27 juillet 2010

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TUNISNEWS
10 Úme année, N° 3717 du 27.07.2010
 archives : www.tunisnews.net 

Afef Bennaceur: CommuniquĂ© TĂ©moignage du D. Magda Sebaii – Fahem Boukadous Omar Mestiri et Sihem Bensedrine: Tunisie: dĂ©fis citoyens face Ă  une RĂ©publique confisquĂ©e Euronews: La France “en guerre” contre Al Qaida au Maghreb Islamique 20minutes: La France va soutenir des actions militaires contre Al-QaĂŻda au Maghreb islamique AFP: L’Union africaine se mobilise face aux shebab somaliens Mohamed Benchicou: Lettre d’un Africain perplexe Ă  Barack Obama.


 
 Afef Bennaceur Communiqué

 
26 juillet 2010 J’ai rendu visite aujourd’hui Ă  mon mari, Fahem Boukaddous, Ă  onze heures. Il Ă©tait pĂąle et m’a informĂ©e qu’il avait eu une crise vendredi 23 juillet 2010 Ă  neuf heures du soir. Ce jour-lĂ  il faisait trĂšs chaud : 46 degrĂ©s. La crise est survenue alors qu’il Ă©tait dans la cellule aprĂšs la fermeture des portes. Le responsable de la cellule a appelĂ© la garde de nuit qui n’est pas intervenue pour ne pas endosser de responsabilitĂ©, aussi des gardiens se sont adressĂ©s au district de Zarrouk oĂč rĂ©side le sous directeur pour qu’il soit informĂ©. Puis ils se sont adressĂ©s Ă  l’hĂŽpital rĂ©gional de Gafsa oĂč on s’est mis en quĂȘte du mĂ©decin pour le faire venir. A ce moment-lĂ , Fahem suffoquait et ses co dĂ©tenus cognaient dans la porte et criaient au secours. Au bout de 40 minutes le mĂ©decin est arrivĂ© et a averti l’administration de la gravitĂ© de la situation en cas de non intervention, un retard pouvant occasionner un dĂ©cĂšs. VoilĂ  donc le suivi mĂ©dical allĂ©guĂ© par le Parquet lors de la derniĂšre audience de Fahem : de l’encre sur le papier comme on le voit. Ils s’effondrent dĂšs la premiĂšre Ă©preuve et rĂ©vĂšlent leur cynisme et leur incurie face Ă  sa santĂ©. Je fais part de mon inquiĂ©tude plus profonde que jamais quant Ă  la vie de mon mari et je leur fais endosser la responsabilitĂ© de ce qui pourrait arriver. J’exige qu’il soit libĂ©rĂ© et ne perde pas sa vie derriĂšre les barreaux de la prison. J’exhorte toutes les composantes de la sociĂ©tĂ© et tous ceux qui se soucient de la vie de mon mari Ă  prendre une posture courageuse mettant un terme Ă  mes Ă©preuves et aux siennes. Je n’épargnerai aucune forme de lutte pour que soient restituĂ©es Ă  Fahem sa libertĂ© et sa santĂ©. LibertĂ© pour Fahem Boukaddous Afef Bennaceur (traduction ni revue ni corrigĂ©e par l’auteure de la version en arabe, LT)

Fahem Boukadous :

