14 septembre 2006

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TUNISNEWS
7 ème année, N° 2306 du 14.09.2006

 archives : www.tunisnews.net


LTDH: Une année de résistance pour préserver la Ligue CCTE: Appel au Gouvernement de M. Prodi – Ne pas expulser Nassim Saadi en Tunisie ! Corps professoral rejetés du concours national CAPES: Appel à l’opinion publique EMHRN Info: International Conference on Employment and the Right to Work blocked in Tunisia Slim Bagga: Imed Mac Trabelsi et Kais Mac Ben Ali  dirigent des réseaux de filles de joie Le Maghrébin: Les deux sites de l’AMD censurés uniquement par Mr Ben Ali Le Maghrébin: Rached Ghannouchi contesté 24 Heures: Peine ferme de 16 mois Soumaya Ghannoushi: America’s governing force

 
 

Cliquez ici pour accéder au reportage exceptionnel de l’AISPP sur la catastrophe humanitaire des prisonniers politiques Tunisiens 


 

Ligue Tunisienne pour la défense des Droits de l’Homme

Tunis le, 09 septembre  2006     

 

 

Déclaration

(Traduite de l’arabe)

 

Une année de résistance pour préserver la Ligue

Cela fera aujourd’hui une année que les autorités ont décidé d’interdire la tenue du 6ème Congrès de la LTDH prévu les 9 – 10 et 11 septembre 2005. Ce fut un moment particulièrement difficile à vivre pour tous les militants et militantes de la Ligue et pour tous les invités, qu’ils soient tunisiens, arabes ou de divers autres pays, qui avaient répondu à l’appel de la Ligue.

En dépit des tentatives incessantes du Comité Directeur pour amorcer le dialogue avec le pouvoir, par le biais de correspondances restées sans suites, ou par la recherche d’intermédiaires, les autorités ont délibérément ignoré ces tentatives. Le local central de la Ligue a été mis en état de siège et les hôteliers ont reçu des ordres strictes pour ne pas louer de salles, pouvant accueillir les travaux du congrès et même pour héberger les délégués à ces assises. Dans le même temps, la presse gouvernementale et satellisée a déchaîné une campagne indigne contre le comité Directeur sans bien sûr que les militants de la Ligue aient la possibilité de bénéficier d’un quelconque droit de réponse. Tous les moyens de dissuasion ont été mis en œuvre, et particulièrement les mesures sécuritaires et judiciaires, pour paralyser la Ligue. Tout ceci sous le prétexte fallacieux de l’application de décisions de justice prononcées à la suite de la plainte de certains militants de la Ligue et confortant la thèse alibi du pouvoir selon laquelle il s’agirait d’un conflit interne à la Ligue, dans lequel les autorités ne sont nullement impliquées !

Au lendemain de l’interdiction du 6ème Congrès, le pouvoir a poursuivi son offensive contre la Ligue, soumettant notamment les locaux des sections dans les régions (14 locaux) à un blocus permanent et empêchant toute personne, y compris les membres des comités de sections d’accéder à ces locaux. Ce blocus systématique se poursuit depuis un an sans qu’aucune justification légale ne soit donnée par les autorités d’une décision qui constitue un précédent inédit depuis la création de la Ligue.

La seule explication avancée par les agents chargés, sur place, de maintenir ce blocus est qu’ils « appliquent les ordres » !

Toutes les tentatives faites par les militants de la Ligue dans les régions concernées pour lever ces mesures arbitraires ainsi que les protestations sous toutes les formes se sont malheureusement avérées vaines, le pouvoir maintenant par la force l’encerclement des locaux et n’hésitant pas à recourir, à maintes reprises, à la violence physique contre des responsables de la Ligue.

Malgré cela, les militants de la Ligue, comité Directeur et sections solidaires, ont activement tenté d’amorcer le dialogue avec les autorités  afin de sortir de la crise à laquelle la Ligue est injustement confrontée.

Aucune possibilité de prise de contact et aucun fil, aussi ténus soient-ils, menant à un éventuel dialogue n’ont été négligés, la Ligue se faisant une obligation de ne décourager aucune initiative et aucune bonne volonté visant à faciliter l’amorce d’un tel dialogue.

C’est ainsi que le Comité Directeur a accueilli positivement la proposition de la commission de bons offices, constituée par des anciens présidents de la Ligue et par quatre autres personnalités.

Cette proposition présentée simultanément au Comité Directeur et aux plaignants parmi les anciens responsables de section ayant eu recours à la justice pour interdire la tenue du Congrès, a été récusée par ces derniers qui n’y ont pas donné suite. Les journaux gouvernementaux et les médias officiels ont, bien sûr, délibérément ignoré cet acte de bonne volonté. 

Après avoir tenté de tirer profit de cette initiative, en laissant entendre que la seule existence de la commission de bons offices était la preuve du fait qu’il s’agissait d’un conflit interne n’impliquant pas le pouvoir, les autorités n’ont donné aucune suite à cet épisode.

Bien plus, à la suite de la décision présidentielle de confier à M. Zakaria Ben Mustapha, président du Comité Supérieur des Droits de l’Homme et des Libertés Publiques, la tâche de recevoir les composantes de la société civile qui en émettraient le désir et d’en faire rapport au Chef de l’ةtat, la Ligue a considéré que cette lueur d’espoir, pour limitée qu’elle soit, ne devait pas être négligée. 

Le Comité Directeur de la Ligue a ainsi pris contact avec M. Zakaria Ben Mustapha et il a eu avec lui une longue séance de travail au terme de laquelle un mémorandum lui a été remis faisant le point de plusieurs observations dont certaines relatives à la situation intérieure de la Ligue.

Plusieurs mois après cette rencontre, nous ignorons toujours quels en ont été les résultats.

Après la tenue du Conseil National de la LTDH, il a été décidé de tenir le 6ème Congrès les 27 et 28 mai 2006.

A la date prévue, les autorités ont réagi d’une façon encore plus brutale et plus dangereuse que lors de la tentative de tenue du Congrès de septembre 2005. Tout le pays a été quasiment mis en état de siège non déclaré pour traquer les congressistes afin de les empêcher d’arriver à Tunis. Ceux et celles qui y sont, tout de même, parvenus ont été obligés de retourner dans leurs régions d’origine.

Un impressionnant dispositif policier a été mis en place aux abords du siège central de la Ligue et tous les moyens – y compris les plus brutaux et les plus violents, ont été utilisés contre les délégués au Congrès et même contre les frères arabes et les amis étrangers qui ont répondu à l’invitation de la Ligue.

Cette répression a suscité la réprobation et l’indignation de larges milieux à l’intérieur et à l’extérieur du pays qui ont intensifié leur campagne de solidarité  en faveur de la Ligue et pour qu’elle puisse tenir son 6ème Congrès. 

Avant cela, et dès le mois d’avril 2006, le siège central de la Ligue avait fait l’objet de mesures d’encerclement policier destinées à empêcher quiconque, hormis les membres du Comité Directeur d’y pénétrer.

