9 mai 2008

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TUNISNEWS
9 Úme année, N°  2908 du 09.05.2008
 archives : www.tunisnews.net


Reuters: Tunisie – 14 personnes emprisonnĂ©es pour fabrication de bombe AP: Tunisie: 14 salafistes condamnĂ©s Ă  de la prison pour avoir tentĂ© de fabriquer une “bombe Ă  hydrogĂšne” Reuters: Tunisia jails 14 people for bomb-making – lawyer AP: Tunisians convicted for trying to build hydrogen bomb AP: Des centres de formation pour les migrants tunisiens vers la France Abdo Maalaoui: Un micro plan Marshall pour la rĂ©gion de Gafsa avant qu’il soit trop tard ? Taoufik Ben Brik: Le théùtre de Sarkozy Vient de paraĂźtre Ă  Tunis – Ouvrage : “AlgĂ©rie, la difficile dĂ©mocratie” de Noura BORSALI AFP: Bernard Kouchner lundi en AlgĂ©rie pour parler Union pour la MĂ©diterranĂ©e


 

Leila Ben Ali

    L’épouse du prĂ©sident tunisien vient de cĂ©der Ă  un groupe belge, l’ Ecole Internationale de Carthage , l’établissement privĂ© qu’elle avait créé avec Souha Arafat . (…)  

(Source : « Maghreb Confidentiel » (Lettre hebdomadaire – France), N° 832 du 9 mai 2008) Lien : http://www.africaintelligence.fr/  

Tunisie – 14 personnes emprisonnĂ©es pour fabrication de bombe

 
Reuters, le 8 mai 2008 Ă  19h47 TUNIS, 8 mai (Reuters) – Un tribunal tunisien a condamnĂ© 14 personnes Ă  des peines allant jusqu’Ă  14 ans de prison pour tentative de fabrication d’une bombe, a annoncĂ© jeudi leur avocat. “La cour a dĂ©cidĂ© d’emprisonner 14 suspects, dont plusieurs Ă©tudiants, pour tentative de fabrication d’une bombe devant servir Ă  un attentat terroriste”, a dĂ©clarĂ© Me Samir ben Amor. L’avocat n’a fourni aucune prĂ©cision sur le projet d’attentat prĂȘtĂ© aux 14 condamnĂ©s. Depuis les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, les autoritĂ©s tunisiennes rĂ©priment les sympathisants d’Al QaĂŻda. Selon des avocats, un millier de suspects ont ainsi Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s depuis 2003, dont plusieurs personnes soupçonnĂ©es de recruter des combattants pour se battre aux cĂŽtĂ©s d’Al QaĂŻda en Irak. REUTERS
 

Tunisie: 14 salafistes condamnĂ©s Ă  de la prison pour avoir tentĂ© de fabriquer une “bombe Ă  hydrogĂšne”

 
Associated Press, le 8 mai 2008 Ă  21h52 TUNIS – Quatorze jeunes salafistes tunisiens prĂ©sumĂ©s ont Ă©tĂ© condamnĂ©s jeudi par la chambre criminelle du tribunal de premiĂšre instance de Tunis Ă  des peines allant de cinq Ă  14 ans de prison ferme pour appartenance Ă  une organisation terroriste et tentative de fabrication d’une “bombe Ă  hydrogĂšne” destinĂ©e Ă  des actes de sabotage, a-t-on appris auprĂšs de l’un de leurs avocats, Me Samir Ben Amor.   Originaires du sud du pays, les accusĂ©s, ĂągĂ©s de 19 Ă  30 ans, ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s en novembre 2006. Selon les procĂšs-verbaux de l’affaire, le chef de file du groupe aurait avouĂ© avoir expĂ©rimentĂ© Ă  deux reprises au Jebel Metlaoui, une montagne du centre-ouest tunisien, l’engin que le groupe s’employait Ă  fabriquer. L’accusation a Ă©tĂ© niĂ©e par le prĂ©venu lors de sa comparution devant le tribunal, a prĂ©cisĂ© l’avocat. La dĂ©fense a plaidĂ© le non-lieu en faisant valoir que les griefs retenus contre les accusĂ©s relevaient de “l’irrĂ©el”, en se basant notamment sur les objets saisis “inconsistants”, Ă  savoir un morceau de bois rectangulaire sur lequel Ă©taient posĂ©s trois transformateurs Ă©lectriques, selon Me Ben Amor qui compte interjeter appel de ce jugement. Des procĂšs en sĂ©rie de centaines prĂ©sumĂ©s salafistes sont rĂ©guliĂšrement examinĂ©s par les tribunaux tunisiens en vertu de la loi anti-terroriste adoptĂ©e en dĂ©cembre 2003 et dĂ©criĂ©e par l’opposition et nombre d’associations pour “atteinte aux droits humains”. AP

