29 octobre 2011

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TUNISNEWS
11 ème année, N°4139 du 29.10.2011

 


Le Point: Tunisie: les islamistes d’Ennahda s’engagent à « construire un régime démocratique »

Ouest France: Tunisie. Faut-il avoir peur du parti Ennahda ?

Le Parisien: Tunisie : couvre-feu à Sidi Bouzid après les incidents

Ouest France: Tunisie : quelle stratégie pour le parti Ennahda ?

Les Echos: Tunisie : l’hiver du français

Slate Afrique: Les Tunisiennes prêtes à défendre leurs droits

France 24: Hechmi Hamdi, ovni politique tunisien

Marianne 2: Tunisie et Libye : le pire puis le pire ?

Espace Manager: Tunisie-ISIE: les raisons de l’invalidation des listes de la Pétition populaire

Lyon Mag: Tunisie : « En cas de dérive autoritaire, j’exhorte le peuple à reprendre la rue »

Kapitalis: Tunisie. Levée en France de la résidence surveillée de Salah Karkar

Business News: Moncef Matri a fait perdre à l’Etat 31 millions de dinars

Pedro Canales: Islamistas y laicos irán juntos en el gobierno en Túnez


Tunisie: les islamistes d’Ennahda s’engagent à « construire un régime démocratique »


Ennahda a d’ores et déjà indiqué que son numéro deux, Hamadi Jebali, 62 ans, qui a passé seize années de sa vie en prison –dont 10 à l’isolement– était candidat à la direction du gouvernement.

Vainqueurs des premières élections libres en Tunisie, les islamistes d’Ennahda ont insisté vendredi sur leur engagement démocratique, mais des violences ont éclaté dans la ville symbole de la révolution, Sidi Bouzid.

« La démocratie, c’est pour tout le monde », a assuré devant la presse à Tunis le chef d’Ennahda, Rached Ghannouchi, qui a tendu la main à toutes les forces du pays.

Ennahda dispose de 90 élus sur 217 au sein de la nouvelle assemblée constituante issue de l’élection du dimanche 23 octobre.

Il devance les quatre principales formations de la gauche tunisienne –le Congrès pour la République (CPR), Ettakatol, le Parti démocrate progressiste (PDP) et la coalition du Pôle démocratique moderniste (PDM)–, qui totalisent 73 sièges.

Les autres sièges reviennent à des partis de moindre importance ou des indépendants.

« On demande à tous nos frères, quelles que soient leurs orientations politiques de participer à l’instauration d’un régime démocratique », a poursuivi M. Ghannouchi.

« La révolution n’a pas eu lieu pour détruire un Etat, mais pour détruire un régime. Nous sommes déterminés à protéger l’Etat tunisien », a-t-il affirmé.

Dans le même temps, un couvre-feu a été ordonné à Sidi Bouzid (centre), où la mort d’un vendeur ambulant en décembre 2010 avait lancé la révolution tunisienne.

La permanence d’Ennahda et plusieurs bâtiments administratifs, dont la municipalité et le tribunal, ont été mis à sac et pillés après l’annonce des résultats de l’élection.

Les manifestations se poursuivaient vendredi et M. Ghanoucchi, qui a lancé un appel au calme, a affirmé voir dans ces troubles « la main du RCD dissous », l’ancien parti du président Zine El Abidine Ben Ali.

Les protestataires contestent l’invalidation par la commission électorale de la liste « Pétition populaire » de l’homme d’affaires tunisien Hechmi Haamdi, vainqueur dans cette circonscription, sa région natale.

Les islamistes, interdits, persécutés, emprisonnés ou condamnés à l’exil par la dictature de Ben Ali, se retrouvent en position de force dans la future assemblée qui va devoir s’atteler à l’élaboration d’une nouvelle constitution.

Les tractations entre les partis ont commencé peu après le scrutin de dimanche mais ne pourront formellement aboutir qu’après la première convocation de la nouvelle assemblée élue, qui devra d’abord nommer un nouveau président de la République, qui, lui-même, désignera le Premier ministre.

Ennahda a d’ores et déjà indiqué que son numéro deux, Hamadi Jebali, 62 ans, qui a passé seize années de sa vie en prison –dont 10 à l’isolement– était candidat à la direction du gouvernement.

Compte tenu des inquiétudes que suscitent en Tunisie et à l’étranger l’accession au pouvoir des islamistes, « il leur appartient désormais de rassurer le pays », souligne vendredi le quotidien « La Presse ».

Ennahda accède à la tête de l’Etat sans majorité absolue et « c’est tant mieux! » se félicite le quotidien car, ajoute-t-il, « ses dirigeants auront à exercer le pouvoir avec l’obligation de toujours expliquer et de justifier leurs propositions ou décisions ».

« La Presse » s’interroge sur la capacité d’Ennahda à tenir ses engagements quant au respect des acquis démocratiques (statut de la femme, libertés fondamentales, etc) « si la base ou les doctrinaires religieux exigent d’être plus énergiques et d’arrêter les compromis ».

M. Ghannouchi a réaffirmé son « engagement envers les femmes de Tunisie pour renforcer leur rôle dans la prise de décision politique, afin d’éviter toute marche arrière sur leurs acquis ». 42 des 49 femmes élues au sein de la nouvelle assemblée sont membres de son parti, a-t-il souligné.

Mais, pour « La Presse », les dirigeants islamistes « doivent savoir que s’ils renient leurs engagements (…), ils trouveront en face d’eux une société tunisienne mûre, responsable et consciente de ses intérêts et de sa force ».

Source:”Le Point” Le 28-10-2011

Lien:http://www.lepoint.fr/monde/tunisie-les-islamistes-d-ennahda-s-engagent-a-construire-un-regime-democratique-28-10-2011-1390430_24.php


Tunisie. Faut-il avoir peur du parti Ennahda ?


Le parti Ennahda dirigé par Rached Ghannouchi est arrivé largement en tête des élections en Tunisie. Il obtient 90 des 217 sièges de l’Assemblée constituante, soit un score de 41,47 %, plus qu’espéré par Ennahda lui-même.

Une victoire qui inquiète

Ce succès devrait permettre au parti de former le premier gouvernement dirigé par les islamistes depuis les soulèvements du printemps arabe.

Dans son programme, Ennahda s’engage à « garantir la liberté de croyance et de pensée », « les droits des minorités religieuses » et à « préserver les acquis de la femme », qui jouit du statut le plus moderne du monde arabe.

Mais qu’est ce qui se cache réellement derrière le parti de Rached Ghannouchi ? Peut-on parler d’islam modéré ? Explications.

Une histoire…

Né à la fin des années 70, le parti Ennahda est l’organe politique qui a suivi la création, en 1970, de l’Association pour la Sauvegarde du Coran. « Il régnait un certain libéralisme, explique Rached Ghannouchi en 2001 au politologue, spécialiste de la Tunisie, Vincent Geisser.Notre objectif était de propager le Coran en Tunisie […] de convaincre le peuple que l’islam ne représentait pas seulement la tradition mais aussi un mode de vie, un système global ».

