18 janvier 2011

TUNISNEWS 10 ème année, N° 3892 du 18.01.2011 archives : www.tunisnews.net

Communiqué du Parti des Verts pour le Progrès Communiqué du Mouvement Ettajdid PCOT: POUR UNE ASSEMBLÉE CONSTITUANTE QUI POSE LES JALONS D’UNE RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE Parti Démocrate Progressiste: Texte sur le cours de la révolution tunisienne Parti Tunisien du Travail: Communiqué La LDH est au côté du peuple tunisien Le comité tunisien pour la paix et la démocratie:   A MONSIEUR LE CONSUL GENERAL DE TUNISIE A MARSEILLE Ahmed Mestiri: Position Aziz Krichen: Lettre ouverte HAMDI Brahim: À propos du communiqué du gouvernement israélien et les déclarations du l’inamovible dictateur libyen Mohamed Ali Mhalla: Le complot de Ben Ali et du RCD – CHOISIR ENTRE l’RCD OU LES ISLAMISTES Mohamed Amami: Faites place au pouvoir citoyen! Abdallah Rihani: La révolution tunisienne, son deploiement et ses tâches prioritaires Ahmed BEN AMOR: C’EST INDECENT Sadri Khiari: La Révolution de la dignité ! Mouhieddine CHERBIB: Après la fuite du DICTATEUR – RESTONS MOBILISES !!! RABAM: Peut-on faire du neuf avec du vieux ?  DU DEJA VU ! A D’AUTRES DONC !  


REVUE DE PRESSE


Communiqué du Parti des Verts pour le Progrès


Le Parti des Verts pour le Progrès proteste face à la gravité de la situation et dénonce fortement la mesure aberrante et rétrograde entreprise par ce qu’on appelle le « gouvernement d’union nationale » visant à rayer le ministère de l’Environnement et du Développement Durable de la carte politique gouvernementale. Le parti des Verts pour le Progrès s’inquiète de cette tournure déraisonnable qui non seulement nuira aux  engagements financiers et moraux de la Tunisie vis-à-vis des différentes parties internationales et de nos partenaires environnementaux étrangers, mais également portera un fort préjudice aux avancées enregistrées par notre pays dans la réalisation des objectifs du millénaire.  

Le Parti des Verts pour le Progrès considère le ministère de l’Environnement et du Développement Durable comme un  « ministère horizontal », pilier dans une politique moderniste qui touche aux différents secteurs vitaux, non seulement l’agriculture, mais également les Transports, l’Energie, le Développement local, etc. La Tunisie a adopté depuis des années une politique basée sur la notion du développement durable qui n’exclut aucun secteur vital, c’est pourquoi nous considérons la suppression du ministère de l’Environnement comme une faute technique injustifiable qui va avoir de lourdes répercussions sur l’état de notre environnement.
A partir de ces faits graves et au vu de la position stratégique de l’écologie dans les politiques de développement de par le monde, notamment en Tunisie, et par attachement à préserver les acquis écologiques et à défendre le droits des générations actuelles et futures de cette patrie à un environnement sain, le Parti des Verts pour le Progrès appelle à la réinstauration immédiate et inconditionnelle d’un ministère de l’Environnement autonome. La situation environnementale tunisienne requiert des structures indépendantes et capables d’agir et de répondre par la favorable aux revendications populaires appelant à la préservation de l’environnement en toute circonstance et à la lutte contre toutes les formes de pollutions, d’autant qu’il ne faut jamais oublier que l’environnement est toujours le grand perdant face à des situations d’urgence et que moult régions tunisiennes sont laissées pour compte non seulement économiquement, mais aussi environnementalement.
Le Parti des Verts pour le Progrès exhorte toutes les forces vives, toutes les organisations et associations écologiques à bouger urgemment pour remettre la pendule à l’heure et réinstaurer le ministère de l’Environnement.
            Le Parti des Verts pour le Progrès
                          Département de l’information
                        Faten Charkaoui
 

 

Communiqué du Mouvement Ettajdid


Le Mouvement Ettajdid a accepté de participer au gouvernement afin de combler le vide politique qui menace la sécurité du pays et de préserver les acquis de la révolution du peuple.
Et, conformément à l’engagement du 1er ministre de séparer les institutions du pouvoir du RCD, le Mouvement Ettajdid pose les exigences suivantes :
1- la démission immédiate, du RCD, de tous les ministres appartenant à ce parti
2- le gel de tous les avoirs mobiliers et immobiliers du RCD qui sont les biens du peuple tunisien
3- la dissolution des cellules professionnelles du RCD au sein de toutes les entreprises et administrations du pays.
Si ces exigences ne sont pas réalisées dans l’immédiat, le mouvement Ettajdid révisera sa participation au gouvernement.
 
Tunis le 18 janvier 2011
 
Le Mouvement Ettajdid
Jounaïdi Abdeljaoued

 
 
 
Voici la position du PCOT par rapport à la situation actuelle datant du 15 lendemain de la chute de Ben Ali. Elle est toujours d’actualité.
Nos excuses pour cette traduction tardive!
Ben Ali est tombé, mais pas son régime,
La lutte continue,
 
Vive la révolution du peuple tunisien!
 
 
Version anglaise en bas.
 

POUR UNE ASSEMBLÉE CONSTITUANTE QUI POSE LES JALONS D’UNE RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE

 
Le peuple tunisien a remporté une victoire splendide sur son tyran qui s’est enfui du pays à la recherche d’un refuge sûr. Le conseil constitutionnel, qui n’est autre que l’œuvre de Ben Ali, a aussitôt annoncé que Fouad Mbazâa, président du parlement fantoche, allait assurer la présidence par intérim en attendant la tenue de nouvelles élections présidentielles dans les 45 à 60 jours qui viennent.
Le Parti communiste des ouvriers de Tunisie (PCOT), salue cette victoire arrachée par le peuple grâce à sa volonté, sa résistance historique, ses sacrifices et le sang de ses martyres.
Le PCOT affirme :
1.            la victoire remportée aujourd’hui n’est que partielle, elle ne sera entière que par l’accomplissement du changement démocratique tant voulu et sa concrétisation.
2.            Le changement démocratique ne peut en aucun cas, émaner du même parti, ses symboles, ses institutions, ses appareils et sa législation, qui ont consacré la dictature et privé le peuple de droits élémentaires pendant plus d’un demi siècle dont 23 ans sous le régime de Ben Ali.
3.            Fouad Mbazâa qui assure la présidence par intérim est l’un des bras de Ben Ali, président d’une institution imposée par Ben Ali qui ne représente aucunement le peuple. Définir une période allant de 45 à 60 jours pour l’organisation d’élections présidentielles vise à garantir la continuité du régime dictatorial à travers l’un de ses anciens symboles.
4.            Le plus grand danger aujourd’hui serait de spolier la victoire du peuple, de le déposséder de ses sacrifices, de ses ambitions légitimes pour la liberté et la vie digne par le maintien du régime de Ben Ali à travers un nouveau décor démocratique.
5.            Le changement démocratique dans toutes ses dimensions politiques, économiques, sociales et culturelles exige une coupure effective et immédiate avec le régime tyrannique. Cela nécessite la constitution d’un gouvernement provisoire ou toute autre instance à vocation exécutive qui organisera des élections libres pour désigner une assemblée constituante qui pose les fondements d’une véritable République démocratique, où le peuple jouit de liberté, de justice sociale et de dignité.
6.            Les forces politique, syndicale, culturelle, de défense des droits humains et tout notre peuple doivent dessiner ensemble l’avenir de la Tunisie. Nul ne peut s’arroger le droit de négocier avec le régime au nom de ces forces qui ont joué un rôle déterminant pour faire tomber le dictateur.
7.            Il est urgent que les forces démocratiques impliquées sur le terrain forment des instances nationales unies pour un changement démocratique, dont les prérogatives seront de veiller à la sauvegarde des acquis du peuple et d’exiger le transfert pacifique du pouvoir au peuple.
8.            L’ensemble des forces démocratiques et à travers tout le pays doivent s’organiser dans le cadre de comités, de commissions ou de conseils au niveaux des régions, des localités et des secteurs, pour organiser le mouvement populaire et faire face aux manœuvres réactionnaires, aux opérations de saccage et de pillage que des groupes suspects opèrent dans le but de terroriser les citoyennes et les citoyens et leur faire peur du changement démocratique pour qu’ils mettent leur sort entre les mains des appareils répressifs.
9.            L’armée constituée essentiellement des enfants du peuple est appelée à veiller sur notre sécurité et la sécurité du pays. Elle doit respecter les choix du peuple et son aspiration à la liberté, la dignité, la justice sociale, ceci nécessite la levée rapide de l’état d’urgence pour qu’il ne soit pas un prétexte pour empêcher le peuple de poursuivre sa lutte légitime et concrétiser ses ambitions.
– Pour un gouvernement provisoire.
– Pour une assemblée constituante.
– Pour une république démocratique.
Parti communiste des ouvriers de Tunisie
Tunis, le 15 janvier 2011
 
 
 
 

The 9 points of the Workers Communist Party of Tunisia

 
1. The success achieved so far is only half of the way and the other half is achieving the wanted democratic change and implementing this on the ground.  
2. The democratic change cannot spring from the same party, figures, institutions, apparatus and the legislature that maintained the dictatorship and deprived the people of basic rights for more than half a century, 23 years of which was under Ben Ali.  
3. The interim president is one of Ben Ali’s clique and a president of an appointed body which does not represent the people in any aspect whatsover, and plan to hold presidential elections in a 60-day time has no purpose but to maintain the continuation of the dictatorial regime through one of its former leaders. 
4. The most dangerous thing that could happen now is to rob the Tunisian people of their victory and their legitimate desire for freedom and a dignified existence and their sacrifice; through preserving Ben Ali’s regime without Ben Ali and through forming a democratic decor around it.
5. The democratic change, with its political, economical, social and cultural dimensions, requires the real end of the repressive regime by taking direct steps which consists of forming a provisional government or any other body that has excecutive powers and undertakes the task of organizing free election for a Constitutional Assembly which would establish the bases of a real democratic republic in which people would enjoy freedom, social equality and national dignity.
6. All the forces, whether they are political organisations, unions, human rights groups, cultural organisation, organised or non-organised, and the people, and have played an effective and decisive role in toppling the dictator, have the task to decide on Tunisia’s future, and no one could replace them in their negotiations or contacts with the authority.
7. It is extremely urgent that the democratic forces form a national and unified body to carry out the democratic change and has the tasks to protect the gains of the revolting Tunisian people and to negotiate with the authorities to yield power to the people in a peaceful way.
8. All the democratic forces all over the coutry have to unite in organisations, committees, or local, regional and sectorial councils in organising the popular movement and to undermine the manoeuvre of reaction and the acts of looting and vandalism perpetrated by hidden groups aiming at spreading fear among the citizens, threatening their safety and creating fear of  democratic change to compel them to surrender to the repressive apparatuses.
9. The armed forces, which consists in the main of the sons and daughters of the people, are required to provide safety for the people and the motherland and respect people’s aspirations towards freedom, social jutice and national dignity, which means lifting the state of emergency as soon as possible so that it doesn’t become an excuse that prevents the Tunisian people from continuing their struggle and achieving their goals.
       For a provisional government
      For a constitutional assembly
      For a democratic republic
Workers Communist Party of Tunisia
15 January 2011
 
Translated from Arabic by Nadim Mahjoub
 

Parti Démocrate Progressiste:

Texte sur le cours de la révolution tunisienne


 

Le PDP salue et encourage la vigilance et la clairvoyance du peuple tunisien qui s’oppose dans la rue à la continuité du régime de Ben Ali qui se manifeste y compris à l’intérieur du gouvernement d’union nationale. Il demande une recomposition du gouvernement écartant les éléments qui symbolisent et favorisent la continuité avec le temps de la dictature, et pouvant s’élargir à toutes les tendances et sensibilités qui se battent pour la transition démocratique
 
Mais le Parti Démocrate Progressiste maintient son soutien et défendra de toutes ses forces l’option de gouvernement de salut et d’union nationale de transition vers la démocratie, seule alternative dans le contexte actuel à une reprise en main militaro-policière et à une perennisation de l’état d’urgence. Il appelle toutes les forces démocratiques, la jeunesse révoltée et l’ensemble du peuple tunisien à s’opposer par tous les moyens à la suspension des institutions légales et constitutionnelles, quel qu’en soit le caractère insatisfaisant, car cela aboutirait immédiatement à l’institution de l’état d’exception et à la victoire de l’option de restauration dure et autoritaire
 
Tunis, le 18 janvier 2010
 

 
Parti Tunisien du Travail:  Communiqué

Les manœuvres et les déclarations de bonnes intentions des hommes du Pouvoir déchu, dans
 
cette période de transition, ne doivent pas atténuer de la combativité de l’ensemble des couches populaires car ils n’ont d’autre but que de gagner un nouveau sursis afin de sauver leur néfaste politique.
 
Comble de malchance pour le Pouvoir failli, les personnalités “promues“ ne sont pas des inconnues pour l’opinion publique tunisienne et leurs itinéraires politiques n’emportent pas la conviction,quant à la sincérité de leurs sentiments démocratiques.
 
Le Parti Tunisien du Travail considère que toute stratégie correcte doit se fonder sur la consolidation et le renforcement des luttes populaires et sur les revendications légitimes du peuple tunisien tout en dénonçant les tactiques des libéraux qui tentent de bénéficier d’un certain crédit dans l’opinion publique et qui tentent de canaliser le mouvement populaire pour le détourner de ses objectifs dans la transformation de la vie politique, sociale et économique du pays.
 
L’UGTT, forte de l’élévation constante de la conscience syndicale de ses militants les plus éprouvés et enrichie par l’expérience des luttes tout au long de son Histoire, doit être le garant de l’intérêt national.
 
Sans délai, toutes les institutions policières doivent être épurées de tous les tortionnaires et des chefs et responsables qui ont ordonné les crimes et les tortures.
 
Sans délais, nous devons exiger la dissolution de toutes les juridictions d’exception et d’annuler toutes les lois anticonstitutionnelles et toutes les conséquences de leurs applications.
 
Le Parti Tunisien du Travail appelle à construire un front progressiste et populaire pour réaliser et concrétiser le vrai changement démocratique.
 
 
                                                                                    Tunis, le 15 janvier 2011
 


Communiqué LDH
Paris, le 17 janvier 2011

La LDH est au côté du peuple tunisien


La LDH salue l’insurrection du peuple tunisien qui a contraint le dictateur Ben Ali et ses proches à quitter la Tunisie.
 
Depuis toujours, la LDH est au côté des organisations tunisiennes qui luttent pour la liberté dans leur pays. Elle rend hommage, en particulier, à l’action opiniâtre de son organisation sœur en Tunisie, la Ligue tunisienne des droits de l’Homme, dont les militants ont montré un courage sans égal face aux persécutions dont ils étaient l’objet.
 
La LDH s’incline devant la mémoire de tous ceux qui sont tombés dans ce combat pour la liberté.
 
Les vœux du peuple tunisien doivent être respectés : la démocratie doit être rétablie et la Constitution réformée. Ceux et celles qui ont mis la Tunisie en coupe réglée doivent rendre compte de leurs actes, les victimes doivent être reconnues, la vérité faite et les préjudices réparés.
 
La LDH exprime sa condamnation la plus ferme du comportement scandaleux des autorités françaises. Après avoir soutenu sans réserve la dictature, le gouvernement français n’a pas soutenu la lutte du peuple tunisien, se contentant d’offrir sa collaboration policière à la répression. Cette attitude est indigne des valeurs de la France.
 
La révolution du peuple tunisien montre que l’aspiration à la liberté, à la démocratie et à la justice sociale traverse tous les pays du monde. La LDH souhaite que les autres pays de la région s’engagent, selon leur propre voie, dans la même direction.
 
Elle appelle l’Union européenne à cesser de cautionner les régimes les plus détestables et à appuyer ceux et celles qui combattent en faveur des libertés et de la démocratie.
 

