6 septembre 2007

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TUNISNEWS
8 ème année, N° 2662 du 06.09.2007

 archives : www.tunisnews.net

Reporters sans frontières :Tunisie – Dailymotion encore victime d’un blocage REMDH: Sauvetage en mer : activité à hauts risques – La situation des pêcheurs tunisiens en Italie AFP:Tunisie: inflation record à 4,5% en 2006 Ouertatani. Noureddine: La Démocratie à la Jrad !! H’mida Ben Romdhane: Retour en force de la censure à La Presse de Tunisie H’mida Ben Romdhane:Une victoire sur le terrorisme Chawki Tabib:Le Barreau Tunisien ou la forteresse assiégée Le Monde :Au Maroc, les islamistes du Parti de la justice et du développement croient en leur victoire

 

 


 

Déclaration de la secrétaire Générale du Parti Démocrate Progressiste Tunisien à propos des dernières entraves aux droits de l’homme en Tunisie.

Lien: http://www.dailymotion.com/PDPTunisie/video/x2x2ii_maya-jribi_politics  

Reporters Without Borders 06.09.07 TUNISIA

Video-sharing website inaccessible again in Tunisia

 
Reporters Without Borders today called on the Tunisian Internet Agency (ATI) to publicly explain why access to the video-sharing website Dailymotion is being blocked. Dailymotion has been inaccessible from within Tunisia since 1 September. « Whether it is responsible or not, the ATI should take a position on this measure and should not leave Tunisian Internet users with no idea of what is happening, » the press freedom organisation said. The ATI told Reporters Without Borders that it was « not aware of the filtering » that is assumed to be the cause. But TopNet, one of Tunisia’s leading Internet Service Providers, referred to « temporary filtering » that had been decided by the ATI. Technical problems were cited when Dailymotion could not be accessed for about 10 days in April. A privately-owned Internet Service Provider was said to have installed filtering that made it inaccessible throughout the country.  

—————————————————————————————————————————– Reporters sans frontières / 06.09.07  
 

TUNISIE Dailymotion encore victime d’un blocage

 
Reporters sans frontières dénonce le blocage du site de partage de vidéos Dailymotion, inaccessible depuis le 1er septembre 2007. L’organisation demande à l’Agence tunisienne d’Internet (ATI) de rendre publiques les raisons du blocage du site de partage de vidéos Dailymotion. « Qu’elle soit responsable ou non, l’ATI doit se prononcer sur cette mesure et ne pas laisser les internautes tunisiens dans le flou le plus total, » a déclaré l’organisation. Contactée par Reporters sans frontières, l’ATI a déclaré « ne pas être au courant du filtrage » de Dailymotion. TopNet, l’un des principaux fournisseurs d’accès Internet en Tunisie, a quant à lui évoqué un « filtrage temporaire » décidé par l’ATI. En avril 2007, Dailymotion était resté bloqué pendant une dizaine de jours. Une raison d’ordre technique avait alors été invoquée. Une société privée d’accès à Internet aurait filtré le site, le rendant inaccessible dans tout le pays. ————————————————————————————————————————— Bureau Internet et libertés / Internet Freedom desk ___________________________________________ Reporters sans frontières / Reporters Without Borders TEL: ++ 33 (0) 1 44 83 84 71 FAX: ++ 33 (0) 1 45 23 11 51 internet@rsf.org www.internet.rsf.org

Le Réseau Euro-méditerranéen des droits de l’Homme (REMDH)

Communiqué de presse

Sauvetage en mer : activité à hauts risques La situation des pêcheurs tunisiens en Italie

