22 novembre 2010

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ÙÙŠÂ ÙƒÙ„Â ÙŠÙˆÙ…ŰŒÂ Ù†ŰłŰ§Ù‡Ù… ŰšŰŹÙ‡ŰŻÙ†Ű§ في ŰȘÙ‚ŰŻÙŠÙ…Â Ű„ŰčÙ„Ű§Ù… ŰŁÙŰ¶Ù„ ÙˆŰŁŰ±Ù‚Ù‰ ŰčÙ†Â ŰšÙ„ŰŻÙ†Ű§ŰŒÂ ŰȘÙˆÙ†ŰłÂ  Un effort quotidien pour une information de qualitĂ© sur notre pays, la Tunisie. Everyday, we contribute to a better information about our country, Tunisia

TUNISNEWS 
  10 Úme année, N° 3835 du 22.11.2010
 archives : www.tunisnews.net 


AISPP: Le procĂšs des accusĂ©s d’avoir rĂ©activĂ© le mouvement En Nahdha est reportĂ©
Afef Bennaceur & Luiza Toscane: Jeune de solidarité avec Fahem Boukaddous
AFP: 7 Tunisiens condamnés pour terrorisme
Omar Mestiri & Sihem Bensedrine : Mouldi Zouabi: un reporter libre qui dérange
Slim Bagga: Les frasques du palais
Tunivisions: Sakher El Materi et Hamdi Meddeb rachùtent 50% des parts d’Orascom
Kapitalis: France-Tunisie. 3.222 sans papiers rapatriés en 2009
RealitĂ©s: Tahar Belkhodja parle de Wassila, de Mzali et du
 bilan de Bourguiba 


Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques
Aispp.free@gmail.com
43 rue Eldjazira, Tunis
Tunis, le 22 novembre 2010

Le procĂšs des accusĂ©s d’avoir rĂ©activĂ© le mouvement En Nahdha est reportĂ©
 


La sixiĂšme chambre correctionnelle du Tribunal de PremiĂšre Instance de Tunis, prĂ©sidĂ©e par le Juge Faouzi Jebali, a examinĂ© le 22 novembre l’affaire n°19635 dans laquelle sont dĂ©fĂ©rĂ©s en Ă©tat d’arrestation Ali Lahrabi, Ali Ferhat, ainsi qu’Ali Ben Aoun et SaĂŻfeddine Mahjoub, en libertĂ©, et, en fuite : Mohammed Hachemi Ben Taleb, Aymen Ben Messaoud, Mohammed HĂ©di Ben Abdallah, accusĂ©s de rĂ©union non autorisĂ©e, de participation Ă  la reconstitution d’une association non reconnue et de mise Ă  disposition d’un local de rĂ©union non autorisĂ©e, de collecte de fonds sans autorisation [
] Le tribunal a dĂ©cidĂ© de reporter l’examen de l’affaire et qu’à l’issue des dĂ©libĂ©rations soit fixĂ©e une nouvelle date d’audience et examinĂ©es les demandes de libĂ©ration prĂ©sentĂ©es par les avocats.
Pour l’Association
Le Président
MaĂźtre Samir Dilou
(traduction d’extraits ni revue ni corrigĂ©e par les auteurs de la version en arabe, LT)


JEUNE DE SOLIDARITE AVEC FAHEM BOUKADDOUS


 
 Gafsa, Paris, le 21 novembre 2010
 
Fahem Boukadous, journaliste tunisien, a Ă©tĂ© condamnĂ© Ă  une peine d’emprisonnement de quatre ans pour avoir couvert le mouvement de protestation du bassin minier de 2008. Il effectue sa peine d’emprisonnement Ă  la prison de Gafsa dans des conditions inhumaines. Atteint d’asthme, il devrait ĂȘtre soignĂ©. Il a menĂ© une longue grĂšve de la faim pour obtenir l’amĂ©lioration de ses conditions d’incarcĂ©ration et sa libĂ©ration. Il a reçu des promesses concernant la premiĂšre revendication.
 Chaque lundi, son épouse, Afef Bennaceur, lui rend visite en prison.
 Chaque lundi jusqu’Ă  sa libĂ©ration, nous observerons une journĂ©e de jeĂ»ne de solidaritĂ©.
DEMAIN, LUNDI 22 NOVEMBRE, RADHIA NASRAOUI, MARGUERITE ROLLINDE, SAMIA ABBOU, NAJET HOSNI ET ZINA NOOMAN SE JOINDRONT A NOUS ET OBSERVERONT UNE JOURNEE DE JEUNE EN SOLIDARITE AVEC FAHEM BOUKADDOUS.
 Afef Bennaceur, (00 216) 23 696 300
 Luiza Toscane, (00 33) 06 77 80 68 80


7 Tunisiens condamnés pour terrorisme


AFP 22/11/2010 | 
Sept Tunisiens ont Ă©tĂ© condamnĂ©s Ă  des peines allant de 5 Ă  7 ans de prison ferme pour “adhĂ©sion Ă  un groupe terroriste” et tentative de rejoindre un rĂ©seau en AlgĂ©rie, a indiquĂ© leur avocat.

Agés entre 22 et 32 ans et originaires de la région de Sousse, à 120 km de Tunis, les prévenus ont été jugés samedi par le tribunal de premiÚre instance de Tunis en vertu de la loi antiterroriste, a ajouté Me Samir Ben Amor.
Me Ben Amor, par ailleurs secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’Association de dĂ©fense des prisonniers politiques (AISPP), a affirmĂ© que les prĂ©venus avaient niĂ© devant le tribunal les charges retenues contre eux.

Il leur Ă©tait reprochĂ© d’appartenir Ă  un “groupe terroriste” et d’avoir tentĂ© de rejoindre les rangs d’un rĂ©seau terroriste en AlgĂ©rie, a prĂ©cisĂ© l’avocat.
Le plus jeune, Naserddine Chahlaoui, a été condamné à sept ans de réclusion également pour incitation à commettre des crimes terroristes et pour préparer un local pour des réunions illégales.

Des centaines de jeunes sont poursuivis ou jugĂ©s en Tunisie en application de la loi antiterroriste, trĂšs critiquĂ©e par les dĂ©fenseurs de droit de l’homme depuis son entrĂ©e en vigueur il y a sept ans.

Lors d’une mission en janvier Ă  Tunis, le rapporteur spĂ©cial de l’ONU pour la protection des droits de l’homme dans la lutte antiterroriste Martin Scheinin a relevĂ© des incohĂ©rences dans la loi antiterroriste qui font que “dans la majoritĂ© des cas, de simples intentions sont punies”.


 Mouldi Zouabi: un reporter libre qui dérange


Proposé par S. Bensedrine O Mestiri le Dimanche 21 novembre 2010
La saga judiciaire dont est victime le grand reporter radio, Mouldi Zouabi n’est pas prĂšs de se terminer. Le mercredi 24 novembre, il comparait encore une fois devant le tribunal de premiĂšre instance de Jendouba pour rĂ©pondre d’accusations montĂ©es de toutes piĂšces pour lesquelles il risque 5 ans de prison. Voici pourquoi ce journaliste dĂ©range en haut lieu.
Rien ne prĂ©destinait Mouldi Zouabi Ă  devenir reporter ; ni ses Ă©tudes en littĂ©rature arabe, ni l’école d’animateurs sociaux qu’il dirigea quelques annĂ©es. C’est par le plus pur des hasards qu’il s’est trouvĂ© projetĂ© dans ce mĂ©tier Ă  haut risque aprĂšs qu’un organe d’un parti d’opposition (El Mawkif) lui confia une enquĂȘte sur des inondations qui firent plusieurs morts dans un village du Nord-ouest de la Tunisie, avec de graves accusations de nĂ©gligence pointant les autoritĂ©s locales. Les reportages qu’il en tira avaient impressionnĂ© plus d’un. Il se fait alors commander une sĂ©rie de reportages sociaux par une chaine de TV d’opposition Ă©mettant d’Europe (Al Hiwar Ettounsi); lĂ  encore, il excelle, comme s’il avait fait ce mĂ©tier depuis toujours. 

