13 novembre 2007

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TUNISNEWS
8 Úme année, N° 2731 du 13.11.2007

 archives : www.tunisnews.net
 

 

 


C.R.L.D.H. Tunisie: SolidaritĂ© avec MaĂźtre Mohamed Ennouri et M. Slim Boukdhir pour leurs droits Ă  la libre circulation C.R.L.D.H. Tunisie: Flash-Infos Observatoire lyonnais pour la dĂ©fense des libertĂ©s fondamentales en Tunisie: InquiĂ©tudes sur l’aggravation des violations des droits de l’homme en Tunisie AP: Ban Ki-moon participera Ă  Tunis Ă  une confĂ©rence internationale sur le terrorisme AFP: Une traduction en arabe des passeports indispensable pour entrer en Libye Le Monde: Critique – “Tendresse du loup” : viol et vengeance pour une fable douce-amĂšre


C.R.L.D.H. Tunisie

 

ComitĂ© pour le Respect des LibertĂ©s et des Droits de l’Homme en Tunisie

Membre du RĂ©seau Euro mĂ©diterranĂ©en des Droits de l’Homme

 

21ter rue Voltaire – FR-75011 PARIS  – Tel/Fax : 00.33. (0)1.43.72.97.34

contact@crldht.org / www.crldht.org

 

Solidarité avec Maßtre Mohamed Ennouri et M. Slim Boukdhir pour leurs droits à la libre circulation

 

            20 ans aprĂšs la prise de pouvoir de Ben Ali le 07 novembre 1987, les Tunisiens, opposants politiques,  dĂ©fenseurs des droits humains se livrent Ă  des durs combats pour des droits fondamentaux Ă  l’intĂ©gritĂ© physique, Ă  la rĂ©union, Ă  l’expression ou Ă  la circulation, mettant en pĂ©ril leur santĂ© et leur sĂ©curitĂ©.

 

C’est le cas aujourd’hui de MaĂźtre Mohamed Ennouri, PrĂ©sident de l’Association LibertĂ© et EquitĂ©, et membre actif du Collectif du 18 octobre pour les droits et les libertĂ©s et M. Slim Boukdhir, journaliste engagĂ© pour la cause de l’indĂ©pendance  de la presse et du droit Ă  la libertĂ© d’expression, en grĂšve de la faim depuis le 1er novembre 2007 pour  protester contre le refus des autoritĂ©s de leur dĂ©livrer un passeport  et pour rĂ©clamer leur rĂ©tablissement dans leurs droits Ă  la circulation (Voir communiquĂ© du CRLDHT  du 02 novembre 2007).

 

Douze jours aprĂšs le dĂ©clenchement de cette grĂšve, le CRLDHT est particuliĂšrement prĂ©occupĂ© par l’état de santĂ© des deux militants jugĂ©e inquiĂ©tante par leur  comitĂ© mĂ©dical, surtout que tous deux ont fait auparavant des grĂšves de la faim de plusieurs semaines qui ont affectĂ© leur Ă©tat et laissĂ© indĂ©niablement des traces. Tous deux se sont Ă©vanouis Ă  plusieurs reprises et passent la plupart du temps allongĂ©s.

 

           Contre toute attente, le pouvoir policier tunisien a procĂ©dĂ© Ă  l’arrestation le samedi 10 novembre 2007 de Anis Boukdhir, frĂšre de Slim, par un groupe de policiers en civil qui se sont dĂ©placĂ©s Ă  son domicile Ă  Sfax et l’ont arrĂȘtĂ© aux environs aprĂšs l’avoir tabassĂ© et insultĂ©. Anis sera prochainement jugĂ©, en attendant, sa famille s’inquiĂšte du sort rĂ©servĂ© Ă  son fils. Le lendemain 11 novembre 2007, M. LassĂąad Jouhri et Mourad Ennouri, fils de  MaĂźtre Mohamed Ennouri ont Ă©tĂ© violemment agressĂ©s en pleine rue, Ă  proximitĂ© du lieu de la grĂšve et interdits d’accĂšs au cabinet de MaĂźtre Ennouri.