Le courrier de la Ligue a, depuis, fait l’objet d’une mesure de rétention systématique et notre ligne Internet a été, de fait, suspendue.

En réalité, et contrairement aux allégations officielles, c’est bel et bien le pouvoir qui refuse le dialogue avec la Ligue et qui s’efforce d’en paralyser les activités afin de l’empêcher de remplir sa fonction après qu’elle soit parvenue à renouveler ses structures, à moderniser ses formes de gestion et réactiver ses sections en province qui ses sont efforcées d’avoir des locaux et d’y organiser des activités leur permettant de renforcer leurs liens avec nos concitoyens.

Malgré le blocus et les intimidations, la Ligue et ses militants sont parvenus à résister (soumoud) durant toute cette année mettant en avant la nécessité vitale de défendre l’autonomie de la Ligue et d’en préserver la fonction.

La crise entre le pouvoir et la Ligue est ainsi devenue le thème prioritaire des « agendas » de tous les acteurs politiques et sociaux de notre pays.

Le Comité Directeur a tenu à faire ce rappel solennel pour mettre l’accent sur la nécessité de privilégier le dialogue positif avec les autorités afin de permettre et de favoriser une sortie de crise inéluctable. 

Aussi, le Comité Directeur réitère t-il son appel à ouvrir un dialogue responsable et approfondi avec la pouvoir pour aborder toutes les questions en suspens mais avec l’objectif de préserver, en paroles et en actes, la Ligue en tant qu’acquis national majeur et en tant qu’instance de défense indépendante de tous. Une indépendance qui lui permette de jouer pleinement son rôle dans la défense des droits humains et des libertés fondamentales et dans la promotion d’une culture des droits humains.

Ce faisant, le Comité Directeur insiste aussi sur la nécessité de promouvoir et de défendre le droit à la différence à l’intérieur de la Ligue. C’est ce que nos structures s’efforcent de favoriser en dépit de toutes les formes de blocus et de boycott dont elles sont l’objet.

Cette volonté de concertation et de débat entre les militants de la Ligue sur toutes les questions relatives à la crise imposée à notre organisation, ne doit cependant pas occulter le fait que la responsabilité principale de cette crise incombe au pouvoir et au comportement qu’il a choisi d’adopter à notre égard.

Une année après l’interdiction de la tenue de notre 6ème Congrès National, le Comité Directeur tient à saluer tous les militants de la Ligue, adhérents et animateurs de comités de sections, pour leur mobilisation et leur résistance (soumoud) en faveur de l’indépendance de leur organisation.

Le Comité Directeur rend hommage à la patience dont ils ont fait preuve pour ne pas réagir aux provocations, aux brutalités et aux violences au nombre desquelles il convient de mettre l’accent sur l’interdiction insoutenable qui leur est faite de disposer de locaux dont ils payent régulièrement, et en dépit des difficultés, les loyers.

Le Comité Directeur tient par ailleurs à saluer toutes celles et tous ceux qui ont soutenu et qui soutiennent son action et, en premier lieu, ses présidents d’honneur, les anciens membres des Comités Directeurs, toutes les personnalités nationales dans leur diversité, les composantes de la société civile ainsi que les partis politiques.

Le Comité Directeur salue toutes les initiatives visant à préserver l’indépendance de la Ligue et à favoriser une sortie de crise qui permettra à la Ligue de sortir de la situation qui lui a été imposée.

Le Comité Directeur en appelle à toutes et à tous pour que cette mobilisation s’élargisse et se renforce.

Enfin, le Comité Directeur se félicite du soutien qu’apporte à la Ligue les instances et organisations internationales de défense des droits humains et des libertés ainsi que par les défenseurs et les amis à l’extérieur du pays  qui sont aux côtés de la Ligue dans son combat pour préserver son indépendance.

Pour le Comité Directeur

Le Président      

        Mokhtar TRIFI


Collectif de la Communauté Tunisienne en Europe

1 rue Cassini, 75014 Paris – Tél. : +33 1 43 29 68 98

 

Ce jeudi 14 sept 06 à 17heures : les autorités italiennes viennent de notifier à M Nassim Saadi le rejet de sa demande d’asile politique, malgré une condamnation de 20 ans prononcée contre lui en Tunisie pour les mêmes faits jugés en Italie

 

Nouvel Appel urgent au Gouvernement de M. Prodi :

Ne pas expulser Nassim Saadi en Tunisie !

 

            Notre Collectif apprend avec consternation la nouvelle du refus de la demande d’asile de M. Nassim Saadi, ce qui le met dès à présent en danger d’être remis, en application d’une décision ministérielle d’expulsion, à tout moment entre les mains des tortionnaires de Ben Ali.

            Nous appelons la Cour européenne des droits de l’homme à se saisir immédiatement d’une requête d’urgence en application de l’Article 39 de la Convention européenne des droits de l’homme et de ses Protocoles pour s’opposer à toute mesure d’expulsion.

            Nous rappelons que M. Nassim Saadi a été innocenté en Italie après avoir été accusé injustement de terrorisme.

            Nous demandons aux autorités italiennes de prendre en considération que M. Nassim Saadi a purgé une peine de plus de quatre ans pour un délit qu’il n’a pas commis.

            L’envoyer en Tunisie c’est lui faire courir le risque d’être condamné à nouveau pour des peines qui peuvent aller jusqu’à 20 ans de prison et plus, sachant que les prisons tunisiennes sont parmi les plus cruelles dans le monde arabe.

            Nous lançons un appel pressant au Président Prodi de surseoir à l’exécution de l’expulsion de M Nassim Saadi afin de lui permettre de trouver un pays d’accueil. M Saadi peut être assigné à résidence en attendant qu’une solution soit trouvée avec l’aide du HCR.

            Nous demandons aux autorités italiennes de ne pas commettre d’injustice et de ne pas s’inscrire dans la logique du pire.

 

Paris, le 14 septembre 2006 à 20heures

            Le Président

            Dr. Mondher Sfar

 


 

Collectif de la Communauté Tunisienne en Europe

 Parigi, 12 settembre 2006

CCTE, 1 rue Cassini, 75014 Paris

 Tél. : +33 (0)1 43 29 68 98 – mondher.sfar@club-internet.fr

 

Chiamata al Governo di Romano Prodi

affinché metta fine alla sua politica di espulsione in massa  degli immigrati tunisini praticanti di religione,  espulsioni effettuate nelle condizioni traumatizzanti ed umilianti ed nel disprezzo delle regole di diritto italiano, europeo ed internazionale

 

Il Collettivo Della Comunità tunisina in Europa invia una chiamata solenne al Governo di M. Prodi affinché metta fine ai metodi disumani utilizzati dai poteri pubblici italiani nell’esecuzione di un piano di espulsione in massa di immigrati tunisini ai quali si rimprovera di essere dei musulmani praticanti.

Abbiamo ricevuto da alcune settimane dei lamenti di connazionali tunisini che vivono pacificamente in Italia, condotti senza riguardo nei CPT per essere espulsi senza che sia formulata contro di loro una qualsiasi lagnanza.

