12 mai 2011

TUNISNEWS
11 ème année, N°4006 du 12.05.2011


Khémaïs KSILA : Urgent la police politique est de retour – Communiqué à l’opinion publique

AFP: Ben Ali convoqué devant la justice militaire

AFP: Case of ousted Tunisia leader heads to army court

AFP: L’accord pour stopper les migrants tunisiens fonctionne, selon Rome

AFP: Elections en Tunisie: la tâche est « immense », un report pas exclu (Ben Achour)

AFP: Tunisie: les autorités appellent à signaler les hébergements d’étrangers

ATS: Visite du rapporteur de l’ONU sur la torture en Tunisie

AFP: Cocaïne: profits « extrêmement importants » pour Aqmi (ministre algérien)

AFP: Neuf personnalités appellent l’Europe à « tendre la main » au monde arabe

Reuters:La rive sud veut « une relance » de l’Union pour la Méditerranée (Besson)

ANSA: Tunisia: paese nel caos violenze, governo apre inchiesta

AFP: Les Etats-Unis ne sont pas prêts à appeler au départ d’Assad en Syrie

AP: Obama to speak on political change in Middle East

Reuters: France – Servier savait depuis 1995 les dangers du Mediator (Presse)

Chabbi Mahrez: Tous citoyen


REVUE DE PRESSE


Communiqué à l’opinion publique


Tunis le, 11 mai 2011
En regagnant mon domicile, le mercredi 11 mai 2011, j’ai eu la surprise de constater que la serrure de la porte d’entrée a été enlevée d’une manière professionnelle sans laisser de trace d’effraction. En pénétrant à l’intérieur, j’ai eu la certitude que des inconnus se sont introduits en mon absence à l’intérieur et ont procédé à « une perquisition » en règle de toutes les chambres. J’ai remarqué également que toutes les portes des armoires ont été laissées grandes ouvertes, mais je n’ai constaté aucun changement de place des équipements de l’appartement. Par ailleurs, je me suis rendu compte qu’aucun vol n’a été commis, puisque les équipements électroniques personnels, mon téléphone portable et mon porte-feuille ont été laissés sur leur place.
Toutefois, et malgré que je n’ai enregistré auncune perte de mes effets personnels, j’ignore si des « équipements » ont été placés ou cachés à l’intérieur de l’appartement.
J’ai informé de suite, les services de sécurité de ces faits. Le directeur général de sureté nationale a dépéché une équipe de la police qui a effectué les constats d’usage à mon domicile vers 22h. Un procès verbal a été rédigé séance tenante, dans lequel j’ai tenu à mentionner mes craintes que cette action criminelle a été accomplie par des éléments de la police politique dissoute, qui tentent de s’attaquer aux militants pour la démocratie et la liberté en Tunisie.
Je considère que ces évènements sont d’une extrême gravité et constituent un crime qui doit doit être dénoncé et condamné et j’exige une enquête indépendante et transparente pour la découverte de la vérité.
J’appelle les autorités provisoires à intervenir en vue de lever les dessous de cette affaire gravissime.
J’appelle également l’opinion publique, les forces démocratiques et citoyennes à la vigilance afin de circonscrire les survivances de la réaction. J’appelle aussi les forces de progrès à la mobilisation en vue de barrer la route devant tous ceux qui veulent reproduire la répression politique et l’encerclement des militants et les acteurs de la société civile.
Enfin, je déclarerai en temps opportun les formes de lutte que je vais entreprendre pour que ces pratiques révolues soient dénoncées et que ses acteurs ne bénéficieraient d’aucune impunité.
Khémaïs KSILA
Le Secrétaire Général de la LTDH

Ben Ali convoqué devant la justice militaire


 
 
 
Reuters, le 11 mai 2011 à 22h51 GMT
 
 
TUNIS, 11 mai (Reuters) – Les autorités tunisiennes ont décidé mercredi de déférer devant un tribunal militaire le président déchu Zine Ben Ali, a annoncé l’agence officielle TAP.
 
« Son ancien ministre de l’intérieur et un haut cadre de la sécurité » devront également répondre de leurs actes devant une juridiction militaire, a précisé la même source.
 
Tunis a annoncé le mois dernier avoir engagé 18 actions en justice contre l’ancien chef d’Etat, notamment pour « homicide volontaire », « complot contre la sâreté intérieure de l’Etat », « incitation à provoquer le désordre, le meurtre ou le pillage sur le territoire tunisien » et « trafic et usage de stupéfiants ».
 
Zine Ben Ali, qui s’est enfui en Arabie saoudite le 14 janvier avec sa femme, n’est plus apparu en public depuis son départ.
 
Le gouvernement tunisien cherche à obtenir l’extradition de l’ancien président et de son épouse.

Case of ousted Tunisia leader heads to army court


 
Reuters, le 11 mai 2011 à 22h05 GMT
 
TUNIS, May 11 (Reuters) – Tunisian authorities referred the case against ousted leader Zine al-Abidine Ben Ali to a military court on Wednesday, the official TAP news agency reported.
 
Ben Ali, who fled to Saudi Arabia after a popular uprising in January, was charged last week over the killing of protesters during the revolt against his 23-year rule. Tunisian authorities say they have 18 legal cases against the former president.
 
Ben Ali has been charged with an array of crimes including plotting against the internal security of the state and instigating disorder, murder and looting, according to media reports.
 
He has also been accused of voluntary manslaughter, drug trafficking and use. Authorities are seeking his extradition from Saudi Arabia. He has not appeared in public since he fled.
 
The interim administration in Tunisia, seeking to assert authority and gain legitimacy in the eyes of protesters, has promised to prosecute figures from the ousted government.
 
Several members of Ben Ali’s family and security apparatus, and some of his closest allies, were detained shortly after he was toppled.
 
The TAP report said the cases of Ben Ali’s former interior minister and a top security service official would also face the military court.

 
 

L’accord pour stopper les migrants tunisiens fonctionne, selon Rome


 
AFP, le 11 mai 2011 à 15h11 GMT
 
 
Civitavecchia (afp) L’accord conclu avec la Tunisie pour stopper le départ massif de migrants vers l’Italie « est en train de fonctionner », a déclaré mercredi le ministre de l’Intérieur Roberto Maroni. Le ministre italien a remis quatre bateaux de patrouille à son homologue tunisien Habib Essid.
 
Ces vedettes, de fabrication italienne et d’une valeur d’environ 4,4 millions d’euros, serviront à patrouiller le long du littoral tunisien. De 15 mètres de long, elles sont dotées d’un radar et d’une caméra thermique pouvant détecter un homme en mer à 11 km et une petite embarcation à 46 km.
 
Elles ont changé de pavillon dans le port de Civitavecchia, au nord de Rome. M. Maroni a remercié le gouvernement tunisien, le ministre Essid, venu spécialement de Tunis pour l’occasion, et « les forces de police tunisiennes » pour « l’action menée et les résultats visibles qui ont été atteints ».
 
L’accord conclu le 4 avril prévoit une aide substantielle de l’Italie à la Tunisie pour lutter contre l’immigration clandestine et le rapatriement immédiat de tout migrant tunisien arrivé après cette date. Il prévoit aussi un soutien au développement de l’économie tunisienne.
 
Depuis la conclusion de l’accord, le flux de migrants tunisiens en Italie s’est pratiquement tari. Après la chute du président tunisien Ben Ali à la mi-janvier, plus de 20’000 Tunisiens étaient arrivés en Italie, en majorité sur l’île de Lampedusa.
 
Dans le cadre de l’accord, l’Italie a déjà livré 60 ordinateurs, 10 scanners, 20 imprimantes et 20 portillons détecteurs de métaux à la Tunisie. Elle enverra prochainement 28 véhicules tout-terrain, 10 moteurs de hors-bord et 10 quadricycles. Rome est également en train de réparer sept embarcations de 17 mètres de long appartenant auxforces de police tunisiennes.

 

Elections en Tunisie: la tâche est « immense », un report pas exclu (Ben Achour)


 
AFP, le 12 mai 2011 à 14h22 GMT
 
 
PARIS, 12 Mai 2011 (AFP) – Le président de la Haute instance chargée de préparer les élections en Tunisie, Yadh Ben Achour, a estimé jeudi que la tâche restait « immense » avant la tenue des scrutins, n’excluant pas un report de la date fixée au 24 juillet, dans un entretien à l’AFP à Paris.
« Nous avons tout fait dans l’instance que je préside, et je peux dire la même chose du gouvernement, pour que les élections se tiennent à cette date. Nous faisons tout pour nous y tenir », a-t-il déclaré.
Mais, a-t-il immédiatement souligné, « la tâche est immense »: il faut encore dresser les listes électorales, former quelque 21.000 agents électoraux qui devront être répartis dans 7.000 bureaux de vote, et la commission électorale, qui vient à peine d’être élue, « n’a pas encore commencé à travailler ».
« Si l’instance (commission) électorale juge, sur le plan logistique, que malgré les retards, l’élection peut se tenir en juillet 2011, le rendez-vous sera tenu », a-t-il dit.
« Si l’instance électorale estime que la crédibilité des élections exige un report de cette date, la date sera reportée. Ce sera pour des raisons d’intendance et pas pour des raisons politiques », a-t-il poursuivi, insistant sur le fait que « le plus important » était d’organiser un « scrutin crédible ».
« L’installation définitive du processus démocratique, on en est loin. Pour l’instant, nous sommes, comme on dit en arabe, en train de rassembler nos os (…), donc de nous remettre sur pied, mais cela, ça demande du temps », a-t-il expliqué.
Après un mois de manifestations, le président Zine El Abidine Ben Ali a fui la Tunisie le 14 janvier, un départ qui a mis un terme à 23 ans d’un règne sans partage et lancé le « printemps arabe ».
Les Tunisiens sont appelés à élire une Assemblée constituante, qui aura la tâche d’adopter une nouvelle constitution et de préparer des élections.
Ces derniers jours, l’hypothèse d’un report du scrutin fixé au 24 juillet s’est précisée, notamment après une intervention télévisée du Premier ministre Béji Caïd Essebsi, qui a évoqué la « lenteur » des travaux préparatoires.

Tunisie: les autorités appellent à signaler les hébergements d’étrangers


 
AFP, le 12 mai 2011 à 14h25 GMT
 
 
TUNIS, 12 Mai 2011 (AFP) – Le ministère tunisien de l’Intérieur a appelé jeudi les « citoyens à signaler immédiatement aux autorités les hébergements de ressortissants étrangers » ainsi que « tout mouvement suspect ».
Dans un communiqué, le ministère demande « aux propriétaires d’hôtels, d’appartements meublés mis en location et à toute personne qui héberge des étrangers à avertir immédiatement les autorités ».
Le ministère exhorte également « tous les citoyens (..) à avertir immédiatement la plus proche unité sécuritaire de tout mouvement suspect remarqué et de communiquer tout renseignement (sur des personnes) pouvant représenter un danger pour la sécurité du pays », selon les termes du communiqué.
Cet appel intervient à la suite de l’arrestation de deux Libyens venus d’Algérie et voulant regagner leur pays en possession d’une bombe artisanale à Tataouine (sud), une ville accueillant de nombreux réfugiés libyens, située à 130 km du poste-frontière de Dehiba avec la Libye.
Avant leur arrestation survenue dans la nuit de mardi à mercredi, « les deux hommes s’étaient rendus dans un hôtel à Tataouine. La police tunisienne qui avait eu des soupçons sur leur comportement les avait arrêtés et avait découvert la bombe sur eux, selon le ministère de l’Intérieur.

Visite du rapporteur de l’ONU sur la torture en Tunisie


 
ATS, le 12 mai 2011 à 15h12 GMT
 
Genève (ats) Le rapporteur sur la torture Juan Mendez se rend dimanche en Tunisie pour la première mission d’un expert de l’ONU depuis la mise en place du gouvernement intérimaire, ont annoncé jeudi les Nations unies. Jusqu’au 22 mai, il engagera le dialogue avec les acteurs clés.
 
« Les nouvelles autorités ont pris un certain nombre de mesures afin d’assurer que les auteurs des violations soient tenus responsables et que des réformes à long terme soient entreprises », a expliqué le rapporteur de l’ONU dans un communiqué publié à Genève.
 
« Ma tâche sera d’engager le dialogue avec les décideurs et les acteurs clés afin d’aider le gouvernement intérimaire à assurer la justice par le biais d’une transition réussie et d’appuyer les efforts visant à établir l’Etat de droit », a-t-il ajouté.
 
L’expert s’efforcera de promouvoir les droits des victimes de la torture et de mauvais traitements aux réparations, la responsabilité pour les abus passés et s’assurer que les auteurs présumés soient tenus responsables conformément au droit international, selon le communiqué.
 
Il s’agit de la première visite officielle en Tunisie d’un expert indépendant des droits de l’homme de l’ONU depuis la mise en place du gouvernement intérimaire. Le rapporteur, qui visite le pays à l’invitation du gouvernement, se rendra à Tunis, Bizerte et Kasserine.

 

Tunisia: paese nel caos violenze, governo apre inchiesta


 
ANSA, le 12 mai 2011 à 12h34 GMT
 
TUNISI (ansa) Il profumo dei gelsomini, il fiore della « rivoluzione », è scomparso dalle strade della Tunisia, scacciato dall’acre odore dei lacrimogeni e dei pneumatici incendiati. Il
Paese sembra avere dimenticato i giorni della « rivolta gentile », travolto da una esplosione di violenza che ha superato per intensità quella che ha portato all’abbattimento del regime di Ben Ali. E oggi ci si interroga se quanto sta accadendo sia frutto di un disegno preciso e attuato con puntualità da chi vuole spingere il Paese verso il baratro dell’ingovernabilità e dell’anarchia. Di questo sentimento, di paura mista a interrogativi, s’è fatto interprete il consiglio dell’Alta istanza, l’organismo creato dal governo provvisorio per dare attuazione agli obiettivi della « rivoluzione », che ha chiesto, ufficialmente, una inchiesta non sulle violenze – di cui si sta occupando la magistratura – ma su cosa esse nascondano, su quale sia la loro reale matrice.
 
