que vous ĂȘtes un lĂąche mĂȘme sportivement. Quand il fallait casser Slim Chiboub, vous criez sur tous les toits qu’il Ă©tait incompĂ©tent. sur tous les toits, c’est Ă  dire en direction des Trabelsi. L’espĂ©rantiste que vous ĂȘtes n’a ni foi ni loi. C’est vous qui avez sorti le bruit selon lequel vous avez chassĂ© Slim Chiboub de l’Ă©quipe de l’EspĂ©rance de Volley-Ball pour manquement aux rĂšgles sportives envers l’arbitrage. Et ce prĂ©sident de l’EspĂ©rance, vous l’avez cassĂ© Ă  volontĂ© pour votre ambition personnelle. Je vous rassure, je suis clubiste, je ne dĂ©fends pas les magouilles de l’EspĂ©rance. Mais vous n’ĂȘtes mĂȘme pas sportif car vous manquez de dignitĂ©. Faut-il rappeler la derniĂšre affaire de mon frĂšre et ami Tarek Dhiab, oĂč votre silence assourdissant est bruissant de vos ambitions. RĂ©solument, quand on est con , on est con comme le dit la chanson A partir de ce jour, vous ĂȘtes la risĂ©e des ministres, et des gens qui lisent Tunisnews. Je ne sais pas si votre prĂ©sident vous garde mĂȘme s’il s’accommode de la mĂ©diocritĂ©, on le sait . Mais ce n’est pas lui l’objet de cet article. 7000 soleils Ce titre de film ne vous dit rien, mais il va essayer de bousculer votre conscience sur les Monts de la rue VĂ©nus Ă  travers ce dĂ©tail: En tant que ministre de la SantĂ©, vous avez brisĂ© un couple, dont la femme est mĂ©decin de rĂ©fĂ©rence, qui fait honneur Ă  la Tunisie, pour placer l’ami de votre soeur. Alors, je vous dis : et ta soeur. Inutile de gesticuler, si on y touche encore, je sortirai d’autres choses sur vous. Et j’en ai les preuves. Si je parle d’elle Ă  prĂ©sent, c’est pour vous dire que je sais beaucoup de choses qui auraient Ă©tĂ© Ă©talĂ©es sur “L’Audace”. Mais voilĂ , rĂ©parez Monsieur le ministre. Si vous avez une bribe de conscience, vous ferez regrouper des couples compĂ©tents, alors que votre prĂ©decesseur a signĂ©, et ne privilĂ©giez pas le copain de votre soeur en dĂ©chirant la compĂ©tence et l’honnĂȘtetĂ©. 846 mĂ©decins et pharmaciens veulent quitter le pays. J’en ai la liste. VoilĂ  votre trace Ă  la SantĂ©, Monsieur le ministre pleureur, au service de Madame de “Maintenant”, et pas De Maintenon. Pour le fisc, il ne sera pas chez moi Ă  Paris demain. Mais il le sera devant vous un jour. Et je rigolerai, demain avec les ministres de votre RĂ©gence, qui seront les premiers Ă  faire une chkoba sur vous. Slim Bagga
 

 

Le Bloc-Notes de Sami Ben Aballah:

Om Zied, le SMS de Sarko Ă  Carla, la rĂ©volution française, la Palestine  et le retour du Christ,Le « jour le plus long » d’Ahmed Nejib Chebbi

 
Par Sami Ben Abdallah www.samibenabdallah.com
 
Om Zied, Le SMS de Sarko à Cécilia et la Tunisie
 
FĂ©vrier 2008. Une polĂ©mique Ă©clate en France. Airy Routier journaliste Ă  l’hebdomadaire de gauche, le Nouvel Observateur, publie un article selon leqyel Nicolas Sarkozy « aurait » envoyĂ© un SMS Ă  sa premiĂšre Ă©pouse CĂ©cila, 8 jours avant son mariage avec Carla Bruni, il aurait Ă©crit : «  Si tu reviens, j’annule tout ». Nicolas Sarkozy rĂ©agit au lendemain de la publication de l’article, il dĂ©pose une plainte pour « faux, usage de faux et recel » Ă  l’encontre du Nouvelobs.com. Carla Bruni, l’épouse actuelle du prĂ©sident français rĂ©agit aussi, Dans cette interview, elle dĂ©clare « le Nouvel Observateur a fait son entrĂ©e dans la presse people. Si ce genre de sites avait existĂ© pendant la guerre, qu’en aurait-il Ă©tĂ© des dĂ©nonciations de juifs? ».
 