Ghannouchi, admirateur de Nasser et inspiré par les Frères musulmans, fonde en 1981 avec Abdelfattah Mourou, juriste, et Hmida Enneifer, le Mouvement de la tendance islamique (MTI).

…mouvementée

L’islam politique tunisien est né, mais Ghannouchi est condamné à 10 ans de prison ferme. Le MTI, à l’instar d’autres organes comme le Hezbollah ou le Hamas, développe alors une importante activité sociale et prend le nom d’Ennahda (Mouvement de la renaissance) en 1989.

Mais la condamnation à mort de Ghannouchi par le régime Bourguiba, sort Ennahda de la scène politique tunisienne. Sauvé in extremis par « l’un des juges, un député qui siégeait au sein du tribunal et qui était de ma région (Hamma) », Rached Ghanouchi restera condamné à la prison à vie en 1992 et s’exile à Londres.

Une idéologie…

Parti ultraconservateur sur le plan politique mais libéral sur le plan économique, Ennahda est parfois comparé à l’AKP Turc. La comparaison est « biaisée » pour Caroline Fourest. Sur France Inter, ce matin, l’éditorialiste explique que « les islamistes de l’AKP sont retenus et contenus par une constitution kémaliste qui proclame la laïcité de l’Etat turc ».

La question est de savoir si un islam modéré peut se construire sans séparation de l’État et de la religion. Or l’AKP d’hier n’est pas celui d’aujourd’hui et il n’y a pas de « spécificité musulmane de la démocratie, rappelle Olivier Roy, politologue, spécialiste de l’Islam. En Turquie, la société est musulmane et il y a une démocratie. »

…à construire

Alors pourquoi islam et démocratie ne pourraient-ils pas cohabiter aujourd’hui en Tunisie ?

« Tout le monde est libre de choisir sa religion, l’État n’interviendra pas dans les choix de chacun. Tout le monde pourra choisir tel ou tel autre vêtement, ce n’est pas à l’État de décider du goût des autres », assurait d’ailleurs Houcine Jaziri porte-parole d’Ennahda, dans une interview accordée àSlateAfrique, le 22 septembre dernier.

Pas de Charia…

« Notre parti n’a jamais parlé de la pratique de la Charia [la loi islamique, ndlr]. Ce n’est pas à nous d’imposer de lois et nous savons très bien que la Tunisie n’est pas l’Arabie saoudite, mais un pays différent, et nous respectons cette différence, indique Houcine Jaziri. Nous n’avons aucune envie d’aller vers ces pratiques qui font peur. »

« Dans notre pays il y a des juifs, des chrétiens, des touristes et il n’est pas question de revenir sur les libertés culturelles ou de culte », ajoute-t-il.

…mais un parti « ultra-réactionnaire »…

Mais Caroline Fourest d’émettre des réserves : « L’islamisme est souvent confondu avec islam ou djihadisme, alors qu’il ne veut dire ni l’un ni l’autre, ni religion, ni terrorisme mais intégrisme. C’est-à-dire une interprétation de la religion dans un sens autoritaire et ultra-réactionnaire ce qui correspond parfaitement au profil du parti Ennahda. »

…qui revendique sa volonté d’ouverture

Les premiers signes envoyés par Ennahda aujourd’hui sont plutôt clairs : « Nous sommes prêts à une coalition avec tous les partis qui ont été dans l’opposition à Ben Ali, peu importe leur idéologie », redit Rachid Ghannouchi.

« Toutes les tentatives dans des pays arabes visant à forcer les femmes à porter le hidjab ont échoué et produit le résultat inverse, a-t-il expliqué. Ennahda ne changera pas le mode de vie. […] Il reviendra aux femmes tunisiennes de décider. »

Source: ”Ouest France” Le 28-10-2011

Lien: http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-Tunisie.-Faut-il-avoir-peur-du-parti-Ennahda-_53907-2005711_filDMA.Htm


Tunisie : couvre-feu à Sidi Bouzid après les incidents


Après un bref retour au calme vendredi matin, de nouveaux incidents ont éclaté à Sidi Bouzid. Les violences ont repris vendredi dans les rues de la ville, a rapporté un correspondant de l’AFP sur place. Plusieurs milliers de manifestants stationnaient de nouveau à la mi-journée devant la mairie. Par ailleurs, des policiers retranchés dans le commissariat ont fait usage de gaz lacrymogènes pour dissuader les manifestants de s’en prendre au bâtiment.

Une voiture de la police a été brûlée par les manifestants, a indiqué le ministère de l’Intérieur qui ne signale toutefois aucun blessé. Les écoles étaient fermées vendredi, seuls quelques cafés étaient ouverts en début de journée. Un couvre-feu sera instauré «à partir de ce soir (ndlr: vendredi) à Sidi Bouzid, 19h00 jusqu’à 5h00 demain matin (ndlr: samedi) et ce tous les jours jusqu’à nouvel ordre». «Nous appelons au calme et à la préservation des biens publics», a déclaré Rached Ghannouchi, leader du parti Ennahda, alors que des affrontements ont déjà eu lieu dans la région jeudi soir.

Liste surprise de ces premières élections libres en Tunisie, «La pétition populaire» du richissime homme d’affaires Hechmi Haadmi, arrivait en quatrième position avec 19 sièges. Mais elle a été invalidée dans six circonscriptions notamment pour «irrégularité de financement». Cette invalidation est à l’origine des heurts. Quelques 2 000 jeunes ont mis à sac le local d’Ennahda jeudi soir, et jeté des pierres sur les forces de l’ordre. Ils ont aussi incendié des pneus sur la rue principale de la ville. Les troubles ont duré jusqu’à quatre heures vendredi matin, occasionnant une quinzaine d’interpellations. L’UE félicite les islamistes d’Ennahda pour leur victoire Le président de la commission électorale Kamel Jendoubi, a par ailleurs proclamé jeudi le résultat final provisoire des élections du 23 octobre en Tunisie, neuf mois après la chute de Ben Ali. Le parti islamiste Ennahda a remporté le scrutin avec 41,47% des suffrages et obtient 90 sièges dans l’assemblée constituante de 217 élus. Il devance le Congrès pour la République (CPR, gauche nationaliste) avec 30 sièges (13,82%) et Ettakatol (gauche) avec 21 sièges (9,68%). Le numéro deux d’Ennahda, Hamadi Jebali, s’est félicité vendredi du score du parti islamiste, «Je remercie Dieu pour cette victoire, nous sommes sur la voie de la gloire!», a-t-il lancé à l’annonce des résultats. La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton et la Commission européenne ont également félicité vendredi le parti islamiste Ennahda, promettant l’aide de l’UE sur la voie de la démocratie et de la liberté. «Nous saluons les candidats et les partis qui ont pris part à ce processus démocratique. Nous félicitons également le parti Ennahda, qui a recueilli le plus grand nombre de voix», déclarent Mme Ashton et le commissaire en charge des relations avec les pays voisins de l’UE, Stefan Füle, dans un communiqué conjoint. «L’UE se réjouit à la perspective de collaborer étroitement avec la nouvelle assemblée et les autorités et institutions tunisiennes pour répondre aux aspirations des Tunisiens à la démocratie, à la liberté, à la justice sociale et à la dignité», précisent-ils. Les Tunisiens étaient appelés dimanche à élire une assemblée constituante chargée de rédiger une nouvelle constitution pour le pays. Elle devra s’atteler prioritairement à la formation d’un nouvel exécutif.