Nel documento con cui si sollecita l’avvio dell’inchiesta, il Consiglio dell’Alta istanza non guarda solo ai moti di piazza, ma anche alla « violenza di Stato », stigmatizzando l’uso della forza – ai più apparsa spropositata – da parte delle unità della sicurezza che, in occasione delle manifestazioni della scorsa settimana nel centro di Tunisi, hanno disperso la folla con pugno di ferro, e non è un eufemismo. Di questa violenza hanno fatto le spese non solo i dimostranti – e i passanti, come sempre numerosi, di Avenue
Bourghiba, cuore della città -, ma anche i giornalisti, picchiati e privati dei loro strumenti di lavoro. Ma, è questo l’interrogativo che tutti si pongono, questi episodi di violenza, che attraversano tutto il Paese, possono essere solo frutto di una protesta spontanea, ancorché selvaggia? Si può pensare che siano frutto dell’improvvisazione blocchi stradali, attuati anche nelle grandi vie d’accesso al centro, con cui decine e decine di delinquenti « sigillano » automobili e occupanti che, sotto la minaccia di coltelli, machete e baionette, vengono spogliati di tutto? È solo rabbia quella che muove, pressoché contemporaneamente, in città anche distanti tra di esse, una folla di arrabbiati che prende d’assalto e incendia caserme della polizia e della Guardia nazionale, così come uffici pubblici? E cosa dire dei ragazzi che, come cavallette, passano per le strade di Tunisi, di Gabes e Sfax,
saccheggiando negozi e grandi magazzini, si organizzano tra di loro, con tecniche di guerriglia urbana che paiono uscire da un film incentrato su un futuro fatto di violenza e anarchia? Troppe coincidenze, dicono in molti, ed è forse arrivato il momento di vederci chiaro, se è vero, ad esempio, che dopo l’imposizione del coprifuoco nella « Grand Tunis », sono state arrestate centinaia di persone per le violenze di strada, la maggior parte delle quali pregiudicati. Nella sua richiesta, il Consiglio di Alta istanza ha assunto una coraggiosa presa di posizione perché non si nasconde che ci possano essere dei soggetti che hanno come obiettivo quello di portare il Paese nel caos e impedire le elezioni.
 
A chi giova tutto questo? È chiaro che in Tunisia si sta giocando la « partita » sul futuro ed è evidente che non tutti la vogliono giocare in modo pulito. Soffiare sul malcontento oggi – con l’economia a rischio e lo Stato che può garantire gli stipendi solo fino a giugno – è facile. Ma chi può permettersi di far tutto questo pur di governare un Paese destinato ad essere ridotto in macerie?
 

Cocaïne: profits « extrêmement importants » pour Aqmi (ministre algérien)


AFP, le 12 mai 2011 à 10h12 GMT
 
 
ALGER, 12 Mai 2011 (AFP) – Le trafic de cocaïne, en transit par le corridor sahélien, « a généré des profits extrêmement importants » pour Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), estime le ministre algérien de l’Intérieur Dahou Ould Kablia dans une interview à la presse algérienne publiée jeudi.
 
« Un des couloirs privilégiés de ce transit de cocaïne passe le long d’un corridor qui se situe à la limite de notre frontière sahélienne qui s’étend sur plus de 1.000 km avec le Mali et le Niger », a indiqué le ministre qui a participé les 9 et 10 mai à Paris à une réunion du G8 consacrée à la lutte contre le trafic de drogue.
 
« Ce trafic a généré des profits extrêmement importants à ces groupes (terroristes) qui leur ont permis de conforter leur présence dans cette région, d’améliorer leur potentiel militaire, d’accentuer leur mobilité », a-t-il affirmé, cité notamment par le quotidien El-Watan.
 
« Il ne peut pas y avoir de transit sans le soutien ou le support de cette force solidement implantée dans ce corridor », a-t-il poursuivi, en se référant à l’Aqmi. Ses membres, a-t-il souligné, y « ont étendu leur champ d’activités à plusieurs catégories de trafics: armes, véhicules, personnes ou enlèvements d’étrangers ».
 
Dernier enlèvement en date, une Italienne, le 2 février dans le Sahel algérien. Aqmi a transmis début mai une vidéo attestant que son otage était toujours vivante.
 
Pour le ministre algérien, « l’action principale de ces groupes terroristes d’Aqmi (…) est de déstabiliser l’Algérie dans le cadre du combat djihadiste qu’ils mènent contre notre pays ».
 
Avec la révolution en Libye, les militaires libyens ont lâché les frontières pour rejoindre le front nord forçant Alger à renforcer ses capacités de protection pour « empêcher des infiltrations » sur son territoire, a-t-il expliqué.
 
En ce qui concerne la lutte contre le cannabis, « l’Algérie n’est plus un pays de transit, c’est devenu beaucoup plus un pays de consommation », a regretté le ministre. « 74 tonnes de cannabis sont saisies annuellement en moyenne en Algérie », a-t-il indiqué.
 
Enfin abordant les relations franco-algériennes sous l’angle de la coopération sécuritaire, M. Ould Kablia a indiqué qu’elles étaient « excellentes ».

 
 

Neuf personnalités appellent l’Europe à « tendre la main » au monde arabe


 
AFP, le 11 mai 2011 à 13h19 GMT
 
 
ISTANBUL, 11 Mai 2011 (AFP) – Un groupe de neuf « personnalités éminentes » mandatées par le Conseil de l’Europe a appelé mercredi à Istanbul les pays européens à « tendre la main » aux peuples du Proche-Orient et d’Afrique du Nord pour les accompagner sur le chemin de la démocratie.
« Nous invitons tous les peuples d’Europe à tendre la main avec solidarité (…) à leurs voisins du Proche-Orient et d’Afrique du Nord qui démontrent aujourd’hui, avec un tel courage, leur attachement aux valeurs universelles de liberté et de démocratie », affirme le rapport publié par ce groupe.
Le document, rendu public à l’occasion de la 121e réunion du comité des ministres du Conseil de l’Europe, invite les institutions européennes à « élaborer des politiques globales » en direction des pays du sud et de l’est de la Méditerranée afin qu’ils « bénéficient de l’expérience » de l’Europe en matière d’État de droit, de démocratie et de droits de l’Homme.
Le rapport, consacré à « la liberté et la diversité dans l’Europe du XXIe siècle, convie notamment le bloc européen à faire participer ces pays aux travaux des institutions européennes et aux conventions européennes.
La question a été débattue lors de la réunion des ministres, a indiqué mercredi à la presse le chef de la diplomatie turque Ahmet Davutoglu.
« Hier soir, nous avons abordé ces sujets avec tous les Etats membres: de l’Afrique du Nord au Proche-Orient, au Caucase et à l’Asie centrale, dans toutes les régions voisines, des événements très importants ont lieu », a-t-il déclaré.
« Nous espérons que le conseil de l’Europe, comme il l’a fait dans le passé avec l’Europe de l’Est lors de la transition post-guerre froide, (…) aura une contribution importante dans ces régions », a-t-il ajouté.
Interrogé par l’AFP, le secrétaire général du Conseil de l’Europe Thorbjorn Jagland a souligné que son institution était déjà à pied d’oeuvre en Tunisie –où il s’est rendu en février avec M. Davutoglu et qui est soutenue par une commission du Conseil pour la rédaction d’une nouvelle constitution et la tenue d’élections.
« Nous travaillons aussi au Maroc et avons des contacts avec les autorités en Egypte », a-t-il pouruivi, avant de souligner: « Nous voulons aider autant que nous le pouvons mais il est très important que nous ne cherchions pas à imposer quoi que ce soit à ces pays. Nous devons être souhaités ».
Le groupe des personnalités éminentes, présidé par l’ex-ministre allemand des Affaires étrangères Joschka Fischer, appelle également les Européens à faire « preuve de la solidarité nécessaire » face à l’arrivée de migrants et demandeurs d’asile, « en partageant la charge entre les États membres ».
Cette proposition intervient alors que la question de l’accueil de migrants tunisiens a provoqué des tensions entre la France et l’Italie.
Plus de 20.000 d’entre eux ont débarqué illégalement sur l’île italienne de Lampedusa depuis la révolution tunisienne et beaucoup souhaitent se rendre en France. Rome leur délivre des documents leur permettant de quitter l’Italie pour d’autres pays de l’espace Schengen, ce qui irrite Paris.
Outre M. Fischer, le Groupe compte notamment la vice-présidente du Sénat italien Emma Bonino, le commissaire aux droits de l’homme de la Russie Vladimir Loukine et l’ex-représentant de l’Union européenne pour la politique étrangère Javier Solana (Espagne).

 
 

La rive sud veut « une relance » de l’Union pour la Méditerranée (Besson)


 
Reuters, le 12 mai 2011 à 14h44 GMT
 
 
ROME, 12 Mai 2011 (AFP) – Les pays de la rive sud, secoués pour beaucoup par des révoltes, sont « dans l’attente d’un processus de relance de l’Union pour la Méditerranée », a expliqué à l’AFP le ministre de l’Industrie français Eric Besson, à propos d’une réunion de cet organisme jeudi à Malte.
M. Besson, également ministre de l’Energie et de l’Economie numérique, a indiqué avoir obtenu l’accord de la présidence hongroise de l’Union européenne et du vice-président de la Commission européenne Antonio Tajani pour l' »organisation prochaine d’un débat à Bruxelles à ce sujet ».
« J’ai demandé que la réunion (ministérielle) ait lieu assez rapidement, fin mai, début juin », a-t-il dit en jugeant nécessaire « d’avancer entre ministres de l’Industrie pour convaincre les pays européens que c’est à eux de prouver leur attachement méditerranéen ».
« Ce qui est marquant c’est la volonté des pays du sud de contribuer à cette relance » car les révolutions dans les pays arabes ont rendu encore plus nécessaire « la création d’activités et d’emplois », a noté le ministre français. « Il y a besoin d’un sursaut collectif » et d’un « plan d’envergure et ambitieux », a plaidé M. Besson.
Selon lui, alors que l’expression Union pour la Méditerranée était « moins utilisée ces derniers temps », à Malte, « un intervenant sur deux a utilisé la formule ».
Il a souligné que « tout le monde attend des réalisations concrètes, pas des discours théoriques ».
La réunion de Malte a ainsi examiné « ce qu’on peut faire ensemble dans les énergies renouvelables, l’industrie, les nouvelles technologies, internet, le développement des PME/PMI, l’interconnexion des réseaux électriques », a-t-il souligné. La discussion a porté aussi sur la mobilisation de « certains fonds à l’échelle européenne qui peuvent être utilisés pour un certain nombre de projets », selon M. Besson.
La France et la Tunisie entendent être les moteurs d’une relance de l’Union pour la Méditerranée. Dans ce cadre, M. Besson et son homologue tunisien Abdelaziz Rassaa ont signé à Malte un accord pour créer un institut euro-méditerranéen de technologies qui pilotera des projets de recherche et développement et des formations en partenariat privé-public.
L’Union pour la Méditerranée réunit les 27 États membres de l’UE et 16 partenaires de la région du sud de la Méditerranée, d’Afrique et du Moyen-Orient.

 
 

Les Etats-Unis ne sont pas prêts à appeler au départ d’Assad en Syrie


 
AFP, le 12 mai 2011 à 07h32 GMT
 
 
Par Christophe SCHMIDT et Emmanuel PARISSE
 
WASHINGTON, 12 Mai 2011 (AFP) – Les Etats-Unis veulent hausser le ton contre la Syrie mais ne sont pas encore prêts à appeler à un changement de régime, conscients du poids que ferait peser sur eux une telle déclaration.
Le département d’Etat, qui avait qualifié le 3 mai la répression sanglante en Syrie de « barbarie », a réitéré l’accusation mercredi. Et « nous n’employons pas très souvent le mot +barbare+ ici », a souligné le porte-parole Mark Toner.
La formule n’impressionne pas Bouthaina Shaaban, une conseillère du président syrien Bachar al-Assad. Interrogée à Damas par le New York Times, celle-ci a qualifié la réaction américaine à la crise syrienne de « pas trop mauvaise » jusqu’à présent. Et d’ajouter: « Une fois que la sécurité sera revenue, tout pourra s’arranger ».
Au Congrès américain, des sénateurs influents ont proposé mercredi une résolution affirmant qu’Assad avait perdu sa légitimité en perpétrant des violences contre son propre peuple.
Le dirigeant syrien doit « démissionner dès maintenant. S’il refuse, j’espère personnellement que les patriotes et l’armée le renverseront », a même asséné le républicain Marco Rubio.
Mais l’administration Obama est nettement en retrait de ces parlementaires.
Un haut responsable a confié à l’AFP que des « mesures supplémentaires » de sanction étaient en préparation, après huit semaines de contestation.
« Nous faisons cela très prudemment, en étant attentifs à toutes les complexités. La situation s’aggrave sur le terrain et il est important de commencer à exprimer clairement nos vues », a expliqué cette source parlant sous couvert de l’anonymat.
Les sanctions actuelles américaines et européennes visent des proches du régime, mais pas Bachar al-Assad lui-même.
Quant à appeler au départ du président syrien, « nous n’en sommes pas encore là », a dit le diplomate: « C’est une décision grave. Il ne s’agit pas seulement de prononcer les mots, mais d’agir en conséquence ».
Washington veut également inscrire sa réaction dans celle, plus large, de la « communauté internationale »: « Nous ne voulons pas être les seuls à dire quelque chose de ce genre ».
L’administration « comprend les complexités inhérentes » à la situation syrienne, estime l’analyste Mona Yacoubian sur le site du Conseil des relations étrangères (CFR).
Alliée proche de l’Iran, la Syrie influe aussi fortement sur le destin du Liban, à travers le mouvement Hezbollah qu’elle soutient. Elle a aussi un rôle essentiel à jouer dans le processus de paix entre Israël et les Palestiniens.
En Libye, les appels au départ de Mouammar Kadhafi avaient précédé les frappes militaires. Mona Yacoubian juge ce scénario improbable en Syrie.
« Nous ne sommes vraiment pas en position de pouvoir utiliser la force », pense aussi Anne Marie Slaughter, qui était jusqu’en début d’année l’une des plus proches conseillères de la secrétaire d’Etat Hillary Clinton.
« La Syrie est un crève-coeur », a-t-elle dit au CFR, « parce qu’il semble que le gouvernement restera impuni pour la même brutalité qu’on avait vue il y a vingt ans ».

