29 mars 2006

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TUNISNEWS
6 ème année, N° 2137 du 29.03.2006

 archives : www.tunisnews.net


AP: Football: la fédération tunisienne « très préoccupée » par les incidents du week-end AP: Privatisation de Tunisie Télécom:  Tecom-Dubaï rafle marché à Vivendi AP: Privatisation de Tunisie Télécom: Vivendi «surpris» par le montant de l’offre de Tecom-Dubai RFI: Le choix de vivre dans la contrainte tunisienne  AFP: Clôture à Bahreïn d’une conférence sur la place de la femme dans la société arabe Le Temps: Consommation : L’huile d’olive se raréfie et coûte cher Le Temps : La banalisation du dénigrement Jeune Afrique: L’âge du bilan Jeune Afrique: Tentations antisémites ? Jeune Afrique: Réponses à Mohamed Talbi Communiqué de la 4ème campagne internationale contre l’occupation usaméricaine et sioniste, tenue au Caire les 25-26 et 27 mars

 

Internautes de Zarzis

Les internautes de Zarzis, libérés récemment, parmi lesquels figure Omar Chlendi, fils d’une Portugaise résidant dans la région parisienne, sont maintenant empêchés de sortir de la ville de Zarzis. Pour qu’Omar Chlendi demande la nationalité portugaise qui lui est donnée à travers sa mère, il doit demander une autorisation pour sortir de Zarzis Source : Lusojornal, 23 mars 2006 (Traduction ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en portugais, LT)


 

Football: la fédération tunisienne « très préoccupée » par les incidents du week-end

 
AP | 28.03.06 | 19:15 TUNIS (AP) — La fédération tunisienne de football (FTF) s’est dite « très préoccupée » mardi par les actes de violence provoqués le week-end dernier par des supporters de deux grands clubs qui ont fait de nombreux blessés dont une fillette gravement atteinte. Ces incidents, qui ont occasionné d’importants dégâts matériels, ont éclaté dimanche dans une station de péage entre des supporters de l’Etoile du Sahel et de l’Espérance de Tunis. Ces deux clubs sont au coude à coude pour le titre de champion de la première ligue professionnelle, à trois journées de la fin de la compétition. Les forces de l’ordre ont procédé à l’arrestation de nombreux fauteurs de troubles pris « en flagrant délit » et interpellé d’autres suspects en possession de gourdins, de pierres et de bouteilles découverts dans leurs véhicules. Dans un communiqué, la FTF condamne ces comportements qu’elle qualifie d »‘irresponsables ». « Ces actes, commis par des supporters sportifs dont la brutalité a porté atteinte à la dignité des personnes et occasionné des dégâts à leurs biens, illustrent leur ignorance du rôle dévolu au véritable supporter et leur indifférence pour le fair-play et le comportement civique », ajoute le communiqué qui appelle dirigeants sportifs, joueurs, entraîneurs et arbitres « à s’opposer vigoureusement à ce phénomène ». Les comités directeurs des deux associations se sont joints à la condamnation de ces « agissements indignes qui n’ont aucun rapport avec les idéaux sportifs ». Les dirigeants de l’Espérance, le doyen des clubs tunisiens, font « assumer aux coupables les conséquences de leurs actes abjects » qui n’ont aucun lien avec le sport et ne lui font guère honneur. Une enquête a été confiée à la brigade de lutte contre la criminalité. AP

Privatisation de Tunisie Télécom: Vivendi «surpris» par le montant de l’offre de Tecom-Dubai

 

 
Associated Press, le 29 mars 2006 à 19h21 TUNIS (AP) — Vivendi Universal (VU) été surpris mercredi par le montant élevé de l’offre de son concurrent Tecom-Dubai Investment Group pour l’acquisition de 35% du capital de l’opérateur Tunisie Télécom (TT), lors du tour final qui s’est déroulé en séance publique au ministère des Technologies de la Communication à Tunis. Le groupe du Golfe a en effet placé la barre très haut avec 3,052 milliards de dinars tunisiens (1 euro = 1,64 dinars), alors que l’opérateur français n’a offert que 2,760 MDT. Pourtant, lors du tour précédent, VU était en meilleure position avec 2,44 milliards de dinars, contre 2,37 MDT pour Tecom-Dubai. »Evidemment, qu’on a été surpris. On ne s’attendait pas à un tel montant. Et puis, ensuite, chacun joue son jeu. Ils ont gagné. Bravo. Nous n’avons rien à dire», a déclaré à l’Associated Press Richard Lalande de Vivendi, souriant mais déçu. La déception était plus perceptible chez le chef de la délégation de VU, Régis Terrini, qui s’est refusé à tout commentaire. «Je vous avais promis une déclaration si je gagnais, pas si je perds», s’est-il justifié. Après France-Télécom, éliminé aux précédentes enchères, Vivendi est le deuxième groupe français à avoir été évincé de ce marché qualifié à Tunis de «transaction du siècle». En effet, selon certaines sources, la cession partielle du capital de TT rapporterait à elle seule plus que les quelque 190 privatisations opérées jusqu’ici par l’Etat tunisien. En revanche, c’est la joie dans le camp de la délégation de Tecom-Dubai, conduite par le président exécutif de la compagnie, Saoud Baâlaoui. «Bien sûr que nous sommes contents de cette victoire», a lancé l’un d’eux. Le vainqueur a été déclaré «adjudicataire provisoire», en attendant la notification officielle et définitive. Celle-ci devrait intervenir dans les 72 heures tel que prévu dans le règlement de l’appel d’offres. La commission de vérification devra statuer sur la conformité de l’offre financière aux dispositions techniques et administratives du cahier des charges. Côté tunisien, la satisfaction était de mise, le montant offert par Tecom-Dubai ayant été manifestement une agréable surprise. »Je n’ai rien à dire, tout se passe devant vous dans la transparence totale», a juste commenté le PDG de Tunisie Télécom, Ahmed Mahjoub, devant les journalistes. L’opérateur public TT, unique fournisseur de services de téléphonie fixe en Tunisie mais qui partage le marché de la téléphonie mobile avec un opérateur privé, Tunisiana, compte 1,2 million d’abonnés au réseau fixe et plus de 2,5 millions au réseau mobile en pleine expansion.   


Tecom-Dig surenchérit sur l’offre de Vivendi sur Tunisie Télécom

Reuters, le 29.03.06 à 20h54 par Tareq Amara TUNIS (Reuters) – Le groupe Tecom-Dig de Dubaï a surenchéri sur l’offre de Vivendi en proposant 3,052 milliards de dinars (2,24 milliards de dollars) pour 35% de Tunisie Télécom contre 2,760 milliards proposés par le groupe français, apprend-on de sources officielles. Vivendi avait proposé dans le courant du mois 2,44 milliards de dinars, devançant alors la précédente offre de Tecom-Dig qui était de 2,38 milliards, et Tunis avait finalement retenu ces deux candidats sur sept au départ. Christian Lalonde, membre de la délégation de Vivendi lors de l’adjudication, a confié que le groupe français ne s’attendait pas à ce que son concurrent surenchérisse si haut. Des membres du gouvernement tunisien ont dit que Tecom serait officiellement approuvé comme vainqueur des enchères dans les 72 heures. Des responsables de Tecom se sont refusé à tout commentaire mais se sont félicité d’avoir emporté le marché. « Nous publierons un communiqué ultérieurement; nous n’avons rien à dire pour le moment », a dit l’un d’eux. 72% DE PARTS DE MARCHÉ DANS LE MOBILE TUNISIEN Parmi les candidats d’origine figuraient France Télécom, qui avait proposé 1,90 milliard et s’était ainsi classé quatrième derrière un consortium regroupant Telecom Italia et Saudi Oger Telecom (2,123 milliards). Suivaient Etilasat, groupe des Emirats arabes unis, et le sud-africain MTN. Tunisie Télécom compte environ 4,2 millions d’abonnés en lignes fixes ou mobiles dans un pays qui compte 10 millions d’habitants. Il contrôle 72% du marché mobile. Ce monopole de la téléphonie fixe a dégagé un bénéfice net de 258 millions de dinars en 2005 et réalisé un chiffre d’affaires de 1,14 milliard de dinars, ce qui en fait la première entreprise de Tunisie. Son principal concurrent dans la téléphonie mobile est Tunisiana, une coentreprise du koweïtien National Mobile Telecom (Watania) et de l’égyptien Orascom. L’opérateur détient par ailleurs une participation de 51% dans l’opérateur mobile mauritanien Mattel. Vivendi a une participation de 51% dans Maroc Télécom dont l’Etat marocain a conservé 34% du capital. Le Maroc avait dans un premier temps vendu 35% également de Maroc Télécom et des analystes estiment que la Tunisie pourrait s’inspirer de son exemple en cédant au final 51% de son monopole des télécommunications. Aux Émirats arabes unis, la décision de Tecom – qui appartient à l’Emirates Integrated Telecommmunications Company (Etic) – d’investir dans une acquisition à l’étranger avant de s’assurer une base clients chez lui, a soulevé des questions. L’Etic, deuxième opérateur télécoms des Émirats, a décroché l’an dernier une licence signant la fin du monopole d’Emirates Telecommunications (Etisalat). Il compte plus de 19.000 clients mais ne dispose pas de réseau national. « Pour être franc, je pense que cela va être un gros challenge pour Tecom », commente un analyste d’Emaar Financial Services. « Il lui faut encore établir un marché intérieur. Ils doit commencer à gagner de l’argent ici. Une stratégie d’expansion contribue à diversifier les risques ailleurs que sur le marché national. Il est clair que cette règle ne s’applique pas ici. » Zahed Chowdhury, responsable de la recherche chez HSBC à Dubaï, estime au contraire que l’acquisition de Tunisie Télécom pourrait renforcer pour Tecom la perspective de devenir rapidement une société profitable. « On sait que les télécoms se lancent sur des bases de population supérieures à quatre millions », déclare-t-il. « Des marchés comme la Tunisie, avec des taux de pénétration relativement faibles, offrent des perspectives de croissance très élevées. » REUTERS


