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ÙÙ ÙÙ ÙÙÙ Ű Ù۳ۧÙÙ ŰšŰŹÙŰŻÙۧ ÙÙ ŰȘÙŰŻÙÙ Â Ű„ŰčÙŰ§Ù ŰŁÙŰ¶Ù Ùۣ۱ÙÙ ŰčÙ ۚÙŰŻÙۧŰ ŰȘÙÙ۳ Un effort quotidien pour une information de qualitĂ© sur notre pays, la Tunisie. Everyday, we contribute to a better information about our country, Tunisia |
Afef Bennaceur & Luiza Toscane: Jeune de solidarité avec Fahem Boukaddous
AFP: 7 Tunisiens condamnés pour terrorisme
Omar Mestiri & Sihem Bensedrine : Mouldi Zouabi: un reporter libre qui dérange
Slim Bagga: Les frasques du palais
Tunivisions: Sakher El Materi et Hamdi Meddeb rachĂštent 50% des parts dâOrascom
Kapitalis: France-Tunisie. 3.222 sans papiers rapatriés en 2009
RealitĂ©s: Tahar Belkhodja parle de Wassila, de Mzali et du⊠bilan de BourguibaÂ
Aispp.free@gmail.com
43 rue Eldjazira, Tunis
Tunis, le 22 novembre 2010
Le procĂšs des accusĂ©s dâavoir rĂ©activĂ© le mouvement En Nahdha est reportĂ©
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La sixiĂšme chambre correctionnelle du Tribunal de PremiĂšre Instance de Tunis, prĂ©sidĂ©e par le Juge Faouzi Jebali, a examinĂ© le 22 novembre lâaffaire n°19635 dans laquelle sont dĂ©fĂ©rĂ©s en Ă©tat dâarrestation Ali Lahrabi, Ali Ferhat, ainsi quâAli Ben Aoun et SaĂŻfeddine Mahjoub, en libertĂ©, et, en fuite : Mohammed Hachemi Ben Taleb, Aymen Ben Messaoud, Mohammed HĂ©di Ben Abdallah, accusĂ©s de rĂ©union non autorisĂ©e, de participation Ă la reconstitution dâune association non reconnue et de mise Ă disposition dâun local de rĂ©union non autorisĂ©e, de collecte de fonds sans autorisation [âŠ] Le tribunal a dĂ©cidĂ© de reporter lâexamen de lâaffaire et quâĂ lâissue des dĂ©libĂ©rations soit fixĂ©e une nouvelle date dâaudience et examinĂ©es les demandes de libĂ©ration prĂ©sentĂ©es par les avocats.Pour lâAssociation
Le Président
MaĂźtre Samir Dilou
(traduction dâextraits ni revue ni corrigĂ©e par les auteurs de la version en arabe, LT)
JEUNE DE SOLIDARITE AVEC FAHEM BOUKADDOUS
 Chaque lundi, son épouse, Afef Bennaceur, lui rend visite en prison.
 Chaque lundi jusqu’Ă sa libĂ©ration, nous observerons une journĂ©e de jeĂ»ne de solidaritĂ©.
 Afef Bennaceur, (00 216) 23 696 300
 Luiza Toscane, (00 33) 06 77 80 68 80
7 Tunisiens condamnés pour terrorisme
Sept Tunisiens ont Ă©tĂ© condamnĂ©s Ă des peines allant de 5 Ă 7 ans de prison ferme pour “adhĂ©sion Ă un groupe terroriste” et tentative de rejoindre un rĂ©seau en AlgĂ©rie, a indiquĂ© leur avocat.
Agés entre 22 et 32 ans et originaires de la région de Sousse, à 120 km de Tunis, les prévenus ont été jugés samedi par le tribunal de premiÚre instance de Tunis en vertu de la loi antiterroriste, a ajouté Me Samir Ben Amor.
Me Ben Amor, par ailleurs secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’Association de dĂ©fense des prisonniers politiques (AISPP), a affirmĂ© que les prĂ©venus avaient niĂ© devant le tribunal les charges retenues contre eux.
Il leur Ă©tait reprochĂ© d’appartenir Ă un “groupe terroriste” et d’avoir tentĂ© de rejoindre les rangs d’un rĂ©seau terroriste en AlgĂ©rie, a prĂ©cisĂ© l’avocat.
Le plus jeune, Naserddine Chahlaoui, a été condamné à sept ans de réclusion également pour incitation à commettre des crimes terroristes et pour préparer un local pour des réunions illégales.
Des centaines de jeunes sont poursuivis ou jugĂ©s en Tunisie en application de la loi antiterroriste, trĂšs critiquĂ©e par les dĂ©fenseurs de droit de l’homme depuis son entrĂ©e en vigueur il y a sept ans.
Lors d’une mission en janvier Ă Tunis, le rapporteur spĂ©cial de l’ONU pour la protection des droits de l’homme dans la lutte antiterroriste Martin Scheinin a relevĂ© des incohĂ©rences dans la loi antiterroriste qui font que “dans la majoritĂ© des cas, de simples intentions sont punies”.
 Mouldi Zouabi: un reporter libre qui dérange
La saga judiciaire dont est victime le grand reporter radio, Mouldi Zouabi n’est pas prĂšs de se terminer. Le mercredi 24 novembre, il comparait encore une fois devant le tribunal de premiĂšre instance de Jendouba pour rĂ©pondre d’accusations montĂ©es de toutes piĂšces pour lesquelles il risque 5 ans de prison. Voici pourquoi ce journaliste dĂ©range en haut lieu.
Rien ne prĂ©destinait Mouldi Zouabi Ă devenir reporter ; ni ses Ă©tudes en littĂ©rature arabe, ni lâĂ©cole d’animateurs sociaux quâil dirigea quelques annĂ©es. Câest par le plus pur des hasards quâil s’est trouvĂ© projetĂ© dans ce mĂ©tier Ă haut risque aprĂšs qu’un organe d’un parti d’opposition (El Mawkif) lui confia une enquĂȘte sur des inondations qui firent plusieurs morts dans un village du Nord-ouest de la Tunisie, avec de graves accusations de nĂ©gligence pointant les autoritĂ©s locales. Les reportages qu’il en tira avaient impressionnĂ© plus d’un. Il se fait alors commander une sĂ©rie de reportages sociaux par une chaine de TV d’opposition Ă©mettant dâEurope (Al Hiwar Ettounsi); lĂ encore, il excelle, comme s’il avait fait ce mĂ©tier depuis toujours. La rĂ©pression stimule les talents
Mais le lendemain, ses locaux Ă Tunis sont assiĂ©gĂ©s par plusieurs dizaines de policiers en civil. Trois jours plus tard un procureur dĂ©barque, saisit le matĂ©riel, appose des scellĂ©s et engage des poursuites contre ses dirigeants pour «utilisation de frĂ©quences sans autorisation».Â
Au lieu de sa fin escomptĂ©e, lâĂ©preuve allait marquer le vĂ©ritable dĂ©part de lâĂ©popĂ©e de radio kalima. Ses Ă©missions quotidiennes se poursuivirent et le nombre de ses auditeurs fut boostĂ© par lâampleur de lâĂ©cho mĂ©diatique. La brutalitĂ© de lâassaut policier allait obliger l’Ă©quipe Ă se redĂ©ployer et Ă se rĂ©organiser en rĂ©seau. PrivĂ©s de locaux, les journalistes allaient dĂ©fier le harcĂšlement policier permanent en se plongeant au cĆur de la rĂ©alitĂ© sociale. Les rĂ©unions seront hebdomadaires via Internet. Les enregistrements seront uploadĂ©s et Ă©ditĂ©s en Europe. Câest dans ce contexte que Mouldi va donner le meilleur de lui mĂȘme.