 

Toutefois, le CRLDHT se fĂ©licite du mouvement de solidaritĂ© qui s’est manifestĂ© dĂšs le premier jour de la grĂšve et n’a cessĂ© de s’élargir  et de s’amplifier car cette action dĂ©passe de loin  la personne des  deux grĂ©vistes de la faim pour mettre en valeur une grave violation des droits qui touche des centaines, voire des milliers de tunisiens, parmi eux des opposants,  des ex prisonniers politiques, des dĂ©fenseurs des droits humains et  des familles de prisonniers  qui sont empĂȘchĂ©s de circuler Ă  l’intĂ©rieur du pays et de se dĂ©placer hors de leurs villages, serait-ce pour se soigner, pour travailler ou pour Ă©tudier.  Les cas sont nombreux : Le journaliste M. Abdallah Zouari, qui, aprĂšs avoir passĂ© 11 ans d’emprisonnement pour un dĂ©lit d’opinion,  se trouve depuis sa sortie de prison le 06 juin 2002 en exil dans son propre pays, Ă  quelques 600 Km des siens, une situation rocambolesque de non droit qui dĂ©fie toute loi. Un autre journaliste et dĂ©fenseur des droits humains se trouve, quant Ă  lui privĂ© de retour Ă  sa terre natale, c’est M. Kamel Labidi qui a dĂ©posĂ© une demande de renouvellement de passeport depuis juillet 2007, une demande restĂ©e morte jusqu’à prĂ©sent.

 

Deux autres dĂ©fenseurs des droits humains ont Ă©tĂ© empĂȘchĂ©s ces derniers jours de quitter le pays pour pouvoir participer Ă  une semaine de plaidoyer pour la sociĂ©tĂ© civile tunisienne Ă  Washington, organisĂ©e par des ONG internationales et amĂ©ricaines dont Human Rights watch, la FIDH, Human Rights First et Amnesty International. Il s’agit Du juge  M. Ahmed Rahmouni, prĂ©sident de l’Association lĂ©gitime des Magistrats Tunisiens (AMT), victime d’un putsch depuis dĂ©cembre 2005, une mesure arbitraire qui a touchĂ© tous les dirigeants de l’association sans exception. MaĂźtre Mohamed Abbou se trouve Ă©galement privĂ© de rejoindre Washington ; c’est la 3Ăšme fois depuis sa sortie de prison le 25 juillet 2007 que MaĂźtre Abbou se trouve interdit de quitter le territoire
.

 

          Human Rights watch, Human Rights First et Amnesty International ont dĂ©noncĂ© dans un communiquĂ© publiĂ© le 10 novembre 2007 la dĂ©cision des autoritĂ©s tunisiennes d’interdire Ă  ces deux dĂ©fenseurs des droits humains la participation  aux rencontres et manifestations de Washington, prĂ©vues cette semaine et les ont appelĂ© Ă  lever dans l’immĂ©diat cette dĂ©cision jugĂ©e illĂ©gale et inadmissible.

 

          Le CRLDHT exprime son soutien total aux deux grĂ©vistes de la faim dans leur lutte lĂ©gitime pour leurs droits et leur dignitĂ© ainsi qu’à toutes les victimes de cet arbitraire qui continuent de vivre l’insupportable.

 

          Il dénonce cette politique de confiscation des droits et libertés de chacun et de tous, une politique contre productive qui nuit au pays et à son image.

 

           Appelle Ă  la libĂ©ration immĂ©diate de M. Anis Boukdhir, puni pour son lien de parentĂ© avec le journaliste grĂ©viste et  exige de mettre fun terme  Ă  cette punition collective qui s’abat sur les familles et proches.

 

                                                                                                   Paris, le : 13/11/2007

 

 

 

 

 

 


 

 

C.R.L.D.H. Tunisie

 

ComitĂ© pour le Respect des LibertĂ©s et des Droits de l’Homme en Tunisie

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Flash-Infos

 

  1. Sauvons la vie de Zied FAKRAOUI
  2. Arrestations illégales et détentions au secret de dizaines de jeunes tunisiens.

  3. Le calvaire des prisonniers libérés.

     

 

Sauvons la vie  de Zied Fakraoui :

 

             Le prisonnier politique Ziad Fakraoui, 28 ans, détenu depuis avril 2005 dans le cadre de la loi « anti-terroriste » est en grÚve de la faim depuis le 10 septembre 2007, soit plus  de deux mois,  pour exiger :

 

  • une enquĂȘte concernant la  plainte 7021177/2007 dĂ©posĂ©e au parquet Ă  Tunis depuis le 13 avril 2007 sur les tortures et les sĂ©vices sexuels que lui ont fait subir Abderrahmane Guesmi, alias Bokassa, et son Ă©quipe de tortionnaires au ministĂšre de l’IntĂ©rieur, au cours de la garde Ă  vue au courant du mois d’avril 2005.
  •  une expertise mĂ©dicale pour Ă©valuer les dommages qui lui ont Ă©tĂ© causĂ©s au niveau des parties gĂ©nitales et pour que les soins mĂ©dicaux nĂ©cessaires lui soient garantis.
  • Son transfert dans une autre cellule oĂč il sera loin des dĂ©tenus de droit commun ayant appartenu au corps de la police.  