 

Le comité tunisien pour la paix et la démocratie:  

A MONSIEUR LE CONSUL GENERAL DE TUNISIE A MARSEILLE


 
 
     Procès verbal
 
Ce lundi 17 Janvier 2011, Le comité tunisien pour la paix et la démocratie s’est rendu au consulat de la  République Tunisienne à Marseille  accompagné de militants associatifs.
Le comité a présenté au Consul Général les doléances suivantes :
L’assurance qu’aucun membre du parti RCD ne soit présent dans les bureaux du consulat.
 
2-     L’ assurance de la sauvegarde des locaux, des archives et documents du Consulat, propriété de notre peuple.
 
3-      Ouvrir la Maison de Tunisie, attenante au Consulat au libre accès à tous les Tunisiens.
 
4-      L’assurance de la continuité du fonctionnement  normal des services publics.
 
5-      Organiser une campagne pour l’inscription des tous les citoyens tunisiens sur les listes électorales.
 
Monsieur le Consul Général a donné son accord pour être le dépositaire des intérêts du Consulat Général, et veiller à leur protection.
 
Monsieur le Consul Général a accueilli avec satisfaction la création du comité ;
 
Iil a nommé les Consuls :
 
Mohamed Ali CHIHI
 
Abdelaziz HAMROUNI
 
Pour la coordination avec le Comité pour  :
 
 
 
L’élaboration des listes
 
 
 
Le Comité que les fonctionnaires du Consulat s’engagent à un fonctionnement normal de la Maison de Tunisie, ainsi qu’à l’élaboration des listes électorales.
 
Le Comité désigne la délégation suivante pour être le vis-à-vis des Consuls.
 
Messieurs :
 
Sassi BENMOUSSA        tél    0619430745- mail : sassi.benmoussa@yahoo.fr
 
Tahar LOUSSAIEF         tél : 0610532903 mail : loussaief.tahar@laposte.fr
 
M.Mounir OURI:            tél : 0675755035 mail : mounir.ouri@wanadoo.fr
 
Mouldi SABRI                 tél : 0683440372 mail : sabrimouldi@orange.fr
 
MEKNI Nasreddine :      tél : 0621307946 mail : energitecengineer@hotmail.com
 
Faouzi EL AISSAOUI     tél : 0682525397 mail : faouzi.el-aissaoui@wanadoo.fr
 
Mohamed Tahar BARIRA tél : 0668573252 mail : mohamed.barira1@libertysurf.fr


Position

 J’ai appris hier soir la composition du nouveau gouvernement constitué par ceux qui étaient durant des années et jusqu’à un passé récent les collaborateurs fidèles de Ben Ali qui faisaient partie de l’équipe gouvernementale précédente et qui appartiennent au RCD – je veux dire Mohamed El Ghannouchi, Foued El Mebazaa, Moncef Rouissi, Zouheir Mdhaffar – qui ont accaparé la majorité, les centres du pouvoir et les postes de souveraineté. Hier s’y sont associés – et je le dis avec beaucoup de regrets – trois membres de l’opposition et d’autres candidats présentés par l’UGTT. Il m’est impossible de me taire sur cette opération indigne qui manifestement apparait comme  une franche violation des acquis légitimes faits  le mois dernier par le peuple tunisien grâce à la lutte de ses militants et au prix du sang de ses martyrs et qui a eu un retentissement considérable dans le monde entier.   J’appelle les citoyens à crier fort leur rejet de cet acte inqualifiable qui tend à rétablir de nouveau le régime de Ben Ali avec « une couverture » qui ne trompe personne, une aventure illusoire et sans issue où ont étés entrainés quelques naïfs.   Ahmed Mestiri Tunis, le 18 Janvier 2011


 

 Lettre ouverte
 
à Radhia Nasraoui, Sihem Ben Sedrine, Souheir Belhassen, Mokhtar Trifi, Ahmed Mestiri, Hamma Hammami, Rached Ghannouchi, Moncef Marzouki, Ali Laaridh,  Khemaïs Chamari, Kamel Jendoubi, Raouf Ayadi, Hichem Djaït, Mohamed Talbi, Moncef Cheikhrouhou et à tous les autres.
 
 
Chers compatriotes et chers amis,
 
Je m’adresse à vous de cette façon inhabituelle parce qu’il y a urgence, que je ne peux pas vous joindre à partir de la presse de notre pays et que je n’ai pas envie de le faire par le canal de la presse étrangère.
 
Nous avons vécu le premier acte de la Révolution. Le soulèvement populaire a chassé le tyran – un tyran qui était un prédateur vorace, mais aussi un vulgaire entremetteur, au service des intérêts de l’étranger. Nous sommes entrés aujourd’hui dans un deuxième moment, où le régime qu’il laisse, ébranlé mais toujours debout, tente de reprendre la main. Comment ? En gagnant du temps et en donnant le change. C’est là tout le sens du « gouvernement d’unité nationale » qui vient d’être installé – avec la participation, comme toujours en pareil cas, de figures issues de l’ancienne opposition tolérée, des personnages intéressés ou inconscients, que le régime suppose capables d’apporter un vernis démocratique à un processus politique en trompe-l’œil, dont on prétendra qu’il va tout changer, en s’arrangeant en coulisses pour que rien ne change en vérité.
 
Il faut sortir de ce piège grossier pour ne pas laisser notre peuple se faire dérober les premiers résultats de son combat : la chute de Ben Ali et sa fuite misérable. Je suis d’avance convaincu que nous saurons déjouer la manœuvre. La menace est cependant sérieuse et il ne faut pas la négliger. La formule du « gouvernement d’union nationale » peut désorienter les moins avertis. On devine d’ores et déjà qu’elle sera présentée comme une solution de transition raisonnable, mêlant l’ancien et le nouveau, favorisant un rétablissement rapide de l’ordre public, assurant une évolution paisible vers le pluralisme, sans heurts et sans secousses supplémentaires, dans la réconciliation des cœurs et des esprits, etc., etc.
 
Cet argumentaire démagogique va être répété en boucle, inlassablement, non seulement par les médias tunisiens mais également à l’extérieur. Pour les forces démocratiques et pour le mouvement populaire tout entier, l’erreur à ne pas commettre serait de riposter en ordre dispersé et de laisser croire que l’on refuse par principe toute continuité institutionnelle ou toute forme de compromis. Nous donnerions l’impression d’être divisés en chapelles concurrentes, de ne pas avoir d’alternative crédible au scénario proposé, de nous réfugier derrière une sorte de maximalisme pour cacher notre immaturité politique – voire, à la limite, pour les dirigeants des partis non reconnus, d’être animés par leurs seules jalousies personnelles et le dépit de ne pas avoir déjà obtenu un portefeuille ministériel…
 
Pour ne pas laisser la manipulation prendre corps, il est indispensable que l’opposition et le peuple parlent d’une même voix et s’engagent dans la même direction. Cela exige avant toute chose que nous organisions dans les plus brefs délais une sorte de comité de liaison, une coordination générale des forces démocratiques et patriotiques, bref que l’on réanime l’initiative du 18 Octobre en la transformant en un large front populaire, en ouvrant ce front à toutes les composantes de la société civile, en particulier aux avocats, aux médecins, aux universitaires, aux militants  de l’UGET ainsi qu’aux syndicalistes de l’UGTT, l’UGTT de Farhat Hached, dont les cadres ont fourni (et continueront de fournir) l’avant-garde organisationnelle et morale de la révolution en cours. Le but n’est pas ici de demander au mouvement social de se mettre à la remorque de l’opposition politique. Il est au contraire de fondre l’opposition politique dans l’opposition populaire et de faire en sorte que ses revendications apparaissent pour ce qu’elles sont réellement : les revendications du peuple tout entier. En d’autres termes, il ne s’agit pas d’opposer une vraie opposition (la nôtre) à une fausse opposition (celle qui a rejoint le gouvernement), mais de continuer à se situer dans l’opposition des masses à la dictature – une dictature dont la composition du nouveau gouvernement montre bien qu’elle n’a rien cédé encore et qu’elle ne cherche qu’à gagner du temps. Seule une telle opposition unifiée et massive peut apporter une issue politique à l’impasse actuelle, qui ne vole pas au peuple sa victoire.
 
Cette démarche accomplie – la constitution d’un comité de liaison peut se faire en quelques heures, étant donné le niveau de convergence réel qui est le nôtre -, il faudra exiger solennellement du président intérimaire Fouad Mebazaa, au nom du peuple et en s’appuyant sur des manifestations massives à Tunis et dans les autres villes, qu’il déclare le gouvernement Ghannouchi non représentatif du pays réel et non adapté aux tâches de l’étape. Il faudra exiger de lui qu’il constitue un nouveau gouvernement provisoire, dirigé par une personnalité indépendante et respectée que nous proposerions nous-mêmes, un gouvernement composé de techniciens et de représentants de la société civile, couvrant tout le spectre des tendances existantes (libéraux, démocrates, socialistes, communistes, nationalistes arabes, islamistes…), sans en exclure une seule, sous n’importe quel motif. Il faudra également exiger de lui qu’il proclame la dissolution de l’actuelle assemblée nationale ainsi que la dissolution du RCD et la confiscation de ses avoirs et de ses archives. (L’objectif n’est pas de déclencher une chasse aux sorcières, mais de mettre hors d’état de nuire les principaux soutiens de la dictature, en les privant de la logistique de l’appareil et de ses ressources financières.)
 
Les tâches de ce gouvernement provisoire, en dehors de l’expédition des affaires courantes et de la refonte d’un certain nombre de textes de lois (code de la presse, code électoral, etc.), est d’organiser des élections générales anticipées, pour la mise en place d’une nouvelle assemblée nationale dotée de pouvoirs constituants, dans un délai de six mois. Le président élu de l’assemblée remplacera à ce moment M. Mebazaa dans la fonction de chef de l’Etat par intérim. Après la confection et l’adoption d’une nouvelle constitution, il faudra passer à l’organisation des différentes élections locales et de l’élection présidentielle, dans un nouveau délai de six mois.
 
Ce dernier point – le report de l’élection présidentielle à la fin du processus – est selon moi essentiel. En Tunisie, comme ailleurs dans la nation arabe, les systèmes de dictature et de dépendance prennent la forme du pouvoir personnel. Le président se voit (et il est souvent vu) comme un homme au-dessus des autres et au-dessus des lois. La démocratie, ainsi que dignité nationale, exigent que l’on rompe définitivement avec cet odieux folklore, et que les fonctions présidentielles soient ramenées à des proportions plus modestes, de représentation et d’arbitrage. C’est la première raison pour laquelle il me semble nécessaire que la première échéance électorale décisive porte sur les législatives – et non sur les présidentielles – et aboutisse à la constitution d’un parlement conscient de son rôle et assuré de sa légitimité comme dépositaire de la souveraineté populaire.
 
La deuxième raison du report proposé ici est plus essentielle encore. Pour mener à son terme le processus de rupture démocratique, le peuple doit rester uni. Cette unité est la condition sine qua non du succès, surtout que les événements tunisiens se développent dans un environnement régional et international dans lequel, il ne faut jamais l’oublier, nous n’avons pas que des amis. Même pour la campagne des législatives, le front populaire devra rester uni. Or l’on ne voit pas comment une telle unité pourrait être préservée si les composantes du front intérieur se transformaient en autant d’écuries présidentielles, préoccupées avant tout par l’arrivée au pouvoir « suprême » de leur poulain. Ces rivalités dérisoires seraient suicidaires. Elles nous replongeraient dans la culture de l’homme providentielle, casseraient la dynamique unitaire et ne bénéficieraient, en fin de compte, qu’aux malveillants de l’intérieur et de l’extérieur qui guettent le moindre faux pas pour se jeter sur nous et nous ramener là d’où nous essayons de sortir.
 
En résumé, l’analyse exposée ici s’articule autour du calendrier suivant :
 
1.      Unité de l’opposition et des forces vives de la société civile ;
 
2.      Mobilisation de la population ;
 
3.       Rejet du gouvernement d’unité, où l’appareil du RCD continue de détenir tous les leviers du pouvoir effectif ;
 
4.       Constitution d’un vrai gouvernement provisoire de rupture démocratique, le seul lien accepté avec le passé étant le président intérimaire ;
 
5.       Toilettage des dispositifs réglementaires et légaux interdisant jusqu’ici l’expression des droits fondamentaux ;
 
6.       Organisation d’élections législatives anticipées dans six mois ;
 
7.       Remplacement de M. Mebazaa par le nouveau président de la Chambre, également à titre provisoire ;
 
8.       Elaboration et promulgation d’une nouvelle constitution républicaine ;
 
9.       Election présidentielle dans un an, dans le cadre des dispositifs de la nouvelle Loi fondamentale.
 
Mes chers compatriotes,
 
Je vous adresse ces propositions pour les soumettre à la discussion publique. Je sais d’avance qu’elles doivent correspondre globalement avec vos propres analyses et avec le sentiment populaire. Mon souci en vous interpellant comme je le fais est d’insister sur une seule idée : dans la période de grands bouleversements qui commence, il est vital que nous soyons tous sur la même ligne de conduite. Le sacrifice de nos martyrs a ouvert le chemin de la liberté : la cohésion la plus étroite de nos rangs est la condition de la victoire finale.
 
Aziz Krichen
 
Montpellier, le 17 janvier 2011
 
azizkrichen@yahoo.fr

Le complot de Ben Ali et du RCD – CHOISIR ENTRE l’RCD OU LES ISLAMISTES


par Mohamed Ali Mhalla

 
Suite aux événements survenus lors des derniers jours du régime ben ali et après son départ. J’ai décidé de faire quelques réflexions sur le passé et quelques projections du future. Cela m’a conduit à ce scenario (complot) qui a une forte probabilité de se reproduire. je vous pris de bien lire le texte au complet et de bien réfléchir.
 
Avant de commencer le scenario, je vous fais une petite chronologie de se qui s’est passé dés le début des événements :
 
1- Mohamed bouaziz s’immole par le feu et déclenche des manifestations dans quelques villes de l’intérieur du pays commencent a sidi bouzaid
2- Ben ali demande aux forces de l’ordre de réagir sévèrement avec les manifestations et rétablir l’ordre
3- Plusieurs morts et la révolte touche plusieurs villes en Tunisie et le peuple demande le départ du dictateur et de son système, la dissolution de son et l’arrestation des voleurs et criminels. Une révolution commence a voir le jour et les tension montent de jour en jour.
4- Aucun des cadres et membres du rcd n’a participé a ses manifestations, ni démissionner du parti ni demander le départ de ben ali, ils ont tous gardé le silence en observant ce qui se passe.
5- Ben Ali annonce lors de son dernier qu’il ne se présentera pas en 2014 et qu’il appelé a former un gouvernement d’union nationale.
6- Najib chabbi et d’autre parti de l’opposition en tunisie approuvent les nouvelles propositions de Ben Ali et appel au dialogue
7- Une partie des tunisiens approuve ces propositions et appel au calme et la fin des manifestations
8- Le peuple continue sa révolution et des milliers se regroupe a Tunis pour demander le départ de ben ali et tout son system de dictature.
9- Ben ali sous pression décide de quitter le pays temporairement et demande a son 1er ministre de le remplacer lors de son absence tout en envisageant son retour après que les choses se calme. Déjà son départ a été orchestré et approuver par tout le monde du gouvernent et l’armée.
10- Ghannouchi dresse un message au peuple et les informe des derniers changements et que ben ali a quitté le pays temporairement.
11- Beaucoup de pression du peuple, de la France et des états unis obligent ghannouchi a respecter la constitution et c est mr Mbazaa qui devient président.
12- Une grande partie de la famille de ben ali a quitté la Tunisie malgré que les militaires contrôlent toutes les frontières.
13- Des actes de destructions, pliages, vols et terreurs se répondent partout en Tunisie et font basculer le pays dans le flou et le chaos total et ceci sans que la police du ministère de l’intérieur qui a opprimer les manifestants et tuer 100 personne ne bouge (ce qui nous laisse penser que c’est la police même ou une partie d’elle est derrières ses actes. Les militaires et la garde nationale intervient pour rétablir la sécurité
14- Un flou au niveau de la communication surtout dans les medias tunisiens nous laisse penser qu’ils sont encore contrôlés et manipuler. Le peuple ne fait plus confiance en personne. Et le doute se propage.
15- Après 3 nuits de terreurs le peuple est devisé en deux, une partie veux poursuivre les manifestions et demande le départ des gens du rcd et la libération totale du pays et l’instauration d’un nouveau système qui leurs garantie la démocratie et la justice. Et une autre partie qui sous la peur et la terreur abandonne les revendications initiales et se satisfait du départ de ben ali et met comme priorité la sécurité et le retour a la normale.
16- Formation du gouvernement d’union nationale comme a proposé ben ali avec les mêmes représentants de l’opposions qui ont accepté sa première demande avant son départ.
17- six des postes les plus importants du nouveau gouvernement sont occupés par des gens du rcd et très prochez de ben ali
18- Jusqu’à ce moment Ben ali est encore le numéro 1 du RCD. Aucun communiqué de ce parti ni sur les manifestations, ni sur le changement ni sur sa position globale face aux derniers événements, Ben Ali n’as pas été éjecté de son parti. De plus tous les cadres du rcd sont encore dans le rcd. Et contrôle le gouvernement tunisien, les gouvernorats, les municipalités, tous les établissements et organismes publiques dans tous les secteurs et dans tout le pays.
19- Jusqu’à ce moment aucun mondant d’arrêt international n’a été émis contre dictateur ni les membres de sa famille. Surtout que ben ali a menacé quand cas de poursuite il fera couler tous le monde avec lui.
 