 
Le Réseau Euro-méditerranéen des droits de l’Homme (REMDH) s’inquiète vivement de la situation des sept marins tunisiens arrêtés en Italie, le 8 août 2007, après avoir porté secours à 44 migrants et demandeurs d’asile en détresse. Ces pêcheurs sont accusés par les autorités italiennes de « favorisation de l’immigration clandestine » et risquent jusqu’à 15 années de prison. Les marins-pêcheurs ont trouvé les migrants et demandeurs d’asile dans un état de santé préoccupant. Ils ont aussitôt prévenu les gardes-côtes italiens et tunisiens. Un bateau des gardes italiens, le « Vega », les a alors rejoints. Estimant que leur transfert en pleine mer était trop dangereux, les gardes-côtes ont alors demandé aux pêcheurs de les emmener vers les côtes italiennes. Durant leur trajet vers Lampedusa, les pêcheurs auraient cependant reçu des ordres contradictoires des autorités italiennes, certains leur indiquant de faire demi-tour et de débarquer les migrants et demandeurs d’asile en Tunisie. Dès leur arrivée en Italie, les pêcheurs ont été arrêtés et leurs bateaux confisqués.   Il est du droit des autorités italiennes de s’assurer que les pêcheurs tunisiens n’étaient pas impliqués dans un trafic de personnes. « Cependant, les conditions dans lesquelles se sont déroulés ces évènements et l’acharnement dont fait preuve le parquet, font craindre qu’il s’agisse davantage de manœuvres visant à intimider les marins afin qu’ils ne débarquent plus les personnes secourues en mer méditerranée, sur les côtes européennes » a déclaré Kamel Jendoubi, Président du REMDH. Le fait que les autorités italiennes aient pu ordonner aux pêcheurs de faire demi-tour et de débarquer les migrants et demandeurs d’asile en Tunisie, est également particulièrement inquiétant. « Ce pays ne dispose pas d’un système effectif en matière d’asile. Les droits des migrants et demandeurs d’asile sont loin d’y être garantis » a précisé Kamel Jendoubi. « De plus, cet ordre aurait été donné, sans que les autorités italiennes n’aient vérifié si les occupants du bateau de pêche étaient ou non demandeurs d’asile » a-t-il précisé. « Si elles se confirmaient, de telles pratiques seraient en violation totale des obligations de l’Italie au vu du droit international humanitaire! et des droits de l’Homme » a-t-il conclu. Le REDMH demande la libération des pêcheurs tunisiens et la levée de la mesure de séquestration de leurs bateaux de pêche. Le Réseau dénonce fermement toute manœuvre d’intimidation à l’égard des marins qui apportent leur secours aux migrants et demandeurs d’asile en détresse dans les eaux de la méditerranée. Le REMDH demande à la Commission et aux Etats membres de tout mettre en œuvre afin de s’assurer que les marins qui porteraient secours à ces personnes ne se retrouveraient pas à subir des sanctions économiques et/ou judiciaire pour cela. Enfin, sans méconnaître la responsabilité particulière pesant sur les pays formant la frontière méditerranéenne de l’UE, le REMDH dénonce le comportement de certains Etats visant à se dessaisir de leurs obligations internationales en matière de protection des demandeurs d’asile. Le REMDH appelle dès lors la Commission européenne à clarifier la responsabilité des Etats membres en matière d’analyse des demandes d’asile et de prise en charge des personnes repêchées en mer. Rappel des faits : Selon les informations reçues par la FTCR[1], le CRLDHT[2], le CNLT[3] et la LTDH[4], organisations membres du REMDH, une flotte de pêche tunisienne, composée des bateaux « Fakhreddine », « Mortadha » et « Mohammed el-Hedi », appareillant non loin de l’île italienne de Lampedusa, a rencontré, le 8 août 2007, une embarcation gonflable en difficulté. Au bord de celle-ci se trouvaient 44 personnes. Parmi les naufragés à la dérive, plusieurs étaient dans un état de santé grave. Les pêcheurs en avisent aussitôt les autorités italiennes ainsi que tunisiennes. Ils sont alors rejoints par le bateau « Vega » des gardes côtes italiennes qui, incapables de prendre à leur bord les 44 personnes et ne voulant pas leur faire prendre de risques inutiles, laissent aux pêcheurs le soin de les emmener vers les côtes italiennes. Durant leur trajet vers Lampedusa, les pêcheurs auraient reçus plusieurs ordres contradictoires de la part des autorités italiennes, certains leur indiquant qu’ils devaient faire demi-tour et débarquer les 44 migrants et demandeurs d’asile en Tunisie. Les pêcheurs ont cependant poursuivi leur route vers les côtes italiennes. Une fois arrivés au port de Lampedusa, des hélicoptères-ambulances emmènent les migrants et demandeurs d’asile en détresse vers l’hôpital de Palerme. Les sept pécheurs tunisiens sont quant à eux arrêtés et deux des bateaux, le « Mortadha » et le « Mohammed el-Hedi », séquestrés. Les pêcheurs se voient alors accusés de « favorisation de l’immigration clandestine », délit passible d’une peine pouvant aller jusqu’à 15 ans de prison. Pendant le procès, malgré les nombreux témoignages des migrants et demandeurs d’asile, en faveur des pêcheurs, le parquet a tenu un réquisitoire très sévère. Cet exemple est loin d’être isolé. Le Conseil Italien des Réfugiés (CIR), organisation membre du REMDH et de son groupe de travail sur la migration et l’asile, a publié un rapport sur les opérations de sauvetage en méditerranée[5]. Il existe aujourd’hui un manque de clarté juridique quant aux responsabilités des Etats en matière d’accueil et de prise en charge des migrants et demandeurs d’asile secourus en mer. Certains Etats n’hésitent dès lors pas à en faire usage afin de refuser la prise en charge de demandeurs d’asile et/ou de renvoyer des migrants et demandeurs d’asile vers des pays où ils pourraient être soumis à de mauvais traitements. [1] Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives [2] Conseil pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie [3] Conseil National pour les libertés en Tunisie [4] Ligue tunisienne des droits de l’Homme [5] CIR, Search and rescue operations in the Mediterranean , consulter le rapport sur: http://www.europarl.europa.eu/meetdocs/2004_2009/documents/dv/cir_report_/cir_report_en.pdf

