8 mai 2007

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TUNISNEWS
8 ème année, N° 2541 du 08.05.2007

 archives : www.tunisnews.net


C.R.L.D.H. Tunisie: Walid Layouni a été transféré à l’hôpital psychiatrique de Manouba où il est  enchaîné à son lit The Malta Independent: Hundreds of Israelis transit through Malta on perilous pilgrimage to Djerba synagogue Algeria Watch: Abdelkader Tigha, victime de la raison d’État AFP: Nicolas Sarkozy en Napoléon Bonaparte à cheval (presse tunisienne) Miss Beauté du Maghreb à défaut de Miss France

Editorial du « Monde »: Changer


C.R.L.D.H. Tunisie

Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie

Membre du Réseau Euro méditerranéen des Droits de l’Homme

21ter rue Voltaire – FR-75011 PARIS  – Tel/Fax : 00.33. (0)1.43.72.97.34

contact@crldht.org  / www.crldht.org

Communiqué

Walid Layouni a été transféré à l’hôpital psychiatrique de Manouba où il est  enchaîné à son lit

Sa mère Mme Ftima Bouraoui poursuit sa grève de la faim pour réclamer la libération  de son fils

Le CRLDHT lance un appel pour l’envoi d’une mission médicale.

 Monsieur Wajdi Ben Ahmed, juge d’instruction chargé du dossier de Walid Layouni a informé Me. Radhia Nasraoui, avocate du prisonnier politique, de sa décision d’ordonner l’hospitalisation du détenu suite à l’avis des médecins. Le transfert de Walid Layouni à l’hôpital Razi (Manouba, banlieue de Tunis)  semble avoir été fait aujourd’hui. Mme Fatima Bouraoui, mère de Walid a pu le voir,  enchaîné à son lit dans un état pitoyable. Elle a décidé de poursuivre la grève de la faim qu’elle a entamée le 3 mais 2007 pour exiger la libération de son fils et son retour au domicile familial afin qu’il soit véritablement soigné.

En effet, le transfert à l’hôpital Razi ne constitue pas pour autant une amélioration des conditions  de détention, ni une solution pour procurer les soins indispensables à la préservation de la santé mentale et physique de Walid  Layouni. Ce dernier risque de voir son état de santé se dégrader davantage  dans cet établissement où les malades mentaux sont plus souvent violentés  que réellement soignés. .

La décision du transfert à l’hôpital Razi de Walid Layouni qui apparaît à priori comme une mesure de clémence se traduirait dans les faits par une aggravation notable des conditions de détention du prisonnier avec le risque qu’il y subisse des conséquences fatales notamment pour sa  santé mentale. C’est pourquoi le CRLDHT soutient la demande de Mme Ftima Bouraoui de transférer son fils auprès de sa famille, seul cadre susceptible de lui assurer des conditions normales de soins. Le CRDLHT lance à cette ’occasion un appel pour l’envoi d’une mission médicale afin d’établir un diagnostic médical objectif  de l’état de santé de Walid Layouni.

Rappelons que M. Layouni est une des victimes de la loi dite antiterroriste de décembre 2003. Ingénieur en décoration, âgé de 27 ans, il est  marié et père de quatre enfants dont la plus âgée, Nour,  est âgée d’à peine 3 ans. Arrêté  le 11 décembre 2006 par la brigade de la Sûreté de l’Etat,  il a été tenu au secret pendant plus d’un mois puis écroué depuis le 17 janvier 2007 à la prison civile de Mornaguia.

Le CRLDHT a fait part à plusieurs reprises de sa vive préoccupation pour la vie du prisonnier politique Walid Layouni et le sort tragique qui lui est réservé à la prison de Mornaguia où il a été torturé sauvagement depuis son incarcération au risque de perdre ses facultés mentales et son intégrité physique. (Voir communiqués du CRLDHT du 11, 17  avril et du 5 mai 2007 …)

 

Paris, le 7 mai 2007.


 

Hundreds of Israelis transit through Malta on perilous pilgrimage to Djerba synagogue

by DAVID LINDSAY

 

Hundreds of Israeli Jews are expected to travel through Malta this weekend as they make the annual pilgrimage to the synagogue of El Ghriba (Arabic for “The Marvellous” or “The Strange”) on the Tunisian island of Djerba.