Oggi, siamo stati informati che quattro Tunisini che vivono a Bologna sono statit condotti martedi mattina dalle forze della polizia, due di essi al CPT di Milano e i due altri al CPT di Roma. Si tratta di Mohamed Soltana, nato il 19/03/1973; la perquisizione al suo domicilio non ha dato niente. Soltana è sposato e padre di quattro bambini che sono stati traumatizzati. Lavora come artigiano edile e impiega diversi operai.

Chokri Benzid, celibe, nato il 5/4/1965 : la polizia ha perquisito il suo domicilio alla ricerca di esplosivi e l’ha condotto al CPT di Milano. Non aveva nessuno problema né in Italia né in Tunisia dove era in visita durante le vacanze d’inverno.

Stessa sceneggiatura per Maher Ebbene Salah, e Najib Ouaz, celibi, condotti al CPT di Roma. Ebbene Salah si preparava a partire in vacanze in Tunisia per il mese di Ramadan.

Tutti questi Tunisini hanno ricevuto un foglio di via del Ministro degli Interni italiano.

ب evidente che al loro arrivo in Tunisia, saranno torturati e condannati a pene pesanti di prigione, e questo a causa delle autorità italiane che li sospettano falsamente di terrorismo.

Un’altra categoria di Tunisini sono in attesa della loro espulsione verso la Tunisia dove aspetta loro, per numero di essi, delle pesanti condanne per terrorismo, da dieci a parecchie decine di anni di prigione, in applicazione della legge tunisina antiterrorista del dicembre 2003. Eppure questi Tunisini sono stati scagionati dalla giustizia italiana delle accuse di terrorismo che li sono costate tuttavia parecchi anni di prigione.

Già parecchi Tunisini sono stati imbarcati e sono stati rimessi alle autorità tunisine e si trovano attualmente in prigione come Habib Loubiri, imbarcato il 30 agosto ultimo, al quale le autorità non hanno accordato il diritto di depositare un ricorso in emergenza presso la Corte europea dei Diritti umani. E stato condannato a decine di anni di prigione in applicazione della legge antiterrorista, ed egli si trova alla prigione del 9 aprile a Tunisi. Dobbiamo citare il caso di Tarek Hajjam handicappato motore pesante, che è stato malgrado il suo statu, consegnato tre mesi fa alla polizia di Ben Ali e di cui la sorte rimane sconosciuta.

Fayçal Ebbene Said è stato espulso in Tunisia nell’ estate 2005; ha lasciato cinque bambini in Italia e una pesante condanna l’aspettava a Tunisi.

Oltre la tortura e le pesanti pene di prigione che aspettano le decine di Tunisini in attesa di deportazione in Tunisia, si deve tenere conto della situazione drammatica delle loro mogli e bambini di cui si separano per decine da anni.

Vogliamo inviare questo messaggio al Governo di Romano. Prodi:  ب spiacevole che un governo di sinistra come il Suo ricorra ai metodi disumani ed ingiusti contro ogni persona praticante religiosa. Se stima che queste persone devono lasciare il Suo paese per le ragioni secondo Lei di siurezza, ciٍ è il Suo diritto sovrano e nessuno puٍ contestarlo. Ma ciٍ che non potremo accettare, è il Suo ricorso a metodi disumani e violenti che avrebbe potuto evitare : false accuse, falsi processi, false condanne, e decisioni di espulsione che provocano nel paese destinatario nuovi falsi processo, delle pesanti pene e della tortura.   Tutte queste ingiustizie sono gratuite. Se la Sua preoccupazione è di espellere i musulmani praticanti, perché non darloro un termine che permetta loro di organizzare dignitosamente la loro partenza, e permetta loro di trovare un nuovo paese di accoglienza? Soprattutto per quelli che rischiano di essere torturati in Tunisia e di essere condannati inequamente a pesanti pene di prigione.

Sarebbe stato possibile, per facilitare il loro ritorno in Tunisia, di prendere disposizioni, nell’ambito di accordi bilaterali, affinché le autorità tunisine si impegnino a non perseguitare gli espulsi, e che li aiutino ad inserirsi economicamente in Tunisia ed a preservare la loro vita familiare. Tutto ciٍ è ancora possibile ed indispensabile.

Perciٍ chiediamo insistentemente al governo Prodi di cessare immediatamente queste persecuzioni e di mettere fine ai drammi che toccano centinaia di famiglie tunisine, e l’ingaggiamo a trovare una soluzione politica ed umana ai problemi della sicurezza in Italia.

Chiamiamo il popolo italiano, i partiti politici progressisti e le associazioni di diritti umani a manifestare il loro appoggio alle vittime delle persecuzioni decise dal loro governo in violazione dei valori di civiltà.

Chiamiamo la società civile tunisina ad esprimere la sua condanna ferma delle mene delle autorità italiane nei confronti numero dei molti connazionali.

Infine, chiamiamo le organizzazioni internazionali contro la tortura e di difesa dei diritti umani a protestare presso il Governo italiano, e più particolarmente la Corte europea dei diritti dell’uomo ad impadronirsi di questo grave affare si affaccendi ed a condannare fermamente queste pratiche.

Elenco delle persone di cui abbiamo avuto conoscenza e che rischiano l’espulsione imminente in Tunisia : Nassim Saadi, Kamel Darraji, Mohamed Soltana, Chokri Benzid, Maher Ben Salah, Najib Ouaz, Hamadi Bouyahia, Maher Bouyahia, Lotfi Maaoui, Said Cherif, Mouldi Benyahia, Lasad Ben Hani.

Avvocati che difendono i Tunisini :

Avv. Sandro Clementi et Me Barbara Manara tel : +390270009308;

Avv. Carlo Corbucci tel : +393289457819 ;

Avv. Regina , Avv. Dominga Canarozzo : tel. : +390916824085.


 

Appel à l’opinion publique

 

Tunis le 13/09/2006

Nous, corps professoral rejetés du concours national CAPES (session février 2006) à cause de nos activités politiques et syndicales, ils nous importe de sensibiliser l’opinion publique de part cette requête :

Suite aux agressions policières exécutées avant hier soir à l’intérieur du Ministère de l’Enseignement et l’Education, nous sommes descendus à l’avenue Habib Bourguiba afin de porter notre voix aux oreilles du peuple.

En vain ! La force des brigades politiques, présente en grand nombre, nous a agressé dans le but de nous disperser.

Face à notre volonté de s’exprimer librement, nos deux camarades Ali Jallouli et Houssine Ben Amor ont été violemment agressés et mis en arrêt. A l’exemple de Mr Jallouli qui a été blessé à la lèvre inférieure et a eu ses lunettes cassées. L’engouement et l’impuissance publique n’ont pas pour autant freiner l’acharnement policier ; ils ont été conduits au commissariat de Beb Bhar et arrêté pendant quelques heures. Notre ténacité fut récompensée par  leur liberté.

Nous portons nos voix au plus haut degré aux autorités en question afin de cesser ce mauvais traitement à notre dossier. Il est primordial qu’ils s’activent à stopper cette injustice.