Son audace, sa capacitĂ© Ă mener des investigations sur des sujets tabous, Ă faire parler les gens dans les zones les plus reculĂ©es et Ă donner la parole aux oubliĂ©s de la RĂ©publique le distingue. Ce n’est pas seulement les auditeurs qui apprĂ©cient la qualitĂ© de son travail, les autoritĂ©s ont l’Ćil sur lui. Ils commencent par lui assigner une Ă©quipe de policiers qui le suit rĂ©guliĂšrement; il parvient parfois Ă dĂ©jouer leur filature et pousse ses investigations dans les bleds perdus sur la corruption de l’administration locale qui «oublie» de distribuer l’aide publique aux pauvres, persuadĂ©e que l’Ćil des mĂ©dias ne viendra jamais les perturber dans les trafics en tous genres qu’ils pratiquent. DĂšs que ces reportages sont diffusĂ©s, les autoritĂ©s accourent pour «corriger» ces abus en faisant promettre aux bĂ©nĂ©ficiaires de ne plus s’adresser Ă Mouldi Zouabi!Â
Les héros de Mouldi
Ils s’appellent Kamel, le paysan de Fernana, jetĂ© en prison aprĂšs avoir fui vers l’AlgĂ©rie avec toute sa famille parce que la police a mis son unique vache Ă la fourriĂšre; ou Abdelhaq, l’infirmier de BĂ©ja qui se voit expulsĂ© de sa maison, dont un potentat lorgnait le terrain, par des moyens dignes d’un western : plus de 150 policiers font irruption dans la maison, vidĂ©e de ses occupants menottes aux mains, y compris une handicapĂ©e sur chaise roulante et les meubles et bagages jetĂ©s dans la rue en quelques minutes. Il sâacharne et plante une tente devant ce que fut sa maison oĂč il vivra des semaines durant avec sa famille.
Elle s’appelle aussi Aziza, la championne de Tunisie de marathon, marginalisĂ©e et oubliĂ©e des autoritĂ©s qui sâinvestit corps et Ăąme pour le marathon de la vie, femme chef de famille tenue dâassurer le quotidien de ses enfants en parcourant Ă bicyclette les marchĂ©s environnants pour vendre les lĂ©gumes de son potager.
Ou encore Alaya, l’ingĂ©nieur internĂ© dans un hĂŽpital psychiatrique pour avoir tentĂ© de se porter candidat aux Ă©lections prĂ©sidentielles; Mouldi rĂ©ussit Ă enregistrer un entretien avec lui de lâintĂ©rieur de lâhĂŽpital oĂč il raconte comment la police lâa kidnappĂ© et placĂ© Ă lâhĂŽpital.Â
Ils sont autant d’anti-hĂ©ros de Ben Ali qui ne vivent pas de l’assistanat, retors Ă tout embrigadement, sachant qu’ils ne doivent rien Ă ce rĂ©gime dont ils combattent les abus sur leurs propres vies.
Des reportages qualifiés de trahison
La surveillance policiĂšre se resserre encore, les policiers le poursuivent jusquâĂ lâintĂ©rieur dâun cabinet mĂ©dical oĂč sa femme se soigne, dans les cafĂ©s oĂč il sâattable ainsi que devant les domiciles de ses proches Ă qui il rend visite ; câest une vĂ©ritable mise en quarantaine qui se met en place visant Ă en faire un paria social.
Sa connexion Internet continue d’ĂȘtre coupĂ©e malgrĂ© un recours en justice qu’il a introduit depuis fĂ©vrier 2010; Les cybercafĂ©s qu’il frĂ©quentait aux alentours de son domicile ont Ă©tĂ© tous fermĂ©s; Maintenant il est obligĂ© de parcourir les villes environnantes pour envoyer Ă la radio son travail.
Lorsquâil se dĂ©place Ă BĂ©jĂ , une autre ville du Nord-ouest, pour couvrir des Ă©vĂ©nements, il est arrĂȘtĂ© longuement Ă lâentrĂ©e de la ville pour « vĂ©rification dâidentitĂ© » avant quâon ne le laisse partir, escortĂ© par ses « anges gardiens ». Il tente de dĂ©poser une plainte pour entraves Ă la libre circulation au parquet de BĂ©jĂ , les agents de police lui font barrage et lâempĂȘchent dâaccĂ©der au palais de justice. Toutes les personnes Ă qui il sâadresse sont elles-mĂȘmes interrogĂ©es sur le contenu des Ă©changes quâil a eu avec elles.