 

Privatisation de Tunisie Télécom:

Tecom-Dubaï rafle marché à Vivendi

    

Associated Press, le 29.03.2006 à 17h13                  TUNIS (AP) — Vivendi Universal (VU) a normalement perdu le marché de Tunisie Télécom (TT), son concurrent Tecom-Dubaï Investment Group ayant présenté mercredi la meilleure offre pour l’acquisition de 35% du capital de l’opérateur public tunisien, à l’ouverture des plis financiers qui s’est déroulée en séance publique à Tunis, lors du second tour des enchères. Avec une offre améliorée de 3,052 milliards tunisien, Tecom-DIG devance le groupe français qui a déposé une offre moindre à 2,76 milliards. Tecom-DIG est déclaré adjudicataire provisoire. La notification définitive se fera dans les 72 heures tel que prévu par le réglement de l’appel d’offre. Lors du précédent tour, VU avait pourtant la meilleure position avec 2,44 milliards de dinars, contre 2,37 MDT pour Tecom-Dubaï. Celui-ci devrait être en principe être déclaré vainqueur de ce qui est considéré à Tunis comme « la transaction du siècle », sous réserve de confirmation de la commission des vérifications qui doit statuer sur la conformité de l’offre financière avec les dispositions du cahier des charges. Le marché était prisé par plusieurs autres compagnies internationales qui ont été finalement évincées, ayant déposé des offres inférieures à celles de VU et de Tecom-Dubaï. Il s’agit de l’offre commune du saoudien Saudi Oger et Télécom Italia qui était de 2,123 MDT, de celles de France Télécom (2,107 MDT), de l’Emirati Etisalat et du Sud-africain Mobile Téléphone. L’opérateur public TT, unique fournisseur de services de téléphonie fixe en Tunisie mais qui partage le marché de la téléphonie mobile avec un opérateur privé, Tunisiana, compte 1,2 million d’abonnés au réseau fixe et plus de 2,5 millions au réseau mobile en pleine expansion.
Associated Press

France Télécom hors course

par ABDELAZIZ BARROUHI Coup de théâtre à Tunis ! Le 23 mars, le ministère des Technologies de la communication a publié les résultats du premier tour de l’appel d’offres en vue de l’acquisition de 35 % du capital de Tunisie Télécom. Seuls Vivendi (France) et Tecom-Dig (Dubaï) restent en lice pour le second tour, le 29 mars. Lors de l’ouverture des plis financiers, le 14 mars, France Télécom était pourtant arrivé en tête, avec une offre de 2,545 milliards de dinars (1,565 milliard d’euros). Mais, dans la semaine qui a suivi, la Commission de privatisation a découvert que l’offre de l’opérateur français ne répondait pas à toutes les exigences requises : le montant annoncé incluait en effet des investissements futurs, ce qui réduisait le montant du cash à 2,1 milliards de dinars. Le classement final a donc été établi, conformément à la règle, sur la base de ce dernier montant. Et c’est ainsi que France Télécom s’est trouvé relégué à la quatrième place. Le Français Vivendi arrive en tête, avec une offre de 2,44 milliards de dinars, suivi de Tecom-Dig (2,377 milliards). Les autres ont été disqualifiés, un point du règlement stipulant que seuls les postulants dont l’offre n’est pas inférieure de plus de 10 % de celle du premier sont autorisés à rester en lice. Les dirigeants des deux entreprises qualifiées avaient rendez-vous au ministère le 29 mars pour remettre leur dernière offre, sous enveloppe cachetée. (Source : Jeune Afrique, N°2359 du 26 au 1er avril 2006)

Pactole pour les banques

La privatisation de Tunisie Telecom va faire des heureux : les banques de la place. Le gouvernement a en effet demandé au futur acquéreur de le payer en dinars tunisiens. Il devra donc convertir ses euros ou ses dollars auprès des banques tunisiennes, moyennant évidemment des commissions de change non négligeables puisque le montant final de la transaction devrait se situer autour de 2,5 milliards de dinars (1,5 milliard d’euros).  (Source : Jeune Afrique, N°2359 du 26 au 1er avril 2006)

 


« Territoires de jeunesse », émission de Radio France Internationale Présentation : Edouard Zambeaux, Réalisation : Simon Decreuze

Le choix de vivre dans la contrainte tunisienne – 2e volet

2e volet d’une série sur la jeunesse méditerranéenne réalisée grâce à un partenariat entre Rfi et l’Union européenne. Au cours des mois qui viennent nous ferons le tour de la mer méditerranée pour aller à la rencontre des jeunesses des dix pays du protocole Méda qui unit l’Europe à la rive sud de cette mer. Pour deux semaines, c’est Dillah Teïbi qui nous  guide au sein de la jeunesse de Tunis. Une vision partagée, presque schizophrène, c’est ainsi que l’on peut résumer la position de la jeunesse tunisienne aujourd’hui. Vivre caché, ne rien montrer, sauver les apparences pour ne pas avoir à subir les conséquences de ses actes. Evidemment la question centrale tourne autour de l’immigration. Peut-on, veut-on rester à Tunis lorsque l’on a une vingtaine d’année aujourd’hui ? Et à quel prix… ? La plupart des jeunes que vous entendrez ont un attachement fort à leur patrie mais beaucoup mesurent les concessions qu’ils devront faire, les risques individuels qu’ils devront affronter pour rester au pays.  écouter 20 min :  http://www.rfi.fr/radiofr/editions/072/edition_29_20060325.asp [1ère diffusion : 25/03/2006] (Source: le site de RFI, le 25 mars 2006) URL: http://www.rfi.fr/radiofr/editions/072/edition_29_20060325.asp

 

Nous avons reçu de la part de Mme Fatiha TALAHITE la « mise au point » suivante :

Votre site a publié une pétition intitulée  « pétition pour un leader démocratique tunisien » signée par «une équipe de patriotes », avec un lien sur le site http://hurria.canalblog.com pour la liste des signataires. Dans la mesure où, en publiant cette pétition, vous avez pris la responsabilité de la cautionner, je vous demande de bien vouloir publier la mise au point suivante : Bien que JE N’AI JAMAIS SIGNE CETTE PETITION jusqu’à aujourd’hui mercredi 28 mars, mon nom figurait parmi la liste des premiers signataires. Il a été enlevé à la suite des nombreuses protestations que j’ai adressées à  hurria_tun@yahoo.fr  et à tunisnews. Cependant, je ne sais toujours pas quelle est la cause de cette méprise, car, si les initiateurs de la pétition ont fini par ôter mon nom de la liste, ils n’ont toujours pas répondu à mes demandes d’explication. Cette attitude m’autorise à m’interroger sur leur bonne foi. D’abord, lorsqu’on annonce une liste de premiers signataires, il s’agit en règle générale de personnes qui se sont rencontrées pour rédiger ensemble une pétition, ce qui ne fut visiblement pas le cas. Je tiens pour ma part à préciser que j’ignorais l’existence de cette pétition jusqu’au moment où j’appris que mon nom figurait parmi les « signataires ». On peut donc s’interroger sur cette mystérieuse « équipe de patriotes » qui se cache derrière une liste douteuse de « premiers signataires ».   Et je suis personnellement en droit de me demander si mon nom n’a pas été utilisé pour attirer des signataires. Si ce n’était pas le cas et que nom ait été inséré par erreur dans cette liste, cela laisse de toutes façons peser un sérieux doute sur la crédibilité des auteurs de cette pétition qui ne prennent pas les précautions élémentaires pour vérifier l’authenticité des signatures qu’ils publient. En ne répondant pas à mes demandes d’explication et en ne m’aidant pas à retrouver l’auteur de cette méprise, ils ne font que renforcer mes doutes quant à leur honnêteté et leur crédibilité. Fatiha TALAHITE Réponse de TUNISNEWS Nous publions la mise au point de Mme Fatiha Talahit tout en précisant que nous n’avons pas publié la liste des signataires de la pétition en question et que nous ne sommes pas responsables du contenu des liens qu’accompagnent les articles, textes ou autres éléments que nous re-publions chaque jour. L’équipe de TUNISNEWS


Clôture à Bahreïn d’une conférence sur la place de la femme dans la société arabe

AFP, le 28.03.2006 à 18h49 MANAMA, 28 mars 2006 (AFP) –  Une conférence sur « la réussite  des femmes à mener des changements » dans le monde arabe, qui a  rassemblé plus de 100 femmes représentant 16 pays arabes, s’est  terminée mardi à Bahreïn. L’expérience des femmes dans la prise de décision et le  renforcement de son rôle dans la région généralement conservatrice  du Proche-Orient, notamment en Arabie saoudite, au Maroc, au  Bahreïn, en Tunisie et au Koweït, ont été au centre des  interventions des participantes lors des deux jours de travaux. Les recommandations de la conférence doivent être publiées  mercredi, a indiqué une source responsable au ministère des Affaires  étrangères bahreïni. La conférence était organisée conjointement par le ministère  bahreïni des Affaires étrangères et le Département d’Etat  américain. Les réunions cherchaient à « faire la lumière sur les succès »  obtenus par les femmes dans des pays arabes l’an dernier, avait  déclaré lundi à l’AFP le sous-secrétaire d’Etat bahreïni aux  Affaires étrangères, cheikh Abdel Aziz Ben Moubarak al-Khalifa. La reconnaissance des droits politiques des femmes au Koweït et  la participation de femmes en Arabie saoudite à des élections aux  chambres de commerce et d’industrie, remportant deux sièges à  Djeddah (ouest), figurent parmi ces succès, selon cheikh Abdel  Aziz.  