 
 
 

Obama to speak on political change in Middle East


 
Associated Press, le 11 mai 2011 à 17h36 GMT
 
By JULIE PACE, Associated Press
 
WASHINGTON (AP) _ President Barack Obama will address U.S. policy toward the Middle East in a speech that could be delivered as early as next week.
Aides said Obama’s emphasis would be regional and political, highlighting the democratic values that have linked the popular uprisings that started in Tunisia and
Egypt and quickly spread throughout the region. Obama was not expected to focus on religion, as he did in his address to Muslims during a 2009 trip to Cairo, Egypt.
A U.S. official said Obama had originally planned to deliver the speech during the first week in May, but it was pushed back because of the raid in Pakistan that led to the death of al-Qaida leader Osama bin Laden. A new date has not been set, but the White House said Obama could speak before he leaves for a nearly weeklong trip to Europe next
weekend.
Bin Laden’s death has given the U.S. administration an opportunity to cast al-Qaida as a movement past its prime, as young people throughout the Middle East and North Africa
turn to political protest, not terror, to vent their grievances.
Yet the U.S. has struggled to find a consistent approach to the political uprisings that have swept through the region. While Obama publicly called for longtime Egyptian leader Hosni Mubarak to step down from power, he has not challenged the legitimacy of Syrian President Bashar Assad, whose forces are leading a bloody crackdown against political protesters. The White House says there are no plans for military action to stop that crackdown, despite the U.S., along with European and Arab allies, using military power to try to stop government-backed forces from attacking civilians in Moammar Gadhafi’s Libya.
The White House has said that each country is unique, and therefore the U.S. response must be as well. But Obama aides, and the State Department in particular, have grown
eager for the president to outline his thoughts and policies publicly on the Arab awakening in a comprehensive way.
Though details of the speech are still being decided, the president is expected to highlight the underlying values that have united political movements throughout the region,
including the yearning for more freedom and better standards of living.
Secretary of State Hillary Rodham Clinton also has hinted at some of the themes Obama would touch on during the speech, noting that the U.S. is focused on partnerships not
just with governments in the Middle East and North Africa, but also the peoples of the region.
« We start from the understanding that America’s core interests and values have not changed, including our commitment to promote human rights, resolve long-standing conflicts, counter Iran’s threats, and defeat al-Qaida and its extremist allies, » she said during a speech in Washington last month.
Obama’s agenda next week already was to have been heavily focused on the Middle East, with Jordan’s King Abdullah II and Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu making separate visits to the White House.
Obama is not expected to detail a fresh path for peace between Israel and the Palestinians in his speech, although he is likely to discuss the conflict in the context of the wider region and note that the ongoing changes elsewhere in the Middle East could actually help the peace process.

 
 

France – Servier savait depuis 1995 les dangers du Mediator (Presse)


 
Reuters, le 12 mai 2011 à 09h54 GMT
 
 
PARIS, 12 mai (Reuters) – Les laboratoires Servier savaient « depuis au moins le début des années 1990 » que le Mediator était nocif, ce qui ne les a empêché de commercialiser le médicament, écrit Le Monde dans son édition datée de vendredi.
 
Le quotidien cite un rapport de la filiale britannique de Servier qui établissait en 1993 que « une fois absorbé par l’organisme, le Mediator donnait un composé, la norfenfluramine, dont il a été établi en 1995 qu’il était dangereux ».
 
Après avoir enquêté sur cet antidiabétique soupçonné d’avoir provoqué la mort de 500 à 2.000 personnes en France, l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) avait conclu que le Mediator aurait dâ être retiré du marché « dès 1999 ».
 
Le médicament, dont l’efficacité thérapeutique a été contestée par certains spécialistes dès les années 1990, a été retiré en 2009, bien plus tard que dans d’autres pays européens ou aux Etats-Unis.
 
Il a été prescrit à au moins cinq millions de personnes en France entre 1976 et 2009.
 
Selon plusieurs études, le Mediator est à l’origine directe de maladies cardiaques graves, les valvulopathies, un lien contesté par Servier.

TOUS CITOYENS…

Par Chabbi Mahrez
Les activistes de l’Islam politique tunisien vivront librement en TUNISIE à l’ombre des lois, comme tous les tunisiens, la TUNISIE est leur pays, les imbéciles qui leur conseille l’IRAN ou l’ARABIE séoudite, sont juste des petits fascistes qui ne représentent qu’eux mêmes ou leurs petits groupuscules de frustrés; ce sont des terroristes et des haineux qui veulent encore une fois saigner la TUNISIE et éradiquer quelques millions d’âmes, ils veulent amputer notre patrie de plusieurs siècles de son histoire, la TUNISIE appartient à TOUS les tunisiens qui respectent l’état de droit, les règles du vivre ensemble, de la république et de la démocratie tunisienne naissante.
Notre pays est arabo-musulman, non pas contre les autres cultures, celles qui tiennent de l’universalité ou qui forment le cosmopolitisme de la société tunisienne, le peuple tunisien dans sa majorité se reconnait dans la civilisation arabo-musulmane, c’est une réalité, ceux qui veulent remettre cela en cause pourront désormais le faire, pas par la haine et le dénigrement, mais par l’adhésion des convictions, c’est à ce prix, que notre patrie , notre peuple pourront pérenniser la paix et la liberté, tout le reste appartient aux archaïsmes sanguinaires et aux dérives post-coloniales.
La TUNISIE nouvelle sera , malgré eux, les nuisibles anti-sociaux, multiple et fraternelle, et si certains sont contre cette TUNISIE démocratique et des valeurs, il faut qu’ils fassent avec responsabilité leur examen de conscience et qu’ils comprennent, une bonne fois pour toute, que la majorité des tunisiens n’ont pas besoin de chiens d’aveugles, pernicieux et nuisibles, je leur conseille d’émigrer SANS MATROUD, en « ISLAMOPHOBIE », je leur conseille aussi l’entité sioniste, c’est un sanctuaire pour la haine , le meurtre et le nihilisme, une villégiature de première classe, pour tout forme de fascisme, surtout s’il est anti arabe et islamophobe; mais s’ils décident de rester dans la TUNISIE nouvelle, qui sera démocratique et un ETAT DE DROIT, ils doivent accepter la souveraineté du peuple tunisien qui lui, a depuis longtemps oublié d’être con et aliéné, ils doivent accepter sa souveraineté et sa représentativité parlementaire, législative et exécutive, il doivent accepter que dans cette TUNISIE tout changement ne peut passer que par l’alternative et les urnes; il faut qu’ils comprennent que leur ténors sont morts et enterrés, que BEN ALI et BOUGUIBA sont au banc de notre histoire commune, que les tunisiens méprisent l’extrémisme, et le leur est le pire de tous les extrémismes , avec leur démocratie sélective, limitée à leur petit onanisme intellectuel, à leur honteuse aliénation versatile du parti de l’étranger, hizb iddik and cola.
La TUNISIE n’a pas besoin de refoulements, d’exclusions et de confrontations, elle a besoin de débats, d’ouverture et de concorde, d’une constitution moderne, progressiste et d’institutions qui prennent en charge tous les tunisiens sans aucune exception, même les tarés, les tordus, les extrémistes et les haineux. Il est quand même extraordinaire que cette curée de lâches et de traîtres à toute forme d’humanisme insiste pour l’expression des violences et des bas instincts, ces crapules qui veulent une TUNISIE à feu et à sang, divisée et meurtrie par leurs diabolisation regrettent déjà BEN ALI et ses mauviettes

 

Rached Ghannouchi au secours de Béji Caïd Essebsi


Imed Bahri
 
Le courant passe très bien entre Rached Ghannouchi et Béji Caïd Essebsi. Les deux hommes ont pourtant peu de choses en commun, sauf peut-être de connaître le Coran par cœur.
 
L’un est moderniste et vaguement laïque, formé à l’école réformiste de Bourguiba, et l’autre est un fier disciple des frères musulmans égyptiens, favorable sinon à l’application de la charia du moins à la non ingérence de l’Etat dans les affaires religieuses.
 
Une «convergence des points de vue»!
 
Pourtant, la première rencontre officielle entre le Premier ministre du gouvernement provisoire et le président du parti islamiste Ennahdha, mercredi, au Palais du gouvernement de la Kasbah, s’est plutôt bien passée. Au terme de l’audience, qui a porté sur l’analyse de la situation dans le pays, caractérisée par une montée de la contestation sociale et des dérapages sécuritaires en série, M. Ghannouchi a souligné, dans une déclaration à l’agence officielle Tap, «la convergence des points de vue entre Ennahdha et le gouvernement provisoire concernant l’ensemble des questions qui se posent».
 
Ce ne sont pas là, on l’imagine, des mots en l’air. D’autant que le président du mouvement Ennahdha a indiqué, également, que la rencontre a permis d’examiner les moyens permettant de dynamiser l’activité économique, de faire face aux actes de destruction des biens publics et privés et d’assurer la protection des citoyens.
 
Attachement des islamistes à l’ordre public
 
Le leader islamiste tunisien, qui a affirmé aussi son refus de toute tentative de porter atteinte aux institutions de l’Etat, semble vouloir prendre ses distances vis-à-vis des mouvements qui alimentent la contestation sociale et montrer ainsi sa volonté de contribuer à la stabilisation de la situation dans le pays.
 
En saluant, également, l’affirmation par le Premier ministre du maintien de la date du 24 juillet pour les élections de l’assemblée nationale constituante, M. Ghannouchi souligne l’attachement de son parti au retour de l’ordre public, condition sine qua non de la tenue de ces élections dans des conditions minimales de réussite.
 
Les islamistes tunisiens cherchent donc à calmer le jeu et à jouer un rôle constructif dans cette phase pré-électorale. Ils ont pour cela deux raisons. La première: ils savent que leurs chances, en cas d’élection transparente et équitable, ne sont pas négligeables. La seconde: ils savent, par expérience, que tout désordre public pourrait être utilisé par leurs adversaires pour les exclure de la course. La méthode a déjà été utilisée avec succès par Bourguiba, puis surtout par Ben Ali.
 
(Source : « Kapitalis », le 12 Mai 2011)

 
 
 
 
 
 

L’Etat d’urgence en Tunisie: une arme de dictature à surveiller


Emna El Hammi
 
A quoi joue Béji Caid Essebsi? C’est la question qui agite les esprits depuis les dernières semaines. Après sa première allocution qui avait séduit la majorité des Tunisiens, les conférences de presse du Premier ministre ont posé un voile opaque sur ce gouvernement provisoire. La «Haute Instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et la transition démocratique», censée mettre en place les élections de l’assemblée constituante prévue pour le 24 juillet, est dans un bras de fer avec le Premier ministre concernant plusieurs articles de la loi électorale. Un différend qui cache, en profondeur, un combat de légitimité, chacun s’érigeant en défenseur de la démocratie et en protecteur ultime des acquis de la Révolution.
 
Un gouvernement toujours controversé
 
Pourtant, ce gouvernement aurait pu, par des actes symboliques, montrer sa volonté de rompre définitivement avec le régime passé. Mais le fait est que l’on continue à réclamer au jour le jour notre dû. Les actions en justice contre les anciens du régime sont rares et obscures. Plusieurs anciens ministres et hauts cadres du RCD ont été entendus par des juges d’instruction durant les dernières semaines mais aucune poursuite concrète n’a été entamée. Le procès de Imed Trabelsi, symbole de la corruption qui a sévi sous Ben Ali, aurait pu constituer une action exemplaire et calmer le sentiment d’injustice. Mais ce procès n’a fait qu’exacerber la révolte populaire, Imed arrivant fringant et costumé, esquissant un rictus méprisant face à la foule qui l’insultait. Inculpé pour consommation de stupéfiants, il écope de deux années fermes de prison en attendant l’instruction des autres dossiers. Un chef d’accusation très mince lorsqu’on connaît son implication dans d’innombrables affaires douteuses. L’Etat ne semble pas vouloir reconnaître les préjudices qu’il a subi durant toutes ces années sous l’emprise du RCD et des Trabelsi. Il appelle ceux qui ont été lésés à porter plainte par eux-mêmes. Seul le rétablissement de la situation sécuritaire demeure la préoccupation majeure du gouvernement. Ce qu’il prétend ignorer c’est que la rue ne fait que répondre au manque de transparence du gouvernement et à son immobilisme face à des points essentiels sans lesquels aucune démocratie ne peut fleurir.
 
