10 octobre 2008

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TUNISNEWS

8 ème année, N° 3062 du 10.10.2008

 archives : www.tunisnews.net  

 


Le Club suisse de la Presse: conférence Liberté de presse et mouvements sociaux en Tunisie AP: Tunisie: deux morts et six disparus dans le naufrage d’un bateau de pêche AFP: Tunisie : 2 morts et 5 disparus APA: La Tunisie se classe 1ère en Afrique et 5ème dans le monde arabe dans le top 50 du Forum de Davos Crise financière: marché monétaire épargné, mesures préventives (BCT) Reuters: Tunisian banks have plenty of liquidity – cenbank AFP: Crise financière: marché monétaire épargné, mesures préventives (BCT) Afrik.com: La Tunisie et le Maroc sont-ils à l’abri de la crise financière ? Jamel Heni : Ces ministres d’ouverture… L’Expression: Il y a 23 ans, Israël bombardait Hammam Chatt – La paix amputée L’Expression: Tunisie-France – Le mythe d’une décolonisation «douce» L’Expression: Colonisateurs et décolonisés – Excuses, repentance et amnésie L’Expression: Crimes (et repentances) des nations – Excuses à géométrie variable Le site officiel du film : Shtar m’haba (ou L’autre Moitié du Ciel) de Kalthoum Bornaz Le Temps : L’autre moitié du ciel de Kalthoum Bornaz « Et le scénario… ? »

Perspectivestunisiennes: Dur à entendre pour ma génération, mais malheureusement vrai

Oodoc: Edition – Hamza Belloumi, « Pour un islam meilleur »


Complément d’information :

Dans la communication de l’ONG « Vérité Action » intitulée « Tunisie: La rentrée politique s’annonce chaude » publiée dans notre livraison datée le 8 octobre 2008, nous n’avions pas pu publier (à cause de son format) un tableau statistique intéressant dans le paragraphe concernant les « Victimes de la loi anti terroriste : plus de 100 personnes devant les juges !!! en 1 mois »

Le tableau détaillé peut être consulté à l’adresse suivante :

http://www.verite-action.org/index.php?option=com_content&task=view&id=160&Itemid=1


 

Le Club suisse de la PresseGeneva Press Club, a le plaisir d’inviter les journalistes suisses et étrangers et ses membres à une conférence de presse sur le thème

Liberté de presse et mouvements sociaux en Tunisie

avec

Rachid Khéchana Correspondant de Swiss Info à Tunis, Rédacteur en chef de l’ Al-Mawqif (L’Opinion), correspondant du journal Al-Hayat au Maghreb et chroniqueur à Radio Monte Carlo Moyen Orient   Tahar Ben Hassine TV Al-Hiwar Attounsi (Le Dialogue tunisien, Tunis)   Mouheiddine Cherbib Fédération des Tunisiens de la culture des deux rives

Modérateur : Abdel Wahab Hani Commission arabe des droits humains   Jeudi 16 octobre 2008 à 11h.30 « La Pastorale » Route de Ferney 106, Genève

La révolte du bassin minier de Gafsa dure depuis le mois de janvier dernier, sur fond de revendications sociales, notamment d’emploi des jeunes diplômés de cette région déshéritée et qui abrite les richesses minières du pays, de phosphates notamment.

Les médias ont été priés de rester en dehors des événements qui opposent la population aux forces de l’ordre.

Un court reportage inédit de la chaîne Al-Hiwar sur la révolte du bassin minier de Gafsa sera diffusé et des copies seront remises aux journalistes.   Dossier de presse disponible le jour de la conférence ou sur demande.

Contact médias: Abdel Wahab Hani, awhani@yahoo.fr, 079 735 89 35 Contact organisation: Jalel Matri: matri@bluewin.ch, 079 203 88 41

Buffet et pâtisseries orientaux seront offerts sur place.

Télécharger l’annonce au format PDF  :www.pressclub.ch/doc/CSP_CP_161008_1130.pdf

Au plaisir de vous revoir à cette occasion.

Guy Mettan, Directeur exécutif

 


Tunisie: deux morts et six disparus dans le naufrage d’un bateau de pêche

 
AP | 10.10.2008 | 20:37 Deux marins pêcheurs ont péri et six autres sont portés disparus à la suite du naufrage de leur bateau dans le golfe de Gabès, dans le sud tunisien, a-t-on appris vendredi de source officielle. Selon l’agence de presse tunisienne TAP, l’embarcation, qui avait à son bord 13 membres d’équipage, a coulé dans la nuit de jeudi à vendredi sous l’effet de mauvaises conditions météorologiques marquées notamment par des vents violents. De passage dans la zone du sinistre, un cargo commercial étranger battant pavillon panaméen, en collaboration avec plusieurs embarcations de pêche tunisiennes, a pu sauver cinq marins et récupérer deux corps. Des unités de la marine tunisienne nationale assistées d’un hélicoptère de l’armée et de plongeurs ont été également dépêchées sur le lieu du naufrage à la recherche des marins disparus. AP


Tunisie : 2 morts et 5 disparus

Source : AFP 10/10/2008 | Mise à jour : 16:48 | . Deux marins pêcheurs tunisiens ont péri et cinq autres sont portés disparus après le naufrage de leur bateau au large de Gabès (400 km au sud-est de Tunis), a rapporté vendredi l’agence officielle TAP. Le bateau a coulé dans la nuit de jeudi à vendredi avec 13 membres d’équipage parmi lesquels cinq ont pu être secourus par un cargo étranger, a précisé la TAP. Des unités de la marine et l’armée de l’air poursuivaient vendredi la recherche d’éventuels survivants parmi les disparus dans le naufrage provoqué par des intempéries. Les services météorologiques qui avaient signalé jeudi des perturbations climatiques, prévoyaient vendredi une mer très agitée, des pluies abondantes et des vents violents soufflant à plus de 60 km/heure sur les côtes sud-est.

La Tunisie se classe 1ère en Afrique et 5ème dans le monde arabe dans le top 50 du Forum de Davos

 APA-Tunis (Tunisie) Le Forum Economique de Davos, a rendu public son rapport mondial sur la compétitivité pour la période 2008-2009, classant la Tunisie 36ème sur 134 pays au niveau de l’évolution des facteurs compétitifs de son économie. En dépit d’une régression de quatre places, enregistrée par rapport à l’année dernière (quand elle était 32ème sur 131 pays), l’économie tunisienne occupe le 1er rang africain et la 5ème position dans le monde arabe en matière de compétitivité, selon le rapport de Davos. Les quatre pays arabes qui ont devancé cette année la Tunisie sont le Qatar, l’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis et le Koweït, en l’occurrence « des pays pétroliers qui ont mobilisé les recettes énergétiques dans l’amélioration du climat des affaires de manière à doper le rythme de la croissance », souligne le rapport présenté mercredi à Tunis, la capitale. Par ailleurs, le regroupement des pays selon le PIB/habitant classe la Tunisie à la troisième place après la Malaisie et la Thaïlande, soit dans le groupe des économies axées sur l’efficacité. L’année dernière, la Tunisie a été classée dans le groupe transitoire allant du 1er au second stade de développement. Plusieurs piliers ont été retenus pour mesurer le degré de compétitivité globale de l’économie tunisienne. Parmi les plus importants: les institutions, l’infrastructure, la stabilité macro-économique, l’enseignement primaire et universitaire, le marché du travail, le marché financier, l’aptitude technologique et la sophistication des affaires. Sur 12 piliers dans le classement annuel, la Tunisie a accusé 9 baisses, deux hausses et une stagnation. Les améliorations ont été réalisées dans le pilier enseignement supérieur et formation (+3) et dans l’efficience du marché de biens (+1). La Tunisie est le premier pays africain et arabe en matière de compétitivité dans l’enseignement supérieur et formation. Côté recul, l’efficience du marché de travail fait défaut dans le cas de la Tunisie. En effet, un retard considérable est constaté en matière d’efficience du marché de travail en rétrogradant du 78ème rang au 103ème, perdant ainsi 25 places par rapport à l’année dernière. On note aussi une baisse de 11 places dans le classement en matière de sophistication du marché financier. Par ailleurs, en terme de stabilité macro-économique la Tunisie a été classée 75ème sur 134 pays alors qu’elle occupait l’année dernière le 72 ème rang sur 131 pays.   TM/mn/APA 10-10-2008

Crise financière: marché monétaire épargné, mesures préventives (BCT)

