14 juin 2008

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TUNISNEWS
 8 ème année, N°  2944 du 14.06.2008 archives : www.tunisnews.net


Association Internationale de Soutien aux Prisonniers politiques: Demandera-t-on des comptes aux responsables de la prison de Borj El Amri ?

FAHEM BOUKADDOUS :Communiqué

Luiza Toscane:Coup de théâtre au procès de Sameh Harakati

Rouge n° 2256:Répression sanglante en Tunisie Kalima:La France, son despote et leur justice TunisiaWatch :La blogosphère tunisienne dans le collimateur de la censure www.webmanagercenter.com :Média tunisien: blogs contre presse Marianne :En Tunisie, la croissance n’apporte pas la démocratie syfia.info :Tunisie : le foulard sous pression

 


 
Liberté pour tous les prisonniers politiques Liberté pour Abdallah Zouari, le journaliste exilé dans son propre pays Association Internationale de Soutien aux Prisonniers politiques   43 Rue Eldjazira, Tunis e-mail : aispptunisie@yahoo.fr   Tunis, le 13 juin 2008  

Demandera-t-on des comptes aux responsables de la prison de Borj El Amri ?

 

L’administration de la prison de Borj El Amri s’acharne quotidiennement contre les prisonniers relevant de ce qu’on appelle communément l’ »anti terrorisme ». Les pratiques arbitraires récentes s’apparentent à celles subies par les prisonniers du mouvement En Nahdha pendant la décennie noire des années 90 dans cette prison de sinistre réputation. Les parloirs de cette prison ont été le théâtre ce matin de scènes désolantes à l’occasion de la visite de la famille Mrabet à son fils Ahmed (condamné à 15 ans d’emprisonnement dans l’affaire 10604, connue comme l’affaire de « Slimane »). La famille a attendu pendant une heure et demie avant qu’Ahmed Mrabet ne soit amené sur un fauteuil roulant. Il était dans un état critique, ne pouvant parler naturellement. Sa sœur a appris qu’il était en grève de la faim depuis la semaine passée pour protester contre les mauvais traitements auxquels il est soumis : il n’a pas droit à des soins, ni de recevoir de courrier, de livres, et de journaux et il doit vivre dans un cachot exigu d’où s’exhale une puanteur infecte. Il n’en sort que pour un court moment chaque jour. Le directeur de la prison, qui n’a accepté de rencontrer la famille qu’après que la mère du prisonnier se soit évanouie, et que ses accompagnateurs aient bruyamment protesté, examinera les requêtes d’Ahmed Mrabet s’il arrête sa grève de la faim ! […] Pour l’Association Le président Maître Saïda Akrami (traduction d’extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)


Communiqué  
Gafsa le 13 juin 2008   Les forces de la police ont interdit a fahem boukaddous‚ reporter de la chaîne satellitaire Alhiwar Atounesi‚ de s’introduire qu tribunal de Gafsa pour assister qu procès d’un groupe de jeunes originaires de la ville de Metlawi. Un procès ayant pour cause les protestations qu’a connues le bassin minier a partir du 5 Janvier dernier. Au début les policiers se sont contentes d’injurier‚d’insulter et de menacer le reporter‚ mais pour la suite ils ont utilisé la force physique et l’ont frappé au vue et su des dizaines de citoyens. Cet acte d’agression fut accompli par Mohamed yousfi‚ un grand responsable dans la police politique. Ainsi le reporter fut éloigne du tribunal. Il est a noter que ce reporter a connu ce genre de harcèlement suite aux succès des reportages qu il a réalisées pour la chaîne Alhiwar‚ reportages ayant pour sujet le large mouvement de protestation souvenu au Bassin minier au sud tunisien. Un mouvement qui a démenti le discours de l’état concernant la réussite de sa politique économique‚ ainsi que l’intérêt porte aux pauvres. Le responsable est accuse par les activistes de la société civile d’avoir torture a la suite de leur arrestation certains leaders de ce mouvement de protestation a Redayef. Les journalistes tunisiens connaissent beaucoup d’oppressions de la part de l’état en vue de dissimuler ses attentes aux droits de l’homme citons l’exemple d’arrestation de Hedi Raddawi le reporter de “ Mouatinoun” a la suite d’une interview réalisés avec certains blesses dans les manifestations de Redayef et qui ont été les ables des tires des forces de la police le 6/6/2008. Il est aussi a signaler la disparition du photographe Mahmoud Raddadi le lundi 9 Juin 2008 après avoir photographie des protestations des miniers a la ville de Redayef. Ainsi la situation est devenu tellement grave qu’elle représente un danger qui guette la vie des journalistes et reporters ce qui nécessite une vive et sérieuse action de dénonciations.   FAHEM BOUKADDOUS Correspondant de la chaîne satellitaire Alhiwar-attounesi