 

             Le mercredi 31 octobre, lors de son procĂšs devant la cour criminelle de Tunis,                                                                                                                                                                                                                                                                     Zied s’est prĂ©sentĂ© dans un Ă©tat lamentable. TrĂšs affaibli, il Ă©tait incapable de se tenir debout et  souffrait de douleurs rĂ©nales.

             A son 64Ăšme jour de grĂšve de la faim et malgrĂ© la grave dĂ©tĂ©rioration de son Ă©tat, aucune de ses revendications n’a Ă©tĂ© satisfaite. Pire, devenu l’ombre de lui-mĂȘme, Zied n’arrive plus Ă  se tenir debout ni Ă  parler.

 

            Depuis le 30 octobre 2007, sa mĂšre, Mme Hadhba Jelassi a entamĂ© une grĂšve de la faim pour protester contre les conditions inhumaines de  dĂ©tention que vit  son fils Ă  la prison de Bordj El Amri et appelle Ă  se que ces tortionnaires soient punis pour les crimes qu’ils ont fait subir Ă  Zied.

         

 

Arrestations illégales et détentions au secret de dizaines de jeunes tunisiens :

 

Le CRLDHT  suit avec prĂ©occupation les graves atteintes de droits signalĂ©es au quotidien, touchant des jeunes et des moins jeunes des deux sexes, victimes d’arrestations illĂ©gales, de dĂ©tentions au secret, de torture et de mauvais traitements ainsi que de privation de droits pour un grand nombre d’ex prisonniers politiques.

 

Depuis aoĂ»t 2007, une nouvelle vague d’arrestations a eu lieu dans diffĂ©rentes rĂ©gions de la Tunisie et notamment Ariana, Sidi Bouzid, Gafsa et l’üle de Kerkennah, et ce dans le cadre du dit effort de lutte international contre le terrorisme. Elle a touchĂ© des jeunes de deux sexes connus pour leur attachement Ă  leur religion et l’exercice de leur libertĂ© de culte.

 

Le 28 octobre 2007, La section de la LTDH de Bizerte  a lancĂ© un  appel pour connaĂźtre le sort de la jeune Jihane Dali, Ă©tudiante en seconde annĂ©e de sciences maritimes Ă  l’Institut National d’Agriculture. Jihane a Ă©tĂ© enlevĂ©e le 26 octobre 2007 vers 1h du matin  par des agents de la SĂ»retĂ© en civil qui ont investi le foyer universitaire pour filles d’El Omrane supĂ©rieur.  Sa famille, qui rĂ©side Ă  Bizerte, a toujours ignoré  le lieu de sa dĂ©tention. Elle a Ă©tĂ© libĂ©rĂ©e le 31 octobre 2007, vers 20h aprĂšs avoir Ă©tĂ© convoquĂ©e pour une audience devant la huitiĂšme chambre du Tribunal de PremiĂšre Instance de Tunis pour collecte de fonds non autorisĂ©e. D’autres jeunes femmes ont Ă©tĂ© dĂ©fĂ©rĂ©es avec elle dans la mĂȘme affaire et pour le mĂȘme motif. Ce sont  Nidhalat Zayyat, Ă©pouse du prisonnier Nabil Slimani et Ă©tudiante Ă  l’Institut National d’agriculture, Abir Chaouachi, Ă©tudiante en maĂźtrise Ă  la facultĂ© des sciences de Tunis et Faten BettaĂŻeb, diplĂŽmĂ©e universitaire.

            En mĂȘme temps, et aprĂšs les nombreuses arrestations qu’ont connues plusieurs rĂ©gions et gouvernorats en dĂ©but du mois de septembre (Voir Flash-Infos du CRLDHT DU 19/09/2007), l’üle de Kerkennah, Ras djebel, Gafsa et Sidi Bouzid ont  connu ces derniers jours et semaines des nouvelles arrestations arbitraires provoquant la mĂȘme tension et la mĂȘme terreur. A Kerkennah, les

forces de la SĂ»retĂ© de Sfax se sont dĂ©placĂ©es Ă  l’üle pour procĂ©der durant plusieurs jours Ă  des dizaines d’arrestations dans la rĂ©gion de Lataya. Ces arrestations se sont effectuĂ©es de façon illĂ©gale, sans mandats et dans des heures tardives de la nuit de mercredi 24 et  jeudi 25, provoquant la colĂšre et la panique des familles des victimes qui ont  vu leurs domiciles investis pendant leur sommeil  aprĂšs avoir enfoncer les portes et effrayer petits et grands.

 

Ces descentes musclĂ©es se sont poursuivies pendant plusieurs jours, et les fouilles ont ciblĂ© particuliĂšrement tout matĂ©riel informatique.  Des familles et parents ont Ă©tĂ© victimes de violences pour avoir oser s’enquĂ©rir du sort de leurs proches.