Les révélations de Rajhi provoquent une onde de choc
 
Tout cela a contribué à la montée d’un ras-le-bol qui a atteint son apogée le soir de la publication d’une série de vidéos où l’ancien ministre de l’Intérieur, Farhat Rajhi, révèle ses appréhensions face à ce gouvernement, notamment la présence d’un lobby politique mené par Kamel Eltaief qui agirait dans l’ombre et commanderait la scène politique. Il annonce surtout la prise de pouvoir de l’armée tunisienne en cas de victoire du parti islamiste Ennahdha. Par ses révélations, Farhat Rajhi semble avoir ouvert la boîte de Pandore. Les vidéos ont ébranlé l’opinion publique et ont agi comme le catalyseur d’une réaction contre le Premier ministre et son gouvernement, totalement déstabilisés par cette bombe médiatique. Est-ce le début d’une seconde révolution ? Peut-être pas, mais ces accusations ont eu le mérite de réveiller de nouveau la conscience du peuple. Les Tunisiens ont compris que les charognards politiques se nourrissent des cadavres de la vigilance populaire.
 
Au lendemain de la diffusion de ces vidéos, le 6 mai, le point de rupture entre le gouvernement provisoire et la population tunisienne est définitivement atteint. Des centaines de manifestants réunis sur l’avenue Habib Bourguiba sont violemment réprimés par les forces de police, qui, derrière leur cagoules, poursuivent et battent les manifestants, les passants et les journalistes en toute impunité. Un scénario digne de la manifestation du 14 janvier qui avait marqué le départ précipité de Ben Ali. Les mêmes causes entraînant les mêmes conséquences, le lendemain, le 7 mai, a ressemblé à s’y méprendre au 15 Janvier 2011. Tunis brûle de nouveau et un couvre-feu est instauré en urgence sur la capitale. Encore une nuit de tirs, de sons d’hélicoptères et de rondes policières et militaires. Qui sont ces personnes qui pillent, cassent et saccagent ? Nous ne le savons pas. Le couvre-feu sonne, cette fois, comme une punition générale d’un gouvernement dépassé par un peuple insoumis.
 
La censure au nom de la sécurité de l’Etat
 
La réponse de l’armée tunisienne aux accusations de Farhat Rajhi ne s’est pas faite attendre. Le ministère de la défense ordonne l’ouverture d’une enquête et saisit le tribunal militaire afin de statuer sur les propos jugés diffamatoires de l’ex ministre de l’Intérieur, une procédure dont la rapidité laisse perplexe face à une justice habituellement lente. L’association des magistrats tunisiens annonce son désaccord envers ces poursuites et met en garde le gouvernement provisoire sur «les conséquences de l’implication de la magistrature dans des différends liés à la liberté d’expression». En parallèle, sur ordre du tribunal militaire permanent, plusieurs pages Facebook critiquant l’armée tunisienne sont censurées. Le code de justice militaire justifie ce genre de pratiques. L’état d’urgence, toujours décrété en Tunisie, peut justifier toutes les dérives possibles en matière de restriction des libertés fondamentales. Au nom de cet état d’urgence, le tribunal militaire permanent a le pouvoir d’ordonner la censure de pages. Qu’un tribunal militaire s’occupe de censurer des pages Facebook peut sembler humoristique mais pas si l’on connaît l’impact de Facebook sur l’opinion populaire tunisienne.
 
Sur les réseaux sociaux, plusieurs Tunisiens témoignent de leur inquiétude face au pouvoir qu’acquiert l’armée et de l’immunité qu’elle s’octroie. Les mots de Farhat Rajhi sonnent comme une prophétie et beaucoup redoutent le putsch militaire. Ces inquiétudes sont également alimentées par la promotion du Général de corps d’armée et chef d’Etat-major de l’armée de terre, Rachid Ammar, en chef d’Etat-major des armées.
 
L’armée a jusque là exercé un rôle protecteur envers les Tunisiens. Dans les innombrables scénarios des évènements du 14 janvier, la présence du Général Rachid Ammar aurait été déterminante dans le départ du président déchu, et l’on se rappelle également que Rachid Ammar est l’homme qui a refusé de tirer sur les manifestants sur ordre de Ben Ali avant le 14 janvier. Néanmoins, après avoir érigé les militaires en héros de la Révolution, plusieurs personnes ont évoqué l’hypothèse que les snipers qui avaient sévi avant et après le 14 janvier appartiendraient en réalité au corps de l’armée tunisienne. L’armée a pris très au sérieux ces accusations graves qui ternissent l’image de celle qui demeure comme le seul rempart face à une police encore très controversée et avec laquelle les Tunisiens peinent à se réconcilier. Dans un communiqué, l’armée tunisienne met en garde la population contre toute accusation qui mettrait en cause l’intégrité de son corps. Au delà de l’élection démocratique d’une assemblée constituante, le respect de la date du 24 Juillet pour les élections doit être une priorité afin de lever l’état d’urgence, véritable arme de dictature, qui peut se perpétuer légitimement au nom de la sécurité de l’état et justifier l’atteinte aux libertés fondamentales des citoyens, comme ce fut le cas pour l’Algérie, l’Egypte et la Syrie.
 
 
 
Commentaire rédigé par: lambda | 12/05/2011 à 16h07
 
 

1.Pourquoi Beji Caied Essebsi (BCE) ne peut pas être sincère avec les Tunisiens et traine pour agir contre Ben Ali et sa famille?

 
La fille de BCE Amel est mariée à Nabil HAMZA, cousin des soeurs Yosra et Kaouther, Yosra HAMZA est mariée à Khelil CHAIBI, fils de Taoufik CHAIBI oncle de Slim CHIBOUB, Kaouther HAMZA est la maman de Mehdi BELGAIED heureux élu pour épouser Halima Ben Ali la fille du Président en fuite et Leila TRABELSI, ainsi le fils Belgaied est parent par alliance à Sakhr EL MATRI et Belhassen TRABELSI. Il devient clair que toutes ces interconnections familiales oblige le premier Ministre BCE de gérer le temps en faveur des membres de sa famille.
 
Avec beaucoup d’habileté BCE fait le discours que la rue veut entendre, en condamnant BEN ALI de haute trahison, sans aucun résultat réelle. Il semble que BCE soit propriétaires de DEUX appartements à Paris l’un se trouvant au 18Ave Elise Reclus 75007, avec vu sur le champ de mars, bien caché par un SCI ou est encore caché son parent et ami Taoufik CHAIBI, oncle de Slim CHIBOUB, http://www.flickr.com/photos/piwiyan/5395758612/ le 2eme appartement se trouve au 16eme à lAve Henri Martin bien caché dans une SCI ou se cache la fille de Taoufik CHAIBI, Amel CHAIBI, cousine de Slim CHIBOUB (tout cela est vérifiable au cadastre de Paris ). Aussi il semble que Amel CHAIBI épouse Miled s’est déplacée en Suisse (vérifiable sur son passeport) pour crypter les comptes de la famille et du premier ministre BCE qui à 85 ans fait croire aux Tunisiens qu’il a répondu présent pour l’intérêt de la Tunisie. Oui la parole a été crée par l’homme pour déguiser sa pensée, Pauvre TUNISIE, la révolution n’est pas encore terminée il faut dégager ces ESCROCS.
 
L’autre protection que BCE est en train de fournir à son ami et parent Taoufik CHAIBI, concerne le terrain ou a été construit Carrefour. L’affaire a été traitée par Slim CHIBOUB gendre de Ben Ali et neveu de Taoufik CHAIBI, qui moyennant commission à Slim, CHAIBI, s’est approprié le terrain, à un prix symbolique, en passant (pour masquer la transaction) par Lassad KILANI (originaire de Gabes comme Taoufik CHAIBI) de l’entreprise KIPROPHA à la Charguia, opération vérifiable dans les registres du cadastre à Tunis.
 
BCE soutient les soit disant hommes d’affaires qui ont vidé le pays en faisant croire qu’ils contribuent à l’enrichissement de la Tunisie, AZIZ miled ami de Alliot Marie vient de se séparer juridiquement de Slim CHIBOUB et Belhassen Trabelsi.
Taoufik CHAIBI et Aziz Miled ont été retiré de la liste fournit par la Suisse des personnes ayant un compte à l’étranger.
 
CHAIBI et MILED sont les clients, de la fille de notre 1er ministre, Amel Caied Essebsi épouse HAMZA, qui leur fournit les Parasols etc.. Pour leurs Hôtels, voila comment BCE vole la révolution populaire des jeunes, et respecte les martyrs morts pour la dignité, pour faire des affaires avec sa fille à travers ses réseaux, Pauvre TUNISIE.
 
(Source : le blog « Ma Tunisie sans Ben Ali » de Emna el Hammi, le 12 mai 2011)

 

El Ejército en tela de juicio

 
Crece el temor a una involución en Túnez

 

Las declaraciones del ex-ministro del Interior Farhat Rajhi sobre la ineluctabilidad de un golpe de Estado militar en caso de victoria de los islamistas en las urnas, han destapado las maniobras ocultas que los acólitos del dictador Zine Ben Ali llevan adelante para desencadenar una involución que sepulte la Revolución del Jazmín.

La represión policial contra una manifestación de jóvenes en el centro de la capital que protestaban contra el gobierno de Beji Caid Essebsi este fin de semana ha corroborado los temores suscitados en la población sobre la presencia de fuerzas benalistas en el seno de la Administración. Independientemente de la posible manipulación de ciertos grupos de manifestantes que se dedicaron a destrozar el mobiliario urbano, el uso de la fuerza por las brigadas antidisturbios fue absolutamente desproporcionado. El ministerio del Interior y el gobierno pidieron excusas y prometieron abrir una investigación.

El llamamiento conjunto hecho por los ministerios de Interior y de la Defensa a la población para que respete el toque de queda decretado en la región de la capital Túnez entre las 21H00 y las 5H00, ha suscitado sorpresas. En primer lugar por el hecho de que ambos ministerios intervengan coordinados sobre un problema que afecta al orden público, pero no a la seguridad nacional. Si bien en algunos medios se ha interpretado como el respaldo de los militares a la actuación de las fuerzas de seguridad que no gozan de prestigio y simpatía. El ministerio del Interior, según palabras del propio primer Ministro, “está sufriendo un choque psicológico y una crisis de confianza”, lo que explicaría los excesos de algunos responsables.

El momento de mayor tensión política vivido esta semana lo ha suscitado la declaración del ex-ministro Rajhi. Además de insinuar que personajes poderosos de la época de Ben Ali, como Kamel Letaief amigo personal del dictador, siguen dirigiendo el país entre bambalinas, Farhat Rajhi azuzó el tribalismo, oponiendo unas regiones a otras, y magnificó el peligro del islamismo fanático dando a entender que el movimiento Ennahda recién legalizado podría ganar las próximas Elecciones. Algo para lo que el ex-ministro del Interior recomendó como antídoto la toma del poder por los militares.

Las declaraciones de Rajhi no son gratuitas ni inconscientes. Siendo Fiscal general antes del derrocamiento del general Ben Ali, Farhat Rajhi no dudó en sus discursos de apertura de los años judiciales 2007 y 2008 en hacer la apología del dictador entonces Presidente. Razón suficiente para desconfiar de la imparcialidad del ex-responsable gubernamental cuando en el video de sus declaraciones difundido en Faceebok evoca las razones de la promoción del general Rachid Ammar al rango de Jefe del Estado Mayor interarmas como un paso necesario “para prepararle a tomar el poder en caso de victoria de los islamistas en las próximas Elecciones”.

El gobierno de Caid Essebsi se ha visto obligado a hacer una declaración pública calificando las declaraciones de Rajhi de “peligrosas y desprovistas de todo fundamento”. El primer ministro en funciones ha tenido que declarar que “el único gobierno que dirige actualmente el país es el Gobierno provisional”, y no un supuesto Ejecutivo en la sombra como dio a entender Farhat Rajhi.

Desde la sociedad civil se exige que Farhat Rajhi sea llevado a los tribunales. El ministerio de la Defensa ha pedido la intervención de la Justicia en el asunto. El periódico l’Audace, durante años la pesadilla de la dictadura Zine Ben Ali y Leila Trabelsi, que consiguieron clausurarle a pesar de ser editado en Francia, y que hoy se le arrebatan de las manos los tunecinos en todos los kioscos del país, exige que Farhat Rajhi sea arrestado.

El grupo de opinión Appel Republicain (Llamamiento republicano) se interroga esta semana en un comunicado sobre quién esta realmente detrás de las declaraciones del ex-ministro del Interior, quién las difunde y sobre todo quién tiene interés en que las Fuerzas Armadas queden al margen del proceso político post-revolucionario. Precisamente en un momento en que el Ejército se encuentra centrado en la defensa de la integridad del país puesta en peligro por las incursiones del Ejército de Muamar Gadafi en la frontera con Túnez supuestamente en persecución de los rebeldes libios que se habrían refugiado en el país vecino.

Una situación preocupante que coincide con un aumento de la inestabilidad en el país. En un solo fin de semana, señala l’Audace, 400 comisarías han sido incendiadas y saqueadas, a 32 taxistas se les han robado sus vehículos en la capital y una decena mas en Sousse. “Nadie puede afirmar que estemos en una fase post-revolución o en el inicio de otra de gran bandidismo. Algo que hace decir al periodista Slim Bagga opositor empedernido de la dictadura, que Túnez se acerca a la somalización. “¿Acaso los tunecinos que han expulsado a los piratas son ahora víctimas de los truhanes?”. “Ya no se trata de amar o detestar al actual primer Ministro Essebsi, señala el periódico, sino de saber si queremos que esta revolución conduzca por fin a la democracia y la igualdad social, o si vamos a seguir indefinidamente en estado de emergencia…”.