 


Coup de théâtre au procès de Sameh Harakati

Vendredi 13 juin s’est ouvert le procès en appel de Sameh Harakati et de ses co-accusés, après une série de reports.

A la surprise générale des présents lors de cette audience publique, le principal accusé, Slim Arfaoui, s’est rétracté de ses dires antérieurs, et a reconnu avoir chargé à dessein Sameh Harakati. Il a endossé l’entière responsabilité des faits commis et a totalement disculpée Sameh Harakati. Quant aux autres accusés, ils ont avoué ne pas la connaître. Il en va de même avec butin issu du trafic de voitures, dont le montant est estimé à six mille dinars, Slim Arfaoui confessant que Sameh Harakati n’en avait pas touché la moindre part, contrairement à ses aveux passés. Il n’en fallait pas plus pour que l’accusée, ses proches et la défense, poussent, une fois la surprise passée face à ce revirement imprévu, un soupir de soulagement et puissent espérer un non-lieu pour la jeune femme, définitivement blanchie par celui-là même qui l’avait accusée depuis le début de l’affaire.

Toutefois, le jugement n’a pas été prononcé à l’issue de la séance et il devrait l’être lors de la prochaine audience, annoncée pour le 4 juillet prochain.

Dans sa livraison du 14 juin, le journal Essabah a « rendu compte » à sa façon du procès, passant totalement sous silence les dires du principal accusé, et exonérant par son article et par avance la justice d’une quelconque erreur judiciaire, qui, si elle s’avérait confirmée, aurait coûté à Sameh Harakati un an et demi d’emprisonnement dans des conditions inhumaines. En voici quelques morceaux choisis : « Des membres d’une bande de voleurs et de trafic de voitures font appel des jugements prononcés contre eux

Cinq accusés, dont une jeune fille, qui avaient fait appel de condamnations à l’emprisonnement allant de 9 à 11 ans pour constitution d’une bande en vue d’agresser les personnes et les biens et de trafic de monnaie tunisienne et de vol caractérisé avec usage de violence, ont été présentés aujourd’hui devant la chambre criminelle de la Cour d’Appel de Tunis.

Les faits remontent à l’année 2006 […]

Les investigations ont mis en évidence le complicité des cinq accusés dont la jeune fille. Ils ont reconnu devant l’enquêteur les détails des faits et un autre accusé a reconnu sa participation à un trafic de marchandises entre la Tunisie et l’Algérie ainsi qu’entre l’Algérie et la Tunisie.

De même, les investigations ont mis en évidence que les accusés avaient mené des dizaines d’opérations similaires à l’affaire de ce jour;

Pour cela, ils ont été condamnés devant le tribunal de Première Instance de Tunis. La première a écopé de onze ans d’emprisonnement pour tous ces chefs ainsi que le second qui a pris onze ans, le troisième 10 ans. Quant au quatrième et au cinquième, ils ont écopé de neuf ans et ils ont attaqué ce jugement et se sont présentés devant la Cour d’Appel. L’accusée s’est rétractée et a nié les accusations portées contre elle, quant aux autres accusés, ils ont reconnu les faits dont-ils sont accusés.

Après accord, le tribunal a suspendu la séance pour le prononcé du jugement.

