Le 23 septembre 2010 sâouvrira devant la Cour dâassises de Nancy le procĂšs en appel du tortionnaire tunisien Khaled BEN SAĂD, qui avait Ă©tĂ© reconnu coupable de complicitĂ© du crime de torture ou actes de barbarie commis sur la personne de Mme Zoulikha MAHJOUBI (Ă©pouse GHARBI), le 15 dĂ©cembre 2008 par la Cour dâassises du Bas-Rhin siĂ©geant Ă Strasbourg. Le ComitĂ© pour le Respect des LibertĂ©s et des Droits de lâHomme en Tunisie (CRLDHT) avait dĂ©jĂ saluĂ© cette dĂ©cision historique rendue par les juges strasbourgeois qui, pour la premiĂšre fois dans lâhistoire de la lutte contre la torture en Tunisie, ont prononcĂ© une condamnation de huit (8) annĂ©es dâemprisonnement contre le tortionnaire fugitif (il sâĂ©tait enfoui en Tunisie laissant, lĂąchement, femme et enfants en FranceâŠ), sur la base de la compĂ©tence universelle permettant, Ă la justice française de poursuivre les auteurs âprĂ©sents en Franceâ de crimes de torture mĂȘme commis Ă lâĂ©tranger⊠Dans son communiquĂ© publiĂ© au lendemain du prononcĂ© de lâarrĂȘt dâassises du Bas-Rhin, le CRLDHT avait soulignĂ© la responsabilitĂ© des autoritĂ©s tunisiennes qui garantissent systĂ©matiquement lâimpunitĂ© des tortionnaires contre lesquels existent des preuves Ă©videntes de culpabilitĂ©. Il avait Ă©galement pointĂ© la responsabilitĂ© de lâexĂ©cutif français dont le parquet avait requis le non-lieu, se rendant ainsi complice de la couverture honteuse de faits rĂ©primĂ©s non seulement par lâarticle 1er de la Convention internationale contre la torture et autres peines ou traitements cruels inhumains ou dĂ©gradants, mais aussi les articles 222 â 1 et 222 â trois â 7 du Code pĂ©nal français. Le mĂȘme parquet, persistant dans sa complicitĂ© avec les autoritĂ©s tunisiennes, est Ă lâorigine de lâappel interjetĂ© contre la dĂ©cision rendue par la Cour dâassises du Bas-Rhin. Il sâagit lĂ dâun scandaleux acharnement qui nâhonore guĂšre la France. Ceci dâautant plus que le tortionnaire nâa pas manifestĂ© le moindre respect vis-Ă -vis de la justice française en refusant, non sans mĂ©pris, de se prĂ©senter Ă lâaudience, et pour cause ! Le CRLDHT, tout en exprimant Ă Mme GHARBI (MAHJOUBI) et Ă toutes les victimes de la torture en Tunisie, sa solidaritĂ© et son soutien indĂ©fectible, exprime, une fois de plus, sa satisfaction quant Ă lâutilisation de son Livre/rapport publiĂ© en 2000 (aux Ă©ditions « le Temps des cerises ») : « LA TORTURE EN TUNISIE, 1987 â 2000, Plaidoyer pour son abolition et contre lâimpunitĂ© », dans lequel on avait dĂ©jĂ mentionnĂ©, parmi une trĂšs longue liste de tortionnaires tunisiens, le nom de Khaled BEN SAĂD ! par la Cour dâassises du Bas-Rhin, et notamment le juge dâinstruction strasbourgeois qui Ă©tait en charge de lâaffaire (lâhonorable juge Philippe JAEGLĂ), Le CRLDHT, dĂ©nonce avec force lâattitude « protectrice » rĂ©voltante adoptĂ©e systĂ©matiquement par les autoritĂ©s tunisiennes au profit des tortionnaires qui, au lieu dâappliquer Ă leur encontre les jugements de condamnation, les « rĂ©compensent » en les maintenant Ă leurs postes ou, pire encore, en leur offrant des promotions « pour services (torture & barbarie) rendus au pouvoir en place »⊠Le CRLDHT, dĂ©nonce avec