22 septembre 2010

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TUNISNEWS
10 Úme année, N° 3774 du 22.09.2010


C.R.L.D.H. Tunisie: NON À L’IMPUNITÉ DES TORTIONNAIRES TUNISIENS – Justice pour Mme GHARBI et pour toutes les victimes de la torture en Tunisie AFP: Nancy: un ancien vice-consul de Tunisie jugĂ© en appel pour torture AP: Finau Maka jugĂ© Ă  Toulouse pour avoir employĂ© clandestinement un sans-papiers tunisien Jeune Afrique: Éric Besson doit-il se convertir Ă  l’islam ? Business News: 14.000 Français ont visitĂ© la Tunisie entre mai et aoĂ»t 2010, selon le Ceto Kapitalis: Le football en Tunisie en mal de communication


C.R.L.D.H. Tunisie Ű§Ù„Ù„ŰŹÙ†Ű© من ŰŁŰŹÙ„ ۭۧŰȘŰ±Ű§Ù… Ű§Ù„Ű­Ű±ÙŠŰ§ŰȘ ÙˆŰ­Ù‚ÙˆÙ‚ Ű§Ù„Ű„Ù†ŰłŰ§Ù† في ŰȘÙˆÙ†Űł ComitĂ© pour le Respect des LibertĂ©s et des Droits de l’Homme en Tunisie Membre du RĂ©seau Euro-mĂ©diterranĂ©en des Droits de l’Homme 21ter rue Voltaire – FR-75011 PARIS – Tel/Fax : 00.33.(0)1.43.72.97.34 – crldht@gmail.com / www.crldht.org

NON À L’IMPUNITÉ DES TORTIONNAIRES TUNISIENS Justice pour Mme GHARBI et pour toutes les victimes de la torture en Tunisie


Le 23 septembre 2010 s’ouvrira devant la Cour d’assises de Nancy le procĂšs en appel du tortionnaire tunisien Khaled BEN SAÏD, qui avait Ă©tĂ© reconnu coupable de complicitĂ© du crime de torture ou actes de barbarie commis sur la personne de Mme Zoulikha MAHJOUBI (Ă©pouse GHARBI), le 15 dĂ©cembre 2008 par la Cour d’assises du Bas-Rhin siĂ©geant Ă  Strasbourg. Le ComitĂ© pour le Respect des LibertĂ©s et des Droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT) avait dĂ©jĂ  saluĂ© cette dĂ©cision historique rendue par les juges strasbourgeois qui, pour la premiĂšre fois dans l’histoire de la lutte contre la torture en Tunisie, ont prononcĂ© une condamnation de huit (8) annĂ©es d’emprisonnement contre le tortionnaire fugitif (il s’était enfoui en Tunisie laissant, lĂąchement, femme et enfants en France
), sur la base de la compĂ©tence universelle permettant, Ă  la justice française de poursuivre les auteurs —prĂ©sents en France— de crimes de torture mĂȘme commis Ă  l’étranger
 Dans son communiquĂ© publiĂ© au lendemain du prononcĂ© de l’arrĂȘt d’assises du Bas-Rhin, le CRLDHT avait soulignĂ© la responsabilitĂ© des autoritĂ©s tunisiennes qui garantissent systĂ©matiquement l’impunitĂ© des tortionnaires contre lesquels existent des preuves Ă©videntes de culpabilitĂ©. Il avait Ă©galement pointĂ© la responsabilitĂ© de l’exĂ©cutif français dont le parquet avait requis le non-lieu, se rendant ainsi complice de la couverture honteuse de faits rĂ©primĂ©s non seulement par l’article 1er de la Convention internationale contre la torture et autres peines ou traitements cruels inhumains ou dĂ©gradants, mais aussi les articles 222 – 1 et 222 – trois – 7 du Code pĂ©nal français. Le mĂȘme parquet, persistant dans sa complicitĂ© avec les autoritĂ©s tunisiennes, est Ă  l’origine de l’appel interjetĂ© contre la dĂ©cision rendue par la Cour d’assises du Bas-Rhin. Il s’agit lĂ  d’un scandaleux acharnement qui n’honore guĂšre la France. Ceci d’autant plus que le tortionnaire n’a pas manifestĂ© le moindre respect vis-Ă -vis de la justice française en refusant, non sans mĂ©pris, de se prĂ©senter Ă  l’audience, et pour cause ! Le CRLDHT, tout en exprimant Ă  Mme GHARBI (MAHJOUBI) et Ă  toutes les victimes de la torture en Tunisie, sa solidaritĂ© et son soutien indĂ©fectible, exprime, une fois de plus, sa satisfaction quant Ă  l’utilisation de son Livre/rapport publiĂ© en 2000 (aux Ă©ditions « le Temps des cerises ») : « LA TORTURE EN TUNISIE, 1987 – 2000, Plaidoyer pour son abolition et contre l’impunitĂ© », dans lequel on avait dĂ©jĂ  mentionnĂ©, parmi une trĂšs longue liste de tortionnaires tunisiens, le nom de Khaled BEN SAÏD ! par la Cour d’assises du Bas-Rhin, et notamment le juge d’instruction strasbourgeois qui Ă©tait en charge de l’affaire (l’honorable juge Philippe JAEGLÉ), Le CRLDHT, dĂ©nonce avec force l’attitude « protectrice » rĂ©voltante adoptĂ©e systĂ©matiquement par les autoritĂ©s tunisiennes au profit des tortionnaires qui, au lieu d’appliquer Ă  leur encontre les jugements de condamnation, les « rĂ©compensent » en les maintenant Ă  leurs postes ou, pire encore, en leur offrant des promotions « pour services (torture & barbarie) rendus au pouvoir en place »  Le CRLDHT, dĂ©nonce avec autant de force l’attitude honteuse et scandaleuse des autoritĂ©s françaises qui s’obstinent, via la position du ministĂšre public, Ă  vouloir « blanchir » un tortionnaire dont la culpabilitĂ© a Ă©tĂ© amplement prouvĂ©e. Le CRLDHT, exprime son entiĂšre confiance dans le dĂ©roulement (et l’issue) Ă©quitable du procĂšs qui s’ouvrira le 23 septembre 2010 devant la Cour d’assises de Nancy, et invite tous les dĂ©fenseurs des droits de l’homme et tous les militants anti-torture Ă  participer au rassemblement organisĂ© devant le palais de justice de Nancy (le 23/09) pour exprimer notre soutien aux victimes de la torture en Tunisie et dĂ©noncer l’attitude honteuse et scandaleuse des pouvoirs tunisiens et français. __________________________
Rassemblement devant le palais de justice de Nancy Le Jeudi 23 septembre 2010 – 14h00

