8 février 2001

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TUNISNEWS
 
7589 personnes reçoivent en même temps que vous cette liste de diffusion multilingue qui publie ce 8 février 2001 son 164éme numéro.

LES TITRES DE CE JOUR:

  • TROIS DEPUTES EUROPEENS INTERPELLENT LA FRANCE AU SUJET DES VIOLATIONS DES DROITS DE L’HOMME EN TUNISIE.

  • UNE PETITION DE PARLEMENTAIRES EUROPEENS

  • ABDALLAH KALLAL SE TROUVE ACTUELLEMENT A L’HOPITAL DE LA PITIE-SALPETRIERE A PARIS
  • Human rights groups, leftist deputies, protest alleged rights violations in Tunisia·

  • Des ONG dénoncent à Tunis « l’agression » contre le frère de Ben Brick
  • Agression contre le frère de Ben Brick: inquiétude de trois députés européens

  • Appel des associations de la société civile tunisienne
  • Affair Haroun M’Barek

  • LA PRESSE ALGERIENNE, FRANCAISE ET INTERNATIONALE POURSUIT SA COUVERTURE DE CE QUI SE TRAME A TUNIS.


TROIS DEPUTES EUROPEENS INTERPELLENT LA FRANCE AU SUJET DES VIOLATIONS DES DROITS DE L’HOMME EN TUNISIE.

Lettre ouverte à Monsieur Hubert Védrine

Bruxelles, le 7 février 2001
Ministre des Affaires étrangères
 
Monsieur le Ministre,
 
C’est avec la plus grande attention que nous suivons depuis le début de cette législature européenne l’évolution politique de la Tunisie qui est, comme vous le savez, liée à l’Union européenne par un accord d’Association euro-méditerranéen depuis le 1er mars 1998. 
 
Des événements profondément choquants se sont multipliés dans ce pays depuis de nombreux mois. Nous n’énoncerons pas ici toutes les entraves aux libertés fondamentales qu’ont subi défenseurs des droits de l’homme ou personnes contestant le régime mais souhaitons cependant vous rappeler -si besoin en est- qu’en novembre, le local de la Ligue tunisienne des
Droits de l’homme (LTDH) était mis sous scellés et son Comité directeur sous administration judiciaire, qu’en décembre, Nejib Hosni, avocat et défenseur des Droits de l’homme était incarcéré, qu’en janvier, le docteur et militant tunisien Moncef Marzouki était condamné à douze mois de prison ferme. Et qu’hier, c’était à Jalel Zoghlami qui vient de lancer le journal Kaws El Karama de faire l’objet d’une tentative d’assassinat en pleine rue de Tunis. Ce dernier, en grève de la faim depuis son agression, se trouve actuellement encerclé par la police et des personnes de son entourage semblent avoir été blessées. L’escalade de la violence et la répression autoritaire de l’Etat tunisien semblent être sans fin. 
 
Le Parlement européen a voté deux résolutions sur la situation des droits de l’homme en Tunisie le 15 juin et le 14 décembre 2000 pour alerter les gouvernements européens et demander d’urgence la tenue d’une réunion du Conseil d’Association UE-Tunisie sur la question des droits de l’homme. Alors que la situation se dégrade de jour en jour dans ce pays, nous savons qu’aujourd’hui aucune réunion d’évaluation n’a été convoquée par le Conseil. Il semblerait même que ces réunions prévues initialement à un rythme annuel pourraient être beaucoup plus espacées. L’accord d’Association liant l’Union européenne à la Tunisie va au-delà de la mise en place d’une zone de libre échange entre les deux rives méditerranéennes. Il est aussi fondé sur le respect des principes démocratiques et des libertés fondamentales. Il est difficile de rester muets devant les agressions morales et physiques que subissent injustement les défenseurs des droits de l’homme tunisiens.
 
Si nous, partenaires de la majorité plurielle, vous écrivons aujourd’hui, c’est parce que nous pensons qu’il est temps de réagir et que nous souhaitons, à notre façon, tirer la sonnette d’alarme. Nous sommes convaincus qu’en votre qualité de ministre des Affaires étrangères vous pouvez jouer un rôle déterminant dans ce processus euro-méditerranéen et nous vous demandons, dès à présent, d’utiliser toute votre influence pour que les résolutions du Parlement européen soient prises en considération et qu’un Conseil d’association se réunisse rapidement.
 