Tunisie: inflation record à 4,5% en 2006

AFP, mercredi 5 septembre 2007
TUNIS – Le taux moyen d’inflation en Tunisie a atteint 4,5% en 2006 contre 2% en 2005, selon le rapport annuel de la Banque centrale de Tunisie (BCT) publié mercredi à Tunis.  Le taux moyen d’inflation a atteint un niveau record de 4,5% en 2006 contre 2% en 2005, a précisé la BCT, rappelant que son taux directeur a été augmenté de 0,25 point, à 5,25% l’an dernier.  En termes de moyennes, les prix à la consommation ont enregistré une hausse de 4,5% contre environ 2% une année auparavant en raison notamment de la « flambée des cours du pétrole sur la marché international ».  Selon la BCT, le déficit commercial a augmenté de 27,4% par rapport à 2005 à 4,4 milliards de dinars (1 dinar = 0,58 euro).  Les importations ont augmenté de 15,6% en 2006 à un rythme plus rapide que les exportations (12,6%), baissant ainsi le taux de couverture de 2,1 points, à 77,5%.  Outre les matières premières, l’augmentation des importations a concerné les biens d’équipements et les produits alimentaires.  La progression des exportations a concerné essentiellement les produits agroalimentaires et les industries mécaniques.  La Tunisie a réalisé l’essentiel de ses échanges commerciaux avec les pays européens, notamment la France, l’Italie et l’Allemagne, selon la même source. La BCT estime que le tourisme a connu une « évolution positive » en 2006 avec un record d’entrées de 6,5 millions de visiteurs (+3%) et de recettes en devises de 2,8 milliards de dinars (+8,2%).  En 2006, les investissements directs étrangers (4,4 millions de dinars) ont quadruplé grâce notamment à la cession de 35% du capital de Tunisie-télécoms et aux concessions accordées dans le secteur de l’énergie. Ces investissements ont permis de dégager un excédent de la balance générale des paiements de 2,7 millions de dinars en 2006 contre 1,2 million de dinars l’année précédente, a-t-on ajouté de même source.  Les réserves en devises se situaient fin décembre 2006 à 8,7 milliards de dinars, soit l’équivalent de 159 jours d’importation contre 5,8 milliards de dinars ou 124 en une année auparavant.  Pour 2007, le gouvernement tunisien table sur une croissance du Produit intérieur brut (PIB) de 6% contre 5,4% en 2006


La Démocratie à la Jrad !!

 

 

Par : Ouertatani. Noureddine

 

      On vient d’apprendre qu’à l’issu d’une réunion houleuse (aujourd’hui le Mercredi 05/09/07) du Bureau Exécutif de l’UGTT aucune décision n’a pu être prise. Toutefois, les questions discutées et les différends apparus ne font que confirmer les analyses présentées sur les pages de contre_tajrid :

 