Security on the sleepy island of Djerba is expected to be stringent this weekend, considering that it has been only five years since a terrorist attack on the synagogue, the oldest on the African continent, claimed the lives of 21 people including 14 German tourists, six Tunisians and one Frenchman. The attack, carried out by an al-Qaeda North African group, left another 30 wounded.

Furthermore, last month’s suicide bombings in Algeria were carried out on the fifth anniversary of the Djerba attack and the so-called al-Qaeda in the Islamic Maghreb group has claimed responsibility for both the Djerba and the recent Algerian bombings. The twin bombings at a police station and a government building, carried out by North Africa’s most active terrorist group, killed 30 and left more than 200 wounded.

Due to the fact that there are no direct air links between Israel and Tunisia, the expected 5,000 Jews of Tunisian descent, many of whom now reside in Israel, will make their way to Djerba via Malta, France and Turkey.

The al-Qaeda group has been held responsible for the 11 April 2002 bombing of the Djerba synagogue, which was carried out by Nawar Nizar, a 24-year-old al-Qaeda operative from the French city of Lyon. Nizar drove a natural gas truck fitted with explosives past security barriers and detonated the deadly cargo at the synagogue’s gates.

The attack was initially thought to have been an accident but consequent joint investigations by Germany, France and Tunisia showed the attack had been deliberate. An audiotape, purportedly from al-Qaeda, later claimed responsibility for the carnage, saying it had been intended to “send a message to Germany”.

The El Ghriba synagogue is located in the former Jewish village of Harah Sghira and, according to one tradition, was established by a group of Cohanim, or Jewish priests, from the Temple of Jerusalem, who supposedly settled on the island immediately after the destruction of the first temple of Jerusalem by the Babylonians in 586BC. The tradition holds that the refugees brought a door and a stone from the altar of the destroyed temple with them.

Before the institution of the State of Israel in 1948, Tunisia’s Jewish community numbered 100,000; today it counts just 2,000 who live mainly in Djerba and the capital Tunis.

 

(Source:  « The Malta Independent », (Quotidien – Malte), le 6 mai 2007)

Lien: http://www.independent.com.mt/news.asp?newsitemid=50568

 


 

Abdelkader Tigha, victime de la raison d’État

Algeria-Watch, 7 mai 2007

Abdelkader Tigha, ancien sous-officier des services secrets algériens (DRS, Département du renseignement et de la sécurité), témoin capital dans l’affaire de l’enlèvement et de l’assassinat des moines trappistes de Tibhirine en 1996, est menacé d’être prochainement renvoyé vers les Pays-Bas par les autorités françaises.

Arrivé le 14 février à Paris en provenance des Pays-Bas, il s’est rendu rapidement à la préfecture de police de Paris, accompagné par son avocate, Me Dominique Noguères, pour déposer une demande d’asile. Il est convoqué le 6 mars, 20 mars, le 4 avril, le 17 avril et enfin le 2 mai, date à laquelle il est arrêté et placé au centre de rétention de Vincennes. Il apprend alors qu’il sera renvoyé au Pays-Bas selon une décision « exécutoire immédiatement » portant la date du… 21 mars ! Son renvoi est prévu pour le 18 mai sous escorte et le juge des libertés et de la détention qui a examiné son dossier le 4 mai 2007 a décidé que d’ici là il ne sera pas libéré. Un référé suspensif a néanmoins été déposé par son avocate, Me Dominique Noguères ; il sera examiné le 10 mai.

Depuis sa fuite d’Algérie en décembre 1999, Abdelkader Tigha a séjourné dans six pays (Tunisie, Libye, Syrie, Thaïlande, Jordanie, Pays-Bas), avant d’arriver en France, espérant obtenir le statut de réfugié politique le protégeant des risques de tortures et de liquidation physique de la part de ses anciens chefs du DRS. Malgré cela, A. Tigha n’a pu, à ce jour, bénéficier de ce droit, du fait de la scandaleuse décision du représentant du Haut Commissariat aux réfugiés des Nations unies en Thaïlande, qui lui avait refusé, en février 2000, le bénéfice du statut de réfugié politique, au terme d’une procédure bâclée et non motivée, comme l’a reconnu en novembre 2005 la justice néerlandaise.