La je commence le scenario du future :
 
1- Ben Ali exerce encore son contrôle sur le gouvernement directement (a travers le 1er ministre par téléphone) ou indirectement a travers son parti politique.
2- Une commission a été créée pour enquêter sur la corruption, les crimes, la torture et les morts lors des manifestations. Cette commission ne sera pas indépendante et essayera d’effacer les traces de preuves impliquant plusieurs hauts responsables du rcd. C’est pour sa qu’ils veulent faire les enquêtes maintenant et non après les élections.
3- Préparation des élections très normale. Tout démontre qu’on va avoir des élections libres et démocratiques et même les islamistes sont très contents et surpris par le comportement du gouvernement et la transparence de la compagne, ils ne croient pas leurs yeux. Mais le temps est très court pour les nouveaux partis politiques qui n’ont pas les moyens humains, logistiques et financiers du rcd. Le seul parti qui peut faire face au rcd le parti islamiste Nahda très populaire dans le zones rurales et conservatrices.
4- Les élections se feront sur 2 tours.
5- Aux premiers tours les gens indépendants et apolitiques, je parle la surtout de la majorité des jeunes, des universitaires, des cadres et tunisiens a l’étranger, ces gens la seront dans un rêve et vont savourer le plaisir de voter et de choisir leur candidats préfères. Leurs votes vont se partager sur plusieurs candidats (chebbi, ben jafar, marzouki, hammami….) ces partis ne sont pas trop populaires vu leurs absence sur la seine politique depuis des décennies, les pros rcd vont voter rcd kamel morjane et les islamistes vont voter pour elNahda de ghannouchi. Et la vu que nos votes seront éparpiller sur plusieurs candidats, les 2 parti qui passeront au 2 eme tour seront rcd et nahda.
6- Au 2eme tour, on aura a choisir entre le rcd ou nahda pour élire notre président et pour choisir le système politique qu’on voudra avoir pour les cinq prochaines années et la bien sure la majorité des gens vont choisir le rcd et la dictature qui la préfèrent de loin a l’islamisme et là rebelote.
7-Kamel Morjan sera le nouveau président et le rcd restera encore au pouvoir et se vengera du le peuple tunisiens (je vous laisse le soin d’imaginer ceci) Ben ali reviendra au pays après l’appel au pardon et le salut national et un accord qui lui donne l’immunité en échange de l’argent qu’il a volé du pays. Il continue a exercé son influence sur ses élèves qui les a former dans les 23 années de son règne.
Je vous ai prévenu du complot qui est déjà entrain de se réaliser il était préparé avant le départ de ben ali par ces conseillers et les cadres du rcd en collaboration avec des services secrets étrangers méfier vous et réagissez avant qu’il ne soit trop tard. Et celui qui veux me contredire, il n a qu’a fournir des preuves ou des garanties. Prenez un temps de réflexion et repenser à tous ces événements.
 
Vous aller me dire donne nous des solutions?
 
1- Solution à court terme (toute de suite) : continuer les manifestations jusqu’a la dissolution du rcd, l’abolition de tout le système politique actuel avec l’intervention de l’armée.et la création du gouvernement de transition qui regroupe que des technocrates indépendants reconnus par leurs loyauté et leurs compétences et non affiliés a aucun parti politique (juges, avocats, économistes, médecins, universitaires, sociologues…).
 
2- Solution à moyen terme (aux élections): créer un parti d’union national qui regroupe tous les opposants de tous les courants. Qui pourra faire face au rcd et avoir l’appui de la majorité des tunisiens.
 
3- Solution à long terme (5 ans à 20 ans ou plus) : attendre des nouvelles élections après cinq ans ou une nouvelle révolution dans 20 ans ou plus dépendamment de la nature du system qui sera mis en place par le rcd de nouveau.
 
 
A méditer
Mohamed Ali Mhalla – Mouvement des Jeunes Tunisiens

 

Faites place au pouvoir citoyen!


par Mohamed Amami, mardi 18 janvier 2011, 07:27
 
Le plan C est parti! Se dotant d’un groupe de petits minables d’opposants, le régime en agonie essaie encore de résister.
 
Cette nouvelle manœuvre ne doit pas passer non plus. Notre révolution doit continuer, se doter des outils des pouvoirs citoyens, qui émergent de la révolution même, des gens en action, et non des opposants des salons, doivent assurer la transition.
 
Les comités populaires doivent se multiplier, s’armer, imposer la sécurité des citoyens, d’abord, mais aussi contrôler le fonctionnement des entreprises, des services publics qu’elle doit s’approprier et socialiser tout de suite, imposer la gratuité des services publiques (enseignement, santé, transport, eau, électricité) etc.
 
Socialiser les secteurs économiques stratégiques et les fortunes des pilleurs, mettre en place des dispositifs de sécurité sociale et un revenu minimum honorable à tout le monde qui vit sur le territoire tunisien sont également des tâches immédiates.
 
Le gouvernement mis en place hier n’est pas conçu pour ça. c’est pourquoi on doit l’abattre! Parmi les syndicalistes, les avocats, les journalistes, les jeunes diplômes, les femmes, les hommes qui ont abattu le dictateur, il y a des milliers de de chois pour mettre en place un gouvernement provisoire révolutionnaire!
 
Les grands syndicats (enseignement, poste, santé, transport, cheminot), les avocats, les journalistes, l’UGET, lUnion des Chômeurs Diplômés, les artistes… peuvent dès maintenant jouer un grand rôle pour le mettre en place et pour continuer le processus révolutionnaire en préparant la constituante.
 
Vive la révolution! Vive notre peuple! Vive la jeunesse qui a réalisé, en un mois, un rêve qui nous a apparu, nous les vieux déçus, comme un mirage.
 
Mohamed Amami
 
Montréal le 18 janvier 2011

La révolution tunisienne, son deploiement et ses tâches prioritaires


  
Par Abdallah Rihani, 
 
Politologue, Montrèal. Canada. 
 
Disons-le clairement, le Premier ministre Ghannouchi n’avait jamais fait entendre une note discordente par rapport au dictateur dont il recevait les ordres et appliquait scurupuleusement les directives et les politiques de longues années durant. Il est pour le moins curieux qu’il poursuive les contacts avec le dictateur et qu’il en parle à Aljazira comme si cela était chose encore normale. 
 
Autre fait curieux, le gouvernement tunisien a laissé partir le dictateur au lieu de le garder à la disposition de la justice tunisienne et de s’assurer que les fonds usurpés à l’État par le dictateur dans l’exercice de ses fonctions seraient restitués au trésor public. Le moins que l’on puisse dire est que l’actuel Premier ministre ne saisit pas l’ampleur du bouleversement que le peuple tunisien est en train de réaliser. C’est toute la triste époque de la domination destourienne sur la Tunisie, depuis son indépendance, que la jeunesse tunisienne veut congédier définitivement et pour toujours. 
 
Encore une fois, les tentatives de sauvetage du régime, faites par le dictateur lui-même puis relayées comme des mesures d’apaisement par son personnel après son départ, toutes sonnent faux, terriblement faux. Comment le peuple ne s’en méfierait pas?! Il est très curieux que certains membres de l’opposition embarquent dans le jeu des pompiers éteigneurs de feu que sont devenus les partisans de l’ancien dictateur. 
 
Cela étonne mais ne surprend pas outre mesure. 
 
L’Opposition est-elle entrain de combattre le régime seulement pour la gestion immédiate des affaires courantes ou bien parce qu’elle a une vision fondamentale totalement différente de la sienne. Comment accorder du crédit à ceux qui ont quotionné, soutenu et conforté le néppotisme, le pillage, l’injustice et l’étouffement des libertés civiles toutes ces années. Ils sont au moins coupables par association avec le dictateur. S’ils disent qu’ils ne savaient pas ou qu’ils ne servaient que l’État, dites leurs qu’ils se sont servis et que Oeudipe s’était crevé les yeux pour le méfait qu’il a commis sans savoir. Au moins auraient-ils dû montrer un peu de courage et de déscence en démissionnant comme l’avait fait leur ancien ambassadeur à l’UNESCO. Des hommes droits dites-vous, de ces cassiques du RCD et de la dictature?!. Il y a bien d’autres, des miliers de tunisiens, qui auraient pu se prosterner devant le dictateur, servir ses basses œuvres, pour se faire accorder des postes d’ambassadeurs, de ministres, de secrétaire d’État, des honneurs du pouvoir et de l’influence parmi ses la horde des sangsues. 
 
Mais la posture des trois partis de l’opposition étonne parce que toute l’opposition tunisienne unie aux demandes du peuple en marche, dispose de la capacité historique d’exiger tout le gouvernement, sa direction et l’hégémonie écrasante en son sein. Au lieu de cela cette fraction de l’opposition tombe dans un reflexe pavlovien de se mettre à bouger la machoire alors qu’elle n’a rien de substentiel dans la bouche. Que faites-vous là chers amis ? Pourquoi cette légéreté ? Vous faites erreur car le peuple en marche ne sera rassuré que lorsque le changement qu’il préconise sera confié à des hommes et des femmes auxquels il sera porté à accorder sa confiance. Désormais en Tunisie, c’est le peuple qui impose les solutions et il déléguera les responsabilités contre les usurpateurs qui ont dévasté le pays. À moins que l’opposition à l’instar de de Marzouki, de Hammami, de Ghannouchi et syndicale, se mette à anticipier les besoins de la révolution, à les traduire en décisions politiques concrètes. C’est un devoir historique, la chance de cette opposition large, de sortir le meilleur d’elle-même au service d’une révolution historique comme il ne se produit que peu, de temps en temps, dans toute l’histoire de notre humanité. Quel bonheur d’être tunisien, aujourd’hui plus qu’hier. 
 
Mais par ailleurs la posture participative de trois partis de l’opposition n’étonne pas outre mesure. Il faut la mettre sur le compte de l’essai et erreur, trial and error, face à l’inédit.Car un peu comme l’ensemble du monde politique, la révolution tunisienne est une surprise de très grande taille à laquelle ils ne s’attendaient pas. Déjà, certains membres de notre  Opposition se sont montrés ouverts et impressionnés par les propos hypocrites du dictateur à son deuxièmme discours. Ils n’ont pas encore saisi toute l’étendue du renversement de situation qui a lieu sous leurs yeux. Le peuple tunisien ne fait pourtant aucun mistère a propos du but qu’il poursuit. Il a décidé de changer de siècle et enterrer l’époque des dictatures et des présidents démiurges et dictateurs pour embrasser la liberté et la dignité ici et maintenant, sans possibilité de retour en arrière. 
 
Ce peuple et sa jeunesse n’ont absolument pas tort puisque la bureaucratie de l’État a été infestée, voire conditionnée par les reflexes destouriens et la mentalité RCD. Cet élément constituera une entrave à tout nouveau régime qui voudrait procéder à la réforme et imposer une nouvelle perspective de développement économique et social à l’administration de l’État tunisien nouveau. Une bureaucratie basée sur le mérite, sur l’intégrité et l’efficience devient une condition de toute sortie de crise et d’un changement de cap radical par rapport au passé. La vie devra être dynamisée, nous devons engager notre jeunesse et sa matière grise abondante vers les défis de notre époque, vers l’odace, l’innovation, la recherche et le transfert du savoir pour commencer le dur travail de conquête des marchés de création massive d’emplois et de sortie de la précarité du tourisme et de la dépendance par rapport à l’aide internationale. Nous devons construire un système national d’innovation, mettre l’argent là où il servirait le mieux notre présent et le futur de notre jeunesse. Il y a tant de secteurs où tout reste encore possible, énergie, transport, biotechnologie, agriculture, médecine, construction mécanique, navale, automobile, ferrovière, etc…la liste serait trop longue. Le paradigme écologique bouleverse le monde, nous devons en profiter pour sortir du marasme social et humain dans lequel la médiocrité de la dictature a confiné notre société trop longtemps. 
 
Il faut être conscient cependant que tout notre développement se fera en concurrence dure et impitoyable avec l’étranger qui s’est habitué à nous comme un petit débouché de consommateurs. À notre peuple de relever les défis et de montrer ses capacités d’innovateur, de bâtisseur et de conquérant. Il nous faut une bureaucratie de l’État imprégnée de la volonté d’indépendance au moins dans les secteurs dont dépend le futur de nos enfants. L’État tunisien doit recruter son personnel en fonction de ses objectifs et des résultats à réaliser. Les cellules du RCD seront un obstacle certain sur cette voie et leurs membres des boulets d’inertie. La Tunisie a besoin des meilleurs des meilleurs parmi ses ressources humaines à qui des tâches spécifiques et des objectifs précis devront être assignés. Le pays n’a pas droit à l’erreur et les ressources à sa disposition devront être investies avec une efficience et rigueur extrèmes. 
 
Il est donc naturel et d’une nécessité d’hygiène publique de démanteler le RCD, parti de Ben Ali et de déclarer tous ses avoirs et ses biens propriété publique de l’État tunisien. Il faut interdire cet État parce qu’il menacera le futur du pays tant que ses membres auront le droit légal de s’organiser. Ben Ali n’était pas dérangé de voir le peuple vivre du tourisme, de l’artisanat et de l’exportation de nos produits agricoles devenus inaccessibles sur les lieux. La Tunisie de demain est en rupture totale avec cet esprit sans rêve ni ambition, ni culture du reste. 
 
La révolution tunisienne n’est pas terminée tant que le peuple n’a pas défilé en liesse et dansé dans les rues de tout le pays, dans les villes et les villages, hommes et femmes, soldats, travailleurs, étudiants, jeunes et moins jeunes, côte à côte, libres de la présence du RCD et des agents de la peur qu’il a toujours mis à la disposition des despotes, de Bourguiba à Ben Ali. 
 
La révolution est en marche et le peuple reste dans la rue à l’affut des nouvelles sur l’action révolutionnaire, les gestes à poser, ici et maintenant. Parmi ce qui a été fait, l’arrestation des anciens responsables de la repression sous Ben Ali, ministre de l’intérieur et ministre de la sécurité, tous les deux sur le point de fuir le pays. De même la création de conseils de quartiers, d’entreprises et de villes vont servir de couroies de transmission entre la base et un nouveau parlement révolutionnaire provisoire qui devrait normalement voir le jour en lieu et place de celui qui était au service de la dictature. 
 
Pourque le peuple sera appaisé il lui faudrait s’assurer que son rôle restera au centre des transformations. Il doit lui-même jeter les bases et le fondement de la nouvelle démocratie sous laquelle il pourra se mettre à l’abris de tout retour de la dictature. Parmi les actes révolutionnaires chargés de sens et lourds de détermination de la part de la population, l’occupation des locaux d’une maison de coordination du RCD et sa déclaration espace de liberté. Il ne serait pas étonnant d’apprendre demain que dans tous les coins du pays ces locaux synonymes de repères de brigands, les maisons de coordination du RCD, seront occupés par le peuple et déclarés centre de coordination des activités populaires. L’union genérale tunisienne du travail, l’UGTT, vise dans le mil en demandant le démantèlement des cellules du RCD au sein des entreprises. 
 