 

Parmi les jeunes arrĂȘtĂ©s : Jihad Elbouni,  HĂ©ni Laabed, Noureddine M’barek,  Achraf Arous, Adel Khlif, Salem Achour, Mouez Samed,  Imed Arous, Chaker Arous, Nabil Souissi,  Nabil Dahmane, Slim Ouarda,  Nidhal Arous, Selmane Arous,  Fethi Dahmane, Samir Bouzida, Moncef Arous, Mehdi Dahmane et Slim Bouri de l’üle de Kerkennah ; Anouar Fellah, abdessatar Gort, Chokri Bejaoui et Mohamed Bejaoui de Ras Djebel ; Rafik Hachouche, Salah Zghonda et Faouzi  Ben  Hamida de Nabeul,  Amine Gharbi et Hassen Haj Ahmed de Menzel Bourguiba, Ridha Bargougui et Hassen Jellali de Gafsa  ainsi que Karim Ben Salah Kala’ï, de la citĂ©  Tadhamoun Ă  Tunis
.

 

Punitions collectives des prisonniers aprÚs avoir été torturés :

 

Plusieurs dĂ©tenus arrĂȘtĂ©s dans le cadre de la loi antiterroriste de dĂ©cembre 2003 et poursuivis  pour participation aux affrontements armĂ©s qu’a connu le pays et qui remontent Ă  la fin de l’annĂ©e 2006, sont privĂ©s de visite familiale et de panier et ce depuis les crimes de torture et de mauvais traitements qu’ils ont subis le mardi 16 octobre 2007 pour les contraindre Ă  mettre fin Ă  une grĂšve de la faim qu’ils  ont dĂ©clenchĂ© le samedi 13 octobre 2007(Voir communiquĂ© du CRLDHT  du 22/10/2007)
.L’administration de la prison a affirmĂ© aux familles que leurs enfants sont punis et se trouvent au cachot.  D’aprĂšs leurs avocats, ces dĂ©cisions de privation de visites sont prises le temps que les blessures et traces  de supplices qu’ils ont subis s’estompent.

 

En mĂȘme temps, et à  plusieurs reprises, Mme Ftima Bouraoui, mĂšre de Khaled et Walid Layouni, se trouve privĂ©e par l’administration pĂ©nitentiaire de visite hedomadaire Ă  ses deux fils  sous prĂ©texte que le premier a Ă©tĂ© transfĂ©rĂ© Ă  la prison d’El Haouareb, dans la rĂ©gion de Kairouan Ă  quelques centaines de kilomĂštres du domicile familial et le second avait Ă©tĂ© sanctionnĂ© et mis au cachot
. C’est le cas Ă©galement de la famille du jeune Houcine khlifi, qui  a Ă©tĂ© empĂȘchĂ©e Ă  deux reprises de lui rendre visite Ă  la prison de Mahdia. Ce prisonnier  a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© en dĂ©cembre 2005 lors d’une vague d’arrestations au sein de la jeunesse frĂ©quentant les mosquĂ©es. Depuis son incarcĂ©ration, il a fait l’objet de multiples  transferts de prisons et des mises au cachot pour s’ĂȘtre battu pour ses droits et sa dignité .Ses parents sont inquiets pour  leur fils car ils ignorent ses conditions et le nouveau lieu de sa dĂ©tention. 

 

               Sabri Mejri, incarcĂ©rĂ© Ă  la prison d’El Haouareb aux environs de Kairouan, vit le mĂȘme calvaire. Sa famille  a Ă©tĂ© empĂȘchĂ©e de voir son fils le jeudi 1er novembre, car il est  puni et mis au cachot pour une durĂ©e de quinze jours sans visites. Cette punition a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ©e Ă  la suite de la grĂšve de la faim que Sabri  avait entamé  pour exiger l’amĂ©lioration de sa situation et son transfert dans une prison plus proche de chez lui dans l’attente de sa libĂ©ration. La rĂ©ponde de l’administration pĂ©nitentiaire ne s’est pas fait attendre : Il a Ă©tĂ© violemment agressĂ© physiquement et moralement, par le vice directeur de la prison, un dĂ©nommĂ© BĂ©chir, pendant sa grĂšve de la faim.

 

 

Le calvaire des prisonniers libérés : 

             Les ex-prisonniers politiques vivent depuis leur sortie de prison des situations dramatiques de privation des moindres droits Ă  la sĂ©curitĂ©, Ă  l’emploi, aux soins, aux Ă©tudes, Ă  la circulation Ă  l’intĂ©rieur et Ă  l’extĂ©rieur du pays
. Dans la plupart des cas ces graves violations touchent non seulement les victimes mais Ă©galement leurs proches qui continuent Ă  souffrir pendant et aprĂšs l’emprisonnement.