Sabah. Ch. » (1)

Luiza Toscane, 14 juin 2008 (1) Traduit de l’arabe. L’article est consultable dans son intégralité et en langue originale sur le lien suivant : http://www.assabah.com.tn/pop_article.php?ID_art=11324
 

Répression sanglante en Tunisie

 
Parties du bassin minier de Gafsa, dans le Sud-Ouest tunisien, il y a six mois (lire Rouge n° 2249), les luttes pour le travail, une vie digne et contre la corruption viennent de s’étendre au gouvernorat de Kasserine (Ouest), mettant en exergue la dimension nationale du chômage de masse. C’en est trop pour le pouvoir du président Ben Ali, qui n’a toujours pas répondu aux revendications des populations mobilisées. Il vient de réprimer dans le sang la jeunesse tunisienne. La police, tirant à balles réelles, a fait deux morts et des dizaines de blessés. Des dizaines de manifestants ont été condamnés à des peines de prison, et des soutiens ont été tabassés : ouvriers, étudiants, chômeurs diplômés, syndicalistes, militants des droits de l’Homme, journalistes. Des domiciles ont en outre été fracassés et investis. Les jeunes du bassin de Gafsa se battent contre le chômage endémique de leur région et pour l’accès équitable à l’emploi. La politique d’austérité et d’abandon menée par le gouvernement de Ben Ali vise particulièrement certaines régions du pays, les confinant à la famine. Renforcé par le satisfecit donné par Sarkozy (« l’espace de liberté qui progresse »), Ben Ali a les mains libres. Il faut exiger le retrait de l’armée, qui vient de se déployer dans la région de Rédeyef, à l’ouest de Gafsa, la libération immédiate de toutes les personnes emprisonnées, le droit de manifester librement et la poursuite des assassins.
 
(Source: Rouge n° 2256, 12/06/2008)
 

La France, son despote et leur justice

Sihem Bensedrine

Beaucoup d’encre a coulé sur la visite d’Etat effectuée le 28 avril dernier en Tunisie par Sarkozy qui a suscité bien des interrogations. Cependant l’énigme de la mise en examen du neveu de Leila Ben Ali par la justice tunisienne pour «complicité de vol en bande organisée» (*), à la demande de la justice française, quelques jours seulement après cette visite, est restée entière ;

 

Depuis, une grande question taraude les Tunisiens: notre « justice » serait-elle devenue une « vraie Justice » ? Va-t-elle désormais établir son pouvoir sur tous les citoyens sans discrimination ? Est-ce –que l’heure est arrivée où tous ceux qui ont violé la loi en toute impunité, vont rendre des comptes ?

Cela arrivera bien un jour, mais aucun indice ne permet d’affirmer que c’est le cas aujourd’hui ; et le régime de Ben Ali a encore de beaux jours devant lui. L’institution judiciaire, assujettie au rôle de serviteur des intérêts privés du clan au pouvoir, continue pour l’instant de couvrir d’un voile de légalité l’abus de pouvoir.

Comment alors expliquer que la justice ait pu exercer son mandat sur un membre aussi puissant et visible du clan, qui s’est particulièrement illustré par de nombreux faits d’armes dans le domaine des abus de droit et des violences ; combien sont-ils ceux qui ont fait les frais de sa vengeance personnelle et ont été jetés en prison pour lui avoir résisté ?

Quelques semaines plus tôt, à l’occasion de la campagne de condoléances présentées à la famille Trabelsi pour le décès de la mère de Leila, les biens nouvellement acquis par ce jeune âgé de 34 ans et qui ne possédait rien le jour de l’accès au pouvoir de sa tante, il y a 20 ans, sont remontés à la surface ; on y apprend qu’il est à la tête d’une holding, la Med Business Holding , qui contrôle pas moins de 10 sociétés dans la promotion immobilière, la distribution des matériaux de construction, jusqu’au secteur agricole, où il vient d’acquérir dans des conditions controversées une propriété à Mornag de 100 hectares pour une bouchée de pain ( 200 mille dinars, soit 108 000 euros ).

Cette campagne d’allégeance qui a couvert des pages entières des quotidiens tunisiens une semaine durant, a été une mine d’information et une source d’inquiétude pour les Tunisiens;

Outre son caractère outrageusement servile et humiliant pour les citoyens, elle a permis de révéler l’ampleur de l’asservissement des institutions de l’Etat, des organisations nationales et des entreprises publiques; comme elle a donné une visibilité à l’étendue des domaines économiques contrôlés par le clan : services, construction, banques, agriculture, agroalimentaire, transport, hôtellerie (dont le plus influent est le groupe Karthago qui comprend entre autres Karthago Airlines, Koral Blue Airlines, Karthago Private Jet, Karthago Hotels, Karthago Travel Services et qui vient de prendre le contrôle de Nouvelair)…etc. Cette insolente démonstration de force fut stoppée après quelques jours, à l’initiative d’amicales recommandations sur le danger de potentielles réactions néfastes et aussi par crainte du mauvais œil ; et l’œil des Tunisiens était, il faut reconnaître, plutôt malveillant face à cette démonstration.