Un grupo de manifestantes se congregaron hace unos días ante el Palacio de Justicia de Túnez donde desplegaron una pancarta en la que se denuncia con nombres y apellidos 51 verdugos que han trabajado en el ministerio del Interior de la época del dictador Ben Ali, encabezados por el exministro del ramo Mohamed Ali Ganzoui. Este último ya ha sido detenido y deberá comparecer ante el juez.

Pedro Canales

Fecha publicación: (09-05-2011)
 
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Tunisie: un report des élections pas exclu, selon le responsable du scrutin


 

Le président de la Haute instance chargée de préparer les élections en Tunisie, Yadh Ben Achour, estime que la tâche reste « immense » avant la tenue des scrutins et n’exclut pas un report de la date fixée au 24 juillet, dans un entretien à l’AFP, jeudi à Paris.

« Nous avons tout fait dans l’instance que je préside, et je peux dire la même chose du gouvernement, pour que les élections se tiennent à cette date. Nous faisons tout pour nous y tenir », assure ce juriste reconnu enTunisie comme une personnalité indépendante.

Mais, souligne-t-il immédiatement, « la tâche est immense »: il faut encore dresser les listes électorales (7 millions d’électeurs estimés contre 4 millions lors du scrutin de 2009), former quelque 21.000 agents électoraux qui devront être répartis dans 7.000 bureaux de vote, organiser le vote des Tunisiens de l’étranger…

Et la commission électorale, qui vient à peine d’être élue, « n’a pas encore commencé à travailler » et doit commencer par désigner lundi son président.

« Si l’instance (commission) électorale juge, sur le plan logistique, que malgré les retards, l’élection peut se tenir en juillet 2011, le rendez-vous sera tenu », dit-il.

« Si l’instance électorale estime que la crédibilité des élections exige un report de cette date, la date sera reportée. Ce sera pour des raisons d’intendance et pas pour des raisons politiques », poursuit-il, insistant sur le fait que « le plus important » est d’organiser un « scrutin crédible ».

Les Tunisiens sont appelés à élire une Assemblée constituante, qui aura la tâche d’adopter une nouvelle constitution et de préparer des élections.

Ces derniers jours, l’hypothèse d’un report du scrutin fixé au 24 juillet s’est précisée, notamment après une intervention télévisée du Premier ministre Béji Caïd Essebsi, qui a évoqué la « lenteur » des travaux préparatoires.

« L’installation définitive du processus démocratique, on en est loin. Pour l’instant, nous sommes, comme on dit en arabe, en train de rassembler nos os (…), donc de nous remettre sur pied, mais cela demande du temps », explique le juriste.

Après un mois de manifestations, les Tunisiens ont chassé le président Zine El Abidine Ben Ali, le 14 janvier. Un départ qui a mis un terme à 23 ans d’un règne sans partage et lancé le « printemps arabe ».

Mais l’euphorie des premiers jours retombée, le gouvernement de transition tunisien peine à relancer la machine économique et à restaurer la sécurité, ce qui alimente un climat de défiance qui entretient lui-même l’instabilité.

Un couvre-feu nocturne a même été rétabli à Tunis, après desmanifestations durement réprimées par la police qui ont conduit, fait inédit, le ministère de l’Intérieur à présenter « des excuses » publiques.

Cette police qui n’a encore acquis aucun réflexe républicain saura-t-elle sécuriser les élections ? Sans nier les difficultés, Yadh Ben Achour se veut rassurant.

« La difficulté des périodes transitoires, c’est qu’avec ces mêmes hommes, il faut refaire un système. Ces hommes, on ne va pas les fusiller, ils sont là, il faut travailler avec eux », dit-il, précisant ne pas savoir si la sécurisation du processus électoral serait dévolu à la police, à l’armée ou à une force mixte.

« Après 23 ans de frustration, les gens veulent tout et tout de suite. La pression sociale est très forte, la crédibilité du gouvernement est faible (…) mais je dis à tout le monde de rester optimiste. Quel pays, après une révolution pareille, a de bonnes performances? »

Sa commission a déjà « réussi un miracle », rappelle-t-il: « faire en trois semaine la loi électorale, qui a été publiée au Journal officiel cette semaine » et dont les décrets d’application sont en préparation.

Lien : « 20 minutes » Le 12-05-2011

Tunisie : «Si l’Etat est encore debout, c’est bien grâce à son administration», déclare Rafaa Ben Achour


 

Rien ne pourra saper l’optimisme de Rafaa Ben Achour, ministre délégué auprès du Premier ministre, ni les bandes organisées de criminels qui sèment la terreur dans nombre de zones dans le pays, ni les grèves ou les sit-in: «Barrer une route, empêcher les employés de se rendre à leurs lieux de travail, commettre des actes de vandalisme ou de grèves sauvages, c’est le lot d’une démocratie naissante»…dit-il. C’était mercredi 4 mai.

WMC: Vous avez déclaré aux premiers jours de la révolution que vous l’avez vécue avec fierté et optimisme. Etes-vous toujours optimiste au bout de ces quatre mois postrévolutionnaires?

Rafaa Ben Achour: Je dois être optimiste pour plusieurs raisons, je vois que l’esprit de la révolution est toujours vivace. Cet élan, qui a distingué la jeunesse tunisienne, pendant les premiers jours de la révolution et ceux historiques des 13 et 14 janvier, est toujours là. Ceux qui ont fait la révolution sont toujours aussi vigilants et tiennent à ce que les objectifs pour lesquels ils se sont insurgés soient respectés. C’est une première raison d’être optimiste.

La deuxième découle de par ma position actuelle au sein du gouvernement qui travaille à concrétiser lesobjectifs de la révolution et faire parvenir la Tunisie à bon port le 24 juillet prochain pour l’élection de la Constituante. Il tient à assurer aussi bien politiquement que socialement et économiquement.

Il œuvre aujourd’hui à l’instauration de la démocratie, le respect des droits de l’homme et des libertés publiques, sur le plan social pour une croissance des capacités de l’emploi, et au plan économique grâce au programme de relance mis en place par l’Etat.

Le Premier ministre a déclaré lors de sa première conférence de presse que sa priorité est de rétablir la dignité et l’autorité de l’Etat. Or, lorsque vous discutez avec les citoyens, ils vous demandent où est-il cet Etat lorsque la sécurité est fragile conjuguée à une passivité des forces de l’ordre et les actes méprisables de bandes criminelles?

J’ai bien l’impression que nous ne sommes pas sur la même longueur d’onde. Le rétablissement de la dignité de l’Etat n’est pas le rétablissement d’un Etat autoritaire. L’Etat autoritaire n’est pas un Etat digne parce qu’il impose ses choix et ses objectifs, voire les intérêts personnels de ceux qui sont aux commandes, par la force et non pas par la persuasion. L’Etat digne est, par contre, celui qui arrive à persuader les individus, à gagner leur adhésion aux règles de droit, au respect des institutions, de l’égalité entre les citoyens et de l’opinion contraire. Voilà un Etat digne.

Un Etat digne, tel que celui que nous voyons dans les pays démocratiques, n’est pas celui qui use de force ou de moyens de répression policière, bien que ce soit le seul à pouvoir et devoir disposer de la contrainte légitime. Celle qui s’exerce en fonction de règles précises. Quand on voit un rassemblement, comme ici à la Place du gouvernement, venir réclamer ou dénoncer quelque chose et tant que cela se fait de manière pacifique et calme sans perturber la circulation ou la marche des services publics, c’est tolérable.

Dans tous les pays démocratiques, nous voyons ce genre de pratiques, aux Etats-Unis devant la Maison Blanche ou devant le Capitole, il est habituel de voir des rassemblements tout à fait inoffensifs de la part des uns ou des autres.

Il est vrai, d’un autre côté, qu’en Tunisie, l’Etat n’a pas encore recouvré sa présence à 100%. Ne l’oublions pas, l’Etat a vécu une situation de tremblement de terre qui a duré 23 ans. Tout a été mis à contribution pour le détruire. Pour le restaurer, il faut du temps. Cela ne se fera pas en 24 heures, en quelques jours ou en un mois.Restaurer un Etat comme on l’entend, démocratique, égalitaire et légaliste se fait progressivement, et cela prend du temps.

Sur le terrain, on ne voit pas grand-chose… et c’est inquiétant pour la population…

Barrer une route, empêcher les employés de se rendre à leurs lieux de travail, commettre des actes de vandalisme ou de grèves sauvages, c’est le lot d’une démocratie naissante. Les Tunisiens n’ont pas encore la pleine conscience de la culture démocratique, cela s’apprend petit à petit et me pousse à être plus optimiste.

Pour asseoir une démocratie, il faut un minimum de stabilité sécuritaire et économique… Barrer les routes, fermer les usines ou empêcher les gens de travailler ne semblent pas vous inquiéter outre mesure tout comme les milliards de dinars…

Effectivement. Je les considère comme de épiphénomènes. D’autant plus que nous avons perdu des millions de milliards de dinars à cause du vol et le pillage du pays.

Quels sont les priorités de ce gouvernement?

Les priorités du gouvernement sont à la fois politiques, économiques et sociales. Ce gouvernement a été nommé avec un objectif très précis: faire arriver le pays au 24 juillet pour que l’élection d’une Assemblée constituante se fasse dans les meilleures conditions possibles.

Il est admis partout que la démocratie ne peut pas se faire sans ordre, mais il n’y a pas que l’ordre dans la démocratie, il y a aussi le mouvement. La démocratie est un fin dosage entre l’ordre et le mouvement. Dans toute démocratie, il y a une opposition et une majorité gouvernante, et entre eux il y a une lutte.Le propre de la démocratie c’est que c’est une lutte pacifique avec des moyens qui peuvent aller crescendo. De simples discours jusqu’à la grève, jusqu’aux sit-in, etc. Ce sont des moyens admis.

Un gouvernement transitoire doit pouvoir assurer le passage d’un Etat autoritaire vers un Etat démocratique et non comme le disent et se plaisent à le dire nombre de journalistes qui insistent lourdement sur les termes «gouvernement provisoire» comme s’ils voulaient ironiser sur le caractère de ce gouvernement. Ce gouvernement ne demande rien, il s’est fixé un seul objectif: faire arriver la Tunisie à bon port le 24 juillet. Et il fait de son mieux.

Pour cela, il doit être aidé par les forces politiques mais aussi par des forces civiles. Tout le monde doit se sentir concerné par cela. C’est la raison pour laquelle, le Premier ministre avait lors de son avant-dernière rencontre avec la presse, attiré l’attention des partis politiques pour qu’ils s’intéressent plus aux aspects socioéconomiques; le Président de la République l’a également fait lors de son discours à l’occasion du 1er mai.

Malheureusement, dans certaines régions du pays, il y a des liens primaires qui sont attisés par nombre de phénomènes anarchiques. Il est absolument inadmissible d’incendier des écoles, c’est de l’inconscience pure et simple et à tous les niveaux: politique, économique et sociale.

Pour ce qui nous concerne, nous essayons, dans le cadre des moyens dont nous disposons, d’éliminer ces pratiques; et c’est en bonne voie… Si nous adressons un tableau comparatif entre la date de la démission de l’ancien Premier ministre, Mohamed Ghannouchi, et aujourd’hui, on réalisera que nous avons franchi un chemin assez long et périlleux sans beaucoup d’encombres.

L’entrepreneuriat tunisien a peur et s’est recroquevillé sur lui-même, tout comme certains décideurs dans le secteur bancaire de peur de prendre des décisions dont les conséquences pourraient être risquées au vu du flou qui règne sur la situation actuelle non seulement sur le plan économique mais également celui de la justice. Nous sommes donc dans l’attentisme le plus total, c’est grave pour l’économie. Ne faut-il pas prendre des décisions politiques pour éclaircir les choses ?

En Tunisie, on parle d’un faux secteur privé. Car tout transitait par l’Etat qui a mis sa tutelle sur tout et n’a rien cédé. Conséquence: il n’y a ni volontarisme ni esprit d’initiative. Lorsque quelqu’un est appelé à réaliser un projet déterminé, sa liberté de manœuvre est très réduite parce qu’il devait subir les instructions. Aujourd’hui, il n’en est rien. Au contraire, nous voyons des investisseurs aussi bien tunisiens qu’étrangers se précipiter dans le pays pour lancer des projets. Nombre de projets ont été approuvés lors des deux conseils supérieurs de l’investissement qui ont eu lieu. Des investisseurs tunisiens ont tenu à s’implanter dans les régions déshéritées comme Siliana, Gafsa ou Jendouba. Ils restent plus ou moins dépendants de l’Etat, et il va falloir passer à une autre phase où les entrepreneurs sont seuls maîtres de leurs initiatives et le font sans entraves et en toute liberté. L’Etat est là pour encourager et soutenir et non pas pour imposer.

La peur des investisseurs étrangers est compréhensible, mais le gouvernement est là pour les encourager. Le Premier ministre a donné l’exemple d’une grande entreprise étrangère internationale qui est British Gaz. BG fournit 66% de l’énergie des centrales thermiques tunisiennes pour l’électricité. A ma connaissance, depuis le 14 janvier, il n’y a pas eu de coupure d’eau ou d’électricité, ni de ralentissement notable des services publics essentiels des transports publics.

Il faut éviter la dramatisation de la situation, la Tunisie sort d’une révolution et non pas d’une petite insurrection ou une grève. Le pays a connu une véritable révolution, ce qui veut dire une remise en cause totale d’un ordre établi par un nouvel ordre qui ne s’établira pas en un seul jour.