autant de force lâattitude honteuse et scandaleuse des autoritĂ©s françaises qui sâobstinent, via la position du ministĂšre public, Ă vouloir « blanchir » un tortionnaire dont la culpabilitĂ© a Ă©tĂ© amplement prouvĂ©e. Le CRLDHT, exprime son entiĂšre confiance dans le dĂ©roulement (et lâissue) Ă©quitable du procĂšs qui sâouvrira le 23 septembre 2010 devant la Cour dâassises de Nancy, et invite tous les dĂ©fenseurs des droits de lâhomme et tous les militants anti-torture Ă participer au rassemblement organisĂ© devant le palais de justice de Nancy (le 23/09) pour exprimer notre soutien aux victimes de la torture en Tunisie et dĂ©noncer lâattitude honteuse et scandaleuse des pouvoirs tunisiens et français. __________________________
Nancy: un ancien vice-consul de Tunisie jugé en appel pour torture
AFP 22/09/2010 NANCY â Un ancien vice-consul de Tunisie Ă Strasbourg, Khaled Ben SaĂŻd, est jugĂ© par dĂ©faut jeudi par la cour d’appel de Nancy, accusĂ© d’avoir commis des actes de tortures et de barbarie en 1996 en Tunisie. M. Ben SaĂŻd, 48 ans, avait Ă©tĂ© condamnĂ© par dĂ©faut Ă huit ans d’emprisonnement en 2008 par la Cour d’assises du Bas-Rhin Ă Strasbourg, oĂč il Ă©tait en poste en 2001. L’avocat gĂ©nĂ©ral, qui avait requis l’acquittement, avait interjetĂ© appel de la dĂ©cision. VisĂ© par un mandat d’arrĂȘt international depuis 2002, Khaled Ben SaĂŻd se trouverait toujours en Tunisie, selon son avocat, Me Olivier Selichon. Son client n’assistera “probablement pas” Ă ce second procĂšs, a-t-il prĂ©cisĂ©. Les faits se seraient produits Ă Jendouba, dans le nord-ouest de la Tunisie, en octobre 1996. La victime prĂ©sumĂ©e, Zoulaikha Gharbi, une Tunisienne mĂšre de cinq enfants aujourd’hui ĂągĂ©e de 46 ans, a dĂ©signĂ© M. Ben SaĂŻd, alors commissaire, comme le chef des hommes qui l’auraient torturĂ©e, insultĂ©e et humiliĂ©e pendant prĂšs de 24 heures dans un poste de police surnommĂ© le “commissariat de la torture”, afin de lui extorquer des renseignements sur son mari, suspectĂ© d’activitĂ©s hostiles au prĂ©sident Zine El Abidine Ben Ali. La plaignante affirme avoir Ă©tĂ© dĂ©vĂȘtue, suspendue Ă une barre mĂ©tallique par les mains et les pieds, pincĂ©e et griffĂ©e sur tout le corps, notamment les seins. Contre l’avis du parquet, l’ancien vice-consul avait Ă©tĂ© renvoyĂ© en fĂ©vrier 2007 devant les assises pour “tortures et actes de barbarie par une personne dĂ©positaire de l’autoritĂ© publique”. Il encourt 20 ans de rĂ©clusion criminelle. “Je trouve choquant le comportement du parquet, dans la mesure oĂč il a contribuĂ© Ă faire fuir” l’accusĂ©, a estimĂ© l’avocat de Mme Gharbi, Me Eric Plouvier. Il a dĂ©plorĂ© que “les commissions rogatoires dĂ©livrĂ©es durant l’instruction pour poursuivre l’enquĂȘte sur le territoire tunisien n’aient jamais abouti, en dĂ©pit des accords d’entraide judiciaire liant la France Ă la Tunisie”. En cas d’absence de M. Ben SaĂŻd comme lors du premier procĂšs, l’accusĂ© serait jugĂ© par trois magistrats professionnels, sans jury populaire. La Ligue des droits de l’Homme et la FĂ©dĂ©ration internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) sont Ă©galement parties civiles au procĂšs. Le verdict est attendu vendredi soir.