Le peuple s’est soulevé contre la dictature dans sa totalité et tout régime nouveau qui la remplacerait mais laisserait, entre lui et la population, un contentieux et un recours à la repression, ce nouveau régime se mettra lui-même au centre de la contestation, et sur la voie du rejet. 
 
Pour finir les voix s’élèvent à l’étranger de la part de puissances étrangères reclamant le retour au calme et à la vie normale qui a tant profité à leurs intérêts par le passé. Leur hypocrisie est sans limite. Ces puissances étrangères sont inquiètes surtout pour leur crédibilité auprès de leurs alliés et protégés placés, ici et là, à la tête des États arabes. Ces puissances et leurs protégés veulent sauver les meubles et ils feront d’énormes pressions sur l’opposition et ses chefs pourque le mouvement révolutionnaire tunisien cesse ou se maintienne dans des limites non effrayantes pour leurs alliés et leurs interêts. Mais les cartes, désormais, ne sont plus entre les mains de quelques dirigeants. Le peuple tunisien est en révolution, son action est invincible, les tyrans et les lakais des puissances étrangères n’ont pas tort de s’inquiéter, la liberté des peuples est irrésistible. 
 
Abdallah Rihani, 
 
Politologue, Montréal, Canada 
 
 C’EST INDECENT

Le ministre de l’intérieur FRIAA  fait la comptabilité des pertes subies par l’économie nationale lors de sa conférence de presse. Il déplore un manque à gagner de 3000 millions dinars, causé par l’arrêt de l’activité économique et l’exportation.  C’est une gaffe et c’est indécent. Car le peuple est entrain de récupérer sa dignité et cela n’a pas de prix. Il aurait dû  insisté  auprès d’Interpol  en tant que ministre de l’intérieur pour réclamer l’argent détourné par le président déchu et son clan. Il devrait condamner le pillage systématique du patrimoine du pays  depuis plus de vingt ans.  La vie des tunisiens  et leur liberté valent plus que ces pertes et  les lingots d’or volés à la Banque Centrale. Sans oublier  la caisse 26/26 et ses accessoires.  C’est une révolution monsieur le ministre.    A l’indignation, il faut ajouter les déclarations scandaleuses du ministre français des affaires étrangères.  Madame ALLIOT MARIE trouve que la France va accomplir  sa mission civilisatrice et la promotion des droits de l’homme en apprenant au pouvoir déchu de « mater humainement » l’aspiration d’un peuple à la liberté.  Frédéric MITTERAND ce Tunisien adopté par l’ancien pouvoir pour faire du lobbing au sein du microcosme politique parisien.  Il ne connait de la Tunisie que l’autoroute Tunis- Hammamet pour trouver que c’est excessif  de désigner l’ancien régime de dictature. Les tunisiens sont habitués à être traités en peuple indigène.  Il ne mérite que de manger et de chanter.  Après ce vent de libération,  la carte postale de la TUNISIE a changé.  Cette carte n’est plus faite par l’office du tourisme mais par le sang et les larmes  des opprimés et sans voix. Ahmed BEN AMOR    Paris le 18/01/2011


 

La Révolution de la dignité !


 
par Sadri Khiari
 
Aujourd’hui, comme tous les jours depuis la fuite de Zine el-Abidine Ben Ali, on m’a posé vingt fois la même question : comment expliquer un ébranlement aussi profond en Tunisie – connue pour sa « stabilité » – et la chute soudaine de celui qui en tenait les rênes d’une main de fer ?
 
Mille explications sont possibles. Mais je n’en retiendrais qu’une. La plus importante à mes yeux : le pouvoir de la clique maffieuse qui entourait le président déchu ne reposait sur aucun dispositif de consensus ou de consentement. Dit autrement, il n’avait aucune autorité morale sur la population. Or, aucun système politique ne peut résister à une absence aussi absolue d’autorité morale. Même dans les couches privilégiées de la population, y compris au sein de ceux qui bénéficiaient directement du régime de Ben Ali, celui-ci, son épouse, leurs proches, suscitaient autant la crainte que le mépris le plus total.
 
Depuis son accession au pouvoir en novembre 1987, Ben Ali s’est attaché à construire une gigantesque machinerie de répression, de quadrillage, de contrôle et de clientélisation de la population. On a parfois parlé dans les journaux français de l’arrestation de militants politiques ou de responsables syndicalistes, de la torture pratiquée contre des opposants, des intimidations brutales dont ont été l’objet les défenseurs des droits humains, mais le principal de l’action policière se situait ailleurs : il concernait la grande masse de la population, soumise à une pression policière constante, celle des services du ministère de l’Intérieur, bien sûr, mais aussi celle des multiples milices officieuses, celle du Rassemblement constitutionnel démocratique, le RCD, qui n’est pas un parti comme les autres mais une annexe de l’Etat, chargé d’encadrer, de surveiller, de punir, d’acheter, de corrompre, de racketter, tout individu, dans n’importe quelle sphère de sa vie sociale. A ces institutions, il faut ajouter les structures de l’administration, celle que l’on pense au service du citoyen et qui pourtant ont servi, jusqu’à ce jour, à relayer de tout leur poids, les directives des sommets de l’Etat. Autrement dit, elles ont joué le rôle d’instances de répression, d’encadrement, de surveillance et de clientélisation. Le fonctionnement du ministère de la Justice est exemplaire de ce point de vue là.
 
Il ne s’agit pas d’accuser tous les fonctionnaires, la plupart du temps de braves citoyens, mal rémunérés, travaillant dans des conditions désastreuses et eux-mêmes soumis à la toute-puissance de leurs supérieurs. Il s’agit de noter la faculté du système policier à faire de tout un chacun un complice et un relais du pouvoir.
 
Que l’on ne se trompe pas : la mécanique policière et bureaucratique mise en place par Ben Ali n’avait pas pour seul but de susciter la peur et l’obéissance. Elle avait pour finalité, bien plus pernicieuse, bien plus efficace que la peur, d’assassiner en chaque individu ce qui fait son humanité. Ben Ali a construit un immense appareil destiné à briser la dignité des Tunisiens ; il a développé une formidable technologie de l’indignité. La compromission voire la complicité, la corruption, les milles magouilles honteuses souvent indispensables pour survivre ou avoir tout simplement la paix, ont été des mécanismes parmi d’autres de la construction systématique de l’indignité. Le mépris total du pouvoir à l’égard du peuple, il fallait que toute la société l’éprouve pour elle-même, il fallait que tout individu l’éprouve pour ses semblables et pour lui-même.
 
Je le répète : la répression et la peur n’aurait jamais suffi à préserver un pouvoir ne disposant d’aucune autorité morale. En l’absence d’une légitimité de cette nature, Ben Ali et sa bande de voyous ont fait un autre choix : détruire la morale, casser les solidarités, abolir le respect, généraliser le mépris, humilier, humilier et encore humilier. Vous n’êtes rien, vous ne serez jamais rien, des sous-hommes, voilà le message social et moral du régime benaliste. Bourguiba, passablement élitiste, considérait que les Tunisiens n’étaient qu’une « poussière d’individus » dont il allait se charger de faire une nation. Ben Ali, lui, a fait le pari contraire : transformer la nation en poussière d’individus. Ce pari a échoué, car la nation a refusé de devenir poussière. La boue du Palais de Carthage n’est jamais parvenue à submerger l’ensemble de la Tunisie.
 
A mon avis, parler de la misère, des difficultés sociales, du besoin abstrait de libertés démocratiques ou encore de la répression comme simple fabrique de la peur ou de la soumission, ne permet de comprendre qu’une dimension réduite des événements qui se développent depuis un mois en Tunisie. Mohamed Bouazizi ne s’est pas donné la mort d’une manière si affreuse pour la seule raison qu’il n’avait pas d’emploi et qu’un agent municipal lui avait interdit de gagner quelques sous en vendant des légumes. Il s’est immolé par le feu parce qu’en lui crachant au visage, ce fonctionnaire lui a redit ce que le régime de Ben Ali nous disait tous les jours : tu n’es qu’une merde de chien ; je fais de toi ce que je veux ! Bouazizi en avait très certainement marre d’être pauvre, très pauvre. Il n’a pas supporté de n’être plus un être humain. Paix à son âme ; nous pensons tous à lui ; nous nous sommes tous identifiés à lui, quand bien même certains d’entre nous ont un emploi et vivent confortablement. La force motrice de la révolution tunisienne n’a pas eu d’autres objectifs, en chassant le tyran, de rendre à Bouazizi la dignité qu’on lui refusait. Les Tunisiens ont-ils revendiqué des augmentations de salaires ? La liberté de la presse ? Un nouveau droit quelconque ? Non, ils ont exprimé leur dignité ; ils ont affirmé que leur dignité exigeait le départ de Ben Ali. Et ils l’ont obtenu. L’eut-il compris il n’aurait pas perdu son temps à faire des concessions qui n’étaient concessions qu’à ses propres yeux : des réductions de prix, l’accès libre à internet, des élections puis finalement son départ dans trois ans ! Ubuesque. Ce qui était en jeu, c’était sa tête et immédiatement sa tête.
 
Tout est-il fini ? Certainement pas. L’effervescence révolutionnaire ne s’est pas éteinte. Partout, la dignité continue de se battre contre l’indignité. Le peuple tunisien n’est plus composé d’individus qui résistent tant bien que mal pour préserver leur qualité d’être humain ; il est un corps collectif qui a en horreur l’idée que les hommes du régime benaliste et quelques politiciens, impatients de partager le gâteau du pouvoir, ne le dépossèdent de sa victoire. Le peuple tunisien n’a confiance qu’en lui-même et il a raison. Le deuxième acte de la révolution a pour enjeu la dissolution des institutions mises en place par l’ancien président – en premier lieu le RCD – et l’élection démocratique d’une assemblée constituante qui redonnera au peuple la souveraineté politique dont il a été privé depuis des décennies. Après, on verra.
 
Sadri Khiari, le 17 janvier 2011

 

Après la fuite du DICTATEUR – RESTONS MOBILISES !!!


 
Exigeons :
 
–          Une Amnistie Générale en Tunisie
 
–          La reconnaissance immédiate de tous les partis et organisations non reconnus – sans exclusif – et la liberté d’association..
 
–          Liberté totale d’expression, de publication et d’édition.
 
–          Solutions immédiates pour l’emploi des jeunes : ( Commission Nationale de l’emploi avec la participation des comités de jeunes diplômés chômeurs et de syndicalistes…)
 
–          Réintégration dans leur emploi des victimes de la répression – notamment ceux de Redeyef-Gafsa -.
 
–          La poursuite judiciaire de tous les criminels (de 23 ans de Dictature).
 
–          La Restitution des biens « de la corruption » et du RCD (parti de Ben Ali).
 
–          Le démantèlement  du Rassemblement Constitutionnel Démocratique – RCD.
 
Amitiés
 
Mouhieddine CHERBIB

À propos du communiqué du gouvernement israélien et les déclarations du l’inamovible dictateur libyen


Bonjour,
 
Je vous remercie pour tout le travail que vous avez fait, que vous continuez à faire  et qui a permis cette prise de conscience  formidable de notre peuple qui a pu enfin se débarrasser de son bourreau.
Vous êtes un espace magnifique d’exercice de la liberté expression de toutes les sensibilités politiques tel que le souhaite tous les tunisiens.
 
Néanmoins, je voudrais intervenir  sur  le dernier communiqué du gouvernement israélien et les déclarations du l’inamovible dictateur libyen. « Israël craint une montée de l’islamisme en Tunisie », c’est grâce à  ce slogan que Ben Ali et d’autres dirigeants arabes sont restés au pouvoir durant plusieurs décennies.  On agite le spectre de l’islamisme intégriste, pour légitimer la dictature, justifier la torture et  la corruption.
Je suis un laïc convaincu et je lutterais contre toute forme  d’intégrisme qu’il soit  religieux ou laïc.
Croyez vous que le gouvernement  israélien est bien placé pour donner des leçons de démocratie, de tolérance et des respects des droits humains ?
Par ces déclarations et ses soi-disant inquiétudes, le gouvernement israélien est entrain de créer un problème qui n’existe pas en Tunisie.  Le mouvement islamiste tunisien est une sensibilité politique  qui doit être reconnu  afin qu’il  participe au processus démocratique en Tunisie. Il est beaucoup plus modéré que les partis religieux qui participent au gouvernement Israélien. J’ai toujours perçu les juifs tunisiens comme des  citoyens tunisiens. Leur identité subjective religieuse n’est pas importante pour moi. Ils se sont toujours considérés comme des tunisiens et certains d’entres  eux ont soutenu le mouvement national pour l’indépendance et militer dans les partis d’oppositions à l’époque de Bourguiba et contre Ben Ali. Ils étaient présents dans les dernières manifestations à Paris.
Le Conflit israélo-arabe est un conflit politique et non religieux. Il n’oppose pas des juifs à des musulmans. Beaucoup d’Israéliens défendent  la cause palestinienne, parfois beaucoup mieux que les pays arabes soit disant modérés et amis d’Israël.
Au lieu de s’inquiéter  pour l’avenir  politique de la Tunisie, le gouvernement Israélien  doit changer de politique et  permettre la fin de ce conflit qui est l’une des sources de l’émergence de cet l’intégrisme (et non l’islamisme) et de ces dictatures  abjectes qui sont condamnées à disparaître car on ne bâtit rien de durale avec la haine et l’injustice. Enfin, j’ai écouté ces derniers jours  sur El Jazerra des extraits  du discours du colonel khadafi  qui défend son  ami Ben Ali. D’après le dictateur farfelu et malade mental libyen, Ben Ali est un bon président que les tunisiens aurait dû garder à vie et pourquoi ces sacrifices alors qu’il avait déclaré qu’il allait partir dans 3 ans ! France info nous informe aussi, que la Libye pourrait accorder l’asile à Ben  Ali. Il est admis que «  ceux qui se ressemblent, s’assemblent » et comme le dit  justement un proverbe tunisien « les oiseaux s’accouplent toujours avec leurs semblables ». On Souhaite que le mariage des deux dictateurs soit bénéfique au peuple libyen et que la nuit de noce incitera les libyens à se débarrasser de son dictateur qui est au pouvoir depuis 34 ans.
 
Bonne journée.
HAMDI Brahim. Paris

Peut-on faire du neuf avec du vieux ?  DU DEJA VU ! A D’AUTRES DONC !


 
    Mohamed Ghannouchi, qui a été sous les ordres du Parrain en chef, en fuite précipitée, depuis 1999, nous assène encore un coup grotesque, prémisse à une suite qui risquerait d’être mortelle.
 
Il faut dire, que l’insécurité ambiante, entretenue par des hordes hors la loi, a servi et sert toujours cette nauséabonde entreprise. Vite fait, on doit construire un gouvernement, de préférence avec des expérimentés (RCD), afin de « parer » à la situation. En effet, vite fait, mal fait, Mr le « premier » ministre se distribue les principaux ministères, dans un « gouvernement d’unité populaire », sans aucun consensus représentatif du peuple.
Tout porte à croire, que l’objectif immédiat est double :
   1) Subtiliser tous les dossiers compromettants, qui, essentiellement se trouvent dans ces lieux.
   2) Garder le pouvoir, afin de sauver la clique RCDiste et continuer à vampiriser, comme tout bon adjoint de son parrain ZABA. Comme si de rien n’était.
   3) Sauver les  intérêts  des suppôts de toujours (Occidentaux surtout), afin de garantir leur soutien habituel infaillible.
Tout cela est de mauvais augure, parce que simplement traîtrise à l’âme des morts et des survivants de la révolution tunisienne, sans exclusive.
 