Pour Mouldi, la menace se fait de plus en plus pressante. Il est arrĂȘtĂ© au commissariat de Montplaisir Ă Tunis et dĂ©tenu durant plus de huit heures, alors qu’il s’apprĂȘtait Ă faire une interview au cĂ©lĂšbre homme d’affaires Bouebdelli, lui mĂȘme spoliĂ© de ses biens.Â
La mise en scĂšne se prĂ©pare et le dĂ©cor est plantĂ©; un jour, alors quâil sortait dâun cafĂ© Internet Ă Jendouba, arrivĂ© Ă hauteur du poste de police du district, il est interpellĂ© par un homme ; l’individu sort d’une voiture au vitres teintĂ©s, lui demande s’il s’appelle bien Mouldi Zouabi et dĂšs que ce dernier aquiese, il se jette sur lui en le frappant, le rouant de coups et brisant ses lunettes de vue; le barbouze a profĂ©rĂ© des menaces contre lui en l’insultant vulgairement, le traitant de « traitre Ă la partie » qui « salit l’image du pays » et qui « va payer cher sa trahison ».Â
Une bataille perdue contre Mouldi
Mouldi Zouabi dĂ©pose le jour mĂȘme une plainte au parquet de Jendouba aprĂšs avoir Ă©tĂ© examinĂ© par un mĂ©decin qui lui a dĂ©livrĂ© un certificat mĂ©dical attestant des blessures provoquĂ©es par l’agression. Quatre mois plus tard, il apprend que la plainte qu’il avait dĂ©posĂ©e a Ă©tĂ© classĂ©e pour « insuffisance de preuves » et que son agresseur le poursuit pour les faits dont lui mĂȘme avait Ă©tĂ© victime!Â
Il comparait le 14 juillet devant le tribunal cantonal de Jendouba pour rĂ©pondre de lâaccusation de «violences aggravĂ©es et injures publiques ». Au terme d’un feuilleton judiciaire qui aura durĂ© tout l’Ă©tĂ© 2010, le tribunal cantonal se dĂ©clare incompĂ©tent, le 6 octobre, approuvant une demande de requalification des faits dĂ©posĂ©e par la partie civile.Â
Les 22 avocats de la dĂ©fense se retirent de l’audience, dĂ©nonçant « une mascarade judiciaire », suite au refus de la cour de considĂ©rer les Ă©lĂ©ments Ă dĂ©charge, de procĂ©der Ă la confrontation avec les tĂ©moins anonymes du plaignant, dâouvrir une enquĂȘte sur les faits avĂ©rĂ©s dâagression subie par Mouldi Zouabi de la part de ce mĂȘme plaignant et dâentendre enfin les tĂ©moins Ă dĂ©charge.Â
Zouabi a comparu le 10 novembre devant le Tribunal de premiĂšre instance de Jendouba, cette fois pour « coups et blessures et diffamation » Personne ne se fait dâillusion sur lâissue de ce procĂšs ; il sera condamnĂ©, comme le furent les autres journalistes qui ont subi ces montages politico-judiciaires, comme Taoufik Ben Brik, Zouhair Makhlouf et aujourd’hui Fahem Boukaddous qui purge une peine de 4 ans de prison.Â
Mais Mouldi a dĂ©jĂ gagnĂ© la partie ; les autoritĂ©s ont dĂ©cidĂ© de lancer une radio spĂ©ciale pour le Nord ouest, SA rĂ©gion, pour contrer ses reportages trĂšs Ă©coutĂ©s ; une bataille perdue dâavance car le langage de la vĂ©ritĂ© va droit au coeur, ce que la propagande nâatteindra jamais.
Omar Mestiri & Sihem BensedrineÂ_____________
*Un an plus tard, ils feront pression sur Eutelsat, le propriĂ©taire de Hotbird pour cesser le signal, ce dernier sâexĂ©cutera prĂ©textant lâabsence de licence. (Source: Le site de “Radio Kalima” le 21 novembre 2010)
Lien:Â http://www.kalima-tunisie.info/fr/News-sid-Mouldi-Zouabi-un-reporter-libre-qui-derange-330.html
LES FRASQUES DU PALAIS
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par Slim BAGGA
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TUNISIE: DES REVENDICATIONS SANS AUCUN ECHO
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Devant la dĂ©gradation de l’enseignement en Tunisie, les professeurs des lycĂ©es et collĂšges ont tenu Ă se mobiliser dĂšs la rentrĂ©e scolaire. Dans ce sens, une grĂšve a Ă©tĂ© observĂ©e le 27 octobre. Mais ce que toute la presse n’a pas mentionnĂ©, c’est que parmi les revendications du corps enseignant, il y a leur refus de voir dans les programmes de 6Ăšme annĂ©e secondaire, en matiĂšre de gĂ©ographie une carte mentionnant IsraĂ«l, et aucune rĂ©fĂ©rence Ă la Palestine.
Aussi, en matiĂšre de français, est prĂ©vu dans le programme l’Ă©tude d’un texte (chanson) de Enrico Macias. Les professeurs contestent ouvertement d’enseigner un artiste hostile Ă la cause arabe.
Le ministre de l’Education, Hatem Ben Salem, ne cache pas son embarras et a mĂȘme confiĂ© Ă des professeurs qu’il n’est pas responsable de ces choix de programmes et que ceux-ci sont dĂ©cidĂ©s Ă Carthage…
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CONGRES DE L’OFA EN TUNISIE: LA DEROUTE
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Du 28 au 30 octobre, s’est tenu Ă Tunis le troisiĂšme CongrĂšs de l’Organisation de la Femme arabe (OFA), prĂ©sidĂ©e par Leila De Pompagaddour Ben Ali. Selon les observateurs, malgrĂ© le lobbying diplomatique, ce CongrĂšs s’est distinguĂ© par son boycott par la plus grande majoritĂ© des Ă©pouses des chefs d’Etats arabes.
A peine 5 Ă©pouses de chefs d’Etat, dont Madame Moubarak et Madame Abbes. Les plus influentes se sont contentĂ©es de dĂ©pĂȘcher des reprĂ©sentantes ou se sont carrĂ©ment abstenues de rĂ©pondre Ă l’invitation tunisienne.
Les cas les plus notoires d’abstention sont la Marocaine Lella Selma, l’Ă©pouse du Cheikh Ă©mirati Mohamed El Maktoum et surtout Cheikha Mozha, l’Ă©pouse de l’Ă©mir du Qatar.
Concernant cette derniĂšre, Zinochette avait spĂ©cialement dĂ©pĂȘchĂ© au Qatar la trĂšs zĂ©lĂ©e SaĂŻda Agrebi, pour insister sur sa participation. En vain…
Et aprĂšs cela, des sites fantĂŽches tels Maghreb Intelligence, créé sur mesure par des proches de l’ATCE pour faire vrai et sĂ©rieux, ont le culot de nous parler de rĂ©ussite…
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QUAND BEN ALI ARNAQUAIT UN MATERI POUR CONSTRUIRE SA VILLA A HAMMAMET
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Tout le monde en est à présent édifié: les arnaques, les spoliations, les réflexes vindicatifs sont congénitaux à ce régime abject.
DĂšs 1989, Zinochet a eu le caprice de construire une villa Ă Hammamet dont nous disposons des photos. Pour occuper le plus d’espace digne de son rang d’arriviste complexĂ©, il demanda Ă son actuel conseiller, Abdelaziz Ben Dhia, qui Ă©tait alors Ă la tĂȘte du Conseil constitutionnel de convaincre son voisin Ă Hammamet de vendre son terrain. ProblĂšme: ce voisin n’Ă©tait autre que Cherif Materi, fils de Mahmoud Materi, donc cousin du puttschiste fĂ©lon Moncef Materi, pĂšre de Sakhr. Ouf…on y arrive. Cherif Materi, qui ignorait encore l’identitĂ© de l’acquĂ©reur, refusa en lançant Ă la figure de Ben Dhia: “Pourquoi vendrais-je? Celui qui compte construire serait-il prĂ©fĂ©rable Ă moi-mĂȘme, Ă ma propre famille?” RapportĂ©s Ă Ben Ali, ces propos valurent Ă leur auteur, Ă sa femme d’origine algĂ©rienne et Ă sa secrĂ©taire d’ĂȘtre jetĂ©s en prison.