          1) Le Secrétaire Général de l’UGTT vient d’user de son influence, mais sans succès à cause de l’absence d’une bonne partie des membres du Bureau Exécutif, pour essayer de faire passer la décision qu’il n’est pas question de revenir sur les retraits des mises en disponibilités !.Ceci confirme, ainsi, ce qu’on a raconté sur la réponse qu’il a présenté au Secrétaire Général Adjoint (Abid Elbriki) qui est allé, il y’a quelques jours, contester les décisions unilatérales de la part de Abdessalem Jrad : « … je suis le Secrétaire Général et j’ai un pouvoir discrétionnaire et je sais ce que je fais…!. » a-t-il dit. Plus encore, face à la contestation exprimée par un certain nombre des membres du Bureau Exécutif telles que : Moncef Yacoubi, Hcine Elabbassi et Mouldi Jendoubi le Secrétaire Général est resté intransigeant. En effet, à la question  du camarade Mouldi Jendoubi : « ..et si une majorité du Bureau Exécutif s’y oppose ? », Abdessalem Jrad n’a pas hésité à répondre qu’il ne changerait pas de position même si 12 sur les 13 membres du Bureau Exécutif voteraient contre sa décision !. A défaut de Latin ça te fait perdre ton Arabe (après ton Amazigh) cette façon de concevoir la démocratie au sein de notre organisation par le « camarade » Abdessalem Jrad !.

 

         2) Le Bureau Exécutif allait aussi discuter, selon nos sources, l’organisation d’une réunion du Conseil National en décembre. Cependant,  les démêlés et les controverses en l’absence d’une bonne partie des membres du Bureau Exécutif ont convaincu le Secrétaire Général de repousser les décisions à la prochaine réunion. Ainsi, même si la partie est remise, ça ne fera « qu’ajouter de l’eau au moulin » de ceux qui   soupçonnent sérieusement les influents au sein de la Centrale Syndicale de vouloir provoquer un congrès extraordinaire pour revenir sur les décisions du congrès de Djerba et de Monastir limitant l’éligibilité au sein du Bureau Exécutif National à deux mandats..!

 

 

Ouertatani Noureddine SG du SB des Enseignants Chercheurs Universitaires à Nabeul

 

(Source :  espace syndicale démocratique contre_tajrid)


H’mida Ben Romdhane:

Retour en force de la censure à La Presse de Tunisie

 
Chers ami(e)s, Le directeur de La Presse persiste et signe. Consacrant un retour en force d’une lame de fond de la censure dans La Presse de Tunisie, il vient de me charcuter un article sans prendre en considération ni la structure ni la cohérence du texte, causant ainsi une forte dégradation de la qualité de mon travail. Les passages censurés que vous trouverez en gras dans l’article envoyé en pièce jointe sont dans la parfaite ligne du journal La Presse qui a toujours dénoncé le terrorisme. Par ailleurs, le directeur de La Presse ne semble pas prendre en considération les choix du Président de la république qui dans ses discours ne cesse d’appeler à une élévation du niveau de la presse dans notre pays. La dernière recommandation du Président a été formulée lors de son discours du 25 juillet dernier. Et le jour même où le directeur, M. Gontara a dégradé mon article, mardi 4 septembre 2007, M.Rafaa Dkhil, ministre chargé de la communication a appelé à « améliorer le rendement de l’information et la hisser aux plus hauts niveaux »… Bonne lecture. Hmida Ben Romdhane
 