Nul besoin d’être prophète pour deviner qu’on ne peut pas détenir un tel pouvoir, jouir d’un tel appui au sommet de l’Etat et être comptable de ses actes devant la justice.

Un mandat international avait été lancé en janvier 2008 contre Imed et Moez Trabelsi (son frère) par le parquet d’Ajaccio pour leur implication dans le vol d’un bateau appartenant à un puissant banquier proche de l’Elysée ; L’affaire aurait été probablement classée n’eut été la qualité de la personne lésée par ce vol ; Il semblerait que Ben Ali ait cédé à une demande de Sarkozy de voir la justice tunisienne « donner suite » à la commission rogatoire lancée par la justice française.

Ce que l’on a pu constater, en tous cas, c’est qu’à peine l’avion présidentiel français avait-il décollé de Tunis Carthage que deux magistrats français (Risson et Thorel) arrivaient à Tunis pour interroger les personnes impliquées dans ce vol, et essentiellement Imed et Moez Trabelsi;

Tout semble indiquer que la coopération du parquet tunisien faisait partie du deal conclu à Tunis : appui inconditionnel à Ben Ali contre collaboration judiciaire et sécuritaire !

On n’insistera jamais assez sur le fait que cette visite d’Etat du président de la France constituait un appui salvateur d’un poids significatif et sans précédent, au régime de Ben Ali, depuis son accession au pouvoir ; Sarkozy n’a pas été avare en compliments, déclarant, contre toute évidence, lors du dîner offert par son homologue tunisien : « Aujourd’hui, l’espace des libertés progresse. Ce sont des signaux encourageants que je veux saluer. »; il précisera, néanmoins aux journalistes en off « « bien sûr qu’il n’y a pas de démocratie en Tunisie. Mais on n’y a pas les mêmes critères qu’en France » . Pas plus qu’il n’a ménagé son engagement politique et économique aux côtés d’un régime qui s’essoufflait et qui ne savait comment faire face à une crise économique et sociale qui pointait son nez à la faveur d’un contexte mondial récessif ; Les derniers événements de Gafsa et de Feriana en sont un révélateur et forment la partie émergée de l’iceberg.

Bien sûr, la controversée « Union pour la Méditerranée », la lutte contre l’immigration illégale et le terrorisme étaient au coeur de cet échange de bons procédés, mais l’affaire de yacht volé faisait, sans nul doute, partie du package ;

Ainsi Ben Ali s’est-il trouvé dans la fâcheuse position de mettre un membre du clan en posture de rendre des comptes ; raison d’Etat oblige ! Quitte à lui dresser les filets qui freineront sa chute ; et les filet étaient bien là : Imed Trabelsi est jugé par la justice de son oncle par alliance, bien moins regardante que la justice française ; et qui saura donner un aspect purement formel à cette poursuite.

L’absence de Leila des cérémonies d’accueil de l’illustre hôte, officiellement excusée pour le deuil de sa mère, (en réalité elle se trouvait à Dubaï) prends une tout autre éclairage ; celui de son opposition à la démarche de la justice française contre son neveu, en soi iconoclaste et dégradante;

Gageons qu’on trouvera un bouc émissaire qui s’auto chargera du délit et innocentera l’impudent neveu ; ainsi tout le monde sortira gagnant dans cette affaire, illustration de ce que Sarkozy aime à nommer « contrat gagnant-gagnant » ; Justice aura été rendue au banquier privilégié et le neveu sortira blanc comme neige de cette affaire qui lui aura appris que, même dans le monde de la mafia, il y a des règles à respecter et des précautions à prendre.

Le vrai perdant dans cette affaire, ce sont les Tunisiens qui se sont sentis, eux, doublement humiliés ;

– Par la France et son président qui a envoyé un message à peine voilé de racisme politique, dont la substance serait « les Tunisiens doivent se satisfaire de leur « despote éclairé », parce qu’il est un bon serviteur des intérêts français et européens et ils doivent enterrer leurs aspiration à la liberté et mettre une croix sur un quelconque soutien à une éventuelle démocratisation de leur régime ».