La banalisation du dénigrement

Par Mourad AYARI « Dimanche Sport » a emboîté le pas à « Hannibal » et ses émissions sportives au cours desquelles, on dit tout, sans limites et sans réserves. Le changement est tellement brutal que nous nous retrouvons à chaque fois cloués devant nos téléviseurs pour suivre ces programmes durant lesquels, la langue de bois n’est plus de mise à la plupart du temps étonnés par ce qui se dit et par les réactions de ceux qu’on fustige, qu’on lapide, qu’on critique ouvertement. En  fait, il n’y a presque aucune réaction. Cela devrait nous réjouir, mais il faudrait quand même signaler à ceux qui analysent, à ceux qui viennent sur les plateaux de télévision affirmer bien des choses, qu’il y a des limites à tout. Ils devraient, avant d’accepter une invitation, avant de répondre à une question, avoir comme livre de chevet le code de la presse pour cerner la frontière entre le toléré et la diffamation. Dans d’autres contrées, des enquêtes auraient déjà été ouvertes et c’est du ressort du pénal ! !… Il faut arrêter de dire n’importe quoi, d’affirmer des choses sans réels moyens de les prouver. Les émissions sportives à « la tunisienne » , c’est plutôt devenu une occasion pour se tirer dessus à boulet de canon, sans réserve. Une opportunité pour tenir l’image d’une association ou d’un responsable, qu’il soit de la commission d’arbitrage, de la FTF, de la Ligue ou d’un club. Sinon, quand on entend un joueur expulsé dire qu’il est près du banc de remplaçants, frauduleusement, après s’être douché, on comprend que certains cas sont irréversibles et incurables. C’est ce qu’on appelle avoir la triche dans le sang. Autrement, quand un haut  responsable de club avoue qu’il accepte les décisions d’un arbitre jusqu’à un certain point, on saisit que derrière ces propos, un message clair et net est lancé à qui de droit : les éventuels dérapages du public, nous n’en serons  jamais responsables… Enfin, quand on se rend compte que l’on ne peut plus nous envier quoi que ce soit après avoir fait appel à un trio malien pour diriger un match dans notre pays, on réalise que le malaise est profond, que la confiance n’est plus de mise et que la compétition est faussée. Et là, il ne s’agit pas de diffamation mais de réalités. Mourad AYARI (Source : « Le Temps » du 29 mars 2006)      

Consommation : L’huile d’olive se raréfie et coûte cher La fin d’un mythe, ou la fin des fausses croyances

Tunis / Le Temps ; L’augmentation aussi importante que surprenante du prix de l’huile d’olive a laissé ses traces. Les ménages tunisiens habitués à l’approvisionnement annuel  » oula  » se trouvent, du coup, dans l’impossibilité d’y accéder, faute de moyens. L’huile d’olive se fait en effet  rare. Cette rareté causée par une demande  accrue sur le marché mondial a eu – pour corollaire – une augmentation subite de son prix au détriment du consommateur tunisien qui s’est rabattu sur l’huile végétale dont les vertus ne sont pas aussi prouvées que celles de l’huile d’olive. De ce fait, faut-il changer ses habitudes alimentaires en réservant à l’huile d’olive une place moins importante que celle qu’elle occupait auparavant dans le budget de la famille tunisienne. Cela a conduit cette dernière vers une nouvelle orientation, celle des huiles d’olives végétales, heureusement, riches en vitamines  » E  » et dépourvues de cholestérol. Produits de substitution Face à cette situation, l’Office National de l’huile pense avoir trouvé un produit de substitution. Selon le quotidien  » As-Sabah « , l’expérience n’est pas nouvelle. En effet, il s’agirait de mettre sur le marché un mélange constitué – à des dosages divers – d’huile d’olive et d’huile végétale. Le résultat nous rappelle – sans doute – cette huile commercialisée il y a quelques années sous le nom de  » SANNAFA  » qui a été largement consommée au regard de son prix abordable en comparaison avec celui de l’huile d’olive pure. Aujourd’hui, on pense y revenir d’autant plus que la qualité des huiles végétales disponibles n’est pas à négliger et que leur mariage avec l’huile d’olive serait un facteur d’enrichissement pour notre régime alimentaire. En Tunisie, on aurait tout à gagner en s’engageant dans cette expérience qui est déjà bien accueillie sur les marchés français, espagnol, américain et britannique. Dans ce contexte, le quotidien  » As-Sabah  » cite des sources informées qui précisent que toutes les parties concernées sont soumises à de fortes pressions pour trouver un produit de substitution à l’huile d’olive dont la rareté constitue un phénomène que certains osent le qualifie de  » problème « . Ainsi, on pense recourir au  » mélange  » qui sera exposé, dans les meilleurs délais, à la consommation. Le dosage pourrait être de 50%, ajoute-t-on. Reste le prix de ce mélange ? On affirme que dans tous les cas, il n’atteindra pas la barre de 4 dinars. (Source : « Le Temps » du 29 mars 2006)    

Néjib Chebbi aux États-Unis

Le secrétaire général du Parti démocratique progressiste (PDP, légal mais non représenté au Parlement tunisien), Me Néjib Chebbi, est en visite aux États-Unis du 27 mars au 1er avril pour prendre part au colloque « Dissidence et réforme dans le monde arabe » organisé le 31 mars à Washington par l’American Enterprise Institute for Public Policy Research, un think-tank proche des néoconservateurs. Il y retrouvera des personnalités politiques d’Irak, de Syrie, du Liban, de Jordanie et de Palestine.  (Source : Jeune Afrique, N°2359 du 26 au 1er avril 2006)

Bourguiba et la modernité

En hommage à l’ancien président tunisien décédé le 6 avril 2000, l’Institut du monde arabe (IMA) organise, le jeudi 30 mars, une réflexion sur le thème « Bourguiba et la modernité ». À l’initiative de l’Association du souvenir de Bourguiba, plusieurs personnalités participeront aux débats, notamment Pierre Hunt, Jean Lacouture, Jean Daniel, Mohamed Charfi et Hélé Béji.  Wadhah Khanfar Le Palestinien Wadhah Khanfar (37 ans) a été nommé, le 23 mars, à la tête d’Al Jazeera Satellite Network (JSN), nouveau groupe de médias lancé, le même jour, par la famille princière du Qatar. Outre la chaîne d’information arabophone du même nom, JSN comprendra notamment une chaîne en langue anglaise, une chaîne documentaire et une éducative. Khanfar dirige, depuis octobre 2003, la chaîne mère. Son ascension, fulgurante, a coïncidé avec l’invasion de l’Irak. Il avait d’abord couvert le front nord, où il avait pu rapidement conquérir la confiance des leaders kurdes alliés des Américains.  (Source : Jeune Afrique, N°2359 du 26 au 1er avril 2006)

Le PJD vu de l’Intérieur

Le PJD (Parti de la justice et du développement) remporte les législatives de 2007 avant d’entrer au gouvernement, voire de le diriger. Ce pronostic, entretenu par la presse et généralement retenu par la classe politique, n’émeut pas outre mesure « ceux qui savent » au ministère de l’Intérieur. L’homme qui y suit de près l’évolution du mouvement islamiste, avec son aile légaliste (PJD) et son aile intraitable (Al Adl wal-Ihsane), avance une hypothèse toute différente. « L’objectif du PJD est d’améliorer substantiellement le nombre de ses députés, passant de 42 à 75 ou davantage sur les 325 sièges que compte la Chambre des représentants. Et il n’est pas du tout sûr qu’il souhaite entrer au gouvernement. » Une telle « autorégulation » s’explique, selon « monsieur Islamisme », par deux considérations. Sachant que sa marge de manœuvre, au cas où il siégerait au gouvernement, sera, par la force des choses, fort limitée, le PJD n’apporterait pas de changements substantiels et risquerait de se couper de sa base. En second lieu, en participant au pouvoir, il prêterait le flanc à ses frères ennemis d’Al Adl wal-Ihsane qui le désignent volontiers comme « le paillasson du Palais ».  (Source : Jeune Afrique, N°2359 du 26 au 1er avril 2006)

La BAT, conseil dans la privatisation de la BFT

La Banque d’affaires de Tunisie (BAT), consortium de banques tunisiennes et européennes, a été chargée de préparer la privatisation de la Banque franco-tunisienne (BFT), le plus ancien établissement du pays. Filiale de la Société tunisienne de banque (STB), cette banque universelle intéresserait Le Crédit Lyonnais.  (Source : Jeune Afrique, N°2359 du 26 au 1er avril 2006)  


Que des gagnants !

par SAMIR GHARBI Pierre Simon, Hugues du Rouret et tout le staff de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris (CCIP) ont mis, le 22 mars, les petits plats dans les grands pour célébrer le 50e anniversaire de l’indépendance de la Tunisie. Le thème de la rencontre était a priori très technique – « les enjeux et les perspectives de développement des relations tuniso-françaises » -, mais la qualité des interventions et le nombre des participants (près de trois cents) ont donné à cette journée un éclat particulier. D’autant qu’elle précédait de peu la réunion, à Tunis au mois d’avril, de la Grande Commission mixte de coopération et la visite à Paris, en mai, de Mohamed Ghannouchi – la première d’un chef du gouvernement tunisien.
L’ambassadeur Raouf Najar a souhaité éviter les « superlatifs » en axant sa présentation sur les « choix déterminants » faits par la Tunisie pour assurer son « développement intégral » et relever les défis à venir, notamment la réduction du taux de chômage de 14 % à 10 %. Son homologue Serge Degallaix a évoqué ce qu’il appelle un « partenariat d’exception » à l’aide de quelques chiffres. « Les services consulaires délivrent aux Tunisiens un visa en moyenne toutes les 90 secondes, a-t-il révélé. Un Tunisien sur vingt vit en France, et vingt mille Français résident en Tunisie. « Les deux pays sont liés par une communauté de destin, a poursuivi l’ambassadeur. Il y a plus de 1 100 entreprises françaises établies en Tunisie. Elles y emploient plus de 100 000 salariés. » Selon Foued Lakhoua, le président de la Chambre franco-tunisienne de commerce et d’industrie, les échanges entre la France et la Tunisie (5,3 milliards d’euros en 2005) sont, en valeur par habitant, trois fois plus importants qu’entre la France et le Maroc, par exemple. Quand à Bruno Caron, le chef de la mission économique française en Tunisie, il a indiqué que, pour la première fois, les échanges commerciaux entre les deux pays s’étaient traduits en 2005 par un excédent en faveur de la Tunisie (170 millions d’euros). Cet excédent ira croissant en raison de l’implantation d’un nombre de plus en plus important d’entreprises industrielles françaises sur le marché tunisien. Face à un tel bilan, les deux ministres de l’Industrie invités à clôturer le débat ne pouvaient que s’engager à poursuivre la coopération. Pour François Loos, les relations entre les deux pays constituent « un vrai échange gagnant-gagnant ». Pour Afif Chelbi, « ce codéveloppement industriel permettra de créer davantage d’emplois en Tunisie et de pérenniser des emplois en France ». (Source : Jeune Afrique, N°2359 du 26 au 1er avril 2006)  