 
AFP 10.10.08 | 16h19  Le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT), Taoukik Baccar a affirmé vendredi que le marché monétaire était épargné par la crise financière mondiale et annoncé des mesures préventives dont la suspension des emprunts sur le marché international. « Pas de crainte (…) le marché monétaire fonctionne normalement, aucun incident n’a été enregistré », a-t-il dit au cours d’une conférence de presse. En cas de problèmes éventuels, il a indiqué que la Tunisie disposait d’un d’un excédent de liquidités et de réserves estimés à 1,530 milliards de dinars « mobilisables immédiatement » (1 dinar = 0,57 euro). Pour « preuve de confiance », il a évoqué un encours du marché interbancaire à 610 millions de dinars/jour en moyenne et cité des mesures visant à sécuriser les placements en devises, désormais orientés vers les bons et obligations du trésor en euros essentiellement. La Tunisie est à l’abri des raisons directes de la crise financière (subprimes), les crédits immobiliers n’y représentant que 10% du PIB et ne dépassant jamais 80% de la valeur des biens, a-t-il ajouté. Pour les plus démunis, l’habitat est financé par des fonds publics à des taux faibles et fixes avec des prélèvements inférieurs à 40% du revenu. Selon lui, la Bourse de Tunis n’a pas été perturbée en raison de ses « fondamentaux solides ». Sur 50 sociétés cotées, 26 valeurs ont enregistré des gains de 10% entre la mi-2007 et la mi-2008. La loi tunisienne interdit aux étrangers de détenir plus de 50% des valeurs en Bourse, avec un taux de capitalisation de 20% actuellement, a dit M. Baccar. Il a qualifié de « psychologique » la tendance à la baisse du Tunindex qui a chuté lundi (-4,88%) et mercredi (-3,35%) avant de remonter jeudi (+0.22%). M. Baccar a cependant annoncé l’arrêt des sorties d’emprunts sur le marché international en 2008 et 2009, alors que le gouvernement a institué jeudi une commission spéciale pour suivre l’impact de la crise sur la croissance. Les ressources du budget de l’Etat 2009 (17,2 milliards dinars) pour un taux de croissance projeté à 6% (5,1% en 2008) seront exclusivement puisées sur le marché local, a indiqué M. Baccar. En cas de récession mondiale durable, il a estimé que son pays devait mener « la bataille » de la compétitivité pour améliorer ses parts de marchés, ce pays effectuant près de 80% de ses échanges avec l’Europe. Le gouverneur de la BCT est resté « prudent » au sujet du flux de capitaux émiratis investis dans l’immobilier: « on avance et on voit », a-t-il lancé.
 


Tunisian banks have plenty of liquidity – cenbank

Reuters, le 10 octobre 2008 à 14h20 TUNIS, Oct 10 (Reuters) – Tunisian banks have plenty of liquidity available to them and are shielded from the global financial crisis, the country’s central bank governor said on Friday. « There is no fear for the financial sector in Tunisia as the reasons for the crisis and the reasons for its spread don’t exist in the country, » Taoufik Baccar told reporters. « The Tunisian market is under control and has strong liquidity. The surplus is at 615 million dinars ($476.37 million), » he said. The central bank had put by 1.530 billion dinars that it was ready to inject into the market at any time if necessary, said Baccar. The financial crisis is starting to effect Tunisia’s financial market, even though foreign investors account for only a small part of bourse activity. The benchmark TUNINDEX <.TUNINDEX> of shares rose 29 percent between the start of 2008 and mid-September but then dropped, narrowing its gain this year to 19 percent. The index fell 1.5 percent to 3,065.32 points on Friday. « There is no logical reason explaining the drop in the performance of the Tunis bourse as the participation of foreign investors in its market capitalisation is at a low level and hasn’t a great effect on it, » the governor said. « In addition, first-half results of listed firms are good so there is no reason to worry, » he added. Baccar added that Tunisia was shielded from the financial crisis because it had sharply cut its national debt and refused to make the dinar totally convertible. « No country can be protected from the economic impact of global financial turmoil and growth recession, » he said. « What we need is to improve competitiveness and seeking new markets. » REUTERS


La Tunisie et le Maroc sont-ils à l’abri de la crise financière ?

L’investissement dans ces deux pays serait moins risqué selon le Sunday Times Dans le contexte actuel de crise financière internationale, l’hebdomadaire britannique Sunday Times a publié dimanche une liste de six pays ayant réalisé des résultats financiers positifs depuis le début de la crise en août 2007. Selon le Sunday Times, les places boursières de ces pays, dont la Tunisie et le Maroc, sont considérées comme stables. Y investir serait moins risqué.  
jeudi 9 octobre 2008, par Stéphane Ballong

 

Les secousses de la crise financière mondiale atteignent les bourses africaines. Ce mardi encore, elles ont toutes été frappées, avec une baisse de 16,5% enregistrée au Caire en Egypte. Les analystes s’accordent tous à dire que la croissance du continent est menacée. Dans ce contexte de crise généralisée, l’hebdomadaire britanniqueSunday Times a publié dans sa dernière livraison du dimanche une liste de six pays où les investissements seraient moins risqués. Ils sont tous du Moyen-Orient [1] exceptés : le Maroc et la Tunisie.

Le Sunday Times, pour réaliser son classement, s’est appuyé sur l’indice MSCI World qui offre aux investisseurs des références pour la gestion de leurs portefeuilles. Selon cet indice, la Tunisie et le Maroc, font partie des pays qui ont le mieux résisté à la crise financière internationale sur les douze derniers mois. Ils affichent sur cette période une croissance respective de +23% et +2% de leurs valeurs boursières. Ces deux pays maghrébins affichent ainsi « des résultats décents » depuis le début de la crise l’été dernier. Ils auraient même fait mieux que les Bric (le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine), les nouveaux géants.

Plusieurs raisons expliquent ces performances : d’abord, la hausse des flux d’investissements venant notamment des pays du Golfe. Ensuite, dans le cas de la Tunisie, la faiblesse de la participation étrangère à la capitalisation boursière. Elle en « représentait 25% fin septembre 2008, dont 22%, stable et durable, a été acquis dans le cadre d’un partenariat et dans le but de prendre des positions stratégiques, aussi bien dans les sociétés que dans les banques tunisiennes », explique Mokdadi Hamadi, Directeur général de la banque privée UBCI Finance (groupe UBCI-BNP Paribas) cité parWebmanagercenter.com. Par ailleurs, les capitaux flottants ne sont, d’après lui, que de 2,9%, ce qui permet d’éviter un impact direct sur la physionomie du marché.

Au Maroc, une étude « balaie toutes les certitudes »

Dans le cas du Maroc, les raisons de la résistance à la crise financière sont citées dans un article duFinancial Times daté du 2 octobre. Les réformes initiées par le gouvernement auraient renforcé les fondamentaux de l’économie du pays et permis de résorber le choc engendré par la hausse des cours des produits pétroliers et agricoles. Cette performance marocaine serait aussi expliquée par la diversification des revenus du pays, écrit le Financial Times. Conséquence : le gouvernement a pu augmenter les subventions aux produits alimentaires et énergétiques.

Le choc semble donc être contenu au Maroc. L’inquiétante tendance baissière observée ces derniers temps à la bourse de Casablanca est, quant à elle, attribuée à « un effet psychologique » par les spécialistes. pourtant une récente étude réalisée par le Centre marocain de conjoncture (CMC), sur l’impact de cette crise financière sur le Royaume, vient de « balayer toutes les certitudes », écritl’Economiste. Selon cette étude, le Maroc pourrait, en raison de la crise, perdre entre 1,5 à 2 points de croissance pour cette année. Une croissance, initialement prévue à 6,5% par les experts.

[1] La Jordanie, le Liban, le Sultanat d’Oman, le Qatar

(Source: Afrik.com le 9 octobre 2008)

 


 
Opinion  

Ces ministres d’ouverture…

L’opposition tunisienne n’est plus au ban du pouvoir. Des dissidents en nombre occupent des postes officiels. Ministres d’ouverture ou  reddition massive?

Sans précédent. Depuis vingt ans, des chefs de file font file à Carthage, mais les années 2000 enregistrent un record de politiques «rendus». Ils troquent leur passé d’opposants contre un ministère, un conseil, un média, l’insigne honneur des mocassins… et inventent ce que la Tunisie n’a connu que fort peu auparavant: les ministres d’ouverture.

Cet attribut, on le sait, est en vogue en France. Il désigne l’opposition «débauchée» par Nicolas Sarkozy et intégrée en bonne et due forme au gouvernement. Le président français en avait alors fait d’une pierre trois coups: affaiblir la droite, la gauche et le centre en même temps. Mais surtout, montrer avec superbe et fort probablement à son insu, l’inélégance d’une opposition intéressée. Ceux qui avaient signé le bail avaient bien eu des portefeuilles à la clé. Bernard Kouchner (figure emblématique de la gauche et fondateur de ‘‘Médecins sans frontières’’, actuel ministre des Affaires étrangères), pour ne pas le nommer, illustre à lui seul, cette ère des principes publiquement et indifféremment interchangeables!!

Ainsi de l’ouverture ailleurs. Le cas tunisien est en revanche plus frappant. Cette fois, ce sont les opposants eux-mêmes qui se bousculent au portillon! Ils offrent leurs bons et loyaux services, expiant soigneusement une jeunesse par trop égarée, aliénée, «raturant» l’impubère opposition bête et méchante, vaine et immature! Ils sont de plus en plus nombreux à passer au camp des vainqueurs, «brûlant» ce qui reste des  frontières politiques, sans crier gare, sans se renier, avec la sérénité et la prestance d’usage, les culottés !