Finau Maka jugé à Toulouse pour avoir employé clandestinement un sans-papiers tunisien
AP 21/09/2010
TOULOUSE (AP) â L’ancien joueur du Stade toulousain, Finau Maka, comparaissait mardi devant le tribunal correctionnel de Toulouse pour emploi irrĂ©gulier d’un Ă©tranger sans titre de sĂ©jour, travail dissimulĂ© et soumission Ă des conditions d’hĂ©bergement indignes. Le sans-papiers qui l’accuse, un Tunisien de 44 ans, affirme avoir Ă©tĂ© “l’esclave” du rugbyman de fĂ©vrier 2006 Ă avril 2010. L’affaire a Ă©tĂ© mise en dĂ©libĂ©rĂ© au 19 octobre 2010. L’ancien troisiĂšme-ligne du Stade toulousain est soupçonnĂ© d’avoir employĂ© clandestinement un sans-papiers tunisien durant quatre ans pour diffĂ©rents travaux dans sa maison de Beauzelle qu’il habitait alors avec sa femme, dans l’agglomĂ©ration toulousaine, et de l’avoir hĂ©bergĂ© dans des conditions indignes. Selon Moncef Derbali, arrivĂ© clandestinement en France de Tunisie, Finau Maka l’a “exploitĂ© par le travail durant quatre ans”, menaçant de le livrer Ă la police s’il n’accomplissait pas diffĂ©rents travaux dans sa propriĂ©tĂ©. “Il m’a dit qu’il me paierait une fois que la maison serait vendue. Je recevais entre 200 et 300 euros tous les trois ou quatre mois. Il m’a payĂ© un passeport mais il l’a gardĂ© en me disant qu’il en avait besoin pour me faire des papiers (…) J’avais peur de lui car j’Ă©tais en situation irrĂ©guliĂšre”, a dĂ©clarĂ© Ă la barre le Tunisien. HĂ©bergĂ© pendant quatre mois dans une chambre d’amis, Ă l’intĂ©rieur de la maison des Maka, Moncef Derbali, qui s’est prĂ©sentĂ© devant le tribunal comme une “victime”, a ensuite Ă©tĂ© logĂ© dans un local technique exigu sans porte, adossĂ© Ă la piscine. Il a dormi durant quatre ans dans ce cabanon, sur un simple matelas posĂ© sur une planche, sans sanitaire Ă l’exception d’un robinet. Le rugbyman originaire des Iles Tonga, de nationalitĂ© nĂ©o-zĂ©landaise et qui joue aujourd’hui Ă Aix-en-Provence, s’est dĂ©fendu “d’avoir ordonnĂ© de quelconques travaux et d’avoir abusĂ© du sans-papiers tunisien”. Selon lui, c’est Moncef Derbali lui-mĂȘme qui aurait demandĂ© Ă dormir dans ce local pour ne pas ĂȘtre Ă la rue. D’aprĂšs l’avocat du joueur, Me Romuald Palao, il y a “Ă la base un acte de gĂ©nĂ©rositĂ©” de la part du joueur de rugby. “A la longue, Finau Maka s’est senti piĂ©gĂ©. Quelque part, cette situation convenait Ă Moncef Derbali qui en tirait des contreparties, en assistant par exemple aux matches, en se faisant acheter ses cigarettes. C’est pourquoi il s’est accrochĂ©”, a plaidĂ© Me Palao en demandant la relaxe pour son client dont “la rĂ©putation a Ă©tĂ© ternie” ainsi que 140.000 euros de dommages et intĂ©rĂȘts dont 60.000 au titre du prĂ©judice moral. Auparavant, Me Eric Zerbid, avocat du Tunisien, avait dĂ©crit cette affaire comme “une histoire de la misĂšre humaine”, relevant de “l’esclavagisme moderne”. “440 euros versĂ©s en quatre ans, 100 euros par an, quelle bagatelle! Quand bien mĂȘme il n’aurait travaillĂ© qu’une heure dans la semaine, ce qui n’est pas le cas”, a dĂ©clarĂ© l’avocat Ă propos de son client dont “les conditions d’hĂ©bergement et de vie au quotidien Ă©taient indignes de la condition humaine”. “Moncef Derbali n’Ă©tait