L’âge du bilan

par ABDELAZIZ BARROUHI Sobre célébration du cinquantième anniversaire de l’indépendance les 20 et 21 mars. Pas de feux d’artifice ni de fête dans les rues… Pas de délégations étrangères ni de remises de décorations… La célébration du cinquantenaire de l’indépendance de la Tunisie, les 20 et 21 mars, a dans l’ensemble été plutôt sobre. De leur côté, les Tunisiens n’ont rien changé à leurs habitudes. Comme à l’accoutumée en ces deux jours fériés (le 21 mars est la fête de la Jeunesse), une foule nombreuse a déambulé sous les ficus de l’avenue Habib-Bourguiba inondée par un soleil printanier… Comme la lutte pour l’indépendance paraît loin ! À peine si, parmi les passants, il s’en trouve un qui ait entendu parler du cinquantenaire. K., étudiant en informatique, tombe carrément des nues. « Le cinquantenaire de l’indépendance ? Ah ! c’était donc ça ! J’ai vu à la télévision des clips publicitaires où j’ai reconnu des acteurs qui nous parlaient d’indépendance. J’ai cru qu’ils jouaient un rôle. » « On aurait quand même pu organiser ces célébrations en dehors de nos vacances scolaires [de printemps], cela nous aurait donné deux jours supplémentaires de congé », ironise sa copine. M.H., 25 ans, un ouvrier rencontré dans une banlieue de Ben Arous, se montre quant à lui amer : « L’indépendance ? Cela veut dire qu’il n’y a plus d’ennemi dans notre pays et que nous sommes devenus nos propres ennemis. » Qu’ils plaisantent ou non, ces hommes et femmes de la rue ne paraissent pas vraiment concernés par les célébrations organisées par le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD). L’ex-parti unique a pourtant mis le paquet : banderoles et portraits du chef de l’État à tous les coins de rue, expositions de photos, manifestations sportives, conférences tenues par des membres du gouvernement devant les sections du parti… « C’est l’imagination qui fait défaut », commente, désabusé, un sympathisant. Quand même, deux moments forts émergent de ces festivités. Le premier est le discours du président Zine el-Abidine Ben Ali, le 20 mars, dans la salle omnisports de Radès (banlieue sud de Tunis), devant plus de quinze mille personnes. Le second, le lendemain, le « défilé national » des troupes à pied, dans le quartier des Berges du lac, suivi de représentations chorégraphiques évoquant les principales étapes de la lutte pour l’indépendance, puis les règnes des deux présidents successifs. Dans les deux cas, fait plutôt rare, Leïla Ben Ali était présente au côté de son mari. Le suspense entretenu depuis trois mois était tel que de nombreux observateurs en étaient venus à penser que Ben Ali pourrait mettre à profit ce cinquantième anniversaire de l’indépendance pour annoncer des réformes politiques en profondeur, de nature à mettre la Tunisie au diapason des pays démocratiques. Ils en ont été pour leurs frais : le président n’a consacré à la question qu’une seule page, sur les vingt que comptait son discours, et a donné la priorité à la prospective économique. « Les décisions qui s’imposaient, la libération des islamistes, par exemple, ont été prises avant le cinquantenaire », commente un familier de la scène politique. En fait, son attitude n’est pas sans évoquer celle de feu Habib Bourguiba, son prédécesseur. Du fondateur de la Tunisie moderne, sur la tombe duquel il s’est recueilli le 19 mars à Monastir, Ben Ali semble avoir retenu la démarche graduelle. « D’une étape à l’autre », il entend persévérer sur la voie de l’édification d’une société « démocratique, pluraliste et respectueuse des droits de l’homme ». Par ailleurs, à l’instar encore une fois de Bourguiba, toujours intraitable s’agissant de la souveraineté de la Tunisie, il fait du patriotisme son cheval de bataille contre une partie de l’opposition. Le slogan retenu pour la célébration du cinquantenaire est, de ce point de vue, sans ambiguïté : « Il n’est d’allégeance qu’à la seule Tunisie ». Ce regain de nationalisme est sans nul doute la conséquence directe de l’utilisation à géométrie variable que les pays occidentaux font de la question des droits de l’homme. «La démocratie, a expliqué le chef de l’État, signifie : engagement pour le respect des constantes nationales, allégeance et fidélité à la Tunisie, diversité des approches, pluralité des programmes et des alternatives, dans un contexte marqué par le droit à la différence et la protection des libertés et des droits. » Pour comprendre les motivations de ce qu’on pourrait appeler la « bataille de l’allégeance », il faut revenir aux déclarations d’Abdelwahab Abdallah, le ministre des Affaires étrangères, deux jours auparavant lors d’un meeting à l’Ariana, dans la banlieue de Tunis : « Une minorité de détracteurs, s’appuyant sur des parties étrangères connues pour ignorer la réalité nationale, font antichambre dans les chancelleries des pays étrangers dans le dessein de ternir l’image de la Tunisie et de remettre en cause ses acquis. » Bref, « ceux qui font commerce des intérêts de la nation » ont contracté une alliance artificielle avec ceux qui « pratiquent le terrorisme ». Nul besoin d’un dessin pour comprendre que c’est le « Mouvement du 18-Octobre », créé dans la foulée de la grève de la faim observée par plusieurs opposants à l’occasion du Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI), à Tunis, en novembre 2005, qui se trouve ici visé. Ce pôle comprend des indépendants, deux mouvements politiques légaux mais non représentés au Parlement (le Parti socialiste du progrès, de Nejib Chebbi, et le Forum démocratique pour les libertés et le travail, de Mustapha Ben Jaafar), des partis et des associations non reconnus, la Ligue de défense des droits de l’homme et diverses personnalités proches d’Ennahdha, le mouvement islamiste interdit et accusé de terrorisme. Le pouvoir a notamment jugé intolérable que des représentants du Mouvement du 18-Octobre aient pu, après le SMSI, être reçus par plusieurs responsables européens. Depuis, il s’efforce de susciter un front pour isoler cette formation. Les partis d’opposition appartenant à la mouvance présidentielle – une spécificité tunisienne – et diverses organisations professionnelles, notamment celle du patronat, se sont ralliés à cette stratégie. Dans un communiqué publié à l’occasion du cinquantenaire, le Mouvement des démocrates socialistes (MDS), le plus important de ces partis, estime ainsi que « la conjoncture mondiale, porteuse de multiples défis et de menaces contre la souveraineté et l’indépendance des nations, […] commande à tous les Tunisiens […] de se mobiliser contre tout ce qui est de nature à porter atteinte à l’image de la Tunisie, en rejetant toute forme d’ingérence étrangère susceptible d’hypothéquer la liberté de décision nationale et l’avenir de la Tunisie ». Ostraciser les opposants radicaux permettra-t-il au pouvoir et à ses alliés de maintenir le statu quo et de poursuivre ce qu’ils estiment être une évolution contrôlée, progressive, vers la démocratie ? Il y a fort à parier que tel sera le cas. Reste à savoir si les autorités iront jusqu’à criminaliser les partisans de « l’allégeance » à un pays étranger. Reste à savoir, aussi, si les défenseurs des droits de l’homme, les médias et les gouvernements occidentaux se laisseront convaincre du bien-fondé de cette stratégie. (Source : Jeune Afrique, N°2359 du 26 au 1er avril 2006)  

Cadeaux et prospective économique

par ABDELAZIZ BARROUHI Voici les principales décisions et objectifs économiques annoncés par le président Ben Ali à l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance : – réduction de 4 points du taux de chômage à la fin de la décennie (il a été de 14 % en 2005) ; – les diplômés du supérieur au chômage pourront participer aux concours de recrutement de l’administration jusqu’à l’âge de 40 ans (35 ans actuellement) ; – toute femme qui le désire pourra bénéficier du travail à mi-temps à compter du 1er janvier 2007, et percevra les deux tiers de son salaire en gardant la plénitude de ses droits en matière de couverture sociale et de retraite ; – le revenu moyen par tête d’habitant devrait doubler d’ici à 2016, passant à 8 000 dinars (4 900 euros) ; – établissement d’un réseau Internet à haut débit à travers la technologie sans fil Wimax ; – triplement du réseau autoroutier ; – réduction du taux d’imposition des bénéfices sur les sociétés, qui passe de 35 % à 30 %, à l’exception de certains secteurs non précisés ; – suppression du taux maximum de 29 % de la TVA pour certaines catégories de marchandises ; – suppression totale de la taxe sur les paraboles ; –          les bénéfices et revenus provenant des exportations des entreprises totalement ou partiellement exportatrices seront passibles d’un impôt à taux réduit de 10 % à partir du 1er janvier 2008. L’exonération totale sera maintenue pour les sociétés qui en bénéficient en vertu du système en vigueur actuellement. (Source : Jeune Afrique, N°2359 du 26 au 1er avril 2006)