La palme de reddition revient, il faut avoir le courage de le dire, aux anciens gauchos jusqu’au-boutistes de la ligne dure, l’extrême gauche plus précisément. La gauche tout court n’existe que vaguement en Tunisie, comme la droite d’ailleurs, que l’on confond encore avec une réelle extrême droite, nationaliste, chauvine, traditionaliste et «naturellement» libérale. Une extrême droite primaire sans littérature et sans autre horizon qu’un fatalisme d’autorité.

«Les Tunisiens ne suivent qu’au bâton», «quiconque à sa place aurait fait pareil», «un peu de liberté et vous verrez la pagaille»… Autant de slogans d’extrême droite, ânonnés par une large majorité, qui se «vend» comme la plus «moderne» au monde arabe, mais qui paraît inconsciente de ses certitudes, franchement de droite. À la limite de la psychose !

Toutefois, l’extrême gauche n’a pas plus d’arguments à rejoindre le pouvoir que d’autres acteurs politiques. Beaucoup d’Islamistes, et là aussi il faut avoir le courage de le dire, beaucoup d’Islamistes en rêvent, mais ils sont frappés d’«inéligibilité» à la résignation (sic) ! Pour le coup, ce n’est pas qu’ils ne l’appellent de leurs vœux, mais bien plutôt qu’ils en ont les jambes courtes ! Ce qui n’aide pas à sauter le mur. L’éradication des courants religieux, fondant l’avènement du 7-Novembre, l’assèchement des «sources» fondamentalistes parachevant la neutralité religieuse bourguibienne, nos barbus sont tombés dans leur propre piège:  une opposition totale, stratégique et continue. Ils constituent pour ainsi dire l’opposition idéale: isolée, sans soutien et sans ressources. Leurs appétits noramalisateurs voire gouvernementaux tiennent aujourd’hui de la chimère la plus farfelue. Dommage pour certains d’entre eux qui multiplient les appels du pied à coups de vassalité audiovisuelle (en Angleterre précisément) de pétitions, de propos «sages» sur ‘‘Al-Jazira’’ et  de désertions auto-flagellantes en nombre!

D’autres salives coulent et couleront toujours. Mais on s’en tiendra à ces deux exemples extrêmes, qui illustrent à eux seuls, la prédation politique la plus désinvolte que la Tunisie ait connu depuis l’indépendance.  

La ruée d’opposants de proue vers le gouvernement n’est ouverture que pour ceux qui l’avaient entreprise. Le gouvernement fonctionne bien sans eux. Il peut tout à fait décliner leur offre de service. Ils ne pèseront pas sur ses choix stratégiques. Tout au plus pourraient-ils glisser quelques «annotations» leur mandat durant. Un mandat de plus en plus hypothétique, tant la concurrence est rude. Les desseins des uns et des devinés !

En France, Sarkozy a attiré les opposants. En Tunisie, les opposants frappent à la porte du pouvoir. Dans un cas, on les invite, dans l’autre ils s’invitent eux-mêmes avec l’insistance lugubre d’un hôte indésirable ! Le résultat voyez-vous n’est pas le même. Les premiers ont des choses à dire, les seconds  écoutent ce qu’on leur dit…

Jamel Heni Jamelheni@netcourrier.com

(Source: “L’Expression” (Magazine hebdomadaire – Tunis), N° 50 du 3 au 9 octobre 2008)

Lien: http://www.lexpression.com.tn/details_article.php?ID_art=1330


 

 

Dossier

Nous attendons des excuses !

23 ans après le bombardement de Hammam Chatt du 1er octobre 1985 par l’aviation israélienne, les Tunisiens attendent toujours des excuses. Alors que la résolution 573 adoptée par l’ONU «estime que la Tunisie a droit à des réparations appropriées comme suite aux pertes en vies humaines et aux dégâts matériels dont elle a été victime et dont Israël a reconnu être responsable». La décolonisation de notre pays souvent dépeinte comme une transition en douceur, a été sanglante. Faudrait-il passer les morts de Bizerte, de Sakiet Sidi Youssef, le meurtre de Farhat Hached par profits et pertes pour accréditer une thèse «apaisante» mais tronquée. Des questions d’actualité brûlante, quand l’Italie entend verser des dédommagements à la Libye. A un moment où Américains, Australiens, Canadiens, ont présenté des excuses officielles aux peuples autochtones à l’identité désintégrée. Et la repentance, si elle ne nous fera pas oublier nos morts, aura au moins le mérite de sortir enfin les cadavres des placards de notre Histoire.

Il y a 23 ans, Israël bombardait Hammam Chatt

La paix amputée

L’opération “Jambe de bois”s’est soldée par 68 morts. Et une centaine de blessés. C’était à Hammam Chatt, le 1er octobre 1985. Dans sa résolution 573, l’ONU nous accorde le droit d’exiger réparation suite aux pertes humaines et aux dégâts matériels. Nous n’avons même pas obtenu des excuses.

Des bâtiments rasés en quelques minutes. Des jambes, des bras, voltigeaient dans l’air. Des cadavres calcinés, des voitures brûlées. Hurlement de femmes, cris des blessés. Le souffle des bombes a proprement décapité un jeune homme d’à peine 16 ans.

Après lui avoir arraché la jambe.  Les membres détachés des corps épars ont été peu à peu rassemblés. Dans une morgue. Une scène cataclysmique. Que l’on voit habituellement à la télévision, dans des pays lointains, frappés par la guerre. On est pourtant à quelques kilomètres de la capitale, dans la banlieue sud de Tunis.

En ce 1er octobre 1985, le feu et la destruction se sont abattus sur la petite bourgade de Hammam Chatt. Un village paisible, bombardé par dix avions, des F15 de l’armée israélienne. Une opération de routine pour les Israéliens. Qui en ont effectué des dizaines d’autres au Proche-Orient. Au Liban, en Palestine. La destination a pourtant été, cette fois-ci, tunisienne. 68 morts, Tunisiens et Palestiniens. Une centaine de blessés. Des familles déchirées, des maisons détruites. Plus de 5 millions de dinars de dégâts matériels.

Sombre bilan pour cette opération baptisée Jambe de Bois commanditée par une «colombe» israélienne, nommée Ehud Barak. Les autorités sionistes espéraient ensevelir le leader Yasser Arafat, sous les décombres du village tunisien. Violant notre espace aérien, notre souveraineté nationale, et les lois internationales. Larguant des bombes sur un pays traditionnellement pacifique. Ami de l’Occident.

La Tunisie a saisi le Conseil de Sécurité. La résolution 573 a été adoptée par l’ONU. 14 voix se sont exprimées pour. L’Amérique s’est abstenue. La résolution «exige qu’Israël s’abstienne de perpétrer de tels actes d’agression ou de menacer de le faire; condamne énergiquement l’acte d’agression armée perpétrée par Israël contre le territoire tunisien, en violation flagrante de la Charte des Nations Unies et du droit et des normes de conduite internationaux». Et enfin l’ONU «estime que la Tunisie a droit à des réparations appropriées comme suite aux pertes en vies humaines et aux dégâts matériels dont elle a été victime et dont Israël a reconnu être responsable».

Israël a fait bien plus que reconnaître sa responsabilité dans le massacre. Elle l’a revendiquée. Les médias de Tel Aviv ont souligné l’«héroïsme» des pilotes, qui frappent à 3000 kilomètres de leurs bases. Considérant qu’il s’agit d’une opération «défensive», motivée par la présence de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) en Tunisie, plus précisément à Hammam Chatt même. Les bonnes relations qu’a toujours entretenues notre pays avec les Etats-Unis ne les ont pas empêchés d’exprimer leur «compréhension envers cet acte d’autodéfense». Autant dire que la résolution 573 condamnant l’agression sioniste est restée lettre morte. Israël n’a jamais présenté d’excuses officielles.

Une opération que les médias tunisiens ont peu à peu oublié. À moins que les insoutenables images du massacre ne soient refoulées dans l’inconscient de nos journalistes. La Tunisie est pourtant en droit d’exiger les réparations que l’Etat d’Israël n’a toujours pas versées. Un droit reconnu par l’ONU, attesté par une résolution en bonne et due forme. Une résolution 573 qui serait presque passée dans les oubliettes de l’histoire. Comme tant d’autres injonctions de l’ONU visant Israël. Sans doute parce qu’aux yeux des agresseurs sionistes, le sang tunisien ne vaut pas plus cher que celui des Libanais ou des Palestiniens. C’est-à-dire pas grand-chose. En tout cas pas suffisamment pour verser des réparations. Vraiment pas de quoi se repentir. Et voici vingt-trois ans que la Tunisie attend des excuses.