Témoignage du D. Magda Sebaii

En tant que mĂ©decin des hĂŽpitaux publics exerçant Ă  l’hĂŽpital Sahloul de Sousse, j’ai eu Ă  prendre en charge le suivi mĂ©dical de Fahem Boukadous pendant son sĂ©jour aux urgences de ce mĂȘme hĂŽpital. En lui prodiguant les soins que son Ă©tat de santĂ© nĂ©cessitait et aprĂšs l’avoir soumis Ă  une sĂ©rie d’examens complets et minutieux, j’ai pu constater l’existence d’un lien Ă©troit entre ses frĂ©quentes crises d’asthme et son Ă©tat psychologique gĂ©nĂ©ral. J’ai pu, par la mĂȘme occasion, prendre la mesure exacte de l’ampleur de ses souffrances ainsi que de son extrĂȘme sensibilitĂ© Ă  l’injustice. Je puis affirmer avec certitude que sa vie est continuellement en danger, en particulier, s’il venait Ă  manquer des premiers soins de secours, d’oxygĂšne ou des mĂ©dicaments indispensables comme les corticoĂŻdes, Ă  l’occasion du dĂ©clenchement d’une de ses nombreuses crises qui sans cesse le terrassent. Je me vois contrainte de rappeler que les conditions de dĂ©tention dans les prisons constituent gĂ©nĂ©ralement un facteur aggravant pour l’asthme en raison de l’humiditĂ©, de la chaleur, du manque d’aĂ©ration et de l’absence d’hygiĂšne, facteurs de risques et sources de danger aux consĂ©quences graves pour l’évolution de cette pathologie. En tant que praticienne, j’ai jurĂ© sur l’honneur de me consacrer Ă  sauver la vie humaine en toute circonstance, Ă  apporter mes soins Ă  tous ceux qui en ont besoin, Ă  contribuer Ă  faire triompher le principe de droit en matiĂšre de santĂ©, Ă  ne tenir compte d’autres critĂšres que ceux qui prĂ©valent dans notre profession et Ă  respecter la vie dans ses palpitements infimes
 Ayant foi dans la mission de la mĂ©decine dont le but premier demeure celui de ne jamais refuser de venir en aide Ă  n’importe quel patient
 J’ai tenu, dans cet appel, Ă  associer ma voix Ă  celle de mes confrĂšres pour dire que nous sommes, aprĂšs Le TrĂšs-Haut, responsables de la vie de nos patients, et de ce fait nous ne devons pas rester les bras croisĂ©s face aux atteintes au droit Ă  la vie. A partir de mon statut en tant que mĂ©decin, j’exige l’arrĂȘt immĂ©diat des poursuites judiciaires contre Fahem Boukadous eu Ă©gard Ă  ses problĂšmes de santĂ© et son Ă©largissement afin qu’il puisse avoir libre accĂšs aux soins et reprendre dans la sĂ©curitĂ© ses forces. Pareillement, j’exige la suspension de la peines extrĂȘmement dure et injuste qui lui a Ă©tĂ© infligĂ©e, la fin des filatures et des persĂ©cutions de la police politique contre El Fahem, l’arrĂȘt des interventions illĂ©gales dans le processus de soins auquel ce patient est soumis, qui constituent une atteinte Ă  l’autonomie et Ă  la neutralitĂ© de l’institution mĂ©dicale et paramĂ©dicale, et la cessation des multiples atteintes et humiliations contre le corps mĂ©dical dans son ensemble, en particulier Ă  la suite de la tentative de faire sortir par la coercition Fahem Boukadous de l’hĂŽpital contre le grĂ© des mĂ©decins – tous d’honorables professeurs d’universitĂ© – qui l’avaient sous leur autoritĂ©, Ă  travers un  « coup » lamentable montĂ© par des Ă©lĂ©ments appartenant Ă  des milieux connus, qui ont violĂ© sans vergogne l’intĂ©gritĂ© des bĂątiments de santĂ© publique, Ă©difiĂ©s non pour servir de terrain pour les agissements policiers, mais pour la sauvegarde et la protection d’hommes et des femmes dans leur humanitĂ©. Je tiens Ă  attirer, ici, l’attention de l’ensemble des professionnels pour les inviter Ă  mesurer l’ampleur du danger que reprĂ©sente l’infiltration de ce secteur Ă©minemment sensible par des Ă©lĂ©ments venus d’ailleurs Je rĂ©itĂšre une fois encore mon appel afin que Fahem Boukadous puisse bĂ©nĂ©ficier de son droit aux soins Ă  l’extĂ©rieur de l’enceinte de la prison, c’est-Ă -dire Ă  l’hĂŽpital, et j’implore l’ensemble de la sociĂ©tĂ© civile, les organisations de dĂ©fense des droits de l’homme et toutes les forces vives de la nation Ă  appuyer cet appel. J’adresse un salut chaleureux Ă  tous ceux qui ont exprimĂ© leur soutien Ă  Fahem Boukadous et Ă  tous les militants du Bassin minier. D. Magda Sbaii  Ù…Ű§ŰŹŰŻŰ© Ű§Ù„ŰłŰšŰ§Űčي ŰŻÙƒŰȘÙˆŰ±Ű© Traduit de l’arabe par Abdelatif Ben Salem          