Tentations antisémites ?

par RIDHA KÉFI Des slogans antijuifs ont été lancés, le 13 mars, à la faculté des lettres de Manouba, près de Tunis. Que s’est-il réellement passé ? Enquête. Le 13 mars, Roger Cukierman, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), écrit à Raouf Najar, l’ambassadeur de Tunisie en France, pour demander que des sanctions soient prises à l’encontre des auteurs d’un « incident antisémite » survenu trois jours auparavant à la faculté des lettres de Manouba, près de Tunis. Le même jour, Claude Nataf, le président de la Société d’histoire des juifs de Tunisie, regrette dans une lettre adressée au même diplomate « l’agitation et les propos regrettables entendus aux abords de l’amphithéâtre de la part de trublions ». Le 15 mars, un groupe d’universitaires fait circuler une pétition stigmatisant certaines « dérives extrémistes menaçant une partie de notre jeunesse », qu’ils attribuent à « un groupe d’étudiants fanatisés et aveuglés ». Dans un communiqué diffusé le même jour, la Ligue tunisienne des droits de l’homme renchérit : « événements inadmissibles », « dérive raciste », « atteinte aux valeurs humanistes »… Le 18 mars, Albert Bellaïche écrit dans une opinion publiée par Guysen Israël News : « Le gouvernement tunisien, qui a toujours essayé de tenir son pays et son peuple à l’écart de tout penchant islamique dur, va sans doute avoir du pain sur la planche et prendre les mesures qu’il jugera utiles pour enrayer une possible montée de ce courant endémique ». Que s’est-il réellement passé à Manouba ? Le 10 mars, la faculté organisait une rencontre en hommage à Paul Sebag, le cofondateur de l’université de Tunis où il a enseigné jusqu’en 1977. Fils d’un avocat juif, né à Tunis en 1919, Sebag fut jadis un militant de la cause nationale tunisienne, condamné à ce titre à la prison à perpétuité par le régime de Vichy. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages consacrés à la Tunisie, notamment Tunis, histoire d’une ville. Après son décès, en septembre 2004 (voir J.A. n° 2292), sa famille, conformément à ses volontés, a légué sa bibliothèque à l’établissement universitaire tunisien, à l’Institut du monde arabe (IMA), à Paris, et à l’Alliance israélite universelle. La rencontre était précisément organisée à l’occasion de l’inauguration du Fonds Sebag à la bibliothèque de la faculté. Plusieurs de ses anciens élèves y participaient, aux côtés de sa fille, Renée Sebag-Robichon, de Claude Nataf et d’autres personnalités. Rien ne laissait présager un possible « incident antisémite ». En 1998, un colloque sur l’histoire de la communauté juive de Tunisie organisé à Manouba s’était déroulé sans anicroche. En avril 2004, l’historienne juive tunisienne Lucette Valensi y avait eu droit à un hommage similaire. Et les auteurs juifs tunisiens comme Albert Memmi y sont étudiés normalement. Pourquoi Sebag, qui était « agnostique, antireligieux militant, bouffeur de soutane encarté, communiste et parfois antisioniste primaire », selon les termes d’un enseignant, a-t-il fait l’objet d’un tel rejet posthume ? « Une cinquantaine d’étudiants étaient réunis en assemblée générale, raconte Chokri Mabkhout, le doyen de la faculté. Les problèmes ont commencé lorsque certains d’entre eux ont tenté de bloquer l’entrée de la salle où devait se dérouler la rencontre. Nous sommes passés en force, et tout s’est ensuite déroulé comme prévu. Les débats ont duré trois heures. Ils ont été suivis d’une cérémonie officielle et d’un cocktail. » Maintenus à l’extérieur par un service d’ordre formé par des enseignants, les protestataires ont alors scandé divers slogans politiques. Tout y est passé : les libertés publiques, le chômage, la réforme de l’enseignement supérieur… Mais aussi le soutien aux Palestiniens, le rejet du sionisme, la haine d’Israël et le refus de toute normalisation avec lui. « Il y a également eu des slogans judéophobes. Or la frontière entre la judéophobie et l’antisémitisme est mince », explique l’historien Habib Kazdaghli. Son collègue Abdelhamid Larguèche renchérit : « La réaction de ces jeunes traduit un rejet de l’autre. C’est une grave régression par rapport à la tradition d’ouverture de notre pays. » Les deux universitaires sont accusés par les protestataires de velléités normalisatrices avec Israël. C’est donc en partie contre eux que ces derniers ont manifesté. C’est en tout cas ce qu’affirment Anouar Amdouni et Lotfi Mrabet, tous deux membres du bureau fédéral de l’Union générale des étudiants tunisiens : « Nous n’avons rien ni contre Sebag, ni contre le judaïsme, ni, encore moins, contre les juifs. Mais nous rejetons le sionisme que nous considérons comme un mouvement colonial. Nous avons donc voulu montrer notre refus de toute utilisation de la recherche scientifique à des fins de normalisation. » Larguèche et Kazdaghli, qui assurent être « opposés à la normalisation avec Israël, c’est-à-dire à l’établissement d’échanges entre les académies tunisiennes et israéliennes », sont convaincus que cette réputation de « normalisateurs » qui leur est faite tient du malentendu. « Notre démarche, explique Larguèche, consiste à revisiter l’histoire du pays en y incluant celle des minorités. Elle est souvent interprétée par certains nationalistes arabes et islamistes comme la traduction d’une volonté de normalisation. Lorsqu’il s’agit des minorités noire, maltaise ou italienne, cela ne pose pas de problème. Mais dès qu’il s’agit des Juifs, les accusations fusent. Ce réflexe de rejet, on le retrouve même chez certains enseignants. » « En donnant de l’importance à l’histoire de la minorité juive en Tunisie, nous essayons de montrer qu’il n’y a pas d’identité et de peuple juifs et que la place naturelle des juifs est dans leurs pays d’origine. Cette approche est un parfait antidote au sionisme », explique pour sa part Habib Mallekh, le secrétaire général du syndicat de la fac. L’« incident antisémite » de Manouba est un acte isolé, ce qui n’est pas une raison pour le minimiser. Si elle est banalisée, la tentation antisémite risque de devenir une tendance lourde au sein de la société tunisienne. Laquelle, selon Albert Bellaïche dans l’article cité, « n’a jamais manifesté à l’égard des juifs d’origine tunisienne la moindre hostilité ou antipathie, restant fidèle à la ligne forte d’Habib Bourguiba et, bien sûr, de son successeur, Zine el-Abidine Ben Ali, qui consiste à les considérer comme des Tunisiens à part entière, sans discrimination d’aucune sorte. » (Source : Jeune Afrique, N°2359 du 26 au 1er avril 2006)  

Le Danemark est un beau pays

 

 
Qu’est-ce qui a poussé ce journal danois à publier des caricatures diffamatoires du prophète Mohammed ? Surtout en ces temps critiques où, depuis le 11 septembre 2001, une certaine islamophobie galopante, charriée par des alarmistes bien-pensants, voit en chaque musulman un ennemi potentiel de l’Occident. Dès lors que George W. Bush a lancé sa « croisade » sans merci contre le terrorisme, stipulant que ceux qui ne le suivent pas sont contre les États-Unis et par conséquent contre l’Occident, on a vu naître en Europe un manichéisme pseudo-religieux que les ténors de l’extrême droite exploitent de plus en plus pour faire croire aux naïfs que les musulmans menacent la civilisation occidentale, ses valeurs universelles de droit, de liberté et de tolérance. Ce qui m’étonne, c’est que les caricatures proviennent du Danemark. Ce plus petit pays scandinave est l’un des plus anciens royaumes du monde, avec une culture et une histoire multimillénaire, illustrée depuis les Runes jusqu’aux figures embléma­tiques que sont Søren Kierkegaard, Hans Christian Andersen ou le physicien Niels Bohr, mondialement connus et estimés. J’ai séjourné plusieurs fois au Danemark depuis 1966 (j’avais 19 ans) et, depuis lors, je garde de ce beau pays et de son peuple la meilleure impression. Les Danois sont industrieux, accueillants, très tolérants et surtout ouverts. Je ne leur connais aucune bigoterie, aucun extrémisme et point de xénophobie. J’ai été émerveillé de voir leur Premier ministre habiter un appartement en plein Copenhague, leur roi monter à cheval dans la cohue et, plus tard, sa fille, la reine Marguerite, se baigner sur les plages publiques et visiter à l’improviste toutes sortes de gens. Sur le plan religieux, le Danemark tel que je l’ai connu était un havre de paix pour toutes les croyances, leurs tenants et leurs édifices. Des luthériens jusqu’aux orthodoxes, des hindouistes aux bouddhistes, des musulmans aux juifs, tous y trouvaient un abri propice à leur foi, sans heurts, sans préjugés, sans animosité. Ironie du sort ou renversement de l’Histoire, on croit assister à une levée de boucliers d’un fanatisme larvé vis-à-vis de l’islam, mais cela n’engage que ceux qui ne respectent pas les croyances d’autrui. Que les musulmans lésés par ces caricatures s’indignent et protestent massivement, c’est leur droit le plus absolu, mais recourir à la violence et aux incendies ne fait que chauffer l’esprit de ceux qui prévoient le « choc des civilisations », alias l’Islam contre l’Occident. Le prophète Mohammed aurait dit de ceux qui l’ont caricaturé : « Que Dieu les éclaire, car ils ne savent pas ce qu’ils font. » Jésus, que tout musulman vénère, l’a également dit de ceux qui l’ont fait souffrir. Mais quand on n’a plus le sens du sacré, les figures spirituelles deviennent la proie de l’impéritie. Ali Smaoui, délégué général de l’Alliance francophone, Gafsa, Tunisie (Source : Jeune Afrique, N°2359 du 26 au 1er avril 2006)