 

CondamnĂ© en 1995 à  vingt-six ans d’emprisonnement, l’ex prisonnier politique Jalel Kalboussi bĂ©nĂ©ficie le 25 juillet 2007 d’une libĂ©ration conditionnelle au terme de 12 ans d’incarcĂ©ration arbitraire. Et depuis, il vit un harcĂšlement  et des brimades  policiers continus  visant sa sĂ©curitĂ© physique et matĂ©rielle ainsi que sa famille. Sur ordre des autoritĂ©s policiĂšres, M. Kalboussi vient de perdre son emploi, neuf jours aprĂšs avoir rĂ©intĂ©grĂ© la sociĂ©tĂ© de rĂ©paration des bateaux de Menzel Bourguiba, une sociĂ©tĂ© oĂč il a travaillĂ© pendant douze ans avant son incarcĂ©ration.

  

              L’ex-prisonnier politique Taoufik ZaĂŻri, libĂ©rĂ© le 25 juillet dernier aprĂšs avoir passĂ© plus de 16 ans dans les diffĂ©rentes prisons tunisiennes se trouve privĂ© de soins et de moindres dĂ©placements puisqu’il est soumis Ă  un contrĂŽle administratif quotidien qui consiste Ă  Ă©marger au poste de la sĂ»retĂ© de  la ville de Bou Salem, à  Jendouba oĂč il habite.   Le mardi 30 octobre, ce dernier doit aller Ă  Tunis pour faire des examens prescrits par son neurologue Ă  l’hĂŽpital Charles Nicolle. Mais les agents de la SĂ»retĂ© l’ont menacĂ© de poursuites judiciaires pour non-conformitĂ© aux dispositions du contrĂŽle administratif et jetĂ© de nouveau en prison s’il ose quitter la ville de Bou Salem.

 

               Quant Ă  l’ex-prisonnier politique Frej Jami, il  est toujours privĂ© de son droit Ă  une carte d’identitĂ© depuis sa sortie de prison en juillet 2007 et au terme d’un emprisonnement de prĂšs de dix sept annĂ©es. Sa libertĂ© de mouvement et de circulation se rĂ©sume en un Aller/Retour du domicile familial au poste de la gendarmerie

 

                Pour l’ex prisonnier politique Fethi Ouerghi, qui avait bĂ©nĂ©ficiĂ© d’une libĂ©ration conditionnelle le 5 novembre 2006, il a tout fait pour reprendre ses Ă©tudes universitaires en philosophie qu’il a interrompues 16 ans plutĂŽt lors de son arrestation. Toutes les administrations universitaires compĂ©tentes lui ont fermĂ© illĂ©galement la porte  sous prĂ©texte que la   date d’inscription a Ă©tĂ© dĂ©passĂ©e. InterpellĂ©s, ni le mĂ©diateur administratif ni le prĂ©sident du ComitĂ© des Droits de l’Homme n’ont intervenu pour le rĂ©tablir dans ses droits. Pour cette annĂ©e, le prĂ©sident de l’UniversitĂ© a refusĂ© d’enregistrer la demande d’inscription.

 

  Le CRLDHT qui a dĂ©jĂ  alertĂ© Ă  maintes reprises l’opinion publique sur ces graves violations  de torture et de mauvais traitements dans les prisons tunisiennes, s’élĂšve contre cette politique de mort lente exercĂ©e Ă  l’encontre des prisonnier politiques et notamment le jeune Zied Fakraoui et  affirme sa solidaritĂ© agissante avec toutes les  victime et leurs  familles.

             Il  rappelle aux autoritĂ©s tunisiennes leurs engagements en matiĂšre de protection des prisonniers et les tient par consĂ©quent  pour responsables de toute aggravation de l’état de santĂ© de Zied pour leur lĂąche politique d’indiffĂ©rence et de  non-assistance Ă  personne en danger.

           Il exige de l’administration pĂ©nitentiaire l’hospitalisation immĂ©diate de la victime Zied Fakraoui afin qu’il puisse bĂ©nĂ©ficier des soins mĂ©dicaux que nĂ©cessite son Ă©tat de santĂ© et l’ouverture d’une enquĂȘte indĂ©pendante sur les violations de torture et de sĂ©vices qu’il a subis et le rĂŽle des tortionnaires impliquĂ©s.

              Il appelle Ă  l’ouverture du dossier de l’impunitĂ© qui protĂšge et encourage les tortionnaires Ă  poursuivre leurs crimes  en rĂ©pondant Ă  la revendication lĂ©gitime des prisonniers de porter plainte et de suivre leurs  tortionnaires.   