Source: “Le Parisien” Le 28-10-2011

Lien:http://www.leparisien.fr/crise-tunisie/tunisie-couvre-feu-a-sidi-bouzid-apres-les-incidents-27-10-2011-1689201.php


Tunisie : quelle stratégie pour le parti Ennahda ?


Entretien avec Fayçal Cherif, historien, maître de conférence à l’université de La Manouba, à Tunis après la victoire d’Ennahda aux élections de l’assemblée constituante.

Comment expliquez-vous la victoire du parti islamiste Ennahda ?

Au sortir de 23 ans d’un régime corrompu, les Tunisiens sont très méfiants à l’égard des partis politiques. Un parti islamiste modéré, qui a souffert de la répression, inspire davantage confiance. Ennahda propose un discours populaire, voire populiste, axé sur les problèmes sociaux, préoccupation majeure de nombreux Tunisiens. Enfin, les Tunisiens sont attachés à leur religion, d’où la défaite des partis dits laïcs. La diffusion par une chaîne privée tunisienne, quelques jours avant les élections, du film Persepolis, dont une scène représente Dieu, ce qui est interdit dans l’Islam, a renforcé le soutien à Ennahda. Les Tunisiens l’ont ressenti comme une attaque contre leur religion.

Quel va être le rapport de force au sein de l’Assemblée, chargée de rédiger la nouvelle Constitution du pays ?

Ennahda arrive en tête des scrutins, loin devant les autres partis politiques, mais en aucun cas, il ne pourra décider seul au sein de l’Assemblée constituante. Ennahda n’aura pas 50 % des sièges, et je pense que la majorité des deux tiers sera requise pour le vote. Il devra obtenir l’appui d’un ou deux partis. Des conditions seront posées lors de la formation de coalitions ou d’alliances. Des formations comme Ettakatol – centre-gauche – mettront des garde-fous.

Quelle est la stratégie d’Ennahda ?

Ennahda veut être un parti de gouvernement et vise les élections qui seront organisées à l’issue des travaux de la Constituante. D’ici là, il ne se risquera pas à heurter l’opinion publique. La société tunisienne est depuis longtemps sécularisée et n’a pas l’intention de céder sur ses acquis, notamment en matière de droits des femmes. D’ailleurs, quelque 60 % des électeurs n’ont pas voté pour le parti islamiste.

Ennahda ne veut pas donner l’impression de dicter sa loi. Il va chercher à travailler le plus possible par consensus au sein de l’Assemblée et former un gouvernement de coalition pour la nouvelle période transitoire qui commence. Il n’a d’ailleurs pas intérêt à gouverner seul, au vu de la délicate situation économique et sociale.

Les démocraties occidentales ont-elles raison de se montrer vigilantes ?

Ennahda semble vouloir montrer que l’islam politique peut être une alternative démocratique aux régimes dictatoriaux du monde arabe. Je pense que son leader, Rached Ghannouchi, qui a vécu en exil en Grande-Bretagne, est imprégné de l’esprit démocratique. Ennahda a été élu démocratiquement : il faut lui donner une chance. Sa pratique du pouvoir nous dira si les accusations de double discours dont il est l’objet sont fondées.

Source: ”Ouest France” Le 28-10-2011

Lien:http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-Tunisie-quelle-strategie-pour-le-parti-Ennahda-_6346-2005715-fils-tous_filDMA.Htm


Tunisie : l’hiver du français


 

Il paraît que les Français ne comprennent rien aux Islamistes tunisiens. On les comparerait aux Talibans dans un amalgame, incapables de voir les valeurs démocratiques portés par l’islam modéré, dans l’ancien pays des suffètes de Carthage. Si Hannibal était borgne, de nombreux Tunisiens d’aujourd’hui sont décidément aveugles.

On en prend pour notre grade. Mais ces critiques acerbes et péremptoires nous sont données, en général, par des Tunisiens francophones qui, plutôt que de nous donner des leçons d’islamisme, auraient tout intérêt à réviser eux-mêmes leur grille de lecture. Car bientôt, ils devront, si l’on a bien compris, nous admonester en arabe.

Le très modéré Rached Gannoucvhi, chef du parti vainqueur aux élections tunisiennes, le parti islamiste Ennahda, a déclaré que le «français pollue la langue arabe » Et voila le premier cheval de bataille des islamistes : l’arabisation. Partout où cela a été pratiqué (en Algérie voisine un temps), ce fut un échec et une fermeture obscurantiste par rapport à l’ouverture que donne sur le monde une autre langue.

Mais, sans doute, vouloir limiter la pratique ou interdire le français est-il un signe d’esprit démocratique et de tolérance. On nous permettra d’en douter et d’affirmer que c’est plutôt un mauvais signe qui conforte ceux qui pensent que la victoire électorale incontestable des islamistes est une mauvaise nouvelle pour les Tunisiens, qui auraient dû s’y attendre, mais c’est un peu leur affaire, et pour la France, au-delà de la francophonie.

Rappelons que la plus grande communauté de Tunisiens résidant à l’étranger est en France. Il y a, dans notre pays, environ 600.000 ressortissants tunisiens. Et ces résidents, qui se sont rendus dans les bureaux de vote, ont choisi majoritairement un parti religieux, avec plus de 35% des voix. Il ne s’agit pas là du vote des campagnes reculées et traditionalistes. Le mouvement islamiste Ennadha a emporté quatre des dix sièges réservés aux Tunisiens de France. Pour ce qui est du Congrès pour la République (CPR, gauche nationaliste) de Moncef Marzouki, il a obtenu deux sièges, comme le parti Ettakatol (gauche), de Mustapha Ben Jaafar. Quant au Pôle démocratique moderniste (gauche), il n’en a eu qu’un.

En Tunisie, même Ennahda a pris le pouvoir avant même la proclamation des résultats. Les Islamistes sont très actifs depuis leur victoire. «La Tunisie est entrée dans une nouvelle ère » a affirmé l’un des dirigeants du parti. Première force politique tunisienne, Ennahda a donc proposé un nouveau Premier ministre pour le pays. Le secrétaire général Hamadi Jbeli a été choisi comme candidat à ce poste.