L’affaire se complique quand la SociĂ©tĂ© des rĂ©dacteurs (SDR) du Nouvel Observateur dĂ©nonce un « coup de force » de Nicolas Sarkozy aprĂšs sa plainte Ă  l’encontre du site Internet du journal. Nicolas Sarkozy jouit d’une immunitĂ© judiciaire, en dĂ©posant cette plainte au pĂ©nal, « le prĂ©sident de la RĂ©publique –écrit la SDR- fait fi de la loi de 1881 sur la presse qui fixe les droits et devoirs des journalistes en matiĂšre de diffamation publique ». La SDR apporte son « soutien » au journaliste Ă  l’origine de l’article.
 
Le journaliste risquait 3 ans de prison . Un dĂ©bat oppose les pour et les contre la publication du SMS en question. Le site du Nouvel OBS enregistre 492 rĂ©actions Ă  l’article en question. Sarko fait de la communication politique en mĂ©diatisant sa vie privĂ©e. Mais un journal a-t-il le droit de publier une information relatant le contenu d’un faux/vrai SMS ? Qu’en est-il de la libertĂ© d’expression ? Sarko a une immunitĂ© judiciaire, par consĂ©quent, a-t-il le droit de « porter plainte » ?
 
La France est un modĂšle, parmi tant d’autres, de dĂ©mocratie, car les Français n’ont pas peur de commettre des erreurs, de les corriger, d’exposer leurs problĂšmes et d’y apporter des solutions. Et pour cause, l’affaire trouve une solution : « Sarko, paraĂźt-il, a abandonnĂ© sa plainte », Carla Bruni a prĂ©sentĂ© des excuses dans laquelle elle se dit « extrĂȘmement dĂ©solĂ©e » si elle a « pu blesser quelqu’un » en comparant le Nouvel OBS Ă  la presse anti-juive.
 
Jean Danel, le fondateur du Nouvel Obs s’excuse Ă  son tour. Dans son Ă©ditorial intitulĂ© « Une erreur ? Oui », Jean Daniel souligne que le prĂ©sident a « jetĂ© lui-mĂȘme sa vie privĂ©e en pĂąture ». « C’est lĂ , disons-le, que nous avons eu tort », Ă©crit-il. « Car c’est prĂ©cisĂ©ment parce qu’il faisait tout pour nous entraĂźner dans son univers qu’il ne fallait pas s’y laisser conduire », explique-t-il.
 
« La porte qu’il a ouverte en Ă©talant sa vie privĂ©e, nous n’avions pas Ă  la franchir », reconnaĂźt-il, ajoutant : « si j’avais eu l’information dont Airy Routier a disposĂ©, je me serais empressĂ© de m’en dĂ©tourner ». Mais Jean Daniel ne lĂąche pas le journaliste. Il le soutient.
 
En Tunisie, nous avons peur d’exposer nos problĂšmes et par consĂ©quent, il n y a pas de dĂ©bat. Ce dernier se rĂ©duit Ă  « ĂȘtes vous pour ou contre ? et fermez la ». Il suffit de voir la polĂ©mique suscitĂ©e par la publication de Mouwatinoun-Journal du FDLT (Forum DĂ©mocratique pour les LibertĂ©s et le Travail, reconnu par le pouvoir)- d’un article de Mme Neziha Rjiba (Om Zied). Dans cet article, OM Zied revient sur le piratage du site KalimaTunisie. « Om Zied fait porter aux autoritĂ©s tunisiennes la responsabilitĂ© de l’attaque informatique qui avait ciblĂ©, le 8 octobre dernier, le site Internet de Kalima. Le ministĂšre de l’intĂ©rieur a interdit la distribution de l’hebdomadaire Mouwatinoun qui avait reproduit l’article de la journaliste dans sa derniĂšre Ă©dition.Le journal est saisi et Om zied convoquĂ© au tribunal ».
 