Oualid Chine

(Source: “L’Expression” (Magazine hebdomadaire – Tunis), N° 50 du 3 au 9 octobre 2008)

Lien :http://www.lexpression.com.tn/details_article.php?ID_art=1345


 

Tunisie-France

Le mythe d’une décolonisation «douce»

Saura-t-on jamais qui a ordonné l’assassinat de Farhat Hached ? Les archives françaises, consultées par Noureddine Hached, le fils du leader syndicaliste, restent muette à ce sujet. Et au sujet d’autres crimes de la colonisation.  De là à demander des excuses à la France…

L’indépendance de la Tunisie est souvent présentée comme un happy end. Pour un film qui a certes connu de multiples rebondissements.

Mais sans épisodes sanglants. À cet égard, le scénario de la Guerre d’Algérie est considéré comme un repoussoir, sans nul rapport avec l’épisode de la décolonisation de notre pays. Un peu comme si la volonté de la diplomatie bourguibienne de maintenir de bonnes relations de coopération sinon de fraternité avec l’ancien occupant avait escamoté les pages sanglantes du roman familial franco-tunisien. Pour rester dans le registre cinématographique, ‘‘le Vent des Aurès’’ n’aurait jamais perturbé un ‘‘Eté à la Goulette’’.

La tolérance de cette «terre d’accueil» aurait ainsi ouvert les portes de son «café des délices» à tous les étrangers, Français y compris. Ces bons «clients» seraient même partis de leur plein gré, accordant un généreux pourboire en sus : l’Indépendance. En somme, il s’agirait d’un colonialisme bon enfant, au visage doux et avenant. Qui n’a décidément rien à voir avec les péripéties sanguinolentes des «événements» algériens. Les «invités» seraient presque partis d’eux-mêmes, non sans avoir laissé leurs fameuses routes, et hôpitaux, et avoir appris au passage la «Marseillaise», ce chant à l’origine révolutionnaire, à nos enfants. Sans doute pour leur donner quelques vagues rudiments de droits de l’homme… indigène.

Quand des voix algériennes se sont élevées pour réclamer des excuses à l’ancien colonisateur, peu de Tunisiens se sont joints au choeur. C’est à croire que le film, une espèce de ‘‘Love Story’’ déclinée sur un mode politique, repassé à l’envi par les historiens condescendants d’outre-Méditerranée, a fini par s’imprimer définitivement sur les rétines et marquer durablement les esprits. Alors des excuses, vous, n’y pensez pas. La transition a été douce, le pouvoir est passé des mains françaises aux nôtres. À cet égard, Mohamed Lazhar Gharbi,  professeur d’histoire contemporaine, s’interroge: «Si certains historiens tunisiens osent parler de valeurs de la révolution française et de droits de l’homme inculqués par la France aux Tunisiens, le colonialisme n’est-il pas une agression de tout un peuple et donc par essence une négation des droits de l’Homme ? La décolonisation est concédée à l’amiable. Soit. Comment peut-on alors situer le mouvement des fellaghas, les événements du 9 avril 1938, l’internement de nationalistes, l’exil de Moncef Bey, la répression aveugle de 1951-1953, les assassinats commis par des groupes d’extrême droite et certains colons, le bombardement de populations civiles comme le village de Sakiet Sidi Youssef et le massacre de Tazarka ?»

Et si la puissance colonisatrice était simplement en «mission civilisatrice» en Tunisie, comment justifier les 4 000 à 6 000 civils massacrés à Bizerte ? Par un simple bras de fer entre deux tendances «mégalomaniaques» ? Mais alors, fallait-il utiliser des avions de chasse et bombarder une ville pour faire taire les voix qui réclamaient le départ des derniers soldats français restés sur nos terres ? Fallait-il éliminer Farhat Hached, le leader syndicaliste et indépendantiste dans un guet-apens maquillé comme dans un film de série Z ?

Pour Mohamed Lazhar Gharbi, «la responsabilité de l’Etat français est incontestable. Le moindre respect pour un peuple humilié pendant 75 ans serait que la France reconnaisse ce crime. Tant qu’elle ne le fera pas, ce martyr du syndicalisme et du nationalisme tunisiens restera le symbole d’une mémoire confisquée».

Si le happy end conserve encore quelques attraits, c’est uniquement parce qu’il coupe la réalité historique au montage. Les fellaghas sont ainsi passés depuis longtemps par profits et pertes. Quant aux excuses, la France n’avouera pas avoir trempé dans le meurtre de Hached. Sakiet Sidi Youssef ? Les petits écoliers étaient sans doute des victimes collatérales. Charles de Gaulle n’en fournira pas pour avoir décimé des civils, à Bizerte. De quoi remettre en question les thèses des extrémistes de la «conciliation». La repentance ? Elle risquerait de froisser les sensibilités, remettre en cause une amitié de cinquante ans. Reste donc au moins à «décoloniser la mémoire». Pour sortir les cadavres encore cachés dans les placards de l’Histoire.

Oualid Chine

(Source: “L’Expression” (Magazine hebdomadaire – Tunis), N° 50 du 3 au 9 octobre 2008)

Lien :http://www.lexpression.com.tn/details_article.php?ID_art=1346


 

Colonisateurs et décolonisés

Excuses, repentance et amnésie

L’Italie a présenté des excuses à la Libye pour la période coloniale. Elle va aussi lui  verser une compensation. Décision sans précédent qui risque de n’être pas suivie par les autres anciennes puissances coloniales européennes. Et particulièrement par la France, qui rejette toute idée d’excuse ou de compensation pour ses excès coloniaux, y compris au Maghreb.

L’Italie et la Libye ont signé, samedi 30 août, à Benghazi un traité historique d’amitié et de coopération qui va solder les comptes de plus trente ans de colonisation italienne en Libye. L’accord constitue une première dans les rapports entre pays liés par une mémoire commune de colonisation. La Libye a été occupée militairement par l’Italie à partir de 1911 avant de devenir dans les années 1930 une colonie  italienne. Elle a recouvré son indépendance en 1951 après la défaite de l’Italie dans la Deuxième guerre mondiale et la chute du régime fasciste qui le gouvernait.

 Les bons comptes de Rome

Arrivé à Benghazi avec, dans la soute de son avion, la Vénus de Cyrène, la statue romaine emportée il y a près de cent ans par des archéologues italiens, le président du conseil italien Silvio Berlusconi ne s’était pas présenté sous la tente du colonel Mouammar Kadhafi les mains vides. Il avait apporté avec lui un «gros chèque» de 5 milliards de dollars, qui devrait constituer des indemnités pour clore le contentieux post-colonial avec ses hôtes.

«Après les moments tragiques de l’occupation italienne et au nom du peuple italien, je me sens en devoir de présenter mes excuses et de manifester notre douleur pour ce qui s’est passé il y a tant d’années»,  a déclaré le chef d’Etat italien. «L’Italie s’excuse pour les massacres, les destructions et la répression contre le peuple libyen durant l’occupation coloniale», a répondu Mouammar Kadhafi. Le leader libyen qui, depuis des années, exigeait un acte solennel de contrition de la part de l’ancienne puissance coloniale présente en Tripolitaine et Cyrénaïque de 1911 à 1943, avait de bonnes raisons d’être satisfait. Son obstination avait fini par être payée en retour…

Déjà en 1999, le président du Conseil de l’époque, le démocrate de gauche Massimo D’Alema, avait demandé pardon pour les «martyrs de notre violence», à savoir près de 100 000 victimes libyennes. L’année précédente, un premier document bilatéral avait même été élaboré pour mettre un terme aux rapports difficiles entre les deux pays. Mais au-delà des paroles, le colonel Kadhafi exigeait, auprès des gouvernements italiens successifs, des réparations matérielles. Il avait notamment évoqué la construction d’une autoroute traversant la Libye de la frontière tunisienne à celle de l’Égypte.  Mais Rome traînait des pieds ne souhaitant débourser que quelques dizaines de millions d’euros.

De retour au pouvoir au printemps dernier, Silvio Berlusconi a finalement décidé de reprendre les négociations et d’ouvrir son porte-monnaie sans cacher ses intentions: «L’accord nous permettra d’avoir moins de clandestins et plus de gaz et de pétrole libyen qui est d’une excellente qualité».

Payé à coup de 200 millions d’euros d’investissements par an, pendant un quart de siècle, le réchauffement des relations avec Tripoli devrait ainsi faciliter l’accès du marché libyen aux entreprises italiennes et surtout à l’ENI (la société italienne des hydrocarbures) de mieux accéder aux ressources naturelles de la Libye, qui fournit déjà 25% du pétrole et 33% du gaz consommé en Italie.

L’accord prévoit également la construction «d’un très grand nombre» de logements, l’installation d’entreprises italiennes en Libye, des bourses à des étudiants libyens en Italie et des pensions pour des mutilés, victimes de mines anti-personnel posées par l’Italie pendant la période coloniale. Mais c’est la question de l’immigration qui est au centre de l’accord.

Cela fait des années en effet que la Libye utilise les départs, depuis ses côtes, de bateaux chargés de clandestins comme un moyen de pression en direction de l’Europe et en particulier de l’Italie. Dans le cadre des accords précédents, Rome et Tripoli avaient envisagé des patrouilles maritimes mixtes pour empêcher les traversées. Le nouvel accord entre les deux pays devrait permettre une mise en ?uvre concrète de ce projet afin d’éviter les vagues d’arrivées à Lampedusa.