Réponses à Mohamed Talbi

L’historien et penseur musulman Mohamed Talbi n’a pas pour habitude de mâcher ses mots. Mais les propos qu’il a tenus dans une interview (J.A.I. n° 2346-2347) et dans un article consacré à l’évolutionnisme (J.A.I. n° 2349) ont suscité de nombreuses et intéressantes réactions. Leur longueur nous avait empêchés de les publier plus tôt. Fidèle à son credo selon lequel la liberté d’expression ne doit souffrir aucune limite, l’universitaire tunisien n’a pas souhaité commenter ces courriers, se réjouissant de les voir paraître. Blessant pour les chrétiens Je suis surpris par l’article de Mohamed Talbi, « Évolutionnisme rime avec créationnisme et culte de Dieu » (J.A.I. n° 2349). Ce n’est pas vis-à-vis de la position théologique exprimée dans le titre, mais parce qu’il emploie presque une page à ridiculiser la Bible, en en faisant une lecture primaire et grossière. Il dit notamment que la parole biblique « Dieu créa l’homme à son image » signifie une comparaison physique ! Même si des chrétiens ont fait, et font encore, une lecture littérale, je ne pense pas que le mot « image » puisse être compris comme apparence physique. Manifestement, Talbi verse dans la polémique et le dénigrement : pour défendre sa position, il a besoin de caricaturer celle des autres, en ironisant de manière blessante (le « regroupement familial »). Dommage qu’un si grand théologien tombe dans ce travers. Je crois que Dieu est pour le regroupement familial de tous ses enfants dès cette terre et dans l’au-delà. Bruno Vuillaume, Chartres, France Qui est vraiment musulman ? Après lecture de l’interview de Mohamed Talbi sur l’islam (J.A.I. n° 2346-2347), on se demande avec désarroi qui est vraiment musulman ! Si ces éminents savants, ayant professé pendant des décennies au plus haut niveau, se jettent l’anathème et s’excommunient à cause de différends dogmatiques ou doctrinaires, que penser du simple musulman qui n’a aucun bagage intellectuel ? C’est là le hic : un simple musulman qui a la foi saine et l’éthique idoine est sûrement plus proche de Dieu, car l’intelligence du cœur, la bonne conduite et le respect des autres peuvent mener aux cimes de la spiritualité, tandis que le savoir encyclopédique et l’érudition monumentale n’engendrent souvent que la confusion mentale et le scepticisme vis-à-vis de la religion et de la révélation. D’après le docteur Talbi, ni Mohamed Arkoun, ni Hichem Djait, ni Hamadi Redissi, ni Abdelmajid Charfi ne sont de vrais musulmans, et les arguments qu’il avance sont aussi tranchants que son verdict implacable. Ces grands professeurs universitaires ont ou bien trahi l’islam, ou n’ont rien compris à la révélation divine. Je crains fort d’envoyer mes enfants puiser leurs connaissances islamiques chez des hérétiques, qui nient l’authenticité du Coran ou réfutent, preuves rationnelles à l’appui, la prophétie du Messager de Dieu. Fort heureusement, il n’y a en islam ni théologie dogmatique, ni corpus d’orthodoxie irréfutable, ni clergé hyperstructuré, quoi qu’en disent ses contradicteurs. Quand on connaît l’audace intellectuelle d’un Ibn Rochd (Averroès), l’élévation spirituelle d’un Ibn Arabi ou l’universalisme salutaire d’un Rumi, on est réconforté et on ne perd point l’espoir de voir bientôt fleurir et prospérer un Islam plein de beauté et de bonté. Que Mohamed Talbi utilise sa raison jusqu’au bout, c’est son droit le plus absolu et les « mutazilites » l’ont fait des siècles avant lui. Mais quand il qualifie l’imam Ali de « mollusque » et « d’invertébré », sait-il qu’il insulte et scandalise des centaines de millions de musulmans ? Le comble, c’est quand il déclare : « Michel Houellebecq a dit que l’islam est la religion la plus con du monde. Pourquoi pas, c’est son droit. » Trop c’est trop ! Quel vrai musulman peut tolérer pareille réflexion ? Si l’on bafoue aveuglément autrui dans ce qu’il a de plus sacré, je dis comme Edgar Faure : la tolérance, il y a des maisons pour ça. Ali Smaoui, Gafsa, Tunisie Bible et Coran se rejoignent L’article intitulé « Évolutionnisme rime avec créationnisme et culte de Dieu » m’inspire les réflexions suivantes : 1. Création de l’homme dans la Bible Nous lisons dans Gen. chap 1 v 26 : « Dieu dit : Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance. » Et Mohamed Talbi de commenter : « Or si l’homme est à l’image, physique, de Dieu, comment peut-il descendre du singe ? » C’est Mohamed Talbi évidemment qui a rajouté le qualificatif physique – qui n’est pas dans le texte original. Bien sûr, cela lui permet de mieux étayer sa critique, avec un peu d’ironie en plus. « La ressemblance dans ce contexte, dit Mohamed Talbi, ne peut être que physique. » Pourquoi ? C’est que, dit-il, « la Bible dans de nombreux passages donne à Dieu une forme humaine. Il visite souvent la terre sous cette forme ». 2. Représentation de Dieu dans la Bible En effet, comme le signale Mohamed Talbi, « une fois même, il s’était battu, à son désavantage, avec Jacob ». Mohamed Talbi fait allusion ici à ce récit hautement symbolique, comme beaucoup d’autres récits de la Bible, en Gen. chap. 32, où on lit, au sujet de Jacob : « Quelqu’un lutta avec lui jusqu’au lever de l’aurore. Voyant qu’il ne le maîtrisait pas, il le frappa à l’emboîture de la hanche… Il lui dit : “Lâche-moi, car l’aurore est levée.” Mais Jacob répondit : “Je ne te lâcherai que tu ne m’aies béni.” » C’est un fait que l’imagination populaire, au cours des siècles, a aimé décrire ou peindre des scènes autour de ces textes qui restent du domaine symbolique ou, pour certains, mythique. Dieu y est représenté sous une forme « physique » humaine. On reste là dans la représentation imaginaire, les textes jouant souvent un rôle éducatif. Par souci d’adaptation à un peuple peu préparé à une réflexion abstraite, ces récits montrent Dieu sous une forme imagée : avec des mains, des yeux, un trône, avec des affections humaines de colère, de repentir, de haine. Ces remarques valent aussi bien pour la Bible que pour le Coran, je pense. 3. Création de l’homme dans le Coran Co. 38 v 7 : « Ton Seigneur dit aux anges : Oui, je vais créer d’argile un mortel, lorsque je l’aurai formé et que j’aurai insufflé en lui mon souffle, tombez devant lui en vous prosternant. » Je pense que ce qui a été dit plus haut sur la description physique de la création de l’homme par Dieu dans la Bible peut s’appliquer de la même façon à ce qui est relaté dans le Coran et je ne vois pas ce qui, dans le Coran, peut laisser entrevoir la théorie de l’évolution telle qu’elle apparaît dans le darwinisme. 4. L’évolutionnisme et la création de l’homme par étapes dans le Coran Voici comment Mohamed Talbi présente ce qui lui semble être dans le Coran les indices de cette théorie évolutionniste : « Tout dans le Coran conduit à une conception de la création entière comme un processus devant ontologiquement, par atwâr, par étapes successives, enfanter l’homme qui y est en projet et qui en est l’aboutissement final. » On trouve beaucoup de textes coraniques sur ce thème, tel que, par exemple : Co. s. 23 v. 14 : « Nous avons créé l’homme d’une terre que l’on a passée au crible, puis nous en avons fait un liquide répandu dans un réceptacle solide, ensuite nous avons créé un grumeau de sang, puis de celui-ci, une matière informe, de cette matière nous avons créé une masse osseuse et nous avons recouvert les os de viande et de là nous avons produit une autre création. Béni soit Dieu le meilleur des Créateurs. » Il est évident que nous n’avons à la lecture de ce texte que la description de la formation de l’homme dans le sein maternel, depuis « la goutte de sperme déposée dans un lieu sûr, jusqu’à son terme fixé ». Cela est d’ailleurs un thème connu dans la tradition rabbinique ancienne. Rien, ici, qui laisse supposer que l’homme est l’aboutissement d’une évolution, par voie de sélection naturelle, en passant par des étapes successives, à partir d’une forme animale, le singe, telles que le montrent les recherches scientifiques de Darwin. En conclusion on peut dire avec Mohamed Talbi que rien, ni dans la Bible ni dans le Coran, « ne s’oppose d’une façon formelle à l’évolutionnisme », à nous de savoir évoluer vers une meilleure compréhension mutuelle. André Roche, Le Thor, France Les Livres saints ne sont pas des traités de physique Lecteur catholique de votre hebdomadaire, je souhaiterais réagir à l’intéressant article du Pr Talbi (J.A.I. n° 2349), non pour polémiquer, ma connaissance trop superficielle de l’islam me l’interdirait, mais simplement pour exprimer quelques réflexions. 1. Avant Jean-Paul II, le pape Pie XII avait reconnu que l’homme pourrait avoir été créé à partir « d’une matière vivante préexistante ». 2. Même si, incontestablement, la hiérarchie et le clergé catholiques étaient majoritairement hostiles à Darwin, celui-ci ne fut jamais, à ma connaissance, officiellement condamné par l’Église, au sein de laquelle il y eut toujours une petite minorité favorable à l’évolution. L’exemple le plus remarquable est évidemment le père jésuite Teilhard de Chardin (qui compta, d’ailleurs, le président Senghor parmi ses admirateurs) dont l’œuvre eut un retentissement qui dépassa de très loin le cadre du catholicisme. Même si, lors du concile Vatican II, quelques évêques demandèrent sa condamnation, cette proposition a été rejetée à une très large majorité. 