Quelques mois plus tard, lorsque ces auteurs de crime de lĂšse-majestĂ©, ces empĂȘcheurs de construire en rond, quittĂšrent la prison, la vengeance de Ben Ali ne s’arrĂȘta pourtant pas.
La femme de Cherif Materi a perdu sa mĂšre en AlgĂ©rie, et Ben Ali ordonna qu’on l’empĂȘche de quitter le territoire tunisien pour rejoindre sa famille endeuillĂ©e. Il a fallu l’intervention de l’ancien Premier ministre et cerveau du coup d’Etat HĂ©di Baccouche pour que Mme Cherif Materi obtienne enfin l’aval du PrĂ©sident tunisien au coeur aussi grand que sa bĂȘtise et son incurie, c’est Ă dire… sans limites!
Et le plus insolite dans cette affaire est que quelques annĂ©es plus tard, lorsqu’aprĂšs les pĂ©ripĂ©ties du fils de l’entrepreneur Hachicha, la belle Nesrine Ben Ali, fille de sa mĂšre Zinochette, allait ĂȘtre casĂ©e avec Sakhr Materi, la famille de ce dernier a demandĂ© au mĂȘme Cherif d’aller formellement la demander en mariage, Ă©tant lui-mĂȘme l’ainĂ© de la famille.
Ce Ă quoi Cherif Materi avait alors rĂ©pondu: “Vous ĂȘtes fou, vous m’imaginez entrer dans ce qui Ă©tait chez moi, pour demander sa fille Ă mon spoliateur…!”
Comme quoi Si Leila De Pompagaddour s’est sentie des ailes pour jeter son dĂ©volu sur toute la Tunisie, c’est que bien avant elle, le ver Ă©tait dĂ©jĂ dans le fruit. Son cher mari lui a montrĂ© le chemin; elle a affinĂ© les mĂ©thodes….
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Slim BAGGA
Sakher El Materi et Hamdi Meddeb rachĂštent 50% des parts dâOrascom
25% de Tunisiana sera dĂ©tenu par les deux hommes dâaffaire tunisiens
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Mohamed Sakhr el Materi et Hamdi El Meddeb, les deux hommes dâaffaire tunisiens, viennent dâacquĂ©rir 50% des parts dâOrascom. Ils dĂ©tiendraient ainsi 25% du capital de Tunisiana puisquâOrascom dĂ©tient 50% des parts.
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Selon Tustex, ce rachat a été conclu à un prix avoisinant les 1,2 milliards de dollars. Ce montantcorrespond au prix proposé à la base par Orascom.
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Rappelons que lâopĂ©rateur privĂ© dĂ©tient les plus grandes parts de marchĂ© en Tunisie avec 53,3%, (soit 5,8 millions dâabonnĂ©s) contre 41,4% dĂ©tenus par Tunisie Telecom (soit 4,5 millions dâabonnĂ©s)et 5,3% dĂ©tenues par Orange Tunisie ; soit 576.000 abonnĂ©s (chiffre communiquĂ© dans le cadre des confĂ©rence sur les TMT (Technology Media & Telecom).
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Cette transaction devrait ĂȘtre finalisĂ©e dĂ©but 2010 et Tunisiana devrait organiser une confĂ©rence de presse afin de confirmer cette information au courant de la semaine.Â
(Source: âTunivisionsâ Le 22-11-2010)
Lien: http://www.tunivisions.net/sakher-el-materi-et-hamdi-meddeb-rachetent-50-des-parts-d-orascom,10763.html
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 France-Tunisie. 3.222 sans papiers rapatriés en 2009
Ces statistiques ont Ă©tĂ© publiĂ©es par le ComitĂ© inter-mouvements auprĂšs des Ă©vacuĂ©s (Cimade) dans son rapport 2009 sur les centres de rĂ©tentions administratives et les reconduites Ă la frontiĂšres en France.Â
Ce rapport intitulĂ© ââChroniques de rĂ©tentionââ et Ă©ditĂ© chez Actes Sud, Ă Marseille, est basĂ© sur les donnĂ©es recueillis quotidiennement par les intervenants de lâOng française dans les centres de rĂ©tention et enrichies par leur expĂ©rience de terrain.
Le tiers des reconduits sont Maghrébins
Sur les 35.557 retenus dĂ©nombrĂ©s en 2009, toutes nationalitĂ©s confondues, 10.488 (soit 36.16%) sont originaires de trois pays du Maghreb: 3.721 dâAlgĂ©rie, 3.545 du Maroc et 3.222 Tunisiens. Ce qui met la Tunisie en tĂȘte des pays maghrĂ©bins en nombre de retenus par nombre dâhabitants.
Le rapport indique que les mĂ©canismes de reconduction Ă la frontiĂšre se sont intensifiĂ©s et ont conduit Ă lâaggravation des atteintes aux droits fondamentaux des migrants. Quant aux conditions de rĂ©tention et aux conditions gĂ©nĂ©rales dâexercice des droits des Ă©trangers, elles se sont encore une fois dĂ©tĂ©riorĂ©es.
Le rapport dĂ©crit la rĂ©tention de «vĂ©ritable mesure punitive envers les migrants en situation irrĂ©guliĂšre» et parle dâinterpellations abusives, de violences et tensions Ă lâintĂ©rieur des centres, de banalisation de lâenfermement des enfants, consĂ©quence de la «politique du chiffre».
(Source : « Kapitalis » Le 22-11-2010)
Lien :Â http://www.kapitalis.com/proximite/53-societe/1787-france-tunisie-3222-sans-papiers-rapatries-en-2009.html
Tahar Belkhodja parle de Wassila, de Mzali et du⊠bilan de Bourguiba
Tahar Belkhodja qui a Ă©tĂ© ministre de lâIntĂ©rieur de 1973 Ă 1977 et ministre de lâInformation de 1980 Ă 1983 revient dans cette cinquiĂšme et derniĂšre partie sur les Ă©vĂšnements qui ont marquĂ© les derniĂšres annĂ©es du rĂšgne du pĂšre de la Nation. Il nous dit aussi ce quâil retient de cet homme dâexception quâĂ©tait Habib Bourguiba⊠Succulent.
Quels sont les dessous de la révolte du pain de janvier 1984 ?
Au mois de mars 1983 Mansour Moalla va aux Etats-Unis. Il rencontre De la RosiĂšre, le Directeur GĂ©nĂ©ral du Fonds MonĂ©taire International, lequel Ă©tait son camarade de promotion Ă lâEcole des Finances de Paris. Je rappelle pour lâhistoire que Mansour Moalla est le seul Tunisien Ă avoir Ă©tĂ© reçu dans cette Ecole et ce sur le quota des Ă©tudiants français. Ils avaient convenu de mettre Ă contribution le FMI pendant une dizaine dâannĂ©es pour rĂ©soudre le problĂšme de la Caisse gĂ©nĂ©rale de compensation dont le dĂ©ficit commençait Ă prendre des dimensions inquiĂ©tantes. Mansour Ă©tait trĂšs content dâavoir pu rĂ©ussir cela avec le FMI. Il rend compte au Premier ministre, Mohamed Mzali, de cet accord. Ce dernier lui rĂ©pondit cavaliĂšrement quâil ne permettrait pas aux organismes internationaux de sâingĂ©rer dans nos affaires.