La répression stimule les talents

C’est avec Radio kalima qu’il se met Ă  exercer ce mĂ©tier Ă  plein temps. Ses animateurs entendaient toucher un public plus large que les cercles de dissidents auxquels ils faisaient parvenir informations, enquĂȘtes et analyses, malgrĂ© le blocage du site, hĂ©bergĂ© en Europe. Le 26 janvier 2009 elle commence Ă  diffuser Ă  partir de l’Europe sur le satellite Hotbird*.
Mais le lendemain, ses locaux à Tunis sont assiégés par plusieurs dizaines de policiers en civil. Trois jours plus tard un procureur débarque, saisit le matériel, appose des scellés et engage des poursuites contre ses dirigeants pour «utilisation de fréquences sans autorisation». 
Au lieu de sa fin escomptĂ©e, l’épreuve allait marquer le vĂ©ritable dĂ©part de l’épopĂ©e de radio kalima. Ses Ă©missions quotidiennes se poursuivirent et le nombre de ses auditeurs fut boostĂ© par l’ampleur de l’écho mĂ©diatique. La brutalitĂ© de l’assaut policier allait obliger l’Ă©quipe Ă  se redĂ©ployer et Ă  se rĂ©organiser en rĂ©seau. PrivĂ©s de locaux, les journalistes allaient dĂ©fier le harcĂšlement policier permanent en se plongeant au cƓur de la rĂ©alitĂ© sociale. Les rĂ©unions seront hebdomadaires via Internet. Les enregistrements seront uploadĂ©s et Ă©ditĂ©s en Europe. C’est dans ce contexte que Mouldi va donner le meilleur de lui mĂȘme.
Son audace, sa capacitĂ© Ă  mener des investigations sur des sujets tabous, Ă  faire parler les gens dans les zones les plus reculĂ©es et Ă  donner la parole aux oubliĂ©s de la RĂ©publique le distingue. Ce n’est pas seulement les auditeurs qui apprĂ©cient la qualitĂ© de son travail, les autoritĂ©s ont l’Ɠil sur lui. Ils commencent par lui assigner une Ă©quipe de policiers qui le suit rĂ©guliĂšrement; il parvient parfois Ă  dĂ©jouer leur filature et pousse ses investigations dans les bleds perdus sur la corruption de l’administration locale qui «oublie» de distribuer l’aide publique aux pauvres, persuadĂ©e que l’Ɠil des mĂ©dias ne viendra jamais les perturber dans les trafics en tous genres qu’ils pratiquent. DĂšs que ces reportages sont diffusĂ©s, les autoritĂ©s accourent pour «corriger» ces abus en faisant promettre aux bĂ©nĂ©ficiaires de ne plus s’adresser Ă  Mouldi Zouabi! 

Les héros de Mouldi

Ses hĂ©ros, Ă©vacuĂ©s de nos antennes publiques, bravent les canons de la notoriĂ©tĂ©, dĂ©fient l’adversitĂ© et parlent le langage de la vĂ©ritĂ©; ce sont ces enfants de 8 ou 10 ans evacuĂ©s des statistiques sur la scolarisation, qui travaillent toute la journĂ©e dans les montagnes Ă  ramasser des fruits des bois pour les vendre sur le bord des routes pour faire vivre leurs familles ou qui transportent sur leur frĂȘles corps des bidons d’eau potable vers leurs villages enclavĂ©s et maintenus hors de la gĂ©ographie et de l’histoire de la Tunisie officielle.
Ils s’appellent Kamel, le paysan de Fernana, jetĂ© en prison aprĂšs avoir fui vers l’AlgĂ©rie avec toute sa famille parce que la police a mis son unique vache Ă  la fourriĂšre; ou Abdelhaq, l’infirmier de BĂ©ja qui se voit expulsĂ© de sa maison, dont un potentat lorgnait le terrain, par des moyens dignes d’un western : plus de 150 policiers font irruption dans la maison, vidĂ©e de ses occupants menottes aux mains, y compris une handicapĂ©e sur chaise roulante et les meubles et bagages jetĂ©s dans la rue en quelques minutes. Il s’acharne et plante une tente devant ce que fut sa maison oĂč il vivra des semaines durant avec sa famille.
Elle s’appelle aussi Aziza, la championne de Tunisie de marathon, marginalisĂ©e et oubliĂ©e des autoritĂ©s qui s’investit corps et Ăąme pour le marathon de la vie, femme chef de famille tenue d’assurer le quotidien de ses enfants en parcourant Ă  bicyclette les marchĂ©s environnants pour vendre les lĂ©gumes de son potager.
Ou encore Alaya, l’ingĂ©nieur internĂ© dans un hĂŽpital psychiatrique pour avoir tentĂ© de se porter candidat aux Ă©lections prĂ©sidentielles; Mouldi rĂ©ussit Ă  enregistrer un entretien avec lui de l’intĂ©rieur de l’hĂŽpital oĂč il raconte comment la police l’a kidnappĂ© et placĂ© Ă  l’hĂŽpital. 
Ils sont autant d’anti-hĂ©ros de Ben Ali qui ne vivent pas de l’assistanat, retors Ă  tout embrigadement, sachant qu’ils ne doivent rien Ă  ce rĂ©gime dont ils combattent les abus sur leurs propres vies.