 

           Il revendique du pouvoir politique une attitude responsable envers les prisonniers libĂ©rĂ©s pour mettre un terme Ă  cette politique de sourde haine qui empĂȘche ces citoyens de se construire aprĂšs avoir passĂ© prĂšs de deux dĂ©cennies derriĂšre les barreaux

 

          

Paris, le : 13/11/2007         

 


 

OBSERVATOIRE LYONNAIS

POUR LA DÉFENSE

DES LIBERTÉS FONDAMENTALES EN TUNISIE  

c/o LDH 69

5, place Bellecour

69002 Lyon

Le 10 novembre 2007

CommuniquĂ© de Presse –

InquiĂ©tudes sur l’aggravation des violations des droits de l’homme en Tunisie

Le Parlement européen et la Commission européenne doivent assumer leurs responsabilités

La grĂšve de la faim de Maya Jribi et Mohamed NĂ©jib Chabbi, leaders du Parti DĂ©mocrate Progressiste, dĂ©clenchĂ©e en septembre, aujourd’hui interrompue, pour protester contre le harcĂšlement incessant du rĂ©gime tunisien contre l’opposition lĂ©gale illustre la grave dĂ©tĂ©rioration des droits de l’homme en Tunisie au moment du vingtiĂšme anniversaire du coup d’Etat du 7 novembre 1987. 1 – Notre plus grande inquiĂ©tude concerne la continuation de la pratique de la torture Ă  grande Ă©chelle dans les locaux de la police Ă  travers tout le territoire tunisien, et plus particuliĂšrement dans les bureaux du ministĂšre de l’IntĂ©rieur et dans la prison de Mornaguia. Parmi les victimes citons Ă  titre indicatif Ziad Fakraoui, Khaled et Oualid Layouni, Mohammed Souissi, Mejdi Dhakouani, Yassine Jebri, Slim El Hajj Salah, Ali Herzi, Brahim Herzi, Saber Hosni, Anis Bouzidi, Sahl Beldi, Mohammed Amine Aoun, Mahfoudh Ayari, Ghaith Ghazouani et Maher Beziouche, mais le nombre des victimes peut ĂȘtre estimĂ© Ă  plusieurs milliers, poussant certains d’entre eux Ă  entrer en grĂšve de la faim malgrĂ© les rĂ©pressions sauvages et inhumaines qu’ils encourent. 2 – Outre la torture, les conditions insupportables d’incarcĂ©ration des prisonniers politiques est scandaleuse qui est Ă©quivalente Ă  la pratique de la torture, sans parler du harcĂšlement inhumain des familles des prisonniers politiques. 3 – Nous lançons un appel aux autoritĂ©s tunisiennes afin d’enquĂȘter sur Kamel Matmati, dont on est. sans nouvelles depuis son arrestation par la police politique sur son lieu de. travail en octobre 1991 Ă  Gabes. Il est urgent que les autoritĂ©s tunisiennes mettent fin au calvaire de sa famille et disent la vĂ©ritĂ© sur son sort. 4 – Toutes ces violences n’ont pu se faire sans une justice totalement infĂ©odĂ©e au pouvoir, transformĂ©e en un organe de rĂ©pression et en alibi pour toutes les injustices. C’est pourquoi nous voulons apporter notre soutien aux voix de plus en plus nombreuses qui se lĂšvent contre cette main mise du pouvoir, comme la voix du Juge Mokhtar Yahyaoui, et plus rĂ©cemment encore de l’Association des Magistrats Tunisiens que le rĂ©gime n’a pas tardĂ© Ă  rĂ©primer en dislocant ses structures lĂ©gitimes par le biais des mutations abusives Ă  Medenine, GabĂšs, Kebili, Tozeur, Gafsa, Kasserine, Sfax, Mahdia, Kairouan, le Kef, Siliana et Jendouba. Nous apportons notre soutien en particulier Ă  la direction lĂ©gitime de cette association de magistrats composĂ©e de son prĂ©sident Ahmed Rahmouni, de Kelthoum Kenou, Wassila Kaabi mutĂ©e Ă  GabĂšs bien loin de son domicile familial, Raouda Karafi, Leila Bahria, Mohamed Khlifi, Noura Hamdi membres de sa direction, en butte Ă  du harcĂ©lement et victimes de mutations abusives visant Ă  les Ă©carter du corps judiciaire. 5 – Outre la mise au pas de la justice, le pouvoir tunisien a totalement muselĂ© la libertĂ© de la presse, illustrĂ©e par le mouvement rĂ©cent de la grĂšve de la faim des dirigeants du PDP pour maintenir l’activitĂ© du journal Al Mawkif. 6 – Nous protestons contre la violence physique pratiquĂ©e par la police tunisienne contre les militants des droits de l’homme, et nous apportons notre soutien Ă  Me Raouf Ayadi agressĂ© sauvagement le 2 novembre 2007 par la police politique alors qu’il s’approchait du cabinet de MaĂźtre Mohamed Ennouri en grĂšve de la faim avec le journaliste Slim Boukhdhir. Nous lançons un nouvel appel urgent au Parlement europĂ©en afin qu’il prenne ses responsabilitĂ©s devant cette situation dramatique que vit la Tunisie qui aspire Ă  la dignitĂ© humaine et qu’il interpelle solennellement la Commission europĂ©enne sur les violations dont elle se fait complice par son silence sur l’Article 2 de l’Accord d’association tuniso-europĂ©en sur le respect des droits de l’homme demeurĂ© Ă  ce jour lettre morte.