J’appelle donc le peuple tunisien à plus de fermeté, pour que cet événement historique majeur de notre existentialisme ne soit travesti par les mêmes maquereaux.
Il faut donc redescendre dans la rue, toujours aussi pacifiquement, pour que le passé maudit ne revienne pas par la fenêtre alors que le peuple l’a chassé  par la porte. Simplement pour demander :
a) La formation d’un gouvernement de salut national de transition, ne contenant aucun élément de l’ex parti unique, RCD. Son objet serait de gérer les affaires courantes et de maintenir en vie nos institutions.
b) La formation d’une assemblée constituante, représentant les différentes couches et courants sociaux, afin de rédiger une nouvelle constitution, qui servira de base légale  à la gestion d’une coexistence moderne, à l’intérieur de nos frontières.
c) L’organisation d’électionslégislatives et présidentielle, libres et démocratiques, sous la surveillance de comités d’organisations nationales et internationales indépendantes, en l’espace de six mois, par exemple.
d) L’organisation de toutes les autres élections nécessaires, ultérieurement, sous les mêmes garanties de transparence, qu’elles soient municipales, syndicales ou professionnelles…
  D’autre part, Il faut assurer sans plus tarder un pouvoir d’achat aux citoyens, et veiller à la fourniture  des biens de consommation nécessaires.
Pour cela, il faut absolument verser, en urgence, de l’argent liquide, selon des normes transparentes et réalistes, à toutes les familles et personnes en difficulté.
 
Occupons- nous donc du politique et non du politicien : n’oublions pas le social.
Mes salutations aux âmes dignes, mortes ou vivantes. Je ne peux citer des noms de peur d’éveiller des jalousies. A bon entendeur, salut et à très bientôt j’espère !
 
RABAM, au secours, je meurs de faim !
 
 

Les Tunisiens font une question centrale de la restitution des biens détournés par Ben Ali »


Me William Bourdon est l’avocat des trois ONG qui viennent de déposer une plainte à Paris, pour corruption, afin de geler la fortune du clan de l’ex-dictature tunisien en fuite.

C’est une «course contre la montre» qu’elle ont engagée pour geler les fonds de Zine El Abidine Ben Ali. Trois ONG — Transparency International France, Sherpa, déjà à l’origine des plaintes sur les «biens mal acquis» des chefs d’Etat africains, et la commission arabe des droits humains — viennent de déposer une plainte, ce mardi après-midi auprès du parquet de Paris, pour corruption, recel, blanchiment, abus de biens sociaux, visant le clan de l’ex-dictateur tunisien en fuite. Me William Bourdon, l’avocat de ces ONG, explique leur démarche.

Pourquoi avez-vous décidé, dès maintenant, de déposer cette plainte?

Il y a trois raisons. D’abord, l’obligation internationale de la France qui a signé la convention de l’Onu de 2003 dont l’article 51 porte sur la restitution des biens mal acquis. Ensuite, et ce phénomène est sans précédent, le peuple tunisien fait de la restitution des biens détournés une question centrale. Il l’exprime véritablement car la corruption a été, dans ce pays, un cancer absolu, pour l’Etat de droit et le développement démocratique. Auparavant, cette question n’apparaissait, dans des périodes de transition similaires, que de façon secondaire.

Enfin, les mesures prises par la France [la ministre de l’Economie, Christine Lagarde, a dit lundiavoir demandé à Tracfin, l’organisme anti-blanchiment, une «vigilance particulière» sur les avoirs tunisiens, ndlr] ne sont qu’un affichage pour faire oublier son silence complaisant, coupable, et insupportable pour les Tunisiens. D’autant que ce dispositif ne permet pas le gel des avoirs!

Christine Lagarde affirmait, lundi, qu’il n’y avait pas de «gel des avoirs» car cela nécessitait une décision judiciaire ou internationale. Qu’en pensez-vous?

On ne comprend pas pourquoi le gouvernement n’a pas demandé d’office, dès lundi matin, au parquet de Paris d’ouvrir une information judiciaire. Comment dire qu’on va restituer si on ne gèle pas? On ne peut tout de même pas expliquer aux Tunisiens que l’on surveille les mouvements de fonds mais que tout est parti en quinze jours!

C’est une course contre la montre, chaque seconde compte. Nous avons déjà reçu des informations qui démontrent que Ben Ali a vidé ses comptes en Suisse hier (lundi), ce qui pose d’ailleurs des questions sur l’attitude de ces banques. Et d’autres informations venant de Tunisie nous permettent de confirmer que Ben Ali a fui avec 1,5 tonne d’or (commele révélait Le Monde dans son édition de mardi, ndlr). Le clan avait même pris ses dispositions dès le mois de décembre pour organiser cette évaporation.

Sur quoi porte votre plainte? Et que sait-on des biens du clan Ben Ali?

Les pouvoirs publics français ont forcément une connaissance des avoirs mobiliers et immobiliers des Ben Ali-Trabelsi, malgré la volonté d’opacification de ce clan. Pour les biens immobiliers, il y a au moins un appartement de luxe à Paris, un chalet à Courchevel, une villa à Cannes. Et nous recevons des appels téléphoniques de personnes qui, sous l’anonymat ou non, nous donnent des informations complémentaires, la parole se libère. Et concernant les biens mobiliers, il y a Tracfin, les prête-noms sont connus, tout cela est tracé. Ce serait une sinistre blague que le gouvernement français tombe désormais de sa chaise en nous disant qu’il ne savait pas. D’ailleurs la mesure qu’il a prise ce week-end est un aveu.

D’autres recours sont-ils possibles sur le plan international?

Un juge d’instruction, lorsqu’il sera saisi, pourra être amené à solliciter des investigations à l’étranger. Et oui, nous envisageons d’élargir le spectre de notre action judiciaire mais l’efficacité commande évidemment la discrétion.

 Source : « Liberation » Le 18-01-2011

L’argent de Ben Ali : la traque de Tracfin


 

En France, Ben Ali devrait avoir du mal à réaliser ses éventuels avoirs, c’est du moins les intentions de notre gouvernement. Les avoirs des potentats, c’est le grand art du camouflage, des poupées russes bien garnies et disponibles via des prêtes noms et autres combines empêchant toute traçabilité. Les intentions françaises sont louables mais surveiller un ensemble de comptes et de mouvements financiers rapportables à toute mauvaise action de la famille Ben Ali est une gageure.

Tout potentat qui se respecte organise ses avoirs avec le maximum de sécurité pour en jouir à tout moment et particulièrement pour assurer, en cavale, un niveau de vie de nabab. Il n’attend donc pas, et nous le savons, le moment de sa disgrâce pour transférer les fonds détournés ; c’est une activité permanente et maladive. Il y a fort à parier que Ben Ali a profité des meilleurs conseillers en la matière, et très certainement évité le Livret A et autre PEL locaux.

Ben Ali a pris son avion présidentiel avec un sur-poids de bagages, de documents et de valeurs et n’aura pas attendu pour prendre des dispositions bancaires lui facilitant sa cavale et celle des sa famille qui, d’après des informations fiables disposerait de 45.000.000 d’euros dans ses bagages – pour voir venir.

Les mouvements financiers suspects seront difficiles à repérer alors qu’il suffit d’une milliseconde pour transférer un paquet d’argent d’un point à l’autre de la planète. La famille Ben Ali, ses amis, ses connaissances, ses mandataires sont donc sous l’œil de Moscou de Tracfin et tout ce beau monde n’aura qu’à bien se tenir, aucun d’entre eux ne pourra, depuis ce matin lundi, faire d’achat sur E-day sans se faire attraper ! Du moins théoriquement. Le temps de se faire oublier, et de trouver un protecteur -potentat en activité – Ben Ali payera ses factures cash.

Ce gel des avoirs et cette surveillance ont pour objectif la restitution des biens et valeurs détournés aux Tunisiens et à eux seuls avec les garanties ad hoc. La question, très bête, qui reste en suspend c’est pourquoi il faut attendre de telles extrémités pour agir dans ce sens ? La semaine dernière, Ben Ali était encore bienvenu partout dans le monde, ses cartes Gold approvisionnées et surchauffées, acceptées par tous, comme l’est celle de bon nombre de potentats aujourd’hui.

Les temps semblent changer et les jours des potentats comptés . En théorie…

Source: ”armees.com” Le 17-01-2011

Sur la piste des fonds de Ben Ali

Paris gèle les avoirs du président déchu


Finalement, ce fut Djedda, au bord de la mer Rouge. Dans sa fuite précipitée, vendredi soir, il semble bien que Ben Ali ne savait pas, au moment de décoller de Tunis, où il allait atterrir. Après une escale technique en Sardaigne, le jet du chef de l’Etat déchu a pris la direction de l’Arabie Saoudite. Le cabinet du roi Abdallah s’est contenté d’annoncer l’accueil de cet hôte encombrant «en considération pour les circonstances exceptionnelles que traverse le peuple tunisien». Ben Ali devrait être tenu à une obligation de réserve et il semble qu’il n’ait pas l’intention de s’éterniser dans le royaume, dont le mode de vie austère ne convient pas forcément à sa turbulente famille. Il y a de fortes chances que, dans les semaines à venir, Ben Ali déménage pour la Libye. Kadhafi, qu’il connaît depuis 1974, a déclaré samedi toujours le considérer comme le président légitime de la Tunisie. Les deux hommes sont liés par de multiples intérêts financiers.

Ailleurs, la traque des capitaux de Ben Ali s’organise. Dans un communiqué diffusé samedi, l’Elysée a indiqué que la France avait «pris les dispositions pour que les mouvements financiers suspects concernant des avoirs tunisiens en France soient bloqués administrativement». Une mise sous surveillance confirmée par le ministre du Budget, François Baroin. Tracfin, le service antiblanchiment de Bercy, a reçu pour mission «d’informer les établissements financiers[pour qu’ils exercent]une vigilance sur tous les mouvements financiers qui concernent les avoirs de la famille et de l’entourage de l’ancien président Ben Ali, a précisé le ministre. Tracfin pourra ainsi bloquer les opérations et, le cas échéant, saisir l’autorité judiciaire».

Dimanche, Tracfin a invité les banques à des «mesures de vigilance» visant les opérations des clients ayant «exercé des fonctions politiques, juridictionnelles ou administratives en lien avec la Tunisie», de leurs associés ou membres de leur famille. Les établissements sont tenus de signaler «les retraits substantiels en espèces, achats de métaux précieux, envois de fonds vers l’étranger» afin de permettre à Tracfin d’opérer le blocage.

«C’est une façon de reconnaître que la restitution de l’argent détourné est centrale pour les Tunisiens, commente William Bourdon, avocat de Transparence international France, à l’origine des plaintes sur les «biens mal acquis» des chefs d’Etat africains. «Si les avoirs sont bloqués, il est essentiel que leur restitution soit validée par une commission ad hoc, et que les fonds ne soient pas remis à un gouvernement n’offrant pas des garanties suffisantes d’intégrité», souligne l’avocat. L’Elysée s’est déclaré prêt à répondre «à toute demande» émanant des «autorités constitutionnelles [de Tunis] sur des avoirs tunisiens en France».

Source : « Liberation » Le 17-01-2011

Inquiétude à propos d’Orange Tunisie


 

Orange Tunisie est détenu à 49% par France Télécom et à 51% par Investec, société tunisienne de Marwan Mabrouk, un gendre du président tunisien déchu Ben Ali

La mainmise du clan Ben Ali sur l’économie tunisienne devient une source d’inquiétude au moment où la révolution de Jasmin donne un coup de balai général sur 23 années de régime autoritaire sur le petit pays du Maghreb. Orange Tunisie pourrait notamment poser problème, selon le syndicat CFE-CGC/Unsa qui a fait part de ses préoccupations. Cette coentreprise de France Télécom est majoritairement aux mains de Marwan Mabrouk, un gendre du président déchu, Zine El Abidine Ben Ali. « Qu’est-ce que cette filiale va devenir? », s’est interrogé Sébastien Crozier, le président du syndicat. La question devrait être abordée mardi 18 janvier lors d’un comité central d’entreprise. Lors de cette réunion, la CFE-CGC/Unsa demandera à la direction du groupe de l' »informer des dispositions (…) prises pour le personnel d’Orange Tunisie » et « sur le devenir d’une filiale détenue à 51% par un actionnaire qui semble-t-il a fui son pays ». « Marwan Mabrouk est en Tunisie et il n’a jamais fui », a toutefois indiqué un porte-parole du groupe  Mabrouk.

Orange Tunisie est détenu à 49% par France Télécom et à 51% par Investec, société tunisienne de Marwan Mabrouk, a confirmé la directrice de la communication de l’opérateur historique, Béatrice Mandine. La filiale emploie 1.100 personnes et sa direction opérationnelle est assurée par France Télécom. Selon la directrice de la communication, « il serait logique que cela soit un représentant de la société ayant la participation majoritaire » qui soit à la tête de la société. En mai 2010, Didier Lombard, l’ancien patron d’Orange s’était dit « heureux de s’associer à Marwan Mabrouk » pour bâtir le premier opérateur réellement convergent de Tunisie lors du lancement des opérations d’Orange. Béatrice Mandine a souligné que « cela fonctionne bien, nous avons conquis 800.000 clients depuis mai 2010 dans un secteur qui contribue plutôt à faire circuler l’information ». France Télécom a mis en place un dispositif d’urgence en Tunisie « pour faire face aux événements et tenter de protéger (ses) 1.100 salariés » dans ce pays. Marwan Mabrouk a épousé Cyrine, une des filles de la première femme de Ben Ali, Naïma Kefi. Issu d’une vieille fortune tunisienne, il dirige avec ses deux frères le groupe Mabrouk qui possède les concessions Fiat et Mercedes, ainsi que la Banque internationale arabe de Tunisie (BIAT). Il est également présent dans la grande distribution (Géant, Monoprix).

Source: ”Challenges.fr” Le 18-01-2011

Leila Trabelsi, la cleptodame


Ecartant les clans rivaux, l’omnipotente épouse de Ben Ali a pillé le pays au profit de sa famille.

C’est l’histoire d’une Du Barry qui s’est prise pour la Pompadour et aurait pu finir comme Marie-Antoinette. L’histoire d’une «coiffeuse», qui a failli être la Régente de Carthage (1) avant de partir sous les huées de son peuple. L’influence de Leila Trabelsi, la deuxième épouse de Zine al-Abidine ben Ali, et de son clan familial était telle sur l’économie et le pouvoir tunisien que c’est à se demander qui a entraîné qui dans sa chute. Avant de quitter la Tunisie, pendant que son mari pensait encore pouvoir sauver son siège, elle aurait embarqué 1,5 tonne d’or, selon le Monde, citant des sources à l’Elysée.

Tout comme son mari, Leila Trabelsi est née, en 1957, dans une famille pauvre de 11 enfants, dont elle serait la seule fille. Elle grandit dans la médina de Tunis, devient coiffeuse et se marie jeune pour divorcer trois ans plus tard. Elle entame une liaison avec le général Ben Ali, chef de la Sûreté générale dans les années 80 et lui donne rapidement une fille, Nasrine, en 1986. Ben Ali dépose Bourguiba, le père de l’indépendance l’année suivante et, un an plus tard, divorce de sa première femme, Naïma Kefi, fille du général qui a parrainé toute sa carrière. Une deuxième fille, Halima, naît en 1992, l’année où le Président se remarie avec Leila Trabelsi.

Une fois légitime, la Première Dame s’attache à combattre les clans concurrents qui gravitent autour du chef de l’Etat. Avec une efficacité certaine. Les frères et sœurs de Ben Ali, qui prospèrent surtout dans la contrebande, le trafic et l’import-export, perdent leur chef de file avec la mort de «Moncef» Ben Ali dans un accident de voiture : il avait été condamné en France à de la prison dans le procès de la «couscous connexion» pour trafic de drogue, mais jamais extradé. Depuis, les Ben Ali se sont repliés sur Sousse, leur ville d’origine pour exercer leur prédation.

Vorace. C’est ensuite au tour des Chiboub de passer sous le joug de «Madame». Ce clan, dont le leader, Slim, un ancien joueur de hand-ball, a épousé la deuxième fille issue du premier mariage du Président, Dorsaf. Rapidement, les Chiboub, qui percevaient des commissions sur les marchés publics, se cantonnent au sport-business. Slim prend la tête de l’Espérance de Tunis, le grand club de football local. Les deux autres filles issues du mariage avec Naïma Kefi, Ghazoua et Cyrine, épousent des hommes d’affaires, respectivement Slim Zarrouk et Marouan Mabrouk, qui bénéficient d’un sérieux coup de pouce. Mabrouk, issu d’une vieille fortune tunisienne, met ainsi la main sur les concessions Fiat et Mercedes ainsi que sur la Banque internationale arabe de Tunisie (Biat) et la grande distribution (Géant et Monoprix). Zarrouk, lui, crée sa propre banque et s’approprie la société de services qui dessert l’aéroport de Tunis. Sa femme, Cyrine, possède la licence téléphonique d’Orange et le fournisseur Internet Planet Tunisie.