Des reportages qualifiés de trahison

Les autoritĂ©s cherchent surtout Ă  tarir la source de leurs ennuis et dissuader le journaliste de poursuivre ses reportages qui rĂ©vĂšlent une face de la Tunisie que la propagande officielle prĂ©fĂšre nier. Son domicile est sous une surveillance permanente ; des policiers en civil harcĂšlent sa famille. Ils vont jusqu’à faire pression pour exclure son jeune fils d’une Ă©cole. 
La surveillance policiĂšre se resserre encore, les policiers le poursuivent jusqu’à l’intĂ©rieur d’un cabinet mĂ©dical oĂč sa femme se soigne, dans les cafĂ©s oĂč il s’attable ainsi que devant les domiciles de ses proches Ă  qui il rend visite ; c’est une vĂ©ritable mise en quarantaine qui se met en place visant Ă  en faire un paria social.
Sa connexion Internet continue d’ĂȘtre coupĂ©e malgrĂ© un recours en justice qu’il a introduit depuis fĂ©vrier 2010; Les cybercafĂ©s qu’il frĂ©quentait aux alentours de son domicile ont Ă©tĂ© tous fermĂ©s; Maintenant il est obligĂ© de parcourir les villes environnantes pour envoyer Ă  la radio son travail.
Lorsqu’il se dĂ©place Ă  BĂ©jĂ , une autre ville du Nord-ouest, pour couvrir des Ă©vĂ©nements, il est arrĂȘtĂ© longuement Ă  l’entrĂ©e de la ville pour « vĂ©rification d’identitĂ© » avant qu’on ne le laisse partir, escortĂ© par ses « anges gardiens ». Il tente de dĂ©poser une plainte pour entraves Ă  la libre circulation au parquet de BĂ©jĂ , les agents de police lui font barrage et l’empĂȘchent d’accĂ©der au palais de justice. Toutes les personnes Ă  qui il s’adresse sont elles-mĂȘmes interrogĂ©es sur le contenu des Ă©changes qu’il a eu avec elles.
Pour Mouldi, la menace se fait de plus en plus pressante. Il est arrĂȘtĂ© au commissariat de Montplaisir Ă  Tunis et dĂ©tenu durant plus de huit heures, alors qu’il s’apprĂȘtait Ă  faire une interview au cĂ©lĂšbre homme d’affaires Bouebdelli, lui mĂȘme spoliĂ© de ses biens. 
La mise en scĂšne se prĂ©pare et le dĂ©cor est plantĂ©; un jour, alors qu’il sortait d’un cafĂ© Internet Ă  Jendouba, arrivĂ© Ă  hauteur du poste de police du district, il est interpellĂ© par un homme ; l’individu sort d’une voiture au vitres teintĂ©s, lui demande s’il s’appelle bien Mouldi Zouabi et dĂšs que ce dernier aquiese, il se jette sur lui en le frappant, le rouant de coups et brisant ses lunettes de vue; le barbouze a profĂ©rĂ© des menaces contre lui en l’insultant vulgairement, le traitant de « traitre Ă  la partie » qui « salit l’image du pays » et qui « va payer cher sa trahison ». 

Une bataille perdue contre Mouldi


Mouldi Zouabi dĂ©pose le jour mĂȘme une plainte au parquet de Jendouba aprĂšs avoir Ă©tĂ© examinĂ© par un mĂ©decin qui lui a dĂ©livrĂ© un certificat mĂ©dical attestant des blessures provoquĂ©es par l’agression. Quatre mois plus tard, il apprend que la plainte qu’il avait dĂ©posĂ©e a Ă©tĂ© classĂ©e pour « insuffisance de preuves » et que son agresseur le poursuit pour les faits dont lui mĂȘme avait Ă©tĂ© victime! 
Il comparait le 14 juillet devant le tribunal cantonal de Jendouba pour rĂ©pondre de l’accusation de «violences aggravĂ©es et injures publiques ». Au terme d’un feuilleton judiciaire qui aura durĂ© tout l’Ă©tĂ© 2010, le tribunal cantonal se dĂ©clare incompĂ©tent, le 6 octobre, approuvant une demande de requalification des faits dĂ©posĂ©e par la partie civile. 
Les 22 avocats de la dĂ©fense se retirent de l’audience, dĂ©nonçant « une mascarade judiciaire », suite au refus de la cour de considĂ©rer les Ă©lĂ©ments Ă  dĂ©charge, de procĂ©der Ă  la confrontation avec les tĂ©moins anonymes du plaignant, d’ouvrir une enquĂȘte sur les faits avĂ©rĂ©s d’agression subie par Mouldi Zouabi de la part de ce mĂȘme plaignant et d’entendre enfin les tĂ©moins Ă  dĂ©charge. 
Zouabi a comparu le 10 novembre devant le Tribunal de premiĂšre instance de Jendouba, cette fois pour « coups et blessures et diffamation » Personne ne se fait d’illusion sur l’issue de ce procĂšs ; il sera condamnĂ©, comme le furent les autres journalistes qui ont subi ces montages politico-judiciaires, comme Taoufik Ben Brik, Zouhair Makhlouf et aujourd’hui Fahem Boukaddous qui purge une peine de 4 ans de prison. 

Mais Mouldi a dĂ©jĂ  gagnĂ© la partie ; les autoritĂ©s ont dĂ©cidĂ© de lancer une radio spĂ©ciale pour le Nord ouest, SA rĂ©gion, pour contrer ses reportages trĂšs Ă©coutĂ©s ; une bataille perdue d’avance car le langage de la vĂ©ritĂ© va droit au coeur, ce que la propagande n’atteindra jamais.

Omar Mestiri & Sihem Bensedrine 

_____________
*Un an plus tard, ils feront pression sur Eutelsat, le propriĂ©taire de Hotbird pour cesser le signal, ce dernier s’exĂ©cutera prĂ©textant l’absence de licence.

(Source: Le site de “Radio Kalima” le 21 novembre 2010)
Lien: 
http://www.kalima-tunisie.info/fr/News-sid-Mouldi-Zouabi-un-reporter-libre-qui-derange-330.html


LES FRASQUES DU PALAIS


 


par Slim BAGGA
 
TUNISIE: DES REVENDICATIONS SANS AUCUN ECHO
 
Devant la dĂ©gradation de l’enseignement en Tunisie, les professeurs des lycĂ©es et collĂšges ont tenu Ă  se mobiliser dĂšs la rentrĂ©e scolaire. Dans ce sens, une grĂšve a Ă©tĂ© observĂ©e le 27 octobre. Mais ce que toute la presse n’a pas mentionnĂ©, c’est que parmi les revendications du corps enseignant, il y a leur refus de voir dans les programmes de 6Ăšme annĂ©e secondaire, en matiĂšre de gĂ©ographie une carte mentionnant IsraĂ«l, et aucune rĂ©fĂ©rence Ă  la Palestine.
Aussi, en matiĂšre de français, est prĂ©vu dans le programme l’Ă©tude d’un texte (chanson) de Enrico Macias. Les professeurs contestent ouvertement d’enseigner un artiste hostile Ă  la cause arabe.
Le ministre de l’Education, Hatem Ben Salem, ne cache pas son embarras et a mĂȘme confiĂ© Ă  des professeurs qu’il n’est pas responsable de ces choix de programmes et que ceux-ci sont dĂ©cidĂ©s Ă  Carthage…
 
CONGRES DE L’OFA EN TUNISIE: LA DEROUTE
 
Du 28 au 30 octobre, s’est tenu Ă  Tunis le troisiĂšme CongrĂšs de l’Organisation de la Femme arabe (OFA), prĂ©sidĂ©e par Leila De Pompagaddour Ben Ali. Selon les observateurs, malgrĂ© le lobbying diplomatique, ce CongrĂšs s’est distinguĂ© par son boycott par la plus grande majoritĂ© des Ă©pouses des chefs d’Etats arabes.
A peine 5 Ă©pouses de chefs d’Etat, dont Madame Moubarak et Madame Abbes. Les plus influentes se sont contentĂ©es de dĂ©pĂȘcher des reprĂ©sentantes ou se sont carrĂ©ment abstenues de rĂ©pondre Ă  l’invitation tunisienne.
Les cas les plus notoires d’abstention sont la Marocaine Lella Selma, l’Ă©pouse du Cheikh Ă©mirati Mohamed El Maktoum et surtout Cheikha Mozha, l’Ă©pouse de l’Ă©mir du Qatar.
Concernant cette derniĂšre, Zinochette avait spĂ©cialement dĂ©pĂȘchĂ© au Qatar la trĂšs zĂ©lĂ©e SaĂŻda Agrebi, pour insister sur sa participation. En vain…
Et aprĂšs cela, des sites fantĂŽches tels Maghreb Intelligence, créé sur mesure par des proches de l’ATCE pour faire vrai et sĂ©rieux, ont le culot de nous parler de rĂ©ussite…
 