Vu d’Italie, l’accord vise, d’une certaine manière, à fixer au sud de la Méditerranée la frontière migratoire de l’Union européenne (UE) en confiant le soin aux Libyens de freiner l’émigration africaine vers l’Europe. À cet effet, Rome a promis de fournir à la Libye un système radar satellitaire d’un coût de 500 millions de dollars cofinancé par l’UE pour contrôler les frontières méridionales du pays et réduire les flux en provenance d’Afrique subsaharienne.

 France : pas d’excuses pour les bougnouls !

Réagissant à la décision italienne, le ministère français des Affaires étrangères a estimé, le 2 septembre, que l’accord signé entre Rome et Tripoli «n’est ni un précédent, ni une référence» car «chaque histoire bilatérale avance comme elle le souhaite, chaque histoire est spécifique», dans une comparaison avec la colonisation française de l’Algérie. Mais pas seulement de ce pays.

Occupée pendant plus de 130 ans par la France qui l’a transformée en colonie de peuplement, l’Algérie, devenue indépendante en 1962, n’a pas cessé depuis de réclamer à la France de se «repentir» pour cette douloureuse histoire commune. ?? 46 ans après la fin de la colonisation qui s’est achevée par une guerre sanglante, les deux pays ne parviennent d’ailleurs pas à construire une relation bilatérale apaisée.

Depuis son accession à la tête de l’Etat français, le président Nicolas Sarkozy n’a cessé de réitérer son rejet de toute idée de repentance, estimant qu’il appartient aux historiens d’effectuer un «travail de mémoire».

Cité par l’AFP, l’un d’eux, Benjamin Stora, estime que l’accord italo-libyen apparaît comme «une décision de gestion économique» puisqu’il prévoit des dédommagements sous forme d’investissements dans des projets d’infrastructure en Libye. Il «n’est pas quelque chose d’accessoire», ajoute-t-il, mais «un geste fort qui va à contre-sens du discours sur la non-repentance». En matière de dédommagements, l’historien français d’origine algérienne rappelle que les accords d’Evian qui ont mis fin à la guerre comportent une amnistie et ne prévoient rien à ce sujet.??

«Le contentieux algéro-français a été réglé par les négociations pendant la guerre puis par les nationalisations qui ont suivi l’indépendance», explique, de son côté, l’historien algérien Mohamed Harbi, alors que demeurait un «vrai contentieux entre l’Italie et la Libye». ??

Quant à la question de la mémoire, M. Stora observe que Paris a opté pour une «politique des petits pas» qui, selon lui, n’ira pas jusqu’à la repentance souhaitée par Alger. ??A contrario, M. Harbi pense que cette même politique conduira la France «à reconnaître ses torts» à cause d’une opinion publique où pèsent les populations d’origine immigrée.

À Alger, le secrétaire général de la puissante Organisation nationale des moudjahidine (ONM, vétérans de la guerre d’indépendance), Saïd Abadou, a appelé la France à «accomplir ce pas» effectué par la Libye et à «reconnaître, s’excuser et indemniser». «Les autorités françaises ont reconnu sans ambiguïté l’injustice du système colonial», a répondu, le 2 septembre, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Eric Chevallier. ??Il a rappelé qu’un ambassadeur français en Algérie avait qualifié les massacres de Sétif en 1945 de «tragédie inexcusable» et qu’un autre ambassadeur avait évoqué à ce sujet la «très lourde responsabilité» des autorités françaises dans ces «épouvantables massacres».

Lors de sa visite à Alger le 4 février 2007, Jack Lang, alors conseiller spécial de la candidate socialiste Ségolène Royal, a été la première personnalité politique française à plaider ouvertement pour une «reconnaissance (par la France) des crimes commis par la colonisation» en Algérie, comme alternative aux «excuses» réclamées par Alger à Paris pour les «crimes» commis en Algérie pendant la période coloniale.

Premier à réagir, dès le lendemain, Philippe Douste-Blazy, alors ministre des Affaires étrangères, a jugé que la France devait cesser de «battre sa coulpe». «Méfions-nous de la mauvaise conscience et de la repentance permanente. Tout cela est lié au raidissement de la mémoire, au souvenir nécessairement douloureux de la colonisation», a déclaré celui qui fut l’inspirateur de la loi abrogée sur les «bienfaits de la colonisation». «Mais regardons vers l’avant. 74% des Algériens ont moins de 25 ans. Il faudrait maintenant tourner une page et arriver à regarder l’Algérie comme un partenaire d’égal à égal», a-t-il  poursuivi.

Faisant allusion au vaste programme de privatisation des entreprises publiques lancé par les autorités algériennes, il a noté que les «Américains, les Britanniques, les Espagnols et les autres» étaient sur les rangs, alors que «les Français n’arrêtent pas de battre sa coulpe». Toujours à droite, le député UMP, Jacques Myard, a qualifié les propos de Jack Lang de «délit de révisionnisme de la vérité historique». Ces propos sont «une véritable trahison des intérêts de la France», écrit le député dans un communiqué. Il accuse M. Lang d’être «tombé dans le piège de la démagogie algéro-algérienne qui cherche à imputer à la colonisation française toutes les difficultés de l’Algérie actuelle». «Une telle attitude constitue un délit de révisionnisme», accuse-t-il en demandant à M. Lang de «présenter ses excuses aux Français qui ont ?uvré pendant des décennies au profit de l’Algérie». De son côté, le chef de l’extrême-droite, Jean-Marie Le Pen, a estimé que la France n’avait pas à exprimer de «regrets» à l’Algérie pour la période coloniale. «Si M. Lang entend par là les regrets que nous devrions avoir vis-à-vis de l’Algérie, c’est une opinion crapuleuse, c’est scandaleux de dire cela», a déclaré M. Le Pen. Il a estimé que la France n’avait «bien sûr» pas d’excuses à présenter à l’Algérie, déclarant que la «repentance» lui «sortait par les yeux». «Je suis fier d’être Français, j’accepte l’histoire de la France, quelle qu’elle soit, malgré ses erreurs, malgré ses faiblesses, et aussi grâce tout de même à son apport exceptionnel», d’abord pour les Français, «et ensuite pour le monde», a-t-il déclaré.

??En visite officielle en Algérie, quelques mois après, en décembre 2007, le président Sarkozy ne pouvait esquiver la question. Avec son style tonitruant, il a évoqué le système colonial, «injuste par nature», qui «ne pouvait être vécu autrement que comme une entreprise d’asservissement et d’exploitation».  Simple condamnation du système colonial donc, et en termes très généraux, mais pas d’excuses, ni de repentir.

Cependant, ?ces mots, un peu «trop» choisis, même émanant du chef d’Etat français, sauraient-ils, à eux seuls, panser les blessures d’un passé de sang, de haine et de douleur, à un moment où des voix continuent de s’élever, surtout en France, pour souligner la «mission civilisatrice» de la colonisation ?

 Le douloureux legs de l’Histoire

Entre la honte et la fierté, les manuels scolaires des anciennes puissances coloniales européennes semblent d’ailleurs hésiter, tributaires de l’histoire et des rapports de force politiques. Hormis en France, aucune consigne — et, a fortiori, aucun texte de loi — n’encadre l’enseignement de l’histoire de la colonisation.

Comme le souligne Lucio Villari, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Rome, cité par ‘‘Le Monde’’, «l’Italie n’a pas eu un empire colonial comme la France». Les enjeux et les susceptibilités ne sont pas les mêmes des deux côtés des Alpes. Plutôt qu’un «empire», l’Italie a eu des «moments où elle a dominé», précise-t-il, évoquant les ex-colonies italiennes que furent la Libye et, plus brièvement, l’Ethiopie, l’Erythrée et la Somalie.

Il y a trois ans, le président de la région du Latium, Francisco Storace, membre de l’Alliance nationale (droite), avait publiquement jugé «trop à gauche» l’orientation des manuels scolaires utilisés dans sa région. Résultat ? Un tollé dans toute l’Italie. Et l’embarras de l’élu, aujourd’hui ministre de la Santé, contraint de faire machine arrière.

En Espagne, les manuels scolaires expédient le passé colonial de façon sibylline: «En 1975, l’Espagne a cédé le Sahara au Maroc et à la Mauritanie (…)», note discrètement ‘‘L’Histoire du monde contemporain’’. Quant à Ceuta et à Melilla, enclaves en terre marocaine, personne ne semble imaginer qu’elles puissent être autre chose que des villes espagnoles : on n’en parle donc pas.

Le seul «empire» défunt qui vaille, à feuilleter les manuels de la péninsule Ibérique, c’est celui des conquistadors: l’Amérique latine. La présentation des faits est «en général équilibrée et pondérée» et les indépendances sont montrées «comme des processus d’émancipation», estime Rafael Valls, professeur des sciences de l’éducation à l’université de Valence, cité par le même quotidien français. «La vision prédominante est fondée sur la tolérance, la compréhension et la concorde», résume-t-il.