pas libre de ses mouvements. Le couple Maka dĂ©tenait son passeport, il rentrait chez eux par nĂ©cessitĂ©, avec l’espoir d’ĂȘtre payĂ© un jour. La rĂ©munĂ©ration et la menace de le dĂ©noncer Ă la police Ă©taient les deux moyens de pression exercĂ©s par Finau Maka”, a ajoutĂ© Me Zerbid qui a demandĂ© 80.000 euros Ă titre de rappel de salaires et 60.000 pour le prĂ©judice moral. Dans ses rĂ©quisitions, le parquet, pour qui les trois infractions reprochĂ©es au rugbyman sont Ă©tablies, a soulignĂ© la “situation de dĂ©pendance et de soumission de Moncef Derbali du fait de sa situation irrĂ©guliĂšre”. Il n’a toutefois pas considĂ©rĂ© qu’il s’agissait d’un cas d’esclavagisme moderne. Il a demandĂ© une peine de 5.000 euros d’amende Ă l’encontre de Finau Maka. AP Â
Ăric Besson doit-il se convertir Ă l’islam ?
22/09/2010 ThĂ©oriquement, le mariage de Yasmine Tordjman avec le ministre français de lâImmigration ne peut ĂȘtre enregistrĂ© par lâĂ©tat civil tunisien. Et pourtant… Pour se prĂ©munir des paparazzis et autres trouble-fĂȘtes, Ăric Besson avait annoncĂ© le report de son mariage avec la jeune Tunisienne Yasmine Tordjman. DĂ©placĂ©e, croyait-on, Ă Rome, Ă une date indĂ©terminĂ©e, la cĂ©rĂ©monie a finalement eu lieu le 12 septembre, devant le maire du 7e arrondissement de Paris, Rachida Dati, dans un lieu inhabituelâ: le domicile de fonction du ministre français de lâImmigration. Ă lâannonce du mariage, nombreux sont ceux qui sâĂ©taient demandĂ© si Ăric Besson allait devoir se convertir Ă lâislam pour que son union soit enregistrĂ©e et reconnue en Tunisie, oĂč tout mariage dâune citoyenne musulmane avec un Ă©tranger non-musulman ne peut ĂȘtre cĂ©lĂ©brĂ© que si le futur mari se rend devant le Grand Mufti et se convertit Ă lâislam en rĂ©citant la chahada (« profession de foi »)â: « Il nây a de Dieu que Dieu et Mohammed est Son messager ». AprĂšs quoi lui est dĂ©livrĂ© un certificat de conversion sans lequel les officiers dâĂ©tat civil (et les notaires) ne peuvent sceller lâunion. Dans la pratique, les futurs maris Ă©trangers acceptent le plus souvent de se prĂȘter Ă ce rituel. Sâagissant dâune affaire de conscience, personne ne viendra ensuite vĂ©rifier sâils ont renoncĂ© ou non Ă leur religion dâorigine ou Ă leur athĂ©isme. Une telle condition nâa cependant pas de base juridique claire, le Code du statut personnel de 1956 nâen faisant pas mention. Elle prend nĂ©anmoins sa source dans la coutume consacrĂ©e par une circulaire gouvernementale adressĂ©e aux maires. Enregistrement automatique Si le futur mari ne souhaite pas se convertir â ce qui est le cas de Besson â, le mariage ne peut ĂȘtre cĂ©lĂ©brĂ© en Tunisie, ni dans des consulats tunisiens, qui ne sont habilitĂ©s quâĂ cĂ©lĂ©brer les mariages entre nationaux. NĂ©anmoins, si lâĂ©poux veut tout de mĂȘme faire reconnaĂźtre son mariage, il lui reste la possibilitĂ© de se marier dans la mairie dâun pays Ă©tranger ayant signĂ© avec la Tunisie une convention dâĂ©tat civil. Or la France a signĂ© une telle convention avec son ex-protectorat dans le cadre des accords sur lâautonomie interne en 1955. En outre, une convention bilatĂ©rale datant de 1972 a prĂ©vu des dispositions permettant la reconnaissance et lâenregistrement