9 février 2010

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TUNISNEWS
9 ème année, N° 3549 du 09.02.2010
 archives : www.tunisnews.net 


Dr. Moncef Marzouki: L’identité française : Un regard externe Moghrama: Y en a marre de Ammar!! Houssein: À propos de la justification de la censure des blogs en Tunisie AFP: Paris « regrette » la proposition algérienne de criminaliser le colonialisme Reuters: Les cyberopposants iraniens restent actifs en terrain miné AFP: « Erosion progressive des droits de l’homme » en Italie (Amnesty)


L’identité française : Un regard externe


 
Dr. Moncef Marzouki
 
mardi 9 février 2010 Il manque au débat en cours sur l’identité nationale des Français l’éclairage instructif de la comparaison pour aider les uns et les autres à relativiser et à mieux comprendre autour de quoi ils se querellent. Rien ne ressemble davantage à un intégriste musulman qu’un intégriste juif, chrétien ou Hindou et rien ne ressemble plus à un débat sur l’identité nationale qu’un autre débat sur l’identité nationale, et ce quel que soit le pays. De l’autre côté de la Méditerranée, l’identité arabo- musulmane donne lieu depuis un demi-siècle à un débat féroce. À l’échelle de la nation, cette identité se réduit pour la majorité à affirmer notre singularité par rapport aux juifs, occidentaux et autres « infidèles ». Mais c’est la situation pays par pays qui est intéressante car elle révèle toute la richesse et la complexité de la problématique. Dans la région du golfe, où les Arabes du cru ne sont plus que 10% de la population, le cément qui les unit est fait de sentiment de propriété de la terre, de supériorité et surtout de peur d’être engloutis par le flot des « Wafidin ». Ce terme veut dire arrivants, mais n’est pas loin de signifier envahisseurs. Le plus intéressant est que les « Golfiens » englobent dans le même vocable les Occidentaux, les Tamouls, les Philippins et autres asiatiques, mais aussi les Egyptiens, les Palestiniens et les Marocains. Ces Arabes musulmans sunnites sont ressentis comme plus menaçants car pouvant réclamer, du fait des forts liens avec les autochtones, la nationalité et l’installation, avec ce que cela implique de droit au Magot. Au Liban, l’identité se construit dans la coexistence et la confrontation des confessions, mais aussi dans la mise à l’écart des Palestiniens depuis un demi-siècle de peur de les voir perturber le délicat équilibre confessionnel. En Egypte, le legs pharaonique et chrétien est massivement refoulé au profit d’une appartenance plus islamique qu’arabe. Au Maroc et en Algérie, le retour du refoulé entraîne une empoignade dangereuse entre les nationalistes arabes et Amazighs (berbères), ces derniers exigeant de redéfinir le Maghrébin en y mettant moins d’arabité et plus « d’Amazighité ». En Tunisie, la question est : « sommes-nous plus Méditerranéens que Moyen -Orientaux ou l’inverse ? ». Les bourgeois de Carthage sont pour tirer l’identité plus vers la mer et les paysans du sud plus vers le désert. * De la participation sur plus d’un quart de siècle à des joutes oratoires sans cesse recommencées autour de la lancinante problématique, on finit par repérer la typologie des acteurs, les lignes de force de l’argumentaire et surtout les deux grandes écoles de pensée qui les sous-tendent. La première défend une identité par opposition. C’est la différence – et de préférence radicale- qui fonde aussi bien le soi individuel que le soi collectif. Elle assigne à l’autre, rejeté et maintenu à distance, le rôle de référence négative. La seconde défend une identité par apposition. Dans ce discours, l’identité d’un peuple se construit à la manière des couches géologiques de la nature, sauf que c’est l’histoire des rapports avec tous les autres qui incorpore et superpose les couches du relief social. Ici, l’identité n’est pas un processus achevé, la dernière couche restant grande ouverte aux appositions en cours ou à venir. Dans le monde Arabe, comme en France et ailleurs, ce sont là deux discours aux antipodes, jacassant chacun de son côté et totalement sourd à toute critique venant de l’autre partie. Inutile d’aller dire aux « oppositionnistes » que l’autre est toujours constitutif de leur identité. Combien de Français se rappellent que Saint Denis leur est venu d’Italie et Saint Martin de la Roumanie d’aujourd’hui ? Tout aussi inutile est d’essayer de leur faire prendre conscience que ce qu’un peuple produit de plus grand et de plus beau finit toujours par basculer dans l’escarcelle de l’universalité en devenant la propriété de tous les autres hommes et qu’il ne leur reste pour fonder leur spécificité que le résidu de culture qui n’intéresse pas grand monde. De la même façon, inutile de perdre son temps avec les « apposisionnistes » et de leur dire qu’ils perdent le leur en s’étranglant d’indignation contre la « bêtise » ou la « xénophobie » de leurs adversaires. Et pour cause : ces positions comme les leurs traduisent chacune une partie de nos pulsions les plus fondamentales et ces pulsions sont elles-mêmes antagonistes. Le clan primitif d’il y a cinquante mille ans s’est transformé en tribu, peuple, nation ou communauté de nations partageant la même civilisation, mais certaines contraintes essentielles n’ont pas changé. Il faut protéger le clan du plus dangereux des prédateurs, à savoir l’autre clan. Cela exige l’extrême cohésion de ses membres autour du plus fort dénominateur commun : le même « sang ». Mais dans sang il y a aussi consanguinité, une terrible menace pour la survie. Alors il faut aller la nuit voler quelques femmes chez l’ennemi haï et redouté pour qu’elles portent les enfants du clan, puis apprendre avec le temps à les négocier, elles et tout ce qui va avec. Mais ce ne sont pas seulement les gènes qu’il faut échanger. Sont tout aussi nécessaires tous les trucs de la survie, les produits et même les confidences écrites, peintes, ou chantées sur le terrible destin commun. Tel est le dilemme de toujours : pour survivre il faut rejeter l’autre et l’incorporer, le fuir et lui courir derrière. Les hommes étroits d’esprit et de cœur, nostalgiques du passé et effrayés par l’avenir défendront toujours l’identité par opposition. Les hommes larges de cœur et d’esprit, effrayés par le passé et nostalgiques de l’avenir, défendront toujours l’identité par apposition. Les uns comme les autres ne sont que les porte-parole de la conjoncture historique et du climat social. En période de vaches maigres, ce seront les « oppositionnistes » qui auront voix au chapitre surfant sur la peur et la paranoïa. Si le débat qui sévit en France actuellement sent le roussi, c’est parce qu’il est révélateur d’une crise franco-française. En période de vaches grasses, ce seront les « apposissionnistes » qui profiteront du relâchement des tensions pour faire avancer la conscience collective vers notre dernière couche commune de l’identité : celle de l’appartenance au grand peuple de l’humanité et à la patrie des patries : la terre. Les deux approches de la question sont comme les parallèles de la géométrie, coexistant côte à côte et appelées à ne jamais se rencontrer. Mais ni les tenants de l’une ou de l’autre n’empêcheront régressions et avancées dans un processus où l’identité des hommes et des peuples continuera jusqu’à la fin des temps à se faire et par l’opposition et par l’apposition. ****
 