Le dĂ©ficit de la Caisse de compensation Ă©tait quand mĂȘme Ă lâordre du jour. On avait organisĂ© un dĂ©bat tĂ©lĂ©visĂ© au mois de mai 1983 en direct avec Mansour Moalla, ministre de lâEconomie, TaĂŻeb Baccouche, SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la Centrale syndicale (UGTT), Habib Majoul, le numĂ©ro deux du Patronnat (UTICA) et des journalistes.
Pour le Ministre de lâEconomie, ce dĂ©bat Ă©tait une occasion pour vulgariser ce problĂšme Ă©pineux. Au cours de lâĂ©mission, le Premier ministre prend son tĂ©lĂ©phone et intervient directement dans le dĂ©bat pour dire, par populisme, que le prix du pain nâaugmentera pas. Cela avait jetĂ© un froid et lâĂ©mission se termina en queue de poisson. Le lendemain Mzali mâinterdit dâorganiser de nouveaux dĂ©bats en direct Ă la TĂ©lĂ©vision.
Quelques semaines aprĂšs, le gouvernement devait prĂ©parer le budget de lâEtat pour 1984. Ayant dĂ©cidĂ© de ne pas toucher aux prix du pain et des cĂ©rĂ©ales, il fallait trouver de quoi financer la Caisse de compensation. CâĂ©tait Ă Mansour Moalla, Ministre de lâEconomie et des Finances de le faire. En plus de cela, Mohamed Mzali sâĂ©tait beaucoup engagĂ© dans des projets mirobolants et extrĂȘmement onĂ©reux dans les rĂ©gions. Mansour Moalla est allĂ© voir le PrĂ©sident pour lui faire diffĂ©rer certains projets que Bourguiba avait personnellement Ă cĆur.
Comme quoi par exemple ?
CâĂ©tait particuliĂšrement le projet de Bab Souika, lâĂ©lectrification du tronçon de Monastir Ă Mahdia et lâautoroute qui devait relier Monastir au Palais prĂ©sidentiel de Skanes. Bourguiba avait acceptĂ© la proposition de Moalla sans problĂšmes. Quelques jours aprĂšs, au Conseil des Ministres, Mazli nous dit que Bourguiba lâavait appelĂ© hier et quâil Ă©tait trĂšs peinĂ© par ce que lui avait dit Mansour Moalla. Il nous dit sur un ton pĂ©remptoire et en frappant de son poing sur la table : âles projets du prĂ©sident sont sacrĂ©s ; câest moi-mĂȘme qui trouverais les financements nĂ©cessairesâ.Â
Jâai rĂ©pondu au Premier ministre que le PrĂ©sident avait dĂ©jĂ acceptĂ© la proposition du Ministre des Finances et quâil ne fallait pas revenir en arriĂšre. Mohamed Sayah, Ă lâĂ©poque Ministre de lâEquipement, intervient dans le dĂ©bat et dit : âmoi jâai dâautres projets prĂ©sidentielsâ. Mansour Moalla lui rĂ©torqua : âet moi je ne finance pas les projets piratesâ. Mohamed Mzali a prĂ©tendu plus tard dans une Ă©mission de tĂ©lĂ©vision quâil avait intimĂ© lâordre Ă Mansour Moalla de se taire, comme si on Ă©tait dans une cour dâĂ©cole. Cela est complĂštement faux. Le cas Ă©chĂ©ant Moalla serait immĂ©diatement sorti.
Suite Ă cet incident, Mansour Moallah et moi-mĂȘme Ă©tions Ă©cartĂ©s du gouvernement, mais le problĂšme du dĂ©ficit de la caisse a, lui, perdurĂ©. Le gouvernement ne pouvait pas boucler son budget. Mzali est allĂ© voir le Roi Fahd dâArabie Saoudite. Il lui avoua les difficultĂ©s du pays et demanda son aide immĂ©diate. Le Roi lui aurait rĂ©pondu âbacita (câest simple)â. Mzali est sorti tout content. Notre ambassadeur lui avait expliquĂ© que âbacitaâ ne signifiait pas grand chose et que les Saoudiens ne pouvaient pas dĂ©cider dâune aide financiĂšre Ă la va-vite. Mzali ne voulait rien entendre. Il harcelait notre Ambassadeur, M. Kacem Bousnina, pendant trois jours pour quâil voie avec les services saoudiens concernĂ©s, la concrĂ©tisation de la âpromesse royale». Evidement rien ne se fit et Mzali rentra bredouille. AcculĂ© et nâayant aucune solution en vue, Mzali tenta un coup de poker. Il doubla le prix du pain et dĂ©cida dâimportantes hausses des prix compensĂ©s. Il pensa que la âpilluleâ allait passer.
Avant dâannoncer, par le biais de la loi de Finance, lâaugmentation du prix du pain, Mzali a tenu une rĂ©union des gouverneurs oĂč il a exigĂ© la discipline et le militantisme. Il a tenu aussi une rĂ©union du comitĂ© central pour le mĂȘme but. Deux membres ont pris la parole pour discuter le bien fondĂ© de cette dĂ©cision. Mohamed Mzali les a faits taire.
Comment expliquez-vous ce coup de poker ?
Câest avant tout une affaire de gestion politique. Avec Nouira on nâaurait jamais fait cela. La dĂ©cision de Mzali Ă©tait tout le contraire dâune dĂ©cision politique. CâĂ©tait de la pure improvisation et dâune totale imprĂ©vision. On savait quâil y avait eu des Ă©meutes au Caire, Ă Casablanca et Ă Varsovie suite Ă des hausses draconiennes des prix des cĂ©rĂ©ales et quâon y a dĂ©plorĂ© beaucoup de morts.
Les Ă©meutes du pain nâavaient pas commencĂ© Ă Tunis, mais au fin fond du Sud Ă Souk El Ahad. Les Ă©vĂšnements se sont succĂ©dĂ© et sont montĂ©s vers la capitale par lâouest pour Ă©clater Ă Tunis le 4 janvier 1984. Pendant une semaine, alors que la violence grondait, Mzali nâavait rien fait pour apaiser les esprits. Je trouve aussi quâil avait commis une faute politique grave en voulant impliquer le PrĂ©sident dans ces Ă©vĂšnements et en prĂ©tendant quâil ne faisait quâappliquer ses instructions, alors quâil nâa fait quâessayer de manipuler Bourguiba en lui faisant croire que tout se passera bien et que le pays Ă©conomisera, dâun coup, plus de 400 millions de dinars.