Enfin, nous ne vous cacherons pas non plus notre plus vive inquiétude concernant le cas de Jalel Zoghlami et nous vous prions de tout mettre en oeuvre pour qu’il soit mis un terme aux actes d’agression et de harcèlement dont il fait l’objet depuis samedi dernier. 
 
Convaincus de votre détermination à défendre les valeurs de la démocratie dans le dialogue euro-méditerranéen, nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre, à l’assurance de nos sentiments les meilleurs.
 
Daniel Cohn-Bendit  Pervenche Berès  Francis Wurtz
Délégation française des Verts Délégation française du PSE Délégation française de la GUE


UNE PETITION DE PARLEMENTAIRES EUROPEENS APPELLE A UNE réunion d’urgence du Conseil d’association UE-Tunisie, en vue « d’analyser spécialement la situation des droits de l’homme en Tunisie »!

Tentative d’assassinat de Jalel Zoghlami: empêcher l’escalade meurtrière, obtenir le respect des droits de l’homme en Tunisie.

 
A plusieurs reprises, ces derniers mois, le Parlement européen s’est inquiété de la dégradation de la situation des droits de l’Homme en Tunisie.
 
Le 15 juin et le 14 décembre 2000, l’assemblée plénière, à Strasbourg, a voté des résolutions exprimant, notamment, la « vive préoccupation » du Parlement vis à vis « des mesures prises à l’encontre des défenseurs des droits de l’homme (cnlt, ltdh…), de l’état de santé de nombreux prisonniers politiques, de la multiplication des actes d’intimidation et de harcèlement » dont sont victimes les démocrates et leurs proches.
 
Alors que le partenariat économique avec la Tunisie, est le plus développé de ceux mis en place dans l’espace euro-méditerranéen, la résolution rappelait que la traité d’association UE-Tunisie est fondé, dans son article 2, sur « le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales ».
 
Après l’agression dont fut victime son frère, Taoufik Ben Brick le 20 juin 99, après l’attentat par balles contre Riadh Ben Fadhl le 22 mai 2000, L’assassinat manqué, vendredi 2 février, à Tunis, contre Jalel Zoghlami, sonne, comme une dernière sommation à agir efficacement.
 
Il ne serait reproché à cet opposant connu, l’édition d’un journal, « Kaws el Karama », dont le premier numéro dénonçait l’ambition du président Ben Ali de passer outre une constitution qui lui interdit de se représenter à l’élection présidentielle en 2004. La volonté de tuer comme l’implication, autour de cette agression, des forces de sécurité ne font aucun doute.
Nous ne nous résignons pas à attendre le meurtre « réussi » d’une personnalité tunisienne connue, pour obtenir une réaction appropriée de la communauté internationale.
 
C’est pourquoi nous demandons, conformément à la résolution du 14/12/00,
 
– que le Conseil et la Commission européenne « mettent en œuvre les moyens prévus par l’accord d’association UE-Tunisie, pour obtenir le respect des droits de l’homme ».
 
– la réunion d’urgence du Conseil d’association UE-Tunisie, en vue « d’analyser spécialement la situation des droits de l’homme en Tunisie ». 
 
Le 6 février 2001, premiers signataires:
 
Hélène Flautre, Yasmine Boudjenah, Daniel Cohn Bendit, Harlem Désir, Olivier Dupuis, Alain Krivine, Sylviane Ainardi, Danièle Auroi, Carmen Cerdeira Morterero, Marie Arlette Carlotti, Paulo Casaca, Giuseppe Di Lello, Anne Ferreira, Koldo Gorostiaga, Alain Lipietz, José Maria Mendiluce, Gérard Onesta, Didier Claude Rod, Fodé Sylla, Maurizio Turco, Roseline Vachetta, Francis Wurtz


MAGHREB CONFIDENTIEL AFFIRME QUE ABDALLAH KALLAL SE TROUVE ACTUELLEMENT A L’HOPITAL DE LA PITIE-SALPETRIERE A PARIS!!!!!!!!!