– Par Ben Ali, qui leur a encore une fois dénié tout droit à l’information, entourant cette affaire d’une opacité totale – seule l’AFP a rendu compte, laconiquement, de l’arrivée des 2 magistrats français- et démontré un haut degré de soumission à l’ancienne puissance coloniale, pourvu qu’elle l’aide à maintenir son pouvoir absolu sur ses « sujets ».

Rappelons à ce propos, que plusieurs citoyens avaient fait une requête en Mai 2007, invoquant l’article 26 du code de procédure pénale – qui prévoit que des particuliers saisissent le procureur de la république de délits dont ils ont connaissance – demandant au parquet tunisien d’ouvrir une information judiciaire sur cette affaire qui éclabousse l’image de la Tunisie, ce qui ordinairement préoccupe la propagande ; mais le greffe a refusé de l’enrôler.

La France, qui préside le mois prochain l’Union européenne, devrait réfléchir à deux fois à cette version française de la politique néo-conservatrice, promue par l’administration Bush et qui a démontré sa contre productivité, outre le fait qu’elle commence à passer de mode. Le mépris et l’humiliation, loin de prévenir le terrorisme, alimentent la haine et la violence. Et c’est la stabilité et la sécurité, tant recherchées, qui sont mises en danger et fragilisées.

__________________

(*) Un mandat de dépôt a bien été émis contre Imed Trabelsi le 19 mai 2008, suite à son interrogatoire au Palais de justice à Tunis, mené par le doyen des juges d’instruction et en présence des 2 juges français, mais il n’a pas été exécuté et Imed Trabelsi n’a pas été conduit en prison, comme nous l’avions rapporté dans Kalima.

(Source : « Kalima », (Mensuel censuré en Tunisie), N° 63, juin 2008)

Lien : http://www.kalimatunisie.com/article.php?id=751


La blogosphère tunisienne dans le collimateur de la censure

Les derniers événements sanglants survenues la semaine dernière à Redeyef au cours desquels des jeunes contestataires ont étés pris pour cible par des tirs à balles réelles de la part des forces de l’ordre ont déclenché un véritable sursaut de mobilisation et de protestation de la part des blogueurs. Une action note rouge dénonçant l’assassinat, le qualificatif d’ « Elément perturbateur » utilisé et le tir à balles réelles contre les jeunes qui n’ont fait que protester pour demander des solutions à leur situation à été presque unanimement suivis. Au delà de cette action de solidarité les blogs on repris le relaie face à la défaillance des médias pour devenir la principale source d’information sur la situation.

La censure n’a pas tardé à les prendre dans son collimateur, ainsi pas moins de trois blogs sont inaccessibles depuis hier. AntikoR disit ce matin « J’ai compris le petit jeu des responsables, Censurer certains blogueurs pour faire taire d’autres.. çà peut être le but .. mais plus tu pratique la censure et plus tu renforce le malaise et le dégoût et par conséquent tu crée des « bombes humaines » prêtent à exploser et à devenir des « éléments perturbateurs ». »

Le Dr Moncef Marzouki dont le site personnel vient d’être totalement détruit à deux reprise ces derniers jours comparait avec ironie cette guerre menée sur le net contre la libre expression avec celle, il y a quelques années contre les parabole à force de loi répressives et de taxation pour dissuader les gens de s’équiper de récepteurs pour les chaînes satellitaire.

Les derniers blogs censurés sont :

  1. http://samsoum-us.blogspot.com/
  2. http://romdhane.maktoobblog.com/
  3. http://roufrouf.blogspot.com/

Pour TUNISIA Watch la censure continue, elle dépasse aujourd’hui le simple blocage d’accès pour ses visiteurs pour toucher tous les correspondances par mails à la réception et à l’envois. Sa page arabe « MY Tunisie » accessible jusqu’à la semaine dernière vient d’être censurée à son tour. Cela n’a pas empêché le bolg d’être de plus en plus consulté. Tunisia watch a enregistré pour les 11 jours passés du mois de Juin plus de 60 000 pages consultés par plus de 16 000 visiteurs, c’est la meilleur réponse qu’on peut donner à la censure.