Une «constituante» vert islam

« Le secrétaire général du parti qui remporte la majorité aux élections, dans toutes les démocraties du monde, occupe le poste de chef de gouvernement », relève Hamadi Jbeli, dans une interview accordée à l’agence tunisienne de presse TAP… On se croirait en Grande Bretagne.

Cependant la proclamation des résultats tarde : on compte et on recompte, car les Islamistes ne seraient pas loin de la majorité absolue en sièges. Ils ont gagné de toute façon les premières élections démocratiques. Les partis laïcs sont écrasés. Seuls, résistent les nationalistes de gauche. La Tunisie aura donc une «constituante» vert islam, chargée de rédiger la constitution du nouvel Etat.

Constitutionalistes français, même admiratifs du printemps tunisien, s’abstenir. Elle sera rédigée largement à partir du Coran et de son interprétation âpres lecture, en arabe bien sur dans le texte. Sarkozy et Juppé seront, paraît-il, vigilants, comme pour la dette de la France ?

Voila qui devrait rassurer, modérément, les femmes et les vrais démocrates tunisiens, qui commencent, tout de même, à se demander s’ils ne seront pas les moutons de la farce électorale tunisienne.

Source : « Les Echos » Le 28-10-2011

Lien :http://lecercle.lesechos.fr/economie-societe/international/afrique/221139390/tunisie-lhiver-francais


Les Tunisiennes prêtes à défendre leurs droits


 

Par Mehdi Farhat

La victoire du parti islamiste Ennahda aux premières élections libres en Tunisie, oriente l’attention sur la place des femmes. Mais ces dernières se sentent-elles réellement menacées?

Dans l’attente des résultats définitifs de l’élection pour l’Assemblée constituante en Tunisie, après l’annonce en Libye de l’application de la charia, les premières estimations ont donné le parti islamiste Ennahda en tête des votes, obtenant près de 90 des 217 sièges à pourvoir.

Au lendemain du scrutin du 23 octobre, dont la réussite démocratique doit avant tout être reconnue et saluée, certains considèrent ce revirement politique comme le retour en Tunisie après 23 ans de dictature d’un modèle archaïque de gouvernance religieuse.

Depuis l’annonce partielle des résultats, on ne compte plus les mises en garde et les paragraphes rivalisants de pessimisme quant à l’avenir de la femme tunisienne. Tout en rappelant son statut juridique unique dans le monde arabe, un sentiment d’inquiétude s’est développé parmi les observateurs -à tort ou à raison- autour de la conservation des acquis constitutionnels des Tunisiennes, et ce, malgré les positions modérées et conservatrices affichées par le parti majoritaire.

«Nous respecterons les droits de la femme sur la base du code de statut personnel et de légalité entre les Tunisiens quels que soient leur religion, leur sexe ou leur appartenance sociale», avait déclaré Nourreddine Bhiri, membre de la direction du parti islamiste.

Avisées et circonspectes, les Tunisiennes considèrent comme infondées ou trop orientées ces premières analyses hâtives. A contre-pied des regards alarmistes, elles semblent appréhender ce premier vote libre, avec confiance et méfiance. Même si pour elles la victoire de Ennahda n’est pas une surprise -c’est l’écart entre les deux premiers partis qui surtout étonne- ces femmes mettent en avant une lecture plus nuancée des résultats:

«Je comprends lesinquiétudes en France et ailleurs, mais je crois que les femmes tunisiennes ont leur avenir entre les mains et qu’elles le savent. Moi, je m’acharnerai à défendre mes droits, « voilée ou pas ». Il faut accepter, c’est le début d’une démocratie sur fond de culture arabo-musulmane», confie Leila, la quarantaine, musulmane et tunisienne, travaillant dans le social.

«La religion, ce que les Tunisiens connaissent le mieux»

Fortes de leur rôle déterminant dans le succès des révoltes de janvier, les Tunisiennes sont devenues vigilantes alors même que certaines rumeurs de fraudes électorales aiguises les tensions:

«Pour faire leur choix devant les murs de la campagne, les personnes ne sachant pas lire ont eu pour message de voter pour la « colombe » (le logo du parti Ennahda. Ndlr)», témoigne Abir, musulmane et enseignante à Tunis.

Certaines comptent sur les journalistes pour établir la transparence autour de l’organisation du parti Ennahda «Ce parti n’est pas clair, il faut les surveiller». «D’où vient l’argent? Qu’a fait Rached Ghannouchi (le leader du parti Ennahda. Ndlr) pendant son séjour en Angleterre? Qui est-il? Qui sont-ils?» interroge Leila, tout en rappelant que «le « dégage » peut encore sévir».

«On n’a pas peur de ce parti. S’il devient menaçant, vous pouvez être sûr que les Tunisiennes, voilées ou pas, descendront dans les rues», lance Wided, 23 ans, employée d’une agence de voyage sur l’île de Djerba.

La plupart expliquent ces résultats provisoires par une rupture politique trop brusque et un besoin évident de se rassurer:

«Au début c’était la panique et la volonté de nier. Puis, la déception. J’ai voté pour le CPR. Je pensais que les résultats seraient plus serrés. Mais en citoyens responsables et démocrates nous devons respecter la voix du peuple»,confie Abir.

«Après une longue dictature, un parti islamiste c’était le choix de la sécurité, de l’honnêteté, du sérieux,…», estime Sarah, 26 ans, consultante en financement.

«Il y a eu une crainte de perte d’identité face au renouveau. Libérés de l’emprise infantilisante de Ben Ali, il fallait se raccrocher à ce que les Tunisiens connaissent le mieux: la religion», explique Leila.

La participation politique décevante des femmes

On peut d’ores et déjà présager sans trop se tromper que les droits de la femme seront au cœur des prochains sujets politiques abordés. Compte tenu des attentes et des promesses faites en neuf mois de campagne, la place et le rôle des femmes dans la campagne au sortir de l’élection restent décevants:

«La participation de la femme dans la campagne politique n’était pas suffisante. On n’a vu que des figures connues comme Radia Nasrawi, Maya Jribi ou Sihem ben Sedrine», rappelle Abir.

«Elle est peu présente voire absente et pourtant on ne parle que d’elle: la femme tunisienne n’est pas tout à fait libre, on parle encore à notre place!», s’insurge Leila.

Comme en Europe, la parité politique en Tunisie risque de demeurer plus théorique que pratique:

«La parité est loin d’être la grande gagnante dans cette élection. Les femmes sont sous-représentées. Une loi instaurait en avril dernier la parité et l’alternance obligatoire sur les listes électorales, une réforme inédite dans le monde arabe. Finalement, la société tunisienne n’est pas prête à laisser une place responsable et de gouvernance à la femme», estime Hannan, mère trentenaire de deux enfants.