MAGHREB CONFIDENTIEL # 497 – 08/02/01

TUNISIE : ABDALLAH KALLEL

L’ancien ministre de l’Intérieur a été transféré d’urgence à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris. Diabétique, il vient par ailleurs de subir un triple pontage coronarien. Proche de Leïla Ben Ali, ce dernier « compagnon de route » du président pour le « coup d’Etat médical » de 1987, a toujours servi de « fusible » au Palais de Carthage, concentrant sur sa personne l’ire de l’opposition. C’est usant… Sa récente « sortie » du gouvernement semble également l’avoir sérieusement affecté.

MAGHREB CONFIDENTIEL # 497 – 08/02/01

TUNISIE : RSF: « LE CONTROLE D’INTERNET EST OMNIPRESENT »

Dans son « Rapport internet 2001 » qui paraîtra à la fin de ce mois, Reporters sans frontières (RSF) consacre plus d’une page à la Tunisie ! Cette association relève que: « L’ATI (Agence tunisienne d’Internet) régit le réseau tunisien, gère l’enregistrement et l’administration des noms de domaines. Seuls deux fournisseurs d’accès à Internet ont le droit de desservir les particuliers: PlaNet et 3S GlobalNet. Ces deux sociétés sont dirigées par des proches de la famille du président Ben Ali dont sa propre fille ». Les sites institutionnels doivent informer l’ATI de « tous les comptes qui ont été ouverts », comme « de tout changement d’adresse, d’équipement et d’utilisateur ». Bref, Big brother Carthage vous regarde…


Des ONG dénoncent à Tunis « l’agression » contre le frère de Ben Brick



TUNIS, 7 fèv (AFP)

Sept organisations non gouvernementales de défense des droits de l’Homme ont dénoncé mercredi à Tunis « l’agression » contre le frère de Taoufik Ben Brick et de ses amis, appelant les autorités du pays à mettre fin à ce genre « d’agissements ». Dans une déclaration parvenue mercredi à l’AFP, l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH) et  l’Association tunisienne des jeunes avocats (ATJA) ont affirmé que Jalel Zoghlami et ses amis ont été agressés mardi soir par « un grand nombre de policiers qui encerclait le domicile » du frère de Taoufik Ben Brick.
Il s’agit « d’une tentative visant à faire échouer la grève de la faim entamée samedi par Jalel Zoghlami » à la suite d’une première agression, indique cette déclaration signée également par le Conseil national pour les libertés (CNLT, non reconnu) et le Rassemblement pour une autre alternative de développement (RAID, non reconnu). Ces associations, auxquelles se sont jointes deux organisations tunisiennes basées à Paris, le Comité pour le soutien des luttes civiles et politiques en Tunisie (CSLCPT) et le Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie (CRLDH) ont appelé les autorités « à mettre fin à ce genre d’agissements » et à garantir le respect « des libertés d’association et de circulation ainsi que la non violation de domicile ».
Mercredi, le ministère français des Affaires étrangères a demandé à son ambassade à Tunis d’être « particulièrment attentive » à l' »agression » contre Jalel Zoghlami.
Selon l’organisation internationale de défense de la presse, Reporters sans frontières (RSF), le frère de Taoufik Ben Brick, directeur d’un mensuel nouvellement créé, a commencé le 3 févrierune grève de la faim après avoir été attaqué le même jour à Tunis par plusieurs hommes. Le journaliste a demandé aux autorités tunisiennes d’engager des poursuites à l’encontre de ses agresseurs, d’arrêter toute forme de harcèlement contre lui et sa famille et de lui restituer ainsi qu’à son fils son passeport, a précisé RSF.


 


Human rights groups, leftist deputies, protest alleged rights violations in Tunisia·

APE, le 7 Février 2001 à 21h36.
  