Comment expliquez-vous une telle cécité politique ?
Je pense que câest le systĂšme lui-mĂȘme qui a produit cette carence. Dans toutes les crises quâa traversĂ©es la Tunisie ceux qui avaient le pouvoir pensaient toujours quâils tenaient le pays en mains. Le parti prĂ©tendait quâil Ă©tait un rempart contre tous les dangers. Mais lâimprĂ©visible advint: la manifestation brutale et violente de la population. Malheureusement lors des Ă©meutes du pain le nombre de morts fut plus Ă©levĂ© que celui du jeudi noir de 1978.
Quelle était la position de Bourguiba à ce moment-là ?
Quand Mzali sâest rendu compte quâil nâĂ©tait plus en mesure de boucler le budget de lâEtat, il a imaginĂ© le scĂ©nario suivant : convaincre le PrĂ©sident que le gaspillage du pain a atteint les limites de lâintolĂ©rable et quâil fallait y mettre fin. Bourguiba, Ă son habitude, faisait confiance Ă ses ministres et notamment au Premier dâentre eux. Il a soutenu la politique de Mzali, mais ce nâest pas lui qui avait suggĂ©rĂ© le doublement du prix du pain. Quand il a vu que le pays Ă©tait Ă feu et Ă sang, ce quâon a tentĂ© de lui cacher, il a repris les choses en main et dĂ©clara que les augmentations Ă©taient nulles et non avenues et cela a immĂ©diatement ramenĂ© le calme dans le pays.
Le Ministre de lâIntĂ©rieur Driss Guiga avait-il complotĂ© contre Mzali comme lâa souvent rĂ©pĂ©tĂ© ce dernier?
Mzali lui a reprochĂ© dâavoir incitĂ© les gens Ă aller au Palais de Carthage pour manifester leur soutien Ă Bourguiba et leur dĂ©sapprobation de la politique de son gouvernement. Cela ne me semble pas du tout crĂ©dible car la spontanĂ©itĂ© de lâĂ©meute le 4 janvier et les manifestations de joie le 6 janvier ont surpris tout le monde. Câest probablement lâune des rares fois oĂč une manifestation de soutien au rĂ©gime rĂ©chappe au contrĂŽle du parti.
A ce moment-lĂ le sort de Mzali Ă©tait scellĂ©, Bourguiba avait mĂȘme regrettĂ© que son Premier Ministre nâait pas lâĂ©toffe dâun homme dâEtat. Câest un jugement dâune gravitĂ© extrĂȘme venant du chef de lâEtat pour son plus proche collaborateur et futur successeur potentiel.
Pourquoi Bourguiba nâa-t-il pas immĂ©diatement congĂ©diĂ© Mzali aprĂšs la rĂ©volte du pain ?Â
La politique de Bourguiba a Ă©tĂ© toujours, dâĂ©teindre le feu et de ne jamais attiser les brasiers. Le feu Ă©tant Ă©teint le 6 janvier, il nâavait plus Ă agir dans lâurgence. Il fallait coĂ»te que coĂ»te Ă©viter une nouvelle crise au rĂ©gime par le limogeage du Premier Ministre. Bourguiba a mĂȘme soutenu Mzali en acceptant de sacrifier son Ministre de lâIntĂ©rieur Driss Guiga dont Mzali rĂ©clamait la tĂȘte. Je ne peux pas croire ce quâa rapportĂ© Mzali quand il avait dit que Bourguiba sâest adressĂ© Ă Guiga dans un langage ordurier. Cela ne ressemble pas du tout au PrĂ©sident. Dâautant plus que Bourguiba avait demandĂ© Ă notre Ambassadeur Ă Paris feu HĂ©di Mabrouk de recevoir Driss Guiga.
Bourguiba a certes rĂ©itĂ©rĂ© sa confiance Ă son Premier Ministre aprĂšs la rĂ©volte du pain, mais avec lâespoir que la situation allait se redresser. Malheureusement la situation allait en empirant. Une crise Ă©conomique a toujours des effets diffĂ©rĂ©s⊠Deux ans et demi plus tard, les quatre ministres ayant en charge les dossiers Ă©conomiques sont allĂ©s voir le PrĂ©sident Ă Monastir spĂ©cialement en hĂ©licoptĂšre pour lui dire que le pays est en banqueroute. Il sâagit de Rachid Sfar, IsmaĂŻl KhĂ©lil, Hamadi Skhiri, gouverneur de la Banque Centrale et Mansour Skhiri le Chef du Cabinet du PrĂ©sident. Le pays nâavait mĂȘme pas un matelas de deux jours de devises. La Tunisie, selon leur propre expression, Ă©tait sur un volcan. Bourguiba sâĂ©nerva et leur reprocha de ne pas lâavoir informĂ© auparavant. Ils lui rĂ©pondirent quâils ne pouvaient pas outrepasser le Premier Ministre, mais maintenant la situation est tellement grave quâils ne pouvaient plus cacher cela au PrĂ©sident. Bourguiba congĂ©dia immĂ©diatement Mzali et le remplaça par Rachid Sfar.
Mohamed Mzali a toujours affirmĂ© que son projet Ă©tait dâassurer une ouverture, dĂ©mocratique dans le pays, mais que les intrigues du Palais lâen ont empĂȘchĂ©. Quâen pensez-vous?
Je ne veux pas polĂ©miquer avec Mzali dâautant plus quâil nous a quittĂ©. Tout ce que je peux vous dire est que pendant mon passage au ministĂšre de lâInformation de 1980 Ă 1983, et alors que lâouverture ne pouvait commencer que par ce secteur, je me suis trouvĂ© en face dâune volontĂ© politique qui ne voulait pas changer les choses malgrĂ© toutes mes tentatives et ma tĂ©mĂ©ritĂ©. Malheureusement Mzali nâavait pas Ă©chappĂ© Ă la posture des Premiers Ministre/dauphins : ne rien faire afin dâhĂ©riter de la totalitĂ© du pouvoir.
Je prĂ©cise, le Premier Ministre nâĂ©tait pas antidĂ©mocratique mais ne voulait pas risquer le changement.
Mzali pouvait-il faire autrement ?
Selon moi Mzali nâĂ©tait pas au diapason avec Bourguiba. Rien nâempĂȘchait Mzali de faire fonctionner correctement les institutions de la RĂ©publique. Rien ne lâempĂȘchait dâinstaurer un vĂ©ritable pluralisme mĂ©diatique. Bourguiba aurait marchĂ©. Lâessentiel pour le PrĂ©sident est que le systĂšme ne soit pas Ă©branlĂ©. A part cela tout Ă©tait possible, mais le dauphin, quâil soit Mzali ou quelquâun dâautre, nâavait quâun seul objectif : durer dans son poste de Premier Ministre afin dâhĂ©riter du pouvoir de Bourguiba.