QUAND BEN ALI ARNAQUAIT UN MATERI POUR CONSTRUIRE SA VILLA A HAMMAMET
 
Tout le monde en est à présent édifié: les arnaques, les spoliations, les réflexes vindicatifs sont congénitaux à ce régime abject.
DĂšs 1989, Zinochet a eu le caprice de construire une villa Ă  Hammamet dont nous disposons des photos. Pour occuper le plus d’espace digne de son rang d’arriviste complexĂ©, il demanda Ă  son actuel conseiller, Abdelaziz Ben Dhia, qui Ă©tait alors Ă  la tĂȘte du Conseil constitutionnel de convaincre son voisin Ă  Hammamet de vendre son terrain. ProblĂšme: ce voisin n’Ă©tait autre que Cherif Materi, fils de Mahmoud Materi, donc cousin du puttschiste fĂ©lon Moncef Materi, pĂšre de Sakhr. Ouf…on y arrive. Cherif Materi, qui ignorait encore l’identitĂ© de l’acquĂ©reur, refusa en lançant Ă  la figure de Ben Dhia: “Pourquoi vendrais-je? Celui qui compte construire serait-il prĂ©fĂ©rable Ă  moi-mĂȘme, Ă  ma propre famille?” RapportĂ©s Ă  Ben Ali, ces propos valurent Ă  leur auteur, Ă  sa femme d’origine algĂ©rienne et Ă  sa secrĂ©taire d’ĂȘtre jetĂ©s en prison.
Quelques mois plus tard, lorsque ces auteurs de crime de lĂšse-majestĂ©, ces empĂȘcheurs de construire en rond, quittĂšrent la prison, la vengeance de Ben Ali ne s’arrĂȘta pourtant pas.
La femme de Cherif Materi a perdu sa mĂšre en AlgĂ©rie, et Ben Ali ordonna qu’on l’empĂȘche de quitter le territoire tunisien pour rejoindre sa famille endeuillĂ©e. Il a fallu l’intervention de l’ancien Premier ministre et cerveau du coup d’Etat HĂ©di Baccouche pour que Mme Cherif Materi obtienne enfin l’aval du PrĂ©sident tunisien au coeur aussi grand que sa bĂȘtise et son incurie, c’est Ă  dire… sans limites!
Et le plus insolite dans cette affaire est que quelques annĂ©es plus tard, lorsqu’aprĂšs les pĂ©ripĂ©ties du fils de l’entrepreneur Hachicha, la belle Nesrine Ben Ali, fille de sa mĂšre Zinochette, allait ĂȘtre casĂ©e avec Sakhr Materi, la famille de ce dernier a demandĂ© au mĂȘme Cherif d’aller formellement la demander en mariage, Ă©tant lui-mĂȘme l’ainĂ© de la famille.
Ce Ă  quoi Cherif Materi avait alors rĂ©pondu: “Vous ĂȘtes fou, vous m’imaginez entrer dans ce qui Ă©tait chez moi, pour demander sa fille Ă  mon spoliateur…!”
Comme quoi Si Leila De Pompagaddour s’est sentie des ailes pour jeter son dĂ©volu sur toute la Tunisie, c’est que bien avant elle, le ver Ă©tait dĂ©jĂ  dans le fruit. Son cher mari lui a montrĂ© le chemin; elle a affinĂ© les mĂ©thodes….
 
Slim BAGGA


Sakher El Materi et Hamdi Meddeb rachùtent 50% des parts d’Orascom
25% de Tunisiana sera dĂ©tenu par les deux hommes d’affaire tunisiens


Les nouvelles portent Ă  croire que le rachat des parts de l’égyptien Orascom dans Tunisiana par le russe VimpelCom annoncĂ© en Octobre 2010 vient d’ĂȘtre remis en cause. D’aprĂšs un communiquĂ© conjoint Ă©ditĂ© par Qatar Telecom (Qtel) et Princess Holding (groupe de Sakhr El Materi), une partie des parts d’Orascom serait achetĂ©e par des tunisiens.
 
Mohamed Sakhr el Materi et Hamdi El Meddeb, les deux hommes d’affaire tunisiens, viennent d’acquĂ©rir 50% des parts d’Orascom. Ils dĂ©tiendraient ainsi 25% du capital de Tunisiana puisqu’Orascom dĂ©tient 50% des parts.
 
Selon Tustex, ce rachat a été conclu à un prix avoisinant les 1,2 milliards de dollars. Ce montantcorrespond au prix proposé à la base par Orascom.
 
Rappelons que l’opĂ©rateur privĂ© dĂ©tient les plus grandes parts de marchĂ© en Tunisie avec 53,3%, (soit 5,8 millions d’abonnĂ©s) contre 41,4% dĂ©tenus par Tunisie Telecom (soit 4,5 millions d’abonnĂ©s)et 5,3% dĂ©tenues par Orange Tunisie ; soit 576.000 abonnĂ©s (chiffre communiquĂ© dans le cadre des confĂ©rence sur les TMT (Technology Media & Telecom).
 
Cette transaction devrait ĂȘtre finalisĂ©e dĂ©but 2010 et Tunisiana devrait organiser une confĂ©rence de presse afin de confirmer cette information au courant de la semaine. 
(Source: “Tunivisions” Le 22-11-2010)
Lien: http://www.tunivisions.net/sakher-el-materi-et-hamdi-meddeb-rachetent-50-des-parts-d-orascom,10763.html
 


 France-Tunisie. 3.222 sans papiers rapatriés en 2009


.222 ressortissants tunisiens ont Ă©tĂ© reconduits Ă  la frontiĂšre en France en 2009, sur un total de 3.385 retenus dans les centres de rĂ©tention administrative dans l’Hexagone. DerriĂšre les statistiques, de tristes rĂ©alitĂ©s
 
Ces statistiques ont été publiées par le Comité inter-mouvements auprÚs des évacués (Cimade) dans son rapport 2009 sur les centres de rétentions administratives et les reconduites à la frontiÚres en France. 
Ce rapport intitulĂ© ‘‘Chroniques de rĂ©tention’’ et Ă©ditĂ© chez Actes Sud, Ă  Marseille, est basĂ© sur les donnĂ©es recueillis quotidiennement par les intervenants de l’Ong française dans les centres de rĂ©tention et enrichies par leur expĂ©rience de terrain.
Le tiers des reconduits sont Maghrébins
Sur les 35.557 retenus dĂ©nombrĂ©s en 2009, toutes nationalitĂ©s confondues, 10.488 (soit 36.16%) sont originaires de trois pays du Maghreb: 3.721 d’AlgĂ©rie, 3.545 du Maroc et 3.222 Tunisiens. Ce qui met la Tunisie en tĂȘte des pays maghrĂ©bins en nombre de retenus par nombre d’habitants.
Le rapport indique que les mĂ©canismes de reconduction Ă  la frontiĂšre se sont intensifiĂ©s et ont conduit Ă  l’aggravation des atteintes aux droits fondamentaux des migrants. Quant aux conditions de rĂ©tention et aux conditions gĂ©nĂ©rales d’exercice des droits des Ă©trangers, elles se sont encore une fois dĂ©tĂ©riorĂ©es.
Le rapport dĂ©crit la rĂ©tention de «vĂ©ritable mesure punitive envers les migrants en situation irrĂ©guliĂšre» et parle d’interpellations abusives, de violences et tensions Ă  l’intĂ©rieur des centres, de banalisation de l’enfermement des enfants, consĂ©quence de la «politique du chiffre».
(Source : « Kapitalis » Le 22-11-2010)
Lien : 
http://www.kapitalis.com/proximite/53-societe/1787-france-tunisie-3222-sans-papiers-rapatries-en-2009.html