Nancy: un ancien vice-consul de Tunisie jugé en appel pour torture


AFP 22/09/2010 NANCY — Un ancien vice-consul de Tunisie Ă  Strasbourg, Khaled Ben SaĂŻd, est jugĂ© par dĂ©faut jeudi par la cour d’appel de Nancy, accusĂ© d’avoir commis des actes de tortures et de barbarie en 1996 en Tunisie. M. Ben SaĂŻd, 48 ans, avait Ă©tĂ© condamnĂ© par dĂ©faut Ă  huit ans d’emprisonnement en 2008 par la Cour d’assises du Bas-Rhin Ă  Strasbourg, oĂč il Ă©tait en poste en 2001. L’avocat gĂ©nĂ©ral, qui avait requis l’acquittement, avait interjetĂ© appel de la dĂ©cision. VisĂ© par un mandat d’arrĂȘt international depuis 2002, Khaled Ben SaĂŻd se trouverait toujours en Tunisie, selon son avocat, Me Olivier Selichon. Son client n’assistera “probablement pas” Ă  ce second procĂšs, a-t-il prĂ©cisĂ©. Les faits se seraient produits Ă  Jendouba, dans le nord-ouest de la Tunisie, en octobre 1996. La victime prĂ©sumĂ©e, Zoulaikha Gharbi, une Tunisienne mĂšre de cinq enfants aujourd’hui ĂągĂ©e de 46 ans, a dĂ©signĂ© M. Ben SaĂŻd, alors commissaire, comme le chef des hommes qui l’auraient torturĂ©e, insultĂ©e et humiliĂ©e pendant prĂšs de 24 heures dans un poste de police surnommĂ© le “commissariat de la torture”, afin de lui extorquer des renseignements sur son mari, suspectĂ© d’activitĂ©s hostiles au prĂ©sident Zine El Abidine Ben Ali. La plaignante affirme avoir Ă©tĂ© dĂ©vĂȘtue, suspendue Ă  une barre mĂ©tallique par les mains et les pieds, pincĂ©e et griffĂ©e sur tout le corps, notamment les seins. Contre l’avis du parquet, l’ancien vice-consul avait Ă©tĂ© renvoyĂ© en fĂ©vrier 2007 devant les assises pour “tortures et actes de barbarie par une personne dĂ©positaire de l’autoritĂ© publique”. Il encourt 20 ans de rĂ©clusion criminelle. “Je trouve choquant le comportement du parquet, dans la mesure oĂč il a contribuĂ© Ă  faire fuir” l’accusĂ©, a estimĂ© l’avocat de Mme Gharbi, Me Eric Plouvier. Il a dĂ©plorĂ© que “les commissions rogatoires dĂ©livrĂ©es durant l’instruction pour poursuivre l’enquĂȘte sur le territoire tunisien n’aient jamais abouti, en dĂ©pit des accords d’entraide judiciaire liant la France Ă  la Tunisie”. En cas d’absence de M. Ben SaĂŻd comme lors du premier procĂšs, l’accusĂ© serait jugĂ© par trois magistrats professionnels, sans jury populaire. La Ligue des droits de l’Homme et la FĂ©dĂ©ration internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) sont Ă©galement parties civiles au procĂšs. Le verdict est attendu vendredi soir.