Une victoire sur le terrorisme

Par Hmida Ben Romdhane
 
Il a donc fallu plus de trois mois pour que l’armée libanaise vienne à bout du groupe terroriste « Fatah al-Islam » qui a semé la mort et la destruction dans le camp de réfugiés palestinien de Nahr al-Bared au nord du Liban avant de disparaître. Surgi soudain de nulle part, ce groupe de quelques centaines d’individus lourdement armés a pris possession de Nahr al-Bared au mois de mai 2007. Jusqu’à sa disparition dimanche dernier, on n’a su ni d’où ces terroristes venaient, ni qui les a armés ni ce qu’ils voulaient exactement en déclenchant leur guerre absurde contre les civils du camp palestinien et contre l’armée libanaise. Le camp de Nahr al-Bared qui abritait des milliers de réfugiés palestiniens est maintenant totalement détruit et ses anciens habitants n’avaient d’autre choix que de s’entasser dans les autres camps déjà surpeuplés. Il faudrait des années et des millions de dollars pour reconstruire Nahr al-Bared et le rendre à nouveau vivable. En attendant, ce sont les milliers de réfugiés palestiniens qui voient leur vie encore une fois bouleversée sans qu’ils sachent pourquoi. L’armée libanaise a payé un lourd tribut en hommes et en matériel avant de détruire les terroristes de « Fatah al-Islam ». Sa consolation est qu’elle a émergé victorieuse d’une grave crise à laquelle elle n’était pas préparée. Sa consolation aussi est que la crise de Nahr al-Bared lui a permis de consolider sa position de force nationale garante de la sécurité du pays, et surtout qui fait l’unanimité autour d’elle. En effet, dés l’annonce de sa victoire, l’armée libanaise a reçu les félicitations de toutes les parties libanaises qui, pour une fois, se sont exprimées unanimement pour saluer vivement les soldats du Liban. Les deux chefs terroristes, Abou Houraira et Chaker al-Absi sont morts et leurs secrets sont enterrés avec eux. L’un des intermédiaires entre « Fatah al-Islam » et l’armée libanaise, lors des rares moments de négociation, a dit avoir demandé à Chaker al-Absi si son mouvement appartenait à la nébuleuse d’Al Qaida et que celui-ci a répondu par la négative. Evidemment si Chaker al-Absi a répondu « non », cela ne veut pas dire qu’il dit vrai. Ces gens se sont permis de verser le sang des innocents sans aucun problème de conscience. Comment ne peuvent-ils pas se permettre le mensonge « au service de la cause ». Oui, mais quelle cause ? L’enquête est lancée au Liban pour dévoiler les motivations de ces terroristes, connaître ceux qui les ont armés et les voies par lesquelles le financement a été acheminé jusqu’à Chaker al-Absi et ses hommes à Nahr-al Bared. En attendant les résultats de l’enquête, la voie est ouverte à toutes les spéculations. L’explication avancée par certains courants libanais qui croient voir la Syrie derrière les événements tragiques de Nahr al-Bared est invraisemblable. La Syrie a officiellement applaudi la fin de la tragédie et la victoire de l’armée libanaise et confirmé que le terroriste Chaker al-Absi était recherché par les autorités syriennes. Et puis, on voit mal Damas prendre le risque d’aider des terroristes qui appartiennent à la même frange que ceux qui avaient sérieusement menacé le régime syrien à Hama et que celui-ci avait fini par écraser il y a plus de deux décennies. Reste à considérer le scénario le plus probable. Chaker al-Absi pourrait très bien être de son vivant le chef d’une cellule autonome d’Al Qaida et dont les partisans, fanatisés à l’extrême, se seraient laissés guider par leurs motivations chimériques consistant à créer un « mini-Emirat islamique » au Liban à partir duquel ils se lanceraient dans leur fol projet d’unifier le monde musulman de l’Indonésie au Maroc sous une même structure politico-religieuse régie par la Chariaa. Trois mois de guerre et le refus des terroristes de se rendre malgré l’évidence qu’ils seraient écrasés tôt ou tard, donnent la mesure de la dangerosité de ces groupes qui arpentent le monde arabe et musulman à la recherche de brèches dans lesquelles ils s’engouffrent pour semer la mort et la destruction au sein des populations civiles. Que faire pour prévenir des désastres semblables à celui qui vient de s’achever par la destruction totale du camp des réfugiés palestiniens de Nahr al-Bared ? La nature d’un tel terrorisme se prête mal aux solutions militaires, les terroristes se faufilant au sein des populations civiles rendant leur défaite très coûteuse en termes de vies humaines parmi les innocents. Le danger pour la sécurité des civils de cette nouvelle forme de terrorisme est telle que l’on vient à souhaiter une coopération intensive des services de renseignements des pays arabes et musulmans, moyen le plus efficace pour étouffer dans l’œuf tout projet terroriste avant qu’il ne se transforme en carnage de civils ou en désastre de l’ampleur de Nahr al-Bared. Ceci dans l’immédiat. A plus long terme, le moyen le plus sûr est de couper l’herbe sous les pieds de l’hydre terroriste et d’assécher ses sources, c’est d’ouvrir les portes de l’espoir devant les jeunes désespérés qui constituent les proies les plus faciles des recruteurs sans scrupules des organisations de terreur. HBR


Le Barreau Tunisien ou la forteresse assiégée

 
 