Cela n’a pas toujours été le cas. De 1939 (victoire du franquisme après la guerre civile) jusqu’à la fin des années 1950, les manuels scolaires ont «exalté l’histoire de l’Empire espagnol et de l’hispanité», rappelle M. Valls. Plus tard, après la mort de Franco, l’évocation du passé colonial et des indépendances s’est longtemps réduite à quelques pages.

Il arrive aussi que les autorités insistent, comme c’est le cas au Royaume-Uni, sur l’«l’héritage controversé» du passé colonial — en l’occurrence, de l’ancien Empire britannique. En juillet 2004, à Londres, l’Ofsted, organisme de contrôle de l’éducation, jugeant «insuffisant» le temps consacré à ces questions, a mis les points sur les «i» : «Les élèves devraient connaître plus de choses sur l’Empire britannique, savoir que les historiens en ont donné des interprétations différentes.»

Jusqu’ici, au Royaume-Uni comme ailleurs, bien peu de place a été consacrée à cet enseignement. Les programmes se focalisent sur trois périodes : celle des Tudor et des Stuart, celle de l’Allemagne nazie et celle de la Russie de Staline. Comme l’a résumé un jour le professeur Simon Shama, universitaire reconnu, «dans les programmes d’histoire, entre les Henry et Hitler, il n’y a rien».

En Belgique, la conquête du Congo (devenu République démocratique du Congo-Kinshasa) est à peine abordée à l’école. Est-ce parce que les Belges ne se passionnent pas pour leur propre histoire ? Celle-ci, depuis les années 1970, n’est même plus enseignée en tant que telle. Les professeurs sont simplement invités à illustrer, par quelques exemples belges, des phénomènes historiques généraux.

Yüsra Diba

(Sources : AFP, Reuters, ‘‘Le Monde’’, ‘‘Libération’’, ‘‘Nouvelobs.com’’).

(Source: “L’Expression” (Magazine hebdomadaire – Tunis), N° 50 du 3 au 9 octobre 2008)

Lien :http://www.lexpression.com.tn/details_article.php?ID_art=1347


 

Crimes (et repentances) des nations

Excuses à géométrie variable

Willy Brandt s’est agenouillé à Varsovie pour demander pardon aux Juifs et aux Polonais. Les Japonais ont exprimé leurs remords pour leurs agressions coloniales. Les Américains, Australiens, Canadiens se sont repentis d’avoir assimilé les peuples autochtones par la force. Même l’Italie a présenté ses excuses à la Libye. Pour la France, la repentance n’est pas à l’ordre du jour.

En matière de repentir, les Japonais avaient une ancienne coutume, le seppuku : s’éventrer pour sauver son honneur. Aujourd’hui, les Japonais ont pris l’habitude de voir, dans la presse, des photos de dirigeants d’entreprise prosternés jusqu’à terre devant des employés en colère. Mais plus personne ne pense s’éventrer pour se faire pardonner ses torts.

Dans les relations internationales, le repentir, solennellement exprimé, fait partie des convenances diplomatiques : il aide à dissiper les rancœurs du passé  et à réduire le fossé entre les peuples. En présentant des excuses aux Juifs pour les crimes commis par les nazis contre leurs coreligionnaires pendant la seconde guerre mondiale, l’Allemagne a été la première nation à se prêter à cet exercice, à mi-chemin entre la diplomatie et… la tragédie classique. Comme en 1970, lorsque le chancelier allemand Willy Brandt s’était agenouillé, à Varsovie, dans un geste quasi-théâtral, pour demander pardon aux Polonais et aux Juifs pour les crimes nazis.

Le pays de Goethe, qui n’a pas fini de payer, au propre et au figuré, pour les crimes de l’Holocauste, a présenté aussi des excuses pour le massacre par des colons allemands de la tribu des Hereros en Namibie (Afrique australe), qui fit 65 000 morts de 1904 à 1907.

Mais les Allemands, pas plus qu’un autre peuple, n’ont pas toujours été des agresseurs. Ils ont été aussi, à certains tournants de l’Histoire, des victimes. Ils ont d’ailleurs eu droit, eux aussi, à des excuses, celles du gouvernement tchèque : pour l’expulsion massive de la population allemande de Tchécoslovaquie à la fin de la deuxième guerre mondiale.

Allié à l’Allemagne durant ce même conflit, le Japon a présenté lui aussi des excuses aux «femmes de réconfort», ces quelque 200 000 Asiatiques réduites à l’esclavage sexuelle par l’armée impériale. Avant d’exprimer de «profonds remords» et des «excuses sincères» pour les torts et les souffrances infligées par le passé, «à travers son administration et son agression coloniales», à de nombreux pays, «en particulier des nations asiatiques», notamment la Chine, la Corée et les Philippines.

Mais bien qu’il soit le seul pays à avoir subi une attaque nucléaire, quand les Etats-Unis ont largué deux bombes atomiques, sur Hiroshima et Nagasaki, les 6 et 9 août 1945, le Japon a toujours exclu de demander des excuses officielles aux Etats-Unis pour ces deux crimes qui ont fait plus de 200 000 morts. Peut-être se sent-t-il aussi un peu coupable pour avoir poussé les Alliés à cet acte  extrême.

Des excuses, les Etats-Unis en ont quand même présenté, par la voix de leur président Bill Clinton qui, lors de sa tournée en Afrique, en 1998, a demandé pardon pour le soutien apporté par son pays à nombre de dictateurs et, surtout, pour avoir échoué à arrêter le génocide rwandais. Depuis, la politique américaine en Afrique n’a pas changé d’un iota et aucun dédommagement n’a été versé par Washington à ses victimes africaines. Le contraire nous aurait étonné.

Plus récemment, le 29 juillet dernier, le Congrès des Etats-Unis a adopté le texte des premières excuses formelles du gouvernement fédéral pour «la fondamentale injustice, la cruauté, la brutalité et l’inhumanité» de l’esclavage et de la ségrégation raciale envers les Noirs américains. Regain de conscience ou volonté de raffermir l’unité nationale ? En fait, les Etats-Unis n’ont fait qu’emboîter le pas à l’Australie et au Canada qui, respectivement en février et juin, ont présenté des excuses officielles à leurs peuples autochtones assimilés par la force. Ainsi d’ailleurs qu’à Israël, autre pays d’immigration, qui a fait un léger effort pour guérir une douloureuse blessure nationale, lorsque Ehud Barak a présenté des excuses aux Juifs orientaux pour la discrimination dont ils ont souffert pendant des décennies en Terre promise.

Reste donc le cas de la France, qui aime pointer du doigt les «crimes» des autres Etats, comme de décréter la Turquie responsable du génocide arménien, mais refuse de reconnaître ses responsabilités lorsqu’il s’agit de ses propres crimes.

Ce pays, au passé colonial non moins chargé que celui de ses voisins européens, a certes présenté des excuses pour les méfaits du régime collaborationniste de Vichy contre les Juifs durant la seconde guerre mondiale. Il a également reconnu que la traite négrière et l’esclavage étaient des crimes contre l’humanité et souligné, par la voix de son président Nicolas Sarkozy, en décembre 2007, à Alger, que «le système colonial était injuste par nature et il ne pouvait être vécu autrement que comme une entreprise d’asservissement et d’exploitation». Mais la France refuse toujours de considérer sur un même pied d’égalité ses victimes juives d’un côté, et africaines, maghrébines et asiatiques de l’autre. En d’autres termes, elle refuse de présenter des excuses aux victimes non juives de ses crimes passées. Et surtout aux Algériens, qui exigent pourtant, pour solder le passé douloureux de la colonisation française, qui a duré un siècle et demi (tout de même !), sinon des dédommagements du moins un repentir officiel.

Le soir du 6 mai 2006, alors qu’il venait tout juste d’être élu président de la République, Nicolas Sarkozy a fermé la porte à toute négociation à ce sujet en déclarant: «Je veux rendre aux Français la fierté d’être Français. Je veux en finir avec la repentance qui est une forme de haine de soi, et la concurrence des mémoires qui nourrit la haine des autres». Et lors de sa première visite présidentielle à Alger, en décembre 2007, il a demandé aux Algériens de «se tourner d’abord vers l’avenir», car, a-t-il expliqué, «les nouvelles générations, qui forment dans votre pays la grande majorité de la population, ne vont pas attendre que les adultes aient fini de régler les problèmes du passé.»