Finau Maka jugé à Toulouse pour avoir employé clandestinement un sans-papiers tunisien


AP 21/09/2010
TOULOUSE (AP) — L’ancien joueur du Stade toulousain, Finau Maka, comparaissait mardi devant le tribunal correctionnel de Toulouse pour emploi irrĂ©gulier d’un Ă©tranger sans titre de sĂ©jour, travail dissimulĂ© et soumission Ă  des conditions d’hĂ©bergement indignes. Le sans-papiers qui l’accuse, un Tunisien de 44 ans, affirme avoir Ă©tĂ© “l’esclave” du rugbyman de fĂ©vrier 2006 Ă  avril 2010. L’affaire a Ă©tĂ© mise en dĂ©libĂ©rĂ© au 19 octobre 2010. L’ancien troisiĂšme-ligne du Stade toulousain est soupçonnĂ© d’avoir employĂ© clandestinement un sans-papiers tunisien durant quatre ans pour diffĂ©rents travaux dans sa maison de Beauzelle qu’il habitait alors avec sa femme, dans l’agglomĂ©ration toulousaine, et de l’avoir hĂ©bergĂ© dans des conditions indignes. Selon Moncef Derbali, arrivĂ© clandestinement en France de Tunisie, Finau Maka l’a “exploitĂ© par le travail durant quatre ans”, menaçant de le livrer Ă  la police s’il n’accomplissait pas diffĂ©rents travaux dans sa propriĂ©tĂ©. “Il m’a dit qu’il me paierait une fois que la maison serait vendue. Je recevais entre 200 et 300 euros tous les trois ou quatre mois. Il m’a payĂ© un passeport mais il l’a gardĂ© en me disant qu’il en avait besoin pour me faire des papiers (…) J’avais peur de lui car j’Ă©tais en situation irrĂ©guliĂšre”, a dĂ©clarĂ© Ă  la barre le Tunisien. HĂ©bergĂ© pendant quatre mois dans une chambre d’amis, Ă  l’intĂ©rieur de la maison des Maka, Moncef Derbali, qui s’est prĂ©sentĂ© devant le tribunal comme une “victime”, a ensuite Ă©tĂ© logĂ© dans un local technique exigu sans porte, adossĂ© Ă  la piscine. Il a dormi durant quatre ans dans ce cabanon, sur un simple matelas posĂ© sur une planche, sans sanitaire Ă  l’exception d’un robinet. Le rugbyman originaire des Iles Tonga, de nationalitĂ© nĂ©o-zĂ©landaise et qui joue aujourd’hui Ă  Aix-en-Provence, s’est dĂ©fendu “d’avoir ordonnĂ© de quelconques travaux et d’avoir abusĂ© du sans-papiers tunisien”. Selon lui, c’est Moncef Derbali lui-mĂȘme qui aurait demandĂ© Ă  dormir dans ce local pour ne pas ĂȘtre Ă  la rue. D’aprĂšs l’avocat du joueur, Me Romuald Palao, il y a “Ă  la base un acte de gĂ©nĂ©rositĂ©” de la part du joueur de rugby. “A la longue, Finau Maka s’est senti piĂ©gĂ©. Quelque part, cette situation convenait Ă  Moncef Derbali qui en tirait des contreparties, en assistant par exemple aux matches, en se faisant acheter ses cigarettes. C’est pourquoi il s’est accrochĂ©”, a plaidĂ© Me Palao en demandant la relaxe pour son client dont “la rĂ©putation a Ă©tĂ© ternie” ainsi que 140.000 euros de dommages et intĂ©rĂȘts dont 60.000 au titre du prĂ©judice moral. Auparavant, Me Eric Zerbid, avocat du Tunisien, avait dĂ©crit cette affaire comme “une histoire de la misĂšre humaine”, relevant de “l’esclavagisme moderne”. “440 euros versĂ©s en quatre ans, 100 euros par an, quelle bagatelle! Quand bien mĂȘme il n’aurait travaillĂ© qu’une heure dans la semaine, ce qui n’est pas le cas”, a dĂ©clarĂ© l’avocat Ă  propos de son client dont “les conditions d’hĂ©bergement et de vie au quotidien Ă©taient indignes de la condition humaine”. “Moncef Derbali n’Ă©tait pas libre de ses mouvements. Le couple Maka dĂ©tenait son passeport, il rentrait chez eux par nĂ©cessitĂ©, avec l’espoir d’ĂȘtre payĂ© un jour. La rĂ©munĂ©ration et la menace de le dĂ©noncer Ă  la police Ă©taient les deux moyens de pression exercĂ©s par Finau Maka”, a ajoutĂ© Me Zerbid qui a demandĂ© 80.000 euros Ă  titre de rappel de salaires et 60.000 pour le prĂ©judice moral. Dans ses rĂ©quisitions, le parquet, pour qui les trois infractions reprochĂ©es au rugbyman sont Ă©tablies, a soulignĂ© la “situation de dĂ©pendance et de soumission de Moncef Derbali du fait de sa situation irrĂ©guliĂšre”. Il n’a toutefois pas considĂ©rĂ© qu’il s’agissait d’un cas d’esclavagisme moderne. Il a demandĂ© une peine de 5.000 euros d’amende Ă  l’encontre de Finau Maka. AP  