 PARIS (AP) — Several human rights groups and European leftist politicians on Wednesday protested the alleged beating of a prominent opposition journalist’s brother and demanded an improvement in the human rights situation in Tunisia.
   The Paris-based Reporters without Borders sent a letter to Tunisian President Zine el Abidine Ben Ali to protest « the limitless repression » of Jalel Zoghlami, whom the group said was
beaten by a group of unidentified civil officers earlier this month.
   Zoghlami is the brother of Tunisian journalist Taoufik Ben Brik, who held a six-week hunger strike last year to protest harassment and the jailing of his brother in April 2000.
   The journalists’ group demanded that the government in Tunis « stop these violent acts that have multiplied in the last several weeks against those who are trying to express themselves freely. »
   Some 25 leftist European deputies, including French Greens politician Daniel Cohn-Bendit, also criticized the Tunisian government’s human rights record in a statement issued Wednesday.
   The International Federation of Human Rights said it was deeply concerned by the « continuing deterioration of human rights in Tunisia. » The group called for the European Union and the United Nations to urgently address the situation.
   Ben Brik’s hunger strike drew broad support from Tunisian and European human rights activists and put a spotlight on Tunisia, a small North African nation often criticized for its treatment of dissidents.

Agression contre le frère de Ben Brick: inquiétude de trois députés européens

AFP, le 8 Février 2001 à 12h45.
   PARIS, 8 fév (AFP) – Trois députés européens français, la socialiste Pervenche Bérès, le Vert Daniel Cohn-Bendit et le communiste Francis Wurtz, ont exprimé jeudi leur « plus vive
inquiétude » après l’agression de Jalel Zoghlami, frère du militant tunisien des Droits de l’Homme Taoufik Ben Brick.
   Le frère de Taoufik Ben Brick, directeur d’un mensuel nouvellement créé, a commencé le 3 février une grève de la faim après avoir été attaqué le même jour à Tunis par plusieurs hommes.
   « L’escalade de la violence et la répression autoritaire de l’Etat tunisien semblent être sans fin », écrivent les trois parlementaires dans une lettre ouverte au ministre français des Affaires étrangères, Hubert Védrine, rendue publique jeudi.
   Les députés rappellent le vote par le Parlement européen de « deux résolutions sur la situation des droits de l’Homme en Tunisie le 15 juin et le 14 décembre 2000 pour alerter les gouvernements européens et demander d’urgence la tenue d’une réunion du Conseil d’association UE-Tunisie sur la question des droits de l’Homme ».
  Ils demandent à M. Védrine « d’utiliser toute (son) influence pour que les résolutions du Parlement européen soient prises en considération et qu’un Conseil d’association se réunisse
rapidement ».
   Ils prient aussi le chef de la diplomatie française « de tout mettre en oeuvre pour qu’il soit mis un terme aux actes d’agression et de harcèlement » contre Jalel Zoghlami.

AFP


 UNE PREMIERE. LES ONG INDEPENDANTES DE LA SOCIETE CIVILE TUNISIENNE A L’INTERIEUR ET A L’EXTERIEUR DU PAYS PARLENT D’UNE SEULE VOIX. ELLES DENONCENT DANS UN COMMUNIQUE COMMUN LA VIOLENCE AVEUGLE DU REGIME.

Appel des associations de la société civile tunisienne

Le soir du mardi 6 février, un imposant dispositif composé de différents corps de forces de l’ordre a bouclé le quartier où réside Jalel Zoghlami. Ils ont violemment agressé Jalel Zoghlami ainsi que certains de ses amis présents entraînant une fracture au bras pour l’un d’entre eux et des blessures pour un autre. Dans une tentative de faire avorter la grève de la faim ménée par Jalel Zoghlami depuis samedi dernier en réaction à l’agression sauvage dont il a été victime, les policiers armés de matraques ont semé la terreur dans tout le quartier.
Face à cela, les associations signataires du présent appel condamnent avec la plus grande fermeté ces violences de la police ainsi que la terreur qu’ils ont
semé dans tout le quartier.
Elles apellent à la cessation de ces pratiques illégales et exigent la sanction de ses auteurs.
Elles réitèrent l’urgence de faire respecter la liberté de circulation ainsi que l’inviolabilité des domiciles privés
Elles appellent toutes les forces démocratiques à se mobiliser pour défendre toutes les libertés bafouées et notamment la liberté d’expression, d’association et de réunion.

Tunis le 7 février 2001

· Association Tunisienne des Femmes Démocrates (ATFD)
· Ligue Tunisienne de Défense des Droits de l’Homme (LTDH)
· Asssociation Tunisienne des Jeunes Avocats (ATJA)
· Conseil Nationa pour les Libertés en Tunisie (CNLT)
· Rassemblement pour une alternative Internationale de développement (RAID)
· Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie (CRLDH)
· Comité de soutien aux luttes civiles et Politiques en Tunisie (CSLPT)

 

 

Affaire Haroun M’Barek

 
Salut Jamel,
 
J’ai pensé que tu pouvais faire quelque chose avec ce texte.