Vous avez rassuré les investisseurs étrangers et tunisiens alors? Les banquiers ont aussi peur, peur de prendre des décisions qui peuvent se retourner contre eux…

Nous avons rassuré les investisseurs étrangers et tunisiens. D’ailleurs, les promoteurs privés qui n’ont rien à se reprocher ne doivent avoir peur de rien. Pour ce qui est des banques, les plus importantes sont publiques et fonctionnent à merveille, pareil pour les privées. Une seule banque pose problème car elle appartenait à un membre de la famille de l’ancien président, et elle avait été édifiée en violation des lois en vigueur. L’Etat fait ce qu’il faut pour assainir sa situation pour qu’elle se remette dans le système.

D’un autre côté, toute personne qui a reçu un avantage ou un profit, de manière illégale ou illicite, devra répondre de cela. Dès qu’il émet un doute sur une opération, le gouvernement transmet le dossier à la Commission de lutte contre la corruption et les malversations économiques, laquelle, après investigations, soumet l’affaire à la justice. Le gouvernement actuel ne fermera pas les yeux sur les actes illégaux. S’il y a des irrégularités, il va falloir que nous retournions à la légalité ou au moins, ceux qui ont été lésés reçoivent des dédommagements.

Que faire pour parer aux insuffisances inhérentes à l’administration?

J’estime qu’il faut rendre hommage à l’Administration, car si l’Etat est encore debout, c’est bien grâce à son administration, bien formée et efficace. Il n’existe pas une seule administration efficiente à 100% et partout dans le monde. D’où toutes les théories sur la bureaucratie. Mais nous pouvons nous passer de tout sauf de l’Administration, c’est la colonne vertébrale de l’Etat. D’autre part, la lenteur est parfois bonne conseillère. Prenez l’exemple de la justice aujourd’hui qui vit des moments délicats parce qu’elle n’arrive pas à la sérénité nécessaire. Nous avons, nous juristes, une belle formule «la justice dans sa sage lenteur». Parce qu’il ne faut pas juger à chaud.

Notre administration a été également instrumentalisée…

C’est vrai, en quelque sorte, mais il ne faut surtout pas croire que tous les fonctionnaires de l’Etat sont des corrompus, loin de là! Il y en a quelques-uns qui l’ont été, comme partout dans le monde. Aucun corps n’est sain à 100%. Ne frappons pas sur l’administration qui, aujourd’hui, change d’orientation pour être un véritable service public et non pas dédiée à un groupe ou des personnes. Nous avons fait des progrès dans ce sens. Prenez l’exemple de la dissolution des conseils municipaux, à la place, nous avons mis des délégations spéciales dont certaines fonctionnent comme celle de Tunis. D’autres ont des problèmes parce que leur représentativité n’est pas encore accomplie. Mais les services municipaux continuent à fonctionner. Les rues sont balayés, les ordures sont levées, les nouvelles naissances enregistrées, les mariages célébrées etc.

Vous venez de parler de compétences. Il est vrai qu’elles ne sont pas toutes corrompues ce qui est vrai. Et à ce propos, il y a un malaise au niveau des hauts fonctionnaires de l’Etat intègres mais assimilés à Ben Ali. Aujourd’hui, ils n’osent pas prendre des décisions de peur du syndrome de la «dégagité».

Le syndrome de la «dégagite» a été remplacé par celui de «l’engagite». Engagez-vous, c’est notre leitmotiv.

Sous le régime qui vient de tomber, même le ministre ne pouvait prendre la plus petite décision. Il ne pouvait pas choisir son propre chef de cabinet. Je vais plus loin: pour se déplacer dans le pays ou participer à une cérémonie organisée par une représentation diplomatique ou recevoir un étranger, il devait attendre ses ordres de Carthage. Aujourd’hui tous les ministres sont maîtres de leurs départements, personne n’intervient dans le fonctionnement de leurs services… Cela se répercutera sur toute la hiérarchie.

La Banque centrale est aujourd’hui une banque autonome sur laquelle le gouvernement n’a aucune prise, le gouverneur de la BCT n’est d’ailleurs plus membre du gouvernement et ne participe au Conseil des ministres que s’il y a une question en rapport avec la monnaie.

Nous sommes, pour notre part, décidés à remettre en confiance tout le monde, hauts et petits fonctionnaires, le corps de la police qui a été ébranlé ainsi que la garde nationale ou l’armée.

Le malaise au ministère de la Justice. La justice est la seule garante de la confiance du peuple et ce que nous y voyons n’est pas très rassurant…

Le ministère de la Justice n’est qu’une simple administration…

Qui intervient encore d’après les magistrats…

Ce n’est pas vrai. Il n’intervient pas et n’intervient plus. Je peux vous assurer sans aucune équivoque qu’il n’y a aucune instruction donnée à la magistrature. Voyez toutes les démêlées qu’a eu le président de la Commission sur la corruption et les malversations économiques ainsi que les affaires déclenchées par un certain nombre de personnes. Le ministère n’a sous sa tutelle que le ministère public mais la magistrature assise est aujourd’hui totalement indépendante, et je défie quiconque d’apporter la preuve que le gouvernement est intervenu d’une manière ou d’une autre auprès d’un magistrat.

Mais le procureur de la République dépend du ministère…

C’est le cas dans tous les pays du monde, mais dès que la justice est saisie, ce n’est pas le ministère public qui décide mais les magistrats en leur âme et conscience. Les affaires en cours aujourd’hui sont entre les mains des juges d’instruction et ce sont eux qui décident d’instruire une affaire ou de ne pas l’instruire.

Source: “wmc” Le 12-05-2011

La justice n’oublie pas Ben Ali


 

A l’ombre, dans la grande demeure bourgeoise prêtée par la famille royale saoudienne, et alors que les Tunisiens s’attèlent avec peine à trouver la stabilité politique dont ils ont tant besoin, Zine El Abidine Ben Ali n’est pas pour autant complètement tombé aux oubliettes. La chambre d’accusation près la cour d’appel de Tunis a en effet décidé de déférer l’ancien président devant un tribunal militaire, annonce un communiqué du ministère de la Justice, cité par l’agence Tap. Son ancien ministre de l’Intérieur et un haut cadre de la sécurité sont également concernés par la procédure, précise le document qui ne cite pas les noms des personnes concernées. Selon le site spécialiséKapitalis, il s’agirait de Rafik Haj Kacem et du général Ali Sériati, les deux derniers arrêtés au lendemain de la fuite du dirigeant déchu, le 14 janvier dernier.

Tunis a annoncé le mois dernier avoir engagé 18 actions en justice contre l’ancien chef d’Etat, notamment pour «homicide volontaire», «complot contre la sûreté intérieure de l’Etat», «incitation à provoquer le désordre, le meurtre ou le pillage sur le territoire tunisien» et «trafic et usage de stupéfiants». La plupart des chefs d’accusations concernent les exactions commises à Ouardanine, près de Sousse (à 150 km au sud de la capitale), où plusieurs manifestants avaient été tués en tentant de s’opposer à la fuite de Kaïs Ben Ali, le neveu de Zine El Abidine. Des charges ont également été retenues contre 14 membres des forces de sécurité pour leur rôle dans ces incidents, au cours desquels au moins quatre manifestants ont été tués selon Reuters. Depuis quatre mois, le gouvernement tunisien cherche à obtenir l’extradition de l’ancien raïs et de son épouse, Leïla Trabelsi –que l’on a un temps dit dans un pays du Gofe, ou en Libye, mais qui se trouverait en réalité aux côtés de son mari. Un mandat d’arrêt international a été lancé contre le couple le 26 janvier dernier.

Ses avoirs gelés…ses proches traqués…

Au-delà de ces poursuites, plusieurs pays ont gelé les avoirs du «clan Ben Ali-Trabelsi», à commencer par la Tunisie, dès le mois de mars (112 personnes, liées de prêt ou de loin à Ben Ali, sont concernées), puis la Suisse en mai –Berne a fait de même pour les dirigeants égyptien et libyen, Hosni Moubarak et Mouammar Kadhafi. Mardi, enfin, 12 millions d’euros ont été saisis en France sur douze comptes bancaires appartenant à quatre proches de l’ancien président tunisien, a révélé l’association Sherpa. Suite à la plainte de l’ONG et de deux autres (dont Transparency International France), une enquête préliminaire de police avait été ouverte par le parquet de Paris fin janvier sur les biens que détiendrait la famille Ben Ali en France. Le but de la plainte, déposée pour «corruption, recel de corruption, recel de détournement de fonds publics et blanchiment», est de faire recenser ces avoirs, les faire saisir et les restituer à la Tunisie s’il est avéré qu’ils ont été mal acquis. Rappelons qu’en 2008, le magazine «Forbes» avait estimé la fortune de Zine el-Abidine Ben Ali à 5 milliards de dollars. William Bourdon, président de l’association Sherpa et avocat de Transparence Internationale France, l’évalue lui entre 5 et 10 milliards, «répartis entre l’Amérique latine, le Canada, le Golfe et l’Asie du Sud-Est». Selon WikiLeaks, l’ex-clan dirigeant possèderait des appartements à Paris, des propriétés en Ile-de-France, un chalet à Courchevel et des villas sur à Cannes et à Monaco. Zine Abidine Ben Ali serait également propriétaire d’une écurie de 9 chevaux dans l’Hexagone -chacun coûtant entre 80 000 et 150 000 euros.

De nombreux proches des Ben Ali sont également arrêtés, à l’instar de Mohamed Ghariani, ancien secrétaire général du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), parti dissous de Ben Ali, en avril, ou encore de Slah Ben Ali, le frère de l’ancien raïs. Par ailleurs, toutes les personnes impliquées dans des affaires de corruption et les proches de l’ex-président, ses ministres et collaborateurs sont interdits de voyage, en l’attente des décisions qui doivent être prises par les juges d’instruction. Pendant ce temps, le gouvernement transitoire nommé le 7 mars peine à trouver ses marques. Le pays a du mal à trouver l’unité qui le mènera à sa transition démocratique rêvée. Verdict après l’élection d’une assemblée constituante le 24 juillet prochain.clip_image001

Source : « Pasris match » Le 12-05-2011

Tunisie: la cinéaste Nadia El Fani traquée par les islamistes


 

Son film « Ni Allah ni maitre » qui sera projeté à Cannes le 18 mai lui vaut une campagne d’insultes et d’intimidations dans son pays. La liberté de conscience est-elle interdite à Tunis ?

Elle ne s’est pas tue sous Ben Ali et elle croyait pouvoir parler librement après sa chute. Hélas, la cinéaste tunisienne Nadia El Fani découvre qu’il n’en est rien. Pour avoir osé travailler sur la question laïque et titré son film « Ni Allah ni maitre », l’artiste est devenue la cible de milliers d’obscurantistes qui en appellent sur le web à l’agression physique, voire au meurtre. La Quinzaine des réalisateurs rendra hommage aujourd’hui à son courage en ouverture du festival de Cannes, en même temps qu’au cinéaste iranien Jafar Panahi, condamné à six ans de prison par les mollahs de la république islamique. « Ni Allah ni Maitre » ne sera toutefois pas présenté à la Quinzaine mais en projection publique, le 18 mai, au cinéma les Arcades, à 16 heures 15. Courez-y, elle a besoin de votre soutien ! Les Tunisiens, eux, en ont eu la primeur il y a quelques semaines. Un reportage a suivi sur la chaine Hannibal TV et c’est ce qui a mis le feu aux poudres. La cinéaste y expliquait tranquillement son propos : un voyage dans une Tunisie tolérante à l’été 2010 , parmi ceux qui refusaient de faire le Ramadan. La révolution arrive alors qu’elle travaille sur le montage du document. Caméra au poing, elle se précipite dans la rue, sur l’esplanade de la Kasbah, et découvre que la laïcité est l’un des débats les plus importants et les plus passionnés de ces premiers jours d’un monde nouveau. La première banderole « Tunisie laïque ! » est brandie lors de la première manifestation des femmes , le 28 janvier. En souriant, Nadia El Fani explique donc à Hannibal TV que ses choix, son histoire ne font pas d’elle une amie des islamistes avec lesquels elle est en guerre idéologiquement. Scandale ! Les islamistes reprennent et diffusent sur Internet deux minutes de l’interview, agrémentées de caricatures et d’insultes. « Qu’il y ait des milliers de crachats sur elle ! » tapent frénétiquement les fanatiques qui déforment sa photo et la figurent en diable, en singe, en porc, en cadavre ou le crâne explosé. A son tour, cédant à la panique et à la pression comme si l’intégrisme était roi, Hannibal TV , lâchement, diffuse dans ses programmes un bandeau où la chaine « se désolidarise des propos tenus contre l’Islam par Nadia El Fani ». La journaliste qui a réalisé l’interview de la cinéaste est licenciée ! Mais le plus douloureux, explique Nadia, « c’est le silence des partis politiques de gauche » alors même qu’ils se proclament les défenseurs de la jeune démocratie tunisienne. Un autre cinéaste, Nouri Bouzid, a déjà été victime d’agressions. Le chanteur de rap « Psyco.M », qui clame sa sympathie pour le mouvement islamiste Ennahda, hurle dans un de ses textes « Attaquons Nouri Bouzid à la kalachnikov ! »…. Affolée, un pan de l’opinion commence à se mobiliser. A Paris, où Nadia est également menacée, l’association Ni Putes ni Soumises prépare un manifeste pour la soutenir sous le slogan : « J’ai le droit de dire que je ne crois pas en Dieu ». L’affaire El Fani devient ainsi emblématique. Non seulement de la jeune Tunisie guettée par des obscurantistes mais aussi de la situation des « musulmans laïcs » selon le terme imprécis qui désigne simplement des hommes et des femmes libres penseurs. « Défendre Nadia, c’est défendre notre droit à la liberté de conscience » rappelle Sihem Habchi, la présidente de Ni putes ni Soumises qui sera à Cannes le 18 mai, aux côtés de la cinéaste.