Le paradoxe des Tunisiennes

Déterminées, les Tunisiennes n’entendent pas qu’on touche à leur statut. En vigueur en Tunisie depuis le 13 août 1956, le code du statut personnel interdit la polygamie, la répudiation des épouses, permet l’avortement libre et donne droit au divorce judiciaire. Même si les acquis sont incontestables, le chemin à parcourir vers une véritable équité sur l’ensemble du territoire reste encore incertain:

«La femme tunisienne est forte, indépendante et éduquée, elle ne laissera aucun résultat aucun parti mettre en cause sa place. Plus jamais elle ne reculera.» «Si Ennahda maintient nos acquis, s’ils travaillent pour nous et respectent nos libertés, on pourra cohabiter. S’ils trahissent leurs promesses, nous résisterons», assure Abir.

«Les Tunisiennes sont enfermées dans un paradoxe: elles veulent vivre libres et avancer mais elles sont retenues par leur éducation et leur culture. Mais ce n’est pas la majorité. Pour ma part, je n’ai pas besoin d’un gouvernement qui me dit ce qu’est la religion musulmane», insiste Leila.

Une évolution ambivalente des mentalités qui n’est pas née avec la chute du régime de Zine el Abidine Ben Ali, le dictateur tunisien déchu.

«Je trouve que la Tunisie s’est transformée ces dernières années, l’image de la femme enrubannée dans son « sefserri » a été abandonnée au profit du « hijab » importé par la génération d’immigrés vivant en France. Le défi c’est de trouver un équilibre entre toutes les facettes (mère, étudiante, femme active,…) et la foi revendiquée comme un droit libre et non une soumission. La lutte des pouvoirs est telle, que je crains toute radicalisation du système pour effacer l’ère Ben Ali», analyse Hannan.

Premiers pas démocratiques: victoire de l’islamisme à la Turque

Les Tunisiennes interrogées ont bien l’esprit que dans le reste du monde, les femmes «les regardent» en ces temps de choix politiques cruciaux et «comptent sur elles». Revendiqué par Ennahda, le modèle turc leur semble encore flou. Pourtant, il apparaît qu’en Turquie, certaines femmes craignent toujours que le gouvernement du Parti pour la justice et le développement (AKP) montre son véritable visage:

«Les familles pratiquantes et pauvres y trouvent leur compte: ils reçoivent des aides alimentaires et financières de la part du parti. L’image qu’on a du gouvernement turc est celle d’un islamisme modéré. Mais sur place on appréhende que les extrêmes se dévoilent et limitent les droits des femmes et des minorités», témoigne Zeynep, une jeune trentenaire Turque.

Entre relativisme et circonspection

«Ennahda est peut être juste la réponse à un état d’urgence. Mais ne répond pas d’un mouvement de pensée unanime. La Tunisie est dans une période « d’adolescence », sa révolution en toile de fond», relativise Hannan.

«Je ne peux pas croire que les Tunisiens se laisseront imposer une dictature islamique. Donc je reste très optimiste», rassure Abir, particulièrement informée sur la situation politique tunisienne.

D’autres regardent la montée des valeurs islamiques en Tunisie avec plus de circonspection. On regrette que les Tunisiens aient manqué de volonté de changement et «d’audace» durant cette première étape démocratique:

«J’aurais souhaité que les Tunisiens restent sur cette dynamique de changement et tentent une approche plus audacieuse. Dès la chute de Ben Ali, je craignais une rapide dégradation de la situation civile. Mais les Tunisiens sont déterminés à ne plus accepter l’inacceptable», se rassure Hannan.

Source : « Slate Afrique » Le 28-10-2011

Lien :http://www.slateafrique.com/59773/politique-tunisiennes-droits-des-femmes-sur-leur-garde-


Hechmi Hamdi, ovni politique tunisien


 

Le parti Al-Aridha Chaabia du milliardaire tunisien basé à Londres Hemchi Hamdi a créé la surprise en décrochant 19 sièges à l’Assemblée constituante grâce à un mélange de populisme et de promesses farfelues.

Le milliardaire Hechmi Hamdi a réalisé un coup de maître en Tunisie au cours de l’élection de l’Assemblée constituante le 25 octobre. Un « hold up électoral », selon certains observateurs. Son parti, Al-Aridha Chaabia (« Pétition populaire pour la liberté, la justice et le développement »), s’est imposé comme la quatrième force politique en Tunisie, raflant 19 des 217 sièges de l’Assemblée constituante. Pourtant, l’homme d’affaires richissime, qui vit à Londres depuis le milieu des années 80, n’a pas mis les pieds en Tunisie depuis la chute de Ben Ali, le 14 janvier dernier.

L’aventure a finalement tourné court jeudi : Hechmi Hamdi a décidé de renoncer à ses 19 sièges à l’Assemblée constituante après l’invalidation de ses listes dans six circonscriptions par l’Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE). L’autorité électorale a passé la trésorerie d’Al-Aridha au peigne fin et conclu à des irrégularités dans le financement de sa campagne. « Comment peut-on rayer, d’un simple trait, les voix des gens qui ont voté pour Al-Aridha et considéré qu’elle les représentait ? », s’est insurgé le milliardaire sur une radio privée tunisienne, dénonçant du même coup « une violente campagne de dénigrement » à l’égard de son parti. « La participation de la Pétition populaire n’a plus aucun sens, nous ne ferons aucun recours, nous nous retirons simplement de l’assemblée », a-t-il annoncé, indiquant laisser les sièges qu’ils avaient obtenus à d’autres candidats.

Succès dans la ville berceau de la révolution

Malgré le retrait de ses listes, Hechmi Hamdi a réussi son pari : son nom est désormais gravé dans le marbre du paysage politique tunisien. Il a en particulier raflé la majorité des suffrages à Sidi Bouzid, berceau de la révolution tunisienne, volant ainsi la vedette au grand favori de l’élection, le parti islamiste Ennahda. Dans certains bureaux de vote de la circonscription, ses listes ont obtenu près de 90 % des votes. Bel exploit que celui d’obtenir la majorité aux premières élections libres de l’histoire de la Tunisie dans une ville aussi symbolique que celle-ci…

Pourtant tout au long de la campagne, le parti d’Hechmi Hamdi a été largement ignoré par les médias tunisiens. L’homme d’affaires a mené sa campagne presque exclusivement sur sa chaîne télévisée « Al-Moustaquilla » (« l’indépendante »), dont il est également le présentateur vedette, basée à Londres et diffusée en Tunisie par satellite. Ses promesses, aussi variées que farfelues, détonnent : il s’engage notamment à construire un pont entre le sud de l’Italie et la Tunisie, à garantir la gratuité des soins et des transports, et à verser des indemnités de chômage aux quelque 500 000 sans-emploi que compte le pays, des mesures inenvisageables dans le contexte économique chancelant du pays. Il promet également de céder deux milliards au pays, omettant de préciser de quelle devise il s’agit.