Jeudi matin, minuit,

Bonjour à tous et à toutes,

Aujourd’hui, j’ai participé à la manifestation pacifique ayant pour but d’aider Haroun M’Barek, étudiant tunisien emprisonné et torturé dans son pays. Après avoir lu un courriel de Francis Sirois, un petit texte m’est venu en tête. À vous de me dire ce que vous en pensez. Le publier serait-il utile? 

Pour clore le texte, une démarche à suivre devrait être incluse (lieux où signer des pétitions, prochaine rencontre. Répondez vite! Le temps presse pour Haroun!

Julie Sanfaçon

Julieqc26@hotmail.com

N.B. : Je pars d’un commentaire modifié de Francis, et j’attends aussi son autorisation pour le citer.

Cruelle extase

Qui aurait dit? À cette vingt-neuvième édition du Carnaval de Québec, nous pouvons contempler Extase, une splendide créature façonnée par la Russie, se prélassant sur les plaines d’Abraham. En la voyant ainsi, belle et abandonnée, certains disent : « Tiens, une gentille dame couchée sur le dos. Bonhomme, Bonhomme, veux-tu jouer de ce tambour-là? ».

L’équipe russe est consternée et ne sait pas quoi penser des commentaires émis à propos de leur sculpture… et ne saura pas quoi penser à propos du paradoxe se cachant derrière son doux visage.

Les Russes se sont dévoués pendant cinq jours, luttant contre la fièvre, le froid, la fatigue et la tempête pour donner vie à Extase, la belle de neige, la dégageant de sa froide prison et la laissant voler vers nous en un message d’amitié pour leurs frères et sœurs du nord, tandis que le service canadien de l’immigration se consacre à une toute autre œuvre, luttant contre les conventions internationales en matière de défense des droits humains et sculptant de quelques coups de crayon le corps d’Haroun M’Barek, étudiant tunisien en droit à l’Université Laval, l’arrachant brutalement du Canada, sa patrie d’adoption, le six janvier 2001 et le projetant dans un torride et violent enfer où son corps voudrait sans doute lui aussi s’oublier, à force de se cabrer sous les lacérations de la torture.

Monsieur M’Barek a été expulsé vers la Tunisie où il purge actuellement une peine de douze années d’emprisonnement pour ses opinions politiques et où il est victime de tortures. Son casier judiciaire est pourtant vierge. Il est un prisonnier d’opinion. Il n’a commis aucun crime à part celui d’être trop dérangeant pour le régime totalitaire de la Tunisie.

Les œuvres de nos amis russes et du gouvernement canadien nous livrent à une cruelle extase. La belle repose tandis que les monstres s’acharnent. L’âme s’élève dans un moment d’extase et le corps s’oublie tandis que les coups pleuvent et que les bourreaux se dénaturent.

Les Russes se sont appliqués à rescaper d’une masse inerte une splendide créature qui fait tourner les têtes tandis que le gouvernement canadien commet un sacrilège en s’efforçant de demeurer stoïque devant les preuves de leur flagrante erreur et en se montrant indifférant à nos regards horrifiés, nous, frères et sœurs d’Haroun M’Barek.

Le mercredi sept février 2001, sur la rue Saint-Joseph, les bureaux d’Immigration Canada sont restés fermés aux amis d’Haroun venus manifester pacifiquement pour sa défense. Les coupables se terrent, loin des affiches, des slogans et des pétitions ayant pour but de libérer une victime de l’injustice et de la cruauté. N’ayez crainte, l’espoir coule encore dans les veines d’Haroun et de ses amis, qui sont de plus en plus nombreux et qui se feront eux aussi sculpteurs de la vie.

Amis de la liberté et du respect des droits humains, vous devez envoyer un message d’amitié à Haroun et le dégager de la masse inerte et froide de l’injustice et de la cruauté.

Amis, agissez sans tarder.

(Prière d’ajouter une démarche à suivre, le lieu où nous pouvons obtenir des pétitions et les signer. Faites vite!).