Ridha Kéfi

(Source: “L’Expression” (Magazine hebdomadaire – Tunis), N° 50 du 3 au 9 octobre 2008)

Lien :http://www.lexpression.com.tn/details_article.php?ID_art=1348


Dur à entendre pour ma génération, mais malheureusement vrai

Je viens de lire sur le blog du jeune azdrubal un jugement d’une rare dureté à l’égard des hommes et des femmes de ma génération politique. Je l’ai relu encore une fois et je me suis dit, avec grande amertume … »c’est bien vrai ce que dit ce jeune, mais où sont-ils, lui et ses jeunes camarades pour prendre la relève et sortir notre pays de cette angoissante stagnation politique? ». Je reproduis ici juste 2 paragraphes et je renvoie le lecteur au blog d’azdrubal.Tahar Ben Hassine

« Je ne doute pas de la formidable diffusion qu’aura cette émission de Canal du Dialogue sur les blogs des Tunisiens, tant elle a concerné et d’une façon concrète des choses qui les touchent. Et je dis encore Bravo à Zied El Heni d’avoir remis sur le tapis ce débat sur les exigences du respect de la loi et remercie canal du Dialogue de l’avoir ainsi relayé. Mais en même temps, et s’agissant de canal du Dialogue, comme je l’ai déjà dit à Tahar Ben Hassine, je regrette que parmi les choix éditoriaux de la chaine, il n’y ait pas davantage de temps consacré à se qui se passe et s’échange sur la blogosphère Tunisienne. Dans les 10 à 20 ans à venir, les futurs dirigeants de la Tunisie sortiront de cette blogosphère. Ibn Taymiyya, Tourabi, Lénine et Marx font partie du passé. L’avenir de la Tunisie et l’orientation qu’il aura dépendra, et j’en suis convaincu, entre autres, de ce qui s’échangera et se dira par les Tunisiens sur leurs propres blogs et non de ces interminables motions des partis politiques datant d’un autre âge.

Ghannouchi, Chebbi, Ben Jaafar, etc., représente la fin d’une époque. Pour moi, ils incarnent déjà le passé. Cela n’a rien d’insultant, ni de dégradant. C’est ainsi, c’est la vie. L’avenir est désormais du côté de la vivacité de Aymen, Iyed, Chokri, Maya, Zied, Selim, Soumayya (oui oui, je songe à la brillante Soumayya Ghannouchi) et de tant d’autres. Leurs attentes et leur manière de voir le monde, et j’ai presque envie de dire, y compris leur manière de concevoir l’au-delà ne sont plus celles de cette génération d’hommes politiques qui arrivent au terme de sa carrière. Cette même génération d’hommes politiques dont je n’ai que trop lu les discours, les pétitions, les motions et même les complaintes. Et pourtant, je suis toujours au même point… Mon grand père a eu la chance d’écouter un homme, lequel, avec d’autres, au bout de 20 ans a viré un colon et s’est accaparé, évidemment à tort, l’Etat. Moi ça fait 20 ans que j’écoute des gens qui ont été incapables d’agir pour garantir même pas mes droits, à moi, mais simplement les leurs, et notamment leur droit à s’exprimer librement. Et si je dis qu’au regard des objectifs atteints, j’ai écouté des tocards pendant 20 ans, on me reprochera ce qualificatif cruel et peut-être même insultant. Pourtant, je demeure convaincu que c’est autrement moins cruel et autrement moins insultant pour un homme politique que le fait d’observer du haut de son impuissance et du confort de son divan un citoyen Tunisien être amené à se coudre les lèvres depuis sa prison. »

(Source : le sitewww.perspectivestunisiennes.net , le 10 octobre 2008)

Lien :http://www.perspectivestunisiennes.net/index.php?option=com_content&view=article&id=52:dur-a-entendre-pour-ma-generatiion-mais-malheureusement-vrai&catid=15:actutn

 
 

CINEMA TUNISIEN

Shtar m’haba (ou L’autre Moitié du Ciel) de Kalthoum Bornaz

Synopsis Agés de vingt ans, SELIMA et SELIM sont jumeaux. Orphelins de mère qui est morte en les mettant au monde, ils vivent à Tunis avec leur père ALI, grand avocat au barreau de Tunis. Ali ne s’est jamais remis du décès de sa femme. Il tient les jumeaux pour responsables de sa mort. Il a fait disparaître toute trace de la défunte et refuse obstinément de répondre à leurs questions sur leur mère. Sélima étudiante en archéologie, se spécialise en fouilles sous-marines. Elle veut connaître la vérité sur sa mère. Les fouilles de son propre passé s’entremêlent avec celles du passé de son pays. Sélim vénal et plus rusé que sa sœur, rêve de devenir grand couturier. Concernant sa mère, il se détache petit à petit de la question, ce qui ne l’empêche pas d’espionner une voisine avec des jumelles, pendant qu’elle allaite son bébé. Sélima apprend un jour que les filles n’héritent que de la moitié des parts de leur frère. Elle interroge son père : « Est-ce parce que les pères n’aiment leur fille qu’à moitié? » Ali cite le verset du Coran d’où émane cette loi et explique à Sélima que ce verset sans ambiguïté ne permet aucune autre interprétation. Ali meurt. Sélim applique la loi sur l’héritage à la lettre et part vivre à l’étranger. Qu’adviendra-t-il de Sélima ?  (Source : le site officiel du film « Chtar Mhabba », http://www.lautremoitieduciel.com )

QUI EST LA REALISATRICE ET MONTEUSE TUNISIENNE Kalthoum BORNAZ ?

Née en 1945 à Tunis (Tunisie). Kalthoum BORNAZ fait a Tunis des études de lettres avant d’étudier le cinéma à Paris : à l’IDHEC et à l’Université de Paris III. En 1968, elle obtient son diplôme de fin d’études de Scripte et Montage. Elle travaille comme scripte à la télévision française, comme assistante sur plusieurs longs métrages (pour les réalisateurs Ferchiou, Ben Ammar, Khemir, Chabrol, Zeffirelli et Moati) et comme monteuse pour une douzaine de courts métrages ainsi que plusieurs longs métrages. Depuis 1968, dans son pays et à l’étranger, elle occupe dans de nombreuses productions tunisiennes et internationales les postes de scripte, 1ère assistante de réalisation et monteuse. Elle participe notamment au montage de « Vendredi ou la vie sauvage » de G. Vergès, « Pirates » de R. Polansky et « La Barbare » de M. Darc, et comme scripte ou assistante à la réalisation de « Les Magiciens » de C.Chabrol, « Jésus de Nazareth » de F.Zeffirelli, « Les Baliseurs du désert » de N.Khémir, etc. Après cette longue expérience de technicienne, elle débute une carrière de réalisatrice de courts et moyens métrages : « Couleurs fertiles » (1984), « Trois personnage en quête d’un théâtre » (1988), « Regard de mouette » (1991), « Un Homme en or » (1993), « Nuit de noces à Tunis » (1996). « Keswa – Le Fil perdu » / Kiswâ al-khayt al-dhâi’ (1997) est son premier long métrage. Elle est aussi productrice avec LES FILMS DE LA MOUETTE. filmographie Jugement d’une femme 2003 Monteur(euse) Autre Moitié (L’) 2006 Réalisateur(trice), Scénariste Keswa, Le fil perdu 1997 Réalisateur(trice), Scénariste Histoire d’une rose (L’) 2007 Monteur(euse) Regard de mouette 1991 Réalisateur(trice) Trois personnages en quête d’un théâtre 1988 Réalisateur(trice) Couleurs Fertiles 1984 Réalisateur(trice) Un homme en or 1993 Réalisateur(trice) Nuit de noces à Tunis 1996 Réalisateur(trice) Forêt d’El Medfoun 1996 Réalisateur(trice) Couleurs fertiles 1984 Réalisateur(trice) Regard de mouette 1991 Réalisateur(trice) Trois personnages en quête d’un théâtre 1988 Réalisateur(trice) Madfoun 1998 Réalisateur(trice) (Source : le site « AfriCiné », visité le 10 octobre 2008) Lien : http://www.africine.org/?menu=fiche&no=7156#filmo  


Kalthoum BORNAZ Bio- filmographie résumée

Cinéaste tunisienne, K. Bornaz a fait ses études de cinéma à l’I.D.H.E.C. (FEMIS) à Paris où elle obtient un diplôme de Scripte et de Montage. De retour en Tunisie, elle travaille comme technicienne avec de nombreux réalisateurs tunisiens et internationaux : A. Ben Ammar, C. Chabrol, F. Zeffirelli, N. Khémir, R. Polanski, R. Chahal,  F. Benlyazid, J. Saadi… Filmographie :     *  1986 Couleurs Fertiles (c-m – 15 min. 35mm)     *  1988 Trois Personnages en Quête d’un Théâtre (m-m – 42 min. 35mm)     *  1992 Regard de Mouette (c-m – 18 min. – 35 mm)     *  1996 Nuit de Noces à Tunis (c-m – 27 min. – Vidéo ) pour Arte.     *  1998 Keswa – Le Fil Perdu (L-m – 96 min. – 35 mm)     *  2000 La Forêt d’El Medfoun (c-m – 10 min – 35mm) ·         2008 L’Autre Moitié du Ciel (L-m – 93 min – 35mm) (Source : le site « Cinéma Tunisien », le 12 septembre 2008) Lien : http://www.cinematunisien.com/realisateurs/kalthoum-bornaz-3.html  


Au Cinémafricart : L’autre moitié du ciel de Kalthoum Bornaz « Et le scénario… ? »