Derrière tout cela, il y a l’utilisation politique par la « raison d’État » de certains pays des insuffisances du droit international, qui permet à bon compte d’écarter du bénéfice de l’asile les « repentis » des forces de sécurité, grâce à la fameuse « clause d’exclusion » définie par l’article 1.F de la Convention sur les réfugiés, stipulant que le statut de réfugié ne peut être accordé à ceux qui pourraient être impliqués dans des crimes contre l’humanité. Alors même que l’histoire judiciaire de ces dernières années a montré – par exemple en Argentine et au Chili – que, très souvent, c’est seulement grâce aux témoignages de tels « repentis » que la vérité pouvait être établie sur les violations des droits humains (ouvrant ainsi la voie aux poursuites des criminels présumés). Et que ces « repentis » devraient bénéficier à ce titre d’une protection.

Or, dans le cas de A. Tigha, cette protection apparaît pleinement justifiée par les risques qu’il encourt du fait de ses révélations explosives sur l’implication du DRS dans les violations des droits humains perpétrées en Algérie dans les années 1990, en particulier celles de « groupes islamistes » manipulés par son service. C’est le cas notamment de ses déclarations (notamment le 23 décembre 2002 au journal Libération) où il impliquait directement le DRS dans l’enlèvement des sept moines. Il rapporte que, étant en poste au Centre territorial de recherche et d’investigation (CTRI) de Blida depuis 1993, il a constaté que, dans la nuit du 26 au 27 mars 1996, deux fourgons entrent dans la caserne. Il aperçoit les moines qui venaient d’être kidnappés de leur monastère. Ils sont interrogés par un certain Mouloud Azzout, qu’il sait être un agent du DRS tout en étant un des bras droits de Djamel Zitouni, l’émir des GIA qui revendiqueront l’enlèvement. « Deux jours après, il les a emmenés sur les hauteurs de Blida puis au poste de commandement de Djamel Zitouni, au lieu-dit Tala Acha constitué d’abris souterrains, d’une infirmerie de fortune et d’une école pour les nouvelles recrues » des GIA. Le contact entre Azzout et le CTRI n’est jamais interrompu.

Cet enlèvement avait été conçu par les chefs du DRS pour plusieurs raisons, notamment pour contraindre les moines à quitter leur monastère, car ils devenaient des témoins de la « sale guerre » que menaient les militaires et leurs supplétifs des milices et des GIA ; mais aussi pour faire pression sur les dirigeants français afin qu’ils soutiennent plus nettement les généraux algériens dans leur politique d’éradication. Cependant, la mort des moines n’aurait pas été programmée. Si leur assassinat a été décidé, ce serait – selon les propos de Abdelkader Tigha – en raison : a) de la perte de contrôle du DRS en connivence avec la DST française (services de renseignements intérieurs) sur le groupe du GIA chargé de l’opération ; b) et d’une intervention de l’armée algérienne pour éviter que la DGSE française (services de renseignements extérieurs) ne s’en mêle et découvre la manipulation.

Depuis la tragique mort des religieux chrétiens, aucun témoignage aussi précis n’avait remis en question la version officielle. La plainte avec constitution de partie civile déposée le 9 décembre 2003 devant le Doyen des Juges d’Instruction près le Tribunal de Grande Instance de Paris par la famille du père Christophe Lebreton et Père Armand Veilleux, Procureur général de l’ordre cistercien au moment des faits, s’appuie essentiellement sur les témoignages de plusieurs dissidents du DRS attestant que Djamel Zitouni, « émir national » des GIA, était en réalité un agent du DRS. Et la plainte évoquait également les témoignages d’Abdelkader Tigha et d’Ali Benhadjar, ex-membre du GIA dont le groupe aurait tué Djamel Zitouni dans une embuscade tendue avant l’assassinat des moines. Les plaignants demandaient à ce qu’ils soient entendus dans le cadre de l’enquête confiée au juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière.

Durant son instruction, ce dernier a transmis une liste détaillée de questions aux autorités algériennes et s’est rendu en Algérie, mais n’a pas cru bon d’auditionner personnellement des témoins. Et le Père A. Veilleux a constaté dans un de ses récents écrits (« État de l’enquête sur l’assassinat des moines de Tibhirine », 23 mars 2007) : « En lisant les centaines de pages que constituent ces dépositions, on en retire comme principal constat que désormais on a des preuves de ce qu’on savait. On savait depuis le début qu’on nous mentait. On en a maintenant des preuves. Ces preuves résident dans les contradictions que comportent ces dépositions. »