Le soutien des organisations et associations nationales comme internationales appuierait notre cause quant à pratiquer notre formation de toujours : professeur d’enseignement secondaire. Sachez que notre combat ne s’arrêtera qu’une fois gain de cause obtenu.

Bechir Messoudi (37 ans) Maîtrise philosophie 1998

Jilani Oussii (35 ans) Maîtrise littérature arabe 1999

Mohamed Moumni (33 ans) Maîtrise philosophie 1999 , étudiant chercheur en Master de Philosophie Moderne

Houssine Ben Amor (30 ans) Maîtrise en informatique 2001 et DESS en Telecom et réseaux 2003.

Ali Jellouli (33 ans) Maîtrise philosophie 2001

Lotfi Ferid (32 ans) Maîtrise philosophie 2002

Mohamed Nacer Khatteli (26 ans) Maîtrise philosophie 2005

Hafnawi Ben Othman (33 ans) Maîtrise littérature arabe 2005

 

Envoyez votre soutien à: excluscapes2006@yahoo.fr

 


 

EMHRN Info (by way of Greek Helsinki Monitor)

International Conference on Employment and the Right to Work blocked in Tunisia

 

 
More than 70 international participants from 20 countries have been prevented from holding a major conference on Employment and the Right to Work in the Euro-Mediterranean Area. The meeting was to take place on 8-9 September in Tunis. It constituted the final step in a three-year project that included researchers from 8 countries of the Southern Mediterranean. The project was jointly organised by the Spanish trade union CC.OO / Fundacion Paz y Solidaridad, the German Foundation Friedrich-Ebert-Stiftung, the Euro-Mediterranean Human Rights Network and the Euromed Trade Union Forum. Two days prior to the start of the conference organisers learnt that the meeting and accommodation facilities had been withdrawn and that no alternatives could be found in the Greater Tunis Area to hold the conference. The organisers are convinced that the only reasonable explanation for this turn of events was the intervention of the Tunisian authorities. This is not the first time that freedom of expression and assembly have been grossly violated in Tunisia in recent times, in particular concerning independent activities of civil society. The organisers are shocked by this incomprehensible action of the Tunisian authorities. The aim of the conference was to provide a comprehensive analysis carried out jointly by economists, trade unionists and human rights organisations on a key issue affecting the majority of people living in the Euro-Mediterranean region and to present an agenda for action on employment in the partnership. Two previous meetings had already successfully been completed in Morocco and Jordan. The organisers condemn this action of the Tunisian authorities. It is a violation of Tunisia’s human rights obligations and its commitment to the spirit and the principles of the Euro-Mediterranean Partnership. It weakens Tunisia’s credibility as a constructive Euro-Mediterranean partner and undermines efforts to advance economic and social rights in the region.

The organisers strongly believe that open debate and constructive dialogue that includes civil society organisations are essential for democratic and human development in the region. All those involved in the project are committed to further advance the crucial issue of employment and the right to work in the Euro-Mediterranean partnership. Tunis, 9 September 9 2006 Euromed Trade Union Forum:   Peter Seideneck, +33.673.95.00.85, pseidene@etuc.org Euromed Human Rights Network:   Marc Schade-Poulsen, +45.32.64.17.10, msp@euromedrights.net Friedrich-Ebert-Stiftung:   Ralf Melzer, +49.30.26935.738, ralf.melzer@fes.de Fundacion Paz y Solidaridad / CC.OO:   Maria Romay, +34.91.444.09.50, mromay@fps.ccoo.es **The information contained in this autolist item is the sole responsibility of GHM**

 
 


PROSTITUTION

Imed Mac Trabelsi et Kais Mac Ben Ali dirigent des réseaux de filles de joie

 par Slim Bagga

En 20 ans de dictature mafieuse, l’on a beaucoup épilogué sur la dégradation du système scolaire et universitaire, sur la détérioration du système éducatif, sur le détournement des deniers publics et l’opacité dans la passation des marchés. Pourtant, sur ce champ de ruines que laissera à son départ la mafia issue du coup d’Etat du 7 novembre 1987, l’on ne parle pas ou très peu du délabrement des moeurs et des valeurs morales.

Loin de nous l’idée de nous positionner en objecteurs de conscience ni de juger les comportements moraux de chacun. La liberté est au contraire l’une de ces valeurs que nous avons toujours défendues et continuerons de défendre de manière inconditionnelle.

Il se trouve cependant qu’au moment où le régime et sa presse aux ordres fête en grandes pompes le 50 ième anniversaire de la promulgation du Code du statut personnel (CSP), libérant la femme du joug de la dictature machiste, abolissant la répudiation et la polygamie et consacrant l’égalité entre les sexes, cette même propagande officielle et officieuse présente Ben Ali comme le digne continuateur de l’héritage bourguibien et ne dit mot sur le fait que sa police tabasse et maltraite les femmes démocrates et que sa proche famille, en l’occurrence son neveu Kais Ben Ali et le fils caché de son épouse, Imed Trabelsi, dirigent respectivement dans la région du Sahel et dans la capitale des réseaux de prostitution où de jeunes filles souvent encore mineures sont jetées sur le trottoir et deviennent des adultes aigries sans avoir quitté l’âge de la puberté. 

C’est à ce phénomène nouveau que « L’Audace » s’est intéressé et ne manquera pas de publier sur plusieurs numéros des interviews et témoignages de prostituées que nos correspondants ont récoltés au cours des dernières vacances estivales.

Il s’agit en effet d’un phénomène infiniment grave, d’autant que ce marché juteux profite essentiellement à des ripoux bénéficiant de protections au plus haut sommet de l’Etat d’une part, et à la police politique, d’autre part. Nous y reviendrons plus loin dans cette enquête... 

Mais d’abord, comment un pays millénaire, aux traditions ayant toujours conjugué modernisme et hautes valeurs morales a-t-il pu basculer en une génération dans la perte de tout repère? Il est temps que les sociologues se penchent sérieusement sur ce phénomène.

Deux anecdotes absolument authentiques mériteraient d’être relatées dans ce contexte pour expliquer l’implication de l’Etat dans la détérioration de la situation.

Il y a quelques années déjà, « L’Audace » avait évoqué sur le ton du sarcasme et de la dérision l’autorisation délivrée aux homosexuels de s’adonner à la prostitution sur la voie publique. L’on avait ainsi constaté que, sur les avenues, des hommes faisaient le trottoir, munis de « patente » délivrée par le ministère de l’Intérieur. Vive le progrès et le modernisme! A chacun de se faire son propre jugement de cette pratique tolérée en terre d’islam par les plus hautes autorités de l’Etat au nom d’un modernisme illusoire. Car l’on aurait aimé ressemblé à l’Occident en lui empruntant les valeurs de liberté et de démocratie plutôt que de le singer en perdant son identité 

Mais si le directeur du Cabinet présidentiel est lui-même un farouche défenseur de l’homosexualité, il semblerait qu’il n’y ait plous rien à redire...