 

 

Tunisia jails 14 people for bomb-making – lawyer

 

Reuters, le 8 mai 2008 Ă  19h34 TUNIS, May 8 (Reuters) – A Tunisian court sentenced 14 people to up to 14 years in jail for attempting to make a bomb, their lawyer said on Thursday. “The court decided to jail 14 suspects, among them students, on charges of attempts to manufacture a bomb to be used for a terrorist attack,” defence lawyer Samir Ben Amor said. He gave no details of the attack the 14 were said to have been plotting. The court’s verdict was announced late on Wednesday, he added. The government in Tunis has cracked down on suspected al Qaeda sympathisers since the 2001 attacks on the United States. Lawyers say more than 1,000 people have been arrested since 2003, including several people suspected of recruiting fighters for al Qaeda in Iraq.

Tunisians convicted for trying to build hydrogen bomb

 
The Associated PressPublished: May 8, 2008 TUNIS, Tunisia: A court in Tunisia convicted 14 young Islamic militants Thursday of trying to build a hydrogen bomb and sentenced them to up to 14 years in prison, a lawyer said. The suspects, who come from the North African country’s southern regions and range in age from 19 to 30, were taken into custody in November 2006. The court handed them prison sentences ranging from five to 14 years on charges of belonging to a terrorist group and trying to build a hydrogen bomb, defense lawyer Samir Ben Amor said. Prosecutors said the group’s leader confessed to carrying out two experiments with the device in a remote mountain region, but the suspect denied the claim in court, Ben Amor said. Defense lawyers had asked for the case to be dropped, saying the charges against the men were “unreal,” Ben Amor said. He said the only evidence in the case was a rectangular piece of wood with three electric transformers on it — which he said hardly suggested the suspects were trying to build a hydrogen bomb. In 2002, a suicide attack on a synagogue on the Tunisian resort island of Djerba killed 21 people, mostly German tourists
 
 


Des centres de formation pour les migrants tunisiens vers la France

AP – Jeudi 8 mai, 17h58 TUNIS – La France va investir prĂšs de 40 millions d’euros dans la crĂ©ation de centres de formation professionnelle en Tunisie destinĂ©s Ă  prĂ©parer les migrants tunisiens qui iront travailler dans l’Hexagone, dans le domaine du bĂątiment et des mĂ©tiers de la mer, a rapportĂ© jeudi la presse tunisienne. L’ambassadeur de France Ă  Tunis, Serge Degallaix, citĂ© par “Le Quotidien”, a dĂ©taillĂ© mercredi soir les dispositions de l’accord signĂ© fin avril lors de la visite du prĂ©sident Nicolas Sarkozy en Tunisie. Cet accord doit offrir chaque annĂ©e Ă  9.000 jeunes Tunisiens, ĂągĂ©s de 18 Ă  35 ans et possĂ©dant des compĂ©tences dans 80 mĂ©tiers diffĂ©rents, la possibilitĂ© de travailler en France pour des pĂ©riodes dĂ©terminĂ©es. Il s’agit selon le prĂ©sident français de rĂ©pondre Ă  des besoins non satisfaits du marchĂ© du travail. Parmi les mĂ©tiers ciblĂ©s figurent notamment ceux ayant trait Ă  l’arboriculture, de conducteur d’engins de travaux, d’ingĂ©nieur, d’informaticien et d’analystes. Le contrat de travail initial est de deux ans. Des accords existent dĂ©jĂ  entre les deux pays, notamment la “carte compĂ©tence et talents” pour un permis de sĂ©jour en France de trois ans, renouvelable une fois. Les travailleurs saisonniers tunisiens, dont le contingent est fixĂ© Ă  2.500, peuvent travailler pendant six mois par an et bĂ©nĂ©ficieront d’une carte pluriannuelle de deux Ă  trois ans renouvelable. Les Ă©tudiants, eux, pourront prolonger leur sĂ©jour jusqu’Ă  12 mois, au lieu de six actuellement, aprĂšs la fin de leurs Ă©tudes, et obtenir un contrat de travail. Quant aux Tunisiens en situation irrĂ©guliĂšre, ils pourront recevoir une aide au retour “pour rentrer chez eux dans la dignitĂ©”, selon l’ambassadeur. AP

 

Un micro plan Marshall pour la rĂ©gion de Gafsa avant qu’il soit trop tard ?