La convocation d’Om Zied coĂŻncide avec une autre affaire dans laquelle, son mari, M.Mokthar Jallali (ancien dĂ©putĂ© de l’UDU) est impliquĂ©. « Le 13 octobre dernier, l’avocat a Ă©tĂ© victime d’un accident de la circulation causĂ© par un chauffard qui l’a violemment percutĂ© dans un carrefour Ă  Tunis. Sous la violence du choc, la voiture de Mokhtar Jallali a fait plusieurs rotations en glissant, lui faisant perdre le contrĂŽle de son vĂ©hicule ; lequel, Ă  son tour, a percutĂ© mortellement un passant ». Mais Mokthar Jallali est toujours en prison.
 
Osons nous interroger « Ă  la française ». Mme Neziha Rjiba, Om Zied, est officiellement un « membre du CNLT  (prĂ©sidĂ© par Sihem Bensedrine). Par ailleurs une «militante de la libertĂ© d’expression », journaliste Ă  Kalima dirigĂ© par Sihem Bensedrine. Enfin, une secrĂ©taire gĂ©nĂ©rale du CongrĂšs Pour la RĂ©publique (CPR, Non reconnu) prĂ©sidĂ© par Moncef Marzouki. N y a-t-il pas une confusion et «conflit d’intĂ©rĂȘt » ?
 
Imaginons que Airy Routier journaliste du Nouvel OBS, était aussi le numéro 2 du Parti socialiste ou le second de Ségoléne Royal. Comment allons-nous qualifier son article du SMS ? du pur journalisme ? ou un coup politique contre son adversaire politique ?
 
En Tunisie, nous gagnerons en clartĂ© si les frontiĂšres Ă©taient Ă©tablies entre ceux qui veulent faire de la politique, ceux qui veulent militer pour les droits de l’Homme et ceux qui veulent militer pour la libertĂ© d’expression. On peut ĂȘtre journaliste politique ou militant des droits de l’Homme ayant des affinitĂ©s politiques avec untel ou untelle. Mais on ne peut pas ĂȘtre les 3 en mĂȘme temps. On ne peut pas avoir une logique d’expression d’un militant des Droits de l’Homme, et une logique d’action d’un politicien.
 
Om Zied ne devrait elle pas choisir entre la politique et le journalisme ? Om Zied a-t-elle tort ou raison d’accuser le pouvoir de pirater son site ? Kalima aurait pu faire appel Ă  un expert de sĂ©curitĂ© en Internet et appuyer les propos d’Om Zied par un rapport technique clair et net. Le RĂ©dacteur en Chef de Mouwatinoun avait-il pris la bonne dĂ©cision publier l’article d’Om Zied ?
 
D’un autre cotĂ©, qui censure les sites Internet ? il est clair que c’est l’Agence Tunisienne d’Internet . Pourquoi ? selon quels critĂšres ? A propos d’Om Zied, qui l’agresse dans la rue ? qui a colportĂ© des ragots contre sa famille ? Pourquoi l’un de ses enfants subit des fouilles systĂ©matiques chaque fois qu’il passe par l’aĂ©roport de Tunis ? Serait-il un « terroriste » ? Pourquoi le cabinet de son mari serait sous surveillance et les clients dĂ©couragĂ©s d y accĂ©der ? A-t-on rĂ©solu tous les problĂšmes d’insĂ©curitĂ© et de criminalitĂ© dans notre pays pour inviter les flics qui chĂŽment Ă  surveiller les cabinets, les domiciles des uns et des autres ? Pourquoi son mari n’a-t-il pas Ă©tĂ© libĂ©rĂ© ?
 
Ce qui nous sépare de la France
 
En 2001, le Ministre Slaheddine Maoui a reconnu que des militants de droits de l’Homme font parfois l’objet de harcĂšlement, qualifiant la censure d’Internet de contre productive. M.Khememem du MinistĂšre de la justice a soutenu que « parfois des opposants provoquent les bavures » (Ă  coup de provocations verbales). Alors que le prĂ©sident de la RĂ©publique Ă  appelĂ© les journalistes Ă  plus d’audace, soulignant son attachement Ă  la libertĂ© d’expression, et Ă©voquant une certaine Ă©thique Ă  respecter ».
 