Tahar Belkhodja parle de Wassila, de Mzali et du
 bilan de Bourguiba


CinquiĂšme et derniĂšre partie : Tahar Belkhodja, ancien ministre de l’IntĂ©rieur et de l’Information de Bourguiba parle de Wassila, de Mzali et du
 bilan de Bourguiba
Tahar Belkhodja qui a Ă©tĂ© ministre de l’IntĂ©rieur de 1973 Ă  1977 et ministre de l’Information de 1980 Ă  1983 revient dans cette cinquiĂšme et derniĂšre partie sur les Ă©vĂšnements qui ont marquĂ© les derniĂšres annĂ©es du rĂšgne du pĂšre de la Nation. Il nous dit aussi ce qu’il retient de cet homme d’exception qu’était Habib Bourguiba
 Succulent.

Quels sont les dessous de la révolte du pain de janvier 1984 ?
Au mois de mars 1983 Mansour Moalla va aux Etats-Unis. Il rencontre De la RosiĂšre, le Directeur GĂ©nĂ©ral du Fonds MonĂ©taire International, lequel Ă©tait son camarade de promotion Ă  l’Ecole des Finances de Paris. Je rappelle pour l’histoire que Mansour Moalla est le seul Tunisien Ă  avoir Ă©tĂ© reçu dans cette Ecole et ce sur le quota des Ă©tudiants français. Ils avaient convenu de mettre Ă  contribution le FMI pendant une dizaine d’annĂ©es pour rĂ©soudre le problĂšme de la Caisse gĂ©nĂ©rale de compensation dont le dĂ©ficit commençait Ă  prendre des dimensions inquiĂ©tantes. Mansour Ă©tait trĂšs content d’avoir pu rĂ©ussir cela avec le FMI. Il rend compte au Premier ministre, Mohamed Mzali, de cet accord. Ce dernier lui rĂ©pondit cavaliĂšrement qu’il ne permettrait pas aux organismes internationaux de s’ingĂ©rer dans nos affaires.
Le dĂ©ficit de la Caisse de compensation Ă©tait quand mĂȘme Ă  l’ordre du jour. On avait organisĂ© un dĂ©bat tĂ©lĂ©visĂ© au mois de mai 1983 en direct avec Mansour Moalla, ministre de l’Economie, TaĂŻeb Baccouche, SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la Centrale syndicale (UGTT), Habib Majoul, le numĂ©ro deux du Patronnat (UTICA) et des journalistes.
Pour le Ministre de l’Economie, ce dĂ©bat Ă©tait une occasion pour vulgariser ce problĂšme Ă©pineux. Au cours de l’émission, le Premier ministre prend son tĂ©lĂ©phone et intervient directement dans le dĂ©bat pour dire, par populisme, que le prix du pain n’augmentera pas. Cela avait jetĂ© un froid et l’émission se termina en queue de poisson. Le lendemain Mzali m’interdit d’organiser de nouveaux dĂ©bats en direct Ă  la TĂ©lĂ©vision.
Quelques semaines aprĂšs, le gouvernement devait prĂ©parer le budget de l’Etat pour 1984. Ayant dĂ©cidĂ© de ne pas toucher aux prix du pain et des cĂ©rĂ©ales, il fallait trouver de quoi financer la Caisse de compensation. C’était Ă  Mansour Moalla, Ministre de l’Economie et des Finances de le faire. En plus de cela, Mohamed Mzali s’était beaucoup engagĂ© dans des projets mirobolants et extrĂȘmement onĂ©reux dans les rĂ©gions. Mansour Moalla est allĂ© voir le PrĂ©sident pour lui faire diffĂ©rer certains projets que Bourguiba avait personnellement Ă  cƓur.

Comme quoi par exemple ?
C’était particuliĂšrement le projet de Bab Souika, l’électrification du tronçon de Monastir Ă  Mahdia et l’autoroute qui devait relier Monastir au Palais prĂ©sidentiel de Skanes. Bourguiba avait acceptĂ© la proposition de Moalla sans problĂšmes. Quelques jours aprĂšs, au Conseil des Ministres, Mazli nous dit que Bourguiba l’avait appelĂ© hier et qu’il Ă©tait trĂšs peinĂ© par ce que lui avait dit Mansour Moalla. Il nous dit sur un ton pĂ©remptoire et en frappant de son poing sur la table : “les projets du prĂ©sident sont sacrĂ©s ; c’est moi-mĂȘme qui trouverais les financements nĂ©cessaires”. 
J’ai rĂ©pondu au Premier ministre que le PrĂ©sident avait dĂ©jĂ  acceptĂ© la proposition du Ministre des Finances et qu’il ne fallait pas revenir en arriĂšre. Mohamed Sayah, Ă  l’époque Ministre de l’Equipement, intervient dans le dĂ©bat et dit : “moi j’ai d’autres projets prĂ©sidentiels”. Mansour Moalla lui rĂ©torqua : “et moi je ne finance pas les projets pirates”. Mohamed Mzali a prĂ©tendu plus tard dans une Ă©mission de tĂ©lĂ©vision qu’il avait intimĂ© l’ordre Ă  Mansour Moalla de se taire, comme si on Ă©tait dans une cour d’école. Cela est complĂštement faux. Le cas Ă©chĂ©ant Moalla serait immĂ©diatement sorti.
Suite Ă  cet incident, Mansour Moallah et moi-mĂȘme Ă©tions Ă©cartĂ©s du gouvernement, mais le problĂšme du dĂ©ficit de la caisse a, lui, perdurĂ©. Le gouvernement ne pouvait pas boucler son budget. Mzali est allĂ© voir le Roi Fahd d’Arabie Saoudite. Il lui avoua les difficultĂ©s du pays et demanda son aide immĂ©diate. Le Roi lui aurait rĂ©pondu “bacita (c’est simple)”. Mzali est sorti tout content. Notre ambassadeur lui avait expliquĂ© que “bacita” ne signifiait pas grand chose et que les Saoudiens ne pouvaient pas dĂ©cider d’une aide financiĂšre Ă  la va-vite. Mzali ne voulait rien entendre. Il harcelait notre Ambassadeur, M. Kacem Bousnina, pendant trois jours pour qu’il voie avec les services saoudiens concernĂ©s, la concrĂ©tisation de la “promesse royale». Evidement rien ne se fit et Mzali rentra bredouille. AcculĂ© et n’ayant aucune solution en vue, Mzali tenta un coup de poker. Il doubla le prix du pain et dĂ©cida d’importantes hausses des prix compensĂ©s. Il pensa que la “pillule” allait passer.
Avant d’annoncer, par le biais de la loi de Finance, l’augmentation du prix du pain, Mzali a tenu une rĂ©union des gouverneurs oĂč il a exigĂ© la discipline et le militantisme. Il a tenu aussi une rĂ©union du comitĂ© central pour le mĂȘme but. Deux membres ont pris la parole pour discuter le bien fondĂ© de cette dĂ©cision. Mohamed Mzali les a faits taire.