 

Abdo Maalaoui,

Expert en coopération internationale

Montréal / Canada

 

elle est oĂč la solidaritĂ© tunisienne ?

 

š      Quel Tunisien qui ne veut pas ĂȘtre solidaire avec les gens du Redeyef ou de Gafsa ?

š      Quel Tunisien qui accepte que ses frĂšres et sƓurs de Redeyef ou de Gafsa continuent de vivre dans la misĂšre et la pauvreté ?

š      Quel Tunisien trouve que c’est normal que des jeunes universitaires de Gafsa restent chĂŽmeurs sans espoir qu’un jour ils trouveront un emploi dĂ©cent pour gagner dignement leurs vies ?

š      Quel Tunisien peut garder les yeux fermĂ©s devant la souffrance d’un peuple honnĂȘte et fier qui a refusĂ© de quĂ©mander son pain quotidien ?

 

Que veulent les gens de Gafsa ?

 

  • Les gens de Gafsa veulent du travail pour gagner leur vie au prix de la sueur !
  • Les gens de Gafsa veulent des usines comme les autres rĂ©gions de la Tunisie !
  • Les gens de Gafsa veulent entendre de temps Ă  autre des projets industriels d’envergure, crĂ©ateurs d’emplois durables et de richesse  dans leur rĂ©gion !
  • Les gens de Gafsa veulent qu’un pourcentage (%) de l’argent de leur richesse naturelle soit transfĂ©rĂ© dans un fonds rĂ©gional de dĂ©veloppement  pour financer des projets dans la rĂ©gion !
  • Les gens de Gafsa veulent des dirigeants compĂ©tents qui comprennent la problĂ©matique rĂ©gionale et qui sont capables de mobiliser les gens afin qu’ils se prennent en main, planifient leur autodĂ©veloppement et accĂ©der Ă  une autonomie Ă©conomique et financiĂšre rĂ©gionale !
  • Les gens de Gafsa ne sont pas sourds, ils ne vivent pas dans une autre planĂšte, ils voient Ă  TV nationale et dans les autres mĂ©dias des hommes d’affaires Ă©trangers font le dĂ©filĂ© et qui annoncent des projets au coup de milliards de $ dans le Sud, dans le Sahel, Ă  Tunis ou dans le Nord, mais rien pour eux ! On dirait qu’ils sont frappĂ©s par une malĂ©diction !
  • Les gens de Gafsa doivent ouvrir des antennes Ă  l’étranger pour promouvoir leur rĂ©gion et attirer les investisseurs Ă©trangers !
  • Les gens de Gafsa n’ont pas besoin d’ĂȘtre humiliĂ©s par  les dĂ©magogues professionnels et les vendeurs d’espoir, ils veulent qu’on leur donne l’heure juste !
  • Les gens de Gafsa mĂ©ritent notre amour, notre soutien, notre tendresse et non la matraque et la rĂ©pression !

 

Je suis au Canada et j’ai vu des vidĂ©os rĂ©alisĂ©s par des amateurs 
 J’ai vu des vieilles mamans manifestant, elles sont essoufflĂ©es en marchant et criant dans la rue ! Jusqu’à quand doit-on cacher cette rĂ©alité ?

 

DerniĂšrement, on m’a demandĂ© d’arrĂȘter d’écrire Ă  Tunisnews et autres mĂ©diums de communication si je veux retourner en Tunisie, encore du chantage ! Je ne suis pas un journaliste et je ne veux pas l’ĂȘtre, je suis un simple Tunisien que la pauvretĂ© et le mĂ©pris un jour, au dĂ©but des annĂ©es 70 m’ont chassĂ© de  mon beau pays la Tunisie ! Je n’écris pas seulement, je lance un cri de coeur quand je vois une grosse bĂȘtise  !

 

Mais comment fermer mes yeux en voyant cette souffrance qui perdure, pourtant j’ai apportĂ© des solutions, mais personne ne veut m’écouter au contraire on m’a interdit de les prĂ©senter, un grand dommage que l’entourage de Ben Ali a construit un mur de silence autour de lui, l’unique espoir que notre voix soit entendue en Tunisie est de devenir opposant ?    