(Fin)

Julie Sanfaçon
Julieqc26@hotmail.com

Source:

From:  « J.JAMEL » <cmtnes@attcanada.net
 
To:  « Liste@Maghreb-Ddh. Sgdg


LA PRESSE ALGERIENNE, FRANCAISE ET INTERNATIONALE POURSUIT SA COUVERTURE DE CE QUI SE TRAME A TUNIS.


Droits de la personne bafoués en Tunisie

Des policiers assiègent la maison d’un journaliste


Jooneed Khan
La Presse (Canada)

LE DÉCHAÎNEMENT du régime Ben Ali contre les militants des droits en Tunisie «ne semble plus avoir de limites», accusait mercredi Reporters sans frontières: des dizaines de policiers armés de barres de fer et de matraques assiègent depuis mardi soir à Tunis le domicile de Jalel Zoghlami, où le journaliste et une vingtaine d’amis se sont barricadés après avoir été sauvagement battus.

Un militant du Parti ouvrier communiste tunisien (POCT), Abdel Moumen Belanès, se rendant mardi chez Zoghlami, était extrait de force par des policiers de la voiture de l’avocate Radhia Nasraoui, matraqué jusqu’au sang, traîné à terre et abandonné sans connaissance.

Dénonçant «l’implication des forces de sécurité» dans «cette escalade meurtrière», un groupe de députés européens, dont les Verts Hélène Flautre et Daniel Cohn-Bendit, et le socialiste Harlem Désir, ont demandé «la réunion d’urgence du Conseil d’association UE-Tunisie pour faire respecter les droits de la personne» dans ce pays du Maghreb.

Le régime, en place depuis le coup d’État «médical» de 1987 du général Ben Ali, ministre de l’Intérieur, contre le président Habib Bourguiba, avait inauguré l’année, en envoyant en prison, pour 12 mois, le Dr Moncef Marzouki, l’un de ses plus illustres opposants.

Jalel Zoghlami, lui, porte la double tare, aux yeux du régime Ben Ali, d’être le frère du journaliste dissident Taoufik Ben Brik et d’être lui-même un journaliste critique. Arrêté en avril 2000 au domicile de son frère, il fut libéré le 15 mai, ce qui entraîna la fin de la célèbre grève de la faim de Ben Brik.

Le 26 janvier dernier, Zoghlami s’attirait les foudres du pouvoir en lançant, au domicile de son frère, un mensuel baptisé Kaws al-Karama (L’Arc de la dignité), portant en gros titre à la une: «Ben Ali, treize ans, basta!» Les policiers avaient assiégé la maison et battu celles et ceux qui voulaient entrer ou sortir, blessant un leader étudiant, Slah Hind.

Samedi dernier, le 3 février, Zoghlami fut agressé vers 17h en pleine rue à Tunis par cinq hommes armés de barres de fer. Il reçut un coup à la tête et se réfugia dans les locaux d’une firme de location de voitures. Il entamait peu après une grève de la faim illimitée pour exiger des poursuites contre ses agresseurs, la fin du harcèlement contre sa famille, la restitution de son passeport et celui de son fils, et la reconnaissance de sa revue.

Mais mardi le 6 février, alors qu’il rentrait chez lui avec sa femme, Ahlem Belhadj, et des amis, après avoir subi des examens dans une clinique, il fut agressé de nouveau par des policiers en civil armés de barres de fer. Ses amis qui voulaient le protéger furent également blessés, avant de se réfugier chez lui. Depuis, c’est le siège de son domicile, dont les policiers réclament l’évacuation.

Avant que les téléphones soient coupés, Zoghlami a fait savoir mercredi qu’il poursuit désormais sa grève de la faim pour obtenir une enquête indépendante, avec participation internationale, sur les agressions contre les militants de droits en Tunisie.


L´Humanité 08 Février 2001 – INTERNATIONAL

Tunisie. Poursuite des agressions policières

Le domicile de Jalel Zoughlami, frère du journaliste Taoufik Ben Brik, dans lequel il a entamé une grève de la faim, est encerclé depuis mardi soir par des centaines de policiers. Il est soutenu dans son action par son épouse et une vingtaine d’amis et de défenseurs des droits de l’homme. Les policiers ont empêché Jalel Zoughlami de se rendre à la clinique pour des examens médicaux et ont matraqué les personnes qui l’accompagnaient, blessant plusieurs personnes.