En Tunisie, il y a le discours assez libĂ©ral et les faits qui contredisent ce discours. LĂ  n’est pas le problĂšme. Car dans tous les pays du monde, il y a un fossĂ© entre le discours et les faits. Mais la question est : Pourquoi il y a ce fossĂ© ? quelles solutions apporter ? En Tunisie que le dĂ©bat se rĂ©duit Ă  «  Etes-vous pour ou contre Om Zied, ĂȘtes-vous pour ou contre la rĂ©action du pouvoir », sans que l’on ose se poser toutes les questions que les Français n’ont pas hĂ©sitĂ© Ă  se poser. Car on peut respecter Om Zied, voir mĂȘme l’aimer tout en trouvant que dans ce qu’elle Ă©crit, il y a parfois des formulations maladroites ou excessives. Om Zied gagnerait en clartĂ© si elle choisissait un statut. A dĂ©faut, elle risquerait de devenir une sorte de «fond de commerce » pour les uns comme pour les autres. Hier Zouhair Yahyaoui (qui s’en rappelle encore ?), hier encore Mohamed Abbou , Slim Boukdhir et tant d’autres? Aujourd’hui Om Zied. A qui le tour demain ? Oui, on peut respecter Om Zied, voir mĂȘme l’aimer mais, elle n’écrit pas du Coran. Om Zied ose poser des questions qui dĂ©rangent dans son article en question. Elle s’interroge sur le pourquoi du faible soutien Ă  Kalima parmi les rangs de la dissidence. Elle n’ose pas de commettre les rĂ©ponses qui fĂąchent : « Kalima et le CNLT Ă©taient trĂšs populaires il y a quelques annĂ©es. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Kalima n’est « plus » le journal de « toute la dissidence », elle est le journal « d’une famille » voir mĂȘme d’une personne. Idem pour le CNLT.
 
Les conflits d’intĂ©rĂȘts n’en manquent pas. Les membres du CNLT sont des rĂ©dacteurs Ă  Kalima dont une partie de sa direction fonctionne selon une logique de clans:  du bien de son propre clan et feu sur le reste, et tous les coups sont permis. Cela s’appelle du copinage. Qu’om Zied ose et pousse son interrogation jusqu’au bout ? Elle est dans son droit lĂ©gitime de reprocher Ă  ceux qui n’ont pas soutenu Kalima de ne pas l’avoir fait, mais combien de fois Kalima a soutenu des sites ou des blogueurs censurĂ©s ? Les responsables de Kalima sont libres de leur ligne Ă©ditorialiste, mais il y a un conflit d’intĂ©rĂȘt Ă©vident. Le CNLT ou Kalima pourraient retrouver la popularitĂ© du passĂ©, il appartient Ă  sa direction qui ne manque pas d’intelligence, de changer de mĂ©thode, de mettre Ă  cotĂ© cette culture pourrie qui caractĂ©risait les maoĂŻstes ou les staliniens des annĂ©es 70.A dĂ©faut, il faut ĂȘtre cohĂ©rent et assumer car on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre.
 
Om Zied risque la prison ? Le journaliste du Nouvel OBS risquait 3 ans de prison, mais l’affaire du SMS a trouvĂ© une solution. Qu’Om Zied soit emprisonnĂ©e, cela ne grandira pas le pouvoir. Idem pour son mari. Si les lois permettent sa libĂ©ration, qu’on applique les lois. Car le mari emprisonnĂ©, sa femme aussi, y a qu’à mettre encore les enfants en prison et discourir le lendemain sur « le processus dĂ©mocratique ». C’est l’injustice, la censure, la nĂ©gation de l’autre, le rejet de la diffĂ©rence qui produisent le radicalisme et l’extrĂ©misme.
 
Le cas de l’article d’Om Zied aurait pu ĂȘtre un cas qui pourrait faire Ă©voluer le dĂ©bat dans notre pays, comme le fut le cas du SMS qu’aurait envoyĂ© Sarko Ă  CĂ©cilia. Ce n’est pas propre au cas Om Zied. Il y a le journal al-Mawquif qui est jugĂ© pour diffamation, les journaux de l’opposition qui souffrent des sociĂ©tĂ©s de distribution, des blogueurs dont les blogs sont censurĂ©s. Ils ne savent pas Ă  qui s’adresser. ils ne sont pas soutenus par des militants de la libertĂ© d’expression (est-ce car leurs affaires ne sont pas exploitables politiquement ?).
 