 

Oui Je Suis Un Opposant !

 

Ce qui me fait la peine : quand j’essaye de discuter avec nos «moutons d’universitaires, hauts fonctionnaires et hommes d’affaires tunisiens» pour se mobiliser afin d’apporter des solutions concrĂštes et durables, ils me rĂ©pondent que ce n’est pas mon problĂšme, que c’est le problĂšme du gouvernement tunisien, il me taxe d’opposant professionnel  qui amplifie, qui exagĂšre, qui fait de la dĂ©magogie, etc.  Ils me rĂ©pondent que la Tunisie a besoin un peu plus de sacrifice !

 

C’est vrai que :

 

š      Je suis un opposant à la pauvreté ;

š      Je suis un opposant à la misÚre,

¹      Je suis un opposant à l’injustice,

š      Je suis un opposant à ceux qui nous font souffrir,

š      Je suis un opposant à ceux qui volent le pays,

š      Je suis un opposant à ceux qui cachent la réalité à Ben Ali,

š      Je suis un opposant à ceux qui applaudissent par en avant et trahissent la Tunisie par en arriÚre,

š      Je suis un opposant aux opportunistes qui veulent vider le pays,

¹      Je suis un opposant à ceux qui n’ont plus de cƓur et qui voient notre peuple comme un objet 
.

š      Je suis un opposant Ă  ceux qui harcĂšlent des jeunes filles honnĂȘtes parce qu’elles  portent le hidjeb oĂč d’ĂȘtre en mini et qui ont  dĂ©cidĂ© de se rĂ©unir ensemble chez une amie oĂč lieu d’y aller dans un café 

¹      Je suis un opposant à ceux qui obligent un pauvre policier, pour gagner sa vie et celle de sa famille, il doit matraquer 


š      Je suis un opposant ! Mais je suis un homme intégre qui a gardé sa dignité et son humanité !

¹      Je suis un opposant parce que vous n’avez rien compris à la politique !

 

E.Mail : maalaoui@yahoo.com

 


TUNISIE

Le théùtre de Sarkozy

 