Mais si le juge Bruguière n’a pas le contrôle des dépositions opérées en Algérie, il aurait pu entendre Abdelkader Tigha qui se trouve depuis trois ans aux Pays-Bas. Or, non seulement il ne l’a pas rencontré mais plus grave encore, alors que l’ex-membre du DRS se trouve à Paris depuis la mi-février, il n’a pas été convoqué dans le cadre de l’enquête. Il est vrai que M. Bruguière a annoncé le 16 mars sa mise en disponibilité pour pouvoir se consacrer à la campagne électorale des législatives pour lesquelles il se présente au nom de l’UMP. Lors de l’une de ses convocations à la préfecture de police Paris, A. Tigha a été entendu par la DST, mais cette audition ne s’inscrivait pas dans le cadre de l’instruction dans l’affaire de l’enlèvement et l’assassinat des moines. À ce jour, non seulement le juge Bruguière n’a pas diligenté l’audition de A. Tigha qu’un bon exercice de la justice imposait absolument, mais il est emprisonné dans l’attente de son renvoi forcé vers les Pays-Bas. Ce pays qu’il avait dû fuir in extremis parce que son administration refusait d’appliquer la décision de la justice néerlandaise qui l’avait sommée par trois fois de reconsidérer son refus non motivé en droit d’accorder à A. Tigha le statut de réfugié politique, et avait décidé l’expulser du pays, au risque qu’il tombe aux mains des services algériens.

Algeria-Watch estime qu’il est très choquant que la justice de la République française continue obstinément de refuser d’entendre un témoin capital dans une affaire qui concerne l’assassinat de sept de ses ressortissants. De même qu’il est très choquant que les Pays-Bas se soient soumis jusqu’à présent aux pressions des autorités algériennes qui, depuis presque huit ans, ont multiplié ces pressions auprès des gouvernements des derniers pays d’accueil d’A. Tigha (Thaïlande, Jordanie, Pays-Bas, France aujourd’hui). Il est essentiel que les autorités françaises comme néerlandaises mettent tout en œuvre pour assurer à Abdelkader Tigha la protection nécessaire et lui permettent de faire état devant la justice des crimes dont il a été témoin.

(Source : « Algeria Watch » (Site algérien indépendant – Allemagne), le 7 mai 2007)

Lien : http://www.algeria-watch.org/fr/aw/tigha_raison_etat.htm


 

Nicolas Sarkozy en Napoléon Bonaparte à cheval (presse tunisienne)

   

AFP, lundi 7 mai 2007 TUNIS – Le journal tunisien El Sarih affirme lundi que, « pour la première fois, un immigré préside la France » tandis que le quotidien Sabah lui donne l’apparence de Napoléon Bonaparte.   Né à Paris le 28 janvier 1955, Nicolas Sarkozy est le fils d’un immigré hongrois, réfugié en France après la guerre.   Sabah (Le Matin) publie un montage photo couleur du tableau de David représentant le Premier consul Bonaparte, futur Napoléon 1er, avec le visage de M. Sarkozy, franchissant à cheval le col du Grand Saint-Bernard durant la campagne d’Italie.   « Comme prévu, Sarkozy président de la France » (Tunis Hebdo, El Bayane) et « Les Français choisissent Nicolas Sarkozy » (Le Temps), ont titré à la une la plupart des quotidiens, rendant généralement compte factuellement de la victoire du candidat de droite à l’élection présidentielle.   Sous le titre « Ben Ali félicite Sarkozy » et les photos des deux présidents, La Presse (gouvernemental) publie le message de félicitations Zine El Abidine Ben Ali appelant à « bâtir entre les deux rives de la Méditerranée un partenariat stratégique et solidaire ». L’importance du lien de la France avec le monde arabo-musulman est aussi implicitement soulignée par El Sarih (Franchise) qui estime « possible, dans les années à venir, qu’un immigré d’origine arabe ou musulmane dirige la France ».