Le score de Hamdi illustre la fracture entre la ville et les terres

« On est vraiment dans l’archétype du leader populiste, analyse Vincent Geisser, politologue et chercheur à l’Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman. Il a beaucoup joué sur son origine. Il vient de Sidi Bouzid, région particulièrement pauvre de l’intérieur de la Tunisie. Il a réussi à se présenter comme un enfant du peuple, en disant, en substance : ‘je suis comme vous, je vous ressemble’ ». Et il en cultive habilement son look : sa fine moustache, ses traits marqués et son accent du terroir ne laissent rien présager des millions qu’il détient.

Dans les terres, son approche et ses manières font mouche. Les Tunisiens de l’intérieur nourrissent un sentiment de défi à l’égard des élites tunisoises de gauche, affirme le chercheur. À Tunis et dans les villes côtières, une élite intellectuelle – pas forcément riche, mais cultivée – a émergé, formant aujourd’hui le vivier progressiste du pays. Très loin des préoccupations et de la culture des Tunisiens de l’intérieur, qui ont majoritairement voté pour le parti islamo-conservateur Ennahda. « Dans la campagne, les Tunisiens ont l’impression que la révolution leur a été volée par ces élites intellectuelles qui font maintenant leurs petites affaires politiques entre eux, explique Vincent Geisser. Ils nourrissent un sentiment d’injustice et d’incompréhension. C’est tout à fait propice à l’émergence de discours populistes. »

Personnage ambigu, Hechmi Hamdi se fond parfaitement dans son nouveau costume de leader populiste. Son parcours est à son image : trouble. Leader étudiant de l’ancêtre du parti islamiste Ennahda jusque dans les années 90, il retourne ensuite sa veste et se rapproche du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), parti de Ben Ali, plus à même de faciliter ses affaires avec les pays du Golfe. « Hamdi est aujourd’hui capable d’articuler la fibre islamiste et celle des anciens de Ben Ali, des déçus de la révolution, assure le Vincent Geisser. C’est un homme trouble ».

Source : « France 24 » Le 28-10-2011

Lien :http://www.france24.com/fr/20111028-tunisie-election-constituante-assemblee-al-aridha-chaabia-hamdi-hechmi-petition-populaire-liberte-justice-developpement


Tunisie et Libye : le pire puis le pire ?


 

L’avènement des islamistes au pouvoir en Tunisie et en Libye ne présage, pour Philippe Bilger, rien qui vaille. Kadhafi était-il déjà condamné à mort par Washington et Paris, comme l’affirme le Canard enchaîné ? Les images de son ignominieuse capture sont, en tout cas pour notre blogueur associé, indignes et honteuses. « Au-delà de ces scènes terrifiantes, il y a l’instauration de la charia, la polygamie acceptée, un changement de société », écrit-il. Le pire après le pire ?

En Tunisie, comme il était prévu et, par beaucoup, craint, le mouvement islamiste Ennahda est arrivé largement en tête dans le premier scrutin libre de l’après-Ben Ali. Même s’il y a eu des fraudes comme certains l’affirment, la victoire est éclatante et suscite évidemment l’inquiétude. Ce n’est pas l’expression « démocratie islamiste » employée par Rached Ghannouchi qui est de nature à rassurer (Le Parisien, France Inter, Le Monde). Débarrassée de Kadhafi enterré en secret, la Libye, malgré la joie collective de beaucoup de Libyens devant la « libération » qui n’a été possible que grâce aux forces de l’OTAN et, en définitive, à l’exécution du Guide, continue de susciter le trouble, voire l’angoisse chez tous ceux qui ne perçoivent pas l’Histoire des peuples comme une ascension obligatoire vers la lumière.

Il n’était pas nécessaire de se poser en spécialiste de la vie internationale pour être persuadé que Kadhafi ne demeurerait pas vivant. Trop de menaces et trop de secrets. Cette intuition partagée semble confirmée si on ajoute foi à l’information du Canard enchaîné selon laquelle « Kadhafi (avait été) condamné à mort par Washington et Paris… de peur qu’il ne parle trop lors de son procès devant la Cour pénale internationale ». Avant cette mort programmée, il y a eu les images de son ignominieuse capture dont une vidéo (nouvelobs.com) nous montre les péripéties indignes et honteuses. La lâcheté et la fureur, en même temps, de ce groupe frappant et humiliant un homme déjà gravement blessé donnent la nausée. Je comprends, regardant cette séquence, pourquoi j’ai toujours détesté les multitudes livrées à elles-mêmes et donc trop souvent à l’abject. Le tour de force involontaire de ces « libérateurs » a été de faire passer Kadhafi sanguinolent pour un personnage quasiment christique ! Au-delà de ces scènes terrifiantes, il y a l’instauration de la charia, la polygamie acceptée, un changement de société que quelques islamologues distingués, avec leur tolérance habituelle jusqu’au prochain démenti du réel, minimisent. Il est vrai qu’on nous annonce – quelle concession ! – que les femmes auront le droit d’être en maillot de bain à la plage (20 minutes).

Il n’était pas nécessaire de se poser en spécialiste de la vie internationale pour être persuadé que Kadhafi ne demeurerait pas vivant. Trop de menaces et trop de secrets. Cette intuition partagée semble confirmée si on ajoute foi à l’information du Canard enchaîné selon laquelle « Kadhafi (avait été) condamné à mort par Washington et Paris… de peur qu’il ne parle trop lors de son procès devant la Cour pénale internationale ». Avant cette mort programmée, il y a eu les images de son ignominieuse capture dont une vidéo (nouvelobs.com) nous montre les péripéties indignes et honteuses. La lâcheté et la fureur, en même temps, de ce groupe frappant et humiliant un homme déjà gravement blessé donnent la nausée. Je comprends, regardant cette séquence, pourquoi j’ai toujours détesté les multitudes livrées à elles-mêmes et donc trop souvent à l’abject. Le tour de force involontaire de ces « libérateurs » a été de faire passer Kadhafi sanguinolent pour un personnage quasiment christique ! Au-delà de ces scènes terrifiantes, il y a l’instauration de la charia, la polygamie acceptée, un changement de société que quelques islamologues distingués, avec leur tolérance habituelle jusqu’au prochain démenti du réel, minimisent. Il est vrai qu’on nous annonce – quelle concession ! – que les femmes auront le droit d’être en maillot de bain à la plage (20 minutes).

Un risque de caporalisation

Alain Juppé, qui sait concilier l’optimisme de l’action avec le pessimisme de l’intelligence, formule, une fois de plus, un propos pertinent lorsqu’il affirme : « Il ne faut pas se crisper sur la peur mais allier vigilance et confiance… Je ne me résigne pas à penser que les peuples arabes sont condamnés à devoir choisir entre la dictature ou des régimes islamistes radicaux »(Le Figaro). Certes, il ne faut pas « se résigner » mais pourtant ! Qui n’est pas saisi d’étonnement, voire d’incrédulité devant l’évolution de ces pays qui, libérés du pire, s’engouffrent avec une sorte d’empressement qui pour être religieux n’en est pas moins étrange, vers un risque de caporalisation personnelle, familiale et sociale, et semblent accepter par avance les contraintes, les servitudes, les inégalités d’un monde qu’ils s’acharnent à sublimer ? Alain Juppé pose la bonne question. Tout se passe comme si d’un balancier à l’autre, l’Histoire ne savait pas s’arrêter là où il conviendrait. Entre l’horreur d’une dictature rejetée et la détestation d’un Etat islamiste, entre le pire puis le pire. Rien encore n’est irréversible. On a toujours le droit de rêver mais les yeux plus que jamais ouverts.