 
L’autre moitié du ciel de Kalthoum Bornaz Le premier film tunisien sorti après «L’accident» de Ferchoui depuis avril dernier. Jouant dans une salle seulement, le Cinémafricart, «L’autre moitié du ciel» est forcément, en tant que production tunisienne, un événement… Dans «L’accident», Sana Kassous et Younès Ferhi étaient mari et femme. Rapports tendus, couple qui se délaisse. Dans le film de Bornaz, ils sont père et fille. Mêmes rapports, pratiquement. Les deux comédiens, révélés au grand public par les feuilletons tunisiens, trouvent leur bonheur dans le cinéma, aussi bien appréhendé et nettement moins apprécié – à cause des déceptions et de la variété du public – que les feuilletons. L’approche et les préoccupations propres aux productions cinématographiques tunisiennes leur font toujours faire des contre-emplois. Se joignent à eux Fethi Msellmani (dans un rôle plus important que celui qu’il avait dans «L’accident») et le jeune premier Mourad Meherzi, entre autres. Ce dernier joue le rôle de Sélim, frère jumeau de Sélima (Sana Kassous) –la première scène du film, leur anniversaire, devait nous le faire comprendre –, et, orphelins de mère, ils vivent avec leur père. Leur mère est décédée en couches, et ils n’ont plus rien d’elle, même pas une photo. Le père Ali fait tout pour les éloigner d’elle, il garde jalousement les pièces qui le rattachent à son souvenir, sans même leur donner le droit de voir sa tombe, ou même de savoir où elle est. Une tombe qu’il lui arrive de visiter complètement ivre, puisque, alcoolique et dérangé (de plus en plus dans l’évolution de l’histoire), cet avocat se perd dans les marasmes de sa mémoire où trône sa femme et dans les revendications de ses enfants qui lui en veulent de ne pas leur dire qui ils sont vraiment, en quelque sorte. Et, petit à petit, la haine va grandir en eux et il ne sera plus leur père, en attendant cet oncle qui va venir d’Australie et leur révéler leur vraie identité. Tel est le principal sujet du film : une quête de sa propre identité à travers celle de la mère inconnue. Chacun des frère et sœur, bien que le film s’intéresse particulièrement à cette dernière, essaie de retrouver à sa façon l’amour qu’il lui manque. Sélim, dont un effort d’interprétation de la part du spectateur pourrait expliquer le fait qu’il veuille devenir styliste modéliste (couturière, dit le père qui veut qu’il devienne économiste), épie la voisine d’en face quand elle allaite ; cette obsession de la poitrine des femmes, et donc de la figure maternelle, échappe au but escompté en cédant à de la frustration pure et dure dans l’horrible affiche très suggestive, extraite du film lui-même, et qui montre Sélim étreignant une coupole en forme de… non ! tout de même pas… Sélima, elle, étudiante en archéologie, se loge dans l’amour de Bassam (Ayham Kamel), ressortissant d’un pays arabe (le Liban ?). Cette figure intégrée au scénario veut se poser en vis-à-vis d’une question soulevée dans le film : les droits de la femme, dont ceux de l’héritage. Quant à cela, le spectateur s’étonne de s’être trompé de film en quelque sorte lorsque le sujet, dit principal, n’est traité que pendant les dix dernières minutes, et dont on tient le titre. Le synopsis présente Sélima qui découvre que, selon la loi tunisienne inspirée de la Chari’a, une fille n’hérite que de la moitié de la part d’un garçon, et que Sélim, malgré sa fidélité, applique la loi à la lettre à la mort du père. En visionnant le film, on attend que l’histoire commence, ce qui ne survient qu’aux dix dernières minutes quand le père est mort et que l’héritage doit être partagé. Pas de chance, on a dû (très) longtemps supporter Younès Ferhi. On est encore plus interloqué, dérouté, en se rendant compte que le nœud du film n’est que l’un des différents sujets évoqués par la scénariste (au même titre que Lénine, Bagdad et l’injustice ; on a échappé tout de même à l’immigration clandestine). Et la question posée par Sélima au père, concernant l’héritage : «Est-ce parce que les pères n’aiment leurs filles qu’à moitié ?», reste dans le contexte de naïveté dans laquelle elle était posée, bien que la réalisatrice ait voulu insister dessus montrant plusieurs fois, et peut-être même à l’excès, des minarets, pour indiquer l’origine de cette loi, sans pour autant expliquer la raison de son instauration. Pour exprimer une certaine injustice, Bornaz élude les fondements de la loi islamique, cela si elle les connaissait. Sinon comment, Sélima, une fille de plus de vingt ans, ne peut-elle connaître cette loi, aussi protecteur son père soit-il, quand on sait que c’est enseigné à l’école ? De fait, le film demeure d’une naïveté extrême, aussi bien dans les scènes que dans le dialogue, signé Mohamed Raja Farhat ; le but escompté était que ce soit surréaliste, ce n’en est que davantage candide et énervant. Toute l’œuvre de Kalthoum devait, manifestement, être surréaliste au départ, d’où les personnages, les situations et les dialogues en l’occurrence. Mais il y a incompatibilité entre texte et contexte. Le surréalisme, au contraire de «Kesswa», le premier film de Bornaz, est ici inutile, et l’anecdotisme ne l’aide nullement. Devant aussi bien faire rire que réfléchir, le spectateur en est mué et idiotifié. Et le jeu des acteurs, perdus dans le brouillard, se révèle indigeste, de même que la succession des séquences, les plans (dont plusieurs clichés) et le traitement de l’image : de très mauvaise qualité, les couleurs en sont agressives… La figure de la mère, renforcée par une allusion à «Tout sur ma mère» d’Almodóvar (chez qui, on le sait, le thème est récurrent), au lieu d’interpeller par le degré de présence du personnage absent, est complètement massacrée. Et les raisons du secret gardé par le père nous échappent totalement, bien que la réalisatrice ait usé de tout (y compris le fétichisme non justifié) et de n’importe quoi. Et alors le drame part en friche. Il sera resté dans notre mémoire autant de minutes que le nombre de spectateurs dans la salle… Lui ayant présenté le plan qu’il prévoit pour elle suite au décès du père, Sélim demande à sa sœur : «Et le scénario, il est bon ?» Nous, on ne se pose même pas la question.  (Source : « Le Temps » (Quotidien – Tunis), le 10 octobre 2008)
 

Edition

Hamza Belloumi, « Pour un islam meilleur »

Ebooks | 125 pages | 27-08-2008

PRIX : 10.00€ |  Résumé

Si nous sommes attachés à avoir un islam meilleur, beaucoup de travail reste à faire : un travail qui doit suivre une démarche composée de trois étapes : déconstruire, critiquer et reconstruire. Et qui doit avoir pour objet d’étude : le fiqh, la charia, la liberté, l’égalité… et tout ce qui est sacré.

C’est à la réflexion autour de certains de ces sujets que je vous invite dans ce livre dans lequel j’ai réuni un certain nombre d’articles que j’ai publié entre mars 2006 et mars 2007 sur le blog Islamiqua, en plus de deux contributions inédites.

Sommaire:

Introduction

I) L’islam et la critique

A. Caricatures du Prophète : Notre responsabilité

B. Peut-on (encore) critiquer l’Islam ?

II) Les contestataires

A. Talbi, libre penseur de l’islam

B. Ali Dilem : combattre l’islamisme par les caricatures

C. Boulem Sansal : « Les islamistes prennent peu à peu le contrôle de tous les domaines »

D. Magdi Allam, Anti-musulman ou anti-islamiste ?

E. Wafa Sultan, une ex-musulmane pas comme les autres

F. Ayaan Hirsi Ali, l’infidèle

III) Islamophobie ?

A. Du malheur d’être musulman

B. A propos de l’extrémisme chrétien : Al-Hayet, chaîne évangéliste de propagandes anti-musulmanes

C. L’Islam et la France

IV) Ces chiffres qui parlent…

A. Pour qui sommes nous entrain d’écrire ?

B. Les musulmans et la démocratie

C. Lorsque les musulmans se radicalisent

V) L’islamisme au Maghreb

Tunisie

A. La Tunisie face au terrorisme

B. Le terrorisme islamiste au Maghreb : Le Maghreb tremble

C. La Tunisie s’attaque à l' »habit sectaire »

D. Le voile est-il obligatoire en islam ?

E. Vers une égalité successorale ?

Maroc

A. Les islamistes au pouvoir ?

B. El-Othmani, un islamiste « original » !

VI) … Et Dieu créa la femme

A. La femme aux yeux des islamistes

VII) Les frères ennemis

A. Introduction à l’histoire du Chiisme

B. Différences entre sunnites et chiites

VII) Nouvelles approches

A. Aux origines du fiqh

B. Le pensable est-il possible ?

C. Orient – Occident : Nouvelles approches

D. Orient et Orientaux

E. Que s’est-il passé ?

(Source : le site « oodoc.com », visité le 10 octobre 2008)

Lien :http://www.oodoc.com/52854-islam-meilleur-belloumi-islamiqua.php

 

 

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