L’entrée des avocats dans le monde politique s’est développée tout au long de son histoire en fonction des événements, marqués, le plus souvent de tensions et de blocages. Cet état de fait est constaté aussi bien pendant la période coloniale que dans la période qui l’a suivie, aussi bien du temps de Habib Bourguiba que de Zine Ben Ali. En réalité, la politisation des avocats peut être saisie comme une forme de réaction des élites politiques tunisiennes, dont presque toutes les tendances sont représentées au sein du barreau, aux atteintes répétées contre les libertés collectives et individuelles. Dès lors, usant des garanties que leur confère leur statut, les avocats politisés transforment la sphère professionnelle en une tribune politique, rusant ainsi avec un pouvoir qui les prive de toute possibilité d’exprimer leur engagement politique libre. Ainsi, est-il courant de constater que cette position, prétendument privilégiée à cause des garanties qu’elle procure, offre autant de moyens qui facilitent ce glissement de la pratique du droit et de l’exercice judiciaire vers le domaine politique. Mais, le pouvoir politique semble ne pas trouver l’attitude adéquate pour faire face à cette situation et l’embarras politique qui en résulte. Son manque de savoir-faire politique n’a fait, en fin de compte, qu’encourager les éléments politisés du barreau à poursuivre leur combat. Au lieu de situer le débat au niveau professionnel, le pouvoir tente une « politique de terre brûlée » à l’encontre de tous les membres de la profession ou presque, en portant atteinte à l’indépendance des structures du barreau et en instituant un système de clientélisme.
De véritables « concessions de clientèle » sont distribuées à ses partisans, sanctionnant indirectement ses adversaires. Il peut aller plus loin en recourant à des moyens plus violents comme l’agression physique ou l’emprisonnement des avocats « récalcitrants ». Cette guerre larvée, à laquelle le pouvoir politique semble incapable de trouver une solution radicale, qui éreinte toutes les parties bloque toute réforme sérieuse de la profession. En attendant, les avocats continuent à vivre des difficultés de plus en plus sérieuses. Dans cette situation la régénération de la profession semble de plus en plus difficile, ainsi que toute possibilité d’amélioration des conditions matérielles des la plupart des avocats. Cette situation de blocage ne fait que raviver les tensions et apporter des arguments à tous ceux qui ne cessent d’affirmer que le fond du problème entre le pouvoir et la profession est de nature strictement politique. Les avocats non politisés, qui semblent être la majorité, sont, quant à eux, partagés entre les soucis professionnels et les tentations politiques. Situation inconfortable, qu’expliquent leur formation intellectuelle et la nature propre de la profession. Les spécificités de cette situation, aux facettes multiples, ont fini par susciter chez eux une orientation politique presque anarchique et un développement quasi pathologique de leur« ego » et de la sensation d’être « une forteresse assiégée ».
Observés du dehors, les avocats donnent aujourd’hui l’impression de former un milieu politique, ayant l’allure d’un parti qu’il serait malaisé d’identifier : s’agit-il d’un parti allié au pouvoir ou d’un parti d’opposition ? La vérité est qu’il est, tout à la fois, un soutien et un contradicteur du pouvoir. Il ne fait que refléter l’ambivalence d’un corps que les menaces et attaques continues, émanant du pouvoir politique, et les tentatives répétées de récupération opérées par une opposition étouffée, jointes à la dégradation de la situation professionnelle, conduisent à la limite de l’endurance. Son comportement ne serait, alors, que le signe d’une lutte pour la vie, ou, disons, pour la survie. Mais, en dépit de ces difficultés, l’avocat reste profondément ancré dans sa société. Il ne vit pas dans une tour d’ivoire ou un lieu sanctuarisé et reste un acteur vigilant et attentif, cherchant à contribuer à l’évolution de la société et des mentalités. La vrai dire, l’avocat, ici ou là, participe à l’évolution du monde où il vit, auquel il apporte ses valeurs essentielles, les buts qu’il poursuit, ainsi que sa vision, faite d’espoir et de foi en l’avenir. Il reste le garant de la liberté et de la dignité de l’homme.

Chawki TABIB

 

 


Reportage

Au Maroc, les islamistes du Parti de la justice et du développement croient en leur victoire