Tunisie: défis citoyens face à une République confisquée


 
ProposĂ© par Omar et Sihem le Dimanche 25 juillet 2010 FrustrĂ©s de voir leurs aspirations profondes Ă  une citoyennetĂ© effective déçues, les Tunisiennes et Tunisiens commĂ©morent dans l’indiffĂ©rence l’avĂšnement d’une RĂ©publique rĂ©duite Ă  une façade institutionnelle. Aujourd’hui, ils vivent cette cĂ©lĂ©bration folklorique comme une vĂ©ritable humiliation.  Le gĂ©nĂ©ral Ben Ali, au pouvoir depuis 23 ans, a choisi cette commĂ©moration pour faire annoncer une Ă©niĂšme manipulation de la Constitution qui lui permet de s’y maintenir aprĂšs 2014 en relevant l’Ăąge maximum pour le candidat Ă  la prĂ©sidence limitĂ© aujourd’hui Ă  75 ans.  DĂ©jĂ  en 2002, la “rĂ©forme” constitutionnelle avait aboli la limitation Ă  trois mandats successifs, introduite lors de la rĂ©forme de 1988.   La trahison de Ben Ali  Durant ces 23 ans de pouvoir absolu, Ben Ali s’est appliquĂ© Ă  trahir ses engagements.En s’emparant du pouvoir le 7 novembre 1987, il prĂ©tendait «sauver» la RĂ©publique du naufrage d’une «monarchie prĂ©sidentielle».  Ces termes usitĂ©s dans la rhĂ©torique officielle font rĂ©fĂ©rence Ă  la dĂ©rive qu’a connue la Tunisie sous le rĂšgne de son prĂ©dĂ©cesseur, Habib Bourguiba.  Il avait proclamĂ© alors solennellement : «L’Ă©poque que nous vivons ne peut plus souffrir ni prĂ©sidence Ă  vie, ni succession automatique Ă  la tĂȘte de l’Etat desquelles le peuple se trouve exclu. Notre peuple est digne d’une vie politique Ă©voluĂ©e et institutionnalisĂ©e, fondĂ©e rĂ©ellement sur le multipartisme et la pluralitĂ© des organisations de masse.»  Quand on parle de valeurs rĂ©publicaines, on Ă©voque des Ă©lections sincĂšres par lesquelles s’exprime la volontĂ© populaire ; la sĂ©paration des pouvoir et leur indĂ©pendance; Or dans la rĂ©publique de Ben Ali, l’exĂ©cutif a phagocytĂ© tous les pouvoirs et vidĂ© la constitution de sa fonction de loi fondamentale et des valeurs rĂ©publicaines qu’elle fonde.  Il a remplacĂ© les institutions rĂ©publicaines par une institution unique, la police.   Une constitution manipulĂ©e Ă  souhait  Sous son rĂ©gime, la constitution n’a jamais eu cette force morale qui dissuade ceux qui s’affranchissent de ses principes; pour ce rĂ©gime, elle n’a jamais Ă©tĂ© la rĂ©fĂ©rence qui rĂ©git les institutions du pays de façon permanente.  Bien au contraire, elle a pesĂ© si peu dans la vie publique et subi des manipulations frĂ©quentes au grĂ© des desseins auxquels on l’adaptait ; Le conseil constitutionnel fut instaurĂ© par dĂ©cret prĂ©sidentiel avant d’ĂȘtre inscrit dans la Constitution.  Aucune cour de justice n’a usĂ© de ses pouvoirs pour refuser de juger au nom de lois inconstitutionnelles.  Les pseudos Ă©lections que Ben Ali organise rĂ©guliĂšrement pour donner un semblant de lĂ©gitimitĂ© Ă  son pouvoir absolu, sont devenues une sujet de moquerie internationale; lorsqu’on veut signifier des Ă©lections frauduleuses avec des scores peu convaincants, on parle d’élections « Ă  la tunisienne » !   Un parlement docile  Le parlement est un modĂšle de chambre d’enregistrement; ses membres doivent leurs attributions davantage Ă  la volontĂ© du prince qu’aux suffrages des Ă©lecteurs; en 53 ans d’existence, il n’a pas rejetĂ© le moindre projet gouvernemental, pas plus qu’il n’a eu l’initiative d’une seule loi, ni entrepris de mener une seule enquĂȘte parlementaire.  