 

(Source : « TunisiaWatch », le blog de Mokhtar Yahyaoui, le 12 juin 2008)

Lien : http://tunisiawatch.rsfblog.org/archive/2008/06/12/la-blogosphere-tunisienne-dans-le-collimateur-de-la-censure.html


Média tunisien: blogs contre presse

Par Oualid CHINE

En périodes de turbulences, nos blogs jouent un rôle informationnel de tout premier plan. Que de trop nombreux titres de nos médias «reconnus» ont renoncé à jouer. Ils se sont mis gentiment sur la touche, pour laisser la parole aux jeunes. Tant mieux, puisque l’année leur est consacrée ! Le dialogue avec les jeunes passe désormais aussi par le net. Et ils ont la langue bien pendue ! Sur les blogs les phrases sont lapidaires, ce qui n’offre guère d’espace à la redondance, et autres discours ronronnants. Pour diverses raisons, bien connues des Tunisiens.

Paradoxalement, même des journalistes généralement «bien informés», commencent leur journée par une lecture attentive de quelques blogs. Et depuis l’avènement des «agrégateurs», ces sites qui rassemblent sur une page les commentaires de dizaines de blogs différents, la tache n’en est que plus aisée. La blogosphère tunisienne a déployé ses ailes pour s’intéresser à tous les domaines touchant le Tunisien.

Nous n’avons pas, dans la presse écrite traditionnelle, des journaux spécialisés dans le marketing et la publicité, par exemple. Des blogueurs tunisiens ont pallié ce manque. Analysant, décortiquant les campagnes de pub, et donnant leur point de vue de professionnel. Car quoiqu’on en dise, ce ne sont pas toujours des amateurs qui s’expriment sur le Net. Mieux : ce sont souvent des professionnels chevronnés, passionnés par leur métier, qui font profiter leurs lecteurs en ligne de leur expérience. Quelques uns commencent même par faire autorité.

Les blogueurs y gagnent en notoriété, leurs lecteurs acquièrent des connaissances introuvables sur d’autres supports. Vu que la presse spécialisée dans les hautes technologies, le marketing, et autres secteurs pointus de l’économie, est encore à ses premiers balbutiements dans notre pays. Sans même parler de la presse satirique tunisienne, autrefois florissante, et qui s’est aujourd’hui perdue. Voilà que nos blogs s’y mettent aussi ! Des plumes acérées (quoique le mot clavier aurait été plus approprié), un sens de la dérision parfois poussé, que l’on aimerait trouver plus souvent dans nos journaux imprimés.

Et quand les agrégateurs de blogs ne suffisent pas, restera toujours la possibilité de suivre les liens que les blogueurs mettent sur leur site. Offrant ainsi la possibilité aux internautes d’approfondir leurs recherche dans le même champ d’intérêt. Que l’on soit intéressé par le haut débit (pas si haut que ça, dans nos contrées), ou par les dernières actualités concernant la communauté tunisienne au Canada, le raccourci des blogs permet de gagner du temps, et de s’informer sur des sujets généralement soit délaissés, soit traités à la légère par une presse qui, décidément, s’éloigne des intérêts de ces concitoyens.

Certains mettent pourtant en cause la crédibilité de nos blogueurs. Ces derniers ne la revendiquent pourtant pas. Puisqu’il s’agit clairement d’opinions personnelles, d’impressions individuelles a priori non-généralisables. Mais le nombre tous les jours croissant de blogs traitant d’un même sujet, permet pourtant d’obtenir une image nette de la réalité évoquée. Et après tout, la «presse classique» n’est pas, à cet égard, tout à fait irréprochable. On ne compte d’ailleurs plus les journalistes qui, parfois, après plus de 30 ans de carrière, sont venus renforcer les rangs du net, par blogs interposés. Si les blogs et les portails d’informations sont florissant, c’est aussi, peut-être, parce que les tenants de la presse traditionnelle, leur ont abandonné le terrain. Tant mieux pour le net tunisien. Dommage pour nos quotidiens.

 

(Source : www.webmanagercenter.com , (portail d’infos – Tunis), le 10 juin 2008 à 05h33)

Lien : http://www.webmanagercenter.com/management/article.php?id=43503


En Tunisie, la croissance n’apporte pas la démocratie

Bernard Maris

La Tunisie construit sa croissance sur les services et le textile, et pas sur la démocratie.