3. Talbi écrit qu’[à la lecture de la Bible] « on comprend que l’homme ne puisse être l’arrière-petit-neveu d’une limace ». A contrario, je me permets de faire remarquer que la citation qu’il donne de la Bible : « Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il créa » peut être, au moins pour le chrétien, un puissant argument pour défendre l’éminente dignité de la personne humaine. Pour moi, les Livres saints ne sont pas des traités de sciences physiques ou biologiques, mais sont destinés à délivrer un message divin. En revanche, je suis tout à fait d’accord avec Talbi lorsqu’il évoque l’alternative création ou hasard, car c’est finalement là que se situe le nœud du problème des origines. Je souhaiterais que chrétiens et musulmans s’unissent pour témoigner devant notre société sécularisée que croire en un Dieu créateur n’a rien de ringard ni d’irrationnel, mais que c’est le recours à la notion de hasard qui est une démission de la raison humaine ! Dr Robert Leplus, Paris, France Dieu a de drôles de goûts… J’ai lu le point de vue de Mohamed Talbi sur le Coran et l’évolution. Je suis étonné par la distinction établie entre l’approche de la Bible et celle du Coran. À ma connaissance, tous deux sont créationnistes. À aucun moment le Coran ne défend l’évolution. Talbi essaie de résoudre ce problème en disant que Dieu aurait laissé des signes qu’il nous appartient de déchiffrer. Ce raisonnement tient de la dialectique. Cela ne cadre pas avec l’idée d’un Dieu miséricordieux de jouer ainsi avec ses créatures. Mais si ces signes existent, ils se trouvent dans la nature. Or on ne les voit pas quand on regarde le grand livre de l’évolution. Celle-ci est faite de bricolages, de stagnations, de voies sans issue et de régressions. Elle n’est pas guidée par l’idée de progrès. Prétendre que l’homme serait l’aboutissement prévisible ne peut être qu’une question de vouloir croire. Jusqu’à présent, l’apport de l’homme à la terre est négatif, il se révèle un simple destructeur. D’où une deuxième constatation : si Dieu a créé l’homme, il a de drôles de goûts. Quelle confiance lui accorder ? Je suis d’accord pour dire que l’on ne peut pas comprendre tout ce que veut une intelligence supérieure, mais cela ne change rien au fait que celle-ci aurait favorisé une créature essentiellement malfaisante. Ce qui signale, de la part d’une entité toute-puissante, qu’elle est aussi malfaisante. Je ne suis pas athée, mais le paysage de l’univers et de l’évolution ne laisse aucune place au Dieu tout-puissant et infiniment bon de la Bible et du Coran. S’il y a une force vitale ou une ou plusieurs divinités à l’œuvre derrière, elles sont limitées ou sans intention. Quant à la question de la nécessité de Dieu pour justifier l’existence de la matière plutôt que du néant, il s’agit d’un vieil argument rebattu. Il ne résout pas la question de l’antériorité. Celle-ci est sans réponse possible. Philippe-Antoine Gacon, Lyon, France Défendre Houellebecq, un exercice absurde Dans « La grande interview » de M. Mohamed Talbi, intitulée « La charia ou l’islam, il faut choisir » (J.A.I. n° 2346-2347), certains passages des déclarations de Mohamed Talbi appellent des observations, qui, je le précise, me sont inspirées uniquement par mon respect pour les convictions d’autrui, qu’elles soient religieuses ou athées. À la page 106, concernant la déclaration de l’écrivain Michel Houellebecq selon laquelle « l’islam est la religion la plus con du monde », Mohamed Talbi dit : « Pourquoi pas ? » et ajoute : « Il peut dire ce qu’il veut et partout. Je peux dire que le Coran, c’est de la connerie. […] Si on m’interdit de le dire, il n’y a plus de liberté […] Je ne suis pas libre non plus de dire que c’est la vérité. Les deux libertés sont liées. » Michel Houellebecq a certes le droit de dire qu’il déteste les religions et en particulier l’islam, mais il n’a pas le droit de les insulter. En effet, l’adjectif « con » est défini dans le dictionnaire par les termes suivants : « imbécile, idiot ? bête, crétin, débile ». Michel Houellebecq a d’autant moins le droit d’affirmer que « l’islam est la religion la plus con du monde » que cette affirmation gratuite, injurieuse et méprisante n’est pas la conclusion d’une argumentation étayée par des exemples et des preuves. Toute religion, toute morale, interdit l’injure et l’outrage gratuits. De même, selon le droit international et le droit interne, dans une société démocratique, l’exercice du droit à la liberté d’expression est soumis à certaines restrictions qui sont fixées par la loi et qui sont nécessaires au respect des droits ou de la réputation d’autrui (article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques). C’est ainsi qu’en Finlande, par exemple, la liberté du culte est pleinement protégée tout comme le droit des organisations d’athées de défendre leurs points de vue dans des réunions et des publications. Ces organisations sont néanmoins tenues de s’abstenir de blasphémer et d’insulter les sentiments religieux d’autrui et de ne pas se livrer à une propagande antireligieuse (voir mon ouvrage La Protection des droits civils et politiques par l’ONU, éditions L’Harmattan, 2003, p. 412). À la vérité, Mohamed Talbi ne croit ni que « l’islam est la religion la plus con du monde », ni davantage que « le Coran, c’est de la connerie ». En effet, il déclare à la page 101 de l’interview : « Il n’y que le Coran qui oblige le musulman. […] Oui, moi, je suis un musulman coranique. » Confronté à ces contradictions, on peut se demander quel est le but recherché par l’historien et le penseur. Pour connaître la réponse à la question, il convient de savoir que si l’islam est la religion de Mohamed Talbi, il en a également une autre, car il déclare à la page 107 : « La liberté est ma religion. Dieu a créé l’homme libre. » En créant volontairement des contradictions, Mohamed Talbi a, en fait, appliqué le vieil adage : « Plaider le faux pour savoir le vrai. » Mais là où le bât blesse, c’est quand, en se livrant à cet exercice périlleux, il omet d’aller au bout de l’exercice qui devient ainsi bancal. Mohamed Talbi déclare que Michel Houellebecq a le droit de dire que « l’islam est la religion la plus con du monde ». Il dit lui-même qu’il peut dire que « le Coran, c’est de la connerie ». Ce sont deux contre-vérités qui, selon Mohamed Talbi, sont permises au nom de la liberté. Pour être cohérent avec lui-même, il aurait dû aller plus loin et déclarer : « Michel Houellebecq a la liberté de dire que l’islam est la religion la plus con du monde, moi, Talbi, j’ai également le droit à la liberté de déclarer que Michel Houellebecq ne connaît rien à l’islam et que sa déclaration relative à cette religion est non seulement infondée, mais également injurieuse et mensongère. L’islam est sans conteste la dernière et vraie religion que Dieu a donnée aux hommes. » De même, Mohamed Talbi, après avoir déclaré « je peux dire que le Coran, c’est de la connerie », aurait dû ajouter : « Je dis cela pour affirmer mon droit à la liberté d’expression, mais, à la vérité, comme musulman coranique, je considère que le Coran est le seul livre sacré que Dieu a donné à l’univers par la voix du prophète Mohammed. » Voilà comment l’exercice auquel s’est livré Mohamed Talbi aurait pu et dû se poursuivre et s’achever de telle sorte que, comme il l’a dit, « les deux libertés sont liées ». Mais, pour justifier sa position, il va beaucoup plus loin. En effet, il affirme à la page 105 : « Dieu a donné la liberté à l’homme pour qu’il soit capable de désobéir. Il faut qu’il soit capable de mentir pour qu’il y ait la vérité. Si l’homme n’était pas sciemment, intelligemment, consciemment capable de parler faux et de se tromper, il ne serait pas libre. Il serait conditionné. » On peut se demander où Mohamed Talbi a trouvé ces idées qu’il attribue à Dieu. Est-ce dans les versets du Coran ? Ou bien croit-il que Dieu l’a désigné comme son porte-parole, voire comme son ultime prophète ? Afin d’éviter que ces questions soient posées, Mohamed Talbi aurait dû avoir la prudence, au sujet des idées qu’il attribue à Dieu, d’indiquer clairement qu’à son avis Dieu pour éprouver les hommes les a laissés libres de choisir entre la vérité et le mensonge. Ces graves et importantes questions relatives à la religion n’auraient pas dû faire l’objet de l’exercice et du jeu intellectuels auxquels Mohamed Talbi a eu l’imprudence de se livrer. Cela dit, ces observations ne mettent nullement en cause la vive considération que j’ai pour lui et pour ses nombreux et remarquables écrits dans lesquels son courage, sa lucidité et son immense culture ont tant apporté à une meilleure connaissance de l’islam. Néjib Bouziri, La Marsa, Tunisie (Source : Jeune Afrique, N°2359 du 26 au 1er avril 2006)  