Mais rien de comparable avec le nombreux et vorace clan des frères de Leila Trabelsi, dont le chef est incontestablement Belhassen. Il est le «Sonny Corleone» de la famille, le plus violent, le plus avide. Dans les restaurants de Tunis, où l’on n’osait pas lui présenter la note, il avait pour habitude de poser son pistolet sur la table racontent les diplomates américains dans leurs télégrammes révélés par Wikileaks. Il a débuté de la manière la plus fruste, en achetant à bas prix des terrains inconstructibles qu’il faisait ensuite reclasser pour les lotir et les revendre à prix d’or.

Difficile de faire la liste exhaustive de tous les business dans lesquels était Belhassen : les transports aériens (Karthago Airlines, aux dépens de la compagnie nationale Tunisair), les télécoms (Global Telecom Networkings), l’assemblage de camions et de tracteurs (Alpha Ford International), les licences d’importation d’automobiles (Ford, mais aussi Range Rover, Jaguar et Hyundai), le tourisme, les médias (Mosaïque FM et Carthage TV, ainsi que la société de production Cactus TV). Il avait aussi mis la main sur la Banque de Tunisie, dont il a confié la direction à la femme du conseiller et âme damnée du Président, Abdelwahab Abdallah. Il épouse une des filles de Hedi Jilani, le patron des patrons tunisiens, qui avait «placé» une autre de ses filles comme épouse de Sofiane Ben Ali, fils de «Moncef», le frère décédé du Président.

Vol de yacht. Un autre Moncef, frère de Leila, fait fortune dans la construction. Certains rejetons du clan Trabelsi sont carrément des malfrats. A l’instar de Moez et Imed (assassiné samedi par un de ses gardes du corps), des neveux de la Première Dame, commanditaires du vol du yacht de luxe du banquier français Bruno Roger dans le port de Bonifacio. Imed s’était aussi attribué Bricorama et la distribution d’alcool. Mourad Trabelsi trustait la pêche au thon. Najet, une cousine infirmière, devient directrice de l’hôpital Kheireddine de Tunis. La mère de Leila, Hajja Nana, veille aux intérêts de la famille. Son décès, durant la visite de Nicolas Sarkozy, au printemps 2008, expliquera son absence durant les cérémonies officielles. Les avoirs du clan se compteraient en milliards de dollars, sans compter les résidences de luxe à Paris, Courchevel et Saint-Tropez.

Leila Ben Ali, elle, fait dans le caritatif et les bonnes œuvres, à la tête de son ONG Basma. Et s’active pour truster les postes honorifiques, comme la présidence de l’Organisation de la femme arabe. Elle ne néglige pas les affaires pour autant, et quand elle lance un lycée international privé, en association avec Souha Arafat (avec qui elle s’est brouillée et qui a dû s’exiler à Malte), la veuve du président palestinien, elle fait fermer un établissement concurrent.

Mais ce qui intéresse Leila Ben Ali, c’est plus le pouvoir que les affaires. Au point qu’elle nomme et démet hauts fonctionnaires, conseillers présidentiels et ministres. De plus en plus présente sur la scène publique, animant des meetings électoraux, on lui prêtait l’ambition de succéder à son mari, malade, semble-t-il, d’un cancer de la prostate. Son frère Belhassen intègre le comité central du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), le parti quasi unique au pouvoir. Et, miracle de la science, elle aurait donné naissance, le 20 février 2005, à 47 ans, à un héritier mâle, Mohamed, le premier fils de Ben Ali.

Holding. Elle favorise aussi la montée en puissance de Sakher el-Materi, le rejeton d’un général putschiste qui avait failli renverser Bourguiba dans les années 70 et que Ben Ali a réhabilité. Le jeune el-Materi a épousé Nesrine, l’une des deux filles de Leila et de Ben Ali. Son ascension est fulgurante : élu député, il devient plus riche encore que Belhassen, à la tête d’une holding tentaculaire. Il était le visage moderne, boursier et légèrement islamique (la radio coranique Zitouna FM lui appartient et il s’était lancé dans la finance islamique) du régime. L’ambassadeur américain, qui a dîné dans sa villa de Hammamet, raconte y avoir vu un lion en cage à qui l’on servait quatre poulets par jour. Cela lui a rappelé Oudaï, le fils de Saddam Hussein…

(1) Titre du livre de Nicolas Beau et Catherine Graciet consacré au clan Trabelsi et à son influence (La Découverte, 2009)

Source : « Liberation.fr » Le 17-01-2011

Les Trabelsi-Ben Ali, prédateurs de la Tunisie


 

La belle-famille de l’ex-président a longtemps mis le pays en coupe réglée. Entretien avec la journaliste Catherine Graciet.

Il est accusé d’avoir pillé durant quinze ans les richesses du pays en maniant la corruption, le vol, l’intimidation. Qualifié de « quasi-mafia » par la diplomatie américaine, selon WikiLeaks, le « clan Trabelsi », belle-famille de l’ex-président Ben Ali, subit aujourd’hui de plein fouet la colère du peuple tunisien. Au cours des dernières journées d’émeutes, leurs multiples propriétés ont été brûlées et pillées. Catherine Graciet, journaliste et coauteur avec Nicolas Beau de La régente de Carthage (éditions La Découverte), répond aux questions du Point.fr.

Le Point.fr : Quand les Trabelsi accèdent-ils au pouvoir ?

Catherine Graciet : Lorsque Ben Ali épouse Leïla Trabelsi en 1992, des clans existent déjà. Eltaief, Chiboub et Mabrouk, les époux des trois filles du président issues d’un premier lit, pratiquaient déjà une prédation économique sur le pays. Eltaief était même appelé le « président bis », il avait mis la main sur les usines, sur l’immobilier. Chiboub, lui, avait accaparé la grande distribution. Mabrouk, le réseau Internet. Après quatre ans de lutte intestine, Leïla parviendra à les mettre politiquement sur la touche.

Qui sont les chefs du clan ?

Les Trabelsi sont nombreux : en plus des dix frères et soeurs de la première dame, il faut compter sur ses neveux et nièces. La cheftaine, c’est bien sûr Leïla, qui fait faire ce qu’elle veut à l’administration. Son frère aîné, Belhassen, est le capitaine économique, un prédateur comme jamais la Tunisie n’en avait connu. Tous ont pratiqué une mise en coupe réglée du pays, des banques à la téléphonie, des transports aux douanes. Une des soeurs de Leïla a, elle, mis la main sur les buvettes des écoles et des universités : ça allait du très petit business, presque minable, au plus massif.

Au vu et au su de tous ?

Oui, et cela explique en partie l’intensité de la révolte. Les gens se vengent. En Tunisie, le peuple a une éducation à la hauteur, et a accès à Internet. Les gens étaient parfaitement informés de ce qui se passait, d’autant que beaucoup ont eu à en souffrir, et que les Trabelsi avaient un mode de vie très ostentatoire.

Où pensez-vous qu’ils soient, aujourd’hui ?

Il est difficile de se prononcer. Selon certaines rumeurs, Leïla serait à Dubaï et Sakhr el-Materi, le mari de sa fille Nesrine, au Qatar. Ce qui est sûr, c’est qu’ils resteront dans des pays d’où ils sont sûrs de ne pas être extradés. Et qu’ils vont devoir voyager pour gérer leurs avoirs à l’étranger.

Quels sont les pays concernés ?

Une grande partie de l’argent du clan est probablement à Dubaï. Peu avant la crise, ils avaient noué des relations avec de grands banquiers locaux. Ils ont sans doute aussi des avoirs à Malte, où le président se faisait soigner, ainsi qu’en Argentine. Mais leurs richesses sont, évidemment, très difficiles à chiffrer. La fortune personnelle de Ben Ali a été évaluée par Forbes, en 2008, à cinq milliards de dollars. Pour le camp Trabelsi, on peut parler sans trop de risques de centaines de millions d’euros.

De quelles protections disposent-ils ?

Celle de dictateurs proche-orientaux, bien sûr. Mais on ne saurait oublier qu’ils ont longtemps profité de la protection de l’Europe, et de la France au premier chef. Washington a lâché Ben Ali dès mercredi soir, et avait mis en garde en amont sur les dérives du régime. En France, rien. Quand Nicolas Beau et moi avons publié la régente de Carthage, on nous a même ri au nez. On nous disait : « Mais la Tunisie a une croissance stable, importante, les femmes y sont libres. » Cette indulgence a, d’ailleurs, des raisons idéologiques. En arrivant au pouvoir, Ben Ali a fait le choix du libéralisme économique, et a préféré se tourner vers l’Europe plutôt que vers le monde arabe. Cela lui a valu la reconnaissance de la Banque mondiale, du FMI, et de nombreuses protections : les abus sur les droits de l’homme ont largement été passés sous silence en Europe. Quant au volet « corruption », peu de monde était au courant en Europe. Quelle entreprise va se vanter d’avoir versé cinquante millions d’euros à Belhassen Trabelsi pour s’implanter en Tunisie ?

Qu’adviendra-t-il de leur fortune en Tunisie ?

Certains parlent de nationalisations, comme celle de la banque de Sakhr el-Materi. Mais la priorité du pays est de ramener le calme dans la rue, et de constituer un gouvernement stable.

Source:”Le Point.fr” Le 18-01-2011

Lien:http://www.lepoint.fr/monde/les-trabelsi-ben-ali-predateurs-de-la-tunisie-18-01-2011-130211_24.php

                                                                                                                                    TRIBUNE LIBRE

Quel avenir pour la Tunisie ?                                                                                   « Couscous, c’est nous ! » Vous pouvez bronzer pendant qu’on torture


« Le peuple tunisien tient son avenir dans ses mains depuis samedi et le départ de Ben Ali dictateur durant 23 ans » lit-on dans les journaux et entend-on sur les télés et radios depuis 72 heures. Mais la voix d’Abdelaziz Agoubi s’inscrit en faux. Après un temps important de « cécité aveuglante » et de « silence assourdissant »  de la classe politique française toutes tendances confondues,  les médias français qui « découvrent » la situation tunisienne,  ont relayé en boucle ce week-end les « informations en provenance de Tunisie »  sur le thème « le peuple tunisien qui s’est révolté spontanément et provoqué les manifestations  tient son avenir entre ses mains, depuis le départ de Ben Ali et de sa famille corrompue pour l’Arabie Saoudite » dans une sorte de vaste consensus « droitdelhommique ».
 
S’INSCRIRE EN FAUX Pourtant il est une voix qui s’inscrit en faux face à chacun des points de ces affirmations. « Non, dit Abdelaziz Agoubi, la révolte n’est pas née spontanément et du peuple. Elle a été montée par des gens du pouvoir dans un complot  pour faire partir Ben Ali, fatigué et malade. Bien des avocats sont proches des responsables du RCD  et donc dans la manche du pouvoir. Ces pressions je les ai ressenties quand j’étais en Tunisie. Je savais depuis début novembre qu’il se préparait quelque chose. Et quand je suis rentré, le 16 décembre, j’ai dit « ça va exploser ». « Non, poursuit ce quinquagénaire tunisien, je ne crois pas que Ben Ali soit parti tout seul à 75 ans en Arabie Saoudite, même pour retrouver sa famille. Parce qu’en Arabie Saoudite, la Tunisie et ses avancées de Bourguiba, c’était l’ennemi  Je ne crois pas que l’Italie et la France, opposées au départ de Ben Ali, contrairement aux Usa et à l’Angleterre, aient refusé de l’accueillir. Lors de ses deux interventions télé, on a vu Ben Ali le visage gris, malade. Je pense qu’il peut avoir été bléssé par quelqu’un de sa garde rapprochée ou avoir eu une crise, et qu’il est soigné dans un hôpital, en France ou en Italie. D’ailleurs quand le premier ministre à dit qu’il remplaçait Ben Ali, il n’a jamais dit que c’était définitif. C’était pour gagner du temps. Et l’Arabie Saoudite, c’est bien pratique, on ne peut rien vérifier. Et un des deux conseillers éminences grises de Ben Ali, est mort ce week-end, officiellement d’une crise cardiaque. Je ne crois pas aux coïncidences». « Non, affirme encore notre homme, il n’y a pas que la famille de Ben Ali et les Trabelsi qui baignent dans la corruption. En fait aujourd’hui, pratiquement tous ceux qui ont  été mis en place par le pouvoir du sous-prefet local au palais de Carthage, en passant par les responsables du RCD, parti au pouvoir, trempent dans des magouilles. Ils ne lâcheront évidemment pas leurs privilèges, car s’ils perdent, c’est la prison ou pire… C’est cette frange de corrompus qui arme les milices qui depuis dimanche font peur aux Tunisiens la nuit . Par ailleurs, les dictateurs des pays arabes leur  apporteront aide et soutien pour mater la rébellion tunisienne, pour qu’elle ne donne pas des idées dans leurs propres pays ». « Et non, conclut Abdelazziz Agoubi,  le peuple tunisien ne tient pas son avenir en main, car face à ceux qui ne veulent  pas lâcher  le pouvoir, les oppositions vont reprendre leurs divisions et se déchirer. Le risque d’aujourd’hui, si l’on poursuit sur cette ligne, c’est le chaos ».
 
RECONCILIATION Alors pour éviter ça, Abdelaziz lance un nouveau combat pour la création en Tunisie, d’une commission de la vérité et de la réconciliation (CVR) comme il en existe déjà dans de nombreux pays, notamment d’Amérique du Sud.
 
2O ANS DE COMBAT Pour ceux qui s’amuseraient de cette théorie du complot et qui riraient de cette proposition, il faut préciser qu’Abdelaziz Agoubi, installé dans la région lyonnaise depuis la seconde moitié des années 70, a été le premier Tunisien à essayer d’alerter les médias français sur les tortures dans son  pays. C’était il y a 20 ans. Le Progrès lui avait consacré un papier. Mais c’était le temps où 1 million de nos compatriotes investissaient les plages tunisienne chaque été, envoyant des cartes postales avec « l’humoristique » salut « couscous c’est nous… ». Ca valait bien qu’on ferme les yeux. « Vous pouvez bronzer pendant qu’on torture » semblait répondre le pouvoir tunisien. Abdelaziz Agoubi, démocrate et militant des Droits de l’Homme sera pendant 20 ans de tous les combats, de la création de nombre de mouvements ou partis qu’il abandonnera chaque fois qu’il eut l’impression que l’intérêt du leader venait de passer devant l’intérêt collectif. Avec des amis il créa en 1992 le premier journal d’opposition au régime. Abdelaziz Agoubi, n’est pas très identifié en France, même s’il rencontra de nombreux élus et personnalités français et européens, de François Hollande à Daniel Cohn-Bendit en passant par Marie-Noelle Lindeperg. Mais ce petit fils de Cheik Mohamed Ben Charfeddine (opposant au Bey de Tunis au XIXe siècle) dont il a gardé l’esprit libre et frondeur , fut le premier animé par un fort sentiment d’horreur à dénoncer  les actes de barbarie. Il reçut tous les opposants, opprimés, arrêtés ou torturés dans leur  pays,  de Mohamed Mzali, ancien premier ministre de Bourguiba, à Sihem Bensedrine en passant par Ahmed Manai et tant d’autres.   Abdelaziz Agoubi a la confiance de tout le monde arabe et est toujours très informé.  En août 2001, il faisait part de ses craintes en annonçant que les mouvements islamistes radicaux allaient se doter d’un leader dont on ne connaissait pas le nom, mais dont on savait qu’il allait prochainement frapper un grand coup « fondateur ».  6 semaines plus tard, c’était le 11 septembre à New-York.FACE AU POUVOIR Pendant toutes ces années, le pouvoir tunisien souffla sur Adelaziz Agoubi, le froid et… le froid. Il fut interdit de séjour dans son pays pendant 12 ans. Son épouse, lors d’un séjour fut arrêtée et retenue au Ministère de l’Intérieur à Tunis. Et en 1996, à la mort de son père, il ne fut même pas autorisé à se rendre aux obsèques.  Au début des années 2000, Ben Ali lui envoya un émissaire. L’homme avait des pouvoirs énormes. Abdelaziz Agoubi déclina les offres. Depuis lors, il a dû subir la confiscation de ses bien à El Hamma (pas encore réglée) dans le sud tunisien et plus récemment une tentative de meurtre ( pour lesquelles la police locale n’a jamais bougé) lors de son dernier séjour dans son pays. Philippe Léglise
 
(Source: « Echos des Com » le 18 janvier 2011)


La Tunisie, Ben Ali et moi


BAUDOUIN LOOS

mardi 18 janvier 2011  

LA TUNISIE LIBÉRÉE célèbre le départ de son tyran. Heurs et bonheurs de dix-neuf ans de couverture du dossier. Un récit très personnel.