Source: “Marianne2” Le 12-05-2011

L’Etat d’urgence en Tunisie: une arme de dictature à surveiller


 

A quoi joue Béji Caid Essebsi? C’est la question qui agite les esprits depuis les dernières semaines. Après sa première allocution qui avait séduit la majorité des Tunisiens, les conférences de presse du Premier ministre ont posé un voile opaque sur ce gouvernement provisoire. La «Haute Instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et la transition démocratique», censée mettre en place les élections de l’assemblée constituante prévue pour le 24 juillet, est dans un bras de fer avec le Premier ministre concernant plusieurs articles de la loi électorale. Un différend qui cache, en profondeur, un combat de légitimité, chacun s’érigeant en défenseur de la démocratie et en protecteur ultime des acquis de la Révolution. Un gouvernement toujours controversé

Pourtant, ce gouvernement aurait pu, par des actes symboliques, montrer sa volonté de rompre définitivement avec le régime passé. Mais le fait est que l’on continue à réclamer au jour le jour notre dû. Les actions en justice contre les anciens du régime sont rares et obscures. Plusieurs anciens ministres et hauts cadres du RCD ont été entendus par des juges d’instruction durant les dernières semaines mais aucune poursuite concrète n’a été entamée. Le procès de Imed Trabelsi, symbole de la corruption qui a sévi sous Ben Ali, aurait pu constituer une action exemplaire et calmer le sentiment d’injustice. Mais ce procès n’a fait qu’exacerber la révolte populaire, Imed arrivant fringant et costumé, esquissant un rictus méprisant face à la foule qui l’insultait. Inculpé pour consommation de stupéfiants, il écope de deux années fermes de prison en attendant l’instruction des autres dossiers. Un chef d’accusation très mince lorsqu’on connaît son implication dans d’innombrables affaires douteuses. L’Etat ne semble pas vouloir reconnaître les préjudices qu’il a subi durant toutes ces années sous l’emprise du RCD et des Trabelsi. Il appelle ceux qui ont été lésés à porter plainte par eux-mêmes. Seul le rétablissement de la situation sécuritaire demeure la préoccupation majeure du gouvernement. Ce qu’il prétend ignorer c’est que la rue ne fait que répondre au manque de transparence du gouvernement et à son immobilisme face à des points essentiels sans lesquels aucune démocratie ne peut fleurir. Les révélations de Rajhi provoquent une onde de choc Tout cela a contribué à la montée d’un ras-le-bol qui a atteint son apogée le soir de la publication d’une série de vidéos où l’ancien ministre de l’Intérieur, Farhat Rajhi, révèle ses appréhensions face à ce gouvernement, notamment la présence d’un lobby politique mené par Kamel Eltaief qui agirait dans l’ombre et commanderait la scène politique. Il annonce surtout la prise de pouvoir de l’armée tunisienne en cas de victoire du parti islamiste Ennahdha. Par ses révélations, Farhat Rajhi semble avoir ouvert la boîte de Pandore. Les vidéos ont ébranlé l’opinion publique et ont agi comme le catalyseur d’une réaction contre le Premier ministre et son gouvernement, totalement déstabilisés par cette bombe médiatique. Est-ce le début d’une seconde révolution ? Peut-être pas, mais ces accusations ont eu le mérite de réveiller de nouveau la conscience du peuple. Les Tunisiens ont compris que les charognards politiques se nourrissent des cadavres de la vigilance populaire.

Au lendemain de la diffusion de ces vidéos, le 6 mai, le point de rupture entre le gouvernement provisoire et la population tunisienne est définitivement atteint. Des centaines de manifestants réunis sur l’avenue Habib Bourguiba sont violemment réprimés par les forces de police, qui, derrière leur cagoules, poursuivent et battent les manifestants, les passants et les journalistes en toute impunité. Un scénario digne de la manifestation du 14 janvier qui avait marqué le départ précipité de Ben Ali. Les mêmes causes entraînant les mêmes conséquences, le lendemain, le 7 mai, a ressemblé à s’y méprendre au 15 Janvier 2011. Tunis brûle de nouveau et un couvre-feu est instauré en urgence sur la capitale. Encore une nuit de tirs, de sons d’hélicoptères et de rondes policières et militaires.Qui sont ces personnes qui pillent, cassent et saccagent ? Nous ne le savons pas. Le couvre-feu sonne, cette fois, comme une punition générale d’un gouvernement dépassé par un peuple insoumis. La censure au nom de la sécurité de l’Etat La réponse de l’armée tunisienne aux accusations de Farhat Rajhi ne s’est pas faite attendre. Le ministère de la défense ordonne l’ouverture d’une enquête et saisit le tribunal militaire afin de statuer sur les propos jugés diffamatoires de l’ex ministre de l’Intérieur, une procédure dont la rapidité laisse perplexe face à une justice habituellement lente. L’association des magistrats tunisiens annonce son désaccord envers ces poursuites et met en garde le gouvernement provisoire sur «les conséquences de l’implication de la magistrature dans des différends liés à la liberté d’expression». En parallèle, sur ordre du tribunal militaire permanent, plusieurs pages Facebook critiquant l’armée tunisienne sont censurées. Le code de justice militaire justifie ce genre de pratiques. L’état d’urgence, toujours décrété en Tunisie, peut justifier toutes les dérives possibles en matière de restriction des libertés fondamentales. Au nom de cet état d’urgence, le tribunal militaire permanent a le pouvoir d’ordonner la censure de pages. Qu’un tribunal militaire s’occupe de censurer des pages Facebook peut sembler humoristique mais pas si l’on connaît l’impact de Facebook sur l’opinion populaire tunisienne. Sur les réseaux sociaux, plusieurs Tunisiens témoignent de leur inquiétude face au pouvoir qu’acquiert l’armée et de l’immunité qu’elle s’octroie. Les mots de Farhat Rajhi sonnent comme une prophétie et beaucoup redoutent le putsch militaire. Ces inquiétudes sont également alimentées par la promotion du Général de corps d’armée et chef d’Etat-major de l’armée de terre, Rachid Ammar, en chef d’Etat-major des armées. L’armée a jusque là exercé un rôle protecteur envers les Tunisiens. Dans les innombrables scénarios des évènements du 14 janvier, la présence du Général Rachid Ammar aurait été déterminante dans le départ du président déchu, et l’on se rappelle également que Rachid Ammar est l’homme qui a refusé de tirer sur les manifestants sur ordre de Ben Ali avant le 14 janvier. Néanmoins, après avoir érigé les militaires en héros de la Révolution, plusieurs personnes ont évoqué l’hypothèse que les snipers qui avaient sévi avant et après le 14 janvier appartiendraient en réalité au corps de l’armée tunisienne. L’armée a pris très au sérieux ces accusations graves qui ternissent l’image de celle qui demeure comme le seul rempart face à une police encore très controversée et avec laquelle les Tunisiens peinent à se réconcilier. Dans un communiqué, l’armée tunisienne met en garde la population contre toute accusation qui mettrait en cause l’intégrité de son corps. Au delà de l’élection démocratique d’une assemblée constituante, le respect de la date du 24 Juillet pour les élections doit être une priorité afin de lever l’état d’urgence, véritable arme de dictature, qui peut se perpétuer légitimement au nom de la sécurité de l’état et justifier l’atteinte aux libertés fondamentales des citoyens, comme ce fut le cas pour l’Algérie, l’Egypte et la Syrie.

Source:”Liberation” Le 12-05-2011

Tunisie cherche président désespérément!


 

TRES URGENT, cause déménagement précipité en Arabie Saoudite : petit pays sans ressources, vue sur mer, climat ensoleillé, belles plages et hôtels vides, nombreuses usines en grève, fraîchement libéré d’un dictateur «Bac -3» et en pleine euphorie démocratique, cherche gentil président, célibataire, sans frères ni sœurs, stérile et chauve (donc ne connaissant pas de coiffeuse) pour diriger 10 millions d’habitants impatients, exigeants, revendicatifs, révolutionnaires frondeurs et contestataires dans l’âme, un poil populistes voire démagogues, aimant les glibettes, le foot, la fête et les discussions sans fin où on refait le monde, adorant manifester en boucle, en criant «dégage !» à tue-tête pour changer de ministres tous les trois jours et, par conséquent, de plus en plus déconnecté de la réalité mais au demeurant très très sympathique et pratiquant l’exubérance politicienne car capables de créer plus de 50 partis politiques en moins de deux mois. Devra avoir un rôle de conciliateur entre des manifestants excités car frustrés et des policiers enragés car frustrés. Donc excellentes connaissances en psychologie (des masses) extrêmement appréciées! Réelles qualités relationnelles exigées pour convaincre la jeunesse de rester sur place au lieu de filer vers Lampedusa, pour convaincre les éboueurs de reprendre le boulot parce que les ordures dans la rue ça commence à faire vraiment sale, pour convaincre les militaires de remballer leurs chars et leurs barbelés qui encombrent l’Avenue Bourguiba et surtout pour convaincre les intégristes une bonne fois pour toutes que la pratique de la religion est un simple choix intime et personnel… Bonne formation en mathématiques financières nécessaire pour essayer de calculer combien d’argent l’ancien président, sa femme et leurs familles respectives ont volé au pays. Fixations paranoïaques sur le chiffre 7 ou sur la couleur mauve à éviter si possible… Mandat de 5 ans, renouvelable si réelles affinités mais présidence à vie totalement et absolument exclue: c’est non négociable! Mercedes avec chauffeur et logement de fonction à Carthage, banlieue résidentielle très haut de gamme. Dernière condition: croire en sa bonne étoile pour remettre le pays sur les rails, être sacrément optimiste face aux gros défis et avoir une extraordinaire «baraka» parce que, pour être franc…, C’EST PAS GAGNÉ!

Source : « Kapitalis » Le 12-05-2011

Soutenez les Tunisiens !


Par Nadia Chaabane, vice-présidente de l’association des Tunisiens en France.

Beaucoup parmi vous ont exprimé leurs solidarités et leur soutien à la Tunisie et aux Tunisiens au lendemain du 14 janvier. Aujourd’hui, je vous appelle à être conséquents et à apporter votre solidarité concrète. Des jeunes Tunisiens ont besoin de vous mais là où vous êtes, dans vos villes et vos communes. Je demande à chacun d’entre vous d’accueillir un jeune pour l’accompagner dans son élan de liberté.

À tort ou à raison, chacun de ces jeunes a cru à sa manière en la France et découvre un autre monde que celui qu’il a rêvé. Ils sont aujourd’hui sans espoir et sans autres solutions que de demander la solidarité, ne serait-ce que pour un temps. Cette situation peut être réglée en peu de temps par un geste de générosité. Chaque ville de plus de 10 000 habitants pourrait accueillir un jeune Tunisien et l’accompagner.

Au nom de ma mère qui a franchi la Méditerranée, il y a de cela quarante-huit ans, pour s’installer en Tunisie où elle vit aujourd’hui en toute quiétude. Au nom de mon père qui a toute sa vie professionnelle enseigné la langue de Voltaire en Tunisie.

J’en appelle à votre générosité et à votre humanisme pour redonner à ma France sa place et ses couleurs, renouant avec notre histoire et rompant avec le discours haineux et diviseur. Ces jeunes ont besoin de vous et les Français ont besoin de vous pour y croire de nouveau.

Ma France à moi est métisse et belle, elle résonne l’humanisme et l’intelligence. Celle qu’on entend aujourd’hui est complexée et frileuse, elle résonne la haine et le repli. Elle ne croit plus en elle. Je crois encore à cette autre France tapie aujourd’hui en chacun de nous et qui ne demande qu’à s’épanouir.

Liberté, égalité, fraternité n’ont de sens qu’imprégnés de générosité, nos deux révolutions sont pétries de cet idéal, montrons-nous dignes de cet héritage.

Source : « L’humanite » Le 12-05-2011

L’impact de la situation en Libye sur l’économie tunisienne plus fort qu’imaginé: des milliards de dinars


 

«L’impact de la situation en Libye sur l’économie tunisienne est en fait plus fort qu’on ne l’imaginait : bien lourd, a déclaré le gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie, M. Mustapha Kamel Nabli. Il s’élève, a-t-il ajouté, à des milliards de dinars, tant les relations entre les deux pays sont étroites et les échanges importants. A présent, explique M. Nabli, il s’agit de faciliter la continuité des flux possibles, notamment pour ce qui est de l’exportation de produits tunisiens.»

Invité par la BAD à un débat, jeudi après-midi, sur les enjeux et perspectives économiques en Tunisie Post-révolutionnaire, premier du genre organisé par la Banque, le gouverneur a souligné qu’il est difficile d’identifier les causes réelles qui ont déclenché la révolution, tant les facteurs sont multiples, mais que la caractéristique principale, jusque-là observée est l’incertitude. Il s’agit donc de se mettre en situation de gestion des incertitudes et de risques, en essayant de prendre au bon moment les bonnes décisions. M. Nabli a cité à cet égard nombre d’exemples tels que ceux relatifs à la politique monétaire et nécessitant la décision quant à l’utilisation de toute la marge ou une partie seulement, immédiatement ou progressivement, la réduction des réserves obligatoires des banques (12.5%), d’un seul trait ou progressivement, etc.

Le gouverneur de la Banque Centrale a souligné que la Tunisie est en train d’utiliser une marge importante de ses instruments et devra faire face dans les trois mois à venir à des pressions encore plus fortes qu’il faudrait analyser correctement et se préparer à y répondre de la manière la plus appropriée pour éviter tout dérapage. Néanmoins, M. Nabli demeure optimiste sur l’évolution de la situation, se déclarant adepte de « l’optimisme qui se réalise ».

Source: ”Leaders” Le 12-05-2011

Tunisie: Béji Caïd Essebsi veut-il tuer les agences de voyage?