A dĂ©faut, les mĂȘmes causes produiront les mĂȘmes effets. Le piratage des sites web restera un sujet rĂ©current. Ces inconnus qui auraient piratĂ© Kalima, le site de Moncef Marzouki, Tunisia Watch, le site du PDP, Tunisnews par le passĂ©, et pleins d’autres sites pourraient demain pirater Ă  nouveau ces sites. Que va-t-on faire ?
 
Un communiquĂ© pour Ă©noncer la position politique s’avĂšre insuffisant. Il faut oser passer de l’amateurisme au professionnalisme : sauvegarder rĂ©guliĂšrement le contenu des sites webs, acheter des licences SSL pour des connexions sĂ©curisĂ©es (70€/an), protĂ©ger les noms de domaine par des copyright (10€ Ă  vie) ou en enregistrant le nom de domaine comme marque dĂ©posĂ©e en France (210€/10 ans soit 21€/an) faire appel Ă  des techniciens pour produire des rapports techniques, porter des plaintes dans les pays qui hĂ©bergent ces sites web ou en Tunisie. Idem pour la censure, oui pour la dĂ©nonciation de cette derniĂšre, mais essayons en parallĂšle d’autres solutions : faire des pages Facebook et hi5 de Tuninews, de Kalima, de Tunisia Watch et tous les sites censurĂ©s, des campagnes collectives d’E-mailing, de publicitĂ© (ainsi le coĂ»t sera accessible car divisĂ© sur le nombre des sites annonceurs). Ces solutions techniques sont Ă  la portĂ©e de tous. Elles nĂ©cessitent un minimum d’investissement financier. Mais cette question peut facilement ĂȘtre contournĂ©e si tous ces sites et ONG, cotisaient ensemble pour engager deux ou trois webmasters tunisiens ou Ă©trangers. Ainsi, la cotisation devinera symbolique. Quand on sait que la communautĂ© europĂ©enne subventionne les uns et les autres Ă  coups de milliers d’euros, on ne peut que s’interroger : «  A quoi servent ces subventions ? Ou sont les rapports financiers ? ». Ne va-t-on pas quand mĂȘme passer sa vie Ă  Ă©crire des communiquĂ©s ? Alors que d’autres solutions sont faisables !
 