La deuxième anecdote, infiniment plus grave, concerne le cas d’un père de famille qui aurait tenté de se suicider et nous ignorons à ce jour le sort qu’il s’est réservé.

Modeste ouvrier, notre homme a été excédé une nuit par les retours au bercail à l’aube de sa propre fille. Celle-ci est en effet majeure (21 ans) mais vit toujours sous son toit. Il finit donc par la tancer gravement et se permit même…de la gifler. Quel père n’a-t-il pas giflé un jour ou l’autre sa fille pour la corriger? Toujours est-il que le lendemain, elle se dirigea vers le poste de police du quartier pour déposer plainte contre son propre père. Les policiers eux-mêmes, qui ont rédigé le procès verbal, tentèrent en vain de l’en dissuader. Finalement, une séance de « réconciliation » a été organisée au poste de police entre le père et la fille pour éviter cette première en Tunisie en convainquant la fille de retirer sa plainte. Elle finit par accepter « à une seule condition », dit-elle: « que je lui rende la gifle qu’il m’a donnée ». Pour ne pas avoir à aller en prison laissant derrière lui toute une famille dans le besoin, le père accepta « le marché ». Et l’indigne fille d’envoyer un soufflet à son géniteur devant des policiers eux-mêmes décontenancés. Le père ne s’en remettra plus…

Les histoires de ce type peuvent se multiplier à volonté qui démontrent qu’en deux décennies, la société s’est dévergondée à l’image de ces jeunes filles encore scolarisées que l’on observe souvent couchées à même le sol dans les rues de la capitale, saoules ou droguées…

Prostitution et renseignements

Ce sont les services de Mohamed Ali Ganzoui (le secrétaire d’Etat à la sûreté déchu récemment de ses fonctions et spécialiste de tous les coups bas) qui, dès le début des années 90, a imaginé la mise sur le marché de très belles filles ou « putes de luxe » pour infiltrer des personnalités nationales et étrangères et obtenir le maximum de renseignements à leurs sujets. Le sous-fifre du ministère chargé de cette sale besogne (recrutements, enrôlements, missions et collecte des comptes-rendus) était l’un de ses collaborateurs Mohamed Ennaceur Hless. Et c’est en collaboration directe avec la Brigade des moeurs, que cela se faisait.

L’on sait ainsi, par exemple, que des les beaux hotels de Sousse, Hammamet ou Djerba, l’on présente sur albums des photos de filles de joie à des personnalités pour les mettre dans leurs pattes. D’autres filles plus expérimentées sont chargées de faire elles-mêmes le boulot et approcher leurs proies masculines.

 

J’ai été au début de l’année 90 témoin indirect d’une telle infiltration. J’enquêtais à l’époque sur le démantèlement d’un réseau de prostitution dans la banlieue d’Ezzahra, impliquant entre autres une femme de colonel de l’armée, affaire qui avait mis en émoi toute cette petite banlieue balnéaire du sud de la capitale.

Une coiffeuse, surnommée Leila papillon, qui exerçait dans cette banlieue était de mèche avec de richissimes hommes d’affaires et personnalités libyens. Elle recrutait des femmes tunisiennes et des jeunes filles fort élégantes, commençait par leur revendre à crédit toutes sortes de produits de luxe importés. Et dès lors que ses proies croulent sous la dette, elle leur proposait de s’en acquitter discrètement en donnant du bon temps à ses mentors.

Parmi les victimes, il y avait effectivement la femme d’un colonel dont nous tairons l’identité. J’étais donc dans le bureau du directeur de la Brigade des moeurs lorsqu’on lui signala l’arrivée d’une dame qu’il s’empressa de faire entrer dans son bureau. A la vue de cette dernière, elle ne me semblait pas Tunisienne, mais Suédoise ou Néerlandaise. Celle-ci s’assit et nous laissa poursuivre notre conversation. Le directeur de la Brigade des moeurs s’adressait à moi en tunisien, s’exprimait dans un langage au dessous de la ceinture, et cela ne me dérangeait pas outre mesure puisque cette jeune femme était étrangère à mes yeux, donc non sensée comprendre l’arabe. Mais quelle ne fut pas ma surprise lorsqu’à la fin de l’entretien, il s’adressa à elle en tunisien lui demandant en substance où elle en était dans sa mission. Je n’en revenais pas. Je prenais congé de ce monsieur lorsque, me raccompagnant à la porte, il me dit d’un air coquin: « nous savons tout, M. Bagga ».

Sans plus de commentaires…Car ces femmes recrutées sont en général forcées d’accepter ces missions pour protéger un père, un frère, un mari en mauvaise posture, risquant la prison pour chèques sans provision, malversations etc.

Alors, peut-on encore dire que le régime de Ben Ali a poursuivi et enrichi l’oeuvre de Bourguiba en matière d’émancipation de la femme. Les faits nous permettent d’en douter…

 

Djerba, Sousse, Hammamet, Tunis:

Chasses gardées des rejetons Ben Ali et Trabelsi

D’abord, il est utile de rappeler ici que cette enquête n’a pas pour objet ce qu’on appelle communément le fléau de la prostitution. De tous temps et sous tous les cieux, le plus vieux métier du monde n’a cessé de se développer et de prospérer latéralement à la misère humaine.

Ce qui nous intéresse à cette occasion, c’est bien la dualité ou dédoublement du langage officiel tunisien qui dit donner toute sa place aux femmes en même temps qu’il protège en plus haut lieu ceux qui les maltraitent et ceux qui s’enrichissent le plus indûment du monde en se servant de leurs corps.

Jusqu’aux années 90, c’était un secret de polichinelle que des souteneurs sévissaient sur les places publiques des grandes villes (la capitale et les villes touristiques). Ils avaient des rapports entretenus avec la police qui, elle-même, s’engraissait en obtenant des « maquereaux » informations et subsides.

Après tout, la Tunisie n’est pas en marge de ce qui se passait un peu partout dans le monde.

Mais c’est l’arrivée de la mafia au pouvoir la consolidation du clan des Trabelsi et sa cupidité alarmante qui ont changé la donne.

 

Un voyou auquel tout est permis

Au printemps 2004, j’étais chez moi aux environs de 22 heures lorsque le téléphone sonna chez moi et que j’eus droit à un flot d’insultes. La bête qui parlait dans un langage quasiment inaudible au bout du fil (et pour cause, il était ivre mort), et qui a fini par se présenter n’était autre que Imed Trabelsi, le fils caché de la Première « Drame » de Tunisie. Ses menaces brandies contre celui qui « publie de fausses informations sur lui » (c’est l’honneur atteint d’un petit bandit issu des bidonvilles les plus malfamés de la capitale auquel un mariage a octroyé honneur et respectabilité), notre interlocuteur finit de déverser sa bave fétide en me disant; « j’ai toutes les femmes et les filles de Tunisie sous ma botte ». Tiens donc!!!