Ce que je dis est que les diffĂ©rents dauphins de Bourguiba de Ben Salah Ă Mzali en passant par Nouira et tous ceux qui ont assumĂ© des responsabilitĂ©s dans la gestion des affaires publiques dont moi-mĂȘme⊠nous tous, nous nâavons pas eu le courage dâaffronter les problĂšmes et de les gĂ©rer dans le sens dâune plus grande ouverture politique. Il ne sâagit pas dâopĂ©rer des changements radicaux et convulsifs, mais des rĂ©formes progressives et maĂźtrisĂ©es afin de faire Ă©voluer le systĂšme et de le rendre en phase avec son temps. Cela, nous aurions pu le faire, mais nous ne lâavons pas fait.
Selon vous le PrĂ©sident Bourguiba avait-il conscience, durant les derniĂšres annĂ©es de son pouvoir, quâil nâavait plus les moyens physiques et intellectuels de diriger le pays ou est-ce quâil a sombrĂ© dans une sorte dâinconscience totale ?
Il est certain Qui est responsable de cela ?
Câest une responsabilitĂ© collective. La premiĂšre responsabilitĂ© est celle de son Ă©pouse Wassila. Je le dis franchement et honnĂȘtement malgrĂ© que jâĂ©tais trĂšs proche dâelle et trĂšs attachĂ© Ă sa personne. Wassila Ă©tait lâun des piliers du systĂšme Bourguiba, quoique lâon pense.
En quoi Wassila Ă©tait-elle responsable de lâisolement de Bourguiba ?
Câest elle qui a permis son isolement en le quittant et en quittant le Palais. Pendant un quart de siĂšcle ils faisaient la paire et elle Ă©tait tout pour lui. En partant et en laissant le Palais Ă la niĂšce de Bourguiba, SaĂŻda Sassi dont elle connaissait le niveau moral et les intentions malveillantes, elle savait que le systĂšme allait sombrer.
Mais est-ce quâon a laissĂ© le choix Ă Wassila ?Â
Câest vrai quâon lâa poussĂ©e Ă partir. Jâai longuement discutĂ© avec elle aprĂšs son divorce. Je pense que Wassila avait prĂ©cipitĂ© quand elle a dĂ©clarĂ© en 1982 Ă âJeune Afriqueâ quâil ne faut pas quâil y ait de succession automatique du PrĂ©sident et que pour que le Bourguibisme survive il faut quâil y ait des Ă©lections gĂ©nĂ©rales aprĂšs son dĂ©part. Câest Ă partir de ce moment-lĂ que sa rupture avec Mzali, le dauphin automatique, Ă©tait totalement consommĂ©e et que les uns et les autres commençaient Ă Ă©laborer de nouvelles stratĂ©gies pour arriver au pouvoir. Le scĂ©nario diabolique Ă©tait le suivant : faire le vide autour du PrĂ©sident.
CâĂ©tait le scĂ©nario de Mohamed Mzali ?
Câest tout le systĂšme qui est Ă incriminer et bien Ă©videmment, rien ne pouvait se faire sans lâassentiment direct ou indirect, du Premier Ministre. Jâajoute que ce qui est criminel, et lĂ jâassume toute ma responsabilitĂ© et je mesure mes mots, Ă©tait dâengager Bourguiba dans des situations morales incompatibles avec le statut du PrĂ©sident et lâimage de la Tunisie.
Vouas voulez parler de quoi au juste?
On avait ĆuvrĂ© Ă attiser les instincts du PrĂ©sident, Wassila Ă©tait le principal rempart quâil fallait Ă©liminer. AprĂšs une brouille avec le PrĂ©sident, Wassila aurait pu revenir au Palais et sauver les meubles, mais on a tout fait pour quâelle ne revienne pas. Nous Ă©tions en 1986 et Wassila Ă©tait dans une clinique. On avait montĂ© le PrĂ©sident contre elle en dĂ©terrant cette dĂ©claration faite à «Jeune Afrique» quatre ans plutĂŽt. Bourguiba le lui avait reprochĂ© Ă son lit dâhĂŽpital et cela avait rendu la conciliation quasi impossible.
AprĂšs Wassila on sâest pris Ă son fils Bourguiba Junior qui Ă©tait conseiller auprĂšs de son pĂšre pour lâĂ©loigner dĂ©finitivement de lâentourage du PrĂ©sident.
Comment cela sâest-il fait ?
Il semble que Bourguiba Junior aurait giflé Saïda Sassi.
Bourguiba Junior avait dĂ©fendu WassilaâŠ
Non. Il ne dĂ©fendait pas Wassila, mais son pĂšre. Il estimait que lâidĂ©e du divorce Ă©tait nuisible au PrĂ©sident. Bourguiba avait convoquĂ© son fils en prĂ©sence du Premier Ministre. Lâaudience Ă©tait trĂšs pĂ©nible pour le pĂšre et le fils. A la fin Bourguiba Junior fut limogĂ©. Mzali nâa pas branchĂ© alors quâil aurait pu intervenir et ĂȘtre dâun bon conseil pour Bourguiba, mais il nâavait rien fait et a laissĂ© les choses se faire.Â
AprĂšs le dĂ©part de lâĂ©pouse et du fils, on a continuĂ© aussi avec Mongi Kooli qui Ă©tait le reprĂ©sentant personnel du PrĂ©sident. Le dernier grand rempart Ă©tait son secrĂ©taire particulier Allala Laouiti, le compagnon de Bourguiba depuis cinquante ans et qui avait consacrĂ© toute sa vie et son Ă©nergie pour le PrĂ©sident.
En écartant ces quatres personnages importants on avait fait le vide total autour de Bourguiba.
Ce nâĂ©tait pas la stratĂ©gie de Mansour Skhiri, le ministre Chef de Cabinet de Bourguiba, de faire le vide autour du PrĂ©sident ?
Supposons que ce soit vrai, ce dont jâen doute trĂšs fort car Skhiri nâavait pas lâinfluence quâon lui prĂȘte sur Bourguiba. Le Premier Ministre aurait dĂ» rĂ©agir et faire face Ă cela. Câest cela qui a amenĂ© la dĂ©liquescence totale de lâEtat sur le triple plan politique, financier et moral. Il nây avait plus dâEtat. Le naufrage Ă©tait complet et le rĂ©gime Ă©tait moribond.
Cela il faut le dire, mais il est injuste de vouloir faire le bilan des trois dĂ©cennies du rĂ©gime de Bourguiba Ă lâaune de cette derniĂšre et petite pĂ©riode extrĂȘmement malheureuse et catastrophique pour le pays.Â
Que voulez-vous dire ?
Je ne veux pas ĂȘtre nihiliste en donnant lâimpression que le bilan du rĂ©gime est totalement nĂ©gatif car cela ne correspond pas du tout Ă la vĂ©ritĂ© historique.