Une chambre haute est venue en 2002 parachever le dĂ©cor parlementaire et Ă©largir le champ de la concussion politique.   Une justice aux ordres  « Nous veillerons Ă  la bonne application de la loi de maniĂšre Ă  bannir toute iniquitĂ© et injustice.» avait promis Ben Ali dans cette fameuse « dĂ©claration du 7 novembre».  Pourtant, jamais l’institution judiciaire n’a Ă©tĂ© autant Ă©loignĂ©e du concept mĂȘme de justice.  Le juge Mokhtar Yahiaoui qui avait osĂ© Ă©crire en 2001 une lettre au prĂ©sident du Conseil de la magistrature, qui se trouve ĂȘtre Ben Ali lui-mĂȘme, pour attirer son attention sur les graves dysfonctionnements de cette institution, a Ă©tĂ© rĂ©voquĂ© de ses fonctions et il continue de subir Ă  ce jour une rĂ©pression policiĂšre et Ă©conomique qui s’étend Ă  l’ensemble de sa famille.  Quant Ă  l’Association des magistrats tunisiens (AMT) qui avait de son cĂŽtĂ© osĂ© adopter une motion lors de son congrĂšs de 2004 oĂč elle exige la mise en conformitĂ© du statut des magistrats avec les standards internationaux en matiĂšre d’indĂ©pendance du judiciaire, a subi un putsch et sa direction sanctionnĂ©e; une politique de harcĂšlements continus s’est abattue sur les membres de la direction lĂ©gitime qui va de la privation de salaires aux agressions en passant par les mutations disciplinaires et les convocations frĂ©quentes au ministĂšre de tutelle.  La mĂ©thode est rodĂ©e dans les dictatures soft comme dans l’ex-RDA; en punissant les plus actifs et ceux qui bĂ©nĂ©ficient d’une notoriĂ©tĂ©, on obtient le silence des autres !  Ce faisant, une justice aux ordres fonctionne et applique les sanctions dĂ©cidĂ©es par l’exĂ©cutif aux rĂ©calcitrants qui osent contester l’ordre Ă©tabli.   Une sociĂ©tĂ© rĂ©tive Ă  l’absolutisme vĂ©reux  Il faut relever cependant que ce pouvoir n’a pas rĂ©ussi Ă  rĂ©duire au silence la sociĂ©tĂ© tunisienne.  L’attachement des Tunisiens aux valeurs rĂ©publicaines et leur rejet de l’absolutisme vĂ©reux n’a jamais Ă©tĂ© aussi prononcĂ©, y compris parmi certains cercles du parti au pouvoir. Cela devrait se reflĂ©ter dans des dĂ©clarations de principes convergentes des diffĂ©rents acteurs (partis, associations, personnalitĂ©s
) au delĂ  des traditionnelles diffĂ©rences de ton entre «modĂ©rĂ©s» et «radicaux», Ă  l’instar de ce qui s’était produit en 2002 avec l’organisation de confĂ©rences communes.  Il semblerait pourtant que, pas plus qu’elle ne l’était il y a huit ans, l’heure n’est pas aux proclamations solennelles, ne suscitant qu’un intĂ©rĂȘt limitĂ© de l’opinion.  Les Tunisiennes et les Tunisiens attendent de leurs Ă©lites des actes concrets et la mise en place d’une large mobilisation face au dĂ©fi.  L’usurpation de notre rĂ©publique n’est pas une fatalitĂ© ; la reconquĂȘte est possible et les luttes de clans des proches de Ben Ali qui se disputent ce qui reste des biens publics augurent d’une fin de rĂšgne et constitue une opportunitĂ© pour faire Ă©merger les alternatives salutaires.  Il suffit de croire en la vitalitĂ© de la sociĂ©tĂ© civile et d’oser dĂ©fier la peur. par  Omar Mestiri et Sihem Bensedrine
(Source: le site  de “Radio Kalima” le 25 juillet 2010)