Comment expliquez-vous ce coup de poker ?
C’est avant tout une affaire de gestion politique. Avec Nouira on n’aurait jamais fait cela. La dĂ©cision de Mzali Ă©tait tout le contraire d’une dĂ©cision politique. C’était de la pure improvisation et d’une totale imprĂ©vision. On savait qu’il y avait eu des Ă©meutes au Caire, Ă  Casablanca et Ă  Varsovie suite Ă  des hausses draconiennes des prix des cĂ©rĂ©ales et qu’on y a dĂ©plorĂ© beaucoup de morts.
Les Ă©meutes du pain n’avaient pas commencĂ© Ă  Tunis, mais au fin fond du Sud Ă  Souk El Ahad. Les Ă©vĂšnements se sont succĂ©dĂ© et sont montĂ©s vers la capitale par l’ouest pour Ă©clater Ă  Tunis le 4 janvier 1984. Pendant une semaine, alors que la violence grondait, Mzali n’avait rien fait pour apaiser les esprits. Je trouve aussi qu’il avait commis une faute politique grave en voulant impliquer le PrĂ©sident dans ces Ă©vĂšnements et en prĂ©tendant qu’il ne faisait qu’appliquer ses instructions, alors qu’il n’a fait qu’essayer de manipuler Bourguiba en lui faisant croire que tout se passera bien et que le pays Ă©conomisera, d’un coup, plus de 400 millions de dinars.

Comment expliquez-vous une telle cécité politique ?
Je pense que c’est le systĂšme lui-mĂȘme qui a produit cette carence. Dans toutes les crises qu’a traversĂ©es la Tunisie ceux qui avaient le pouvoir pensaient toujours qu’ils tenaient le pays en mains. Le parti prĂ©tendait qu’il Ă©tait un rempart contre tous les dangers. Mais l’imprĂ©visible advint: la manifestation brutale et violente de la population. Malheureusement lors des Ă©meutes du pain le nombre de morts fut plus Ă©levĂ© que celui du jeudi noir de 1978.

Quelle était la position de Bourguiba à ce moment-là ?
Quand Mzali s’est rendu compte qu’il n’était plus en mesure de boucler le budget de l’Etat, il a imaginĂ© le scĂ©nario suivant : convaincre le PrĂ©sident que le gaspillage du pain a atteint les limites de l’intolĂ©rable et qu’il fallait y mettre fin. Bourguiba, Ă  son habitude, faisait confiance Ă  ses ministres et notamment au Premier d’entre eux. Il a soutenu la politique de Mzali, mais ce n’est pas lui qui avait suggĂ©rĂ© le doublement du prix du pain. Quand il a vu que le pays Ă©tait Ă  feu et Ă  sang, ce qu’on a tentĂ© de lui cacher, il a repris les choses en main et dĂ©clara que les augmentations Ă©taient nulles et non avenues et cela a immĂ©diatement ramenĂ© le calme dans le pays.

Le Ministre de l’IntĂ©rieur Driss Guiga avait-il complotĂ© contre Mzali comme l’a souvent rĂ©pĂ©tĂ© ce dernier?
Mzali lui a reprochĂ© d’avoir incitĂ© les gens Ă  aller au Palais de Carthage pour manifester leur soutien Ă  Bourguiba et leur dĂ©sapprobation de la politique de son gouvernement. Cela ne me semble pas du tout crĂ©dible car la spontanĂ©itĂ© de l’émeute le 4 janvier et les manifestations de joie le 6 janvier ont surpris tout le monde. C’est probablement l’une des rares fois oĂč une manifestation de soutien au rĂ©gime rĂ©chappe au contrĂŽle du parti.
A ce moment-lĂ  le sort de Mzali Ă©tait scellĂ©, Bourguiba avait mĂȘme regrettĂ© que son Premier Ministre n’ait pas l’étoffe d’un homme d’Etat. C’est un jugement d’une gravitĂ© extrĂȘme venant du chef de l’Etat pour son plus proche collaborateur et futur successeur potentiel.

Pourquoi Bourguiba n’a-t-il pas immĂ©diatement congĂ©diĂ© Mzali aprĂšs la rĂ©volte du pain ? 
La politique de Bourguiba a Ă©tĂ© toujours, d’éteindre le feu et de ne jamais attiser les brasiers. Le feu Ă©tant Ă©teint le 6 janvier, il n’avait plus Ă  agir dans l’urgence. Il fallait coĂ»te que coĂ»te Ă©viter une nouvelle crise au rĂ©gime par le limogeage du Premier Ministre. Bourguiba a mĂȘme soutenu Mzali en acceptant de sacrifier son Ministre de l’IntĂ©rieur Driss Guiga dont Mzali rĂ©clamait la tĂȘte. Je ne peux pas croire ce qu’a rapportĂ© Mzali quand il avait dit que Bourguiba s’est adressĂ© Ă  Guiga dans un langage ordurier. Cela ne ressemble pas du tout au PrĂ©sident. D’autant plus que Bourguiba avait demandĂ© Ă  notre Ambassadeur Ă  Paris feu HĂ©di Mabrouk de recevoir Driss Guiga.
Bourguiba a certes rĂ©itĂ©rĂ© sa confiance Ă  son Premier Ministre aprĂšs la rĂ©volte du pain, mais avec l’espoir que la situation allait se redresser. Malheureusement la situation allait en empirant. Une crise Ă©conomique a toujours des effets diffĂ©rĂ©s
 Deux ans et demi plus tard, les quatre ministres ayant en charge les dossiers Ă©conomiques sont allĂ©s voir le PrĂ©sident Ă  Monastir spĂ©cialement en hĂ©licoptĂšre pour lui dire que le pays est en banqueroute. Il s’agit de Rachid Sfar, IsmaĂŻl KhĂ©lil, Hamadi Skhiri, gouverneur de la Banque Centrale et Mansour Skhiri le Chef du Cabinet du PrĂ©sident. Le pays n’avait mĂȘme pas un matelas de deux jours de devises. La Tunisie, selon leur propre expression, Ă©tait sur un volcan. Bourguiba s’énerva et leur reprocha de ne pas l’avoir informĂ© auparavant. Ils lui rĂ©pondirent qu’ils ne pouvaient pas outrepasser le Premier Ministre, mais maintenant la situation est tellement grave qu’ils ne pouvaient plus cacher cela au PrĂ©sident. Bourguiba congĂ©dia immĂ©diatement Mzali et le remplaça par Rachid Sfar.

Mohamed Mzali a toujours affirmĂ© que son projet Ă©tait d’assurer une ouverture, dĂ©mocratique dans le pays, mais que les intrigues du Palais l’en ont empĂȘchĂ©. Qu’en pensez-vous?
Je ne veux pas polĂ©miquer avec Mzali d’autant plus qu’il nous a quittĂ©. Tout ce que je peux vous dire est que pendant mon passage au ministĂšre de l’Information de 1980 Ă  1983, et alors que l’ouverture ne pouvait commencer que par ce secteur, je me suis trouvĂ© en face d’une volontĂ© politique qui ne voulait pas changer les choses malgrĂ© toutes mes tentatives et ma tĂ©mĂ©ritĂ©. Malheureusement Mzali n’avait pas Ă©chappĂ© Ă  la posture des Premiers Ministre/dauphins : ne rien faire afin d’hĂ©riter de la totalitĂ© du pouvoir.
Je prĂ©cise, le Premier Ministre n’était pas antidĂ©mocratique mais ne voulait pas risquer le changement.