Osons des questions qui fĂąchent :  : Kalima est thĂ©oriquement hĂ©bergĂ© chez un serveur europĂ©en. Pourquoi sa direction ne porte-t-elle pas plainte contre ces pirates anonymes ? Idem pour Moncef Marzouki qui a Ă©crit Ă  cinquiĂšme communiquĂ© pour se plaindre du cinquiĂšme piratage de son site (par ailleurs, il a annoncĂ© qu’en cas de nouveau piratage, son site sera Ă  nouveau construit. Nul doute que Moncef Marzouki publiera encore un sixiĂšme CommuniquĂ©. En cas d’un septiĂšme piratage, il publiera un septiĂšme communiquĂ©, huitiĂšme piratage, huitiĂšme communiquĂ©, neuviĂšme piratage, neuviĂšme communiqué et Ă  la fin, il pourra Ă©diter un livre : « Mes communiquĂ©s contre les pirates » etc). Une question s’impose : le site de Moncef Marzouki est hĂ©bergĂ© chez un serveur europĂ©en, pourquoi ne porte-t-il pas plainte en France?
Si deux ou trois propriĂ©taires de sites piratĂ©s portaient plainte, on instituera une nouvelle tradition : un piratage vaut plainte. Les pirates anonymes finiront par abandonner ou qui sait, peut-ĂȘtre certaines personnes ne «pourraient pas porter plainte » ? Car ces histoires de piratages sont inventĂ©es ?( Deux cas tragi-comiques. Un site algĂ©rien a annoncĂ© que son site a Ă©tĂ© piratĂ© avant de se rendre compte que comme il n’a pas payĂ© la redevance annuelle Ă  l’hĂ©berger, celui-ci a suspendu son site. DeuxiĂšme cas, celui d’un site qui se prĂ©tend Tunisien mis en ligne par des non Tunisiens. Le propriĂ©taire de ce site a semble-t-il piratĂ© son propre site pour se faire un coup de pub. Ce qui est tragi-comique, c’est qu’il ne sait pas que tous savent qu’il a piratĂ© son propre site).
Quant Ă  la censure, elle est absurde car l’évolution technologique rend toute censure impossible. Les E-mails sont interceptĂ©s dit-on ? Les messenger yahyoo, gmail, MSN, et Skype ne peuvent pas l’ĂȘtre. Certains sites sont censurĂ©s ? Ils peuvent se mettre sur Facebook ou hi5. Les connexions de certaines personnes sont coupĂ©es ? Avec la technique du WIFI, la coupure de connexion est impossible, car chacun pourrait se connecter grĂące Ă  la connexion d’un de ses voisins (sans que cette personne ne le sache forcement) dans un rayon de 100 mĂštres. Du coup, pour couper la connexion Ă  une personne, il faut couper la connexion de toutes les personnes se trouvant dans un rayon de 100 mĂštres. Le pouvoir devrait rĂ©aliser qu’il vaut mieux ouvrir ce dossier de la censure d’Internet et qu’on trouve ensemble des solutions.
Ce qui nous sĂ©pare de la France, ce n’est pas la rĂ©volution française, mais toutes ces questions que les Français ont le courage de poser, d’y apporter des solutions en commettant des erreurs, de les corroger plus tard, et ainsi de suite. Ils exposent leurs problĂšmes et y apportent des solutions. En Tunisie, toutes ces questions sont prises en otage. Le rĂ©gime vous sommera de choisir : Si vous n’ĂȘtes pas avec lui, c’est que vous ĂȘtes un traĂźtre, et les opposants dĂ©mocrates, vous sommeront de choisir : si vous n’ĂȘtes pas pour Om Zied, c‘est que vous ĂȘtes un vendu au rĂ©gime.
Mais ne peut-on pas respecter voir aimer Om zied tout en trouvant que dans ce qu’elle Ă©crit, il y a parfois des formules maladroites ? Et qu’elle gagnerait en clartĂ© en choisissant ou le journalisme ou la politique ?
En France, une affaire de SMS trois fois rien a fait avancer le dĂ©bat sur la libertĂ© d’expression. En Tunisie, les vrais problĂšmes sont occultĂ©s et depuis l’indĂ©pendance de notre pays le dĂ©bat n’avance pas. Chez Nous, tout est une question de « CommuniquĂ© », de « discours ». Nos hommes politiques ont habituĂ© les Tunisiens et les Tunisiennes Ă  la culture du « Discours » et du « CommuniquĂ© ». Par consequent, les Tunisiens sont devenus des voyeuristes de « CommuniquĂ©s ». La majoritĂ© est cantonnĂ©e dans l’attentisme et les philosophes des deux camps thĂ©orisent : « il faut que la Tunisie vive une sorte de rĂ©volution française, il faut que la Palestine soit libĂ©rĂ©e pour que les choses avancent dans notre pays ». Tant que vous y ĂȘtes, ajouter : « la couche d’ozone, la disparition de la famine dans le monde et le retour du Christ ou du Mahdi ». Ajouter aussi : «  le jour oĂč vous aimerez la Tunisie ». Et quand ce jour lĂ , arrivera, faites un CommuniquĂ©.
 