Il faut rappeler que samedi 3 février, le frère de Taoufik Ben Brik a été agressé par un groupe d’individus à coup de barres de fer en plein centre de Tunis, qui se sont avérés être des membres de la police. Jalel Zoughlami décide donc de porter plainte contre le secrétaire d’Etat, Mohamed Ali Ghanzaoui, et le chef de la police de Tunis, Taoufik Bououn. De même, il a choisi d’entamer une grève de la faim afin que les autorités donnent suite aux plaintes déposées, qu’elles lui délivrent un passeport et que le journal en ligne Kaws el Karama (l’Arc de la dignité), qu’il a créé soit légalisé. La création de ce journal en ligne est, en fait, le détonateur de la réaction particulièrement brutale et inexplicable des autorités tunisiennes. Selon le CRLFH (Comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme), la  » dégradation violente de la situation obéit à un choix délibéré de la part des autorités tunisiennes de réprimer sauvagement des opposants et des défenseurs des droits de l’homme « , ajoutant :  » Les faits qui se sont déroulés ce soir (mardi 6 février) marquent un tournant grave dans la politique répressive des autorités tunisiennes.  » En effet, après l’interdiction d’activité de la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH), les harcèlements et intimidations, sur fond d’agressions, qui se sont multipliés depuis le début d’année, et les graves situations vécues par nombre d’opposants dans les prisons tunisiennes, dénotent d’un début de climat délétère en Tunisie.

Cette situation n’est pas étrangère à la démarche effectuée hier par Robert Menard, président de RSF (Reporters sans frontières) auprès de Hubert Védrine, ministre des Affaires étrangères, pour l’entretenir de ce qui se passe en Tunisie. Le président de RSF, a-t-on appris, devait se rendre hier à Tunis avec des députés français. Reste à savoir si cette double démarche aura les effets escomptés sur les autorités tunisiennes lesquelles, apparemment, ne semblent pas trop se soucier des réactions de désapprobation manifestées à leur endroit par la communauté internationale.

Hassane Zerrouky


DROITS DE L’HOMME EN TUNISIE / Escalade dans la répression

La répression policière monte d’un cran en Tunisie.