 
Lors de sa visite en Tunisie, du 28 au 30 avril, le prĂ©sident Sarkozy a vantĂ© les avancĂ©es dĂ©mocratiques du rĂ©gime de Ben Ali. Une attitude qui rĂ©volte l’Ă©crivain tunisien Taoufik Ben Brik.  Bouchez-vous le nez et dites : “Vous nous barbez !” Car il se passe apparemment un drĂŽle de manĂšge entre Ben Ali et Sarkozy. Les stratĂšges politiques s’adressent aux stratĂšges politiques, les Ă©ditorialistes aux Ă©ditorialistes, un mĂ©canisme qui tourne Ă  fond pour vendre la rĂ©vĂ©lation du printemps 2008 : la dĂ©mocratie “made in Tunisia”. Petits extraits prĂ©sidentiels : “Aujourd’hui, l’espace des libertĂ©s progresse. Ce sont des signaux encourageants que je veux saluer”, a dĂ©clarĂ© en substance le chef de l’Etat français lors du dĂźner offert le 29 avril par son homologue tunisien. “Ces signaux, ces rĂ©formes s’inscrivent sur un chemin Ă©troit et difficile, celui du respect des individus. Ce chemin, aucun pays ne peut prĂ©tendre l’avoir entiĂšrement et personne ne peut se poser en censeur (
). Je ne vois pas au nom de quoi je me permettrais, dans ce pays oĂč je suis venu en ami, de m’Ă©riger en donneur de leçons. J’ai pleinement confiance, Monsieur le prĂ©sident, en votre volontĂ© de continuer Ă  Ă©largir l’espace des libertĂ©s.” Qui dit mieux. Du Beaumarchais. “C’est le mariage du Figaro !” s’esclaffe Ouled Ahmed, le poĂšte tunisien du vin et de l’amour. Aucune comparaison n’est trop stupide, aucun geste trop dĂ©magogique lorsqu’il s’agit de faire croire qu’on tient enfin le “Karzai maghrĂ©bin” et qu’il n’a pas son pareil. Telle la forĂȘt de Birnam dans Macbeth, nous inflige-t-on, la dĂ©mocratie Ă  la tunisienne s’est mise en marche. Les grincheux n’y changeront rien. Et il importe peu que Ben Ali soit prĂ©sident Ă  vie, corrompu et tortionnaire. HĂ©lĂšne Flautre, prĂ©sidente de la sous-commission des droits de l’homme du Parlement europĂ©en fait remarquer que “dans la Tunisie de Ben Ali, pas un jour ne se passe sans qu’un dĂ©fenseur des droits de l’homme ne soit opprimĂ© ou harcelé  ” La rĂ©cente grĂšve du bassin minier de Radeyef et d’Oum Laarayess dans le centre-ouest du pays tĂ©moigne sans peine du dĂ©sarroi tunisien. “Il a du culot Sarkozy. Ou plutĂŽt un bon dĂ©cimĂštre pour mesurer ‘l’Ă©largissement’ de l’espace des libertĂ©s”, dit Oum Ziad, la plus cĂ©lĂšbre chroniqueuse du pays. “C’est vrai, cet espace a Ă©tĂ© Ă©largi, mais au profit de Ben Ali et aux dĂ©pens des Tunisiens. Il s’en met plein la poche, il brigue un cinquiĂšme mandat sans souci ni tracas, et il a le don d’avoir toujours le un milliĂšme des Tunisiens sous les verrous !” ajoute-t-elle. “La Tunisie n’Ă©tant pas le Tibet, Paris s’efforcera de ne pas irriter le chef tunisien”, rĂ©plique-t-on du cĂŽtĂ© français. D’ailleurs, Rama Yade, la secrĂ©taire d’Etat aux droits de l’homme française, si prompte Ă  s’enflammer sur la Libye de Kadhafi, s’est montrĂ©e peu loquace sur la rĂ©alitĂ© des droits de l’homme au pays du jasmin. “Ce n’est pas Ă  l’ordre du jour”, a-t-elle dĂ©clarĂ©. En tout cas, le rendez-vous initialement prĂ©vu avec l’avocate et militante des droits de l’homme Radhia Nassraoui, a bel et bien Ă©tĂ© annulĂ©. Pis, des journalistes connus pour ĂȘtre le bouclier mĂ©diatique de la Tunisie rĂ©sistante ont Ă©tĂ© parquĂ©s dans un hĂŽtel cinq Ă©toiles (le Golden Tulip) Ă  25 kilomĂštres du centre de Tunis, comme de vulgaires attachĂ©s de presse. Christophe Ayad de LibĂ©ration, Florence BeaugĂ© du Monde, Mouna El Bana de RFI, “RĂ©gis” de France 3 n’ont pas eu mĂȘme le loisir de tĂ©lĂ©phoner aux “tĂȘtes brĂ»lĂ©es” et aux “enfoirĂ©s” du pays. Une telle attitude choque ? Pas du tout. On s’attendait Ă  pire. D’autant que nous avons Ă©tĂ© dĂ©jĂ  leurrĂ©s par les prĂ©dĂ©cesseurs de Sarkozy. Mitterrand est le pĂšre de la formule “Tunisie amie” et Chirac enfante “le miracle tunisien”. “On s’attendait de Sarkozy propagandiste de premiĂšre et ancien ministre de l’intĂ©rieur, une formule qui claque au vent : la Tunisie, paradis fiscal, ou Tunisie prison sans barreaux ! C’est dĂ©cevant”, dit Hamma Hammami, opposant tunisien. De qui se moque-t-on. Les Tunisiens ont cru pendant un long moment que la France, terre de La BoĂ©tie, pourrait aider Ă  la libertĂ©. Aujourd’hui, on assiste plutĂŽt Ă  L’Avare de MoliĂšre.  Taoufik Ben Brik
 
(Source: Courrier international -le  9 mai 2008 )

 

 Vient de paraßtre à Tunis

Ouvrage : Algérie, la difficile démocratie

de Noura BORSALI

 

PrĂ©face de l’ouvrage

ALGER RETOUVEE

 