Rappel :

Depuis plusieurs annĂ©es, l’Observatoire lyonnais pour la dĂ©fense des libertĂ©s fondamentales en Tunisie (collectif d’associations rassemblĂ©es autour de Tunisie-LibertĂ©, LDH-RhĂŽne, attac-RhĂŽne, RAID attac-Tunisie, Amnesty International ..), avec le soutien d’Agir Ensemble pour les Droits de l’homme, s’est fixĂ© pour objectif de veiller Ă  la situation et Ă  l’évolution du respect des droits de l’homme, de la libertĂ© d’expression et d’association, en Tunisie.                                                                                             

 


 

Ban Ki-moon participera à Tunis à une conférence internationale sur le terrorisme

 

Associated Press, le 12 novembre 2007 Ă  22h48

 

TUNIS (AP) — Le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral des Nations Unies, Ban Ki-moon, est attendu mercredi Ă  Tunis pour participer Ă  une confĂ©rence internationale sur le terrorisme, a annoncĂ© lundi la reprĂ©sentante de l’ONU en Tunisie Hiba Khouri.

 

InitiĂ©e par l’ONU et l’Organisation islamique pour la culture, l’Ă©ducation et les sciences (ISESCO), en collaboration avec l’Organisation de la confĂ©rence islamique (OCI) et le gouvernement tunisien, cette confĂ©rence non gouvernementale rassemblera de jeudi Ă  samedi quelque 120 personnalitĂ©s reprĂ©sentant plus de 40 associations et organisations rĂ©gionales et internationales, a prĂ©cisĂ© le ministre tunisien de la Culture et du Patrimoine,

Mohamed Aziz Ben Achour, lors d’une confĂ©rence de presse. Les participants -des acadĂ©miciens, universitaires, chercheurs et autres historiens- viennent de Tunisie, d’AlgĂ©rie, d’Arabie Saoudite, de Chine, d’Espagne, d’Iran, de France, du Liban, de Libye, de Russie, de Syrie et du SĂ©nĂ©gal.

 

Ils se pencheront pendant trois jours sur les dimensions et les menaces du terrorisme et les contre-mesures qu’il convient de prendre face Ă  ce “phĂ©nomĂšne planĂ©taire transfrontalier”, a-t-il

précisé.

  


 

Une traduction en arabe des passeports indispensable pour entrer en Libye

 

AFP, le 13 novembre 2007 Ă  15h22

 

TRIPOLI, 13 nov 2007 (AFP) – Les autoritĂ©s libyennes ont insistĂ© mardi sur la nĂ©cessitĂ© pour les voyageurs Ă©trangers d’ĂȘtre munis d’une traduction en langue arabe de leur passeport pour pouvoir

entrer en Libye, d’oĂč des centaines de voyageurs ont Ă©tĂ© refoulĂ©s rĂ©cemment faute d’un tel document.

“La Libye ne renoncera pas Ă  cette exigence et ne fera pas cas des rĂ©actions internationales Ă  ce sujet”, a affirmĂ© Ă  l’AFP une source officielle libyenne qui a requis l’anonymat.

“L’entrĂ©e des voyageurs avec des passeports en langue Ă©trangĂšre perturbe les fonctionnaires aux postes frontaliers et aux aĂ©roports car ils ne connaissent pas la langue. C’est une mesure normale,

l’Occident nous impose de traduire nos passeports en anglais, et nous faisons de mĂȘme”, a-t-elle ajoutĂ©.

MalgrĂ© des visas libyens en rĂšgle, quelques centaines de voyageurs, dont des Français et des Britanniques, ont Ă©tĂ© refoulĂ©sdimanche et lundi de Libye faute d’ĂȘtre munis d’une traduction arabe de leur passeport, une lĂ©gislation en veilleuse depuis 2005 et dĂ©sormais appliquĂ©e de façon stricte par Tripoli.