HAY HASSANI (BANLIEUE DE CASABLANCA) ENVOYÉE SPÉCIALE

 
Chaque fin d’après-midi, Rachid Gnaoui prend sa casquette à l’emblème du Parti de la justice et du développement (PJD) – une lampe à huile, symbole de la lumière et de la transparence -, attrape d’une main une pile de tracts, de l’autre, sa fillette de neuf ans et ses jumeaux de trois ans. « Ça leur plaît de faire campagne ! », assure-t-il en souriant. Cet ingénieur météorologiste de 47 ans monte dans sa fourgonnette et file en direction de la circonscription d’Hay Hassani (300 000 habitants). C’est là, dans cette périphérie de Casablanca, que se présente Saad Eddine Othmani, le patron du PJD, parti islamiste légaliste et modéré qui a toutes les chances de sortir en tête des élections législatives du 7 septembre. Première étape, le quartier Oulfa. De petits immeubles modernes sans cachet, bordés d’ateliers de mécanique ou de couture. Gnaoui descend de sa fourgonnette. « Pour commencer, je dis trois mots : « PJD, lampe et Othmani ». Si mon interlocuteur se montre intéressé, je lui donne le programme du parti », explique-t-il. A la terrasse d’un café, des hommes sont en train de siroter un thé, tout en regardant George Bush sur un écran de télévision installé dehors. Gnaoui a bien du mal à capter l’attention avec ses tracts. « Des fois, ça réagit, des fois non, mais il faut continuer, c’est notre travail ! », soupire-t-il. Si on les interroge, les habitants du quartier font presque tous la même réponse : « Non, je n’irai pas voter vendredi. Ils nous font tous de belles promesses, et puis ne les tiennent pas. » Cent mètres plus loin, Wafa, professeur d’arabe, foulard et pantalon roses, elle aussi bénévole du PJD, tente d’entamer des discussions. Souriante et chaleureuse, elle parvient souvent à ses fins. Soudain, passe une petite troupe de jeunes habillés de blanc, chantant à tue-tête et agitant des banderoles. Ce sont des partisans de l’Istiqlal, parti conservateur, concurrent du PJD à Hay Hassani et dans tout le Maroc. « A tous les coups, ils ont été payés pour faire leur marche. Nous, on n’achète pas les voix ! », maugréent les militants du PJD. JOYEUX DÉSORDRE La nuit tombe. Gnaoui reprend sa fourgonnette avec sa marmaille et file vers Nassime, un quartier voisin. Les rues sont pleines de nids de poule. « Pourquoi je fais tout cela ? Pour Dieu. Pour l’au-delà », dit-il en conduisant. A la permanence du PJD, une marche se prépare. Une centaine de personnes attendent dans un joyeux désordre, des femmes et des enfants pour la plupart. Des foulards, quelques hidjabs, un seul visage hermétiquement voilé de noir. Toutes ces femmes brandissent des lampes à huile en carton, certaines de vraies lampes en verre. « Le PJD, c’est notre culture, notre justice et notre développement ! », scandent-elles en parcourant les rues quasi désertes. Soudain, arrive M. Othmani. Le secrétaire général du parti porte une chemise blanche, un pantalon noir, une très courte barbe. De constitution fluette, il est souriant et détendu. Ce médecin psychiatre de 51 ans, diplômé de théologie et père de trois enfants, est connu pour sa modération, ce qui le rend encore plus suspect aux yeux de ses détracteurs. « Oui, nous allons gagner ces élections, nous emporterons au moins 70 sièges (sur 325) », dit-il avec une infinie patience aux journalistes qui lui posent les mêmes questions depuis des mois ou encore : « Non, nous n’imposerons le voile à personne. Chacun a droit à sa liberté. » Ces élections seront-elles transparentes ? « Je le crois. En tout cas, je l’espère », répond-il. Acceptera-t-il d’entrer au gouvernement, voire d’être premier ministre ? La question est « prématurée », réplique-t-il, avant d’ajouter : « Sa Majesté (Mohammed VI) n’est pas contre. Tout dépendra de notre score, et aussi si nous avons des chances de former un gouvernement fort et homogène. » M. Othmani n’ignore pas que, quelle que soit sa victoire, le PJD n’obtiendra pas la majorité au Parlement. Il sera donc obligé de composer avec ses rivaux, s’il quitte l’opposition. « Ce n’est pas un problème. Le PJD est un parti centriste, à référentiel islamiste, comme les chrétiens-démocrates en Europe. Nous pouvons donc conclure des alliances avec la droite comme avec la gauche », fait-il valoir. Mais si le vieux parti de l’Istiqlal et les socialistes de l’USFP maintiennent leur refus de faire alliance avec lui, comment le PJD pourra-t-il former un gouvernement ? Là, M. Othmani éclate de rire : « Croyez-moi : le jour où la question se posera, ils changeront d’avis. Ils ont trop envie de rester au pouvoir ! » Florence Beaugé (Source : « Le Monde » (Quotidien – France), le 6 septembre 2007)

 


 

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