 La Tunisie de « Big Brother » Ben Ali, ici aux élections d’octobre 2009 dans la capitale Du temps où l’ordre du tyran régnait © FETHI BELAID/AFP

Une fois n’est pas coutume : qu’il me soit permis de partager ici les heurs et bonheurs que dix-neuf ans de couverture du dossier tunisien ont pu me faire vivre comme journaliste du Soir. Quand, à 18 h 38 vendredi dernier, une dépêche urgente de l’Agence France Presse annonça que le président Ben Ali avait quitté son pays, une forte émotion m’a envahi et je dus presque réprimer une larme. Voici pourquoi.  

Feu Pierre Lefèvre, alors chef du serviceMonde, avait eu l’idée, en 1992, de m’envoyer à Tunis suivre le congrès du RCD (le Rassemblement constitutionnel démocratique), le parti déjà omnipotent en Tunisie. J’allais d’ailleurs vite comprendre que les partis (ou les pays) qui veillent à ajouter le qualificatif « démocratique » dans leur nom souffrent en réalité d’un gros problème de ce côté. Des invités de tout le monde arabe étaient attendus à ce congrès qui me permit en effet de nouer de nombreux contacts intéressants. Mais une anecdote me mit au parfum des us et coutumes locales. Je fus en effet contacté par Moncef Marzouki, alors président d’une Ligue tunisienne des droits de l’homme déjà harcelée par le pouvoir. Il m’avait rejoint dans le hall de notre hôtel avenue Bourguiba, mais insista à ma grande surprise pour monter rapidement dans notre chambre. Là, il mit le poste de télévision en marche avec le son bien fort. « Vous comprenez, “ils” ont des oreilles partout ! » L’interview, par ailleurs très instructive, se passa dans ces conditions curieuses… L’ambassadeur mécontent Par la suite, des amis tunisiens m’apprirent que la teneur de mes articles écrits de Bruxelles déplaisait beaucoup à Son Excellence Monsieur l’Ambassadeur. Ce dernier me convia finalement à un entretien au cours duquel il tenta de me convaincre des bienfaits du régime du président Zine el-Abidine Ben Ali. C’était trop tard : mes indignations en matière de droits de l’homme avaient pris le dessus. Un reportage aux élections de 1994 confirma mon impression. Et déplut d’importance au dit ambassadeur. C’est ensuite que l’une de mes connaissances tunisiennes, un habitué de l’ambassade, me fit savoir que j’étais officieusement persona non grata en Tunisie. Six années sans reportages allaient suivre. Un « espion » dont je disposais au sein du conseil des ambassadeurs arabes à Bruxelles me raconta alors en 1998 que la Tunisie (et l’Algérie) avait demandé que figurât à l’ordre du jour d’une des réunions mensuelles des ambassadeurs arabes dans un hôtel bruxellois de luxe cette question : « Que faire avec ce Baudouin » (l’usage arabe impose de nommer les gens par leur prénom). Par chance, il n’y eut apparemment pas unanimité sur le sort à me réserver grâce, je crois, à la fougueuse défense de mon « espion ». Quant à retourner en Tunisie, je dus attendre mon tour. Qui vint en septembre 2000, à l’occasion du retour chez lui du journaliste Taoufik Ben Brik, qui avait passé quelques mois estivaux à Paris après une célèbre grève de la faim menée pour obtenir son passeport. Ben Brik, un drôle de coco à la plume inspirée trempée dans le picrate, avait réuni des députés européens et quelques amis journalistes pour lui faire une garde d’honneur de nature à dissuader le régime de l’embastiller dès son retour. Le scénario allait bien fonctionner : à l’arrivée à l’aéroport de Tunis-Carthage, une foule en liesse nous avait accueillis et Ben Brik put organiser de sympathiques agapes nocturnes bien arrosées. Mais les articles du Soir continuaient à déplaire en haut lieu. Chaque ambassadeur tunisien affecté à Bruxelles s’en plaignait amèrement, puisque, chose bizarre mais avérée, il était tenu pour personnellement responsable de tout papier négatif paru sur le régime ! On dit même que l’un des ambassadeurs tunisiens dans la capitale belge fut limogé à la suite d’un de mes articles, mais cela n’a pu être vérifié… L’acrimonie du régime tunisien à mon égard se confirma en tout cas peu de temps plus tard. Un diplomate belge rencontré quelques années plus tôt à Jérusalem me confia en effet qu’à l’occasion d’une visite à Bruxelles du ministre tunisien des Affaires étrangères, en 2002, Louis Michel, alors son alter ego belge, s’entendit demander s’il pouvait « faire taire ce journaliste-là, ce Baudouin, qui nuit à l’image de la Tunisie » ! Selon ma source, des plus fiables, « Big Loulou » vit rouge et fit comprendre d’un ton peu amène à son interlocuteur qu’on ne mangeait pas de ce pain-là en Europe… J’eus d’ailleurs plusieurs fois l’occasion d’interviewer à Tunis des ministres importants : ceux des Affaires étrangères, de l’Information, de la Justice, des Droits de l’homme (si, si !). Le point commun de tous ces hommes n’étonnera personne : tous, avec un identique zèle pathétique, maniaient une langue de bois ahurissante, même quand ils constataient avec dépit que leurs efforts rhétoriques ne semblaient pas percer mon scepticisme ombrageux. Les yeux vides de Lassaad Les violations des droits de l’homme dûment répertoriées par des ONG, tunisiennes ou internationales ? « Des inventions de militants mal intentionnés, des ennemis de la Tunisie ! », répondaient-ils d’un air agacé. Mes propres investigations sur place, pourtant, apportaient toujours plus de preuves quant à la validité des rapports terrifiants des organisations compétentes. Ces investigations furent pour moi l’occasion de croiser des destins émouvants. Je resterai longtemps hanté par le long corps décharné, le visage émacié et les yeux vides de Lassaad, un islamiste torturé pendant des mois et d’une manière abominable qui l’avait laissé handicapé. Son témoignage poignant, infiniment triste, était de ceux qui vous font douter de la nature humaine. Par le même biais, je pus rencontrer des êtres d’exception. Comme Radhia Nasraoui. Ce merveilleux petit bout de femme, avocate admirable défendant sans relâche les plus démunis, les islamistes par exemple, alors que les barbouzes locales ne perdaient pas une occasion de la maltraiter, l’insulter, de saccager son cabinet, de détruire ses dossiers, de cerner son immeuble. Le pied de nez de Radhia Radhia cumulait les torts, il est vrai – et quel plaisir ai-je à rédiger ces lignes à l’imparfait ! : son mari, Hamma Hammami, se trouve être le chef d’un parti d’extrême gauche, le Parti communiste ouvrier tunisien, qui menait une opposition radicale au régime de Ben Ali. Au point de prendre le maquis pour plusieurs années. C’est alors que le couple adressa un extraordinaire pied de nez à la flicaille qui le harcelait en réussissant à concevoir un enfant alors que tout l’appareil sécuritaire était mobilisé à la recherche de Hamma ! D’autres profils me viennent à l’esprit, même si je ne puis nommer chacun. Kamel Jendoubi est de ceux qui ont marqué ma vie. Voilà un homme, exilé en France, qui n’a eu de cesse de faire savoir la vérité sur la Tunisie, notamment par le très actif Réseau euro-méditerranéen des droits de l’homme qu’il préside. Le régime le détestait, preuve de son efficacité. En 2005, lorsque son père décéda, Tunis refusa de lui octroyer un passeport pour qu’il pût rendre un dernier hommage à son géniteur. Malade, Kamel dont je suis si fier d’être l’ami, partait ces jours-ci pour Tunis avec sa famille. Il humera enfin l’air – libre ! – de son pays… D’autres noms se bousculent dans ma tête. Comme Taïeb Moalla, ce jeune journaliste rencontré à Tunis en 2000 qui devint brièvement le correspondant duSoir avant d’aller vivre à Québec non sans pourtant rester l’homme le mieux informé au monde sur le « who s’who » en Tunisie. Taïeb m’a rendu d’innombrables services, et avec une vivacité qui m’a toujours bluffé. Son compère Mohamed Bouriga, alias « Omar Khayyam » (un pseudo, pris auprès d’un écrivain-savant persan né mille ans plus tôt) vit aussi au Canada. Lui, sur son blog, cultive avec finesse l’art de distiller des textes exquis de fiction qui mettent en scène Ben Ali dans des postures burlesques. L’infatigable activisme de mon ami Khemaïs Chammari m’aura également beaucoup profité, lui qui assiégeait littéralement les instances européennes avec ses rapports toujours pareillement convaincants. Le sérieux de ses analyses passionnées m’aura bien aidé pendant toutes ces années. Sihem leur cloue le bec Sihem Bensedrine, de son côté, conservera une place à part dans mes souvenirs. Comment cette consœur aussi menue que déterminée réussissait-elle de sa voix fluette à clouer le bec aux zélateurs grossiers du régime lors de conférences bruxelloises ou autres où ils venaient avec la ferme intention d’imposer le désordre ? Cela restera toujours un mystère. Mais la ténacité tout en finesse de cette grande dame discrètement soutenue par Omar Mistiri, son mari, restera une constante de ces deux dernières décennies. Vous parlerais-je aussi des caractères plus faibles que j’ai croisés ? Ce Mezri Haddad, brillant intellectuel qui, également exilé à Paris, m’avait donné des interviews éloquentes où il dénonçait« la trahison des intellectuels et la flagornerie des courtisans » et cela pendant plusieurs années avant de soudainement se faire le chantre du régime et même d’en devenir l’ambassadeur (à l’Unicef). Il a opportunément claqué la porte ce vendredi, quelques heures avant la fuite de son maître… Plus triste encore est le cas d’Ahmed Manaï, un homme torturé puis exilé à Paris où les sbires du régime réussirent à le retrouver pour le rosser et l’envoyer à l’hôpital. Son livre Un supplice tunisien comportait des lignes presque insupportables. Eh bien ! cet homme a aussi rallié le régime, dans la plus absolue discrétion, sans doute parce qu’il voulait mourir dans son pays… Quant aux ambassadeurs belges à Tunis, auxquels je rendais toujours visite, j’eus l’occasion d’en croiser de toute sorte. Un Guido Courtois, en 1994, facilita avec Anne-Marie Lizin une interview exclusive de Yasser Arafat. J’oublierai charitablement d’autres ambassadeurs belges pour m’arrêter au dernier, Thomas Antoine, qui avait tout compris sur le régime et me le disait. Un type bien. Lors de mon dernier reportage, en octobre 2009, à l’occasion des ultimes « élections » que le régime allait organiser, je me rendis d’abord à l’ATCE (Agence tunisienne de communication extérieure, notamment chargée de surveiller la presse étrangère) pour y obtenir mon accréditation. L’hôtesse à l’accueil signala prestement ma présence à MmeBochra Malki, une charmante quinquagénaire qui s’occupe des journalistes « difficiles » dans mon genre. Elle descendit quatre à quatre pour m’accueillir les bras ouverts et le sourire aux lèvres avec cette exclamation :« Ah, quel plaisir d’accueillir à Tunis la légende Baudouin Loos ! ». Très bon pour l’ego, ce genre de réflexion, même si le côté dérisoire de la scène ne m’échappait pas Et d’ailleurs la dame m’expliqua qu’elle me lisait toujours attentivement (ce qui ne pouvait pas être le cas de la plupart des Tunisiens puisque Le Soir y était interdit, que cela soit en version papier ou en ligne), qu’elle appréciait même mes articles à quelques nuances près… « Je peux vous citer ? », ma question facétieuse l’avait rendue rouge écarlate. Malgré cette « admiration » dont je faisais l’objet, malgré les discrètes filatures dont on me gratifia si souvent, je n’eus cependant jamais les honneurs d’une expulsion en bonne et due forme, contrairement à mon excellente consœur du Monde, Florence Beaugé. Celle-ci fut renvoyée en France au même moment, en octobre 2009. Je vécus très mal cette injustice car Florence et moi avions le même carnet d’adresses, et une plume pareillement critique, pourtant jamais n’eus-je la chance de vivre une belle expulsion. Ne l’avais-je donc point méritée ? (Source: « Le Soir Belge » le 18 janvier 2011) http://www.lesoir.be/dossiers_speciaux/special4/2011-01-18/la-tunisie-ben-ali-et-moi-815563.php

 

Tunisie: pas d’islamiste à la présidentielle


 

Le mouvement islamiste tunisien Ennahda « n’aura pas de candidat à la présidentielle » prévue dans six mois en Tunisie mais veut participer aux législatives, estimant qu' »il n’y aura pas de transition démocratique sans Ennahda », a déclaré aujourd’hui l’un de ses porte-parole à Paris. « Il y a eu en Tunisie une révolution du peuple qui a revendiqué des droits sociaux et politiques. On ne veut pas avoir l’air de récupérer ce mouvement. On est disponible pour consulter tout le monde, toutes les forces politiques et de la société civile », a expliqué Houcine Jaziri, porte-parole du mouvement en France. En revanche, Ennahda a vocation à « participer aux législatives », a-t-il ajouté, prévenant qu’il n’y aurait « pas de transition démocratique sans Ennahda ». Réagissant à l’annonce lundi du Premier ministre Mohammed Ghannouchi de laformation d’un gouvernement d’union nationale, comptant 24 membres dont d’anciens ministres de l’équipe de l’ex-président déchu et trois chefs de l’opposition légale, il a dénoncé l’exclusion d’acteurs majeurs. « Ce n’est pas un gouvernement d’union nationale, c’est le gouvernement des exclusions nationales », a-t-il dit. « Ennahda, le CPR (Congrès pour la république, laïque) de Moncef Marzouki et le PCOT (parti communiste ouvrier tunisien de Hamma Hammami) sont les trois piliers de la résistance au RCD (Rassemblement constitutionnel démocratique) de Ben Ali », a souligné le porte-parole, citant trois partis de l’opposition interdits. Ennahda, démantelé après les élections de 1991 où il avait obtenu 17% des voix, se présente comme un parti réformateur représentant un islam modéré et dit proche de l’AKP turc, le parti islamo-conservateur au pouvoir à Ankara.

Source : « Le Figaro » Le 18-01-2011

La vie de palace de Ben Ali à Djeddah


 

Le président tunisien déchu a été accueilli dans la plus grande discrétion dans cette ville côtière d’Arabie saoudite, qui a déjà accueilli plusieurs dirigeants en exil. Une étape avant un probable départ pour la Libye.

On le croyait en France, à Malte ou encore à Dubaï. Mais c’està Djeddah, en Arabien saoudite, queZine El Abidine Ben Ali a posé ses valises, dans la nuit de vendredi à samedi dernier, à l’issue d’une errance aérienne de plusieurs heures. Le Falcon du président tunisien déchu s’est posé aux alentours de 1h, heure française – 3h dans la péninsule arabique – à l’aéroport de cette ville de plus de trois millions d’habitantssituée sur les côtes de la mer Rouge, à l’ouest du pays. L’ex-dirigeant tunisien, accompagné de six membres de sa famille, aurait passé sa première nuit dans le palais du prince Sultan. Avant de prendre ses quartiers dans un ancien palais royal qui sert désormais de résidence officielle pour les invités du royaume.