Éric Besson doit-il se convertir Ă  l’islam ?


22/09/2010 ThĂ©oriquement, le mariage de Yasmine Tordjman avec le ministre français de l’Immigration ne peut ĂȘtre enregistrĂ© par l’état civil tunisien. Et pourtant… Pour se prĂ©munir des paparazzis et autres trouble-fĂȘtes, Éric Besson avait annoncĂ© le report de son mariage avec la jeune Tunisienne Yasmine Tordjman. DĂ©placĂ©e, croyait-on, Ă  Rome, Ă  une date indĂ©terminĂ©e, la cĂ©rĂ©monie a finalement eu lieu le 12 septembre, devant le maire du 7e arrondissement de Paris, Rachida Dati, dans un lieu inhabituel : le domicile de fonction du ministre français de l’Immigration. À l’annonce du mariage, nombreux sont ceux qui s’étaient demandĂ© si Éric Besson allait devoir se convertir Ă  l’islam pour que son union soit enregistrĂ©e et reconnue en Tunisie, oĂč tout mariage d’une citoyenne musulmane avec un Ă©tranger non-musulman ne peut ĂȘtre cĂ©lĂ©brĂ© que si le futur mari se rend devant le Grand Mufti et se convertit Ă  l’islam en rĂ©citant la chahada (« profession de foi ») : « Il n’y a de Dieu que Dieu et Mohammed est Son messager ». AprĂšs quoi lui est dĂ©livrĂ© un certificat de conversion sans lequel les officiers d’état civil (et les notaires) ne peuvent sceller l’union. Dans la pratique, les futurs maris Ă©trangers acceptent le plus souvent de se prĂȘter Ă  ce rituel. S’agissant d’une affaire de conscience, personne ne viendra ensuite vĂ©rifier s’ils ont renoncĂ© ou non Ă  leur religion d’origine ou Ă  leur athĂ©isme. Une telle condition n’a cependant pas de base juridique claire, le Code du statut personnel de 1956 n’en faisant pas mention. Elle prend nĂ©anmoins sa source dans la coutume consacrĂ©e par une circulaire gouvernementale adressĂ©e aux maires. Enregistrement automatique Si le futur mari ne souhaite pas se convertir – ce qui est le cas de Besson –, le mariage ne peut ĂȘtre cĂ©lĂ©brĂ© en Tunisie, ni dans des consulats tunisiens, qui ne sont habilitĂ©s qu’à cĂ©lĂ©brer les mariages entre nationaux. NĂ©anmoins, si l’époux veut tout de mĂȘme faire reconnaĂźtre son mariage, il lui reste la possibilitĂ© de se marier dans la mairie d’un pays Ă©tranger ayant signĂ© avec la Tunisie une convention d’état civil. Or la France a signĂ© une telle convention avec son ex-protectorat dans le cadre des accords sur l’autonomie interne en 1955. En outre, une convention bilatĂ©rale datant de 1972 a prĂ©vu des dispositions permettant la reconnaissance et l’enregistrement automatiques des actes d’état civil en provenance de l’autre pays. Ces dispositions s’appliquent Ă  l’acte de mariage de Besson, mĂȘme en l’absence de conversion, estiment des juristes tunisiens. Alya Cherif Chammari, avocate tunisienne spĂ©cialisĂ©e dans le droit privĂ©, est formelle : « Il suffit que la mairie qui les a mariĂ©s dĂ©livre un avis de mention de mariage, et il sera automatiquement enregistrĂ© sur l’état civil tunisien de la mariĂ©e. Cela fait des annĂ©es que la procĂ©dure existe. Dans la pratique, je n’ai pas eu de difficultĂ©s Ă  le faire. J’ai eu un seul cas de refus dans les annĂ©es 1980, mais je me suis adressĂ©e Ă  la justice et j’ai obtenu gain de cause. »