 

Cette question n’est ni de la provocation, ni du fantasme encore moins d’une hypothèse de travail. Et pour cause. Nous avons rencontré Mohamed Elyès Ben Othman, membre du bureau exécutif de la Fédération tunisienne des agences de voyage (FTAV), et président de la Commission Omra et pèlerinage de ladite fédération, qui nous a fait part des difficultés que rencontrent les agences de voyage tunisiennes depuis quelques années déjà, mais surtout depuis la révolution du 14 janvier. Comme nous l’avions déjà écrit il y a quelque temps, la profession des agences de voyage, dans sa majorité, demande la suppression pure et simple de la Société nationale des résidences (SNR), ex-Montazah Gammarth, qui était chargée au cours des 12 dernières années de la gestion des pèlerins tunisiens sur les lieux saints de l’islam. Seulement voilà, vu que les autorités saoudiennes n’exigent pas un intermédiaire public pour accepter les pèlerins, les agents de voyage ne veulent plus avoir comme vis-à-vis la SNR, laquelle doit accepter le jeu de la concurrence, c’est-à-dire qu’elle ne doit plus bénéficier d’un monopole sur cette activité. Si elle doit se maintenir, ce sera par son savoir-faire et son professionnalisme. Et rien d’autre. Pour M. Ben Othman, on ne peut plus exiger aux gens de «rester soumis au diktat ni de l’Etat ni du monopole d’une entreprise ou organisme public quelconque… Ce temps est révolu». Or, la SNR était directement contrôlée par le Palais de Carthage. Espérant taire la grogne des agences de voyage, la SNR a été placée sous l’égide du Premier ministère. Ce que la profession dénonce et ne veut plus. C’est sur cette base donc, nous affirme M. Ben Othman, que la FTAV a adressé une lettre au ministre du Tourisme et du Commerce, le 19 avril dernier. «Dans cette lettre, nous avons demandé une libéralisation totale et immédiate de la Omra, et une libéralisation partielle du pèlerinage». Autrement dit, les professionnels du secteur remettent en question le principe de l’exclusivité lui-même accordé à l’entreprise publique et appellent à être associés dans l’organisation des pèlerinages et de la Omra. Soutenues dans leur démarche, semble-t-il, par leur ministère de tutelle, les agences de voyage n’ont toujours pas obtenu gain de cause alors qu’elles se trouvent devant une date limite… et si elles la ratent, adieu la prochaine saison Omra et le pèlerinage. En effet, la signature des contrats “Omra“ et “pèlerinage“ avec les autorités saoudiennes ne doit pas dépasser le 25 mai. Mais au-delà de cette date buttoir, la libéralisation ne serait-ce que ce créneau du secteur touristique dans son ensemble, ouvrirait des belles perspectives, en termes d’opportunités et d’emplois. Car, «la concurrence va certainement engendrer une nette amélioration du service des agences de voyage pour le consommateur tunisien», estime le président de la Commission Omra et pèlerinage à la FTAV. Mais encore, cette concurrence est à même d’apurer le secteur. Certes, reconnaît notre interlocuteur, une soixantaine d’agences veulent encore continuer à travailler avec la SNR, s’estimant incapables de voler de leurs propres ailles, mais quand même 170 autres ne le souhaitent plus. Et se disent que, même si elles vont fermer boutique, il n’est plus question de coopérer avec la SNR qui, nous a-t-on indiqué, «s’est fait beaucoup d’argent sur notre dos». Alors, la question que l’on se pose aujourd’hui du côté de la FTAV, plus de six semaines après avoir soumis leurs exigences au Premier ministre, celui-ci n’a toujours pas répondu. Aux dernières nouvelles, la FTAV espère que la question sera débattue lors du conseil des ministres du gouvernement transitoire du vendredi 13 mai 2011.

Source:”wmc” Le 12-05-2011

A propos de «La bourde de Lotfi Laâmari, les dits et les non dits de Béji Caïd Essebsi et les oublis de nos journalistes»


 

 

«Suite à la publication de l’article intitulé « La bourde de Lotfi Laamari, les dits et les non dits de Béji Caïd Essebsi et les oublis de nos journalistes » dans notre édition du mardi 10 mai, nous avons reçu la réponse de notre confrère Lotfi Laamari »

 

Tout d’abord, je voudrais remercier mon collègue Badreddine Ben Henda pour l’intérêt constant qu’il porte à mes différentes interventions télévisuelles et particulièrement à celle que j’ai formulées en tant que questions posées au Premier ministre du gouvernement provisoire, M. Béji Caïd Essebsi.

Bien que j’ai posé plus d’une question, mon cher collègue n’a focalisé son attention que sur celle où j’ai évoqué les dessous de la visite du Général Rachid Ammar au Qatar quelques jours après sa nomination en tant que Chef d’Etat major des trois armées…Le collègue a considéré cette question sur une possible coopération militaire entre notre pays et le Qatar et derrière elle, les forces de la coalition en vue d’une attaque militaire terrestre à partir de nos frontières contre les forces du Colonel Kadhafi.

Cette question est une formulation de ce qui préoccupe une majorité de ceux, Tunisiens comme étrangers, qui suivent de près les développements de la situation chez notre voisin du sud.

Mon cher collègue a vu dans ma question «une bourde» monumentale… Avec tout le respect que je dois à sa vision de la situation, je me demande s’il est raisonnable qu’un Général et Chef d’Etat major ne discute avec ses collègues qataris «des questions de coopération économique», comme l’a affirmé le Premier ministre du Gouvernement provisoire…

Franchement, je ne sais qui a commis une «bourde»? Est-ce celui qui pose une question raisonnable basée sur des données attenantes au Général Rachid Ammar ou celui qui prend argent comptant les justifications du Premier ministre provisoire?

Mon cher collègue croit-il que le Premier ministre qui a mis tout son art pour répondre à côté des questions sous prétexte du devoir de réserve, croit-il qu’il aurait dévoilé toute la vérité induite dans ma question?

Est-il crédible que le Chef d’Etat major, le Général Ammar aille au Qatar rien que pour discuter des « questions de coopération économiques » d’autant plus qu’il était accompagné du ministre de la défense Nationale,

alors que les ministres de l’Industrie, de l’Economie, du Développement, des Finances et surtout celui de la Planification et de la coopération internationales restent cloitrés à Tunis?

Je pose uniquement cette question laissant au lecteur la liberté d’en déduire ce qu’il voudra… Quant à la «Révolution»… je ne crois pas qu’il est de la mission du journaliste d’être «révolutionnaire»… Bien le contraire, il se doit de demeurer journaliste, neutre surtout quand la Révolution est au sommet de son dérapage sentimental comme nous le constatons autour de nous ces derniers jours…

 

Cordialement vôtre Lotfi Laamari

 

Source: ”Le Temps” Le 12-05-2011

 

Trésors du clan Ben Ali en France : Après les 12 M€, 1 Bentley, 2 Mercedes et 1 Porsche dans la ligne de mire


 

La saisie, par la justice française, de 12 millions d’euros, répartis sur douze comptes, appartenant à quatre membres du clan Ben Ali n’enthousiasme pas le chef de fil de cette traque. Car, faut-il le préciser, la saisie de ces sommes s’inscrit dans le cadre d’une enquête ouverte en janvier 2011 suite à une plainte déposée par Transparence International (TI) France, Sherpa et la Commission arabe des droits humains pour corruption, détournements de fonds et blanchiment. Réagissant auprès de l’AFP, Me William Bourdon, avocat des plaignants et président de Sherpa, a souligné qu’il s’agit « d’une étape, mais c’est une goutte d’eau dans l’océan des détournements », s’est-il exprimé. Même constat du côté de Daniel Lebègue, président de Transparence International (TI) France : « On est sur les montants modestes. On ne voit que la partie émergée de l’iceberg car qu’en est-il des avoirs immobiliers qui constituent l’essentiel ? », s’est-il interrogé. Il a évoqué, à cet égard, l’existence d’un « grand appartement » à proximité de l’avenue Montaigne à Paris « avec un garage où se trouvent une Bentley, deux Mercedes et une Porsche ». L’AFP cite une source proche du dossier qui révèle « qu’une trentaine de biens, immobiliers ou non, auraient été identifiés en France comme susceptibles d’appartenir au clan des Ben Ali, dont une dizaine en banlieue parisienne ». A cet effet, Transparence International (TI) France et Sherpa réclament, respectivement, la désignation d’un juge d’instruction qui dispose de prérogatives plus larges que le parquet, afin de pouvoir prendre en charge la restitution des biens à la Tunisie. Pour Me Bourdon : « La désignation d’un juge d’instruction s’impose pour enquêter dans ce dossier, comme c’est déjà le cas pour l’instruction sur les biens mal acquis ». Un coup de pouce des autorités tunisiennes serait le bienvenu !

Source: “Business News” Le 12-05-2011

Incivilités dans les établissements éducatifs

Le taureau par les cornes


 

Doublement du personnel éducatif (instituteurs, professeurs, surveillants…) La mesure consistant à créer quelque 10.000 postes dans l’éducation ne manquerait pas de transformer totalement la donne si elle venait à se concrétiser. Dans le bon sens cela s’entend. Un effectif aussi important n’a jamais été engagé d’un seul coup auparavant. L’objectif étant de donner une nouvelle impulsion à ce secteur. Notons que près de la moitié seront des enseignants (instituteurs et professeurs) et que le reste sera réparti, selon les besoins, en employés, ouvriers, encadrement… Sur ce point, justement, il convient de rappeler les appels incessants lancés depuis des années par les enseignants et les responsables des établissements scolaires pour renforcer les ressources humaines et combler des déficits flagrants. Lesquels déficits ont eu des impacts très négatifs dans la gestion du processus dans son ensemble. L’enseignement en tant que tel en a pâti beaucoup. Le manque de surveillants, par exemple, est incontestable. La moyenne n’est pas encore fixée en ce qui concerne le nombre de surveillants par rapport au nombre d’élèves. Actuellement ces agents sont débordés et dans tous les cas, ils n’arrivent pas à s’en sortir devant les flux croissants d’élèves qui sont sous leur responsabilité. Le recrutement prochain de 1.000 surveillants, contre 500 prévus auparavant, pourrait faire baisser un peu la pression sans toutefois résoudre les problèmes accumulés depuis des décennies. Leur rôle est, en effet, déterminant pour assurer une bonne marche de l’enseignement et de garantir les conditions nécessaires dans tous les établissements où ils travaillent. Longtemps cet aspect a été négligé, bien que les responsables sachent pertinemment que c’est l’un des piliers du système. Les dépassements commis par certains élèves, les écarts et les phénomènes de violence étaient devenus monnaie courante dans les institutions éducatives. Les anciennes autorités reconnaissaient pudiquement une centaine de «cas isolés». Tout le monde sait qu’il y a eu des affaires devant la justice portées par des enseignants ou des agents agressés. Ces incidents auraient été moins nombreux si le ministère avait répondu favorablement aux demandes pressantes de renforcement des effectifs. Un autre aspect et non des moindres consistait à préconiser l’autodiscipline ! Certains responsables au ministère de l’Education en avaient fait leur cheval de bataille. Pourtant, la conjoncture était loin de se prêter à un tel luxe. Comment, en effet, instaurer une telle méthode alors que tous les signes montraient qu’il y avait un laxisme évident et un grave laisser-aller au niveau de la discipline ? Espoir ? Avec les nouvelles mesures qui entreront en vigueur à partir de l’année prochaine, on verra sûrement un changement. Toutefois, il ne faudrait pas croire que ce sont les surveillants eux seuls qui vont apporter la panacée. D’autres dispositions devront les accompagner. Le système disciplinaire a besoin d’être revu de fond en comble pour le réadapter aux nouvelles exigences. N’est-il pas là depuis 1991 ? Mais il faut se garder de croire que si un nouveau système venait à voir le jour, il devrait être coercitif. Loin de là ! Il est important qu’il privilégie le côté sensibilisation et qu’il s’apparente beaucoup plus à un code de conduite. L’impact de l’«injection» d’un tel personnel (pas uniquement les surveillants, mais aussi les ouvriers, les agents administratifs, gardiens, etc.) sera certain. C’est, justement, de ce côté-là qu’on aurait pu commencer. Car comment expliquer ces dégâts et ces dégradations enregistrés chaque année dans tous les établissements si ce n’est l’absence de ce personnel ou son insuffisance ? Livrés à eux-mêmes, les élèves sont capables de commettre tous les actes de destruction imaginables (équipements électriques, informatiques, blocs sanitaires, mobiliers, etc.). Des millions et des millions de dinars s’évaporent ainsi parce que, tout simplement, une salle, un labo, un couloir… sont laissés sans surveillance. Le recrutement de ces personnes coûterait moins que les dépenses engagées pour effectuer les réparations. Les écoles primaires souffrent plus de ce phénomène. Les directeurs de ces établissements sont nombreux à dénoncer le manque de gardiens. L’institution est ainsi livrée au bon vouloir des vandales, notamment pendant les vacances. Les cours (c’est-à-dire les espaces) de ces établissements sont carrément transformés en terrains de foot par les riverains ou les élèves eux-mêmes ! Or la présence d’un gardien, bien épaulé par la police, ou la construction de murs d’enceinte plus élevés pourrait être l’amorce d’une solution. D’autres actions d’apparence anodine sont, également, susceptibles d’être décisives comme l’organisation de réunions de sensibilisation, de contacts avec les différents intervenants dans l’opération éducative, ainsi que le travail visant à asseoir des traditions nouvelles de respect mutuel.

Source: “La Presse” Le 12-05-2011

Lien:http://www.lapresse.tn/12052011/28906/le-taureau-par-les-cornes.html

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