automatiques des actes dâĂ©tat civil en provenance de lâautre pays. Ces dispositions sâappliquent Ă lâacte de mariage de Besson, mĂȘme en lâabsence de conversion, estiment des juristes tunisiens. Alya Cherif Chammari, avocate tunisienne spĂ©cialisĂ©e dans le droit privĂ©, est formelleâ: « Il suffit que la mairie qui les a mariĂ©s dĂ©livre un avis de mention de mariage, et il sera automatiquement enregistrĂ© sur lâĂ©tat civil tunisien de la mariĂ©e. Cela fait des annĂ©es que la procĂ©dure existe. Dans la pratique, je nâai pas eu de difficultĂ©s Ă le faire. Jâai eu un seul cas de refus dans les annĂ©es 1980, mais je me suis adressĂ©e Ă la justice et jâai obtenu gain de cause. »
14.000 Français ont visité la Tunisie entre mai et août 2010, selon le Ceto
22/09/2010 Entre mai et aoĂ»t, la Tunisie a Ă©tĂ© la destination la plus vendue par les tour-opĂ©rateurs (TO) français avec 314.000 clients (+1%), selon l’Association des tour-opĂ©rateurs français (Ceto), citĂ©e par le site Le Quotidien du Tourisme. Elle est suivie par le Maroc avec 171.0000 clients (+4.2%) et la Turquie avec 154.454 clients (-14.4%). Arrivent ensuite l’Espagne, CrĂšte et Rhodes, la GrĂšce, l’Egypte, les BalĂ©ares, l’Italie et les USA (+20%). Ainsi, pendant cette saison estivale, les tour-opĂ©rateurs français ont enregistrĂ© une hausse du nombre de voyages Ă forfait (2,214 millions de clients) et le bon niveau de rĂ©servation pour le reste de l’annĂ©e laisse entrevoir un dĂ©but de reprise, a prĂ©cisĂ© RenĂ©-Marc Chikli, prĂ©sident du Ceto. «Septembre et octobre devraient ĂȘtre de bons mois», a-t-il expliquĂ©.
Le football en Tunisie en mal de communication
22/09/2010 Face aux dĂ©rives mĂ©diatiques entourant le football en Tunisie, les autoritĂ©s sportives et les clubs devraient Ă©laborer une stratĂ©gie de communication qui mette en valeur dâabord, et surtout, le jeu, les joueurs et les Ă©quipes. Le football est le sport numĂ©ro un en Tunisie. Avec le dĂ©veloppement de lâespace mĂ©diatique, le championnat de football devient lâĂ©vĂ©nement national le plus couvert. Avec pas moins de quatre chaĂźnes tĂ©lĂ© et 13 stations radio entre nationales, rĂ©gionales et privĂ©es, rien de ce qui concerne les clubs de prĂšs ou de loin nâĂ©chappe dĂ©sormais aux journalistes, sans cesse Ă la recherche de lâinformation, du scoop et surtout du nouvelle «affaire». Haro sur les erreurs arbitrales Il est vrai que le niveau sportif moyen du championnat et le spectacle mĂ©diocre quâil offre chaque semaine ne laissent pas beaucoup de choix. Il faut bien meubler des Ă©missions radiophoniques et tĂ©lĂ©visĂ©es quotidiennes. Du coup, lors de la couverture dâun matche, on parle beaucoup plus des Ă -cĂŽtĂ©s: le comportement des spectateurs, les ratĂ©s de lâorganisation, et surtout les erreurs arbitrales, et tout cela au dĂ©triment du jeu et des joueurs. Il faut dire aussi que les responsables des clubs tendent eux aussi Ă mettre lâaccent sur les erreurs des arbitres pour occulter la faiblesse de leur club. Comme si, sur le terrain, il nây a que lâarbitre qui se trompe, jamais les joueurs. Pourtant⊠Il suffit de revoir lâaction du but de lâArgentin Maradona marquĂ© par la main lors de Coupe du monde de 1986 contre lâAngleterre