J’appris quelques semaines plus tard que plus d’un homme a eu maille à partir avec ce petit voyou. dès qu’une belle femme accompagnée d’un mari, d’un fiancé, d’un frère s’installe dans un lieu public et que le hasard place le couple face à Imed Trabelsi, ce dernier l’importune et insiste pour qu’elle s’assoie auprès de lui. Et gare à celui ou celle qui refuse un caprice au rejeton de Madame…

Cette parenthèse fermée, il n’est donc pas étonnant que le marché de la prostitution autrefois plus ou moins « réglementé » tombe entre les mains de Imed Trabelsi qui donne ses ordres à « sa » police protectrice et à ses troupes bien rôdées. Car ce qui est nouveau dans ce marché nouveau de la prostitution, c’est l’arrivée de filles mineures (15 à 18 ans), mises sur le trottoir et dans les halls de luxueux hôtels à peine sorties de l’enfance. Pour se mettre plein les poches, les ripoux ne reculent devant rien. La chair fraîche est un commerce comme un autre. Alors qu’à cela ne tienne, et peu importe si des familles entières sont déchirées ou si l’avenir de la jeune adolescente est compromis à vie.

Mais ce n’est pas tant cet apprenti maquereau qu’est Imed Trabelsi qui nous importe ici. ce voyou de la pire engeance rendra des comptes à la justice un jour ou l’autre. C’est le silence complice du président de la République, un homme réputé aux longues oreilles, qui entend tout et qui sait tout.

Comment peut-il permettre au fils de son épouse, Imed Trabelsi, et à son neveu, Kaïs Ben Ali, rejeton de Slah Ben Ali, de se départager le marché de la prostitution en zones de chalandises? Quel impact peuvent avoir ses pratiques plus que contestables sur ses propres discours lénifiants concernant la place et le rôle de la femme tunisienne dans la société et par rapport à la condition de la femme arabe?

Si, pour notre part, nous ne sommes pas à une tartufferie près de Ben Ali, la société excédée par autant de pratiques répugnantes de la famille régnante, n’est pas près de continuer d’accepter que des adolescentes deviennent les prisonnières d’un système qui n’a plus à envier au thaïlandais ou au philippin en matière de prostitution.

A savoir qu’une mafia excessivement sauvage dispose des corps de jeunes filles en couche-culottes.

Voilà le triste legs du système Ben Ali-Tabelsi. ET dire que notre comploteur-président se dit encore et toujours le digne héritier de Bourguiba en matière de statut des femmes…

Alors que plus d’une mère de famille doit gémir et hurler en silence: « Réveille-toi Bourguiba, tes héritiers sont devenus fous »!!!

 S.B.

(Source : « L’Audace », N° 139, septembre 2006)

 


Les deux sites de l’AMD censurés uniquement par Mr Ben Ali

 
Omar SHABOU   Ce que je craignais s’est produit. Des cinq régimes politiques des pays du Maghreb seul le régime de Monsieur Ben Ali a censuré le site de l’Alliance Maghrébine pour la Démocratie. Ni les autorités algériennes, ni les marocaines, ni les mauritaniennes, ni même les libyennes ne l’ont fait. Je dis « même les libyennes » pour les raisons que tout le monde sait : Monsieur Maamer El Gueddafi n’a pas érigé, depuis près de quarante ans qu’il est au pouvoir, un modèle de démocratie. Il a, avec son collègue tunisien – parce qu’issu comme lui de la culture militaire – presque la même conception de la gestion de l’Etat.  Sauf que, dans le cas d’espèce, son régime s’est révélé plus intelligent que celui de son collègue tunisien.    Rien de ce que l’AMD se propose d’entreprendre ne lui a semblé, alors qu’elle est en phase de structuration, devoir nécessiter l’interdiction de son site.  Je ne sais pas quoi en ressentir en tant que tunisien. J’ai le choix entre la honte, le courroux, l’écœurement ou  – paradoxalement –  la foi en ce que je fais en compagnie des amis tunisiens et maghrébins qui ont décidé de s’investir dans ce projet de contribuer à la naissance d’un Maghreb uni, démocratique et moderne. Et c’est finalement la réaction d’un ami mauritanien qui m’a fait pencher plus vers la foi que vers la honte. « Si Ben Ali a censuré le site, a-t-il dit, c’est que nous sommes dans la bonne voie ! » Tout est dit. Je crois que tout autre commentaire serait superflu. Je ne peux quand même pas réprimer une certaine amertume.   Nous étions en tant que tunisiens les portes flambeaux, sur presque tous les plans, du Maghreb. Nous nous retrouvons aujourd’hui dans la queue du peloton. La lanterne rouge. Lors des réunions du Bureau Exécutif de l’AMD où mauritaniens, marocains, algériens (pour l’instant, il n’y a pas d’adhérant libyen résidant en France) confrontent leurs opinions et évoquent leurs expériences, nous autres tunisiens, nous nous sentons forts de notre passé mais horriblement gênés par notre présent. Par passé, j’entends les réformes structurelles initiées par Bourguiba et qui restent sans pareil dans la Maghreb. Quant à notre présent, nous ne pouvons même pas exhiber l’argument du pays stable et sécurisé. Nos amis maghrébins ont vite fait de nous rétorquer « qu’il n’est de stabilité et de sécurité que celles qui sont fondées sur la prééminence des institutions. Ce qui n’est pas le cas d’un régime policier comme celui de la Tunisie ». D’ailleurs ils reconnaissent, sans façons et sans complexes, que la Tunisie était et reste le pays maghrébin le mieux à même de vivre, avec succès, en démocratie. Ils ne comprennent toujours pas de par quel caprice de l’histoire nous en soyons devenus à la remorque du Maghreb. Avec la censure du site de l’AMD, ils ont compris que la Tunisie n’en est pas là par un caprice de l’histoire, mais par la volonté de monsieur Zine Al Abidine Ben Ali.   Censurer un site web est un acte inefficient, inutile, improductif.  Nous allons très rapidement contourner techniquement cette censure. Comme pour le salutaire et crédible journal on line « Tunisnews », des milliers de tunisiens recevront directement dans leur boite électronique la prochaine newsletter de l’AMD qui contiendra les informations et les articles publiés par « Le Maghrébin », hebdomadaire de l’AMD. Prévoyant cette mesure typique du régime tunisien actuel, le Bureau Exécutif de l’AMD a en effet pris ses dispositions : il a mobilisé tous les membres fondateurs tunisiens pour rassembler le maximum d’adresses électroniques de personnes et d’institutions tunisiennes. Nous avons maintenant entre les mains un CD contenant les adresses de toutes les entreprises tunisiennes. Sans compter les listes de diffusion entières que des sites amis vont nous proposer. La censure que Mr Ben Ali impose aujourd’hui se révélera demain ce qu’elle est : absurde. En tous cas c’est ce que l’hebdomadaire « Réalités » qui est, dans sa version actuelle, un pédoncule du pouvoir a écrit : « la censure au temps d’internet est une absurdité… » Ce qui veut dire en termes tunisiens : « tastika bakri…. »   C’est tout.   Pour le moment…   (Source : « Le Maghrébin », N°2 du 11 septembre 2006)