Communiqué de la 4ème campagne internationale contre l’occupation usaméricaine et sioniste, tenue au Caire les 25-26 et 27 mars

 

Original : Hamdi El Husseini,http://islamonline.net/Arabic/doc/2006/03/article07.shtml

Traduit de l’arabe par Ahmed Manaï, membre de Tlaxcala, le réseu de traducteurs pour la diversité linguistique (www.tlaxcala.es). cette traduction est en Copyleft.

Plus de 140 personnalités et militants arabes et étrangers, hostiles à l’occupation usaméricaine de l’Iraq, ont appelé à créer un mouvement arabe pour le changement et pour élaborer une stratégie populaire arabe de démocratisation et d’alternance pacifique au pouvoir, parallèlement au soutien multilatéral à la résistance contre l’occupation en Palestine et en Iraq.

C’est l’objet du congrès de la quatrième campagne internationale contre l’occupation usaméricaine et sioniste, qui vient de terminer ses travaux ce dimanche soir le 26 mars 2006, sous le titre « Avec la résistance en Palestine et en Iraq et contre l’impérialisme et le sionisme ».

Texte du communiqué final : « Pour la résistance en Palestine et en Iraq..et contre la mondialisation, l’impérialisme et le sionisme ». Le quatrième congrès du Caire se tient alors qu’on enregistre de graves développements au niveau de la lutte contre la colonisation usaméricano- sioniste et contre la mondialisation capitaliste sauvage. En Iraq, la résistance armée contre l’occupation anglo- usaméricaine et ses agents se développe, provoquant l’isolement du gouvernement fantoche et la paralysie de ses services. L’occupation pour sa part, fomente les complots pour faire monter les tensions entre chiites et sunnites, afin d’affaiblir la résistance, la dévier de sa voie et ternir son image. En Palestine, malgré l’encerclement et les assassinats quotidiens, le peuple palestinien a apporté la preuve dans les dernières élections législatives, que son choix demeure comme toujours, celui de la résistance et de la lutte. Le succès éclatant du Hamas a constitué un coup terrible, non seulement pour les sionistes et l’occupation usaméricaine dans la région, mais aussi pour tous les régimes arabes qui ont parié sur la soumission du peuple palestinien. Ce peuple est confronté aujourd’hui à de grands défis. Les sionistes continuent à dresser le mur de l’apartheid et à transformer Gaza et les villes de Cisjordanie en grandes prisons. Ils poursuivent leur escalade militaire et multiplient leurs crimes contre les Palestiniens, alors que la colonisation usaméricaine et ses agents européens menacent d’affamer le peuple palestinien par l’arrêt de leur aide. Les régimes arabes déploient de fortes pressions sur le nouveau gouvernement du Hamas afin de le contraindre à accepter les conditions et les concessions à la légitimité internationale, qui feraient de lui « un réaliste et un pragmatique ». Le but ultime étant de désarmer la résistance et de lui faire reconnaître l’entité sioniste et d’accepter la logique de négociations dont le peuple palestinien n’ a rien retiré au cours des deux dernières décennies.

Le peuple palestinien continuera sa résistance, le gouvernement du Hamas sera capable de faire face aux graves défis qui l’assaillent. Mais cette résistance et cette lutte ont un besoin urgent d’une nouvelle vague de soutien et de solidarité de la part des masses arabes.

Le soutien et la solidarité avec la résistance iraquienne et palestinienne ne peuvent être effectifs et complets s’ils sont menés indépendamment du combat des peuples arabes et musulmans pour la liberté et la démocratie. Les régimes despotiques arabes enserrent le cou de leurs peuples au point de les étrangler. Ces régimes répriment leurs peuples par les méthodes policières, par la corruption, les politiques capitalistes de paupérisation et de dépendance totale aux intérêts usaméricains et sionistes dans la région. Mais ils affrontent la colère montante et le refus croissant de leurs politiques par les peuples. Le succès des mouvements populaires en Amérique latine dans leur refus de la domination usaméricaine, la mondialisation capitaliste sauvage et les politiques de marché, prouve que cette domination et les politiques qui lui sont liées ne sont pas éternelles et que ce n’est pas la fin de l’histoire, comme le prétendent nos ennemis.

Mais nous sommes face à de graves défis, puisque le colonialisme usaméricain menace d’étendre sa guerre à la Syrie et à l’Iran et de faire exploser les tensions intercommunautaires. Les sionistes pour leur part, menacent d’imposer des frontières qui engloutiraient Al Quds et la majeure partie de la Cisjordanie. Quant aux régimes arabes et malgré leur fragilité, ils continuent à remplir les prisons et à exécuter les ordres de Washington et de Tel Aviv. Malgré tout, la congrés du Caire a terminé ses travaux en rendant publiques les recommandations suivantes :

En soutien à la résistance en Iraq :

1) Nécessité d’élaborer une stratégie populaire arabe pour contrer la stratégie usaméricaine-sioniste. 2) Réactiver les campagnes de boycott des produits usaméricains et britanniques 3) Faire face aux menaces de guerre contre l’Iran et la Syrie. 4) Développer la culture de la résistance, rompre l’encerclement de la résistance Iraquienne et appeler les pays frontaliers de l’Iraq à soutenir la résistance légitime iraquienne. 5) Soutenir la résistance iraquienne en tant que représentant légitime du peuple iraquien, l’indépendance de l’Iraq, l’unicité et l’indivisibilité de se son territoire. 6) Réactiver les mouvements populaires et civiques afin d’apporter le soutien nécessaire aux victimes et blessés de l’occupation , organiser l’envoi des aides matérielles et en médicaments au peuple iraquien et constituer des comités de base en soutien à la résistance iraquienne. 7) Appeler à manifester d’une façon permanente contre l’occupation de l’Iraq et s’opposer à tout envoi de troupes arabes en Iraq.

En soutien à la résistance palestinienne :

1) Réitérer le refus de tout marchandage à propos de la reconnaissance de l’entité sioniste, inviter toutes les organisations palestiniennes à réactiver les recommandations du congrès du Caire de mars 2005 et tout particulièrement la réorganisation de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP), sur de nouvelles bases politiques et organisationnelles, capables de réaliser les intérêts du peuple palestinien et son unité nationale. 2) S’attacher à distinguer dans le discours politique entre la lutte contre le sionisme et le judaïsme. 3) Résister à toute tentative de faire des concessions dans les choix permanents nationaux et appuyer sur le droit inaliénable du peuple palestinien à retourner dans son pays et à retrouver sa terre. 4) Rappeler que la colonisation est toujours présente malgré le retrait sioniste de Gaza et le succès électoral du Hamas. 5) Rappeler que le Hamas a eu un pouvoir du peuple palestinien pour poursuivre la résistance et inviter les organisations palestiniennes à soutenir activement le gouvernement élu du peuple palestinien. 6) Refuser toute concession sur le projet de la résistance. 7) Développer les moyens de lutte des organisations palestiniennes et étendre les domaines de confrontation avec l’ennemi sioniste. 8) Réactiver le boycott économique et politique de l’entité sioniste et de tous ceux qui la soutiennent. 9) Préparer le passage de l’attitude de soutien à la participation effective des peuples arabes et musulmans à la résistance palestinienne. 10) Ouvrir une souscription populaire arabe pour soutenir le projet de la résistance palestinienne et briser l’encerclement sioniste. 11) Réactiver toutes les formes de solidarité et de soutien populaires à la résistance. 12) Refuser toutes les tentatives de réactiver l’initiative de paix arabe ou de lui ajouter la feuille de route et réclamer du Sommet arabe qu’ il appelle tous les gouvernements arabes à rompre leurs relations politiques, économiques et culturelles avec l’entité sioniste et leur réclamer de redoubler leur aide au gouvernement palestinien.

En soutien aux revendications démocratiques des peuples arabes :

1) Appeler à un mouvement arabe de réforme et contre la corruption, le despotisme, l’occupation et la dépendance. 2) Décréter le 25 mai de chaque année journée de soutien international au peuple égyptien. 3) Créer des mécanismes de coordination entre les divers mouvements et fronts de réforme. 4) Mettre sur pied une commission regroupant toutes les forces politiques nationales égyptiennes en solidarité avec les juges, les journalistes, les enseignants et les étudiants.

A propos des menaces sur l’Iran et la Syrie :

1) Réactiver les mouvements et les campagnes populaires contre l’escalade usaméricaine contre la Syrie et l’Iran. 2) Mettre sur pied un front international et non seulement arabe, pour soutenir la résistance et empêcher la guerre contre la Syrie et l’Iran. 3) Activer une pression populaire pour faire évacuer les bases américaines des pays arabes. 4) Décréter une journée internationale en solidarité avec la Syrie et l’Iran et contre les menaces usaméricaines.

5) Soutenir le dialogue inter- libanais afin de sortir de la crise Libanaise, ainsi que la résistance Libanaise contre l’occupation sioniste et refuser l’interprétation usaméricaine et occidentale de la résolution 1559 qui a pour but d’imposer au Liban la domination occidentale.

Les participants ont dénoncé le refus des autorités égyptiennes de délivrer des visas d’entrée aux frères iraquiens le Cheikh Settam Al Kouod, Oussama Meta Zenoun, Hassen R’bii, Majid Al Kouod, Mohamed Fennan Al Abidi, Salem Nahad Al Azzaoui, des mouvements Le Feu de l’Iraq et du Front des intellectuels iraquiens. Les participants ont convenu d’entrer en relation avec tous les mouvements pour la paix, les mouvements populaires contre la guerre et le sionisme et pour la Palestine et le choix démocratique du peuple palestinien.

Les participants ont chargé une commission de suivre l’exécution des recommandations présentes et de présenter un rapport au cinquième congrès. Les participants ont publié : La déclaration et l’appel du Caire contre la guerre contre l’Iran. Un appel pour une action commune afin d’empêcher la guerre contre l’Iran avant qu’il ne soit trop tard et dont voici le texte :

Nous, organisations, institutions, initiatives et individus participant au quatrième Congrès du Caire : Déclarons notre soutien avec le peuple Iranien menacé par une guerre de la part de l’administration usaméricaine et ses alliés, à son droit à la maîtrise de la technologie nucléaire dans des buts pacifiques. Nous déclarons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour empêcher une guerre qui causera une véritable catastrophe humaine et environnementale si elle se produisait.

Nous appelons à faire de la journée du 6 mai, une journée internationale d’action commune contre la guerre qui se prépare, et appelons à coordonner notre action contre la guerre avec les mouvements européens et le Forum social européen qui manifeste aujourd’hui même en Grèce.

Si malgré tout, la guerre venait à éclater, nous appelons tous les mouvements et toutes les initiatives anti-guerre de par le monde et dès le premier jour de la guerre et au lâchage de la première bombe sur le sol iranien, à intensifier leurs actions, en manifestant, en occupant les universités et les écoles, en interdisant les accès aux routes.. Non à la guerre contre l’Iran Oui à la solidarité avec le peuple iranien.


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