La France “en guerre” contre Al Qaida au Maghreb Islamique


 euronews 27/07 19:08 CET L’exĂ©cution de Michel Germaneau par Al Qaida au Maghreb Islamique, ou Aqmi, a dĂ©terrĂ© la hache de guerre entre la France et l’organisation terroriste. Une opĂ©ration franco-mauritanienne jeudi sur une base d’Aqmi n’a pas permis de retrouver l’otage français
 Peu aprĂšs, le groupe, qui a perdu sept membres dans le raid, a annoncĂ© sa mort. François Fillon, Premier ministre français : “Nous sommes en guerre contre Al-Qaida. et si nous apportons depuis maintenant de nombreux mois un appui militaire en particulier aux forces mauritaniennes qui combattent Al-Qaeda au Maghreb, nous le faisons bien parce que c’est une menace pour l’ensemble de nos pays”. Le ministre français des Affaires Ă©trangĂšres s’est, lui, rendu Ă  Bamako pour rencontrer le prĂ©sident malien
 Le Mali s’est plaint d’avoir Ă©tĂ© oubliĂ© dans l’organisation du raid contre Aqmi alors mĂȘme que sa base se trouvait sur son territoire. La lutte contre le terrorisme islamique au coeur du Sahel, une zone immense et dĂ©sertique, extrĂȘmement difficile Ă  contrĂŽler, passe par une collaboration Ă©troite entre Mali, Niger, Mauritanie et AlgĂ©rie, une entente que Paris appelle en tous cas de ses voeux aujourd’hui. La France affirme qu’elle soutiendra toute action militaire de ces pays contre le terrorisme, et cela devrait d’abord passer par une coopĂ©ration en terme de formation des armĂ©es.  

La France va soutenir des actions militaires contre Al-QaĂŻda au Maghreb islamique


Le raid lancĂ© contre un camp d’Al-QaĂŻda au Maghreb islamique (Aqmi) au Mali pour libĂ©rer Michel Germaneau a Ă©tĂ© «un Ă©chec». François Fillon en a convenu ce mardi matin, mais la France ne compte pas baisser les bras pour autant. Le prĂ©sident de la Commission des affaires Ă©trangĂšres de l’AssemblĂ©e,Axel Poniatowski, a annoncĂ© aprĂšs un entretien avec le Premier ministre, que la France apporterait un «soutien logistique» Ă  des actions militaires de la Mauritanie, du Mali ou du Niger contre l’organisation.

Un soutien qui consistera en une «coopĂ©ration en terme de formation des armĂ©es» de ces pays, et non par l’envoi de militaires, a prĂ©cisĂ© Matignon dans la foulĂ©e. Axel Poniatowski semble pourtant envisager une implication un peu plus directe. «On n’est pas dans un conflit avec des armĂ©es diffĂ©rentes. Il y a des militaires français qui pourraient ĂȘtre en support logistique d’actions qui seraient menĂ©es», a estimĂ© le parlementaire.

Représailles?

Et des bombardements? «Je ne crois pas», a indiquĂ© Poniatowski, invoquant des raisons pratiques: «Ce sont des camps avec une vingtaine d’hommes qui sont trĂšs mobiles, qui se dĂ©placent tous les jours ou trĂšs rĂ©guliĂšrement». Aqmi, a-t-il poursuivi, «sont en fait quelques bandes au milieu du dĂ©sert», composĂ©es «d’une cinquantaine d’hommes» chacune, «qui n’ont pas de connections avec ce qui peut se passer en Europe».

Une façon de rassurer ceux qui craindraient des attentats sur le territoire français en reprĂ©sailles aux reprĂ©sailles. «Il s’agit de groupes qui sont trĂšs isolĂ©s», a insistĂ© le parlementaire, prĂ©cisant qu’Ă  son sens, «on ne peut pas parler de reprĂ©sailles, on ne peut pas parler de vengeance» de la part de la France.

J. M.
 
(Source: 20minutes.fr le 27 juillet 2010)