Source: “Marianne 2” Le 28-10-2011

Lien: http://www.marianne2.fr/Tunisie-et-Libye-le-pire-puis-le-pire_a211944.html

 


Tunisie-ISIE: les raisons de l’invalidation des listes de la Pétition populaire


Le secrétaire général de l’Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE), Boubaker Bethabet, a affirmé que la décision d’invalider six listes de la « Pétition populaire », n’a été prise sous aucune influence d’une quelconque partie. Cette invalidation, a-t-il ajouté, répond aux dispositions de l’article 70 du décret-loi électoral qui accorde à l’ISIE les prérogatives d’invalider, sur la base de preuves irréfutables, toute liste qui ne respecte pas les dispositions de l’article 50 du décret-loi organisant les conditions de financement de la campagne électorale. Il a expliqué que l’ISIE dispose de tous les documents prouvant que les listes invalidées ont bénéficié de fonds privés et non publics ou personnels, ce qui a motivé la décision d’invalider 5 listes. Pour ce qui est de la sixième liste (France 2), il est apparu que l’un de ses membres avait occupé un poste de responsabilité au sein du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD dissous), ce qui est une infraction à l’article 15 du décret-loi électoral. Il est à rappeler que l’article 72 du décret-loi N° 35, en date du 10 mai 2011 et amendé le 3 août 2011, prévoit la possibilité de déposer une demande de recours concernant les résultats préliminaires des élections devant l’Assemblée générale du Tribunal administratif dans un délai ne dépassant pas les deux jours. Les demandes de recours concernant les résultats préliminaires des élections de la Constituante peuvent être déposées, de 8H30 à 19H00 sans interruption, au bureau d’ordre du Tribunal administratif sis à l’adresse suivante: 8 rue Borjine Mont-plaisir – Tunis.

Source : « Espace Manager » Le 28-10-2011

Lien :http://www.espacemanager.com/politique/tunisie-isie-les-raisons-de-l-invalidation-des-listes-de-la-petition-populaire.html

 


Tunisie : « En cas de dérive autoritaire, j’exhorte le peuple à reprendre la rue »


 

Neji Jmal, élu du parti Ennahda à l’assemblée constituante tunisienne sur la circonscription du sud de la France, était l’invité vendredi de Jazz radio pour l’émission Ça Jazz à Lyon, proposée en partenariat avec LyonMag.com.

Le nouvel élu, qui est également directeur adjoint du lycée musulman Al-Kindi à Décines, rejoindra le 9 novembre la Tunisie pour la première convocation de l’assemblée constituante qu’il intègre via les listes du parti islamique Ennahda. « Nous avons bien travaillé et nous n’avons pas attendu le départ de Ben Ali pour se rapprocher de la communauté tunisienne de France, explique-t-il. Nous avons été récompensés. » Son parti, qui n’obtient pas la majorité des voix, devra s’allier pour pouvoir dégager une majorité. Neji Jmal assure ainsi qu’ils mèneront « une négociation avec tous les partis sans exception, même ceux qui n’auront pas de sièges à l’assemblée constituante, pour former ce gouvernement d’union nationale. » Des gages d’ouverture pour un parti pointé du doigt pour sa base islamique plus radicale que ses élites. « C’est notre responsabilité interne de convaincre notre base si elle n’est pas sur la même longueur d’onde que nous », précise Jmal. Alors que la Libye voisine a remis en place la charia, le nouvel élu du peuple tunisien assure que la « seule référence directe à l’Islam » des textes constitutionnels sera « le premier article de la constitution qui stipule que la Tunisie est un pays indépendant, sa langue est l’arabe, sa religion est l’Islam et son régime est républicain. »La crainte d’une dérive autoritaire du pouvoir est dans toutes les têtes, particulièrement celles des occidentaux. La perspective, conjoncturelle pour le moment, n’angoisse pas franchement Naji Jmal. « J’exhorte les Tunisiens à descendre dans la rue s’il y a une tentative de retour à l’autoritarisme », s’engage-t-il.

Source : « Lyon Mag » Le 28-10-2011

Lien :http://www.lyonmag.com/article/30500/tunisie-en-cas-de-derive-autoritaire-j-exhorte-le-peuple-a-reprendre-la-rue

 


Tunisie. Levée en France de la résidence surveillée de Salah Karkar


 

Après 18 ans de calvaire, les autorités françaises ont décidé la levée de résidence surveillée du fondateur et ex-dirigeant d’Ennahdha, Salah Karkar.

La nouvelle a été annoncée mercredi à nos collègues de Mediapart par son avocat Jean-Daniel Dechezelles.

Le militant islamiste (et cofondateur d’Ennahdha) vit en France depuis les années 1980. Il a quitté sa Tunisie natale alors que les deux présidents du pays (les seuls pendant plus de 50 ans) menaient de main de fer la bataille contre les islamistes. Considéré comme un islamiste radical, M. Karkar a été depuis 1993 assigné à résidence surveillée sur le sol français. C’était à l’époque où Charles Pasqua tenait le ministère français de l’Intérieur.

Habib Bourguiba, premier président tunisien, est mort. Zine El Abidine Ben Ali au pouvoir depuis 1987 jusqu’au 14 janvier 2011, date de sa fuite en Arabie saoudite, n’a plus rien à dire à ses amis français. Et aujourd’hui, les résultats des premières élections libres et démocratiques en Tunisie ont donné Ennahdha en tête. C’est ce qui a peut-être poussé les autorités françaises à lever la résidence surveillée sur ce membre et fondateur d’Ennahdha

Source: “Kapitalis” Le 28-10-2011

Lien: http://www.kapitalis.com/fokus/62-national/6570-tunisie-levee-en-france-de-la-residence-surveillee-de-salah-karkar-.html

 