El Watan Algerie 08/02/2001 

Mardi soir, et selon des sources proches de l’opposition, Jalel Zoghlami, frère du journaliste Taoufik Ben Brik et directeur du mensuel Kaws El Karama, a fait l’objet d’une autre agression. Jalel Zoghalmi, qui est en grève de la faim depuis le 3 février, revenait d’une consultation médicale quand il a été attaqué, lui et un groupe d’amis, par des policiers en civil. Armés de barres de fer, ces derniers ont poursuivi les victimes jusqu’au domicile. Plusieurs personnes ont été blessées. Le quartier où habite Jalel Zoghlami a été quadrillé ensuite par des policiers et des motards. Mokhtar Trifi, président de la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH), Chawki Tabib, président de l’Association des jeunes avocats (AJA), Omar Mestiri, secrétaire général du Conseil national pour les libertés en Tunisie (CNLT) et Bouchra Bel Hadj, présidente de l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATDF), ont tenté de pénétrer dans le bâtiment où réside le journaliste agressé. C’était compter sans l’acharnement des policiers à réprimer aveuglement toute personne voulant exprimer sa solidarité devant ce qui apparaît comme un acte lâche et gratuit. Jalel Zoghlami a déclaré qu’il ferait une grève de la faim sauvage. Il a réclamé la constitution d’une commission d’enquête indépendante sur les agressions dont il a été victime ainsi que ses proches. Le 3 février courant, Jalal Zoghlami avait été agressé en pleine rue alors qu’il s’apprêtait à rentrer. Un homme lui a assené un coup avec une barre de fer sur la tête. Cinq hommes, armés de barres de fer et de poignards, l’ont ensuite poursuivi dans la rue. Visiblement, les ingrédients d’une tentative d’assassinat sont réunis. Et c’est cette situation, particulièrement inquiétante, qui fait réagir des députés européens. «L’assassinat manqué, vendredi 2 février, à Tunis contre Jalel Zoghlami sonne comme une dernière sommation à agir efficacement (…) La volonté de tuer comme l’implication, autour de cette agression, des forces de sécurité ne font aucun doute. Nous ne nous résignons pas à attendre le meurtre “réussi” d’une personnalité tunisienne connue, pour obtenir une réaction appropriée de la communauté internationale», est-il écrit dans une déclaration rendue publique mardi.
Les signataires réclament le respect de la clause portant sur les droits de l’homme contenue dans l’accord d’association entre l’Union européenne (UE) et la Tunisie.Ils appellent aussi à «une réunion d’urgence» du Conseil d’association UE-Tunisie en vue d’analyser la situation des droits humains dans le pays de Benali. La déclaration est signée par plusieurs personnalités dont Hélène Flautre, Daniel Cohn Bendit, Francis Wurtz, Harlem Désir, Fodé Sylla, Olivier Dupuis, Yasmine Boudjenah et Paulo Casaca. «Nous dénonçons la lâcheté des autorités tunisiennes qui ont osé s’attaquer à un gréviste de la faim», déclare pour sa part Robert Menard, secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF), qui remarque la multiplication des actes de violence contre tous ceux «qui tentent de s’exprimer librement en Tunisie». Jalel Zoghlami et son fils sont sans passeport depuis un certain temps. C’est une pratique courante en Tunisie : la police confisque ces documents pour empêcher les opposants de voyager et de s’exprimer à l’étranger. Le mensuel Kaws El Karama (l’arc de la dignité) n’est pas autorisé à paraître. Dans un récent numéro, ce journal a titré : «Ben Ali, treize ans, basta !». Evoquer les mandats de Ben Ali est un tabou en Tunisie. Théoriquement, et si la Constitution est respectée, le général Zine Al Abidine Ben Ali devrait quitter le pouvoir en 2004 puisqu’il ne peut aller au-delà de trois mandats. Mais l’homme semble se plaire au palais de Carthage. Il préparerait un amendement de la Constitution pour «consacrer» la présidence à vie. Nous reviendrons plus en détail sur cette question dans nos prochaines éditions à travers un reportage sur l’état des libertés et des droits humains en Tunisie.

Par Fayçal Metaoui

 

LA « MISE A NIVEAU » DE L’APPAREIL ECONOMIQUE SE POURSUIT AVEC LA BENEDICTION DE L’EUROPE…MAIS SANS LA VRAIE MISE A NIVEAU POLITIQUE ET INSTITUTIONNELLE DES ROUAGES DU POUVOIR CA NE SERVIRA A RIEN DE DURABLE ET SOLIDE.

Accord d’association: 863 entreprises mises à niveau

AFP, le 8 Février 2001 à 13h14.
   TUNIS, 8 fév (AFP) – Huit cent soixante trois entreprises avaient reçu à la fin de l’année 2000 le feu vert pour leur « mise à niveau » en prévision de l’établissement d’une zone de libre-échange entre la Tunisie et l’Union Européenne, a-t-on appris jeudi auprès du ministère de l’Industrie.
   1,60 milliard de dinars (environ 1,16 milliard de dollars US), dont 228,8 millions de dinars de primes de l’Etat, ont été consacrés à cette action concernant dans un premier temps 2000 entreprises, a-t-on précisé de même source. 1624 entreprises, pour la plupart des PME dans les secteurs du textile, de l’agro-alimentaire et de l’électro-mécanique, avaient adhéré au programme de « mise à niveau » fin 2000, a-t-on ajouté.
   Ces « mises à niveau », ou modernisations, ont été rendues nécessaires par l’Accord d’Association et de libre-échange entre la Tunisie et l’UE signé le 17 juillet 1995 et entré officiellement en vigueur le 1er mars 1998.
   Ces actions de modernisation des équipements, de réorganisation du travail et de formation du personnel, doivent permettre aux entreprises tunisiennes d’affronter la concurrence étrangère consécutive à la suppression progressive des barrières douanières prévues par cet accord.
   Plus de 2000 autres sociétés tunisiennes de plus de dix salariés sont concernées par la deuxième phase du programme, soit un total de 4300.

AFP

 



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