L’Union africaine se mobilise face aux shebab somaliens


De Boris BACHORZ
 
(AFP) – Le27 juillet 2010) KAMPALA — L’Union africaine a dĂ©cidĂ© d’envoyer plusieurs milliers de soldats supplĂ©mentaires combattre les insurgĂ©s islamistes en Somalie, mardi au dernier jour de son sommet Ă  Kampala, sur fond de menace croissante d’Al-QaĂŻda et de ses mouvements affiliĂ©s sur le continent. La trentaine de chefs d’Etat — sur 53 pays membres — rĂ©unis depuis dimanche ont entĂ©rinĂ© l’envoi de plusieurs milliers d’hommes en renfort des 6.000 chargĂ©s aujourd’hui de repousser les assauts des islamistes shebab Ă  Mogadiscio, a indiquĂ© Ă  la presse le prĂ©sident de la Commission de l’UA Jean Ping. “Nous avons des engagements Ă  apporter rapidement 4.000 troupes supplĂ©mentaires, ce qui nous aidera Ă  atteindre le plafond, et peut-ĂȘtre au delĂ ”, a indiquĂ© M. Ping. La force de l’UA en Somalie est actuellement composĂ©e d’un peu plus de 6.000 hommes, 3.500 Ougandais et 2.500 Burundais, et le mandat de l’ONU la concernant prĂ©voit qu’elle soit constituĂ©e au maximum d’un peu plus de 8.000 hommes. Les six pays membres de l’organisation est-africaine Igad (AutoritĂ© inter-gouvernementale pour le dĂ©veloppement) ont promis 2.000 hommes, la GuinĂ©e un bataillon (environ 800 hommes) et Djibouti s’est Ă©galement engagĂ© Ă  fournir des renforts au nombre non prĂ©cisĂ©, selon M. Ping. Au cas oĂč les contributions de ses Etats membres dĂ©passeraient le plafond maximum autorisĂ©, “il y a (de la part de l’UA) une demande de relever ce plafond de 8.000 et d’aller peut-ĂȘtre Ă  15.000, (…) cela n’a pas Ă©tĂ© dĂ©cidĂ©”, a poursuivi le prĂ©sident de la Commission de l’UA. L’UA a Ă©galement renforcĂ© les rĂšgles d’engagement de sa force en Somalie (Amisom) afin de l’autoriser Ă  “attaquer de façon prĂ©ventive” en cas de suspicion d’agression en prĂ©paration contre elle, a indiquĂ© Ă  l’AFP le porte-parole de l’armĂ©e ougandaise, le lieutenant colonel Felix Kulayigye. Les islamistes shebab, qui se revendiquent d’Al-QaĂŻda, ont pour la premiĂšre fois opĂ©rĂ© hors de leur territoire national en revendiquant un double attentat qui a fait 76 morts le 11 juillet Ă  Kampala. Un autre mouvement africain affiliĂ© Ă  Al-QaĂŻda, Al-QaĂŻda au Maghreb islamique (Aqmi), a annoncĂ© dimanche avoir exĂ©cutĂ© un otage français, Michel Germaneau, enlevĂ© au Sahel en avril. Le commissaire de l’UA pour la paix et la sĂ©curitĂ©, Ramtane Lamamra, a “trĂšs Ă©nergiquement condamnĂ©” l’annonce de la mort de l’otage et relevĂ© “la mĂȘme idĂ©ologie, les mĂȘmes modes opĂ©ratoires et les mĂȘmes objectifs” des diffĂ©rentes organisations se rĂ©clamant d’Al-QaĂŻda. L’UA a demandĂ© Ă  ce propos Ă  sa Commission de lui prĂ©senter des propositions pour renforcer la coordination antiterroriste entre ses membres, notamment en matiĂšre judiciaire et policiĂšre. Sur le Soudan, l’UA “rĂ©itĂšre sa dĂ©cision selon laquelle les Etats membres ne doivent pas coopĂ©rer Ă  l’arrestation du prĂ©sident el-BĂ©chir du Soudan”, dĂ©sormais poursuivi Ă©galement pour gĂ©nocide au Darfour par la Cour pĂ©nale internationale, selon le texte d’une des dĂ©cisions finales. Le sommet africain a accusĂ© le procureur de la CPI Luis Moreno-Ocampo d’avoir tenu “des commentaires absolument inacceptables, grossiers et condescendants” sur ce dossier. L’UA a enfoncĂ© le clou en refusant d’accueillir un bureau de liaison de la CPI auprĂšs de son siĂšge d’Addis Abeba. L’organisation continentale a Ă©galement appelĂ© Khartoum et Juba Ă  “assurer une paix durable, une coopĂ©ration Ă©troite entre le Nord et le Sud ainsi que la protection des droits de chaque Soudanais, quelle que soit l’issue du rĂ©fĂ©rendum d’autodĂ©termination” prĂ©vu en janvier dans le sud Soudan. Une nouvelle fois, le thĂšme officiel du sommet, la mortalitĂ© maternelle et infantile a Ă©tĂ© Ă©clipsĂ© par l’actualitĂ© du continent. Ce sont pourtant 4,5 millions d’enfants et 265.000 mĂšres qui meurent chaque annĂ©e faute de soins mĂ©dicaux appropriĂ©s 

Lettre d’un Africain perplexe à Barack Obama

Cette lettre est arrivée au bureau du président Obama, par le canal diplomatique.