Le président de la République est en voyage officiel en Tunisie, un pays qui a des relations vraiment privilégiées avec la France. La France reste le premier investisseur en Tunisie. Elle est importatrice nette (7 milliards d’euros de déficit avec la patrie de Salammbô) ; 1200 entreprises françaises y sont implantées, soit deux fois plus qu’au Maroc, sachant que la Tunisie compte 10 millions d’habitants, contre plus de 30 au Maroc.

Dans quel secteur se situent ces sociétés ? Le textile-habillement essentiellement, même si les services ont fait leur apparition avec la banque, et surtout les centres d’appels qui fleurissent en Tunisie, le gouvernement voyant dans l’éclosion de ces centres un moyen d’éponger l’important flux d’étudiants qui sort chaque année de l’Université. Et puis la Tunisie, c’est le tourisme : plus d’un million de Français, 1.3 exactement s’y rendent chaque année. Des investissements français en perte de vitesse L’économie tunisienne est relativement performante. Le taux de croissance de ces dernières années est faible. La Tunisie a subi de plein fouet la concurrence en matière de textile, depuis que l’Europe a supprimé toute barrière commerciale avec la Chine. Mais le niveau de vie est plus élevé en Tunisie qu’au Maroc ou en Algérie. Le taux de mortalité infantile est faible, autour de dix pour mille. C’est un excellent indice de développement. C’était le taux de mortalité de la France en 1975. L’espérance de vie est élevée, 73 ans, et surtout, l’indice de fécondité des femmes est comparable à celui des Françaises : les Tunisiennes ont en moyenne deux enfants, signe que la transition démographique est achevée (au Tchad, par comparaison, c’est 6-7 enfants par femme). L’avenir du pays réside dans le tourisme, qui est déjà très développé, et pourrait se développer plus encore. Mais on voit apparaître les gros investisseurs du Moyen Orient, au détriment des Français ! Les Emirats ont des projets considérables en matière immobilière, et L’Egypte vient de rafler un gros marché de téléphonie mobile au détriment de nos groupes, tandis que Dubaï vient de souffler à Vivendi 35% du capital de Tunisie Télécom. Dictature et marché font bon ménage Il y a quand même un bémol : on ne peut pas dire que la Tunisie soit un pays véritablement démocratique. Ce manque de démocratie est parfois justifié par la lutte contre l’intégrisme islamique. Les partis islamistes sont d’ailleurs strictement interdits en Tunisie. Mais, même si certains font croire le contraire, la démocratie n’a rien à voir avec l’économie : l’Espagne de Franco a été l’Espagne de la croissance, et la Chine nous prouve tous les jours que dictature et marché font très bon ménage. La phrase du jour : «C’était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d’Hamilcar.» Première phrase de Salambô, l’une des plus belles phrases de la langue française. (Source : « Marianne » (Hebdomadaire – France), le 29 avril 2008 )

Lien : http://www.marianne2.fr/index.php?action=article&id_article=801318

 


 