Derrière un haut mur d’enceinte et sept portails, gardés en permanence par des soldats, Ben Ali et sa famille profitent du palais de marbre blanc, entouré de palmiers et de verdure. Ils disposent du personnel et des gardes du corps mis à disposition par le royaume. En échange de ces largesses, le président déchu, considéré comme un réfugié politique de luxe, mais pas comme un chef d’Etat en visite, doit rester discret. «L’Arabie saoudite ne l’autorisera pas à faire des déclarations politiques ou à s’adonner à une quelconque activité politique, ni à mener des contacts avec la Tunisie», a prévenu sur al-Arabiya Jamal Khashoqgi, un analyste proche des autorités saoudiennes.

«Un havre de paix pour dictateurs»

Une retenue qu’ont dû respecter tous les chefs d’Etats en exil accueillis par l’Arabie saoudite. A l’instar de l’ancien premier ministre pakistanais Nawaz Sharif, qui s’est réfugié pendant huit ans au royaume après le coup d’Etat du général Pervez Musharraf, en 2000. Arrivé à Djeddah en 1979, l’ancien dictateur ougandais Idi Amin Dada a vécu jusqu’à sa mort, en 2003, dans une villa mise à sa disposition par les autorités, mais devait lui aussi faire profil bas. Avec ses cinq femmes et ses nombreux enfants, la présence du tyran africain était encombrante pour le royaume. Mais «par charité islamique et en remerciement pour son rôle dans la diffusion de l’islam», les autorités saoudiennes ont toléré sa présence.

Pour justifier l’accueil de Ben Ali, le cabinet royal saoudien assure officiellement avoir pris «en considération les circonstances exceptionnelles que traverse le peuple tunisien». En réalité, Ben Ali entretient de bonnes relations avec les membres de la famille royale saoudienne. Il connaît particulièrement bien le prince Nayef Ben Abdel Aziz, ministre de l’Intérieur depuis les années 1980, époque à laquelle Ben Ali occupait le même poste. L’héritier du trône participait notamment aux chasses organisées par Ben Ali.

Malgré cette proximité avec les autorités de Riyad, il paraît peu probable que Ben Ali prolonge son séjour en Arabie saoudite. D’abord parce que la population apprécie moyennement la présence de personnalités contestées sur son sol. Pour Mohammed al-Kahtani, un opposant à la famille royale interrogé par l’agence Reuters, l’exil de Ben Ali à Djeddah «donne un mauvais signal et accrédite l’idée que l’Arabie saoudite est un havre pour dictateurs».

D’autres commentateurs laissent entendre que la famille de Ben Ali ne réussira pas à s’adapter au rigorisme religieux en vigueur dans le royaume. A commencer par la femme du président déchu,Leïla Trabelsi, une ancienne coiffeuse habituée aux tailleurs de haute-couture et qui n’a jamais porté le voile. Selon RTL, la famille Ben Ali pourrait donc rapidement quitter Djeddah pour rejoindre la Libye du colonel Kadhafi, qui s’est déjà dit prêt à l’accueillir.

Source : « Le Figaro » Le 18-01-2011

‘The Family’ Tunisians hate most


 

Central bank denies that ousted leader’s wife took tonnes of gold out of the country when they fled.

Tunisia’s central bank has denied a report that relatives of the ousted leader Zine El Abidine Ben Ali fled the country with 1.5 tonnes in gold.

The gold would fetch $65m in the open market at Monday’s prices.

France’s Le Monde newspaper reported on Monday that president Nicolas Sarkozy’s office was briefed by French intelligence that Leila Trabelsi, Ben Ali’s second wife, withdrew gold ingots from the Tunisian central bank last week.

The governor initially resisted her request, but backed down under pressure from Ben Ali himself, the report said.

An official at the bank in Tunis told the AFP news agency that the « gold reserves of the central bank of Tunisia have not been touched in recent days ».

« Neither have the cash reserves. The country has very strict regulations, » the unnamed official said.

The end of president Ben Ali’s 23-year rule brought joy to many ordinary people, who were especially elated at the prospect of life without his wife and her notorious family.

Gold-digger?

The family of former first lady Leila Trabelsi, a one-time hairdresser who rose to become Tunisia’s most influential woman, was widely despised as the ultimate symbol of corruption and excess.

Trabelsi and her 10 siblings are reported to have operated like a mafia, extorting money from shop owners, demanding a stake in businesses large and small, and divvying up plum concessions among themselves.

Their control over the North African country’s economy was vast.

The Trabelsi and Ben Ali’s own families were said to have a stake in Tunisian banks and airlines, car dealerships, Internet providers, radio and television stations, industry and big retailers.

And when mass protests forced Ben Ali to flee to Saudi Arabia, the peoples’ pent-up rage was directed more at Leila’s side of the family than at her husband and his authoritarian government.

Retribution was swift.

Within a day of Ben Ali’s departure, many of the villas and businesses belonging to the Trabelsis were pillaged and burned, and some reports said one prominent family member was killed by an angry mob.

A branch of the Zeitouna bank in Tunis founded by Ben Ali’s son-in-law was torched, as were vehicles made by the car brands he distributed, including Kia, Fiat and Porsche.

« They (the Trabelsis) are thieves, tricksters and even killers, » Mantasser Ben Mabrouk, a Tunis resident, said.

« Their only goal was to make money in whatever way they could. »

‘Absolutely capital’ role

US diplomatic cables released by WikiLeaks appear to back up that allegation.

A June 2008 cable from the US Embassy in Tunis describes a report by anti-corruption group Transparency International saying: « Whether it’s cash, services, land, property … President Ben Ali’s family is rumoured to covet it and reportedly gets what it wants. »

The economic fallout of the Trabelsis’ web of corruption and influence-mongering was palpable, the cable said, with « Tunisian investors – fearing the long-arm of ‘the Family’ – forgoing new investments, keeping domestic investment rates low and unemployment high. »

A lack of jobs in this highly educated nation fuelled the month of popular protests that toppled Ben Ali.

The co-author of a book on Leila Trabelsi, « La Regente de Carthage, » said that the Trabelsis played an « absolutely capital » role in the fall of the regime.

« Tunisians were absolutely aware of what they were up to and they got to a point where they were sick and tired of their behaviour, » said author Catherine Graciet.

Still, she noted that « we can’t put all the blame on the Trabelsis, because it was Ben Ali himself who allowed them to act that way. »

Trabelsi married Ben Ali in 1992, five years after the bloodless palace coup in which he replaced ageing independence hero Habib Bourguiba as president.

The marriage – which was also Ben Ali’s second – catapulted the once-modest Trabelsi clan to national prominence.

Her oldest brother, Belhassen, known as the clan chieftain, is said to have ruled over the family’s many mafia-style rackets.

Family attacked

Her nephew, Imed Trabelsi, was reputed to be the spoilt brat of the family and the former first lady’s favourite, according to the book.

Known as a playboy, he enjoyed a jet-set lifestyle, complete with a garage full of sports cars and yachts.

French prosecutors suspected him and another of Leila Trabelsi’s nephews of having ordered the 2006 theft of a yacht belonging to a French investment banker that turned up in the Tunisian port of Sidi Bou Said.

He was reported to have been stabbed by a fisherman in the town where he was mayor, an upscale coastal town near the capital, and died from his wounds at a Tunis military hospital over the weekend.

The whereabouts of all family members was unclear.

France, which ruled Tunisia as a protectorate until it won independence in 1956, said some Ben Ali relatives were in France but they were « not welcome » to stay.

Media reports had them at a hotel near the Disneyland Paris resort.

Asset freeze

French government spokesman Francois Baroin also said France had taken « the necessary steps » to block any suspicious movement of Tunisian assets linked to Ben Ali and his entourage that might be squirrelled away in France.

Meanwhile, a Swiss lawyer filed a request to freeze any assets held by Ben Ali in Switzerland.

Ridha Ajmi told the AFP news agency that he also asked for international arrest warrants against Ben Ali, his wife Leila Trabelsi and former interior minister Rafik Bel Hadji Kacem, claiming they had been involved in ordering police to open fire on protestors.

« We are asking for a criminal inquiry to determine whether or not funds that belong to the Tunisian people have been diverted… to private accounts or companies. »

He also confirmed a formal request for an arrest warrant, saying that « about 100 Tunisian people died including a Swiss citizen ».

A government spokesman told AFP that it was keeping watch on the situation and that « no decision has been taken on this matter ».

Source: “Aljazeera.net” Le 18-01-2011

Security head lied about palace attack

Ben Ali had no intention to resign: source


 

The ousted Tunisian former President Zine El Abidine Ben Ali did not plan a resignation but his exile was the result of a lie fed to him by his head of security, a Tunisian security source speaking on condition of anonymity told AlArabiya.net. According to the source, the head of presidential security General Ali Seryati told Ben Ali in an urgent meeting that the presidential palace will be attacked and that he better leave before this happens. Fearing for his life, Ben Ali left quickly.

This quick departure, the source added, meant that Ben Ali did not resign from his position as president because if that had been the case, he would have appeared on T.V. or left a written statement explaining the reasons for his resignation to the people.

No intention to resign

 Most probably Bin Ali only realized what really happened after he boarded the plane or when he landed in Jeddah 

Tunisian security source to AlArabiya.net

The source explained that Ben Ali’s T.V. appearance a day before his departure provides an ultimate proof that he had no intention to resign. In his speech, Ben Ali expressed his sorrow for what the country is going through and apologized for use of violence to suppress demonstrations. He also promised to allow freedom of expression, and investigate corruption cases. He also declared that he would not run for presidency when his term expires after three years. “All this indicates that he intended to stay in power and had no plans to resign or leave,” the source told AlArabiya.net. According to the source, Ben Ali had to leave very quickly, and he didn’t have enough time to get all his family out of Tunis. Only his wife, two of his six children, his sister-in-law, and six of his entourage managed to fly with him. “Ben Ali did not take any of his personal belongings and even boarded the plane without changing his clothes.” This refutes earlier reports by the French newspaper Le Monde that Ben Ali’s wife, Laila Trabelsi, left Tunisia with 1,500 kilograms of gold from the country’s central bank. A source at the bank also denied the news. If Ben Ali left in such a hurry and thought that his departure is temporary as Seryati convinced him, the source noted that it is therefore illogical that he transferred power to his Prime Minister Mohammed Ghannouchi as the latter claimed. The source explained that the plan of General Seryati, who was later arrested, was to usurp power himself after deceiving Ben Ali into thinking that his life was in danger. “Most probably Ben Ali only realized what really happened after he boarded the plane or when he landed in Jeddah.”

Short stay in Saudi

According to several sources, Ben Ali’s stay in Saudi is expected to be short and most likely it will not take longer than the next summer. Ben Ali is currently residing in Jeddah with his wife Laila, his six-year-old son Mohamed, his 18-year-old Halima, one of wife’s sisters, and several members of his entourage. Rumor also has that Ben Ali’s daughter Nesreen, 25, went to Montreal, but the whereabouts of the rest of Ben Ali’s daughters from his ex-wife Naeima al-Kafy are still unknown.

Source: “Alarabiya.net” Le 18-01-2011

Arab Leaders Keep a Wary Eye on Tunisia


From the crowded, run down streets of Cairo to the oil-financed halls of power in Kuwait, Arab leaders appear increasingly spooked by the unfolding events in Tunisia and elsewhere in the Arab world, where men continued to set themselves on fire — two more in Egypt on Tuesday, and a third who was stopped.

Though the streets of Cairo, Algiers and other Arab cities around the region were calm, the acts of self-immolation served as a reminder that the core complaints of economic hardship and political repression that led to the Tunisian uprising resonated strongly across the Middle East.

“You have leaders who have been in power for a very long time, one party controlling everything, marginalization of the opposition, no transfer of power, plans for succession, small groups running the business, vast corruption,” said Emad Gad, a political scientist at the Ahram Center for Political and Strategic Studies. “All of this makes the overall environment ripe for an explosion at any second.”

But while there is widespread anticipation about a revolutionary contagion, particularly in Egypt and Algeria, where there have been angry and violent protests, political analysts said that each country is different, making such conclusions premature. Egypt lacks the broad and educated middle class of Tunisia, while in Algeria the middle class failed to join the angry young men in rioting, regional experts said.

“For all the sound and fury, it doesn’t look like much political dividend will come out of what happened in Algeria, in the short term,” said Hugh Roberts, an independent scholar and a specialist on North Africa based here. “It looks like it has gone quiet, it was a big blast of angry hot air, but in an unfocused way which leaves most things the same.”

So for now, the most pronounced impact from the unexpected Tunisian uprising is a lingering sense of uncertainty. That is itself either unnerving or exhilarating depending on one’s perspective, in a region sitting on the fault-lines of religious strife, political repression and economic uncertainty, experts said.

“We did not expect Tunisia to go the direction it has, who had Tunisia on the mind a few weeks ago,” said Amr Hamzawy, research director with the Carnegie Middle East Center in Beirut. “The ingredients are partially there for it to happen again, but we just do not know.”

Some Arab leaders have ordered security crackdowns to keep calm in the streets, and offered some symbolic gestures. In Syria, President Bashar a-l-Assad backed off the imposition of austerity measures. In Kuwait, the emir doled out cash.

In Egypt, where organizers are calling for a nationwide protest on January 25, officials struggled to project a sense of calm and normalcy, while stepping up talk of economic reform and government accountability. Arab leaders have also said they will focus on combating unemployment when they meet later this week at an economic summit meeti in the Red Sea Resort of Sharm El Sheikh.

Fahmy Howeidy, an Egyptian political expert and newspaper columnist, said that while he does not believe conditions are ripe for a similar uprising in Egypt, the government is keenly aware that “what happened in Tunisia has definitely created a different atmosphere. It convinced people that they can revolt in the streets, and that these regimes are not as strong or as mighty as they appear.”

Before the riots in Tunisia turned into a mass uprising against the rule of the longtime autocratic president, Zine El Abidine Ben Ali, it appeared that either Egypt or Algeria stood a greater chance of some kind of mass public revolt. For years, both have suffered from sclerotic political systems led by aging presidents, with support from the military. For years, both have confronted protests over difficult economic conditions and widespread youth unemployment.

But Mr. Hamzawy, of the Carnegie Middle East Center noted that in Tunisia the middle class and the trade unions joined protests that initially broke out over economic complaints, and helped transform the discontent into calls for political change. In Egypt, where the leadership continues to rely on a decades-old emergency law that allows arrest without charge, there is a lot of room for free and critical speech, offering a safety valve for expression that did not exist in Tunisia, he said.

In Egypt, he said, the array of interests that benefit from corruption is much wider than in Tunisia, where it was restricted to a small circle around the president. That, he said, means there are more people with an interest in preserving the system. And finally, he said, the military in Tunisia was not politicized and did not have any experience in securing city streets, unlike in Egypt, where the military has risen to the government’s defense before, and most likely would again. In addition, Mr. Hamzawy said, for all the protests that have wracked Egypt recently, most have been by workers for economic reasons, and that the government effectively bought them off with concessions before they began making political demands.

In Algeria, Mr. Roberts said that there are two primary differences with Tunisia that make comparisons imperfect. The first, he said was that in Tunisia the riots spread all over the country and eventually involved different elements of society all on the same side. “That gave the movement its moral power,” he said.

By comparison, he said, “In Algeria that never happened. There was no real support from trade unions, in fact none at all as far as one can see, and there was a good deal of middle class hostility to them because of the destruction. The guys rioting were desperate, angry young men with no political perspective at all.”

But more fundamentally, he said, Algeria is not as repressive as Tunisia was. “It is not an autocracy, it is an oligarchy,” he said, explaining that in addition to the president, Abdelaziz Bouteflika there are multiple power centers, like the military, the intelligence services and the elite bureaucrats. That, he said, meant that unlike in Tunisia there is no one target of public ire, and no public sense that protests would help to dislodge those at fault.

“Even though Bouteflika is unpopular, people know their problems do not simply come down to him,” he said. “You have a situation where there is a great deal of discontent, including in the middle class, but no one has any prescription for how to deal with it.”

Source: “The New York Times” Le 18-01-2011

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