Rached Ghannouchi contesté

 
Fatima Kabba     Rached Ghannouchi n’a pas signé, le 8 juin dernier, la solennelle déclaration qu’il a rendue publique à l’occasion du vingt cinquième anniversaire de la naissance du mouvement islamiste tunisien « Ennahdha » comme il a l’habitude de le faire en sa qualité de « Président » du mouvement, mais par une énigmatique et impersonnelle signature : « Rached Ghannouchi, mouvement Ennahdha », comme s’il est désormais gêné d’afficher son attribut présidentiel ou, pire, comme s’il se sentait délégitimé pour le faire.   Que se passe-t-il donc ?   Le leadership de Ghanouchi est tout simplement de plus en plus ouvertement contesté – et en termes très durs parfois- aussi bien par une partie des troupes nahdhaouis que par des figures historiques et crédibles du mouvement. La lame de fond contestatrice a commencé à se profiler  il y a près d’un an, le 30 mai 2005 plus exactement, quand Mourou et Doulatli, deux personnalités  jouissant  d’un réel prestige  auprès des militants nahdhaouis, (le deuxième venait tout juste de  terminer près de quinze ans d’emprisonnement) et trente autres figures du mouvement  ont pris  brutalement  le contre pied de la ligne stratégique défendue et suivie  jusque là par Ghanouchi et sa garde prétorienne. Ce dernier a toujours fait de l’opposition frontale au régime de Ben Ali   le vecteur de cette stratégie, quitte à ce que des centaines de militants et de cadres dirigeants du mouvement continuent de croupir dans les horribles conditions de détention des prisons tunisiennes. L’appel de Mourou a renversé l’ordre des priorités en élevant la libération des détenus dont certains – comme l’ancien président du mouvement Hamadi Jebali avant son élargissement – n’ont pas hésité à pousser un cri de désespoir en appelant leurs compagnons à les faire sortir – sous entendu par n’importe quels moyens – des  tombes dans lesquels ils sont enterrés vivants,  au rang de priorité des priorités quitte à redéployer la stratégie du mouvement dans le sens de ce qu’ils ont pudiquement appelé la « réconciliation nationale », une expression  qui induit nécessairement un  rapport moins belligérant avec le régime de Ben Ali. Les 30 signataires de l’appel – tous des cadres historiques du mouvement – s’y définissent comme des « affranchis des contraintes restrictives de la discipline de parti » En d’autres termes, du leadership de Ghannouchi…     Un féroce débat devait immédiatement suivre la publication de l’appel  entre la garde rapprochée de Ghanouchi, qui y a vu  ni plus ni moins qu’un «  complot  » contre leur chef,  et les partisans de la doctrine Mourou dont l’un d’eux devait même écrire  dans le journal on line quotidien Tunisnews (un remarquable site  indépendant qui focalise les débats inter tunisiens mais dont l’accès est évidement censuré par la cyber police de Ben Ali)  qu’il regrette d’avoir donné vainement une partie de sa vie et de sa jeunesse à un homme – sans le nommer – comme le chef d’Ennahdha. Quant à Naceh Amin,  un pseudonyme  derrière lequel s’est abrité  un proche de Ghanouchi, il a qualifié, au lendemain même de la publication de l’appel de Mourou,   ses signataires de « moutahafitoun »,  autrement dit «  ceux qui accourent au bol de soupe que leur tend Ben Ali »…  L’incendie devait être cependant rapidement circonscrit suite à un tacite accord entre les deux bords qui semblaient avoir pris conscience des menaces d’effritement, voire de disparition du mouvement, que fait peser sur lui cette lutte fratricide. Sous les cendres, des braises continuaient toutes fois à être actives. Le débat restant sérieux et nécessitant une radicale chirurgie. Il  ne pouvait du reste pas ne pas rebondir tant qu’il n’est pas tranché dans un sens ou dans un autre.   Et il rebondira en effet une année jour pour jour après l’appel de Mourou, avec la diffusion d’un nouvel appel signé cette fois-ci par 18 cadres prestigieux du mouvement et dans lequel ils  s’en prennent ouvertement et durement à « la direction du mouvement », donc à Ghanouchi. «  La direction d’Ennahdha, y est-il écrit, n’a pas eu le courage de faire son autocritique ni de réviser profondément  les choix stratégiques  qui  ont conduit le mouvement  à la situation désastreuse dans laquelle il se trouve et à l’effondrement de ses institutions. Il ne lui reste que la carte des prisonniers à monnayer pour éviter de rendre compte de ses catastrophiques échecs  et justifier la politique de fuite en avant qu’elle pratique ainsi que l’ignorance intentionnelle des dramatiques réalités du mouvement ». Entre autres gracieusetés. C’est on ne peut plus clair. Ghanouchi est explicitement désigné comme le responsable en chef de la triste situation du mouvement et surtout des souffrances que des dizaines de milliers de familles de militants islamistes continuent d’endurer. Des militants connus pour leur grande proximité de Ghanouchi ont immédiatement réagi reprochant aux signataires de l’appel d’avoir déplacé le centre de la culpabilité de Ben Ali, véritable fossoyeur du mouvement, à Ghanouchi qui, ont-ils rappelé, a porté le mouvement sur les fronts baptismaux !   Ce qui est évident, c’est que la ligne de fracture est telle que, depuis lors, Ghanouchi n’a plus signé les déclarations qu’il rend publiques  de sa qualité de président du mouvement[1].   Autre signe significatif : ni Hamadi Jebali, ni Habib Mokni, deux prestigieuses figures du mouvement interviewés respectivement par Tunisnews et le magazine on line tunisien « Al Khadhra » n’a mentionné, ne serait-ce que par courtoisie, le nom de  Ghannouchi ni  fait référence à lui en tant que président du mouvement. Ce dernier a, en réponse implicite, annoncé dans sa déclaration à l’occasion du 25e anniversaire de la naissance d’Ennahdha, qu’un nouveau congrès est en cours de préparation qui sera appelé à réorganiser le mouvement. Il semble de toute évidence avoir accusé le coup et pris note de l’ampleur de la lame de fond contestatrice de son interminable et « calamiteux », selon l’expression d’un internaute nahdhaoui,   leadership. Va-t-il mettre en exécution le principe éthique et politique dont il exige l’application par Ben Ali, à savoir l’alternance ?   (1) La déclaration du 16 juillet annonçant le décès du militant islamiste Mekki Hachemi, la déclaration du 23 juin à l’occasion de l’arbitraire arrestation par la police française d’un autre militant islamiste Dhaou Meskine, et la déclaration de soutien au peuple palestinien du 2 juillet 2006.   (Source : « Le Maghrébin », N°2 du 11 septembre 2006)
 

 

Peine ferme de 16 mois

A. P. N.

 

La lecture du jugement de l’affaire Habib (*), ressortissant tunisien spécialisé dans l’escroquerie, a eu lieu hier à Yverdon.

 

Le Tribunal d’arrondissement d’Yverdon a condamné hier Habib*, ressortissant tunisien de 45 ans, à une peine de seize mois ferme et à une expulsion du territoire suisse pour une durée de dix ans. Il a été condamné pour escroquerie, faux dans les titres, filouterie d’auberge et infraction à la loi fédérale sur les stupéfiants.