Tunisie : le foulard sous pression

 
 09/06/2008 ( Tunisie ) Thamer Mekki, Féthi Djebali (Syfia Tunisie) Regain de religiosité ou phénomène de mode, le nombre de femmes portant le foulard islamique en Tunisie ne cesse d’augmenter et ce malgré une réaction dure des autorités pour les en décourager, au nom des valeurs laïques.       Foulard assorti au sac à main, longue jupe près du corps, les Tunisiennes sont de plus en plus nombreuses à arborer le hijab, le foulard islamique qui, longtemps noir et blanc, a gagné en couleurs. « Je suis voilée tout en ayant une tenue moderne et je suis bien intégrée dans mon travail », affirme Imen, 24 ans, animatrice dans une radio. Les stylistes ont concocté des modèles qui respectent les préceptes de l’islam tout en y apportant une touche de modernité. « Les voilées ne veulent pas seulement exister, mais aussi être vues », analyse le sociologue Khalil Zommitti. Phénomène de mode qui permet aux femmes de ne plus devoir choisir entre modernité et tradition, le « nouveau » hijab est aussi le fruit de l’influence grandissante des chaînes religieuses. Accessibles via le satellite, elles prêchent souvent un islam radical et insistent sur l’obligation de porter le voile. Cinquante ans après la promulgation du Code du statut personnel qui a émancipé la femme tunisienne, le foulard fait un retour en force. « C’est un phénomène de reconnaissance identitaire chez les femmes tunisiennes qui sont à la recherche de repères. Le foulard en est un », estime Khalil Zommitti.   La chasse au voile Le pouvoir tunisien n’est pas resté indifférent à cette tendance. « On m’a menacée, ainsi que ma famille. La police m’a interpellée trois fois pour port du foulard islamique », confie Amel, une étudiante de 22 ans. A Tunis, les femmes voilées sont régulièrement inquiétées par la police. Des lycéennes et des étudiantes qui ont fait ce choix n’ont pas le droit d’assister aux cours, voire de passer leurs examens. Interpellées dans la rue, elles sont parfois forcées de signer un engagement à ne plus porter le hijab, sur la base d’un décret, promulgué en 1981 sous l’ancien président, Habib Bourguiba; et remis en application en octobre 2006. Ce décret du ministère de l’Intérieur considère le foulard comme « un habit sectaire ». En foi de quoi les autorités ont lancé depuis une année une vigoureuse campagne contre les habitudes vestimentaires « d’inspiration sectaire importées de l’extérieur ». Dans la pratique, ces termes visent principalement les vêtements islamiques. Les autorités tunisiennes voient dans cet affichage de signes religieux une menace pour une République qui s’est toujours voulue laïque, et une dérive intégriste de la part des courants islamistes, étouffés par une dure répression du pouvoir depuis des décennies et particulièrement depuis les années 90. « Si nous acceptons aujourd’hui le port du hijab, nous serons amenés demain à accepter que le droit de la femme au travail, au vote et à l’enseignement lui soit dénié », a déclaré Hédi M’henni, le secrétaire général du Rassemblement constitutionnel démocratique, le parti au pouvoir.    Le foulard divise La société civile, loin d’être unanime sur cette question, commente la réaction des autorités. « Le foulard prend place dans un système qui favorise l’infériorité de la femme. C’est un signe de discrimination. Reste qu’il ne faut pas combattre cela par une dérive sécuritaire », affirme Salah Zghidi, de l’Association tunisienne pour la défense de la laïcité. « Que ce soit un phénomène de mode ou un regain de religiosité, le phénomène interpelle. Pour nous, c’est une forme de régression », estime Khadija Cherif, secrétaire générale de l’Association tunisienne des femmes démocrates. A l’inverse, le Comité de défense du hijab, créé début 2007, défend l’idée d’un Etat en harmonie avec une nation de culture musulmane. Le comité recense les cas de filles harcelées où à qui des policiers ont arraché leur foulard et appelle les victimes à se pourvoir en justice. En octobre 2007, un tribunal a ainsi donné raison à une enseignante qui contestait son renvoi d’un établissement pour port du voile, déclarant le décret de 2006 inconstitutionnel. Considérée comme un recul face à l’intégrisme par les laïcs, cette décision a été saluée par les islamistes et a suscité la réaction des autorités : un autre décret émanant du ministère de l’Enseignement interdit désormais le voile dans les établissements scolaires.   Vendu sous le manteau Il n’empêche que le voile continue à gagner en popularité et donne naissance à un commerce prospère. « J’avais du mal à arrondir mes fins de mois en vendant du parfum et de la lingerie. Désormais, je vends des foulards et la demande ne cesse d’augmenter », confie Naïma. Les contrôles policiers n’ont toutefois pas laissé ce commerce prospérer dans les grandes boutiques de la capitale, ce qui fait le bonheur des commerçants du marché noir. A dix kilomètres du centre de Tunis, les marchands du souk Lybia en tirent ainsi profit. « Que Dieu les bénisse, elles ont choisi le retour à l’islam. Quant à moi, j’ai trouvé le produit qui m’a sauvé du chômage et m’a permis de gagner ma vie : le hijab », se félicite Walid, un marchand de ce souk. La question du voile résume toute l’ambiguïté de la Tunisie actuelle à la recherche de son identité entre foulard islamique et jeans moulant, Orient et Occident.
 
(Source: syfia.info le 9 juin 2008)

 

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