Le «jour le plus long » d’Ahmed Nejib Chebbi
 
Le PDP (Parti DĂ©mocratique Progressiste, PDP, reconnu par le pouvoir) se rĂ©unira bientĂŽt pour se prononcer sur cette question dĂ©cisive qui divise ses partisans : qui reprĂ©sentera le PDP aux prĂ©sidentielles ? car aprĂšs le Ă©niĂšme amendement de la Constitution, la candidature d’Ahmed Nejib Chebbi n’est plus recevable lĂ©galement. Politiquement, elle demeure faisable.
Au PDP, les dĂ©bats se multiplient : faut-il que Nejib Chebbi se dĂ©siste au profit de Maya Jribi ? Faut-il que le PDP prĂ©sente un candidat aux prĂ©sidentielles ? Ou doit-il se contenter du rĂŽle de «spectateur » et espĂ©rer ĂȘtre rĂ©compensĂ© aux Ă©lections lĂ©gislatives en voyant nombre de ses tĂȘtes de liste accĂ©der, pour la premier fois dans l’histoire du Parti, au parlement ?
Au-delĂ  de la question qui de Maya Jribi ou de Nejib Chebbi sera le candidat du parti, le dĂ©bat se dĂ©cline en sous dĂ©bats : La stratĂ©gie politique du PDP : Faut-il rĂ©intĂ©grer le camp de la majoritĂ© prĂ©sidentielle composĂ©e du MDS, du PUP, du PSL, de l’UDU et du PTV ? faut-il continuer dans la stratĂ©gie de rupture  avec le pouvoir prĂŽnĂ©e par Nejib Chebbi ? Ou faut-il inventer une formule qui arrange les uns et les autres ?
Ce dĂ©bat a vu le jour suite Ă  l’apparition d’un groupe de Pdpiste composĂ© majoritairement des anciens du groupe 15-21 (la gauche Islamique). Et les mauvaises langues, qui rappellent que cette composante du paysage politique a toujours conçu la politique «avec » le pouvoir en place et non « contre » lui, soulignent que les Pdpistes de ce groupe seraient motivĂ©s (Ă©tant des quadragĂ©naires ou des quinquagĂ©naires dans leur majoritĂ©) par des siĂšges au parlement d’autant plus que les Ă©lections lĂ©gislatives approchent. Enfin, il y a les « Souverainistes du PDP ». Ces derniers n’ont pas digĂ©rĂ© l’introduction de certaines personnes du microcosme politique  dans la candidature de Nejib Chebbi. Selon ces derniers, la candidature et la campagne prĂ©sidentielle est l’affaire du Parti.
La situation politique de Nejib Chebbi s’est fragilisĂ©e aussi avec l’ambiguĂŻtĂ© entretenue par Ahmed Ibrahim, le secrĂ©taire GĂ©nĂ©ral d’Ettajdid (Ancien Parti Communiste Tunisien). Les proches de ce dernier ont multipliĂ© les annonces sur sa «possible » candidature sans l’officialiser. Il est clair qu’Ahmed Ibrahim prĂ©fĂšre prendre tout son temps pour calculer -en fonction des rĂ©actions du pouvoir aussi- ce qu’il gagne et ce qu’il perd politiquement parlant de sa candidature ou de son dĂ©sistement. Il est clair aussi qu’Ahmed Ibrahim tiendra compte de la dĂ©cision du PDP. Si la candidature de Nejib Chebbi est confirmĂ©e par le PDP, Ahmed Ibrahim se dĂ©clarera Ă  son tour, en axant sa campagne sur la thĂ©matique classique du rejet de l’islamisme. Il pourra priver ainsi Nejib Chebbi, accusĂ© de « servir » ou de « se servir » des islamistes tunisiens, d’une partie de ses soutiens de gauche. Ceux que Nejib Chebbi a espĂ©rer rĂ©cupĂ©rer en cooptant Ayachi Hammami et Khemais Chammari.
Outre la concurrence lĂ©gitime d’Ahmed Ibrahim, le bilan de quelques mois de campagnes de Nejib Chebbi est mitigĂ©. Si l’apport de Nejib Chebbi est visible, ceux de ses soutiens est invisible ou « presque ». Ayachi Hammami serait en train de prendre se distances pour rejoindre Ahmed Ibrahim. Samiya Abbou, presque absente. De son premier comitĂ© de campagne, il ne reste que « Khemais Chammari », le « presque » Directeur de Campagne de Nejib Chebbi. Pour ce dernier, la question demeure rĂ©currente : Que peut-il faire de concret pour Nejib Chebbi ? La valeur politique de Khemais Chammari est-elle sous-Ă©valuĂ©e ou surĂ©valuĂ©e ? Car si les inconditionnels de Khemais Chammari le prĂ©sentent comme un des leaders de l’extrĂȘme gauche tunisienne, de 1967 Ă  1973, il est curieux de constater que ni Ahmed Othmani, ni Noureddne Ben Kheder, ni Gilbert Naccache ne citent Khemais Chammari dans leurs livres mĂ©moires. Khemais Chammari Ă©tait-il un «Leader invisible » ?