En ce dĂ©but du mois d’avril 2004, j’eus un immense plaisir Ă  retrouver « Alger, capitale AlgĂ©rie », ville jadis appelĂ©e « Ikosim » (« L’üle aux mouettes »). Abou-Mohamed-El-Abery l’a dĂ©crite, au XIIIĂšme siĂšcle, comme  « assise au bord de la mer, sur le penchant d’une montagne » ayant pour elle les ressources du golfe et de la plaine ». Je n’ai pas revu Alger la blanche depuis 1993. Dix ans sont passĂ©s et que de changements a connus la capitale ! J’avais, en effet, visitĂ© Alger plusieurs fois dans le cadre de nombreux reportages journalistiques pour deux magazines « Le Maghreb » et « RĂ©alitĂ©s » et couvert ainsi les Ă©vĂ©nements du pays de l’aprĂšs octobre 1989, Ă  l’occasion de la premiĂšre commĂ©moration des Ă©vĂ©nements sanglants d’octobre 88.. C’était, en effet, Ă  la suite de la reconnaissance inattendue du Front islamique du salut (FIS) par le gouvernement Chadli que je dĂ©cidai de partir Ă  la dĂ©couverte d’une AlgĂ©rie ouverte au pluralisme aprĂšs trois dĂ©cennies de ce que d’aucuns ont appelĂ© une « tyrannie populiste ». J’avais alors dĂ©crit Alger dans sa situation extra-ordinaire qu’aucun autre pays arabe n’a connue: « Alger, avais-je Ă©crit, vit aujourd’hui, sous un soleil Ă©clatant, au rythme exigĂ© par la soif de libertĂ©. Dans les rues, les cafĂ©s, les universitĂ©s et les mosquĂ©es, les discussions vont  bon train en ce dĂ©but d’octobre. Fini l’époque de la prudence qu’a connue l’AlgĂ©rie sous BoumĂ©dienne. Fini le monopole du pouvoir sur la sociĂ©tĂ©. L’heure est Ă  l’expression et au foisonnement des idĂ©es, et pour beaucoup d’AlgĂ©riens, plus rien ne sera jamais comme avant de ce cĂŽtĂ© de la mĂ©diterranĂ©e ». Je dĂ©cortiquai le discours virulent des islamistes en rencontrant Abassi Madani et en Ă©coutant Ă  la mosquĂ©e de Kouba le jeune Ali Belhaj dont je publiai un des prĂȘches incendiaires sur la dĂ©mocratie considĂ©rĂ©e comme « une hĂ©rĂ©sie », « une impie ». C’est Ă  cette Ă©poque que j’ai rencontrĂ© des chefs de partis politiques et connus des fĂ©ministes ainsi que des moudjahidates (rĂ©sistantes) algĂ©riennes dont je peux tĂ©moigner aujourd’hui de la bravoure et du dynamisme. L’AlgĂ©rie devait ĂȘtre fiĂšre de ses femmes dont les combats pour la libĂ©ration nationale, pour la dĂ©mocratie et contre le terrorisme sont lĂ©gendaires.. Le FIS prenant de plus en plus d’ampleur faillit remporter les lĂ©gislatives de 1991 aprĂšs avoir remportĂ© bon nombre de communes lors des Ă©lections municipales de juin 1990 que j’avais couvertes pour « Le Maghreb » comme j’avais rapportĂ© les marches du FIS du 20 avril 1990 et celles des dĂ©mocrates du 10 mai 1990. Ce fut une AlgĂ©rie mouvementĂ©e et en plein dĂ©sarroi quant Ă  la voie Ă  suivre. C’est alors qu’on fit appel Ă  l’armĂ©e pour arrĂȘter le processus Ă©lectoral le 12 janvier 1992. Le FIS dissous, l’AlgĂ©rie entra dans une violence sans prĂ©cĂ©dent depuis son indĂ©pendance et connut une « dĂ©cennie noire » qui provoqua plus de 100 000 victimes assassinĂ©es et tuĂ©es sauvagement et des dizaines de milliers de disparus. Le terrorisme Ă©touffa dans l’Ɠuf une jeune dĂ©mocratie qui chercha sa voie et l’AlgĂ©rie connut alors une instabilitĂ© politique sans prĂ©cĂ©dent comme le montre l’assassinat de Mohamed Boudiaf, que les AlgĂ©riens avaient nommĂ© « le prĂ©sident de l’espoir », six mois aprĂšs son accession Ă  la tĂȘte de l’Etat. En 1993, lors de mon reportage pour «RĂ©alitĂ©s », j’écrivais : « AprĂšs trois ans d’expĂ©rience dĂ©mocratique, l’AlgĂ©rie est secouĂ©e par une crise politique et institutionnelle. Le passage vers un nouvel Ăąge politique se fait dans la douleur. Mais si le paysage quotidien est tendu et que les AlgĂ©riens demeurent prĂ©occupĂ©s par «el Ktila » (l’assassinat), le spectre d’une guerre civile semble de plus en plus Ă©loignĂ©. Car, malgrĂ© la tension et le couvre-feu, on semble dĂ©cidĂ© Ă  relever le dĂ©fi dĂ©mocratique. Le dialogue national se poursuit, la presse connaĂźt une relative libertĂ© et il est encore permis en AlgĂ©rie de dĂ©noncer les violations des Droits de l’Homme, comme le tĂ©moigne le rĂ©cent passage du S.G d’Amnesty International, Ă  Alger. Sur fond de crise Ă©conomique et d’actes terroristes, on semble prĂ©occupĂ© encore par la transition dĂ©mocratique et le retour au processus Ă©lectoral   ».  