 

Miss Beauté du Maghreb à défaut de Miss France

Par Ouerdya AÏT-ABDELMALEK AFP, le 8 mai 2007 à 06h11 MARSEILLE (France), 8 mai 2007 (AFP) – « Je n’ai jamais vu une Sabrina ou une Fatima Miss France. J’aimerais que cela change »: à défaut de concourir au titre tant convoité, Sihem et ses amies ont choisi de se présenter à un concours « Miss Beauté du Maghreb » organisé à Marseille, dans le sud de la France. Ce concours, dont la troisième édition s’est déroulée samedi devant plus d’un millier de spectateurs, a été lancé par une association de La Castellane, la cité des quartiers nord de Marseille où Zinedine Zidane a passé son enfance. Objectif: faire plaisir à des jeunes filles systématiquement recalées des concours traditionnels « même quand elles ont les bonnes mensurations », explique sa présidente Djamila Benabdelhafid. A « Miss Beauté du Maghreb », le principal critère de sélection est d’avoir au moins l’un de ses deux parents originaire du côté sud de la Méditerranée. Les candidates doivent être âgées de 17 à 25 ans, mesurer plus de 1m 65. Et si le culte de la minceur est passé par là, les rondeurs sont aussi les bienvenues pour mettre en valeur les robes traditionnelles portées lors des défilés. Robes de cocktail et de soirée complètent la panoplie des apprenties Miss, mais point de maillot de bain par « pudeur », justifie Sonia, une candidate de 17 ans qui se voit gendarme. D’autres sont en revanche prêtes à franchir le pas. Sur la scène du palais des congrès du parc Chanot, devant un public familial tout acquis à la cause des jeunes filles, les tableaux se succèdent, réglés comme du papier millimétré. « Ce n’est pas un truc de quartier, bidon », se félicite Mme Benabdelhafid qui, dans son bureau, ne se lasse pas de montrer les images tournées en 2006, année où le concours a vraiment décollé. Succès aidant, le concours s’est en effet professionnalisé: nouvelle adresse dans le centre-ville, équipe étoffée, soutiens des consulats algériens, marocain et tunisien, sponsors, jury de personnalités présidé par la vice-présidente du conseil régional Samia Ghali. Les 23 finalistes, sur 352 postulantes venues d’un peu partout en France, ont effectué un stage de préparation à Saint-Tropez et appris un petit discours autant destiné à leurs familles qu’au monde extérieur. D’où il ressort qu’elles sont « fières de leurs origines » et qu’elles veulent « donner une image positive de la femme franco-maghrébine, qui a bien changé ». « C’est une femme active, belle, intelligente, qui peut aller au bout de ses rêves », lance Wassila, 18 ans, qui veut entrer en école de commerce et a été élue troisième dauphine. Un message aussi adressé au Maghreb où l’évènement était retransmis. Dans sa robe « chantilly » blanche tout droit sortie d’un conte de fée, Mme Benabdelhafid, couve du regard ses petites protégées, réjouie qu’elles « aient pris confiance en elles » et de leur servir de « tremplin professionnel ». Nombre d’entre elles se sont en effet vu proposer un emploi après le concours 2006. A l’issue de la cérémonie, Abla Djouama, 17 ans, a été élue « Miss Beauté du Maghreb 2007 ». Elle veut devenir infirmière. Longue et filiforme, peut-être tentera-t-elle les concours pour entrer dans le circuit Miss France. Car l’objectif demeure de s’y fondre. AFP  