Les contradicteurs de Nejib Chebbi ne se lassent pas de rappeler ce qu’ils croient « ses dĂ©fauts » : « il serait trĂšs autoritaire, il n’accepte pas les critiques, il trĂšs flexible politiquement  et le parti est otage de ses ambitions prĂ©sidentielles».
Le dĂ©bat sur les qualitĂ©s ou dĂ©fauts personnels de Nejib Chebbi relĂšve de la libertĂ© de chacun, mais il demeure subjectif. Il est clair que l’amitiĂ© n’est pas son point fort, il est clair qu’il est trĂšs pragmatique, et c’est une qualitĂ©. Il est clair enfin, qu’il est dotĂ© d’une intelligence politique remarquable, qu’il a un potentiel politique pas exploitĂ© encore et qu’il est capable du pire comme du meilleur. Sa grande qualitĂ©, c’est qu’il Ă©volue vite.
Si ses adveresserais Ă  l’intĂ©rieur comme Ă  l’extĂ©rieur du PDP, ont tous les droits de marquer leurs dĂ©saccords politiques avec sa trajectoire, certains d’entre eux, devraient cependant comprendre qu’ils ont intĂ©rĂȘt Ă  se constituer au sein du PDP comme courant politique plutĂŽt que de se constituer Ă  l’extĂ©rieur comme nouveau groupe ou parti ou tendance. Car Ă  l’extĂ©rieur du PDP, leur valeur politique deviendra moindre, et la politique Ă©tant un rapport de force, mĂȘme le pouvoir ne voudra «plus » d’eux.
Aujourd’hui le destin du PDP est liĂ© Ă  celui de Nejib chebbi. L’enjeu est de se constituer comme une force politique au centre de la gauche tunisienne avec des ailes nationalistes et libĂ©rales. Si les Pdpistes oublient ces enjeux, Ettajdid qui a entamĂ© sa transformation idĂ©ologique et glisse, comme tous les partis communistes ans le monde, Parti Communiste Français ou le Parti Communiste Italien vers le centre de la gauche, cannibalisera le PDP. Et ce dernier explosera ou se rĂ©duira Ă  un petit parti.
Pour Nejib Chebbi, il y a un Smic militantiste Ă  observer Ă  son Ă©gard. Pas forcĂ©ment le soutenir comme « candidat » (c’est encore tĂŽt) mais soutenir « son droit » de se prĂ©senter aux prĂ©sidentielles, comme soutenir le droit de tout autre Tunisien ou Tunisienne s’il se dĂ©cidait Ă  se prĂ©senter.
Le jour le plus long de Nejib Chebbi a commencĂ©. Ses partisans comme ses adversaires n’attendent pas de sa part un CommuniquĂ© orphelin la veille des prĂ©sidentielles pour annoncer son retrait (comme c’était la cas en 2004). Il sera jugĂ© sur le concret. Car les faits sont tĂȘtus. Jusque- lĂ , il a montrĂ© une capacitĂ© exceptionnelle Ă  s’adapter en fonction du rapport de force avec le pouvoir. TrĂšs opportuniste en politique (et c’est une qualitĂ©), il a pu profiter par le passĂ©, du radicalisme du CPR, du POCT, du discrĂ©dit qu’a frappĂ© Ettajdid suite Ă  son alliance avec le pouvoir et de chute libre du poids politique d’Ennahdha.
Mais aujourd’hui, que le CPR, le POCT, sont en crise, Ettajdid prenant de plus en plus des positions courageuses et Ahmed Ibrahim montrant qu’il s y connaĂźt en politique, c’est Ă  Nejib Chebbi de crĂ©er le jeu politique, de ne plus s’adapter en fonction du rapport de force avec le pouvoir, mais de «provoquer » un rapport en sa faveur.
ça paraßt vraiment difficile. Y arrivera-t-il ?

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