Jâestime quâil est de mon devoir de rapporter tous ces faits qui ont jalonnĂ© lâhistoire de la Tunisie, car je dois cela aux gĂ©nĂ©rations futures. Il faut que ceux qui Ă©taient acteurs de ces Ă©vĂšnements parlent, lâhistoire passera aprĂšs, mais sans ces tĂ©moignages de premiĂšre main, les historiens ne peuvent pas accomplir correctement leur tĂąche. Je ne prĂ©tend pas ĂȘtre LA REFERENCE, mais une rĂ©fĂ©rence parmi dâautres. Je demande Ă mes camarades et Ă tous ceux qui ont assumĂ© des responsabilitĂ©s durant ces trois dĂ©cennies de ne pas mâen vouloir dâavoir rĂ©vĂ©lĂ© tous ces travers pour le grand public. Je ne pense pas quâil soit judicieux dâemporter nos secrets avec nous dans la tombe.
Mais votre jugement sur ce que vous appelez vos camarades, ou du moins certains dâentre eux, a Ă©tĂ© assez durâŠ
Il faut quâon arrive, en Tunisie, Ă distinguer entre juger des politiques et juger des hommes. Si jâai jugĂ© assez sĂ©vĂšrement certains choix politiques je tiens Ă prĂ©ciser que tous ceux qui ont servi le pays sous Bourguiba et sans exception aucune Ă©taient dâhonnĂȘtes hommes et ce, bien avant lâIndĂ©pendance. Ces gens-lĂ Ă©taient de vrais patriotes qui vouaient une profonde admiration pour Bourguiba et lâon aidĂ©, pour les plus ĂągĂ©s dâentre eux, Ă libĂ©rer le pays du joug colonial et Ă construire lâEtat moderne indĂ©pendant. Tous ceux quâon a citĂ© comme les Mongi Slim, TaĂŻeb Mhiri, Ahmed Ben Salah, BĂ©hi Ladgham, Ahmed Mestiri, HĂ©di Nouira, Mohamed Mzali et ceux quâon nâa pas citĂ© ont tous contribuĂ© a servir du mieux quâils pouvaient leur pays mais dans la vie politique de la Tunisie il y a eu des problĂšmes et des faiblesses. Jâaurais aimĂ© que chacun fasse son mea-culpa.
Lâaviez-vous fait vous mĂȘme ?
Jâestime lâavoir fait en toute honnĂȘtetĂ© et sans arrogance. Il faut de lâhumilitĂ© pour reconnaĂźtre ses erreurs et câest de cela que le pays en a le plus besoin.
Que retenez-vous dâessentiel dans le pouvoir de Bourguiba ?
Tout le monde reconnaĂźt, aussi bien Ă lâĂ©tranger quâĂ lâintĂ©rieur du pays, quâil y a eu identification entre Bourguiba, lâEtat et la Tunisie. Cela est Ă©norme.
Quelle est la principale empreinte de Bourguiba ?
Bourguiba a Ă©tĂ© un perpĂ©tuel rĂ©formateur, aussi bien dans sa politique intĂ©rieure quâextĂ©rieure. Il a toujours su affronter les problĂšmes tout en minimisant au maximum les dĂ©gĂąts. Le rĂ©gime de Bourguiba a connu plusieurs crises. Il a Ă©tĂ© souvent Ă©branlĂ© mais a pu tenir et a su sortir de ces crises grĂące, toujours, Ă lâintervention de Bourguiba.
Lâhistoire de Bourguiba avec la Tunisie a durĂ© plus de cinquante ans
En 1937, au deuxiĂšme congrĂšs du NĂ©o-Destour, Bourguiba avait dit aux congressistes : trois solutions sâoffrent Ă nous ; soit affronter la France, mais le rapport de forces nâest pas en notre faveur, soit chercher Ă nous mettre sous la coupe dâun autre pays et on sera bouffĂ© ou alors construire par Ă©tapes notre indĂ©pendance avec la France et sous son Ă©gide. Bourguiba avait dit cela en 1937 et il nâa jamais changĂ© de cap. Bourguiba nâa jamais succombĂ© aux sirĂšnes du nationalisme maximaliste et sentimental comme cela a Ă©tĂ© le cas des Nasser, Ben Youssef et autres. Peu de leaders dans le monde ont eu cette luciditĂ© et Ă©pargner, ainsi, Ă leurs peuples des atrocitĂ©s et des souffrances inutiles.
Jâaffirme aussi que si on avait bien gĂ©rĂ© les intentions de Bourguiba, la Tunisie indĂ©pendante aurait mieux rĂ©ussi. Nous avons tous, et je ne mâexclue pas, mal gĂ©rĂ© les situations de crise : 1970, 1981 et 1984. Nous nâavions pas la gradeur et la vision de Bourguiba.
Comment expliquez-vous quâun homme aussi visionnaire que Bourguiba nâavait pas compris quâil fallait libĂ©raliser plus encore son systĂšme politique et mieux prĂ©parer sa succession ? En un mot pourquoi nâa-t-il pas Ă©tĂ© le Senghor de la Tunisie ?Â
Les situations de la Tunisie et du SĂ©nĂ©gal ne sont pas comparables. Je ne pense pas que le problĂšme de la Tunisie soit liĂ© au fait que Bourguiba soit devenu prĂ©sident Ă vie. Je dirais mĂȘme plus : heureusement que Bourguiba soit restĂ© jusquâĂ 1987 sinon le pays aurait peut-ĂȘtre sombrĂ© du fait de certaines politiques imprĂ©voyantes comme celle du coopĂ©rativisme des annĂ©es soixante, de lâaffrontement avec le syndicat des annĂ©es soixante-dix et de la gestion sentimentale de lâĂ©conomie dans les annĂ©es quatre-vingt. Bourguiba avait cette supĂ©rioritĂ© mentale et intellectuelle de savoir ce quâil faut faire dans les moments les plus difficiles et de pouvoir par la suite convaincre ses camarades et le pays de la justesse de ses choix et cela sur une cinquantaine dâannĂ©es et câest pour cela quâil a eu tout ce rayonnement en Tunisie et Ă lâĂ©tranger.
Si Tahar, nous avons passĂ© ensemble plus dâune douzaine dâheures rĂ©parties sur sept sĂ©ances et plus dâun mois. Quâaimeriez-vous dire pour clore cette interview ?
RĂ©alitĂ©s, et je ne vous jette pas des fleurs, mâa fait revivre mon histoire personnelle et celle de mon pays. Vous nâavez Ă©ludĂ© aucune question dĂ©licate et en cela vous rendez service Ă vos lecteurs et Ă lâensemble des Tunisiens, car un pays qui nâa pas conscience de sa propre histoire est mal prĂ©parĂ© pour affronter les dĂ©fis de son futur.
Source: âRealitĂ©sâ Le 22-11-2010
Lien: http://www.realites.com.tn/
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