Editorial du « Monde » Changer
Jean-Marie Colombani La victoire de Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle mérite d’abord d’être saluée : elle est claire et nette et ouvre, comme l’a dit le nouvel élu, une « nouvelle page ». Elle marque non seulement un changement de génération, porteur en lui-même d’une promesse d’un renouvellement de la vie publique largement souhaité, mais aussi l’entrée dans une phase de notre histoire que le pays voudrait plus dynamique, plus offensive, plus efficace. Au bout du compte, en effet, sans prétendre sonder les cœurs, avant de choisir entre deux projets, deux visions de la société, les Français ont privilégié l’énergie. Face à Ségolène Royal, « Mère Courage » tout entière dévouée à accompagner les Français dans leurs difficultés, ils ont donné la préférence à celui qui se présentait comme porteur d’une promesse d’action contre le déclin annoncé, capable même d’une suractivité de tous les instants pour insuffler un élan, quelque chose qui puisse ressembler à un nouveau départ. Mais ce choix est aussi le produit d’un rapport des forces très clair : une France de droite a voté à droite. Les résultats du second tour ont été en tout point conformes à ceux du premier tour, montrant une gauche historiquement faible; faiblesse que les scrutins de 2002 avaient déjà permis de mesurer. En regard, la supériorité de la droite et le succès de M. Sarkozy trouvent leur origine à la conjonction de deux mouvements. En premier lieu, la force et l’intensité de la demande d’ordre et d’autorité. A l’orée de la campagne présidentielle de 2002, Lionel Jospin lui-même avait fait état de cette aspiration au retour de l’autorité. Et les cinq années du second mandat de Jacques Chirac n’ont pas permis, n’en déplaise à celui qui fut, presque sans discontinuer, son ministre de l’intérieur, de faire reculer l’insécurité et les violences aux personnes. La demande est donc toujours là ; elle transcende les clivages, bien sûr, mais elle favorise la droite. En second lieu, celle-ci bénéficie du mouvement démographique lui-même : la France de Nicolas Sarkozy est aussi une France qui vieillit. Et plus on avance en âge, plus on a été enclin à voter en sa faveur. Ces deux caractéristiques, qui ancrent la supériorité de la droite, seront donc, pour le président Sarkozy, une première source de contradiction à surmonter : on peut, a priori, légitimement penser que le vote qui l’a porté est conservateur au sens politique du terme ; quand lui-même s’est engagé sur une promesse de mouvement, de changement. Il est une autre contrainte, qui tient cette fois au substrat électoral de sa victoire. Au soir du second tour, M. Sarkozy a pu, en effet, contempler l’étendue de son succès aux dépens de l’extrême droite. Il a laissé un Le Pen usé, vaincu et pathétique : l’OPA sur le vote FN a parfaitement fonctionné, au point de rendre caduque la consigne d’abstention du chef, et de susciter les »félicitations » de sa fille, appelée à prendre sa succession pour ramener un jour le mouvement dans l’orbite de la droite classique. Le grand changement politique de la période qui s’ouvre est en effet tout entier dans le succès de la stratégie de M. Sarkozy, visant à, et réussissant à capter l’électorat de l’extrême droite ; décalque pour la droite de ce que fut pour la gauche celle de François Mitterrand vis-à-vis du Parti communiste. Mais cette opération a aussi déterminé le centre de gravité d la majorité qui a porté M. Sarkozy à l’Elysée. En témoigne la mise en avant du concept d’identité nationale, qui figurait en bonne place dans ses premières paroles au soir de sa victoire. Là se trouve donc une autre contrainte qui pèsera sur le nouvel élu, et qui trace clairement les limites de « l’ouverture » qu’il prône et à laquelle François Fillon devra donner corps à la tête de la première équipe gouvernementale : des ralliements, certainement ; il y en a toujours en ce genre de circonstances ; mais il ne faut guère nourrir d’illusions sur ce que pourrait être l’apport programmatique de telle ou telle personnalité : ils ou elles seront toujours là pour écarter de l’opinion toute idée de sectarisme ou de gestion monolothique du pouvoir, plutôt que pour influencer le cours d’une politique qui cherchera à répondre d’abord aux aspirations des électeurs de M. Sarkozy. Enfin, et surtout, le nouvel élu va devoir tenir sa promesse : il va lui falloir vraiment « changer » ; c’est-à-dire passer du statut de candidat à celui de président. Le candidat n’a jamais hésité à radicaliser son propos, à catégoriser, à dénoncer – « ceux qui travaillent » d’un côté, les « tricheurs » de l’autre, par exemple. Il a fait une campagne sur des valeurs qu’il a lui-même réénoncées à peine élu : le travail, l’autorité, la morale, le mérite. Mais le président doit maintenant prendre la figure du »rassembleur ». Il doit donc être l’homme de « l’ouverture ». En même temps que celui qui, ayant beaucoup promis, devra beaucoup tenir, s’il veut éviter de décevoir ou de « trahir ». De ce point de vue, chômage et pouvoir d’achat étaient et restent au premier rang des attentes et d’une obligation