14.000 Français ont visité la Tunisie entre mai et août 2010, selon le Ceto


22/09/2010 Entre mai et aoĂ»t, la Tunisie a Ă©tĂ© la destination la plus vendue par les tour-opĂ©rateurs (TO) français avec 314.000 clients (+1%), selon l’Association des tour-opĂ©rateurs français (Ceto), citĂ©e par le site Le Quotidien du Tourisme. Elle est suivie par le Maroc avec 171.0000 clients (+4.2%) et la Turquie avec 154.454 clients (-14.4%). Arrivent ensuite l’Espagne, CrĂšte et Rhodes, la GrĂšce, l’Egypte, les BalĂ©ares, l’Italie et les USA (+20%). Ainsi, pendant cette saison estivale, les tour-opĂ©rateurs français ont enregistrĂ© une hausse du nombre de voyages Ă  forfait (2,214 millions de clients) et le bon niveau de rĂ©servation pour le reste de l’annĂ©e laisse entrevoir un dĂ©but de reprise, a prĂ©cisĂ© RenĂ©-Marc Chikli, prĂ©sident du Ceto. «Septembre et octobre devraient ĂȘtre de bons mois», a-t-il expliquĂ©.
(Source: Business News le 22 septembre 2010) Lien: http://www.businessnews.com.tn/BN/BN-lirearticle.asp?id=1091018