(Source: le site du Dr Moncef Marzouki le 9 fevrier 2010)

Y en a marre de Ammar!!

Par: Moghrama

Dans ce billet, je ne parlerai pas de » l’affaire »Noctural Thougts, le blog de Pr Tarek Kahléoui, mes amis bloggueurs le font mieux que moi. Je veux tout simplement exprimer ma colère et mon exaspération face à la censure!!

Depuis que je suis sur Internet, je n’arrête pas de me heurter à cette page,404 Not Found, j’en ai marre, je perds un temps fou à chaque fois que je clique sur des liens ou des pages et ce qui me horrifie encore plus , c’est qu’il s’agit des fois de sujets qui n’ont aucune raison d’être censurés (bien que , pour moi, rien ne justifie la censure):

Un exemple: essayez de chercher, Le prophète, de Gibran et voilà sur quoi vous allez tomber: Not found!! Not found aussi pour des chansons et des vidéos sur Youtube, Not Found pour des journaux internationaux ou des chaînes TV comme Aljazira, Not Found pour des blogs amis, Not Found pour des blogs du monde, Not Found pour certains poèmes d’Ahlem Mostghanemi, Not Found, pour tout!! Cela va sans dire pour les coupures incessantes sur les réseaux sociaux, et de la lenteur du débit de connexion!!

Quand est-ce qu’on cessera de nous considérer comme des mineurs et de choisir pour nous ce que nous devons voir, lire et entendre!!Je réclame mon droit à la libre circulation de l’information sur la toile, mon droit à la non-censure, mon droit à l’accès à tous les sites sur le net, mon droit à la liberté d’expression, j’estime que je suis en mesure de pouvoir choisir par moi-même, de m’exprimer comme je l’entends et que nul n’est tuteur de ma pensée!!