Mzali pouvait-il faire autrement ?
Selon moi Mzali n’était pas au diapason avec Bourguiba. Rien n’empĂȘchait Mzali de faire fonctionner correctement les institutions de la RĂ©publique. Rien ne l’empĂȘchait d’instaurer un vĂ©ritable pluralisme mĂ©diatique. Bourguiba aurait marchĂ©. L’essentiel pour le PrĂ©sident est que le systĂšme ne soit pas Ă©branlĂ©. A part cela tout Ă©tait possible, mais le dauphin, qu’il soit Mzali ou quelqu’un d’autre, n’avait qu’un seul objectif : durer dans son poste de Premier Ministre afin d’hĂ©riter du pouvoir de Bourguiba.
Ce que je dis est que les diffĂ©rents dauphins de Bourguiba de Ben Salah Ă  Mzali en passant par Nouira et tous ceux qui ont assumĂ© des responsabilitĂ©s dans la gestion des affaires publiques dont moi-mĂȘme
 nous tous, nous n’avons pas eu le courage d’affronter les problĂšmes et de les gĂ©rer dans le sens d’une plus grande ouverture politique. Il ne s’agit pas d’opĂ©rer des changements radicaux et convulsifs, mais des rĂ©formes progressives et maĂźtrisĂ©es afin de faire Ă©voluer le systĂšme et de le rendre en phase avec son temps. Cela, nous aurions pu le faire, mais nous ne l’avons pas fait.

Selon vous le PrĂ©sident Bourguiba avait-il conscience, durant les derniĂšres annĂ©es de son pouvoir, qu’il n’avait plus les moyens physiques et intellectuels de diriger le pays ou est-ce qu’il a sombrĂ© dans une sorte d’inconscience totale ?
Il est certain Qui est responsable de cela ?
C’est une responsabilitĂ© collective. La premiĂšre responsabilitĂ© est celle de son Ă©pouse Wassila. Je le dis franchement et honnĂȘtement malgrĂ© que j’étais trĂšs proche d’elle et trĂšs attachĂ© Ă  sa personne. Wassila Ă©tait l’un des piliers du systĂšme Bourguiba, quoique l’on pense.

En quoi Wassila Ă©tait-elle responsable de l’isolement de Bourguiba ?
C’est elle qui a permis son isolement en le quittant et en quittant le Palais. Pendant un quart de siĂšcle ils faisaient la paire et elle Ă©tait tout pour lui. En partant et en laissant le Palais Ă  la niĂšce de Bourguiba, SaĂŻda Sassi dont elle connaissait le niveau moral et les intentions malveillantes, elle savait que le systĂšme allait sombrer.

Mais est-ce qu’on a laissĂ© le choix Ă  Wassila ? 
C’est vrai qu’on l’a poussĂ©e Ă  partir. J’ai longuement discutĂ© avec elle aprĂšs son divorce. Je pense que Wassila avait prĂ©cipitĂ© quand elle a dĂ©clarĂ© en 1982 Ă  “Jeune Afrique” qu’il ne faut pas qu’il y ait de succession automatique du PrĂ©sident et que pour que le Bourguibisme survive il faut qu’il y ait des Ă©lections gĂ©nĂ©rales aprĂšs son dĂ©part. C’est Ă  partir de ce moment-lĂ  que sa rupture avec Mzali, le dauphin automatique, Ă©tait totalement consommĂ©e et que les uns et les autres commençaient Ă  Ă©laborer de nouvelles stratĂ©gies pour arriver au pouvoir. Le scĂ©nario diabolique Ă©tait le suivant : faire le vide autour du PrĂ©sident.

C’était le scĂ©nario de Mohamed Mzali ?
C’est tout le systĂšme qui est Ă  incriminer et bien Ă©videmment, rien ne pouvait se faire sans l’assentiment direct ou indirect, du Premier Ministre. J’ajoute que ce qui est criminel, et lĂ  j’assume toute ma responsabilitĂ© et je mesure mes mots, Ă©tait d’engager Bourguiba dans des situations morales incompatibles avec le statut du PrĂ©sident et l’image de la Tunisie.

Vouas voulez parler de quoi au juste?
On avait ƓuvrĂ© Ă  attiser les instincts du PrĂ©sident, Wassila Ă©tait le principal rempart qu’il fallait Ă©liminer. AprĂšs une brouille avec le PrĂ©sident, Wassila aurait pu revenir au Palais et sauver les meubles, mais on a tout fait pour qu’elle ne revienne pas. Nous Ă©tions en 1986 et Wassila Ă©tait dans une clinique. On avait montĂ© le PrĂ©sident contre elle en dĂ©terrant cette dĂ©claration faite Ă  «Jeune Afrique» quatre ans plutĂŽt. Bourguiba le lui avait reprochĂ© Ă  son lit d’hĂŽpital et cela avait rendu la conciliation quasi impossible.
AprĂšs Wassila on s’est pris Ă  son fils Bourguiba Junior qui Ă©tait conseiller auprĂšs de son pĂšre pour l’éloigner dĂ©finitivement de l’entourage du PrĂ©sident.

Comment cela s’est-il fait ?
Il semble que Bourguiba Junior aurait giflé Saïda Sassi.

Bourguiba Junior avait défendu Wassila

Non. Il ne dĂ©fendait pas Wassila, mais son pĂšre. Il estimait que l’idĂ©e du divorce Ă©tait nuisible au PrĂ©sident. Bourguiba avait convoquĂ© son fils en prĂ©sence du Premier Ministre. L’audience Ă©tait trĂšs pĂ©nible pour le pĂšre et le fils. A la fin Bourguiba Junior fut limogĂ©. Mzali n’a pas branchĂ© alors qu’il aurait pu intervenir et ĂȘtre d’un bon conseil pour Bourguiba, mais il n’avait rien fait et a laissĂ© les choses se faire. 
AprĂšs le dĂ©part de l’épouse et du fils, on a continuĂ© aussi avec Mongi Kooli qui Ă©tait le reprĂ©sentant personnel du PrĂ©sident. Le dernier grand rempart Ă©tait son secrĂ©taire particulier Allala Laouiti, le compagnon de Bourguiba depuis cinquante ans et qui avait consacrĂ© toute sa vie et son Ă©nergie pour le PrĂ©sident.
En écartant ces quatres personnages importants on avait fait le vide total autour de Bourguiba.

Ce n’était pas la stratĂ©gie de Mansour Skhiri, le ministre Chef de Cabinet de Bourguiba, de faire le vide autour du PrĂ©sident ?
Supposons que ce soit vrai, ce dont j’en doute trĂšs fort car Skhiri n’avait pas l’influence qu’on lui prĂȘte sur Bourguiba. Le Premier Ministre aurait dĂ» rĂ©agir et faire face Ă  cela. C’est cela qui a amenĂ© la dĂ©liquescence totale de l’Etat sur le triple plan politique, financier et moral. Il n’y avait plus d’Etat. Le naufrage Ă©tait complet et le rĂ©gime Ă©tait moribond.
Cela il faut le dire, mais il est injuste de vouloir faire le bilan des trois dĂ©cennies du rĂ©gime de Bourguiba Ă  l’aune de cette derniĂšre et petite pĂ©riode extrĂȘmement malheureuse et catastrophique pour le pays. 