Le football en Tunisie en mal de communication


22/09/2010 Face aux dĂ©rives mĂ©diatiques entourant le football en Tunisie, les autoritĂ©s sportives et les clubs devraient Ă©laborer une stratĂ©gie de communication qui mette en valeur d’abord, et surtout, le jeu, les joueurs et les Ă©quipes. Le football est le sport numĂ©ro un en Tunisie. Avec le dĂ©veloppement de l’espace mĂ©diatique, le championnat de football devient l’évĂ©nement national le plus couvert. Avec pas moins de quatre chaĂźnes tĂ©lĂ© et 13 stations radio entre nationales, rĂ©gionales et privĂ©es, rien de ce qui concerne les clubs de prĂšs ou de loin n’échappe dĂ©sormais aux journalistes, sans cesse Ă  la recherche de l’information, du scoop et surtout du nouvelle «affaire». Haro sur les erreurs arbitrales Il est vrai que le niveau sportif moyen du championnat et le spectacle mĂ©diocre qu’il offre chaque semaine ne laissent pas beaucoup de choix. Il faut bien meubler des Ă©missions radiophoniques et tĂ©lĂ©visĂ©es quotidiennes. Du coup, lors de la couverture d’un matche, on parle beaucoup plus des Ă -cĂŽtĂ©s: le comportement des spectateurs, les ratĂ©s de l’organisation, et surtout les erreurs arbitrales, et tout cela au dĂ©triment du jeu et des joueurs. Il faut dire aussi que les responsables des clubs tendent eux aussi Ă  mettre l’accent sur les erreurs des arbitres pour occulter la faiblesse de leur club. Comme si, sur le terrain, il n’y a que l’arbitre qui se trompe, jamais les joueurs. Pourtant
 Il suffit de revoir l’action du but de l’Argentin Maradona marquĂ© par la main lors de Coupe du monde de 1986 contre l’Angleterre pour remarquer que, sur cette action, le joueur a Ă©tĂ© magistralement servi, non pas par son coĂ©quipier, mais par un dĂ©fenseur anglais. Mais, bien sĂ»r, tous le monde n’a retenu qu’un seul fautif, notre arbitre international Ali Bennaceur qui avait sifflĂ© ce fameux matche. Et lĂ  oĂč l’on touche le fond de la question des erreurs arbitrales, c’est lorsque, au cours de la demi-finale de la derniĂšre coupe de Tunisie, le commentateur tĂ©lĂ© du matche s’est vu assister non pas par un ancien entraĂźneur ou un ex-joueur en guise d’analyste sportif, mais par un ancien arbitre, qui commentait en direct les erreurs de l’arbitre. CĂŽtĂ© foot italien, on a compris cette annĂ©e que se focaliser sur les erreurs arbitrales ne peut que nuire au Calcio. Et on a admis que les erreurs des arbitres font partie du jeu. C’est ainsi que la Rai a dĂ©cidĂ©, cette saison, d’arrĂȘter sa fameuse Ă©mission de Moviola, la machine diabolique qui passe et repasse indĂ©finiment les sĂ©quences au ralenti, dĂ©masquant les erreurs des arbitres et les forfaits des joueurs. Les prĂ©sidents des clubs super stars Les consĂ©quences de cette sur-mĂ©diatisation crĂ©ent des situations quelque peu saugrenues. D’abord, les prĂ©sidents des clubs se comportent parfois comme des stars, rivalisant en cela avec les joueurs. La preuve: rares sont les personnes qui peuvent citer trois noms de joueurs Ă©voluant au Club sportif d’Hammam-Lif, alors que tout le monde (ou presque) attend, chaque dimanche, les interventions sympathiques et par moment comiques de l’ex-prĂ©sident de ce club, Mongi Bhar. Outre les prĂ©sidents des clubs, ce sont les membres de la FĂ©dĂ©ration tunisienne de football (Ftf) et leur prĂ©sident qui jouent eux aussi aux stars. Ils ont mĂȘme eu droit Ă  leurs «marionnettes» dans les Ă©missions satiriques tĂ©lĂ©visĂ©es ou radiophoniques. Cette dĂ©rive mĂ©diatique n’est pas sans consĂ©quences nĂ©fastes. D’abord pour notre Ă©quipe nationale. Plus les mĂ©dias se focalisent sur les imperfections de notre onze national, plus le public se rĂ©duit d’un matche Ă  l’autre. Pis: le peu de supporters qui assistent dĂ©sormais aux matches sont si conditionnĂ©s qu’ils se permettent de siffler la moindre faute d’un joueur avec les tristes consĂ©quences que l’on a pu constater lors de la derniĂšre sortie de l’Equipe Tunisie. ThĂ©orie du complot et violence dans les gradins Idem pour les matches du championnat. Le public ne peut plus admettre la faiblisse de son club et adhĂšre facilement Ă  la thĂ©orie du complot ourdi contre celui-ci par la fĂ©dĂ©ration ou d’autres instances occultes, ce qui contribue d’ailleurs Ă  la montĂ©e de la violence sur les gradins. Il est nĂ©cessaire voire urgent que la Ftf et les clubs se mettent d’accord sur une stratĂ©gie de communication qui mette en valeur d’abord et surtout le jeu, les joueurs et les Ă©quipes. Quitte Ă  recourir au service d’une agence spĂ©cialisĂ©e. Encore faut-il aussi que les mĂ©dias jouent le jeu et adhĂ©rent Ă  cette stratĂ©gie. Cela va de l’avenir de notre sport national numĂ©ro un, deux et trois.

(Source: kapitalis.com le 22 septembre 2010) Lien: http://www.kapitalis.com/proximite/43-sport/1291-le-football-en-tunisie-en-mal-de-communication.html  

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