Depuis cette annĂ©e 1993, j’ai suivi, Ă  distance, les Ă©vĂ©nements dans ce pays meurtri par tant de violence et admirĂ© ce peuple debout, bravant le danger, en ayant de tendres pensĂ©es pour tous les visages que j’ai connus et aimĂ©s durant mes prĂ©cĂ©dents sĂ©jours. A l’occasion des prĂ©sidentielles du 8 avril 2004, je dĂ©cidai de m’envoler Ă  Alger pour suivre cette consultation Ă©lectorale qui promettait une grande avancĂ©e dĂ©mocratique : un scrutin que se disputent six candidats de mouvances diffĂ©rentes dans une AlgĂ©rie qui a tant donnĂ© pour que naisse enfin sa dĂ©mocratie. Avant mon dĂ©part, sur le formulaire de l’ambassade algĂ©rienne que je devais remplir pour ma mission journalistique, une question m’était proposĂ©e: « Voulez-vous une protection rapprochĂ©e ?» J’y rĂ©pondis nĂ©gativement et Ă  mon arrivĂ©e Ă  l’aĂ©roport d’Alger, on me reposa gentiment la question. Alors, je rĂ©pondis que j’étais venue Ă  la rencontre d’un pays que j’aime et d’un peuple gĂ©nĂ©reux et brave. A aucun moment, je n’avais pensĂ© que l’AlgĂ©rie Ă©tait un pays de terroristes. Je prendrai mes risques pour l’AlgĂ©rie, ce pays que j’ai une immense envie de retrouver et dont l’image, ternie par des annĂ©es de violence, devra changer. Femme seule, je traversai les rues Ă  toutes les heures (pas trop tardives bien sĂ»r comme dans n’importe quel pays), discutais avec des inconnu(e)s, prenais des taxis sans connaĂźtre mes itinĂ©raires et Ă  chaque moment, je faisais confiance aux AlgĂ©riens sans que le sentiment d’une quelconque peur ne m’ait effleurĂ©e un moment. J’ai entamĂ© mon sĂ©jour par une visite Ă  la librairie des Beaux-Arts de la rue Didouche Mourad oĂč j’ai connu Vincent Grau, le gĂ©rant d’une de ces belles librairies d’Alger qui m’a donnĂ©, lors de mes prĂ©cĂ©dents sĂ©jours, la passion des livres sur l’AlgĂ©rie. Il fut assassinĂ© un beau jour dans sa librairie, pour seuls tĂ©moins ses ouvrages qu’il aimait tant montrer et prĂ©senter Ă  ses visiteurs. Je voulais ainsi rendre un vibrant hommage Ă  Vincent dont le portrait Ă©tait accrochĂ© Ă  la librairie -et Ă  travers lui- Ă  tous les AlgĂ©riens et Ă  toutes les AlgĂ©riennes assassinĂ©(e)s par les terroristes durant cette dĂ©cennie noire. J’ai retrouvĂ© un pays qui renaĂźt, se reconstruit difficilement certes aprĂšs des souffrances dues Ă  de longues annĂ©es de terrorisme qui perdure mĂȘme s’il a reculĂ©, au sĂ©isme et aux inondations qui ont aggravĂ© la dĂ©tresse des populations. Et je fus frappĂ©e par cette dĂ©tresse visible dans un phĂ©nomĂšne nouveau, celui de la clochardisation d’une frange de la sociĂ©té : des femmes, vieilles, dĂ©ambulant leurs silhouettes solitaires, des hommes et des femmes parlant Ă  eux-mĂȘmes sans comprendre ce qui se passe autour d’eux, le jour levant et la nuit tombante dans les rues d’Alger. Et que de quartiers pauvres, insalubres et presque tombant en ruines (Ă  Belcourt, Bab el Oued, El Harrach
) dans Alger la blanche ! Que de jeunes vivant de petits mĂ©tiers journaliers prĂ©caires! Que de problĂšmes de transport qui Ă©puisent ! Que dire encore du coĂ»t de la vie qui galope! Autant de choses que je refusais d’accepter de voir dans un pays comme l’AlgĂ©rie, riche de ses potentialitĂ©s humaines et de ses ressources naturelles
 Les dĂ©fis Ă  relever demeurent la rĂ©conciliation de l’AlgĂ©rien avec son pays pour que s’estompe le dĂ©sir toujours ardent de partir, une valorisation de l’image d’une AlgĂ©rie qui vit, renaĂźt et se construit en dehors de la violence et une amĂ©lioration des conditions de vie des AlgĂ©riens dont 12 millions vivent -hĂ©las- au-dessous du seuil de pauvretĂ©. Pour que « Alger imperturbable, puisse continuer Ă  enserrer avec ses deux bras une baie langoureusement prĂ©lassĂ©e  ».