Que voulez-vous dire ?
Je ne veux pas ĂȘtre nihiliste en donnant l’impression que le bilan du rĂ©gime est totalement nĂ©gatif car cela ne correspond pas du tout Ă  la vĂ©ritĂ© historique.
J’estime qu’il est de mon devoir de rapporter tous ces faits qui ont jalonnĂ© l’histoire de la Tunisie, car je dois cela aux gĂ©nĂ©rations futures. Il faut que ceux qui Ă©taient acteurs de ces Ă©vĂšnements parlent, l’histoire passera aprĂšs, mais sans ces tĂ©moignages de premiĂšre main, les historiens ne peuvent pas accomplir correctement leur tĂąche. Je ne prĂ©tend pas ĂȘtre LA REFERENCE, mais une rĂ©fĂ©rence parmi d’autres. Je demande Ă  mes camarades et Ă  tous ceux qui ont assumĂ© des responsabilitĂ©s durant ces trois dĂ©cennies de ne pas m’en vouloir d’avoir rĂ©vĂ©lĂ© tous ces travers pour le grand public. Je ne pense pas qu’il soit judicieux d’emporter nos secrets avec nous dans la tombe.

Mais votre jugement sur ce que vous appelez vos camarades, ou du moins certains d’entre eux, a Ă©tĂ© assez dur

Il faut qu’on arrive, en Tunisie, Ă  distinguer entre juger des politiques et juger des hommes. Si j’ai jugĂ© assez sĂ©vĂšrement certains choix politiques je tiens Ă  prĂ©ciser que tous ceux qui ont servi le pays sous Bourguiba et sans exception aucune Ă©taient d’honnĂȘtes hommes et ce, bien avant l’IndĂ©pendance. Ces gens-lĂ  Ă©taient de vrais patriotes qui vouaient une profonde admiration pour Bourguiba et l’on aidĂ©, pour les plus ĂągĂ©s d’entre eux, Ă  libĂ©rer le pays du joug colonial et Ă  construire l’Etat moderne indĂ©pendant. Tous ceux qu’on a citĂ© comme les Mongi Slim, TaĂŻeb Mhiri, Ahmed Ben Salah, BĂ©hi Ladgham, Ahmed Mestiri, HĂ©di Nouira, Mohamed Mzali et ceux qu’on n’a pas citĂ© ont tous contribuĂ© a servir du mieux qu’ils pouvaient leur pays mais dans la vie politique de la Tunisie il y a eu des problĂšmes et des faiblesses. J’aurais aimĂ© que chacun fasse son mea-culpa.

L’aviez-vous fait vous mĂȘme ?
J’estime l’avoir fait en toute honnĂȘtetĂ© et sans arrogance. Il faut de l’humilitĂ© pour reconnaĂźtre ses erreurs et c’est de cela que le pays en a le plus besoin.

Que retenez-vous d’essentiel dans le pouvoir de Bourguiba ?
Tout le monde reconnaĂźt, aussi bien Ă  l’étranger qu’à l’intĂ©rieur du pays, qu’il y a eu identification entre Bourguiba, l’Etat et la Tunisie. Cela est Ă©norme.

Quelle est la principale empreinte de Bourguiba ?
Bourguiba a Ă©tĂ© un perpĂ©tuel rĂ©formateur, aussi bien dans sa politique intĂ©rieure qu’extĂ©rieure. Il a toujours su affronter les problĂšmes tout en minimisant au maximum les dĂ©gĂąts. Le rĂ©gime de Bourguiba a connu plusieurs crises. Il a Ă©tĂ© souvent Ă©branlĂ© mais a pu tenir et a su sortir de ces crises grĂące, toujours, Ă  l’intervention de Bourguiba.

L’histoire de Bourguiba avec la Tunisie a durĂ© plus de cinquante ans
En 1937, au deuxiĂšme congrĂšs du NĂ©o-Destour, Bourguiba avait dit aux congressistes : trois solutions s’offrent Ă  nous ; soit affronter la France, mais le rapport de forces n’est pas en notre faveur, soit chercher Ă  nous mettre sous la coupe d’un autre pays et on sera bouffĂ© ou alors construire par Ă©tapes notre indĂ©pendance avec la France et sous son Ă©gide. Bourguiba avait dit cela en 1937 et il n’a jamais changĂ© de cap. Bourguiba n’a jamais succombĂ© aux sirĂšnes du nationalisme maximaliste et sentimental comme cela a Ă©tĂ© le cas des Nasser, Ben Youssef et autres. Peu de leaders dans le monde ont eu cette luciditĂ© et Ă©pargner, ainsi, Ă  leurs peuples des atrocitĂ©s et des souffrances inutiles.
J’affirme aussi que si on avait bien gĂ©rĂ© les intentions de Bourguiba, la Tunisie indĂ©pendante aurait mieux rĂ©ussi. Nous avons tous, et je ne m’exclue pas, mal gĂ©rĂ© les situations de crise : 1970, 1981 et 1984. Nous n’avions pas la gradeur et la vision de Bourguiba.

Comment expliquez-vous qu’un homme aussi visionnaire que Bourguiba n’avait pas compris qu’il fallait libĂ©raliser plus encore son systĂšme politique et mieux prĂ©parer sa succession ? En un mot pourquoi n’a-t-il pas Ă©tĂ© le Senghor de la Tunisie ? 
Les situations de la Tunisie et du SĂ©nĂ©gal ne sont pas comparables. Je ne pense pas que le problĂšme de la Tunisie soit liĂ© au fait que Bourguiba soit devenu prĂ©sident Ă  vie. Je dirais mĂȘme plus : heureusement que Bourguiba soit restĂ© jusqu’à 1987 sinon le pays aurait peut-ĂȘtre sombrĂ© du fait de certaines politiques imprĂ©voyantes comme celle du coopĂ©rativisme des annĂ©es soixante, de l’affrontement avec le syndicat des annĂ©es soixante-dix et de la gestion sentimentale de l’économie dans les annĂ©es quatre-vingt. Bourguiba avait cette supĂ©rioritĂ© mentale et intellectuelle de savoir ce qu’il faut faire dans les moments les plus difficiles et de pouvoir par la suite convaincre ses camarades et le pays de la justesse de ses choix et cela sur une cinquantaine d’annĂ©es et c’est pour cela qu’il a eu tout ce rayonnement en Tunisie et Ă  l’étranger.

Si Tahar, nous avons passĂ© ensemble plus d’une douzaine d’heures rĂ©parties sur sept sĂ©ances et plus d’un mois. Qu’aimeriez-vous dire pour clore cette interview ?
RĂ©alitĂ©s, et je ne vous jette pas des fleurs, m’a fait revivre mon histoire personnelle et celle de mon pays. Vous n’avez Ă©ludĂ© aucune question dĂ©licate et en cela vous rendez service Ă  vos lecteurs et Ă  l’ensemble des Tunisiens, car un pays qui n’a pas conscience de sa propre histoire est mal prĂ©parĂ© pour affronter les dĂ©fis de son futur.

Source: “RealitĂ©s” Le 22-11-2010
Lien: http://www.realites.com.tn/

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