 

En novembre dernier, après avoir drogué un jeune chef d’entreprise dont il venait de faire la connaissance dans un train, Habib s’était emparé des cartes de crédit de sa victime. Avant de faire la tournée des grands ducs entre Yverdon et Lausanne. En trois jours, il a ainsi débité un montant de 10 500 francs, apposant à chaque fois une fausse signature sur la quittance. En janvier dernier, lors de sa détention préventive à la prison de la Croisée, à Orbe, il avait sniffé de la cocaïne avant de «balancer» son codétenu.

 

Le président du Tribunal a mis en exergue les risques de récidive que présentait l’accusé, dont les démêlés avec la justice, tant en Suisse que dans d’autres pays d’Europe, d’Amérique et d’Afrique, ne se comptent plus.

Estimant que Habib n’avait plus sa place en Suisse, le ministère public avait requis une peine de deux ans de réclusion et une expulsion à vie du territoire helvétique.

Condamné par contumace à dix ans de travaux forcés en Tunisie, Habib estime que sa vie est en danger dans son pays d’origine parce qu’il détiendrait une cassette vidéo compromettante pour un proche du régime de Ben Ali.

 

(*) Prénom d’emprunt.

 

(Source : « 24 Heures » (Suisse), le 14 septembre 2006)

 


Lu sur “Maghreb Confidentiel” ce jeudi 14 septembre…

 

 

 

 

Tunisie : Les télécoms sous hypertension !

 

 

 

 

 

 

Malaise au sein de Tunisie Télécom  ? Selon une récente note de la Sous-direction des renseignements adressée au président Ben Ali et dont Maghreb Confidentiel a pris connaissance, la direction de la compagnie serait contestée. (…)  [ 280 mots ] [ 4€ ] Lire la suite

 

Tunisie : Trafic de BMW en toute impunité

 

  Le constructeur allemand a confirmé que des véhicules hauts de gamme BMW volés circulaient au vu et au su des autorités sur place.

 

Des Tunisiens auditent la banque algérienne BADR

    Un consortium composé de deux cabinets, Ernst & Young (branches Luxembourg, Paris et Tunis) et Directway Consulting (dirigé par Ezzeddine Saidane ), va réaliser un audit institutionnel de la Banque de l’agriculture et du développement rural (BADR) algérienne.  (…)  [ 62 mots ] [ 1,3€ ] Lire la suite

 

Le rêve brisé de Djilani dans l’automobile

    Hédi Djilani , le patron des patrons d’ Utica , rêvait depuis longtemps d’étendre au secteur de l’automobile l’activité de son groupe spécialisé dans le textile, l’immobilier et la finance.  (…)  [ 136 mots ] [ 1,3€ ] Lire la suite

 

(Source : « Maghreb Confidentiel », N° 754 du 14 septembre 2006)


America’s governing force

Soumaya Ghannoushi September 11, 2006 05:02 PM The « war on terror » unleashed following the 9/11 tragedy has transformed the world into a battlefield ruled by the logic of naked force and nihilistic force. No limits are recognised, be they moral, legal, or political. Force governs supreme in its Hobbesian universe where only the fittest survive. There are no rules, except « might is right ». There are no geographic boundaries either. The parameters are perpetually shifting. Every battle leads to another. Every front begets another. But has the war on terror brought us any closer to the « new American century »? Bush’s project, which was brought to light in the aftermath of 9/11, was by no means born then. It had been conceived much earlier with the neo-conservatives around the president, who came to power with a lengthy list of criticisms of « mushy Clintonianism ». It had made unnecessary concessions to the Europeans, Chinese and Russians. The international equation that had emerged after World War II was defunct. It did not take account of the changes ushered in by the fall of the Soviet Union and end of the Cold War. That the US was now the sole superpower on the ground was not reflected in the structure of the world order, or of international institutions. They needed to be unmade for a new order to be fashioned at gunpoint. In the words of the signatories to the mission statement of the Project for the New American Century issued in 1997, who included such names as Donald Rumsfeld, Dick Cheney, Paul Wolfowitz, and Zalmay Khalilzad, America seems to have « forgotten the essential elements of the Reagan administration’s success: a military that is strong and ready to meet both present and future challenges; a foreign policy that boldly and purposefully promotes American principles abroad; and national leadership that accepts the United States’ global responsibilities … The history of this century should have taught us to embrace the cause of American leadership … we need to accept responsibility for America’s unique role in preserving and extending an international order friendly to our security, our prosperity, and our principles. » The world had no room for partners, only for a « coalition of willing » nations following obediently behind American leadership. The Americans would lay down the strategies, while the rest would get on with « washing the dishes », in Rumsfeld’s memorable words. Europe itself needed to be reshaped. Off with the old and in with the new. The American power should reign unrestrained. International law was « dated », the UN was « irrelevant ». In the words of the neo-conservative Gary Schmidt (Los Angeles Times, March 23 2003) « the UN can only operate by majority consensus. The unavoidable reality is that the exercise of American power is key to maintaining what peace and order there is in the world today. » The rules that had governed the regime of international law were no longer applicable. The system of absolute state sovereignty that regulated international relations since 1648 was redundant. Pre-emptive strikes were declared the basis of American national security strategy (2002). But politics is governed more by contingency than by necessity, and in its erratic world much could happen in the space of one year, let alone five. The absurdly simple Iraq invasion we were promised turned out to be absurdly long, costly and brutal. The liberated Iraqis did not greet their American liberators with roses, as the hawkish Richard Perle had prophesied. Neither was imposing order on the conquered country a « cakewalk ». Rather than the « sweet smell of freedom », Iraqi cities reek with the stench of death, fear, and destruction. Afghanistan fares no better. The intensity of the insurgency in the south is such that Nato has this week appealed for reinforcements to the 18,500-strong International Security Assistance Force. With a rate of five dead soldiers a week, the force is facing the deadliest military campaign since the Bush administration launched its « war on terror » in 2001, putting the conflict on a par with the nine-year Soviet war in Afghanistan more than 20 years ago. The toppling of Iraq’s tyrant had no « domino effect » on the region. Its ageing dictators did not fall one after the other. Neither did the « untamed fire of freedom » Bush had promised to spread across the Middle East bring his proteges to power. Its first flickers sent shivers down the administration’s back. Every marginally open free election ended up bringing its foes to power. Back to business with the club of old despots, then. Senile and brutal as they may be, these dictators have turned out to be America’s only friends in the region. In the Middle East, democracy becomes a dangerous game. All Washington’s calculations have been found to be false, all its predictions unfounded. America had banked too much on its military power. Perhaps the only virtue of the dark years of the terror war has been the refutation of the belief that military power is absolute. The burden of the world is much too heavy to be borne by the American giant alone. Superpowers can be fractured and broken, not for any military weakness, but for the lack of political vision and moral legitimacy. The world is not a piece of soft dough shaped by the hands of generals.
 
(Source: The Guardian September 11, 2006 05:02 PM)

 

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