 

N.B.

Alger, 02-09 avril  2004

 

 

 N.B. Le titre reprend celui du tout rĂ©cent ouvrage de Maurice Tarik Maschino, « L’AlgĂ©rie retrouvĂ©e », (Editions Fayard, 2004).

Les reportages de 1989 Ă  1991 ont Ă©tĂ© publiĂ©s dans « Le Maghreb » aujourd’hui disparu du paysage mĂ©diatique,  et ceux de 1993 et 2004 dans « RĂ©alitĂ©s ».

 

 


Bernard Kouchner lundi en Algérie pour parler Union pour la Méditerranée

 
AFP, le 9 mai 2008 Ă  16h51     PARIS, 9 mai 2008 (AFP) – Le ministre français des Affaires  Ă©trangĂšres Bernard Kouchner se rendra lundi en AlgĂ©rie afin  d’aborder avec les responsables algĂ©riens le dossier de l’Union pour  la MĂ©diterranĂ©e, a annoncĂ© vendredi son ministĂšre.     “Le principal objectif de ce dĂ©placement est d’aborder avec nos  partenaires algĂ©riens le dossier de l’Union pour la MĂ©diterranĂ©e,  dont l’AlgĂ©rie doit ĂȘtre un acteur majeur”, a dĂ©clarĂ© la  porte-parole du ministĂšre Pascale AndrĂ©ani.     M. Kouchner “sera porteur d’un message du prĂ©sident” Nicolas  Sarkozy et “la relation bilatĂ©rale franco-algĂ©rienne sera Ă©galement  Ă  l’ordre du jour six mois aprĂšs la visite d’Etat du prĂ©sident”  français, selon la porte-parole.     “Cette visite sera enfin l’occasion d’aborder l’ensemble des  questions rĂ©gionales et internationales”, a soulignĂ© la porte-parole  du Quai d’Orsay.     Le prĂ©sident Sarkozy avait proposĂ© Ă  l’AlgĂ©rie, lors d’une  visite officielle en dĂ©cembre, de construire “l’Union  mĂ©diterranĂ©enne” sur la base de “l’amitiĂ© franco-algĂ©rienne”.     L’Egypte a annoncĂ© jeudi la tenue, le 24 mai au Caire, d’une  rĂ©union ministĂ©rielle des pays arabes concernĂ©s par le “processus de  Barcelone” afin de se concerter sur l’initiative française de crĂ©er  “l’Union pour la MĂ©diterranĂ©e”.     Outre les Palestiniens, neuf pays arabes sont concernĂ©s par le  dialogue euro-mĂ©diterranĂ©en de Barcelone, lancĂ© en 1995 par l’Union  europĂ©enne en direction des pays du Sud : Egypte, Libye, Tunisie,  AlgĂ©rie, Maroc, Mauritanie, Syrie, Jordanie et Liban.     Le prĂ©sident Sarkozy veut lancer le 13 juillet l’Union pour la  MĂ©diterranĂ©e, un projet de partenariat entre l’UE et ses voisins du  sud de la MĂ©diterranĂ©e.     Il avait proposĂ© dĂ©but mars que l’Union pour la MĂ©diterranĂ©e  soit “co-prĂ©sidĂ©e par un prĂ©sident de la rive du nord et un  prĂ©sident de la rive du sud” et son Premier ministre François Fillon  a proposĂ© rĂ©cemment Ă  Rabat que le siĂšge soit situĂ© dans un pays du  sud.

 

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