 

Monsieur le Président,

Il se dit, depuis le sommet du G 8, que vous caressez le projet de recevoir en aoĂ»t, Ă  Washington, 18 chefs d’Etats africains pour fĂȘter les 50 ans d’indĂ©pendance de leurs pays. A entendre vos conseillers, il serait question de « dĂ©battre de l’avenir avec ces jeunes dirigeants d’Afrique ». Croyez-nous, Monsieur le PrĂ©sident, pas un seul des peuples du continent, du Nil au mont Nyangani, des montagnes du Djurdjura au massif du Chaillu, du Rif au fleuve OgoouĂ©, oui, pas un seul des peuples d’Afrique ne manquerait d’applaudir Ă  cette gĂ©nĂ©reuse initiative si, par bonheur, vous arriviez Ă  dĂ©nicher 18 « jeunes dirigeants »  soucieux de se projeter vers le futur. Mais, vous le savez, dans ce continent on ne quitte le pouvoir que pour le cimetiĂšre. L’Afrique – et je le vois dans mon pays, l’AlgĂ©rie –  n’est que le vaste territoire d’une tyrannie endurcie, un continent interdit aux nouvelles gĂ©nĂ©rations, otage de vieux potentats grabataires et de quelques potentats en devenir, un continent fermĂ© Ă  l’alternance et Ă  la dĂ©mocratie, oĂč l’on se demande encore Ă  quoi pourrait bien ressembler l’indĂ©pendance, une contrĂ©e oĂč les gamins naissent et grandissent dans l’intolĂ©rable diffĂ©rence entre les humains, dans un monde maudit,  le monde du malheur de naĂźtre et de mourir prosternĂ©, condamnĂ© Ă  quĂ©mander un rĂ©pit, un vrai souffle d’amour, un instant de dignité  Un monde que leurs pĂšres croyaient avoir aboli. Le monde qu’a vaincu Rosa Parks, la marraine du miracle qui vous a fait prĂ©sident. Mais un monde qui s’éternise pour nous
  A quelle oreille escomptez-vous  adresser votre « dĂ©bat sur l’avenir » ? A celle de ces tyrans pittoresques et cyniques, ces monarques archaĂŻques qui rĂšgnent par la terreur et la corruption et Ă  qui s’adressait dĂ©jĂ  votre discours d’Accra : « Aucun pays ne peut crĂ©er de richesse si ses dirigeants s’enrichissent personnellement » ? A celle de Ben Ali qui vient d‘emprisonner son Ă©niĂšme journaliste ? Ou Ă  celle de ces treize autres autocrates africains dont la cĂ©lĂšbre revue de New-York, Foreign Policy classe parmi les vingt-trois plus grands dictateurs de la planĂšte : Teodoro Obiang Nguema, Hosni Moubarak, Robert Mugabe, Omar el-BĂ©chir, Issayas Afewerki, MĂ©lĂšs Zenawi, Mouammar Kaddafi, Idriss DĂ©by
. Vous ne parlerez pas du mĂȘme cinquantenaire. Vous ĂȘtes la crĂ©ature d’un triomphe historique sur la haine, le triomphe de Rosa Parks la couturiĂšre de Montgomery qui refusa de cĂ©der sa place Ă  un homme blanc dans un bus. Assez des lois raciales, assez de l’humiliation ! « That it was the very last time that I would ever ride in humiliation of this kind ». Vous ĂȘtes la crĂ©ature d’un triomphe historique sur la haine. Ils sont les artisans et les lĂ©gataires de la haine.  A quoi bon leur redire votre crĂ©do d’Accra : « Le continent n’a pas besoin d’hommes forts, mais de fortes institutions » ? Ils ont dĂ©sespĂ©rĂ© Tocqueville ; ils dĂ©sespĂ©reront Rosa Parks. Ils ont dĂ©sespĂ©rĂ© Tocqueville qui prĂ©conisait que «  le plus grand soin d’un bon gouvernement devrait ĂȘtre d’habituer peu Ă  peu les peuples Ă  se passer de lui  », eux qui, deux siĂšcles plus tard, persuadent toujours nos peuples de ne pas se passer d’eux. C’est comme une malĂ©diction, Monsieur le PrĂ©sident. En un demi-siĂšcle, l’AmĂ©rique a changĂ© de couleurs. Rosa Park a triomphĂ©. Vous ĂȘtes lĂ  : Premier Noir Ă©lu prĂ©sident des Etats-Unis. AprĂšs un demi-siĂšcle, l’Afrique n’a toujours pas changĂ© de pouvoir. Eux, ils sont toujours lĂ . La sĂ©grĂ©gation raciale a abdiquĂ©, mais pas les oligarchies d’Afrique. Oui, c’est comme une malĂ©diction. Songez, Monsieur le PrĂ©sident,  qu’à votre naissance, en 1961, l’actuel prĂ©sident algĂ©rien Abdelaziz Bouteflika Ă©tait dĂ©jĂ  capitaine de l’ArmĂ©e, chargĂ© de fomenter le premier coup d’Etat de la future AlgĂ©rie indĂ©pendante ; songez que deux ans plus tard, l’annĂ©e du discours du rĂ©vĂ©rend Martin Luther King, « I have a dream », M. Bouteflika Ă©tait dĂ©jĂ  ministre des Affaires Ă©trangĂšres, Vous aviez 2 ans M. Bouteflika en avait 26. Songez qu’au rĂ©tablissement des droits des noirs, lors du « Civil Rights Act » et du « Voting Rights Act » sous la prĂ©sidence de Lyndon B. Johnson, l’actuel prĂ©sident Bouteflika avait dĂ©jĂ  provoquĂ© son deuxiĂšme coup d’état contre Ahmed Ben Bella. Vous aviez 4 ans.  M. Bouteflika en avait 28 Et songez qu’à votre  investiture pour le SĂ©nat, en 2004, il venait de rĂ©ussir son troisiĂšme putsch contre son adversaire aux prĂ©sidentielles, et qu’à votre victoire contre Mac Cain, le 4 novembre 2008, l’actuel prĂ©sident Bouteflika viola la Constitution pour rester au pouvoir.    Vous aviez 47 ans. Premier Noir Ă©lu prĂ©sident des Etats-Unis. Abdelaziz Bouteflika en avait 72. TroisiĂšme dictateur le mieux Ă©lu dans le monde, juste derriĂšre Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, (GuinĂ©e Equatoriale) et  Noursoultan NazarbaĂŻev (Kazakhstan), mais devant Robert Mugabe (Zimbabwe) et Omar Hassan el-BĂ©chir du Soudan. Depuis, j’entends parfois mon compatriote se confier Ă  la mer : « I have a dream
 » Si vous recevez M. Bouteflika, vous briserez ce rĂȘve.  