pour remarquer que, sur cette action, le joueur a Ă©tĂ© magistralement servi, non pas par son coĂ©quipier, mais par un dĂ©fenseur anglais. Mais, bien sĂ»r, tous le monde nâa retenu quâun seul fautif, notre arbitre international Ali Bennaceur qui avait sifflĂ© ce fameux matche. Et lĂ oĂč lâon touche le fond de la question des erreurs arbitrales, câest lorsque, au cours de la demi-finale de la derniĂšre coupe de Tunisie, le commentateur tĂ©lĂ© du matche sâest vu assister non pas par un ancien entraĂźneur ou un ex-joueur en guise dâanalyste sportif, mais par un ancien arbitre, qui commentait en direct les erreurs de lâarbitre. CĂŽtĂ© foot italien, on a compris cette annĂ©e que se focaliser sur les erreurs arbitrales ne peut que nuire au Calcio. Et on a admis que les erreurs des arbitres font partie du jeu. Câest ainsi que la Rai a dĂ©cidĂ©, cette saison, dâarrĂȘter sa fameuse Ă©mission de Moviola, la machine diabolique qui passe et repasse indĂ©finiment les sĂ©quences au ralenti, dĂ©masquant les erreurs des arbitres et les forfaits des joueurs. Les prĂ©sidents des clubs super stars Les consĂ©quences de cette sur-mĂ©diatisation crĂ©ent des situations quelque peu saugrenues. Dâabord, les prĂ©sidents des clubs se comportent parfois comme des stars, rivalisant en cela avec les joueurs. La preuve: rares sont les personnes qui peuvent citer trois noms de joueurs Ă©voluant au Club sportif dâHammam-Lif, alors que tout le monde (ou presque) attend, chaque dimanche, les interventions sympathiques et par moment comiques de lâex-prĂ©sident de ce club, Mongi Bhar. Outre les prĂ©sidents des clubs, ce sont les membres de la FĂ©dĂ©ration tunisienne de football (Ftf) et leur prĂ©sident qui jouent eux aussi aux stars. Ils ont mĂȘme eu droit Ă leurs «marionnettes» dans les Ă©missions satiriques tĂ©lĂ©visĂ©es ou radiophoniques. Cette dĂ©rive mĂ©diatique nâest pas sans consĂ©quences nĂ©fastes. Dâabord pour notre Ă©quipe nationale. Plus les mĂ©dias se focalisent sur les imperfections de notre onze national, plus le public se rĂ©duit dâun matche Ă lâautre. Pis: le peu de supporters qui assistent dĂ©sormais aux matches sont si conditionnĂ©s quâils se permettent de siffler la moindre faute dâun joueur avec les tristes consĂ©quences que lâon a pu constater lors de la derniĂšre sortie de lâEquipe Tunisie. ThĂ©orie du complot et violence dans les gradins Idem pour les matches du championnat. Le public ne peut plus admettre la faiblisse de son club et adhĂšre facilement Ă la thĂ©orie du complot ourdi contre celui-ci par la fĂ©dĂ©ration ou dâautres instances occultes, ce qui contribue dâailleurs Ă la montĂ©e de la violence sur les gradins. Il est nĂ©cessaire voire urgent que la Ftf et les clubs se mettent dâaccord sur une stratĂ©gie de communication qui mette en valeur dâabord et surtout le jeu, les joueurs et les Ă©quipes. Quitte Ă recourir au service dâune agence spĂ©cialisĂ©e. Encore faut-il aussi que les mĂ©dias jouent le jeu et adhĂ©rent Ă cette stratĂ©gie. Cela va de lâavenir de notre sport national numĂ©ro un, deux et trois.
(Source: kapitalis.com le 22 septembre 2010) Lien: http://www.kapitalis.com/proximite/43-sport/1291-le-football-en-tunisie-en-mal-de-communication.html Â