(Source : le blog tunisien « Au Quotidien », le 9 février 2010)

Lien :http://fatounar.blogspot.com


À propos de la justification de la censure des blogs en Tunisie


Par : Houssein

On ne s’en étonne plus, l’ATI (Agence Tunisienne de l’Internet) continue régulièrement de bloquer l’accès aux blogs tunisiens, dernier et non des moindres est le blog du Professeur Tarek Kahlaoui, un de mes blogs tunisiens préférés. Préféré parce qu’il me stimule intellectuellement, je suis souvent en désaccord avec ses idées, mais sa lecture me pousse souvent à la réflexion, et c’est justement ce que je cherche sur la blogosphère. Je disais donc qu’on ne s’étonne plus de l’arbitraire du blocage de certains blogs. On vit avec ce fléau depuis la naissance de l’Internet en Tunisie, et les tunisiens ont appris à contourner la censure du Web par différents moyens… Par contre, ce qui continue à m’étonner grandement, c’est la réaction de certains, blogueurs entre autres, qui trouvent acceptable sinon souhaitable la censure des blogs et du Web en général. Ça me dépasse. Je ne comprends pas. Ce n’est pas faute d’avoir essayé de décortiquer leur raisonnement, rien à faire, leur logique m’échappe complètement. Je veux dire, comment on peut se prétendre démocrate et libéral tout en se réjouissant et approuvant la censure de l’opinion qui nous dérange ? D’autant plus qu’il s’agit de l’opinion d’un intellectuel de haute voltige. Qu’on soit d’accord ou pas, on doit avoir l’honnêteté intellectuelle de reconnaitre la qualité, et l’honnêteté morale de défendre la liberté, toute la liberté, et non pas seulement celle qui nous arrange. C’est un principe universel, faut-il le répéter ? La liberté d’expression est une, elle ne souffre pas la demi-mesure. On est soit pour la liberté de chacun de s’exprimer, soit contre. On ne peut être dans le flou quand il s’agit de principes fondamentaux, dans le oui-mais, ça ne marche pas comme ça. C’est en usant de rhétorique que certains justifient l’injustifiable. Ainsi, par exemple, j’ai lu quelqu’un dire que le blog de Tarek « contient des insultes », ce qui implicitement justifierait son blocage en Tunisie, pays qui n’accepte aucune dérogation à la bonne tenue virtuelle semble t il ! Foutaises, évidemment. RIEN ne justifie la censure de la parole et de l’opinion. Point. Tiens en parlant d’insultes, j’avais expliqué quelque part comment se définit l’insulte pour moi : Pour moi, dire que quelqu’un est stupide, ou con, ou ne sait pas de quoi il parle, ou qu’il n’a pas d’expérience, ou qu’il dit des conneries, ou qu’il se trompe, ou qu’il ses idées puent, etc. tout ça ne rentre pas dans la catégorie « insultes », mais plutôt dans le « jugement de valeur » ou dans la « vulgarité« . Grande nuance. Insulter quelqu’un c’est le traiter par exemple de sale arabe, ou sale pédé, ou de gros tas de merde qui pue, etc.

(Source : « Hou – Hou blog », le 8 février 2010)

Lien : http://houblog.net/article/1867-a-propos-de-la-justification-de-la-censure-des-blogs-entunisie


Paris « regrette » la proposition algérienne de criminaliser le colonialisme


AFP, le 9 février 2010 à 10h57 PARIS, 9 fév 2010 (AFP) – Le ministre français de l’Immigration Eric Besson a « regretté » mardi la proposition de loi criminalisant le colonialisme français que le Parlement algérien envisage d’adopter. 125 députés de différents partis politiques algériens, dont le Front de libération nationale (FLN), ont signé une proposition de loi « criminalisant le colonialisme français » (1830-1962), qui selon un député de ce parti, sera adoptée « probablement » au printemps par le Parlement algérien. « Je regrette cette proposition », a réagi M. Besson sur la radio française RMC. Le ministre a rappelé qu’il s’agissait d’un « sujet sensible » alors qu’il reste « encore des cicatrices ». « Il ne faut pas oublier la colonisation et la post-colonisation » mais il faut « dépasser » cette question, a-t-il ajouté. Lors d’une visite en Algérie en décembre 2007, le président français Nicolas Sarkozy avait fermement dénoncé le système colonial « injuste par nature ». Mais il avait refusé toute idée de « repentance », estimant qu’il s’agit d’une forme de « haine de soi » et de « dénigrement » de son pays.  


Les cyberopposants iraniens restent actifs en terrain miné


 

Par © 2010 Thomson Reuters Créé le 09/02/2010 07:45 par Reza Derakhshi TEHERAN (Reuters) – Leurs cheminements sur internet sont de plus en plus gênés par les multiples filtres mis en place par les autorités iraniennes, mais Nooshin et d’autres partisans de l’opposition assurent recevoir encore les informations sur les prochaines manifestations, par e-mail. Seulement, ils ne savent pas de qui proviennent ces messages. De

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