Moncef Matri a fait perdre à l’Etat 31 millions de dinars


Kadhem Zinelabidine, représentant le ministère de la Justice, lors du rendez-vous de la cellule de communication, le 28 octobre 2011 au Premier ministère, a fait le point sur l’avancement des poursuites judiciaires à l’encontre de l’ancien président et ses proches. M. Zinelabidine a évoqué, en premier lieu, l’affaire de corruption et d’abus de pouvoir inculpant Moncef Matri, père de Sakher Matri, gendre de l’ex président. Il s’agissait de l’acquisition par Moncef Matri d’un terrain de 44000 m² aux Berges du Lac au prix modique de 20 dinars le m². Ce terrain était classé zone forestière, mais sur ordre présidentiel, il a été transformé en un terrain à usage urbain et a été revendu par M. Matri après lotissement, au prix de 1500dinars le m². Cette transaction a coûté une lourde perte au trésor public d’une valeur de 31 millions de dinars. Autre affaire, celle concernant l’ancien ministre du Transport, l’ancien directeur général de l’aviation civile et l’époux de Jalila, sœur de Leila Trabelsi. Selon M. Zinelabidine, l’Office de l’aviation avait cédé un terrain au profit de l’époux de Jalila, qui y a construit un immeuble, loué par la suite au ministère du Transport. Il a précisé que la TVA a été payée par l’Etat et non par le propriétaire. D’autre part, l’époux de la fille de Jalila Trabelsi est également inculpé dans une autre affaire, pour avoir conclu une transaction illégale avec la société Bienvu. Cette transaction a rapporté indûment beaucoup d’argent à l’accusé.

Source: ”Business News” Le 28-10-2011

Lien:http://www.businessnews.com.tn/Tunisie—Moncef-Matri-a-fait-perdre-%C3%A0-l%E2%80%99Etat-31-millions-de-dinars,520,27374,1


Islamistas y laicos irán juntos en el gobierno en Túnez


La revuelta popular en Túnez inauguró la página del despertar árabe; un gobierno de alianza entre islamistas y laicos, culminará el proceso y abrirá un nuevo capítulo en la historia del espacio geopolítico musulmán. En un mes se formará un Gobierno de coalición entre el islamista Enahda (90 escaños) y el laico Congreso por la República (30 escaños), al que puede asociarse Etakatul con otros 21 escaños. Europa sigue absorta.
Pedro Canales.
28-10-2011
Hace dos decenios los gobiernos europeos apoyaron sin contemplaciones la anulación del escrutinio electoral en Argelia. Motivo: el Frente Islámico de Salvación iba a hacerse con el gobierno del país magrebí. París convenció a la Unión Europea de cerrar los ojos ante el atropello que suponía le irrupción del Ejército para anularlas primeras Elecciones libres y democráticas que presagiaban el triunfo del islamismo político argelino. Veinte años después la Historia se repite, pero los parámetros han cambiado.
El resultado electoral en Túnez no tiene vuelta de hoja. Más del 90% del pueblo tunecino que ha acudido a las urnas ha mostrado su voluntad de ruptura con el pasado. Han ganado los partidos que lucharon y sufrieron la represión de la dictadura. Los islamistas de Enahda han obtenido un 42% de votos, lo que les ha dado 90 escaños en la Asamblea Constituyente ; los del Congreso por la República, un 14%, y los 30 escaños correspondientes ; y Etakatul, con cerca de un 10%, 21 escaños. En total,los trespartidos que encarnan la nueva Túnez suman la mayoría absoluta de la Asamblea con 141 escaños y dos tercios del electorado.
Los medios de comunicación de obediencia « occidental » ponen el grito en el cielo alegando que « los partidos de la izquierda laica y progresista » se han visto arrinconados y deberán soportar los probables embates del « islamismo conservador ». Independientemente del agravio que supone para la casi mitad del pueblo tunecino el haber apoyado al partido Enahda, se oculta deliberadamente el que tanto el Congreso por la República de Moncef Marzuky, como Etakatul de Mustafá Ben Jaafar, son partidos irreprochablemente demócratas y laicos hasta la médula.
Es más, estos mismos medios de comunicación agitan la sospecha del « fraude electoral » al insinuar que la decisión de suspender las listas del movimiento « Petición popular » dirigido por un tránssfuga del movimiento islamista y poderosos hombre de negocios en la city londinense Hachmi el Hamdi, es como mínimo un abuso de poder. La citada lista ha sido en realidad un coladero para que antiguos miembros del partido de Ben Ali, el RCD (Reagrupación Constitucional Democrática) haya intentado infiltrarse en las instituciones con el ánimo de defender los intereses de los lobbys benalistas. La opinión pública tunecina no se ha dejado engañar y ha visto en los incidente protagonizados por varios cientos de jóvenes en Sidi Buzid, una provocación con trasfondo mercantil.
En el plazo de un mes, el islamista Hamadi Jebali, secretario general de Enahda, será primer ministro y formará un gobierno de coalición, según fuentes consultadas por El Imparcial. Aunque sólo le hace falta el apoyo del Congreso por la República de Moncef Marzuki para obtener la mayoría en la Asamblea, propondrá como ministros a varios miembros del movimiento de Mustafá Ben Jaafar, Atakatul. No tiene necesidad de sus votos, pero Enahda está dispuesto a hacer el gesto: dar paso a destacadas figuras del partido de Ben Jaafar, como reconocimiento de su papel en la lucha contra la dictadura de Zine Ben Ali.
Francia se ha visto sorprendida por los resultados electorales. El gobierno galo esperaba que el Partido Demócrata Progresista, dirigido por Ahmed Chebbi, obtuviera suficientes votos como para postular por un gobierno de coalición con otros partidos minoritarios. Chebbi fue recibido en gran pompa en el palacio del Elíseo en París, y en La Moncloa. Sarkozy y Zapatero han creído que sería el caballo ganador. En cambio ha sido un alim (doctor de la Ley islámica), perseguido por el régimen policial de Ben Ali y exiliado en Londres — ningún país de la Europa continental le admitía en su suelo — Rachid Ghanuchi, quien ha canalizado el ansia popular de libertad.
A Rachid Ghanuchi no le mueve el ansia de revancha. Ni siquiera se postula para la candidatura de Jefe de Gobierno, y, según ha sabido El Imparcial, tampoco será candidato a Presidente. Su ambición es recuperar para el Islam político el lugar que según él le corresponde. Un Islam, según Ghanuchi, respetuoso de la modernidad, abierto a las libertades civiles y a los derechos democráticos.
El futuro Gobierno español deberá hacer frente a una tara heredada de la « era socialista ». Siendo presidente Felipe González, Rachid Ghanuchi fue expulsado de España —pretendía asistir a un encuentro intelectual junto a otros pensadores musulmanes en Córdoba en 1995 — por « sospechas de pertenencia terrorista ». Enahda no lo ha olvidado. Es más, hace algo más de un año, otro militante de Enahda fue expulsado de España, donde residía.
Para colmo, la oposición tunecina en el exilio — principalmente el Congreso por la República y Enahda — solicitaron al gobierno de Rodríguez Zapatero el apoyo para organizar una conferencia en territorio español de la disidencia democrática al régimen de Ben Ali hace tres años. El ministerio de Exteriores dirigido en ese momento por Miguel Ángel Moratinos, les comunicó su negativa. Un escalón más para el futuro gobierno que debe remontar y recuperar la imagen de España en el mundo árabe.

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