de résultat. Mais aucune catégorie n’ayant été oubliée, il lui sera difficile de toutes les satisfaire. Plus généralement, il a aussi su convaincre en particulier l’électorat populaire qu’il serait un président « protecteur ». Là encore, il devra concilier cette ambition avec sa volonté réformatrice. En tout cas, se voulant un président directement responsable devant le pays, étant par nature porté à s’occuper de tout, à trancher lui-même sur tout, c’est évidemment lui qui sera en première ligne. Nicolas Sarkozy aspire sans nul doute à faire mieux que celui qui fut son mentor et auquel il succède : ce qui signifie réformer en profondeur. La France aisée, qu’il représente et qui croit au mérite individuel, y aspire elle aussi, pourvu que sa thérapie soit libérale ; la France âgée, qui lui a fait un triomphe, donne la priorité à l’ordre; la France salariée (les salariés du privé lui ont donné la préférence, à 54 %; contre 35 % seulement pour les salariés du public) attendra, elle, du mieux pour son pouvoir d’achat. Cela ne dessine pas nécessairement une France réconciliée : la méfiance de la jeunesse, la défiance des cités – là où se concentrent nombre des maux français – doivent l’inciter à faire un bout de chemin avec des adversaires qui ont mieux compris ces parties-là du pays, et qu’il dit vouloir « respecter » . Il sera possible d’y croire le jour où, au contraire du ministre de l’intérieur qu’il fut, le président Sarkozy pourra aller et venir librement dans les quartiers difficiles qui, eux aussi, aspirent à faire l’objet de toute l’attention de la République. La profondeur du renouvellement qu’il revendique se mesurera aussi à la réalité du « respect » promis à l’autre moitié de la France. Le nouvel élu veut aussi être celui qui fait bouger les lignes de la vie publique. En s’agrégeant un maximum à ce centre que François Bayrou voudrait autonome ; en allant jusqu’aux marges de la gauche. En l’état, celle-ci a toutes chances de lui faciliter la tâche. Elle aura en effet beaucoup de mal à être en ordre de marche pour tenter de bien figurer aux législatives, car il lui faut, il faut au PS, affronter dans la défaite trois questions laissées largement en jachère depuis 2002 : celle de son identité, c’est-à-dire de la relation qu’elle veut établir avec la société française ; celle de sa stratégie d’alliance, car n’ayant plus de réserves à gauche, il lui faudra bien regarder vers le centre si elle veut un jour gouverner ; celle de son leadership, car Ségolène Royal, malgré ses qualités de caractère et ses bonnes intuitions (gâchées par une fin de campagne malheureuse autant que maladroite), n’a pas convaincu au point de pouvoir se prévaloir d’un élan décisif en sa faveur. Sa tentative d’OPA lancée au soir de la défaite sur la rénovation du PS, à la tête d’une marche sur le siège de la rue de Solférino, était pour le moins surprenante. Autant dire que la recomposition et la rénovation sont un ordre du jour lourd, et qui peut être long. Nicolas Sarkozy est maintenant arrivé « là-haut, tout là-haut », comme il avait coutume de le souhaiter. En elle-même cette accession à la tête de l’Etat d’un enfant d’immigré – »j’ai beaucoup reçu », a-t-il rappelé – est la marque heureuse d’un progrès pour une société jadis fermée, comme ont tenté de le faire valoir ses adversaires. Avocat de formation, il aime aussi convaincre. Il est donc souhaitable qu’il laisse libre cours à sa part de sincérité ; donc à l’audace « sociétale » qui fut la sienne, à tel ou tel moment de son parcours : sur la place de l’islam de France, la discrimination positive, les unions homosexuelles, le refus de la double peine et même le vote des immigrés. Son positionnement politique l’a conduit, au contraire, à faire prévaloir un conservatisme identitaire et sécuritaire. Cela peut s’entendre pour gagner. Mais il a en fait une assez grande liberté : celle de pouvoir réunir une majorité parlementaire à sa main, plus composite, qui corresponde à la politique qu’il souhaite : on saura donc très vite s’il souhaite aller au-delà de ce conservatisme, ou s’y tenir. Dans un cas, il sera le président de tous. Dans l’autre, celui de la droite. Enfin, cette France, toute entière tournée sur sa propre relance – au point de nous avoir fait vivre une campagne « entre soi », derrière « des volets clos » selon l’expression de Valéry Giscard d’Estaing – ne peut s’extraire des tourments du monde. Si les électeurs ont choisi la modernisation du modèle français, ils ont aussi signifié leur attachement aux valeurs fondamentales de ce modèle à savoir l’humanisme, le dialogue, le vivre ensemble, la fraternité. Cette France-là ne doit pas être oubliée. Le Nicolas Sarkozy prêchant le nationalisme et le protectionnisme s’en éloigne. La France du repli ne pourra reprendre aucune place en Europe, ni ailleurs. La France de la confiance en l’homme ne sera elle-même que si elle sait être ouverte et généreuse. (Source: Editorial du journal “Le Monde” (Quotidien – France) du 8 mai 2007)


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الأحد، 27 يوليو 2008

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