La Libye l’aurait remise en application dimanche en rĂ©action Ă  l’interdiction faite ces derniers jours Ă  des Libyens dĂ©tenteurs de visas Schengen d’entrer dans des pays europĂ©ens, notamment en France et en Grande-Bretagne, selon des sources libyennes.

La diplomatie libyenne affirme avoir informĂ© les compagnies aĂ©riennes des nouvelles mesures “Ă  temps”.

Mais le ministĂšre français des Affaires Ă©trangĂšres a indiquĂ© que la nouvelle rĂ©glementation Ă©tait intervenue “sans information prĂ©alable”, ajoutant que la France se concertait avec ses partenaires europĂ©ens pour “obtenir des clarifications” de Tripoli.

“Nous ne dĂ©fendons pas la langue libyenne mais la langue arabe et nous n’accepterons aucun compromis Ă  ce sujet”, a encore dit la source libyenne expliquant que la lĂ©gislation imposant la traduction arabe des passeports avait Ă©tĂ© suspendue pendant un certain temps pour “encourager le tourisme”.

 

 


 

Critique “Tendresse du loup” : viol et vengeance pour une fable douce-amĂšre

LE MONDE | 13.11.07 | 16h55  ‱  Mis Ă  jour le 13.11.07 | 16h55 Les films venus du Maghreb, et plus gĂ©nĂ©ralement d’Afrique, se font de plus en plus rares. On signale celui-ci avec d’autant plus de joie qu’il tĂ©moigne, en dĂ©pit de la modestie de ses moyens et de son tournage en numĂ©rique, d’une vraie croyance dans le cinĂ©ma, Ă  la fois comme source de divertissement et comme regard incisif portĂ© sur le monde. Tendresse du loup, deuxiĂšme long mĂ©trage de Jilani Saadi, est une tragi-comĂ©die qui applique la rĂšgle classique des trois unitĂ©s (de temps, d’action et de lieu) Ă  un sordide fait divers survenant dans la capitale tunisienne, et qui brosse ce faisant un tableau particuliĂšrement critique de la stagnation de la sociĂ©tĂ© tunisienne. L’action commence Ă  18 heures. Quatre traĂźne-savates qui n’ont mĂȘme plus l’excuse de la jeunesse se soĂ»lent mĂ©thodiquement sur la voie publique, ressassant leur impuissance et leur rancoeur Ă  l’Ă©gard d’un monde, celui de leurs pĂšres, qui ne leur a pas laissĂ© la moindre chance. Les heures passent, et Ă  leur suite une fille trĂšs Ă©moustillante, prostituĂ©e Ă  la recherche d’un taxi. Des compliments en forme de noms d’oiseaux s’Ă©changent. Le ton n’a mĂȘme pas le temps de monter que les garçons se prĂ©cipitent sur la fille et l’avilissent en la violant tour Ă  tour. Seul l’un d’entre eux, Stoufa, tente de s’y opposer. C’est pourtant lui que la fille, accompagnĂ©e de son frĂšre et de quelques solides gaillards, retrouvera quelques heures plus tard et fera durement bastonner. RamassĂ© nu et inconscient par des Ă©boueurs, convoyĂ© sur une charrette parmi des feuilles de menthe qui le font dĂ©lirer, Stoufa s’Ă©chappe des urgences, se refait une santĂ© puis repart illico sur les traces de la fille, qu’il retrouve Ă  son tour dans un cabaret. Ce qui se passe ensuite est tellement improbable qu’il vaut mieux le dĂ©couvrir au cinĂ©ma, mais on peut en revanche dire tout le bien qu’on en pense. Car sous ces oripeaux de fable douce-amĂšre, Tendresse du loup tĂ©moigne d’autant de courage que de talent dans la dĂ©nonciation des maux qui frappent ses personnages. La frustration des individus et la violence des rapports sociaux qui en rĂ©sulte, l’impasse sociale et la bĂȘtise phallocratique, la souffrance gĂ©nĂ©rale qui finit enfin par faire s’entre-dĂ©vorer les victimes de ce systĂšme. Des acteurs trĂšs attachants, des moments de grĂące dans la mise en scĂšne, ainsi qu’une rĂ©elle intelligence du rĂ©cit font le reste. Film tunisien de Jilani Saadi avec Anissa Daoud, Mahamed Graya, Atef Ben Hessin, Habib ben Mbarek, Abdelmonem Chouiette. (1 h 25.) Jacques Mandelbaum
 
(Source : « Le Monde » (Quotidien – France), le 13 novembre 2007)

 

 


 

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