  Si vous recevez ces autocrates, Monsieur le PrĂ©sident, vous les laverez de leurs pĂ©chĂ©s et ils vivront cinquante autres annĂ©es de votre absolution. Vous ferez pleurer nos Rosa Parks, Mandela et Lumumba. Ecoutez plutĂŽt l’Africain qui rĂȘve et qui se bat. Vous le savez, aujourd’hui, monsieur le PrĂ©sident : on ne peut rien contre un homme qui rĂȘve et qui se bat. Lui seul saura vous raconter l’avenir. Cet homme existe, monsieur le PrĂ©sident. Il est vivant. Il est dans les geĂŽles des potentats, parfois en exil, souvent traquĂ©, ignorĂ©, mais vivant. Il reprĂ©sente les sociĂ©tĂ©s civiles de l’Afrique muette. Ecoutez-le, monsieur le PrĂ©sident. Lui seul saura cĂ©lĂ©brer l’anniversaire des indĂ©pendances africaines. Je vous prie de croire, monsieur le PrĂ©sident, Ă  ma plus haute considĂ©ration.

Mohamed Benchicou

Cette lettre est arrivée au bureau du président Obama, par le canal diplomatique.

(Source: “le Matin” (Quotidien -Algerie) le 26 juillet 2010)

Lien:http://www.lematindz.net/news/3232-lettre-dun-africain-perplexe-a-barack-obama.html

 

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